jeudi 21 septembre 2017

Recettes Légumes-Salade de courge spaghetti



Salade de courge spaghetti

Préparation : 20 mn
Cuisson : 1 heure
Pour 4 personnes
1 courge spaghetti de 2 kg
8 filets d’anchois à l’huile
Quelques pluches de persil
Pour la vinaigrette
2 échalotes
2 cuillerées à soupe de vinaigre de xérès
1 cuillerée à café de moutarde
4 cuillerées à soupe d’huile d’olive
2 cuillerées à soupe de persil ciselé
Sel et poivre du moulin
1. Mettez la courge entière dans un faitout. Couvrez-la largement d’eau froide, puis portez à frémissements sur feu moyen. Laissez frémir 1 heure, sans retourner la courge : elle flotte et se retourne seule pendant la cuisson.
2. Egouttez la courge. Coupez-la en deux. Supprimez les graines et les fibres du centre, puis prélevez la pulpe à la fourchette : elle forme naturellement les spaghettis végétaux. Mettez-les dans un saladier et laissez-les refroidir.
3. Pendant ce temps, égouttez les filets d’anchois, puis coupez-les en petits morceaux.
4. Préparez la vinaigrette : épluchez et émincez les échalotes. Dans une jatte, mélangez le vinaigre avec la moutarde, du sel et du poivre, puis émulsionnez avec l’huile. Incorporez les échalotes et le persil ciselé.
5. Versez la vinaigrette sur les spaghettis végétaux refroidis. Ajoutez les anchois. Mélangez bien, puis rectifiez l’assaisonnement. Garnissez des pluches de persil et servez à température ambiante.

Conseil
Vous pouvez utiliser des filets d’anchois conservés au sel. Dans ce cas, rincez-les soigneusement et épongez-les dans du papier absorbant avant de les couper en morceaux. Même rincés, ils restent plus salés que les anchois à l’huile : tenez-en compte en assaisonnant la vinaigrette.

Après cuisson, la chair de cette courge étonnante se détache en fins filaments, semblables à des spaghettis. Pour amuser vos convives avant qu’ils ne se régalent, laissez-leur deviner la provenance de ces appétissants spaghettis végétaux…
La courge spaghetti : les courges sauvages, originaires d’Amérique centrale, et consommées par les Indiens depuis la nuit des temps, ont donné naissance à une grande famille dont les nombreuses variétés ont aujourd’hui conquis le monde entier. Parmi elles : La courge spaghetti possède la particularité de voir sa chair se diviser, après la cuisson, en délicieux filaments, étonnement semblables à ces fameuses pâtes.


Recettes Légumes-Crumble d’endives aux noix



Crumble d’endives aux noix

Préparation : 20 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 6 personnes
6 tranches de jambon très fines
12 endives
100 g de cerneaux de noix
10 g de beurre + 1 noix
20 cl de crème fraîche liquide
1 citron
Sel et poivre du moulin
Pour le crumble 
30 g de cerneaux de noix
30 g de farine
25 g de parmesan râpé
50 g de beurre
1. Préchauffez le four à 190 °C (th. 6-7).
2. Lavez les endives, enlevez éventuellement le cœur dur de la base qui concentre l’amertume et éliminez les feuilles abîmées.
3. Coupez les endives en deux dans le sens de la longueur, puis mettez-les dans une sauteuse avec le jus de citron, le beurre, du sel et du poivre. Laissez mijoter à feu doux 10 à 12 minutes, en ajoutant un peu d’eau si nécessaire pour éviter que les endives n’attachent, et en les retournant deux ou trois fois. Laissez tiédir. Ne jetez pas le jus de cuisson.
4. Coupez les tranches de jambon en deux dans le sens de la longueur. Répartissez les noix brisées sur les endives, enroulez ces dernières dans les demi-tranches de jambon, en les rangeant au fur et à mesure dans le plat. Mélangez la crème au jus de cuisson et nappez-en les endives.
5. Préparez le crumble : en mixant grossièrement ses ingrédients et parsemez le tout sur les endives.
6. Enfournez et faites cuire 25 minutes environ, jusqu’à ce que la croûte soit dorée et croustillante.
Qu’on l’appelle endive, chicorée, chicon ou witlof en Belgique, son pays d’origine, ce légume gorgé d’eau est très peu calorique. Certaines variétés sont plus amères que d’autres, caractère que l’on peut atténuer en évidant leu base au couteau. Toutes se prêtent au gratin et s’accommodent particulièrement bien avec les noix.
Variantes
Pour corser le goût de la sauce, ajoutez dans le plat 1 cuillerée à soupe de vinaigre balsamique ou de moutarde à l’ancienne.


