vendredi 29 novembre 2013

Billets-Les bulles financières


L’économie mondiale sous la menace des bulles financières

Les politiques des banques centrales n’ont pas encore atteint leur cible en matière de croissance. Elles ont en revanche créé un nouveau risque de bulles lié à un trop-plein de liquidités. Comment en sortir sans casse ?

Alors que les taux de croissance restent désespérément bas et qu’un taux de chômage inacceptable continue à frapper les économies les plus avancées, leurs banques centrales ont accentué leurs politiques non conventionnelles avec notamment des taux d’intérêt voisins ou égaux à zéro, des politiques massives de rachats d’obligations souveraines ou, encore, le rachat d’actifs privés afin de baisser le coût du capital. Hélas, cet effort massif d’offre de liquidités n’a pas suscité la relance attendue du crédit pour financer la consommation des ménages ou l’investissement. Les banques ont, au contraire, conservé en partie le produit de cette augmentation de la base monétaire en accroissant de façon excessive leurs réserves inutilisées. Nous assistons donc à resserrement du crédit, car les banques dont le capital est insuffisant ne veulent pas prêter à des emprunteurs à risque, tandis que la faible croissance et le niveau d’endettement élevé des ménages ont aussi déprimé la demande de prêts.

Le résultat est que ce flot de liquidités inonde le secteur financier plutôt que l’économie réelle. La politique des taux d’intérêt proches de zéro encourage le « carry trade » – le financement par l’endettement de l’achat d’actifs à haut rendement et à haut risque tels que les obligations d’État ou les obligations privées à long terme, les actions, les matières premières et les devises de pays à taux d’intérêt élevé.

Nous sommes à nouveau face à des marchés financiers effervescents, susceptibles d’entraîner la formation de bulles.
La Bourse américaine et beaucoup d’autres ont rebondi de plus de 100 % depuis l’effondrement de 2009 ; l’émission d’obligations « pourries » à haut rendement est revenue au niveau de 2007 et les taux d’intérêt de ces obligations chutent. Par ailleurs, des taux d’intérêt faibles poussent à la hausse le prix de l’immobilier – ce qui pourrait entraîner la formation d’une bulle dans les pays avancés comme dans les pays émergents. On peut citer la Suisse, la Suède, la Norvège, l’Allemagne, la France, Hong Kong, Singapour, le Brésil, la Chine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada.
Sommes-nous confrontés maintenant au risque d’un nouveau cycle de formation et d’éclatement de bulles d’actifs ?

Certains responsables politiques – comme Janet Yellen, future patronne de la Réserve fédérale américaine – disent qu’il n’y a pas vraiment de quoi s’inquiéter. Ils estiment que les banques centrales peuvent maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas durant une assez longue période et ne les augmenter ensuite que progressivement pour stimuler la croissance. Elles peuvent par ailleurs peser sur le système financier pour contrôler le crédit et éviter la formation de bulles.

Mais certains critiques estiment que la mise en place éventuelle de mesures prudentielles – par exemple la fixation d’une limite au ratio prêt-valeur dans l’immobilier, une plus grande exigence en fonds propres pour les banques qui font des prêts à risque et des normes plus sévères en termes de garantie – ne réussira peut-être pas. Non seulement elles n’ont jamais été mises à l’épreuve, mais restreindre le crédit dans certaines parties du système financier déplacera en son sein les liquidités placées à taux zéro et essayer de restreindre entièrement le crédit pousserait les liquidités vers le réseau moins contrôlé des banques de l’ombre.

Certains experts estiment que seule une politique de taux d’intérêt élevés peut toucher l’ensemble du système monétaire et empêcher la formation de bulles d’actifs.
Si les dirigeants politiques s’engagent trop lentement à monter les taux d’intérêt pour encourager la reprise économique, ils risquent de provoquer la formation d’énormes bulles d’actifs qui vont finir par éclater en déclenchant une autre formidable crise financière et une glissade rapide vers la récession. Par contre, s’ils essaient de crever les bulles naissantes avec des taux d’intérêt élevés, ils casseront les marchés obligataires et tueront la reprise, suscitant d’importants dommages économiques et financiers.

Pour le moment, les responsables politiques des pays dont le marché du crédit, celui de l’immobilier et la Bourse sont en effervescence ont évité de relever les taux d’intérêt. Mais il est encore trop tôt pour savoir si les mesures macroprudentielles sur lesquelles ils comptent permettront d’assurer la stabilité financière. Si ce n’est pas le cas, ils devront choisir entre Charybde et Scylla : soit tuer la reprise pour éviter de dangereuses bulles, soit s’engager sur la voie de la croissance au risque d’alimenter une autre crise financière. Pour l’instant, avec le prix des actifs qui continue à monter, beaucoup de pays ont atteint la limite de ce qu’ils peuvent supporter.


Source LesEchos.fr

jeudi 28 novembre 2013

Infos santé-Vaccin HPV Gardasil


Vaccin HPV Gardasil

Gardasil, des effets indésirables neurologiques connus depuis 2009.
L'équipe du Dr Barnett de l’université de Sydney avait rapporté cinq cas survenus dans les 28 jours suivant l’administration du vaccin.

Un nouveau vaccin sur la sellette. Cette fois, c’est le Gardasil qui est mis en accusation. Ce vaccin est utilisé en prévention des cancers du col de l’utérus. La plainte déposée par l’avocat de la famille Bourguignon dont la fille Marie-Océane est atteinte d’une sclérose en plaques pose la question des risques possiblement associés à cette vaccination.
Des risques en fait connus depuis 2009, date à laquelle des neurologues australiens ont, les premiers, rapporté une possible association entre cette vaccination et la survenue d’une pathologie neurologique par atteinte de la myéline. Cet « épisode démyélinisant » atteint donc la myéline, cette sorte de gaine autour des fibres nerveuses. Lorsqu’il touche le cerveau, il peut être responsable d’une sclérose en plaques.
  • Un vaccin contre 4 souches d'un même virus
Le Gardasil est un vaccin quadrivalent, composé des particules pseudo-virales non infectieuses renfermant une protéine majeure de l’enveloppe des virus HPV (papillomavirus virus) de types 6, 11, 16 et 18. Autrement dit, un seul vaccin protège contre quatre souches différentes du même virus. Suite à son homologation en juin 2006 par les autorités sanitaires australiennes, plus de 2,2 millions de doses avaient été administrées lors d’une vaste campagne nationale de vaccination.
Le Dr Barnett et ses collègues du Brain and Mind Research Institute de l’université de Sydney avait rapporté cinq cas d’épisode démyélinisant, multifocal ou atypique, survenus dans les 28 jours suivant l’administration du vaccin HPV.

Rapportés dans la revue Multiple Sclerosis, ces cas cliniques post-vaccination avec atteinte des membres, du nerf optique, du tronc cérébral ou de la moelle épinière, étaient survenus chez des adolescentes âgées de 16 à 26 ans à la suite de la 2e ou 3e injection de Gardasil. Une récupération complète ou quasi-complète avait été observée chez toutes les patientes, soit spontanément, soit à la suite d’un traitement par corticoïdes par voie intraveineuse.
D’autres cas similaires post-vaccination ont été rapportés en 2009 et 2010 dans le monde (Allemagne, Espagne, Autriche, Etats-Unis), notamment des cas avec atteinte cérébrale avec atteintes multifocales de la substance blanche (encéphalopathie aiguë démyélinisante) après administration de ce même vaccin HPV quadrivalent, distribué par le laboratoire Merck dans le monde.
  • À l’origine des effets indésirables : une réaction de l’organisme trompé par un « mimétisme moléculaire » ?
Les effets indésirables pourraient s’expliquer par une similitude entre des motifs portés sur les protéines virales vaccinales et d’autres présents sur la protéine de myéline, qui compose la substance blanche du système nerveux central. C’est donc un phénomène de « mimétisme moléculaire » qui serait à l’origine de l’attaque de ce composant essentiel du système nerveux par le système immunitaire boosté par les protéines vaccinales d’origine virale. Il s’agirait donc dans ce cas d’une réaction d’auto-immunité, avec développement d’autoanticorps.
Récemment, des médecins et pédiatres californiens, en collaboration avec des épidémiologistes de la firme pharmaceutique Merck, ont rapporté la survenue de quelques rares cas documentés de début de sclérose en plaques (maladie démyélininisante) chez des patientes ayant reçu le vaccin HPV quadrivalent.
L’âge de début de cette affection neurologique centrale était en moyenne de 17 ans, avec des extrêmes se situant entre 15 et 26 ans. Sur 5 cas confirmés de sclérose en plaques, 4 avaient un fort degré de certitude diagnostique. Ces épisodes étaient survenus entre 14 et 92 jours après injection, en moyenne 73 jours après, dans trois cas après la première injection, dans un cas après la 2e, dans un autre cas après la 3e.
Les auteurs concluaient qu’il était impossible de conclure que cette « relation temporelle » puisse traduire de façon certaine une « plausibilité biologique », en d’autres termes d’être certain que la vaccination pouvait être tenue responsable de la survenue de cet accident neurologique. « Aucun signal sur la sécurité en termes d’auto-immunité » n’avait été retenue chez ces personnes vaccinées, pouvait-on lire dans l'article, publié en ligne en novembre 2011.


