vendredi 31 mai 2019

Recettes Confitures-Confiture de cerises et cassis


Confiture de cerises et cassis

Préparation : 20 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 1 pot de 375 g
500 g de cerises
250 g de cassis
350 g de sucre
½ citron
1. Rincez le cassis et égrappez-le et mettez-le dans une casserole avec 5 cl d’eau.
2. Portez à ébullition, couvrez et laissez cuire quelques minutes, jusqu’à ce que les fruits éclatent.
3. Lavez et équeutez les cerises, coupez-les en deux pour ôter plus facilement le noyau.
4. Dans la bassine à confiture, faites chauffer le sucre avec 20 cl d’eau et le jus du ½ citron. Remuez doucement jusqu’à ce que le sucre soit dissous, portez à ébullition, faites cuire à feu vif pendant 5 minutes, puis ajoutez les cerises et faites repartir l’ébullition. Laissez cuire à feu vif pendant 5 à 10 minutes, remuez délicatement jusqu’à ce que les cerises soient translucides.
5. A l’aide d’une écumoire, prélevez les cerises et répartissez-les dans le pot.
6. Ajoutez dans le sirop restant le cassis et son jus, portez à ébullition et laissez cuire à feu doux jusqu’à obtention d’un sirop épais.
6. Versez ce sirop dans le pot, fermez et retournez 2 à 3 fois pour que les cerises se répartissent dans le sirop.

Recettes Confitures-Confiture de pêches au poivre de Sechuan


Confiture de pêches au poivre de Sechuan

Préparation : 25 mn la veille
Cuisson : 25 mn
Conservation : 3 mois
Pour 4 pots de 250 g
550 g de pêches jaunes
550 g de pêches blanches
850 g de sucre cristallisé
1 citron
½ cuillerée à café de poivre de Sechuan
1. La veille, ébouillantez les pêches 45 secondes, retirez-les avec une écumoire et plongez-les à mesure dans de l’eau bien froide. Pelez-les aussitôt. Dénoyautez-les et coupez-les en lamelles d’environ 5 mm d’épaisseur.
2. Mettez les fruits dans une bassine à confiture (ou une casserole à fond épais). Râpez le zeste du citron au-dessus des fruits, ajoutez le jus de l’agrume, et le sucre cristallisé. Chauffez jusqu’au léger frémissement, ajoutez le poivre de Sechuan. Versez dans une terrine. Gardez une nuit au frais.
3. Le lendemain : plongez les pots et leur couvercle dans une bassine d’eau bouillante quelques secondes pour les stériliser. Égouttez-les sur un linge.
4. Prélevez les tranches de pêches avec une écumoire, laissez le jus dans la bassine. Faites-le cuire (environ 15 à 20 minutes), jusqu’à ce qu’il se concentre à 105 °C au thermomètre à sucre.
5. Plongez les pêches dans le sirop. Portez à ébullition sur feu vif (attention aux projections). Enlevez l’écume des fruits qui monte à la surface. Laissez bouillonner 5 à 6 minutes. Mettez en pots, visser aussitôt.

Si vous n’avez pas de thermomètre à sucre, versez un peu de jus sur une assiette bien froide : il doit figer dans les secondes qui suivent. Sinon, prolongez la cuisson.
Cette confiture se conserve trois mois à l’abri de la lumière.

Avis sur les épices :
Pêches et poires, ce n’est pas comme on pourrait le croire l’union de la finesse et du brut. Bien au contraire, la chair suave du fruit se marie parfaitement à l’arôme citronné du poivre de Sechuan. Il est tout en fleur lorsqu’il cuit avec le sirop miellé des pêches.


Recettes Confitures-Confiture piments d’Espelette à la vanille


Confiture piments d’Espelette à la vanille

Préparation : 15 mn
Macération : 12 heures
Cuisson : 35 mn
Pour 1 pot de 375 g
500 g de piments d’Espelette
1 gousse de vanille
250 g de sucre cristal
1 citron
1. Lavez les piments, essuyez-les avec un linge, ôtez le pédoncule ainsi que toutes les petites graines puis coupez la chair en petits dés.
2. Pesez et réservez la moitié du sucre, versez-le dans une terrine.
3. Fendez en deux la gousse de vanille et grattez les petites graines au couteau, au dessus de la terrine. Mélangez et laissez macérer 12 heures.
4. Versez les piments, le sucre fondu et le jus du citron dans la bassine à confiture et portez à ébullition.
5. Laissez cuire à feu doux pendant 35 minutes en prenant soin de remuer régulièrement à la cuillère. Vérifiez la cuisson en déposant une petite quantité sur une assiette froide. La confiture doit se figer rapidement. Enlevez la gousse de vanille en fin de cuisson.
6. Mettez en pot et couvrez.

Cette confiture accompagne très agréablement les viandes froides, volailles et poissons.

Recettes Confitures-Confiture cerises et groseilles roses


Confiture cerises et groseilles roses

Préparation : 15 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 1 pot de 375 g
500 g de cerises de montmorency
250 g de groseilles roses
375 g de sucre
½ citron
1. Rincez les groseilles et égrappez-les.
2. Lavez et équeutez les cerises, coupez-les en deux pour ôter plus facilement le noyau.
3. Dans la bassine à confiture, faites chauffer le sucre avec 30 cl d’eau et le jus du ½ citron. Remuez doucement jusqu’à ce que le sucre soit dissous. Portez à ébullition, faites cuire à feu vif pendant 5 minutes, puis ajoutez les cerises et faites repartir l’ébullition. Laissez cuire à feu vif pendant 5 à 10 minutes, remuez délicatement jusqu’à ce que les cerises soient translucides.
4. A l’aide d’une écumoire, prélevez les cerises et répartissez-les dans le pot.
5. Ajoutez dans le sirop restant les groseilles, portez à ébullition et laissez cuire à feu doux jusqu’à obtention d’un sirop épais.
6. Versez ce sirop dans le pot, fermez et retournez jusqu’au refroidissement.


