jeudi 31 mars 2016

Infos santé : Sport et Santé-Chirurgie du ménisque et auto-rééducation



Chirurgie du ménisque et auto-rééducation

Votre chirurgien a enlevé un fragment de votre ménisque cassé dans votre genou. Dans les semaines qui suivent, quelques séances de kinésithérapie sont conseillées mais l’auto-rééducation est également très utile !

Avec la collaboration d’Anne BAUMGARTNER, kinésithérapeute.

Après retrait d’une portion de ménisque interne, la reprise du sport s’effectue à l’issue de 6 à 8 semaines. Il faut ajouter une quinzaine de jours  lorsque le geste a eu lieu sur le ménisque externe. Les délais varient aussi en fonction de la taille du morceau enlevé. Les quadras et autres «séniors» mettent souvent un peu plus de temps à récupérer. Votre chirurgien vous apportera toutes les précisions adaptées à votre cas. La kinésithérapie ne doit pas être trop intensive. Elle a pour objectif principal de vous aider à reprendre du muscle sans «forcer». L’auto-rééducation y contribue et vous guide dans la reprise de vos activités. A chaque étape, les douleurs en regard du ménisque et les gonflements du genou imposent le repos. S’ils persistent, un avis médical est nécessaire.

Objectif : «réveil articulaire».
Dans les 3 à 4 jours suivant l’intervention, restez au calme. Utilisez des béquilles en cas de douleurs. Abandonnez-les rapidement.

Luttez contre l’inflammation
Si votre genou est gonflé, glacez-le au moins 3 fois 20 minutes par jour.  N’oubliez pas de protéger votre peau avec un linge, typiquement une serviette éponge. Idéalement, utilisez une vessie de glace fixée par une genouillère spécifique.

Contractez vos muscles
Souvent, votre cuisse a un peu de mal à fonctionner. Elle a été comprimée lors de l’intervention par un garrot pour éviter les saignements. Les petites cicatrices sont douloureuses et inhibent sa contraction.  Il faut la réveiller.

  • Exercice 1
Allongez-vous, placez un coussin sous votre genou. Tendez la jambe, écrasez le coussin ! Restez contracté 3 à 10 secondes, relâchez pendant la même durée. Recommencez 10 à 20 fois. Renouvelez l’opération toutes les heures … La nuit vous êtes exempté !


  • Exercice 2
Dès que possible, faites suivre l’ «Exercice 1» d’une élévation de votre membre inférieur. Tendez bien votre genou, remontez votre rotule ! Décollez doucement le talon du lit puis monter votre jambe. Restez 1 à 2 secondes en position haute. Prenez soin de freiner la descente, c’est également un très bon travail musculaire.


Bougez doucement
Au cours des 7 à 10 jours après l’opération, il faut entretenir la flexion de votre genou sans trop forcer. Ne dépassez pas l’angle droit, au risque de tirer sur les petites cicatrices situées à l’avant de votre genou.

  • Exercice 3
En position couchée sur le dos, pliez doucement votre genou. Profitez-en pour faire frotter votre talon sur le matelas. Ainsi, vous réveillez et vous faîtes travailler les muscles situés à l’arrière de la cuisse, les ischio-jambiers. Restez fléchi quelques minutes puis replacez lentement votre genou en extension. Revenez lentement genou tendu.


  • Exercice 4
Allongé sur le ventre, pliez le genou, montez le talon. Restez à angle droit quelques secondes. Redescendez doucement. Faites l’exercice environ 10 à 20 fois. Là encore, vous associez un travail de mobilité articulaire et une activité musculaire.


  • Exercice 5
Dès que vous atteignez aisément les 90 degrés de flexion, asseyez-vous sur une table. Partez genou fléchi et montez le pied, maintenez la position 3 à 10 secondes. Redescendez lentement. Faîtes 5 à 10 répétitions.


Objectif : «vie quotidienne»
Une bonne semaine après l’intervention, Vous pouvez marcher normalement. Il faut encore gagner en aisance dans les escaliers. Pour descendre sans encombre il faut fléchir à 110°.

Révisez, progressez.
Lorsque les cicatrices sont bien fermées, reprenez les exercices précédents et gagnez encore en flexion. Pour votre confort, il est urgent d’atteindre 110°. Vous récupérerez tranquillement une amplitude comparable à l’autre genou au cours du mois suivant. Attention, ces exercices se font assis ou couché, les accroupissements sont proscrits.


Travaillez en charge !
A la marche ou dans les escaliers, chaque membre inférieur propulse le poids du corps. Il faut progressivement renouer avec ces contraintes.

  • Exercice 6
Debout sur vos 2 jambes, Fléchissez légèrement les genoux. Ne dépassez pas 30 à 45 degrés. Remontez lentement. Faites ce mouvement 10 à 30 fois. Vous pouvez vous appuyez beaucoup plus voire totalement du côté sain. Ainsi, le côté opéré se fléchit et s’étend sans compression. Dans ces conditions, cet exercice peut vraiment être commencé dans les jours suivant l’intervention. Puis, progressivement, basculez votre poids sur le côté opéré. Après une petite semaine votre geste est symétrique. A l’issue d’une bonne quinzaine, vous poussez exclusivement avec le côté opéré.




Objectif : « Sport » 
Après 2 à 3 semaines, votre force musculaire est correcte, votre mobilité articulaire dépasse 110 degrés. Votre auto-rééducation va devenir sportive.

Révisez, progressez !
Vous réalisez l’ « Exercice 6 » aisément. Rebasculez un peu du côté sain mais faites le mouvement sur un matelas ou un canapé. L’instabilité augmente considérablement le travail musculaire et sollicite votre coordination. Peu à peu, selon vos sensations, mettez plus de poids sur le membre inférieur opéré.

Faites du vélo.
Pour pédaler, il faut plier le genou à 110 degrés. A 15 jours de votre intervention, vous pouvez le faire ! Profitez-en ! Avec un vélo d’appartement ou sur terrain plat, moulinez sur faible résistance. Voilà un bon rodage articulaire pour entretenir votre mobilité et mouler votre ménisque. Augmentez peu à peu les résistances. Vers 3 à 4 semaines post-opératoires, mettez vous en «danseuse ». Votre geste ressemble à celui de la course ! Après un bon mois, commencer votre séance de vélo par quelques minutes de trottinement. Augmentez peu à peu la durée et la vitesse de votre footing.

Allez en salle de sport.
Après un mois, si vous avez accès à des appareils de cardiotraining, c’est l’idéal. Le rameur vous permet de gagner en flexion en évitant la compression du poids du corps. L’elliptique ressemble à la course mais avec appuis symétriques et sans choc. Grâce au tapis, il est possible de travailler en limitant les impacts des foulées. Pour cela, mettez de la pente ! Commencez par la marche active. Petit à petit, intégrez la course sur tapis à votre séance de cardiotraining. Augmentez la durée et réduisez la pente.

Courez, jouez 
Cinq à sept semaines après votre intervention, vous pouvez courir 30 minutes aisément. Commencez à accélérer. Variez les allures. Quelques séances plus tard, terminez par des déplacements latéraux. Les footballeurs font un peu de conduite de balle, les tennismen travaillent sur le mur. Tous renouent avec les éducatifs et les séances techniques. Deux à trois mois après l’opération, vous reprenez véritablement l’entraînement. Quand vous aurez retrouvé vos sensations, si votre genou ne vous gêne plus, vous pouvez attaquer la compétition.

Une lésion du ménisque...
On trouve deux ménisques par genou. Ils ressemblent à deux petits croissants placés entre le tibia et le fémur. Ils s’écrasent et se brisent parfois quand le genou se vrille, bascule ou se fléchit fortement ! Grâce à leurs formes en virage relevé, ils participent à la stabilité du genou. Surtout, ils amortissent les contraintes et répartissent les pressions sur le cartilage. Quand le chirurgien enlève un fragment abîmé, l’emboitement de l’articulation est moins bon. Il faut patienter et proposer des contraintes très progressives pour «mouler le moignon méniscal». Le ménisque, bien que plus mince retrouve une forme adaptée. L’auto-rééducation participe à ce remodelage.





