dimanche 30 juin 2013

Infos santé-Spondylarthrite

Spondylarthrite
  • Qu'est-ce que la spondylarthrite ?
La spondylarthrite (également appelée spondylarthrite ankylosante) est une inflammation chronique qui touche essentiellement les articulations de la colonne vertébrale, du bassin, parfois des hanches et des genoux. L’évolution de la spondylarthrite est lente mais, à terme, elle peut entraîner progressivement une raideur ou « ankylose », source de handicap.
  • Qui est touché par la spondylarthrite ?
La spondylarthrite toucherait 0,3 % de la population française, soit environ 300.000 personnes. La spondylarthrite atteint de préférence les adultes jeunes, les premiers symptômes apparaissant habituellement avant l’âge de 40 ans. La spondylarthrite apparaît rarement après l’âge de 50 ans. Chez les seniors, les douleurs du bas du dos ou du bassin sont le plus souvent liées à des problèmes d’arthrose.
  • Quels sont les symptômes de la spondylarthrite ?
Dans 80 % des cas, la spondylarthrite commence par des douleurs dans le bas du dos (lombalgies) ou des douleurs dans les fesses. Ces douleurs, présentes à droite, à gauche, ou des deux côtés, sont provoquées par l’inflammation des articulations entre le bas de la colonne vertébrale (sacrum) et le bassin. Ces douleurs apparaissent tantôt à droite, tantôt à gauche (elles sont dites « à bascule ») et irradient vers l’arrière des cuisses. Elles ressemblent fortement aux douleurs dites « sciatiques ».
L’une des caractéristiques des douleurs liées à la spondylarthrite est leur plus forte intensité en milieu de nuit, au réveil et dans les premières heures d’activité. Contrairement aux douleurs liées à l’arthrose, elles ne sont pas soulagées par le repos.
Des signes plus généraux peuvent également être observés lors de spondylarthrite : fatigue (souvent présente), perte d’appétit et de poids, fièvre, sueurs nocturnes, etc. La spondylarthrite peut également se traduire par des symptômes touchant d’autres organes que les articulations : inflammation de l’œil, psoriasis, maladie de Crohn et rectocolite hémorragique, troubles cardiaques, etc.
  • Comment évolue la spondylarthrite ?
Chez 65 % des patients, la spondylarthrite évolue par poussées, c’est-à-dire de façon intermittente. Chez les autres patients, elle évolue de façon continue durant une période de temps très variable. Certaines formes évoluent sur dix à vingt ans, touchant successivement toutes les articulations. Dans tous les cas, l’évolution est lente et ne met jamais la vie en danger.
  • Quelles sont les causes de la spondylarthrite ?
Les causes de la spondylarthrite ne sont pas connues, mais des facteurs favorisants ont été identifiés. Ils sont de deux types : des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux, les deux types étant souvent associés.
Chez 90 % des personnes souffrant de spondylarthrite, on retrouve un gène particulier du système HLA (les protéines qui définissent la compatibilité entre les personnes en cas de greffe d’organe).
Il est possible de la spondylarthrite soit provoquée, après une infection, par la persistance durable de certaines bactéries dans des cellules portant la protéine HLA caractéristique des personnes souffrant de spondylarthrite. Les bactéries évoquées par les scientifiques sont diverses (Klebsiella, Chlamydia, Yersinia, Shigella, etc.), mais cette hypothèse demande à être confirmée.
  • Comment soigne-t-on la spondylarthrite ?
La prise en charge médicale de la spondylarthrite associe traitements médicamenteux et non médicamenteux, leurs objectifs étant de calmer la douleur, de lutter contre la raideur, de maintenir les capacités fonctionnelles du patient et de prévenir ou traiter les éventuelles complications. Les traitements non médicamenteux (gymnastique régulière, rééducation fonctionnelle, ergothérapie, etc.) sont indispensables, au même titre que les médicaments.
  • La spondylarthrite au quotidien
Certaines mesures simples permettent de préserver la qualité de vie des personnes qui souffrent de spondylarthrite.
Mettez-vous au repos complet en cas de poussée douloureuse. Prenez les traitements antalgiques prescrits par votre médecin pour éviter de prendre de mauvaises positions.
Effectuez des exercices d’assouplissement quotidiens pour maintenir votre colonne droite, conserver la mobilité de vos vertèbres et garder une bonne amplitude à vos mouvements ; un programme adapté à votre cas vous sera enseigné par votre kinésithérapeute.
Veillez à consommer suffisamment de calcium et à vous exposer modérément aux rayons du soleil pour prévenir l’ostéoporose.
Évitez d’être en surpoids ; si c’est le cas, consultez une diététicienne.
Faites attention à votre façon de vous tenir debout ou assis, évitez les mauvaises positions.
La nuit, dormez sur un matelas ferme et le plus à plat possible.
Pratiquez des activités sportives non traumatisantes pour votre colonne vertébrale : natation sur le dos, marche, yoga, tai chi, etc. Évitez les sports de contact.
Contactez une association de patients qui pourra vous aider par l’écoute, l’information et l’échange d’expériences.

Source : Vidal

samedi 29 juin 2013

Photos-Nick Ut

Nick Ut: l'histoire d'une photo



Les images paisibles d’enfants heureux sont légion. Il en est malheureusement beaucoup d’autres, mettant en scène des enfants victimes des pires atrocités. Celle de Kim Phuc, la petite Vietnamienne de 9 ans, est probablement celle qui a le plus fortement et le plus durablement marqué les mémoires.