Recettes Confitures-Confiture fraises et rhubarbe


Confiture fraises et rhubarbe

Préparation : 15 mn
Réfrigération : 2 heures
Cuisson : 6 mn
Pour 1 pot de 375 g
200 g de fraises
150 g de rhubarbe
210 g de sucre
½ citron
1. Lavez, équeutez et coupez les fraises en 2 ou en 4 selon leur grosseur.
2. Épluchez la rhubarbe et coupez-la en tronçon de 2 centimètres.
3. Versez les fruits dans un saladier, ajoutez le sucre ainsi que le jus de ½ citron, recouvrez de film alimentaire et placez au réfrigérateur pendant 2 heures.
4. Portez ensuite la préparation à ébullition dans votre bassine à confiture, puis laissez cuire à feu vif pendant 6 minutes. Ecumez si nécessaire.
5. Remplissez le pot à confiture et retournez-le jusqu’à ce qu’il soit complètement refroidi. 


jeudi 30 mai 2019

Infos santé : Sport et Santé-Chaussures de course minimalistes



Chaussures de course minimalistes

Des chaussures de course toutes fines et toutes souples envahissent les rayons. Tout le monde en parle… De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce une mode ou un vrai concept ? Est-ce bénéfique ou dangereux ? Faut-il adhérer ? Comment l’utiliser ?

Par Stéphane CASCUA, médecin du sport et Philippe HERISSON, kinésithérapeute du sport.

Dans les années 1970, les trottoirs américains accueillent de nouveaux humanoïdes : les joggers ! Afin que leurs bonnes résolutions « santé » ne se brisent pas sur le macadam, l’urgence scientifique semble d’adapter la chaussure. Dans les rues des grandes villes, le revêtement dur est conçu pour marcher, pas pour courir ! La semelle amortissante s’impose ! La surenchère technologique et marketing est de mise : caoutchouc, mousses, alvéoles, petites bulles et grosses bulles. Sommes-nous allés trop loin ?

  • Intelligent comme ses pieds !
Les pieds mais aussi les membres inférieurs et la colonne vertébrale sont pourvus de mécanismes d’amortissement sophistiqués et efficaces. À l’impact, la voûte plantaire s’étale, les articulations se fléchissent. Les membranes fibreuses et les tendons sont mis en tension. Les petits muscles des pieds ou ceux, plus puissants, des jambes freinent et contrôlent le mouvement. Ces tissus accumulent l’énergie élastique ; elle sera restituée lors de la propulsion. Si Homo Ergaster, il y a 2 millions d’années, ne courait pas sur le macadam, il ne courait pas non plus avec des semelles amortissantes ! Blaise DUBOIS réalise une belle synthèse bibliographique. Il en ressort que ces chaussures sophistiquées n’ont pas démontré leur efficacité préventive sur les blessures. Au contraire, des modèles moins chers et moins épais semblent plus protecteurs. Depuis fort longtemps, l’enseignement traditionnel de podologie du sport met l’accent sur l’ambivalence de l’amorti. Par sa mollesse, il augmente le roulis du chaussage et aggrave les pathologies d’instabilité. Par son épaisseur, il se contente d’accroître la distance de freinage mais n’absorbe pas l’énergie de l’impact. Il ne fait qu’étaler le pic de pression. En physique, on dirait que la puissance du choc est diminuée mais que le travail reste identique. De fait, une semelle amortissante augmente le temps de contact et ralentit la course. Elle peut perturber le fonctionnement des mécanismes fins coordonnant le freinage. L’intervention asynchrone de l’appareil locomoteur pourrait favoriser les souffrances articulaires et tendineuses. La surépaisseur en arrière de la chaussure donne une impression inappropriée de confort. Elle favorise l’attaque du talon aux dépens d’un déroulé du pas plus harmonieux. Les contraintes mécaniques en réception sont, en réalité, majorées. Dans ces conditions chaque prise de contact avec le sol repousse le coureur vers l’arrière et le rendement est sérieusement altéré. Depuis pas mal d’années, les professionnels proposent de trottiner pieds nus quelques minutes par semaine. La plage voisine ou le gazon du terrain de foot entouré de la piste en tartan étaient les bienvenus. Nous suggérions aussi d’utiliser des chaussures de compétition de temps à autre à l’entraînement ! Les prémices du minimalisme ?

  • Chaussures minimalistes : structure et fonction
La structure de la chaussure minimaliste s’oppose sur bien des points à celle des runnings traditionnelles. Elle tente de restaurer la fonction naturelle du pied tout en le protégeant. En ce sens, elle est plus efficace que les peaux lacées de nos ancêtres. La semelle est constituée d’une mousse fine donc beaucoup moins amortissante. L’ensemble de vos articulations s’emploie à freiner l’impact. L’énergie élastique s’accumule dans vos muscles et vos tendons. Le talon de la chaussure minimaliste n’est pas plus haut que l’avant de la semelle. De façon quasi-spontanée, vous jetez moins la jambe en avant, votre talon ne vient plus frapper le sol en avant de votre centre de gravité, votre pied prend contact plus horizontalement. Votre voûte plantaire claque moins, se déroule plus harmonieusement et souplement. Votre foulée est moins ample mais gagne en fréquence et devient plus rentable. Cette semelle fine et souple vous permet de mieux sentir le sol. Les petits os de vos pieds se mobilisent plus aisément pour encaisser la réception et épouser les irrégularités du terrain. Le contrefort est beaucoup plus souple. L’os de votre talon retrouve son mouvement naturel. Conformément à sa fonction anatomique, il bouge dans les 3 dimensions, on dit qu’il « roule, tangue et vire » sous l’astragale, l’os de la cheville. Liberté du pied et du talon, voilà qui réduit les contraintes en torsion sur vos chevilles. Sans oublier qu’un talon plus bas limite le bras de levier, responsable des instabilités. Ainsi, les chaussures minimalistes pourraient contribuer à réduire le risque d’entorse.

  • Utilisation prudente et progressive
Remettre en fonction toutes ses structures anatomiques restées quiescentes dans vos runnings devrait se révéler bénéfique mais particulièrement sollicitant. La prudence s’impose afin que cette sollicitation ne tourne pas à l’agression tissulaire et à la lésion. L’absence de surélévation du talon tire plus qu’à l’accoutumée sur votre mollet et la tendinite d’Achille guette. L’extension des orteils est plus marquée. Les baguettes osseuses de l’avant pied assument plus de contraintes en torsion. La fracture de fatigue menace. Les chaussures minimalistes constituent plus un « exercice d’athlétisme » qu’un mode d’entraînement. Il est d’usage de proposer de trottiner 1 à 2 minutes avec cet équipement novateur, début ou fin de séance. Il est possible d’ajouter 1 à 2 minutes supplémentaires à chaque sortie sans dépasser 1 heure. N’hésitez pas à demander des conseils personnalisés à votre kinésithérapeute, votre podologue ou votre médecin du sport. Ils connaissent vos particularités morphologiques et vos antécédents de blessures. Quelques coureurs d’exception vont jusqu’à 20 km avec des chaussures minimalistes… comme d’autres ont fait le marathon pieds nus. Mais évitons le fanatisme ! Après adaptation, leur utilisation classique reste les footings de régénération, l’échauffement ou le retour au calme. Les données scientifiques et le recul expérimental manquent encore un peu au-delà. En compétition, lors des entraînements prolongés, la fatigue altère les capacités frénatrices des muscles et la coordination. Amorti et stabilité redeviennent indispensables pour ménager les os, le cartilage, les ligaments et les tendons. La chaussure de running traditionnelle retrouve sa totale justification et reprend toute sa place !

