mercredi 20 juin 2018

Billets-Les experts médiatiques sont-ils si compétents ?


Les experts médiatiques sont-ils si compétents ?

La compétence ne devrait-elle pas être un prérequis pour être invité à s’exprimer dans les médias ?

Au milieu des années 1980, des journalistes du magazine anglais The Economist demandent à quatre ministres des Finances, quatre dirigeants de grandes entreprises, quatre étudiants d’Oxford et quatre éboueurs londoniens de prédire l’évolution de plusieurs indicateurs économiques. Dix ans après, ils constatent que la plupart des prévisions sont fausses. Ils remarquent aussi que les éboueurs ont fait les meilleures prédictions (à égalité avec les dirigeants de grandes entreprises). Les ministres des Finances sont arrivés bons derniers…

Au même moment, Philip Tetlock, professeur à l’université de Pennsylvanie initie une étude beaucoup plus rigoureuse. Il demande à 284 experts de faire des prédictions économiques et géopolitiques (comment le PIB des États-Unis évoluera-t-il ? Le Québec fera-t-il sécession du Canada ? Le régime de l’apartheid sera-t-il aboli en Afrique du Sud ? L’Union Soviétique implosera-t-elle ?). Au total, il collecte 82 361 prédictions. Vingt ans après, il publie les résultats de son étude dans un ouvrage qui deviendra une référence (Expert Political Judgment : How Good Is It? How Can We Know ?, Princeton University Press, 2005).

Comme les journalistes de The Economist, il constate que la plupart des prédictions réalisées par les experts sont fausses. Pire, elles ne sont pas meilleures lorsqu’elles portent sur leur domaine d’expertise plutôt que sur un sujet qu’ils connaissent moins. Tetlock remarque aussi que le niveau d’études et l’expérience des experts n’ont aucun impact sur la qualité de leurs prédictions. Une seule variable influence la qualité des prédictions réalisées par les experts : leur exposition médiatique. Plus un expert est médiatique, moins ses analyses sont fiables (lire aussi l’article « Comment les experts gagnent-ils de l’influence » ) !

Renard et hérisson
À première vue, ce résultat peut sembler surprenant. La compétence ne devrait-elle pas être un prérequis pour être invité à s’exprimer dans les médias ? Pour expliquer le paradoxe selon lequel les experts les plus médiatiques sont les moins compétents, Tetlock reprend la distinction classique entre les hérissons et les renards. Dans un article intitulé « Le Hérisson et le Renard », le philosophe anglais Isaiah Berlin explique qu’il y a deux catégories de personnes : celles qui ne voient le monde qu’à travers une règle simple (les hérissons), et celles qui pensent que le monde ne peut être réduit à une idée simple (les renards). Les hérissons ont donc une idée à laquelle ils croient dur comme fer. Comme ils n’utilisent qu’une seule grille de lecture, leurs analyses sont très tranchées… mais pas forcément fiables. Les renards, eux, sont moins dogmatiques. Ils utilisent plusieurs grilles de lecture et leur pensée est en perpétuelle évolution. Cela leur permet de réaliser des analyses plus fiables que celles des hérissons… mais parfois trop subtiles pour marquer les esprits.

Les chaînes d’information en continu ont particulièrement bien compris l’impact médiatique des renards. Pour faire de l’audience, mieux vaut inviter un hérisson… ou deux hérissons avec des points de vue opposés. Même si leurs analyses sont moins rigoureuses que celles des renards, l’ambiance sur le plateau sera beaucoup plus électrique… et l’audience sera au rendez-vous.


Source contrepoints.org

Billets-Besoin de changer de régime ?


Besoin de changer de régime ?

De nouvelles élections régionales et hivernales bousculant le calendrier traditionnel approchent et cela doit nous amener encore à évaluer notre démocratie et nous poser la question, dans quel régime vivons-nous ?

Un régime politique figé dans un nouveau monde 
Ayant l’impression de vivre une époque charnière, en pleine destruction créatrice « schumpéterienne » où des pans entiers de notre économie vont s’effacer tranquillement pour céder la place à de nouvelles pratiques économiques, on se doit de réfléchir aux possibles transformations de la vie politique qui n’échappera pas aux impulsions données par la troisième grande révolution technologique. À chaque révolution Industrielle on a vécu une mutation de la pratique de l’énergie et une amélioration des moyens de transports et de communication influençant nécessairement l’environnement économique, politique et social.

I. 1830 : Machine à vapeur (énergie) – Chemin de fer (possibilités économiques accrues) – rotative (circulation de l’information par l’écrit et développement de la presse) – Régimes impériaux ou grandes monarchies

II. 1900 : Électricité & pétrole (énergie décuplée, ère de grande consommation) – automobile (transport individuel et liberté individuelle accrue) – téléphone (des frontières s’effacent) – Avènement des républiques inclues dans de grandes démocraties libérales

III. 2000 : Énergies décarbonées (smartgrid) – Internet & NTIC (Révolution de l’information et de la communication) – Ubiquité (on peut être ailleurs en étant chez soi) – ? ? ? dans quel régime allons/souhaitons nous vivre ?