Le cliché qui valut au photographe le prix Pulitzer en 1973.
(Tran Bang – Vietnam – 8 juin 1972)

Le 8 juin 1972, le photographe Nick Ut est sur la route menant au village de Tran Bang, tenu depuis 3 jours par les troupes du Nord-Vietnam et assiégé par les Sud-Vietnamiens. La plupart des habitants du village ont déjà fui les lieux et se tiennent sur la route, à quelques kilomètres, dans l’espoir de retourner chez eux après la fin des combats. Alors que tout indiquait qu’il n’y avait plus un Nord-Vietnamien dans le village, l’armée sud-vietnamienne décide néanmoins de bombarder le village au napalm. Sur la route, aux avant-postes, se tient une petite armada de soldats, de photographes, cameramen et autres journalistes, tous dans l’attente du « spectacle » annoncé... (Qui a vu le film Apocalypse Now peut effectivement parler de « spectacle », même si cette désignation est terriblement ambigüe!)

Sitôt après l’attaque, ces témoins « privilégiés » voient s’échapper et courir vers eux des rescapés, pour la plupart grièvement brûlés. Kim Phuc, la petite fille, est nue car elle s’est débarrassée de ses vêtements en feu. Tous crient atrocement. Après avoir dépassé les témoins, ils s’arrêtent enfin. Certains tentent maladroitement de leur venir en aide. Nick Ut, parlant le vietnamien, est le seul journaliste à pouvoir communiquer avec eux. Avec son chauffeur, dans son minibus maintenant bondé, il transporte Kim et des membres de sa famille vers un hôpital – à une heure de route – et insistera personnellement auprès du personnel médical pour que la petite soit prise en charge. (En temps de guerre, les hôpitaux, débordés, privilégient les soins aux personnes qui ont le plus de chances de s’en sortir. Et Kim ne faisait sans doute pas partie de cette catégorie.)


Kim Phuc, après 14 mois de soins et 17 opérations chirurgicales, s’en est sorti. Elle vit maintenant au Canada avec ses 2 enfants. Elle a été nommée Ambassadrice de Bonne Volonté (Goodwill Ambassador) de l’UNESCO en 1997. Nick Ut n’avait jamais raconté qu’il avait sauvé cette petite fille. Ce n’est que 28 ans plus tard que Kim Phuc, devant la reine d’Angleterre, a rapporté qu’il lui avait sauvé la vie.


La photo ne paraitra que le 12 juin dans le New York Times. Sa parution ne fut pas retardée par des problèmes techniques (on disposait déjà de moyens de transmission, à l’époque). Cela peut nous paraître surréaliste aujourd’hui, mais de très vives discussions se sont engagées entre rédacteurs pour savoir si on avait le droit de publier la photo d’une personne nue ! Finalement, entrevoyant tout de même l’importance de cette photo, il fut décidé de la publier, non sans obtenir la garantie de ne pas en faire un agrandissement. Il paraîtrait même que l’on a flouté légèrement la région pubienne de la petite fille.


Cette image a eu un grand impact et a prétendument permis d’accélérer la fin de la guerre du Vietnam. Il faut relativiser son importance dans ce cadre, ne serait-ce que parce qu’elle arrive à un moment où la fin de la guerre est en vue. Mais sa très grande force iconique vient de sa propagation. Elle a été utilisée, récupérée et décontextualisée par d’innombrables mouvements idéologiques, politiques ou religieux. Et ceci, dans les projets éditoriaux les plus divers. (Dans ce registre, Le Cri d’Edward Munch, n’a qu’à bien se tenir !)


La photo en haut de ce billet représente le cadrage de sa parution dans le NY Times. Très forte, dramatique et bien centrée sur le sujet. Mais on peut trouver d’autres cadrages, ainsi que d’autres photos de la scène qui racontent autant d’autres histoires. Par exemple, si on élargit le cadre, on voit à droite un photographe.




Il s’agit de David Burnett, qui un instant plus tard, a saisi cette image :




D’autres images encore, font voir l’armada de journalistes dont je parlais plus haut et pourraient raconter l’histoire d’une petite fille qui serait victime de l’acharnement de la presse et de sa passivité face à ses souffrances. (C’est le statut des photographes de guerre qui est en question ici. N’ayant jamais entendu siffler une balle ailleurs qu’au cinéma, je me garderai bien de donner une quelconque leçon...)
Nick Ut (de son vrai nom Huynh Cong Ut) est né en 1951 au Vietnam. À 16 ans il entre à l’agence Associated Press. Son frère ainé, Huynh Thanh My, photographe chez AP aussi, vient d’être tué. Il réside et travaille aujourd’hui à Los Angeles, toujours pour Associated Press. Le Prix Pulitzer lui a été remis pour cette photo en 1973.


35 ans plus tard, il est célébré pour la photo pipole d’une richissime bécasse délurée...

Ajouter une image

Il faut bien vivre ! Je dis cela sans mépris pour le photographe, car je comprends bien qu’on ne puisse pratiquer la photo de guerre pendant toute une vie. Mais je ne peux m’empêcher de me demander... : le raccourci saisissant entre ces 2 photos, à 35 ans de distance, nous donnerait-il la mesure du changement de nos exigences en matière de photo de presse ?...

Billets-Une inflation de millionnaires


Une inflation de millionnaires

Selon le dernier rapport de la société de conseil Capgemini sur l’évolution des fortunes à l’échelle mondiale ("World Wealth Report"), le nombre de millionnaires en dollars a augmenté de 1 million en un an, pour grimper à 12 millions en 2012, relate Der Spiegel.

La progression est particulièrement marquée aux Etats-Unis, avec plus de 3,7 millions de millionnaires (+ 400 000) qui – ensemble – détiennent 12,7 billions de dollars.