Recettes Légumes-Gratinée de potiron au roquefort



Gratinée de potiron au roquefort

Préparation : 20 mn
Cuisson : 55 mn
Pour 4 personnes
250 g de potiron
1 pomme de terre
1 oignon
6 feuilles d’oseille
1 cuillerée à soupe d’huile de tournesol
1 litre de bouillon de légumes en cube
8 tranches fines de pain
75 g de roquefort
50 g de gruyère râpé
4 cuillerées à soupe de crème fraîche liquide
Sel et poivre du moulin
1. Épluchez et émincez finement l’oignon. Faites-le blondir 5 minutes dans une sauteuse avec l’huile.
2. Épluchez le potiron, éliminez les pépins et les filaments. Pelez la pomme de terre. Coupez ces deux légumes en petits cubes et ajoutez-les à l’oignon.
3. Lavez l’oseille, coupez-la en lanières et mettez ces dernières dans la sauteuse. Mouillez avec le bouillon, salez, poivrez, couvrez et laissez cuire 40 minutes à feu doux.
4. Faites griller les tranches de pain. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
5. Égouttez les légumes (en réservant le bouillon) et passez-les au mixeur. Mélangez cette purée au roquefort écrasé, répartissez le mélange sur le pain grillé. Parsemez de gruyère râpé et faites gratiner au four pendant 7 à 10 minutes.
6. Ajoutez la crème fleurette au bouillon réservé, allongez avec de l’eau de façon à obtenir 4 assiettées. Amenez à ébullition, rectifiez l’assaisonnement si nécessaire et servez bien chaud dans une soupière ou directement dans les assiettes, en même temps que les tranches de pain gratinées.

Venus comme le maïs d’Amérique du Sud, potirons et citrouilles connaissent de nos jours un engouement sans précédent, notamment avec le succès de la fête de Halloween. En fonction de la culture et de la récolte, la conservation de ce légume peut aller jusqu’à 1 an !
Conseil
Pour un effet spectaculaire, servez le bouillon dans un gros potiron évidé dont vous aurez uniquement coupé le «chapeau».


Recettes Légumes-Poêlée de girolles et amandes fraîches



Poêlée de girolles et amandes fraîches

Préparation : 10 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 4 personnes :
400 g de girolles
4 abricots
1 échalote
16 amandes fraîches
½ bouquet de ciboulette
20 g de beurre
5 cl de bouillon de poule
Sel et poivre
1. Nettoyez les girolles. Plongez-les 3 secondes dans 2 litres d’eau bouillante (cette opération express fixe la couleur des champignons). Séchez-les bien dans du papier absorbant.
2. Chauffez 10 g de beurre dans une poêle et faites revenir les girolles rapidement, sur feu vif, avec l’échalote émincée. Salez, poivrez. Laissez en attente.
3. Dénoyautez les abricots, coupez-les en quartiers et faites-les revenir à leur tour dans le reste de beurre.
4. Versez-les dans la poêle, avec les girolles, ajoutez les amandes décortiquées, versez le bouillon de poule, mélangez et laissez cuire 3 minutes environ. Rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre. Parsemez de ciboulette ciselée et servez aussitôt.


Recettes Légumes-Bolets farcis


Bolets farcis

Préparation : 25 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes 
12 bolets frais
20 g de parmesan râpé
50 g de mie de pain rassis
2 dl de lait
1 œuf entier
1 jaune d’œuf
1 pincée d’origan
1 gousse d’ail
1 branche de marjolaine
4 cuillerées à soupe d’huile d’olive
Sel et poivre
1. Nettoyez soigneusement les bolets sans les laver : séparez les têtes des pieds, retirez la peau des têtes, puis essuyez-les avec un torchon humide. Laissez tremper la mie de pain pendant 5 minutes dans le lait. Pelez l’ail et mettez-le dans un mortier avec les pieds des bolets ; ajoutez une pincée de sel et pilez ces ingrédients jusqu’à les réduire en purée.
2. Versez cette purée dans une jatte et amalgamez-la avec la mie de pain, bien essorée, le parmesan, l’origan, la marjolaine (dont on aura détaché, lavé et haché les feuilles), une pincée de poivre, l’œuf, le jaune d’œuf et 2 cuillerées à soupe d’huile. Farcissez les têtes des bolets avec cette préparation.
3. Huilez le plat à four et placez-y les champignons farcis, versez dessus le reste d’huile. Laissez cuire pendant 25 à 30 minutes dans un four préchauffé à 180 °C (th. 6). Servez chaud.

Vous pouvez utiliser d’autres champignons, des gros champignons de couche notamment.

