jeudi 30 novembre 2017

Billets-Marijuana express


Marijuana express : le boom des livreurs d'herbe

Avec la vague de légalisation du cannabis aux Etats-Unis, les livreurs de drogue à domicile font fortune. Et l’herbe est devenue la nouvelle pizza.

Dans une autre vie, Evan Cox livrait des pizzas. Il y a dix-huit mois, il s’est retrouvé à court d’argent, mais pas d’idées. L’Etat de Washington était sur le point de légaliser la vente de cannabis et l’étudiant de Seattle a compris qu’il faudrait encore un certain temps avant que n’ouvrent les premières boutiques spécialisées dans la vente de marijuana.

Il a donc monté Winterlife, un service de livraison à domicile. Livrer de la dope, c’est comme livrer des pizzas. Mais en plus facile. “On n’a pas besoin de garder le produit au chaud, donc il n’est pas nécessaire de retourner à la base aussi souvent, fait valoir Evan. Les clients étudient le menu et choisissent dans la sélection disponible quand on arrive.” Winterlife génère 1 million de dollars de revenus par mois [730 000 euros] et emploie cinquante personnes. D’après son site Internet, il s’agit d’une “entreprise avec une conscience”. Elle a pris fait et cause pour les écureuils orphelins…

Evan Cox opère pourtant à la limite de la légalité. Même si l’achat de cannabis est autorisé dans l’Etat de Washington, les personnes qui en livrent restent passibles de sanctions, ce qui n’empêche pas Winterlife d’attirer de plus en plus de concurrents. La société est enregistrée au niveau de la mairie et de l’Etat de Washington, mais ne peut ouvrir de compte en banque en raison de la législation fédérale. C’est donc en espèces que, en avril, Winterlife a versé 167 000 dollars [123 000 euros] de taxes sur les ventes à l’administration fiscale de l’Etat de Washington. Les services de livraison de drogue ont également du succès dans les Etats à la réglementation plus stricte.

A New York, la vente est interdite mais la possession a été dépénalisée, et il existe plus d’une dizaine de services illégaux qui desservent Manhattan et Brooklyn. Il suffit d’être recommandé par un client, d’appeler un numéro et d’attendre une heure pour voir un jeune homme propre sur lui arriver, la plupart du temps en vélo, avec un sac à dos rempli de diverses variétés. Les livreurs ne transportent que de l’herbe et toujours moins de 25 grammes, de façon à ne risquer qu’une amende en cas d’interpellation. La police est au courant de leurs activités mais choisit de laisser faire. Un paquet de 2,5 grammes coûte ainsi en général au moins 50 dollars [37 euros].

C’est bien plus cher que dans la rue mais les risques d’agression sont réduits au minimum. Les adeptes de la fumette qui en ont les moyens sont ravis de payer davantage pour la sécurité et le côté pratique. La livraison à domicile marche moins bien pour les drogues dures, assure toutefois Peter Reuter, un économiste de l’université du Maryland, car le marché est plus petit et les charges criminelles bien plus importantes. Même dans les Etats où les boutiques de cannabis sont autorisées, il existe des sociétés qui ne fonctionnent qu’avec le système de livraison. L’annuaire professionnel Wheresweed.com regroupe des dizaines de sociétés spécialisées dans la livraison en Californie, dans l’Oregon et le Colorado.

Plusieurs dispensaires de cannabis de San Diego, en Californie, se sont reconvertis en services de livraison quand le comté les a obligés à fermer leurs portes temporairement. Pour Mark Kleiman, de l’université de Californie à Los Angeles, les autorités devraient encourager les services de livraison de marijuana plutôt que l’ouverture de magasins spécialisés. Ces derniers ont un impact négatif sur le voisinage, attirent les braqueurs, ainsi que des mineurs qui demandent aux passants adultes d’acheter pour eux. De plus, comme les boutiques d’alcool, ils ont un effet incitatif et dissuadent les consommateurs excessifs d’arrêter.


Dessin de Claudio Munoz paru dans The Economist, Londres.
Source Courrier International


Billets-La légion d’honneur


La légion d’honneur

En refusant bruyamment la Légion d’honneur, l’économiste vedette Thomas Piketty a remis sur le devant de la scène la question de l’attribution de la plus haute distinction de la République. Cette année encore, on estime qu’à elle seule cette récompense sera remise à plus de 3 000 récipiendaires civils et militaires.

Comme à l’accoutumée, les nominations proviennent essentiellement des ministres, bien qu’il soit pourtant désormais possible pour chaque citoyen de proposer la nomination d’un individu méritant (un dossier soutenu par 100 signataires du même département doit alors être déposé par le préfet, validé puis transféré au grand chancelier de la Légion d’honneur). Évidemment, l’actuel processus de sélection s’accompagne tous les ans de nominations trop nombreuses, très politiques et bien souvent difficilement justifiables. À titre d’exemple, et sans vouloir incriminer personnellement les personnalités suivantes, Mimi Mathy, Jack Lang, Arnold Schwarzenegger, les chanteurs Stone et Charden ou encore Salma Hayek ont-ils des mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes dignes de la plus haute distinction française ? Certes, les critères d’attribution de cette récompense sont ouverts à l’interprétation, mais on distingue sans mal à chaque promotion que les renvois d’ascenseur et le copinage semblent être les seules raisons rationnelles pour expliquer la présence de certains noms au Journal Officiel.

