dimanche 12 juin 2016

Billets-Gaspiller l’argent public avant les élections devrait être interdit


Gaspiller l’argent public avant les élections devrait être interdit

Contrôler l’arrosage d’argent public avant les élections, voici une mission que la Cour des Comptes devrait remplir. À condition qu’elle ait le pouvoir et… l’envie de le faire.

On le sait et on ne cesse de le répéter, la France dégringole dans le classement PISA (résultats des élèves) et ce n’est pas la hausse des rémunérations qui la fera remonter. D’ailleurs, l’IREF a réalisé plusieurs études qui démontrent que les résultats dépendent beaucoup du degré d’autonomie des écoles, de la liberté scolaire et aussi de la concurrence. Des pays comme les Pays-Bas et la Suède où l’école est plus libre qu’ailleurs affichent de bons résultats scolaires. Sur les 5 systèmes éducatifs européens se classant dans l’élite de Pisa, 100% sont des systèmes éducatifs orientés vers la liberté éducative et sur les 20 systèmes éducatifs européens se situant au-dessus et dans la moyenne de l’OCDE (groupe 1 et 2), 60% des systèmes éducatifs sont orientés vers la liberté éducative, soit 12 systèmes éducatifs.

Concernant les rémunérations des enseignants, la France se porte plutôt bien parmi les membres de l’OCDE. Les salaires de début de carrière sont autour de 30 000 euros/an, ce qui est aussi la moyenne OCDE mais en fin de carrière, la rémunération est 15 % plus élevée que la moyenne de l’OCDE. Et avec ce nouveau coup de pouce, ce sera 20 % de plus. Le niveau des rémunérations ne doit pas cacher un autre aspect, le temps de travail des enseignants français qui est en dessous de la moyenne OCDE : 600 heures contre 700 par an et même 800 en Allemagne. C’est une différence importante.

1 milliard d’euros à l’Éducation nationale et 1 milliard aux collectivités locales
Parallèlement à cette hausse des rémunérations dans l’Éducation nationale, François Hollande a décidé de diviser par deux le montant des coupes dans les dotations versées aux communes et à leurs groupements. L’effort en 2017 ne serait donc plus que d’un milliard d’euros au lieu de deux. Le comble c’est que ce cadeau intervient lorsque le rapport Laurent vient d’être rendu public. Le constat est accablant. Dans de nombreuses collectivités, des accords très généreux, signés au moment de la mise en place des 35 heures, ont ainsi perduré, permettant aux agents d’échapper à la durée réglementaire de 1.607 heures par an. Le rapport Laurent cite le cas d’une grande ville ayant fixé le nombre de congés annuels à 33 jours au lieu des 25 réglementaires, aboutissant à un temps de travail oscillant entre 1.533 et 1.547 heures selon les années. Dans une commune de plus de 20.000 habitants, le régime est même de 1.440 heures !

Ces accords n’ont pas fait disparaître pour autant les jours d’absence exceptionnels accordés par tradition, sans aucune base légale. Ce sont les fameuses journées du maire, semaines d’hiver ou autres jours fériés locaux (vendredi Saint et 26 décembre en Alsace-Moselle, abolition de l’esclavage, lundi et mardi gras, mercredi des cendres dans les DOM…).

Enseignants, fonctionnaires, collectivités locales, le gouvernement et le Président accélèrent l’arrosage avant les élections. On le sait très bien, la fonction publique, en particulier celle de l’Éducation nationale, constitue le socle de l’électorat socialiste. Une fonction publique qui n’a pas été réformée comme dans les autres pays et qui coûte de plus en plus cher au contribuable français. Comme le service public à la française vanté ces jours-ci par le Président alors que la France bat ses propres records de grève. Les mesures électoralistes devraient d’ailleurs être interdites en général et encore plus à l’approche des élections. Au Royaume-Uni, les candidats sont même obligés de démissionner de la fonction publique avant les élections ! En Allemagne, les dépenses d’argent public qui précèdent les élections sont très mal vues et les gouvernements les évitent. Au contraire, on préfère réformer comme l’a fait avec beaucoup de courage le chancelier Schröder au début des années 2000 et avant les élections de 2005.

Contrôler l’arrosage d’argent public avant les élections, voici une mission que la Cour des Comptes devrait remplir. À condition qu’elle ait le pouvoir et… l’envie de le faire.

Photo Money By: Alan Cleaver – CC BY 2.0

Source contrepoints.org


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