samedi 31 mars 2018

Infos santé : Sport et Santé-Ischiojambiers des danseuses


Ischiojambiers des danseuses

Vous faites de la danse et vous avez mal juste sous la fesse ? Cette douleur sourde peut avoir plusieurs origines : tendinite, séquelle de lésion musculaire ou fracture de fatigue.  Les traitements sont très différents. Un avis médical et des explications s’imposent.

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

Lors de l’élévation jambe tendue, vos muscles situés à l’arrière des cuisses tirent fortement sur leur point d’accrochage au niveau du bassin.
En regard du pli fessier, on trouve l’extrémité inférieure de l’os du bassin. Ce pont osseux porte le nom d’ischion. À cet endroit, s’accrochent les muscles situés à l’arrière de la cuisse, les ischiojambiers. Ces derniers sont mis en tension, lorsque vous levez le membre inférieur en conservant le genou tendu. Voilà qui ressemble à un mouvement de base de danse ! Du coup, vous souffrez à tous les cours. Mais ce n’est pas tout ! Dans la vie quotidienne, vous voilà désormais incapable de rester assise tranquillement. L’appui prolongé sur vos ischions est très désagréable et vous vous dandinez en permanence, à table et surtout en voiture !


  • Tendinite ou claquage ?
À force de tirailler sur ces tissus, ils finissent par se déchiqueter. Il peut s’agir soit de la portion haute du muscle, soit du tendon, la cordelette qui relie ce dernier à l’os. Dans le premier cas, c’est souvent la séquelle d’une petite élongation passée inaperçue « à chaud » pendant la séance. Dans le second, ce sont des microdéchirures progressives au sein des filaments tendineux. Quoi qu’il en soit, vous souffrez désormais à cause d’une cicatrice anarchique et fragile. Les fibres sont enchevêtrées, elles ne sont pas orientées dans l’axe des contraintes mécaniques. Lors d’une traction un peu énergique, le magma fibreux se déchire à la manière d’une gerçure hivernale. Le concept thérapeutique passe par la « mécanisation » de la cicatrice. Il faut assouplir et guider le tissu sans provoquer de récidive.

  • « Mécaniser » pour soulager
La technique de référence pour casser cet amoncellement inefficace de fibres, est le « massage transverse profond » ou « MTP ». Après mise en tension du muscle et du tendon, votre kinésithérapeute frotte avec son doigt vigoureusement et perpendiculairement. Ça fait mal, mais c’est efficace ! Désormais, une machine réalise des « super MTP », on parle « d’ondes  de choc ». Un pistolet équipé d’un percuteur vient frapper 30 à 50 fois par seconde la structure à assouplir. Ce qui fait super mal mais est efficace ! Pour réorienter les fibres dans l’axe des contraintes, il est nécessaire de faire des étirements. Attention, pour éviter la récidive, tout est question de progressivité ! Le mouvement aussi doit être lent. Un geste rapide de type « sportif », brise les filaments encore emmêlés. Un exercice effectué doucement assure une mise en précontrainte des tissus et favorise l’alignement des fibres. La pratique progressive de la danse et notamment le travail à la barre sont rapidement possibles. Des contraintes bien dosées ne sont pas nuisibles. Bien au contraire, elles participent au traitement. Plus rarement, l’inflammation s’est emballée au sein de la cicatrice et la stimulation de la « mécanisation » se montre inefficace voire délétère. Dans ces conditions, une infiltration se montre souvent très efficace. Elle est effectuée à l’endroit précis, sous contrôle radiologique, car le nerf sciatique n’est pas loin ! Elle apaise les processus d’autodestruction tissulaire. Une quinzaine de jours plus tard, la rééducation modelant en douceur, la réparation peut repartir sur des bases saines !

  • Et si c’était une fracture de fatigue !
Avant d’attaquer avec les MTP, les ondes de choc et les étirements, il est vivement recommandé d’éliminer une fracture de fatigue du bassin. En effet, l’os de l’ischion est particulièrement sollicité chez la danseuse. Bien sûr, il encaisse les tractions des ischiojambiers mais il subit aussi les sauts et les appuis. À chaque petit traumatisme, il se produit une fissure osseuse microscopique. Si la durée de repos est insuffisante, si les conditions de récupération sont inadaptées, si les sollicitations mécaniques sont trop intenses, les fissures se rejoignent et constituent une vraie fracture ! Cette fois, le traitement n’est pas du tout comparable à celui d’une tendinite ou d’une séquelle d’élongation. L’os est un tissu rigide, la « mécanisation » n’est pas une stratégie adaptée. Un peu d’immobilité locale est vivement conseillée.

  • Repos osseux et récupération générale !
Il faut respecter la « règle de la non douleur ». Continuez les activités qui ne vous font pas souffrir : renforcement musculaire léger des membres supérieurs, abdominaux, gainage, natation avec pull-boy. Le temps de consolidation osseuse est de 3 mois ! Seules les 3 dernières semaines autorisent un retour très progressif à la danse. Peu à peu, les élévations jambes tendues sont réintroduites prudemment. Avec l’aide de votre médecin, cette période est l’occasion de faire une prise de sang et un bilan diététique. Vous n’êtes pas sans savoir que vos os de danseuse sont souvent anormalement fragiles. Vous manquez fréquemment d’hormones sexuelles et de nutriments pour stimuler la construction de votre squelette. L’extrême minceur imposée et les heures d’entraînement sont à l’origine d’un stress physiologique qui bloque la fonction de reproduction. Vos règles deviennent irrégulières ; s’espacent puis disparaissent. Vous êtes en « ménopause  précoce » et l’ostéoporose menace ! Afin de protéger les individus, l’évolution a probablement bloqué la possibilité de procréer en cas de grande migration provoquant une dépense énergétique majeure dans un contexte de disette. Des études récentes montrent tout simplement que les cycles féminins s’altèrent dès que l’apport en calories devient inférieur à la dépense énergétique. En pratique, votre médecin du sport mettra probablement en évidence des carences, notamment en vitamine D. Et les corrigera ! Il vous invitera à manger de façon plus équilibrée… et plus copieuse. Il vous adressera peut-être à un gynécologue en cas de dérèglement de votre fonction ovarienne ! Tout cela pour soigner votre fracture de fatigue… mais aussi pour prendre en charge bien des dérèglements biologiques dont votre blessure n’aura été que le révélateur. Finalement, cette lésion vous aura été bien utile !
 
  • L’IRM est l’examen le plus efficace !
Pour assurer le diagnostic de cette douleur de fesses en faisant la différence entre tendinite, séquelle d’élongation et fracture de fatigue, l’IRM est l’examen le plus efficace. Plusieurs raisons justifient ce constat. Il faut observer des structures osseuses, musculaires et tendineuses. La radiographie est conçue pour étudier les os et l’échographie les tissus mous. L’IRM permet de grouper l’analyse. Même pour rechercher une fracture de fatigue, la radio est insuffisante. En effet, au début, la fissure est si petite qu’elle est invisible. Il faudrait attendre la constitution d’un cal volumineux, des semaines plus tard, pour faire le diagnostic a posteriori. En revanche, à l’IRM, on constate très précocement l’apparition d’une grande quantité d’os dans l’ischion. Ce volumineux  « œdème intra osseux » signe une authentique fracture ! L’échographie ne convient pas non plus pour analyser les muscles et les tendons du bassin. En effet, ces structures sont si profondes que les ultrasons utilisés par cet appareil ne les atteignent que très difficilement. En revanche, le comportement magnétique de ces tissus et enregistré par l’IRM reste inchangé.

