samedi 28 avril 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

Infos santé : Kiné Ostéo-Nerf sciatique



Nerf sciatique

  • Le nerf sciatique origine de la région lombaire, plus précisément du regroupement de la quatrième et de la cinquième racine nerveuse lombaire ainsi que de la première racine nerveuse sacrée. Le nerf sciatique descend ensuite au milieu de la fesse où il passe 90% du temps en-dessous du muscle pyramidal de la fesse. Il continue son parcours à la face postérieure de la cuisse jusqu’au genou. Il se divise ensuite en deux branches, l’une qui descend à la face postérieure de la jambe jusqu’en dessous du pied, et l’autre qui bifurque vers l’extérieur du genou et vient passer à la face antéro-externe de la jambe jusque sur le dessus et le côté du pied. Il existe donc un nerf sciatique droit et un nerf sciatique gauche.




  • Lorsqu’il est comprimé, le nerf sciatique occasionne des paresthésies à la face postérieure de la jambe, c’est-à-dire une perte de sensation au niveau de la peau. Il occasionne également une perte de force musculaire aux muscles fléchisseurs et éverseurs du pied ainsi qu’une diminution du réflexe achiléen. Lorsqu’il est simplement irrité, le nerf sciatique provoque des douleurs qui peuvent irradier tout le long de son trajet. Par contre, les douleurs irradient toujours vers le bas. Par exemple, si l’irritation vient du genou, suite à un blocage de la tête du péroné, les douleurs seront ressenties de la face latérale du genou et de la jambe jusqu’au pied. Il n’y aura aucune douleur lombaire. Si l’irritation vient de la région lombaire, les douleurs seront ressenties de la région lombaire et irradieront à la face postérieure de la cuisse et de la jambe jusqu’en-dessous du pied. Beaucoup de gens, ne connaissant que le nerf sciatique, l’accuse à tord dès qu’une douleur se fait ressentir dans la jambe. Les douleurs à l’avant ou sur le côté de la cuisse de même que les douleurs à l’aine ou les douleurs diffuses dans la jambe ne sont pas représentatives d’un problème du nerf sciatique. Les douleurs du nerf sciatique, nommées sciatalgie, suivent un trajet bien précis à la face postérieure de la cuisse et de la jambe. Les douleurs lombaires ou à la fesse uniquement ne sont pas toujours représentatives d’un problème du nerf sciatique.

  • La cause la plus fréquente d’une compression du nerf sciatique est une hernie discale lombaire. Si la personne ressent une anesthésie lorsqu’elle va à la selle, ou une perte de sensation dans la jambe, ou une perte de force dans le pied, elle se doit de consulter immédiatement un médecin pour investiguer la condition et assurer les soins adéquats. Cependant, lorsque le nerf est simplement irrité au niveau lombaire, la douleur peut être traitée efficacement par des soins de physiothérapie et/ou d’ostéopathie.


  • Lorsqu’il n’y a pas de douleur lombaire et que la douleur est ressentie surtout dans la fesse, la cause la plus fréquente est une tension excessive du muscle pyramidal. Ce muscle origine de la hanche et vient s’attacher au niveau du sacrum. Lorsque le muscle pyramidal est trop tendu, comme le nerf sciatique passe 90% du temps en-dessous de ce muscle, il engendre une irritation du nerf sciatique. Dans ce cas, l’exercice d’étirement suivant est très efficace. Allongez-vous sur le dos, prenez votre genou avec vos deux mains, et amenez-le doucement en diagonale vers l’épaule opposée jusqu’à une sensation d’étirement confortable dans la fesse. Tenez cet étirement trente secondes, relâchez doucement et répétez l’exercice cinq fois de suite, trois fois par jour. Vous ne devriez pas ressentir de malaise à l’aine durant cet exercice, sinon, il y a probablement un problème mécanique au niveau de la hanche qui limite le mouvement. Dans ce cas, cessez l’exercice et consultez un professionnel de la santé.


  • Les tensions du muscle pyramidal sont très fréquentes chez les hommes puisque plusieurs ont la mauvaise habitude de placer leur portefeuille dans la poche arrière de leur pantalon. Cette mauvaise habitude, en plus de déséquilibrer le bassin et de favoriser l’apparition d’hernie discale lombaire, crée une pression non souhaitable sur le muscle pyramidal et à long terme, engendre une tension excessive dans ce muscle. Donc, ne placez jamais votre portefeuille dans la poche arrière de votre pantalon. Portez-le dans la poche avant, ou dans votre manteau ou dans une sacoche à main pour éviter de développer des sciatalgies. De plus, prenez l’habitude de toujours vous asseoir sur les deux fesses pour bien répartir votre poids adéquatement sur votre bassin.






Source Sébastien Plante, ostéopathe

Infos santé : Kiné Ostéo-Arthrose cervicale

Arthrose cervicale


L’arthrose n’est pas une maladie. C’est un processus normal de vieillissement qui consiste en une dégénérescence progressive du cartilage dans une articulation. L’arthrose diffère complètement de l’arthrite; bien des gens confondent souvent ces deux termes. L’arthrite est une maladie inflammatoire avec ankylose et parfois déformation de certaines articulations; tandis que l’arthrose est une simple usure du cartilage.

Si votre posture n’est pas adéquate, si vous avez un problème d’occlusion dentaire ou un problème visuel, les contraintes sur les vertèbres cervicales seront plus grandes, le cartilage s’usera davantage et vous serez atteints d’arthrose précocement. Cependant, l’arthrose n’est pas nécessairement reliée à l’apparition de douleurs. Des milliers de gens sont atteints d’arthrose et n’éprouvent aucune douleur. Si vous consultez pour une douleur cervicale et êtes âgés de 40 ans et moins, il y a peu de chance que l’arthrose soit en cause et ce, même si le professionnel de la santé vous donne ce diagnostic. Ne considérez jamais un diagnostic médical comme une finalité mais plutôt comme étant un point de départ dans votre recherche de solutions. Lorsqu’un problème survient et que le professionnel a de la difficulté à comprendre la cause, il arrive parfois qu’il accuse l’arthrose ou un virus quelconque pour expliquer les symptômes du patient. Il faut toujours que les symptômes du patient, l’examen clinique et les radiographies concordent pour que l’on puisse accuser l’arthrose d’être la cause des douleurs. Si c’est le cas, sachez que les conséquences de l’arthrose (raideur, ankylose, douleur) peuvent être traitées. Certains conseils pourront vous aider grandement à contrôler vos douleurs.

