mardi 31 janvier 2017

Art: Divers artistes-Berndnaut Smilde

Berndnaut Smilde 



L'artiste néerlandais Berndnaut Smilde est capable de créer un nuage dans une pièce. Intitulée "Nimbus", cette installation éphémère et délicate a déjà été déclinée dans différents lieux dédiés à l'art.
Berndnaut Smilde, artiste à l’origine de cette œuvre remarquée par le best of des meilleures inventions de l’année 2012 dressé par Time Tech, peut se targuer de savoir créer des nuages à l’intérieur des bâtiments. Un nimbus, pour être précis. La réalisation de cette prouesse technique et artistique est évidemment compliquée et requiert de respecter des conditions climatiques très précises. Maîtrise de la température, de l’humidité et de la luminosité de la pièce, chaque détail compte pour que la machine à fumée utilisée par Smilde accouche d'un nuage. Ce dernier a une durée de vie de quelques instants, juste le temps de l'immortaliser en photos. Le résultat est superbe, comme vous pouvez le voir dans cette petite sélection de clichés.







lundi 30 janvier 2017

Billets-François Hollande…La tirade d'un président normal

Nous allons pouvoir vérifier !


François Hollande…La tirade d'un président normal

Nous avons 5 ans pour vérifier !

« Je veux être un président qui d’abord respecte les Français, qui les considère. Un président qui ne veut pas être président de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien. »

  • Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée.
  • Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.
  • Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.
  • Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l'avis du Conseil supérieur de la magistrature n'a pas été dans ce sens.
  • Moi président de la République, je n'aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.
  • Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.
  • Moi président de la République, j'aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je le ferai réformer, de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m'expliquer devant un certain nombre d'instances.
  • Moi président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d'hommes.
  • Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts.
  • Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
  • Moi président de la République, je ferai un acte de décentralisation, parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d'un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
  • Moi président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats, et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation.
  • Moi président de la République, j'engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l'énergie, et il est légitime qu'il puisse y avoir sur ces questions là de grands débats citoyens.
  • Moi président de la République, j'introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas de 2012, mais celles de 2017, car je pense qu'il est bon que l'ensemble des sensibilités politiques soient représentées.
  • Moi président de la République, j'essaierai d'avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m'occuperai pas de tout et j'aurai toujours le souci de la proximité avec les Français. »

« J'avais évoqué une présidence normale. Rien n'est normal quand on est président de la République, puisque les conditions sont exceptionnelles, le monde traverse une crise majeure, en tout cas l'Europe. Il y a des conflits dans le monde, sur la planète, les enjeux de l'environnement, du réchauffement climatique : bien sûr que le président doit être à la hauteur de ces sujets là, mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre. »

Billets-Entretien avec Jeremy Rifkin

Photographe inconnu

“Sans empathie, nous sommes foutus”
Propos recueillis par Olivier Pascal-Moussellard (Télérama)
Face à la menace d'un désastre écologique, notre civilisation doit revoir son modèle. Pour le penseur, les conditions sont réunies pour un sursaut international. Encore faut-il que “Ies gens comprennent qu'une autre histoire est possible”…

D'habitude, les sociologues n'aiment pas jouer les prophètes. Pourtant, à force d'ausculter le présent, certains développent des intuitions sur ce que pourrait être le monde demain. C'est le cas de l'Américain Jeremy Rifkin une fois encore, dans son dernier ouvrage, Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Nous entrons dans « une civilisation de l'empathie », affirme l'auteur d'études remarquées, dans le passé, sur La Fin du travail et Le Siècle biotech. L'empathie, autrement dit l'« aptitude à éprouver comme sienne la difficile situation d'un autre », doit absolument être élargie à la totalité de notre biosphère, prévient l'auteur. La menace d'un désastre écologique, conjuguée avec l'explosion des réseaux sociaux et la montée d'une « génération du millénaire » plus tolérante, plus cosmopolite et moins consommatrice que ses parents, force notre civilisation à revoir son modèle. Elle a d'ailleurs commencé sa mue : du tsunami en Asie du Sud-Est aux nouvelles formes de management « à l'horizontale » (qui privilégie le partage de l'autorité et le travail en réseaux), du partage tous azimuts de l'intimité sur la Toile aux dernières découvertes sur la psychologie du nourrisson, mille signes nous avertissent, se réjouit Rifkin, que l'empathie a commencé à adoucir le monde. On est, à dire vrai, en droit d'en douter. Et même de ne pas être entièrement convaincu par un ouvrage qui alterne les intuitions fulgurantes et quelques pensées... vertueuses. N'empêche : Rifkin propose une direction, là où d'autres se contentent d'un état des lieux. Entretien avec ce guetteur inquiet, mais plein d'espoir.

Comment en êtes-vous arrivé à penser l'empathie comme un moteur de civilisation ?
Jeremy Rifkin: La façon dont on définit la nature humaine a des conséquences sur le type d'institutions et la forme de civilisation que nous choisissons. A l'époque féodale, c'est l'Eglise qui avait le dernier mot : l'homme naissait pécheur, il ne pouvait espérer le salut que dans l'autre monde. Les philosophes modernes, à l'orée de la révolution industrielle, ont dépassé ce point de vue. L'être humain, nous expliquent Locke, Condorcet et d'autres, est une espèce agressive, voire prédatrice : il cherche l'autonomie et le plaisir, il a une vision utilitaire de la nature. Les modèles politiques ou éducatifs, les lois et l'enseignement de leur époque s'en ressentent. Et aujourd'hui ? J'ai la conviction que si nous poursuivons sur cette lancée, si nous restons agressifs et prédateurs les uns avec les autres et avec la nature, alors nous sommes fichus. Comment plus de six milliards d'individus pourraient-ils vivre ensemble, en effet, sans détruire leur biosphère ?