Source SantéSportMag

Infos santé-Après un infarctus du myocarde


Après un infarctus du myocarde

  • L'infarctus du myocarde, qu'est-ce que c'est ?
Le cœur est essentiellement un muscle, appelé myocarde, dont les contractions permettent de faire circuler le sang dans le corps. L’infarctus du myocarde, ou « crise cardiaque », correspond à la destruction d’une partie du muscle cardiaque quand celui-ci n’est plus suffisamment approvisionné en oxygène, par exemple lorsqu’une ou plusieurs des artères qui l’irrigue (les artères coronaires) diminuent brutalement de diamètre.
Aujourd’hui, 96 % des personnes qui font un infarctus survivent au-delà d’un mois et 89 % survivent au-delà d’un an.

  • Quels sont les signes de la crise cardiaque ?
Une douleur dans la poitrine est le symptôme le plus caractéristique de l'infarctus du myocarde : cette douleur « en étau » dure plus de 20 à 30 minutes. Elle irradie derrière le sternum, dans le dos, les épaules, la mâchoire, ainsi que dans le bras gauche. D'autres symptômes sont possibles : anxiété, sueurs, vertiges, essoufflement, par exemple. Plus rarement, certains infarctus peuvent passer inaperçus et sont découverts à l'occasion d'un électrocardiogramme pratiqué lors d'un bilan de santé.

  • Quelles sont les complications de l'infarctus du myocarde ?
Les complications de l’infarctus du myocarde sont diverses : accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque chronique (70 % des insuffisances cardiaques chroniques sont dues à un infarctus), récidives (infarctus qui se répètent) et artériopathie oblitérante des membres inférieurs (les artères des jambes se bouchent).

  • Les traitements chirurgicaux de l'infarctus de myocarde
L’angioplastie consiste à introduire un tube très fin (cathéter) dans une artère au niveau de l’aine. Ce cathéter chemine dans les artères jusqu’à parvenir à l’artère coronaire obstruée. À l’extrémité de ce tube se trouve un ballonnet. Une fois parvenu dans l’artère coronaire bouchée, le ballonnet est gonflé, ce qui dilate l’artère et écrase le caillot. Le plus souvent, un petit ressort (stent) est mis en place dans l’artère afin qu’elle conserve un diamètre correct une fois le cathéter retiré.

Lorsque des troubles du rythme cardiaque subsistent malgré un traitement médicamenteux, un défibrillateur cardiaque implantable (destiné à resynchroniser le cœur en cas de contractions anarchiques) ou un stimulateur cardiaque (« pacemaker », pour régulariser le rythme) peuvent être mis en place sous anesthésie locale.

Si plusieurs artères coronaires sont rétrécies ou bouchées, le chirurgien peut procéder à un pontage : un fragment de vaisseau sanguin est prélevé, le plus souvent au niveau de la jambe, et greffé de manière à constituer une nouvelle voie d’irrigation du cœur.


  • Les médicaments prescrits après un infarctus du myocarde
Après un infarctus du myocarde, le traitement médicamenteux prescrit actuellement par les cardiologues est appelé « BASI ». Ces quatre initiales correspondent à quatre familles de médicaments : Bêtabloquants, Antiagrégants plaquettaires, Statines et Inhibiteurs de l’enzyme de conversion.

Ce traitement est mis en place progressivement après l’infarctus et adapté aux particularités de chaque patient. Il doit être pris pendant plusieurs mois, voire pour le restant de la vie. Malheureusement, il n’est pas toujours bien suivi, en particulier par les personnes âgées. Pourtant, de nombreuses études ont montré de manière certaine que ces médicaments diminuent les récidives et les complications, et améliorent la survie à long terme des patients.

  • Le suivi médical après un infarctus du myocarde
Divers examens complémentaires évaluant le fonctionnement cardiaque sont réalisés avant la sortie de l’hôpital afin de dépister une éventuelle insuffisance cardiaque provoquée par l’infarctus et d’estimer le risque de récidive ou de troubles du rythme cardiaque. Ce bilan recherche également certains facteurs qui influencent la survenue de maladies cardiovasculaires : les facteurs de risque cardiovasculaire (âge, sexe, antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire, tabagisme, surpoids et obésité, sédentarité, diabète, excès de cholestérol).

Après la sortie de l’hôpital, le patient qui a eu un infarctus doit faire l’objet d’une réadaptation cardiovasculaire dont le but est de favoriser la récupération des capacités du muscle cardiaque et d’aider à la réinsertion socioprofessionnelle. Cette réadaptation est particulièrement importante : elle diminue en moyenne de 30 % la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires.

  • Post-infarctus et vie professionnelle
Après six semaines de réadaptation cardiovasculaire, 95 % des personnes qui ont souffert d’un infarctus du myocarde reprennent leur activité professionnelle, parfois avec des adaptations. La cicatrisation du muscle du cœur nécessitant environ trois semaines, il est conseillé de respecter au minimum un arrêt-maladie de cette durée.

Les délais de reprise du travail sont variables, allant de quelques semaines à six mois, et dépendent du degré de récupération de l'organisme, de l'état de fatigue du patient et, bien sûr, du type d'activité professionnelle exercé.

Source : Vidal

mercredi 30 mars 2016

lundi 28 mars 2016

Billets-Les 10 plus riches du monde


Billets-Les 10 plus riches du monde... 

Non, M. Piketty, les gens les plus fortunés ne sont pas nécessairement des parasites
  
Les 10 premières fortunes mondiales 2016 selon Forbes :

  1. Bill Gates (60 ans, 75 milliards) — Bill Gates est le fils d’un célèbre avocat et d’une femme d’affaire de Seattle. C’est au collège qu’il rencontre Paul Allen avec lequel il fondera Microsoft quelques années plus tard. Gates est donc issu d’un milieu très aisé mais sa fortune, il l’a construite seul.

  1. Amancio Ortega Gaona (79 ans, 67 milliards) — Le patron d’Inditex, plus connu pour la marque Zara, est le fils d’un cheminot et d’une femme de chambre. Il a quitté l’école vers 14 ans et  a commencé à travailler comme petite main chez un fabriquant de chemises local.

  1. Warren Buffet (85 ans, 60.8 milliards) — Le « meilleur investisseur du monde » est le fils d’un petit courtier indépendant en actions devenu membre du Congrès et le petit-fils d’un épicier du Nebraska. C’est en réinvestissant ses premiers salaires qu’il démarre sa carrière d’investisseur.

  1. Carlos Slim (76 ans, 50 milliards) — Né au Mexique d’un père et d’une mère d’origine libanaise, Carlos a eu la chance d’avoir un papa doué pour les affaires et donc de grandir dans la bonne bourgeoisie mexicaine. Il démarre sa carrière comme Buffet : en investissant ses premiers salaires.

  1. Jeff Bezos (52 ans, 45.2 milliards) — Petit-fils d’un haut fonctionnaire américain, Bezos hérite son nom de son père adoptif, un émigré cubain, ingénieur dans le pétrole. Il a donc bénéficié d’un environnement familial favorable mais surtout d’une intelligence notoirement hors normes.

  1. Mark Zuckerberg (31 ans, 44.6 milliards) — Le fondateur de Facebook, lui non plus, n’était pas à plaindre : son père était dentiste et sa maman psychiatre. Outre une éducation confortable, la seule contribution de ses parents à Facebook se limite à l’avoir inscrit à Harvard.