Recommandations

Les tractions cervicales vous feront beaucoup de bien. Couchez-vous sur le dos et agrippez le derrière de votre tête à deux mains en croisant vos doigts. Tirez ensuite doucement votre tête pour provoquer un léger écartement de vos vertèbres cervicales. Vous pouvez également demander à un ami d’étirer votre cou de la même façon en prenant appui avec une main sous votre nuque et l’autre main sous votre menton. Cet exercice est très sécuritaire et apporte un soulagement immédiat. Dans le cas contraire, cessez l’exercice.

L’assouplissement de la chaîne musculaire cervicale postérieure est l’un des exercices les plus efficaces pour éliminer les douleurs cervicales, dorsales et les maux de tête. Asseyez-vous par terre le dos contre un mur; vos fesses doivent être complètement accolées au mur. Placez une serviette pliée d’environ 5 cm d’épaisseur derrière le haut de votre tête appuyée contre le mur. Gardez votre tête bien appuyée sur la serviette et rentrez doucement le menton jusqu’à une sensation d’étirement confortable dans le cou ou dans le dos. Tenez cet étirement entre une et deux minutes tout en respirant normalement. Cet exercice peut également servir comme exercice de détente ou de méditation. Répétez à tous les jours jusqu’à ce que vous ne ressentiez plus aucun étirement lorsque vous rentrez votre menton au maximum.

Source Sébastien Plante, ostéopathe

Infos santé : Kiné Ostéo-Dysfonction traumatique du bassin

Dysfonction traumatique du bassin

L’articulation sacro-iliaque (entre la colonne vertébrale et le bassin) possède des axes normaux de mouvement qui permettent au bassin de faire des rotations antérieures et postérieures. Il peut arriver pour différentes raisons (tension musculaire, problème posturale, traumatisme physique, …) que le bassin soit restreint dans son amplitude normale de mouvement (dysfonction physiologique). Ce problème se corrige habituellement assez facilement et la majorité des professionnels de la santé ont la formation nécessaire pour y arriver.

Cependant, il existe une dysfonction que l’on nomme « traumatique ou cinq points hauts » qui est méconnue des professionnels de la santé. Cette dysfonction est nommée ainsi car elle ne respecte plus les axes normaux de mouvement (dysfonction non physiologique). Elle est majoritairement produite lors d’une chute importante sur les fesses. L’impact subi force alors le bassin (os iliaque) dans un cisaillement vers le haut, de sorte que le bassin se retrouve en élévation d’un côté seulement. Cette dysfonction s’observe simplement à l’œil nu ou à la palpation. Nul besoin de passer une radiographie. On la retrouve également à la suite d’un accident de voiture avec l’impact du pied sur la pédale de frein ou lors d’un l’accouchement chez la femme enceinte.

Cette dysfonction est très incommodante parce que tant et aussi longtemps qu’elle n’est pas corrigée, elle ne se corrigera jamais d’elle-même, contrairement aux dysfonctions physiologiques. Cette dysfonction est l’une des plus fréquentes qui conduit à la chronicisation des douleurs lombaires. De plus, comme la majorité des professionnels de la santé ne sont pas formés pour évaluer et traiter cette dysfonction, elle passe souvent inaperçue. En effet, cette dysfonction ne s’enseigne pas à l’Université, ni en Faculté de médecine. Elle s’enseigne uniquement en ostéopathie.

Cette dysfonction conduit souvent le professionnel vers un diagnostic de scoliose lombaire ou de membre inférieur plus long d’un côté. En effet, comme le bassin est en élévation d’un côté seulement, l’observation rapide du patient debout laisse présager au premier coup d’œil une jambe plus longue que l’autre. Des semelles plantaires seront donc souvent prescrites inutilement. D’ailleurs, ces patients ne ressentiront aucun soulagement de leur douleur avec le port des semelles plantaires.

Comme cette dysfonction engendre une scoliose lombaire adaptative à cause du bassin plus haut d’un côté, il n’est pas rare de constater l’apparition d’hernie discale lombaire du côté opposé au bassin surélevé quelques années plus tard. De plus, il existe une membrane fibreuse (dure-mère) qui relie le sacrum à la base du crâne. C’est comme une corde inextensible qui fait toute la longueur de la colonne vertébrale. Donc, s’il y a quelque chose qui tire en bas, c’est évident qu’il y aura des répercussions éventuelles au niveau du cou et de la tête. Il n’est donc pas rare que cette dysfonction engendre quelques mois plus tard, des douleurs cervicales, des maux de tête, des problèmes au visage du côté de la surélévation du bassin ainsi que des étourdissements, des vertiges et des labyrinthites. À ce moment, comme la majorité des professionnels sont formés pour traiter l’endroit où se situent les symptômes, ils appliqueront des traitements au niveau cervical sans aucun résultat. Des examens par imagerie médicale seront demandés en renfort pour évaluer la tête et le cou mais tant et aussi longtemps que le bassin ne sera pas corrigé, le patient n’éprouvera aucun résultat durable.

La science a divisé le corps humain en région mais a par le fait même perdu de vue la globalité du corps humain. Ainsi, de grands spécialistes chercheront les symptômes des étourdissements uniquement au niveau de la tête. Ils feront passer tous les examens approfondis pour trouver une structure pouvant expliquer les symptômes du patient mais si ceux-ci s’avèrent négatifs, comme dans bien des cas, le patient sera retourner chez lui sans solution à son problème. Cela en est ainsi pour plusieurs problèmes de douleur chronique.

