jeudi 23 mars 2017

Photos-World Press Photo 2013

World Press Photo 2013


World Press Photo 2013 ©Paul Hansen

 Paul Hansen a remporté le World Press Photo 2013.

Cette photo a été prise en Palestine, à Gaza, le 20 novembre dernier, par le Suédois Paul Hansen. Ces deux gosses, deux frères âgés de 2 et 3 ans ont été tués dans leur maison par un missile israélien.

On les emmène à la mosquée pour la cérémonie. Des funérailles musulmanes. On notera donc qu’il n’y a aucune femme dans ce cortège. La douleur et la colère sont ici exclusivement masculines. Cette image déborde d’émotions. Ses bords en craquent de toutes parts. L’étroitesse de la ruelle ne canalise pas la violence, elle la compresse et la rend explosive. Pas de doute, c’est une bonne image. Même si son auteur a vraiment eu la main lourde dans ses retouches sur Photoshop. Ses intentions sont claires. En saturant ses couleurs, il cherche à sortir son cliché de l’instantané, à le rendre comparable à une peinture. C’est plus noble. On n’est plus dans l’actualité fugace, qui passe — semble-t-il nous dire — mais dans le temps long de l’Histoire. Il a également blanchi les petits linceuls pour en rajouter dans le pathos, dans le symbole de la pureté et de l’innocence fauchée.

Cette image a plu. Enormément. Elle vient d’être couronnée par le prix international le plus prestigieux, le World Press 2013. Méritait-elle d’être consacrée comme l’image de l’année ? Doit-elle être l’exemple à suivre pour tous les photojournalistes qui souhaitent décrocher le Graal représenté par ce prix ? On ne le croit pas. Elle a bien sûr sa place dans les journaux. Comme une information atroce, insoutenable, à diffuser comme toutes les horreurs de cette planète. Mais sa faiblesse est précisément qu’elle ne cherche qu’à atteindre nos émotions de plein fouet. A nous tirer des larmes, pas à nous faire penser. La photo d’actualité peut faire beaucoup mieux. Le World Press l’a déjà prouvé.


Paul Hansen

mardi 21 mars 2017

Infos santé: Sport et Santé-La marche


La marche

Marcher est vivement conseillé pour les seniors. Les fameuses « 30 minutes de marche active » semblent constituer la panacée pour profiter de tous les bénéfices de l’exercice. Qu’en est-il vraiment ? Comment optimiser votre programme ?

Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

À l’origine de la promotion et de l’excellente image de la marche on trouve de nombreuses recherches médicales confrontées à une réflexion sociologique et politique. Dès les années 80, PAFFENBARGER indique que les tous premiers effets favorables de l’activité physique se manifestent à partir d’une dépense énergétique hebdomadaire de 500 à 1 000 kilocalories. Voilà qui correspond à une durée de 2 heures à 4 heures de marche par semaine. D’autres articles viendront confirmer cet ordre de grandeur. Notez d’emblée qu’à ce niveau d’activité les bienfaits sont significatifs mais restent modérés. Le risque d’infarctus, d’hypertension artérielle, d’excès de cholestérol et d’autres maladies dites de civilisation diminue légèrement. Ainsi, la probabilité de survenue de maladie cardiovasculaire est réduite de 15 à 30 % et celle du diabète de 6 %. Sachez aussi que les bénéfices continuent de croître jusqu’à 3 500 kilocalories hebdomadaires soit l’équivalent de 10 kilomètres de course par jour. Dans ces conditions le risque de crise cardiaque est divisé par 3.
  • Après la médecine, la sociologie et la politique
À la rubrique sociopolitique, il faut admettre que la marche est très facile à pratiquer, même sans tenue de sport, même pour aller travailler. De surcroit, les études montrent que son intérêt persiste si elle est réalisée de façon discontinue. Ainsi, les allers-retours à la photocopieuse conservent leur pertinence scientifique tout au long de la journée ! Mais l’INSERM indique encore de nombreux freins à la marche quotidienne : absence ou mauvais état des trottoirs, obscurité, sensation d’insécurité. De fait, elle est encore plus difficile à mettre en place à la campagne qu’à la ville. Contrairement à une idée reçue, les enquêtes mettent en évidence que vivre en zone rurale ne favorise pas l’activité physique. Au contraire, le porte à porte en voiture y est beaucoup plus systématique. Quant à faire la promotion d’autres activités sportives, les politiques sont moins enthousiastes. Lorsque l’intensité de l’effort augmente, l’équilibre « risque/bénéfice » devient plus précaire et un couteux bilan médical est parfois nécessaire. De plus, si ces démarches amènent toute la population à la piscine ou sur les terrains de tennis, les collectivités locales se verront rapidement reprocher leur manque d’infrastructures. Décidément, mieux vaut proposer à chacun de marcher dans la rue…
  • Le cœur est sollicité… mais pas assez
Il n’en reste pas moins vrai que la marche recèle bien des intérêts pour la santé. Elle répond presque en totalité à la définition du sport d’endurance : activité physique sollicitant le cœur à intensité moyenne grâce à l’utilisation d’une volumineuse masse musculaire notamment celle des membres inférieurs. En marche à pied, le niveau de travail cardiaque est plutôt faible mais nous trouverons des astuces pratiques pour y remédier ! Certaines études montrent qu’elle permet d’améliorer le pronostic vital… et même la VO2 max… chez des patients sortant des services de cardiologie. Cette constatation s’explique aisément grâce à la notion essentielle d’ « effet d’entraînement ». Vous progressez lorsque vous effectuez un peu plus d’exercice que d’habitude. En pratique, vous comprenez pourquoi la marche à pied est bénéfique pour la santé du sédentaire repenti et sans grande efficacité pour le coureur de fond assidu ! Bref, c’est mieux que rien et c’est indispensable pour commencer le sport progressivement ! Une bonne façon de compenser le manque d’intensité cardiovasculaire de la marche est de prolonger sa durée. En effet, les études corrèlent volontiers les bienfaits de l’activité physique à la dépense énergétique. Cette dernière est principalement liée à la distance parcourue et relativement indépendante de la vitesse. Puisque, le plus souvent, on court deux fois plus vite qu’on ne marche, 30 minutes de marche correspond à 15 minutes de footing. Ainsi, en pratique, il est vivement conseillé d’atteindre progressivement 1 à 1h30 de marche par jour pour profiter pleinement des bienfaits d’une activité d’endurance.
  • L’appareil locomoteur se renforce… mais pas assez !
Chaque pas impacte la structure osseuse, crée des microlésions qui sont à l’origine d’une réparation plus solide. Logiquement, les études montrent que la marche à pied est efficace pour lutter contre l’ostéoporose. D’autres mettent en évidence que la course est plus efficace. Même les femmes ménopausées profitent d’un peu de trottinement au sein de leur programme. Bien sûr, lors des déplacements à pieds, les muscles des jambes travaillent et même ceux du dos. S’ils sont faibles, ils se renforcent…  s’ils sont forts, ils ne progressent pas ! Le cartilage bénéficie de cette activité douce et fonctionnellement essentielle pour préserver son autonomie. Ainsi, la marche est efficace pour lutter contre l’arthrose. Une étude fait référence. Des patients victimes d’arthrose de genou sont répartis en 3 groupes. Le premier se repose, le second fait de la musculation, le troisième insiste sur la marche. Comme vous le devinez, c’est ce dernier qui présente le moins de douleur et la plus grande aptitude à bouger à la fin du protocole. La marche améliore l’équilibre spécifiquement lors de cette pratique mais reste de fait peu efficace pour se récupérer en cas d’incident de type glissade ou brusque irrégularité sur le sol. Là encore, nous allons vous proposer de booster cette activité pour la rendre plus efficace…
  • La marche avec options « cardiovasculaires » !
Pour accroître le travail du cœur, les instituts de prévention vous parlent de « marche active », c’est bien ! Mais, comme vous l’avez compris, la vitesse idéale dépend de vos aptitudes. Si initialement, il est recommandé de renouer avec le mouvement tout en restant « en aisance respiratoire », il est rapidement conseillé de percevoir un « très léger essoufflement ». Les plus aguerris recherchent alors une intensité telle qu’ils puissent « parler mais pas chanter ». Dès que vous avez retrouvé la forme, l’allure de marche efficace pour le cœur est incompatible avec la vie quotidienne. À cette cadence, vous risquez fort de bousculer tous ceux qui déambulent sur le trottoir ou d’arriver ruisselant au bureau. La marche active devient vite une pratique sportive à part entière nécessitant d’enfiler une tenue adaptée et de s’octroyer un peu de temps. Cependant, quelques astuces peuvent vous aider à vous rapprocher de ce niveau de sollicitation. Pour ne rien gâcher, elles contribuent aussi à votre renforcement musculaire !
  • La marche avec « options musculaires » !
N’hésitez pas à prendre un peu de poids…  transportez vos affaires avec un sac à dos. Voilà qui fait aussi travailler vos muscles longeant la colonne ! Dans le même esprit, ne ronchonnez plus lorsque vous ramenez quelques commissions à pied. Portez deux sacs de poids comparable et modéré  peut constituer un véritable exercice de musculation. Pour rendre cette pratique plus ludique et plus efficace, amusez-vous à faire quelques exercices. Pliez les coudes, montez les bras sur le côté, en avant et arrière, etc. Si vous croisez vos voisins, nul doute, vous allez les impressionner ! Discrètement, faites des pauses ou posez vos cabas de temps à autre comme si vous faisiez des séries de musculation.  Chargé ou non, pensez aux rues en pentes et aux escaliers, vos cuisses et votre cœur apprécient cette sollicitation. Lors de vos balades spécifiques, prenez des bâtons et optez pour la marche nordique. Ainsi, vous associez de façon très efficace renforcement musculaire et augmentation du travail cardiaque. Dans vos moments de disponibilité, la randonnée sur le relief et en terrain varié transforme la marche en une activité sportive beaucoup plus complète. Le cœur travaille longtemps et plus intensément en côte. Les muscles aussi sont mis à contribution plus vigoureusement, surtout si vous portez un sac à dos et si vous utilisez des bâtons. Votre système nerveux peaufine votre équilibre dans les descentes caillouteuses. Ainsi, ces grandes balades dominicales associées à une préparation  quotidienne à l’aide de bonnes séances de marche active peuvent constituer un vrai « programme santé forme » pour le sénior.
  • La marche vous pousse au maximum !
On peut reprocher à la marche usuelle son manque d’intensité pour garder le jeune sénior en forme. À l’inverse, la randonnée en côte amène parfois le sénior âgé au maximum de ses aptitudes cardiovasculaires.  Les constatations de terrain sont là pour le prouver. Je côtoie des retraités actifs et branchés qui aiment à utiliser un cardiofréquencemètre. Lorsqu’ils crapahutent vigoureusement sur le relief, ils approchent leur fréquence cardiaque maximum. De façon comparable, un test progressif de marche sur tapis roulant en pente, est souvent utilisé par les cardiologues pour mener à bien leur épreuve d’effort maximum chez les seniors. On parle de « protocole de BRUCE ». De fait, vous comprenez pourquoi ce type de bilan se révèle souvent nécessaire pour valider une simple aptitude à la randonnée chez un senior actif !


Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Soulagez vos rotules



Soulagez vos rotules

Vous avez mal à l’avant du genou. C’est sûrement votre rotule. Vous n’êtes pas la seule !  Voyons pourquoi cette douleur est si fréquente chez les femmes et tentons de trouver des solutions.

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

Vous souffrez quand vous courez, quand vous pédalez ou lorsque vous brassez ! Vous êtes même gênée dans la vie quotidienne, en restant assise longtemps ou dans les escaliers. Encore une fois, votre statut féminin constitue une injustice. Votre morphologie et votre musculature plus fine favorisent les douleurs.

  • Pourquoi ça fait mal ?
Les souffrances de rotule proviennent d’une irritation du cartilage, la substance lisse recouvrant les os au niveau des articulations. Cette inflammation se produit quand il existe des frottements excessifs et anarchiques. Ces derniers sont favorisés par des particularités anatomiques et un mauvais fonctionnement musculaire.

  • Largeur de bassin et genou en X
Vous l’avez constaté, les hanches féminines sont plus évasées. Rassurons les adeptes de la minceur, cette morphologie ne dépend pas que de l’accumulation de graisse mais aussi de l’anatomie osseuse. La coupole du bassin est plus ouverte que chez l’homme afin d’accueillir le fœtus et les articulations des hanches sont plus espacée. De fait, les fémurs s’écartent vers le haut  et les genoux sont en X.  Ainsi, les muscles des cuisses tirent les rotules vers l’extérieur et l’articulation s’irrite.


  • Une articulation pas assez emboitée.
La rotule coulisse dans un couloir osseux creusé dans le fémur. Chez les femmes, il est souvent moins profond. De fait, la rotule se balance sur les côtés, notamment vers l’extérieur tiré par le muscle de la cuisse mal orienté. Ces particularités sont favorisées par le manque d’activité physique pendant l’enfance.


  • Un manque d’exercice dans l’enfance
Les contractions musculaires écrasent et compriment les os. Au cours de la croissance, cette action contribue à mouler les articulations. Une activité sportive moins intense chez les petites filles pourrait être à l’origine d’un rail osseux moins marqué dans le fémur. De surcroît, en courant, le poids du corps tend à incurver la jambe en appui, surtout pendant la croissance. Ainsi, ceux qui sont sportifs depuis l’enfance ont souvent les jambes en forme de parenthèse  … comme ça (). A l’inverse, les femmes sédentaires pendant leur croissance ont vu leur morphologie en X s’accentuer !


  • Trop de souplesse
Les hormones féminines imprègnent les ligaments, ces cordelettes qui relient les os par-dessus les articulations. Elles confèrent à ces tissus une grande élasticité, on parle de « laxité ».  Cette caractéristique favorise l’ouverture des os du bassin pendant l’accouchement.  Les genoux aussi sont affectés par cette hyper souplesse. Les haubans fibreux de la rotule ont plus de difficulté à la maintenir dans son couloir osseux. Elle glisse de droite à gauche et le cartilage s’irrite.