Par cette poussée, l’Amérique du Nord arrive en tête devant l’Asie – où les couches supérieures connaissent pourtant, elles aussi, une augmentation sensible. Ainsi, la Chine affiche près de 650 000 millionnaires en 2012, soit 100 000 de plus qu’en 2011. "Pas besoin de croissance pour que croisse le nombre de millionnaires", souligne le magazine de Hambourg en pointant le leader du continent asiatique et numéro deux au monde : le Japon (près de 2 millions de millionnaires).

L’Europe n’est pas en reste puisque, malgré la crise de l’euro, elle fait un saut de + 7,5 %. Sur ses 3,4 millions de millionnaires, plus de 1 million sont désormais allemands (950 000 en 2011). Les Français arrivent en sixième position (passant de 404 000 à 430 000), derrière les Britanniques (465 000).

"Plus de la moitié de tous les millionnaires vivent donc aux Etats-Unis, au Japon et en Allemagne, résume Der Spiegel. Ce sont les plus riches – les 110 000 qui possèdent 30 millions de dollars et plus – qui ont fait le plus grand bond (+ 11 %). Et rien n’indique que la tendance doive s’inverser dans les trois années à venir."

Dessin de Ballaman

Source Courrier International

mercredi 26 juin 2013

Infos santé-Endocardite infectieuse


Endocardite infectieuse

  • Qu'est-ce qu'une endocardite infectieuse ?
L’endocardite est due à la prolifération sur le revêtement interne du cœur de bactéries, parfois banales. Cette prolifération peut provoquer la formation d’ulcères ou de perforations, ou l’apparition d’une petite excroissance qui « pend » (une « végétation »). Lorsqu’elles sont localisées sur les valves, ces lésions nuisent à leur étanchéité et le fonctionnement du cœur s’en trouve gêné, parfois sévèrement. Les endocardites peuvent se compliquer de troubles cardiaques ou vasculaires, ainsi que d’infection généralisée (choc septique voire septicémie).
Dans 90 % des cas, les endocardites affectent les valves du cœur gauche (mitrale et aortique).

  • Qui est à risque de développer une endocardite infectieuse ?
Certaines personnes sont plus à risque de développer une endocardite infectieuse :
les personnes âgées de plus de 60 ans ;
les personnes qui ont des antécédents cardiaques comme une chirurgie des valves (prothèse valvulaire cardiaque), un épisode précédent d’endocardite, certaines maladies congénitales du cœur, par exemple ;
les hommes (avec un risque deux fois supérieur à celui des femmes) ;
les personnes dont le système immunitaire est affaibli par une maladie (VIH/sida, cancers, maladies du sang, etc.) ou un traitement immunosuppresseur (contre le cancer, le rejet de greffe ou les maladies auto-immunes, par exemple) ;
les personnes diabétiques ;
les personnes qui souffrent d’alcoolisme chronique ou qui s’injectent des drogues.

  • Quels sont les symptômes de l'endocardite infectieuse ?
Les endocardites infectieuses se traduisent le plus souvent par des symptômes peu spécifiques : fièvre modérée, douleurs des articulations, essoufflement à l’effort, fatigue et toux. Dans certains cas, de petites hémorragies apparaissent sous la peau des paumes des mains et des plantes des pieds, ou un abcès se forme au bout d’un doigt (« faux panaris »).
Lorsque l’endocardite provoque une gêne cardiaque importante, des signes d’insuffisance cardiaque apparaissent : essoufflement marqué, voire perte de connaissance.

  • Quelles sont les complications de l'endocardite infectieuse ?
Lorsqu’elle n’est prise en charge rapidement, une endocardite infectieuse peut entraîner l’apparition d’une insuffisance cardiaque grave, d’une infection généralisée, de troubles des reins ou du rythme du cœur. Des petits morceaux de « végétations » peuvent se détacher, circuler avec le sang et provoquer des embolies ou favoriser des foyers infectieux dans d’autres organes. Dans certains cas, l’endocardite se traduit par un accident vasculaire cérébral (AVC) lorsqu’un vaisseau sanguin du cerveau est bouché par un fragment de caillot sanguin venant du cœur.
Les endocardites infectieuses sont des maladies graves qui entraînent le décès du patient dans 15 à 20 % des cas, en particulier lorsqu’elles apparaissent chez des personnes déjà atteintes de troubles cardiaques.

  • D'où viennent les germes responsables de l'endocardite infectieuse ?
Dans certains cas, ce sont des bactéries naturellement présentes dans la bouche ou l’intestin. À la suite d’un brossage de dents un peu énergique ou de lésions de la paroi de l’intestin, des bactéries passent dans la circulation sanguine. Dans la très vaste majorité des cas, ces bactéries sont éliminées par le système immunitaire. Chez les personnes dont l’immunité est affaiblie, et en présence de lésions de la paroi interne du cœur, ces bactéries peuvent arriver à se fixer sur une valve cardiaque et se multiplier localement.
Les bactéries responsables des endocardites peuvent également provenir d’autres sources : plaies de la peau, angines, sinusites, infections urinaires, soins dentaires, chirurgie, tatouage, piercing, etc.

  • Peut-on prévenir les endocardites infectieuses ?
Des mesures destinées à prévenir les endocardites infectieuses sont mises en place chez certains patients dits « à haut risque » :
ceux qui ont une ou plusieurs prothèses de valve cardiaque ;
ceux qui ont déjà eu une endocardite infectieuse ;
ceux qui souffrent d’une maladie congénitale du cœur qui n’est pas parfaitement contrôlée par un traitement.
Lorsque ces patients doivent subir un geste médical qui pourrait provoquer l’entrée de bactéries dans leur sang, un traitement antibiotique est pris dans l’heure précédant le geste médical.
Au niveau individuel, la prévention des endocardites repose essentiellement sur une bonne hygiène de la bouche et des dents, ainsi que sur la désinfection systématique des plaies.