Recettes Légumes-Cocotte de carottes, raisins et épices douces


Cocotte de carottes, raisins et épices douces 

Préparation : 15 mn 
Cuisson : 25 mn 
Pour 4 personnes 
300 g de carottes
1 bâton de cannelle
1 badiane (anis étoilé)
1 citron séché (vous le trouverez en épicerie fine)
40 g de cassonade
50 ml de vin blanc sec
60 g de raisins secs
Poivre
1. Lavez les carottes, puis épluchez-les. Coupez-les en rondelles 0.5 cm d’épaisseur. 
2. Dans une petite casserole, chauffez les épices (poivre, cannelle, badiane), le citron séché et la cassonade pendant 5 minutes. Versez le vin pour faire un sirop. Ajoutez les carottes, baissez le feu, incorporez les raisins et couvrez. Poursuivez la cuisson pendant 20 minutes. 
3. Remuez de temps en temps à l’aide d’une cuillère en bois. 
4. Ôtez les épices avant de servir.


mercredi 20 septembre 2017

Recettes Légumes-Salade de brocoli au sésame


Salade de brocoli au sésame

Préparation : 5 mn
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes
1 brocoli
Graines de sésame
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
1 cuillerée à soupe de mirin (vinaigre de riz)
Sel et poivre
1. Lavez le brocoli, divisez-le en petits bouquets et mettez-les dans une casserole ou un wok avec un fond d’eau et du sel. Couvrez et laissez cuire à petits bouillons 10 minutes.
2. Lorsque le brocoli est cuit, mettez-le dans un saladier. Ajoutez l’huile d’olive et le vinaigre de riz, poivrez, parsemez de graines de sésame et servez aussitôt.

Les Japonais aiment le brocoli, le sésame et le mirin, une liqueur de riz obtenue par fermentation d’eau de vie sucrée, de riz gluant et de levain. Ce vinaigre titre 14% vol. Si vous avez le four allumé, vous pouvez cuire les bouquets de brocoli dans un plat à feu en versant dessus un peu de mirin, d’eau, d’huile d’olive et en saupoudrant le plat de grain de sésame. Le brocoli accompagne aussi bien les viandes que les poissons.
Le brocoli, composé à 92 % d'eau, est un aliment peu énergétique, mais il possède en revanche de nombreux minéraux.

Il a une action préventive du cancer, grâce aux fibres et aux composés soufrés et d'autres antioxydants : indoles, sulforaphane, glutathion, quercétine, β-carotène, brocoline (alcaloïde typique du brocoli) : ces substances ont la propriété de neutraliser certains composés toxiques présents dans l'organisme (radicaux libres).

Recettes Légumes-Rattes rôties au pain d’épice


Rattes rôties au pain d’épice

Préparation : 30 mn
Cuisson : 45 mn
Pour 4 personnes 
600 g de pommes de terre à chair ferme (ratte)
80 g de pain d’épice en tranches
50 g de jeunes feuilles de moutarde
2 oignons rouges
80 g de beurre
3 cuillerées à soupe d’huile d’olive
100 g de gros sel
Fleur de sel
Poivre du moulin
1. Préchauffez le four à 100 °C (th. 2-3). Faites-y sécher le pain d’épice pendant 20 minutes. Coupez-le en morceaux puis mixez-le en fine chapelure.
2. Pelez les pommes de terre. Rincez-les. Recouvrez-les de gros sel. Réservez 10 minutes, puis rincez-les. Plongez-les dans de l’eau froide salée. Faites-les cuire 10 minutes à partir de l’ébullition, puis égouttez-les.
3. Chauffez l’huile et le beurre dans une sauteuse. Faites revenir les pommes de terre jusqu’à ce qu’elles soient légèrement dorées. Ajoutez les oignons pelés et coupés en pétales. Poursuivez la cuisson 8 à 10 minutes.
4. En fin de cuisson, dégraissez la sauteuse. Parsemez de chapelure et de feuilles de moutarde. Parsemez de fleur de sel et de poivre. Servez chaud.


Recettes Légumes-Flan aux girolles


Flan aux girolles

Préparation : 10 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes :
150 g de girolles
4 brins de persil
1 échalote
2 œufs
12.5 cl de crème liquide
10 g de beurre
Sel et poivre
1. Dans une poêle, faites suer les girolles nettoyées. Ajoutez le beurre et l’échalote ciselée. Faites revenir à feu vif 3 à 4 minutes.
2. Battez ensemble les œufs avec la crème. Ajoutez le persil ciselé et les champignons. Salez et poivrez.
3. Répartissez cette préparation dans 4 ramequins beurrés.
4. Faites cuire 20 minutes au four au bain-marie à 170 °C (th. 5-6).


