dimanche 30 juillet 2017

Billets-Monsieur Macron, sortez du verbiage pour passer à l’action !


Monsieur Macron, sortez du verbiage pour passer à l’action !

Le gouvernement Édouard Philippe semble s’enfermer dans la polémique plus que dans l’action. Peut-il s’en sortir et pousser les vraies réformes nécessaires ?

En sémantique, il y a certains détails qui tuent. Il en est du recadrage fait par Emmanuel Macron à ses ministres. Ce mercredi 26 juillet, en conseil des ministres, suite à la cacophonie de ces dernières semaines, il leur a demandé de « donner du sens » à leur action.

Certes, ce nouveau Président constitue une mine pour les linguistes ou les sémanticiens. On ne compte plus ses déclarations surréalistes, quand ce ne sont pas ses dérapages verbaux. Les recenser permet de se faire une idée précise sur le personnage. Mais analysons tout d’abord cette dernière prise de parole : « si on sait donner du sens, on évite les petites polémiques ». Derrière une apparence des plus banales, celle-ci trahit un contenu tout à fait révélateur.

Trouver du sens là où il fait défaut
Originellement, « donner du sens » signifie trouver de la logique à quelque chose qui n’en a pas.

  • Au premier degré, cette injonction revient donc à demander à ses ministres de dissimuler l’inconsistance ou l’incohérence de leur politique.

  • Au second degré, cette expression « donner du sens » est souvent entachée de supériorité. Il s’agit de rendre intelligible quelque chose qui n’est pas compris par autrui. Lorsque l’on veut « donner du sens », on se place bien évidemment au dessus, et on tente de convaincre moins averti que soi, dans un but bien déterminé, celui d’en obtenir un certain comportement.

C’est typiquement une expression utilisée par les managers en butte à l’incompréhension de leurs équipes. Il s’agit d’une sorte de fourre-tout, d’un syntagme figé relativement flou mais qui permet de qualifier à peu de frais une situation que l’on n’arrive plus à contrôler. Dans ce cas précis, il est évident que Macron ne demande pas à ses ministres de changer de politique, mais de la rendre acceptable par le peuple.

Parler pour masquer son inaction
Faut-il le rappeler ? Si le gouvernement d’Édouard Philippe s’était vraiment attelé aux réformes de fond dont notre pays ne peut plus se passer, non seulement les ministres ne donneraient pas un spectacle aussi affligeant, mais il ne viendrait pas au Président Macron l’idée de leur demander de rendre leur action « sensée ». Si leur action l’était vraiment, ne serait-elle pas suffisamment explicite en elle-même ? Quoi de plus évident en effet qu’une réforme de fond ? Quoi de plus parlant qu’un changement radical de politique ? Quoi de plus convaincant qu’un programme politique volontariste et éclairé ?

Serait-il venu à l’esprit d’un Président d’expliciter les actions d’un gouvernement qui travaille d’arrache pied à sortir le pays du déclin économique ?  Margaret Thatcher ou Gerhard Schroeder avaient-ils besoin de paraphraser continuellement ce qu’ils entreprenaient ? Certainement pas ! Encore une fois, comme l’a maintes fois démontré Emmanuel Macron, à l’instar de son prédécesseur François Hollande (mais qu’ont-ils donc appris à l’ENA ?), le Verbe est là pour occuper le peuple et pour masquer le déficit d’ambition et d’efficacité. Car rien de ce que ce gouvernement a jusqu’à présent entrepris n’apparaît comme potentiellement efficace et compréhensible.

Substituer la forme au fond
Dans ce récent recadrage en conseil des ministres, nombreuses sont d’ailleurs les expressions malheureuses, qui dénotent cette absence de vision et ce désir de valoriser une succession de décisions prises à la petite semaine. Comment en effet justifier le fait que Emmanuel Macron demande à ses ministres d’« innover (en matière d’) arbitrages » ? Sincèrement, est-ce vraiment d’innovation dont le gouvernement a besoin ? Ne serait-il pas plutôt de courage ? Le Président privilégierait-il la créativité des décisions à leur pertinence ? Dans un pays écrasé par la dette et par un État ventripotent, en proie à une considérable chute de sa compétitivité, le Président espère t-il trouver une martingale insoupçonnée qui lui permettrait de redresser la situation sans générer le moindre effort ? Serait-il lui-même naïf à ce point ? Espérons pour lui que non. Sans doute cherche-t-il seulement à masquer son inaction, exactement comme l’a fait son prédécesseur.

Même le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a utilisé ces mêmes ficelles maladroites, ces expressions creuses et à la mode lorsqu’il a déclaré : « le Président nous a encouragés à réfléchir au fait que chacune de nos décisions soit dans une logique de sens ». Prise à la lettre, cette phrase suggère que jusqu’à ce jour, les ministres n’avaient rien fait de sensé. Et qu’il s’agit maintenant de trouver coûte que coûte une caution intelligible, un habillage acceptable à une succession de décisions qui n’ont en réalité aucune cohérence intrinsèque.

Le verbe comme outil prométhéen
Hélas, chez Emmanuel Macron, le Verbe est également un outil de pouvoir multiforme, qui semble accompagner un incommensurable désir de puissance. À croire que le réel n’est qu’une vision, et qu’il lui suffit de donner la sienne propre, quitte à distordre les faits, pour rendre cette réalité partagée par tous. Sinon, comment expliquer cet incroyable dérapage, lors du récent sommet du G20 : « On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique » ? Comment justifier une déclaration aussi ridicule, si ce n’est par une totale absence de retenue. De ce fait, comment ne pas avoir peur d’un Président capable d’autant de déraison ?