  1. Larry Ellison (71 ans, 43.6 milliards) — Élevé par son oncle et sa tante après avoir été abandonné par sa mère à l’âge de 9 mois, Ellison a grandi dans la classe moyenne de Chicago. Il fonde ce qui va devenir Oracle en investissant 1 200 dollars de ses économies sur un capital total de 2 000 dollars.

  1. Michael Bloomberg (74 ans, 40 milliards) — Petit-fils d’immigrés russes et fils d’un comptable, Bloomberg est issu de la classe moyenne de Boston. Après de brillantes études, il démarre une carrière chez Salomon Brothers ; c’est avec sa prime de licenciement qu’il fonde Bloomberg.

  1. Charles & David Koch (80 et 75 ans, 39.6 milliards chacun) — Les frères Koch héritent d’une belle entreprise créée par leur père. Quand Charles succède à son père, en 1967, Koch Industries génère un chiffre d’affaires de 177 millions de dollars ; aujourd’hui, c’est 115 milliards.

On cherche toujours l’héritier oisif qui s’enrichit en comptant ses doigts de pieds que nous décrit M. Piketty


Photo : Bill Gates CC Flickr Thomas Hawk

dimanche 27 mars 2016

vendredi 25 mars 2016

Billets-Connaissez-vous votre vrai salaire ?


Connaissez-vous votre vrai salaire ?

Redonner aux salariés la totalité de leur salaire leur permettrait de mieux comprendre ce qu’on leur cache.

Le salaire brut est une fiction. Il n’y a, en matière de rémunération des salariés, que trois choses qui existent : le « superbrut » qui sort de la poche de votre employeur, le net qui arrive dans votre poche à la fin du mois et, au milieu, un ensemble de cotisations obligatoires dont un bon paquet de taxes. Le brut est une fiction parce que la distinction qui est faite sur votre bulletin de paie entre cotisations dites « salariales » et cotisations dites « patronales » n’a absolument aucune forme de réalité. Si vous faites partie de celles et ceux qui croient que les cotisations « salariales » sont payées par les salariés tandis que les cotisations « patronales » sont payées par les patrons, je ne saurais que trop vous inciter à lire cet excellent papier de Julien sur Ecopublix. C’est une fable et aucun économiste, toutes obédiences confondues, n’oserait affirmer le contraire.

Partant, la question qui se pose naturellement est de savoir par quelle sorte de miracle cette aberration existe. Sincèrement, je n’en sais absolument rien. Il est tout à fait possible, malheureusement, que le législateur de l’époque ait cru à cette fiction et que depuis personne n’ait jugé utile de revenir dessus. Et pourtant, c’est essentiel parce que cette distinction imaginaire a un effet extraordinairement néfaste : elle masque le coût réel de notre système social aux yeux du plus grand nombre ce qui, dans un pays qui se veut démocratique, est tout simplement inadmissible.

Entendez-moi bien : je ne porte ici aucun jugement sur les coûts et bénéfices dudit modèle social. J’ai, bien sûr, mon opinion sur la question mais elle n’a pas sa place ici : je dis simplement qu’on ne peut pas demander aux citoyens de ce pays de se prononcer sur un tel choix collectif s’ils ne sont pas en mesure de savoir ce que ça leur coûte vraiment. Ce n’est pas admissible. Quelles que soient vos préférences politiques, que vous soyez un fervent partisan de notre modèle social ou le plus acharné de ses détracteurs, il y a au moins un point sur lequel nous devrions tous être d’accord : une démocratie ne peut fonctionner que si les citoyens disposent des éléments qui leur permettent de se faire une opinion.

Or voilà, j’observe que l’immense majorité de nos concitoyens croit dur comme fer que c’est bien leur patron qui paie les cotisations dites patronales et j’observe que ces dernières sont de 60% à plus de 110% plus élevées que les cotisations prétendues « salariales » (sauf en cas de réduction Fillon). Concrètement, ça signifie que l’immense majorité de nos compatriotes sont convaincus que notre modèle social ne leur coûte finalement pas grand-chose alors qu’en réalité, on leur cache de 60% à 70% de son coût en leur faisant croire que « c’est le patron qui paye ».

Il faut mettre fin à cette mauvaise farce et, comme je doute fort que notre personnel politique ait ne serait-ce que le dixième du courage qu’il faudrait avoir pour dire enfin la vérité aux gens, j’ai une petite suggestion que je souhaite ici adresser aux chefs d’entreprises françaises et ainsi qu’à leurs représentants sur la scène publique (si quelqu’un pouvait faire suivre à Pierre Gattaz par exemple…). L’idée est très simple : proposez de prendre à votre charge l’intégralité des charges dites salariales.

C’est bête comme chou, ça ne coûte rien (à la limite, ça va même peut être vous permettre de faire des économies sur le traitement des bulletins de salaire) et ça va enfin permettre de mettre les choses au clair : un « superbrut », un net et un modèle social. Cerise sur le gâteau : ça nous donnera aussi l’occasion d’observer avec délice les trésors d’ingéniosité que ne manqueront pas de développer celles et ceux qui, pour des raisons parfaitement inavouables, ne veulent surtout pas que les électeurs-contribuables sachent.

Source contrepoints.org

Billets-Attentats de Bruxelles : 3 rappels utiles


Attentats de Bruxelles : 3 rappels utiles

3 rappels utiles sur les buts de l’organisation État islamique après les attentats à Bruxelles.

Une nouvelle attaque terroriste vient de frapper l’Europe, cette fois-ci en plein cœur de Bruxelles, en Belgique. Elle a été revendiquée sans surprise dans les heures qui ont suivi par l’organisation état Islamique, et par des remarques d’une indécence immonde de la part des politiques français. À côté de la tristesse suscitée par l’attentat en lui-même, j’ai été frappé de constater à quel point le déroulement des événements était prévisible. Entre les récupérations politiques, les fausses images recyclées d’anciens événements, les accusations de la droite envers la communauté musulmane, et l’obsession maladive de la gauche pour expliquer que ceci n’a rien à voir avec la religion, j’avais l’impression d’être revenu en novembre dernier.

Les objectifs de l’EI
Au milieu du chaos et du sentiment d’impuissance qui s’installent, je voulais prendre le temps de rappeler quels sont les objectifs de l’État Islamique. Je sais parfaitement que le climat n’est pas propice à toute réflexion rationnelle, mais c’est précisément là où je veux en venir : le but du terrorisme n’est pas de nous inciter à nous asseoir autour d’une table en gentlemen pour discuter de choses sérieuses.

Le but premier du terrorisme est d’instiller… la terreur. N’importe quelle autre tragédie causant 30 morts ne provoquerait pas ce genre de couverture médiatique ni un tel emballement politique. En sortant de chez vous, la probabilité que vous soyez la cible d’une attaque terroriste reste toujours infinitésimale. Le but du terrorisme n’a jamais été de faire accroître la mortalité, mais de vous persuader que demain, vous serez sur la liste des victimes, alors que vraisemblablement vous pourrez mourir de mille et une choses avant d’être confrontés à une attaque terroriste. Nous prenons tous des risques bien plus grands chaque jour lorsque nous montons dans une voiture, que nous traversons un passage clouté, ou que nous buvons une bière de trop au bar. Gardons à l’esprit que le terrorisme reste une cause de mortalité extrêmement faible, et que les terroristes voudraient précisément que vous soyez persuadés du contraire.

La deuxième chose à garder à l’esprit, cette fois-ci plus spécifique à l’organisation état islamique, est qu’il essaie de construire une rhétorique manichéenne avec les Musulmans d’un côté et les Chrétiens de l’autre. Que son idéologie soit sincèrement alimentée par la religion ou non, cette dernière est sans aucun doute utilisée comme instrument de division. Al-Qaida en son temps poursuivait déjà une logique similaire : attiser la haine religieuse pour monter les chrétiens occidentaux contre leurs voisins musulmans. Lorsque les attentats sont utilisés comme prétexte pour stigmatiser des communautés entières, c’est au final sauter à pieds joints dans le piège tendu par les djihadistes. Les musulmans, ostracisés, refoulés aux portes de l’Europe, n’auront d’autre choix que de se retourner vers leurs semblables, dans cette logique binaire. Ce dont Daech a peur plus que tout est de voir des musulmans parfaitement intégrés dans les sociétés occidentales, puisque cela remet leur rhétorique en question.