La girolle est un champignon sauvage jaune clair à orangé, qui se cache au pied des feuillus et des résineux. Choisissez-la charnue, ferme et entière, la surface lisse, satinée, propre et sèche au toucher. Les petites sont souvent plus tendres et parfumées.

mardi 19 septembre 2017

Billets


Billets


Billets


Photos-Kevin Carter

Kevin Carter: Voyage au bout de l'enfer 
Autopsie d'un suicide

Kevin Carter (1960 - 1994) 

Ce 27 juillet 1994, seul dans ta voiture et au milieu du désert, ta décision était faite.
Sitôt écrit ce dernier mot à laisser aux Absents, tu romprais les amarres. Tu partirais.
Cette fois-ci pour un aller simple, sans le téléobjectif ni le moindre effet encombrant. Ni parafe autorisant mission ni cartes, boussole et les appréhensions de te fourvoyer à nouveau dans le chemin de l'enfer.

Tu partirais vers un monde que ta conscience, et seule ta conscience, permettait d’appréhender comme étant salutaire. Abstrait du mal enduré, intenable, mettant un terme à ton ordalie, à l’inconfort de cette situation où tu perdais certitudes et repères. Et quoiqu’il en soit, un monde qui serait sans faim. Ni fin. Ni guerres.


La mort a dû te fasciner depuis longtemps. Sourdement, sans que tu aies pu le soupçonner. 

Tu la côtoyais de si près partout où tu te déplaçais pour en « voler » des images. De Johannesburg à Darfour, dans les ghettos, sur les chemins de l’exode et des errances, dans l’enfer des haines ethniques et des guerres, la fumée et le feu des bûchers, sur les charniers comme dans la solitude et la détresses des faméliques devenus tes familiers. Mais aussi, et peut-être plus qu’ailleurs, dans des contrées apparemment moins sauvages, plus humanisées, apparemment. Dans l’indifférence de ceux qui voient et laissent faire, ceux qui savent et haussent les épaules, ceux qui ne voient plus et ne voudraient plus rien voir, ceux qui vous diraient, citant le bon sens de l’absurde : « Est-ce que l’Humanité était au programme de la création» ?

Au fil de tes obligations professionnelles, lesquelles aussi étaient des moments d'escapade vers l'enfer des uns et des autres, par giclées de caméra-mitrailleuse focalisée sur l'inhumain, l'atroce,



les horreurs inédites, ta caméra qui raccompagnait tantôt, et tantôt achevait, t'avait permis d'avoir un certain avant-goût de la mort. C’était à la fois âcre et titillant.
Il te fallait maintenant vider d'un trait la dernière coupe pour basculer instantanément, une fois pour toutes, dans la certitude. Tu ne seras plus.

Tant d'images interposées entre les laissés-pour-compte et les Absents, surtout celles qui restent en travers des cils et du gosier t'avaient viscéralement marqué.
Et dans le dédale du doute, quand des doigts s'étaient élevés pour vouer au pilori certains "tricheurs de l'humanitaire", même s'il était injuste de te sentir viscéralement concerné, à tant valser entre ces deux mondes, celui des voyeurs et celui du militant, tu aurais préféré battre en retraite, laissant à nu le militant et accourant au secours du voyeur. 


Mais quoiqu'on eût pu dire, Kevin, tu étais surtout d'un autre monde et d'une cause inaltérable.

Aux côtés des laissés-pour-compte, les sous-humains, ceux qui sont livrés à la plus haute des solitudes, les élus de toutes les misères, et dont bon nombre, à la faveur de notre absence et nos bons alibis, ne mettent pas beaucoup de temps pour

s'en délivrer. Tous ceux que tu as pu raccompagner, dans tel ou tel instantanés de leur lente ou brève agonie, tous ceux que tu as pu saisir dans tel ou tel traquenard du photographe ou de leurs bourreaux, tous ceux avec qui tu as erré à la recherche d'une goutte d'eau ou de quelque racine à se mettre sous la dent, ne t'avaient jamais quitté.

Et bien davantage ceux qui auraient pu te reprocher un certain zèle de professionnel. De les serrer de si près, les tiens, de te battre pied à pied avec les vautours autour, ils en seraient arrivés à confondre charognard et photographe. C'était en tous cas la sentence de certains juges, dont le plus implacable n'aurait été autre que toi-même, quand il a fallu comparaître devant ce tribunal d'inquisition. Celui des autres et celui de soi. Et tu avais beau plaider pro domo la belle cause, juge et partie que tu étais, tu ne pouvais disculper le photographe, le reléguant sans appel au banc des charognards.



Photo Greg Marinovich Sweto le 15/09/1990 - Prix Pulitzer 1991

Oh! qu'importe! les laissés-pour-compte seraient dédommagés d'une gloire posthume assurée. Et qui mieux, inespérée. Et puis il fallait songer aussi au pain des vivants. Les tirages qui peinent, les caissettes à renflouer, la courbe des invendus . Sans cette manne des guerres salutaires et les non moins salutaires famines, en Afrique et ailleurs, l'ailleurs et l'Afrique ce serait nous en place qui l'offririons. 