Chronique d’un échec annoncé si l’on en reste à la communication sans l’action
Les psychologues, les linguistes et les spécialistes du recrutement dans les entreprises le savent : les opérationnels utilisent un langage direct tourné vers l’action et les résultats tandis que les rêveurs abusent de concepts éthérés, alors que les technocrates ne connaissent qu’un métalangage aussi sophistiqué que déconnecté des faits. Or, que ce soit Emmanuel Macron, le porte parole du gouvernement Christophe Castaner ou la plupart des ministres du gouvernement Édouard Philippe, tous tiennent un discours qui s’apparente à celui des rêveurs et des technocrates, très éloigné de celui des entrepreneurs-réalisateurs.

Ainsi, peut-on dès à présent parier sans risque sur l’échec de ce gouvernement, car les reculades et atermoiements qui ont entaché ses premières semaines d’existence ne sont ni le fruit de la malchance ni celui d’un calendrier difficile. Il s’agit bel et bien d’une marque de fabrique que le langage tenu chaque jour ne cesse de confirmer. Cette même marque « structurelle » que celle du précédent gouvernement ! Face à une situation qui le dépasse, il ne reste à ce gouvernement de bric et de broc et sans vision qu’une seule parade : communiquer. Et chaque fois qu’il le fait, il dévoile malgré lui sa totale inadaptation à la situation présente.

Source contrepoints.org
Par Claude Robert.


  • Claude Robert
    eradiquons.fr
    Claude Robert est consultant international en organisation, et auteur du site satirique « Eradiquons le politiquement correct français »

vendredi 28 juillet 2017

Billets-Pourquoi les chiens sont-ils aussi affectueux ?

Pourquoi les chiens sont-ils aussi affectueux ?
Nos amis à quatre pattes possèdent une altération génétique qui les rend plus sociables que les loups, révèle une nouvelle étude.  
Pour Marla, la jeune Bobtail âgée de 11 mois de Bridgett von Holdt, le monde est rempli d'amis inconnus qu'elle a hâte de rencontrer.
« Elle est hypersociable. Je le sais parce que je l'ai génotypée », avoue la jeune femme.
Bridgett von Holdt n'a évidemment pas fait ça par simple curiosité. Biologiste de l'évolution à Princeton, elle et ses collègues ont passé ces trois dernières années à étudier les bases génétiques sous-jacentes des chiens et des loups pour comprendre leur comportement social. (À lire : votre chien comprend tout ce que vous lui dites.)
Des études ont montré que les chiens sont plus sociables que des loups élevés dans un environnement et des conditions similaires. Ils portent généralement plus d'attention aux humains et suivent mieux leurs ordres et indications.
La formation de von Holdt en génétique évolutive l'a faite se questionner sur les potentielles différences génétiques responsables de ces comportements.
Leur étude datée du 19 juillet et publiée dans la revue Science Advances fournit une preuve intrigante : les chiens hypersociaux, comme Marla, portent des variantes de deux gènes appelés GTF2I et GT2IRD1. Chez l'humain, la suppression de ces gènes engendre le syndrome de Williams, qui se traduit par des traits faciaux « elfiques » caractéristiques, des difficultés cognitives et une tendance à la sur-affection. 
Von Holdt suspecte cette variante génétique canine d'inhiber la fonction initiale de ces gènes, engendrant les mêmes comportements que ceux observés chez les humains atteints du syndrome de Williams.
« Nous avons peut-être reproduit un syndrome chez un animal de compagnie », explique-t-elle.
QUESTION EXCITANTE


Depuis qu'ils ont évolué des loups il y a au moins 10 000 ans, les chiens domestiques nous ont aidé à trouver de la nourriture et nous ont permis de ne pas nous même terminer en dîner, le tout avec une tête amicale et en remuant de la queue. 
Comprendre comment nos meilleurs amis, du chihuahua au mastiff, sont devenus ce qu'ils sont aujourd'hui est une question excitante, selon Karen Overall, une experte du comportement canin à l'Université de Pennsylvanie, qui n'a pas pris part à l'étude.
En 2010, en collaboration avec Monique Udell, une comportementaliste animal de l'Université d'État de l'Oregon, von Holdt a effectué des recherches sur les gènes du chien et du loup et a identifié des altérations sur le gène WBSCR17, lesquelles auraient eu lieu pendant la domestication du chien. Ses résultats ont été publiés dans la revue Nature
Leur projet a été mis en veille jusqu'en 2014, quand Bridgett von Holdt et Monique Udell ont obtenu des financements leur permettant de réaliser de nouvelles expériences avec 18 chiens de races différentes et 10 loups habitués à la présence d'humains.
Les scientifiques ont dressé la totalité des animaux à ouvrir une boîte contenant un morceau de saucisse. Elles ont ensuite ordonné aux canidés d'ouvrir la boîte dans trois situations distinctes : en présence d'un humain familier, en présence d'un inconnu et sans personne autour.

Les chiens domestiques sont beaucoup plus enclins à interagir avec les humains que des loups élevés dans les mêmes conditions.