Un régime politique, c’est quoi ?
Eh bien, pour les plus pessimistes ce n’est ni plus ni moins que la façon dont vous allez être mangés par vos gouvernants, et il faut avouer que parfois la rhétorique alimentaire n’est pas qu’une vue de l’esprit quand on découvre le cynisme de certains élus ! Pour les légalistes cela représente la manière dont sont organisés et exercés les pouvoirs au sein d’une entité politique donnée, sous sa forme la plus institutionnelle. Enfin, pour certains, c’est une notion tout à fait abstraite qui se résume au fait que notre régime, c’est le meilleur ! Puisqu’on nous le dit depuis notre plus tendre enfance (note de l’auteur : cela vaut bien entendu pour tous les lecteurs nés après 1945).

Le régime politique d’un pays se définit par l’application de quatre grands domaines à savoir :
– l’autorité donnée aux gouvernants versus les droits et les devoirs de chacun,
– le processus de sélection ou de choix de nos dirigeants censés représenter le reste des habitants,
– la structure interne des gouvernants ou leur mode d’organisation,
– puis enfin les moyens de contrôle et de limitation du pouvoir donnés à ceux qui tirent les ficelles.

Partant de cela on a tendance à classifier les régimes en allant du pire au meilleur, le pire étant le régime totalitaire comme le nazisme, communisme soviétique et autres fascismes, auquel fait suite une version édulcorée avec le régime autoritaire, qu’on a beaucoup vu en Afrique et en Amérique du Sud, se caractérisant par un gouvernement élu mais par des élections pipées et avec un seul parti. Enfin au sommet de la pyramide, la Démocratie Libérale où le mot libéral signifie liberté (liberté individuelle, droit des minorités), rien d’économique la-dedans… La démocratie libérale étant constituée par la séparation bien distincte des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) chère à Montesquieu et aux Lumières à l’aide d’un système de gouvernance très rythmé et des élections ouvertes dans un État de droit dont la constitution ne change pas à chaque changement de gouvernants.

Un peu de sémantique
Revenons à l’idéal démocratique. Démocratie vient du grec démos, le peuple, et kratos, le pouvoir. Le peuple gouverne mais à notre stade d’évolution, il gouverne par des représentants élus à qui il doit faire nécessairement confiance. En somme, le peuple possède tous les pouvoirs par définition mais il les prête à des représentants élus par lui.

Qu’est-ce que la République dans tout ça ? Le terme de République vient de res publica, qui veut dire « le bien public » ou « la chose publique ». Et cette chose publique nous appartient à tous, à charge pour nous d’organiser les affaires de la cité, de notre pays, dans un système organisé. Certaines monarchies sont des républiques (Suède, Danemark, Angleterre) où le peuple est souverain quant à sa représentation politique.

Il convient néanmoins de bien distinguer Démocratie et République. La Démocratie signifie que le peuple est souverain en matière de politique, en matière d’organisation de la vie de la cité ou d’édiction de règles communes. La République, quant à elle, est une garantie institutionnelle qui vise à organiser le pouvoir pour le peuple par le peuple en visant l’intérêt commun plutôt que le particulier grâce à un mode de gouvernance structuré que nous connaissons aujourd’hui. Démocratie et République s’étayent mutuellement et se renforcent, mais si la seconde ne va pas sans la première, la Démocratie en revanche, si fragile soit-elle, peut très bien se passer de la République. Et si nos moyens technologiques nous permettaient d’atteindre cet idéal ? Pour cela il faudrait imaginer un monde organisé par tous ou tous auraient leur mot à dire.
De même, vous l’aurez compris, la République peut aisément corrompre l’idéal démocratique en se substituant à lui par jeu de mot et incompréhension. La République Populaire de Chine en est le parfait exemple. En somme, la République peut devenir un Empire sans en revêtir le nom… Cela fait extrêmement peur, en effet. Dans le notion de « par le peuple, pour le peuple » il faut plutôt comprendre par une partie du peuple désignée par le peuple pour le peuple. En revanche, la démocratie signifie littéralement « le pouvoir par le peuple.

Bien entendu, un régime politique s’inscrit dans son temps et son époque. Lorsqu’il fallait huit jours sous Louis XIV pour qu’une information ou un individu se déplace entre Marseille et Paris on se doute bien qu’une démocratie telle qu’on la connaît était impossible à mettre en place. La liberté suppose une bonne communication entre tous. L’avènement de l’Internet et la prodigieuse capacité à communiquer en temps réel au niveau international devrait nécessairement apporter du changement ; or, la cinquième république tient bon…

Défiance
Alors, pourquoi cette notion nous apparaît abstraite et distante ? En effet, en France et en théorie il n’y a aucune frontière entre les gouvernants et les gouvernés, les premiers étant une partie des seconds comme dans toute grande démocratie qui se respecte. Et pourtant, malgré toute la paix sociale que cette notion doit nous apporter, on constate que des centaines de milliers de nos concitoyens râlent après les gouvernements successifs et râlent après la République française. Dans le fond, les concitoyens ressentent un décalage entre leurs ambitions personnelles et leurs gouvernants. Un véritable gap se fait sentir entre eux et nous, et la société s’électrise. Les jeunes gérants de startups interpellent les députés, bon nombre de Français se détournent de leurs institutions, et pire, les ridiculisent. Le degré de confiance des citoyens envers leurs élus est tombé à son niveau le plus bas, à tel point qu’il existait bien plus de supporters de la monarchie en plein 18ème siècle que de Français confiants dans leurs représentants pourtant élus. Nous devrions être fiers de posséder nos outils de gouvernance et nous sentir extrêmement libres, mais ce n’est pas le ressenti que nous avons. Quelque chose cloche.