Ce genre de dysfonction se retrouve malheureusement assez fréquemment au Québec étant donné les hivers que nous connaissons. Ce n’est pas rare d’entendre quelqu’un nous dire qu’il est tombé sur les fesses parce qu’il a glissé sur la glace. Plusieurs patients se reconnaîtront en lisant ces lignes. Ils ont souvent été jugés par leur entourage et se sont fait prescrire des antidépresseurs mais il existe une grosse différence entre faire une dépression et devenir dépressif parce que la douleur nous incommode chaque jour et que personne ne parvient à nous aider et à nous comprendre.

La façon d’évaluer cette dysfonction est pourtant fort simple. Il suffit d’évaluer la position du bassin en position couché sur le dos en palpant l’EIAS (l’épine iliaque antéro-supérieur); la crête iliaque et finalement, sur le ventre, l’EIPS (l’épine iliaque postéro-supérieur). Si ces trois points de repère sont décalés vers le haut comparativement à l’autre côté, vous êtes en présence d’une dysfonction non physiologique du bassin. Les deux autres points de repère qui peuvent nous être utiles sont l’ischion et le pubis; d’où l’appellation cinq points hauts.

Si le patient présente réellement une jambe plus longue que l’autre, comme c’est parfois le cas, le bassin sera plus haut d’un côté en position debout mais une fois couché sur le dos, le bassin devrait normalement être égal des deux côtés car les membres inférieurs n’ont plus d’influence en position couché. Donc, si le bassin reste surélevé d’un côté en position couché, c’est que le bassin est cisaillé vers le haut. Cette dysfonction ne se corrige que par des techniques de manipulations directes et il est fortement recommandé de consulter un ostéopathe compétent.


Source Sébastien Plante, ostéopathe

vendredi 27 avril 2018

Billets-Réduire la dette publique : explication d’un échec


Réduire la dette publique... explication d’un échec

Devant l’incapacité de la Cour des comptes à fournir un diagnostic concret et suivi d’effets, plusieurs réformes ont tenté de donner au Parlement un pouvoir d’évaluation des politiques publiques similaire à celui du National Audit Office britannique. Faute de moyens et de volonté politique suffisante, les dispositifs en question se sont pourtant révélés incapables de remplir la mission pour laquelle ils ont été créés.

Nous avons expliqué dans un précédent article par quel processus la Cour des comptes britannique obtient aujourd’hui une certaine « value for money » de la dépense publique. D’après ses estimations, pour une livre qu’elle coûte au contribuable britannique, elle en économise neuf grâce aux recommandations qu’elle formule et dont elle suit l’application. Au cas même où cette estimation serait surévaluée – ce qu’affirment certains détracteurs – elle ne prend pas en compte l’effet incitatif a priori que constitue la mise sur le grill régulière des directeurs d’administrations, celui-ci ne pouvant pas par définition être évalué.

Malheureusement, notre Cour des comptes française se révèle incapable de faire un travail similaire, en raison d’un personnel fonctionnaire et non formé à l’audit d’une part, du fait que ni l’administration ni le gouvernement n’a l’obligation de se positionner sur ses recommandations d’autre part. Outre ces différences, notre Cour des comptes est un organe judiciaire, à la différence du NAO directement rattaché au Parlement.
Suite à la parution en 1999 d’un rapport sur le contrôle parlementaire et l’efficacité de la dépense publique, une certaine prise de conscience de ces insuffisances s’opère pourtant en France. Elle explique entre autres la création de la loi organique des lois de finances (LOLF), dont la constitution et le suivi sont censés permettre une meilleure évaluation de l’efficience des politiques publiques. Mais elle fut surtout l’occasion de créer « une structure chargée d’entendre les responsables politiques et administratifs sur la gestion de leur crédit » ainsi que de mener « des investigations approfondies sur des politiques publiques sectorielles ». C’est ainsi que fut mise en place la Mission d’Évaluation et de Contrôle (MEC), s’inspirant ouvertement du NAO britannique.
Cette structure a cependant présenté d’emblée un certain nombre de handicaps, jamais résolus par la suite, ce qui explique le peu de résonance de ses travaux. Elle constitue tout d’abord une sous-commission temporaire, et non une commission permanente. Le nombre de Commissions permanentes étant fixé par la Constitution, en modifier le nombre aurait en effet nécessité une révision constitutionnelle. La MEC est donc une émanation de la Commission des Finances, et son travail s’effectue seulement au premier semestre de l’année, cette dernière étant accaparée de toute manière par le PLF dans sa deuxième partie.


Cette mission présente la particularité d’être coprésidée par un député de la majorité et un député de l’opposition, ses 16 membres appartenant à la commission des finances et étant désignés par les groupes politiques, à parité entre majorité et opposition. Le président de la commission et le rapporteur général en sont membres de droit et les autres commissions permanentes peuvent demander à certains de leurs membres d’y participer. La LOLF confère en outre à la MEC les pouvoirs étendus reconnus aux rapporteurs spéciaux pour convoquer des témoins et se faire communiquer tous documents, sous la seule réserve des sujets à caractère secret.

Les rapporteurs membres de la MEC disposent cependant de trop peu de moyens pour mettre en œuvre sur place le contrôle sur pièce. En l’absence d’un budget propre et de personnel dédié – par comparaison, le NAO compte plusieurs centaines de collaborateurs pour cette tâche — ses rapports s’inspirent beaucoup de ceux de la Cour des Comptes, dont la MEC est souvent le commanditaire mais dont nous avons vu les limites. Les rapporteurs de la MEC ont la possibilité de procéder à des auditions mais celles-ci donnent en général peu de résultats. Les administrations ne subissent pas une « mise sur le grill » publique et elles envoient souvent des subalternes peu au fait des sujets explorés. Malgré sa bonne volonté, la MEC ne fait donc que très peu parler d’elle, donnant –dans la lignée de la Cour des comptes – des conclusions de faible portée et n’attirant l’attention d’aucun grand média.