Cela, en appui du jugement que tu prononçais contre toi-même, était le verdict de ceux qui dénonçaient l'affairisme de l'humanitaire. La photo choc ne rapporte rien à ceux qui crèvent et ceux qui sont appelés à crever. A l'audimat des grands médias par contre, oui. Au tirage des feuilles de choux à sensations, aux caisses des rentiers de l'info qu'il faut constamment renflouer, aux frissons des résidents et présidents des Circus Maximus dans la société du spectacle et des loisirs, oui. Et au delà de toutes les estimations.

Mais, va quand même, Kevin!
Tout cela est loin derrière toi maintenant. Car à l'heure où tu as fini ce mot d'adieu, il ne te reste plus qu'à franchir le dernier pas. Avec un peu chance, écris-tu, tu pourrais retrouver Ken.

Ken. Tué d’un feu ami, nous dit-on, dans une localité de la banlieue de Johannesburg.

Était-ce vraiment lui, parti trois mois plus tôt, qui t'aurait télégraphié telle invitation? Il n'était

pas engoué pour son voyage ni le moindrement pressé de partir. Mais sans trop savoir comment on lui avait offert son aller simple. Et du coup, sans prévenir ni faire d'adieux, il t'avait laissé seul au désert. "Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !" Ce matin encore, tout autour de toi le désert en résonnait. 

Mais même si cela n'annulera pas ce qui est de longue date accompli et scellé, tu avais tort de penser seulement à Ken. Tu n'aurais pas dû te plier à sa voix, aussi irréfragable fût son appel. Tu as fait beaucoup de peines aux amis que tu ne soupçonnais pas, plus nombreux de part le monde, désormais un peu plus esseulés après toi. 


Mais va quand même. Les dés comme le mektoub sont scellés. Et la messe est dite.

Et puis Ken n'aurait été qu'une voix. Celle du ténor peut-être, mais juste une voix qui ne couvrirait ni n'éclipserait le chœur. Outre le juge que tu t'étais érigé de toi-même pour prononcer la sentence d'un cas de conscience, et rangé à côté d'autres inquisiteurs ingérant le poison de ta consécration, jugée imméritée, il y avait aussi la traîtrise des frères de sang, la boue venant de journaux saintes-nitouches, les uns et les autres te balançant ainsi dans leur sac à ordures, pour te raffermir encore dans ton ultime choix.
Peu importe! Magnanime, sans rancune aucune, dans cet ultime choix tu leur offrirais sous peu ton propre cadavre qu'ils dépèceraient des jours et des semaines durant.


Il y avait aussi le chœur des revenants. 

Ceux qui te harcelaient à des heures indues, alors que tu tentais de chercher dans le sommeil un abri. Ceux-là même que tu raccompagnais, qui ne demandaient plus rien à personne, ni pitié ni assistance, rien de rien, si ce n'est le droit de mourir au moins comme les hommes, seuls ou avec les leurs, mais dignement. 


Qui d'eux tous t'aurait le mieux subjugué?
Ce ver nu et gringalet qui mourait d'inanition, d'aucuns



liraient une autre appétence, et cherchait un semblant de salut à boire à même la vache l'urine apaisant sa soif? Ce damné qu'on brûlait sur le bûcher de la haine ethnique et qui, enchaîné ou anesthésié par le supplice flambait vaillamment et fumait? Cet

enfant qui rampait à quatre pattes derrière l' âme secourable escomptée et ne cessait d'espérer quand bien même le secours indifférent hâtait ses pas loin devant lui? Ces squelettes qui conservaient encore une mince bande de peau adhésive, recroquevillés sur eux, incapables même de chasser les mouches qui trouvaient dans ces intouchables une manne pour se nourrir? Cet enfant dégarni, sans fesses, pas même une, juste une mince planche à la verticale dressée sur deux dents de fourche pointues, dont le dos strié par les côtes saillantes ressemble, et c'est peu dire, au cliché d'une radioscopie, et qui peinait à supporter entre les épaules sa lourde tête?

Ou fût-ce le corbeau maudit que tu n'aurais vu qu'aviné, étourdi?
La cerise sur le gâteau, qui t'a valu la gloire, la consécration? L'oiseau de malheur venu posant pour l'immortalité de cette image, sans oublier de demander à bon droit qu'on lui cède sa basse venaison, entamant pour le délire des sens et la fin de la faim son compte à rebours. Et, indulgent, t'offrant si gracieusement la belle part du cadavre?

Non, c'était elle qui t'aurait appelé.
Cette enfant qui n'en pouvait plus, à tant l'attendre la fin, et qui chavirait, ivre de lassitude, le visage contre la terre qui ne s'ouvrirait pas pour l'accueillir.
Si l'on en juge par l'aplomb du charognard à l'affût.