Vous prônez un changement de regard sur la nature humaine ?
La façon dont l'homme a été décrit depuis deux cents ans est toxi­que. Les découvertes de la biogénétique, depuis quinze ans, montrent que la capacité - innée ! - des êtres humains à ressentir de l'empathie les uns pour les autres est au moins aussi forte que leur agressivité. Et cette faculté se développe avec la connaissance de soi : plus une personne développe son « moi », plus elle devient sociable. A 2 ans, un enfant est capable de se reconnaître dans un miroir. A 8 ans, il comprend le phénomène de la naissance et de la mort, découvre que la vie est précieuse et fragile, et qu'à la fin on meurt. Cette découverte est une étape fondamentale dans sa maturité - elle lui montre que chacun est unique, comme lui - et lui permet de développer son empathie. Cette capacité à se mettre « à la place de » nous semble peut-être une évidence, mais elle est la base même de notre civilisation : nous sommes l'espèce la plus sociable de la terre, et cela a des conséquences extrêmement importantes sur notre façon de vivre ensemble.

L'histoire du monde serait donc, en partie, l'histoire du développement de l'empathie ?
Quand j'ai commencé mes recherches sur le sujet, il y a sept ans, je me suis posé une question : est-ce que notre conscience humaine a changé à travers l'histoire ? Ce que les historiens nous en disent ne m'a pas tellement aidé. Car les livres d'histoire sont remplis de guerres, de luttes et de catastrophes ; pour une raison bien simple, c'est qu'elles retiennent notre attention. Je crois, et c'est la thèse principale de mon livre, que les consciences changent quand se produisent, conjointement, une révolution de la production d'énergie et une révolution des communications. Les nouvelles sources d'énergie nous permettent de modifier notre environnement social - de passer du village à la vie urbaine, par exemple - et de rendre celui-ci plus vaste et plus complexe. Mais cette nouvelle organisation exige des capacités de communication à la hauteur. Quand les deux se combinent, c'est bien tout notre rapport à l'espace et au temps qui change, notre modèle de civilisation. Et notre empathie qui s'élargit.

Par exemple ?
Prenez le temps des cueilleurs et des chasseurs. La principale source d'énergie dont dispose l'homme est alors son corps. Le langage est fruste, on ne communique qu'avec ses proches, la sociabilité ne dépasse pas les membres de la famille ou de la tribu. Avec les premières grandes civilisations hydrauliques - notamment les Sumériens -, qui maîtrisent l'irrigation et développent des systèmes d'agriculture centralisés et complexes, la vie urbaine et l'échange d'argent apparaissent. Une première révolution énergétique a eu lieu : la capacité à stocker le grain. Mais cette civilisation plus complexe exige une forme de communication plus élaborée que la simple parole : c'est le début de l'écriture cunéiforme. Que ce soit au Mexique, au Moyen-Orient ou en Chine, toutes les civilisations hydrauliques ont vu apparaître l'écriture. Et vu l'empathie gravir un nouvel échelon : grâce au grain stocké, les gens gagnaient en autonomie, ce qui leur permettait de développer des relations avec des « familles » de plus en plus larges, bien au-delà des liens du sang. Sautons encore quelques siècles jusqu'à la révolution industrielle : grâce à la vapeur, les communications s'accélèrent, l'impression de livres devient bon marché, la pensée se répand, on partage l'information et on change une fois de plus de « civilisation ». C'est le temps de la conscience « idéologique » des Lumières : l'empathie s'est élargie à une nouvelle famille fictionnelle appelée... l'Etat-nation. Et sur un territoire où l'on parle plus de deux cents langues apparaissent soudain « la France » et « les Français » unis par une histoire commune... quelque peu fictionnelle elle aussi, car fondée sur un récit autant légendaire qu'avéré.

Et au XXe siècle ?
On observe une nouvelle rencontre entre, d'un côté, la révolution électrique et pétrolière et, de l'autre, le téléphone. La famille humaine lointaine devient soudain accessible, le voyage se généralise, ainsi que la conversation d'un bout à l'autre du monde. Du coup, la question devient pour nous la suivante : pouvons-nous imaginer - espérer même - étendre encore cette empathie ? Qu'elle atteigne toute l'humanité et même, au-delà, l'ensemble des espèces et la biosphère qui nous accueille, menacée par le réchauffement climatique ? Je crois que nous le pouvons. Et je suis aussi persuadé que, si nous n'y parvenons pas, nous sommes foutus, notre espèce est condamnée.

Vous prônez une nouvelle révolution énergétique, avec la sortie du modèle actuel, fondé sur les énergies fossiles, et l'entrée dans un nouveau système qui permettra à chacun de produire à bas coût sa propre énergie. Au même moment, la révolution des communications, avec Internet, est déjà en train de nous faire basculer dans un nouveau modèle de civilisation fondé sur une plus grande empathie. Mais l'actualité politique, économique et sociale violente qui nous entoure ne réduit-elle pas vos espoirs à des vœux pieux ?
Le débat reste ouvert. Mais je cons­tate que, parmi les pdg de grands groupes et les chefs d'Etat que je con­seille, et les étudiants en business à qui j'enseigne, beaucoup sont cons­cients de la nécessité de changer de modèle. Evidemment, quand un ancien système de communication et d'énergie atteint son apogée et se sent menacé, certains de ses dirigeants prennent peur. Or nous entrons dans une nouvelle ère, dans laquelle une production d'énergie différente, organisée en réseaux, va devoir s'imposer : des centaines de millions de petites entités produiront et partageront bientôt l'énergie comme on produit et partage l'information sur Internet. Les gros producteurs devront s'y faire, comme les producteurs de musique n'ont pas su le faire, puisqu'ils ont essayé de freiner l'échange de fichiers musicaux entre internautes par la loi et ont échoué. La résistance sera peut-être rude, mais la nouvelle convergence entre les formes d'énergie et de communication - ce que j'appelle dans mon livre la « troisième révolution industrielle » - se fera. C'est à ce prix que nous sauverons notre espèce.

