mercredi 31 juillet 2013

Recettes Pays Basque-Œufs brouillés à la tomate


Œufs brouillés à la tomate

Préparation : 10 mn
Cuisson : 45 mn
Pour 4 personnes
8 œufs
4 grosses tomates bien mûres
1 oignon
2 gousses d’ail
1 petit piment vert
1 bouquet garni riche en thym
Persil plat
Estragon et cerfeuil
Huile d’olive
1 cuillerée à soupe de crème fraîche
20 g de beurre
Sel et poivre du moulin
1. Ebouillantez les tomates, égouttez-les et pelez-les, coupez-les en deux, retirez les graines, puis taillez la pulpe en petits dés. Pelez l’oignon et les gousses d’ail, lavez le piment, hachez-le finement après en avoir retiré les graines.
2. Faites chauffer 2 cuillerées d’huile d’olive dans une cocotte, ajoutez l’oignon et faites-le blondir, ajoutez ensuite les tomates, l’ail, le piment et le bouquet garni, salez et poivrez. Portez à ébullition en écrasant bien, puis couvrez à moitié la cocotte et laissez mijoter tout doucement pendant 30 minutes. Retirez le bouquet garni, passez la fondue de tomates au mixeur, puis incorporez 1 ou 2 cuillerées à soupe de fines herbes fraîchement ciselées.
3. Cassez les œufs dans une jatte, ajoutez la crème fraîche et mélangez sans fouetter en crevant les jaunes, salez et poivrez. Faites fondre le beurre dans une casserole et ajoutez les œufs. Faites cuire sur feu très doux sans cesser de remuer jusqu’à consistance épaisse et crémeuse. Incorporez la moitié de la fondue de tomates et mélangez intimement.
4. Répartissez le reste de la fondue de tomates dans les assiettes de service, ajoutez les brouillés à la tomate par-dessus, donnez 1 tour de moulin à poivre et servez aussitôt.


Agréablement parfumés, ces œufs brouillés font une entrée délicate, que vous pouvez servir dans des assiettes individuelles bien chaudes avec de fines tranches de pain grillé.


Billets-Assassinats politiques…


Assassinats politiques… Ennhada, coupable idéal.

Le parti islamiste au pouvoir est désigné comme le responsable des meurtres de Mohamed Brahmi et de Chokri Belaïd. Le site Leaders décortique cette hypothèse, en quatre points.

Premier niveau de lecture : le plus évident, le plus facile, le plus démagogique : le coupable est Ennahda ! C'est le scénario soutenu par les familles, partis et proches des deux victimes. C'est également la position d'autres partis de l'opposition et d'une grande partie de la société civile. Le raisonnement est simple : Chokri Belaïd [assassiné le 6 février] comme Mohamed Brahmi [assassiné le 25 juillet] étaient de fervents opposants au parti au pouvoir, dénonçant sans relâche les faiblesses et la mauvaise gouvernance de la troïka [les trois partis qui se partagent le pouvoir : Ennahda, le Congrès pour la République (CPR), gauche nationaliste, et Ettakatol, gauche] en général et d'Ennahda en particulier, s'attelant à "ouvrir les yeux" des Tunisiens sur l'hypocrisie et l'incompétence des dirigeants nahdaouis. Ce parti chercherait donc à liquider des opposants gênants et acharnés.
Deuxième niveau de lecture : les premiers à faire les frais de ces deux assassinats sont indiscutablement la troïka, mais aussi et surtout Ennahda. Le meurtre de Chokri Belaïd a valu son poste au Premier ministre [Hamadi Jebali, issu du parti Ennahda, il a démissionné le 19 février]. Celui de Mohamed Brahmi a soulevé les masses, éveillé l'acharnement des opposants, retourné l'opinion publique contre le gouvernement, l'ANC [Assemblée nationale constituante] et les figures d'Ennahda. On ne peut nier qu'à chaque fois le gouvernement et le parti sont fortement ébranlés. Donc, pourquoi Ennahda, qui a tout à perdre de ces événements, en serait-il l'auteur ? Belaïd et Brahmi sont moins dangereux vivants que morts pour ce mouvement. Ennahda serait-il suffisamment ingénu pour creuser sa propre tombe et susciter la colère de populations entières ? Cela est peu probable.
  • Marquer les distances avec la nébuleuse extrémiste
Troisième niveau de lecture : chaque parti, et Ennahda le premier, prépare sa campagne électorale [pour des élections à venir, mais à une date indéterminée]. Si nous tentions un bref procès purement populiste de ce parti, nous conclurions très rapidement à un constat sans appel : "Défenseur de l'islam et des valeurs morales mais incompétent dans la gestion des affaires publiques, laxistes et complaisant avec les salafistes et autres extrémistes."
L'homme de la rue ne pardonne ni les événements de l'ambassade des Etats-Unis [le 14 septembre 2012, une attaque perpétrée par des islamistes a fait quatre morts et des dizaines de blessés] ni ceux de Chaambi [la traque de djihadistes retranchés dans cette montagne a fait plusieurs victimes dans les rangs de l'armée et de la garde nationale depuis avril]. Ni les morts gratuites de Lotfi Nagdh [figure du parti de l'opposition Nidaa Tounes, il a été battu à mort le 18 octobre 2012 par des membres de la Ligue de protection de la révolution, proche d'Ennahda], Belaïd, Brahmi ni la circulation d'armes un peu partout... Ennahda est le premier à être conscient de cette évaluation et à mesurer ses conséquences.
L'urgence est donc de marquer les distances avec la nébuleuse extrémiste, de sacrifier ces salafistes non seulement encombrants mais de surcroît ingrats ! La solution est machiavélique mais toute trouvée : se débarrasser des opposants par le bras salafiste [celui qui est suspecté d'avoir tiré sur Brahmi et Belaïd est un salafiste], risquer un premier temps de mécontentement de l'opinion publique, conclure à la culpabilité jihadiste et se débarrasser d'un seul et même coup des deux rivaux, en raflant au passage la reconnaissance de l'homme de la rue : pour le moins ingénieux et très possible !
  • Rester enfin seul maître à bord !
Quatrième niveau de lecture : Convenons d'abord qu'il y a Ennahda et Ennahda. Le parti compte plusieurs tendances que nous résumerons sommairement à l'aile dure et l'aile modérée. Souvenons-nous que l'aile dure d'Ennahda entretient, sans se cacher, des relations confirmées avec les différentes mouvances salafistes et extrémistes, avec lesquelles elle partage d'ailleurs nombre de principes et de convictions.
Partant de là, l'hypothèse d'une guerre fratricide n'est pas à exclure dans l'affaire des assassinats politiques : commanditer les meurtres, les faire exécuter par les alliés salafistes, saborder l'aile modérée et rester enfin seul maître à bord !
Quel que soit le scénario, on relèvera que trois hypothèses sur quatre amènent à conclure qu'Ennahda n'est pas étranger aux meurtres de Belaïd et de Brahmi, sans compter celui de Nagdh. On ne prête qu'aux riches : Ennahda est au pouvoir. Coupable, peut être pas ; responsable, certainement !