  • Porteurs de semelles correctrices !
Si vous portez des semelles correctrices dans vos chaussures de jogging, votre médecin et votre podologue ont diagnostiqué une altération de la statique de votre pied ou un trouble dynamique de votre foulée. Parfois, ils cherchent à compenser une usure ou une blessure plus haut située dans la jambe ou la colonne. L’avis de ces 2 professionnels est obligatoire avant de tester les chaussures minimalistes. Il est probable qu’ils vous recommandent de conserver votre correction plantaire afin de soutenir votre pied aux endroits les plus fragiles. Afin de renforcer ces mêmes points faibles, le minimalisme n’est pas exclu… à dose homéopathique. Par exemple, un pied plat, pronateur, s’écrasant sur son arche interne se sent mieux avec un bon soutien de voûte. À l’inverse, une chaussure minimaliste peut être considérée comme un exercice de « rééducation ». Ce chaussage améliore la force, l’endurance et la coordination du muscle jambier postérieur qui soutient le sommet de l’arche. Le pied devient moins pronateur ! Le minimalisme permet de réaliser quelques « séries de musculation » bien utiles mais l’excès mènerait rapidement à la lésion de ce tendon perpétuellement étiré par l’effondrement de la voûte.


Source SantéSportMag

Infos santé: Sport et Santé-La marche


La marche

Marcher est vivement conseillé pour les seniors. Les fameuses « 30 minutes de marche active » semblent constituer la panacée pour profiter de tous les bénéfices de l’exercice. Qu’en est-il vraiment ? Comment optimiser votre programme ?

Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

À l’origine de la promotion et de l’excellente image de la marche on trouve de nombreuses recherches médicales confrontées à une réflexion sociologique et politique. Dès les années 80, PAFFENBARGER indique que les tous premiers effets favorables de l’activité physique se manifestent à partir d’une dépense énergétique hebdomadaire de 500 à 1 000 kilocalories. Voilà qui correspond à une durée de 2 heures à 4 heures de marche par semaine. D’autres articles viendront confirmer cet ordre de grandeur. Notez d’emblée qu’à ce niveau d’activité les bienfaits sont significatifs mais restent modérés. Le risque d’infarctus, d’hypertension artérielle, d’excès de cholestérol et d’autres maladies dites de civilisation diminue légèrement. Ainsi, la probabilité de survenue de maladie cardiovasculaire est réduite de 15 à 30 % et celle du diabète de 6 %. Sachez aussi que les bénéfices continuent de croître jusqu’à 3 500 kilocalories hebdomadaires soit l’équivalent de 10 kilomètres de course par jour. Dans ces conditions le risque de crise cardiaque est divisé par 3.
  • Après la médecine, la sociologie et la politique
À la rubrique sociopolitique, il faut admettre que la marche est très facile à pratiquer, même sans tenue de sport, même pour aller travailler. De surcroit, les études montrent que son intérêt persiste si elle est réalisée de façon discontinue. Ainsi, les allers-retours à la photocopieuse conservent leur pertinence scientifique tout au long de la journée ! Mais l’INSERM indique encore de nombreux freins à la marche quotidienne : absence ou mauvais état des trottoirs, obscurité, sensation d’insécurité. De fait, elle est encore plus difficile à mettre en place à la campagne qu’à la ville. Contrairement à une idée reçue, les enquêtes mettent en évidence que vivre en zone rurale ne favorise pas l’activité physique. Au contraire, le porte à porte en voiture y est beaucoup plus systématique. Quant à faire la promotion d’autres activités sportives, les politiques sont moins enthousiastes. Lorsque l’intensité de l’effort augmente, l’équilibre « risque/bénéfice » devient plus précaire et un couteux bilan médical est parfois nécessaire. De plus, si ces démarches amènent toute la population à la piscine ou sur les terrains de tennis, les collectivités locales se verront rapidement reprocher leur manque d’infrastructures. Décidément, mieux vaut proposer à chacun de marcher dans la rue…
  • Le cœur est sollicité… mais pas assez
Il n’en reste pas moins vrai que la marche recèle bien des intérêts pour la santé. Elle répond presque en totalité à la définition du sport d’endurance : activité physique sollicitant le cœur à intensité moyenne grâce à l’utilisation d’une volumineuse masse musculaire notamment celle des membres inférieurs. En marche à pied, le niveau de travail cardiaque est plutôt faible mais nous trouverons des astuces pratiques pour y remédier ! Certaines études montrent qu’elle permet d’améliorer le pronostic vital… et même la VO2 max… chez des patients sortant des services de cardiologie. Cette constatation s’explique aisément grâce à la notion essentielle d’ « effet d’entraînement ». Vous progressez lorsque vous effectuez un peu plus d’exercice que d’habitude. En pratique, vous comprenez pourquoi la marche à pied est bénéfique pour la santé du sédentaire repenti et sans grande efficacité pour le coureur de fond assidu ! Bref, c’est mieux que rien et c’est indispensable pour commencer le sport progressivement ! Une bonne façon de compenser le manque d’intensité cardiovasculaire de la marche est de prolonger sa durée. En effet, les études corrèlent volontiers les bienfaits de l’activité physique à la dépense énergétique. Cette dernière est principalement liée à la distance parcourue et relativement indépendante de la vitesse. Puisque, le plus souvent, on court deux fois plus vite qu’on ne marche, 30 minutes de marche correspond à 15 minutes de footing. Ainsi, en pratique, il est vivement conseillé d’atteindre progressivement 1 à 1h30 de marche par jour pour profiter pleinement des bienfaits d’une activité d’endurance.
  • L’appareil locomoteur se renforce… mais pas assez !
Chaque pas impacte la structure osseuse, crée des microlésions qui sont à l’origine d’une réparation plus solide. Logiquement, les études montrent que la marche à pied est efficace pour lutter contre l’ostéoporose. D’autres mettent en évidence que la course est plus efficace. Même les femmes ménopausées profitent d’un peu de trottinement au sein de leur programme. Bien sûr, lors des déplacements à pieds, les muscles des jambes travaillent et même ceux du dos. S’ils sont faibles, ils se renforcent…  s’ils sont forts, ils ne progressent pas ! Le cartilage bénéficie de cette activité douce et fonctionnellement essentielle pour préserver son autonomie. Ainsi, la marche est efficace pour lutter contre l’arthrose. Une étude fait référence. Des patients victimes d’arthrose de genou sont répartis en 3 groupes. Le premier se repose, le second fait de la musculation, le troisième insiste sur la marche. Comme vous le devinez, c’est ce dernier qui présente le moins de douleur et la plus grande aptitude à bouger à la fin du protocole. La marche améliore l’équilibre spécifiquement lors de cette pratique mais reste de fait peu efficace pour se récupérer en cas d’incident de type glissade ou brusque irrégularité sur le sol. Là encore, nous allons vous proposer de booster cette activité pour la rendre plus efficace…
  • La marche avec options « cardiovasculaires » !
Pour accroître le travail du cœur, les instituts de prévention vous parlent de « marche active », c’est bien ! Mais, comme vous l’avez compris, la vitesse idéale dépend de vos aptitudes. Si initialement, il est recommandé de renouer avec le mouvement tout en restant « en aisance respiratoire », il est rapidement conseillé de percevoir un « très léger essoufflement ». Les plus aguerris recherchent alors une intensité telle qu’ils puissent « parler mais pas chanter ». Dès que vous avez retrouvé la forme, l’allure de marche efficace pour le cœur est incompatible avec la vie quotidienne. À cette cadence, vous risquez fort de bousculer tous ceux qui déambulent sur le trottoir ou d’arriver ruisselant au bureau. La marche active devient vite une pratique sportive à part entière nécessitant d’enfiler une tenue adaptée et de s’octroyer un peu de temps. Cependant, quelques astuces peuvent vous aider à vous rapprocher de ce niveau de sollicitation. Pour ne rien gâcher, elles contribuent aussi à votre renforcement musculaire !
  • La marche avec « options musculaires » !
N’hésitez pas à prendre un peu de poids…  transportez vos affaires avec un sac à dos. Voilà qui fait aussi travailler vos muscles longeant la colonne ! Dans le même esprit, ne ronchonnez plus lorsque vous ramenez quelques commissions à pied. Portez deux sacs de poids comparable et modéré  peut constituer un véritable exercice de musculation. Pour rendre cette pratique plus ludique et plus efficace, amusez-vous à faire quelques exercices. Pliez les coudes, montez les bras sur le côté, en avant et arrière, etc. Si vous croisez vos voisins, nul doute, vous allez les impressionner ! Discrètement, faites des pauses ou posez vos cabas de temps à autre comme si vous faisiez des séries de musculation.  Chargé ou non, pensez aux rues en pentes et aux escaliers, vos cuisses et votre cœur apprécient cette sollicitation. Lors de vos balades spécifiques, prenez des bâtons et optez pour la marche nordique. Ainsi, vous associez de façon très efficace renforcement musculaire et augmentation du travail cardiaque. Dans vos moments de disponibilité, la randonnée sur le relief et en terrain varié transforme la marche en une activité sportive beaucoup plus complète. Le cœur travaille longtemps et plus intensément en côte. Les muscles aussi sont mis à contribution plus vigoureusement, surtout si vous portez un sac à dos et si vous utilisez des bâtons. Votre système nerveux peaufine votre équilibre dans les descentes caillouteuses. Ainsi, ces grandes balades dominicales associées à une préparation  quotidienne à l’aide de bonnes séances de marche active peuvent constituer un vrai « programme santé forme » pour le sénior.
  • La marche vous pousse au maximum !
On peut reprocher à la marche usuelle son manque d’intensité pour garder le jeune sénior en forme. À l’inverse, la randonnée en côte amène parfois le sénior âgé au maximum de ses aptitudes cardiovasculaires.  Les constatations de terrain sont là pour le prouver. Je côtoie des retraités actifs et branchés qui aiment à utiliser un cardiofréquencemètre. Lorsqu’ils crapahutent vigoureusement sur le relief, ils approchent leur fréquence cardiaque maximum. De façon comparable, un test progressif de marche sur tapis roulant en pente, est souvent utilisé par les cardiologues pour mener à bien leur épreuve d’effort maximum chez les seniors. On parle de « protocole de BRUCE ». De fait, vous comprenez pourquoi ce type de bilan se révèle souvent nécessaire pour valider une simple aptitude à la randonnée chez un senior actif !


Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Le lumbago chez l’enfant



Le lumbago chez l’enfant

 Cet adage médical justifie un bilan diagnostique rigoureux pour éliminer une lésion osseuse en cas de douleur lombaire avant la fin de la croissance ! Alors, si votre petit athlète a mal en bas du dos, consultez votre médecin et lisez cet article !

Par le docteur Stéphane Cascua, médecin du sport.

La colonne est constituée d’un empilement de vertèbres séparées d’un petit amortisseur, le disque. Chacun de ces blocs se prolonge d’un arc osseux pourvu de deux petites articulations qui guident le mouvement à la manière de spatules de ski. Ce sont ces structures qui risquent de se fissurer chez l’enfant.


Illustration : Mathieu PINET

  • Colonne de jeune bipède sportif en danger !
Chez l’enfant, le disque intervertébral est souple. Il résiste aisément aux contraintes de compression ou d’inclinaison. Les hernies discales sont exceptionnelles. En revanche, l’os en croissance est fragile. Quand la colonne vertébrale se cambre, les arcs postérieurs s’impactent. Ils sont pris en tenaille. Les chocs finissent par les fissurer. Il se constitue une véritable fracture de fatigue. En langage médical, on parle de « spondylolyse ». Le plus souvent, elle se localise sur la dernière vertèbre, la 5e lombaire. Cette lésion est inhérente à la verticalisation et au dos creux. Elle n’existe ni chez les quadrupèdes, ni chez les humains handicapés n’ayant jamais marché. On la retrouve chez 3 à 6 % des enfants… et dans les mêmes proportions chez les adultes sédentaires. Ces chiffres confirment tout simplement que cette lésion se constitue obligatoirement avant la fin de la croissance ! Elle touche 20 % des sportifs de haut niveau. Plus la discipline impose de cambrer le bas du dos, plus ce ratio augmente. Ainsi, 60 à 70 % des gymnastes et des pratiquants du plongeon en sont victimes. Parfois, la fracture se produit aussi sur les vertèbres sus-jacentes, 4e voire 3e lombaire. C’est notamment le cas chez les professionnels du cirque et autres contorsionnistes.