La « génération du millénaire », les 15-25 ans d'aujourd'hui, est l'avant-garde de ce combat ?
Elle bouscule en tout cas toutes les « autorités » en matière d'énergie et de communication. Combien de parents ont vu revenir leurs enfants de l'école avec des questions qui fâchent : ta voiture, elle ne consomme pas trop ? Pourquoi ne fait-on pas le tri sélectif ? Notre mode de vie ne pollue-t-il pas trop ? Cette génération s'interroge sur la facture carbone, ne souhaite plus forcément s'enrichir ni avoir du pouvoir pour le pouvoir, elle veut une vie plus harmonieuse, moins nocive pour la planète. Elle nous bouscule !

Vous dites que l'extraordinaire extension de l'empathie humaine grâce aux réseaux sociaux devrait nous donner espoir. Mais cette émotion planétaire n'est-elle pas plus spectaculaire que profonde ?
La révolution de l'Internet a con­necté le système nerveux central de deux milliards de personnes. En quelques secondes, grâce à Facebook ou Twitter, des jeunes du monde entier ont été touchés dans leur cham­bre par le tremblement de terre en Haïti ou le tsunami japonais. Mais cette empathie est-elle réelle ? J'ai senti que la solidarité était réelle lorsqu'une jeune Iranienne, Neda, a été tuée dans les manifestations qui ont suivi les élections dans son pays. Quelques heures après sa mort, grâce à YouTube, le monde entier connaissait son histoire et pouvait s'identifier à elle. C'est cela, l'empathie mondiale. Mais je reconnais qu'Internet peut réduire, autant qu'augmenter, la capacité d'attention de chacun : c'est une source ininterrompue de stimulation mais aussi de dispersion, et l'empathie a besoin de profondeur et d'attention.

Vous parlez de révolution, mais le « politique », au sens traditionnel du terme, est étrangement absent de votre livre. Vous misez plus sur la bonne volonté que sur le rapport de force ?
Le politique est présent dans ce projet, mais sous une autre forme. Nous travaillons en ce moment avec plus de cent vingt sociétés et des grandes villes comme Rome pour faire en sorte que cette troisième révolution industrielle voie le jour. L'ancienne politique est idéologique : elle correspond au modèle de gestion de la révolution industrielle du XIXe et du XXe siècle - avec sa distribution d'énergie et d'information organisée de façon verticale, centralisée et hiérarchisée -, et se traduit par le combat gauche-droite. La génération du millénaire, elle, ne parle jamais d'idéologie ! Quand on lui soumet un projet, elle sort son artillerie de questions : votre projet est-il collaboratif, « open source », transparent et « non-excluant » ? Si oui, parfait. Sinon, passez votre chemin. Le mouvement est déjà en marche pour une collaboration « latérale », façon Wikipédia, et sa puissance est potentiellement énorme. Du côté des producteurs d'énergie, certains ont compris le message : ils savent que leur business, à l'avenir, ne sera pas de vendre des électrons à leurs clients, mais d'expliquer à ces derniers comment ils peuvent dépenser moins d'énergie. Et ils se lient déjà à des associations de consommateurs...

Combien de temps avons-nous pour lancer cette « révolution » des consciences ?
C'est aux experts du réchauffement qu'il faut poser la question. 2014 semble être une année charnière : il faudra avoir lancé la révolution à ce moment-là pour inverser la tendance. Et quand on sait qu'il nous a fallu sept mois pour échafauder un plan « énergie » pour la seule ville de Rome, on mesure l'ampleur du défi...

Selon vous, qu'est-ce qui peut faire déclic ?
La clé, c'est l'histoire qu'on raconte aux nouvelles générations. Il faut que les gens comprennent qu'une autre histoire est possible que celle qu'on leur a racontée jusqu'ici. Et c'est possible ! Nous avons développé le système politique, économique et culturel des Lumières en cinquante ans, entre la Révolution française et la première révolution industrielle. Pourquoi est-ce que ça nous prendrait plus de temps cette fois ?

Billets-La crise vue par Pierre-Cyrille Hautcoeur



La crise vue par un historien...

“Face aux excès de la finance, il faut construire un véritable espace politique européen"


Propos recueillis par Olivier Pascal-Moussellard (Télérama)
L'Europe politique serait au bord de l'explosion, dynamitée par les problèmes financiers ? Pas si vite, répond Pierre-­Cyrille Hautcœur, directeur d'études à l'Ehess : l'histoire ancienne montre que l'affrontement entre les milieux financiers et les Etats ne date pas d'hier. Et nous donne des raisons d'y croire.


« La crise actuelle peut être éclairée par certaines expériences de construction étatique. Ainsi, dans la France (et l'Espagne) de la Renaissance et des débuts de l'époque moderne (XVIe et XVIIe siècles), les villes et les grands féodaux formaient des entités politiques puissantes très autonomes par rapport aux rois. Si elles ne peuvent plus battre leurs propres monnaies, puisque les rois de France ont centralisé la frappe dès le XIIIe siècle, elles sont des puissances financières : revenus indépendants, capacité d'endettement, au point que les rois ont parfois besoin de leur aval pour s'endetter eux-mêmes. Il n'y a donc pas d'unité nationale en termes de finances publiques, ou plutôt c'est une œuvre de longue haleine (à laquelle contribuent beaucoup Colbert et Louis XIV), qui repose d'abord sur l'extinction des velléités de guerre entre les féodaux ou entre eux et le roi.

« L'analogie avec l'Europe actuelle est grande : des féodaux plutôt impuissants individuellement (les Etats) ont renoncé à certains de leurs pouvoirs, soit au profit de l'Union, soit au profit du monde de la finance via la dérégulation. Ils ont encore le pouvoir de détruire l'Union, pas celui de mettre en œuvre un projet alternatif efficace. Il n'est donc pas impossible que l'on entre dans une longue période d'hésitation, mais très improbable que l'on détruise l'Union ou l'euro.