Il existe bien entendu des problèmes avec certains immigrés musulmans, qui, disons-le, ne sont pas issus de cultures particulièrement tolérantes, mais aborder la question du terrorisme doit se faire sans généraliser autour de la population musulmane, qui pour la majorité est parfaitement paisible et ne cherche pas à rejoindre le djihad.

Liberté d’expression
Et enfin, l’organisation état Islamique n’est pas un paradis libéral fondé sur les idées des lumières, avec un profond respect des valeurs de démocratie, de séparation des pouvoirs, de respect des libertés, ni de justice. Même si à ma connaissance il ne revendique pas vouloir mettre à mal ces grandes idées, c’est finalement ce que nous parvenons à nous imposer inutilement à nous-mêmes. Les grands discours sur la liberté d’expression en janvier 2015 ont été suivis d’arrestations de mineurs s’étant exprimés de façon insuffisamment Charlie aux yeux du pouvoir. Les gouvernements occidentaux sont en pleine hystérie anti-vie privée, et cherchent par tous les moyens à combattre les outils de communication et de stockage chiffrés. Tout cela pour lutter contre un risque qui, comme je l’ai dit, demeure extrêmement isolé et rare.

C’est lorsque l’on se laisse aller à la panique, aux généralisations, et à un mépris des institutions démocratiques que l’on perd réellement face au terrorisme. Je sais pertinemment qu’il est difficile de demander de raisonner rationnellement face à ce genre d’attentats, mais c’est un exercice auquel il faut impérativement s’adonner, et encourager nos proches à faire de même. Les gouvernements exploitent sans vergogne nos vulnérabilités pour faire passer des lois liberticides que personne n’aurait acceptées dans un autre contexte. Le Front National continue inexorablement de gagner du terrain, alimenté par ces peurs. Aux États-Unis, un candidat au discours fasciste est en passe de gagner la primaire républicaine. Pardonnez-moi, mais je n’ai pas autant peur de quelques idiots avec une ceinture d’explosifs que des politiques qui n’attendent qu’une chose : que de tels événements se répètent pour satisfaire leur soif intarissable de pouvoir. Ne leur donnons pas raison.

Photo : Bruxelles panoramique (Crédits : Ines Saraiva, licence Creative Commons)

Source contrepoints.org

Billets-Attentats de Bruxelles : deux souhaits à garder en mémoire  


Attentats de Bruxelles : deux souhaits à garder en mémoire

Nous sommes très proches du moment où les terroristes vont gagner leur guerre.

Toutes nos pensées vont aux victimes au lendemain des attaques aveugles d’un terrorisme barbare à Bruxelles.

Hélas, nous sommes très proches du moment où les terroristes vont gagner leur guerre. En effet, que veulent-ils ?

Certes, ils veulent tuer des gens, et ils y parviennent. Mais leur objectif ultime n’est-il pas que nous en finissions avec la démocratie libérale, la liberté de circulation et un haut, mais perfectible, niveau de respect des Droits de l’Homme ?

De Loi Renseignement en Fichier des passagers aériens (Passager Name Record), de rétablissement des contrôles aux frontières en déchéance de nationalité, en passant par les fouilles à l’embarquement du Thalys, force est de constater que le terrorisme djihadiste de Daech a déjà eu un impact sur l’Europe.

Vous verrez que dans quelques jours, Sapin ressortira son projet de suppression de l’argent liquide, pour lutter contre le terrorisme bien sûr.

Si ce soir nous pouvions formuler deux vœux, ils seraient : d’une part, une pensée pour les victimes, et d’autre part, un appel à la vigilance quant aux dérives liberticides que les politiciens ne manqueront pas de proposer.

En attendant… compassion pour la Belgique et pour Bruxelles.

Photo : Grand place, sun after rain (Brussels) crédits RobinTphotos (CC BY-NC-ND 2.0)

Source contrepoints.org

jeudi 24 mars 2016

Billets-État islamique : la stratégie du chaos


État islamique : la stratégie du chaos

La stratégie de l’organisation état islamique ? La recherche du chaos à tout prix.

Les attentats auxquels nous assistons ne sont pas qu’un déchaînement aveugle de violence ou l’œuvre de fous d’Allah. La folie est insuffisante pour prendre la mesure de la menace. Ils s’inscrivent dans une stratégie théorisée par les dirigeants de l’EI, visant à utiliser la violence et la barbarie comme des moyens pour créer une situation de chaos, et ainsi internationaliser la situation en Irak et en Syrie.

Internationaliser le conflit
Par opposition à l’état social qui désigne l’état d’une société politique fondée sur le droit, l’état de nature désigne, dans la philosophie politique des Lumières, l’état de l’humanité avant la constitution en société politique, une situation où les relations interpersonnelles sont régies par la loi du plus fort. L’état de nature n’est pas qu’une fiction politique : la guerre civile est un retour à l’état de nature, parce qu’elle livre les individus à des rapports de domination et de violence. C’est sur cet espace à l’état de nature que s’est implanté l’EI, à partir d’une situation de décomposition politique de l’État syrien et de l’État irakien, offrant aux combattants salafistes djihadistes l’occasion de refonder une société politique à partir d’une conception fondamentaliste de l’Islam, avec comme unique constitution, comme unique source du droit positif, la charia.

Mais l’EI ne porte pas uniquement un projet politique fondamentaliste, à l’image de la doctrine wahabite de l’Arabie saoudite. Il mène une politique djihadiste, née de la guerre civile, principalement entre chiites et sunnites, animée par un esprit de revanche. Il est né du chaos, et c’est dans le chaos qu’il cherche à se constituer. En ce sens, il entretient l’état de nature ou l’état de guerre permanente pour procéder à la purification de l’oumma, et ainsi mobiliser la vengeance comme moteur de sa construction. D’autre part, le contexte de guerre sur plusieurs fronts, à l’ouest contre le gouvernement irakien, à l’est contre le gouvernement syrien, et au nord contre les combattants kurdes peshmergas notamment, renforce l’esprit de revanche comme instrument fondateur du califat. Pour autant, cet esprit de revanche n’est pas accidentel dans la constitution de l’EI. Il est l’âme même de ce dernier. En effet, la stratégie territoriale de l’EI, inhérente au projet de restauration du califat, s’accompagne du rejet de l’idée même de frontière, et donc du projet de conquête de territoires en dehors de l’Irak et de la Syrien. En ce sens, l’EI porte le projet de la guerre contre tous, ou de l’allégeance, et propage à l’échelle internationale la situation d’état de nature d’où il est né.

Dans cette situation de déstabilisation régionale, plusieurs groupes armés salafistes djihadistes ont prêté allégeance officiellement à l’EI, devenant ainsi des provinces (wilayat) revendiquées du califat en Égypte, en Libye, en Algérie, au Yémen, en Arabie Saoudite ou encore au Nigéria.

La guerre contre ceux qui ne prêtent pas allégeance concerne à la fois les non-musulmans, qualifiés de mécréants (kâfir), mais aussi les musulmans qui ne partagent pas la vision salafiste et djihadiste de l’islam, considérée par l’EI comme l’islam authentique. Ces derniers sont qualifiés d’apostats dans la doctrine takfiriste, idéologie violente dérivée du wahabisme dont se réclamait par exemple Chérif Kouachi, et sont donc par la suite sujets de l’excommunication (takfiri), puis des cibles légitimes de la guerre sainte (djihad).