À ce stade du récit, si vous êtes encore là, vous devez vous dire que non, nous ne vivons pas pleinement dans une démocratie. Et vous avez raison. À chaque fois que le peuple se voit limité dans ses décisions, alors la démocratie recule. L’exemple du non à l’Europe pourtant ratifié en tant que oui par les gouvernants européens est un exemple manifeste de l’atteinte au droit le plus entier du peuple : celui de décider. Il arrive très souvent que votre avis personnel sur une question précise de la vie de la cité ne soit pas pris en compte. La réforme des rythmes scolaires, la probable application de la GPA, la décision ou non de partir en guerre en Syrie sont autant de sujets qui divisent les Français et où ces derniers doivent s’en remettre aux gouvernants élus sans qu’aucun avis ne soit demandé. Le cadre républicain et notre démocratie libérale imposent des limites strictes pour nous faire penser que le plus grand nombre, la fameuse majorité, décide.

Quelles alternatives au régime actuel ?
Nous nous devons de réfléchir, au moins, à notre mode de gouvernance. Si la démocratie totale est un but en soi, nous savons qu’elle n’est pas encore totalement possible de par nos limites techniques et technologiques. Mais certains courants réfléchissent à des alternatives comme la Démocratie Liquide prônée par les différents partis pirates. Le parti pirate nous vient d’Allemagne et place l’individu au centre. Il y a effectivement un lien entre le web et ce mode de gouvernance qui implique que chacun puisse donner son avis sur tout et très souvent.

Sans aller chercher dans l’avenir ou dans un concept « fluide » et « liquide », nous avons l’exemple du gouvernement helvétique. En Suisse, les votations interviennent souvent et le gouvernement se renouvelle tous les 5 ans en permettant à tous les courants politiques d’être représentés. La particularité de ce régime est que les citoyens sont très impliqués dans les processus de décisions grâce à l’usage intensif de la démocratie directe. Depuis 1848, les Suisses ont eu recours 563 fois au référendum, et ce de plus en plus (plus de 340 fois depuis 1979). L’un des derniers en date, en février 2014, a dit oui à une limitation de l’immigration à 50,3%. Ces référendums peuvent intervenir de manière obligatoire pour modifier la constitution et de manière spontanée si 50 000 personnes parviennent à se réunir 100 jours après l’édiction d’une loi pour tout simplement l’annuler. Imaginez un peu cela en France… Enfin, un référendum d’initiative populaire peut être déclenché si 100 000 signatures sont réunies en 18 mois pour tenter de modifier la constitution. De fait, si les partis sont présents pour s’occuper de politique, de grands mouvements de foule peuvent très facilement imposer leur point de vue. D’ailleurs, connaissez-vous le nom d’un seul homme ou femme politique Suisse ? Cherchez bien… Non ! Effectivement, ce ne sont pas des célébrités. La Suisse est une forme de démocratie liquide ou plutôt fluide.

À titre de comparaison, les Français ont eu recours au referendum neuf fois, dans la douleur, depuis 1958 et les Suisses 400 fois.

Alors, que faire ?
Oui, nous avons besoin de plus de démocratie car notre République est devenue une République corporatiste, soumise à tel ou tel lobby dont les plus connus sont ceux de l’industrie pharmaceutique, des fonctionnaires, sortes de prélats de l’ordre républicain, des taxis, des médecins, des notaires ; en approfondissant, on se rendra compte que les banques sont un frein au crowdsourcing en limitant les sommes à lever par la foule ou bien encore les industries du livre qui maintiennent des prix exorbitants grâce à la loi des 5% de remise maximum. La liste est longue, avec des instances publiques qui refusent de permettre la réutilisation des données pourtant publiques nécessaires aux industries du big data… Nous entrons dans un domaine certes économique mais force est de constater que nos lois et notre République brident les entrepreneurs où qu’ils soient au profit de corporations archaïques.

Sur un plan social, notre mode d’organisation se noie dans une gestion de la vie de la cité par près de 6 millions d’employés publics complètement désolidarisés des solutions technologiques de gestion. L’impossible réforme de la perception de l’impôt en est un témoin marquant. Une véritable confiscation de l’énergie créatrice par le prélèvement de taxes dépassant les 50% est toujours à l’œuvre ; chacun sait que ce que nous faisons ne fonctionne pas. Nous coulons et nous croulons sous la dette, seul remède connu à la République malade.

Nous sommes une grande démocratie, nous devons faire confiance au peuple. Pour aller vers le chemin d’une meilleure représentativité nous n’avons aujourd’hui pas d’autre choix que le vote, mais pas n’importe quel vote. Pas celui qui est véhiculé par les médias trop corrompus et subventionnés par le pouvoir, la presse zombie, mais celui qui vient de la terre, de la cité. Nous devrons élire des personnes qui portent les valeurs que nous aimons ; ces personnes existent mais elles ne se doutent pas qu’elles peuvent jouer un rôle.

Votre désir de changer le monde et votre bulletin de vote sont deux armes de création massive, faites en bon usage !

Source contrepoints.org
Photo : Buste Marianne (Crédits marycesyl, licence Creative Commons)


Billets-Comment l’État-Providence est né


Comment l’État-Providence est né

Parce que la plupart des gens sont attirés par les promesses de cadeaux gratuits, ils seront attirés par les promesses des politiciens. C’est pour cela qu’ils ont accepté l’État-providence en échange de leur soumission.