Dans les trois situations, les loups ont largement surpassé les chiens. D'autant plus quand les chiens devaient réaliser l'action en présence d'humains.
« Ce n'est pas qu'ils étaient incapables de réussir l'exercice, c'est juste qu'ils étaient trop occupés à regarder l'humain pour y arriver », explique Bridgett von Holdt.
LES CHIENS CONTINUENT D'ÉVOLUER
Pour sa nouvelle étude, von Holdt a conduit des analyses génétiques additionnelles sur la partie du génome voisine aux gènes altérés WBSCR17 sur un large échantillon de chiens et de loups.
En plus de confirmer sa découverte initiale, selon laquelle le gène WBSCR17 varie entre les chiens et les loups, elle a décelé deux gènes proches, GTF2I et GTF2IRD1, qui étaient également différents. 
La mise en perspective des données génétiques et comportementales récoltées ont montré à von Holdt que des évolutions dans cette région du génome ont aidé à transformer le loup en chien amoureux des humains. 
La comportementaliste Karen Overall a malgré tout averti que l'étude reste « modeste », ce qui limite la solidité des découvertes. Mais elle a félicité le sérieux des analyses génétiques.
« À notre époque, nous choisissons tel chien parce qu'il va être facile à garder, parce qu'il peut passer une longue période en appartement », explique Overall.
« Nous participons tous les jours à l'évolution du comportement des chiens domestiques ».

Source nationalgeographic.fr





mercredi 26 juillet 2017

mardi 25 juillet 2017

Infos santé : Sport et Santé-Abdos « Spécial femme »



Abdos « Spécial femme »

En réalisant des «abdos classiques», vous rapprochez les épaules du bassin, vous bombez le ventre et vous augmentez la pression dans votre abdomen.  Silhouette distendue et pertes d’urine menacent !

Avec la collaboration d’Anne BAUMGARTNER, kinésithérapeute, spécialisée en rééducation périnéale

Mesdames, votre périnée, la base de votre abdomen, est fragile. Il est constitué de muscles et de tissus fibreux qui soutiennent la vessie, le vagin, l’utérus et le rectum.  Il assume le poids des organes abdominaux, c’est la rançon de notre bipédie. Il est particulièrement malmené lors de l’accouchement. Il se distend aussi quand la pression augmente dans le ventre, lors de la toux, de l’éternuement, des poussées pour aller aux toilettes. Même le sport n’est pas innocent, tout particulièrement à l’occasion des secousses, des blocages respiratoires et des mauvais exercices d’abdominaux ! Le prix à payer : pertes d’urine, descentes d’organes … un comble pour celle qui voulait préserver sa santé, sa forme et son épanouissement personnel !

Continuez les abdos comme d’habitude : perte d’urine et descente d’organes vous guettent !

  • 1) Proscrivez les «mauvais abdos».
Ils sont responsables d’une augmentation de la pression dans le ventre. C’est ce qui se produit quand vous relevez les épaules ou les jambes car le volume de l’abdomen diminue. Le phénomène s’aggrave quand vous réalisez le mouvement en bloquant votre respiration. C’est pire si vous inspirez car le diaphragme qui descend comme un piston pour faire entrer l’air dans les poumons, écrase l’abdomen. Le docteur Bernadette de GASQUET a écrit un ouvrage provocateur : « Abdominaux, arrêtez le massacre ! ». Il est devenu une référence. Il faut désormais s’en inspirer pour concocter de bons exercices d’abdos au féminin.

  • 2) Choisissez les «bons abdos».
Ils sont dits « hypopressifs» car ils n’augmentent pas la pression dans le ventre ; ils ne distendent pas le périnée, au contraire, ils le renforcent ! Ils réunissent 3 caractéristiques. Premièrement, le volume de l’abdomen reste constant : les abdominaux situés en avant, les « grands droits », les fameuses plaques de chocolat, ne se raccourcissent pas. Ils se rigidifient pour maintenir la posture. On parle de travail « isométrique ». Essayez au contraire d’éloigner les épaules du bassin à l’aide d’une sensation d’ «autograndissement». Votre colonne vertébrale s’allonge en réduisant ses courbures, notamment sa cambrure lombaire. Deuxièmement, commencez par souffler librement, bouche ouverte. Le diaphragme chasse l’air des poumons en remontant et accroît de fait le volume de la cavité abdominale.

Contractez le périnée, soufflez, grandissez-vous, rentrez le bas ventre.

Troisièmement, initiez la contraction par le bas des abdominaux et le périnée. La portion musculaire qui ceinture le ventre sous l’ombilic est «le faisceau superficiel du transverse ». Ce muscle entoure l’abdomen. A son extrémité inférieure, il remonte le bas de la cavité, un peu comme lorsque vous appuyez méthodiquement sur un tube de dentifrice en partant du fond. Pour contracter simultanément votre périnée, faites comme si vous reteniez un gaz ou une envie d’uriner.

  • 3) Suivez le programme « abdos santé beauté ».
Pour booster votre motivation, sachez que ces exercices ne gonflant pas le ventre évitent que les abdominaux ne se distendent. Votre silhouette reste svelte, votre posture tonique. Loin du concept théorique, c’est tout particulièrement vrai pour le transverse. Les études sur de jeunes cadavres de 60 ans montrent que ce muscle, en l’absence de travail spécifique, dégénère. Il perd sa texture musculaire, il devient long et fibreux, incapable de rentrer le ventre.

  • Pour chacun des exercices
Contractez le périnée en premier
Expirez sans inspirer au préalable
Grandissez-vous : Épaules et bassin s’éloignent, la colonne s’étire, le dos est plat
Rentrez le bas du ventre : contractez le transverse sous le nombril
Allez jusqu’au bout de l’expiration spontanée, videz encore ! Vous sentez vos abdominaux travailler. Inspirez librement en décontractant le ventre. Refaites l’exercice 5 à 40 fois. Deux à trois séances hebdomadaires sont les bienvenues.
Les noms de nos exercices décrivent la tenue des femmes d’autrefois qui se cintraient la taille … mais cette fois ce galbe ne vous étouffe pas ! Il provient d’une musculature tonique, fonctionnelle, bénéfique à votre santé !