Au vu peut-être de ces insuffisances, une autre instance a été mise en place dix ans plus tard. C’est en 2009 dans la lignée de la réforme constitutionnelle qui confirme au Parlement sa mission d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, qu’a été créé le Comité d’Évaluation et de Contrôle (CEC). Bernard Accoyer avait réussi à faire voter un changement du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale pour permettre au CEC de faire presque l’équivalent du PAC, malheureusement plusieurs limitations très importantes ont été apportées par le Conseil Constitutionnel.

Ainsi, le domaine de compétences du CEC le limite seulement à ce qui n’est pas du champ de compétence des commissions permanentes, il ne peut donc s’occuper que de politiques publiques transversales, qui doivent toujours concerner plusieurs domaines. Par ailleurs, le CEC ne peut pas convoquer directement un directeur d’administration centrale. Sous réserve de l’accord du Ministre, il ne peut le faire que pour obtenir des informations. Cela provient de l’idée que la mise en œuvre gouvernementale ne doit pas être mise en cause trop fréquemment, le Conseil Constitutionnel ayant voulu protéger à la fois le gouvernement et les commissions permanentes, en leur évitant toute concurrence.

Cette nouvelle instance présente en outre les mêmes défauts que la MEC : quasi absence de moyens financiers (budget d’un million d’euros annuels contre plus de 200 millions d’euros pour la Cour des Comptes) et donc pratiquement aucun personnel dédié indépendant et spécialiste de l’audit de performance. Il n’y a quasiment que des parlementaires qui y travaillent, ce qui explique le faible rythme de publication du CEC ainsi que le caractère un peu trop général de ses conclusions. Par ailleurs, si l’obligation a été faite au gouvernement de prendre position sur les propositions du CEC, on n’en trouve trace nulle part sur la rubrique du site de l’Assemblée Nationale dédiée au CEC.


Source contrepoints.org

Billets-Réduire la taille de l’État pour lutter contre la corruption


Réduire la taille de l’État pour lutter contre la corruption

En diminuant la taille de l’État régulateur, on diminue les occasions de corruption ainsi que la réglementation résultant de la corruption.
  
Le Québec et le reste du Canada ont fait face à plusieurs scandales de corruption ces dernières années. La plupart du temps, la réponse consiste à nommer une autorité supplémentaire.

Lutter contre la corruption avec plus d’inspections
C’est ce que le gouvernement du Québec vient de faire en annonçant la création d’un poste d’inspecteur général et d’une Autorité des marchés publics, en plus de demander à la vérificatrice générale d’enquêter sur l’attribution des contrats publics au MTQ.
Il ne fait aucun doute qu’une vérification plus serrée serait utile et permettra de déceler d’autre cas de corruption. Cependant, il s’agit toujours de répression et pas vraiment de prévention.

La solution durable pour réduire la corruption est de réduire la taille de l’État et créer davantage de concurrence.

Lutter contre la corruption avec moins d’État
La recherche économique démontre que la taille de l’État va de pair avec la corruption. En particulier, la réglementation économique est liée à la corruption. La relation va dans les deux sens : une réglementation excessive de l’économie donne lieu à la corruption et la corruption peut inciter un gouvernement à réglementer davantage l’économie, en favorisant une entreprise ou un secteur aux dépens des autres, ou aux dépens des citoyens. L’intervention de l’État peut par exemple avantager une entreprise en lui octroyant un contrat ou en tolérant qu’elle contourne la réglementation.

  • L’exemple de l’État régulateur des pays scandinaves
Les pays scandinaves sont parfois cités comme contre-exemples. Ce sont des pays qui ont la réputation d’avoir des États de taille importante, mais peu de corruption. Toutefois, la taille de l’État régulateur, qui y est relativement petite, explique la particularité scandinave. Bien que les impôts soient élevés et que les dépenses de l’État représentent une part considérable de leur économie, les entreprises ont relativement peu de formalités administratives à suivre, d’autorisations à demander et de règlements à respecter. Lorsque l’analyse est réalisée à partir de cette mesure, ce contre-exemple n’est en plus un.

  • Augmenter la concurrence
La corruption n’est donc pas une fatalité. En diminuant la taille de l’État régulateur, on diminue les occasions de corruption ainsi que la réglementation résultant de la corruption. Une autre politique efficace pour mitiger la corruption est d’avoir recours à une concurrence accrue.

Par exemple, dans le cas des marchés publics, une plus grande concurrence entre les entreprises soumissionnaires est un des remèdes à la corruption recommandés par l’OCDE. En effet, moins nombreux sont les concurrents à se disputer un marché public et plus il est facile pour le donneur d’ordre d’en écarter certains, ou pour les soumissionnaires de se mettre d’accord pour truquer l’appel d’offres.

En abrogeant les règles qui limitent le nombre de participants, comme les appels d’offres précisant une technologie ou une certification particulières, et en libéralisant le marché par des accords de libre-échange comme celui en cours de ratification entre le Canada et l’Union européenne, on augmente le nombre de soumissionnaires potentiels et le nombre de personnes qui surveillent de près les résultats.

La concurrence ne concerne pas seulement les entreprises. Les représentants de l’État peuvent aussi être soumis à une concurrence vertueuse. En effet, la corruption est possible lorsqu’un seul représentant de l’État, ou un seul organisme, peut offrir une autorisation ou un permis, une situation comparable à celle d’un monopole. Si plusieurs organismes publics ont la possibilité d’offrir la même autorisation et si les utilisateurs ont la possibilité d’aller voir celui de leur choix, la corruption devient beaucoup plus difficile puisque les représentants de l’État corrompus sont alors mis en concurrence avec ceux qui sont intègres.

