mercredi 31 mai 2017

dimanche 28 mai 2017

Arts: Street art-Bristol, capitale du street art


Bristol, capitale du street art

Dans les rues des quartiers populaires de la ville balnéaire, graffs et pochoirs s'affichent sur chaque pan de mur disponible. Ceux de Banksy, bien sûr, mais aussi ceux d'artistes moins connus, tout aussi époustouflants. La preuve en images.
A Bristol, le « street art » est chez lui. Enfin, pas dans le centre historique, où quatre policiers à plein temps, flanqués d'une escouade d'employés municipaux, veillent jalousement à ce que les murs gardent leur aspect blafard. Au nord, en revanche, la couleur reprend ses droits. Dans les quartiers populaires et multi-ethniques de Stockes Croft et de Saint Paul, les graffitis ont crû et multiplié jusqu'à devenir une forme passionnante et bouillonnante d'art populaire. Dire que certaines rues comme Jamaïca Street, Moon Street ou Fraklyn Street sont devenues de véritables galeries à ciel ouvert n'a rien d'une figure de style. Pochoirs, fresques murales, peintures en « free hand » (directement à la bombe), dazibaos, détournements de mobilier urbain se bousculent, voire se chevauchent littéralement sur les murs de ces quartiers considérés il y a peu comme des zones de non-droit, où se côtoyaient junkies, squatters et sans abris. Souvent spectaculaires, couvrant des pans entiers de maisons, les graffs de Bristol frappent surtout par leur diversité.

Dans cette ville maritime de l'Ouest qui fait souvent penser à Rennes, les tagueurs rivalisent d'audace et d'originalité. Né avec le mouvement hip hop, très actif à Bristol dans les années 80, le « street art » a progressivement pris ses distances avec l'esthétique rap. S'il reste encore des guérilleros du pochoir et de la bombe de couleur pour écrire leur nom en lettrage clinquant et boursoufflé sur des pont d'autoroute, la majeure partie d'entre eux ont développé des styles très singuliers. Dans le sillage de Banksy et, avant lui, des pionniers Nick Walker, Inkie et 3D (qui depuis s'est tourné vers la musique et a fondé Massive Attack !), le graff bristolien couvre une large palette : du burlesque au macabre, du poétique à l'heroic fantasy, du figuratif à l'abstrait. Seul trait bien partagé : l'exigence graphique. Comme si l'incroyable réussite du tagueur masqué avait non seulement fait naître des vocations, mais aussi imposé à ses successeurs une norme, un label de qualité, une sorte de « responsabilité artistique » avant de mettre des couleurs sur un mur. Le résultat est époustouflant et explique pourquoi la huitième ville du Royaume Uni est devenue une capitale mondiale du « street art ».














samedi 27 mai 2017

Infos santé : Sport et Santé-Claquage du mollet et autorééducation


Claquage du mollet et autorééducation

Votre médecin du sport a fait le diagnostic de claquage du mollet. Il vous a prescrit de la kinésithérapie. Vous pouvez y associer des exercices d’autorééducation. Vous limiterez le risque de séquelles et réduirez sûrement les délais de reprise.

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport, et Grégory DELENTE, kinésithérapeute du sport.  

Lors d’une course rapide ou d’un saut, la cheville se fléchit à la réception. Elle emmène avec elle la membrane qui entoure le muscle du mollet, l’aponévrose. Les fibres musculaires qui s’y accrochent tirent dans l’autre sens pour freiner le mouvement et accumuler de l’énergie élastique destinée à la relance. Quand le geste est violent, lorsque le muscle est durci par la fatigue, il arrive que la jonction entre les fibres et le sac musculaire se déchire. C’est le claquage. En fait, le terme général est « lésion musculaire ». Lors de l’élongation les fibres se décrochent de la membrane. À cet endroit, il se constitue un petit épanchement, comme une ampoule profonde. La cicatrisation s’effectue en 10 à 15 jours. Parfois, la membrane se rompt ; les vaisseaux qui y circulent sont eux aussi coupés. C’est le « claquage » au sens propre. La lésion saigne et un hématome ne tarde pas à se former. Selon l’ampleur des dégâts, la cicatrisation est obtenue en 6 à 10 semaines.


  • Visez les objectifs... Respectez les principes !
La rééducation a pour premier objectif de drainer l’épanchement ou le sang. En effet, si du liquide persiste, il se transforme en une croûte friable. Cette cicatrice fibreuse et anarchique se comporte comme un maillon rigide et fragile au sein d’une chaîne élastique. Elle est à l’origine de récidives ! Pour limiter les suintements et les saignements, il faut glacer, comprimer et surélever le mollet. Le second objectif consiste à « mécaniser » la cicatrice, c’est-à-dire à éviter la formation d’un magma fibreux inerte et stimuler la formation de fibres musculaires à l’endroit de la blessure. Pour cela, il est impératif de faire fonctionner le muscle… il faut lui proposer des contraintes mécaniques progressivement croissantes, juste à la limite des aptitudes du tissu reconstitué ! Dans cette stratégie, le seuil de la douleur est de bon conseil. En clair, vous pouvez faire tout ce qui ne vous fait pas mal… Plus encore, vous devez le faire !

  • Drainez couché… Drainez couché !
Dans les jours qui suivent votre accident, faites confiance à la logique de votre plombier ! Allongez-vous, surélevez la jambe ! Mettez votre mollet plus haut que votre hanche et votre cœur. Le sang de l’hématome aura tendance à rejoindre la circulation générale. Glacez votre mollet. Le froid ferme les vaisseaux sanguins et réduit le saignement. Utilisez un sac de glaçons, un Cryogel® de pharmacie ou un sac de petits pois congelés. Protégez votre peau avec un linge. Une serviette peut faire l’affaire. Poursuivez la manœuvre 20 minutes, c’est la durée optimale. Sur une durée plus prolongée, les vaisseaux se ferment si longtemps que la peau n’est plus oxygénée et risque de s’abîmer ! Moins longtemps, la peau commence par rougir pour se protéger et le saignement risque d’augmenter. Comprimez votre mollet. La pression externe appuie sur les vaisseaux déchiquetés et réduit l’hémorragie. Plusieurs techniques s’offrent à vous. Vous pouvez utiliser une bonne vieille bande Velpeau ou équivalent. Serrez un peu plus en bas, vers la cheville, et moins en haut, vers le genou. Vous obtiendrez ainsi un effet drainant vers le cœur. Plus efficace et plus simple, mettez vos chaussettes de compression voire vos chaussettes de récupération. Le serrage élastique décroissant ascendant est parfaitement conçu pour stimuler le retour veineux. N’hésitez pas à asperger votre bandage ou vos chaussettes d’alcool à 70°. Ce dernier s’évapore en utilisant la chaleur du corps. On obtient ainsi un effet réfrigérant. En théorie, il est déconseillé de serrer fortement votre jambe en position couchée. Les veines insuffisamment dilatées par le poids du sang sont écrasées ; le retour veineux et le drainage sont sérieusement perturbés, on obtient l’inverse de l’effet escompté. Le risque est encore plus élevé avec bandage circulaire : prudence ! Équipé de chaussettes de contention, vous pouvez reprendre votre vie quotidienne rapidement. Marchez lentement en mettant des talonnettes. Mesdames, portez des chaussures à talons­ ; cette fois, c’est bon pour votre santé. En surélevant l’arrière de votre pied, vous réduisez la tension dans le mollet. Ainsi, sa contraction ne tire pas sur la zone lésée…

  • Pédalez pour vous rééduquer et garder la forme !
Faire du vélo est autorisé… et même vivement conseillé ! En salle, plus encore qu’à l’extérieur, il est possible de commencer par des résistances très modérées, bien inférieures au poids du corps. Lorsque vous pédalez, le talon est aussi en position haute. Il n’y a aucun freinage. Vous vous contentez de pousser. La jonction entre les membranes et les fibres musculaires n’est pas écartelée. Les contraintes mécaniques sont faibles et non traumatisantes ; elles ont pour effet de « ­mécaniser­ » la cicatrice, c’est-à-dire d’éviter la formation d’un magma rigide, et de stimuler la formation de belles fibres musculaires ! Quand vous moulinez, l’alternance rapide contraction/décontraction réalise un pompage au sein du muscle qui contribue au drainage de l’hématome. Augmentez peu à peu la résistance en vous plaçant juste sous le seuil de la douleur. À environ 3­ semaines de votre claquage, essayez de vous mettre en danseuse ; votre geste devient plus proche de celui de la course. Peu à peu, mettez du braquet en écrasant les talons !