  • Attention aux étirements !
Lorsque vous présentez cette douleur, vous êtes nombreuses à insister sur les étirements. Vous avez l’impression qu’ils vous soulagent ! C’est vrai… en partie ! En effet, votre cicatrice ou votre lésion osseuse est entourée d’une contracture. Elle se veut protectrice mais elle est surtout douloureuse ! Grâce au stretching, elle cède. Le muscle se relâche, reçoit du sang et souffre moins. Malheureusement, le plus souvent, votre comportement aggrave votre blessure. Vous allez trop loin ! Vous tiraillez, vous irritez vraiment la cicatrice qui n’est plus protégée par la contracture. La rééducation est plus douce et plus progressive ! Les étirements sont habituellement bénéfiques car ils sont à l’origine d’une sollicitation tissulaire source d’adaptation. En cas d’excès, cette sollicitation tourne à l’agression et provoque des lésions !

  • La Zumba® est devenue un des sports à la mode en France.
La Zumba® est un programme d’aérobie où les mouvements de fitness sont remplacés par des chorégraphies rythmées par de la musique latine, orientale, brésilienne… comme de la salsa, de la samba, du flamenco mais aussi du hip-hop ou du reggaetone. Pour Dora De Paula, la Zumba® n’est ni un cours de gymnastique ni un entraînement de fitness mais un genre de réunion pour faire la fête, se défouler, crier et se muscler. La Zumba® est un très bon moyen de perdre du poids. Elle permet de travailler le cardio, de muscler les jambes, les fessiers ainsi que les bras. Il s’agit d’un sport très rythmé et physique dans lequel il est important « de respecter les étapes d’échauffement et d’étirements pour pouvoir intensifier la pratique au cours de la séance. L’équipement est sommaire mais important : une bonne paire de chaussures, une tenue légère et une bouteille d’eau pour s’hydrater régulièrement ». Les différentes déclinaisons de la Zumba® permettent à tout le monde de pouvoir la pratiquer. La Zumbatomic®a été développée pour les enfants à partir de 4 ans. La Zumba Gold® associe mouvements et rythmes adaptés aux besoins des seniors ainsi qu’aux débutants. La Zumba Toning® est pratiquée avec des petits poids pour insister sur la musculation. Enfin, l’Aqua Zumba® est, comme son nom l’indique, pratiquée dans l’eau.


Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Tendinite de l’épaule



Tendinite de l’épaule

Les études montrent que deux tiers des seniors présentent une usure des tendons de l’épaule. Il en est de même pour les nageurs de haut niveau de 25 ans ! Imaginez le souci si vous avez plus de 50 ans et que vous pratiquez une activité à risque !

Par le docteur Stéphane CASCUA

Un tendon est une cordelette fibreuse reliant un os à un muscle. Il transmet la force de contraction  de ce dernier et mobilise l’articulation. Cette structure blanchâtre ne reçoit pas beaucoup de sang. Les vaisseaux qui le nourrissent proviennent de l’os et du muscle situé à ses 2 extrémités. Avec les années, ce réseau se raréfie. Le centre du tendon est particulièrement défavorisé. La moindre blessure ne parvient plus à cicatriser. La nappe tendineuse finit par se perforer …Si  deux tiers des plus de 50 ans présentent une altération des tendons de l’épaule, la moitié d’entre eux sont victime d’une rupture partielle ou complète. Et le phénomène s’aggrave avec les années : 50 % des plus de 60 ans et 80 % des plus de 70 ans ont des tendons  plus ou moins déchirés.  Heureusement, seulement 25% s’en plaignent. A moins qu’une pratique sportive à risque viennent décompenser ces épaules mal en point !

Illustration : Mathieu PINET

Lors des mouvements de grandes amplitudes, les tendons de l’épaule viennent se coincer et frotter sur les reliefs osseux de l’omoplate

  • Impaction et tension : une coalition contre vos tendons !
Les tendons sont écartelés lors de la phase de freinage des mouvements sportifs. L’os part dans un sens alors que le muscle tire dans l’autre pour ralentir et contrôler le geste. C’est ce qui se produit quand vous terminez une frappe au tennis ou un swing au golf.  Ce mécanisme dit « excentrique » suffit parfois à léser le tendon d’Achille d’une cheville accumulant les foulées et les sauts.  Mais l’épaule ajoute aussi des frottements pour abimer ses tendons. En effet, vous percevez au sommet de cette articulation, une voute osseuse constituée de la clavicule et de l’extrémité supérieure de l’omoplate.  Les tendons de l’épaule sont situés juste en dessous. Ils entourent la tête de l’humérus,  la partie haute de l’os du bras. Ils  forment une grande nappe à la manière de cheveux bien tirés en arrière. On parle de « coiffe des rotateurs ».  Alors, quand le bras s’élève  au-dessus de l’horizontale, lorsque les mouvements sont de trop grandes amplitudes,  les reliefs osseux de l’omoplate cognent et   rabotent allègrement ces tendons en pleine action.

  • Quels sont les sports à risque ?
Les sports de lancer  comme le tennis ou le volley associent violente mise en tension et coincements des tendons. Le golf est moins agressif car le bras opposé limite l’amplitude du mouvement et le coude ne monte pas plus haut que l’épaule. En  natation, l’usure par frottements prédomine sur les lésions de freinage. A haut niveau, ce phénomène semble suffisant pour abîmer l’épaule d’un jeune nageur de l’élite qui réalise environ 10 000 «cycles de bras» par semaine ! La brasse se montre nettement moins nuisible que le crawl ou le papillon. Son mouvement de plus faible amplitude s’effectue dans un secteur anatomique plus physiologique où les frottements contre les reliefs osseux sont bien moindre. Mais ne renoncez pas pour autant aux sports qui vous tiennent à cœur ! Chez le sénior, la palme du danger revient probablement au jardinage et au bricolage. Elagage, peinture et papiers peints achèvent la coiffe des rotateurs du retraité souhaitant prendre soin de son logis !


  • Technique et musculation adaptée : des points clés de la prévention.
Si certains gestes sportifs se révèlent inévitablement  agressifs, les erreurs techniques vous font souvent basculer vers la blessure. En crawl, si vous rentrez dans l’eau par le pouce, vous majorez les frottements.  Pénétrez les flots en faisant glisser simultanément tous vos doigts, gardez le bras dans le prolongement de l’épaule, vos tendons préfèrent ! Au tennis, si vous tentez d’augmenter l’efficacité de votre service en basculant plus encore votre bras vers l’arrière, vous faites erreur et vous coincez vos tendons. Pliez les genoux et smachez avec vos cuisses et vos abdominaux. De surcroît des recherches récentes menées au sein du Team LAGARDERE montrent que la vitesse du service ne dépend pas de la force de frappe. Alors privilégiez la technique sur la puissance. Quel que soit votre sport, si vous commencez à souffrir des épaules, revoyez votre geste, demandez l’avis d’un professeur. Au besoin reprenez quelques cours. Une bonne préparation physique se révèle très efficace pour éviter les tendinites de l’épaule.  Un programme de musculation adapté renforce les tendons grâce à des mouvements ne provoquant pas de frottements.  Les bons exercices insistent sur le freinage afin que l’humérus reste stable en fin de frappe  et que les tendons ne viennent pas se cogner sur les reliefs osseux.   En pratique, évitez les mouvements incluant une élévation des coudes au-dessus des épaules, mettez l’accent sur les  «tirages horizontaux» et les «écartés » en ralentissant la phase de retour.
Corrigez vos défauts techniques, faites du renforcement en gardant les coudes sous les épaules, insistez sur le freinage.