« La comparaison avec le krach de 1929 ne me paraît en revanche pas juste. Certes, en 1931, une crise bancaire terrible se produit en Autriche et provoque un effondrement des ­finances publiques, qui se répercute sur l'Allemagne. Les Allemands font alors défaut sur leur dette, et une ­série de crises financières conduit aux dévaluations successives de toutes les monnaies et à la montée des protectionnismes. Mais on n'est pas dans un espace comme l'Union européenne : plutôt dans des conflits interétatiques politiques anciens, dont les participants vont jusqu'à ­sacrifier leurs intérêts plutôt que de ­favoriser le voisin. Aujourd'hui, il n'y a pas de revanche militaire à prendre ; l'interdépendance est pleinement comprise, et l'agressivité entre Etats européens reste modérée.

« Une crise politique majeure pourrait certes résulter d'un blocage du système financier. Mais il est très ­improbable : il faudrait qu'un certain nombre d'Etats fassent vraiment ­défaut (cessent de payer leur dette), ce qui rendrait leurs banques insolvables et illiquides et pourrait bloquer leurs systèmes de paiement : plus aucun chèque n'est encaissé, aucun virement n'est fait, ­l'économie s'arrête. Ce scénario radical n'arrivera pas : si l'on a retenu une chose de la crise des années 1930, en effet, c'est que les banques centrales doivent assurer dans tous les cas la liquidité bancaire – ce qu'elles ont fait aux Etats-Unis en 2008.

« Le reste n'est qu'affaire de redistribution : des gens vont perdre de l'argent – ceux qui détiennent de la dette d'un pays qui fait défaut ; d'autres en gagner : ceux qui, parce que leur pays a fait défaut, n'ont plus à payer les impôts qui devaient assurer le remboursement de la dette. Mais quand on est membre d'une union politique, on essaie d'éviter que certains perdent tout et que d'autres gagnent beaucoup : on fait des compromis. C'est ce que les ­gouvernements négocient actuellement. Et même si la Grèce, le Portugal et l'Irlande refusaient totalement de payer leur dette – chose impensable –, les pertes occasionnées resteraient inférieures aux fonds propres des banques européennes. Les seules banques insolvables seraient celles de ces pays, qui devraient être restructurées, nationalisées et revendues. Les autres banques de la zone euro subiraient certes de grosses pertes, mais elles ont la capacité de les absorber.

« Dans un système démocratique, il est peu réaliste de penser qu'une région, parce qu'elle est plus riche que les autres, va durablement payer plus que sa part des dépenses communes. Ne nous étonnons pas de voir les Allemands dire : « On n'est pas des vaches à lait ! » L'Histoire nous vient encore en aide : sous l'Ancien Régime, la France s'est agrandie en annexant des territoires dont l'intégration était facilitée par des privilèges fiscaux. Alors que le cœur du royaume avait un système fiscal unifié (les « cinq grandes fermes »), les autres régions (les pays d'états) avaient chacune leurs spécificités et privilèges. Le maintien de ces particularités est vite apparu injuste, et la Révolution française est, en partie, une rébellion du centre, qui décide de réunifier le pays au cordeau, en supprimant les anciennes provinces et en créant des départements sur une base purement géographique et égalitaire.

« L'Union européenne doit donc cesser de compter sur un pays pour payer les factures. Elle doit négocier des compromis non entre pays mais entre groupes sociaux et politiques. En ce sens, Mme Merkel donne le bon exemple en proposant de faire payer en partie les créanciers ou les banques : d'une part c'est sans doute la bonne solution, mais surtout elle parle de groupes d'intérêt, non de pays. Malheureusement, la société civile européenne est peu ­organisée à l'échelle du continent : les partis politiques ne sont pas européens, et les élections ne sont pas synchronisées, ce qui serait la condition de l'émergence d'un débat politique européen.

« Forcément, les tensions sociales augmentent avec les tensions financières : qui va payer ? Les jeunes se plaignent d'être massivement au chômage pendant que les retraités font des croisières autour de la Méditerranée. Ils se sentent victimes et non responsables de la crise et revendiquent plus de formation ou de rémunération du travail ; les retraités les trouvent trop gourmands, tout en se rendant compte qu'il faut des jeunes au travail pour payer leurs retraites et les dépenses maladie ! Mais la tension principale n'est sans doute pas entre générations. Les classes moyennes acceptent mal que trente ans de politique libérale aient conduit partout à un accroissement des hauts revenus... mais non des leurs.

« Quant à la méfiance grandissante vis-à-vis des systèmes financiers, elle aussi responsable de la montée des populismes, elle est en partie justifiée : la finance est l'activité qui s'est le plus mondialisée ces dernières années, qui a le plus bénéficié de la mondialisation... et qui échappe le plus au contrôle des Etats et à l'impôt. Plus grave, elle exige des biens publics son propre salut en cas de crise, mais refuse de les financer ! A Bruxelles, Paris ou Washington, les instances de régulation financière peinent à imposer leurs décisions, parce que les circuits financiers sont trop rapides et aptes à les contourner. D'où la nécessité de ralentir la circulation financière et de la contrôler pour redonner aux politiques une autonomie par rapport aux marchés.

« Cette tension entre “princes” et “marchands” n'est pas nouvelle : depuis le Moyen Age, les princes essaient de contrôler la monnaie et la finance, et les marchands de se mettre à l'abri de toute régulation étatique : ils construisent des entités politiques fictives (Monaco, Jersey, Luxembourg) sur lesquelles ils s'appuient pour être indépendants, rôle qu'ont joué pendant des siècles les Républiques italiennes contrôlées par les multinationales financières de l'époque (les Médicis, par exemple). L'histoire est faite de mouvements de balancier favorisant un pouvoir ou l'autre, l'alternance montrant qu'ils sont complémentaires et interdépendants. Aujourd'hui, l'excès de libéralisation financière empêche les États de fonctionner. La construction d'un véritable espace politique européen débouchant sur un vrai pouvoir financier fédéral est la seule solution à ces ­difficultés. Elle progresse, mais elle doit être accélérée, renforcée et démocratisée. »