  • Quels traitements contre l'endocardite infectieuse ?
Le traitement des endocardites infectieuses repose sur l’administration de deux antibiotiques complémentaires, généralement à dose élevée, par voie intraveineuse. Ce traitement antibiotique doit être poursuivi pour une durée d’au moins six semaines. Une hospitalisation est toujours nécessaire.
Dans certains cas, la valve atteinte a été gravement endommagée par l’infection et une intervention chirurgicale est nécessaire soit pour la nettoyer et la reconstruire, soit pour poser une prothèse de valve.


Source : Vidal

mardi 25 juin 2013

Billets-Manger de la viande


Manger de la viande, un douteux privilège

Manger de la viande est un privilège dont il vaut mieux se passer. Aux Etats-Unis, on en consomme en moyenne deux fois plus qu’en Chine et six fois plus qu’en Afrique. Mais les Américains s’en portent-ils mieux ? Non, si l’on en croit une récente étude relayée par le magazine Time. Les végétariens et végétaliens auraient 12 % de risques de décès en moins, d’après l’American Medical Association’s Journal of Internal Medicine. D’autres études avaient déjà montré que la viande est liée à des problèmes de santé – crise cardiaque, cancer – qui causeraient la mort de 1,3 million d’Américains chaque année.

       Source Courrier International

lundi 24 juin 2013

Billets-Le tweet : une forme littéraire?


Le tweet : une forme littéraire?

Twitter peut-il se diluer dans la littérature ?
Réponse avec Bernard Pivot et Jennifer Egan.

Accro à Twitter, Bernard Pivot vient de publier Les tweets sont des chats (Albin Michel), une compile de ses meilleurs tweets. On pardonnera tout à un homme qui consacre un chapitre entier aux #Etoiles filantes, même ça : “La plupart des étoiles filantes transpercent le ciel et d’autres, hésitantes, semblent être des fusées oubliées du 14 Juillet.” Bon, disons. Au fond, ce qui fait le charme du Pivot “twitteur”, c’est son âge : “On lira plus loin un tweet dans lequel je compare l’effet twitter sur les personnes âgées à la Jouvence de l’Abbé Soury.” Certes, mais est-ce à dire que le tweet ne serait pas une forme littéraire, que toute profondeur y serait d’emblée bannie ?

Depuis la nuit des temps, les écrivains semblent avoir écrit des textes prêts-à-twitter. Prenez les haïkus par exemple, ou les formules d’Oscar Wilde. Pour la pensée, c’est pareil : les aphorismes de Nietzsche feraient des tweets géniaux – d’ailleurs un compte Twitter consacré aux Nietzsche quotes a été créé. Mais pour se convaincre que le tweet peut devenir une véritable forme littéraire, il faut lire la nouvelle de Jennifer Egan, La Boîte noire, twittée d’abord sur le compte du New Yorker, puis sur le site des Inrocks en mars dernier, publiée enfin en livre offert en librairie pour 15 euros d’achat dans la collection La Cosmopolite de Stock. Jennifer Egan y raconte par fragments une histoire d’espionnage désopilante. Le format court lui permet de développer un humour à sec qui flirte constamment avec l’absurde. Grâce à cette forme éclatée, Egan signe un pastiche du genre, dans tous les sens du terme, et passe au vitriol les rapports homme-femme. Dénué de tout bla-bla vu le format, le livre ressemble à une caricature de ces livres de conseil. Assez génial.

Source lesinrocks.com

Infos santé-Autisme et TED


Autisme et TED

  • Qu'appelle-t-on troubles envahissants du développement (TED) ?
Les TED (également appelés « troubles du spectre autistique ») surviennent au cours du développement de l’enfant et nuisent à ses capacités à communiquer avec les autres.
Ces troubles partagent plusieurs traits communs :
la difficulté des personnes atteintes à échanger et à créer des liens ;
leur tendance à préférer quelques activités et à les répéter de manière excessive ;
le fait que ces troubles sont présents de manière permanente et empêchent l’enfant de se développer harmonieusement.
On distingue plusieurs types de TED :
l’autisme infantile ;
le syndrome d’Asperger ;
le syndrome de Rett ;
le trouble désintégratif de l’enfance ;
l’autisme atypique et les autres troubles envahissants du développement.
Les deux premières formes sont les plus courantes et les plus caractéristiques des troubles habituellement observés. Elles peuvent s’exprimer avec plus ou moins de sévérité et leurs symptômes varient considérablement d’une personne à l’autre.
En France, on estime que 0,6 à 0,7 % des moins de 20 ans sont atteints de TED toutes formes confondues (0,2 % pour l’autisme infantile).

  • Existe-t-il des facteurs de risque des TED ?
Les garçons sont plus à risque de TED que les filles, en particulier dans les formes sans retard mental : l’autisme infantile sans retard mental est six fois plus fréquent chez les garçons et l’autisme infantile avec retard mental deux fois plus fréquent.
L’âge des parents au moment de la conception a une influence modérée. De plus, le risque de TED augmente pour les enfants qui ont un frère ou une sœur atteint de ces troubles (jusqu’à 30 % d’augmentation du risque si l’enfant a deux frères ou sœurs atteints), ce qui oriente les chercheurs vers des anomalies génétiques comme cause des TED.

  • Comment repère-t-on un TED ?
Trois éléments doivent attirer l’attention des parents, en particulier s’ils s’ajoutent les uns aux autres : les troubles des interactions sociales, les troubles de la communication verbale et non verbale, et la présence de comportements stéréotypés et répétitifs.