Illustration : Mathieu PINET

  • Fréquent mais néfaste !
Cette lésion est fréquente chez l’adulte. Pourtant il faut la traiter dès l’enfance ! En effet, la fracture sépare les petites articulations situées sur l’arc postérieur et le gros bloc osseux antérieur appelé « corps vertébral ». Du fait de la cambrure, ce dernier risque de glisser vers l’avant. On parle de « spondylolisthésis ». Dans 85 % des cas, le décalage entre les 2 vertèbres est stable et modéré, inférieur à 1/3 de la longueur du disque intervertébral. Souvent, il ne fait pas mal. Lorsque la vertèbre cassée est plus étroite en arrière qu’en avant, si celle située en-dessous est très inclinée ou en forme de toboggan, l’aggravation est probable. Exceptionnellement, il arrive que la vertèbre du haut passe complètement en avant de sa voisine du bas et tombe en avant du bassin ! C’est la « spondyloptose ». À tous les stades, des douleurs peuvent survenir au fil des ans. En effet, le disque est soumis à des contraintes de cisaillement alors qu’il est conçu pour assumer une compression. Ses anneaux fibreux se déchirent, le liquide gélatineux contenu au milieu peut même sortir et former une hernie discale. Parfois, un gros noyau fibreux et distendu s’est formé en remplacement du cal osseux. C’est le « nodule de GILL ». Il arrive que ce dernier soit irrité par la répétition des impactions lors des hyperextensions de la colonne. Plus ennuyeux, il peut toucher, voire emprisonner, le nerf sciatique qui sort du canal vertébral juste à cet endroit. Cette fois, les douleurs lombaires irradient dans la jambe !


Illustration : Mathieu PINET

  • Profitez de la fracture !
Chez l’adulte, plusieurs années après la constitution de la fracture, il ne subsiste aucun potentiel de consolidation. En revanche, chez l’enfant, au cours des semaines qui suivent la survenue des  douleurs, la spondylolyse peut cicatriser. D’où l’importance de ne pas rater le diagnostic ! Voilà pourquoi « tout lumbago de l’enfant est une fracture de fatigue… jusqu’à preuve du contraire ». En pratique, devant de tels symptômes, votre médecin du sport prescrit une radiographie. Si une fracture est visible, il est indispensable de savoir si elle est récente. Pour cela, il est nécessaire de réaliser une I.R.M. ou une scintigraphie. Le premier examen montre une inflammation et un œdème autour de la zone nouvellement cassée. Le second consiste à injecter dans le sang une substance qui se fixe sur l’os qui travaille. Tant que le tissu osseux tente encore de réparer la fissure, le produit se concentre dans les arcs vertébraux. Une caméra détecte cette hyperactivité. Dans ces circonstances, une immobilisation mérite d’être tentée !

  • Un traitement contraignant, pas toujours efficace… mais indispensable !
Si la fracture est récente, si elle peut encore consolider, un corset s’impose. Il est réalisé sur mesure et bloque l’extension du dos. Il est dit en « délordose ». Classiquement, il est à conserver toute la journée pendant 3 mois. La nuit, il est théoriquement inutile car, souvenez-vous, il s’agit d’une blessure provoquée par le redressement et la verticalité. Certains médecins tentent de limiter à 6 semaines l’immobilisation ; d’autres la prolongent jusqu’à 4 ou 6 mois en fonction des résultats. Pendant toute cette période, une rééducation visant à réduire la cambrure est conseillée. Le vélo, en vous plaçant légèrement penché en avant, permet de garder la forme pendant les semaines d’immobilisation. La natation est contre-indiquée. Malgré son image favorable, elle creuse le bas de la colonne. Au retrait du corset, les études mettent en évidence 60 à 80 % de consolidation. Dans le cas contraire, même si le cal osseux ne s’est pas formé, les douleurs se sont souvent apaisées.

  • Prévention pour toujours !
Consolidation ou non, glissement ou non, douleur ou non, la prévention est définitivement indispensable ! La rééducation doit se poursuivre pour limiter le dos creux et automatiser cette nouvelle posture. Il faut assouplir les muscles situés à l’arrière de la colonne et des cuisses. Il est opportun de renforcer les abdominaux et surtout d’optimiser leur coordination afin qu’ils ne se laissent pas distendre. Le travail de gainage regroupe les exercices emblématiques. Il est effectué d’abord sur des appuis stables puis en utilisant des coussins et des ballons. Il ne faut pas hésiter à modifier le geste sportif afin de limiter la cambrure du dos. Exemple : un tennisman doit apprendre à armer son service en privilégiant la rotation de son bras et la flexion de ses genoux. Le pli souvent, ces mesures parviennent à apaiser les souffrances du sportif. Certains médecins proposent d’infiltrer le nodule de cicatrisation resté inflammé. Parfois, une opération est envisagée. Habituellement, le chirurgien prélève un bout d’os dans le bassin. Il l’insère à la place du nodule de cicatrisation mou et inefficace puis le visse en comprimant l’ensemble. Là encore, une immobilisation par corset s’impose pendant 3 mois.



Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Douleurs en bas du dos


Douleurs en bas du dos

Vous avez mal le matin, assis ou debout longtemps. Votre médecin vous a dit : « Vous souffrez de lombalgie chronique, vos disques sont tassés ». Commencez par un peu de kinésithérapie, et surtout continuez par une autorééducation régulière !

Avec la collaboration de Grégory DELENTE, kinésithérapeute du sport.

Entre chaque vertèbre de votre colonne, il existe un disque. Il est constitué d’une succession d’anneau fibreux à la manière d’un oignon. Au centre, on trouve une boule de substance visqueuse qui sert d’amortisseur et de répartiteur de pression. A l’occasion d’un mouvement rapide et d’une compression violente, elle peut déchirer les anneaux et s’expulser à l’extérieur du disque : c’est la hernie. Plus souvent, au cours du sport ou de la vie quotidienne, les petits gestes agressifs s’accumulent. Les anneaux se fissurent insidieusement et la gélatine s’y infiltre. Le disque balafré de cicatrice devient rigide et se tasse. L’os des vertèbres situées de part et d’autres doivent encaisser les contraintes inhabituel et devient douloureux : C’est l’insuffisance discale ! Dans ces circonstances, vous souffrez le matin en sortant du lit, vous avez mal assis ou debout longtemps. Visiblement votre colonne n’aime pas l’immobilité. Offrez-lui du mouvement ! L’auto-rééducation parvient à limiter l’usure des disques et surtout à compenser cette dégradation.