  • Exercice 1 : «La gaine»
Allongée sur le dos jambes pliées. Contractez le périnée en 1er, tirez sur la tête et poussez sur les fesses pour que la cambrure lombaire diminue. Soufflez et rentrez le ventre : la contraction se sent sous le nombril.


Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 2 : «La guêpière»
Allongée sur le dos jambes pliées, ramenez un genou vers la poitrine. Placez la main opposée sur la face interne du genou.
Contractez le périnée, tirez sur la tête et poussez sur les fesses. Le genou pousse vers l’intérieur, pendant que le bras s’y oppose.
Soufflez et rentrez le ventre. Les abdominaux obliques se contractent en diagonale. Ils réalisent un effet sablier qui vous cintre joliment la taille. Changez de côté.


Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 3 : Les « bretelles … antérieures »
Allongée sur le dos jambes tendues, chevilles croisées pointes relevées, plante du pied appuyée sur le dos du pied opposé. Contractez le périnée, tirez la tête vers le haut, les fesses en direction des pieds. Faites comme si vous vouliez ramener le pied inférieur vers votre visage. Bloquer avec le talon opposé. Soufflez, rentrez le ventre. Vous rigidifiez votre plaque de chocolat sans la raccourcir. Changez de côté.


Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 4 : Les « bretelles … postérieures »
Asseyez-vous sur une chaise, pieds posés à plat, dos au contact du dossier. Contractez le périnée. Tirer la tête vers le haut comme pour se grandir, les fesses s’enfoncent dans le siège. Soufflez, rentrez le ventre.
Les plantes de pieds perdent insensiblement contact avec le sol. Le dos tente d’écraser le dossier. Vous ne bougez pas ! Vous renforcez aussi les muscles longeant la colonne vertébrale. … Vous pouvez faire cet exercice complet, discrètement au bureau !


Illustration : Mathieu PINET


Source  SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Trop d’entorses chez les sportives



Trop d’entorses chez les sportives

Les études montrent que les femmes font 5 fois plus d’entorses que les hommes. On commence à comprendre pourquoi ! Les stratégies préventives en résultant sont désormais plus efficaces !

Par le docteur Nicolas LEFEVRE, chirurgien du sport.

Une entorse, c’est la distension voir la rupture d’un ligament, cette cordelette reliant deux os au niveau des articulations. Le plus célèbre est le ligament croisé antérieur. Il limite les mouvements du genou. Il peut se déchirer lors des rotations ou des bascules de cette articulation placée au voisinage de l’extension. Sa rupture impose souvent une intervention chirurgicale et une rééducation de plusieurs mois. Même bien opéré, ce genou a 10 fois plus de chance de faire de l’arthrose que son voisin ! Voilà pourquoi, le ligament croisé antérieur est souvent pris en exemple par les scientifiques !

  • Des tissus trop souples.
Les ligaments féminins se laissent distendre plus aisément, on parle de laxité. Il est probable que l’évolution ait sélectionné cette caractéristique tissulaire afin de favoriser l’ouverture du bassin lors de l’accouchement. SCOVILLE a mis en évidence que les individus les individus hyperlaxes faisaient 3 fois plus d’entorse du ligament croisé antérieur. Il est peu probable que ce ligament très souple soit plus fragile … au contraire, il se laisse distendre plus longtemps avant de se rompre. En revanche, la membrane entourant l’articulation est si flexible qu’elle laisse trop facilement partir le genou en forte extension et en bascule ! Dans cette position le ligament croisé est très tendu, une simple rotation suffit à le rompre. Les enveloppes musculaires sont, elles aussi, trop souples. Les muscles sont insuffisamment mis en tension pour contrôler la posture articulaire.

  • Des muscles moins forts et mal coordonnés.
Pour stabiliser les articulations, il faut des muscles forts, endurants et vigilants. Les hormones féminines sont bien moins efficaces que la testostérone masculine pour faire du muscle. Habituellement, les femmes se réceptionnent au voisinage de l’extension de genou … dans une position risquée pour le ligament  croisé. Par manque de force, le blocage articulaire remplace le freinage musculaire. Il faudrait plus de flexion pour que les ischiojambiers situées à l’arrière de la cuisse, parviennent à tirer le tibia vers l’arrière et détendre le croisé.  Les enregistrements électriques des contractions musculaires montrent que les femmes sollicitent trop leurs quadriceps et insuffisamment leurs ischiojambiers en réception de saut. Le tibia est tracté vers l’avant, le croisé est tendu … en position de prérupture !

  • Une anatomie spécifique
Les jambes en X, plus typiquement féminines, se révèlent dangereuse pour le croisé. Le couloir osseux dans lequel il se situe est plus étroit. Lors des rotations et des bascules, il vient plus rapidement se tordre sur les berges de ce canal. Le croisé féminin est également plus fin. Il se rompt pour une tension inférieure. Les longues jambes sans muscles des mannequins se cognant les genoux sur les podiums des défilés … sont à haut risque de rupture du croisé !  Finalement, il y a une justice !

  • Encore les hormones !
Le cycle féminin intervient dans la rupture du croisé. Il y a trois plus de risque de faire une entorse grave du genou  dans les jours qui précèdent l’ovulation. Durant cette phase, l’œstrogène, l’une des hormones féminines, vient assouplir les ligaments et augmenter la laxité. En plus des dates de vacances scolaires et des promotions des voyagistes, voilà un paramètre supplémentaire à prendre en compte avant de choisir les dates de votre prochain séjour au ski ! Les études concernant l’intérêt préventif de la pilule sont divergentes. Il est probable que les minidosées plus récentes soient moins efficaces.