Dessin de Dessin de Willis
Source Courrier International

mardi 30 juillet 2013

Billets-Sexe et plaisirs adultes sur LinkedIn


Sexe et plaisirs adultes sur LinkedIn

Ça fait drôle. Un jour, on se connecte à LinkedIn, on jette un œil aux profils suggérés et on tombe sur ça (ci-contre). Et encore, c'est moi qui ai mis le carré blanc. Comme je fais des conférences pendant lesquelles je projette différents profils pris sur LinkedIn, vous imaginez la grosse rigolade si les participants avaient entraperçu celui-là. J'en ai eu des sueurs froides, rétrospectivement. Je l'ai signalé à LinkedIn qui a mis une bonne journée à faire le ménage.

Moi qui recommandait ce réseau comme étant le plus sérieux, j'ai dû en rabattre… Surtout quand je me suis aperçu que c'était la partie émergée de l'iceberg (voir plus loin). Mais y a-t-il vraiment un problème ou pas ? Oui, si on considère qu'on subit des images qu'on n'a pas choisi de consulter sur ce site (il y en a d'autres pour ça). Non, si les professions affichent la couleur et prennent des précautions élémentaires pour ne pas choquer ceux qui ne s'attendent pas à les trouver là. Mais le débat reste ouvert.

J'ai fait quelques recherches via le moteur ad hoc de LinkedIn : "sexe", "porno", "prostitué, "prostituée", mais aussi "escort" (boy ou girl), "go-go dancer", et autre "photographe coquin", tombant au final sur des professions plus ou moins respectables. Certains noient le poisson pour ne pas être repérés trop facilement. D'autres en rajoutent. Evidemment, on trouve sur un matériau assez divers.

J'ai essayé de les classer en deux parties : les profils qui sont drôles, volontairement ou non, et ceux qui se disent ou qui se prennent très au sérieux. Je vous fais grâce des dizaines de photos porno mises en profil. Je n'ai pas envie qu'on ferme mon blog et je n'ai pas le courage de les flouter.
  • Les “drôles”

Vous imaginez l'annonce : "On demande un vendeur au rayon prostitué"...


Là c'est drôle, tellement j'ai rien compris.


Au moins, c'est clair... Notez l'hilarant "vins et spiriteux" dans la rubrique "secteur". Ça doit être un revendeur de Sidi-Brahim...


Les composants électroniques, c'est aphrodisiaque. Vous ne le saviez pas ?


Lui, limite il me fout les jetons...


Recalée au casting de "9 semaines 1/2".


Les réunions Tupperware pour essayer des sex-toys, ça doit dégénérer assez rapidement…
  • Les “sérieux”

Chippendale, c'est un métier. Mais là, c'est juste un nom un peu dur à porter...


Strip-teaseur aussi. Encore que ça m'étonnerait que MacDo et Franprix y soient pour quelque chose.


Il y a même de la formation pour les débutants...


Voilà, escort boy, ça, ça pose...


Sinon, dans la famille "services à la personne", certains voudront le fils...


Actrice porno : net, précis, et sans fioriture...


Et pour terminer ce petit échantillon, une représentante d'une profession tout ce qu'il y a de plus sérieuse, le "lap dance".

Source : http://tde.typepad.com/thierry_do_blog/

Billets-Notre pain quotidien


Notre pain quotidien

Un salarié espagnol sur trois ne touche que des miettes.

Jaime Serra. A la fois graphiste et journaliste, le directeur artistique du quotidien espagnol La Vanguardia (Barcelone) publie régulièrement un éditorial sous forme d’infographie.

En Espagne, le salaire minimal interprofessionnel dépasse à peine 645 euros par mois. Pourtant, en juin, un rapport du FMI a préconisé de réduire encore les salaires afin d’endiguer la progression du chômage (27 % de la population active). Mais aujourd’hui éclate un scandale qui éclabousse le gouvernement :
le Parti populaire (PP) est soupçonné d’avoir bénéficié de financements occultes et d’avoir versé des compléments de salaire à certains de ses hauts dirigeants, dont le Premier ministre Mariano Rajoy.

Source Courrier International


lundi 29 juillet 2013

Billets-adopteuneplante.com


adopteuneplante.com

Rachelle Klaassen ne pouvait plus supporter de voir tant de plantes d’intérieur mises au rebut, comme des déchets, sur les trottoirs d’Amsterdam. Elle a donc ouvert un refuge pour plantes. Elle a commencé par y recueillir des végétaux trouvés dans la rue mais, depuis qu’elle a mis une annonce dans un café de son quartier, ce sont les gens qui possèdent des “plantes orphelines” qui viennent à elle, note De Volkskrant. Une femme lui a ainsi confié une collection de cactus dont elle avait hérité. “Certains avaient plus de 50 ans”, raconte Rachelle. Elle soigne ses pensionnaires puis, quand ils sont à nouveau forts et sains, elle les propose à l’adoption sur la page Facebook du refuge.

