vendredi 31 mars 2017

Billets-Comment le Portugal a gagné la lutte contre la drogue en ne la menant pas


Comment le Portugal a gagné la lutte contre la drogue en ne la menant pas

La politique concernant les drogues menée par le Portugal est une alternative crédible au tout répressif.

Depuis plus de 100 ans, les États-Unis cherchent à interdire la consommation de drogues. Les partisans de la prohibition affirment qu’en rendant illégales des substances comme le cannabis, la cocaïne et l’héroïne, l’État peut significativement réduire la criminalité liée à la drogue, combattre la toxicomanie et arrêter la propagation des maladies liées à la consommation de stupéfiants.

Cette politique n’a pas eu les effets escomptés. Michael Botticelli, directeur du Bureau de la politique nationale de contrôle des drogues, a déclaré que la guerre contre les drogues était constituée « d’échecs politiques et pratiques ».

Parmi les alternatives à la guerre contre la drogue, il existe l’option de la dépénalisation des drogues, c’est-à-dire l’assouplissement de l’application de la loi et sanctions pour les infractions liées à la drogue, et la légalisation de toutes les drogues.
Oui, toutes les drogues.

Le cobaye portugais
Ces options peuvent sembler contre-productives, mais les données racontent une autre histoire. En 2001, le Portugal a choqué le monde en votant la dépénalisation de toutes les drogues en réponse à un problème croissant d’héroïne.

Le trafic de drogue demeure illégal, mais les consommateurs de drogues sont considérés comme des malades plutôt que des criminels. Au lieu d’une arrestation et d’une incarcération immédiate, les personnes prises avec moins de 10 jours d’approvisionnement en drogues dures sont conduites devant un tribunal spécial d’experts légaux, de psychologues et de travailleurs sociaux. Le but est d’arriver à une solution qui s’occupe d’abord de la santé du patient, avec une petite amende occasionnelle ou un travail d’intérêt général.

Quinze ans plus tard, la catastrophe prédite par de nombreuses personnes est démentie par les données. La consommation de drogues parmi les jeunes de 15 à 24 ans a considérablement diminué et les décès dus à la drogue sont tombés de 80 en 2001 à 16 en 2012.

Avant 2001, près de 100 000 consommateurs de drogues étaient condamnés au Portugal. Dans les 10 premières années de l’adoption de la politique, ce nombre a été divisé par deux. Aujourd’hui, le Portugal possède l’un des taux de consommation de drogues les plus faibles de toute l’Europe.

Un taux de consommation de drogues très faible
Les gens quittent le marché des drogues et cherchent un traitement. Le nombre de personnes enregistrées en réhabilitation est passé de 6 000 en 1999 à plus de 24 000 en 2008. Le nombre de consommateurs d’héroïne qui se piquent est passé de 45% à 17%, ce qui est particulièrement important lorsque l’on parle de maladies liées à la drogue : ainsi, les toxicomanes ne représentent plus que 20% des cas de VIH dans le pays, une amélioration significative par rapport aux 56 précédents.

Ces résultats peuvent être expliqués par des considérations économiques de base. À mesure que les gens obtiennent de l’aide pour combattre leur addiction à la drogue, le nombre d’utilisateurs, c’est-à-dire la demande de drogue, diminue. Lorsque la demande baisse, les fournisseurs de drogue constatent que leur entreprise autrefois lucrative ne porte plus ses fruits. Ils sortent donc du marché.

Redirection des ressources
Cela expliquerait pourquoi une étude de 2010 dans le British Journal of Criminology a révélé qu’après la dépénalisation, le Portugal a observé une réduction significative de l’emprisonnement de prétendus trafiquants de drogue, de 14 000 en 2000 à 5 000 en 2010. En fait, la proportion de personnes incarcérées pour crimes commis sous l’influence de stupéfiants ou pour nourrir leur addiction a chuté de 41% en 1999 à 21% en 2008.
En réorientant les ressources précédemment allouées à l’arrestation et à la mise en prison de toxicomanes, le Portugal a non seulement réprimé son problème de drogue, mais il a créé une société plus saine. Alex Steven, président de la Société internationale d’étude de la politique pharmaceutique, a déclaré : « La principale leçon à tirer, c’est que la dépénalisation de la drogue ne conduit pas nécessairement à la catastrophe, Et elle libère des ressources pour offrir des réponses plus efficaces aux problèmes que la consommation de drogues engendre. »

Le résultat de la politique portugaise
Il y a quelque chose à apprendre du traitement de la consommation de drogues comme une maladie physique et mentale. Considérons les résultats de la politique portugaise par rapport à l’approche américaine. Alors que les taux d’utilisation, d’incarcération et de maladie au Portugal ont tous baissé, la consommation de drogues aux États-Unis est demeurée relativement inchangée depuis une dizaine d’années.

Chaque année, 1,5 million de personnes sont arrêtées et mises en examen pour des faits liés à la drogue, dont 80% pour simple possession. La moitié de toutes les incarcérations fédérales est reliée aux drogues.

Peu de gens pensent que l’usage de drogues n’est pas un problème. Sans aucun doute, sa consommation pose des problèmes pour la santé publique et détruit de nombreuses vies. Cependant, lorsqu’on examine l’efficacité des politiques en matière de drogues, le modèle américain n’est rien de moins qu’un échec total. Il est temps de regarder les alternatives. Comme l’illustre le cas portugais, les politiques dites «radicales» peuvent être parfaitement raisonnables.

Source contrepoints.org
Par Abigail R. Hall.
Un article de la Foundation for economic education



fee.org
Fondée en 1946 par Leonard E. Read, la Foundation for Economic Education (FEE), présidée par Lawrence W. Reed, est l'une des plus anciennes organisations de défense et de promotion des "principes" de la liberté aux États-Unis : le caractère sacré de la propriété privée, la liberté individuelle, la primauté du droit, le libre marché, et la supériorité morale du choix individuel et de la responsabilité sur la coercition.

jeudi 30 mars 2017

Billets-Les amusants recasages des conseillers ministériels aux frais du contribuable


Les amusants recasages des conseillers ministériels aux frais du contribuable

Une loi désormais ancrée dans la pratique publique veut que le recasage soit d’autant plus généreux que le mandat dont on a profité fut désastreux pour l’intérêt général.

Ah ! les recasages ! C’est devenu une tradition dans une haute fonction publique qui ne manque pas une occasion de fustiger le populisme, le complotisme et la démagogie du petit peuple : à l’issue du quinquennat, on prend ses dividendes à la bourse de la vie administrative et on se recase dans des sinécures pour échapper au changement de majorité avec le même empressement que celui du rat qui quitte le navire en flammes. Et une loi désormais ancrée dans la pratique publique veut que le recasage soit d’autant plus généreux que le mandat dont on a profité fut désastreux pour l’intérêt général.