  • Etirez ! Freinez !
Pédaler permet de contracter votre mollet blessé en évitant d’y ajouter un étirement. En revanche, vous l’avez compris, la course associe les deux ­processus ­! Il faut progressivement réadapter votre muscle à cumuler ces contraintes. Toujours en respectant la règle de la « ­non douleur ­», étirez votre mollet en prenant appui avec vos mains sur un mur et en rapprochant votre buste tout en conservant les talons au sol. Faites le mouvement lentement. Gardez la position 10 à 30 secondes.


Pour progresser, éloignez peu à peu vos pieds du mur. Afin de mettre plus de poids du côté blessé, placez le membre inférieur opposé en fente avant. Pour y adjoindre des contraintes de freinage, montez sur la pointe des pieds et descendez doucement. La course est responsable de lésions musculaires car la traction sur la jonction entre le tissu musculaire et les enveloppes est brutale. Le secret de la rééducation est de proposer une mise en tension lente. Dans ces conditions, les fibres ont le temps de s’aligner dans l’axe des contraintes. On obtient un effet «­ mécanisant­ » sans provoquer de lésion.



Dès que ces manœuvres sont indolores, boostez encore l’adaptation tissulaire. Effectuez cet étirement au bord d’une marche. Remontez sur la pointe des pieds, redescendez amplement les talons, d’abord sur deux jambes puis sur une seule.


Quand tous ces exercices sont validés sans douleur, reprenez les premiers mouvements mais en accélérant.

  • Archimède… Super kiné !
Allez à la piscine ! Nagez ! Ainsi vous gardez la forme et contribuez à votre rééducation. Évitez le crawl, le mollet ne bouge pas assez et reste toujours légèrement contracté ; il risque de faire une crampe qui aggraverait sérieusement les lésions ! Préférez la brasse au cours de laquelle le mollet est mobilisé. Comme à vélo, l’alternance contraction/décontraction draine le suintement ou l’hématome. Le retour veineux est également favorisé par la position horizontale mais aussi par la fraîcheur et la pression de l’eau. Avant de reprendre la course, votre mollet doit se réhabituer à la mise en tension rapide suivie d’une restitution élastique et d’une contraction dans une position d’étirement. Archimède peut vous aider ! Après votre séance de natation, sautillez dans le petit bain. Commencez sur deux jambes, alors que vous avez de l’eau jusqu’aux épaules. Passez progressivement sur un pied et réduisez la profondeur.

  • La course fait partie du traitement !
Il est temps de trottiner. Mettez vos chaussettes de compression. Glissez, sous votre semelle de propreté une fine talonnette type Sorbothane. Bien évidemment, faites-le de chaque côté pour ne as être bancal ! Commencez par un échauffement simple mais structuré. En pratique, marchez, marchez vite, trottinez. Ne faites pas d’étirements ! Vous épuiseriez la structure en chevrons des fibres constitutives de vos membranes musculaires ! Elle serait plus longue mais moins élastique ! Soyez raisonnable. Ne dépassez pas 10 à 15­minutes ! Ajoutez 5 à 10 minutes par séance, quitte à finir votre entraînement par du vélo. Terminez par des étirements. Après l’effort, l’assouplissement de la cicatrice est sans danger, même si vous cassez quelques fibres. Lorsque que vous avez validé 45­ minutes de jogging lent, accélérez progressivement. Allez taquiner le seuil de l’essoufflement. Proscrivez encore les démarrages ! Intégrez quelques côtes dans votre parcours pour tirer un peu sur le mollet. Si tout se passe pour le mieux sur le relief, vous pouvez attaquer le fractionné ! Quelques jours plus tard, vous ne ressentez aucune douleur à l’issue d’un travail de piste… vous êtes guéri !


Dessin Mathieu Pinet 
Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Douleurs en bas du dos


Douleurs en bas du dos

Vous avez mal le matin, assis ou debout longtemps. Votre médecin vous a dit : « Vous souffrez de lombalgie chronique, vos disques sont tassés ». Commencez par un peu de kinésithérapie, et surtout continuez par une autorééducation régulière !

Avec la collaboration de Grégory DELENTE, kinésithérapeute du sport.

Entre chaque vertèbre de votre colonne, il existe un disque. Il est constitué d’une succession d’anneau fibreux à la manière d’un oignon. Au centre, on trouve une boule de substance visqueuse qui sert d’amortisseur et de répartiteur de pression. A l’occasion d’un mouvement rapide et d’une compression violente, elle peut déchirer les anneaux et s’expulser à l’extérieur du disque : c’est la hernie. Plus souvent, au cours du sport ou de la vie quotidienne, les petits gestes agressifs s’accumulent. Les anneaux se fissurent insidieusement et la gélatine s’y infiltre. Le disque balafré de cicatrice devient rigide et se tasse. L’os des vertèbres situées de part et d’autres doivent encaisser les contraintes inhabituel et devient douloureux : C’est l’insuffisance discale ! Dans ces circonstances, vous souffrez le matin en sortant du lit, vous avez mal assis ou debout longtemps. Visiblement votre colonne n’aime pas l’immobilité. Offrez-lui du mouvement ! L’auto-rééducation parvient à limiter l’usure des disques et surtout à compenser cette dégradation.


  • Musclez et soutenez votre colonne
La colonne lombaire est la seule structure osseuse entre le thorax et le bassin. Elle doit être fermement maintenue par un solide cylindre musculaire : en avant les abdominaux dit « grands droits », la fameuse plaque de chocolat, sur le côté, les abdominaux obliques et les transverses, en arrière, longeant la colonne et encore plus impliqués dans sa stabilité, les paravertébraux. Ainsi, trois exercices clés contribuent au soutien de votre colonne lombaire.

  • Exercice 1 : renforcement des grands droits


Illustration : Mathieu PINET

Allongé sur le dos, jambes fléchies et dos plat.
Sans bouger,  poussez avec vos mains sur vos genoux tout en soufflant pendant 3 secondes. Récupérez 2 secondes. Adaptez la force exercée à votre niveau.
Répétez l’exercice 20 à 40 fois.

  • Exercice 2 : renforcement des obliques et des transverses


Illustration : Mathieu PINET

Allongé sur le dos, jambes fléchies et dos plat.
Sans bouger, poussez avec la main droite  sur l’intérieur de  genou gauche, tout en soufflant pendant 3 secondes. Récupérez 2 secondes et changez de côté. Adaptez la force exercée à votre niveau.
Répétez l’exercice 20 à 40 fois.