Source : sciencesetavenir.com

Infos santé-Cholestérol, nouvelles recommandations américaines


Cholestérol, nouvelles recommandations américaines

Ces nouvelles recommandations entérinent l'abandon de valeurs cibles en "bon" et "mauvais" cholestérol. Et préconisent un usage étendu des statines.
Les statines, qui abaissent le taux de LDL-cholestérol sanguin, devraient maintenant être prescrites à quelque 33 millions d’Américains sans maladie cardiovasculaire qui présentent un risque de 7, 5% ou plus de faire un accident cardiaque ou un AVC dans les 10 prochaines années.

Il aura fallu près de 10 ans pour que l'American College of Cardiology (AAC) et l'American Heart Association (AHA) éditent ces nouvelles recommandations ("guidelines"). Leur impact se fera probablement sentir au-delà de la seule communauté cardiologique américaine : quelles seront leur répercussion en France et en Europe ?

Jusqu'à présent, l'objectif d'un traitement était d’atteindre un taux souhaité ou idéal de "bon" cholestérol (comme on appelle improprement le HDL-cholestérol) et de "mauvais" cholestérol (LDL-cholestérol; les recommandations européennes de 2012 préconisent ainsi un taux de LDL-cholestérol inférieur à 0,7g par litre ou sa réduction d’au moins 50% si le risque cardiovasculaire est très élevé). Ces objectifs chiffrés sont désormais abandonnés. «  Nous n’avons pas pu établir de preuve solides concernant les valeurs cibles » commente notamment l'un des experts américains.
Il était jusqu'à présent recommandé de débuter un traitement par statine lorsque le risque de faire un accident cardiaque ou un AVC dans les 10 ans à venir était estimé à 20%. Le seuil est désormais abaissé à 7,5%. 

Voici les principales modifications des nouvelles "guidelines" conjointes de l'American College of Cardiology et de l'American Heart Association :
  • Abandon de valeurs cibles du taux de LDL-cholestérol et HDL-cholestérol à atteindre sous traitement.
  • Ajout au classique calcul du risque de développer un accident cardiovasculaire celui de la mesure de faire un accident vasculaire cérébral (AVC).
  • Montée en puissance du régime méditérannéen.
  • Modification des valeurs seuils de l’indice de masse corporelle (IMC) à partir desquelles débuter un traitement dans l’obésité.
Ces recommandations concernent le cholestérol, l’obésité, l’évaluation du risque et le mode vie.

  • Prescrire plus largement les statines
Les statines, qui abaissent le taux de LDL-cholestérol sanguin, devraient maintenant être prescrites à quelque 33 millions d’Américains sans maladie cardiovasculaire qui présentent un risque de 7,5 % ou plus de faire un accident cardiaque ou un AVC dans les 10 prochaines années. Il s’agit là d’un changement important car il était auparavant recommandé de débuter un traitement par statine lorsque le risque à 10 ans était estimé à 20%.
Oubliées aussi les recommandations qui demandaient aux médecins d’avoir pour objectif de faire diminuer les taux de LDL-cholestérol à moins de 1g/L et même dans l’idéal à 0,7 g/L.
Selon les rédacteurs des nouvelles recommandations, il n’y a simplement aucune preuve sur la base des essais qu’un traitement anti-cholestérol doive parvenir à une certaine valeur cible de cholestérol sanguin pour être efficace. En d’autres termes, il n'est pas démontré qu'une diminution du risque soit effective si le HDL-cholestérol atteint 0,7 ou 0,9 g/L sous traitement.
« Nous avons délibéré pendant des années et n’avons pu réussi à établir de preuve solides concernant les valeurs cibles », indique le Dr Neil Stone de la Northwestern University (Chicago). Ce que confirme le Dr Nissen de la Cleveland Clinic (Ohio), estimant au sujet des anciennes recommandations que  : « ce n’était pas de la science. Les anciens comités les ont établi à partir de rien ».
Résultat : les recommandations 2013 conjointes ACC/AHA, publiées à la fois dans le Journal of the American College of Cardiology et Circulation, ne préconisent aucun objectif chiffré quant au taux de LDL-cholestérol ou d’autres paramètres tant en termes de prévention primaire (chez les sujets indemnes d’accident cardiovasculaire, comme souffrant déjà de maladie cardiovasculaire). Les recommandations n’ont donc pas validé l’adage selon lequel « plus le taux de LDL-cholestérol est bas, mieux c’est » (« the lower, the better »).

  • Evaluer le risque d’infarctus, mais aussi celui d’AVC
Par ailleurs, jusqu’à présent, les recommandations ne considéraient que le risque d’accident cardiovasculaire et non celui d’accident vasculaire cérébral. Les patients peuvent calculer leur risque sur 10 ans de faire une attaque cardiaque ou cérébrale en utilisant des équations de risque.
Populations à risque. Celles-ci prennent en compte l’appartenance ethnique, le sexe, l’âge, le taux de cholestérol total, du HDL-cholestérol, la pression artérielle, l’utilisation des médicaments anti-hypertenseurs, l’existence d’un diabète ou d’un tabagisme. Sont potentiellement concernées les femmes blanches de plus de 60 ans qui sont fumeuses et ont une hypertension artérielle ou bien les hommes noirs âgés de plus de 50 ans hypertendus. C’est la première fois qu’il est possible de calculer le risque cardiovasculaire (infarctus et AVC) pour les sujets afro-américains, dont le risque est plus élevé que chez les sujets caucasiens.
Par ailleurs, une équation est disponible pour évaluer le risque au cours de la vie de développer un accident cardio ou neurovasculaire, à partir de l’âge de 20 ans.
Au total, les recommandations américaines intègrent donc l’impact cumulé au cours de la vie de l’ensemble des facteurs de risque pour un individu donné. En d’autres termes, il s’agit donc, selon l’âge de l’individu, de déterminer le niveau de risque que lui ont conféré tout au long des années l’effet synergique de multiples facteurs de risque (taux de cholestérol, pression artérielle, diabète, tabagisme, etc.). Ceci représente une importante évolution conceptuelle dans la prise en charge globale des patients à risque cardiovasculaire.