Billets-Pénelope Fillon : 8 autres fois où François Fillon a joué au Dalton avec l'argent du contribuable


Pénelope Fillon : 8 autres fois où François Fillon a joué au Dalton avec l'argent du contribuable

François Fillon, qui est pour l'instant toujours le candidat de la droite à la présidentielle, est accusé ce matin dans Le Canard d'avoir rémunéré sa femme à hauteur d'un demi-millions d'euros comme attachée parlementaire, alors que même son équipe n'était pas au courant. Emploi fictif ? De toute façon, comment oublier sa gestion catastrophique de l'argent public durant toute la période où il était le Premier ministre de Nicolas Sarkozy ? Petit retour en arrière.
1. Il a fait tripler la taille de son appartement de fonction aux frais du contribuable
François Fillon, lorsqu'il était Premier ministre de 2007 à 2012, était obnubilé par les déficits publics et les dépenses de l'Etat. Sauf que dans son édition du 3 juin 2009, le Canard Enchaîné avait révelé qu'il a agrandi son appartement de fonction pour loger son épouse et trois de ses enfants. De 78m² du temps de Raffarin, l'appartement du Premier ministre est ainsi passé à 309 m² dont 213 m² pour la partie privative.
2. Fillon partait week-end à Marrakech avec un Falcon 50 aux frais de l'Etat
En mai 2009, Fillon part en week-end privé à Marrakech avec un Falcon 50. Au Canard enchaîné, ses conseillers justifient l'utilisation de cet avion en expliquant qu'en tant que Premier ministre, il pouvait être susceptible de rentrer en France à tout moment. Matignon avait précisé que Fillon et ses proches allaient rembourser leur billet au tarif d'un vol commercial. Sauf qu'"au regard du tarif de l'heure de vol en Falcon 50 ou de son immobilisation sur un aéroport, l'Etec [l'escadron gouvernemental] facture l'heure 2601 euros. Soit, pour un week-end de trois jours : 182 272 euros". Aucune preuve du paiement du billet d'avion par l'ex-Premier ministre n'a de toute façon été publiée.
3. Quand Fillon inaugure une nouvelle ligne TGV ... en le survolant avec son jet
Même Nicolas Sarkozy a dû avoir du mal à croire l'exploit de son Premier ministre, en 2007. Pour l'inauguration officielle du TGV-Est, François Fillon s'est  déplacé ... en jet. Logique, pour promouvoir la rapidité du TGV Est.
Le Canard Enchaîné, dans son édition du mercredi 13 juin 2007, révèle l'information. Le 9 juin 2007, le Premier ministre se rend à l'inauguration officielle du TGV-Est qui doit relier Paris à Strasbourg en 2h20. A l'heure du départ, à 7h36 à la gare de l'Est, les journalistes qui couvrent l'événement apprennent le Premier ministre est déjà monté dans la voiture 11 du TGV pour travailler mais qu'il rejoindra les journalistes à l'arrivée du train.
Le convoi officiel arrive finalement avec 26 minutes de retard, tout simplement parce que le TGV a fait un arrêt imprévu en gare de Nancy-Metz, le temps qu'il a fallu pour faire monter dans le TGV François Fillon. Ce dernier n'était en réalité pas du tout dans la voiture 11 du train mais avait préféré faire l'essentiel du parcours à bord d'un jet, un Falcon. La supercherie est alors divulguée à la presse par la SNCF.
Le train trop prolétaire pour François Fillon ?
4. Les week-ends de Fillon en Falcon 7X coûtaient 1,3 million d'euros par an à l'Etat
C'est le magazine Capital du mois de décembre 2011 qui avait sorti l'information : "chaque week-end du Premier ministre dans son château de Solesmes (Sarthe) revient à 30 000 euros pour le contribuable". Comment expliquer un tel coût en pleine crise économique ? Selon le magazine, François Fillon utilisait un Falcon 7X pour parcourir les 230 kilomètres qui séparent Matignon et son domicile dans la Sarthe.
Une heure de vol à bord d'un Falcon revient à environ 7 800 euros, sans compter le cortège de voitures officielles qui attendait le Premier ministre à sa descente, "les retours au bercail du chef du gouvernement coûtent 1,3 million d'euros par an... alors qu'il irait plus vite en prenant le train", dénonçait Capital.
5. Il a fait payer ses employés par d'autres ministères pour faire croire qu'il avait baissé ses dépenses
L'ancien Premier ministre avait affirmé avoir baissé les dépenses de fonctionnement de Matignon. En réalité, les frais de personnels, dont les voyages, étaient assurés par d'autres administrations... Un certain sens de la transparence (Le Canard Enchaîné n°4623, 3 juin 2009)
Au 1er janvier 2008, 40 des 62 membres du cabinet de François Fillon étaient payés par des administrations extérieures : leurs salaires n'entrent donc pas dans le budget de Matignon, que le Premier ministre se vantait pourtant d'avoir diminué.
François Fillon a présenté un "budget de crise" pour 2008 sauf qu'en réalité, le nombre de fonctionnaires dont le salaire est pris en charge par des institutions extérieures a augmenté. Au 1er juillet 2008, 49 des 70 membres du cabinet ne sont pas payés par le budget de Matignon (contre 40/62 six mois plus tôt). Même constat pour les fonctionnaires en service à l'Hôtel de Matignon : 230 étaient rémunérés par d'autres (contre 185 six mois plus tôt).
6. Il a passé Noël avec le dictateur Moubarak aux frais des contribuables
En décembre 2010, François Fillon passe le réveillon en Egypte, chez le dictateur Moubarak. Pour y aller, il fait le voyage à bord d'un Falcon 900 dont l'heure de vol est facturée ... 9 400 euros. Comme en mai 2009, Matignon avait indiqué que le Premier ministre avait remboursé son billet au tarif d'un vol commercial, sans dire que l'Etat avait pris en charge "le prix du stationnement sur le tarmac d'Assouan, plus l'entretien et le séjour de tout l'équipage. Car l'avion est resté immobilisé pendant dix jours, et tout ce petit monde, remarqué par d'autres visiteurs pour sa bonne humeur, était logé non loin de la famille Fillon, à l'hôtel cinq étoiles Pyramisa", indiquait le Canard enchaîné.
7. L'Etat assure pour 86 000 € le train de vie Fillon, y compris l'essence de sa voiture
François Fillon est un ancien Premier ministre, à ce titre, il bénéficie de la prise en charge par l'Etat du coût d'une voiture de fonction, le salaire d'un chauffeur et celui d'un assistant. Pour l'année 2014, l'Etat a dépensé 54 717 euros pour rémunérer un assistant, 12 167 euros pour un chauffeur. Quant au frais d'entretien de sa voiture de fonction, l'Etat a déboursé 4 452 euros en 2014, ainsi que 14 263 euros de carburant et 541 euros pour l'assurance.
Au total, François Fillon a donc bénéficié d'une dotation publique de 86 140 euros... pour avoir été Premier ministre entre 2007 et 2012. Sachant qu'il bénéficie d'une indemnité de député, de frais de représentation et d'une enveloppe pour rémunérer ses collaborateurs parlementaires.
8. Pour une simple inauguration, sa femme utilise un Falcon à 10 000 € le trajet aux frais de l'Etat
Mercredi 7 mars 2009, la femme de François Fillon, qui est alors Premier ministre, se rend à Roscoff pour le baptême d'un navire de la flottille des Britanny Ferries qui fait le lien entre la France et l'Angleterre. Le service de communication de Matignon précise alors que Pénélope Fillon "représente son mari à l'inauguration."
L'histoire prend une tournure polémique quand l'information selon laquelle elle s'y est rendue aux frais du contribuable en Falcon 50, pour un trajet d'environ 10 000 euros, au cœur de la crise économique.
La femme du Premier ministre ne devait pas être à 3 heures près : "Elle aurait pu monter dans un train, environ 130 euros l'aller-retour, (...) Paris-Morlaix, soit 3h42" souligne alors Le Canard.