Détruire la « zone grise » 
Pour comprendre le sens des attaques terroristes revendiquées par l’EI, il faut les relier à sa stratégie territoriale. Le projet expansionniste, inhérent à l’idée de restauration d’un califat salafiste djihadiste, repose sur une assise territoriale en Irak et en Syrie. Mais il s’accompagne par ailleurs d’une politique de déstabilisation des sociétés politiques extérieures aux territoires sous son contrôle. Les relations internationales entre l’EI et le reste du monde sont réduites à un rapport de violence, qui provient, comme on l’a vu, de la négation de l’idée même de frontière.

Dans cette perspective, la pensée géopolitique de l’EI se réduit à un corpus de textes qui traitent de la manière de mener efficacement le djihad, avec en toile de fond un sentiment de haine et de revanche comme carburant de la construction califale. Ces corpus de textes, qui renseignent sur la politique menée par l’EI, sont le plus souvent l’œuvre de djihadistes expérimentés, qui cherchent à réorienter la stratégie d’un djihadisme global de type Al-Qaida, jugé inefficace, vers un djihadisme repensé sur la base d’une implantation territoriale, avec pour finalité la construction d’un califat vengeur.

L’un des principaux théoriciens de cet art de la guerre est Abou Moussab Al-Souri, un ancien compagnon de Ben Laden. Il publie en décembre 2004  L’Appel à la Résistance islamique globale. L’ouvrage de 1600 pages devient rapidement le manuel stratégique des terroristes de tous horizons, des dirigeants salafistes djihadistes comme Abou Moussab al-Zarqaoui en passant par les hommes de main subalternes du terrorisme comme Mohammed Merah ou Medhi Nemmouch. Abu Bakr al-Naji, un membre du réseau Al-Qaida, publie la même année sur internet un texte intitulé L’administration de la sauvagerie : l’étape la plus critique à franchir par la Oumma. L’agence de multimédia Al-Hayat, organe de la communication du califat créé en mai 2014, a lancé le magasine Dabiq en juillet 2014. Dans le numéro de février 2015, l’article intitulé «La zone grise» décrit la vision géopolitique bipolaire de l’EI où l’on peut voir un renversement du discours de George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001, parlant de « l’Axe du mal ». À présent, le bien et le mal changent de camp, dans le discours de l’EI, avec d’un côté les « croisés », et de l’autre ceux qui sont du côté de « l’islam ». La « zone grise » désigne les musulmans dans l’incertitude, ceux qui sont encore dans un entre deux. Par conséquent, la stratégie pour l’EI consiste à essayer « d’accroître la division et de détruire la zone grise ». Il enjoint les «croyants» à faire leur exil (hijrah) vers la terre des musulmans (Dar al islam), et à prendre les armes contre leur pays de résidence au cas contraire.

Pour mener à bien cette stratégie d’effacement de cette « zone grise » pour accroître ses effectifs, l’EI tente d’exporter la guerre civile au moyen d’attentats, notamment en France où la communauté musulmane représente 7,5% de la population totale, soit environ 4 710 000 personnes. Ainsi, l’EI espère attiser les conflits intercommunautaires, et accélérer le processus de djihadisation. Il est intéressant de remarquer que les attentats touchent en premier lieu les pays à forte communauté musulmane. L’Égypte, le Yémen et la Lybie sont les trois pays les plus touchés en nombre de victimes d’attentats revendiqués par l’EI. En provoquant des attentats, l’EI tue pour choquer, et in fine développer les sentiments de désunion nationaux : en particulier l’islamophobie. La cruauté n’est pas une fin en soi mais un moyen dans la stratégie de l’EI pour détruire l’esprit républicain, et propager la haine qui alimente l’esprit de revanche dont se nourri l’EI. D’autre part, en provoquant une réaction sécuritaire et liberticide des gouvernements contre le terrorisme, l’EI espère créer des vocations chez les déçus de ces sociétés politiques, et ainsi renforcer l’attractivité de son projet califal, dans un monde qu’il tente de bipolariser. Provoquer l’amalgame dans l’opinion entre musulmans et terroristes s’inscrit dans cette optique de disparition de la « zone grise ». La suspicion à l’égard des musulmans est en effet propice au développement d’un sentiment de rejet mutuel, terreau fertile pour détruire l’unité républicaine, affaiblir l’adversaire et in fine construire la légitimité du califat dans la vengeance.

La gestion de la vengeance
La haine est donc la principale ressource de l’EI : c’est sur l’esprit de vengeance que s’est constitué l’État islamique, et c’est par lui qu’il continuera de prospérer. Sa puissance repose sur sa capacité à convaincre le monde musulman de sa légitimité en tant que califat. Or il ne peut y parvenir qu’en déployant le sentiment de vengeance contre un nouvel « Axe du mal », en mobilisant le djihad comme moteur de sa construction.

L’esprit de vengeance est une spirale infernale et destructrice : la fable grecque des Atrides nous le montre.

La tragédie qui touche la famille prend sa source avec la haine qu’éprouvent réciproquement les deux frères, Atrée et Thyeste, et la surenchère d’actes barbares qu’ils commettent l’un envers l’autre pour laver les humiliations vécues. Entraînés dans un cercle vicieux de vengeances sans fin, qui se propagent de génération en génération, les membres de cette famille maudite par les dieux s’entretuent : Égisthe, le fils de Thyeste, tue son oncle Atrée pour venger son père ; les deux fils d’Atrée, Agamemnon et Ménélas, chassent Thyeste du trône de Mycènes ; Egisthe assassine Agamemnon à son retour de la guerre de Troie ; Oreste tue sa propre mère Clytemnestre et son amant Egisthe. Poursuivie par les Érinyes, déesses de la vengeance, il se réfugie auprès d’Athéna, où il est jugé par le Tribunal de l’Aréopage, dont la sentence met fin au cercle vicieux de la vengeance et de la barbarie. Dès lors, les Érinyes se transformèrent en Euménides : les Bienveillantes.

Photo : grenade terrorisme credits Israel defense forces (licence creative commons)
Source contrepoints.org

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mercredi 23 mars 2016

mardi 22 mars 2016

Billets-Nom de code : Paul Bismuth


Nom de code : Paul Bismuth

L'ancien chef de l'Etat a été placé en garde à vue à l'Office de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) pour y être interrogé dans le cadre de l'affaire des écoutes. Un obstacle de plus sur son chemin de retour au pouvoir.

"Surprenant", "Inédit", "Sans précédent" : la presse internationale est au diapason au lendemain du placement en garde à vue de l'ancien président français. "C’est la première fois dans l’histoire moderne française qu’un ancien chef de l’Etat est retenu en garde à vue, même si son prédécesseur Jacques Chirac a été condamné en 2011 à une peine avec sursis pour détournement de fonds et abus de confiance à l'époque où il était maire de Paris", écrit The Independent. "C’est une mesure exceptionnelle qui a surpris la France au réveil. La célérité de cette opération a également surpris l'ensemble de la classe politique”, s'exclame El País.

"Nicolas Sarkozy – nom de code : Paul Bismuth – qui fomente un coup contre ces "bâtards" de juges à Bordeaux. Il ne s'agit pas du scénario d'un thriller politique de série B, mais du contenu des conversations entre l'ex-président français et son fidèle avocat Thierry Herzog", écrit Paolo Levi dans La Stampa.

Le Financial Times (FT) rappelle de son côté que l’ancien président et son avocat sont "soupçonnés d’avoir essayé de favoriser la promotion d’un juge d’instruction en échange d’informations" sur le dossier d’instruction concernant le financement de la campagne présidentielle de 2007 par des fonds libyens provenant de la famille Kadhafi.

"Les multiples affaires qui touchent Nicolas Sarkozy jettent une ombre sur son possible retour en politique, alors que ses partisans le poussent à se lancer dans la course à la présidentielle de 2017", estime encore le FT.