  • Traitement par statine : quatre populations de patients
« Certes, les statines réduident le taux de cholestérol, mais en fait elles ciblent le risque cardiovasculaire global », souligne le Dr Lloyd-Jones de la faculté de médecine Feinberg de la Northwestern University à Chicago.
Les nouvelles recommandations préconisent un traitement par statine dans les quatre catégories suivantes :
  • Patients sans maladie cardiovasculaire ou diabète, âgés de 40 à 75 ans, qui présentent un risque d’au moins 7,5% de faire une attaque cardiaque ou un AVC dans les dix prochaines années.
  • Patients qui ont déjà fait un infarctus du myocarde, un AVC ou souffrant d’une angine de poitrine instable, d’une maladie artérielle périphérique, un accident vasculaire transitoire (symptômes spontanément résolutifs du fait d’une réduction soudaine de l’apport de sang au cerveau), une intervention chirurgicale pour rétablir la circulation coronaire ou d’une autre artère périphérique (au niveau des membres inférieurs par exemple).
  • Sujets de 21 ans et plus avec un taux très élevé de LDL-cholestérol ("mauvais" cholestérol), égal ou supérieur à 1,9 g/L, comme ceux avec une hypercholestérolémie familiale
  • Individus avec un diabète de 1 ou de type 2 âgés de 40 et 75 ans (avec un taux de LDL-cholestérol compris entre 0,7 et 1,89 g/L, sans signe de maladie cardiovasculaire).
Chez les patients présentant une maladie cardiovasculaire imputable à l’athérosclérose, une statine devrait être utilisée pour atteindre une réduction de la concentration en LDL-cholestérol d’au moins 50%, sauf contre-indications ou survenue d’effets secondaires. Dans ce cas, les médecins devraient avoir recours à un traitement plus léger en statine. De même, chez les patients dont les taux de HDL-cholestérol (HDL-C) dépasse 1,9 g/L, une statine à posologie élevée est recommandée pour abaisser de moitié les concentrations de HDL-C.
Chez les patients diabétiques, il est recommandé de prescrire une statine qui diminue le taux de LDL-cholestérol de 30 à 49% et d’utiliser un traitement à posologie plus élevée lorsque le patient coure un risque de plus de 7,5% de développer une maladie cardiovasculaire dans les dix ans.
L'obésité traitée comme une maladie. C'est ce qui ressort des nouvelles "guidelines", qui précisent que tout américain devait chaque année savoir où en est son IMC, qui est un indicateur d’une possible obésité basée sur le poids et la taille. Les personnes avec un IMC égal ou supérieur à 30 sont considérées comme obèses et doivent être traitées (78 millions d’individus aux États-Unis). Les recommandations soulignent enfin l’importance d’une hygiène alimentaire et de l’exercice physique. Elles insistent notamment sur le fait que la consommation de viande rouge et d’aliments et de boissons sucrées devrait être limitée, et que celle de fruits, de légumes, de céréales complètes, de produits à faible teneur lipidique, de noix, de volaille et de poissons devrait en revanche être encouragée. La consommation de sel devrait également être limitée.


Source : sciencesetavenir.com

mardi 26 novembre 2013

Infos santé-Effets secondaires du Gardasil


Effets secondaires du Gardasil

Effets secondaires du Gardasil : prouver une causalité est quasiment impossible
Quelques petites informations pendant la nouvelle tempête médiatique sur le vaccin Gardasil des laboratoires MSD et Sanofi.
Les faits d’abord :
Gardasil est un vaccin conseillé, pas obligatoire.
Il protège contre 4 genotypes du virus HPV qui sont impliqués dans 70 % des cas de cancers du col de l’utérus pas 100 %. Donc les frottis de dépistage doivent absolument être faits régulièrement même si on est vaccinée. Outre les gynécologues, médecins de famille et sages-femmes peuvent faire ces frottis.
Les données concernant la sécurité du vaccin sont suivies par le Centre de Pharmacovigilance du CHU de Bordeaux. Plus de 4 millions de jeunes filles vaccinées en France, plusieurs dizaines de millions dans le monde et à ce jour apparemment aucun cas de sclérose en plaques n’a été relié au vaccin.
Pour autant un vaccin comme toute substance introduite dans l’organisme, médicament mais aussi bactérie ou virus peut entrainer un désordre dans nos défenses naturelles surtout s’il existe une sorte de prédisposition génétique. Ce sont des phénomènes rares mais qui apparaissent évidemment quand on atteint des chiffres de plusieurs millions de personnes vaccinées.
Le mieux donc c’est de discuter avec son médecin de famille qui connait les éventuels problèmes de santé des uns et des autres. C’est à partir de l’information qu’il délivrera que le choix de vacciner ou pas doit se faire calmement et bien à l’abri des effets de manche qu’on fait avec des robes noires.

On trouvera ici le bulletin du CDC américain qui reprend 7 ans de surveillance du Gardasil



Source docteurjd.com (blog santé de jd flaysakier)

lundi 25 novembre 2013

Billets-Un nouveau dinosaure


Un nouveau dinosaure

Le Siats, un nouveau dino presque aussi gros que le T-Rex
Des chercheurs américains ont découvert le fossile d'un dinosaure carnivore géant inconnu. Il appartient à la famille des carcharodontosaures et aurait empêché les tyrannosaures de se développer durant son règne

Le fossile du Siats meekerorum a été découvert aux Etats-Unis. Durant son règne, il a empêché les tyrannosaures de se développer.
Les fana de dinosaures vont être heureux. Une nouvelle espèce a été identifiée aux Etats-Unis. Le "Siats meekerorum" -référence au monstre mangeur d'hommes d'une légende indienne- est un dinosaure carnivore ayant vécu au Crétacé supérieur. Il est parmi les trois plus grands découverts en Amérique du nord. 
"Siats meekerorum" est le second dinosaure de la famille des carcharodontosaures, des carnivores gigantesques. Le premier, Acrocanthosaurus atokensis, avait été découvert en 1950. 

  • Un dino gigantesque
Le fossile de Siats décrit appartenait à un individu de plus de 9 mètres, pesant au moins 4 tonnes. En dépit de ce gigantisme, les os sont ceux d'un jeune animal. Ils estiment qu'un animal adulte pouvait atteindre la taille d'Acrocanthosaurus. Les deux espèces rivalisent pour la place du deuxième plus grand dinosaure carnivore d'Amérique du Nord, derrière le féroce Tyrannosaure rex, qui pouvait avoisiner les 7 tonnes. 
Selon les chercheurs, au Crétacé supérieur (il y a entre 100 millions et 66 millions d'années), Siats semait ta terreur sur un territoire correspondant aujourd'hui à l'Etat de l'Utah. A l'époque où régnait Siats, le paysage était verdoyant, peuplé de dinosaures herbivores, tortues, crocodiles et d'autres prédateurs comme les premiers tyrannosaures. 

  • Siats contre tyrannosaures
"Les carcharodontosaures ont régné plus longtemps en Amérique du Nord que nous ne l'attendions", a souligné Lindsay Zanno du Muséum de Sciences naturelles de Caroline du Nord. En fait, Siats comble une lacune de plus de 30 millions d'années dans le registre fossile, période qui a vu le rôle de prédateur principal passer des carcharodontosaures au Crétacé inférieur aux tyrannosaures à la fin du Crétacé. 
Siats aurait ainsi empêché les petits tyrannosaures de s'établir au sommet de la chaîne alimentaire. Ce n'est qu'après leur disparition que les tyrannosaures ont pu évoluer en énormes prédateurs. 


Source lexpress.fr

Recettes Desserts-Moelleux à la crème de marrons


Moelleux à la crème de marrons

Préparation : 15 mn
Cuisson : 40 mn
Pour 4 personnes
2 œufs
100 g de sucre
100 g de farine
100 g de beurre
200 g de crème de marrons
1 cuillerée à soupe de levure chimique
2 cuillerées à soupe de rhum
1 pincée de sel
1. Préchauffez le four à 150 °C (th. 5).
2. Mettez les œufs dans un saladier avec le sucre et 1 pincée de sel. Mélangez le tout.
3. Puis ajoutez la farine, la levure, le beurre ramolli, la crème de marrons et le rhum. Mélangez bien.
4. Mettez dans un moule à gâteau, préalablement beurré et fariné, enfournez pendant 40 minutes.

Conseil
Vous pouvez choisir une crème de marrons avec des brisures de marrons glacés, et remplacer la farine par de la farine de châtaignes.

dimanche 24 novembre 2013

Billets-Entretien avec Emmanuel Todd


Entretien avec Emmanuel Todd

"Les bonnets rouges, une chance pour la France"
L'anthropologue et historien, coauteur du "Mystère français", revient sur la révolte bretonne. Une action à ses yeux pleine de promesses quant aux capacités de résistance du pays.