  • Les troubles des interactions sociales dans les TED
En fonction du niveau de développement de l’enfant, les troubles des interactions sociales vont de l’isolement excessif à la simple passivité vis-à-vis de l’environnement. Par exemple, une apparente indifférence aux personnes, l’absence de réaction à l’appel du prénom ou de sourire en réponse à un sourire, le refus d’être réconforté, etc.

  • Les troubles de la communication verbale et non verbale dans les TED
Les enfants atteints de TED peuvent ne pas parler, dire seulement quelques mots, ou parler de façon étrange. Leurs phrases, même lorsqu’elles sont correctes sur le plan formel, ne servent pas ou peu à communiquer. Les enfants ont également du mal à imiter les expressions du visage ou certains gestes (applaudir, montrer du doigt, etc.).

  • Les comportements stéréotypés et répétitifs dans les TED
Un comportement répétitif est anormal dans sa forme, son intensité, sa fréquence et sa persistance. Cela va d’activités simples répétées jusqu’à des rituels compulsifs complexes : balancements, alignement des objets, fixation d’un objet ou d’une lumière pendant une longue période, etc.

  • Comment évoluent les personnes atteintes de TED ?
L’évolution de l’autisme et des autres TED varie selon leur forme, la date d’apparition des symptômes et leur intensité, la présence d’autres troubles (épilepsie, retard mental, etc.), ainsi que les mesures mises en œuvre pour accompagner les enfants. Les études montrent que plus les stimulations offertes par les dispositifs éducatifs et de soins sont précoces dans la vie de l’enfant, meilleure est l’évolution des TED.

  • Comment soigne-t-on les TED ?
Après le diagnostic de TED, la phase d’évaluation des capacités est suivie par la définition d’un projet personnalisé d’interventions. Ce projet personnalisé d’interventions permet de :
structurer l’environnement de façon adaptée à l’enfant pour lui apporter les repères (lieu, horaires, communication, activités) et faciliter de manière importante les échanges sociaux et la communication ;
choisir des activités réalistes et des apprentissages qui tiennent compte de l’âge de l’enfant et du milieu où il vit ;
définir des objectifs à court terme qui s’inscrivent dans une prise en charge ayant des objectifs à long terme ;
prévoir une durée suffisante d’exposition de l’enfant aux activités d’échange et d’éducation, pour que l’enfant reçoive une quantité de stimulations au moins égale à celle reçue par les enfants qui ne présentent pas de TED ;
vérifier que l’enfant progresse afin de réévaluer et de réajuster régulièrement les interventions ;
tenir compte des demandes et des capacités des familles.
La multiplicité des besoins d’un enfant atteint de TED implique la prise en charge par une équipe pluridisciplinaire en concertation avec les parents et les autres médecins de l’enfant (le médecin généraliste ou le pédiatre) et ce afin de faciliter une prise en charge complète.

Source : Vidal

jeudi 20 juin 2013

Recettes Conserves-Cerises anglaises au sirop


Cerises anglaises au sirop

Préparation : 10 mn
Stérilisation: 20 mn + 10 mn
Conservation : 12 mois
Pour 5 bocaux de 1 litre
4 kg de cerises anglaises ou de Montmorency
1,5 kg de sucre en morceaux
1. Passez rapidement les cerises sous l’eau et équeutez-les. Jetez-les dans une casserole d’eau frémissante. Retirez-les au bout de 15 secondes, rafraîchissez et égouttez-les.
2. Mettez-les dans les bocaux préalablement ébouillantés et séchés en les tassant.
3. Dans une casserole, portez 1,5 litre d’eau à ébullition avec le sucre en morceaux. Dès l’obtention d’un sirop transparent, versez le liquide bouillant dans les bocaux sur les cerises. Fermez hermétiquement.
4. Stérilisez pendant 20 minutes. Laissez refroidir dans le stérilisateur. Attendez 48 heures puis stérilisez à nouveau pendant 10 minutes. Conservez dans un endroit frais à l’abri de la lumière.

Si vous dénoyautez les cerises, ne les faites pas blanchir car elles perdraient leur parfum. Le déroulement de la recette est ensuite le même.

Recettes Confitures-Confiture piments d’Espelette à la vanille


Confiture piments d’Espelette à la vanille

Préparation : 15 mn
Macération : 12 heures
Cuisson : 35 mn
Pour 1 pot de 375 g
500 g de piments d’Espelette
1 gousse de vanille
250 g de sucre cristal
1 citron
1. Lavez les piments, essuyez-les avec un linge, ôtez le pédoncule ainsi que toutes les petites graines puis coupez la chair en petits dés.
2. Pesez et réservez la moitié du sucre, versez-le dans une terrine.
3. Fendez en deux la gousse de vanille et grattez les petites graines au couteau, au dessus de la terrine. Mélangez et laissez macérer 12 heures.
4. Versez les piments, le sucre fondu et le jus du citron dans la bassine à confiture et portez à ébullition.
5. Laissez cuire à feu doux pendant 35 minutes en prenant soin de remuer régulièrement à la cuillère. Vérifiez la cuisson en déposant une petite quantité sur une assiette froide. La confiture doit se figer rapidement. Enlevez la gousse de vanille en fin de cuisson.
6. Mettez en pot et couvrez.