Allez, va quand même, Kevin.
Loin de ton téléobjectif mais à tes côtés quand même, plus jamais ils ne verront l'enfer ces anges que tu as rejoints là-haut.


Le cliché qui valut au photographe le prix Pulitzer en 1994.
(Ayod - Sud Soudan - 1993)

Voici ce qu'on peut lire sur les carnets laissés par le photographe au sujet de la fillette et du corbeau: "à environ 300 mètres du centre d'Ayod, j'ai croisé une toute petite fille au bord de l'inanition qui tentait d'atteindre le centre d'alimentation. Elle était si faible qu'elle ne pouvait faire plus d'un ou deux pas à la fois, retombant régulièrement sur son derrière, cherchant désespérément à se protéger du soleil brûlant en se couvrant la tête de ses mains squelettiques. Puis elle se remettait péniblement sur ses pieds pour une nouvelle tentative, gémissant doucement de sa petite voix aiguë. 


Bouleversé, je me retranchai une fois de plus derrière la mécanique de mon travail, photographiant ses mouvements douloureux. Soudain la petite bascula en avant, son visage plaqué dans la poussière. Mon champ de vision étant limité à celui de mon téléobjectif, je n'ai pas tout de suite remarqué le vol des vautours qui se rapprochaient, jusqu'à ce que l'un d'eux se pose, apparaissant dans mon viseur. J'ai déclenché, puis j'ai chassé l'oiseau d'un coup de pied. Un cri montait en moi. J'avais dû parcourir 1 ou 2 kilomètres depuis le village avant de m'écrouler en larmes. " Kevin Carter (Mini bio du photographe) - source de ce texte.

Dans la note de suicide que Kevin a laissée on peut lire au sujet de l'ami assaissiné trois mois plus tôt: "Si je suis très chanceux, je vais retrouver Ken"

Kevin Carter s'était donné la mort à un moment de dépression. Les atrocités dont il fut témoin, la mort d'un ami assassiné et les critiques acerbes dont il fit l'objet après sa récompense du prix Pulitzer étaient aux origines de cette fin tragique.

Source: amhed amri (amriahmed.blogspot.com)
 


A voir également

http://monblog75.blogspot.fr/2013/11/photos-lhistoire-du-bang-bang-club.html

Photos-L’histoire du Bang Bang Club


L’histoire du Bang Bang Club

A l’origine, ils sont quatre. Quatre à photographier les exactions commises en Afrique du Sud entre 1990 et 1994. Plongés dans l’enfer des townships livrés au feu et au sang, Kevin Carter, Greg Marinovich, Ken Oosterbroek, tout trois Sud-africains, et João Silva, Portugais installé en Afrique du Sud, affrontent la folie humaine.
Alors qu’ils couvrent les émeutes dans les ghettos symboles de l’Apartheid, ils sont surnommés par le journal sud-africain Living les « Bang Bang Paparazzi », référence à la fois aux balles qui fusent et à un terme propre aux photographes de guerre. Ce collectif informel préfère au terme paparazzi, qu’il trouve, si ce n’est péjoratif, peu représentatif de son travail, celui de club. Le Bang Bang Club est né.
Reconnu par leurs pairs et le public, les quatre photographes sont rapidement récompensés par des prix prestigieux. Ken Oosterbroek est ainsi désigné meilleur photographe de l’année en Afrique du Sud en 1991. Mais surtout, parmi quatre de ces jeunes photoreporters -aucun d’entre eux n’avait plus de 30 ans en 1990- deux ont remporté le Pulitzer.


Photo Greg Marinovich Sweto le 15/09/1990 - Prix Pulitzer 1991

En 1991, Greg Marinovich, alors employé par l’Associated Press, se voit décerner le Pulitzer pour un reportage sur le meurtre d’un homme suspecté d’être un espion zoulou par l’African National Congress (ANC, socialiste), parti pour la défense des noirs aboli en 1960 et rétabli en 1990. En 1994, Kevin Carter est à son tour désigné lauréat du plus célèbre des prix journalistiques, pour son cliché, très controversé, nommé La Fillette et le Vautour.


Photo Kevin Carter La fillette et le vautour-Prix Pulitzer 1994 

Année de la libération de Nelson Mandela, 1994 marque paradoxalement le tournant dramatique du Bang Bang Club. Ken Oosterbroek n’a pas la joie d’assister aux premières élections libres en Afrique du Sud. Le 18 Avril 1994, quelques jours avant la ruée vers les urnes, il est tué dans le township de Kotoza lors d’un échange de tirs entre l’ANC et des miliciens, alors que Greg Marinovich est sérieusement blessé.
Trois mois plus tard, le 27 juillet 1994, Kevin Carter, hanté par les conflits et la misère côtoyés depuis longtemps et sans doute touché par la polémique autour de La Fillette et Le Vautour - le photographe a été injustement accusé d’avoir laissé l’enfant mourir sous ses yeux- met fin à ses jours. Le Bang Bang Club est à terre. Dès lors, Greg Marinovich et João Silva laissent derrière eux l’Afrique du Sud en pleine transition politique et couvrent les conflits à travers le monde.
João Silva parcourt les terres ravagées par les guerres: Soudan, Balkans, Asie Centrale ou encore Russie, Proche-Orient et Afghanistan. Toujours fermement engagé, le photographe est plusieurs fois récompensé par le prix World Press Photo. En octobre 2010, en reportage en Afghanistan pour le New York Times, il est grièvement blessé par une mine et amputé des deux jambes.