Dessin de Chubasco
Source Courrier International


samedi 27 juillet 2013

Billets-Le fantasme de la voiture de fonction


Le fantasme de la voiture de fonction

 Personnalisation, services exclusifs, financement aux petits oignons... Dans l'entreprise, l'automobile a la cote. Les salariés y puisent un supplément "prestige", les employeurs boostent, grâce à leurs flottilles rutilantes, le fameux esprit "corporate" qui leur tient tant à cœur. Et, financièrement, c'est win-win pour tous. Explications.
  
Elle s'appelait Renault 21 Manager. Dans les années 90, c'était le Graal du cadre téméraire... et chanceux. Le privilège était tel qu'il n'avait, souvent, même pas le droit d'en choisir la couleur. Blanc banquise pour tout le monde, et surtout pas une option que le collègue n'a pas. Sacerdoce de quelques privilégiés, la voiture de fonction ? Plus vraiment : rouler aux frais de la princesse est totalement passé dans les mœurs. En France, les ventes de véhicules particuliers aux loueurs, constructeurs, sociétés et administrations ont représenté 45,26 % l'année dernière (source : Association auxiliaire de l'automobile), contre... 26 % en 1991.  

Ainsi donc, l'automobile, égérie du baby-boomer en quête de liberté, vit-elle de plus en plus sous perfusion de l'entreprise. En cause, tout d'abord : la baisse structurelle des ventes aux particuliers, presque continue depuis vingt ans, rarement interrompue par des effets de primes à la casse. En 2012, année sinistrée, ces dernières ont même plongé de 19,48 %. Pour Philippe Brendel, président de l'Observatoire du véhicule d'entreprise, les causes sont multiples : «Le recours aux véhicules de fonction, financièrement intéressants pour les entreprises et les collaborateurs, s'est tout d'abord développé. Mais il faut aussi relever que les activités des entreprises nécessitent de plus en plus de déplacements et de livraisons, notamment avec le phénomène du commerce par Internet et le développement des services.» Une voiture de fonction, c'est du win-win : le salarié, certes imposable par le dispositif de l'avantage en nature, paiera de toute façon sa voiture moins cher par ce biais que s'il l'achetait. Et l'employeur dépensera nettement moins que s'il augmentait son employé... Plus roublard, tu meurs.

L'apparition et le soutien de nouvelles formes de financement, toujours plus raffinées, a catalysé l'appétit de mobilité des sociétés, qu'il s'agisse du crédit-bail, marotte des petites PME ou de la plus tentaculaire «LLD», la location longue durée, choisie par les 4 500 entreprises qui disposent d'une flotte de plus de 500 voitures, louées et gérées (démarches administratives, assurance, assistance, entretien, réparations) pour des kilométrages et des durées définies par des établissements avant tout financiers que sont Arval, Lease Plan, GE Capital... Un business monumental, puisque, en France, la flotte gérée par les loueurs de longue durée dépasse le million de voitures... Pour les constructeurs, il faut prendre en compte la masse comme l'individu, l'ultraspécifique : la plupart des marques intègrent ainsi des cellules spéciales dédiées au sur-mesure. Renault, par exemple, dont le département Tech se consacre entièrement à l'adaptation des véhicules de société, qu'il s'agisse du transport de personnes à mobilité réduite, de l'aménagement d'utilitaires ou de la transformation de voitures particulières en autos-écoles. Sur un créneau plus envié, les constructeurs de prestige rivalisent d'attentions et de gadgets pour séduire les PDG pressés en quête d'un bureau mobile suraccessoirisé, surpersonnalisé. IPad intégrés aux dossiers, sièges spécifiques à réglages multiples, WiFi de bord... il n'y a presque pas de limites, comme en témoignent, entre autres, les berlines blindées proposées par BMW Security Vehicles ou les aménagements (cuir, boiseries) proposés par ses concurrents.

  • Finitions business
Ces dernières années, les marques ont aussi fait l'effort de calibrer leurs modèles, leurs services, en fonction d'exigences «pro». Des finitions exclusives «business» sont ainsi apparues en masse. Très équipées, elles chouchoutent la productivité du salarié mobile (GPS pour ne pas se perdre, climatisation pour garder la tête froide, radar de recul), sans oublier de flatter son ego. Octroyer une belle auto à un employé, c'est autant une manière de le valoriser que d'étouffer à l'avance d'éventuelles revendications... Comment réclamer quoi que ce soit à son patron lorsqu'il a eu la bonté de remplacer votre franchouillarde Clio de fonction par une VW Golf avec des jantes alliage ? Allons, ne soyez pas ingrat... Si vous êtes performant, le boss vous gratifiera dans deux ans d'une Audi A3. Un luxe inespéré ? Pas forcément : en matière de véhicule d'entreprise, le TCO, Total Cost Of Ownership, calcul sophistiqué (et variable selon son officine) du coût global d'utilisation d'une voiture d'entreprise, fait loi. A l'intérieur de ce barème, la valeur de revente estimée occupe une place prépondérante : les modèles chic ne sont pas forcément les plus chers, car ils décotent (parfois beaucoup) moins. De quoi relativiser les largesses de votre N + 12, même si celui-ci est soumis à une forte pression fiscale. Car, en France, où l'automobile a toujours été considérée comme un bien somptuaire, les entreprises rament pour rouler.

  • Le paradoxe du diesel
Pour Louis Daubin, directeur du magazine professionnel Kilomètres Entreprise, les pouvoirs publics ont encore du chemin à parcourir. «Les ventes aux sociétés constituent l'une des portes de sortie de la crise actuelle. En Grande-Bretagne, 70 % des voitures sont vendues aux entreprises. En France, nous sommes encore loin de ce chiffre. La fiscalité anglaise est extrêmement favorable aux salariés, qui ne paient pas d'impôts sur les avantages en nature, mais aussi aux entreprises avec l'impôt sur les sociétés et la TVS. Notre politique n'est pas incitative... c'est elle qui a fait disparaître le haut de gamme français.» Autre bizarrerie bien de chez nous, particulièrement gênante en plein débat sur la fiscalité écologique : un système qui favorise outrageusement le diesel, à triple titre. D'abord parce que le gazole est toujours moins taxé que l'essence, mais aussi parce que les dispositifs fiscaux sont conçus... sur mesure. Ainsi la TVS (taxe sur les véhicules de société), dont le mode de calcul est basé sur les émissions de CO2, favorise-t-elle naturellement les diesels, car moins émetteurs de gaz à effet de serre (mais posant des problèmes de pollution, dont les particules fines). Ultime aberration : les entreprises peuvent récupérer 80 % de la TVA sur le gazole, mais zéro sur l'essence. Kafkaïen. En matière de véhicules d'entreprise plus qu'ailleurs, la fiscalité fait loi. Les modèles hybrides, qui cartonnent, lui doivent tout : non seulement ils bénéficient d'un bonus de 4 000 € maximum, mais ils ouvrent le droit à une exemption de TVS pour... huit trimestres. Ecolo ? Non, juste corporate. C.Au.