Cette confiture accompagne très agréablement les viandes froides, volailles et poissons.

samedi 15 juin 2013

Recettes Confitures-Confiture fraises et rhubarbe


Confiture fraises et rhubarbe

Préparation : 15 mn
Réfrigération : 2 heures
Cuisson : 6 mn
Pour 1 pot de 375 g
200 g de fraises
150 g de rhubarbe
210 g de sucre
½ citron
1. Lavez, équeutez et coupez les fraises en 2 ou en 4 selon leur grosseur.
2. Épluchez la rhubarbe et coupez-la en tronçon de 2 centimètres.
3. Versez les fruits dans un saladier, ajoutez le sucre ainsi que le jus de ½ citron, recouvrez de film alimentaire et placez au réfrigérateur pendant 2 heures.
4. Portez ensuite la préparation à ébullition dans votre bassine à confiture, puis laissez cuire à feu vif pendant 6 minutes. Ecumez si nécessaire.
5. Remplissez le pot à confiture et retournez-le jusqu’à ce qu’il soit complètement refroidi. 


jeudi 13 juin 2013

Recettes Confitures-Confiture cerises et groseilles roses


Confiture cerises et groseilles roses

Préparation : 15 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 1 pot de 375 g
500 g de cerises de montmorency
250 g de groseilles roses
375 g de sucre
½ citron
1. Rincez les groseilles et égrappez-les.
2. Lavez et équeutez les cerises, coupez-les en deux pour ôter plus facilement le noyau.
3. Dans la bassine à confiture, faites chauffer le sucre avec 30 cl d’eau et le jus du ½ citron. Remuez doucement jusqu’à ce que le sucre soit dissous. Portez à ébullition, faites cuire à feu vif pendant 5 minutes, puis ajoutez les cerises et faites repartir l’ébullition. Laissez cuire à feu vif pendant 5 à 10 minutes, remuez délicatement jusqu’à ce que les cerises soient translucides.
4. A l’aide d’une écumoire, prélevez les cerises et répartissez-les dans le pot.
5. Ajoutez dans le sirop restant les groseilles, portez à ébullition et laissez cuire à feu doux jusqu’à obtention d’un sirop épais.
6. Versez ce sirop dans le pot, fermez et retournez jusqu’au refroidissement.


dimanche 9 juin 2013

Billets-Entretien avec Niel Young



Entretien avec Niel Young

Propos recueillis par Hugo Cassavetti (Télérama)
Canadien épris d'Amérique, le moissonneur battant du rock trace sa route le regard planté dans le rétro. A l'image de son dernier album, chaînon idéal entre passé et présent.

Neil Young, 67 ans, est un monument. Moins inaccessible que Bob Dylan, mais tout aussi insaisissable. Depuis ses premiers succès en 1967 avec le Buffalo Springfield, puis Crosby, Stills, Nash & Young, et surtout une carrière solo démarrée presque aussitôt, le colosse canadien aux pieds d'argile – tempérament erratique et santé fragile – a publié une quarantaine d'albums parfois déroutants, souvent brillants. Une route panoramique cabossée, hantée par sa voix puissamment plaintive et sa guitare, tantôt douce et acoustique, tantôt dévastatrice et électrique. Un parcours qui ne renie jamais rien de son passé, au point d'en exhumer la moindre note gravée un jour pour mieux avancer, encore et toujours. L'artiste Neil Young est multiple : rocker rustique fermement attaché à la terre, amateur obsessionnel de technologie de pointe. Le plus instinctif et futé des bisons du binaire est une force de la nature dénuée de cynisme, sur qui on peut toujours compter. Le rocker imprévisible nous a reçus, en Californie, à deux pas du ranch qu'il a acquis au sud de San Francisco, il y a plus de quarante ans. Dans le restaurant au cœur de la forêt, où il a rencontré sa femme, Pegi, en 1978. Conversation avec une légende vivante, qui vient de sortir Ameri­cana, un album enfiévré… de chansons traditionnelles.

Sur Americana, vous réinterprétez des standards du folklore américain. Un besoin de retourner aux sources, aux racines de la musique ?
C'était loin d'être mon intention au départ. En fait, j'ai passé quelques mois à rédiger une autobiographie qui paraîtra à l'automne. Je préfère appeler ça des Mémoires, parce qu'il s'agit de souvenirs de moments de ma vie, de gens que j'ai croisés, d'idées, d'obsessions qui me poursuivent depuis toujours. Comme un va-et-vient permanent entre le passé et le présent. J'y raconte ma rencontre, il y a presque cinquante ans, avec Steve Stills, au Canada. Ou bien mon lien très fort avec les musiciens de Crazy Horse, vers qui je reviens régulièrement depuis 1969 !


Vous avez enregistré avec Crazy Horse. Vous ne l'aviez pas fait depuis 2003…
En écrivant notre histoire, j'ai ressenti un besoin urgent de jouer avec eux. Je les ai rappelés – Billy Talbot, Ralph Molina et Frank « Poncho » Sampedro – et, comme à chaque fois, la magie était là. Je ne connais aucun équivalent à la force qui nous pousse lorsqu'on est tous les quatre. Pour le livre, je m'étais replongé dans l'époque des Squires, mon premier groupe, au Canada, au début des années 60, et j'ai eu envie de revisiter mon répertoire d'alors avec toute la puissance de Crazy Horse. Comme Steve Stills, avec les Au Go-Go Singers, ou aussi Tim Rose qui m'avait beaucoup influencé, nous jouions beaucoup d'adaptations de chansons folk américaines, avec un son et un traitement plus électriques, plus modernes. Des titres comme Clementine, Oh Susanna… Mais nous ne les avions jamais enregistrés. Americana est venu de là : reprendre les choses où je les avais laissées.