  • Sensibilisation et modification technique !
Henning a proposé à des basketteuses de 1ère division américaine de décélérer sur 3 pas au lieu de s’arrêter brutalement. Il leur a demandé de tourner sur des trajectoires  arrondies en remplacement des pivots. Les blessures ont diminuée de 89%. Il faut être sensibilisé au problème et avoir compris les mouvements dangereux. Quatre mille moniteurs de ski ayant visionné une vidéo montrant dix accidents typiques ont diminué de 62 % leur taux de rupture du croisé au cours de la saison suivante ! Alors, souvenez vous de l’essentiel ! Evitez de vous réceptionner genou tendu, en bascule vers l’autre genou !

  • Coordination et renforcement !
A chaque saut, amortissez et stabilisez la reprise d’appui en fléchissant le genou et restant dans l’axe ! Pliez aussi le buste vers l’avant pour tendre les ischiojambiers. Sur le terrain, faites des  parcours entre plots et cerceaux. Renforcez vos muscles. Mieux encore ! Apprenez à vous arrêter ou à changer de direction en prenant un «double appui». En équilibre simultanément sur le pied droit et sur le pied gauche. Vos articulations seront plus stables ; vous êtes plus aptes à modifier votre trajectoire si votre adversaire vous assenait une nouvelle feinte.   En salle, utilisez les squats ou la presse, dossier à 45°, ainsi que les machines à ischiojambiers. A domicile, réalisez des flexions sur une jambe, le pied posé sur un coussin ou un matelas. Pour travailler les ischiojambiers, allongez-vous sur le sol, pliez un peu les genoux, posez vos talons sur une chaise ou sur un gros ballon et montez le bassin. Matelas et ballon sont des astuces particulièrement utiles car trop de musculation en position de stabilité fige votre coordination et altère votre aptitude à réagir au déséquilibre. Limitez les assouplissements, les femmes sont déjà très laxes ! Évitez les étirements en position statique à l’échauffement, ils diminuent l’élasticité musculaire protectrice et inhibent les réflexes de contraction contrôlant la position articulaire.


 Source SantéSportMag

lundi 24 juillet 2017

Infos santé : Sport et Santé-Chaussures de course minimalistes



Chaussures de course minimalistes

Des chaussures de course toutes fines et toutes souples envahissent les rayons. Tout le monde en parle… De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce une mode ou un vrai concept ? Est-ce bénéfique ou dangereux ? Faut-il adhérer ? Comment l’utiliser ?

Par Stéphane CASCUA, médecin du sport et Philippe HERISSON, kinésithérapeute du sport.

Dans les années 1970, les trottoirs américains accueillent de nouveaux humanoïdes : les joggers ! Afin que leurs bonnes résolutions « santé » ne se brisent pas sur le macadam, l’urgence scientifique semble d’adapter la chaussure. Dans les rues des grandes villes, le revêtement dur est conçu pour marcher, pas pour courir ! La semelle amortissante s’impose ! La surenchère technologique et marketing est de mise : caoutchouc, mousses, alvéoles, petites bulles et grosses bulles. Sommes-nous allés trop loin ?

  • Intelligent comme ses pieds !
Les pieds mais aussi les membres inférieurs et la colonne vertébrale sont pourvus de mécanismes d’amortissement sophistiqués et efficaces. À l’impact, la voûte plantaire s’étale, les articulations se fléchissent. Les membranes fibreuses et les tendons sont mis en tension. Les petits muscles des pieds ou ceux, plus puissants, des jambes freinent et contrôlent le mouvement. Ces tissus accumulent l’énergie élastique ; elle sera restituée lors de la propulsion. Si Homo Ergaster, il y a 2 millions d’années, ne courait pas sur le macadam, il ne courait pas non plus avec des semelles amortissantes ! Blaise DUBOIS réalise une belle synthèse bibliographique. Il en ressort que ces chaussures sophistiquées n’ont pas démontré leur efficacité préventive sur les blessures. Au contraire, des modèles moins chers et moins épais semblent plus protecteurs. Depuis fort longtemps, l’enseignement traditionnel de podologie du sport met l’accent sur l’ambivalence de l’amorti. Par sa mollesse, il augmente le roulis du chaussage et aggrave les pathologies d’instabilité. Par son épaisseur, il se contente d’accroître la distance de freinage mais n’absorbe pas l’énergie de l’impact. Il ne fait qu’étaler le pic de pression. En physique, on dirait que la puissance du choc est diminuée mais que le travail reste identique. De fait, une semelle amortissante augmente le temps de contact et ralentit la course. Elle peut perturber le fonctionnement des mécanismes fins coordonnant le freinage. L’intervention asynchrone de l’appareil locomoteur pourrait favoriser les souffrances articulaires et tendineuses. La surépaisseur en arrière de la chaussure donne une impression inappropriée de confort. Elle favorise l’attaque du talon aux dépens d’un déroulé du pas plus harmonieux. Les contraintes mécaniques en réception sont, en réalité, majorées. Dans ces conditions chaque prise de contact avec le sol repousse le coureur vers l’arrière et le rendement est sérieusement altéré. Depuis pas mal d’années, les professionnels proposent de trottiner pieds nus quelques minutes par semaine. La plage voisine ou le gazon du terrain de foot entouré de la piste en tartan étaient les bienvenus. Nous suggérions aussi d’utiliser des chaussures de compétition de temps à autre à l’entraînement ! Les prémices du minimalisme ?

