mardi 31 juillet 2018

Billets-Emmanuel Macron est bien le président des riches



Emmanuel Macron est bien le président des riches

Emmanuel Macron est bien le président des riches, mais cette « politique des riches » est tout sauf une politique libérale.

Pour une fois, je suis assez d’accord avec une certaine partie de l’opinion qui ne recueille pas souvent mon adhésion : Emmanuel Macron est bien le président des riches.

En diminuant l’ISF et les charges sociales des salariés, tout en augmentant « en même temps » la CSG et diverses taxes à la consommation, le Président de la République a fait le choix de « réinjecter plus de capital dans l’économie française qui a besoin de mieux se financer » selon les propos du ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Cette politique, qui est à l’opposé des multiples efforts passés de relance par la consommation consistant à « réinjecter plus de pouvoir d’achat dans l’économie française qui a besoin de mieux se financer », est donc bien une politique destinée aux riches.

Je suis donc assez d’accord avec l’image de Jean-Luc Mélenchon (eh oui !) : au lieu d’arroser la plante par les racines (relance par la consommation) et espérer que le partage de richesses conduira au paradis des prolétaires, le gouvernement a décidé d’arroser la plante par les feuilles (relance par l’offre) et espère que le ruissellement conduira au même paradis des prolétaires.

NE POLITIQUE ANTI-LIBÉRALE
Mon accord avec le leader de la France Insoumise s’arrête là : cette « politique des riches » est tout sauf une politique libérale. Les deux versions (la version Robin des Bois qui consiste à prendre aux riches pour donner aux pauvres et la version Jean Sans Terre qui consiste à prendre aux pauvres pour donner aux riches) sont des politiques interventionnistes où l’État s’arroge la maîtrise d’un domaine qu’il ne connait pas et qu’il ne maîtrise pas.

Ce n’est pas en réduisant par l’impôt le pouvoir d’achat des retraités et des automobilistes (pour ne citer qu’eux) que l’on résoudra les problèmes du pays, pas plus que financer par l’impôt le pouvoir d’achat d’emplois aidésn’ait résolu quoi que ce soit.

Pour citer Frédéric Bastiat : ce n’est pas en perfusant le bras droit pour transfuser dans le bras gauche que l’on guérit un malade. Il semble clair que ce n’est pas non plus en perfusant le bras gauche pour transfuser dans le droit que l’on obtiendra de meilleurs résultats.

Surtout qu’une bonne partie du transfert (des riches vers les pauvres ou des pauvres vers les riches) risque fort de se perdre en route dans les méandres de l’administration.

UNE POLITIQUE NÉFASTE
L’économie est une merveilleuse invention du génie humain, un réseau inextricable d’échanges, de contrats, de prêts et de dettes, de dépenses et de thésaurisation. Ce n’est pas une plante à la croissance infinie qu’il faudrait arroser sans cesse pour la faire pousser.

Si l’on voulait utiliser une image, l’économie serait plutôt une éponge aux milliards de cavités et de réseaux, la monnaie étant l’eau qui l’imbibe.

Si l’éponge grossit, il faut plus d’eau pour garder l’éponge humide, si l’éponge diminue, il faut moins d’eau. Mais ces variations se font lentement, au rythme de quelques pourcents par an. Et qu’on le veuille ou non, elles peuvent tout aussi bien se produire dans un sens comme dans l’autre : les progrès techniques et les économies d’échelles faisant diminuer les prix et donc le volume monétaire, tout comme les innovations et leur commercialisation créent de nouveaux réseaux.

Si on enlève de l’eau (que l’on essore l’éponge), celle-ci se rabougrit, sèche, durcit et perd ses propriétés. Si on ajoute de l’eau en excès (si on noie l’éponge), celle-ci se détend et finit par partir en lambeaux. C’est ce qui se produit lorsque l’on manipule la monnaie.

Si on essaie d’essorer une partie de l’éponge pour en arroser l’autre partie, l’eau finira inexorablement par se répartir partout dans l’éponge, sauf que dans l’opération, on aura asséché une partie et noyé l’autre avec tous les dégâts que cela implique.
Car ma métaphore s’arrête là : ce qui compose l’éponge, ce sont des êtres humains.
Que les ponctions fiscales se fassent au profit des riches ou des pauvres, des actifs ou des inactifs, des propriétaires ou des locataires… n’y change absolument rien, tout ce que cette politique arrive à faire, c’est à réduire les échanges, à détruire à petit feu l’économie et la société.

Car ce qu’Emmanuel Macron semble avoir complétement perdu de vue, c’est que ce qui est important n’est pas vraiment l’argent que l’économie dégage, mais les services qu’elle rend aux individus, en leur fournissant nourriture, logement, transport, éducation, santé, etc.

UNE POLITIQUE D’UN AUTRE TEMPS
La notion de capital est un avatar inventé au milieu du XIXe siècle et qui n’a absolument plus aucun sens dans le monde moderne, à part celui d’être la dette initiale contractée par une société lors de sa création.

Ce qui était vrai à l’époque de la monnaie métallique ne l’est plus aujourd’hui où la monnaie est une inscription sur des registres et où son cours est corrigé quasiment en temps réel pour en faire  un barème le plus stable possible de notation des prix.
Déposer une fortune à la banque ou déposer des milliers de petites sommes revient exactement à la même chose : les banques recyclent les dépôts, les titres et même les prêts et les dettes et « réinjectent le capital dans l’économie française ». Et comme presque tous les échanges se font par l’intermédiaire des banques, prétendre que l’économie française aurait besoin de « capital pour mieux se financer » est totalement ridicule.

Nous ne sommes plus au XIXe siècle : quasiment chaque individu possède une compte bancaire, des actifs personnels (maison, voiture, électroménager…), de l’épargne, voire des actifs financiers ou industriels. Le « capital » est partagé chez chacun d’entre nous, rendu liquide et « recyclé » par les banques qui, grâce au mécanisme de réserves fractionnaires, ont la capacité de rendre disponible la quantité de monnaie dont l’économie a besoin, et ce de façon quasiment illimitée.