On trouvera donc ici une nouvelle liste (partielle) des cadeaux aux cabinets ministériels.

La diplomatie française, lieu de recasage et de reclassement professionnel
Reuters a produit une liste intéressante des fromages diplomatiques attribués aux amis.
Stéphane Romatet, conseiller diplomatique de Manuel Valls puis Bernard Cazeneuve à Matignon, est attendu au Caire. (…) Le conseiller Afrique du Nord et Moyen-Orient de François Hollande, David Cvach, est annoncé à Stockholm. (…)
Le conseiller diplomatique du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, Luis Vassy, est pour sa part nommé ambassadeur à Oman, une nomination rare à 37 ans.
Quant au poste d’attaché culturel à Londres, il pourrait échoir à Claudine Ripert, conseillère en communication de François Hollande.

Félicitations à tous ces heureux bénéficiaires d’une nomination qu’il est difficile de ne pas voir comme politique. Elle rappelle combien la fonction publique est attachée à l’intérêt général.

D’autres nominations en opportunité
On remerciera Acteurs publics pour l’inventaire des nominations politiques sur le sol français.
En vrac, on notera donc :
  • la nomination d’un conseiller politique d’Annick Girardin à un poste d’inspection générale
  • la nomination d’une conseillère de Marisol Touraine dans un corps d’inspection (rappelons que le directeur de cabinet de la même ministre est passé à la Cour des Comptes)
  • la nomination d’une conseillère de Myriam El-Khomri dans le corps préfectoral
  • la nomination du directeur de cabinet de Jean-Jacques Urvoas comme directeur des affaires civiles du Sceau.

Encore ne s’agit-il là que de quelques nominations épisodiques parmi une foule d’autres recasages dont on mesure, une fois de plus, qu’ils accentuent la politisation de la haute fonction publique que le statut est supposé éviter…

Source contrepoints.org
Par Éric Verhaeghe.

Éric Verhaeghe est président de Triapalio. Ancien élève de l'ENA, il est diplômé en philosophie et en histoire. Écrivain, il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Il anime le site "Jusqu'ici tout va bien"
http://www.eric-verhaeghe.fr/


mercredi 29 mars 2017

Dessins de presse


Dessins de presse

mardi 28 mars 2017

Billets-Les Français, spectateurs de leur propre naufrage


Les Français, spectateurs de leur propre naufrage
Malgré les rapports alarmants de la Cour des Comptes, l’État continue de mener grand train et de dépenser sans compter. Les subventions diverses, variées et dodues dont bénéficie annuellement la presse sont jugées inefficaces par la Cour des Comptes ? Qu’à cela ne tienne ! Les élus voteront tout de même le sauvetage de L’Humanité, ce journal qui s’en trouve aussi dépourvu que de lecteurs qui, jadis, pleura Staline. On s’en émeut aujourd’hui, certes ; mais peu s’offusquent du soutien apporté à Chavez malgré les souffrances qu’il cause au peuple vénézuélien.

Alors qu’ils justifient leurs méfaits par le soutien que leur apportent des électeurs (pourtant minoritaires), les élus sont incapables de comprendre que si les Français ne veulent plus acheter une presse qui se gargarise de ses reprises biaisées de dépêches AFP, les forcer à payer pour des journaux qu’ils ne lisent plus va contre leur volonté.

Il faudrait être bien naïf pour croire encore que les décisions des élus sont l’expression de la volonté du peuple. Quel citoyen approuve les banquets du RSI, les primes des ministères, l’achat d’une collection de bonsaïs par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, et la « disparition » de nombreuses œuvres d’art à chaque changement de tête ? Si l’État se permet de dépenser autant, avec fierté plutôt qu’avec honte, c’est parce qu’il persévère dans l’erreur selon laquelle la dépense publique crée de la richesse. Sans attendre des élus qu’ils notent la faiblesse logique de leur raisonnement, on pourrait au moins espérer qu’ils constatent l’échec des politiques de relance par la dépense menées depuis des décennies. Chaque année depuis 40 ans, ils votent un budget en déficit, sans sourciller.

Les Français ne semblent pas sourciller non plus, sauf pour descendre dans la rue en signe de protestation contre les rares lois qui ne leur nuisent pas comme le mariage homosexuel. Ils ne font plus confiance aux partis au pouvoir, et ils ont bien raison ; mais de plus en plus d’entre eux placent de l’espoir dans un parti au programme ridicule et aux intentions plus que douteuses. Leur prochain président sera choisi entre diverses nuances de socialisme, du rouge au brun en passant par la pastèque (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur).

La presse (commodément subventionnée) se contente de relayer les mesures prises par des ministres incompétents, dont le seul mérite consiste à avoir convenablement servi le Parti. Il y aurait pourtant fort à en dire ; les priorités désopilantes de ceux qui nous dirigent se traduisent tantôt par des objectifs témérairement stupides (diviser par 2 nos émissions d’ici 2050), tantôt par des mesures liberticides à bras raccourcis (40% de femmes dans les conseils d’administration).

Ce qui caractérise le pays dans son ensemble, c’est le déni. Les contrats d’avenir ne nous sortirons pas plus de l’ornière que le retour au franc ; mettre la vie des Français en coupe réglée ne remplacera pas les coupes budgétaires nécessaires ; menacer et contraindre les entreprises ne favorisera ni l’investissement ni l’emploi. La France a besoin de réformes structurelles, que tous s’emploient à repousser autant que faire se peut, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Il sera trop tard quand toutes les caisses seront vides, aussi bien celles de l’État que celles des Français (en dehors de celles des hommes politiques et de leurs proches, qui sont depuis longtemps à l’abri du besoin et échappent commodément à la prison).

Une fois que la situation sera perçue dans toute sa gravité, on pourra remplacer les incantations à la courbe du chômage par des mesures de bon sens, que nos voisins européens ont déjà engagé. Certes, l’Europe n’échappe pas aujourd’hui à la tendance mondiale au surpoids étatique, mais certains pays ont le mérite de s’en rendre compte et l’espoir que la catastrophe puisse être évitée.

On admet volontiers en Finlande que l’État ne peut pas créer la croissance, on substitue petit à petit le privé au public en Suède, et on envisage avec sérieux la sortie d’une Union Européenne trop couteuse au Royaume-Uni.

Mais en France, rien de tout cela. Face la crise d’un modèle économique et politique dépassé (qui ne fait que commencer), la France, nue, se drape d’illusions, barricadée dans sa forteresse idéologique qui a tout d’une prison. Surtout pour les citoyens, condamnés à accepter ce qu’on tente de faire passer pour l’expression de leur volonté et la poursuite de leur meilleur intérêt.