On estime aujourd’hui à 92 000 le nombre de membres de la Légion d’honneur, un chiffre qui s’explique en partie par l’Histoire sanglante de la France dans la première moitié du XXème siècle (1ère Guerre Mondiale, 2ème Guerre Mondiale, Guerre d’Indochine, etc.) et par la volonté des gouvernements de l’époque de récompenser le sacrifice exceptionnel de plusieurs générations de Français (à titre d’indication la Légion d’honneur comptait 362 000 membres en 1962). Seulement voilà, alors que les conflits du siècle passé s’en sont allés, la Légion d’honneur continue d’être distribuée allègrement dévaluant ainsi le prestige de ses membres vivants ou morts les plus méritants.

Plus scandaleux encore, cette appartenance à la Légion d’honneur ouvre aux médaillés la possibilité de scolariser gratuitement leurs filles dans des établissements d’élite dont l’accès est réservé aux filles, petites-filles et arrière-petites-filles de membres de la Légion d’honneur, de Médaillés militaires ainsi que de décorés de l’ordre national du Mérite. Malgré les très bons résultats scolaires obtenus par ces établissements, on est en droit de se demander si un tel privilège digne d’une société aristocratique a encore sa place dans une démocratie moderne.

En 2015, 128 ans après le scandale des décorations qui avait à l’époque coûté son poste au président de la République Jules Grévy, la Légion d’honneur est en passe de redevenir dans l’opinion publique cette breloque républicaine ringarde à laquelle tout le monde peut prétendre moyennant un minimum d’amitiés politiques.

mercredi 29 novembre 2017

Recettes Marocaines-Cornes de gazelle


Cornes de gazelle

Préparation : 45 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 15 cornes environ
500 g de pâte d’amandes
40 g de beurre
250 g de farine
3 cuillerées d’eau de fleur d’oranger
1 blanc d’œuf
Sel
1. Séparez la pâte d’amandes en boules de la grosseur d’une noix, puis roulez chacune en forme de cigare.
2. Préparez la pâte : faites fondre 30 g de beurre ; dans un saladier, disposez la farine en fontaine, mettez au centre le beurre fondu, 1 pincée de sel et la moitié de l’eau de fleur d’oranger, mélangez le tout en incorporant peu à peu le reste de l’eau de fleur d’oranger, jusqu’à ce que vous obteniez une pâte ferme et homogène.
3. Séparez cette pâte en six morceaux pour pouvoir l’étaler plus facilement. Abaissez chacun d’eux au rouleau à pâtisserie aussi finement, si possible, qu’une feuille de papier à cigarette, sur le plan de travail légèrement fariné, en bandes longues.
4. Placez des cigares de pâte d’amandes sur la moitié de chaque fine feuille de pâte, espacés de 3-4 cm, dans le sens de la longueur de la feuille. Humectez la partie libre de la feuille de pâte et rabattez-la sur les rouleaux de pâte d’amandes en appuyant pour souder les bords. Détachez chaque corne à l’aide d’une roulette à pâtisserie pour les denteler, puis recourbez-les légèrement en forme de croissant.
5. Préchauffez le four à 170 °C (th. 5-6). Beurrez une plaque à pâtisserie.
6. Déposez les cornes de gazelle sur la plaque à pâtisserie. Piquez-les à plusieurs endroits avec une aiguille à tricoter ou les dents d’une fourchette, puis badigeonnez-les de blanc d’œuf battu.
7. Mettez au four et laissez cuire environ 15 minutes : les cornes de gazelle doivent être à peine dorées.

Recettes Marocaines-Café berbère



Café berbère

Préparation : 5 mn
Cuisson : 5 mn
Pour 6 personnes
25 cl d’eau
2 cuillerées à soupe bien pleines de café finement et fraîchement moulu
1 cuillerée à café de poivre
1. Faites bouillir l’eau dans une cafetière, ou à défaut une casserole, pendant 2 à 3 minutes et ajoutez le café et le poivre.
2. Laissez bouillir encore 2 minutes. Puis, faites décanter le café pendant quelques instants pour que le marc retombe au fond.
3. Versez délicatement dans des tasses en prenant soin de ne pas trop incliner la cafetière.

Les berbères aiment les parfums. Ils changent nos habitudes avec ce café poivré.


mardi 28 novembre 2017

Recettes Biscuits-Macarons

Macarons

Préparation : 10 mn
Cuisson : 15 à 20 mn 

Pour 30 petits ou 15 grands macarons environ 
200 g d’amandes en poudre
120 g de sucre glace
1 cuillerée à café de miel liquide
4 blancs d’œufs
1 pincée de sel 

1. Mélangez les amandes en poudre avec le sucre glace et le miel dans un saladier. Battez 2 blancs d’œufs à la fourchette pour qu’ils blanchissent légèrement puis versez-les dans le saladier en remuant constamment avec une cuillère en bois jusqu’à l’obtention d’une pâte parfaitement homogène.
2. Préchauffez le four à 160 °C (th. 5-6).
3. Tapissez 2 plaques à pâtisserie de papier sulfurisé.
4. Fouettez les 2 blancs d’œufs restants en neige ferme avec 1 pincée de sel. Incorporez-les délicatement à la préparation aux amandes.
5. Déposez des petites masses de pâte sur la plaque avec une poche à douille à embout lisse ou avec une cuillère à soupe, en les espaçant pour qu’elles n’adhèrent pas les une aux autres en cuisant. Aplatissez-les légèrement avec le dos d’une cuillère humide, enfournez et faites cuire 15 à 20 minutes, jusqu’à ce que les petits gâteaux soient bien dorés.
6. Sortez la plaque du four, détachez les macarons du papier avec une spatule et laissez-les refroidir sur une grille.