Le capital n’est pas l’apanage d’une classe, mais un réseau inextricable de dettes et de prêts, d’actifs et de titres répartis dans toute la population, le tout multiplié par cent par les banques.

Le seul facteur qui effectivement diminue de façon conséquente cette capacité financière, c’est le trou noir de la dette qui aspire chaque année près de 20% du PIB (entre le déficit et le remboursement des intérêts), l’État obèse qui mobilise 25% des actifs et les monopoles publics qui interdisent toute initiative sur des secteurs entiers de l’économie.

Et sur ces derniers points : absolument aucune réforme significative en vue, uniquement des effets d’annonce et des réformettes, alors qu’il suffirait de peu de choses pour changer totalement le paysage économique : la politique suivie dans de nombreux pays a prouvé que pour un emploi de fonctionnaire supprimé, il s’ensuit 3 emplois créés dans le privé, que la privatisation des activités déficitaires de l’État se traduit toujours par des services bénéficiaires et de bien meilleure qualité, qu’avec le plein emploi les revenus augmentent pour tout le monde.

Alors oui, les Anglais payent plus cher leurs billets de train, mais un conducteur de train anglais gagne deux fois plus qu’en France.

Avoir un président des riches est une bonne chose… à condition que tout le monde soit riche.

Source contrepoints.org
Par Olivier Maurice.


Olivier Maurice est né en 1963. Après une première vie trépidante d’entrepreneur et de cadre supérieur à travers le monde, un accident de la vie l’a fait atterrir dans la campagne Française d’où il redécouvre depuis quelques années avec curiosité et une certaine dose d’agacement ses compatriotes et leurs drôles de certitudes.



lundi 30 juillet 2018

Billets-Interdiction des portables à l’école : le ministre n’a rien compris !


Interdiction des portables à l’école : le ministre n’a rien compris !

Interdire les portables à l’école est une décision très discutable qui démontre qu’on n’est pas encore à l’école du XXIème siècle.


Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, a déclaré que les téléphones portables seraient interdits dans l’enceinte des établissements du primaire et du collège à partir de la rentrée prochaine. Une décision qui ravit certains enseignants qui n’arrivent plus à gérer l’intrusion de la technologie dans leurs classes.

Cette décision est très discutable et ne résoudra aucun problème.

DES ENSEIGNANTS EN CONCURRENCE AVEC LES PORTABLES
Les parents seront ravis d’apprendre que le ministre va interdire les portables. Comme si cela allait résoudre le problème ! Le téléphone en classe ne pose un problème que lorsqu’il dérange le cours. Et l’enseignant a (normalement) les moyens de ne pas se laisser déborder.

L’élève consulte son téléphone en classe. Le portable est donc plus intéressant que le cours donné par l’enseignant. N’est-ce pas à l’enseignant de se montrer plus rusé, plus intéressant, plus réactif ? Il est en concurrence avec de la technologie, à lui de se réinventer.

Le téléphone n’est que le moyen de déranger un cours, pas la cause. Du reste, le « Code de l’Éducation » avait déjà prévu l’interdiction des portables en salle de classe, c’est dire son inefficacité si l’on pense aujourd’hui à une interdiction plus vaste !

DES ENSEIGNANTS QUI SONT ENCORE DES ENFANTS
Certains enseignants aujourd’hui se disent soulagés que le ministre les soutienne. Ils attendaient que la loi règle leur problème, que la solution vienne d’en haut : du proviseur, du ministre, de la loi, des interdictions. Il attendent d’être maternés !

En se plaçant d’eux-mêmes dans cette position, ils se mettent tout seuls en situation d’infériorité, sapant tout seuls leur autorité.

Alors que leur métier est d’être un leader, qu’une classe devrait se gérer aujourd’hui comme une petite entreprise qui doit satisfaire des clients, donner un résultat, être rentable, concurrentielle, être à la pointe.

De son côté, le ministre paternaliste n’est pas en reste. Il vient leur proposer son appui, brandissant une loi toute pétrie d’interdictions pour leur venir en aide, montrant du même coup qu’ils sont débordés par le phénomène et incompétents. Il va régler une situation… que les enseignants n’ont pas su régler ! Il ne faudra pas après cela venir pleurer sur le manque de considération pour cette profession malmenée…( On note quand même qu’il y a curieusement des enseignants qui n’entendent jamais la sonnerie d’un téléphone pendant leurs cours. Et qui n’ont donc pas besoin d’une loi.)

LE PROBLÈME N’EST PAS LE TÉLÉPHONE
Le portable, c’est le moyen pour un gamin d’appeler ses parents quand il y a un changement d’emploi du temps :  une absence de prof, une grève ( si peu fréquentes…). Le ministre serait-il resté avec l’idée qu’il y a encore des cabines téléphoniques devant chaque école ? Ou alors prévoit-il de mettre à la disposition des élèves des téléphones à l’intérieur de l’établissement ? On nage dans la modernité, au ministère !

Abordons aussi la confiscation des téléphones interdits : le ministre réfléchit à des casiers qui ferment bien et qui régleront tout d’après lui puisqu’on y enfermera à triple tour ces fameux téléphones qui dérangent. Il n’imagine pas que le trésor attisera les convoitises. Encore une idée déconnectée du réel.

Malheureusement nous avons encore une fois sous les yeux la manifestation de décisions proposées avant d’avoir pensé à la réalité concrète,une loi avant même d’avoir réfléchi aux modalités de son application. Le meilleur moyen de passer pour un amateur.

LE MINISTRE DÉCIDE DE CE QUI EST BON POUR LES ENFANTS
Et si on vivait un peu avec son temps ? Et si on prenait de vraies décisions au lieu de promettre des interdictions surréalistes et inapplicables ?