  • Marianne : Il y a un an avec Hervé Le Bras vous avez publié «le Mystère français», une analyse approfondie de la situation de la France. Ce travail soulignait les particularités de la Bretagne. A ce moment-là, pouvait-on imaginer que cette dernière se révolterait ?
Emmanuel Todd : Dans notre livre, la Bretagne est très présente pour des raisons rationnelles et irrationnelles. Elle occupe incontestablement une place particulière en France. Ses systèmes familiaux sont très divers, ses performances scolaires sont étonnantes. C'est désormais la région la plus à gauche, un bastion du Parti socialiste, le PS y ayant migré de ses terres du Nord et du Sud. Du côté sentimental, à des degrés divers, Hervé Le Bras et moi-même avons des origines bretonnes et passons beaucoup de temps là-bas.

La Bretagne offre un exemple extrême mais caractéristique de basculement dans la révolte d'une région que les commentateurs percevaient comme prospère, de gauche, européiste et stable. Notre livre a été trop rapidement analysé comme une radiographie de la France qui va bien, en opposition à celle qui va mal. Les régions qui allaient bien, selon cette lecture, étaient les anciens bastions catholiques, ou de «catholicisme zombie». La pratique religieuse catholique, forte jusque vers 1960, y a tardivement disparu mais a laissé subsister une forte aptitude à la coopération - des communes, des groupes professionnels, par exemple -, bref une forte intégration locale. Le reflux récent de la religion y a surtout libéré un dynamisme spécifique. Depuis la réforme protestante, et encore plus depuis la Révolution de 1789, le catholicisme était arc-bouté contre la modernité. Sa disparition a libéré une énergie positive. Aujourd'hui, les régions «catholiques zombies» ont de meilleurs résultats éducatifs, des taux de chômage plus faibles, une meilleure résistance à la crise économique. Mais ce que le Mystère français suggérait, c'est seulement que les régions catholiques zombies allaient moins mal que les régions de vieille laïcité, pas qu'elles allaient bien. La crise touche tout le monde, le vide du pouvoir est visible partout.

  • Mais la révolte ?
Emmanuel Todd : Nous y arrivons. Cette région lancée sur les rails de l'européisme est aujourd'hui touchée de plein fouet par la logique européenne du jeu sur le coût du travail, sous contrainte de l'euro. Et nous constatons que son dynamisme culturel donne à cette région la force de la révolte. Les historiens savent bien que les révolutions sortent du progrès, pas de la régression. La tradition d'entraide et de solidarité héritée du catholicisme contribue à l'efficacité de la protestation. A cela vient s'ajouter un autre élément de cohésion : la Bretagne est une région où l'immigration ne compte pas. Il suffit de feuilleter l'annuaire du Finistère pour s'apercevoir que les noms y sont massivement bretons. Ces milieux populaires ne sont pas divisés par l'immigration. Cette société politique n'est pas désorganisée par le Front national, insignifiant régionalement. Ce que montre paradoxalement la révolte bretonne, c'est à quel point le FN, parce qu'il divise les Français, est une aide au système, fait partie du système. Quand le FN n'existe pas, la société a la cohésion nécessaire à la révolte.

  • On peut donc conclure que, parce que la Bretagne est «à la pointe de la modernité», elle est à la pointe de la révolte ?
Emmanuel Todd : Oui, c'est assez bien résumé, mais attention, il faut se méfier de toute caricature. La Bretagne est aussi une France en miniature. C'est une région très diverse. La partie du Finistère la plus concernée n'est pas n'importe quelle Bretagne. C'est une région catholique certes, mais où ont toujours existé des poches de gauche importantes.



  • Dont des poches communistes...
Emmanuel Todd : Oui, une poche de communisme rural, centrée sur la partie ouest des Côtes-d'Armor mais qui atteignait l'intérieur du Finistère autour de Carhaix. Et, faut-il le rappeler, le PC a une tradition plus nationale centraliste que le PS régionalisant. Le pays bigouden, au sud-ouest de Quimper, a un fond républicain. Et tout cela ne date pas d'hier : dans son Tableau politique de la France de l'Ouest sous la IIIe République (1913), André Siegfried soulignait le potentiel républicain de la Bretagne. Il montrait que le département du Finistère était, par la présence de la marine nationale à Brest, directement relié à Paris. L'interprétation de la révolte en termes d'autonomisme breton, malgré l'omniprésence du gwenn ha du, le drapeau blanc et noir breton, est absurde. La réalité profonde du mouvement n'est pas dans Christian Troadec, maire bretonnant de Carhaix, mais dans le fond rouge de sa région qui ne relève effectivement pas d'un type socialiste banal. L'identité bretonne combine, sans contradiction, fidélité à la Bretagne et loyauté envers la France.

  • On reproche aussi à cette révolte de ne pas être très cohérente...
Emmanuel Todd : C'est incontestable, les revendications sont floues. Mais comment cette révolte pourrait-elle être cohérente puisque l'idéologie au pouvoir elle-même n'est plus cohérente, en cette période crépusculaire d'échec de l'euro, dans une province qui croit à l'Europe ? De toute façon, une révolution n'est jamais cohérente dès le départ. Toutes les oppositions s'expriment et les forces dominantes n'apparaissent que par étapes. Je propose un début de clarification conceptuelle : on pourrait dire que la Bretagne des producteurs, ouvriers et patrons, affronte le Paris des prédateurs, les banques et l'Etat, banques et Etat étant désormais contrôlés par les mêmes inspecteurs des finances.

  • Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui attendaient plutôt une révolte des banlieues ?
Emmanuel Todd : Je répondrai qu'il y a déjà eu une révolte des banlieues, en 2005, qui relevait d'une même logique : l'abandon de régions entières par les élites et les groupes nationalement dominants. La révolte des banlieues a d'ailleurs aussi démarré, autour de Paris, dans une région où le Front national ne compte plus, cette fois-ci parce qu'il y avait déjà eu tant d'immigrés que la question de l'immigration était dépassée. Ça se confirme : la faiblesse du FN permet la révolte. Le FN sert le statu quo : Marine Le Pen et l'UMPS, même combat.

  • Comment expliquer la phrase de Mélenchon : «A Quimper, les esclaves manifesteront pour les droits de leurs maîtres» ?
Emmanuel Todd : Mélenchon s'est démasqué. Il montre son appartenance aux élites parisiennes et son mépris du peuple. Certes, la stupéfaction est la même partout, spécialement à gauche. La CFDT nationale a développé un hallucinant discours antipatrons bretons, assez amusant quand on se souvient de la façon dont la CFDT a aidé Hollande et le patronat à rendre plus «flexible» le marché du travail. Mais au moins peut-on voir dans l'hostilité de la CFDT à la révolte sociale une trace du catholicisme de la CFTC, avec son respect de l'autorité, sa préférence pour la collaboration des classes. «Merci, notre maître»...

Le cas Mélenchon, lui, ne correspond à rien de connu. Cet homme se gargarise du mot «révolution» mais traite des révoltés porteurs de bonnets rouges d'«esclaves», il est insensible à la symbolique du rouge et du bonnet dans un contexte français et non seulement breton. Il semble d'ailleurs dépourvu d'une culture révolutionnaire minimale : les révolutions naissent toujours dans l'ambiguïté. La Révolution française a commencé par une révolte des parlements au nom d'une idéologie qui n'avait rien de progressiste. Quant à son discours anticlérical, c'est l'élément stable de sa doctrine, puisqu'il rejette aussi la révolte tibétaine au nom de l'anticléricalisme... Loin d'être un révolutionnaire, Mélenchon est un petit-bourgeois radical-socialiste qui n'aime pas le désordre. Avec lui, la gauche de la gauche est vraiment mal barrée.

  • Le groupe Les Economistes atterrés ont aussi condamné cette révolte «archaïque» qui «refuse les contrôles et les taxes»...
Emmanuel Todd : La condamnation est ici différente : ils refusent le rejet de l'impôt. Ils ont raison de se méfier. Durant les trente dernières années, le rejet de la fiscalité a été une revendication constante de la droite ultralibérale, c'est aujourd'hui celle du Tea Party américain, la droite extrême du Parti républicain. Il faut bien sûr sauver la protection sociale et donc son financement par l'impôt. Reste que bien des révolutions commencent par une crise fiscale et un rejet de l'impôt injuste. En 1789, l'exemption fiscale de la noblesse et du clergé a mené à la banqueroute et à la convocation des états généraux. On connaît la suite. La révolution anglaise a commencé parce que Charles Ier a dû convoquer le Parlement pour obtenir les impôts nécessaires à la répression d'une révolte écossaise. Tiens, l'Ecosse, avant la Bretagne, un véritable festival interceltique...