Conseil pratique 

Ces petits gâteaux peuvent se conserver quelques jours dans une boîte hermétique.

Variante 

Vous pouvez parfumer ces macarons en ajoutant 20 g de cacao en poudre dans le sucre glace (macarons au chocolat) ou 1 demi-cuillerée à café d’extrait de café (macarons au café) ou de vanille liquide (macaron à la vanille).


Recettes Biscuits-Biscuit aux noix



Biscuit aux noix


Préparation : 15 mn
Cuisson : 30 mn 

Pour 30 à 40 biscuits 
40 g de noix décortiquées
20 g d’amandes en poudre
20 g de fécule de maïs
50 g de sucre glace
4 blancs d’œufs
1 pincée de sel 

1. Broyez les noix au mixeur pour les réduire en poudre fine. Mettez-les dans un saladier avec les amandes en poudre, la fécule et le sucre glace ; remuez longuement l’ensemble pour bien homogénéiser le mélange.
2. Battez les blancs d’œufs en neige très ferme avec 1 pincée de sel. Quand ils adhèrent bien aux branches du fouet, incorporez progressivement le mélange aux noix en soulevant délicatement la masse de bas en haut.
3. Préchauffez le four à 120 °C (th. 4).
4. Recouvrez une plaque à pâtisserie de papier sulfurisé.
5. Mettez la préparation dans une poche à douille munie d’un embout lisse et déposez des petits ronds de pâte en les espaçant bien. Enfournez aussitôt et faites cuire pendant environ 20 à 30 minutes : les biscuits doivent être secs au toucher mais encore moelleux au cœur. Sortez-les du four et laissez-les refroidir sur une grille.


Variante 

Vous pouvez remplacer les noix par la même quantité de noisettes en poudre.



lundi 27 novembre 2017

dimanche 26 novembre 2017

Infos santé-Endocardite infectieuse


Infos santé-Endocardite infectieuse

  • Qu'est-ce qu'une endocardite infectieuse ?
L’endocardite est due à la prolifération sur le revêtement interne du cœur de bactéries, parfois banales. Cette prolifération peut provoquer la formation d’ulcères ou de perforations, ou l’apparition d’une petite excroissance qui « pend » (une « végétation »). Lorsqu’elles sont localisées sur les valves, ces lésions nuisent à leur étanchéité et le fonctionnement du cœur s’en trouve gêné, parfois sévèrement. Les endocardites peuvent se compliquer de troubles cardiaques ou vasculaires, ainsi que d’infection généralisée (choc septique voire septicémie).
Dans 90 % des cas, les endocardites affectent les valves du cœur gauche (mitrale et aortique).

  • Qui est à risque de développer une endocardite infectieuse ?
Certaines personnes sont plus à risque de développer une endocardite infectieuse :
les personnes âgées de plus de 60 ans ;
les personnes qui ont des antécédents cardiaques comme une chirurgie des valves     (prothèse valvulaire cardiaque), un épisode précédent d’endocardite, certaines maladies       congénitales du cœur, par exemple ;
les hommes (avec un risque deux fois supérieur à celui des femmes) ;
les personnes dont le système immunitaire est affaibli par une maladie (VIH/sida, cancers, maladies du sang, etc.) ou un traitement immunosuppresseur (contre le cancer, le rejet de greffe ou les maladies auto-immunes, par exemple) ;
les personnes diabétiques ;
les personnes qui souffrent d’alcoolisme chronique ou qui s’injectent des drogues.

  • Quels sont les symptômes de l'endocardite infectieuse ?
Les endocardites infectieuses se traduisent le plus souvent par des symptômes peu spécifiques : fièvre modérée, douleurs des articulations, essoufflement à l’effort, fatigue et toux. Dans certains cas, de petites hémorragies apparaissent sous la peau des paumes des mains et des plantes des pieds, ou un abcès se forme au bout d’un doigt (« faux panaris »).
Lorsque l’endocardite provoque une gêne cardiaque importante, des signes d’insuffisance cardiaque apparaissent : essoufflement marqué, voire perte de connaissance.

  • Quelles sont les complications de l'endocardite infectieuse ?
Lorsqu’elle n’est prise en charge rapidement, une endocardite infectieuse peut entraîner l’apparition d’une insuffisance cardiaque grave, d’une infection généralisée, de troubles des reins ou du rythme du cœur. Des petits morceaux de « végétations » peuvent se détacher, circuler avec le sang et provoquer des embolies ou favoriser des foyers infectieux dans d’autres organes. Dans certains cas, l’endocardite se traduit par un accident vasculaire cérébral (AVC) lorsqu’un vaisseau sanguin du cerveau est bouché par un fragment de caillot sanguin venant du cœur.
Les endocardites infectieuses sont des maladies graves qui entraînent le décès du patient dans 15 à 20 % des cas, en particulier lorsqu’elles apparaissent chez des personnes déjà atteintes de troubles cardiaques.