On tente d’obliger l’élève à entrer de force dans un moule archaïque au lieu d’adapter l’école à l’élève du XXIème siècle.

Alors bien sûr, le ministre évoque la santé des enfants, le principe de précaution devant des ondes qu’on redoute, et le fait qu’il ne faut pas laisser un enfant devant un écran avant l’âge de 7 ans. Tout  n’est pas faux, et cela flatte les oreilles parentales.
Il est bon que les enfants ne soient pas trop, voire pas du tout, devant les écrans avant l’âge de 7 ans.

Encore un ministre de l’Éducation nationale qui sait ce qui est bon pour vos enfants. Le bien-être de l’enfant est brandi comme argument, donc c’est presque impossible à démonter sans que l’on passe pour un abominable mangeur d’enfants.

Or si la santé, le bien-être ne doivent pas être négligés à l’école, ils ne relèvent cependant pas d’un ministère de l’Éducation nationale. Qu’en sera-t-il le jour où un gouvernement prônera, exactement pour les mêmes raisons de bien-être de l’enfant, l’inculcation de telle ou telle théorie ? Cela s’est déjà vu.

Ne vaudrait-il pas mieux se concentrer sur le recrutement d’enseignants capables de ne pas être débordés par les nouvelles technologies ?

INTERDIRE LES PORTABLES ?  UNE ERREUR
Interdire les téléphones portables est aussi saugrenu que d’interdire les calculatrices en classe. Quand l’enseignant et le ministre auront compris qu’il faut un accès wifi pour tout l’établissement et que les élèves aient accès à internet pour les besoins d’un cours, qu’en sera-t-il de cette interdiction d’un autre âge ?

« Sortez vos portables ! Ah non, madame, c’est interdit… » Ridicule. Et dire que ce ministre suscitait les espoirs et disait juste avant la rentrée à propos de l’enseignement :
Nous pouvons progresser en nous appuyant sur la recherche de pointe, notamment les sciences cognitives.

Le discours est attrayant mais les faits montrent tristement qu’on ne sait pas penser l’école de demain.

Au passage, autoriser les enfants de l’école primaire à avoir des portables serait peut-être l’occasion de leur en enseigner le bon usage, d’apprendre à les éteindre et les mettre dans les cartables dès le plus jeune âge…  et pour cela il faudrait recruter des enseignants qui soient à même d’avoir cette pédagogie. Apprivoiser les objets connectés et en faire un atout plutôt que de toujours recourir à ce que l’État fait de mieux si systématiquement : interdire !

Les enfants vont à l’école pour apprendre. Donnons-leur de bons enseignants et du wifi !

Source contrepoints.org
Par Phoebe Anne Moses.

Phoebe Ann Moses
Professeur de Lettres modernes Phoebe Ann Moses aime la rhétorique et s'intéresse aux sujets de société. Elle déteste plus particulièrement ce qui nuit au libre-arbitre et à la responsabilité individuelle.



Billets-Le portable à l’école, c’est le couteau suisse du XXIᵉ siècle


Le portable à l’école, c’est le couteau suisse du XXIᵉ siècle

Plutôt que dire aux élèves que c’est un instrument qu’il faut absolument éviter, il faut leur apprendre que c’est une boîte noire qu’ils se doivent de comprendre pour en utiliser au mieux les potentialités.

Le potentiel des nouvelles technologies pour l’apprentissage et l’éducation est en grande partie non évalué. Il manque de recherches précises sur le sujet et notamment de recherches sur ce qui se passe sur le terrain et pour chacun des apprenants, et ce à tous les âges de la vie. Il y a peu d’évaluations en dehors de sentiments personnels.

L’une des questions centrales est : a-t-on appris à apprendre ? Et a-t-on appris à apprendre de manière critique à l’heure du numérique ? Car on peut aussi être manipulé par le numérique. Tout moyen de communication est aussi un moyen de manipulation, on l’a vu de Goebbels à Trump ou Daesch. Plus on a des outils de communication efficaces, plus il faut développer l’esprit critique et la capacité à distinguer le bon grain de l’ivraie, ce qui est tout sauf évident même pour un adulte et a fortiori pour un enfant ou un adolescent.

Par contre ce que le numérique permet, par rapport à la radio par exemple, c’est qu’on peut tous produire et partager, et que l’on peut facilement documenter ce que l’on fait. On peut échanger plus largement et à toutes les échelles. On a donc cette possibilité, non seulement d’apprendre à lire, écrire mais d’accueillir une production faite par d’autres et de soi-même produire, via l’écrit ou tout un tas d’autres dispositifs que le numérique permet.

Il faut non seulement apprendre à décrypter les messages que l’on reçoit mais il faut aussi apprendre à partager ses idées, ce qui suppose d’apprendre à les mettre en ordre, d’avoir une capacité critique sur soi-même mais aussi d’accepter la critique de l’autre. Une critique qui bien sûr doit être bienveillante et constructive.

Apprendre c’est être capable de donner et de recevoir des critiques. Le numérique permet de faire cela à des échelles sans précédent. Les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de comprendre la puissance de cet outil numérique. C’est le rôle de l’école de s’assurer que chaque élève sorte avec une culture numérique suffisante, qu’il ait un esprit critique, qu’il développe une éthique de l’utilisation des outils, et acquière les compétences pour s’approprier les outils.

Une des grandes difficultés, c’est qu’aujourd’hui les enseignants sont très peu accompagnés. La formation initiale est perfectible comme tout dispositif et la formation continue plus encore, car elle est loin d’être à la hauteur des enjeux et en particulier des enjeux de transformation.