  • Musclez et soutenez votre colonne
La colonne lombaire est la seule structure osseuse entre le thorax et le bassin. Elle doit être fermement maintenue par un solide cylindre musculaire : en avant les abdominaux dit « grands droits », la fameuse plaque de chocolat, sur le côté, les abdominaux obliques et les transverses, en arrière, longeant la colonne et encore plus impliqués dans sa stabilité, les paravertébraux. Ainsi, trois exercices clés contribuent au soutien de votre colonne lombaire.

  • Exercice 1 : renforcement des grands droits


Illustration : Mathieu PINET

Allongé sur le dos, jambes fléchies et dos plat.
Sans bouger,  poussez avec vos mains sur vos genoux tout en soufflant pendant 3 secondes. Récupérez 2 secondes. Adaptez la force exercée à votre niveau.
Répétez l’exercice 20 à 40 fois.

  • Exercice 2 : renforcement des obliques et des transverses


Illustration : Mathieu PINET

Allongé sur le dos, jambes fléchies et dos plat.
Sans bouger, poussez avec la main droite  sur l’intérieur de  genou gauche, tout en soufflant pendant 3 secondes. Récupérez 2 secondes et changez de côté. Adaptez la force exercée à votre niveau.
Répétez l’exercice 20 à 40 fois.

  • Exercice 3 : renforcement des paravertébraux.
Allongé sur le sol, genoux fléchis, monter lentement le bassin. Alignez le tronc et la cuisse et creusez légèrement le dos comme en position debout. Gardez l’attitude 3 secondes. Redescendez doucement. Enchaînez 20 à 40 mouvements.

Illustration : Mathieu PINET

  • Assouplissez votre colonne
Vos disques se sont enraidis par accumulations de petites cicatrices fibreuses. La réduction de la mobilité qui en résulte provoque également une perte de souplesse des ligaments et des muscles qui entourent la colonne. Il est grand temps de rompre ce cercle vicieux ! Sinon, le moindre mouvement risquerait de déchirer l’une de ces structures, provoquant un accroissement des douleurs voir un lumbago. Mieux vaut mobiliser votre dos : progressivement, mais sans hypocrisie et tout sens !
  • Exercice 4 : assouplissement en flexion
Allongé sur le dos, attrapez vos genoux fléchis avec vos mains. Gardez la position 20 secondes : les muscles se relâchent. Tirez un peu plus vigoureusement pour obtenir une tension des ligaments et des disques. Conservez cette nouvelle attitude 10 secondes.

Illustration : Mathieu PINET

Si cet exercice ne provoque aucune sensation dans le bas de votre colonne, tendez un peu plus les genoux et attrapez vos mollets ou vos chevilles.

  • Exercice 5 : assouplissement en rotation
Allongé sur le dos, bras écartés pour fixer les épaules au sol, basculez vos genoux fléchis à droite. Gardez la position 20 secondes. Vos muscles se relâchent. Essayez de gagner en amplitude 10 secondes pour mobiliser vos vertèbres. Recommencez du côté opposé.

 Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 6 : assouplissement en extension
Allongé sur le ventre, remontez vos épaules et posez vos avant-bras sur le sol. Plaquez l’avant de votre bassin sur le sol, la cambrure doit venir du bas du dos. N’hésitez pas à contracter vos muscles lombaires et vos fessiers. Vous sentez que « ça travaille » au-dessus du bassin : c’est normal !


Illustration : Mathieu PINET

  • Equilibrez votre colonne
Vos muscles ont gagné en force et en endurance. Il faut désormais qu’ils soient plus vigilant et contrôlent mieux la position de votre colonne. C’est indispensable en position debout ou en courant. C’est nécessaire aussi quand vous mobilisez votre colonne au quotidien.

  • Exercice 7 : coordination statique
Position identique à l’exercice 3 mais soulevez un genou et le coude opposé. Fermez les yeux et maintenez l’équilibre 10 à 30 secondes en conservant le buste aligné sur la cuisse. Changez de côté. Les chaînes musculaires diagonales sont celles de la course.

Illustration : Mathieu PINET

Vous pouvez corser la difficulté en montant les 2  mains.

  • Exercice 8 : coordination dynamique
Lorsque vous ramassez un objet léger tombé par terre, inutile d’écraser vos genoux en vous accroupissant, inutile de transformer votre colonne en tige de bambou ! Vos articulations sont faites pour s’articuler ! Retrouvez cette coordination naturelle !
Penchez-vous lentement en avant, Fléchissez légèrement les genoux, déroulez vos vertèbres et basculez votre bassin. Commencez en posant vos mains sur l’assise d’une chaise. En quelques séances, vous toucherez le sol sans difficulté. Redressez-vous tranquillement, enrouler vos vertèbres, faites pivoter votre bassin, tendez les genoux. Faites ce mouvement 10 à 30 fois.


Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 9 : relaxation musculaire
Celui là devrait vous plaire ! Prenez un grand bain à 37°, détendez vous pendant 10 à 20 minutes. Vous cumulez positon allongée, apesanteur et chaleur. C’est idéal pour mettre tous vos muscles au repos et relâcher l’ensemble de votre colonne.

  • Une colonne vertébrale de galopeur
Les petites articulations situées à l’arrière des vertèbres lombaires sont larges et plates de profil. Elles empêchent cette portion de colonne de tourner. Juste en au-dessus, à proximité des côtes, et juste en dessous, à la jonction avec le bassin, elles sont en formes de spatules de ski et permettent une légère rotation.
Notre colonne lombaire d’ancien quadrupède est faite pour galoper. A ce niveau, elle s’étendait et se pliait amplement à chaque foulée. De nos jours, ces deux mouvements sont assumés aisément, la rotation est plus difficile et se localise aux deux extrémités. En pratique, il est inutile d’insister sur le gain de souplesse en rotation. Restez prudent.


Source SantéSportMag

mercredi 29 mai 2019

Billets-Entretien avec Toni Morrison

Entretien avec Toni Morrison

“Ecrire des romans, c'est faire apparaître les gens ordinaires qui ne sont pas dans les livres d'histoire”
A 81 ans, la romancière poursuit son exploration de la communauté noire et plonge dans la ségrégation des années 1950. Tout en portant un regard apaisé sur la société américaine.