  • D'où viennent les germes responsables de l'endocardite infectieuse ?
Dans certains cas, ce sont des bactéries naturellement présentes dans la bouche ou l’intestin. À la suite d’un brossage de dents un peu énergique ou de lésions de la paroi de l’intestin, des bactéries passent dans la circulation sanguine. Dans la très vaste majorité des cas, ces bactéries sont éliminées par le système immunitaire. Chez les personnes dont l’immunité est affaiblie, et en présence de lésions de la paroi interne du cœur, ces bactéries peuvent arriver à se fixer sur une valve cardiaque et se multiplier localement.
Les bactéries responsables des endocardites peuvent également provenir d’autres sources : plaies de la peau, angines, sinusites, infections urinaires, soins dentaires, chirurgie, tatouage, piercing, etc.

  • Peut-on prévenir les endocardites infectieuses ?
Des mesures destinées à prévenir les endocardites infectieuses sont mises en place chez certains patients dits « à haut risque » :
ceux qui ont une ou plusieurs prothèses de valve cardiaque ;
ceux qui ont déjà eu une endocardite infectieuse ;
ceux qui souffrent d’une maladie congénitale du cœur qui n’est pas parfaitement contrôlée par un traitement.
Lorsque ces patients doivent subir un geste médical qui pourrait provoquer l’entrée de bactéries dans leur sang, un traitement antibiotique est pris dans l’heure précédant le geste médical.
Au niveau individuel, la prévention des endocardites repose essentiellement sur une bonne hygiène de la bouche et des dents, ainsi que sur la désinfection systématique des plaies.

  • Quels traitements contre l'endocardite infectieuse ?
Le traitement des endocardites infectieuses repose sur l’administration de deux antibiotiques complémentaires, généralement à dose élevée, par voie intraveineuse. Ce traitement antibiotique doit être poursuivi pour une durée d’au moins six semaines. Une hospitalisation est toujours nécessaire.
Dans certains cas, la valve atteinte a été gravement endommagée par l’infection et une intervention chirurgicale est nécessaire soit pour la nettoyer et la reconstruire, soit pour poser une prothèse de valve.



Source : Vidal

samedi 25 novembre 2017

Infos santé-Prévenir les douleurs de dos



Prévenir les douleurs de dos

La prévention est  l'élément essentiel du traitement à long terme des rachialgies. En effet, une fois la crise douloureuse calmée, les causes qui l'ont provoquée demeurent de sorte qu'un nouvel accident est toujours possible. Cette prévention repose sur la notion d'économie rachidienne, c'est-à-dire sur une meilleure utilisation du rachis dans la vie quotidienne afin de ne pas surcharger les vertèbres et les disques. Ceci implique une attention de tous les instants, le jour comme la nuit. C'est en prenant soin de son dos à longueur de temps que l'on pourra venir à bout d'une rachialgie chronique ou à répétition. Cette prévention implique un contrôle lors des positions prolongées et lors des mouvements. Nous allons passer en revue une à une ces différentes situations.

Les positions prolongées
  • Positions allongées
Passant le tiers de notre existence en position allongée, il est indispensable de posséder une bonne literie et d'adopter une bonne position pendant son sommeil. Le non-respect de ces 2 règles explique la fréquence des douleurs du dos au réveil. 

  • Sommiers et matelas:
Ils doivent être en bon état, les plus mauvaises literies sont les literies hors d'usage. Ceci est particulièrement vrai pour les matelas de laine qui doivent être refaits régulièrement (tous les 2 à 3 ans). D'une manière générale, la literie doit être ferme sans être dure, de telle façon que, s'allongeant dessus, le dos garde ses courbures normales, donc pas de matelas où l'on s'enfonce, ni de matelas qui ne se déforme pas. Pour les systèmes à ressorts, les matelas doivent avoir au moins 1800 à 2000 ressorts ce qui correspond aux matelas haut de gamme. Les sommiers à lattes sont également intéressants, mais souvent d'un prix élevé. Pour les couples de morphologies différentes, 2 matelas adaptés à chacun est une solution intéressante. La planche entre le matelas et le sommier reste une bonne solution provisoire permettant de programmer ultérieurement l'achat d'une literie correcte. Les literies sophistiquées avec multiples articulations sont, à de rares exceptions près, du domaine du gadget. 

  • Oreiller et traversin:
Le traversin cylindrique dur est à proscrire, car il imprime au cou des déformations importantes. On doit lui préférer un oreiller assez grand (40 x 40 cm, par exemple) en plume ou 1/2 plume qui permet au rachis de rester dans une position physiologique. Les oreillers anatomiques sont intéressants s'ils sont adaptés à  la morphologie de la personne. 

  • Les positions de sommeil:
Au lit, nous adoptons volontiers une mauvaise position. La position sur le ventre est à proscrire de façon formelle, car elle implique une attitude en rotation prolongée du cou et une position cambrée du bas du dos particulièrement nocives. La position couchée sur le dos doit se faire avec un oreiller glissé sous la tête et les épaules permettant ainsi d'avoir le cou dans le prolongement du thorax c'est-à dire légèrement surélevé. Il est possible, en cas de cambrure lombaire importante de mettre un oreiller sous les genoux. Dans la position sur le côté, un oreiller doit également compenser la hauteur entre les épaules et le cou de telle manière que la tête reste bien dans le prolongement du dos. Cette position sur le côté doit être bien respectée, c'est à dire les épaules et le bassin de côté avec les jambes légèrement repliées et non pas les épaules de côté et le bassin sur le ventre (ou vice versa) car dans ce cas, il existe une torsion  importante et nocive pour le dos. Enfin, la position allongée étant une position de récupération pour le dos, il est essentiel de dormir suffisamment et de plus, quand cela est possible, de prévoir un moment en milieu de journée pour s'allonger.