  • Exercice 3 : renforcement des paravertébraux.
Allongé sur le sol, genoux fléchis, monter lentement le bassin. Alignez le tronc et la cuisse et creusez légèrement le dos comme en position debout. Gardez l’attitude 3 secondes. Redescendez doucement. Enchaînez 20 à 40 mouvements.

Illustration : Mathieu PINET

  • Assouplissez votre colonne
Vos disques se sont enraidis par accumulations de petites cicatrices fibreuses. La réduction de la mobilité qui en résulte provoque également une perte de souplesse des ligaments et des muscles qui entourent la colonne. Il est grand temps de rompre ce cercle vicieux ! Sinon, le moindre mouvement risquerait de déchirer l’une de ces structures, provoquant un accroissement des douleurs voir un lumbago. Mieux vaut mobiliser votre dos : progressivement, mais sans hypocrisie et tout sens !
  • Exercice 4 : assouplissement en flexion
Allongé sur le dos, attrapez vos genoux fléchis avec vos mains. Gardez la position 20 secondes : les muscles se relâchent. Tirez un peu plus vigoureusement pour obtenir une tension des ligaments et des disques. Conservez cette nouvelle attitude 10 secondes.

Illustration : Mathieu PINET

Si cet exercice ne provoque aucune sensation dans le bas de votre colonne, tendez un peu plus les genoux et attrapez vos mollets ou vos chevilles.

  • Exercice 5 : assouplissement en rotation
Allongé sur le dos, bras écartés pour fixer les épaules au sol, basculez vos genoux fléchis à droite. Gardez la position 20 secondes. Vos muscles se relâchent. Essayez de gagner en amplitude 10 secondes pour mobiliser vos vertèbres. Recommencez du côté opposé.

 Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 6 : assouplissement en extension
Allongé sur le ventre, remontez vos épaules et posez vos avant-bras sur le sol. Plaquez l’avant de votre bassin sur le sol, la cambrure doit venir du bas du dos. N’hésitez pas à contracter vos muscles lombaires et vos fessiers. Vous sentez que « ça travaille » au-dessus du bassin : c’est normal !


Illustration : Mathieu PINET

  • Equilibrez votre colonne
Vos muscles ont gagné en force et en endurance. Il faut désormais qu’ils soient plus vigilant et contrôlent mieux la position de votre colonne. C’est indispensable en position debout ou en courant. C’est nécessaire aussi quand vous mobilisez votre colonne au quotidien.

  • Exercice 7 : coordination statique
Position identique à l’exercice 3 mais soulevez un genou et le coude opposé. Fermez les yeux et maintenez l’équilibre 10 à 30 secondes en conservant le buste aligné sur la cuisse. Changez de côté. Les chaînes musculaires diagonales sont celles de la course.

Illustration : Mathieu PINET

Vous pouvez corser la difficulté en montant les 2  mains.

  • Exercice 8 : coordination dynamique
Lorsque vous ramassez un objet léger tombé par terre, inutile d’écraser vos genoux en vous accroupissant, inutile de transformer votre colonne en tige de bambou ! Vos articulations sont faites pour s’articuler ! Retrouvez cette coordination naturelle !
Penchez-vous lentement en avant, Fléchissez légèrement les genoux, déroulez vos vertèbres et basculez votre bassin. Commencez en posant vos mains sur l’assise d’une chaise. En quelques séances, vous toucherez le sol sans difficulté. Redressez-vous tranquillement, enrouler vos vertèbres, faites pivoter votre bassin, tendez les genoux. Faites ce mouvement 10 à 30 fois.


Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 9 : relaxation musculaire
Celui là devrait vous plaire ! Prenez un grand bain à 37°, détendez vous pendant 10 à 20 minutes. Vous cumulez positon allongée, apesanteur et chaleur. C’est idéal pour mettre tous vos muscles au repos et relâcher l’ensemble de votre colonne.

  • Une colonne vertébrale de galopeur
Les petites articulations situées à l’arrière des vertèbres lombaires sont larges et plates de profil. Elles empêchent cette portion de colonne de tourner. Juste en au-dessus, à proximité des côtes, et juste en dessous, à la jonction avec le bassin, elles sont en formes de spatules de ski et permettent une légère rotation.
Notre colonne lombaire d’ancien quadrupède est faite pour galoper. A ce niveau, elle s’étendait et se pliait amplement à chaque foulée. De nos jours, ces deux mouvements sont assumés aisément, la rotation est plus difficile et se localise aux deux extrémités. En pratique, il est inutile d’insister sur le gain de souplesse en rotation. Restez prudent.


Source SantéSportMag

vendredi 26 mai 2017

Dessins de presse


Dessins de presse

jeudi 25 mai 2017

Billets-Ils étaient présidents : Valéry Giscard d’Estaing


Ils étaient présidents : Valéry Giscard d’Estaing

Alors qu’Emmanuel Macron vient d’être élu, présentation de Valéry Giscard d’Estaing, un autre président qui s’est voulu réformateur.

L’élection de Valéry Giscard d’Estaing (Coblence, 2 février 1926) mettait fin à dix huit années de pouvoir gaulliste. « De ce jour date une ère nouvelle de la politique française » déclara celui qui devenait le vingtième président de la République.

Il avait lancé sa candidature lors d’une conférence de presse, le 11 avril 1974 : « À l’heure actuelle, je crois que les Français, en réalité, veulent deux choses : la continuité et la nouveauté. » Refusant le « rassemblement de la peur » face au « candidat du programme commun », il souhaitait « conduire un mouvement qui soit un mouvement d’enthousiasme et de progrès. » L’élection allait cependant révéler une France coupée en deux : droite contre gauche.

Le plus jeune président de la république du XXe siècle devait rapidement vieillir au pouvoir et ne pas réussir à se faire réélire.

Un brillant énarque
La famille Giscard est originaire de Marvejols, dans l’actuelle Lozère. Le père de Valéry, Edmond Giscard revendiquait une filiation, assez obscure, avec la noble famille d’Estaing et obtint de relever le nom et les armes (1922). La demi-sœur de l’amiral d’Estaing, dernier représentant mâle, avait été la maîtresse de Louis XV, ce qui donnait un parfum royal « de la main gauche » au nouveau patronyme Giscard d’Estaing. VGE était, par ailleurs, persuadé de descendre du roi et d’une autre de ses maîtresses, Catherine Bénard, du côté maternel.

Né en Allemagne, son père participant à l’occupation de la Rhénanie comme directeur des finances du Haut Commissariat français, il connut une enfance heureuse et protégée. La famille quittait son appartement parisien du XVIe à la belle saison pour la vie de château en Auvergne. Préféré de sa mère, il aimait déjà commander au sein du petit cercle des sœurs et cousins. Les relations avec son père, grand bourgeois froid et autoritaire, devaient être plus difficiles.

Giscard s’engagea à dix-huit ans et participa à la fin de la Seconde guerre mondiale (1944-1945) ce qui lui valut la croix de guerre. Il fit Polytechnique puis l’ENA : il devait garder un souvenir pas très positif de cours à la gloire de la planification soviétique.

Il entra, comme son père avant lui, à l’Inspection général des Finances (1952-1956).
VGE avait épousé, en 1952, Anne-Aymone Sauvage de Brantes, issue comme lui de la grande bourgeoisie et fille d’un officier de cavalerie, déporté comme résistant et mort dans un camp nazi. Elle devait être une épouse dévouée, discrète et subir bien des avanies.