  • Chaussures minimalistes : structure et fonction
La structure de la chaussure minimaliste s’oppose sur bien des points à celle des runnings traditionnelles. Elle tente de restaurer la fonction naturelle du pied tout en le protégeant. En ce sens, elle est plus efficace que les peaux lacées de nos ancêtres. La semelle est constituée d’une mousse fine donc beaucoup moins amortissante. L’ensemble de vos articulations s’emploie à freiner l’impact. L’énergie élastique s’accumule dans vos muscles et vos tendons. Le talon de la chaussure minimaliste n’est pas plus haut que l’avant de la semelle. De façon quasi-spontanée, vous jetez moins la jambe en avant, votre talon ne vient plus frapper le sol en avant de votre centre de gravité, votre pied prend contact plus horizontalement. Votre voûte plantaire claque moins, se déroule plus harmonieusement et souplement. Votre foulée est moins ample mais gagne en fréquence et devient plus rentable. Cette semelle fine et souple vous permet de mieux sentir le sol. Les petits os de vos pieds se mobilisent plus aisément pour encaisser la réception et épouser les irrégularités du terrain. Le contrefort est beaucoup plus souple. L’os de votre talon retrouve son mouvement naturel. Conformément à sa fonction anatomique, il bouge dans les 3 dimensions, on dit qu’il « roule, tangue et vire » sous l’astragale, l’os de la cheville. Liberté du pied et du talon, voilà qui réduit les contraintes en torsion sur vos chevilles. Sans oublier qu’un talon plus bas limite le bras de levier, responsable des instabilités. Ainsi, les chaussures minimalistes pourraient contribuer à réduire le risque d’entorse.

  • Utilisation prudente et progressive
Remettre en fonction toutes ses structures anatomiques restées quiescentes dans vos runnings devrait se révéler bénéfique mais particulièrement sollicitant. La prudence s’impose afin que cette sollicitation ne tourne pas à l’agression tissulaire et à la lésion. L’absence de surélévation du talon tire plus qu’à l’accoutumée sur votre mollet et la tendinite d’Achille guette. L’extension des orteils est plus marquée. Les baguettes osseuses de l’avant pied assument plus de contraintes en torsion. La fracture de fatigue menace. Les chaussures minimalistes constituent plus un « exercice d’athlétisme » qu’un mode d’entraînement. Il est d’usage de proposer de trottiner 1 à 2 minutes avec cet équipement novateur, début ou fin de séance. Il est possible d’ajouter 1 à 2 minutes supplémentaires à chaque sortie sans dépasser 1 heure. N’hésitez pas à demander des conseils personnalisés à votre kinésithérapeute, votre podologue ou votre médecin du sport. Ils connaissent vos particularités morphologiques et vos antécédents de blessures. Quelques coureurs d’exception vont jusqu’à 20 km avec des chaussures minimalistes… comme d’autres ont fait le marathon pieds nus. Mais évitons le fanatisme ! Après adaptation, leur utilisation classique reste les footings de régénération, l’échauffement ou le retour au calme. Les données scientifiques et le recul expérimental manquent encore un peu au-delà. En compétition, lors des entraînements prolongés, la fatigue altère les capacités frénatrices des muscles et la coordination. Amorti et stabilité redeviennent indispensables pour ménager les os, le cartilage, les ligaments et les tendons. La chaussure de running traditionnelle retrouve sa totale justification et reprend toute sa place !

  • Porteurs de semelles correctrices !
Si vous portez des semelles correctrices dans vos chaussures de jogging, votre médecin et votre podologue ont diagnostiqué une altération de la statique de votre pied ou un trouble dynamique de votre foulée. Parfois, ils cherchent à compenser une usure ou une blessure plus haut située dans la jambe ou la colonne. L’avis de ces 2 professionnels est obligatoire avant de tester les chaussures minimalistes. Il est probable qu’ils vous recommandent de conserver votre correction plantaire afin de soutenir votre pied aux endroits les plus fragiles. Afin de renforcer ces mêmes points faibles, le minimalisme n’est pas exclu… à dose homéopathique. Par exemple, un pied plat, pronateur, s’écrasant sur son arche interne se sent mieux avec un bon soutien de voûte. À l’inverse, une chaussure minimaliste peut être considérée comme un exercice de « rééducation ». Ce chaussage améliore la force, l’endurance et la coordination du muscle jambier postérieur qui soutient le sommet de l’arche. Le pied devient moins pronateur ! Le minimalisme permet de réaliser quelques « séries de musculation » bien utiles mais l’excès mènerait rapidement à la lésion de ce tendon perpétuellement étiré par l’effondrement de la voûte.


Source SantéSportMag

dimanche 23 juillet 2017

Infos santé : Sport et Santé-Gym Équitation



Gym Équitation

Vous  montez 1 fois  par semaine. Vous aimeriez gardez la forme entre les cours. Vous êtes cavalière de bon niveau. Vous souhaitez une préparation physique rapide et spécifique.  Gym Équitation est conçue pour vous !

Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport et cavalier de compétition.

Cette séance dure de 15 à 30 minutes. Il est conseillé de l’effectuer 1 à 2 fois par semaine. Elle constitue une bonne « piqure de rappel » pour profiter au mieux de votre reprise du week-end. Si vous cumulez les heures à cheval ou si vous enchaînez les parcours d’obstacle, elle vous permet de gagner en aisance.  Souvenez-vous des propos de Michel Robert, le cavalier français le plus titré, il affirmait être beaucoup plus en forme sur le terrain… plus en forme que bon nombre de jeunes cavaliers… depuis qu’il faisait régulièrement de la gym et du yoga.