Un jour, peut-être, la situation changera ; à eux d’en décider, et d’agir en conséquence. En attendant, les Français sont spectateurs de leur propre naufrage.


Source contrepoints.org

lundi 27 mars 2017

Billets-Suggestions pour défendre la liberté


Suggestions pour défendre la liberté

Suggestions américaines pour mener une vie plus libre, donner l’exemple et faire la différence. Certaines ne sont pas très applicables en Europe mais elles vous inspireront.

Les libéraux s’élèvent contre le monstre appelé « État » mais cela pose tout de même un gros problème. L’État n’a pas grand chose à faire de ce que nous pensons. Il continue gaiement à oppresser les gens, ruiner des vies et à saccager la liberté et la propriété privée. Que peuvent faire les défenseurs de la liberté pour faire la différence ?
La « gauche progressiste » est très forte pour avancer par petits pas vers son objectif. Elle se focalise sur les moyens concrets d’améliorer la vie. Elle nous dit que nous devrions utiliser des vélos et non pas conduire nos voitures, recycler plutôt que mélanger les déchets, faire du compost etc. Ces expressions de leurs valeurs politiques au sein même de leur mode de vie constituent une sortie de liturgie quotidienne pour des gens intéressés par la mise en pratique d’un point de vue sur la manière dont le monde devrait être.

Pourquoi les libéraux n’ont-ils rien de similaire ? Un plan pour la mise en pratique de notre vision de l’ordre social au sein de notre vie privée ? On y arrive. J’ai remarqué à la dernière Porcfest un accent très fort sur la pratique de la liberté. Ce n’est pas la même chose que faire de la politique conventionnelle. En fait, c’est bien plus radical. Il s’agit de s’investir, soutenir les causes justes, se faire un chemin à coup de griffes vers la liberté et construire des institutions solides en dehors de l’État.

Sur la base de mon expérience à Porcfest, voici une tentative de chronique pour une procédure de rébellion silencieuse :

  1. Sortez des dettes
Depuis que les banques centrales ont été créées par les États, le système monétaire récompense les endettés au détriment des économes. Les présidents et les économistes employés par le gouvernement ont encouragé les gens à vivre au-dessus de leurs moyens, l’État montrant l’exemple. Voyez maintenant comment les dettes ont compromis notre indépendance, nos choix possibles et, au final, notre liberté personnelle. Pour une vie plus libre, on peut remédier à cette situation.

  1. Réexaminez l’école publique
La plupart des gens ont recours à l’école publique par réflexe, mais il existe peut-être une meilleure voie, malgré le contrôle public. À peu près partout, malgré tous les obstacles, il existe des organisations de homeschooling, de petites options privées ou des écoles religieuses.

  1. Possédez une arme à feu
Les armes sont le produit de l’entreprise privée, une épopée historique pour la protection de la propriété et de la vie. N’en laissez pas le monopole à l’État.

  1. Achetez des munitions
Même si vous ne possédez pas d’arme à feu, nombreux sont ceux qui estiment que les munitions constituent un investissement intéressant. Leur prix ne cesse de grimper et, en cas de crise, elles pourraient prendre beaucoup de valeur.

  1. Achetez de l’or
C’est peut-être un très bon investissement mais ce n’est pas ici le sujet. L’or constitue un rappel criant que, fut un temps, la monnaie appartenait au peuple, pas aux banques ni à l’État. En posséder, ne serait-ce qu’un peu, permet de garder cette vérité à l’esprit.

  1. Achetez des bitcoins
Les cryptomonnaies sont peut-être la plus spectaculaire innovation de notre époque. Il n’est pas difficile d’en faire partie. Téléchargez un porte monnaie, achetez en ligne ou localement, utilisez le distributeur de Bitcoin, et commencez à apprendre comment utiliser la monnaie de l’avenir.

  1. Voyagez en dehors du pays
Le nationalisme est un réflexe mais il est totalement facultatif. Sortir de votre pays maternel est un moyen magnifique de voir qu’il existe une vie en dehors de l’État-nation.

  1. Ne prononcez pas le serment
Le « serment d’allégeance » est une invention socialiste/fasciste du début du 20e siècle, une invention qui vous écarte de l’auto-détermination et vise à faire de l’État une religion.

  1. Tentez l’éducation pacifique
Si le principe de non-agression est le premier principe de la vie sociale, pourquoi ne le serait-il pas pour la vie familiale également ? L’excès de pouvoir est un problème, quel que soit le lieu où il intervient. La paix des ménages est un très bon professeur.


  1. Éteignez les médias traditionnels
Fut un temps, l’État contrôlait toutes les informations auxquelles vous aviez accès grâce à des structures réglementées. Ce temps est révolu. Vous pouvez accélérer la mort des médias traditionnels simplement en ne leur accordant plus votre attention.

  1. Venez à Porcfest ou à d’autres événements
Un événement sur le thème de la liberté peut changer votre vie en vous ouvrant à de nouvelles idées, vous aidant à développer de nouvelles amitiés et montrer la joie que confère la liberté. Il y en a de plus en plus dans le pays.

  1. Soutenez les « food trucks »
La révolution des food trucks (camions à nourriture) fait plaisir à voir. Tout le monde ne peut pas être réglementé et il existe des millions de ces restaurateurs justiciers qui roulent à travers le pays. Ils ont besoin de votre soutien.

  1. Réévaluez le matérialisme
Les politiques publiques récompensent depuis longtemps l’accumulation et le consumérisme de court-terme. Économiser et ne pas dépenser, se débarrasser de ce qui vous pèse et penser à l’avenir, voilà des actes révolutionnaires.

  1. Achetez un auto-collant à pare-choc
Il arrive qu’un simple slogan à l’arrière d’une voiture soit le déclencheur d’une nouvelle manière de penser. De surcroît, cela peut vous faire rencontrer des gens fantastiques.

  1. Modifiez vos équipements ménagers
La réglementation contrôle tant de choses chez vous, mais vous pouvez contourner une bonne partie des problèmes qui en résultent en modifiant votre pomme de douche, votre ballon d’eau chaude ou la pression de votre eau courante. Rien de tout cela n’est illégal et cela peut massivement améliorer votre vie quotidienne.

  1. N’oubliez pas les prisonniers
La plupart d’entre nous connaissons des gens emprisonnés de manière injuste. Plus de la moitié le sont sans bonne raison. Ils ont besoin de lettres, de visites et leurs familles ont besoin de votre soutien. Ils constituent la première ligne des victimes de l’État. Ne les oublions pas.