  • Rééducation : une préparation physique médicalisée !
Si les améliorations techniques et un renforcement musculaire bien conçu ne vous soulage pas et ne vous permettent pas de renouer avec votre sport préféré, votre médecin vous prescrira probablement de la rééducation. Elle tient du même esprit que la musculation et tente de rompre le cercle vicieux de détérioration des tendons de l’épaule : plus la coiffe s’use, moins elle parvient à stabiliser l’humérus ; moins l’humérus est stable, plus les tendons qui s’y accrochent se cognent et  s’abîment. Ainsi votre kinésithérapeute sollicite en douceur votre coiffe des rotateurs afin qu’elle retrouve un peu de force et surtout de coordination. On parle de « travail de recentrage ». Il sollicite aussi les pectoraux et les dorsaux qui tractent l’extrémité supérieure de  l’humérus vers le bas. Leur contraction lors de l’élévation du bras provoque un effet levier efficace et évite l’impaction des tendons sur la voute osseuse de l’omoplate. Cette technique n’est pas évidente à acquérir et il faut vous y entraîner en rééducation. Avant ces séances  intensives, votre kinésithérapeute peut réaliser des massages sur les cicatrices tendineuses afin de les assouplir et de les affiner. On parle de « massages transverses profonds » ou MTP. Il vous propose aussi des mouvements de balanciers des bras, buste penché en avant. On parle de «décoaptation» pour décrire ces exercices ouvrant l’espace entre l’humérus  et les reliefs osseux de l’omoplate.  Si la rééducation ne fait pas disparaitre vos douleurs. Votre médecin peut vous proposer une infiltration.

  • L’infiltration pour rompre le cercle vicieux.
Quand les tendons frottent sur l’omoplate, ils gonflent et deviennent douloureux. Plus ils gonflent, plus ils frottent ! Plus vous avez mal, plus vous perturbez le fonctionnement de votre épaule et plus faites frotter vos tendons ! Une infiltration d’un anti-inflammatoire vous soulage et fait dégonfler vos tendons. L’injection peut se faire dans l’articulation pour soigner la face profonde du tendon ou sous le relief osseux pour traiter sa face superficielle. Il est possible de réaliser ce geste 1 à 2 fois, 3 fois maximum, en alternant les sites mentionnés. Puisque vous avez moins mal, vous pouvez désormais travailler plus intensément en rééducation.  Vous initiez le cercle vertueux, l’épaule ne frottent plus, les tendons ne gonflent plus. Vous enchaînez avec une reprise très progressive de votre sport en améliorant votre geste et en cognant moins fort ! Vous serez tout aussi efficace !

  • Parfois une opération s’impose
Un avis chirurgical est nécessaire lorsque ces traitements ne vous soulagent pas ! On peut envisager une intervention plus précocement lorsque les examens complémentaires mettent en évidence des lésions et des perforations importantes. Les études montrent qu’une usure de plus de 50% de l’épaisseur du tendon guérit rarement spontanément. Quand on ne prend pas en charge rapidement une rupture complète, le tendon se rétracte et le muscle non sollicité dégénère en tissu graisseux. Dans ces conditions, le chirurgien répare ou raccroche les tendons. Il ponce les reliefs osseux afin qu’ils soient moins agressifs. Dans les suites vous êtes immobilisés coude  au corps 6 semaines pour laisser cicatriser les tendons. Pendant cette période, vous commencez tout en douceur la rééducation. La reprise des sports sollicitant l’épaule est envisageable après 4 mois, plus souvent 6 mois ! Là encore, la correction des fautes techniques et de la réduction de la charge de travail est obligatoire pour éviter la récidive.

  • Venez voir vos tendons
Afin de confirmer le diagnostic et d’évaluer la gravité des lésions, des examens complémentaires peuvent être prescrits. Une simple radiographie ne montre que les os mais constate souvent la présence de « signes indirects » : traces d’impaction sur les os, espace diminué entre le haut de l’humérus et la voûte de l’omoplate caractérisant un amincissement du tendon qui coulisse à cet endroit, etc. L’échographie visualise les tissus mous … les bébés et les tendons. Elle est peu coûteuse et bien adaptée à l’analyse simple de la coiffe. L’IRM étudie les structures tendineuses sur toute leur épaisseur et évalue l’inflammation. L’arthroscanner consiste à observer l’épaule dans ses 3 dimensions après y avoir injecté un liquide opaque qui  dessine les irrégularités des tendons et passe à travers les perforations.  Ces examens peuvent être l’occasion de réaliser une infiltration tout en s’assurant que l’injection s’effectue parfaitement à l’endroit souhaité.

  • Quelle spécificité pour l’épaule de golfeur sénior

  • Les tendons surtout !
Le sénior a déjà abîmé ses tendons dans la vie quotidienne. Pendant des années, il a levé les bras, bricolé, jardiné, parfois même il a fait d’autres sports de lancer comme le tennis. En théorie, le golf est beaucoup moins agressif pour la  coiffe des rotateurs que les disciplines de raquettes. En effet, l’élévation des coudes est limitée par la présence du bras opposé. Chez le jeune golfeur les tendons souffrent rarement. En revanche, la situation du sénior peut « décompenser » à la moindre faute technique. Quand il amplifie sa préparation, lorsqu’il se place en « over swing », les tendons usés ne tiennent pas parfaitement la tête de l’humérus en place. Elle s’ascensionne  et vient écraser la coiffe des rotateurs contre le bec de l’omoplate. Elle  accroche et se déchire !  Le cercle vicieux commence ! Un traitement médical et de la rééducation s’imposent. Des conseils techniques sont indispensables ! En cas d’échec, une opération peut se révéler salvatrice. Une étude a été menée sur 32 golfeurs de 60 ans en moyenne. Ils ont bénéficié d’une suture de leur tendon et d’un polissage des reliefs osseux agressifs. A 3 ans de l’intervention, tous ont repris le golf au même niveau et leur distance de drive est identique.

  • De l’arthrose rarement
Au cours de ce « back swing » trop ample, la clavicule s’impacte sur l’omoplate, l’articulation s’use et une arthrose peut se constituer. Une infiltration bien guidée et une modification du geste peuvent soulager  le golfeur senior. L’usure de l’articulation principale entre la tête de l’humérus et l’omoplate peut préexister et s’aggraver. Là encore rééducation et infiltrations sont envisageables et se montrent souvent efficace. Cependant, si une prothèse d’épaule finit par s’imposer, pas de drame ! Une étude réalisée sur 24 séniors montre que le golf est à nouveau possible à 4,5 mois de l’intervention. Pour la majorité d’entre eux, ils ont retrouvé leur niveau et le nombre de parcours hebdomadaire n’est pas limité ! De surcroit, ce sport n’accélère ni l’usure ni le descellement des prothèses.

  • Les petits jeunes, c’est différent !
Les tendons souffrent rarement. En cas de mouvement trop ample, c’est l’enveloppe entourant l’articulation qui se distend. Le ménisque de l’épaule est écrasé et se fissure. En forme de bouée, il tente, tant bien que mal, d’améliorer l’emboitement entre sphère humérale sur la surface plate de l’omoplate.  On parle de laxité et d’instabilité ! Les lésions du ménisque forment parfois des kystes qui compriment les nerfs. Ses derniers sont aussi étirés, emmenés par l’omoplate qui effectue de grands balanciers lors des frappes. Cette souffrance nerveuse provoque rapidement de vives douleurs et une fonte musculaire. La puissance des jeunes golfeurs est telle que les swings occasionnent une compression des côtes supérieures. Il en résulte parfois des fractures de fatigue !


Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Le triathlon


Le triathlon

Trois disciplines pour un sport ! Le triathlon symbolisait autrefois la multiplication de la charge de travail et le sport extrême. Désormais, cette diversité rime plutôt avec complémentarité et santé ! Arguments et explications.

Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport

Jusque dans les années 1980, le concept de « spécificité de l’entraînement » a largement prévalu pour accéder à la performance. Le triathlon et les raids multisports sont venus bousculer le dogme. Ils ont mis en exergue l’intérêt de la diversité pour profiter des phénomènes de « transfert des aptitudes » d’une discipline vers une autre. Dans le domaine de la santé, cette variété devient complémentarité pour « multiplier les bénéfices et diviser les risques ».