Source le100.fr

Billets-La presse étrangère consternée que Fillon n'abandonne pas sa campagne: "La fraude est habituelle dans ce pays !"


La presse étrangère consternée que Fillon n'abandonne pas sa campagne: "La fraude est habituelle dans ce pays !"

Vu de la Grande-Bretagne, il n'est pas surprenant que François Fillon n'ait pas arrêté sa campagne présidentielle - "la fraude est une affaire d'habitude dans la politique française" écrit même "The Independant". 
Le journal britannique souligne d'entrée de jeu qu'alors que les députés britanniques sont "occupés à faire baisser au maximum leurs dépenses, les Français n'ont même pas à produire de reçus. Au lieu de cela, ils reçoivent entre 80 000 et 100 000 euros par an sans qu'on leur pose aucune question."
"The Independant" ne joue pas de tendresse non plus avec la défense du candidat de la droite : "Il y avait quelque chose de surréaliste quand François Fillon a défendu la carrière mystérieuse de son épouse Penelope en direct à la télévision cette semaine. Il a quand même escroqué plus de 500.000 euros en prétendant que sa femme l'avait aidé comme attachée parlementaire..."
"Il a dit sur TF1 que sa femme avait en fait travaillé secrètement en tirant un salaire de 7,900 euros par mois - plus de trois fois et demi le salaire moyen en France..."
Dans toutes ses entrevues, Penelope Fillon n'a jamais mentionné un emploi à temps plein. Au lieu de cela, elle se décrivait comme une femme au foyer toujours plus heureuse de s'occuper de ses cinq enfants, chiens et chevaux au château familial.
"La vérité est que ce genre de scandale est tout à fait normal en France"
"De telles contradictions ont conduit l'équipe Fillon a sortir des excuses comiques, y compris que Mme Fillon avait 'toujours travaillé dans l'ombre' - comme si elle était une sorte d'agent secret, plutôt qu'un assistant personnel de haut niveau"
"Une deuxième allégation affirme que Mme Fillon a reçu 100 000 euros pour écrire deux critiques de livres pour un magazine culturel appartenant à un milliardaire ami de son mari. Tout cela pendant que M. Fillon - qui aime se présenter comme un réformateur radical moralement irréprochable dans le modèle de Margaret Thatcher - a été le champion des réductions massives d'emploi de fonction publique pour abaisser des dépenses de gouvernement."
Maintenant que les Fillon font l'objet d'une enquête par des procureurs financiers, il serait approprié de les voir se retirer temporairement de la vie publique, souligne "The Independent".
"Au lieu de cela, M. Fillon a tweeté aussi frénétiquement que Donald Trump, arguant qu'il n'y a 'pas le moindre doute' que sa femme ait travaillé pour lui. Au-delà de ses contradictions, il a également menacé de poursuivre 'Canard Enchaîné', le très respecté hebdomadaire d'investigation qui a sorti l'information."
"La vérité est que ce genre de scandale est tout à fait normal en France. C'est aussi une des principales raisons pour lesquelles sa classe politique est si inefficace."
"La facilité avec laquelle les représentants élus peuvent ignorer des accusations bien documentées selon lesquelles ils remplissent leurs poches de fonds publics n'a rien de fantastique en France." - "The Independent"



Source le100.fr

Billets-Bercy : Quand Macron dépensait 120 000 euros en 8 mois pour ses repas en bonne compagnie