  • Des muscles plus faibles
Les hormones masculines sont de puissants anabolisants. Elles contribuent largement à la prise de masse et de force musculaire. Chez les femmes, la puissance et l’endurance  des muscles est beaucoup plus limitée. Le quadriceps chargé d’étendre le genou et de guider la rotule parvient plus difficilement à assumer sa mission. Son renforcement et l’amélioration de sa coordination est à la base de la rééducation des douleurs  rotuliennes chez les femmes présentant ces  imperfections anatomiques.

  • Message aux mamans
Votre fille n’aime pas trop le sport, elle préfère les jeux calmes dans le cocon de la maison. Allez bouger avec elle ! Trottinez, pédalez, nagez ! Trouvez une activité qui lui convient ! Le poney ou la danse sont habituellement appréciés. Evitez la « danse classique » dont les positions en rotation externe malmènent les rotules. L’exercice physique réduira la forme en X de ses genoux et creusera son couloir osseux dans lequel glisse sa rotule. Son articulation sera plus stable pour la vie entière ! Si elle commence à se plaindre un peu de ses genoux, confirmez auprès de votre médecin du sport qu’il s’agit bien d’une petite souffrance de rotule … Dans ces conditions, insistez sur l’activité physique, ne  tombez pas dans le cercle vicieux de la rotule « baladeuse et douloureuse » par insuffisance musculaire.

  • Essayez les semelles correctrices
Si votre voute plantaire s’écrase à l’appui, votre genou suit le mouvement et bascule vers l’intérieur.  Dans ces conditions, lors de la propulsion, votre pied à tendance à tourner vers l’extérieur. Le tibia pivote et le point d’accrochage de la rotule aussi. L’articulation est cisaillée et le cartilage frotte. Une paire de semelles orthopédiques personnalisées avec  soutien de voûte et correction « anti pronation » limite nettement ce mauvais fonctionnement. Elles sont réalisées par un podologue du sport dans des matériaux souples et spécifiques. Dans un premier temps, elles sont à réserver à la pratique sportive. Si vous le souhaitez, il est possible d’en réaliser pour la vie quotidienne. Bien que plus petites, elles ne s’accommodent pas facilement des escarpins !

  • Tentez la genouillère
Il existe des « genouillères rotuliennes ». Elles sont équipées d’un orifice  à l’avant où la rotule vient se loger. Ce trou est entouré de silicone souvent renforcé vers l’extérieur. Cet équipement contribue au maintien de la rotule dans son couloir. Les  frottements sur la peau et les pressions sur le genou aident le cerveau à mieux connaître la position de l’articulation. Voilà qui participe à une meilleure coordination  et à l’optimisation du trajet de la rotule. Attention, au choix de votre genouillère. Trop lâche, trop vieille et la rotule sort de son anneau siliconé. Trop serrée, notamment après gonflement musculaire à l’effort, elle devient vite inconfortable et inutilisable.

  • Travaillez tous vos muscles !
Si les muscles des jambes sont forts, endurants et bien coordonnés, le parcours de la rotule est beaucoup plus harmonieux. Tout le membre inférieur est concerné. Des pieds toniques, des muscles solides à la face interne du genou évitent que l’articulation ne s’effondre vers l’intérieur et que le trajet de la rotule ne parte en baïonnette. Le mollet étend la cheville et participe à la propulsion, limitant d’autant la sollicitation du genou. Bien évidemment, le quadriceps situé en avant de la cuisse doit être particulièrement renforcé. Il s’accroche sur la rotule. Il guide son entrée et son parcours dans le rail osseux du fémur. Certains médecins pensent qu’il faut surtout travailler la portion du quadriceps située en regard de l’autre genou, on parle du «vaste médial». Sa contraction éviterait que la rotule «ne prennent la corde» et frotte en glissant vers l’extérieur.

  • Musclez vos cuisses, crawlez, palmez !
Votre kinésithérapeute vous propose des exercices pour renforcer votre jambe. Réaliser de petits mouvements de genou au voisinage de l’extension constitue l’exercice le plus classique. Vous montez le pied et vous conservez la jambe tendue quelques secondes. On parle de travail statique intermittent ou « TSI ». Ne pas trop plier le genou évite d’écraser la rotule sur le fémur. Tourner le pied vers l’intérieur permet d’insister sur le vaste médial et sur les muscles contrôlant l’effondrement des appuis.  La musculation sur chaise à quadriceps correspond à cet exercice ; le crawl, surtout avec des palmes, aussi !  Cependant, ce geste ne vous réadapte pas parfaitement aux activités douloureuses : la marche, les escaliers, la course ou le  saut. Le travail est trop ciblé sur le quadriceps et la coordination globale nettement différente. Il est impératif d’être plus spécifique. Bien sûr, la progressivité s’impose et quelques astuces initiales sont les bienvenues.

  • Presse, stepper et vélo !
Le travail sur presse reproduit le mouvement complet de propulsion mais il est possible de commencer avec des charges nettement inférieures à celle du poids de corps. Au début ne pliez pas le genou à plus de 45°, vous écrasez moins vos rotules et vous restez spécifiques de la course. Plus tard, il faudra atteindre 90 et 110° pour produire les contraintes de la  montée et de la descente des escaliers. Pour commencer, tournez légèrement le pied vers l’intérieur afin d’aligner la rotule et son point d’accrochage sur le tibia. Faites l’exercice sur une seule jambe, pour travailler les bonnes chaines musculaires, nous ne sommes pas des kangourous. Terminez sur la pointe des pieds. Insistez sur le freinage. Avec des charges légères, renouez avec le sautillement et lancez la presse. Vous pouvez aussi sautez dans le petit bain de la piscine. Le stepper permet d’accroître un peu la sollicitation et contribue à l’endurance musculaire. Le vélo aussi est adapté. Réglez parfaitement votre selle. Choisissez une piste cyclable plate. Sur faible résistance, moulinez entre 80 et 100 tours par minute. Votre cartilage est poli et régularisé. Peu à peu,  renforcez vos jambes, grâce à de courtes cessions en danseuse sur forte résistance.

  • Jogging et cours collectifs
Progressivement, reprenez la course et le tapis. Mettez vos semelles. Débutez avec vos genouillères. Commencez par quelques minutes. Renouez en douceur avec vos cours collectifs à orientation « cardio », « musculation » ou « chorégraphique ». Attention, là encore, la progressivité s’impose ! Prévenez votre coach mais n’hésitez pas à sortir après quelques minutes et augmentez peu à peu votre participation. Au cours de ce long cursus, il est possible que vous « sentiez votre genou ». Pas de drame ! La réhabilitation de votre articulation passe inévitablement par sa sollicitation ! Il ne faut limiter votre activité que si cette gêne persiste durablement entre les séances, si elle modifie votre mouvement ou vous fait boiter … et surtout si votre genou gonfle. Ecoutez les conseils de votre kiné et de votre médecin du sport pour individualiser votre programme !