  • DIS-MOI DANS QUOI TU ROULES, JE TE DIRAI TA PLACE DANS L'ORGANIGRAMME...
Une voiture de fonction, c'est le Jolly Jumper du salarié. A la fois une compagne de route et une médaille d'honneur.
140 g : niveau de CO2 au-delà duquel la taxe annuelle double pour les véhicules de société.

  • LA CHEF DE PRODUIT : RENAULT CLIO
Efficace mais speed, le commercial moderne a besoin du meilleur outil qui soit.... La nouvelle Clio, déjà en tête des ventes, a tout pour lui plaire : des moteurs frugaux, une grande polyvalence d'usage et un look valorisant. Une bonne affaire pour nombre de petites entreprises, qui souhaitent rester propriétaires de leurs autos.

  • LE DIRCOM : BMW SÉRIE 3
Le Graal de l'homme qui commence à réussir dans la vie est ici : la Série 3 de BMW, connue pour son agrément de conduite, sa qualité de fabrication impeccable et son look sportif qui situe tout de suite les ambitions de son conducteur... Chic, mais pas dispendieuse : ses moteurs et ses niveaux d'émission font référence.


  • LA CHEF DE FAB : CROSSOVER HYBRIDE
Rouler économique sans trucider la planète ? Le rêve. Les hybrides bénéficient d'une exemption de taxe sur les véhicules de société pendant deux ans. Avec les avantages fiscaux liés aux diesels et au bonus de 3 795 €, cette 3008 Hybrid4, déjà confortable, bien fabriquée et douce à conduire, est une affaire redoutable, car elle consomme très peu eu égard à son gabarit.


  • LE DRH : VOLKSWAGEN GOLF
Entre deux rendez-vous avec le consultant en restructuration et le cost-killer du contrôle de gestion, notre homme gère son temps avec une rigueur de métronome. Hyperéquipée et dotée d'un agrément de conduite à la pointe, la Golf VII est la meilleure compacte du marché. Avantage majeur : une décote moins forte que les françaises, pour une valeur de revente plus élevée.

  • L'ATTACHÉ DE PRESSE : RENAULT TWIZY
Pour faire parler de soi, rien de mieux que le gadget du moment bardé d'autocollants : le petit quadricycle électrique de Renault n'a certes pas beaucoup d'autonomie (environ 70 km), mais il conviendra aux stricts urbains qui aiment se garer partout sans recracher un gramme de C02, ni aucun polluant. En plus, il est fun à conduire...


  • LA SECRÉTAIRE DE DIRECTION : OPEL ADAM
Difficile pour un salarié dans le coup de résister à la meilleure concurrente directe de la Fiat 500 : la petite Opel Adam, qui n'existe qu'en essence (attention, TVA non récupérable), son intérieur nickel et ses possibilités de personnalisation jamais vues sur le marché : 61 000 pour l'extérieur et 82 000 pour l'intérieur !

  • L'ACTIONNAIRE : AUDI A7
Sa réussite est derrière lui. Plus besoin de ramer, ses journées sont devenues plus cool. Alors il cherche le plaisir : l'A7, grand coupé à cinq portes d'Audi, comblera cet homme exigeant par sa qualité de finition stratosphérique, sa silhouette unique et ses performances de vraie sportive...


  • L'INFORMATICIEN : TOYOTA AURIS HYBRID
Fasciné par les systèmes compliqués, notre geek roule beaucoup, mais abhorre le diesel, de plus en plus contesté. Et, même s'il ne peut récupérer la TVA sur le sans-plomb (seuls les diesels le peuvent, à 80 % mais ça pourrait changer !), il a choisi une hybride essence, pour sa douceur de fonctionnement en ville et ses consommations plancher. Un pionnier !

  • LA DIRECTRICE MARKETING : CITROËN DS5
A défaut de posséder un jet privé, autant demander à son boss la voiture qui s'en rapproche le plus. Disponible en hybride diesel, avec un bonus de 4 000 € et une exemption de taxe sur les véhicules de société pendant deux ans, cette frugale DS5, au style et à la finition unique n'est presque plus un caprice...
45 % des voitures particulières vendues en 2012 l'ont été à des entreprises ou à des collectivités - 4 500 : entreprises françaises possédant une flotte de plus de 500 voitures.

  • SUR MESURE
Les constructeurs ont tous développé des cellules spéciales pour les entreprises. Pour les artisans, Renault Tech, par exemple, équipe sur mesure ses utilitaires. Les constructeurs allemands (BMW, Audi, Mercedes), quant à eux, rivalisent de raffinement pour proposer des bureaux mobiles high-tech pour PDG du CAC.


Source marianne.net

Billets-Le chien errant qui défie la loi


Le chien errant qui défie la loi

A Bogota, un chien errant prend tout seul le bus et répète le même trajet depuis 2011. Une histoire publié par le quotidien El Espectador relate les réactions des usagers sur le vif face à cette présence incongrue.

Un chien des rues, visiblement sans maître, surgit dans la gare routière d'Humedal Córdoba, à l'arrêt de la ligne Suba du réseau Transmilenio. Les voyageurs qui à toute heure se pressent par centaines dans le réseau de transports en commun le plus important et le plus congestionné de Colombie regardent avec étonnement l'inopportun animal qui, en plein chaos, cherche à grimper par l'une des portes du bus à l'approche.