Positions érigées
La position érigée, assise ou debout, qui implique une attitude verticale du dos, n'est pas une position de repos. Ceci paraît évident lors de la station debout, mais la plupart des gens pensent reposer leur dos quand ils sont assis. Au lieu de cela, ils l'abîment encore plus. C'est là un des paradoxes du dos : "La position où on se sent détendu et relâché est une position dangereuse pour le dos".
Le dos est constitué d'un empilement de pièces articulées par des "caoutchoucs" (les disques). Pour qu'il puisse tenir en bonne position, le rachis  doit être maintenu par la contraction des muscles para vertébraux et abdominaux. Ceci entraîne donc au bout d'un certain temps une fatigue musculaire physiologique qui peut devenir douloureuse. C'est le prix à payer pour protéger son dos. Si on refuse d'effectuer ce travail musculaire, le rachis doit alors s'équilibrer sans l'aide des muscles. Il le fait en se laissant fléchir en avant, en arrière ou sur le côté jusqu'à ce que les disques, articulations et ligaments soient tendus (par exemple, debout, le rachis lombaire se creuse et le rachis dorsal se met en dos rond). Le dos arrive alors à se maintenir, la personne ayant l'impression de ne pas se fatiguer puisque les muscles ne sont pas contractés, mais il s'ensuit une surcharge prolongée des structures vertébrales : relâchement général, mais surcharge rachidienne. Le travail musculaire (et ainsi la fatigue) peut être diminué en utilisant des appuis bien placés permettant de maintenir en bonne position le dos (dossier de chaise par exemple). 

  • Positions assises:
Il faut donc maintenir les courbures du dos dans leurs positions normales (à mi-chemin entre le dos cambré et le dos- rond, sans inclinaison sur le côté, ni rotation).
On distingue plusieurs situations suivant qu'il existe ou non un appui : 

  • Assis sans appui :
Dans cette position, il faut sentir son bassin et le ventre se basculer vers l'avant (tel le cavalier sur son cheval), les pieds reposant sous le siège. Le dos est alors bien en équilibre sur le bassin mais au prix d'une contraction musculaire. Cette position assise sans appui ne peut donc pas être tenue indéfiniment. La chose à éviter est de laisser son dos partir en arrière et faire le dos rond. 

  • Appui en arrière :
La position de base est la même que sans appui, mais la contraction musculaire peut être diminuée grâce à l'appui du bas du dos sur un dossier en calant les fesses bien dans le fond du siège puis en s'adossant progressivement à partir de cet appui. 

  • Appui en avant : (travail à un bureau...)
Toujours même position de base, mais l'appui se fait soit par le tronc, soit par les avant-bras. Il est impératif de ne pas laisser le dos s'arrondir en arrière, mais de bien le conserver droit. Une bonne façon de soulager son dos en position assise est de s'asseoir à califourchon sur une chaise où l'on a placé le dossier en avant de telle manière que le thorax s'appuie sur ce dossier et que les avant-bras reposent dessus.
  • Appui sur les côtés : (accoudoirs)
Il ne faut jamais s'appuyer sur un seul accoudoir car le dos alors s'incline sur le côté. Les accoudoirs ne servent qu'à soulager le poids des membres supérieurs. 

  • Chaise en toile : ("chaise longue", "Transat")
Ce ne sont pas de bons sièges, car le dos prend une position dos rond. 

  • Fauteuil « relax » :
Ce genre de fauteuil permet une position mi-assise, mi-allongée de bonne qualité à condition qu'il soit en bon état et qu'il existe un bon renfort au niveau lombaire pour maintenir le dos en bonne position. 

  • Siège assis-genoux : 
Il s'agit d'un siège sur lequel repose les fesses mais aussi les genoux permettant au dos de se trouver dans une bonne position. Ce type de siège est par conséquent tout à fait recommandé.

Positions debout
  • Debout droit :
Dans cette position, on doit s'appuyer sur les 2 jambes de façon équilibrée en maintenant son dos bien droit. Il ne faut pas laisser le dos se creuser, ni s'incliner sur le côté. De même, la position déhanchée est nocive. Là aussi, un appui peut soulager les muscles du dos. Qu'ils soient antérieurs, postérieurs ou latéraux, tous les appuis sont bons à prendre à partir du moment où on empêche le dos de se laisser incurver entre l'appui et  le bassin. 

  • Debout penché :
Certaines activités (vaisselle, repassage...) imposent d'avoir le dos penché de façon prolongée et sont donc fatigantes. Il faut, lors de ces activités, chercher à soulager le dos au maximum. Pour cela travailler à la bonne hauteur afin d'éviter de se "casser en deux" et chercher des points d'appuis supplémentaires avec le tronc, la tête ou une main. On peut également avoir un pied qui repose sur un petit escabeau d'une dizaine de centimètres, cela permet au bassin de rester en bonne position.