Car le jeune homme narcissique aux dents longues, bon pianiste et skieur, était aussi un séducteur, un « sentimental sans cœur » qui alignait conquêtes et vers de mirliton.

Le Ministre du Général
Mais il fut vite happé par la politique. Son grand-père paternel avait été parlementaire sous la Troisième république. Député du Puy-de-Dôme à 30 ans, il vit sa carrière prendre une ascension très rapide grâce au général de Gaulle. En 1962, il succéda à Antoine Pinay comme ministre des Finances. Il s’imposa vite comme le plus talentueux des ministres du Général après Pompidou. Celui-ci d’ailleurs écartera ce rival potentiel à la succession de de Gaulle début 1966.

Le vieux Général aimait bien son ministre des Finances. Avant de s’en séparer, il le reçut à déjeuner à l’Élysée. Le raccompagnant, il lui prit doucement le bras : « Le jour où vous serez ici… » Ainsi le veut la légende du moins.

Songeant désormais à l’après-de Gaulle, Giscard eut le souci de préserver l’indépendance de son mouvement au sein de la majorité. Le « oui mais » (10 janvier 1967) irrita le Général : « On ne gouverne pas avec des mais… » Dès lors ce ne furent plus que des « giscarmouches » à l’Assemblée où les RI (Républicains Indépendants) étaient devenus un élément incontournable de la majorité.

Ayant pris ses distances, il contribua à l’échec du référendum de 1969 avant de se rallier à la candidature de Pompidou. Les deux anciens rivaux s’étaient réconciliés. Inamovible ministre de l’Économie et des Finances de Pompidou, il vit sa stature politique se renforcer sensiblement entre 1969 et 1974.

1974 : la fin de la parenthèse gaulliste
La mort inattendu d’un président populaire ayant surpris tout le monde, l’annonce des candidatures se fit dans une grande confusion. Seule la gauche paraissait unie derrière la candidature de François Mitterrand. Les deux candidatures trotskistes concurrentes étaient négligeables.

En revanche dans le camp gaulliste, il y avait pléthore de candidats réalisant la prophétie du Général sur le « trop plein ». Finalement l’UDR décida de soutenir Jacques Chaban-Delmas, le meilleur héritier possible. La candidature de Valéry Giscard d’Estaing reposait sur un constat, l’évolution de l’électorat. Avec le retrait du général de Gaulle, la majorité était devenue plus conservatrice. Il put compter aussi sur l’attitude de Jacques Chirac, « fils spirituel » de Georges Pompidou, hostile au danger « social-démocrate » représenté à ses yeux par Chaban.
Il y avait bien d’autres candidats, douze au total, dont un certain Jean-Marie Le Pen, mais qui n’avaient aucune chance. Le suspens était donc limité : qui affronterait Mitterrand au second tour, Giscard ou Chaban ? Mal à l’aise à la télévision, le maire de Bordeaux paraissait trop à gauche pour l’électorat de droite. Aussi le gaullisme fut-il le grand vaincu du premier tour.
Le second tour paraissait indécis. L’alliance de Mitterrand avec les communistes inquiétait certains électeurs de gauche. Giscard, pour sa part, devait rallier les gaullistes déçus des résultats.

Lors du débat télévisé du 10 mai, face à Mitterrand, Giscard se révéla le meilleur : « Vous n’avez pas le monopole du cœur » jeta-t-il à la face du candidat de gauche. Certains en tirèrent la conclusion erronée que le sort de l’élection s’était fait ce jour là. Au final, l’écart fut de quelques 400 000 voix. La mobilisation électorale avait été exceptionnellement forte. La peur de voir les communistes arriver au pouvoir avait convaincu une partie des indécis.

Un rajeunissement radical
La république « n’est pas facile à gérer : quand elle est relâchée, elle sombre dans la démagogie et côtoie souvent le grotesque ; mais quand elle est emphatique, elle ressemble à une monarchie au rabais et éveille le soupçon de la vanité personnelle. »

Valéry Giscard d’Estaing renonça le jour de son inauguration définitivement à l’habit de cérémonie au profit du complet veston. Le collier de grand-croix de la Légion d’honneur resta posé sur un coussin de velours noir. Le nouveau président remonta à pied une partie de l’avenue des Champs Élysées.

Le portrait officiel, confié à Jacques-Henri Lartigue, témoignait de cette volonté de dépoussiérage. La bibliothèque et le format vertical étaient abandonnés au profit d’un format horizontal et du décor offert par un drapeau tricolore en mouvement. Souriant, regardant l’objectif, Valéry Giscard d’Estaing rompait radicalement avec une tradition à laquelle ses successeurs tenteront, plus ou moins, de revenir.

Ce président jeune et bronzé, s’exhibant en maillot de bain au fort de Brégançon, affichait une santé éclatante à la différence de son prédécesseur et de son successeur.

Palais de l’Élysée ou Hôtel d’Evreux ?
Admirateur de Kennedy il fit souffler un vent de jeunesse sur l’Élysée. Le président se laissait filmer en bras de chemise devant son piano.

Anne-Aymone, épouse discrète, ne souhaitait pas vivre au « château ». Les appartements ne lui paraissaient pas suffisants pour y vivre avec ses quatre enfants. La famille demeurait donc dans son domicile du XVIe arrondissement. Le président retrouvait sa famille le week-end.

Délaissant le salon doré occupé par de Gaulle et Pompidou, il installa son bureau dans le salon d’angle avec ses fenêtres donnant sur le parc. Il fit apporter le bureau qu’il avait utilisé au ministère des Finances, la pendule de son grand-père sénateur, un portrait de l’amiral d’Estaing. Dans les appartements privés, il avait fait placer un portrait de Louis XV retiré de Versailles.

Éliminant le mobilier moderne des Pompidou, Giscard d’Estaing mit du XVIIIe siècle partout. Les peintres abstraits cédèrent la place à Hubert Robert, Delacroix et Caillebotte. L’Élysée retournait à son état d’hôtel de la Pompadour. Mais un hôtel d’Evreux pourvu d’un nouvel éclairage et d’une meilleure alimentation en eau. Il fit aussi aménager le poste de commandement souterrain « Jupiter » d’où il pourrait déclencher le feu nucléaire.

Trop proche et trop lointain
Il voulut un temps ouvrir l’Élysée au public. Mais comment accueillir du monde dans une demeure aussi exiguë où travaillaient de nombreux fonctionnaires ? Le 14 juillet 1977, Valéry Giscard d’Estaing reçut en personne 5 000 visiteurs. On s’en tint là.

Mais ses tentatives pour se rapprocher de la population suscitèrent des critiques. Ses diverses initiatives devaient laisser perplexe l’opinion, comme l’invitation à un petit déjeuner élyséen des éboueurs de la rue Saint-Honoré. Il ne suffisait pas, par ailleurs, de s’inviter à dîner chez de simples citoyens pour donner une image de simplicité.

Son admiration pour Louis XV, sa diction chuintante et son attitude hautaine faisaient de toute façon la joie des chansonniers. Comme Félix Faure, il avait rétabli le protocole royal et aimait organiser des chasses à Rambouillet et Chambord. Même la Marseillaise dut cesser d’être martiale pour devenir une sorte de God Save the King languissant.

Les Français, non moins pétris de contradictions, reprochaient ainsi à leur président de ne pas être suffisamment monarque tout en étant trop coupé du peuple.