Quelque chose en échange de rien, voilà ce que veulent la plupart des gens.
Les Suisses ont voté contre “un revenu de base garanti”, que les gens travaillent ou non. L’idée elle-même, en revanche, ne disparaîtra probablement pas.

Les deux tiers des électeurs britanniques affirment être pour une telle idée. La province d’Ontario, au Canada, se prépare à tester quelque chose de similaire.
Si vous nous lisez depuis quelques temps, vous savez comment et pourquoi nous avons un État-Providence.

Ce n’est pas parce que nos dirigeants sont plus attentionnés que par le passé. En réalité, les révolutions française et américaine ont montré que la valeur relative des “citoyens” est plus importante que celle des “sujets”.

Lorsque les gens pensaient être en charge d’un gouvernement au lieu d’en être simples sujets, ils ne trouvaient plus absurde de se demander, non ce que le gouvernement pouvait faire pour eux… mais ce qu’ils pouvaient faire pour lui.

Les élites, qui contrôlent le gouvernement, avaient une réponse toute prête : vous pouvez payer des impôts plus élevés ! Et vous pouvez aller vous faire tuer dans l’une de nos guerres égoïstes à l’étranger.

Au lieu d’être incorporés de force dans l’armée du roi, en d’autres termes, les citoyens s’engageaient de leur propre chef. Et parce que l’argent était désormais utilisé uniquement pour des projets qui leur rapportaient — selon leurs représentants élus –, ils étaient d’accord d’en verser plus.

C’est du moins la théorie.

Oui, les électeurs sont bien ennuyeux. Tout de même, laisser les masses croire que ce sont elles qui commandent, ça rapporte : on peut en obtenir plus de cette manière.

Merci, Herr Bismarck !
Sauf qu’au 19ème siècle, le nouveau citoyen avait un fusil, en plus d’un bulletin de vote.

Et s’il pouvait abattre George III ou Louis XVI, il pouvait faire tomber n’importe quel gouvernement.

C’est ainsi que, près d’un siècle après la décollation de Louis, le premier chancelier d’Allemagne, Otto von Bismarck, a trouvé un moyen de s’assurer de la docilité du nouveau citoyen : donnez-lui quelque chose en échange de rien. Donnez-lui une pension !

Grâce à une série de lois dans les années 1880, l’Allemagne de Bismarck a mis en place le premier État-Providence au monde — comprenant l’assurance-santé et un programme de retraites publiques.

Si les gens dépendaient des autorités pour le financement de leur retraite, ils accepteraient à peu près tout ce que les autorités décideraient.

Telle est l’origine de ce que nous connaissons comme l’État-Providence, dans lequel le gouvernement collecte de l’argent auprès des citoyens puis leur en rend une part substantielle.

Certains obtiennent un emploi. Certains obtiennent des allocations santé. Quasiment tous touchent une retraite.

Aujourd’hui, la plupart des gouvernements fonctionnent sur une version ou une autre du modèle de Bismarck, prenant l’argent des citoyens mais leur fournissant aussi des avantages “sociaux”.

Le modèle a parfaitement fonctionné pendant 100 ans.

Les politiciens, en quête de voix, n’ont pas cessé de rendre les conditions plus attrayantes. De droite comme de gauche, ils ont réalisé qu’ils devaient promettre de plus en plus d’avantages pour être élus.

Le véritable conservatisme (c’est-à-dire partisan d’un gouvernement limité) a pratiquement disparu à mesure que les enchères montaient. Les politiciens ont promis à leurs électeurs des allocations chômage, des soins de santé, des médicaments remboursés, des allocations logement…

Mais plus ils promettaient quelque-chose-en-échange-de-rien, plus les gens en voulaient.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit


Photo Bismarck By: www.GlynLowe.com – CC BY 2.0

Source contrepoints.org

Billets-Démocratie, liberté d’expression, fake news : 2500 ans de cohabitation

Démocratie, liberté d’expression, fake news : 2500 ans de cohabitation

Une défense réelle de la démocratie libérale serait d’abolir plutôt les lois liberticides qui s’accumulent contre la liberté d’expression, y compris d’ailleurs celles inusitées qui prétendent lutter contre les fausses nouvelles.


Lorsque l’anglicisme fake news (fausse nouvelle) est apparu, on se doutait bien que, tôt ou tard il allait être utilisé pour une nouvelle loi liberticide sur la liberté d’expression.

Emmanuel Macron ne nous a pas déçus. Sans que rien ne l’exige, sans qu’aucune demande n’émane ni des citoyens, ni des journalistes, il a annoncé lors de ses vœux, une loi destinée à protéger «la démocratie libérale ». La raison évoquée est intéressante car elle s’appuie sur un point sensible : la relation entre la démocratie et la liberté d’expression.

LES ARGUMENTS EN FAVEUR DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
On classe traditionnellement les arguments en faveur de la liberté d’expression en trois grandes catégories :

  • une catégorie libérale : la liberté d’expression est un droit individuel, naturel indispensable à la réalisation de chaque vie humaine ;
  • une catégorie utilitariste : la liberté d’expression est nécessaire à la recherche de la vérité ;
  • et enfin une catégorie démocratique : la liberté d’expression est un processus indispensable à la démocratie.

L’argument démocratique est le plus limité, il n’est pertinent que pour un régime particulier et ne concerne que le débat politique mais il est le plus ancien, et compte tenu de l’importance de la démocratie dans la société moderne, le plus accepté sur l’ensemble du spectre politique.