Il esquive la foule, pas moins indifférent que les usagers aux visage fermés, méfiants. Le chien file entre les jambes des voyageurs qui, comme lui, tentent de monter en meute dans l'autobus articulé. Personne ne le chasse, personne ne dit un mot, malgré les regards agacés.

Son instinct lui dit qu'il n'arrivera jamais à se frayer un chemin dans les bus avec la confusion ambiante. Alors il s'enfuit, filant comme une fusée à travers le troupeau turbulent qui se presse dans le couloir métallique. Et, disparaissant par une fente, il laisse derrière lui un tumulte d'individus qui, dans leur irritation, ne cherchent pas à savoir si ce sont ces transports intimidants qui les agacent, ou bien ce "chien insolent" qui a l'audace de pénétrer dans un site conçu pour l'usage des hommes.

  • Notre corniaud voyage sans maître et ne paie pas son billet
Le chien a l'air normal et en bonne santé, mais comparé à l'élégance et à la distinction des chiens de race, beaucoup le trouveront miséreux et vulgaire : c'est un bâtard de taille moyenne, au poil ocre et noir délavé par le soleil et la pluie, les oreilles crispées par le stress de la mégapole, les pattes usées par la rue, la démarche balancée en un étrange va-et-vient musical à cause, sans doute, d'une volée qui lui aura disloqué le train arrière.

Il parcourt cette ligne depuis 2011, de la gare de San Martín jusqu'au Portal de Suba [une vingtaine de kilomètres]. Son pèlerinage à répétition a commencé quelques mois à peine après qu'un arrêt de la Cour constitutionnelle a autorisé les chiens à utiliser les transports publics, à condition qu'ils soient accompagnés d'un responsable, paient un ticket, portent un collier et possèdent un carnet de vaccination.

Puis un jour le chien a disparu, et personne n'a plus eu de nouvelles. Un an et demi plus tard, le voici revenu sur sa ligne. On le retrouve plus inquiet, amaigri, mais toujours animé du même élan. Il brave les magistrats à l'origine de la décision historique : notre corniaud voyage sans maître, ne paie pas son billet, n'a ni collier ni carnet de vaccination, et court après quelque chose auquel il ne semble pas prêt à renoncer.

  • La maladie d'amour
"Il est toujours aussi fou", estime l'un des auxiliaires de police qui connaît son histoire et que son retour inopiné a surpris. L'agent a bien essayé de le calmer, en l'appelant par ces petits noms génériques qu'on donne aux chiens sans pedigree en Colombie : Sultan, Trotski, Général... Mais le bâtard reste indifférent, y compris quand on le siffle.

Son oubli de soi manifeste, son désintérêt pour les hommes et son manque d'appétit laissent penser qu'un "coup de foudre" pour une femelle est à l'origine de son inlassable quête. "Il est amoureux, c'est sûr : il ne mange jamais", assure en riant l'agent de police qui, pendant un temps, lui a apporté à manger - pas longtemps, car le chien s'en moquait visiblement. "S'il a une maladie, c'est la maladie d'amour", conclut-il.

Parmi les troupeaux qui attendent à la montée des bus, les gens hésitent entre chasser le "répugnant animal" ou exiger du policier qu'il s'en charge - mais la silencieuse prudence citadine l'emporte sur la colère. "Un monsieur m'a demandé de le chasser à coups de pied, mais je crois que c'est interdit", raconte le policier, qui souligne d'ailleurs que "le chien n'embête personne, c'est même la mascotte de la ligne".

Un bus s'arrête, bondé, et ses portes s'ouvrent sur une marée humaine. Le chien errant arrive en courant et lance des aboiements fougueux, s'éloigne tranquillement vers l'autre côté, se retourne et aboie de nouveau, renouvelant l'expression de sa frustration. Les passagers contrariés qui, comme lui, n'ont pas pu monter tournent leur regard vers lui d'un air impuissant et grommellent entre leurs dents - sans se rendre compte qu'au fond, ils agissent exactement comme l'animal.

  • L'animal humain
Un autre bus arrive et le chien y trouve une place. Une heure plus tard, il descend dans la gare de Puente Largo comme en terrain conquis, mais la démarche toujours inquiète. Une jeune photographe amatrice immortalise cette scène étonnante avec son téléphone, sous les regards ironiques des autres voyageurs. Un agent de police fait étalage de son autorité en jetant de violents coups de pieds au chien, qui les esquive avec une adresse mécanique, visiblement passé maître dans l'art de se soustraire aux conflits avec les hommes. Le policier insulte l'auteur de ces lignes et la jeune fille, qu'il oblige à quitter la gare. L'ignorant ne sait pas qu'il est en train d'enfreindre le droit constitutionnel qu'a le chien à ne pas être maltraité. Il ignore aussi que son comportement vient en fait interroger la Cour elle-même : l'accès des animaux aux transports publics est-il un droit raisonnable ou simplement une façon de satisfaire le caprice de maîtres versés dans une inutile anthropomorphisation de leurs bêtes ?

Quelques heures plus tard, le vagabond pénètre dans un autre bus à moitié rempli et va immédiatement s'asseoir à côté du chauffeur. Le jeune homme caresse son ami, assis avec noblesse, et lui adresse au passage un sourire d'apaisement - chose de plus en plus rare, précise-t-il, dans ce travail épuisant qui consiste à transporter au quotidien une marée humaine apathique.

Rompant le lourd silence, un voyageur se met à huer la scène, imité par tous les autres. Ils ne sifflent pas parce qu'il y a infraction à la décision de la Cour, mais parce que c'est "un chien pas beau, et sans maître", pour reprendre les mots d'une dame qui regarde l'animal avec une mine de dégoût. Le chien, qui vit dans le monde réel des chiens et n'a pas été privé de son instinct en devenant l'esclave de la personnalité d'un homme, reste imperturbable : il a bien perçu l'aigreur dans les voix.

Photo d'illustration. - AFP
Source Courrier International

jeudi 25 juillet 2013

Billets-Edward Snowden



Edward Snowden reçoit le prix du lanceur d'alerte 2013.
L'ex-analyste du renseignement américain a été récompensé, le 22 juillet, par des organisations allemandes de défense des droits de l'homme.