  • Nourrissez, lubrifiez votre cartilage
Cet article vous explique comment améliorer le fonctionnement de votre genou malgré les imperfections anatomiques retrouvées plus volontiers chez les femmes. Ainsi vous réduisez l’irritation de votre cartilage de rotule. Vous pouvez aussi aider ce précieux tissu à gagner en résistance. Les «protecteurs du cartilage » sont à mi-chemin entre médicaments et compléments nutritionnels. Ils apportent la matière première constitutive du cartilage, en l’occurrence la «glucosamine» et la «  chondroïtine ». Vous pouvez essayer ! En cas d’usure plus avancée, il  est envisageable d’améliorer le glissement articulaire en injectant un produit lubrifiant et  visqueux. On parle de « viscoinduction ». Discutez-en avec votre médecin du sport.


Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Traitement laser pour vos tendinites



Traitement laser pour vos tendinites

 Entre guerre des étoiles et chirurgie, le laser CO2 se montre efficace pour soigner bon nombre de traumatismes sportifs.  Le Docteur Tania BELLOT a introduit cette technique en France, elle nous transmet 20 ans d’expérience !

Par Stéphane Cascua, médecin du sport

Attention, le laser médical CO2 n’est pas comparable aux «softs-lasers» dont les kinésithérapeutes se servaient dans les années 80. Ces appareils utilisaient l’hélium et le néon. Ils se montraient trois fois moins puissants et se sont révélés peu actifs. De fait, ils ont largement desservie l’image de cette technique pourtant efficace.

  • Un faisceau d’énergie thermique et mécanique
L’appareil est constitué d’un tube contenant du gaz carbonique d’où sort un rayon laser. Ce milieu est progressivement agité jusqu’à ce que toutes les molécules oscillent simultanément. Ainsi, l’onde parvient à se propager sans se disperser. Elle peut transporter une énergie considérable. Au contact des tissus, le faisceau se transforme en chaleur et en force mécanique. Ces phénomènes ont été bien décrits par les chercheurs de l’INSERM à  Lille,  MORDON et BRUNETAUD.

  • Des actions tissulaires puissantes
Quelques millimètres sous la peau, lorsque la température atteint 50 à 60 degrés, les tissus ne brûlent pas mais les vaisseaux s’ouvrent amplement. Les échanges entre le sang et la zone traumatisée sont stimulés. Les protéines dures et fibreuses coagulent et se brisent. Les cicatrices tendineuses ou musculaires raides et fragiles sont assouplies. L’énergie du laser modifie la charge électrique de bon nombre d’atomes. Ce processus est à l’origine de champs électriques. La différence de tension entre les molécules voisines cède brutalement. Ce micro-éclair provoque une onde mécanique qui tire sur les tissus et les assouplit. Ce sont les effets « photoélectriques » et « photomécaniques » du laser.

Par la suite, les globules blancs viennent nettoyer les déchets. Voilà qui  favorise le remodelage des cicatrices excessives et collantes. La rééducation et le sport progressif se charge de réaligner les nouvelles fibres musculaires et tendineuses dans l’axe des contraintes mécaniques. Les nouveaux tissus peuvent assumer leur mission.

  • Le laser au secours des tendons et des muscles.
Un tendon ou un muscle lésé souffrent souvent d’une cicatrisation anarchique et rigide. La zone reconstruite est dure mais cassante. Elle cède à la moindre remise en tension, un peu comme vos gerçures hivernales craquent lorsque vous esquisser un sourire douloureux ! Vous l’avez compris, c’est dans ces circonstances que le laser trouve tout son intérêt. Il assouplit et «mécanise» les cicatrices fibreuses. Il active les processus de régénération. Il est indiqué pour soigner les vieilles tendinites chroniques. Il contribue au traitement des anciennes lésions musculaires  devenues collante et fragile.

Parfois, après un claquage, un saignement abondant a coulé entre les faisceaux musculaires, les tendons et la peau. La croute diffuse qui s’est constituée est à l’origine d’adhérences qui perturbent le coulissage de ces structures les unes sur les autres. Voilà qui provoque des douleurs et parfois des récidives. Heureusement, le balayage du faisceau laser se montre très efficace pour assouplir ces larges zones collantes.  A l’inverse, les cicatrices tendineuses forment parfois de petits nodules très localisés. Cette fois, un faisceau laser pulsé, canalisé par une cloche de verre est parfaitement indiqué. Les ondes électromécaniques cassent les tissus fibreux et redonnent son élasticité à la zone blessée.

  • Le laser : même pas mal !
Il existe d’autres techniques pour lutter contre les cicatrices anarchiques à l’origine de bien des souffrances chez le sportif. Les «massages transverses profonds» ou MTP sont réalisés par votre kinésithérapeute. Il frotte les tissus rigides et tendus pour les assouplir. Les appareils à percussions frappent aussi sur zones fibreuses. Ces deux méthodes ne sont utilisables que sur de vieilles blessures enraidies et elles sont douloureuses …

Le laser peut être commencé plus précocement sur les tendinites débutantes ou sur les lésions musculaires, dès la fin du saignement. On peut penser que l’ouverture des vaisseaux favorise le drainage des déchets. L’énergie du rayon pourrait activer les réactions chimiques de régénération. Il est probable que les ondes électromécaniques massent en douceur les tissus et guide la cicatrisation.

  • Des protocoles établis, des résultats satisfaisants. 
Pour venir à bout d’une tendinite récalcitrante, il est d’usage d’envisager 10 à 15 séances de 8 à 10 minutes, à raison de deux par semaine. Lorsque les lésions sont plus récentes, on peut tenter réduire le nombre de visites mais il faut en augmenter un peu la fréquence. Les études menées sur des patients exclusivement soignés par laser montrent que les résultats sont bons dans 70 à 80% des cas. En pratique, il est conseillé d’associer le laser aux autres traitements des tendinites. Alimentation équilibrée, hydratation abondante, kinésithérapie, programme sportif progressif et parfois compléments nutritionnels ou semelles orthopédiques complètent le laser pour vous soulager.

  • Laser chirurgical, laser médical : quelles différences ?
Le laser est aussi utilisé par les chirurgiens. Un rayon ponctuel, continu et puissant découpe les tissus. En chirurgie esthétique, le laser efface les cicatrices cutanées ou les tatouages. Il permet aussi enlever les polypes du nez et de sectionner les amygdales. Les médecins du sport emploient le laser à intensité plus modérée, en balayage ou en mode pulsé. Son action chauffante et mécanique mobilise et assouplit les tissus meurtris par la blessure.


Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Tendinite d’Achille, auto-rééducation



Tendinite d’Achille, auto-rééducation

De nombreux exercices stimulent et guident la cicatrisation de votre tendon. Une activité sportive adaptée doit être poursuivie. Suivez ces conseils pour compléter votre kinésithérapie, gagner du temps et reprendre plus vite.

Avec la collaboration de Grégory DELENTE, kinésithérapeute du sport.