  1. Soyez bons avec les autres
Un aspect de la démocratie est la manière dont elle dresse les individus les uns contre les autres, sur la base du sexe, de la race, de l’éducation, de la religion, des capacités ou de n’importe quelle manière que les élites trouvent. Vous pouvez éviter cela par de simples actes d’amitié qui refusent de participer à ce monde impitoyable.

  1. Utilisez Uber ou Lyft (ou Allocab, NDT) pour vous déplacer
Toutes les villes ont tenté de mettre en place le monopole des taxis, et c’est une belle chose que de le voir exploser grâce à l’entrepreneuriat. Lorsque vous avez le choix, pourquoi ne pas utiliser un service privé plutôt qu’un service public ?

  1. Utilisez AirBnB pour déjouer les réglementations
La révolution du partage est intervenue avant que l’État puisse la contrôler, et vous avez maintenant d’incroyables services en dehors des réglementations urbanistiques. Vous pouvez proposer une chambre de votre maison ou utiliser celle de quelqu’un d’autre lorsque vous voyagez.

  1. Payez cash
Il y a peu d’employés ou de petites boutiques qui ne préféreront pas être payés en espèces plutôt que de devoir régler d’importants frais de carte de crédit.

  1. Utilisez Craigslist (ou Le Bon Coin, NDT)
Voici un service impressionnant, un produit du marché libre qui illustre l’incroyable inclusivité du commerce peer-to-peer.

  1. Assemblez un réseau
Si la lutte en arrive à l’État contre les individus, nous allons perdre. Cependant, se réunir en groupes de soutien nous donne à tous une chance. C’est l’avantage principal des réseaux sociaux. Nous pouvons construire des institutions qui nous aident personnellement et qui peuvent s’élever contre le contrôle du Léviathan.

  1. Commandez vos médicaments sur ordonnance à l’étranger
Le législateur déteste le marché en ligne des médicaments sur ordonnance mais il ne peut pas le faire disparaître. Bien souvent, vous payez pour des médicaments usuels moins de la moitié du prix que vous auriez payé dans les pharmacies réglementées, et le marché concurrentiel a permis de notables améliorations dans la qualité et le service.

  1. Téléchargez et lisez des livres électroniques gratuits
L’économie de marché cherche depuis plus de 1000 ans à mettre la littérature entre les mains de tout un chacun. Ce jour est finalement arrivé. Avec une tablette à 100 euros, vous pouvez télécharger des milliers de livres. Profitez-en !

  1. Développez des compétences
Même si cela peut paraître extravagant, rien ne remonte davantage le moral que l’acquisition d’une nouvelle compétence et le sentiment de valeur individuelle qu’elle vous apporte. Cela peut être la fabrication du vin. Ou le jardinage. Ou les arts martiaux. Un investissement pour vous-même est un investissement pour la liberté.

  1. Ayez un passeport
Les passeports ne devraient pas exister mais si vous n’en avez pas, vous êtes coincé dans votre pays d’origine. Ceux qui aiment la liberté devraient être prêts à se sauver, si cela se révélait nécessaire.

  1. Faites-vous des amis
La nature de l’étatisme est de dresser les individus les uns contre les autres, éloignant de plus en plus le civisme de nos vies. Le moyen le plus simple de renverser cette tendance est de cultiver de belles amitiés et de s’y accrocher comme à des trésors tout au long de sa vie.

  1. Mangez paléo
Dans les années 1970, l’État a décidé que la meilleure nourriture à fourrer dans notre bouche devait être pleine de glucides. C’était de la mauvaise science qui a eu pour résultat une dégradation de la santé. Nous avons toujours le droit de choisir ce que nous mangeons et ne pas faire ce que l’État recommande est un bon début.


  1. Utilisez la technologie pour éviter les contrôles de police
Nous savons ce que fait la police : elle collecte des taxes sous le prétexte de faire respecter les lois routières. Nous avons maintenant des applications comme Waze (ou Coyote, NDT) qui nous préviennent lorsque la police nous surveille, et nous permettent de prévenir les autres. C’est un souffle pour la liberté individuelle !

  1. Abonnez-vous à Netflix
Ce service a permis de mettre fin au monopole de diffusion télévisée, un merveilleux exemple de comment les entrepreneurs font tomber les barrières. De plus, Netflix produit la géniale série pro liberté House of Cards.

  1. Publiez un livre
Autrefois, écrire un livre était réservé à l’élite ou aux très chanceux. Maintenant, n’importe qui peut le faire. Vous pouvez écrire, promouvoir votre œuvre et laisser un bel héritage littéraire.

  1. Lancez votre business
Le commerce est la première ligne du progrès comme nous l’entendons, une manière de contourner l’immobilité et la stagnation d’un monde contrôlé par la bureaucratie. Faire bouger les lignes via l’innovation et le commerce contribue à rendre le monde meilleur.

  1. Soyez en bonne santé
L’État ruine les services de santé depuis plus d’un siècle et cela ne fait que s’aggraver. Il n’a jamais été aussi important de prendre en charge votre propre santé. De surcroît, le marché libre a largement démocratisé l’information sur la santé qui était autrement contrôlée par le cartel médical.

  1. Essayez les prêts peer-to-peer
Jadis, seules les banques pouvaient prêter de l’argent, sinon il fallait dépendre de la famille. Cette situation a dramatiquement changé depuis l’apparition de services comme LendingTree. Vous pouvez maintenant prêter et emprunter dans de bien meilleurs termes que grâce au système traditionnel.

  1. Contribuez à un Kickstarter (ou autre plateforme de crowdfunding, NDT)
Il est si beau de voir comment les services en ligne permettent aux créateurs de lancer leurs idées et lever les fonds nécessaires à leur entreprise ou projet artistique. Ces outils nous sont maintenant accessibles et les utiliser est également un moyen de soutenir des approches originales de l’entreprise.

  1. Devenez un « maker »
Le mouvement des « makers » dans l’impression 3D promet de grands bouleversements dans les réglementations et les contrôles des années à venir. Même les produits eux-mêmes migrent vers la frontière digitale. Vous pouvez installer une usine dans votre chambre d’amis !

  1. Vivez à l’étranger
Ceux qui partent vivre entre trois mois et un an à l’étranger rapportent qu’ils ne s’étaient jamais sentis aussi libres. Quitter la proximité et la juridiction du plus grand pays du monde peut procurer le remontant émotionnel et intellectuel dont nous avons besoin pour endurer les derniers jours du despotisme.

  1. Expatriez-vous
Ceci est une solution radicale mais aussi une solution que de plus en plus choisissent. Le nombre d’individus renonçant à leur citoyenneté atteint des niveaux records. Cette option est surtout accessible aux gens à l’aise financièrement mais c’est quelque chose à quoi chaque personne en ayant les moyens devrait réfléchir.