La prééminence présidentielle
Le choix de Jacques Chirac pour diriger le gouvernement pouvait sembler habile. Il permettait de contrôler plus facilement le groupe parlementaire UDR tout en s’assurant de la fidélité de celui qui était considéré comme un « traître » par de nombreux gaullistes.

Le traitant comme un simple commis supérieur, le président de la République ne prit pas la peine de le consulter sur la composition du gouvernement. Valéry Giscard d’Estaing entendait bien travailler directement avec les ministres comme l’avaient fait ses prédécesseurs. Le président prit d’ailleurs l’habitude de prendre ses décisions en concertation avec son conseiller de toujours, Michel Poniatowski, ministre de l’Intérieur.

Jacques Chirac, « premier ministrillon », devait ainsi aller d’humiliations en humiliations, certaines symboliques comme son exclusion des dîners protocolaires en l’honneur des dirigeants étrangers.

Un méchant mot courait dans Paris : « Giscard s’occupe de ce qui l’amuse, Chirac de l’UDR et Ponia de tout le reste ».

La dégradation continue des rapports entre les deux hommes devait amener Chirac à une action inédite sous la Cinquième. Il présenta sa démission et en fit connaître les raisons devant les caméras de télévision : « Je ne dispose pas des moyens que j’estime aujourd’hui nécessaires pour assurer efficacement mes fonctions de Premier ministre. » S’en aller sans être renvoyer était du plus mauvais goût de la part d’un gaulliste et annonçait bien des déconvenues ultérieures pour le président.

Une « société libérale avancée »
Ayant appelé des représentants de la « société civile » comme René Haby ou Françoise Giroud, Valéry Giscard d’Estaing se voulait un président réformateur. « Vous serez surpris par l’ampleur et la rapidité du changement » avait-il lancé aux spectateurs à la fin de sa campagne.
Une des réformes les plus spectaculaires du septennat fut l’abaissement de l’âge de la majorité à dix-huit ans.

Valéry Giscard d’Estaing avait envisagé de privatiser la radiotélévision mais se contenta finalement de faire éclater la structure en sept sociétés autonomes et concurrentes. La « voix de la France » était officiellement morte.

Il redonna un peu de pouvoir au parlement en permettant à l’opposition de pouvoir saisir le conseil constitutionnel.

La légalisation de l’avortement se heurta à l’hostilité d’une partie de la majorité. Simone Veil n’obtint le vote de la loi que grâce à l’apport des voix de la gauche. Dans son esprit, l’avortement devait rester l’exception, « l’ultime recours pour des situations sans issue ». La légalisation permettait de mettre fin au drame des avortements clandestins. Quelques mois plus tard, une loi instaurait le divorce par consentement mutuel.

Giscard voulut se montrer aussi un président « social », les prélèvements obligatoires passant de 37 à 43 % du PIB. La Sécurité sociale fut étendue aux non-salariés. Une autorisation administrative de licenciement visait à rendre celui-ci plus difficile.

La réforme du collège menée par René Haby instaurait le collège unique. Divers secrétaires d’État visaient à satisfaire des revendications sociétales : à la condition pénitentiaire, aux travailleurs immigrés, à l’action sociale, à la condition féminine.

Mais le président avait-il la majorité de sa politique ? À défaut il rassembla toute la droite giscardienne au sein d’un parti : l’UDF.

Une politique extérieure contradictoire
Fervent européen, il s’entendit très bien avec le chancelier allemand Helmut Schmidt. Le couple franco-allemand mit en place le Conseil européen et l’élection du Parlement européen au suffrage universel.

L’héritage de la Françafrique était lourd et Valéry Giscard d’Estaing se vit contraint de jouer le « gendarme de l’Afrique ». Son seul grand succès fut l’intervention militaire à Kolwezi (mai 1978). En revanche, par souci de sauvegarder l’accès aux mines d’uranium, il montra beaucoup de complaisance à l’égard du régime de Bokassa en Centrafrique. Après avoir financé un couronnement grotesque le 4 décembre 1977, les Français renversaient l’empereur d’opérette en septembre 1979.

Pour le reste la politique extérieure restait dans l’héritage gaulliste : relations difficiles avec les États-Unis, attitude anti-israélienne et pro-arabe au Moyen-Orient, réticence devant le rapprochement entre Israël et l’Égypte.

Une inquiétante « finlandisation » marquait cependant la politique giscardienne. Le président de la République montrait plus que de la complaisance à l’égard de l’URSS. N’avait-il pas fleuri le mausolée de Lénine en 1975 ? Se rendant à Varsovie pour rencontrer Brejnev après l’invasion de l’Afghanistan (1979), il n’obtint rien. Les Français refusèrent de boycotter les jeux de Moscou à la différence des Américains, des Japonais, des Britanniques et des Allemands.

Les nuages s’accumulent pour Giscard
Par un paradoxe que l’histoire affectionne, celui qui s’était imposé par ses compétences économiques allait tomber à cause des difficultés économiques. Giscard d’Estaing avait choisi de remplacer Chirac par un inconnu, Raymond Barre, présenté comme le « meilleur économiste » du pays.

La victoire de la gauche aux municipales et celle de Chirac à la mairie de Paris furent ressenties comme autant d’humiliations par le président. Rendu responsable, Poniatowski dut quitter le gouvernement.

Le 26 avril 1977, Raymond Barre, « homme carré dans un corps rond » présentait son programme d’action. Refusant accroître le déficit des finances publiques et de recourir à l’inflation, il soulignait : « l’expérience a montré qu’une action de relance globale a une efficacité douteuse sur l’emploi ». Il décida également de supprimer le contrôle des prix.

À la veille des élections législatives, le 27 janvier 1978, Giscard d’Estaing prononça un important discours à Verdun-sur-le-Doubs. Demandant aux Français de « faire le bon choix pour la France » : « Ne croyez pas ceux qui promettent tout (…). Les Français ne vivront pas heureux au paradis des idées fausses ! »

Il rappelait que le président n’avait pas les moyens constitutionnels de s’opposer à un programme qui serait mis en œuvre par une majorité de gauche à l’Assemblée. L’heureuse division de la gauche permit, en tout cas, au président d’éviter une cohabitation.

Une situation économique contrastée
La libération des prix, loin de conduire à une inflation effrénée, fut un succès. Le franc s’était stabilisé et les exportations progressèrent, améliorant la balance commerciale. Le choix du nucléaire fait au début de l’année 1974 fut confirmé en dépit d’une forte contestation. Le succès de l’Airbus donnait aux Français le second rang dans l’industrie aéronautique. Il fut conforté par le premier essai en vol de la fusée Ariane.

Mais le grave problème était désormais un chômage de masse touchant 7 % de la population active et passant la barre du million et demi. La question du déficit de la Sécurité sociale se posait également de plus en plus.

Un fatal 10 mai
Au moment où le conservatisme paraissait l’emporter sur les réformes, les affaires avaient éclaté. Si celle des diamants de Bokassa relevait de la mauvaise polémique, la mort mystérieuse du ministre du Travail Robert Boulin retrouvé dans un étang de Rambouillet était plus troublante (1979).

De plus en plus muré en lui-même, le président n’acceptait plus la moindre contradiction. Seuls quelques courageux glissaient des billets manuscrits à l’issue du conseil des ministres. Déclarant tardivement sa candidature, VGE avait adopté un slogan peu inspiré : « Il faut un président à la France ». En avait-elle manqué jusque là ?