Bercy : Quand Macron dépensait 120 000 euros en 8 mois pour ses repas en bonne compagnie
Le ministère de l'Économie et des Finances est l'un des plus puissants de la République, mais aussi l'un des plus secrets. Pendant deux ans, les auteurs sont partis en exploration dans ses 42 kilomètres de couloirs austères. Nourri d'une soixantaine d'entretiens confidentiels, leur livre révèle pour la première fois les coulisses de cette forteresse. Ils ont interrogé ministres, anciens ministres, hauts-fonctionnaires, acteurs de l'économie réelle et lobbyistes. Qui gouverne vraiment ? Le ministre, l'administration, l'Europe ou les lobbys ? Ils ont assisté à la genèse tourmentée de l'imposition à la source et révèlent celle, avortée, de la privatisation de la Française des jeux, bloquée par un seul fonctionnaire. Ils ont cherché la marge de manouvre réelle dont disposent les ministres face à une Europe tatillonne. Ils ont recueilli les récits des rivalités, des conflits, des ambitions et des petits (ou gros) arrangements fiscaux, tel cet écrivain célèbre souhaitant faire exonérer les dons à son amie et qui a obtenu que son dossier soit examiné directement par les conseillers du ministre.
Les conseillers du ministre se sont rassemblés une dernière fois. Une écrasante majorité d’hommes, dont quelques-uns, pour l’occasion, ont fait tomber la cravate. Au septième étage de l’hôtel des ministres, dans le salon Michel-Debré, ils devisent à voix basse. La vaste salle toute en boiseries accueille les grandes conférences de presse du ministère. Ce 30 août 2016, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, y annonce officiellement sa démission du gouvernement. Face à lui, sur un mur, une tapisserie des Gobelins qui a demandé dix ans de travail.
Le jeune ex-ministre, lui, est resté moins de deux ans dans les murs. Le temps de façonner sa cote de popularité, de renforcer ses réseaux, d’acquérir l’expérience de l’État, bref, de préparer l’offensive, dans le confort d’un ministère puissant. « Je souhaite aujourd’hui entamer une nouvelle étape de mon combat […]. Je suis déterminé à tout faire pour que nos valeurs, nos idées, notre action, puissent transformer la France dès l’année prochaine », lance le jeune loup devant les journalistes, avant de s’éclipser par une porte dérobée, au fond de la salle. Cette porte conduit à un ascenseur secret, qui permet au ministre de descendre dans ses appartements. Mais Emmanuel Macron a utilisé Bercy pour s’élever. Comme beaucoup avant lui, il en a fait une rampe de lancement pour sa carrière politique. « La dernière année, il a levé le pied (Entretien avec les auteurs, le 27 septembre 2016.) », soupire devant nous Michel Sapin, le ministre des Finances.
Emmanuel Macron recevait à tour de bras les personnalités influentes dans son bureau du troisième étage. Y compris des hiérarques religieux, des philosophes, des responsables associatifs, tous estimables, mais qui n’avaient pas grand-chose à voir avec les attributions officielles du ministre, économie, industrie et numérique. Exemple : le politologue Stéphane Rozès, consulté pendant deux heures un samedi matin, pour évoquer « l’imaginaire politique des Français ». À Bercy, Emmanuel Macron réunit également son « groupe informel », comme le raconte le journaliste Marc Endeweld : « L ’écrivain et ancien conseiller de François Mitterrand, Erik Orsenna, ancien membre de la commission Attali, en fait partie, tout comme le journaliste des Échos, Éric Le Boucher, […] ou le philosophe Olivier Mongin, de la revue Esprit, ou bien encore le communicant Gilles Finchelstein, qui détaille des enquêtes d’opinion réalisées pour l’occasion (Marc Endeweld, L’Ambigu Monsieur Macron, Flammarion, 2015, p. 316.)… » « Il multipliait les dîners, parfois deux par soir », raconte un autre membre du gouvernement installé à Bercy. Selon nos informations, en 2016, Emmanuel Macron a utilisé à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère par le Budget. En seulement huit mois, jusqu’à sa démission en août. « S ’il était resté, on ne sait pas comment il aurait fini l’année », observe une source administrative. L’enveloppe annuelle des frais de représentation du ministère de l’Économie dépasse cent cinquante mille euros, soit au moins cent vingt mille euros utilisés en huit mois par le jeune ministre pour ses seuls déjeuners et dîners en bonne compagnie. « Pourtant, ici, il y a de quoi s’occuper. Le matin et le soir ! » s’indigne Michel Sapin. Il a eu vent de ces repas par les huissiers et les chauffeurs de Bercy. Dans les murs du ministère, Emmanuel Macron a aussi reçu des centaines d’« amis » Facebook. Par deux fois, il a organisé avec eux des soirées de discussion, dans le centre de conférences Pierre-Mendès-France, au cœur de Bercy. « Je ne suis pas un pro de la politique. J’ai ma trajectoire, expliquait alors le ministre à ses convives. Mais, j’ai toujours une frustration de ne pouvoir voir assez de gens normaux.
A posteriori, ces rendez-vous ressemblent davantage à un pré-meeting électoral qu’à une réunion Tupperware sur l’économie ou la compétitivité. Autant de signaux d’alerte. Après coup, Michel Sapin se reproche sa naïveté : « Avec Macron, nous avions une relation très simple, très fluide. C’est un esprit alerte, très léger, pas lourdingue. Je m’en veux de n’avoir pas vu assez vite qu’il avait une ambition cachée. Ce qu’il a fait, vis-à- vis du président, c’est une trahison, nous lâche-t-il peu après le départ d’Emmanuel Macron.
» Les autres locataires de Bercy ne se montrent pas plus tendres avec ce curieux trentenaire, ministre le jour, animateur de réseau le soir, puis dirigeant de son mouvement « E n Marche » le week-end, à partir d’avril 2016. « Je ne sais pas comment il trouve le temps de gérer un mouvement politique, grogne Christian Eckert, dans son bureau de style Empire. Moi je n’ai même plus le temps d’aller à la pêche, aux champignons, au cinéma, ni au théâtre ! On a un boulot à faire pour les gens, c’est vraiment engageant (Entretien avec les auteurs, le 1er juin 2016). » Il arrive que le président de la République lui-même, sentant son chouchou prêt à s’émanciper, se joigne aux critiques de ses ministres. Off the record, bien sûr. En mai 2016, lors d’un déjeuner avec quelques journalistes, le chef de l’État compare Emmanuel Macron à… Donald Trump ! « Trump est un milliardaire, donc les gens se disent : “Tiens, il ne va pas être corrompu car il est déjà riche.” » Cette observation s’appliquerait aussi à Macron, ancien banquier d’affaires chez Rothschild : « Comme il n’est pas politique, il a pour lui une présomption de sincérité et de vérité. Il n’est pas membre d’un parti, il n’est pas député, pas élu. Les gens se disent : celui-là, il doit être plus pur que les autres ! » Devant ses convives, le président de la République ajoute, l’air innocent : « Quand j’ai rencontré Macron, sa première volonté était d’être député au Touquet. » Une pique discrète, allusion aux déclarations du jeune ministre à l’automne 2015. Invité à un forum, il avait qualifié de « cursus d’un ancien temps » le fait de se présenter à la députation.