Vous avez tout enregistré d'une traite…
Presque. Les morceaux sont assez simples, on a joué à l'instinct. Mais on n'avait que cinq ou six chansons. Et comme on s'amusait bien, on en a cher­ché d'autres. Avec l'aide de mon label – on oublie qu'une maison de disques sert essentiellement à faire vivre la musique ! –, on en a sélectionné une trentaine d'autres. Des vieux airs interprétés par Odetta, Leadbelly, Mahalia Jackson… Et l'on s'est vite retrouvés avec un album sous le bras, avant même que j'écrive la moindre nouvelle chanson ! Mais Americana n'est pas qu'un simple album de reprises. Ces chansons du patrimoine appartiennent à tout le monde, surtout en Amérique. Elles transcendent la notion de reprise. En les entendant sur bandes, le directeur de la maison de disques a tenu un discours sur leur puissance, expliqué à quel point c'était bouleversant de les réentendre ainsi, dans le contexte actuel de l'Amérique. Je me suis dit qu'il avait raison. Que nous allions bien plus loin que ma petite histoire de chansons inachevées avec les Squires.


Du coup, le projet a pris une autre tournure…
J'ai pensé qu'en cette année électorale il fallait enfoncer le clou. Je voulais des vidéos pour illustrer ces chansons qui parlaient de l'Amérique d'autrefois mais dont le propos demeurait souvent d'actualité. Plutôt que de tourner des films neufs, on a recherché des documents d'époque qui colleraient avec les textes. On a trouvé un tas de vieux films incroyables. Comme Back to the farm, des années 20, pour accompagner Get a job, avec ce fermier qui voit tous ses employés agricoles le quitter pour aller travailler à la ville et qui, à la fin, est contraint de fai­re de même. Get a job (« Trouve du boulot »), le thème reste actuel, non ? Ou God save the Queen, avec des images du couronnement de la reine, suivies de celles d'une Amérique libérée de la domination britannique, en construction… Comme les chansons, les images d'époque en disent bien plus long que n'importe quel clip que l'on aurait tourné aujourd'hui. God save the Queen, je l'ai interprété pour rappeler aux Américains d'où ils venaient, que c'était leur hymne aussi jusqu'à ce qu'ils fassent leur révolution.

Journey through the past était le titre d'un de vos albums. Ce voyage dans le temps vous pousse-t-il toujours en avant ?
Sûrement ! Cela définit bien un projet comme Americana. C'est fou de faire un disque aussi moderne avec du matériel aussi ancien. J'avais également envie de redonner son sens au mot « americana », au moment où il semble se résumer à un genre musical. L'americana, c'est aussi bien du mobilier, des photos, des objets : tout ce qui renvoie au fondement d'une culture spécifiquement américaine. Comme la musique folk, dont l'essence même est de se régénérer perpétuellement. Il s'agit d'une musique vivante, qui doit évoluer, vivre avec son temps. Ces chansons m'ont inspiré un autre album dans la foulée. Le passé ne sert qu'à nourrir positivement le présent.

Vous êtes très réactif à ce qui se passe aux Etats-Unis. Pourtant, vous avez gardé votre nationalité canadienne…
Parce que je suis canadien. Mais je vis ici depuis longtemps et j'y suis bien. Je me sens avant tout citoyen de la Terre. Et puis, j'ai un avantage à rester canadien : cela me donne une perspective. Je perçois toujours l'Amérique d'un point de vue extérieur. Et je ne con­nais pas un seul Américain qui y parvienne. Ils ne voient leur pays que de l'intérieur. Comme ils voient le reste du monde, d'ailleurs.

Ces chansons ne résonnent-elles pas aussi avec votre jeunesse ? Prenez Oh Susanna et son joueur de banjo errant...
Je n'y avais pas pensé ! Mais j'ai bien commencé, tout petit, à jouer d'un ukulélé puis du banjo. Et puis, bien sûr, j'ai pris la route, pour la Californie, en 1966, dans mon corbillard… High Flying Bird, Travel on… J'ai toujours été passionné par toutes les formes de locomotion, les avions, les voitures, les trains. Lorsque j'étais petit, la voie ferrée passait juste derrière la maison. Je l'arpentais pendant des heures. J'entendais déjà la musique qui se bousculait dans ma tête. J'ai un train électrique gigantesque que j'entretiens toujours dans une grange spécialement aménagée. C'est ainsi que je me détends.


L'écriture du livre a-t-elle été facile ?
J'ai adoré rassembler mes souvenirs et mes idées par écrit. Ça ne change pas trop de ce que j'ai toujours fait. Je suis un collectionneur compulsif. On me perçoit toujours comme ce type totalement obsédé par l'archivage de son œuvre, de la moindre note qu'il a gravée. Mais je fais ça pour tout ! Dès que je m'intéresse à quelque chose, il n'y a pas de limites à ma curiosité, à ma soif de tout posséder. Vous n'imaginez pas, à ma mort, le cauchemar que ce sera…

Vous avez une bonne mémoire ?
Souvent, j'ai l'impression d'en perdre la tête ! Je fais tellement de choses en même temps que c'est impossible de me souvenir de tout, d'un coup. Mais j'ai découvert que tout revenait à un moment ou à un autre. Chaque nouvelle idée en réveille une ancienne. Le livre puis le disque Americana n'ont été qu'une suite de projets qui me renvoyaient à d'autres, d'autrefois, et en inspiraient aussi de nouveaux. Parce qu'on a enregistré un album de chansons neuves avec Crazy Horse dans la foulée ! Et puis il y a ce film qui me tient à cœur, que je réalise sur le prototype de voiture « propre » que j'ai conçu, la Lincvolt. Sans oublier un autre livre que j'ai déjà bien entamé : l'histoire de toutes les voitures qui ont traversé ma vie. A quel moment elles sont apparues, les personnes avec qui j'étais, à qui je les ai achetées, où elles m'ont emmené, etc. Bref, tout ce qu'elles m'ont appris.