Mais nous entrons dans une période nouvelle. Il faut voir à quoi servent les prélèvements obligatoires. Au financement de l'Etat social et des nécessaires biens communs, bien sûr. Mais l'impôt, de plus en plus, permet aussi de servir les intérêts d'une dette publique qui n'est plus légitime. Le prélèvement fiscal sert désormais aussi à donner de l'argent à des gens qui en ont déjà trop. Nous sommes confrontés à une ambivalence de l'impôt, à une ambivalence de l'Etat, serviteur à la fois de l'intérêt collectif et d'intérêts privés, d'intérêts de classe, diraient les marxistes. Il faut clarifier la situation, nous ne couperons pas à un débat sur la légitimité de l'impôt.

Deuxième problème de légitimité de l'impôt, l'Europe. Dans un cadre strictement national, le vote du budget par les députés légitime l'impôt, sans discussion possible. Mais le transfert à Francfort du pouvoir de création monétaire dépossède en pratique les députés de leur contrôle du budget. Les instances bruxelloises, aujourd'hui sous contrôle idéologique allemand, exigent un contrôle de ce budget. L'impôt est de ce fait déligitimé au sens où la théorie de la démocratie représentative conçoit la légitimité. Il y a là un vaste champ de réflexion pour la philosophie politique. Mais, honnêtement, le bon sens immédiat nous permet de voir que cette écotaxe, dont le prélèvement doit être assuré par le secteur privé après une négociation douteuse, n'a rien à voir avec l'impôt légitime et noble de l'Etat social.

  • Quelles sont les évolutions possibles de cette révolte ?
Emmanuel Todd : Après la révolte des banlieues, la révolte bretonne marque une étape dans la dislocation du système social et politique français. Il me semble que nous avons franchi un seuil parce que la capacité des classes dirigeantes françaises à protéger leur peuple n'est plus du tout évidente. C'est l'effet de la crise qui dure depuis 2008 et de la montée en puissance de l'Allemagne à l'intérieur du système européen. Dans les déclenchements révolutionnaires, il y a souvent, avec l'impôt, la question nationale, dimension révélée en creux par la présence du drapeau breton. Une classe dirigeante est en danger si elle apparaît internationalement ridicule. La Grande Jacquerie trouve son origine dans l'incapacité des chevaliers français à faire face aux archers anglais, la révolution russe ne peut s'expliquer sans la défaite face aux armées allemandes.

Nous ne sommes pas loin de cette situation en France. Nous vivons une déroute industrielle et nos dirigeants n'en finissent pas de se ridiculiser sur la scène internationale. Moscovici accepte sur Chypre un accord qu'il ne comprend pas, Fabius tente de nous entraîner dans une guerre syrienne pour finir éjecté par les Russes de la négociation. Quant à Hollande, il semble moins président de la République française que vice-chancelier du système allemand. Aucun pouvoir ne peut survivre dans la durée à l'appauvrissement économique et à l'humiliation nationale. Les commentateurs français ont du mal à comprendre pourquoi Angela Merkel est si populaire dans une population allemande qui ne profite pas des succès allemands à l'exportation. Tout simplement parce que l'Allemagne vit le contraire d'une humiliation nationale : la gratification nationale d'être redevenue dominante en Europe et de voir les autres obéir.

  • Mais la Bretagne là-dedans ?
Emmanuel Todd : La révolte bretonne est une chance pour la France... Une révolte dans la grande région socialiste et européiste, au cœur du conformisme qui paralyse la France ! Le véritable enjeu maintenant est idéologique. Si les Bretons s'aperçoivent que l'Europe est leur problème, que leurs vrais concurrents sont les Roumains et les Allemands qui importent ceux-là à 5 € l'heure, le système idéologique explose, et là, tout est ouvert... Les classes dirigeantes françaises ne peuvent plus défendre l'euro, il est liquidé et la France, toutes énergies libérées, revient dans l'histoire.



Source marianne.net

Recettes Fromages-Feuilleté au roquefort


Feuilleté au roquefort

Préparation : 20 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 6 personnes
500 g de pâte feuilletée
200 g de roquefort
150 g de fromage frais
8 cl de crème fraîche
2 cuillerées à soupe de ciboulette hachée
2 cuillerées à soupe de cerfeuil ciselé
3 œufs
Poivre
1. Partagez la pâte feuilletée en deux moitiés. Abaissez l’une de ces moitiés sur une épaisseur de 3 mm. Garnissez-en une tourtière de 24 cm de diamètre et piquez le fond à la fourchette.
2. Emiettez le roquefort dans une jatte et ajoutez le fromage frais et la crème. Mélangez bien. Ajoutez les fines herbes puis les œufs un à un. Poivrez mais ne salez pas.
3. Versez cette préparation sur le fond de pâte, puis recouvrez avec la seconde moitié de pâte feuilletée qui aura été façonnée en couvercle. Soudez les bords en les pinçant, puis mettez au four, préchauffé à 220 °C (th. 7-8), pendant une bonne vingtaine de minutes.
4. Recouvrez le feuilleté d’une feuille d’aluminium et laissez la cuisson se poursuivre pendant une quinzaine de minutes encore. Servez bien chaud, en parts triangulaires, accompagné d’une salade verte.

Le goût fin et puissant du roquefort, si caractéristique, a inspiré de très nombreux cuisiniers qui utilisent ce fromage pour confectionner des sauces, des canapés, des salades composées ou des soufflés.

samedi 23 novembre 2013

Billets-Usage thérapeutique du cannabis


Usage thérapeutique du cannabis

Le tribunal correctionnel d’Avignon vient d'autoriser un malade à fumer du cannabis pour soulager ses douleurs. C'est une première en France.
  
Marc est atteint depuis 15 ans de la maladie de Horton. Cette maladie inflammatoire des vaisseaux sanguins, se manifeste notamment par des crises de douleurs (céphalées, mastication douloureuse). Jusqu’alors hors la loi, il fumait du cannabis pour soulager ces symptômes. Depuis ce 18 novembre, Marc peut fumer en toute sérénité : le tribunal correctionnel d’Avignon (Vaucluse) l’y autorise très officiellement. Cette décision « va compter » selon lui. Il confie à La Provence : « C’est génial, je l’espérais mais je ne m’y attendais pas. »

En effet, les décisions de justice concernant l'usage du cannabis thérapeutique varient d'un tribunal à l'autre. Et le débat fait rage depuis plusieurs années. Cette décision vient remuer les braises encore chaudes du dernier cas, en juillet 2013. La cour d’appel de Besançon (Doubs) avait alors condamné Dominique Loumachi à 50 euros d’amende avec sursis. Ce myopathe de 40 ans s’était dit « écœuré » de cette décision : « Je ne suis pas un toxicomane, ni un dealer, je suis condamné par la maladie et j’ai juste envie de vivre, » avait-il lâché à la sortie de l’audience.


Le gouvernement semblait pourtant indiquer la voie à suivre. Depuis juin, un décret autorise la mise sur le marché de médicaments contenant du cannabis et ses dérivés. Sprays, gélules, infusions… ces formes de cannabis thérapeutique pourront désormais être délivrées en pharmacie, sur ordonnance. Seuls les patients souffrant de maladies graves et douloureuses, comme la sclérose en plaque, les cancers ou encore le Sida, pourront en bénéficier. Le Sativex, spray buccal à base de cannabis, devrait d’ailleurs recevoir une autorisation par l’Agence de sécurité du médicament (ANSM) d’ici la fin de l’année. D'ici là, les malades doivent patienter avec les solutions disponibles.

Mais ce décret n’autorise pas la culture du cannabis… pas plus que sa consommation fumée. C’est ce qui explique cette incertitude des tribunaux, qui oscillent entre la clémence, la tolérance et la sévérité. En attendant l’arrivée de produits thérapeutiques à base de cannabis, la justice traitera au cas par cas. A Avignon, le parquet a fait appel.


Source nouvelobs.com

jeudi 21 novembre 2013

Billets-Louez un ami !


Louez un ami !