Les arguments démocratiques ne s’opposent pas aux arguments libéraux ou de recherche de la vérité, même s’ils partent d’un autre point ; ils viennent se sur-rajouter pour le périmètre limité du débat politique dans une démocratie.

ATHÈNES ET LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
La langue des hommes n’est plus emprisonnée. Le joug de la force a été brisé : dès cet instant le peuple déchaîné exhale librement sa pensée. (Eschyle, Les perses, 472 av. J.-C)
Avec Solon puis Périclès, l’Athènes de l’ère classique (Ve siècle av. J.-C.) invente un concept qui a de l’avenir, le gouvernement du peuple par le peuple : la démocratie (de dêmos, le peuple et de kratos, le pouvoir).

Et loi des séries oblige, les Grecs en inventant la démocratie directe sont aussi obligés d’inventer une forme de liberté d’expression.

Comment débattre des problèmes de la cité – et trouver les meilleures solutions -, si les citoyens ne sont pas libres d’exprimer leur pensée et de débattre sans crainte ? Si la déférence à une hiérarchie sociale empêche les solutions optimales d’être connues publiquement ?

Cette liberté d’expression politique n’est donc pas vue, comme elle le sera plus tard, comme une limitation du pouvoir politique sur les citoyens, puisque les citoyens et le pouvoir politique pour les Athéniens de Périclès sont une seule et même chose.

Elle n’est pas non plus vue comme un droit individuel, fondamental et inaliénable pour chaque personne, mais simplement comme une pratique indispensable dans le cadre de la démocratie directe, visant à la bonne gouvernance de la cité.

Avec l’Isêgoria (de Iso : « égalité » et de Agoraomai : « Parler devant une assemblée », l’égalité de parole dans le débat public donc) chaque citoyen pouvait se lever et prendre la parole devant l’assemblée (l’Ecclésia). Et le citoyen grec était bavard : il pouvait y avoir entre 200 et 300 discours à chaque session de l’assemblée, limitée par le Clepsydre, la fameuse horloge à eau.

L’expérience athénienne ne sera pas oubliée. Même lorsque sa taille (Moins de 300 000 habitants) comme sa radicalité (démocratie directe totale) éloignent sensiblement Athènes d’un État-nation moderne (des millions d’habitants et une démocratie représentative libérale), Athènes reste le point de départ de beaucoup de réflexions sur la démocratie et la liberté d’expression.

IDÉAL DÉMOCRATIQUE
La liberté d’expression est l’une des conditions d’un gouvernement légitime. Les lois et les politiques ne sont pas légitimes sauf à avoir été adoptées via un processus démocratique, et un processus n’est pas démocratique si le gouvernement a empêché qui que ce soit d’exprimer ses convictions sur ce que ces lois et ces politiques doivent être. (Richard Dworkin, Right to ridicule, Tribune nybooks 2006)

Dans l’idéal démocratique – et ses concepts de peuple souverain, gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple -, la liberté d’expression a trois fonctions.

La première fonction est de permettre au peuple d’être correctement informé des faits nécessaires à la bonne prise de décision. Lorsqu’un monarque a le pouvoir, il ne se fait pas censurer des informations ou des opinions, même inconvenantes ou pouvant être fausses, permettant de prendre les bonnes décisions.

Lorsque le peuple a le pouvoir, on ne voit pas comment il pourrait faire ce même travail avec des informations tronquées ou limitées. Les informations connues de l’orateur doivent être disponibles pour exercer le pouvoir.

Ici, la liberté d’expression n’est pas au service de l’orateur, bien que ce soit lui qui s’exprime, la liberté d’expression est au service du public qui écoute : il a besoin des connaissances non censurées de l’orateur ou, lorsque l’avis de cet orateur est contesté, des réfutations de ses adversaires. La liberté d’expression est ici une liberté d’entendre.

Ces informations n’ont d’ailleurs pas à être toujours exactes, elles peuvent être même volontairement inexactes, mais cela ne justifie pas que le souverain ne puisse pas les connaître.

LE DROIT D’INTERPELLER
Imagine-t-on un souverain interdit par ses conseillers d’accéder à des informations par crainte d’une manipulation, informations auxquelles les conseilleurs auraient par contre accès ?

Le souverain ne serait plus souverain, les vrais détenteurs du pouvoir seraient alors les conseillers, mystérieusement d’ailleurs protégés des effets de la manipulation. L’exercice du pouvoir exige l’accès à toutes les informations, y compris celles que des ennemis inventent, ne serait-ce que pour connaître et contrer ces adversaires.

La seconde fonction est de permettre au peuple de donner son avis. Puisqu’il détient le pouvoir, le peuple doit donner ses commandements, indiquer ses choix, critiquer ou poser ses questions, soit au personnel politique dans une démocratie représentative, soit à ceux chargés d’exécuter les tâches dévolues à l’État, un général d’armée, un architecte, dans une démocratie directe.

Là encore, le roi n’est pas censuré dans la conversation qu’il a avec ses ministres, le peuple doit avoir les mêmes privilèges pour gouverner. Si le peuple n’a pas la possibilité de questionner, d’interpeller, y compris rudement, ceux qui exécutent ses instructions, il n’a pas réellement le pouvoir.
La dernière fonction de la liberté d’expression est plus indirecte. Elle permet le débat entre citoyens. Débattre librement n’a pas seulement un intérêt dans la prise de décision et l’émergence de la meilleure solution pour la Cité.