Photo Joao Silva Attaque au mortier dans le village de Kahrizak, le 10/09/99

Greg Marinovich couvre, pour les plus grands journaux mondiaux, parmi lesquels le New York Times ou Newsweek, les événements en Russie, en Inde, en Bosnie et dans de nombreux pays africains. Il devient photographe en chef de l’Associated Press en Israël et Palestine en 1996 – 1997. En 2001, après avoir été désigné lauréat de multiples prix, il abandonne le métier de photographe de guerre.
Comme pour mieux tourner la page, Greg Marinovich et João Silva ont raconté l’histoire du Bang Bang Club, dans un livre éponyme adapté au cinéma par Steven Silver. Une histoire qui, née de la tourmente, s’est achevée dans la douleur.


Kévin Carter 1960 – 27/07/1994


Greg Marinovitch


Ken Oosterbrock 1968 – 18/04/1994


Joao Silva


Source : « Le Bang Bang Club: des photographes à l’épreuve des balles » de Constance Dubus

A voir également
http://monblog75.blogspot.fr/2011/01/photos-kevin-carter.html

Photos-Marc Riboud

Marc Riboud un photographe épris de liberté

Il est toujours parti. De son milieu, de son métier d'origine, du giron de son mentor Henri Cartier-Bresson, de l'agence Magnum, de son pays. Sa vie durant, Marc Riboud, n'a gardé qu'un seul point d'ancrage, la photographie. Son lien le plus tenace avec les siens, avec son temps, avec la vie. D'autant que la photo lui a permis, de se faire un prénom quand Jean, son aîné, accédait à la tête de la banque Schlumberger et que son autre frère, Antoine, transformait une petite entreprise nommée Danone en une puissante multinationale. Face à eux, Marc Riboud a su s'imposer dès les années 1950 comme l'une des figures les plus marquantes de cette photographie humaniste née après guerre et dont il est à 88 ans - depuis la mort de Willy Ronis - le doyen.

C'est son père qui lui a offert son premier appareil photo, en 1936. Un Vest-Pocket utilisé dans les tranchées de la Grande Guerre. Marc a alors 13 ans. « Je ne sais pas pourquoi c'est moi qui en ai hérité, se demande-t-il encore aujourd'hui. Peut-être parce que j'étais le plus timide de ses six enfants. Mon père était un banquier lyonnais atypique, anglophile quand l'anglophobie était de mise dans son milieu, souscrivant à l'emprunt Léon Blum alors que ses collègues s'effrayaient de l'arrivée au pouvoir du Front populaire. »


De ce père qui aurait rêvé de consacrer sa vie à l'écriture, Marc Riboud dit avoir gardé une passion pour la culture. Mais aussi ce sens moral qui l'a conduit à rejoindre le maquis du Vercors en 1943, où il est laissé pour mort après l'attaque des nazis en juillet de l'année suivante. La Libération le ramène à un quotidien qu'il exècre. Il intègre Centrale en 1945, en sort bon dernier trois ans plus tard. On le croise ensuite dans une usine où il s'endort sur ses machines. Un cabinet d'études l'embauche pour dessiner des plans qui se révèlent au final totalement inadaptés. Après huit jours de vacances, en cette année 1951, sa décision est prise : l'usine, le bureau, c'est terminé. Lui reste la photo. Son frère Jean, alors banquier à New York, appelle en désespoir de cause son ami Henri Cartier-Bresson pour s'occuper du « petit ».


« Henri a été un tyran bienvenu, reconnaît Riboud. Il me disait quoi penser, quoi dire, quoi lire, quoi voir, quoi faire et comment le faire. » Grâce à lui, il rejoint l'agence Magnum, qui parvient à placer dans Life Magazine sa désormais célèbre photo de Zazou, peintre de la tour Eiffel en équilibre au-dessus de Paris, son pinceau à la main. Un sens inné de la composition, des lignes claires, une grâce aérienne, beaucoup de malice... Le portrait de Zazou porte déjà la patte du jeune photographe.
L'influence du maître n'en est pas moins forte dans ces années-là. Comme dans cette série réalisée en Grande-Bretagne où le jeune photographe est envoyé en 1954 par Robert Capa - cofondateur de Magnum avec Henri Cartier-Bresson, David Seymour et George Rodger - « pour apprendre l'anglais et rencontrer des filles ». Ses photos de la foule de Liverpool rappellent celles du couronnement de George VI saisies en 1937 par Cartier-Bresson.