Le tendon d’Achille est une cordelette fibreuse reliant le muscle du mollet à l’os du talon. Il transmet la force de contraction et permet l’extension de la cheville, indispensable à la propulsion. Il encaisse aussi les contraintes de freinage lorsque vous vous réceptionnez d’un saut ou même d’une foulée. Dans ces conditions, l’os du talon descend alors que le muscle du mollet tire vers le haut ; votre tendon d’Achille est écartelé. Si la sollicitation est excessive, il peut se produire des mini-ruptures au sein des fibres tendineuses. C’est la tendinite. 

  • 1. Au tout début, luttez contre l’inflammation.
Après un gros match de tennis, une grande randonnée ou une longue sortie de course à pied, votre tendon est rouge et gonflé. L’inflammation est belle et bien présente. Parfois même, c’est la membrane qui l’entoure qui est irritée, on parle de «péritendinite». Dans ces circonstances le repos s’impose quelques jours. Des talonnettes dans vos chaussures sont les bienvenues pour détendre vos tendons. La glace est conseillée. Le froid ferme les vaisseaux, limite le passage de liquide inflammatoire et de globules blancs venus du sang.

Protégée d’une chaussette, posez l’arrière de votre cheville et votre tendon sur un sac de glace. Conservez la position 30 minutes à 1 heure.

  Illustration : Mathieu PINET
  • 2. Guidez la cicatrisation.
Après le nettoyage des petites fibres cassées par une inflammation maîtrisée, il faut orienter les nouvelles fibres dans l’axe des contraintes. Le repos excessif serait à l’origine d’une cicatrice anarchique et fragile. Néanmoins, afin de ne pas provoquer de récidive, la sollicitation doit être progressive ! La transmission de contraction, modérée et sans freinage, est bénéfique. La brasse est conseillée car elle mobilise la cheville en douceur. Il faut juste éviter de pousser sur le bord du bassin lors du demi-tour.  Le vélo aussi se prête à ce travail croissant. Moulinez sur petit braquet.  Augmentez peu à peu les résistances. Ne vous mettez pas encore en danseuse.

Etirez doucement votre tendon afin de guider l’orientation des nouvelles fibres tendineuses. Assis par terre, genou plus ou moins tendu, attrapez votre pointe de pied et amenez la vers votre visage.

  Illustration : Mathieu PINET

Posez les 2 mains sur un mur, fléchissez doucement les coudes en gardant les talons au sol. Restez en position 30 secondes. Augmentez la tension 10 secondes. Rejoignez la position initiale lentement. Renouveler l’opération 2 à 4 fois par jour.

  Illustration : Mathieu PINET
  • 3. «Mécanisez» la cicatrice anarchique.
Souvent, au cours de l’évolution, notamment si le repos a été excessif, il se constitue un magma fibreux. Il est perçu comme un épaississement localisé du tendon. De temps à autre, la zone brisée s’entoure de nouvelles fibres. Il reste un petit vide central ; il se constitue un petit kyste rigide appelé «nodule». Ces réparations anormales ou excessives ne sont pas efficaces pour assumer les contraintes mécaniques. Il faut les assouplir … et même le «casser» puis ré-aligner les fibres.
Même en l’absence de cicatrice anarchique, il faut ré-entraîner votre tendon. Afin d’éviter la récidive, il doit progressivement retrouver les qualités mécaniques nécessaires pour encaisser les sollicitations de la disciplines qui vous tient à cœur.  Étirements et exercices de freinage plus intensifs sont indispensables.

Croisez les jambes, posez votre cheville blessée sur le genou opposé. Attrapez votre pointe de pied pour mettre votre tendon en tension. Avec votre main disponible, frottez votre tendon perpendiculairement à son axe, juste à l’endroit douloureux. Ça fait mal ! C’est bon signe ! Insistez 6 à 10 minutes, tous les jours ou un jour sur deux.

  Illustration : Mathieu PINET

Enchainez avec des étirements et du freinage pour aligner les fibres assouplies. Un mouvement lent se révèle très efficace pour «mécaniser» les cicatrices sans se montrer agressif.

Placez vos pointes de pieds sur une marche. Montez les deux talons. Descendez lentement. D’abord sur vos 2 jambes puis sur 1 jambe. Abaissez de plus en plus les talons.

 Illustration : Mathieu PINET

Parfois c’est un peu douloureux ! Pas de drame ! STANISH est le médecin qui a réalisé l’étude qui fait désormais référence concernant le « concept de freinage mécanisant ». Il a conclu son article par : «no pain, no gain» (pas de douleur, pas de bénéfice). Néanmoins, n’abusez pas de ce concept provocateur.
Continuez à pédaler. Passez souvent en danseuse. Écrasez les pédales. Faites de l’elliptique. Votre geste se rapproche peu à peu de celui de la course à pied. Travaillez aussi sur stepper, mettez de plus en plus les talons dans le vide. A la piscine, sautez dans l’eau. Allégé de la poussée d’Archimède, votre tendon renoue avec la réception de saut. Marchez, marchez plus vite. Marchez en côte, notamment sur tapis pour bien doser les contraintes mécaniques. Terminez en trottinant quelques minutes.

  • Reprenez l’entraînement spécifique.
Vous pratiquez la course à pied «de rééducation». Travaillez votre condition physique à vélo, sur elliptique ou sur stepper. Commencez votre séance en marchant. Marchez plus vite. Trottinez. Joggez. Courez si la douleur a disparue après 5 à 10 minutes. Au cas où la douleur réapparaitrait après l’effort, vous en auriez un peu trop fait.  Réduisez la dose la fois suivante. A la maison, redonnez un peu de coordination à cette cheville ménagée ces derniers temps. Fléchi sur une jambe, maintenez l’équilibre. Commencez devant la glace sur un sol stable, terminez les yeux fermés, le pied sur un matelas !

A ce stade, votre activité sportive savamment dosée et subtilement croissante constitue l’essentiel de votre «rééducation tendineuse». Néanmoins, poursuivez les auto-massages et les exercices de freinage lent. Attention ! Ces derniers doivent être pratiqués après le sport ! Avant, il risquerait d’allonger le tendon en altérant son élasticité. Il en serait fragilisé. A l’échauffement contentez-vous de commencer très progressivement.

Si votre médecin vous a prescrit des semelles, portez-les dès vos premiers footings. Vous pouvez également renouer avec la course en portant des talonnettes (…des 2 cotés pour ne pas souffrir du dos !). Pour reprendre les sauts et les appuis sur pointe plus toniques mieux vaut une orthèse soulageant le tendon. A la manière d’un strapping, ses haubans élastiques postérieurs gainent le tendon et réduisent sa mise en tension.