Cette solution est parfois employée pour réduire la corruption dans les services policiers. Si les criminels doivent soudoyer de multiples services de police, ayant chacun juridiction sur leurs activités criminelles, la taille des pots-de-vin peut, à certaines conditions, réduire progressivement jusqu’à disparaître complètement.

L’analyse économique permet de comprendre les incitations qui mènent à la corruption et les politiques qui peuvent la combattre. La taille de l’État et l’étendue de sa réglementation, ainsi que la concurrence, ont un effet direct sur celle-ci. Cette leçon ne date d’ailleurs pas d’hier, puisque l’historien et sénateur romain Tacite avait déjà noté il y a deux millénaires que « plus l’État est corrompu, plus il y a de lois ».


Photo : The shrinking man by arne hendriks–Creative Commons

Source contrepoints.org

Billets-David Bowie

David Bowie : Un mutant

A l'occasion de la sortie de “The Next Day”, retour sur les métamorphoses et les audaces de Bowie, qui a toujours su bouleverser le cours et les codes du rock.


1973. Masayoshi Sukita photographie la star à New York. © Masayoshi Sukita
  
Neuf ans de réflexion. L'homme qui a su orchestrer ses multiples renaissances a géré avec brio son absence. De son vrai-faux adieu à la scène en 1973 à son éclipse subite, en juin 2004, pour raisons de santé, David Bowie a toujours su maîtriser son destin. Retiré d'une course qui a vu tant de ses contemporains frôler l'usure, la répétition, David Bowie a stoppé net la banalisation vers laquelle sa dernière trilogie d'albums l'entraînait.

Convalescent, mais surtout libre de ses mouvements, il s'est contenté d'observer les mutations artistiques et esthétiques, l'évolution économique d'une industrie qu'il a en partie anticipée (introduction de son catalogue, dont il détient tous les droits, en Bourse dès 1997). Pour constater qu'absent il demeurait très présent. Lui, dont l'art s'est abreuvé de tous les grands – reconnus ou obscurs – qui l'ont précédé, a vu son œuvre kaléidoscopique, impossible à réduire à un style puisqu'il les a presque tous abordés, imprégner les sillons et l'esprit, le style ou l'ambition des jeunes générations. Ils ont tous en eux quelque chose de David Bowie. La voix, la classe ou la présence en moins.

C'est bon de se sentir irremplaçable. Et désiré. Pas une année ne passe sans que bruissent les pires rumeurs sur les réseaux sociaux. Bowie, génie de la com, ne dit rien. Le tweet ne passera pas par lui. Il connaît la valeur de la rareté. Qui d'autre, à notoriété égale, aurait pu s'enfermer dans un studio new-yorkais pour graver un album dans le secret ? L'existence de The Next Day n'a été connue que le jour – le 8 janvier 2013, date de son 66e anniversaire – où Bowie l'a décidé. Et a créé un buzz inouï. Bowie manquait, assurément. Et, avec lui, cet espoir d'être désarçonné par un nouveau tour de passe-passe, une de ces réinventions dont il a le secret.

The Next Day ne peut égaler ses chefs-d'œuvre passés. Mais il n'a rien du disque de trop. Il témoigne de la vitalité d'un artiste toujours singulier. Un joli pied de nez, aussi. A l'heure où une exposition célébrant son œuvre va s'ouvrir à Londres, David Bowie refuse de se laisser muséifier. Il demeure vivant, imprévisible et fascinant.

Un artiste unique dans lequel on guette toujours la flamme de celui qui, pendant une décennie de folie, a su modifier à plusieurs reprises le cours et les codes du rock. Un homme de son et de vision que nous avons choisi de célébrer dans ses plus belles années. Ses débuts charmants, en quête d'identité ; sa réalisation à travers son invention de l'icône glam ultime ; et sa période de doute et d'angoisse, qui lui a inspiré ses plus grandes audaces musicales et artistiques.

David Bowie, androgyne génie
Plus fascinant que jamais, Bowie devance les modes. Le glam rock est moribond ? Il prépare déjà une nouvelle mue…


1973. Photo de Brian Duffy pour la pochette intérieure d'Aladdin Sane. © Duffy / Duffy Archive

Septembre 1971. A peine le dernier titre de Hunky Dory bouclé en studio, David Bowie est pris d'une frénésie : les chansons de son disque suivant s'imposent déjà comme des évidences, à graver dans l'urgence. Cette intuition, Bowie la doit à Mick Ron­son, guitariste et arrangeur virtuose. La complicité trouvée avec ce timide alter ego ­venu ­­du Nord a donné des ailes au second couteau pop, déterminé à ravir la couronne glam à Marc Bolan.

« Five years, that's all we've got... » Cinq ans, c'est tout ce qu'il nous reste. La voix du chanteur se brise en hurlant le ­finale de ce qui est peut-être sa plus belle chanson. La plus atypique dans sa construction, la plus caractéristique d'un répertoire qui ne procédera désormais plus par imitation. Le titre, qui ouvre The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, l'album de la consécration, publié en juin 1972, marque le basculement d'un outsider, tâtonnant et joueur, en maître absolu de sa création. Sa voix, d'abord, aux mille intonations et expressions, fragile mais d'une justesse rare, n'appartient plus qu'à lui. L'enregistrement de Five Years, comme tant d'autres à venir, se fit en une prise, Bowie, littéralement en larmes, puisant au plus profond de son être ses mots cinglants et désespérés.
Jusqu'à Ziggy, Bowie se cherchait. En créant ce personnage de star extraterrestre, héritier de Vince Taylor, Iggy Pop et autres figures cultes de la mythologie rock, Bowie trouvait enfin qui il était : la créature rock ultime, flamboyant marginal triomphant jusque dans la mise en scène de sa mort programmée (Rock'n'roll Suicide), là où ses inspirateurs restaient maudits.