Marc Riboud traque aussi l'« instant décisif » si cher à ce dernier. Ce moment rare, court et précis qu'il faut savoir saisir au vol parce que la forme se combine au fond, concentrant ainsi l'essence d'une situation. Il surprend, par exemple, une bonne soeur se mirant dans un rétroviseur du côté de Notre-Dame de Paris... Certaines vues urbaines de Leeds, enfin, témoignent de la rigueur géométrique aux lignes coupantes érigée par son mentor en dogme absolu de la photographie.

Mais Riboud étouffe en Europe. « J'avais l'impression de me noyer dans le bouillon de culture dans lequel je baignais. Et j'avais envie de voyager, ce qui nous avait été interdit pendant la guerre. » Alors, en 1955, il met le cap sur la Chine, où il arrive deux ans plus tard, après être passé par la Turquie, l'Iran, l'Afghanistan et l'Inde.

Plus le photographe avance dans son périple, plus il se libère des préceptes de Cartier-Bresson, perfectionnant au fil des kilomètres cette écriture si particulière qui est la sienne. Ses lignes se font plus souples, plus sensuelles. Les accents surréalistes des débuts laissent place à une poésie du quotidien. Comme pour ce paon dédaigneux, rivalisant d'élégance avec deux habitantes de Jaipur (1956) qui ne lui prêtent pas un regard. Ses « instants décisifs » sont presque toujours drôles. « Henri vivait dans un monde imaginaire, souligne la photographe Martine Franck, l'épouse de ce dernier. Il cherchait la photo unique. Marc est plus dans la réalité. Il raconte une histoire.

La photo devient surtout pour lui une façon de communiquer avec les peuples qu'il rencontre, de transmettre son amour des autres, un sentiment de fraternité. Il est sensible à la marche des hommes et témoigne vite d'un vrai sens de l'Histoire. « Parfois même avec un déclic d'avance », poursuit Jean-Luc Monterosso, le directeur de la Maison européenne de la photographie à Paris, qui l'a plusieurs fois exposé. Il est ainsi le premier photographe occidental à pénétrer en Chine après l'avènement de Mao. Henri Cartier-Bresson avait laissé le pays en plein chaos en 1949. Riboud en montre les nouveaux héros, ouvriers et paysans. Et les enfants qu'il photographie ne sont finalement pas si différents de ceux croisés en Europe.


On le retrouve plus tard dans des pays en plein conflit. L'homme refuse cependant de monter au front pour photographier les horreurs d'une guerre qu'il a vue de trop près dans le Vercors. Mais jamais l'esprit de la Résistance ne le quitte. En 1962, il est aux premières loges de l'indépendance algérienne pour cueillir la joie éclatante des Algérois. Sept ans plus tard, lui, jadis qualifié de terroriste par les nazis et Vichy, s'en va à la rencontre des habitants du Nord-Vietnam, alors considérés comme l'incarnation du mal par les Américains. Pratiquement aucun photo­reporter ne s'y était aventuré avant lui. Et ses photos, loin de diaboliser l'ennemi, témoignent de la dignité et de la force tranquille du peuple vietnamien.

« Les images de Marc Riboud, beaucoup moins cérébrales que celles, virtuoses, d'Henri, sont en prise directe avec l'inconscient collectif, résume Jean-Luc Monterosso. Ce qui explique que plusieurs d'entre elles soient devenues des icônes. Le portrait de cette fille offrant une fleur à des soldats en armes à Washington (1967) symbolise le désir de paix de toute société. Zazou, qui danse du haut de la tour Eiffel au-dessus des abîmes, est une métaphore de la condition humaine. »


« J'écris ton nom, liberté », signait Paul Eluard. Au fond, Marc Riboud n'a pas fait autre chose de sa vie, de ses photographies. S'en allant exercer son art au bout du monde alors qu'il commençait à peine à se faire un nom, s'affranchissant des dogmes de Cartier-Bresson pour décorseter le photojournalisme des règles établies, quittant en 1979 l'aristocratique agence Magnum après en avoir été le président, épousant en premières noces - lui, le fils de bonne ­famille lyonnaise - une Afro-Amé­ricaine, témoignant du besoin d'indépendance des peuples du monde. « J'ai horreur de l'embourgeoisement », souffle-t-il en guise d'explication.

1973 Henri Cartier-Bresson et Martine Franck

1964 Paris Yves Saint Laurent

1955 Turquie

1979 Iran

1972 Israel