« La course et les sports incluant des sauts peuvent être repris sous la protection d’une orthèse soulageant le tendon »
Dès que vous parvenez à courir 30 à 45 minutes tranquillement, augmentez peu à peu la vitesse. Passez au seuil de l’essoufflement léger 5, 10 puis 15 minutes. Cette étape validée, reprenez le travail fractionné. Au début accélérez et freinez progressivement. Peu à peu, intégrez du travail d’appui et des variations d’allures plus franches et plus sèches. Si tout cela se passe bien, vous pouvez pousser jusqu’à vitesse maximum. Le sprint brutal est programmé quelques jours plus tard. Il vous reste à réintroduire les sauts … de plus en plus haut, de plus en plus loin. Bien évidemment, ces séances autorisent l’utilisation d’un ballon ou d’une raquette. Ce travail plus tonique se prête bien à la reprise des éducatifs dans le sport que vous aimez tant !  Vous n’avez pas mal, renouez avec les entraînements. Quand vous avez retrouvé vos sensations, envisagez la compétition.

  • "Quand vais-je reprendre?"
Votre question est louable et justifiée ! Voici la meilleure réponse : «C’est votre tendon qui va nous le dire !». En effet, tout dépend de l’ampleur et de l’ancienneté des lésions. Suivez les étapes proposées. Ne passez à la suivante que lorsque vous avez «validée» sans douleur la précédente. Consultez votre médecin du sport. Faites votre kinésithérapie. En pratique, un petit surmenage tendineux ayant provoqué un peu d’inflammation peut guérir en 7 à 10 jours. Une vieille lésion fibreuse avec des «nodules» peut mettre 2 à 3 mois à disparaître. Parfois même, une intervention chirurgicale est nécessaire. La bonne nouvelle : ces conseils d’auto-rééducation constituent également un programme sportif ! En fait, vous ne vous arrêtez pas, vous gardez la forme !

  • Tendinite ou tendinopathie: une rééducation différente
«Tendinite» signifie «inflammation du tendon » comme « appendicite », «inflammation de l’appendice». «Tendinopathie» veut dire «maladie du tendon». Ce n’est pas la même chose ! En effet, l’inflammation, l’irritation du tendon ne se produit qu’au stade initial de la blessure. Les globules blancs arrivent pour nettoyer les lésions tissulaires. Parfois, le processus s’emballe et devient autodestructeur. Il faut tenter de le limiter avec des techniques anti-inflammatoires. Rapidement, des cicatrices anarchiques se constituent, elles sont rigides, fibreuses, fragiles et cassantes comme des gerçures ou des balafres cutanées. C’est la tendinopathie. Cette fois, il faut stimuler les phénomènes de remodelage tissulaire. Voilà qui passe par la réactivation de l’inflammation ! D’autres méthodes doivent être utilisées !


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Infos santé : Sport et Santé-Entorse de la cheville



Entorse de la cheville

En courant, vous avez mis le pied sur une racine, votre cheville s’est tordue ! Vous pensez : « C’est une simple entorse ! ». Attention, dans ce type de traumatisme, de nombreuses blessures peuvent se produire. En cas de négligence, les délais de reprise s’allongent et les séquelles menacent !

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport

Une entorse de cheville correspond à la lésion des ligaments reliant le péroné et l’arrière du pied. Selon la gravité, ces cordelettes fibreuses sont étirées, distendues ou déchirées. Habituellement, le traitement inclut une attelle en U fixée par du Velcro et de la kinésithérapie. En effet, s’il faut éviter d’agresser ces tissus abîmés, leur élasticité naturelle impose de conserver un peu de mobilité pour orienter la cicatrisation des fibres dans l’axe des contraintes. On parle de « mécanisation ». Attention, d’autres blessures ne répondent pas à ce type de prise en charge !


  • Une fracture du péroné ?
En cas de bascule de la cheville, c’est la chaîne « os-ligament-os » qui est mise en tension. Parfois, c’est l’os qui se brise ! Ces fractures surviennent plus volontiers chez l’enfant et le senior. Dans le premier cas, c’est la zone de croissance qui cède. Dans le second, l’os s’est décalcifié et est devenu plus fragile. En cas de gonflement important, d’impotence, la radiographie permet de préciser le diagnostic. Pour favoriser la consolidation osseuse, une structure rigide, une immobilisation plus stricte à l’aide d’une résine est la bienvenue. De temps à autre, la cheville a tourné autant que basculé, la fracture suit un parcours en spirale. Elle est instable et risque de se déplacer. Une opération permet de fixer la lésion avec une plaque et des vis. Parfois, il ne s’agit que d’une petite écaille osseuse provenant du point d’accrochage du ligament. Une telle lésion est l’équivalent d’une entorse grave.


  • Un os arraché par un tendon ?
Le muscle qui tente d’éviter l’entorse est situé derrière le péroné.  Il est prolongé par un tendon, un cordon fibreux, qui vient s’accrocher à la face externe du pied. Plus exactement, il s’insère à la base de la baguette osseuse prolongeant le 5e orteil. Lorsque le pied se tord, les muscles péroniers se contractent puissamment pour tenter de redresser la cheville. La traction est parfois si vigoureuse que le point d’insertion osseux s’arrache ! Là encore, cette lésion osseuse impose une immobilisation stricte par résine. Cette fois, il est d’usage de ne pas donner l’appui au cours des premières semaines. En effet, le fragment osseux brisé est accroché à un tendon et à un muscle dont la contraction pourrait provoquer son déplacement. Attention, de temps à autre, la fracture se situe à distance de l’insertion des péroniers, plus près du 5e orteil. On parle de « fracture de Jones ». À ce niveau, l’os reçoit peu de sang, les vaisseaux sont peu nombreux et la consolidation laborieuse et incertaine. Il est fréquent de proposer une intervention au cours de laquelle le chirurgien met une plaque ou une vis. À l’inverse, si la lésion n’est qu’une petite écaille osseuse, elle correspond souvent à une entorse de l’articulation voisine. Dans ces circonstances, un strapping et une rééducation précoce sont suffisants.


  • Une luxation tendineuse ?
Ces mêmes tendons « péroniers latéraux » peuvent aussi se luxer, sortir de la gouttière dans laquelle ils coulissent en déchirant la gaine fibreuse qui les entoure. En effet, ils font poulie en arrière de la partie basse et volumineuse du péroné, la malléole externe, puis repartent en avant. Quand la cheville part en torsion, ces muscles se contractent pour essayer de la redresser. Si la mise en tension est violente, si le couloir osseux n’est pas très creusé, ils prennent la corde et se luxent. Le plus souvent, les tendons rejoignent spontanément leur emplacement. De fait le diagnostic est souvent difficile mais la perception d’un double claquement est néanmoins caractéristique. Si cette lésion est confirmée par une échographie ou une I.R.M., un traitement rigoureux s’impose. Une botte en résine moulant bien l’arrière du péroné est envisageable pendant 6 semaines. Cependant, une réparation chirurgicale est souvent proposée pour refaire le canal fibreux et éviter la récidive.


  • Une autre entorse de cheville ?
Il arrive que le pied bascule dans le sens inverse à l’entorse habituelle, comme s’il s’effondrait du côté du gros orteil. Dans ces circonstances, le ligament situé sous le tibia peut être abîmé.