S’offrir la compagnie d’une femme était jusqu’à présent une pratique courante chez les hommes mûrs. Désormais, des clients plus jeunes y ont recours – et même des femmes.
 
Le 8 septembre, dans la joie générale suscitée par la sélection de Tokyo comme ville hôte des Jeux olympiques de 2020, un homme prend le volant pour se rendre à Tokyo.

Une fois par mois, ce célibataire de 35 ans qui vit dans le nord de la capitale s’offre ce petit plaisir. L’heure et le lieu du rendez-vous sont toujours les mêmes : 11 heures devant une boutique de vêtements du quartier branché de Harajuku. Une jeune femme l’attend et tous deux prennent la direction d’Akihabara, la Mecque de l’électronique. Sachant qu’il est amateur de catch, elle lui a déniché un magasin où ils regardent ensemble des masques de professionnels et des tee-shirts. Alors qu’il n’ose même pas l’appeler par son prénom, il lui confie très vite ses soucis personnels : “Maman a été hospitalisée.” “Ah bon ? Vous devez être inquiet !” lui répond-elle.

Au déjeuner, ils mangent un riz au curry puis, après avoir fait du lèche-vitrines, ils se rendent dans un musée. Quand ils en sortent, il pleut à torrents et, pour que la jeune femme ne soit pas trempée, le jeune homme l’abrite sous son parapluie. A 19 heures, il sort de son portefeuille 31 000 yens [environ 235 euros], les tend à la femme et prend le chemin du retour seul.

Cette jeune femme est ce qu’on appelle une “amie de location”. Elle travaille pour Client Partners, une société basée à Tokyo qui propose la compagnie de femmes pour toutes sortes d’occasions. C’est au printemps 2012 que le jeune homme a contacté l’agence pour la première fois. L’année précédente, sa petite amie lui avait annoncé sa décision de rompre. Ne pouvant renoncer à elle, il n’avait cessé de l’appeler et s’était rendu plusieurs fois chez elle. Ayant reçu un avertissement de la police, il savait que, s’il continuait, il risquait de finir au commissariat. C’est dans cette période difficile de sa vie qu’il a appris l’existence de Client Partners à la télévision.

“Les choses ont changé à partir du moment où j’ai commencé à faire appel à ses services, se souvient-il. J’ai découvert le billard et les fléchettes ; mon ‘amie’ et moi sommes même allés au parc pour nous lancer des balles de baseball [activité couramment pratiquée entre père et fils au Japon]. Et j’ai de moins en moins pensé à mon ex.” En semaine, il se lève à 6 h 30 du matin et passe sa journée à l’usine, à travailler sur une machine. Vers 20 heures, il rentre chez lui et se couche. Il se décrit comme “pas très sociable”. Avec Client Partners, cette vie routinière a commencé à changer. Lors d’un récent séjour à Yokohama, il a passé onze heures avec son “amie”, une sortie qui lui a coûté plus de 40 000 yens [300 euros]. Au départ, l’idée de payer de telles sommes juste pour avoir une femme à ses côtés le dérangeait. “Mais en sortant avec elle et en lui parlant de mes problèmes, j’ai pu penser à autre chose qu’à mes mauvais souvenirs. Et je me suis dit que ce n’était pas si mal”, raconte-t-il. Ses collègues au travail l’ont même félicité, remarquant qu’il avait retrouvé son calme.

  • Une vie bien remplie
Un autre Tokyoïte d’une soixantaine d’années a recours à ce service de location. Après la mort de sa femme, il a commencé à perdre goût à la vie et il passait ses journées enfermé chez lui. En avril 2012, il s’est rendu à Enoshima, une île touristique située au sud de la capitale, en compagnie d’une femme d’une trentaine d’années. Depuis, il la voit deux fois par mois pour aller au cinéma ou dans un club de jazz. Il demande toujours la même personne, et c’est elle qui a choisi le chapeau, la chemise et le pantalon qu’il porte, le tout dans un magasin branché pour jeunes. Ces derniers temps, il s’est également mis à la marche à pied avec ses vieux copains. Son agenda est de plus en plus chargé : “Je suis content d’avoir une vie bien remplie. Il ne me viendrait pas à l’idée d’aller seul dans un quartier de jeunes, mais comme je sais que j’ai rendez-vous avec quelqu’un, cela ne me gêne pas”, confie-t-il.

  • Etre libre de parler
Ces derniers temps, les hommes ne sont plus les seuls à “louer” des amies. C’est notamment le cas d’une jeune fille de 21 ans qui, jusqu’en janvier dernier, vivait aux Etats-Unis, où son père travaillait. A son retour au Japon, elle a commencé à travailler en tant que vendeuse dans une boutique de vêtements. Après le boulot, elle se rend dans des clubs ou des bars avec des copines, et elle a même un petit ami. Mais le fait de ne pas pouvoir exprimer le fond de sa pensée la contrarie. Aux Etats-Unis, une fois qu’elle avait noué une relation avec quelqu’un, elle se sentait libre de parler de ce qu’elle voulait, alors qu’au Japon elle doit faire preuve de plus de retenue. Elle doit systématiquement appliquer les formules de politesse avec ses aînés [conformément à la coutume confucianiste japonaise].

Et quand elle dit qu’elle a vécu aux Etats-Unis, elle a l’impression qu’on la regarde de travers, comme si on lui reprochait de frimer. Après avoir découvert l’existence de Client Partners, elle a demandé à rencontrer quelqu’un de son âge. En avril, elle est allée contempler les cerisiers en fleurs avec sa nouvelle “amie”, et ce jour-là, elle s’est levée très tôt pour préparer un kyaraben [association du mot kyara, formé sur l’anglais character, “personnage”, et de bentô, la “gamelle”. Le kyaraben est une composition multicolore et ludique, si bien garnie qu’on la croirait tout droit sortie d’un livre de recettes]. En parlant des problèmes qu’elle a au travail et avec son petit ami, le temps s’est écoulé très vite. “Je n’ai pas eu l’impression de gaspiller de l’argent, car j’ai pu être moi-même”, dit-elle. Bien entendu, ni son petit ami ni ses copines ne savent qu’elle recourt à ce genre de service.

 Dessin de No-rÍo, Japon.
Source Courrier International

mercredi 20 novembre 2013

Billets-JFK 22 novembre 1963

JFK 22 novembre 1963 

Dallas se souvient.  Ils étaient à l’époque collégiens, lycéens ou jeunes adultes. L’assassinat de leur président les a marqués à jamais. Aujourd’hui, ils parlent.

22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy et sa femme   
 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy et sa femme Capture d'écran

Le 22 novembre 1963, bien des habitants de Dallas ne sont ni au travail ni à l’école : ils sont à l’aéroport de Love Field, pour assister à l’arrivée du président John F. Kennedy.



D’autres veulent voir passer le cortège en centre-ville, ou ont été invités au déjeuner au cours duquel le président doit prendre la parole. En un instant, tous vont se retrouver soudés par la tragédie. Kennedy est abattu au beau milieu de la foule de ses concitoyens. En ce jour funeste, Dallas, et avec elle le pays et le monde, est frappée par le chagrin. Cinquante ans plus tard, The Dallas Morning News laisse la parole aux Texans et à leurs souvenirs.

Joan Nall. A l’époque en terminale au lycée Garland, elle est parmi les premiers à arriver à l’aéroport de Love Field. Elle trouve un endroit avec une vue idéale sur la limousine de Kennedy, mais hésite : va-t-elle lui serrer la main ou le prendre en photo avec l’appareil qu’elle a emprunté à sa mère ? Elle sait qu’elle n’aura pas le loisir de faire les deux. “Je me suis dit : eh bien, si je prends des photos, je les garderai pour toujours”, raconte-t-elle.

Les photos, elle les a toujours aujourd’hui, dont une du président qui salue les gens sur le tarmac. Nall adorait Kennedy, autant pour ses opinions politiques que pour sa jeunesse et son attitude. “On aurait dit un conte de fées, mais en même temps, je respectais tout ce qu’il faisait”, précise-t-elle.