L'ère est encore aux cheveux longs ? Sur les conseils de sa femme, Angie, Bowie les coupe, comme pour souligner plus encore son androgynie. Blond pour la photo de pochette, il passe au rouge, pour mieux répondre aux couleurs vives de ses délirantes tenues japonaises. Bowie déclare à la presse qu'il « [est] gay, et l'[a] toujours été ». Le timing est parfait. Quinze ans après Presley, l'Anglais incarne à nouveau le trouble sexuel, l'interdit, la liberté. Ziggy Bowie devient l'idole dotée de toutes les vertus : le style, le physique, le costume, l'attitude et, plus que tous ses contemporains, les chansons.

Car plus rien n'arrête Bowie, qui se met à écrire des classiques à la vitesse de la lumière. Pour lui et les autres. All the young dudes sauve la carrière en chute libre de Mott the Hoople. Lou Reed et Iggy Pop sont aux abois ? Bowie les produit, généreux et pas fou : il ne perd jamais le contact avec ceux qui l'ont nourri. Car, si Bowie est un vampire, il demeure un fabuleux passeur, toujours prompt à citer ses sources. De Jean Genet (The Jean Genie) à George Orwell (1984 étant à l'origine de Diamond Dogs), il ouvre son jeune public à un monde infini de culture et de sous-culture.
Cet homme étrange, irréel, au corps si fin, au visage si fascinant, barré d'un éclair multicolore, devient le sésame vers une vie autre, plus belle, plus intéressante, plus sensuelle. Son rock dur, glam, concis, s'autorise un élégant grand écart entre music-hall et jazz. Et Pin Ups, disque de reprises, rend autant hommage aux encore sous-estimés pionniers sixties (Kinks, Pretty Things, Syd Barrett...) qu'il inscrit Bowie dans leur directe lignée.

Les modes sont éphémères, Bowie les devance. Jusqu'à épuisement. Physique. Le glam rock est déjà moribond lorsqu'il boucle Diamond Dogs, en 1974. Une ultime ode rebelle (Rebel rebel) achève les années de folles extravagances. Entre décadence, déchéance et régénérescence, une nouvelle mue commence.

David Bowie: Un prince de la soul 
Bowie abandonne les masques et les soieries bariolées, il donne dans le rhythm'n'blues de mutant. Puis, il invente encore un personnage : le Thin White Duke est né.


1976. The Archer : Station to station tour, photographie de John Rowlands. © John Robert Rowlands

En 1974, il suffit de partir en Amérique pour s'évanouir dans un univers parallèle. Ordonnateur de ses savantes disparitions, David Bowie l'a parfaitement compris. Après quelques mois de silence, il reparaît de l'autre côté de l'Atlantique et le choc est considérable pour ses fans d'ici, qui reçoivent les nouvelles et les images au compte-gouttes. Ziggy a troqué les masques et les soieries bariolées pour un costume d'une pâleur d'azur et un brushing roux de jeune dandy.

Dans la mise en scène sophistiquée d'un show qui vire à la comédie musicale, ses chansons se sont métamorphosées avec lui, transportées par un rythme et des guitares funky piqués aux meneurs de revue « black » de l'époque, James Brown ou les Jackson 5. Les comptes rendus brossent le portrait en pâmoison d'une star idéalement absente, tout en pose, théâtre et distance, sans un mot pour son public, s'éclipsant sans adieu ni rappel (« David Bowie a quitté le bâtiment », dit un message laconique diffusé par la sono pour calmer les foules, comme aux temps hystériques du jeune Elvis).

Au fil de quelques maigres entretiens, on apprend, émerveillé, que Bowie considère le rock comme une pauvre valeur du passé (« une vieille dame édentée », proclamera-t-il). Il est ailleurs. Complètement « parti » dans un pays où tout lui semble étranger, y compris lui-même. Il ne quitte pas sa limousine et celle-ci le dépose souvent, la nuit, sur les avenues de Harlem, aux portes de l'Apollo Theater, où il va écouter les jeunes princes soul qui affolent l'époque.

« Tous les chanteurs anglais ont rêvé, un jour ou l'autre, d'être noirs », commente son producteur Tony Visconti. Certes, mais cette greffe est autrement stupéfiante. En ces temps de black power, de groove tout-puissant et de héros aux superpouvoirs érotiques, Bowie n'est pas un simple Londonien, chic et androgyne, qui vient se régaler des pulsions orgiaques de la musique noire. Il est plus blanc que blanc, il est diaphane, aussi translucide qu'un fantôme, dont la voix et l'élégance émaciée, entre Dietrich et Sinatra, inventent un rhythm'n'blues de mutant.

Dans les studios où s'est étoffé le légendaire son de Philadelphie, fétiche de l'Amérique noire, il enregistre le déroutant Young Americans, porté par un tube funky, Fame (ébauché avec John Lennon dans le studio de Jimi Hendrix), où il s'épanche sur les angoisses de la gloire. Il court superbement à sa perte. La cocaïne est un stimulant à double tranchant, qui menace d'avoir sa peau.

On perd régulièrement sa trace et, quand on le retrouve, il est au bord de la dépression, replié dans un studio de Hollywood où, entre tarot et magie noire, il redistribue les cartes et pose les premiers jalons d'une série de chefs-d'œuvre qui le feront dériver de Los Angeles à Berlin, toujours isolé, superbe et étranger.

En 1976, un an avant la déferlante punk, Station to station est une prodigieuse vision du futur, un hallucinant collage de sons et de sentiments qui entremêle les transes hypnotiques de la techno à venir, les harmonies et le lyrisme intemporel de la soul et du cabaret. Il invente pour cet album un personnage dont il ne se séparera plus et qu'on retrouvera dans les somptueuses brumes de pop électronique de Low ou Heroes : « the Thin White Duke throwing darts in lovers' eyes » (le mince duc blanc qui plante ses flèches dans les yeux des amoureux). Un homme venu d'ailleurs. Celui dont on attendra toujours fébrilement le retour. ­

David Bowie: Un hippie brechtien
David Jones devient David Bowie et l'acte de naissance du glam rock est signé. La mutation décisive approche : une star va éclore.