 Dessin de Glez
Source Courrier International

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lundi 21 mars 2016

Billets-Ma vie d’expat’ à Londres et Zurich


Vue du lac des quatre cantons (Vierwaldstättersee ou lac de Lucerne) et de la montagne du Rigi. Tous droits réservés.

Ma vie d’expat’ à Londres et Zurich

Le témoignage de Lionel : « Je commence à réfléchir à ce que pourrait être mon emploi d’ici 5 ans. Notre aventure d’expatriés a encore de beaux jours devant elle ! »

Une petite présentation ?
Je m’appelle Lionel, j’ai 43 ans, je suis marié à une Française, Laurence, nous avons 4 enfants âgés de 18 à 13 ans. Nous venons de la région Rhône-Alpes et nous avons vécu depuis notre mariage en 1997, à Londres, et maintenant depuis 6 ans à Zurich en Suisse alémanique.

Nos parents et nos frère et sœurs habitent encore tous en France, et nous sommes les seuls de notre famille à avoir fait le choix de l’expatriation. Nous nous rendons régulièrement en France pour les vacances et pour les réunions de famille, on fait aussi quelques virées shopping, du côté de Strasbourg, et on en profite pour voir des amis proches.

Tout ça pour dire qu’on vit une expatriation en douceur, en restant au contact de la France ; rien à voir avec d’autres qui sont à des heures d’avion de Paris et qui ne rentrent en France que tous les deux ans.
Pour terminer mon introduction, j’ajoute que nous n’avons pas vraiment l’âme de back-packers et que nous ne sommes pas partis sur un coup de tête en plaquant tout pour fuir une situation difficile… quoique la France sous le tandem de choc Chirac-Jospin en 1997 c’était peut-être déjà en soi une situation difficile !

Je précise aussi que dans chaque cas d’expatriation, j’avais le confort d’avoir un job à l’autre bout et donc l’assurance d’être payé à la fin du mois, ce qui permet d’enlever une bonne épine du pied. Notre témoignage dans cette chronique est donc l’histoire de deux expatriations pré-mâchées, un peu à l’eau de rose on dira même, et à des années lumières du conte de fée, où le héros débarque à l’étranger avec son sac à dos et finit millionnaire, encore que, ça peut toujours nous arriver à la prochaine… je ne suis absolument pas contre !

Quel est votre métier ?
Je suis diplômé d’une école d’ingénieur et ma formation de base est dans les réseaux télécom et les systèmes d’information. En sus j’ai un DESS d’administration des entreprises (IAE). Mon premier emploi a été chez France Télécom (en temps qu’apprenti dans le cadre de mon DESS) et j’ai eu la chance de travailler dans le secteur télécom jusqu’à ce que la bulle internet explose. Mon rôle était plutôt commercial que technique (malgré mon background d’ingénieur).

J’ai rejoint un cabinet de conseil au début des années 2000 et j’y ai fait mes classes pendant 7 ans, ensuite j’ai découvert le monde de la banque d’investissement (juste à temps avant que n’éclate la crise suivante, la grande crise financière). Mon arrivée dans la banque s’est faite par la petite porte, en tant que business analyst dans les systèmes d’information pour calculer le risque de crédit. En gros j’ai commencé à 35 ans le métier que j’aurai dû faire à 25 ans à ma sortie d’école d’ingénieur, et donc malheureusement pas en tant que le « loup de la City« , payé des mille et des cents pour programmer des algos de trading ou gérer des positions spéculatives sur le marché obligataire…

Oui… quelques regrets, c’est la faute du conseiller d’orientation qui a mal fait son boulot… De là, j’ai migré vers des rôles plus orientés business et vente et je suis maintenant responsable des ventes dans la gestion de fortune en Suisse. Mon parcours professionnel s’est pour l’instant entièrement déroulé dans des grands groupes internationaux, mais je ne désespère pas d’essayer les petites entreprises et éventuellement d’en créer une un jour (on y reviendra plus bas).

Pourquoi être parti ?
Nous sommes partis avec armes et bagages dans le cadre de mon service militaire effectué comme Coopérant du Service National en Entreprise (CSNE). L’idée était de profiter de cette formule de coopération pour éviter de perdre 10 mois à faire un service militaire « actif » et au lieu de ça d’abord acquérir une expérience professionnelle internationale, et ensuite découvrir un nouveau pays en ayant un minimum de support (c’est-à-dire un job garanti à l’arrivée dans le pays et une couverture médicale top, ce qui réduisait grandement les risques).

Ensuite une fois mon CSNE de 16 mois achevé et mon statut DOM acquis, la question est plutôt devenue : pourquoi ne pas revenir en France ? J’ai d’ailleurs décroché deux offres d’emploi à l’issue de mon CSNE et on a été à deux doigts de rentrer en France et de nous installer à Paris. Mais, au final, une offre reçue pour un job à Londres nous a fait changer d’avis, et plusieurs critères sont entrés en ligne de compte dans ce choix :

  • qualité de vie (Londres comparé à Paris : nous habitions une maison avec un petit jardin à 30 minutes porte-à-porte de mon bureau et il semblait difficile d’envisager mieux à Paris)
  • sentiment de ne pas avoir les mêmes ou moins d’opportunités de carrière (en Angleterre il ne faut pas avoir fait le job 25 ans pour être invité à un entretien d’embauche, mais plutôt être capable de montrer que vous pourrez faire le job parce que vous avez les compétences et une expérience appropriée)
  • peur de perdre l’avantage des langues étrangères pour nous mais aussi pour nos enfants (on avait déjà 1 enfant à l’époque)
Lorsqu’on a annoncé notre décision de rester à Londres à nos parents il y a eu comme un froid et pendant quelques semaines nous ne nous sommes pas parlé au téléphone.


La City. Tous droits réservés.

Notre processus de décision de nous « expatrier » d’Angleterre et d’émigrer vers la Suisse a, lui, été très différent : notre départ a clairement été motivé en premier lieu par des raisons économiques, mais pas seulement : il s’est aussi agi d’une question d’évolution professionnelle (carrière bouchée en Angleterre), mélangée à une crainte quant aux coûts futurs des études des enfants (collège privé et université), le tout teinté de raisons personnelles que ce soit par rapport au cadre de vie ou à la proximité de nos parents, vieillissants… Donc il n’y a pas de facteur unique et c’est la somme de chacun qui a fait qu’il est arrivé un moment où l’attraction de notre situation en Angleterre s’est dégradée brutalement face à ce qu’elle aurait été en France. Il fallait réagir, et la Suisse est apparue comme une alternative intéressante, même si cela impliquait de se remettre à l’allemand ! Ach, so…

Pourquoi ces pays ?
Pour l’Angleterre, je dirais bêtement : l’occasion a fait le larron, j’avais initialement rêvé d’un autre pays pour faire mon CSNE car tous les garçons avaient à l’époque comme rêve de décrocher le CSNE en Malaisie, en Australie ou à New York, mais la sélection a été rude et au final j’ai décroché deux offres, l’une à Londres et l’autre à Genève. Venant de Rhône-Alpes, Londres nous a paru plus exotique, et de plus le job proposé était plus attirant, donc on est partis pour Londres pour 16 mois, et on y est resté plus de 12 ans au final…

Le départ pour la Suisse a été plus médité et le fruit d’une certaine réflexion logique. Avec le temps, l’état de santé de nos parents devenant une question de plus en plus pertinente, on cherchait à se rapprocher d’eux, pour être là en cas de coup dur, et aussi pour que les enfants qui entraient dans la période où ils pouvaient interagir avec eux puissent les voir plus souvent.