Elle revoit cette journée comme dans un film. Après avoir suivi des yeux la limousine présidentielle qui s’éloignait, elle quitte le parking avec ses amies. Elles se retrouvent prises dans les bouchons, mais ont allumé leur autoradio. C’est là qu’elles apprennent la nouvelle. Le président a été abattu. Il doit s’agir d’une très mauvaise plaisanterie, pensent-elles. Elles viennent à peine de le voir, plein de vie. Elles s’arrêtent dans une station-service et demandent au pompiste si l’information est confirmée. Quand il répond par l’affirmative, toute la liesse du moment s’évapore.

Nall passe le week-end à pleurer. “C’était comme une gifle, comme si je m’étais réveillée – une sorte de retour à la dure réalité”, dit-elle. Aujourd’hui, elle conserve pieusement ses photos, vestiges des dernières heures de ce président qu’elle chérissait.

David et Jean Kerr. Le couple se présente tôt au Dallas Trade Mart, pour le déjeuner où le président va prendre la parole. Jean doit y chanter l’hymne national, et elle a répété toute la matinée pour être sûre que tout se passe bien. Sa nervosité est à la hauteur de cet immense honneur.

Le président se faisant attendre, un officiel propose à l’assistance de commencer à manger. David a avalé quelques bouchées quand un journaliste bondit de son siège et s’écrie : “Oh ! mon Dieu ! le président a été tué !” L’assemblée est sous le choc, et certains serveurs se mettent à pleurer.

Les Kerr n’ont jamais fini leur déjeuner, et Jean n’a jamais chanté. “C’était comme si on m’avait demandé de chanter devant le monde entier et que, soudain, le monde entier avait disparu”, décrit-elle. Elle rentre à la maison, David retourne à son bureau. Là, il dit à la standardiste de renvoyer tous les employés chez eux pour la journée. Personne n’a le cœur à travailler.

Le dimanche suivant, les Kerr se rendent à l’office à la Première Eglise presbytérienne de Dallas, près de la mairie. Alors que le pasteur fait son sermon, un assistant s’approche de l’autel et lui tend un message sur un bout de papier. Le pasteur déclare à ses ouailles qu’il leur faut quitter l’église en sortant par le parking. Dehors, des sirènes hurlent. Les Kerr le sentent, cette évacuation est liée à l’assassinat. Ils ne comprennent ce qui s’est passé qu’en allumant la télévision une fois rentrés chez eux : Lee Harvey Oswald, l’assassin de Kennedy, a été tué à son tour.

Herbie K. Johnson. Le matin de la visite présidentielle, ce professeur du lycée Roosevelt a un mauvais pressentiment. Toute sa vie, il a été le témoin du racisme à Dallas, et à ses yeux Kennedy est l’incarnation de l’égalité. Mais il sait aussi qu’à Dallas beaucoup de gens détestent JFK.


Attendant que ses élèves reviennent d’avoir vu le cortège, il écoute la radio. Et c’est là que ses craintes deviennent réalité. Le président a été abattu. Ses élèves, désemparés et effrayés, sont de retour. “Bien sûr, ils voulaient savoir pourquoi – pourquoi”, rapporte Johnson. Il n’a pas de réponse claire et précise à leur donner. Mais il fait de son mieux pour les informer, tout en avouant sa propre ignorance, et évoque la crise des missiles à Cuba, les pressions politiques internes et l’engagement de Kennedy en faveur des droits civiques. Pour la communauté noire, c’est un coup terrible. “Avec Kennedy, nous devions être égaux en droit.… Cette égalité, nous la voulions”, conclut Johnson.

W. K. Jeffus. Agé de 16 ans, il est élève au lycée Sunset. Effectuant également une préparation militaire, ce jour-là, c’est lui qui est responsable du drapeau. Le matin, il a hissé les couleurs. Puis il s’est mis à pleuvoir, et il les a amenées. Le soleil est revenu, et il a hissé de nouveau le drapeau. Une journée typique pour Dallas.

Il se trouve en cours de géométrie quand le professeur quitte la salle sans explication. Un autre enseignant remonte le couloir, les larmes aux yeux. Enfin, la voix du principal résonne dans les haut-parleurs pour leur annoncer que le président a été tué.

Jeffus sait aussitôt ce qu’il doit faire. Il sort et met le drapeau en berne.

Le cours suivant est un cours d’histoire. Le professeur leur demande de regarder au dos de leur manuel, là où sont inscrites les dates des mandats présidentiels. C’était un “grave péché” d’écrire sur les livres scolaires, et pourtant le professeur leur ordonne d’inscrire “22 nov. 1963, Dallas, TX, 13 heures” à côté du tiret indiquant le mandat de Kennedy. 




Source Courrier International

mardi 19 novembre 2013

Billets-Doris Lessing


Doris Lessing

C'était en 2003, quatre ans avant son Prix Nobel. Didier Jacob avait rendu visite à l'auteur du "Carnet d'or", qui vient de mourir à 94 ans. Elle lui avait parlé de sa jeunesse, du communisme, de la guerre en Irak, de Tolstoï... et d'Harry Potter

C'est une merveilleuse grande dame alerte qui s'assèche sans vieillir, comme étrangère au temps qui harcèle ses contemporains. Doris Lessing, regard apaisé mais espiègle, rires de collégienne qui pouffe de ses bonnes blagues, a vécu tant de vies qu'on ne saurait les dire toutes: témoin engagé, femme indépendante, voyageuse intrépide, romancière classique et monument historique que seuls les Nobel, butés comme des ânes, s'obligent curieusement à ne pas visiter.
Dans son nouveau livre, l'auteur du «Carnet d'or» se raconte dans les années 1960, sous le couvert de la fiction: comédienne de théâtre de second plan, journaliste par obligation, Frances Lennox est divorcée d'un militant communiste pur Marx, Johnny Lennox. Elle habite dans la maison de sa belle-mère, qui héberge également ses deux petits-enfants, Andrew et Colin. La dure vie des femmes, la catastrophe du Vietnam et le drame de l'Afrique: entrez dans le décor de ce livre-miroir, qui ne cesse de montrer son auteur plus belle face à la tragédie.

  • Le Nouvel Observateur Vous vivez ici, dans ce quartier de Londres où les rues portent toutes des noms empruntés à la mythologie antique: Achille, Ulysse, Agamemnon. Comme si vous aviez souhaité vous tenir à l'écart de la modernité...
Doris Lessing C'est un hasard, bien sûr. Un voyageur anglais, qui avait autrefois séjourné en Abyssinie, a fait l'acquisition, vers 1850, des terres de ce quartier, qui n'était pas construit alors. Ce type avait reçu une éducation très classique, d'où le nom des rues. Oui, cela ajoute au charme de cet endroit. 

  • Votre nouveau roman se situe dans les années 1960, et raconte avec nostalgie la vie difficile d'une mère de famille. Pourquoi ?
Doris Lessing  Il y avait une générosité, dans les manières d'alors, qui a complètement disparu. On pouvait frapper chez quelqu'un que l'on connaissait à peine, et venir s'installer chez lui pendant des semaines. Beaucoup de jeunes gens sont venus ainsi séjourner dans ma maison. Une telle liberté serait impensable aujourd'hui. Ce qui ne veut pas dire que le conformisme ambiant n'était pas très pesant: il fallait parler un langage convenable et porter des vêtements adéquats pour faire partie du club. Songez qu'on était, de plus, en pleine guerre froide. La langue de bois, la paranoïa... Mais les jeunes gens de l'époque ont commencé à en rire. Ce fut une génération très irrévérencieuse. Ils ne supportaient plus, au fond, qu'on leur parle de la guerre.

  • Vous vous souvenez de votre quotidien de femme écrivain, pauvre, deux fois divorcée, dans l'Angleterre de l'époque ?
Doris Lessing  Mais le pire, pour moi, furent les quatre années qui avaient précédé mon installation, alors que je vivais encore en Rhodésie et que je cherchais à gagner l'Angleterre, juste après la fin de la guerre. Il y avait très peu de navires en partance. Et mon second mari, Gottfried Lessing, qui était allemand et communiste, avait demandé la nationalité britannique. Je ne pouvais divorcer sans compromettre ses chances de l'obtenir. J'ai demandé le divorce à la minute même où il est devenu anglais. Mais l'attente a été terrible.