Les mouvements
Les activités physiques, qu'elles soient ménagères, sportives, de bricolage, de jardinage ou professionnelles devront toujours être pratiquées en pensant à protéger son dos. Le dos doit rester plat (ni creux, ni rond) et rigide pendant les activités. Ce sont les membres inférieurs qui doivent travailler : toujours plier les jambes plutôt que le dos. Si pendant le mouvement le dos doit être actif, il faut alors le mobiliser de façon lente  et harmonieuse en évitant le plus possible les mouvements brusques et rapides en particulier lors des  rotations du tronc ou du cou. Plutôt que de courber le dos en avant ou sur les côtés, utiliser la fente avant ou latérale. Pour se pencher en arrière, plier les genoux et s'incliner, dos droit.

  • Se lever, s'asseoir, se coucher...
Pour se lever d'une position allongée, il faut tout d'abord se mettre sur le côté, jambes repliées, puis pousser avec les bras afin de basculer d'un bloc et de se retrouver assis. De la position assise, toujours se lever de façon symétrique en prenant bien appui en avant sur les pieds et sans à-coups. Pour s'asseoir et se coucher, effectuer la manœuvre inverse. 

  • Ramasser un objet léger à terre
Pour cela, 2 solutions ; soit s'accroupir, soit poser un genou à terre en gardant toujours le dos bien droit et ramasser l'objet. Surtout ne pas le ramasser en pliant le dos et en gardant les jambes presque tendues. Même si l'objet est léger, le dos supporte le poids de la tête, des bras et du thorax (à peu près la moitié du poids du corps), ce qui représente déjà une charge importante et dangereuse. 

  • Porter une charge
C'est une manœuvre très souvent responsable des blocages du dos (lumbago) et  des douleurs de dos. Elle doit donc être accomplie avec PRÉCAUTION.
Pour soulever la charge, plier les jambes en conservant le dos droit, rapprocher la charge le plus près possible du corps, puis se relever, en gardant la charge très près du buste, (en faisant bloc avec elle). Lors du port de la charge, conserver le dos bien rigide, ne pas se pencher et surtout ne pas faire de mouvements de rotations (s'il est nécessaire de tourner, ce sont les jambes qui tournent et qui entraînent en bloc le reste du corps). Pour la reposer, il faudra plier de nouveau les jambes, le dos toujours bien droit, puis poser doucement la charge et enfin se relever très doucement pour laisser au dos le temps de se réadapter.

Activités de la vie quotidienne
  • Vaisselle : appuyer la tête sur les éléments de cuisine au-dessus de l'évier ou reposer le pied sur un petit escabeau. 


  • Repassage : soit debout, une main appuyée sur la table pendant que l'autre repasse ou avec le petit escabeau, soit assis sans appui (voir plus haut) et table à la bonne hauteur. 


  • Faire le lit : Un bon truc pour faire son lit sans se fatiguer est de se mettre à genoux, ceci évite d'avoir le dos courbé. 


  • Balayer ou passer l’aspirateur : la meilleure façon est de travailler en fente avant en déplaçant alternativement le poids du corps d'une jambe sur l'autre, le dos reste ainsi toujours droit. Préférer les aspirateurs-traîneaux roulant bien. 


  • Télévision, travail sur écran : Toujours regarder l'écran avec l'ensemble du corps de face et non comme fréquemment, la tête tournée de côté. Ceci impose de mettre la T.V. en face de la banquette ou des fauteuils et pour le travail sur écran, d'avoir un siège pivotant afin de pouvoir se tourner pour être en face de celui-ci. 


  • Travail à un bureau : Être assis comme indiqué dans le paragraphe « Assis avec appui antérieur », les avant-bras reposant sur le plan de travail et le corps bien face à celui-ci (pas d'attitude de 3/4 ou penchée sur le côté). Il est souhaitable afin de soulager le cou d'avoir un plan de travail légèrement incliné vers soi. 


  • Voiture : La conduite automobile imposant la position assise est nocive. Les conseils concernant cette position restent valables, en particulier, il est nécessaire de bien caler son dos dans le fond du siège et de se recaler régulièrement (tous les 10 Km ou 10 mn). Dans la position idéale de conduite, l'angle entre le dos et les cuisses est à peu près de 115°, les bras et les jambes légèrement fléchis. En cas d'assise un peu molle, il est possible d'interposer une petite planchette au niveau des fesses. Un appui-tête bien réglé permettra de reposer son cou lors des arrêts d'une part, et d'éviter le coup du lapin en cas d'accident d'autre part. Lors d'un long trajet, il faut respecter des arrêts toutes les 2 heures afin de se détendre et de s'étirer. Pour la marche arrière, éviter de tourner la tête trop vite et trop loin et se servir de ses rétroviseurs. Pour cela, il est souhaitable de disposer d'un rétroviseur central large et 2 latéraux afin de couvrir un champ important. Entrer ou sortir de la voiture provoque un nombre  appréciable de problèmes de dos. Il faut donc entrer ou sortir de façon lente et contrôlée en évitant surtout les torsions. Une bonne solution actuellement est d'utiliser une voiture type monospace dans laquelle les sièges sont hauts. D'autre part, ne pas prendre d'affaires sur la banquette arrière à partir de la banquette avant mais les prendre par la porte arrière. Ceci est également valable pour les affaires sur la place avant droite (les prendre par la porte avant  droite.