C’est l’entorse du ligament latéral interne. Il a une forme d’éventail et soutient la voûte plantaire au passage du pas. Pour cette raison, sa lésion rend douloureuse le déroulé du pas. C’est beaucoup moins vrai en cas d’entorse externe. Aussi, il est souvent opportun de soulager l’appui quelques jours grâce à l’utilisation de béquilles. Une bottine rigide en résine est indiquée plus souvent qu’en cas d’entorse externe. Au cours de ce traumatisme, l’astragale, l’os de la cheville pris en pince entre le tibia et le péroné, pousse ce dernier. Il déchire les ligaments et les membranes reliant les 2 os de la jambe entre eux. On parle d’ « entorse du ligament péronéotibial et de la membrane interosseuse ». Dans ces circonstances, marcher provoque l’écartement de ces 2 os, la lésion ne peut pas cicatriser. Là encore une résine, sans appui, pendant plusieurs jours est nécessaire.


  • Une entorse du pied ?
Tous les petits os du pied sont reliés par de multiples ligaments. Au cours de ces torsions, ils sont parfois étirés. Si la marche est douloureuse, le sportif peut s’aider de béquilles quelques jours. Même s’il existe un petit arrachement osseux en écaille, un petit strapping circulaire entourant le pied est souvent suffisant. Bien sûr, l’orthèse en U est inutile. Sauf si cette blessure est accompagnée d’une entorse externe de cheville. En effet, fréquemment, il arrive que toute la chaîne ligamentaire soit violemment mise en tension lors du traumatisme. Notez que bon nombre des blessures évoquées dans cet article n’exclut pas une entorse. Ainsi, ces lésions ne sont pas toujours des « diagnostics différents », elles constituent souvent des « diagnostics associés ».

  • Comment faire la différence ?
Vous l’avez compris, si vous vous « tordez la cheville », ce n’est pas forcément une entorse de cheville. Consultez votre médecin du sport ! En vous interrogeant, il précisera le mécanisme du traumatisme et vos sensations. En regardant votre articulation, il notera l’emplacement des gonflements  et des ecchymoses. Il testera vos muscles et vos tendons. Il mobilisera en douceur toutes vos articulations. Il palpera méthodiquement tous les endroits suspects. Si nécessaire, en fonction de ces éléments, il choisira et prescrira l’examen le plus adapté : radio, échographie ou I.R.M. De cette enquête, il déduira la nature exacte des lésions. Bref, il fera un diagnostic précis ! C’est indispensable pour mettre en place le traitement le plus adapté. C’est crucial pour reprendre le sport au plus vite et sans séquelles !


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Infos santé : Sport et Santé-Point de côté


Point de côté

Cette douleur sous les poumons survient souvent chez le débutant, mais le coureur expérimenté n’est  pas épargné. Faisons le point sur les causes et tentons de trouver des solutions !

Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

La recherche n’a pas beaucoup exploré l’origine du point de côté. Normal ! Ce n’est pas très grave ! De fait, plusieurs hypothèses tentent d’expliquer ces douleurs. En fait, il est probable que ces mécanismes soient intriqués et qu’il n’existe pas « un » point de côté mais « des » points de côté, variables selon les individus et circonstances.

  • Une distension de la rate et du foie
Vous le savez, en se contractant la partie droite du cœur propulse le sang dans les poumons. En se dilatant, elle aspire le sang provenant de tout le corps. La respiration aussi y contribue. A l’inspiration, le diaphragme situé entre les poumons et le ventre se contracte et descend. Il crée une dépression dans le thorax et en compresse l’abdomen. Il participe aussi au retour du sang vers le cœur. Lorsque le cœur droit fatigue, quand la respiration devient plus haletante, le sang s’accumule dans les organes situés en haut de l’abdomen, la rate et le foie. La coque  fibreuse qui entoure ces derniers est mise en tension et devient douloureuses. A droite, un point de côté est une douleur du foie. A gauche, vous avez mal à la rate. D’où l’expression, « courir comme un dératé » … qui n’aurait jamais de point de côté !

  • Une contracture des muscles respiratoires
Les muscles respiratoires augmentent leur quantité de travail pendant l’effort, tout particulièrement quand on franchit le seuil de l’essoufflement. Le principal, c’est le diaphragme, ce gros piston dont nous avons déjà parlé.  En forme de coupole, juste derrière les dernières côtes, il s’accroche à la base du thorax et s’aplatit lors de sa contraction. De petits muscles en forme de peigne relient les côtes entre elles. Ce sont les intercostaux. Quand, il se contracte, il diminue le volume des poumons et contribue à l’expiration. Diaphragme et intercostaux s’épuisent parfois lors des exercices intenses. Quand ils manquent d’énergie, ils font des «contractures», Ces blocages musculaires sont l’équivalent d’une rigidité mortuaire localisée …  Ces douleurs sont probablement à l’origine de nombreux «point de côté».


  • Des spasmes du colon
En haut de l’abdomen, juste sous le diaphragme, le gros intestin est suspendu par de  volumineux ligaments appelés épiploon. Ces structures contiennent les vaisseaux qui apportent l’oxygène au tube digestif.  Quand vous courez, l’oxygénation de votre colon est fortement diminuée,  le sang est préférentiellement orienté vers les muscles.  De surcroît, vous le secouez allégrement au rythme des foulées et des sauts. Ses  points d’accrochages sont irrités et les petites artères qui les traversent se contracte, le sang passe encore moins bien. Les angles coliques droit ou gauche se spamment et deviennent douloureux. Voilà  encore un autre mécanisme justifiant bon nombre de points de côté.

  • Évitez les points de côté !
Certaines astuces traditionnelles courent encore. Souvent on vous propose de serrer très fort un caillou dans la main. A priori rien de logique avec les mécanismes que nous venons de décrire. Ceux qui ont essayé n’ont pas non plus été convaincus. Peut-être certains ont-ils oublié leur douleur de point de côté tant ils avaient mal à la main.  Voici quelques méthodes plus cohérentes qui méritent d’être testées. Leur efficacité dépendra notamment de la cause de vos douleurs.

  • Respirez posément
L’essoufflement réduit l’amplitude des mouvements du thorax et  perturbe le drainage de l’abdomen. Il épuise les muscles respiratoires. Rate et foie risquent de s’engorger ; diaphragme et intercostaux vont se contracturer. Prenez soin de respirer calmement et amplement. Évitez « l’hyperventilation anarchique ». Ne franchissez pas le seuil de l’essoufflement. Entraînez-vous pour repousser ce moment charnière. Dès que la gêne apparait, ralentissez, respirez amplement, inspirez profondément. En cas de point de côté droit. Inclinez votre buste à gauche, levez la droite : vous étirez vos muscles thoraciques. Avec votre main gauche, appuyez juste sous les cotes. Vous videz votre foie. En cas de douleur à gauche, inversez la manœuvre.