  • Esprit cavalier
Pour plus de spécificité, pour plus d’efficacité en peu de temps, vous reconnaîtrez des positions équestres, assises ou « en suspension ». Ainsi les bonnes chaînes musculaires sont mises à contribution, la coordination est optimisée. Les articulations et le dos sont assouplis dans les secteurs les plus utiles. Autant que possible, un paramètre d’instabilité est ajouté pour reproduire le travail d’équilibre associé sur le cheval en mouvement. Il est recommandé d’utiliser un « Swissball » ou « fitball ». Ces gros ballons sont en ventes sur le net ou dans la grande distribution sportive pour un prix modique. Sinon, un simple ballon posé sur une chaise peut faire l’affaire.

  • Exercice 1 : Force et coordination en suspension.
En position de suspension, réalisez de petits mouvements de flexion extension, comme si vous amortissiez le mouvement du galop en suspension. Gardez le dos bien droit. Regardez devant vous.

Faites 20 à 40 répétitions ou plus jusqu’à ce que le geste se déforme ou que les cuisses brulent.

Essayez,  associez  et enchaînez les variantes
Elles sont utiles pour varier les sollicitations et augmenter les difficultés.
Effectuez le mouvement sur un matelas puis les pointes de pied sur le bord d’une marche, les talons dans le vide.

Mettez un sac à dos contenant de plus en plus de livres.
Tenez un ballon entre vos genoux comme si vous serriez les jambes
Tenez des bouteilles de plus en plus remplies dans chaque main. Avancez et reculez les mains  comme si vous suiviez un galop allongé. Vous  travaillez la tonicité du haut du dos.

Tenez des élastiques accrochés à une poignée de porte ou à une rambarde de fenêtre. Mettez en tension et tirez  par de petits mouvements saccadés comme si vous tentiez de retrouvez les contraintes d’un cheval qui tire.
Pour chacune des variantes, tentez de fermer les yeux.


 Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 2 : force et coordination assis dans la selle
Allongez-vous. Mettez vos talons sur l’assise d’une chaise ou mieux sur swissball.

Écartez-les au maximum. Montez le bassin puis effectuez de petits mouvements de cambrure au rythme du trot ou du galop assis.

Effectuez 20 à 40 répétions et 1 à 3 séries.

Essayez, associez et enchaînez les variantes.

Écrasez les coudes sur le sol, rapprochez vos omoplates.

Prenez des bouteilles de plus en plus remplies et bougez lentement les mains comme si vous suiviez le mouvement de la bouche.

Tenez un ballon entre vos genoux comme si vous serriez les jambes.
Fermez les yeux.


 Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 3 : Souplesse en suspension
Allongez-vous sur le dos. Attrapez vos genoux fléchis. Placez-les de chaque côté de votre buste… Vous assouplissez à la fois votre dos et vos hanches.

Conservez la position 30 secondes. Augmentez la tension 10 à 20 secondes !… pour cela vous pouvez saisir vos chevilles.


 Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 4 : Souplesse, force et coordination assis en selle
Asseyez-vous sur un swissball ou sur un ballon placé sur l’assise d’une chaise. Écartez bien les genoux. Tournez les pointes vers l’intérieur, comme à cheval.

Avec vos fesses, mobilisez amplement le  ballon d’avant en arrière, sur le côté et en diagonales… comme si vous suiviez le mouvement de la selle ou comme si vous réalisiez des transferts de votre poids du corps.

Faites cet exercice 1 à 5 minutes. Les abdominaux et les muscles du dos travaillent et se coordonnent finement. La colonne vertébrale s’assouplit dans des secteurs nécessaires à l’équitation.


 Illustration : Mathieu PINET

Essayez,  associez  et enchaînez les variantes
Avancez les mains quand votre dos s’arrondit,  reculez les quand il se cambre comme si vous suiviez le mouvement de la bouche. Prenez une bouteille dans chaque main ou tirez sur un élastique.


 Illustration : Mathieu PINET

Soulevez légèrement le pied droit. Conservez l’équilibre le plus longtemps possible. Même chose à gauche. Tentez de décoller les deux pieds. Dans ces conditions d’instabilité les abdominaux travaillent intensément.
Pour chacune des variantes, tentez de fermer les yeux.


 Illustration : Mathieu PINET


Source SantéSportMag

samedi 22 juillet 2017

Infos santé : Sport et Santé-Un tennis elbow ou pas…



Un tennis elbow ou pas…

En médecine du sport, il est un adage : « Toute douleur sur le côté du coude est un tennis-elbow… sauf 1 fois sur 10 ! ». Peut-être faites-vous partie des 10 % d’originaux ! Alors pourquoi avez-vous mal ? Comment peut-on vous soulager ?

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport


Un tennis-elbow est une lésion du tendon des muscles qui relèvent le poignet et étendent les doigts, au niveau de son insertion sur l’os du bras : l’humérus. Ce point d’accrochage se situe sur la face latérale du coude, du côté du pouce. Il présente des microdéchirures et devient douloureux. Le nom de cette blessure s’explique par sa fréquence élevée chez le joueur de tennis. Elle se comprend par la puissante contraction de ces muscles lors du revers mais aussi par leur mise en tension en serrant la raquette et en fin de service. Elle survient rarement à haut niveau. Elle est favorisée par des fautes techniques, un matériel inadapté ou des modifications trop rapides. Un « jeu trop physique » décompense rapidement ces imperfections. Citons par exemple : un poignet mal verrouillé pendant le revers ou un excès de slice au service, un grip trop serré, une raquette trop lourde en tête ou un cordage trop tendu. Le traitement passe par la correction de ces erreurs… parfois même par le repos ! On y ajoute souvent de la rééducation, voire une infiltration.