En parallèle la crise de 2008 venait de frapper et la baisse des taux d’intérêt par la banque d’Angleterre a causé une dévaluation de la livre sterling contre l’euro ce qui fait qu’à Noël 2008 on a eu un choc quand on est venu passer nos vacances de Noël en France, nos livres sterling n’achetaient plus rien…  À partir de ce moment là, on s’est dit que c’était « grillé » pour le Royaume-Uni et qu’il fallait penser à changer de pays. Les conséquences de la crise avaient conduit à des restructurations et mes perspectives de carrière partaient dans une direction que je ne souhaitais pas, j’ai donc commencé à chercher un nouveau poste à l’externe et en interne.

Ma recherche externe m’a conduit à regarder du côté de l’Allemagne, avec des rôles dans le secteur de l’énergie. Mais comme je travaille pour une banque Suisse, l’idée s’est naturellement imposée de trouver un poste au siège en Suisse. Au début j’ai visé Genève. Cela répondait à nos principales problématiques : économie et monnaie fortes, et proximité avec nos parents. On savait en revanche que côté langues étrangères on allait perdre la pratique de l’anglais. Mais l’offre de rôles en interne n’était pas aussi bonne qu’espérée, donc après quelques mois de recherche infructueuse, je me suis orienté vers Zurich, avec un nouveau challenge linguistique à la clef.

Avez-vous eu des doutes ? Comment les avez-vous gérés ?
Nous avons eu peu de vrais doutes, ce sont plutôt des craintes face à des situations nouvelles. Je me souviens typiquement de deux moments qui resteront dans ma mémoire comme des moments de panique pure. La première fois c’était la veille de mon départ en Eurostar pour Londres, j’étais à Paris chez un copain qui m’avait accueilli dans son appart pour le week-end. J’étais seul pour la soirée et je me suis mis à penser à ce qui allait se passer le lendemain : j’allais débarquer dans une ville que je ne connaissais pas, avec deux sacs de voyage et je ne savais pas où j’allais dormir le soir. Bon, avec le recul c’était vraiment pas un problème et pour beaucoup de back-packers c’est l’essence même de la chose. Au final, c’était juste une question de savoir combien j’étais prêt à dépenser pour trouver un toit. Mais sur l’instant, on s’emballe vite et on commence à paniquer avec des scénarios catastrophe. Le lendemain tout s’est bien passé et j’ai trouvé un B&B à £30 la nuit où je suis resté une semaine avant de trouver un appart à louer.

La deuxième fois, c’était aussi lié à un problème de logement, et cette fois c’était plutôt l’abattement face à la difficulté de trouver un logement convenable à prix décent à Zurich dans lequel accueillir toute ma famille. Ma femme m’avait rejoint pour la journée depuis Londres pour visiter deux apparts/maisons que j’avais sélectionnés, parmi les moins pourris de ma short-list. Le soir après les visites je l’ai raccompagnée à l’aéroport pour son avion vers Londres, et j’ai fondu en larmes tellement j’étais désespéré de ne pas pouvoir trouver de solution, car évidemment aucune des deux visites ne convenait (trop petit, mal situé, etc.), et là je me suis dit qu’on n’y arriverait jamais et que je devrais continuer à faire des aller-retour toutes les semaines pour passer les week-ends à Londres avec eux et travailler la semaine à Zurich. Bon, au final quelques semaines plus tard, on a fini par trouver la perle rare et après quelques semaines, la famille s’est retrouvée réunie.

À chaque fois donc ça n’a jamais été quelque chose de complètement dramatique, avec le recul c’est même presque stupide de s’être laissé aller, mais au moment où le krach se produit, ce problème semble une montagne et cristallise en fait la somme des craintes, des angoisses et du stress liés à cette période de « transition ».

Je dirais toutefois qu’il y a peut-être deux facteurs qui ont aggravé la situation par rapport à une situation similaire en France (par exemple un déménagement de Lyon à Paris) : la distance qui vous sépare de vos proches (on était seuls pour faire face, alors que si on avait été en France on aurait eu un réseau sur lequel s’appuyer) ; et le fait de se retrouver dans un pays étranger, sans nécessairement en connaitre les codes et pouvoir comprendre vraiment comment les choses se font.

S’ajoute à cela la difficulté de la maîtrise (ou non) de la langue, ce qui peut rendre la situation plus difficile encore. J’ai le souvenir particulier d’une conversation téléphonique avec un employé de la commune qui gère les raccordements électriques. J’ai appelé peu après avoir emménagé pour savoir comment se faisait le changement de nom pour l’abonnement et donner un relevé du compteur. Il m’a répondu en Suisse allemand, je n’ai rien compris et j’ai demandé de répéter et même d’épeler un mot, et sa réponse a été : « Quand on vient habiter en Suisse, on apprend la langue d’abord ».

En dehors des deux « aventures » relatées plus hauts, je dirais qu’il n’y a pas eu de doutes liés à notre expatriation à proprement parler. Il y a toujours une petite crainte dans un coin de la tête que nous ne fassions pas les choses correctement, parce que le pays est nouveau et/ou différent mais comme nous sommes restés en Europe, le système fonctionne généralement de la même manière en Angleterre, en Suisse et en France, donc il n’est pas si difficile de s’adapter.

La Suisse est particulière dans le sens où les gens (Suisses de souche) vous font vite comprendre ce que vous faites mal. L’été de notre arrivée nous avons fait une pendaison de crémaillère pour laquelle nous avons invité quelques amis du bureau ainsi que des contacts francophones que nous avions sur Zurich. La journée s’est bien passée, avec un barbecue et les enfants ont joué ensemble dans le jardin. Le soir on a regardé la finale de la coupe du monde de foot. Il faisait chaud, les fenêtres du salon étaient ouvertes. On faisait un peu de bruit à chaque action un peu chaude, bref on regardait une finale de coupe du monde quoi… À la fin du match nos invités sont partis et l’un de mes collègues, un Anglais marié à une Espagnole a été un peu bruyant avec son klaxon – normal, il avait gagné la coupe du monde ! Dans la semaine qui a suivi, nous avons vu débarquer notre cher voisin, qui nous a apporté une copie du règlement du lotissement où nous vivons et dans laquelle il avait surligné au stabilo jaune toutes les règles que nous avions enfreintes lors de cette petite fête. Une manière gentille et personnelle de nous souhaiter la bienvenue dans le quartier !

Notre déménagement en Suisse a par contre été vécu complètement différemment par nos enfants, principalement parce qu’ils se sont retrouvés du jour au lendemain projetés dans un environnement où ils ne connaissaient ni les règles ni les codes, et je pense qu’ils ont du avoir de gros doutes quant au bien-fondé de cette expérience. Bon cela dit, à 7-11 ans on ne réalise pas les choses de la même manière, et ils n’ont jamais vraiment formulé leurs craintes, mais la première année à l’école a été assez difficile et il leur a fallu beaucoup de temps pour se faire accepter, à commencer par apprendre les langues (allemand et suisse-allemand) afin de pouvoir suivre les cours et s’insérer dans la cour de récré et se faire des copains. Le système suisse est bien rodé pour l’intégration, les enfants qui arrivent comme ça de l’étranger et qui ne parlent pas l’allemand bénéficient de cours de soutien personnalisé pour apprendre la langue le plus vite possible. Au bout d’une année, l’intégration était presque réalisée et n’a été consommée pleinement que l’année suivante quand de nouveaux venus sont arrivés à l’école et sont devenus les nouveaux souffre-douleur. Ainsi va la vie…

Parlez-nous de votre quotidien : comment s’organise une journée, en quoi est-ce différent de la France, de ce que vous connaissiez ?
Le quotidien n’est pas forcément très différent de ce que serait notre vie en France. Métro/boulot/dodo mais à la sauce locale, à savoir que je prenais le métro à Londres pour aller au travail, et en Suisse je prends le bus. Après on vire dans le stéréotype, avec peut-être une différence notable en ce qui concerne les horaires de travail : mon expérience en tant que stagiaire à Paris était que la journée commençait vers 9h-9h30, avec une bonne pause pour le déjeuner et qu’on finissait facilement vers 19h30-20h. Le modèle anglais est plutôt nine-to-five avec une courte pause pour aller chercher un sandwich le midi. Le modèle suisse est différent, avec un début beaucoup plus tôt vers 7h-7h30, une pause déjeuner où vous vous organisez des semaines à l’avance pour fixer un RDV avec des collègues et maintenir/ développer votre réseau, et une fin de journée vers 17h-17h30. Évidemment il n’y a pas les 35 heures ni à Londres, ni à Zurich, mais je n’ai pas connu ce régime en France, donc je ne peux pas dire si ça me manque ou pas.