Plusieurs organisations allemandes de défense des droits de l'homme ont choisi de récompenser l'ex-analyste du renseignement américain en lui attribuant le prix Whistleblower (lanceur d'alerte) 2013, a annoncé lundi 22 juillet l'antenne allemande de l'ONG Transparency International.

Le jeune américain est toujours recherché par Washington pour avoir divulgué des informations sur l'espionnage informatique de masse mis en place par les services de renseignement de son pays. Il est bloqué depuis un mois dans la zone de transit d'un aéroport de Moscou, dans l'attente de l'examen de sa demande d'asile politique par la Russie.

A la clé de ce prix, une prime de 3 000 euros, qui sera remise à ses représentants, soit son avocat ou des organisations amies. "Cette récompense, créée en 1999, est financé par l'association VDW, l'antenne allemande de l'Association internationale des juristes contre l'arme nucléaire (IALANA) et l'Initiative de protection de l'éthique du Réseau international des ingénieurs et scientifiques pour la responsabilité sociale (INESPE)", rapporte le Moscow Times.

Attribué tous les deux ans, il récompense les personnes "qui ont divulgué des informations secrètes sur les événements présentant un danger sérieux pour l'humanité ou la société, l'environnement ou le monde entier". En 2011, le prix a été décerné à l'internaute qui a mis en ligne une vidéo présentant une attaque d'hélicoptères américains contre des civils en Irak.

 Dessin de Cajas, Equateur
Source Courrier International

mercredi 24 juillet 2013

Billets-Affaire Bettencourt


Affaire Bettencourt

Censurés sur Mediapart et LePoint.fr, les documents fournis par l'ancien majordome de Liliane Bettencourt n'ont pas pour autant disparu. Quelques irréductibles ont pris la relève…

Depuis le 22 juillet, 19h, des dizaines de contenus du site Mediapart sont inaccessibles. La sentence était tombée le 4 juillet, le site d'information s'y est conformé le plus tard possible : il a retiré de sa plateforme les articles comprenant des enregistrements réalisés clandestinement par Pascal Bonnefoy, le majordome de la milliardaire Liliane Bettencourt.

Inaccessibles… mais pas totalement disparus. Plusieurs sites ont proposé d'héberger ces documents, dont celui de Reporters sans frontières, Rue89… ou encore celui du quotidien belge Le Soir, qui affiche fièrement sa solidarité en première page et dans un édito titré "Au nom de la liberté de la presse".

"La décision de justice qui censure Mediapart est grave et dangereuse pour la presse", écrit Le Soir. "La justice française a d’abord estimé que ce travail constituait une légitime information du public [...]. La cour de Versailles a pris le contrepied du premier juge par une décision manifestement politique, soumise à la Cour de cassation. Nous avons le sentiment que la justice belge aurait tranché comme le premier juge et non comme la cour de Versailles."

Souvent dans l'ombre du 'grand voisin français', la presse belge jouit néanmoins d'un avantage : elle n'est pas soumise aux mêmes lois. Elle peut ainsi se permettre de publier ces documents, de la même façon qu'elle avait diffusé les résultats de la présidentielle française, sans se soucier de l'embargo qui obligeait les médias français à attendre 20 heures. Et toc.

Le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, à sa sortie de l'Assemblée nationale, le 21 mai 2013. - AFP / Joël Saget
Source Courrier International

Recettes Crétoises-Pamplemousse grillé au miel


Pamplemousse grillé au miel

Préparation : 10 mn
Cuisson : 5 mn
Pour 6 personnes
3 pamplemousses roses
6 cuillerées à café de miel d’acacia
1. Coupez les pamplemousses en deux, taillez légèrement la base pour leur donner l’assise souhaitée.
2. Avec la lame d’un couteau, séparez la pulpe de la peau en incisant le tour du fruit ainsi que les quartiers.
3. Rangez les fruits dans un plat allant au four. Sur chaque moitié, versez 1 cuillerée à café de miel.
4. Allumez le gril. Glissez le plat dessous et faites griller 5 minutes. Servez brûlant.

Le miel a toujours été beaucoup utilisé dans toutes les cultures méditerranéennes. Il tenait le rôle aujourd’hui dévolu au sucre. Fut un temps où on s’en servait même pour masser les malades.

mardi 23 juillet 2013

Billets-La culture de la cupidité…


La culture de la cupidité tient bon à Wall Street

Les codes d'éthique établis par les grandes banques américaines ne seraient-ils que de la poudre aux yeux ? Selon une enquête réalisée auprès de professionnels du secteur, une personne sur quatre serait prête à commettre un délit d'initié si elle était sûre de ne pas se faire prendre.

Ethique. Valeurs. Intégrité. Les patrons de Wall Street ont sans cesse ces mots à la bouche. Toutes les banques ont soigneusement élaboré un code de conduite. “Notre intégrité et notre réputation dépendent de notre capacité à faire ce qui est juste même quand ce n'est pas facile”, proclame le dirigeant de JPMorgan Chase. “Aucune incitation ou perspective financières – quel que soit le résultat financier – ne justifie que nous nous éloignions de nos valeurs”, déclare Goldman Sachs.

Mais un nouveau rapport laisse entendre que ces nobles propos ne sont que des paroles en l’air. Il vient d'être publié par le cabinet d'avocats Labaton Sucharow à la demande de Jordan A. Thomas, l'un de ses associés, qui a naguère été directeur assistant de la Securities and Exchange Commission [SEC, l'équivalent américain de l'Autorité des marchés financiers].