  • Une complémentarité pour les os !
Alterner avec assiduité les pratiques sportives permet d’éviter le surmenage locomoteur sans altérer son adaptation. La natation réalisée en apesanteur et à l’horizontale réduit les contraintes osseuses. L’os ne subit aucun choc. Il ne risque pas de se fissurer. En contrepartie, en l’absence de microlésions, il n’est pas stimulé pour se reconstruire plus fort. Ce sport a démontré qu’il était totalement inefficace pour prévenir l’ostéoporose. Pire, il fragilise le squelette des jeunes pratiquantes. Il a été prouvé que les nageuses de haut niveau flottant 3 heures par jour avaient une densité osseuse inférieure à celle des sédentaires du même âge. Dommage, car nous n’avons que jusqu’à 25 ans pour capitaliser de l’os. Le vélo en charge partielle et sans impact ne permet pas non plus d’accroître la densité osseuse. Certaines études montrent que 60 % des cyclistes professionnels ont une densité osseuse inférieure aux sédentaires ! À l’inverse, la course à pied met les os en contraintes. À chaque réception de foulée, il se produit des microfêlures dans la trame osseuse. À l’issue d’une récupération suffisante, elles sont à l’origine d’une reconstruction osseuse plus dense. En cas d’excès cette sollicitation tourne à l’agression, les fissures s’étendent, se rejoignent et sont responsables de fractures de fatigue. Vous comprenez qu’alterner footing et vélo ou natation constitue un cocktail favorable à la prévention de ces blessures et même à la constitution d’un os solide !

  • Une complémentarité pour le dos !
À intensité modérée, la piscine est souvent proposée pour réduire le mal au dos. C’est vrai, dans l’eau la colonne est rarement douloureuse. Si vous souffrez des lombaires, la natation vous permet de retrouver le goût du mouvement et de vous réconcilier avec vos vertèbres. Elle les mobilise un peu et commence à renforcer les muscles gainant les lombaires. Mais attention, cette activité se montre nettement insuffisante pour préparer le dos à la pesanteur et à la verticalité du quotidien. À vélo, la colonne vertébrale est légèrement fléchie, bien en équilibre grâce aux 5 points d’appui. Si vous n’êtes pas trop penché en avant et si vos changements de position sont fréquents, vous tolérerez bien cette attitude et vos muscles vertébraux gagneront en souplesse et en tonicité. Si vous vous inclinez trop vers le cintre, vous écrasez l’avant de vos disques intervertébraux et la gélatine contenue glisse vers l’arrière, c’est parfois douloureux. En course à pied, vous vous redressez, ce produit visqueux repasse en avant. L’alternance réception, propulsion constitue un véritable massage discal, c’est démontré ! Les muscles du dos travaillent en position courte pour maintenir le buste érigé. Ils gagnent en coordination pour stabiliser le bassin qui oscille d’une jambe sur l’autre. En triathlon, la progressivité et la diversité des sollicitations permettent un réentraînement lombaire efficace contre les douleurs de dos.

  • Une complémentarité pour le cartilage !
En natation, le cartilage, la substance lisse recouvrant les os au niveau des articulations, n’encaisse aucun impact. La natation, c’est vraiment le sport antiarthrose ! En brasse, l’amplitude gestuelle des membres inférieurs permet un bon polissage articulaire, notamment au sein des hanches. Au genou, la rotule est parfois un peu désaxée lorsque vous tournez fortement les pieds vers l’extérieur. En crawl, les hanches sont mobilisées sur de plus faibles amplitudes, voilà qui est moins favorable au rodage du cartilage. En revanche, la cuisse se renforce et stabilise la rotule sans l’écraser sur le fémur. Pondérons cet enthousiasme et mentionnons que ce mouvement ressemble peu aux gestes du quotidien où le pied est en appui. De fait, son efficacité pour soulager la rotule est désormais débattue. Même si le crawl est votre nage de compétition, n’hésitez à brasser souvent à l’entraînement. Vos articulations profiteront de cette complémentarité ! À vélo, le pédalage à bonne cadence, en moulinant, favorise le rodage articulaire en minimisant les pressions sur le cartilage. N’abusez pas des « gros braquets ». Ils imposent une contraction musculaire puissante qui plaque la rotule et la fait « raboter » sur le fémur. Du coup, la surface cartilagineuse de cet os est abrasée. L’entretien de la force musculaire contribue à un mouvement articulaire plus harmonieux qui préserve le cartilage et toutes les articulations de la jambe. Le cyclisme est aussi un excellent sport pour tous ceux qui souffrent d’arthrose. En revanche, l’influence de la course sur le cartilage est controversée. Spontanément, on pense qu’à la réception de chaque foulée, le cartilage est cogné et s’abîme. La réalité est plus subtile. Le déroulement de l’appui engendre des variations de pression au sein de ce précieux revêtement articulaire. Ce dernier n’est pas traversé par des vaisseaux sanguins, il a besoin de ce processus pour se nourrir en pompant les aliments venus de l’os sous-jacent. En pratique, les études nous aident à y voir plus clair. Si vous souffrez déjà de vieilles blessures, si vos jambes sont en X ou encore si vos ligaments sont trop souples, il est possible que la course accélère la survenue de l’arthrose. Un autre article de référence dévoile qu’il ne se produit aucun dommage articulaire tant que vous ne dépassez pas 30 à 50 kilomètres par semaine. Quoi qu’il en soit, le triathlon grâce au « rodage » et au « pompage » diversifie ses actions bénéfiques sur le cartilage. Il contribue à modérer le travail de course tout en préservant l’entraînement cardiovasculaire. Profitez-en !

  • Une complémentarité pour les muscles et les tendons !
La natation sollicite intensément les membres supérieurs. Le mouvement du crawl est rapidement à l’origine de souffrance des tendons de l’épaule. Ces derniers frottent sur les reliefs osseux de l’omoplate, tout particulièrement lors de la phase de retour. Voilà encore une bonne raison de brasser sans complexe quand on pratique le triathlon dans sa version « plaisir et santé ». Les muscles des membres inférieurs n’ont pas à assumer de travail de freinage. Les fibres musculaires ne sont pas écartelées, elles ne sont pas victimes de microdéchirures, vous ne souffrez pas de courbatures. Vos muscles bénéficient de l’effet drainant de l’horizontalité, de la pression et de la fraîcheur de l’eau. On comprend que cette discipline puisse trouver une place de choix pour récupérer activement. À vélo également, les muscles et les tendons n’ont pas à assumer de contraintes d’amortissement ou de freinage. Les jambes acquièrent de la force sans « écarteler » les tendons. Les tendinites y sont exceptionnelles. En course, il en va tout autrement. Quand le pied se pose au sol, les articulations se fléchissent alors que les fibres musculaires tirent en sens inverse pour ralentir le mouvement. Les membranes enveloppant les muscles et les tendons sont tractés à leurs deux extrémités. À dose raisonnable, ces contraintes renforcent ces structures fibreuses. En cas de pratique excessive, il en résulte parfois des courbatures perturbant la régularité de l’entraînement, voire des tendinites imposant l’arrêt des footings. Heureusement, l’alternance des trois disciplines permet d’éviter cet écueil !


  • Une complémentarité efficace et démontrée !
Vous l’avez perçu, la pratique de ces trois disciplines multiplie et diversifie les sollicitations de l’appareil locomoteur. La complémentarité des contraintes proposées optimise l’adaptation des différents tissus de l’organisme. De façon schématique, la natation et le vélo permettent de récupérer des microtraumatismes de la course tout en continuant à entraîner son endurance. C’est idéal et démontré ! Selon Wayne, 83 % des coureurs présentent une blessure dans l’année contre 66 % des triathlètes pour Galera. De surcroît, ce dernier met en évidence que les trois quarts des lésions dont sont victimes les adeptes du triple effort surviennent en course à pied. Il montre aussi que 75 % des triathlètes blessés parviennent à poursuivre l’entraînement en utilisant au moins l’une des autres disciplines. Van Mechelen constate que la probabilité de blessure chez le coureur augmente en fonction du nombre de sorties hebdomadaires. Ainsi, la diversité des pratiques triathlètiques contribue-t-elle à réduire le risque de blessures tout en préservant l’assiduité bénéfique au système cardiovasculaire.