On a donc besoin d’un vrai développement professionnel et d’adosser ce développement professionnel aux résultats de la recherche. Et cela peut se faire en s’appuyant notamment sur les laboratoires de recherche, si ceux-ci font l’effort de rendre accessibles leurs savoirs et résultats à tous les publics, à commencer par les professeurs. Il faut permettre à chaque enseignant de s’approprier les meilleures pratiques et de les adapter au contexte spécifique qui est le sien. Il suffit qu’une fraction des enseignants le fasse, qu’il documente ce qu’il en fait pour permettre à d’autres de s’en servir.

Par exemple l’utilisation des portables à l’école. Il ne faut pas passer d’un extrême à l’autre : tout accepter ou tout interdire. A minima ce qu’il me semble important de développer c’est la capacité à utiliser l’outil à bon escient.

Il est ainsi possible d’installer dans les téléphones portables un système qui permet d’accéder aux données des capteurs : donc, si vous êtes prof de physique vous pouvez étudier le moment des pendules et enregistrer directement sur votre téléphone les oscillations du pendule. Si vous voulez étudier la chute libre, vous pouvez étudier l’accélération que subit un outil de ce genre.
Vous pouvez en cours de géographie vous en servir pour géolocaliser une partie de l’espace ou en cours de sport utiliser le GPS pour que les élèves voient le parcours qu’ils vont faire. Toutes les traces numériques que ces appareils peuvent enregistrer, on peut les détourner pour les utiliser à des fins pédagogiques.

Plutôt que dire aux élèves que c’est un instrument qu’il faut absolument éviter, il faut leur apprendre que c’est une boîte noire qu’ils se doivent de comprendre pour en utiliser au mieux les potentialités. Le portable c’est le couteau suisse du XXIe siècle. Il faut donc apprendre à s’en servir. On sera d’autant plus écouté par les élèves, qu’on en aura montré les potentialités.
Apprendre à apprendre est le maître mot. C’est la meilleure manière de s’adapter au monde. C’est vrai des individus, c’est vrai des collectifs.



Sur le web-Article publié sous licence Creative Commons
 François Taddei est Chercheur Inserm, directeur, Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI). 

Source contrepoints.org
Par François Taddéï.


The Conversation
The Conversation est un média en ligne d'information et d'analyse de l'actualité indépendant, qui publie des articles grand public écrits par les chercheurs et les universitaires.

samedi 28 juillet 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

vendredi 27 juillet 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

jeudi 26 juillet 2018

Infos santé : Sport et Santé-Gym VTT



Gym VTT

 Vous  faites du VTT le week-end, vous aimeriez gardez la forme entre vos sorties. Vous êtes VTTiste de bon niveau et vous faites parfois des compétitions, vous avez besoin d’une préparation physique rapide et spécifique.  GYM VTT est conçue pour vous !

Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

Vous le savez, votre entraînement dominical est insuffisant pour favoriser votre santé et votre forme à vélo. GYM VTT est une courte séance d’entretien musculaire en endurance, elle constitue un complément bénéfique à votre programme. Libérez-vous une fois par semaine, 20 minutes, le matin en pyjama ou le soir devant la télé pour enchaîner ces quelques mouvements. N’oubliez pas qu’il faut idéalement ajouter une autre séance d’endurance hebdomadaire : 30 minutes de vélo d’appartement voir de footing !

Vous vous entraînez au moins 3 fois par semaine et vous savez qu’une “préparation physique généralisée” viendrait compléter efficacement votre programme. Grâce à GYM VTT, la salle de musculation n’est plus indispensable. Vous pouvez réaliser votre séance chez vous ou dans une chambre d’hôtel si vous voyagez. Une fois par semaine, notamment quand il fait froid ou lorsque vous n’avez pas le temps de sortir votre machine, passez 20 à 40 minutes à réaliser sans vous arrêter ces quelques exercices. N’hésitez pas à enchaîner plusieurs fois ce « parcours de musculation ». Votre corps vous remerciera de cette préparation musculaire régulière !

GYM VTT : pourquoi c’est efficace ?
En travaillant les muscles de votre buste, vos épaules encaissent plus aisément les chaos des chemins caillouteux, vous contrôlez plus aisément la direction de votre machine, vous tirez plus facilement sur le cintre et vous ne souffrez moins du haut du dos.

Á l’aide de mouvements mobilisant vos genoux entre 20° et 110° de flexion, vous entretenez la puissance musculaire de vos membres inférieurs dans le secteur spécifique du pédalage. Un autre exercice travaille des muscles situés à l’arrière de la cuisse, les ischiojambiers. Il  vous aide à tirer sur vos pédales automatiques notamment en danseuse.  En gardant la position sur une jambe à 65° de flexion de genou, vous améliorez votre force dans une posture correspondant à sa zone d’efficacité maximum, c’est à dire quand votre manivelle est horizontale. En effectuant quelques amortissements et sautillement en fente avant, en position “roue libre / manivelles à l’horizontale” vous améliorez vos capacités à encaisser les descentes sur terrains chaotiques.

En renforçant les muscles longeant votre colonne vertébrale et votre cou, vous assurez une meilleure stabilité à votre tronc et à votre tête. Votre fixité permet un meilleur encrage pour vos puissants muscles des jambes : vous améliorez votre rendement et vous n’avez plus mal au dos. En travaillant les abdominaux, vous complétez votre gainage et vous tirez plus puissamment sur vos pédales.

En enchaînant sans récupérations ces différents exercices, en changeant de groupes musculaires entre les séries, vous pouvez réaliser en continue une séance de 20 à 40 minutes associant renforcement et travail en endurance légère.
GYM VTT : vos exercices

  • 1) Tonicité  des épaules.
En appui sur une table, faites 20 à 40 pompes inclinées en gainant bien votre buste et en rentrant le ventre.