  • Parfois, c’est le sac articulaire.
L’articulation du coude est entouré d’un sac appelé « membrane synoviale ». Il contient le lubrifiant biologique, la « synovie ». Quelquefois, il se constitue un repli qui vient se glisser entre les os du bras et de l’avant-bras, entre l’humérus et le radius. Pour certains médecins, cet élément anatomique n’est pas une anomalie, plutôt une particularité comparable à un ménisque. Toujours est-il que cette frange peut se coincer et gonfler… Et le cercle vicieux s’enclenche : plus il gonfle, plus il coince ! Aux douleurs s’associent des sensations d’accrochage ou de blocage. À l’IRM, on visualise ce repli. Une infiltration permet souvent de le désépaissir et de restaurer un mouvement articulaire harmonieux. Parfois, c’est une manipulation ostéopathique qui le libère et replace la tête du radius qui avait fini par se décaler. Plus rarement, une intervention est nécessaire pour le sectionner.

  • De temps à autre, c’est le cartilage.
Le cartilage tapisse les os au niveau des articulations. Il s’agit d’une substance lisse et nacrée qui favorise les roulements et les glissements. Lorsqu’il est usé, il ne se répare pas, c’est l’arthrose. L’arthrose est rare aux membres supérieurs qui ne supportent pas le poids du corps. En revanche, dans les sports de lancer ou de raquette, le geste est si ample que les pièces osseuses finissent par se cogner et abîmer le cartilage. Le plus souvent, l’impaction se produit à l’arrière de l’articulation, non loin du siège douloureux du tennis-elbow. En fin d’extension, lorsque vous lâchez votre frappe, la pointe du coude remonte et percute l’arrière de l’humérus. Le cartilage s’ébrèche et vous avez mal. Lors de l’examen réalisé par votre médecin, l’hyperextension reproduit vos symptômes. Une infiltration apaise l’inflammation. Des protecteurs du cartilage relancent un soupçon de cicatrisation. Surtout, il faut modifier votre geste, mieux contrôler la fin du mouvement, peut-être frapper moins fort et vous montrer plus « technique ». Parfois, lors des chocs, de petits fragments s’échappent dans l’articulation. Ils irritent la membrane articulaire ou se coincent. Vous ressentez des accrochages ou des blocages. Dans ces circonstances, quelques manipulations parviennent à libérer le coude mais, rapidement, une opération doit être envisagée. Plus tard, ces coudes toujours meurtris peuvent basculer dans l’arthrose.


  • Quelquefois, c’est un nerf coincé.
Un nerf passe non loin du point d’accrochage à la face latérale du coude. Il s’agit d’une des ramifications du nerf qui longe le radius. Classiquement, il est comprimé dans le tunnel fibreux qui lui permet de traverser un muscle de l’avant-bras, le « long supinateur ». Les sports de raquette favorisent cette lésion car ils provoquent une hypertrophie de ces masses musculaires. Parfois, cette branche nerveuse est prise dans la cicatrice fibreuse du tendon déchiqueté. Vous comprenez alors pourquoi la souffrance du nerf et le tenniselbow classique sont, de temps à autre, intriqués. En cas de coincement nerveux, vous présentez une douleur sur le côté du coude mais aussi des irradiations qui descendent le long de l’avant-bras, vers le pouce et l’index. Elles surviennent pendant l’entraînement mais, classiquement aussi la nuit. Votre médecin du sport parvient aussi à les déclencher quand il appuit sur le siège de la compression, au niveau du coude ou sur le tunnel musculaire. Un examen appelé « électromyogramme » étudie la conduction de l’influx électrique le long du nerf et confirme l’altération de sa propagation en regard de la compression. Les infiltrations constituent la thérapeutique habituelle. Elles limitent l’inflammation donc le gonflement du nerf et l’épaisseur des tissus environnants. La branche nerveuse est moins irritée et moins comprimée. Massages et étirements complètent le traitement. Il arrive qu’une opération s’impose pour libérer le nerf, on parle de « neurolyse ».

  • Rarement, c’est une souffrance musculaire.
Cette fois, votre douleur est plus diffuse, elle peut partir du coude mais envahit rapidement l’avant-bras. Les muscles qui verrouillent le poignet s’hypertrophient du fait de l’entraînement. Le sac fibreux qui les entoure peine à se distendre aussi vite. Les masses musculaires se retrouvent à l’étroit. Le phénomène s’aggrave à l’effort : les muscles se contractent, la pression augmente, le sang ne parvient pas à les irriguer. Ces derniers se gorgent d’œdèmes et un cercle vicieux débute. Cette lésion porte le nom de « syndrôme de loge ». Il est plus fréquent aux membres inférieurs. Les coureurs de fond présentent alors des douleurs à l’avant de la jambe et certains peinent à remonter le pied. À l’avant-bras, il reste exceptionnel et touche surtout les pratiquants de motocross qui doivent stabiliser le guidon malgré d’intenses vibrations. Plus rarement encore, ce sont les tennismen les plus « cogneurs » qui en sont victimes. Les formes débutantes s’améliorent quelquefois en réduisant l’intensité des sollicitations. Il est alors conseillé d’utiliser des techniques kinésithérapiques de drainage pour faire dégonfler les muscles. On y associe des massages défibrosants pour assouplir les membranes de la loge. Le plus souvent, seule une intervention chirurgicale est efficace. Elle consiste à ouvrir le sac musculaire afin de décomprimer les muscles.


Source SantéSportMag