  • Le triathlon : 3 disciplines pour 3 entraînements hebdomadaires
La quantité d’activité physique favorable à la santé du cœur reste débattue. Les instituts de prévention vantent les mérites de 30 minutes de marche active quotidienne, version minimaliste, apparemment plus accessible d’un point de vue sociologique. Les cardiologues optent plutôt pour 3 entraînements hebdomadaires de 30 minutes à 1h dont au moins 20 minutes à une intensité moyenne. Cette dernière porte souvent le nom d’endurance active, elle se caractérise par une fréquence cardiaque située aux alentours de 75 % du maximum et par un rythme respiratoire permettant de « parler mais pas chanter ». Toutes ces recommandations peuvent être rattachées à des études montrant des bénéfices variables, réduisant le risque d’infarctus de 30 à 60 %. Celle de Paffenbarger, menée de façon longitudinale, semble donner à ces conseils un minimum de cohérence. Il constate que les bienfaits sur la longévité apparaissent à partir d’une dépense énergétique de 500 kilocalories hebdomadaire. Ils sont optimisés pour 2 000 kilocalories avec une durée de vie accrue statistiquement de 2 ans. Les risques dépassent les bénéfices à partir de 3 500 kilocalories. Le « triathlon santé loisir » est une excellente opportunité psychologique et sociologique pour proposer 3 entraînements hebdomadaires, un dans chaque discipline. Dans ces conditions, l’activité physique quotidienne associée au programme sportif avoisine les 2 000 calories hebdomadaires. Cet entraînement est largement suffisant pour terminer avec aisance les compétitions dites « Découverte » ou « Promotion » (500 m de natation, 20 km à vélo, 5 km à pied). Vous accédez sans risque au statut motivant et valorisant de « triathlète ».


Le programme de base pourrait être le suivant :
  • Mardi : Course à pied, 30 minutes à 1 heure dont 20 minutes à intensité moyenne.
  • Jeudi : Natation, 30 minutes à 1 heure dont 20 minutes à intensité moyenne.
  • Dimanche : Vélo ou Enchainement, 1 heure à 1 heure 30 minutes dont 20 minutes à intensité moyenne… et quelques fois dans l’année : Triathlon « Découverte » à intensité moyenne !

  • Une complémentarité pour le cerveau !
Sur le plan psychologique, la variété induite par le triathlon est incontestablement un facteur de motivation et d’assiduité. Du point de vue sociologique, ce type de pratique se montre bien adapté aux contraintes du quotidien. Le temps à consacrer à cette activité reste raisonnable, loin de l’image de l’Ironman. Chacun pourra trouver l’organisation qui lui convient : piscine le midi, le footing en bas de chez lui, salle de cardiotraining où l’on peut même travailler les transitions (rameur, vélo, tapis), vélo d’appartement en semaine ou la belle balade du week-end. La pratique de 3 disciplines différentes, même d’endurance, est en soi à l’origine d’acquisitions techniques variées et d’un véritable épanouissement psychomoteur. Par essence, le triathlon lutte contre les méfaits de l’hyperspécialisation. De surcroît, sa pratique est la porte ouverte aux pratiques multisports. Pour décliner son plaisir et bénéficier de phénomènes de transferts physiologiques, le triathlète est volontiers adepte du V.T.T., de la course nature, du ski de fond ou du roller. Toutes ces activités améliorent son équilibre. Cette qualité bien inscrite dans le système nerveux central, se révélera probablement bien utile pour limiter le risque de chute quand viendra l’âge de l’ostéoporose. Trois entraînements par semaine de 30 minutes à 1 heure dans le but de terminer quelques « triathlons Découverte » a peu de chance d’être à l’origine d’une dépendance nuisible à la santé ou désocialisante. Dans ce contexte, il ne s’agit pas d’addiction, tout juste d’une « bonne habitude » !

  • Le triathlon est-il le sport idéal pour la santé ?
Le triathlon pratiqué sous forme de loisir compétitif paraît répondre aux recommandations des instituts de prévention ou à celles des cardiologues. La diversité des adaptations inhérentes à cette activité multisport semble préserver et même participer à l’entretien de l’appareil locomoteur. Cependant, la « pyramide d’exercice » proposée par Marti fait référence en Suisse. Elle ajoute deux séances hebdomadaires de renforcement et d’assouplissements. Alors, pour ne pas briser son sommet, proposons à nos triathlètes une séance hebdomadaire de « gainage » et une autre d’étirements. Cette fois, c’est parfait !

  • Le triathlon à l’origine d’une évolution
La croissance de l’individu semble reproduire l’évolution de l’espèce. Pour briller dans les dîners en ville, sachez que les médecins disent que « l’ontogenèse récapitule la phylogenèse ». Il est étonnant de constater que le triathlon reproduit une progression voisine. Le triathlète débute son périple dans l’eau, siège de la naissance de la vie et de l’individu. Il s’y déplace à l’horizontale et en apesanteur, son appareil locomoteur y subit peu de contraintes. Sur son vélo, il doit se redresser quelque peu. Comme l’enfant découvrant le monde à quatre pattes, comme les grands singes déambulant dans la forêt, il accède à la quadrupédie. Ses membres inférieurs sont en charge partielle et sa colonne  vertébrale se stabilise aisément. À l’issue de la dernière transition, à l’image de l’enfant s’initiant à la marche et pareil à Lucy toisant la savane, il se verticalise. Comme Homo Ergaster traversant l’Afrique et partant à la conquête du monde, il se met à courir ! Ses membres inférieurs encaissent la totalité du poids de son corps. Sa colonne vertébrale assume un équilibre devenu moins précaire. Il peut même lever les bras en franchissant la ligne d’arrivée !



Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Tendinite d’Achille, auto-rééducation



Tendinite d’Achille, auto-rééducation

De nombreux exercices stimulent et guident la cicatrisation de votre tendon. Une activité sportive adaptée doit être poursuivie. Suivez ces conseils pour compléter votre kinésithérapie, gagner du temps et reprendre plus vite.

Avec la collaboration de Grégory DELENTE, kinésithérapeute du sport.

Le tendon d’Achille est une cordelette fibreuse reliant le muscle du mollet à l’os du talon. Il transmet la force de contraction et permet l’extension de la cheville, indispensable à la propulsion. Il encaisse aussi les contraintes de freinage lorsque vous vous réceptionnez d’un saut ou même d’une foulée. Dans ces conditions, l’os du talon descend alors que le muscle du mollet tire vers le haut ; votre tendon d’Achille est écartelé. Si la sollicitation est excessive, il peut se produire des mini-ruptures au sein des fibres tendineuses. C’est la tendinite. 

  • 1. Au tout début, luttez contre l’inflammation.
Après un gros match de tennis, une grande randonnée ou une longue sortie de course à pied, votre tendon est rouge et gonflé. L’inflammation est belle et bien présente. Parfois même, c’est la membrane qui l’entoure qui est irritée, on parle de «péritendinite». Dans ces circonstances le repos s’impose quelques jours. Des talonnettes dans vos chaussures sont les bienvenues pour détendre vos tendons. La glace est conseillée. Le froid ferme les vaisseaux, limite le passage de liquide inflammatoire et de globules blancs venus du sang.

Protégée d’une chaussette, posez l’arrière de votre cheville et votre tendon sur un sac de glace. Conservez la position 30 minutes à 1 heure.