Arrivé en tête au premier tour, le président sortant fut victime du mauvais report de voix des chiraquiens. L’ancien Premier ministre tenait sa revanche. Valéry Giscard d’Estaing ne devait pas lui pardonner cette « trahison préméditée ». La filiation plus ou moins avérée avec Louis le Bien Aimé ne porta pas bonheur à VGE. Le 10 mai n’était-il pas le jour de la mort de Louis XV ?
Ses adieux devant les caméras de télévision avec le fauteuil vide ne furent guère appréciés de l’opinion publique. La passation des pouvoirs se fit le 21 mai 1981. Valéry Giscard d’Estaing aurait dit à Mitterrand : « je ne crois pas que vous réussirez car vos choix ne sont pas les bons. » En sortant de l’Élysée à pied, il fut sifflé par quelques mitterrandiens peu fair-play.

Survivre à l’échec
Que restait-il après avoir connu le sommet ? Giscard d’Estaing put assister à la lente décomposition de son parti, l’UDF[En 1998, elle devait laisser la place à une nouvelle UDF, celle de François Bayrou, qui se métamorphosera en Modem en 2007].

Giscard retrouva son siège de député en 1984 et rêva en vain de présider l’Assemblée nationale lors de la première cohabitation. Il abandonna son siège pour présider le conseil régional de l’Auvergne (1986-2004) et siéger au Parlement européen (1989-1993). VGE retrouva son siège de député auvergnat entre 1993 et 2002.

Fidèle à ses convictions européennes, il créa, avec Helmut Schmidt, le Comité pour l’Union Monétaire de l’Europe (1986) et présida le Mouvement européen international (1989-1997). Mais son projet de constitution européenne (2004) se heurta à une forte opposition. Repoussé par les Néerlandais et les Français, il fut remanié et adopté de façon plus feutrée.

Les honneurs et les titres devaient s’accumuler, notamment l’élection à l’Académie française en décembre 2003 au siège de Sédar Senghor. Mais son talent littéraire n’était guère plus grand que celui de son illustre prédécesseur Raymond Poincaré.
Qu’il était dur d’être après avoir été…

Sources :
  • Serge Bernstein et Michel Winock (dir.), Histoire de la France politique, t. 4 : La république recommencée de 1914 à nos jours, Points Histoire, le Seuil 2008, 740 p.
  • Jean-Jacques Becker, Crises et alternances 1974-1995 in Nouvelle Histoire de la France contemporaine, vol. 19, Points Histoire, Le Seuil 1998, 808 p.



Source contrepoints.org
Par Gérard-Michel Thermeau.

  • Gérard-Michel Thermeau, docteur en Histoire, est professeur agrégé d'Histoire-Géographie et de Cinéma-audiovisuel dans un lycée de Saint-Etienne.

Billets-Ils étaient présidents : Georges Pompidou


Ils étaient présidents : Georges Pompidou

En ce deuxième tour de présidentielle, suite de notre série de portrait de présidents avec Georges Pompidou.

Les élections de juin 1969 furent les plus ternes et les moins disputées de la Cinquième république. La gauche, foudroyée après Mai 68, n’était pas en état d’opposer une candidature sérieuse. Elle se présentait d’ailleurs en ordre dispersé avec quatre candidats. Georges Pompidou (Montboudif, 5 juillet 1911 – Paris, 2 avril 1974), héritier naturel du Général, n’avait pour adversaire sérieux que l’aimable et insignifiant président du Sénat Alain Poher. Ce dernier avec sa rondeur méridionale aurait eu toutes ses chances sous les républiques défuntes.

Élu avec près de 58 % des voix, Pompidou avait fait mieux que le Général en 1965. Il avait su réunir, au-delà de la famille gaulliste, les Giscardiens et une partie des centristes. Les électeurs de gauche avaient boudé le scrutin, ne voulant pas choisir entre Blanc Bonnet et Bonnet Blanc.

Pompidou, un parcours original
Le dix-neuvième président de la République offrait un parcours original : celui d’un brillant agrégé de lettres, amateur de poésie, qui avait dirigé la banque Rothschild et était devenu un fidèle du Général sans avoir participé à la Résistance. S’il avait longtemps porté beau, Pompidou avait forci l’âge venant. Le physique aigu, acéré, presqu’étrange avait pris une rondeur bonhomme. Rastignac s’était métamorphosé en César Birotteau. Mais sous les sourcils broussailleux, le regard restait vif et moqueur.

Si Charles de Gaulle rêvait de grandeur, Georges Pompidou souhaitait plus simplement le bonheur des Français. « Les peuples heureux n’ont pas d’histoire » avait-il dit un jour.
Ce partisan du quinquennat devait réaliser, malgré lui, son vœu en décédant la cinquième année de son septennat. Ce décès qui surprit l’opinion publique eut des conséquences durables sur le calendrier électoral : les élections présidentielles qui se tenaient logiquement en décembre devaient désormais avoir lieu au printemps1.

Un produit de la méritocratie républicaine
Georges Pompidou était un pur produit de la méritocratie républicaine. Comme devait l’écrire Henry Kissinger2 :
Dans ses yeux prudents, ombragés de sourcils broussailleux, transparaissait le scepticisme d’un enfant d’Auvergne, cette rude région de France où les paysans ont survécu à une histoire orageuse en se gardant de faire trop confiance à la générosité des voisins.

Descendant de paysans analphabètes, ce fils d’instituteur socialiste du Cantal révéla très tôt d’étonnantes facilités pour les études. Brillant et dissipé, il eut longtemps une réputation de dilettante et de paresseux. Il monta à Paris pour faire Normale Sup en passant par Louis Le Grand. C’est là qu’il rencontra celle qui devait partager sa vie. Claude Cajour, issue d’une excellente famille bretonne, l’initia à l’art moderne. Il y croisa également Léopold Sédar Senghor et participa à la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste.

Reçu premier à l’agrégation de lettres, diplômé de l’École libre des Sciences politiques, il commença une carrière d’enseignant qui fut brièvement interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Dès juin 1940, il avait retrouvé son poste au lycée Henri IV. Il ne prit aucun parti ni dans un sens ni dans un autre pendant l’Occupation. Vaguement socialiste avant guerre, il était devenu gaulliste de sentiment pendant le conflit.

Un proche du Général
À la libération, « béat d’admiration », il entra au cabinet du général de Gaulle, qui présidait le gouvernement provisoire. La recommandation d’un de ses condisciples de Normale Sup le fit ainsi pénétrer dans le cercle des proches du Connétable. Très vite, il devait gagner l’entière confiance du Général.

Sans participer au RPF, il resta proche des gaullistes et se vit confier le poste de secrétaire général de la Fondation Anne de Gaulle. Il faisait désormais partie des proches du Général dont il devint chef de cabinet (1948-1953).

Maître des requêtes au Conseil d’État sans avoir jamais étudié le droit, banquier chez Rothschild sans qualification particulière, il devait montrer dans ses deux emplois toute l’étendue de ses capacités. Gagner la confiance de Guy de Rothschild comme celle de Charles de Gaulle n’était pas à la portée de n’importe qui.

Avec le retrait du général de toute politique active, il dirigea la Banque Rothschild avec beaucoup de compétence sans négliger pour autant son premier amour, la littérature. Dès son retour aux affaires, Charles de Gaulle lui confia de nouveau la direction de son cabinet (juin 1958-janvier 1959). Il contribua ainsi à l’élaboration de la Constitution.

Dans les débuts de la nouvelle république, il mena de front sa présence au Conseil constitutionnel, son travail chez Rothschild et la rédaction d’une Anthologie de la poésie française.