Débattre librement a un intérêt dans le fait de débattre en lui-même. Le débat est d’abord une pédagogie du respect des autres citoyens, ils ne vous écouteront que si vous les écoutez, il est aussi une contrainte pour formaliser sa propre pensée afin de la rendre convaincante. Et il oblige à exercer son esprit critique.

De surcroît, le débat forge la citoyenneté et prépare l’acceptation de la décision commune, même pour l’avis en minorité. En démocratie, on ne peut pas exiger d’un citoyen qu’il obéisse à une loi s’il n’a pas pu avant exprimer son désaccord pour cette loi. Le débat ouvert à tous participe à la légitimation ensuite de l’obéissance des lois par tous, après un vote agrégatif où une majorité l’a emporté sur une minorité.

Ainsi, même dans l’hypothèse où la liberté d’expression n’aurait pas permis à la meilleure proposition de l’emporter, elle aura tout de même, via le débat, permis à la décision d’être acceptée par l’ensemble des citoyens, de légitimer cette décision, d’éviter la guerre civile.

Elle aura fait prendre conscience aux citoyens de leur appartenance commune à une Cité.

CENSURE ET DÉMOCRATIE
La censure a perdu tous ceux qui ont voulu s’en servir, parce qu’elle rend le gouvernement représentatif impossible. (Chateaubriand, Discours du 5 juillet 1824)

Liberté d’expression (sur le périmètre politique) et démocratie sont donc profondément imbriqués.
Un partisan d’une aristocratie, méritocratique, propriétaire ou héréditaire, peut plaider pour limiter la liberté d’expression du peuple avec cohérence sur le domaine des idées politiques ; seule l’élite a le discernement nécessaire pour le pouvoir, seule elle a besoin de l’accès aux informations politiques pour l’exercer.

Par contre, même une démocratie totalitaire, qui ferait peu de cas des libertés individuelles dans la vie privée, serait obligée de conserver la liberté d’expression sur le périmètre de la gouvernance de la Cité, sous peine de perdre (aussi) son étiquette de démocratie pour celle d’oligarchie, d’aristocratie ou de tyrannie.

Un démocrate voulant censurer doit pouvoir expliquer pourquoi ce peuple assez sage pour disposer du pouvoir politique, même indirect, serait ensuite trop immature ou inconséquent pour écouter ou parler librement.

Ce peuple ainsi incapable de discerner le vrai du faux sur son mur facebook à tel point qu’il faille l’en protéger par des juges ou des technocrates, par quel miracle pourrait-il ensuite être capable de discerner la justesse d’un programme ou les compétences d’un candidat ?

Un même électeur serait donc capable de discerner si Emmanuel Macron peut disposer de l’arme nucléaire mais il ne serait pas capable de décider quoi lire sur un réseau social.

Cela ne signifie pas bien sûr que, même dans l’idéal démocratique, les démocraties ne doivent jamais mettre en place des restrictions à la liberté d’expression : diffamation, chantage, menaces, appel à la violence directe et immédiate, etc., il existe certaines raisons légitimes de protéger les individus ou les institutions.

Cela signifie que sur le plan des idées, en particulier politiques, un gouvernement démocratiquement élu qui cherche à limiter la liberté d’expression en campagne électorale sur le périmètre politique ne peut le faire que la main tremblante, son scalpel s’approche dangereusement de la moelle épinière qui fait sa légitimité.

Le pouvoir censeur doit répondre à la question : si cet électeur, qui t’a fait roi, ne peut même pas lire librement des messages politiques mensongers sans être trompé, est-ce raisonnable de lui donner le pouvoir te faire roi ?

Et s’il faut le protéger des fausses nouvelles, pourquoi ne faudrait-il pas aussi le protéger des astuces rhétoriques ? des sophismes ? de l’émotion ? des promesses électorales insincères ? Est-ce que les envolées lyriques volontairement floues d’un discours d’Emmanuel Macron, ou ses adversaires, en campagne sont vraiment beaucoup plus favorables à une délibération rationnelle qu’un troll russe postant une nouvelle inexacte sur facebook ?

De surcroit, les juges, les politiques ou les technocrates qui jugeraient de la véracité d’un contenu auraient un pouvoir inacceptable sur le débat des citoyens, qui porte justement sur l’action de ces juges, politiques ou technocrates.

Toutes ces questions théoriques se posent avant même de poser les questions sur les incroyables difficultés opérationnelles de l’identification d’une nouvelle fausse et la débauche de moyens à mettre en œuvre. Elles se posent avant même de poser les questions essentielles sur la neutralité et les compétences des hommes qui pourraient identifier les fausses nouvelles, et cela de façon équitable.
Et elles se posent en parallèle des objections libérales sur le droit des individus de s’exprimer ou de lire sans le blanc-seing du pouvoir politique.

LA DÉMOCRATIE DÉLIBÉRATIVE
Depuis 1970, le débat préalable comme composant essentiel de la démocratie a connu un regain d’intérêt considérable avec Habermas. Partant du constat que l’État s’occupe de plus en plus de sujets mais qu’il n’est contrôlé par le citoyen que par un mince filet d’élections et un flot de sondages, Habermas imagine une démocratie régénérée dans laquelle la parole des citoyens est remise à l’honneur.

C’est louable. Et cela tombe bien, les nouveaux outils des réseaux sociaux, blogs permettent une communication directe entre citoyens qui ne pouvaient exister auparavant que dans de toutes petites assemblées.

