lundi 30 octobre 2017

Infos santé-Enfants sous Ritaline


Enfants sous Ritaline
  
Un mal à quatre lettres s’étend dans notre société : le TDA-H, une épidémie récente qui fait l’objet d’interrogations, d’études et de commentaires nombreux. Le dernier en date que j’ai lu étant un article paru le mois dernier par Le Figaro Madame : « Nos enfants sont-ils devenus fous ? »

Ces enfants, diagnostiqués TDA-H (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité), « sont-ils des Town Sawyers d’aujourd’hui qui ne comblent pas les attentes de la société moderne à l’égard de ses enfants » se questionne Lauwrence H. Diller, pédiatre aux États-Unis.

Dans nos pays modernes, où se développe une forme d’intolérance à toute manifestation originale du caractère et des talents, les enfants doivent s’adapter à un seul et même modèle éducatif.

Mais qu’est-ce donc qu’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans Hyperactivité ? Un Trouble du Développement (TED), comme l’autisme par exemple ?

Eh bien non, le TDA-H ne fait pas partie des TED, mais la prévalence mondiale du TDA-H parmi les enfants et les adolescents est de 5,29%. De récentes études montrent que 40 à 60% des patients TDA-H conservent des limitations dues à la maladie à l’âge adulte (avec risque de spirale d’échec et d’exclusion). Dans cette population, on observe une comorbidité élevée, avec entre autres des troubles de l’humeur, des troubles de la personnalité et des conduites addictives, ce qui complique le diagnostic et le traitement.

Reprenons la symptomatologie telle qu’elle est décrite dans le référentiel psychiatrique (le DSM- IV) :
1) Des symptômes de déficit d’attention : six des symptômes suivants d’inattention (ou plus) ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté et ne correspond pas au niveau de développement de l’enfant :
  • souvent, ne parvient pas à prêter attention aux détails, ou fait des fautes d’étourderie dans les devoirs scolaires, le travail ou d’autres activités,
  • a souvent du mal à soutenir son attention au travail ou dans les jeux,
  • semble souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement,
  • souvent, ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques ou ses obligations professionnelles,
  • a souvent du mal à organiser ses travaux ou ses activités,
  • souvent, évite, a en aversion, ou fait à contrecœur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu,
  • perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités,
  • souvent, se laisse facilement distraire par des stimuli externes,
  • a des oublis fréquents dans la vie quotidienne.

2) Et/ou des symptômes d’hyperactivité, d’impulsivité : six des symptômes suivants d’hyperactivité et d’impulsivité (ou plus) ont persisté pendant au moins 6 mois, à un degré qui est inadapté et ne correspond pas au niveau de développement de l’enfant :

Hypertactivité :
  • remue souvent les mains ou les pieds, ou se tortille sur son siège,
  • se lève souvent en classe ou dans d’autres situations où il est supposé rester assis,
  • souvent, court ou grimpe partout, dans des situations où cela est inapproprié (chez les adolescents ou les adultes, ce symptôme peut se limiter à un sentiment subjectif d’impatience motrice),
  • a souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou les activités de loisir,
  • est souvent « sur la brèche » ou agit souvent comme s’il était « monté sur ressorts »,
  • parle souvent trop.

Impulsivité :
  • laisse souvent échapper la réponse à une question qui n’est pas encore entièrement posée,
  • a souvent du mal à attendre son tour,
  • interrompt souvent les autres ou impose sa présence.

Les symptômes apparaissent par définition pendant l’enfance et posent problème dans différents domaines de la vie. Les enfants ont le plus souvent des problèmes d’apprentissage et de travail, davantage de problèmes sur le plan du fonctionnement relationnel, sexuel et social et présentent plus souvent un comportement antisocial.

Le traitement à long terme se constitue d’une molécule : le Méthylphenidate, faisant partie des psychostimulants et dont le nom commercial le plus connu est la Ritaline. Cette molécule permet d’éradiquer toute la symptomatologie visible.

Mais une étude effectuée par une équipe française, publiée en 2011, met en évidence l’intérêt du Neurofeedback pour permettre aux enfants un focus de l’attention sur une tâche. Qu’est-ce que le principe de fonctionnement du neurofeedback ?