  Illustration : Mathieu PINET
  • 2. Guidez la cicatrisation.
Après le nettoyage des petites fibres cassées par une inflammation maîtrisée, il faut orienter les nouvelles fibres dans l’axe des contraintes. Le repos excessif serait à l’origine d’une cicatrice anarchique et fragile. Néanmoins, afin de ne pas provoquer de récidive, la sollicitation doit être progressive ! La transmission de contraction, modérée et sans freinage, est bénéfique. La brasse est conseillée car elle mobilise la cheville en douceur. Il faut juste éviter de pousser sur le bord du bassin lors du demi-tour.  Le vélo aussi se prête à ce travail croissant. Moulinez sur petit braquet.  Augmentez peu à peu les résistances. Ne vous mettez pas encore en danseuse.

Etirez doucement votre tendon afin de guider l’orientation des nouvelles fibres tendineuses. Assis par terre, genou plus ou moins tendu, attrapez votre pointe de pied et amenez la vers votre visage.

  Illustration : Mathieu PINET

Posez les 2 mains sur un mur, fléchissez doucement les coudes en gardant les talons au sol. Restez en position 30 secondes. Augmentez la tension 10 secondes. Rejoignez la position initiale lentement. Renouveler l’opération 2 à 4 fois par jour.

  Illustration : Mathieu PINET
  • 3. «Mécanisez» la cicatrice anarchique.
Souvent, au cours de l’évolution, notamment si le repos a été excessif, il se constitue un magma fibreux. Il est perçu comme un épaississement localisé du tendon. De temps à autre, la zone brisée s’entoure de nouvelles fibres. Il reste un petit vide central ; il se constitue un petit kyste rigide appelé «nodule». Ces réparations anormales ou excessives ne sont pas efficaces pour assumer les contraintes mécaniques. Il faut les assouplir … et même le «casser» puis ré-aligner les fibres.
Même en l’absence de cicatrice anarchique, il faut ré-entraîner votre tendon. Afin d’éviter la récidive, il doit progressivement retrouver les qualités mécaniques nécessaires pour encaisser les sollicitations de la disciplines qui vous tient à cœur.  Étirements et exercices de freinage plus intensifs sont indispensables.

Croisez les jambes, posez votre cheville blessée sur le genou opposé. Attrapez votre pointe de pied pour mettre votre tendon en tension. Avec votre main disponible, frottez votre tendon perpendiculairement à son axe, juste à l’endroit douloureux. Ça fait mal ! C’est bon signe ! Insistez 6 à 10 minutes, tous les jours ou un jour sur deux.

  Illustration : Mathieu PINET

Enchainez avec des étirements et du freinage pour aligner les fibres assouplies. Un mouvement lent se révèle très efficace pour «mécaniser» les cicatrices sans se montrer agressif.

Placez vos pointes de pieds sur une marche. Montez les deux talons. Descendez lentement. D’abord sur vos 2 jambes puis sur 1 jambe. Abaissez de plus en plus les talons.

 Illustration : Mathieu PINET

Parfois c’est un peu douloureux ! Pas de drame ! STANISH est le médecin qui a réalisé l’étude qui fait désormais référence concernant le « concept de freinage mécanisant ». Il a conclu son article par : «no pain, no gain» (pas de douleur, pas de bénéfice). Néanmoins, n’abusez pas de ce concept provocateur.
Continuez à pédaler. Passez souvent en danseuse. Écrasez les pédales. Faites de l’elliptique. Votre geste se rapproche peu à peu de celui de la course à pied. Travaillez aussi sur stepper, mettez de plus en plus les talons dans le vide. A la piscine, sautez dans l’eau. Allégé de la poussée d’Archimède, votre tendon renoue avec la réception de saut. Marchez, marchez plus vite. Marchez en côte, notamment sur tapis pour bien doser les contraintes mécaniques. Terminez en trottinant quelques minutes.

  • Reprenez l’entraînement spécifique.
Vous pratiquez la course à pied «de rééducation». Travaillez votre condition physique à vélo, sur elliptique ou sur stepper. Commencez votre séance en marchant. Marchez plus vite. Trottinez. Joggez. Courez si la douleur a disparue après 5 à 10 minutes. Au cas où la douleur réapparaitrait après l’effort, vous en auriez un peu trop fait.  Réduisez la dose la fois suivante. A la maison, redonnez un peu de coordination à cette cheville ménagée ces derniers temps. Fléchi sur une jambe, maintenez l’équilibre. Commencez devant la glace sur un sol stable, terminez les yeux fermés, le pied sur un matelas !

A ce stade, votre activité sportive savamment dosée et subtilement croissante constitue l’essentiel de votre «rééducation tendineuse». Néanmoins, poursuivez les auto-massages et les exercices de freinage lent. Attention ! Ces derniers doivent être pratiqués après le sport ! Avant, il risquerait d’allonger le tendon en altérant son élasticité. Il en serait fragilisé. A l’échauffement contentez-vous de commencer très progressivement.

Si votre médecin vous a prescrit des semelles, portez-les dès vos premiers footings. Vous pouvez également renouer avec la course en portant des talonnettes (…des 2 cotés pour ne pas souffrir du dos !). Pour reprendre les sauts et les appuis sur pointe plus toniques mieux vaut une orthèse soulageant le tendon. A la manière d’un strapping, ses haubans élastiques postérieurs gainent le tendon et réduisent sa mise en tension.


« La course et les sports incluant des sauts peuvent être repris sous la protection d’une orthèse soulageant le tendon »
Dès que vous parvenez à courir 30 à 45 minutes tranquillement, augmentez peu à peu la vitesse. Passez au seuil de l’essoufflement léger 5, 10 puis 15 minutes. Cette étape validée, reprenez le travail fractionné. Au début accélérez et freinez progressivement. Peu à peu, intégrez du travail d’appui et des variations d’allures plus franches et plus sèches. Si tout cela se passe bien, vous pouvez pousser jusqu’à vitesse maximum. Le sprint brutal est programmé quelques jours plus tard. Il vous reste à réintroduire les sauts … de plus en plus haut, de plus en plus loin. Bien évidemment, ces séances autorisent l’utilisation d’un ballon ou d’une raquette. Ce travail plus tonique se prête bien à la reprise des éducatifs dans le sport que vous aimez tant !  Vous n’avez pas mal, renouez avec les entraînements. Quand vous avez retrouvé vos sensations, envisagez la compétition.

  • "Quand vais-je reprendre?"
Votre question est louable et justifiée ! Voici la meilleure réponse : «C’est votre tendon qui va nous le dire !». En effet, tout dépend de l’ampleur et de l’ancienneté des lésions. Suivez les étapes proposées. Ne passez à la suivante que lorsque vous avez «validée» sans douleur la précédente. Consultez votre médecin du sport. Faites votre kinésithérapie. En pratique, un petit surmenage tendineux ayant provoqué un peu d’inflammation peut guérir en 7 à 10 jours. Une vieille lésion fibreuse avec des «nodules» peut mettre 2 à 3 mois à disparaître. Parfois même, une intervention chirurgicale est nécessaire. La bonne nouvelle : ces conseils d’auto-rééducation constituent également un programme sportif ! En fait, vous ne vous arrêtez pas, vous gardez la forme !

  • Tendinite ou tendinopathie: une rééducation différente
«Tendinite» signifie «inflammation du tendon » comme « appendicite », «inflammation de l’appendice». «Tendinopathie» veut dire «maladie du tendon». Ce n’est pas la même chose ! En effet, l’inflammation, l’irritation du tendon ne se produit qu’au stade initial de la blessure. Les globules blancs arrivent pour nettoyer les lésions tissulaires. Parfois, le processus s’emballe et devient autodestructeur. Il faut tenter de le limiter avec des techniques anti-inflammatoires. Rapidement, des cicatrices anarchiques se constituent, elles sont rigides, fibreuses, fragiles et cassantes comme des gerçures ou des balafres cutanées. C’est la tendinopathie. Cette fois, il faut stimuler les phénomènes de remodelage tissulaire. Voilà qui passe par la réactivation de l’inflammation ! D’autres méthodes doivent être utilisées !