Pour poser ou sortir une charge d'un coffre, il est important d'avoir la charge près de soi, puis de la poser ou de la soulever. Pour certaines charges, il est impératif de se faire aider afin d'éviter tout problème. Choisir enfin un coffre sans rebord en arrière.

Conseils généraux
  • Le poids
Tout excès de poids est un fardeau supplémentaire pour votre dos. Il est donc extrêmement important de "garder la ligne" et si besoin de maigrir. Cela préservera votre dos mais aussi votre santé. 

  • L'exercice physique et le sport
Faire de l'exercice physique régulier est indispensable pour prévenir les problèmes de dos. Ne tenant que grâce aux muscles, s'ils sont déficients, le dos ne pourra pas travailler correctement et souffrira. Mais de bons muscles ne signifie pas des muscles très forts, hypertrophiés, il ne sert à rien  de faire de la musculation à outrance (les gens faisant du body-building ont aussi mal que les autres). Il suffit d'avoir des muscles "en bon état" et intelligents c'est-à-dire se contractant à bon escient. Les activités physiques régulières  permettent cela. La meilleure activité est la marche, car elle permet un travail du dos debout et est une activité douce. Il s'agit de la marche à bonne allure et prolongée au moins 1 heure, 2 fois par semaine (type randonnée) et non du "lèche-vitrine".
Pour les gens fragiles ou sortant d'un problème de dos, la natation est un bon exercice. Il faut préférer les nages sur le dos (dos-crawlé), mais il vaut mieux nager la brasse doucement que de ne rien faire. Par la suite, la marche est recommandée. Pour un sportif, le footing est ensuite repris. Enfin quand le footing a permis de récupérer une bonne condition physique et un dos solide, le sport peut être repris mais pas avant.
La plupart des problèmes de dos chez le sportif sont dus au non respect des règles élémentaires du sport (fautes techniques, pas d'échauffement, mauvaise condition physique, charge d'entraînement trop importante).
Pour le dos, la sédentarité (inactivité physique) est aussi nuisible (sinon plus) que le sport exercé à outrance.

En cas de douleurs
Il peut survenir lors d'un surmenage du dos quelques douleurs qui souvent cessent rapidement avec des moyens simples :
  • Le repos allongé reste un des meilleurs moyens de soulagement : augmenter la durée du sommeil, prendre le temps de s'allonger pendant la journée (faire une petite sieste d'1/2 heure le midi).
  • Des bains chauds ou des applications de serviettes chaudes sur la région douloureuse.
  • Des massages doux du dos.
  • La position "assise à califourchon" est alors particulièrement intéressante.


Source nantes-mpr.com 

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lundi 20 novembre 2017

dimanche 19 novembre 2017

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samedi 18 novembre 2017

Billets-Flexisécurité : la leçon danoise


Flexisécurité : la leçon danoise

Les bons résultats du chômage au Danemark, pays de la flexisécurité, les mauvais résultats en France, pays de toutes les rigidités, les réformes Schröder en Allemagne, mais aussi la récente instauration d’un salaire minimum, imposé par le SPD à Angela Merkel, attirent une nouvelle fois l’attention sur le marché du travail. À l’évidence, en France, contrairement à l’affirmation de François Mitterrand, on n’a pas tout essayé. La flexisécurité à la Danoise peut-elle être une piste de réflexion, parmi d’autres ? En tous cas, les résultats semblent au rendez-vous, avec un chômage plus de deux fois plus faible qu’en France.

  • Un taux de chômage de 5,3%
Alors que le chômage n’a jamais été aussi élevé en Europe, particulièrement en France, les chiffres danois ont de quoi étonner. Le taux de chômage ne cesse de se réduire. Fin février, il est tombé à 5,3% de la population active, moins de la moitié du taux français, en baisse de 0,6 points en un an. 140.600 chômeurs pour un pays de 5,6 millions d’habitants. C’est le chiffre le plus bas depuis août 2009, au début de la crise. Avant la crise, on observait même des tensions en raison d’une pénurie de main-d’œuvre. Les économistes, les politiques, mais aussi les syndicalistes attribuent ces bons résultats aux réformes entreprises : la flexisécurité en général et les réformes les plus récentes en particulier.
La flexisécurité, c’est bien évidemment un mélange de flexibilité et de sécurité. Flexibilité pour les entreprises, sécurité pour les salariés. L’idée centrale est que plus les entreprises ont de facilités à licencier, plus elles ont tendance à embaucher.