1971. Séance photo pour la pochette de Hunky Dory, par Brian Ward. © Brian Ward / Sony

Un jeune faon sanglé de tweed. Ainsi paraît David Bowie en juin 1967 sur la pochette d'un album qui porte juste ce nom. Le joli garçon déjà photogénique a 20 ans, vient de se réinventer une première fois. Jusqu'ici, il était David Jones, un frêle « mod » cherchant sa place dans des groupes éphémères de rhythm'n'blues. Sous cette nouvelle marque, celle d'un fameux couteau (le bowie knife), il peine encore à trancher dans l'air du temps.

C'est la saison des fleurs à Londres, où règne le chatoyant Sgt. Pepper's des Beatles. Les miniatures pop composées et chantées par Bowie, accompagnées par sa douze-cordes et le son d'un groupe assez spartiate, ont un curieux goût de cabaret. Quinze ans avant son hommage à Baal, il est déjà brechtien. Acteur de sa musique autant que musicien.

« Nous pensions qu'il avait un avenir dans la comédie musicale », confie un peu plus tard l'éditeur des chansons de Bowie (il a notamment les Rolling Stones à son catalogue) à Tony Visconti. Le jeune producteur américain, débarquant en plein Swingin' London, est fasciné par ce gandin bizarre et stylé, qui voue la même passion au rock'n'roll de Little Richard, au jazz de Gerry Mulligan, à l'underground pop de Frank Zappa. Viré par sa maison de disques après des débuts en sourdine, Bowie s'initie à l'art du mime chez Lindsay Kemp et monte avec sa muse Hermione, danseuse de ballet, des groupes au parfum hippie et volatil : Turquoise, Feathers…

Ce Bowie-là est un touche-à-tout sans direction précise, un paon quelque peu évanescent qui pose en robe et se pare des couleurs et coutumes du moment. Il peut mimer l'invasion du Tibet par les Chinois sur une scène, et quelques mois plus tard parader en « homme arc-en-ciel » sur une autre, pour une soirée que Tony Visconti voit comme l'acte de naissance du glam rock, où le scintillement des étoffes répond à des tempos désormais plus électriques. On est alors en février 1970.

L'année précédente est sorti un nouvel album de David Bowie, dont on a tiré son premier succès, Space Oddity. Une ode de circonstance aux premiers pas de l'homme sur la Lune. Mais aussi une chanson complexe et majestueuse, dépassant le cadre folk-rock où s'inscrivent la plupart de ses créations. Bowie dut l'imposer à son producteur, qui n'y croyait pas. S'il n'a pas encore d'identité musicale forte, il a déjà du flair. Mais peine à refaire le coup avec le disque suivant, The Man who sold the world, en dépit du potentiel du morceau-titre (auquel Kurt Cobain rendra justice bien plus tard).

Hunky Dory, à la fin d'une année 1971 qui a vu s'envoler vers la gloire son camarade et rival Marc Bolan avec T-Rex, est le chant du cygne du « premier » David Bowie.

Précédant de quelques mois sa mutation décisive… A l'image du portrait impressionniste illustrant l'album, il exhale encore une fraîcheur indécise et frémit de la grâce des commencements. Pop exubérante, berceuse au nouveau-né, grande ballade narrative et quelques exercices d'admiration qui dessinent Bowie en fan transi avant qu'il ne devienne star à son tour : dans Song for Bob Dylan, Andy Warhol ou Queen Bitch (un pastiche de Lou Reed), il joue encore à être un autre, avec une délectation palpable. Et quand il recopie (Fill your heart, du comédien-chanteur américain Biff Rose), c'est avec élégance.

Après viendra le temps du contrôle et du pouvoir, ces drogues dures auxquelles un créateur ne s'adonne jamais sans dommage. Pour l'heure, ce David de 24 ans, les yeux vairons balayés par une longue mèche, batifole encore en falzar à pinces, cultivant une vague ressemblance avec Lauren Bacall. On ne sait plus ce qui chez lui est naturel ou composé : désinvolture dandy, accent cockney... Mais l'a-t-on jamais su ?

Source Télérama

jeudi 26 avril 2018

Recettes Fruits-Streusel à la poire


Streusel à la poire

Préparation : 30 mn
Repos : 1 heure
Cuisson : 50 mn
Pour 8 personnes
Pour la pâte
220 g de farine
135 g de beurre mou
1 œuf
85 g de sucre glace
2 pincées de vanille
25 g d’amandes en poudre
1 pincée de sel
Pour la garniture
2 kg de poires passe-crassane
50 cl de lait
2 œufs + 1 jaune
125 g de farine
150 g de sucre en poudre
65 g de beurre
1 gousse de vanille
1 pincée de cannelle
1. Préparez la pâte : mélangez tous les ingrédients. Ramassez la pâte en boule. Placez 1 heure au réfrigérateur.
2. Préparez la crème : portez à ébullition le lait avec la gousse de vanille fendue, 15 g de beurre et 50 g de sucre en poudre. Dans un saladier, fouettez les œufs et le jaune avec 50 g de sucre et 50 g de farine. Délayez avec le lait bouillant. Faites cuire jusqu’à l’ébullition en fouettant.
3. Préparez le streusel : mélangez 50 g de beurre, 50 g de sucre, 75 g de farine et la cannelle.
4. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
5. Foncez un moule à tarte de la pâte. Faites cuire à blanc 15 minutes. Laissez tiédir. Étalez la crème.
6. Épluchez les poires. Coupez-les en quartiers, ôtez le cœur. Disposez-les sur la crème. Parsemez de streusel. Enfournez 30 minutes. Servez tiède ou froid.