Votre production d'albums est proche de celle de votre père, Scott Young, célèbre auteur de romans sportifs…
C'est vrai, il n'arrêtait pas. Il en a publié une bonne quarantaine. Je l'ai toujours vu derrière sa machine à écrire, à débiter ses articles et ses bouquins, à un ry­thme effréné. Peut-être que je tiens beaucoup plus de lui que je ne l'ima­ginais… En tout cas, j'ai découvert qu'écrire faisait partie de moi. Avec l'âge, je vais m'y consacrer vraiment. Tant que mon cerveau fonctionnera convenablement.

Votre santé fragile (la polio enfant, l'épilepsie, une tumeur au cerveau) ainsi que celle de vos enfants (deux fils tétraplégiques) expliqueraient-elles votre endurance ?
Je ne sais pas ce qui permet aux autres de fonctionner ou non. Mais c'est certain que les problèmes de santé, notamment ceux de mes enfants qui ont toujours été une priorité, m'ont rendu beaucoup plus fort. Face à ces difficultés, en m'investissant complètement dans leur bien-être, je me suis senti enrichi. Tout devient un combat, mais en même temps, tout devient beaucoup plus intense. On apprécie le moindre fragment de bonheur, la vie, tout ce que la plupart des gens prennent pour un dû.

Cette vitalité, on la retrouve dans votre musique…
C'est thérapeutique. Au début des années 80, on a perçu mes albums Re-ac-tor ou Trans comme une perte d'inspiration, après Rust never sleeps. Or, pour moi, ce sont mes albums les plus passionnés. Ils étaient le reflet du travail phénoménal que ma femme et moi consacrions quotidiennement à aider notre fils Ben à communiquer… Vous n'imaginez pas l'énergie que me procure la musique. Lorsque je viens de jouer avec Crazy Horse, je suis vidé physiquement, mais spirituellement, je me sens indestructible. J'ai ressenti cela dès que j'ai commencé à jouer avec Steve Stills nos fameuses joutes de guitares.

Harvest, de 1971, est votre album le plus populaire. Il est important pour vous ?
Pas plus que tous les autres. Les gens le placent à part, mais ce n'est qu'un de mes nombreux enfants ; je ne vois pas en quoi il serait meilleur ou supérieur aux autres. En tout cas, il ne m'a pas empêché de faire des disques beaucoup plus sombres après, comme Time fades away ou Tonight's the night. J'ai souvent dit que Harvest m'avait placé au milieu de la route, sur un boulevard, mais que je me sentais tout aussi bien, et même souvent mieux, sur le bas-côté. On en revient toujours aux transports. J'aime en changer. Parfois, j'ai même envie de voler. Il y a tant de manières différentes pour arriver à destination, pourquoi ne pas les essayer toutes ?


La plupart de vos contemporains, dès qu'ils se penchent sur leur passé, n'arrivent plus à avancer…
C'est le piège que je veux éviter à tout prix. Je me suis fixé une règle stricte : ne jamais consacrer plus de temps à travailler sur mes archives que sur mes projets futurs. Le présent doit rester prioritaire. C'est si facile de se laisser engluer par le passé…

Que vous ont appris vos Mémoires ?
Que j'ai été mû par une force étrange, persistante, à aller au bout des choses. J'ai toujours cherché à apprendre comment être bien avec les autres. Pour qu'ils m'accordent une valeur, pour que je n'aie pas le sentiment d'avoir vécu une vie inutile ; pour contribuer au monde et y laisser une belle trace. Longtemps, j'ai cultivé un sentiment d'aigreur, cette impression d'avoir raison contre les autres. Mais avoir raison est moins important que d'être un bon ami. Ce livre m'a permis de réaliser cela. Je ne veux plus me consacrer qu'au positif, à devenir meilleur. A voir défiler ma vie, j'ai compris que, sans m'en rendre compte, j'étais maître de mon destin. Maintenant, je le sais.

Quelle est la pire chose qui soit arrivée au rock'n'roll ? La drogue ou l'argent ?
L'argent. Parce qu'avec l'argent vient le pouvoir. Celui de changer les choses pour le meilleur ou pour le pire. Et l'industrie du disque ne s'en est malheureusement pas servie pour préserver la musique, la qualité du son. Elle n'a eu aucune vision. Plutôt que de chercher à sauver sa raison d'être, elle a laissé la qualité du produit se détériorer. A la qualité, elle a préféré la merde. La technologie a toujours su évoluer, progresser, sauf pour le son proposé aux consommateurs. On leur a fait croire que le CD était supérieur au vinyle, alors qu'il s'agissait d'un mensonge. Les gamins n'ont plus de référence. Ils n'ont connu que le CD. J'ai plein de vieux copains qui pensent devenir sourds parce qu'ils n'entendent plus la musique comme avant. Mais elle n'est juste plus là ! C'est l'oreille des jeunes générations qui est en danger…

Vous aimez votre voix ?
Ha, ha ! ma voix… C'est sûr qu'avec ma voix de crécelle, si j'étais candidat à The voice, je me ferais dégager fissa. C'est comme Bob Dylan. Il me fait toujours rire. Il dit souvent : « Je ne suis pas Caruso, mais quand même… » Et c'est vrai. Il y a des tonnes de meilleurs chanteurs que nous. Mais peu d'aussi marquants. Ma voix n'est peut-être pas terrible, mais au moins, c'est la mienne.

1945 Naissance à Toronto.
1966 Fonde le Buffalo Springfield avec Stephen Stills à Los Angeles.
1969 Festival de Woodstock, avec Crosby, Stills, Nash & Young.
1972 L'album Harvest, avec le tube Heart of gold.
1979 Rust never sleeps, avec Hey Hey my my.
1989 Freedom, avec Rockin’in the free world.
1995 BO du film Dead Man, de Jim Jarmusch.
2009 Publication du premier volume de ses archives musicales (1963-1972).