  1. Encouragez les arts
Pouvez-vous imaginer que l’État pensait pouvoir prendre en charge le financement de l’art ? Cela n’a pas trop bien fonctionné mais fort heureusement, l’art a survécu. Soutenir les arts est un moyen de se souvenir que la liberté ne concerne pas que la prospérité matérielle mais vise aussi à rendre le monde plus beau.

  1. Ouvrez un salon
La pensée libérale moderne est née dans des salons de New-York, des groupes de discussion se rencontrant chez des particuliers. Cela ne nécessite pas grand monde, peut-être quatre à douze personnes. Cela peut concerner des livres ou alors simplement des idées en général. C’est un excellent moyen de nourrir son esprit et de passer à l’action.

  1. Faites des réserves de pièces en argent
Vous pouvez acheter des sacs de pièces d’argent assez facilement, et elles sont reconnues universellement. En cas de désastre naturel, ces petits trésors peuvent être exactement ce dont vous avez besoin. En cas d’hyperinflation, elles peuvent vous sauver la vie.

  1. N’utilisez pas de maïs dans votre carburant
L’éthanol est un incroyable racket, des subventions accordées aux cultivateurs de maïs qui sèment la pagaïe dans les moteurs et consentent des rendements de production inférieurs. Certains revendeurs s’en tiennent éloignés toutefois. La plupart des villes proposent une ou deux stations où vous pouvez vous procurer du carburant sans maïs qui ne devient pas inutilisable après avoir été stocké pendant un an.

  1. Évitez l’université
Pensez aux deux coûts majeurs de l’université : tout d’abord la dépense brute puis la perte de quatre années durant lesquelles l’étudiant pourrait acquérir de réelles compétences. Pour de nombreux domaines techniques, éviter l’université n’est pas une option mais c’est le cas de nombreux autres domaines. Cela ne signifie pas ne pas acquérir de formation mais simplement ne pas gaspiller votre temps et votre argent.

  1. Commencez à travailler tôt dans votre vie
Les lois iniques sur le travail des enfants condamnent les jeunes adolescents à l’inactivité, ce qui ne leur permet pas d’avoir un aperçu de la vie commerciale dans le vrai monde. Il existe tout de même des possibilités mais il faut bien chercher. Faire du bénévolat pour n’importe quelle entreprise ou institution est toujours préférable au fait de ne rien faire.


  1. Supprimez votre nom des listes électorales
Voter donne l’illusion mais pas la réalité d’avoir le choix. Être enregistré présente aussi le risque de devoir être juré. Se retirer est une manière pacifique de protester.

  1. Constatez l’anarchie
Si vous adoptez le bon regard sur la vie en général, vous en viendrez à remarquer à quel point on retrouve ce qu’on aime dans la vie associative et le commerce. Une fois que vous l’avez observé, vous en viendrez à voir toute cette belle anarchie autour de vous, ce qui enthousiasme et laisse apercevoir des possibilités d’avenir.

  1. Investissez-vous pour les autres
Les relations privées que nous nouons dans nos vies constituent un rempart entre l’État et nous. Mais les rendre vraiment solides nécessite de faire attention aux besoins des autres au travers de simples actes de générosité et de réels témoignages d’amour. S’investir pour les autres signifie s’investir pour soi-même.

  1. Sympathisez avec la dissidence
Chaque jour, l’État arrête des individus qui n’ont que peu de défenseurs : des drogués, des dealers, des prostitués ainsi que d’autres figures marginales de la société. Considérez que les libertés de chacun sont importantes pour les nôtres. S’élever pour les dissidents, même, voire en particulier, si vous n’aimez pas ce qu’ils disent ou font, est essentiel lorsque chacun devient une cible potentielle.

  1. Rejoignez Liberty.me (ou lisez Contrepoints ! NDT)
Cette ville numérique est entièrement dédiée aux moyens d’atteindre davantage de libertés par le crowdsourcing, naviguer dans les eaux du Leviathan, et nous diriger vers un avenir de liberté que nous construisons nous-mêmes. Elle fonctionne avec des cours du soir, l’accès à la littérature scientifique, la publication des productions de chacun, des guides sur tous les sujets mentionnés ci-dessus et une communauté qui grandit chaque jour, toute la journée. Rejoignez-nous pour un essai gratuit et menez une vie plus libre.

L’État moderne ne s’est pas fait en un jour. Nos libertés ont été perdues pendant certaines violentes périodes d’imposition sinistre mais pour la plupart, nous les avons perdues à petits pas. C’est le même chemin que nous devons emprunter pour les regagner, étape par étape. Non-conformité, dissidence, libre pensée, actions conformes à nos convictions : c’est ainsi que nous pourrons bâtir un monde nouveau et mener l’État à son obsolescence.

Bien évidemment, vous êtes libres d’ajouter vos propres idées. Il nous faut bien 5000 manières de mener une vie plus libre !

Billets-Le rôle salutaire de Cahuzac pour la démocratie


Le rôle salutaire de Cahuzac pour la démocratie

Jérôme Cahuzac a l’avantage de brutalement mettre un nom, un visage, un parcours, sur la face immergée de l’iceberg politique : l’étroite imbrication entre les élus qui gouvernent et les entreprises qu’ils réglementent et qui les financent.

Finalement, le procès de Jérôme Cahuzac a une vertu majeure : celle de mettre des mots et des aveux sur ce que tout le monde savait ou croyait savoir concernant le financement des partis politiques. On aurait bien tort d’en déduire un générique « Tous pourris », qui donne l’impression qu’une simple purge du personnel des partis suffirait à résoudre le problème. Bien au-delà de cette vision simpliste, c’est le destin même de nos démocraties qui s’éclaire, et c’est un coup de projecteur sur les mécanismes déterminant le gouvernement profond qui est donné.
Les phrases choc de Jérôme Cahuzac sur le financement des partis
Durant son procès, Cahuzac s’est donc livré à quelques aveux dont la presse a surtout retenu qu’ils impliquaient Michel Rocard. En particulier, il a replacé l’ouverture de ses comptes en Suisse dans le contexte général du financement des partis politiques par des entreprises. Celles-ci étaient (et sont probablement encore) plus ou moins priées de « payer l’impôt révolutionnaire » en échange d’une contrepartie publique (comme l’ouverture d’un supermarché sur le territoire d’une commune, par exemple).

Et en quoi consistait (et consiste encore) « l’impôt révolutionnaire » ? En un versement direct d’argent sur les comptes d’un parti politique, souvent par l’intermédiaire d’un tiers de confiance.
Épiphénomène ou système ?
Il serait dommageable de ne pas donner à ce témoignage la dimension systémique qu’il mérite. Dans le monde de bisounours qui nous est souvent présenté par les médias subventionnés, le citoyen lambda peut avoir le sentiment que les décisions sont prises selon des principes de rationalité politique ou économique, ou selon des affiliations idéologiques.