Tous les 5 à 10 mouvements, maintenez une position voisine de votre posture à VTT. Conservez, pendant 3 à 6 secondes, cette position intermédiaire, coudes fléchis à 45°, dos droit, tête redressée.
Tous les 5 à 10 mouvements, faites des soubresauts en position  intermédiaire de pilotage : lâchez la table et reposez vos mains rapidement comme si vous amortissiez les vibrations d’une descente sur sol irrégulier.
Pour augmenter la difficulté, gardez un genou fléchi et l’autre pied en appui, dans une posture encore plus proche du vélo. Effectuez cet exercice en appui sur l’assise d’une chaise ou sur un gros ballon type swissball afin de reproduire l’instabilité du cintre.

  • 2) Poussée des jambes.
Mains posées sur une table, buste penché en avant, faites 30 à 40 accroupissements, sur la pointe des pieds.  Pliez les genoux jusqu’à 110°, étendez les à 20°.


Pour plus de difficulté mettez un sac à dos plein de magazine ou réalisez l’exercice en alternant jambe droite et gauche. Vous serez plus spécifique du pédalage.

  • 3) Abdo VTT.
Allongé sur le dos. Remontez alternativement le genou droit et le genou gauche comme si vous pédaliez. Effectuez ce mouvement 20 à 80 fois.


  • 4) Tirage de pédale
Allongé sur le dos, talons posés sur une chaise, fesses à proximité afin que les genoux soient fléchis entre 90 et 110°. Montez le bassin 20 à 40 fois. Gardez les mains devant votre visage comme à VTT.


Tous les 5 à 10 mouvements, restez en position haute 3 à 6 secondes. Pour accroître la difficulté tenter de faire quelques répétitions sur une jambe puis l’autre.

  • 5) Tirage de cintre et tonicité du dos.
Debout, genoux fléchis à 70° environ, inclinez votre buste comme si vous étiez à VTT. Gardez le dos bien droit voire légèrement cambré. Saisissez l’assise d’une chaise. Remontez la imperceptiblement en fléchissant un peu vos coudes et en redressant légèrement votre dos. Réalisez ces petits mouvements élastiques 10 à 40 fois.


Toutes les 5 à 10 répétitions, effectuez un geste plus sec et plus ample, comme si vous tiriez sur le cintre pour franchir un obstacle. De temps à autre, restez en position haute 3 à 6 secondes.

  • 6) Tonicité des jambes en roue libre
Mettez-vous en fente, sur la pointe des pieds, une jambe en avant, l’autre en arrière, séparées de 40 centimètres environ. Vos genoux sont fléchis aux alentours de 70° comme si vous étiez en roue libre, manivelles à l’horizontale. Effectuez 20 à 40 petits mouvements d’amortissement autour de cette position suivis d’une dizaine de sautillement.


Pour plus de difficulté, placez vos pieds sur un matelas afin de reproduire l’instabilité de vos pédales et mettez un sac à dos chargé.

Retrouvez de bons conseils pour une pratique santé, plaisir et performance dans : « VTT s’initier et progresser ». Editions AMPHORA.


Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Jambes lourdes et sport


Jambes lourdes et sport

L’exercice physique bien conduit améliore nettement le retour veineux. Mais attention, certaines activités sportives abîment les veines !

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport

Le sang est propulsé par le cœur. Pour traverser les organes et les tissus du corps, il rejoint de très petits vaisseaux dans lesquels il ralentit pour favoriser les échanges chimiques. Après avoir gagné les jambes, il aura beaucoup de difficultés à remonter jusqu’au cœur. Il stagne dans les veines et les dilate parfois jusqu’à provoquer des varices. L’eau contenue dans le sang finit par franchir la paroi des petits vaisseaux, diffuse sous la peau, et ne tarde pas à faire gonfler les jambes. L’accroissement de pression dans les tissus provoque une gène, voire des douleurs typiques des jambes lourdes.

  • Comment le sport parvient-il à diminuer les jambes lourdes ?
L’exercice physique facilite le retour veineux de 3 façons. L’alternance de contractions et de décontractions des masses musculaires situées dans les jambes pompe le sang et le pousse vers le cœur. L’accroissement des mouvements respiratoires crée des variations de pression dans le thorax qui aspire le sang vers la poitrine. À chaque pas, les grosses veines présentes dans la voûte plantaire sont écrasées, le sang contenu est éjecté.

  • Pourquoi certains sports favorisent-ils les jambes lourdes ?
Le sport peut perturber le retour veineux en imposant des contractions musculaires puissantes et prolongées qui écrasent les vaisseaux sanguins. Certaines disciplines obligent à des blocages respiratoires qui s’opposent à l’aspiration thoracique. D’autres nécessitent des accroupissements qui coudent les veines. L’haltérophilie cumule tous ces méfaits mais la musculation lourde et les sports de combat sont aussi déconseillés. Le vélo détient un statut intermédiaire. Le genou et la hanche se fléchissent beaucoup. La voûte plantaire n’est que localement comprimée. Les contractions musculaires sont d’intensité et de durée variable : « envoyer de gros braquets » altère le retour veineux. Certaines activités comme le football sont à l’origine de chocs directs sur les jambes qui abîment les veines. En cas de varices, il est préférable de porter des manchons de compression pour faire du sport et de limiter la course à pied et les sauts qui ébranlent les parois veineuses.

  • Quels sports choisir pour soulager les jambes lourdes ?
La natation est le sport idéal. Elle associe de surcroît la pression et la fraîcheur de l’eau, la position horizontale et l’absence totale de traumatisme. La marche est facile à pratiquer et très bénéfique. On peut conseiller aussi l’aquagym ou le vélo en « moulinant », en tournant rapidement les jambes contre faible résistance. Le cardiotraining en salle est également indiqué. Prenez juste soin de ne pas trop plier les jambes sur le rameur. La gym d’entretien ou les cours collectifs en douceur et en aisance respiratoire se révèlent plutôt utiles à votre retour veineux. Si vous n‘avez pas de varices, juste des « lourdeurs de jambes », le footing à dose modérée reste conseillé. Prenez soin de ne pas « taper des pieds ». Appliquez-vous à amortir chaque réception de foulée et à bien dérouler vos appuis plantaires. Si vous le souhaitez, essayez des chaussettes de compression conçues pour la course. Après le sport, il est bon de prendre une douche fraîche en massant les jambes de la cheville vers la hanche puis de se reposer avec les jambes surélevées. Quand l’entraînement a été difficile et que vous devez rester assise ou debout, des chaussettes de compression type « récupération » peuvent vous apporter un soulagement.



Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Abdos « Spécial femme »



Abdos « Spécial femme »

En réalisant des «abdos classiques», vous rapprochez les épaules du bassin, vous bombez le ventre et vous augmentez la pression dans votre abdomen.  Silhouette distendue et pertes d’urine menacent !

Avec la collaboration d’Anne BAUMGARTNER, kinésithérapeute, spécialisée en rééducation périnéale

Mesdames, votre périnée, la base de votre abdomen, est fragile. Il est constitué de muscles et de tissus fibreux qui soutiennent la vessie, le vagin, l’utérus et le rectum.  Il assume le poids des organes abdominaux, c’est la rançon de notre bipédie. Il est particulièrement malmené lors de l’accouchement. Il se distend aussi quand la pression augmente dans le ventre, lors de la toux, de l’éternuement, des poussées pour aller aux toilettes. Même le sport n’est pas innocent, tout particulièrement à l’occasion des secousses, des blocages respiratoires et des mauvais exercices d’abdominaux ! Le prix à payer : pertes d’urine, descentes d’organes … un comble pour celle qui voulait préserver sa santé, sa forme et son épanouissement personnel !

Continuez les abdos comme d’habitude : perte d’urine et descente d’organes vous guettent !

  • 1) Proscrivez les «mauvais abdos».
Ils sont responsables d’une augmentation de la pression dans le ventre. C’est ce qui se produit quand vous relevez les épaules ou les jambes car le volume de l’abdomen diminue. Le phénomène s’aggrave quand vous réalisez le mouvement en bloquant votre respiration. C’est pire si vous inspirez car le diaphragme qui descend comme un piston pour faire entrer l’air dans les poumons, écrase l’abdomen. Le docteur Bernadette de GASQUET a écrit un ouvrage provocateur : « Abdominaux, arrêtez le massacre ! ». Il est devenu une référence. Il faut désormais s’en inspirer pour concocter de bons exercices d’abdos au féminin.

  • 2) Choisissez les «bons abdos».
Ils sont dits « hypopressifs» car ils n’augmentent pas la pression dans le ventre ; ils ne distendent pas le périnée, au contraire, ils le renforcent ! Ils réunissent 3 caractéristiques. Premièrement, le volume de l’abdomen reste constant : les abdominaux situés en avant, les « grands droits », les fameuses plaques de chocolat, ne se raccourcissent pas. Ils se rigidifient pour maintenir la posture. On parle de travail « isométrique ». Essayez au contraire d’éloigner les épaules du bassin à l’aide d’une sensation d’ «autograndissement». Votre colonne vertébrale s’allonge en réduisant ses courbures, notamment sa cambrure lombaire. Deuxièmement, commencez par souffler librement, bouche ouverte. Le diaphragme chasse l’air des poumons en remontant et accroît de fait le volume de la cavité abdominale.

Contractez le périnée, soufflez, grandissez-vous, rentrez le bas ventre.

Troisièmement, initiez la contraction par le bas des abdominaux et le périnée. La portion musculaire qui ceinture le ventre sous l’ombilic est «le faisceau superficiel du transverse ». Ce muscle entoure l’abdomen. A son extrémité inférieure, il remonte le bas de la cavité, un peu comme lorsque vous appuyez méthodiquement sur un tube de dentifrice en partant du fond. Pour contracter simultanément votre périnée, faites comme si vous reteniez un gaz ou une envie d’uriner.

  • 3) Suivez le programme « abdos santé beauté ».
Pour booster votre motivation, sachez que ces exercices ne gonflant pas le ventre évitent que les abdominaux ne se distendent. Votre silhouette reste svelte, votre posture tonique. Loin du concept théorique, c’est tout particulièrement vrai pour le transverse. Les études sur de jeunes cadavres de 60 ans montrent que ce muscle, en l’absence de travail spécifique, dégénère. Il perd sa texture musculaire, il devient long et fibreux, incapable de rentrer le ventre.

  • Pour chacun des exercices
Contractez le périnée en premier
Expirez sans inspirer au préalable
Grandissez-vous : Épaules et bassin s’éloignent, la colonne s’étire, le dos est plat
Rentrez le bas du ventre : contractez le transverse sous le nombril
Allez jusqu’au bout de l’expiration spontanée, videz encore ! Vous sentez vos abdominaux travailler. Inspirez librement en décontractant le ventre. Refaites l’exercice 5 à 40 fois. Deux à trois séances hebdomadaires sont les bienvenues.
Les noms de nos exercices décrivent la tenue des femmes d’autrefois qui se cintraient la taille … mais cette fois ce galbe ne vous étouffe pas ! Il provient d’une musculature tonique, fonctionnelle, bénéfique à votre santé !

  • Exercice 1 : «La gaine»
Allongée sur le dos jambes pliées. Contractez le périnée en 1er, tirez sur la tête et poussez sur les fesses pour que la cambrure lombaire diminue. Soufflez et rentrez le ventre : la contraction se sent sous le nombril.


Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 2 : «La guêpière»
Allongée sur le dos jambes pliées, ramenez un genou vers la poitrine. Placez la main opposée sur la face interne du genou.
Contractez le périnée, tirez sur la tête et poussez sur les fesses. Le genou pousse vers l’intérieur, pendant que le bras s’y oppose.
Soufflez et rentrez le ventre. Les abdominaux obliques se contractent en diagonale. Ils réalisent un effet sablier qui vous cintre joliment la taille. Changez de côté.


Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 3 : Les « bretelles … antérieures »
Allongée sur le dos jambes tendues, chevilles croisées pointes relevées, plante du pied appuyée sur le dos du pied opposé. Contractez le périnée, tirez la tête vers le haut, les fesses en direction des pieds. Faites comme si vous vouliez ramener le pied inférieur vers votre visage. Bloquer avec le talon opposé. Soufflez, rentrez le ventre. Vous rigidifiez votre plaque de chocolat sans la raccourcir. Changez de côté.


Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 4 : Les « bretelles … postérieures »
Asseyez-vous sur une chaise, pieds posés à plat, dos au contact du dossier. Contractez le périnée. Tirer la tête vers le haut comme pour se grandir, les fesses s’enfoncent dans le siège. Soufflez, rentrez le ventre.
Les plantes de pieds perdent insensiblement contact avec le sol. Le dos tente d’écraser le dossier. Vous ne bougez pas ! Vous renforcez aussi les muscles longeant la colonne vertébrale. … Vous pouvez faire cet exercice complet, discrètement au bureau !


Illustration : Mathieu PINET


Source  SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Entraînement « spécial femme »


Entraînement « spécial femme » 

Mesdames, vous revendiquez votre différence ! Vous avez raison ! Vos besoins et vos envies sportives sont différentes de celles des hommes. Voici quelques pistes pour conjuguer sport et santé au féminin.

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

Dans votre sang, circulent des hormones différentes. Elles influent sur le fonctionnement de la plupart de vos organes. Depuis le paléolithique, l’évolution a façonné différemment le corps des femmes et des hommes afin qu’il s’adapte aux différentes missions qui lui incombaient. Depuis beaucoup moins longtemps, des contraintes sociales et médiatiques tentent de sculpter une silhouette féminine idéale ; elles influent sur les pratiques sportives !


  • 4 fois moins de crises cardiaques !
La crise cardiaque est la destruction d’une partie du cœur suite à l’obstruction brutale d’une des artères lui apportant du sang et de l’oxygène. Elles sont favorisées par l’épaississement des parois des vaisseaux par des cicatrices épaisses et pleines de graisses. Heureusement, vos hormones féminines vous protègent en grande en partie des crises cardiaques. Ces messagers sanguins provenant de vos ovaires sont envoyés vers tous vos organes. Ils ont notamment pour mission d’assouplir vos tissus. Grâce à la laxité de vos ligaments, au moment de l’accouchement, le sacrum situé en bas de la colonne bascule pour laisser passer la tête du bébé. Vos artères sont également plus élastiques. Elles s’abîment moins avec les années lorsque le flux sanguin vient raviner leurs parois. Elles se bouchent moins et votre cœur est moins souvent victime d’infarctus. Attention, cet avantage disparaît peu à peu avec la ménopause. À partir de 51 ans en moyenne, votre probabilité de crise cardiaque augmente. À 70 ans, vous êtes enfin à égalité avec les hommes ! L’activité sportive d’endurance est tout aussi efficace chez la femme que chez l’homme, elle divise par 2 à 3 les risques de maladies cardiovasculaires. Puisque vous êtes moins touché par cette pathologie, il est envisageable de réduire l’entraînement dit “aérobie”. Si le consensus propose 3 activités d’endurance, vous pouvez probablement vous contenter de 2 séances de footing, de natation, de vélo ou de cardiotraining. Prenez soin de réorienter votre pratique vers d’autres disciplines… compensant vos petites faiblesses que nous ne tarderons pas à découvrir ensemble ! Néanmoins, puisqu’à la ménopause, votre cœur et vos artères perdent de leur superbe, il faut renouer avec 3 séances d’endurance par semaine ! Vraiment, les seniors doivent garder la forme !


  • 2 fois plus de fractures du col du fémur !
À la maturité, 1 femme sur 3 sera victime d’une fracture du col du fémur contre 1 homme sur 6 ! Dans 25 % des cas, cette lésion sonne le glas de l’autonomie et impose le placement de la victime en institution. Dans 25 % des cas, elle décède des complications ! Bien évidemment, cette blessure est amplement favorisée par la fragilité osseuse nommée “ostéoporose”.  Cette dernière survient progressivement à la ménopause, lorsque les hormones féminines absentes n’entretiennent plus la structure osseuse. Elle touche 50 % des femmes dès 60 ans. Le sport soumet le squelette à des microtraumatismes. En réaction, les os se densifient et s’enrichissent. De surcroît, il oriente leur architecture microscopique dans l’axe des contraintes mécaniques. La jeune fille a jusqu’à 25 ans pour accumuler de l’os. La femme adulte et surtout la senior freine l’érosion lente puis rapide du capital ! Les sports à impacts, ceux qui incluent de la course et des sauts, sont essentiels pour renforcer les os. Ils tiennent une place de choix au sein du programme des enfants et des adolescentes. À l’âge adulte, continuez le footing ou le step 1 à 2 fois par semaine. Après la ménopause, le trottinement n’est pas interdit, il est même conseillé ! La natation, l’aquagym et le vélo sont inefficaces à tout âge de la vie pour renforcer les os. Ne pas tomber préserve aussi des fractures ! Pratiqués après la ménopause, les « ateliers équilibre », la gym d’entretien et surtout le tai-chi sont efficaces pour limiter les fractures du col. L’enfance et l’adolescence sont les moments clés des acquisitions psychomotrices. Il est fort probable que les disciplines techniques apprises durant cette période favorisent l’équilibre pour de longues années ou constituent une excellente base pour relancer ce type d’apprentissage. Travailler sa coordination dès le plus jeune âge, l’entretenir toute la vie, notamment après la ménopause, se révèle essentiel pour réduire les fractures du col du fémur et leurs graves complications. Les sportives jeunes et moins jeunes sont invitées à pratiquer la danse, les cours de fitness chorégraphiques ou les arts martiaux. Toutes ces disciplines constituent de très bonnes écoles de posture. Les sports collectifs ou de raquettes enseignent aussi la gestion du déséquilibre. Notez que la composante cardiovasculaire de ces séances est telle que, pour la santé du cœur, elles peuvent remplacer sans scrupule un entraînement d’endurance. Une fois encore, sachez que les activités aquatiques et cyclistes ne semblent pas adaptées tant le contrôle de la stabilité se révèle spécifique.