  • Quelles ont été, avec le recul, les années les plus heureuses de votre vie ?
Doris Lessing  Ces années 1960 probablement. Nous avions tant souffert au cours de la décennie précédente. J'étais arrivée à Londres en 1949, complètement fauchée. La ville était grise, sombre, triste. Les murs n'avaient pas été repeints depuis la guerre. Il y avait des pâtés de maisons qui étaient encore par terre. Les enfants adoraient ça, d'ailleurs, parce que ça faisait de merveilleux terrains de jeux. Mais pour les parents... Les magasins fermaient à 17 heures, il fallait trouver une école. On a oublié tout ça, la dure vie des mères.
Et puis, en quelques années, la situation s'est retournée. A la fin des années 1950, le pays était sur pied, l'économie tournait à plein régime, il y avait des cafés dans les rues, des magasins mieux achalandés, des restaurants indiens, chinois, où les gens désargentés se retrouvaient. Tout allait mieux. Sauf peut-être en Allemagne. Je me souviens de paysages apocalyptiques. Des villes entières rasées. Le néant absolu.

  • Votre second mari, Gottfried Lessing, était un communiste actif, comme Johnny Lennox dans le livre. Vous-même avez cru en la révolution ?
Doris Lessing  Oui, j'y ai cru, comme tous les gens de ma génération. Nous étions fous. Le communisme était une aberration. Nous pensions sincèrement, même les plus intelligents d'entre nous, que l'injustice, le racisme et la pauvreté allaient être abolis dans les dix ans. Cette foi était, je crois, une manière d'oublier les horreurs de la guerre.
Je me souviens avoir été à Paris pour assister à une réunion du Parti. La personne qui m'a introduite, en 1951 ou 1952, était Tristan Tzara, le grand surréaliste, charmant homme au demeurant. Tzara m'a fait passer un interrogatoire, puis il m'a emmenée rive gauche où, avec un laissez-passer spécial, j'ai pu pénétrer dans la place. C'était comme la messe. Les gens chuchotaient, se regardaient en coin. Et de quoi parlaient-ils? De réunir de l'argent comme à une vente de charité. Les hommes portaient tous des vêtements militaires, tandis que les femmes, très élégantes, semblaient toutes sortir d'une soirée chic.

  • Vous êtes née dans l'ancienne Perse, l'Iran actuel, vous avez vécu en Rhodésie, aujourd'hui le Zimbabwe. Ce monde a disparu. Cela vous attriste ?
Doris Lessing  Je ne vis pas dans le passé. Ce qui m'attriste, c'est que le Zimbabwe, autrefois très prospère, est en ruine aujourd'hui. Les animaux ont été mangés parce que les gens avaient faim, les arbres abattus. Tous les Noirs qui peuvent partir du Zimbabwe s'en vont, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Canada. Un million d'entre eux se sont exilés en Afrique du Sud. Qui aurait pu prévoir une telle chose? Ce pays avait tout.
J'aurais juré de sa réussite si on m'avait demandé de parier sur la prospérité d'une nation. Tout cela à cause d'un seul idiot, Mugabe, et des gens corrompus qui l'entourent. La vérité, c'est que Mugabe est un pleutre. En 1982 ou 1983, il avait décrété que la classe dirigeante ne pourrait détenir plus d'une propriété. Ce qui n'a pas empêché la plupart d'entre eux de tout acheter, fermes, hôtels, tout le pays. Il les a laissé faire. Il a plié devant eux, et les a soudoyés. Comme l'armée qui le soutient. 

  • Vous vous tenez très au courant de l'actualité ?
Doris Lessing  Oui, c'est un besoin vital. Parfois je vais chez le marchand de journaux et je les achète tous.

  • Vous avez récemment critiqué Tony Blair en des termes très sévères. Pourquoi ?
Doris Lessing  Parce qu'il n'est pas à la hauteur du job. C'est un petit homme. Pourquoi avoir mordu à l'hameçon de cette guerre? Je pense qu'il n'est pas très brillant. C'est un enfant des années hippies. Il y a cette photo de lui avec des cheveux longs et un banjo, c'est à pleurer. Je ne pense pas qu'il ait jamais lu un livre. Le pire, c'est qu'il est amoureux des gens importants. Je pense qu'il a dû avoir un problème avec son papa.

  • L'Angleterre n'aurait pas dû participer à la guerre en Irak ?
Doris Lessing  Je ne le crois pas. Nous nous sommes débarrassés de Saddam, mais à quel prix! De même pour les talibans en Afghanistan. Nous savons sans doute libérer certains pays de leur dictateur, mais pas les administrer après. En réalité, Bush et Blair ne savent pas ce qu'ils font. Bush est chrétien, il va à la messe le dimanche, il pense que Dieu lui parle. Ce sont les individus les plus dangereux. Sa conscience est lavée de toute culpabilité quoi qu'il fasse. Il ne dira jamais: «J'ai fait une erreur.» Bévue après bévue, il n'y a pas un soupçon de regret dans sa voix. Et tout l'argent qu'il gaspille...

  • Que pensez-vous de l'hystérie «Harry Potter» ?
Doris Lessing  J'en suis ravie. Les enfants se remettent à lire, quel miracle! J'en ai parcouru moi-même un tome. Mais «Harry Potter» n'a pas été vraiment écrit pour moi, n'est-ce pas?

  • Quelles ont été vos plus grandes émotions de lectrice ?
Doris Lessing  J'avais une vingtaine d'années quand j'ai lu tous les Russes. J'ai découvert aussi Virginia Woolf, Proust et Stendhal, que j'adore. Lire était un moyen de fuir la cauchemardesque société rhodésienne. Si j'ai tant aimé Tolstoï et Dostoïevski, c'est d'ailleurs que la société prérévolutionnaire, en Russie, ressemblait étrangement à la société africaine sous domination blanche.
Les Blancs avaient une attitude sentimentale vis-à-vis des Noirs, qu'ils opprimaient en même temps. Mon père créditait toujours les Africains d'une sorte de sagesse paysanne essentielle, à tort selon moi. Or, dans «Anna Karénine», le personnage de Lévine pense aussi que les paysans ont une manière à eux, primitive, mystique, de comprendre la vie. Ce sont deux mondes très similaires. Et songez aux «Possédés», aux nihilistes de Dostoïevski. Tout est là, tout le terrorisme moderne.

  • Avez-vous le sentiment que la vie a passé trop vite ?
Doris Lessing  Oh oui ! J'ai l'impression d'avoir rangé il y a seulement quelques jours mes cartes de vœux de l'année dernière; et il faut les envoyer de nouveau. Quand on est enfant, les jours nous paraissent interminables. Puis tout s'accélère. Nous ne vivons pas le temps de la même manière quand nous vieillissons. Je n'arrive pas à le croire: nous sommes déjà lundi, mais nous venons d'être lundi !

  • Il y a quelque chose après la mort ?
Doris Lessing  Probablement un peu de notre esprit qui va quelque part. Un peu de l'essentiel de nous-mêmes, mais ne me demandez pas quoi. C'est dans toutes les religions. Il doit bien y avoir un fond de vérité. Le problème, c'est qu'aucun mort n'est jamais revenu pour discuter de la question.

  • Si votre esprit, après la mort, subsiste sous une forme quelconque, qu'est-ce qui lui manquera le plus de son passage ici ?
Doris Lessing  Toute l'intrigue de la vie. C'est ce qui me manquera. La bataille du bien et du mal. Et nul ne gagne jamais. Quelle pièce de théâtre ! Oui, cela me rendra nostalgique. Mais peut-être joue-t-on cette pièce aussi là-haut, qui sait ?


Propos recueillis par Didier Jacob
Source nouvelobs.com

Née en Perse en 1919, DORIS LESSING est morte ce 17 novembre 2013 à l'âge de 94 ans. Elle a grandi dans la brousse au sud de la Rhodésie. Enfance difficile. Elle part à 13 ans du pensionnat pour jeunes filles de Salisbury, et se jure de quitter le pays. Deux mariages, trois enfants. En 1949, elle s'installe en Grande-Bretagne. Elle est l'auteur de plusieurs dizaines de livres, dont "le Carnet d'or" et "Vaincue par la brousse". Lauréate de très nombreux prix, dont le prix Nobel 2007, elle a refusé d'être anoblie par la reine d'Angleterre.