Cahuzac a l’avantage de brutalement mettre un nom, un visage, un parcours, sur la face immergée de l’iceberg politique : l’étroite imbrication entre les élus qui gouvernent et les entreprises qu’ils réglementent et qui les financent. Le sujet unique du procès Cahuzac est là : dans l’industrialisation d’un système qui finit par dessiner la mécanique du gouvernement profond. Industrialisation du financement des partis, d’un côté, où une sorte d’économie parallèle se dégage, fondée sur une corruption et un trafic d’influence à la source de toutes les grandes décisions publiques. Industrialisation de cette corruption, avec des entreprises qui organisent l’influence qu’elles peuvent avoir sur les élus et les lois en « investissant » de façon prévisible afin d’obtenir la bonne prise de décision.
Moralisation ou industrialisation de la corruption ?
Ce système, Cahuzac l’a dit, existe de longue date. La loi de 1988 sur le financement des partis va faire mine d’y mettre un terme. En réalité, elle va accélérer son industrialisation. Brutalement, en effet, le financement du parti politique ne se décide plus au restaurant du coin, autour d’une bonne tête de veau arrosée d’un Gamay approximatif. Ce n’est plus l’affaire de l’élu local qui monte une combine dans son coin. Tout cela devient trop dangereux, et cette pratique est d’ailleurs lâchée en pâture à l’opinion.

La réglementation (comme toujours est-il tentant de dire) ne supprime pas les mauvaises pratiques : elle les élitise, élimine les petits et favorise les acteurs industriels. C’est ici qu’un Cahuzac devient essentiel. Il faut désormais échapper aux contrôles trop stricts et aux opérations trop visibles. Le compte en Suisse, ou dans tout pays garantissant le secret bancaire, devient inévitable. Il faut un homme-lige pour réaliser l’opération, puis aller retirer l’argent versé pour le réinjecter, en liquide, dans le système. Tout ceci suppose une organisation en bonne et due forme, avec des possibilités de versement à l’étranger et une maîtrise des flux financiers suffisante pour ne pas se faire démasquer. Et des hommes de confiance que le « système » tient et qui tiennent au « système ». Des Cahuzac donc.
Pourquoi Cahuzac plutôt qu’un autre ?
Pour faire le sale boulot, un Cahuzac est une pièce maîtresse, une sorte de gendre idéal. Il est médecin, et pour les laboratoires pharmaceutiques, il est donc un ami et un confident. Il maîtrise accessoirement à merveille le sens des décisions réglementaires que souhaitent les laboratoires pharmaceutiques. Il est ambitieux mais n’est pas énarque. ll a donc tout intérêt à pactiser avec le diable, car le diable peut accélérer sa carrière et lui ouvrir des portes inattendues. Il est, au fond, totalement dépendant de ses financeurs, de ses mécènes, et c’est la meilleure garantie que ces entreprises pharmaceutiques puissent avoir pour leur retour sur investissement.

On comprend mieux ici l’importance, pour le gouvernement profond, de toute cette cour, de toute cette technostructure qui usine les décisions publiques. Ces gens-là sont au confluent des deux mondes, ils en constituent en quelque sorte la couche poreuse. D’un côté, ils ont la technicité complexe indispensable au fonctionnement de la machine étatique et réglementaire. De l’autre, ils sont à l’écoute des intérêts qui s’expriment, et profitent à plein de leur industrialisation. Plus le groupe d’influence à la manœuvre est puissant, plus le technicien aux ordres est enthousiaste : les bénéfices qu’il peut attendre de son trafic d’influence n’en seront que plus élevés.
Gouvernement profond et syndication de la connivence
Parce qu’il repose sur l’intervention d’une technostructure poreuse, le gouvernement profond qui oriente les décisions publiques à son profit (par exemple, par l’intervention d’un Cahuzac, la décision de mettre sur le marché un médicament dangereux, mais remboursé par la fameuse et bienfaisante Sécurité sociale) pratique la syndication industrielle de la connivence. Pour gouverner discrètement mais efficacement, le gouvernement profond a besoin d’une caste qui fait écran et qui agit loyalement dans la défense de ses intérêts.

Pour s’assurer de cette loyauté, le gouvernement profond a besoin de l’organiser, de l’animer et de la nourrir. Cette animation s’appelle les cabinets ministériels pléthoriques, les clubs et les cercles d’influence, comme le Siècle, les thinks tanks, et toutes ces sortes de lieux où le grenouillage est recommandé pour faire une carrière. Jusqu’à l’engloutissement total du navire.

Source contrepoints.org
Photo By: thierry ehrmann – CC BY 2.0
Par Éric Verhaeghe.


Éric Verhaeghe
Éric Verhaeghe est président de Triapalio. Ancien élève de l'ENA, il est diplômé en philosophie et en histoire. Écrivain, il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Il anime le site "Jusqu'ici tout va bien" http://www.eric-verhaeghe.fr/


Billets-Faut-il une période de transition présidentielle en France ?


Faut-il une période de transition présidentielle en France ?

Aux États-Unis s’est ouverte la période de transition présidentielle. On s’interroge sur l’absence d’une telle latence démocratique en France.

Alors qu’aux États-Unis s’est ouverte une période bien spécifique, celle de la transition présidentielle, on s’interroge sur l’absence d’une telle latence démocratique en France. Censé permettre une passation des pouvoirs en douceur et livrer toutes les clés de l’action présidentielle à l’équipe élue, ce temps politique est moins anodin qu’il n’y paraît. La France pourrait songer à se doter d’un tel intervalle.

La période de transition présidentielle qui s’est ouverte aux États-Unis le 8 novembre dernier n’est pas anecdotique. Au soir de son élection, Donald Trump est devenu le President elect des États-Unis tandis que Barack Obama demeure pleinement Président des États-Unis. Il le restera jusqu’au 20 janvier prochain. À cette date, la main gauche apposée sur une bible, Donald Trump se prêtera à la cérémonie de prestation de serment sur les marches du Capitole à Washington DC et deviendra alors officiellement le 45ème Président des États-Unis.