Et effectivement pour qu’un débat soit fructueux, des conditions doivent être remplies. Respecter ses interlocuteurs, assumer ses propres propos, se méfier des sophismes, s’intéresser aux sources d’une information, à la réputation de son auteur, refuser le mensonge, etc.

Mais il est impossible d’imposer, par la loi, à une société toute entière un règlement intérieur comme celui d’une assemblée ou une exigence de rigueur normée comme une publication scientifique. L’assemblée des citoyens est la société toute entière, ce n’est pas une assemblée aux membres limités ni une revue scientifique.

Exclure un type de propos politique sur le fond et sur la forme, c’est limiter le pouvoir du peuple de disposer de toutes les informations. C’est peut-être exclure des citoyens. C’est les priver de l’expérience d’être confrontés au mensonge, expérience nécessaire à la responsabilité et au discernement d’un citoyen adulte.

UN RISQUE AUSSI VIEUX QUE LA DÉMOCRATIE
Le fait que certains citoyens se laissent tromper par les fausses nouvelles est une réalité, tout comme ils peuvent se laisser tromper par la rhétorique, les promesses insincères, les sophismes ou l’émotion, mais ce n’est pas un argument valide pour censurer des fausses nouvelles.

C’est un risque inhérent à la démocratie avec des citoyens plus ou moins capables. Et c’est un risque aussi vieux que la démocratie. Il faut bien postuler le citoyen capable ou alors lui retirer son vote. La France a pu traverser 40 ans de guerre froide avec L’Huma chaque matin dans les kiosques mais l’urgence serait de protéger les Français des trolls poutiniens ?

Une exigence doit être portée par la pression sociale, par l’auto-discipline, par l’éducation, par l’expérience de chaque citoyen, par des décodeurs honnêtes, par des journalistes rigoureux, certainement pas par la prison ou l’amende ; ou pire, par une zone grise d’arbitraire mise en place par des sociétés privées contraintes par des technocrates illégitimes (CSA par exemple) ; ou des juges incompétents dans ce domaine.

UNE LUTTE JUDICIAIRE NI LIBÉRALE, NI DÉMOCRATE
Quels que soient les gains ou les pertes immédiates, les dangers pour notre sécurité venant d’une censure politique sont toujours supérieurs aux dangers pour notre sécurité venant de la liberté politique. (Alexander Meiklejohn, Free Speech and Its Relation to Self-Government, 1948)

La censure souhaitée par Emmanuel Macron contre les fausses nouvelles est bien sûr profondément anti-libérale, mais elle n’est même pas démocratique. Elle est plutôt le signe d’un camp progressiste social-démocrate tétanisé par la montée des populismes de droite ou de gauche et qui montre qu’en matière de mépris des libertés ou même de l’idéal démocratique, il n’a pas tant de leçons que cela à donner.

Un camp qui se considère comme tellement légitime pour gouverner qu’il ne peut expliquer la victoire de Donald Trump ou du brexit autrement que par des trolls étrangers manipulant des citoyens idiots et ingrats. Un camp qui considère les autres, non comme des adversaires légitimes du pluralisme démocratique, mais comme des anomalies que des lois de circonstances doivent permettre d’affaiblir, au risque d’augmenter encore davantage la défiance généralisée.

Une défense réelle de la démocratie libérale serait d’abolir plutôt les lois liberticides qui s’accumulent contre la liberté d’expression, y compris d’ailleurs celles inusitées qui prétendent lutter contre les fausses nouvelles. Et faire confiance aux individus et aux citoyens pour mener le débat démocratique, y compris avec les nouveaux outils.

Oui, dans un débat démocratique tous les discours ne se valent pas. Oui, il faut aussi une exigence de véracité, d’honnêteté, de responsabilité pour une délibération juste. Oui, dans une démocratie la démagogie et la manipulation peuvent exister.

Cela a toujours été le cas, c’est le pire système à l’exception de tous les autres. Il faut vivre avec, ou assumer une autre forme politique : l’aristocratie ou l’oligarchie, en nous expliquant si possible en quoi ces autres formes politiques seraient exemptes de ces tares.


Source contrepoints.org
Par Daniel Tourre.


Daniel Tourre est auteur de "Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants" et fondateur du Collectif Antigone.


lundi 18 juin 2018

Billets-Chatons à donner …


Chatons à donner …

Une mignonne petite fille du nom de Suzie se tenait sur un trottoir en face de sa maison.
Près d’elle, il y avait un panier contenant un certain nombre de petites créatures. Elle tenait en main un petit écriteau annonçant :
«CHATONS GRATUITS.»
Soudain, un défilé de voitures noires s’arrêta près d’elle.
De la voiture de tête sortit une femme souriante.
Bonjour petite, je suis Martine Aubry.
Qu’as-tu dans ton panier, demanda-t-elle ?
- Des chatons, déclara Suzie.
- Quel âge ont-ils, demanda Martine Aubry ?
- Ils sont si jeunes que leurs yeux ne sont pas encore ouverts, répliqua Suzie.
- Et de quelle race de chatons s’agit-il ?
- Des socialistes, répondit Suzie avec un large sourire.
Dès qu’elle fut remontée dans sa voiture, elle appela son Directeur des relations publiques et lui raconta sa conversation avec la petite fille et ses chatons.
Reconnaissant la parfaite occasion de diffuser un reportage photographique original, ils convinrent que dès le lendemain, Martine Aubry se présenterait devant la petite fille, accompagné des médias, en demandant à Suzie de parler de ses chatons si lucides.
Donc le jour suivant, Suzie se tenait toujours sur le trottoir avec son panier annonçant des «CHATONS GRATUITS».