Le Premier ministre du Général
Avec la fin de la guerre d’Algérie et le départ de Michel Debré, Charles de Gaulle décida d’en faire son nouveau Premier ministre le 14 avril 1962. Goguenard, Pompidou déclarait :
Je ne voulais pas devenir Premier ministre mais nous vivons sous une dictature et chacun doit faire ce qui est ordonné.

Le choix du Général ne devait rien au hasard : « Bien que son intelligence et sa culture le mettent à la hauteur de toutes les idées, il est porté par nature, à considérer surtout le côté pratique des choses » ainsi le décrivait de Gaulle.

Pour sa première prestation dans l’enceinte parlementaire, il n’impressionna guère. Hésitant, il lut assez mal son texte d’investiture. Pompidou ne fut jamais un grand orateur. De plus la nomination d’un « féal des Rothschild » suscitait une sainte indignation.

Il devait pourtant être le plus durable des chefs de gouvernements de toutes les républiques confondus. Bien que son gouvernement ait été renversé par l’Assemblée le 5 octobre, le Général le confirma dans le poste. Il fit de même après sa réélection comme président de la République en 1965.

Totalement inconnu des Français, Georges Pompidou devait vite imposer sa personnalité de paysan madré à l’humour sarcastique. Moins colbertiste que Michel Debré, le Premier ministre donna une tonalité plus libérale à la politique économique du gouvernement. Le plan devint plus incitatif. « L’économie ne se dirige pas comme une parade » aimait à dire celui qui trouvait le Général trop volontariste.

Le chef de la majorité
Face à un président vieillissant, il apparut peu à peu comme « l’homme dont on attend beaucoup pour demain et après-demain » selon les mots de Chaban-Delmas. Après l’élection présidentielle de 1965, il s’imposa comme le chef de la majorité parlementaire dans la prévision du renouvellement de l’Assemblée.

Aux élections de 1967, celui qui n’avait été jusqu’alors qu’un homme de cabinet et d’influence se lança ainsi dans la bataille électorale. Lui qui n’avait eu de mandat qu’au conseil municipal de Carjac fut élu député du Cantal.

Le Général se réservant la politique extérieure, le Premier ministre joua un rôle de plus en plus déterminant dans les affaires intérieures.

En mai 1968, Pompidou montra toute l’étendue de ses talents de négociateur associé à un inaltérable sang-froid. Face à un de Gaulle tonnant mais impuissant, il prônait la discussion, les compromis, l’apaisement. « Le général n’existe plus ; de Gaulle est mort, il n’y a plus rien. »

Enfin, il conseilla la dissolution de l’Assemblée nationale, mesure beaucoup plus efficace que le projet gaullien de référendum.

Le succès aux élections de juin 1968 fut ainsi largement son œuvre. De Gaulle ne lui pardonna ni d’avoir eu raison pendant la crise ni de s’être imposé comme le « chef de la majorité ». Il le remercia du jour au lendemain.

Néanmoins, le Général se crut obligé de lui remettre une lettre où il déclarait :
Je souhaite… que vous vous teniez prêt à accomplir toute mission ou à assumer tout mandat qui pourrait vous être un jour confiés par la nation.

La traversée du désert de Pompidou après son départ de Matignon (10 juillet 1968) devait être brève.

L’affaire Markovic
C’est alors qu’éclata la diabolique affaire Markovic3. Elle visait à démolir Pompidou en salissant l’image de son épouse. Les RG avaient fabriqué des photomontages montrant Claude Pompidou dans des postures scabreuses. Celle-ci recevait des lettres anonymes ordurières et était au bord du suicide. Seule la solidité du couple Pompidou leur permit de surmonter une épreuve aussi douloureuse.

« Ni place Vendôme, chez M. Capitant, ni à Matignon, chez M. Couve de Murville, ni à l’Élysée, il n’y a eu la moindre réaction d’homme d’honneur » tel fut le constat amer de Pompidou. Deux rencontres avec le Général se passèrent mal. « Vous savez tout ce qu’il a trouvé à me dire, le père de Gaulle : ‘Pompidou, la presse est basse ! » confiait l’ancien Premier ministre à Viansson-Ponté.

L’implication de hautes personnalités gaullistes dans un complot visant à détruire Pompidou était indiscutable4. Le Général prêtait d’ailleurs une oreille complaisante aux rumeurs : « Les Pompidou se lancent trop avec les artistes et cela donne un genre qui n’est pas fameux. »
Aussi en janvier 1969, Georges Pompidou déclara-t-il publiquement son intention d’être candidat à la succession. Le président crut devoir répondre : « J’ai le devoir et l’intention de remplir mon mandat jusqu’à son terme. » La brouille était désormais publique et consommée.

Le sacre républicain de Georges Pompidou
Le jour de la prise de fonctions, le 20 juin 1969, Georges Pompidou suivit scrupuleusement le cérémonial.

En jaquette, il gagna l’Élysée où l’accueillit le Premier ministre sortant. Après avoir passé en revue la garde républicaine, il se dirigea vers le perron de l’Élysée où Alain Poher se tenait. En compagnie des présidents des assemblées et du grand chancelier de la Légion d’honneur, l’amiral Cabarier, il se rendit au salon des Ambassadeurs pour y recevoir les insignes de grand Maître de l’Ordre. Revêtu du lourd collier et de la plaque, il était désormais prêt pour le sacre républicain.

Sous la conduite du chef du protocole, il gagnait la salle des Fêtes où l’attendaient les corps constitués. Là, le président du conseil constitutionnel proclamait solennellement les résultats de l’élection présidentielle et l’intronisait officiellement.

Georges Pompidou pouvait dès lors prononcer sa première allocution officielle. Il s’inscrivit dans la filiation du Général : « Mon devoir m’est tracé par son exemple. »

Il ne lui restait plus qu’à accompagner le président par intérim sous le perron de l’Élysée. Une poignée de mains sous les flashes des photographes symbolisait la passation de pouvoirs. Président de plein titre, il allait accomplir quelques gestes éminemment régaliens : le passage en revue des troupes, la montée à l’Arc de Triomphe pour ranimer la flamme et fleurir la tombe du Soldat inconnu et enfin saluer le peuple massé aux abords de l’Avenue des Champs-Élysées

Arbitre et responsable national
Pompidou partageait la conception présidentielle du Général5.
Privé du charisme du fondateur de la Cinquième république, le chef de l’État sera amené à intervenir dans la direction de l’État de façon constante, permanente, et à maintenir par l’action quotidienne cette suprématie qu’il ne tiendra pas uniquement du suffrage universel.

Secret par tempérament comme beaucoup d’hypersensibles, Georges Pompidou avait un caractère autoritaire. Son air patelin, Raminagrobis disait François Mauriac, ne devait pas abuser. Comme il devait le confier à Alain Peyrefitte, il n’était ni Mac-Mahon ni  Jules Grévy. Supprimant le cabinet, il fit du secrétaire général de l’Élysée son principal collaborateur. Parmi les conseillers, Michel Jobert comme Édouard Balladur étaient appelés à faire, par la suite, de grandes carrières gouvernementales. La montée en puissance des énarques, dont Jacques Chirac devait être le prototype, allait marquer son quinquennat.

Il choisit d’abord comme Premier ministre une figure politique de premier plan. Jacques Chaban-Delmas, gaulliste historique issu de la Résistance, était président de l’Assemblée nationale depuis 1958. Mais Chaban ne songeait nullement à remettre en question la tradition instaurée par de Gaulle : seul un « triste sire » répondit-il à Mitterrand refuserait de se retirer à la demande du Président de la république. Il abandonna ses fonctions sans réserve ni amertume dès que Pompidou lui fit part de sa volonté de changer de Premier ministre.