Sur les 250 personnes travaillant pour des sociétés financières qui ont répondu au questionnaire – courtiers, gestionnaires de portefeuille, banquiers, gestionnaires de fonds alternatifs, analystes financiers, conseillers en investissement, etc. –, 23 % déclarent avoir “observé ou avoir eu connaissance directement d'actes condamnables sur le lieu de travail”. Si cela ne suffit pas à attirer votre attention, en voilà encore : 24 % des personnes interrogées se disent prêtes à “commettre un délit d'initié pour gagner 10 millions de dollars si elles étaient sûres de ne pas se faire prendre”.
  • Des dirigeants peu regardants
A l'approche du 5e anniversaire du déclenchement de la crise financière – en septembre –, les enquêtés semblent avoir la mémoire plus courte que jamais. Si ce rapport dit vrai, la culture insidieuse de la cupidité est de retour, à moins qu'elle n'ait jamais disparu. Les résultats n'ont peut-être pas de valeur scientifique, mais ils sont frappants. Par exemple, 26 % des personnes ayant répondu pensent que “les systèmes de rémunération ou de prime existant dans leur société incitent les collaborateurs à compromettre les normes éthiques ou à violer la réglementation”.

Pour certains, les problèmes viennent du sommet même : 17 % de ces employés s'attendent à ce que “leurs dirigeants regardent ailleurs s'ils soupçonnent un de leurs meilleurs éléments de pratiquer un délit d'initié”. Plus troublant encore, “15 % doutent que leur hiérarchie, si elle apprenait que l’un de leurs meilleurs éléments avait commis un délit, le signalerait aux autorités”.

On dit souvent qu'il est injuste de mettre tout le monde dans le même panier et c'est vrai. Dans ce secteur, la grande majorité des employés sont des gens biens qui font du bon travail. Les chiffres présentés dans le rapport reflètent toutefois une réalité troublante : les brebis galeuses sont peut-être plus nombreuses qu'on ne le croit. On doit s'inquiéter quand “28 % des personnes pensent que le secteur des services financiers ne fait pas passer les intérêts de ses clients en premier”.
  • Gordon Gekko n'est pas mort
Chose curieuse, le problème est davantage prononcé chez les plus jeunes. Vous vous rappelez la question relative au délit d'initié ? Eh bien 38 % des employés ayant moins de dix ans d'expérience se disent prêts à en commettre un pour empocher 10 millions de dollars s'ils étaient sûrs de ne pas se faire prendre. Ce résultat me frappe particulièrement, parce que je me serais attendu à ce que la prochaine génération des dirigeants de Wall Street se soucie davantage de construire une culture anti-Gordon Gekko [le financier voyou incarné par Michael Douglas dans Wall Street, film d'Oliver Stone sorti en 1987].

Tous les meilleurs cursus de MBA (Master of business administration, maîtrise en administration des affaires) du pays ou presque proposent des cours d'éthique qui sont souvent obligatoires. En 2008, une coalition d'étudiants a lancé le “MBA Oath” [le serment du MBA] par lequel ils s'engagent à “créer de la valeur de façon responsable et éthique”. Plus de 6 000 étudiants y ont adhéré.

Le problème est aggravé par un trait commun à tous les êtres humains, quel que soit leur secteur d'activité. “Les gens prévoient qu'ils se comporteront de façon plus éthique qu’ils ne le font en réalité”, selon une étude dirigée en 2007 par Ann Tenbrunsel, professeure à l'université Notre-Dame. “Ensuite, ils pensent qu'ils se sont comportés de façon éthique alors que ce n'était pas le cas.
Il n'est donc pas surprenant que la plupart des individus croient à tort avoir une conduite plus éthique que la majorité de leurs pairs.”
  • Lanceurs d'alerte
Ceci explique peut-être pourquoi 89 % des personnes ayant répondu au questionnaire de Labaton Sucharow “se disent prêtes à signaler toute action répréhensible” mais que si peu le font. Dans le cadre de la loi Dodd-Frank, qui réforme le marché financier, la SEC a créé un système permettant de reverser 10 à 30 % des amendes collectées à tout lanceur d’alerte à l’origine des poursuites. Le fonds, doté de 500 millions de dollars au démarrage, dispose encore de 450 millions. Toutefois Stephen Cohen, directeur de la division chargée de l’application de la loi à la SEC, a annoncé que d’importants versements seraient bientôt réalisés. Jordan A. Thomas, du cabinet d’avocats Labaton Sucharow, a participé à la mise au point de ce programme quand il était à la SEC et il représente aujourd'hui des lanceurs d'alerte. “On est dans une culture du silence, explique-t-il. Personne n'est prêt à parler.”

Apparemment, selon beaucoup trop de gens, la cupidité, c'est toujours bien. [Référence à une phrase célèbre de Gordon Gekko, “Greed is good”, "La cupidité, c’est bien”.]

 Dessin de Arend van Dam, Pays-Bas.
Source Courrier International

lundi 22 juillet 2013

Infos santé-Arrêter de fumer


Arrêter de fumer
  • Le tabac, la première cause de mortalité évitable.
En France, le tabac tue environ 66.000 personnes chaque année. Fumer augmente la pression artérielle, contribue au rétrécissement des artères, réduit l’approvisionnement en oxygène du cœur et entraîne de nombreux autres dommages. De plus, le tabagisme chez les femmes enceintes peut être à l’origine d’un retard de croissance du fœtus.
  • Arrêter de fumer, un changement difficile qui demande de la motivation.
Il ne faut pas se leurrer, arrêter de fumer demande de gros efforts, car la nicotine est un produit entraînant, dans plus de 50 % des cas, une très forte dépendance à la fois physique et psychologique. Pendant le premier mois, ces symptômes de manque sont essentiellement de l'irritabilité (voire de l'agressivité), de la tristesse (voire une dépression légère), de l'agitation et des difficultés à se concentrer. Ensuite, en général plus de dix semaines après l'arrêt, l'appétit est augmenté et l'envie de fumer est parfois très intense.
On compte cinq à sept tentatives en moyenne, avant l’arrêt définitif - ce qui montre bien qu’il ne faut pas se décourager en cas d’échec, mais au contraire prendre le temps de se remotiver. Faire plusieurs tentatives de sevrage tabagique ne constitue pas un signe de faiblesse de caractère. Cela démontre au contraire une envie sincère, qui finira par aboutir.