  • Optimisez votre digestion
Pour limiter la souffrance de votre intestin, pratiquez votre sport à distance des repas. En effet, quand l’estomac est plein et travaille le colon se contracte comme pour se vider, on parle de « réflexe gastrocolique».  L’usage est de proposer 3 heures après un déjeuner léger. A l’issue d’une collation digeste, ce délai peut-être réduit. Testez ! Trouvez la formule qui vous convient. Mastiquez méthodiquement, n’imposez pas à votre estomac une mission d’écrasement ! Pendant l’effort, buvez un peu mais souvent, une boisson de l’effort correctement diluée et chambrée. Modérez votre effort. Au voisinage de l’essoufflement, la vascularisation du tube digestif diminue encore, il peut souffrir et se spasmer! Optez pour une foulée plus rasante pour ne pas trop secouer votre intestin.


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Infos santé : Sport et Santé-Fracture du scaphoïde


Fracture du scaphoïde

En chutant sur la main, vous pensez avoir été victime d’une entorse du poignet. Attention, c’est peut-être une fracture du scaphoïde ! En cas de négligence, de gros ennuis vous attendent !

Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin et traumatologue du sport.

« Toute entorse du poignet est une fracture du scaphoïde jusqu’à preuve du contraire » dit l’adage médical. En effet, ce petit os est situé à la base du pouce, à la jonction avec l’avant bras. Il peut se briser à l’occasion de traumatisme apparemment anodin. Lorsque vous tombez sur la main, il est pris en tenaille entre le poignet et les os de l’avant bras. Du fait de sa petite taille, la douleur et le gonflement se montrent souvent modérés. Voilà qui est trompeur !

  • Toujours penser à la fracture du scaphoïde
Votre médecin du sport recherche une douleur caractéristique. Il appuie sur le scaphoïde, entre les cordelettes tendineuses situées à l’arrière du pouce. Vous criez ! Aie, le doute s’installe. Il prescrit des radios. Parfois la fracture n’est pas visible. Au moindre doute, il faut immobiliser le poignet et refaire des clichés ou un scanner 10 jours plus tard. Au cours de cette période, les globules blancs vont nettoyer la zone cassée et le trait de fracture apparaîtra plus nettement. Pour gagner du temps, une IRM peut être indiquée. On constate parfois la présence massive d’eau dans le scaphoïde. C’est l’hématome et l’œdème de la fracture !

  • Trois mois de plâtre ! C’est justifié !
Chez l’Homme, le plus célèbre des bipèdes, le membre supérieur est très mobile et ne supporte pas le poids du corps. Ainsi en cas de fracture de la main, l’adage médical est d’affirmer que « la mobilité prédomine sur la solidité ». De fait, les durées d’immobilisation sont souvent courts… sauf pour le scaphoïde ! Pour permettre la consolidation totale de ce petit os, un plâtre prenant le poignet et le pouce doit être conservé 3 mois. Au cours de la première moitié du traitement, certains médecins proposent d’éviter les rotations de la main en bloquant également le coude. Ce délai d’immobilisation est amplement justifié ! Souvent, les vaisseaux nourrissant le scaphoïde sont déchirés par la fracture. Ce petit os incurvé a pour mission de serrer tous les osselets du poignet. Les contraintes mécaniques qui lui sont imposées peuvent provoquer un glissement des fragments. Aussi, le cal osseux a-t-il du mal à se constituer. Le scaphoïde assume d’importantes contraintes mécaniques. Trois mois, c’est le temps nécessaire pour refaire de l’os, que ce soit un grand fémur ou un petit scaphoïde. Une immobilisation rigoureuse et prolongée se révèle indispensable. Sinon, la zone cassée peut rester trop souple, c’est la “pseudarthrose”. Quelques fois, les morceaux se fixent en mauvaise position c’est le “cal vicieux”. Enfin, l’extrémité osseuse ne recevant pas suffisamment de sang peut mourir, c’est la “nécrose”. Les  petites fractures situées à l’extrémité du scaphoïde permettent parfois de limiter l’immobilisation à 6 semaines. Si les fragments osseux sont déplacés ou instables, une intervention chirurgicale permet de réunir les morceaux avec une vis.

  • Fracture du scaphoïde négligée, poignet rapidement handicapé
Petit mais costaud, le scaphoïde maintient en étaux tous les petits osselets du poignet.
En cas de fracture mal consolidée, l’architecture osseuse se disloque au moindre geste de la main. Les mouvements anarchiques de ces petites pièces osseuses ne tardent pas à user le cartilage qui les recouvre, c’est l’arthrose du poignet. L’articulation devient douloureuse et perd de sa souplesse. Le tennisman ne parvient plus à tenir sa raquette et le golfeur ne peut serrer son club. Le judoka souffre en saisissant un kimono. Les karatéka et boxeur ont mal en frappant. Pour le joueur de volley, de hand ou le gardien de but, attraper un ballon devient douloureux.  Même le joueur de champs n’ose plus tacler. Surtout, vous avez mal dans la vie quotidienne. Vous êtes à la peine pour porter, soulever, vous appuyer ou écrire. Alors ne négligez pas vos « entorses du poignet » !


  • Gardez la forme 
Heureusement, le poignet est bien immobilisé dans une résine parfaitement moulée. Ainsi, rapidement, vous êtes invité à renouer avec la course. Sur vélo d’appartement, posez les avant-bras sur le guidon. Une dizaine de jour plus tard, après accord de votre médecin, vous pouvez même tomber… et reprendre le foot dans le champ. Le plus souvent, les arbitres autorisent les matchs si on prend soins de recouvrir le plâtre par un peu de mousse. Il est également possible de faire de la musculation. Renforcez vos jambes et votre buste mais aussi vos membres supérieurs. Certains appareils comme le butter-fly ou le rowing n’imposent pas de prise manuelle mais juste des appuis sur les bras ou les avant bras. Pour réaliser une bonne gym à domicile, utilisez des élastiques et placez les poignées autour des poignets. Dans ces conditions, vous parvenez à vous soigner correctement, tout en gardant la forme !

  • Faites de la kinésithérapie, Reprenez votre sport !
Au sortir de la résine, votre poignet n’est pas fonctionnel ! Vous manipulez difficilement votre ballon, votre raquette ou votre club de golf. Au foot, conservez quelques semaines un petite attelle à velcro. De la rééducation s’impose pour retrouver de la mobilité, de la force et de la coordination. Votre kinésithérapeute vous assouplit en douceur et vous propose de nombreux exercices. Vous-même, bougez votre main dans un bain chaud, serrez une éponge. Peu à peu, gagnez en spécificité. Pédalez sur home-trainer en tenant le cintre. Dès que la prise est stable et que le freinage est aisé, reprenez les entraînements sur route. Attendez un peu pour les chemins caillouteux à VTT.  Travaillez avec un ballon en mousse ou sous gonflé. Utilisez une raquette légère, commencez par refaire les gestes techniques lentement, à vide. Poursuivez avec des balles molles. Le tennis de table peut constituer un intermédiaire ludique. Saisissez votre club, réconciliez vous avec votre grip. Débutez par le putting puis les approches, finissez avec les swings. Soyez progressif. Après l’ablation de la résine, comptez au moins un mois pour retrouver vos sensations et votre niveau. En pratique, c’est votre médecin et surtout votre poignet qui vous préciserons vos délais de reprise.

Source SantéSportMag