Un autre convoi de véhicules s’approcha du lieu, cette fois suivi de caravanes. Des caméras et de l’équipement audio furent rapidement installés puis, Martine Aubry sortit de sa limousine et se dirigea vers la petite Suzie.
Bonjour, dit-elle, j’aimerais bien que tu répètes devant tous mes amis quelle race de chatons tu offres gratuitement.
- Oui madame, ils sont Anarchiste, répondit Suzie.
Pris par surprise, Martine Aubry balbutia :
- Mais… mais… hier tu m’as dit qu’ils étaient Socialiste.
La petite Suzie sourit et dit :
"Je sais, mais aujourd’hui, ils ont ouvert les yeux !"


Source je-suis-stupide-j-ai-vote-hollande.fr 

dimanche 17 juin 2018

samedi 16 juin 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

vendredi 15 juin 2018

jeudi 14 juin 2018

Recettes Croates-Polenta


Polenta
Préparation : 5 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
250 g de semoule de maïs
1 litre d’eau
60 g de beurre
60 g de parmesan râpé
1 cuillerée à café de gros sel
1. Versez la semoule dans l’eau bouillante salée et commencez à tourner sans cesse à l’aide d’une cuillère en bois.
2. Ajoutez le beurre et le parmesan. Baissez le feu sur doux et laissez cuire ainsi pendant 30 minutes sans cesser de tourner.

Conseil
La polenta peut se consommer seule, assaisonnée d’une sauce tomate, par exemple, ou servir d’accompagnement à un plat en sauce.

Spécialité d’origine italienne bien implantée en Croatie.


Recettes Croates-Spaghetti aux câpres


Spaghetti aux câpres

Préparation : 10 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 6 personnes
500 g de spaghetti
4 cuillerées à soupe de câpres égouttées
6 tomates de taille moyenne pelées, épépinées et coupées en cubes
4 gousses d’ail hachées
250 g d’olives vertes et noires dénoyautées
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
2 cuillerées à café d’origan séché
2 cuillerées à café de persil haché
Sel et poivre
1. Faites revenir et dorer l’ail dans l’huile d’olive chaude. Ajoutez les câpres, les tomates, les olives et l’origan. Salez et poivrez, laissez mijoter à feu doux 20 minutes.
2. Cinq minutes avant la fin, mettez les pâtes à cuire dans une grande quantité d’eau bouillante salée.
Laissez-les cuire 4 minutes à petits bouillons après la reprise de l’ébullition, goûtez. Elles doivent être encore très légèrement croquantes « al dente ». Egouttez-les en conservant l’équivalent d’un verre à liqueur de leur eau de cuisson.
3. Videz cette eau dans le plat creux de service, versez les spaghetti par-dessus, remuez.
4. Versez la sauce sur les pâtes, parsemez de persil haché et surtout servez de suite.

La câpre (Capparis spinosa) désigne le bouton floral du câprier.
Très présente dans la cuisine méridionale, la câpre est confite dans du vinaigre, saumurée ou conservée dans du vin. Plus elle est petite, plus sa saveur est délicate et son arôme prononcé. Sa saveur aigrelette relève le parfum des mayonnaises, salades et sauces froides, comme la tapenade.
La câpre est produite dans les pays du pourtour méditerranéen.

Le câprier pousse naturellement à l'état sauvage dans l'archipel maltais. Ses boutons floraux sont ramassés par les cuisinières maltaises. La câpre, conservée dans la saumure vinaigrée, est un ingrédient majeur de la cuisine traditionnelle maltaise.

Recettes Croates-Gâteaux de semoule aux amandes (Halva od griza)

Gâteaux de semoule aux amandes (Halva od griza)
Préparation : 10 mn
Repos : 30 mn
Cuisson : 40 mn
Pour 7 personnes
200 g de semoule fine de blé
220 g de sucre en poudre
2 cuillerées à café de vanille en poudre
150 g d’amandes en poudre
160 g de beurre
1/2 cuillerée à café d’extrait d’amande amère
Pour la crème
75 cl de lait
60 g de crème fraîche
5 jaunes d’œuf
1 cuillerée à soupe de Maïzena
5 cuillerées à soupe de caramel liquide
1. Dans une casserole, amenez 125 cl d’eau, le sucre, la vanille, l’extrait d’amande amère et le beurre à ébullition.
2. Dans une autre casserole, mélangez la semoule avec la poudre d’amandes et faites-leur prendre couleur sur feu doux en tournant sans cesse.
3. Versez peu à peu dessus l’eau parfumée, sans cesser de tourner jusqu’à l’absorption complète du liquide. Retirez du feu. Versez cette préparation dans un moule à charlotte et laissez refroidir 30 minutes.
4. Pendant ce temps, sur feu doux, battez au fouet, dans une casserole, le lait, la crème, les jaunes d’œufs, la Maïzena et le caramel.
5. Dés que la crème commence à épaissir, retirez du feu.
6. Démoulez le gâteau et servez-le après l’avoir arrosé d’une partie de la crème. Présentez le reste à côté, en saucière.

Le contraste du gâteau froid et de la crème brûlante est très agréable.
Il y a de nombreux types de « halva » dans tous les pays méditerranéens et moyen-orientaux ; celui-ci est une version parmi d’autres.