Recettes Fruits-Tajine de mangue



Tajine de mangue

Préparation : 20 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 4 personnes
1 mangue juste mûre
½ mangue bien mûre
1 ananas victoria
2 tiges de citronnelle
25 g d’abricots secs
25 g de raisins secs
8 cl de nectar d’abricot
8 cl de nectar de pêche
15 cl de jus de fruit de la passion
1 bâton de cannelle
1 gousse de vanille
2 étoiles de badiane
10 cl d’eau de fleur d’oranger
50 g de sucre
20 g de beurre
1. Mixez la demi-mangue, mélangez-la aux nectars et jus dans une casserole, ajoutez la gousse de vanille fendue, la cannelle et la badiane. Portez à ébullition, retirez du feu et laissez infuser à couvert.
2. Mettez à tremper les abricots et les raisins dans un bol avec l’eau de fleur d’oranger. Pelez l’ananas, coupez-le en quatre. Epluchez la mangue, coupez la pulpe en lamelles épaisses autour du noyau. Coupez les tiges de citronnelle en 2 dans la longueur. Piquez les quarts d’ananas avec les tiges de citronnelle.
3. Dans une sauteuse, faites fondre le sucre et le beurre. Faires-y caraméliser l’ananas et la mangue sur feu moyen. Une fois les fruits bien dorés, versez les nectars de fruits infusés et laissez cuire environ 10 minutes sur feu doux.
4. Au dernier moment, ajoutez les fruits secs avec l’eau de fleur d’oranger. Servez chaud ou tiède dans un plat à tajine.


Recettes Fruits-Charlotte aux poires


Charlotte aux poires

Préparation : 60 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
8 feuilles de gélatine
50 cl de lait
150 g de sucre semoule
1 gousse de vanille
8 jaunes d’œufs
50 cl de crème fraîche
175 g de sucre glace
1 kg de poires
250 g de sucre semoule
25 biscuits à la cuiller
500 g de framboise
1 citron
1 petit verre de liqueur de poire
1. Faites tremper les feuilles de gélatine dans un bol d’eau froide. Essorez-les et réservez-les.
2. Préparez une crème anglaise : faites bouillir le lait avec la vanille, mettez les jaunes d’œufs dans une terrine et travaillez-les avec les 150 g de sucre, puis versez le lait et faites cuire sur feu modéré sans laisser bouillir. Hors du feu, ajoutez la gélatine à la crème anglaise.
3. Lorsque la préparation est complètement refroidie, incorporez-lui 1 petit verre de liqueur de poire.
4. Par ailleurs, fouettez la crème fraîche en chantilly avec 50 g de sucre glace. Ajoutez-la également à la crème.
5. Pelez les poires et faites-les pocher dans un sirop préparé avec 25 cl d’eau et les 250 g de sucre. Égouttez-les quand elles sont bien tendres et coupez-les en tranches d’épaisseur moyenne.
6. Tapissez toute la surface d’un moule à charlotte avec les biscuits à la cuiller.
7. Remplissez le moule de couches alternées de crème et de tranches de poires pochées. Recouvrez de biscuits. Mettez au réfrigérateur pendant 4 heures.

Conseil
Pour servir, préparez un coulis de framboises : passez les fruits au mixer en leur ajoutant le jus du citron et 125 g de sucre glace. Sortez la charlotte du réfrigérateur et démoulez-la sur un plat rond. Nappez le dessus de coulis de framboises et versez le reste tout autour. Vous pouvez aussi utiliser pour le coulis des fraises ou des mangues. Les biscuits à la cuiller doivent être bien bombés. Inutile de les imbiber avant d’en tapisser le moule. Taillez-les en biseau pour bien les imbriquer sur le dessus. Vous pouvez garder quelques framboises entières pour décorer le sommet de la charlotte.


Recettes Fruits-Fraises poêlées


Fraises poêlées

Préparation : 20 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 4 personnes
450 g de fraises gariguette
1 orange non traitée
1 citron vert non traitée
40 g de beurre
150 g de sucre en poudre
Poivre du moulin
1. Lavez l’orange et le citron. Séchez-les. Prélevez les zestes, détaillez-les en fines lanières. Blanchissez-les 1 minute à l’eau bouillante. Passez-les sous l’eau froide et égouttez-les.
2. Versez 100 g de sucre dans une casserole avec 15 cl d’eau. Portez à ébullition et laissez frémir 3 à 4 minutes sur feu moyen. Ajoutez les zestes, laissez-les confire 10 minutes. Égouttez-les.
3. Rincez les fraises, équeutez-les.
4. Chauffez le beurre dans une poêle à revêtement antiadhésif. Dès qu’il est chaud, ajoutez les fraises et mélangez pour bien les enrober de beurre. Saupoudrez-les de sucre et laissez-les caraméliser sur feu vif. Versez-les dans un plat de service et donnez un tour de moulin à poivre.
5. Déglacez la poêle avec le jus de l’orange. Donnez un bouillon, ajoutez les zestes et versez sur les fraises.
6. Servez avec des sablés et une glace à la vanille.

Recettes Fruits-Crumble aux fruits rouges


Crumble aux fruits rouges

Préparation : 20 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
Pour la garniture :
250 g de framboises
250 g de fraises des bois
250 g de groseilles
3 cuillerées à soupe de sucre roux
Pour la pâte :
180 g de farine
100 g de beurre
90 g de spéculoos
50 g de sucre
1. Lavez et équeutez les fruits, puis mélangez-les avec le sucre.
2. Préchauffez le four à 180 °C (th. 5) et beurrez un plat à gratin.
3. Mélangez la farine, le sucre, les spéculoos émiettés et le beurre pour obtenir une pâte granuleuse.
4. Répartissez les fruits dans le plat et couvrez de pâte, mettez au four 30 minutes.

Variante

Ajoutez quelques amandes effilées avec les fruits pour le croquant et servez avec une crème chantilly pour l’onctuosité.