  • Flexibilité
Une entreprise en plein développement recherchera une main d’œuvre d’appoint. Si cette bonne conjoncture se confirme, elle intégrera cette main d’œuvre, qu’elle formera sans doute. Mais si le marché se retourne, l’entreprise devra réduire ses effectifs. Si les licenciements sont interdits ou coûteux, pour des raisons purement juridiques, cet ajustement de la main d’œuvre ne pourra se faire. Voilà un frein sérieux à l’embauche.
Aux incertitudes du marché s’ajoutent celles de la règlementation et de la politique économique : les entrepreneurs hésitent à s’engager dans le long terme. Or, l’embauche est un engagement, dans tous les sens du terme.
En France, les gouvernements successifs ont fait le choix de surprotéger l’emploi. Une fois obtenu, un emploi est une sorte de droit social à vie. Mais dans les entreprises où les effectifs ne sont plus en rapport avec les débouchés, le droit social est illusoire et c’est la précarité qui attend tôt ou tard les salariés. Le droit disparaît avec l’entreprise…

  • Sécurité
Le côté sécurité de la flexisécurité est caractérisé par une indemnisation assez forte du chômage. Mais cette indemnisation est soumise à de nombreuses conditions. Le chômeur ne peut rester passif. Il bénéficie de possibilités nombreuses de formation et de contrôles de sa disponibilité et de sa motivation afin d’éviter que le chômage ne s’installe dans la durée. Il y a non seulement obligation de formation, mais aussi menaces de sanctions financières en cas de non-respect des obligations.
Ces dispositions ont le mérite de donner au chômage sa vraie signification : c’est une mutation professionnelle, qui déplace les travailleurs des entreprises, des métiers et des secteurs en sureffectifs vers des entreprises, métiers et secteurs en expansion. Ce chômage est encore appelé « frictionnel » : il résulte des tensions, des « frictions » qui naissent nécessairement dans un marché du travail en mouvement. Il n’est pas destiné à durer longtemps : juste le temps de « sauter » d’une emploi à l’autre.

  • Le conflit du vieux et du neuf
L’expérience danoise remonte à 1999, avec une très grande flexibilité sur le marché du travail et des politiques actives de l’emploi. Elle part de l‘idée suivant laquelle les emplois n’ont rien de statique ou de figé ; des milliers d’emplois sont détruits chaque jour et des milliers sont créés (en France pratiquement 10.000 par jour), ce qui fait que plusieurs millions de personnes chaque année perdent des emplois et rejoignent le chômage quand des millions d’autres font le chemin inverse. Dans ces conditions, la flexibilité facilite cette mobilité permanente et réduit le temps de chômage entre deux emplois.
C’est là une grande différence avec la France : l’accent est mis sur les emplois nouveaux et pas sur les combats d’arrière-garde, chers à Arnaud Montebourg, qui visent à conserver les emplois condamnés par l’évolution de la concurrence et des clients. Il y a toujours conflit entre le neuf et le vieux : mais il n’y a pas de croissance sans innovation. On regarde ainsi l’avenir et pas le passé.
Les Danois se sont donnés un code du travail simplifié et l’État fixe le moins de règles possibles ; rien à voir avec le maxi code à la française.

  • Le Danemark n’est pas un paradis libéral
C’est sans surprise que depuis la mise en place de la flexisécurité, le taux de chômage a diminué de moitié au Danemark. Il est même resté bas en dépit de la crise. Face à la crise, le gouvernement (de gauche) n’est pas revenu sur la flexisécurité. Tout au contraire, il en a durci quelques traits. Les jeunes de moins de trente ans, sans diplôme et disponibles, cessent de recevoir l’aide sociale, doivent suivre une formation et touchent seulement une allocation comparable à celle des étudiants. Depuis, les chômeurs trouvent plus rapidement du travail.
Pour autant, peut-on faire du Danemark un paradis libéral ? C’est un pays qui a les prélèvements obligatoires parmi les plus élevés, talonné il est vrai par la France. Il en va de même pour les dépenses publiques. Le pourcentage de ceux qui travaillent dans le secteur public est également très élevé. Le taux de syndicalisation aussi, mais il est vrai que ces syndicats ne se prennent pas pour des partis politiques ou pour les hérauts de la lutte des classes. Le consensus social y est plus fort qu’en France.

  • Et si on asseyait la liberté contractuelle ?
La leçon de la flexisécurité, c’est qu’un peu de liberté donne déjà de meilleurs résultats que les rigidités engendrées par des règles paralysantes. L’exemple allemand des réformes Schröder montre également que tout ce qui va dans le sens d’une plus grande mobilité, flexibilité, sur le marché du travail, associé à un droit du travail moins rigide, favorise l’emploi et la baisse du chômage. De ce point de vue, la décision récente du gouvernement allemand, suite à l’accord passé entre la CDU-CSU d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates du SPD, d’établir pour la première fois un salaire minimum en Allemagne est une mauvaise nouvelle pour l’emploi. Certes, les Allemands ont eu la sagesse de fixer un taux de 8,50 euros bruts de l’heure bien inférieur au taux français (9,53), mais il n’en reste pas moins que le SMIC est un prix bloqué, ce qui provoque des déséquilibres : un institut évalue à 900.000 le nombre d’emplois menacés par le SMIC allemand : un drôle de progrès social !
De toutes façons, en France on est loin de toute cette philosophie et des décisions comme celles de 2008 sur la modernisation du marché du travail sont loin d’être au niveau du problème. La récolte a été maigre : rupture conventionnelle du contrat (mais assorti de clauses trop lourdes), contrat de mission pour les cadres, allongement de la période d’essai. Tout cela n’est pas à la hauteur de la lutte contre un chômage de masse.
Bien que bienfaisante par certains côtés, la flexibilité elle-même serait-elle la panacée ? Une vraie réforme libérale consisterait à restaurer une authentique liberté contractuelle, avec libre contrat personnel, libre salaire, libre temps de travail et libres conditions de travail. Au pays de Colbert, ce serait une vraie révolution.


Source contrepoints.org