  • 2 fois plus d’entorses
Une entorse est une distension ou une rupture des ligaments, ces cordelettes fibreuses qui relient les os au niveau des articulations. La plus célèbre est celle du « croisé antérieur ». Chez les femmes, elle survient surtout au ski où elle est deux fois plus fréquente que chez les hommes. Rappelez-vous, ces structures fibreuses sont plus laxes du fait de l’imprégnation hormonale féminine. De fait, les articulations sont moins bien maintenues et plus instables. Par exemple, le genou se place trop facilement en hyper extension, position dans laquelle le fameux ligament croisé est trop tendu, près à se rompre à la moindre bascule articulaire. De surcroît, Mesdames, vous êtes moins fortes que les hommes. Vos muscles soutiennent plus difficilement vos articulations… et votre cuisse a plus de difficultés à soutenir le genou en position fléchie, plus sécurisante pour le ligament croisé. En pratique, Mesdames, vous avez l’interdiction de partir au ski  sans préparation. Les sports d’endurance et de coordination évoqués au paragraphe précédent participent activement à la prévention de l’entorse grave du genou. Ajoutez aussi du renforcement musculaire, c’est vivement conseillé pour tenir votre articulation en position correcte… d’autant que c’est également très utile pour retarder l’usure du cartilage !



  • 2 fois plus d’arthrose.
L’arthrose, c’est l’usure du cartilage, cette substance lisse qui recouvre les os au niveau des articulations. Comme la nacre de la coquille d’huître, le cartilage permet un glissement et un roulement fluide des pièces osseuses. Malheureusement, il s’use mais ne se répare pas ! Les femmes sont 2 fois plus souvent victimes d’arthrose. Autrefois, on pensait que la texture du revêtement articulaire féminin était plus fragile. Mais une étude récente a déstabilisé le dogme. À l’aide d’IRM, elle a confirmé que l’usure du cartilage était plus prononcée chez les femmes mais  a surtout montré qu’elle était corrélée au volume musculaire. En clair, une femme  musclée a moins d’arthrose qu’un homme freluquet. En pratique, Mesdames, il faut faire du renforcement musculaire pour protéger votre cartilage. La gym d’entretien, les cours collectifs avec haltères sont faits pour vous ! Et la salle de musculation, équipée de toutes ces grosses machines, vous est autorisée ! Faites de nombreuses répétitions avec des charges légères. Promis, vous ne ressemblerez pas à un bodybuilder. La course en intégrant un peu de relief et le vélo avec parfois de fortes résistances contribuent aussi à une bonne musculature bénéfique à la santé des articulations… et du cœur !



  • 10 fois plus de magazines
Sans tomber dans les lieux communs, osons souligner que les médias proposent souvent une image de la silhouette féminine idéale pas toujours compatible avec la santé. Le sport en excès permet parfois de se rapprocher du morphotype de certains mannequins. Alors que la proportion du tissu adipeux normal est de 25 % chez la femme. A partir de 20 % les cycles menstruels deviennent irréguliers puis disparaissent. Comme pour économiser l’organisme, la fonction gynécologique se met au repos. La sportive bascule en ménopause précoce. Elle augmente rapidement son risque d’ostéoporose et de maladie cardiovasculaire. Pour éviter l’arrêt de règles, les études montrent qu’il faut impérativement conserver une alimentation équilibrée et suffisamment copieuse pour compenser la dépense énergétique de l’exercice. Sans basculer dans la maigreur, le sport favorise l’amincissement. Un cocktail d’endurance, de renforcement et de coordination se montre efficace. L’endurance brûle des calories pendant l’activité, alors que le renforcement consomme de l’énergie entre les séances afin d’entretenir la masse musculaire. Les disciplines plus techniques notamment la danse, le Pilates, le yoga ou l’équitation enjolivent le maintien. Pour améliorer le retour veineux et affiner les jambes, une fois n’est pas coutume, vantons les mérites de la natation. Pour drainer les membres inférieurs, l’horizontalité, la pression et la fraîcheur de l’eau s’associent au pompage du sang provoqué par l’alternance des contactions et des décontractions musculaires. Pour limiter le risque de varices et d’œdèmes, mentionnons que la course et les sports comportant des sauts sont plutôt nuisibles car ils secouent et abîment les veines.


  • Un peu moins de cardio, plus de muscu et de coordination !
Mesdames, votre programme sportif idéal est légèrement différent de celui des hommes. Les instituts de prévention proposent de façon générale 3 activités cardiovasculaires par semaine et 2 séances de renforcement. De fait, je vous invite à donner un peu de mixité à votre programme personnel ! La danse, les cours de fitness, les arts martiaux sont vraiment des disciplines  bien panachées et adaptées aux femmes. Si vous aimez le jogging, un bon cours de rock ou un match de squash fera office de séance fractionnée tout en travaillant vos muscles et votre équilibre, c’est super ! Si vous faites beaucoup de cardio en salle, n’oubliez pas le tapis. Aventurez-vous dans l’espace musculation, tentez le cours de body combat.  Si vous enchaînez natation et aquagym avec les copines, votre équilibre et vos os ont toujours été soutenus par la poussée d’Archimède. C’est insuffisant. Il est grand temps qu’ils se confrontent à Newton. Progressivement, baladez-vous, trottinez, courez, sautez, dansez la salsa, jouez au tennis. N’oubliez pas la gym d’entretien et la musculation !


Source SantéSportMag