Depuis 1970 et la parution de son premier roman, L'oeil le plus bleu, Toni Morrison a fait de l'histoire de la communauté noire américaine son territoire romanesque. Une communauté dont elle s'est attachée, de livre en livre, à dire l'expérience de façon intimiste, sensible et puissante. Ne pas décrire, ne pas expliquer, ne pas commenter, professe-t-elle, mais donner au lecteur à ressentir, par le biais d'un lien direct noué avec les personnages et leurs émotions les plus profondes. Après L'oeil le plus bleu sont venus notamment Sula (1974), Le Chant de Salomon (1977), Beloved (prix Pulitzer 1988), Jazz (1992)... Au total, dix romans, parmi lesquels Home, le dernier en date, paru au printemps et aujourd'hui traduit en France chez son éditeur de toujours, les éditions Christian Bourgois. Née Chloe Anthony Wofford il y a quatre-vingt-un ans, à Lorain (Ohio), cadette d'une famille ouvrière de quatre enfants, Toni Morrison partage depuis longtemps sa vie entre la ville universitaire de Princeton, où elle enseigne, et New York, où la présence de cette figure de la scène intellectuelle et artistique mondiale, consacrée en 1993 par le prix Nobel de littérature, est devenue essentielle. Stature majestueuse, voix grave, rire spontané : ce matin de début d'été, c'est détendue et bienveillante qu'elle nous a reçue, dans l'immeuble de Tribeca où elle vit, dans le sud de Manhattan, pour évoquer l'admirable Home. Une sobre et saisissante plongée romanesque dans l'Amérique des années 1950 et de la ségrégation, sur les pas d'un vétéran de la guerre de Corée...
  • Quelle est la toute première étincelle qui vous conduit à écrire un livre ? Est-ce une idée, un décor, un personnage ?
De façon générale, avant que viennent les personnages, il y a, à l'origine de chaque roman, une question que je me pose. Une idée, éventuellement cérébrale et abstraite. J'écris pour apprendre, pour comprendre. Pas pour me divertir, ou pour faire de l'art pour l'art. Toujours, examiner une idée, la creuser en profondeur, trouver une réponse à une interrogation. Enquêter sur une problématique et une époque. Par exemple, lorsque j'ai écrit Beloved, je voulais saisir en quoi le geste de cette esclave, qui préfère tuer sa petite fille plutôt que la voir à son tour asservie, avait trait à la liberté. Avec Un don, je voulais me pencher sur la naissance du racisme aux Etats-Unis, et ses liens réels ou imaginés avec l'esclavage. Dans le cas de Love, il s'agissait de m'interroger sur les conséquences du mouvement des droits civiques, qui fut un immense succès mais a aussi sa part d'ombre : la fin de la ségrégation et l'intégration des Noirs dans la société ont entraîné la mise en place d'une ségrégation par l'argent et non plus par la race. Cette fois, avec Home, ce sont les années 1950 que je voulais regarder. Pour éventuellement corriger l'image qu'on en a, prendre le contre-pied.
  • Ecrire des romans, est-ce donc pour vous regarder l'Histoire autrement ?
C'est faire apparaître les gens ordinaires qui ne sont pas dans les livres d'histoire. Créer des personnages et, à travers eux, tenter de donner, non pas à voir, mais littéralement à sentir ce qu'ont éprouvé intimement les individus, ce qu'ils ont enduré, en des époques dont on a parfois oublié ou négligé la face sombre. Il y a des auteurs qui se servent de leur propre vie comme matériau, et cela peut donner des oeuvres remarquables. Mais ce n'est pas du tout mon cas. Ma vie est sans histoires, et je ne me sens pas dirigée vers l'autobiographie, mais vraiment vers l'extérieur, vers le monde.
  • Vous aviez 20 ans dans les années 1950. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?
La vie s'ouvrait devant moi, j'étais optimiste, plutôt confiante dans l'avenir, voire agressive comme on peut l'être lorsqu'on est jeune. Mais en me penchant sur ce passé, je savais que je devais me méfier de mes souvenirs, que je courais le risque d'être en quelque sorte manipulée par la mémoire collective américaine et l'image de cette époque telle qu'elle s'est inscrite dans l'histoire des Etats-Unis, où elle reste comme un âge d'or. C'était l'après-guerre, l'économie était prospère, chacun gagnait de l'argent, pouvait s'acheter une maison, envoyer ses enfants au lycée. La télévision diffusait des comédies légères. Que du miel ! Et pourtant, en réalité, c'est un moment atroce. Il y a la guerre de Corée, le maccarthysme, la ségrégation contre les Noirs, dont certains font par ailleurs office de cobayes humains pour des expérimentations médicales auxquelles je fais référence dans le roman... Cette époque, dont l'Amérique se souvient comme étant incarnée par Doris Day, est en fait un moment de grande souffrance pour beaucoup de gens. Elle m'intéressait également car c'est alors qu'a germé le futur mouvement des droits civiques — la revendication est presque déjà là, encore muette mais inévitable, attendant son heure, qui interviendra dans les décennies suivantes, les années 1960 et 1970.
  • Home est un roman à deux voix : le narrateur et le personnage principal, Frank Money. Comment est venue l'idée de cette forme ?
La voix du personnage principal a d'abord surgi, mais, très vite, j'ai réalisé que je ne pouvais pas me contenter de son seul point de vue sur l'Histoire. Il m'est apparu alors que je pouvais être à la fois le narrateur omniscient et lui le personnage qui objecte, commente, rectifie, clarifie le récit. Le dialogue qui s'installe ainsi a du sens, car il permet à l'histoire d'avancer et crée aussi une sorte d'intimité pour le lecteur. Et peu à peu, c'est lui, Frank, qui prend le contrôle de cette histoire. Et ce n'est que justice, car c'est la sienne, sa vie, pas la mienne. C'est une question presque morale : je n'ai pas à le dominer, à m'imposer.
  • A travers l'histoire de ce soldat qui rentre de Corée en état de choc, pour être confronté à la violence dans son propre pays, se pose aussi, comme tous vos livres, la question : qu'est-ce qu'être un homme ?
Lorsque Frank Money rentre aux Etats-Unis, il se rend compte qu'il arrive dans un autre champ de bataille. Une tâche importante lui échoit : sauver quelqu'un qui est en danger de mort, en l'occurrence sa jeune sœur. Et c'est en lui portant secours qu'il se sauve lui-même. Effectivement, je voulais raconter le processus par lequel on devient un homme. Pour mieux dire : un être humain. Car devenir un homme, ce n'est pas suffisant. Devenir un être humain, voilà ce qui est important. Et c'est plus difficile, ça demande plus de force et de bravoure. C'est un processus où n'intervient pas seulement la capacité à se défendre, à faire la guerre, à tuer s'il le faut, donc l'exercice de la violence, mais au contraire et plus fondamentalement la capacité à prendre soin d'autrui. La compassion. Le souci de l'autre. Il me semble que les femmes y parviennent mieux que les hommes — vraiment je le crois.
  • Le roman semble signifier aussi que « home », le « chez soi », ce n'est pas forcément un lieu...
Le « chez soi » d'un individu, c'est l'endroit ou les conditions dans lesquels il se sent bien, en sécurité. Cela peut être un lieu, mais aussi une communauté humaine plus ou moins large, qui vous aide, vous soutient. J'ai grandi dans un environnement de cette sorte, dans l'Ohio : une communauté de gens pauvres, amicaux et bienveillants, qui entretenaient des relations de voisinage conviviales et confiantes, avec des enfants qui jouaient et circulaient librement dans des jardins sans clôtures. J'ai connu, là, ce sentiment rassurant d'être protégée.