  • En pratique, comment arrêter la cigarette ?
Il n’existe pas de méthode unique pour arrêter de fumer. Les conseils de son médecin généraliste ou d’un tabacologue sont utiles : une tentative a deux fois plus de chances de réussir si elle est accompagnée par un professionnel de la santé. N’hésitez pas à aller dans un centre anti-tabac (pour trouver une consultation près de chez vous, visitez le site de l’Office français de prévention du tabagisme, www.oft-asso.fr). Par ailleurs, n’hésitez pas à vous faire aider par des professionnels en utilisant, par exemple, la ligne téléphonique gratuite Tabac Info Service (0 825 309 310, 0,15 € /minute ; www.tabac-info-service.fr).
Voici quelques conseils pour vous aider à en finir avec la cigarette.
Réduisez progressivement le nombre de cigarettes. Essayez de ne les fumer qu’à moitié avant de les écraser.
Enrôlez un ami non fumeur pour vous encourager et vous soutenir dans votre démarche. Ceux qui ont recours à cette méthode auraient deux fois plus de chance de ne pas se remettre à fumer dans l’année qui suit.
Faites du sport. Le sport éloignera le tabac de vos pensées et diminuera la tendance à la prise de poids qui suit souvent l’arrêt de la cigarette.
Pour arrêter de fumer sans grossir, souvenez-vous que ce n’est pas l’arrêt de la cigarette qui fait prendre du poids, mais les aliments que l’on mange en plus pour résister à la tentation !
Mâchez du chewing-gum ou croquez une pomme quand vous avez un petit creux. Quand le taux de glucose dans le sang diminue, certains fumeurs se ruent sur leur cigarette.
Évitez de boire de l’alcool. Celui-ci est le meilleur moyen de saper votre volonté.
  • Quels traitements pour soutenir l'arrêt de la cigarette ?
Les médicaments disponibles pour accompagner le sevrage tabagique sont de deux types : les substituts de la nicotine, disponibles sans ordonnance, et le bupropion et la varénicline (sur ordonnance). Ces médicaments sont plus efficaces s'ils sont associés à un soutien psychologique et un suivi, par exemple par le médecin traitant.
Les substituts de la nicotine existent sous plusieurs formes : comprimé à sucer, comprimé sublingual, gomme à mâcher, timbre (dispositif transdermique) ou dispositif pour inhalation. L’association de deux substituts de la nicotine (patch et comprimé à sucer, par exemple) est possible.
À posologie équivalente, toutes ces formes ont la même efficacité. Le choix du dosage se fait en fonction du degré de dépendance initiale à la nicotine. Les fumeurs fortement ou très fortement dépendants commencent par les dosages les plus forts. Il faut tenir compte des signes éventuels de sous-dosage (insomnie, irritabilité, agitation, sensation de faim) ou de surdosage (bouche sèche, état nauséeux, maux de tête, tremblements, palpitations) pour adapter la posologie. Soyez vigilants et ne laissez pas traîner ces produits à portée de main des enfants. Une ingestion accidentelle pourrait avoir de graves conséquences.
L'Assurance Maladie accompagne l'arrêt du tabac et rembourse les substituts nicotiniques pour un montant maximum de 50 € par an et par personne (150 € pour les femmes enceintes). En pratique, pour bénéficier de cette prise en charge, il faut une prescription médicale établie par un médecin ou une sage-femme sur une ordonnance consacrée exclusivement aux substituts nicotiniques (pas d’autres médicaments mentionnés). Il est nécessaire de régler directement le pharmacien (le tiers-payant n'est pas accepté) mais il est possible d'acheter le traitement en plusieurs fois. Certaines mutuelles ou assurances complémentaires prennent également en charge le sevrage tabagique.

Source : Vidal

dimanche 21 juillet 2013

Billets-Bois, Allah n’y voit goutte !


Bois, Allah n’y voit goutte !

Au bout d’une heure de retard, le pilote de Tunis Air a finalement pris le micro pour nous assurer que notre avion décollerait bientôt “bi iznillah” (si Dieu le permettait), que nous arriverions à destination plus tôt que prévu “inch’Allah” (si Dieu le voulait bien) et que le climat de la capitale serait chaud et ensoleillé “alhamdulillah” (grâce à Dieu).

Il est intéressant de noter que la version anglaise de son message ne reprenait pas exactement les mêmes termes. Ce pilote était apparemment d’avis que les passagers étrangers (les “infidèles”) préféraient croire que leur avion volerait grâce à ses compétences de pilotage et quelques lois physiques ; que la durée de notre vol serait raccourcie grâce à des vents favorables ; et que les conditions météorologiques locales seraient du genre estival du fait des saisons et de cette chose qu’on appelle “la rotation de la Terre autour du Soleil”.

Mais les passagers arabes et moi-même faisions partie de ces privilégiés qui méritaient davantage que ces vagues arguments scientifiques : il nous fallait la rhétorique de l’absurde. Nous ne méritions pas moins que la protection divine. En fait, je n’aurais pas été surprise que ce cher commandant de bord nous annonce qu’Allah en personne supervisait le bon déroulement de ce vol en dépit de son emploi du temps chargé.

L’homme assis à côté de moi ressemblait à un vague cousin d’Oussama Ben Laden. Je poussai toutefois un soupir de soulagement en le voyant commencer à picoler. “Bois, mon gars, bois. Tout ce qui peut te faire t’endormir, je valide !” Mais n’allez pas croire qu’il buvait en public ! “A’ouzoubillah” (Dieu l’interdit).

Alors que les hôtesses proposaient de la bière (toujours un bon signe), il leur a demandé un Coca et en a bu une grande gorgée. Puis je l’ai vu sortir discrètement une bouteille de scotch (une mignonnette comme dans les minibars d’hôtels) et la vider entièrement dans son verre. La manœuvre avait été exécutée avec une telle rapidité et une telle dextérité que je n’étais moi-même pas complètement sûre de ce que j’avais vu, jusqu’au moment de le croiser sur le chemin des toilettes et de manquer de m’étouffer sous son haleine chargée.

Bois, mon gars, bois. Un ivrogne sournois vaut mille fois mieux qu’un extrémiste sobre. Et ne crois pas cet imbécile de pilote : Allah ne te voit pas, ni moi, ni personne. Sa Sainteté fait une petite sieste pour cause d’abus de margaritas.

 Dessin de Dilem paru dans Liberté, Alger.
Source Courrier International