Source SantéSportMag

jeudi 29 mars 2018

Billets-Pour une suppression du principe de précaution


Pour une suppression du principe de précaution

Et si on supprimait le principe de précaution de la constitution ? Voilà une proposition qu’on aimerait voir dans le programme des candidats à la présidentielle de 2017. Éric Woerth a déposé en juillet dernier une proposition de loi en ce sens. François Fillon semble y réfléchir. Voilà qui indique un revirement de pensée au sein de l’UMP, qui a pourtant fait inscrire le principe de précaution dans la Constitution en 2005.
Le principe de précaution prétend nous protéger contre les risques liés aux technologies, qu’elles soient nouvelles ou anciennes, qu’ils concernent l’environnement ou notre santé. Derrière une logique en apparence irréfutable, ce principe conduit à rejeter toute innovation faute de certitude absolue sur les éventuels effets indésirables. Le « risque zéro » n’existe pas. Et l’absence absolue de toute nuisance potentielle constitue un piètre critère de choix politique. De surcroît, on chercherait en vain, encore aujourd’hui, une définition universellement admise de ce principe. Il est devenu une notion « passe-partout » qui permet d’interdire n’importe quel produit ou technologie, même quand il existe un quasi consensus quant à son innocuité.

C’est ainsi qu’en son nom la loi du 13 juillet 2011 a interdit en France l’exploitation des gaz de schiste par la technique de la fracturation hydraulique. Or, des pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni ont, au contraire, décidé d’utiliser cette technique connue depuis des décennies. Et les méthodes modernes d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sont une solution à nos besoins futurs d’énergie bon marché, condition sine qua non de notre développement économique. Ce même principe de précaution a conduit à interdire d’ici 2015 le bisphénol A (BPA) de tous les contenants alimentaires alors qu’il est utilisé depuis plus de 50 ans comme moyen de sécuriser les aliments que nous mangeons. Le bisphénol A, qui n’est certes pas la panacée, présente l’énorme avantage de protéger les aliments de leur contenant (le coca de sa cannette, les tomates de leur boîte de conserve). Il est un outil efficace de lutte contre les intoxications alimentaires liées à des bactéries comme l’E. Coli ou le botulisme, qui peuvent causer la mort. Cette année, on a aussi envisagé d’appliquer le principe de précaution à la cigarette électronique. Nombre d’experts reconnaissent pourtant que, sans être parfaite, cette innovation est particulièrement intéressante pour la santé des fumeurs.

Le principe de précaution continue aussi à s’appliquer aux biotechnologies. La culture précautionniste a considérablement ralenti le rythme auquel nous pouvons bénéficier des atouts de la technologie en matière d’Organismes génétiquement modifiés (OGM). Or, les bienfaits sanitaires, nutritionnels et environnementaux des progrès de l’agronomie ont été considérables ces cinquante dernières années. Au cours de cette période, la population mondiale a plus que doublé – et la production agricole quasiment triplé – tandis que les surfaces agricoles n’augmentaient que de 12%. Selon une estimation de 2012 du professeur Jesse Ausubel, les terres « épargnées » depuis les années 1960 - car les meilleurs rendements avaient rendu superflue leur conversion à des usages agricoles - équivaudraient à la superficie des États-Unis, du Canada et de la Chine réunis. Aujourd’hui, les OGM promettent d’améliorer la qualité des aliments de plusieurs manières : apport accru en vitamines, minéraux, protéines et antioxydant (comme l’ananas enrichi en lycopène), diminution des taux de toxines (tel le manioc à moindre teneur en cyanure) et d’allergènes.
Les effets pervers du principe de précaution ne doivent plus être ignorés. Il est opportun – comme osent le suggérer certains – de désacraliser ce principe et de le déconstitutionnaliser pour rendre au principe de responsabilité individuelle toute sa puissance et son efficacité. L’innovation scientifique ne peut prétendre à la perfection. Notre souci devrait être de savoir si l’innovation engendre une situation moins problématique que celle qui l’a précédée. Or, le principe de précaution, qui n’a que l’apparence du bon sens, interdit l’émergence de modes d’action meilleurs ou moins nocifs.

Source institutmolinari.org Cécile Philippe directrice de l’Institut économique Molinari


Billets-Les Français sont des lions dirigés par des ânes !


Les Français sont des lions dirigés par des ânes !

Les Français sont des lions, et nous devons leur rendre hommage.
Quel mérite ! Ce peuple est définitivement épatant ! Les Français croulent sous les contraintes imposées par un État devenu obèse, ils sont écrasés par la fiscalité la plus dissuasive du monde, ils sont désabusés par des gouvernants politiques qui ne développent plus aucune idée nouvelle… Et vous savez quoi ? Malgré ces terribles boulets auxquels ils sont enchainés, les Français parviennent à développer une force productive, créative et innovatrice éblouissante !

Les Français sont parmi les plus productifs d’Europe ; la productivité de la main d’œuvre par heure travaillée dépasse largement celle de l’Allemagne, du Royaume-Unis ou de la Suède… Les Français sont ceux qui, dans les pays les plus développés du monde, se lancent le plus dans l’aventure entrepreneuriale : entre 2007 et 2011, le nombre d’entreprises créées dans l’Hexagone a progressé 4 fois plus vite en moyenne que dans l’ensemble des pays du G7, au point qu’il se créé aujourd’hui 6 fois plus d’entreprises en France qu’aux États-Unis ! Les Français innovent : notre pays est le troisième pays le plus innovant du monde, après les États-Unis et le Japon. Et enfin, les Français continuent de faire des bébés : notre démographie est la plus dynamique des pays développés et de l’Europe continentale…

Imaginez alors ce que serait la France, si notre code du travail ne pesait pas 1,5 kg, et si notre code général des impôts ne faisait pas 3500 pages ! Imaginez ce que serait la France, si certains corporatismes d’un autre temps pouvaient être réformés. Imaginez ce que serait la France si ses dirigeants politiques faisaient preuve de plus d’audace et de prise de risque. Imaginez ce que serait la France, si la puissance publique se concentrait sur les grands enjeux de ce siècle, et renonçait aux clientélismes et aux conservatisme. Imaginez, tout simplement, ce que serait la France si elle était à l’image des Français, et non de ses élites !

Car depuis plus de 30 ans, notre pays n’est plus gouverné, il est administré. Plus aucune grandeur ne se dégage de l’action publique. Nous avons renoncé au long terme pour ne nous concentrer que sur la gestion des affaires courantes. Nous avons abandonné la bataille des idées au profit de querelles stériles. Et, pire que tout, nous nous apprêtons par lâcheté à léguer à nos enfants une double dette pharaonique : une dette économique de 2000 milliards d’euros que nous ne rembourserons jamais, et une dette écologique dont nous ignorons encore les conséquences…

Depuis 30 ans, la France est dirigée par des boutiquiers qui n’ont jamais pris conscience que leur action s’inscrivait dans 200 ans, que dis-je, 2000 ans d’histoire, et non pas dans une carrière. Les Français, eux l’ont compris. Contre vents et marrées, les Français ont déployé au fil des siècles une énergie considérable à créer et à innover… Et grâce à leurs combats, leurs révoltes et leurs révolutions, ils ont tout simplement contribué à façonner l’histoire du monde…

Oui, les Français sont des lions dirigés par des ânes. Je crois aux forces vives de mon pays, mais ne crois plus en sa classe dirigeante. Alors certes, comme le dit l’adage, « la critique est aisée, mais l’art est difficile ». À la lecture de ces lignes, certains d’entre vous pourraient d’ailleurs m’interpeler en me demandant ce que j’aurais, moi, à proposer. À ceux là, je vous invite d’abord à vous référer aux billets sur mon blog ou aux livres que j’ai publiés.
Le temps est venu pour nous de reconquérir la France.