  • Dans la lignée des deux livres qui l'ont précédé, Home confirme un changement formel dans votre œuvre : c'est un roman court, limpide.
Mes trois derniers romans sont effectivement plus courts que ne l'étaient les précédents. Je travaille consciemment et énormément à cela : écrire moins et dire davantage. Ne pas écrire deux pages quand une phrase peut tout contenir. C'est bien plus difficile que de s'étaler. Et c'est ce que je veux désormais. C'est à la fois une envie et une nécessité — j'ai 81 ans, il faut que je fasse vite, donc que j'écrive court !
  • Avez-vous appris au fil des livres ? Ou en lisant les ouvrages des autres ?
Lire et écrire, c'est un peu la même chose pour moi. J'écris à la main, toujours, je ne sais pas faire autrement. Je vois mieux ce que je fais ainsi, il m'est plus facile d'aller et venir dans le texte. Le langage est si riche, il offre tant de possibilités. J'aime le son des mots surtout, cela m'importe plus que la correction grammaticale de la phrase. Ce n'est que lorsque le premier jet est terminé que je passe à l'ordinateur. Et je me relis, longuement, maintes et maintes fois, pour me corriger. Me relire, c'est vraiment quelque chose que j'ai appris avec les années et l'expérience. C'est pour cette raison que, d'une certaine façon, dans mon cas, l'écriture est la lecture.
J'ai appris aussi à décrire et à faire sentir les choses, et surtout à ne pas commenter ou interpréter, au risque d'ennuyer le lecteur. A ne pas user exagérément des métaphores. J'ai appris surtout, me semble-t-il, à être juste avec mes personnages — juste, honnête, comme on veut et doit se comporter avec des êtres humains. Le personnage principal de L'oeil le plus bleu, mon premier roman, cette jeune fille noire qui se trouve laide et rêve d'avoir les yeux clairs, s'inspirait d'une camarade de classe que j'avais côtoyée durant l'enfance. Je crois qu'à l'époque je n'étais pas très bienveillante à son égard ; je la trouvais plutôt stupide et a posteriori je me suis sentie un peu coupable vis-à-vis d'elle. En écrivant le roman, j'ai pu manifester davantage de justice envers le personnage qu'elle m'a inspiré. Cette responsabilité presque morale à l'égard de mes personnages, c'est quelque chose que j'ai toujours ressenti. Mais il me semble que j'ai développé cette capacité, que je m'en sors mieux aujourd'hui.
  • Cinquante ans après la fin de la ségrégation, la question raciale existe-t-elle toujours aux Etats-Unis ?
Il faut se souvenir de ce qu'était la ségrégation : vous pouviez élever les enfants d'une famille blanche, les laver, les nourrir, mais il vous était interdit d'aller dans les mêmes magasins ou de partager les mêmes sièges dans l'autobus. Ça, c'est terminé. Indéniablement, et en dépit des résistances, nous avons franchi un cap, changé d'époque. J'ai toujours enseigné, et ainsi côtoyé des jeunes gens de toutes origines. Je vois bien combien ils ont changé, et combien la question de la race est aujourd'hui la dernière de leurs préoccupations. Ils ne peuvent même pas imaginer ce qu'ont été les décennies de la ségrégation.
Pourtant, le racisme aux Etats-Unis n'est pas mort, loin de là. Il s'est même trouvé désormais une cible privilégiée en la personne du président Obama — un président noir dont certains ne supportent pas l'élégance, la culture, l'éloquence. Il faut mesurer l'hostilité inouïe qu'il suscite, et surtout entendre les relents racistes pesants, nauséabonds, parfois orduriers, dont sont empreints les commentaires émis par ses opposants les plus virulents. Ils en sont venus à dévoyer même la langue, les mots. Par exemple, ils ont qualifié les discours d'Obama d'exercices de rhétorique, en donnant à ce mot une connotation péjorative. Or, qu'est-ce que la rhétorique ? Pour moi, c'est tout simplement de la pensée qui devient du langage. Comment peut-on ainsi donner un sens négatif à quelque chose d'aussi important ?
  • Interviendrez-vous en faveur de la réélection de Barack Obama en novembre prochain ?
Je n'ai pas pour habitude de m'engager directement dans le débat politique. Je l'ai fait pour la première fois de ma vie en 2008, lors de la campagne pour l'élection présidentielle qui a conduit Barack Obama à la Maison-Blanche. Lui, je le connais très peu, je l'ai rencontré pour la première fois en mai dernier, lorsqu'il m'a remis la médaille présidentielle de la Liberté, à Washington (1). Mais je suis convaincue qu'il faut des progressistes à la tête de notre pays. Il faut une volonté politique capable d'aller contre le mouvement général de privatisations et de course au profit longtemps encouragées par les législateurs républicains, qui n'ont qu'une conviction en tête : la loi du marché est ce qui se fait de mieux. Avec eux, le citoyen est devenu un consommateur et un payeur de taxes en tous genres. Tous les secteurs de l'action publique ont été appelés à participer à l'objectif du profit maximal : les prisons, les écoles, les hôpitaux, les autoroutes. L'armée elle-même : regardez l'Irak, il y avait là-bas davantage de mercenaires que de soldats.
Ce que j'admire vraiment, chez un homme politique, c'est la volonté de prendre soin de la population. Obama est mû par cela. C'est un homme intelligent, honnête et sage. Il ne peut certes pas tout résoudre, mais il peut agir dans le bon sens. Je ne voudrais pas qu'il soit le président d'un seul mandat.



(1) La Presidential Medal of Freedom est la plus haute distinction civile américaine.

1931 Naissance, le 18 février, à Lorain, Ohio.
1970 Parution de L'oeil le plus bleu (The Bluest Eye), son premier roman.
1988 Beloved reçoit le Pulitzer Prize for fiction.
1993 Toni Morrison reçoit le prix Nobel de littérature.
2006 Beloved est désigné meilleur roman des vingt-cinq dernières années par le New York Times.

À Lire
Home de Toni Morrison, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Christine Laferrière, éd. Christian Bourgois.




Propos recueillis par Nathalie Crom (Télérama)