Pour les enfants en revanche la différence est relativement abrupte, car à l’école qui commençait à 8h25 en Angleterre, s’est substitué un régime où les cours commencent à 7h25, avec des sessions de 50 minutes et souvent un ou deux après-midis libres par semaine.

Sinon la différence fondamentale c’est évidemment l’emploi d’une langue étrangère dans le contexte quotidien du travail mais aussi des relations sociales, le soir, le week-end. L’adaptation s’est faite graduellement. D’abord on s’améliore à l’oral, en compréhension et en expression (éventuellement pour l’accent. Pour ça j’ai eu le déclic quand j’ai compris que, comme les enfants qui apprennent une langue, il faut essayer de reproduire le son, et le retenir, sans chercher à analyser comment écrire le mot), ensuite vient l’expression écrite. Le tout est grandement aidé par la lecture – au début les magazines gratuits genre 20 Minuten et Blick-am-Abend, puis après le web pour les infos – et la télé (ou à défaut les podcasts et la radio). Une fois que vous maîtrisez un minimum la langue, vous pouvez commencer à découvrir la culture et essayer de comprendre ce qui se passe au tour de vous et vous adapter.

Londres est une ville internationale dans le sens où il y a beaucoup de nationalités qui cohabitent, et toutes s’expriment en anglais. Mais j’ai vraiment fait la découverte de ce qu’international veut dire en Suisse, quand dans un même meeting vous avez des personnes qui s’expriment tantôt en allemand, tantôt en français et finalement en anglais, et quand vous quittez ce meeting, certains de vos collègues parlent italiens entre eux. Bon, mon cas est certainement particulier parce que je travaille pour une grande banque – il y a fort à parier que dans la petite boîte du coin, tout le monde parle le suisse allemand et peut-être parfois l’anglais.

Au final, ce bain continuel dans des cultures/langues différentes est très enrichissant, même si du coup j’en arrive à ne plus savoir vraiment quelle est ma culture et à perdre un peu ma langue maternelle. Le problème pour nos enfants est encore plus grand : ils ont commencé par apprendre l’anglais à l’école, avec le français à la maison (seulement parlé). Depuis notre arrivée en Suisse, ils ont ajouté l’allemand (écrit et parlé) ainsi que le français à l’écrit, tout en continuant l’anglais, et avec le suisse allemand pour les discussions dans la cour d’école et l’échange de textos et autres « Whats app » avec les copains. Bref, pour l’instant ils parlent et écrivent plus au moins 3 langues mais n’en maitrisent aucune parfaitement. Mais je n’arrive pas à me convaincre que ce soit un réel problème…

Un bilan aujourd’hui : que vous a apporté l’expatriation? (et à l’entourage familial)
Les aspects positifs :
– une ouverture au monde, aux autres et aux cultures différentes
– une flexibilité d’esprit
– la maitrise des langues des pays dans lesquels j’ai vécu
– une autonomie plus grande (nous avons vécu sans soutien familial proche, on a appris à se débrouiller seuls et à faire appel à des amis plutôt qu’à notre famille, ce qui ne serait pas arrivé si on était resté à proximité de nos parents)

Les aspects négatifs :
– effacement de notre « culture » française au profit d’une culture plus internationale
– perte de certains amis avec lesquels la distance a mis fin à nos relations
– moins de contacts avec la famille


Big Ben-Tous droits réservés.

Du point de vue de l’éducation de mes enfants, je pense que notre expatriation leur donne des opportunités supplémentaires, ne serait-ce que dans la maitrise des langues étrangères (anglais, allemand, français courants avec le bon accent qui va bien dans chaque langue, enfin presque. Tout le monde dans la famille dit qu’ils parlent français avec un accent british). Nos deux aînés suivent le cursus « long » à savoir qu’ils vont passer leur maturité (équivalent bac) et cela devrait leur ouvrir les portes de l’université (ou des écoles polytechniques fédérales, eux au moins ils auront fait Polytechnique !..) Les deux plus jeunes semblent moins intéressés par les études et donc à l’issue du collège, ils s’orienteront probablement vers un apprentissage. La voie de l’apprentissage est la « voie royale » en Suisse, avec une majorité des élèves qui suit ce cursus mêlant à la fois expérience d’un emploi (4 jours/semaine) et continuation des études (1 jour/semaine), sans fermer la porte à la reprise d’études supérieures une fois l’apprentissage terminé, mais avec la certitude de trouver un emploi, dès la qualification en poche.

Est-ce que vous vous sentez encore Français ? Pourquoi ?
Oui ! Définitivement oui ! Même si nous avons quitté la France il y a bientôt 20 ans. La proximité de Londres ou de Zurich avec la France fait que nous avons conservé des liens étroits avec nos racines. Nous n’avons jamais manqué de fromages et/ou de vins ! Le test ultime c’est quand même de savoir quelle équipe soutenir lors du Tournoi des 6 Nations, et si effectivement il m’est arrivé de chanter le God Save The Queen, c’est pour les bleus et pour la France que je vibre dès que l’action s’emballe.

Cela dit, je nourris de l’inquiétude pour les projets de taxation à l’américaine, qui sortent des cartons de manière récurrente et qui viseraient à faire payer à tous les Français des impôts en France, qu’ils vivent ou non en France. Une telle mesure me paraît totalement idiote et m’amènerait à revoir ma position par rapport à ma nationalité effective, même si de cœur, je serai toujours Français !

La situation de mes enfants est plus complexe, car ils sont nés et ont passé leur enfance en Angleterre. Nous avons fait pour eux une demande de nationalité britannique, qu’ils ont obtenue. Cela nous semblait opportun d’une part, car ils ont baigné dans la culture anglo-saxonne tout petits bien que l’influence française ait été très présente. Un passeport britannique ouvre des portes, notamment dans les pays du Commonwealth, pour y travailler par exemple.


Tous droits réservés.

Depuis notre arrivée en Suisse, se pose la question de savoir s’il est important d’acquérir la nationalité helvétique. Je ne le crois pas nécessaire pour moi (sauf si la menace des impôts français pour les non-résidents se précise) car je suis né Français et je souhaite le rester, mais pour mes enfants, qui ont aussi grandi dans ce pays, je peux admettre qu’ils se sentent d’ici plus que de France, et dans ce sens acquérir la nationalité de notre pays d’accueil n’est pas une question anodine, car d’une certaine manière ils y sont attachés. Mais ce sera leur décision car ils seront en âge de décider pour eux-mêmes et ils en profiteront pour décider s’ils souhaitent conserver leurs nationalités britannique et française.

Autre chose à dire ?
Oui, l’aventure continue. Il reste encore plein de nouveaux pays à découvrir, en Europe et plus loin… Pour l’instant on se plaît en Suisse, nos enfants progressent dans leurs études et l’idée est de les laisser terminer en Suisse avant d’envisager un quelconque autre déménagement. En attendant je commence à réfléchir à ce que pourrait être mon emploi d’ici 5 ans et à prévoir la possibilité/l’obligation d’être mon propre patron afin d’être libre de localiser mon activité à ma guise, et peut-être dans un autre pays européen, comme l’Espagne ou le Portugal. Notre aventure d’expatriés a encore de beaux jours devant elle !

Source contrepoints.org