La subordination du Premier ministre
Jacques Chaban-Delmas avait fait une fameuse déclaration de politique générale le 16 septembre 1969. Se réclamant du gaullisme social, il évoquait une « nouvelle société ». Mais ce discours était trop abstrait et global pour un président partisan de réformes concrètes faites petit à petit. De plus, le chef du gouvernement avait parlé plus en président de la République qu’en Premier ministre.

Il resta de cette volonté réformatrice, la mensualisation des salaires, la transformation du SMIG en SMIC et le souci du dialogue social.

Néanmoins, la popularité de Chaban-Delmas lui permit de se maintenir en place. Le président se contenta de le court-circuiter en prenant en main la gestion des dossiers. Mais lorsque le Premier ministre décida de demander la confiance à l’Assemblée et obtint une écrasante majorité, le président se sentit menacé. Il accepta la démission de Chaban, trop à gauche à son goût, le 5 juillet 1972.

Le choix de Pierre Messmer marquera un retour à la conception du fidèle second. Ce gaulliste de la première heure, qui a déjà été ministre, avait l’avantage, outre sa parfaite intégrité, d’être un homme de devoir dépourvu d’ambition personnelle. Messmer refusa, d’ailleurs, de se soumettre à un vote de confiance de l’Assemblée soulignant combien le gouvernement émanait du Président.

La fin des Trente Glorieuses
Sa présidence coïncida avec l’apogée des Trente Glorieuses. La croissance économique du pays était alors la plus forte d’Europe. Le niveau de vie des Français connaissait une hausse sans équivalent. Le bonheur était à l’ordre du jour. Une Belle époque se terminait, dont les Français ne devaient pas finir d’avoir la nostalgie.

Le bonheur du peuple tient en la prospérité. Et la prospérité c’est le travail.

Chantre du développement industriel, Georges Pompidou lança les débuts du train à grande vitesse, encouragea la construction d’autoroutes et la circulation automobile sur les berges de la Seine. Ayant travaillé dans le monde de l’entreprise, à la différence de tous les autres présidents de la Cinquième, il avait le souci de la modernisation de l’industrie française.

Il avait souligné, dès sa conférence de presse du 22 septembre 1969, sa volonté de libérer l’industrie « des contraintes excessives des contrôles a priori, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, et instaurer et valoriser l’esprit d’initiative et l’imagination ».
Il ajoutait : « Je sais bien que certains trouvent que la rentabilité est une notion basse, honteuse. Eh bien ! elle s’impose partout, c’est évident ; le nier c’est puéril. »

La prison dorée de l’Élysée
L’Élysée restait une prison dorée aux yeux du nouveau président. Il se montra vite agacé par l’excès de cérémonial même pour une opération aussi simple que d’emprunter l’ascenseur.
Quand je suis arrivé à l’Élysée, il y avait quelqu’un qui m’ouvrait la porte, quelqu’un qui montait avec moi, qui pressait le bouton (…). Je me sentais comme une espèce d’infirme ou un paquet qu’on transporte. J’essaie de rester un homme.

Néanmoins, à l’âge de la communication, Pompidou devait être le premier président à se montrer dans l’intimité avec son épouse qu’il appelait Bibiche. Devant les caméras de télévision, Georges Pompidou sirotait son whisky avant d’évoquer son amour de l’art contemporain, la clope pendouillant à ses lèvres.

Claude Pompidou, antithèse de la femme au foyer qu’incarnait Yvonne de Gaulle, aimait inviter les artistes au « château » : Pierre Soulages y côtoyait Françoise Sagan, Guy Béart ou Yves Saint-Laurent.

Le mobilier de la salle à manger, du fumoir, du salon subit un furieux coup de modernité sous les doigts design de Pierre Paulin. Des toiles de Kupka et Delaunay ornèrent les murs du salon.

Mais esprit pratique, Pompidou fit édifier une nouvelle cuisine pour les repas servis dans les appartements privés : il voulait manger chaud !

Une nouvelle politique étrangère ?
Ne partageant pas l’hostilité du Général à la communauté européenne, Georges Pompidou avait annoncé son intention de laisser entrer le Royaume-Uni dans la CEE. La conférence de La Haye en décembre 1969 adopta ainsi son programme « achèvement, approfondissement, élargissement. »

Il eut le souci également de réserver son premier voyage à l’étranger aux États-Unis. Il devait rencontrer plusieurs fois Richard Nixon. Mais il continua néanmoins la politique de bonnes relations avec le Bloc de l’Est. Il se montrait ainsi soucieux de maintenir un certain équilibre entre les grandes puissances.

Ce malade qui nous gouverne
Dès 1972, la santé de Georges Pompidou s’était sensiblement dégradée. Il souffrait d’un mal proche de la leucémie, soigné par des doses massives de cortisone. Le 3 janvier 1973, il dut recevoir les vœux de la presse assis, ne pouvant se tenir debout. Les Français découvraient, peu à peu, à la télévision, le visage bouffi d’un président malade. Il dut annuler sa présence à diverses manifestations. Les communiqués de l’Élysée évoquaient pourtant imperturbablement des « grippes à rechute ».

Depuis l’automne 1973, la France ressentait les effets du « choc pétrolier ». Mais privé d’un président vraiment actif, le gouvernement donnait une impression de flottement. Le président passait alternativement par des phases d’irritabilité et de laisser-aller. Et Pierre Messmer n’était pas homme à prendre des initiatives.

Son dernier conseil des ministres se fit sous l’œil des caméras de la télévision. Le 2 avril, le conseil des ministres fut annulé, puis tous les rendez-vous présidentiels. L’annonce de sa mort fut faite dans la soirée. Ce fut un choc pour les Français.

« Je ne veux ni fleurs, ni couronnes, ni monument funéraire » avait-il bien précisé. Ses obsèques se déroulèrent donc dans la plus stricte intimité. Seuls y assistaient la famille, les membres du gouvernement et ses proches collaborateurs. Georges Pompidou fut inhumé à Orvilliers où il possédait une maison de campagne.

Le Centre Beaubourg, Notre-Dame de la Tuyauterie pour ses détracteurs, voué à la création moderne et contemporaine, devait être l’héritage posthume de ce président atypique.
sources :
  • Serge Bernstein et Michel Winock (dir.), Histoire de la France politique, t. 4 : La république recommencée de 1914 à nos jours, Points Histoire 2008, 740 p.
  • Benjamin Hus, « Georges Pompidou », à lire en ligne : http://vbonhushist.11vm-serv.net/pages/pompidou.htm

  1. Le calendrier avait déjà été bouleversé par la démission du Général mais c’est la mort de Pompidou qui est, depuis, à l’origine de l’élection de tous les présidents au mois de mai

  1. Henry Kissinger, À la Maison Blanche, 1968-1973, Fayard, 1979, p. 437

  1. Markovic était un garde du corps et « secrétaire » d’Alain Delon retrouvé mort dans des circonstances mystérieuses.

  1. René Capitant éprouvait une violente animosité à l’égard de Georges Pompidou.

  1. Le Nœud gordien, Plon 1974, ouvrage écrit en 1968.


Source contrepoints.org
Par Gérard-Michel Thermeau.

  • Gérard-Michel Thermeau, docteur en Histoire, est professeur agrégé d'Histoire-Géographie et de Cinéma-audiovisuel dans un lycée de Saint-Etienne.