Source rafiksmati.fr

Billets-A bas les cyclistes !


A bas les cyclistes !

Un chroniqueur anglais s'insurge contre les adeptes du vélo en milieu urbain, devenus encore plus arrogants et prétentieux que les automobilistes – et, selon lui, bien plus dangereux…

Nous sommes nombreux à nous inquiéter de la diminution constante du nombre de cyclistes tués sur les routes. Les utilisateurs de vélo au Royaume-Uni ont connu une croissance incroyable depuis 2006, d'autant plus depuis que Sir Bradley Wiggins a remporté une course de bicyclette en France en 2012 [le Tour de France]. Pourtant, les accidents mortels incluant des cyclistes n'ont connu qu'une légère hausse.

J'en déduis que les automobilistes sont devenus plus accommodants avec cette population et qu'ils ont perdu leur zèle anticyclistes radical. C'est sûrement dû au harcèlement et à la propagande des autorités, pour lesquelles renverser un vélo, volontairement ou non, relève d'une certaine "incivilité". Y ont aussi contribué les cyclistes vedettes comme Wiggins ou cet Ecossais [Chris Hoy, six fois champion olympique] qui tourne en rond sur un circuit à une vitesse folle tel un hamster roux aux gros mollets, lui aussi anobli.
Wiggins et l'Ecossais militent l'un et l'autre contre le massacre des cyclistes. Ils veulent aussi davantage de pistes cyclables (que les cyclistes adorent mais n'utilisent jamais) et encore plus de limitations de vitesse pour ceux qui financent les routes (les automobilistes). Ce qui m'inquiète, c'est que, si tuer des cyclistes n'est plus acceptable dans un pays libre, le cyclisme risque à terme de devenir une activité "acceptable" pour tous les gens normaux. On a déjà connu de telles dérives avec les homosexuels, les mères célibataires et certains étrangers : d'abord, on nous enjoint de ne pas les stigmatiser, ensuite ils finissent par réclamer l'égalité. Il faut y mettre le holà avant qu'il ne soit trop tard.

  • Ils sont persuadés de sauver le monde
Bon, d'accord, je plaisante, et ce n'est pas du meilleur goût. Vous aurez sans doute compris que je plaisantais, à moins que vous ne soyez vous-même un cycliste enragé – pardon, engagé – et décidé à être scandalisé coûte que coûte. Dans ce cas, vous êtes sans doute propriétaire d'un vélo hors de prix, vous pédalez recouvert de Lycra, coiffé d'un petit casque en plastique pointu et prétentieux, chaussé de lunettes ridicules et porteur d'une bouteille d'eau pathétique. Surtout, vous êtes farouchement convaincu d'être une victime, du fait de votre vulnérabilité sur la route. Et vous estimez que votre statut de victime vous donne le droit de vous en prendre à tous ceux que vous croisez sur la voie publique, y compris les piétons. Rien de tel que de se considérer comme une victime pour flatter son ego, rien de tel que le ressentiment pour tuer l'ennui. Tous les cyclistes n'appartiennent pas à cette catégorie, loin de là. Mais ils sont nombreux à en faire partie.
Les cyclistes – certains d'entre eux, beaucoup d'entre eux – sont devenus ces dernières années bouffis de suffisance et aveuglés par leur colère. Un comportement encouragé par les victoires de Wiggins et de l'homme-hamster écossais, mais aussi lié au fait que ces gens sont convaincus de faire autre chose que pédaler entre l'avenue High Holborn et la gare de Paddington [à Londres]. Ils croient sauver la planète. Et ils pensent que nous autres, tous les non-cyclistes, la détruisons. Ils s'imaginent qu'ils sont différents. Non, vous n'êtes pas différents ! Vous n'avez juste pas les moyens de vous offrir une voiture, ou alors vous vous faites des illusions quant à l'impact de quelques kilomètres à vélo sur l'environnement. Et vous êtes trop paresseux pour simplement marcher.
Les cyclistes sont l'une des questions sur lesquelles la classe dirigeante et les citoyens ont des avis opposés. A n'en pas douter, le comportement de certains cyclistes, la frange militante, met en rage à la fois les piétons et les automobilistes – autrement dit, l'immense majorité des Britanniques. J'avais toujours pensé, quand je voyais deux cyclistes avancer de front dans une rue un peu étroite, bloquant la circulation, qu'ils n'étaient pas conscients de la gêne qu'ils provoquaient. Qu'ils ne savaient peut-être pas qu'il y avait une voiture derrière eux, et derrière celle-ci une cinquantaine d'autres.
Oh ! mais si, ils en sont conscients. Allez sur les forums de cyclistes et vous y apprendrez que, s'ils circulent à deux de front, c'est précisément pour empêcher les voitures de les doubler, car dans les rues étroites ils sont convaincus que les automobilistes vont les doubler en les rasant. Alors ils bloquent
toute la rue sans la moindre gêne car ce sont des victimes.


  • Les piétons, vraies victimes de la route
Même chose pour ce qui est de circuler sur les trottoirs, quitte à renverser des retraités. Pour une fois, la loi est claire sur ce point : ils n'y sont absolument pas autorisés. Mais ils le font, parce qu'ils s'y sentent plus en sécurité, évidemment. Ecoute-moi, andouille au casque en plastique : si tu n'as pas les couilles de circuler sur la chaussée, alors laisse tomber le vélo. Au kilomètre parcouru, les piétons restent bien plus "vulnérables" que les cyclistes : ils sont bien plus nombreux à se faire tuer que les cyclistes. Ce sont eux – c'est-à-dire nous – les vraies victimes, même si nous ne passons pas notre temps à geindre. Et le nombre de piétons renversés par des cyclistes augmente aussi année après année, à tel point qu'on a proposé une législation pour que les cyclistes, eux aussi, respectent les lois.
Et puis, bien sûr, il y a les feux rouges, grillés en permanence. Et ces cyclistes qui se faufilent dans le trafic avec un air supérieur... S'il est vrai que la majorité des accidents dont sont victimes les piétons sont causés par des automobilistes, lorsque vous vous promenez dans la rue vous avez toujours l'impression qu'une voiture fera son maximum pour vous éviter. Au contraire, non seulement les cyclistes n'en ont rien à faire de vous, mais ils vous rendront responsable pour tout accident qui pourrait survenir.

  • Pénalisons davantage ces mal élevés
Tout est question d'attitude. Longtemps, on a enfoncé dans le crâne des automobilistes que leur comportement était asocial et peu recommandable. Ils se sont vu imposer des restrictions toujours plus importantes : règles concernant ce qu'ils pouvaient faire ou ne pas faire au volant, limitations de vitesse, obligation de laisser leur voiture au parking pour réduire les embouteillages et sauver la planète... Résultat, ils sont devenus attentifs... et lâches ! En revanche, on a dit aux cyclistes que ce qu'ils faisaient était une bonne chose, qu'il vaudrait mieux que nous roulions tous à vélo (c'est faux – il vaudrait mieux que nous circulions tous à pied) et donc ils sont persuadés de ne rien pouvoir faire de mal. Pétris de bonne conscience, ils tiennent le haut du pavé, ce qui comprend d'ailleurs le trottoir.
Je pense que l'on devrait un peu légiférer pour leur régler leur compte, pour pénaliser les cyclistes adultes qui circulent sur les trottoirs, pour leur coller des amendes lorsqu'ils grillent les feux rouges ou circulent à deux de front dans des rues inadaptées. Et il va falloir soit rendre obligatoire l'utilisation des pistes cyclables, soit faire en sorte que les autorités locales cessent d'en aménager (et suppriment celles qui existent déjà). Alors les cyclistes se sentiront encore plus victimes, ce qui les rendra encore plus heureux.


Source Courrier International