D’ici là, pendant 73 jours, les équipes des deux Présidents s’attellent à tout mettre en œuvre pour permettre une passation des pouvoirs harmonieuse et efficace. Les États-Unis accordent une place importante à cette période qu’ils ont encadrée dès 1963, via le Presidential Transition Act, modifié à plusieurs reprises.
Une transition présidentielle qui permet une passation de pouvoir en bonne et due forme
En pratique, les équipes du Président Obama préparent depuis près d’un an cette transition. Elles ont établi un Conseil de coordination pour la transition présidentielle (composé de responsables de la sécurité nationale, du territoire et de l’économie), et ont permis l’installation des équipes de campagne des deux principaux candidats à quelques pas de la Maison Blanche. Elles livrent chaque jour des informations confidentielles au Président élu et lui transmettent les renseignements et les dossiers nécessaires à sa prise de fonction.
L’exécutif conduit les affaires du gouvernement de manière à favoriser une passation ordonnée des pouvoirs présidentiels. Il a même été rapporté que l’équipe du Président Obama a prévu d’organiser un exercice de simulation de crise afin de préparer l’équipe de Donald Trump à l’hypothèse d’une menace pour la sécurité nationale.
Une transition présidentielle utile au futur Président
Au cours de ces 11 semaines de transition, l’équipe présidentielle entrante va, quant à elle, pouvoir procéder à la nomination de plus de 4000 postes au sein des administrations centrales (Spoil system oblige), prendre la mesure de la tâche qui l’attend, élaborer des stratégies pour la mise en œuvre de son programme et préparer au mieux sa prise de fonction. Cette latence démocratique est donc une période de préparation intense.

L’enjeu d’une telle transition présidentielle, longue et méthodique, est de permettre au Président élu de commencer efficacement son action dès son premier jour d’exercice du pouvoir. Elle lui permet de prendre le temps nécessaire afin de procéder aux bonnes nominations, de construire les conditions d’une unité politique nationale. Cela lui permet aussi d’améliorer le début du mandat de son équipe et, finalement, d’accroître l’efficacité du futur gouvernement. Ces avantages ne sont pas vains.

L’exemple de la transition réussie entres les équipes Bush et Obama fait, à ce titre, référence. Le fair-play politique avait alors parfaitement fonctionné. Obama avait ainsi pu signer, dès les deux premières semaines de son mandat, plusieurs décrets présidentiels. Ces premières actions lui avaient alors permis de lancer les réformes les plus essentielles de son action présidentielle.

Il est également possible de noter que dans de nombreuses grandes entreprises, la passation des fonctions entre deux CEO se déroule pendant plusieurs semaines. Le responsable entrant peut  ainsi bénéficier de tous les conseils de l’ancienne équipe et d’un temps certain afin d’organiser opérationnellement les grands axes de ses propres orientations. Cela limite aussi l’impact que certaines erreurs pourraient engendrer.
En France, la transition présidentielle n’existe pas
Cette période comprend donc des avantages réels. Pourtant, la plupart des passations de pouvoir au sein des démocraties occidentales se passent dans un laps de temps très bref et de manière beaucoup moins méthodique, notamment en France.

En France justement, la passation des pouvoirs est issue d’une pratique coutumière et se veut avant tout solennelle. Le président élu accède à ses nouvelles fonctions une dizaine de jours seulement après son élection. Il prend la mesure de sa charge une fois installé à l’Élysée, relativement seul face à ses nouvelles responsabilités.

Dans une démocratie solide, résiliente et apaisée, une transition des pouvoirs relativement longue ne devrait pas inquiéter. Bien sûr, la passation des pouvoirs constitue forcément un défi pour n’importe quel régime démocratique. Mais la stabilité politique pourrait paradoxalement sortir renforcée d’une période de représentation bicéphale du pouvoir, utilement et habilement organisée.

À l’heure du court-termisme, cette latence démocratique conduit à repenser la cadence de l’action politique. Elle lui impose un cycle de recul, de préparation, d’échange après des campagnes électorales souvent frénétiques et enclines aux excès. Elle lui permet de se montrer plus efficace au cours des premiers mois, essentiels, d’un gouvernement. Et si la France songeait à se doter d’un tel intervalle, dès 2017 ?


Source contrepoints.org
Photo Palais de l’Elysée by Nicolas Nova(CC BY-NC 2.0)
Par Benjamin Boscher.

Benjamin Boscher

Benjamin Boscher est un chroniqueur de "Trop Libre", site internet de la Fondation pour l’innovation politique. Diplômé de Panthéon-Assas, il est actuellement étudiant en affaires publiques à Sciences Po et à l’Essec.

vendredi 24 mars 2017

Dessins de presse


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Dessins de presse

mardi 21 mars 2017

Infos santé: Sport et Santé-La marche


La marche

Marcher est vivement conseillé pour les seniors. Les fameuses « 30 minutes de marche active » semblent constituer la panacée pour profiter de tous les bénéfices de l’exercice. Qu’en est-il vraiment ? Comment optimiser votre programme ?

Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

À l’origine de la promotion et de l’excellente image de la marche on trouve de nombreuses recherches médicales confrontées à une réflexion sociologique et politique. Dès les années 80, PAFFENBARGER indique que les tous premiers effets favorables de l’activité physique se manifestent à partir d’une dépense énergétique hebdomadaire de 500 à 1 000 kilocalories. Voilà qui correspond à une durée de 2 heures à 4 heures de marche par semaine. D’autres articles viendront confirmer cet ordre de grandeur. Notez d’emblée qu’à ce niveau d’activité les bienfaits sont significatifs mais restent modérés. Le risque d’infarctus, d’hypertension artérielle, d’excès de cholestérol et d’autres maladies dites de civilisation diminue légèrement. Ainsi, la probabilité de survenue de maladie cardiovasculaire est réduite de 15 à 30 % et celle du diabète de 6 %. Sachez aussi que les bénéfices continuent de croître jusqu’à 3 500 kilocalories hebdomadaires soit l’équivalent de 10 kilomètres de course par jour. Dans ces conditions le risque de crise cardiaque est divisé par 3.
  • Après la médecine, la sociologie et la politique
À la rubrique sociopolitique, il faut admettre que la marche est très facile à pratiquer, même sans tenue de sport, même pour aller travailler. De surcroit, les études montrent que son intérêt persiste si elle est réalisée de façon discontinue. Ainsi, les allers-retours à la photocopieuse conservent leur pertinence scientifique tout au long de la journée ! Mais l’INSERM indique encore de nombreux freins à la marche quotidienne : absence ou mauvais état des trottoirs, obscurité, sensation d’insécurité. De fait, elle est encore plus difficile à mettre en place à la campagne qu’à la ville. Contrairement à une idée reçue, les enquêtes mettent en évidence que vivre en zone rurale ne favorise pas l’activité physique. Au contraire, le porte à porte en voiture y est beaucoup plus systématique. Quant à faire la promotion d’autres activités sportives, les politiques sont moins enthousiastes. Lorsque l’intensité de l’effort augmente, l’équilibre « risque/bénéfice » devient plus précaire et un couteux bilan médical est parfois nécessaire. De plus, si ces démarches amènent toute la population à la piscine ou sur les terrains de tennis, les collectivités locales se verront rapidement reprocher leur manque d’infrastructures. Décidément, mieux vaut proposer à chacun de marcher dans la rue…
  • Le cœur est sollicité… mais pas assez
Il n’en reste pas moins vrai que la marche recèle bien des intérêts pour la santé. Elle répond presque en totalité à la définition du sport d’endurance : activité physique sollicitant le cœur à intensité moyenne grâce à l’utilisation d’une volumineuse masse musculaire notamment celle des membres inférieurs. En marche à pied, le niveau de travail cardiaque est plutôt faible mais nous trouverons des astuces pratiques pour y remédier ! Certaines études montrent qu’elle permet d’améliorer le pronostic vital… et même la VO2 max… chez des patients sortant des services de cardiologie. Cette constatation s’explique aisément grâce à la notion essentielle d’ « effet d’entraînement ». Vous progressez lorsque vous effectuez un peu plus d’exercice que d’habitude. En pratique, vous comprenez pourquoi la marche à pied est bénéfique pour la santé du sédentaire repenti et sans grande efficacité pour le coureur de fond assidu ! Bref, c’est mieux que rien et c’est indispensable pour commencer le sport progressivement ! Une bonne façon de compenser le manque d’intensité cardiovasculaire de la marche est de prolonger sa durée. En effet, les études corrèlent volontiers les bienfaits de l’activité physique à la dépense énergétique. Cette dernière est principalement liée à la distance parcourue et relativement indépendante de la vitesse. Puisque, le plus souvent, on court deux fois plus vite qu’on ne marche, 30 minutes de marche correspond à 15 minutes de footing. Ainsi, en pratique, il est vivement conseillé d’atteindre progressivement 1 à 1h30 de marche par jour pour profiter pleinement des bienfaits d’une activité d’endurance.
  • L’appareil locomoteur se renforce… mais pas assez !
Chaque pas impacte la structure osseuse, crée des microlésions qui sont à l’origine d’une réparation plus solide. Logiquement, les études montrent que la marche à pied est efficace pour lutter contre l’ostéoporose. D’autres mettent en évidence que la course est plus efficace. Même les femmes ménopausées profitent d’un peu de trottinement au sein de leur programme. Bien sûr, lors des déplacements à pieds, les muscles des jambes travaillent et même ceux du dos. S’ils sont faibles, ils se renforcent…  s’ils sont forts, ils ne progressent pas ! Le cartilage bénéficie de cette activité douce et fonctionnellement essentielle pour préserver son autonomie. Ainsi, la marche est efficace pour lutter contre l’arthrose. Une étude fait référence. Des patients victimes d’arthrose de genou sont répartis en 3 groupes. Le premier se repose, le second fait de la musculation, le troisième insiste sur la marche. Comme vous le devinez, c’est ce dernier qui présente le moins de douleur et la plus grande aptitude à bouger à la fin du protocole. La marche améliore l’équilibre spécifiquement lors de cette pratique mais reste de fait peu efficace pour se récupérer en cas d’incident de type glissade ou brusque irrégularité sur le sol. Là encore, nous allons vous proposer de booster cette activité pour la rendre plus efficace…
  • La marche avec options « cardiovasculaires » !
Pour accroître le travail du cœur, les instituts de prévention vous parlent de « marche active », c’est bien ! Mais, comme vous l’avez compris, la vitesse idéale dépend de vos aptitudes. Si initialement, il est recommandé de renouer avec le mouvement tout en restant « en aisance respiratoire », il est rapidement conseillé de percevoir un « très léger essoufflement ». Les plus aguerris recherchent alors une intensité telle qu’ils puissent « parler mais pas chanter ». Dès que vous avez retrouvé la forme, l’allure de marche efficace pour le cœur est incompatible avec la vie quotidienne. À cette cadence, vous risquez fort de bousculer tous ceux qui déambulent sur le trottoir ou d’arriver ruisselant au bureau. La marche active devient vite une pratique sportive à part entière nécessitant d’enfiler une tenue adaptée et de s’octroyer un peu de temps. Cependant, quelques astuces peuvent vous aider à vous rapprocher de ce niveau de sollicitation. Pour ne rien gâcher, elles contribuent aussi à votre renforcement musculaire !
  • La marche avec « options musculaires » !
N’hésitez pas à prendre un peu de poids…  transportez vos affaires avec un sac à dos. Voilà qui fait aussi travailler vos muscles longeant la colonne ! Dans le même esprit, ne ronchonnez plus lorsque vous ramenez quelques commissions à pied. Portez deux sacs de poids comparable et modéré  peut constituer un véritable exercice de musculation. Pour rendre cette pratique plus ludique et plus efficace, amusez-vous à faire quelques exercices. Pliez les coudes, montez les bras sur le côté, en avant et arrière, etc. Si vous croisez vos voisins, nul doute, vous allez les impressionner ! Discrètement, faites des pauses ou posez vos cabas de temps à autre comme si vous faisiez des séries de musculation.  Chargé ou non, pensez aux rues en pentes et aux escaliers, vos cuisses et votre cœur apprécient cette sollicitation. Lors de vos balades spécifiques, prenez des bâtons et optez pour la marche nordique. Ainsi, vous associez de façon très efficace renforcement musculaire et augmentation du travail cardiaque. Dans vos moments de disponibilité, la randonnée sur le relief et en terrain varié transforme la marche en une activité sportive beaucoup plus complète. Le cœur travaille longtemps et plus intensément en côte. Les muscles aussi sont mis à contribution plus vigoureusement, surtout si vous portez un sac à dos et si vous utilisez des bâtons. Votre système nerveux peaufine votre équilibre dans les descentes caillouteuses. Ainsi, ces grandes balades dominicales associées à une préparation  quotidienne à l’aide de bonnes séances de marche active peuvent constituer un vrai « programme santé forme » pour le sénior.
  • La marche vous pousse au maximum !
On peut reprocher à la marche usuelle son manque d’intensité pour garder le jeune sénior en forme. À l’inverse, la randonnée en côte amène parfois le sénior âgé au maximum de ses aptitudes cardiovasculaires.  Les constatations de terrain sont là pour le prouver. Je côtoie des retraités actifs et branchés qui aiment à utiliser un cardiofréquencemètre. Lorsqu’ils crapahutent vigoureusement sur le relief, ils approchent leur fréquence cardiaque maximum. De façon comparable, un test progressif de marche sur tapis roulant en pente, est souvent utilisé par les cardiologues pour mener à bien leur épreuve d’effort maximum chez les seniors. On parle de « protocole de BRUCE ». De fait, vous comprenez pourquoi ce type de bilan se révèle souvent nécessaire pour valider une simple aptitude à la randonnée chez un senior actif !


Source SantéSportMag