Extrait du livre "Dans l'enfer de Bercy" de Marion L'hour et Frédéric Says, publié chez Jc Lattès

Source atlantico.fr

dimanche 29 janvier 2017

Billets-Penelopegate : la liste des députés qui emploient leur conjoint


Penelopegate : la liste des députés qui emploient leur conjoint

François Fillon a employé sa femme en collaboratrice parlementaire jusqu’en 2013. Une pratique loin d’être rare à l’Assemblée Nationale. Découvrez la liste complète.

Voici ci-dessous la liste exhaustive des députés (plus d’une centaine) qui emploient un membre de leur famille en 2014.

Vous y trouverez des noms connus comme celui de Claude Bartolone, président de l’Assemblée Nationale, lui même ! Ou encore le nom d’un autre candidat à l’élection présidentielle (dont étrangement personne ne parle…), Nicolas Dupont-Aignan.

Vous remarquerez que François Fillon n’y figure pas, puisque, selon ses déclarations, il a mis fin à ces pratiques de lui-même en 2013.

Allez-y, amusez-vous :




Source contrepoints.org

Recettes de Fêtes-Galette des rois au chocolat


Galette des rois au chocolat

Préparation : 15 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 8 personnes
2 rouleaux de pâte feuilletée
120 g de chocolat noir
80 g de beurre
80 g d’amandes en poudre
80 g de sucre en poudre
2 œufs
1 jaune d’œuf
1 cuillerée à soupe de rhum
1 fève
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 7-8).
2. Faites fondre le chocolat et le beurre petit à petit, en faisant attention de ne pas brûler le mélange. Incorporez l'amande, le sucre, les deux œufs et le rhum.
3. Déroulez la première pâte feuilletée sur une plaque, étalez la garniture au chocolat et déposez la fève. Couvrez la galette avec la deuxième pâte. Soudez les bords avec un peu d'eau ou de blancs d'œufs si nécessaire.
4. Badigeonnez le dessus de la galette avec le jaune d'œuf, à l'aide d'un pinceau.
5. Enfournez pendant 25 minutes. Servez tiède ou froid.

Une version chocolat de la galette des rois à la frangipane.

Recettes de Fêtes-Pâtes à la vodka


Pâtes à la vodka

Préparation : 5 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 4 personnes 
320 g de pâtes du type « fusilli » ou «  hélices »
400 g de petites courgettes
1 bouquet de fines herbes
1 gousse d’ail
2 cuillerées à soupe de vodka
4 cuillerées à soupe d’huile d’olive vierge
Sel et poivre blanc
1. Lavez les courgettes, enlevez les extrémités et coupez-les en tranches fines ; dans la poêle, faites-les revenir dans l’huile avec l’ail entier que vous éliminerez par la suite ; salez et poivrez.
2. Égouttez les courgettes, arrosez-les de vodka et laissez évaporer rapidement.
3. Faites cuire les pâtes dans une grande quantité d’eau salée, égouttez-les quand elles sont al dente et mettez-les dans la poêle avec les courgettes ; mélangez délicatement, ajoutez un peu de poivre, puis mettez-les dans les assiettes.
4. Saupoudrez de fines herbes coupées en morceaux et servez immédiatement.

Recettes de Fêtes-Pain aux épices (Hutzelbrot)


Pain aux épices (Hutzelbrot)

Préparation : 30 mn
Repos : 1 à 2 jours
Cuisson : 1 heure
Pour 8 personnes
Pour la pâte
500 g de pâte à pain toute prête
500 g de poires séchées
250 g de pruneaux dénoyautés
250 g de dattes séchées
250 g de figues séchées
125 g de noisettes grossièrement hachées
125 g de cerneaux de noix grossièrement hachées
400 g de raisins secs de Malaga ou de Corinthe
150 g d’écorces confites d’oranges et de citrons
50 g de sucre
25 cl de kirsch
1 cuillerée à soupe rase de cannelle en poudre
½ cuillerée à café d’anis étoilé moulu
1 pincée de clous de girofle moulu
½ cuillerée à café d’anis en grains
1 pincée de noix de muscade
1 pincée de poivre noir fraîchement moulu
1 jus d’orange
1 zeste râpé d’orange
Pour la plaque
20 g de beurre
20 g de farine
1. Taillez en lanières les poires, les pruneaux, les dattes, les figues, et coupez finement les écorces d’oranges et de citrons confits.
2. Mélangez les fruits séchés avec les raisins secs, les noisettes, les noix, la cannelle, l’anis, le girofle, la muscade, le poivre, le jus et le zeste de l’orange, le kirsch. Laissez reposer 1 à 2 jours dans une boîte hermétique en la secouant de temps en temps.
3. Puis, incorporez le tout dans la pâte à pain. Ajoutez le sucre, mélangez bien.
4. Préchauffez le four à 180 °C (th. 5-6).
5. Étalez cette pâte en une couche épaisse sur une plaque beurrée et farinée. Faites cuire 1 heure au four et laissez refroidir. Coupez le pain en carrés ou en rectangles.

Servez ces « pains des petits cochons » la nuit de Noël avec du rhé ou du vin chaud.

Infos nutrition 
Par portion environ :
601 kcal
Protides : 11 g
Lipides : 13 g-
Glucides : 110 g