Prenons l’image suivante : le cerveau est comparable au réseau routier. Deux centres importants permettent le traitement des informations arrivant et repartant aux muscles, viscères… : le cerveau et la moelle épinière. Le corps serait la carte de France, le cerveau Paris et le deuxième relais la moelle épinière = Lyon. Le réseau neuronal chez le bébé correspond au réseau national dès années 60. Puis en fonction du nombre de voitures qui empruntent ces routes, les chemins qu’utilisent les automobilistes pour relier des villes secondaires, le réseau se modifie. Des chemins deviennent des routes, elles sont goudronnées, le tracé est pensé au plus simple, ou avec un détour par un village qui doit être desservi. Les axes existants se renforcent, possèdent deux fois 2 voies, deviennent des nationales, puis des autoroutes…

Le cerveau évolue de la même manière. Il reçoit un tas d’information qu’il trie pour leur pertinence et apporte une réponse. Dans le même temps, il analyse la quantité/ l’intensité/la durée, lui permettant un ajustement : un feedback. Il peut ainsi se réguler grâce à sa neuroplasticité (sa capacité à se modifier comme le réseau routier). Notre cerveau se développe ou non selon les voies stimulées pour fonctionner plus rapidement et plus finement : il opère seul un rééquilibrage pour maintenir son homéostasie.

Le principe du Neurofeedback est simple : des électrodes permettent d’enregistrer le fonctionnement neuronal, les zones qui sont activées par une tâche, et notamment les réseaux dédiés à l’attention. Puis l’enfant peut visualiser sur l’écran son activité cérébrale. Ayant une information sur cette activité, il peut ensuite l’équilibrer.
Pourquoi utiliser un écran ? Pourquoi le cerveau de l’enfant ne peut-il le faire seul ? Reprenons notre image du réseau routier. Si nous prenons le trafic actuel et que nous revenions sur un réseau des années 60, celui-ci serait saturé, débordé et il lui faudrait trouver des solutions pour le désengorger. Pour le cerveau, c’est le même principe, un enfant reçoit des informations qu’il traite de manière égale (sans leur accorder une valeur) et son réseau neuronal n’est pas aussi performant que celui de l’adulte ; alors il va se trouver débordé et n’aura pas tous les moyens pour retrouver un équilibre de fonctionnement. En effet, le cerveau est en cours de maturation pendant la période de l’enfance et de l’adolescence, c’est-à-dire que le réseau neuronal se crée et se complexifie en rapport avec les stimulations reçues de l’environnement de l’enfant jusqu’à environ 20/25 ans.

Ce traitement m’amène à me poser plusieurs questions : comme cela nécessite un rééquilibrage cela signifie que le cerveau de l’enfant ne peut faire face à toutes les stimulations venant de l’extérieur. Alors nous pouvons nous demander si le TDA-H n’est pas une réponse à la sur-stimulation des cerveaux de nos enfants.

Nos enfants sont-ils fous ? Non, mais peut-être un des symptôme du dysfonctionnement de la Société, une souffrance bien plus globale et profonde que la Ritaline ne pourra pas juguler et cacher bien longtemps.


Sources :
  • Effectiveness of EEG Biofeedback as Compared with Methylphenidate in the Treatment of Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: A Clinical Outcome Study. Mohammad Ali Nazari, Laurent Querne, Alain De Broca, Patrick Berquin.
  • Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux, 4ème édition.

dimanche 29 octobre 2017

Photos mythiques-Mort d’un Viêt Công

Mort d’un Viêt Công
Photo : Eddie Adams (1968)



Cette image d’Eddie Adams a fait le tour de la planète et a indubitablement influé sur le cours de la guerre du Vietnam.

En 1969, le photographe a remporté le prix Pulitzer pour sa photo d'un Viêt-cong exécuté sommairement en pleine rue par un policier sud-vietnamien.
Adams a capté l'instant de cette mort, et l'image a fait le tour du monde.

Elle allait devenir un des symboles de la guerre du Vietnam, choquant l’opinion publique américaine. Elle a été utilisée par plusieurs opposants au conflit pour prouver que la guerre n'avait pas été gagnée.

Des années plus tard, M. Adams était encore hanté par cette photo, qu'il n'exposait pas dans son studio. Il considérait qu'elle ne rendait pas justice au policier sud-vietnamien, Nguyen Ngoc Loan.
Selon le photographe, le policier était un héros.


Eddie Adams

samedi 28 octobre 2017

Recettes, Recettes Soufflés-Soufflé au chocolat


Soufflé au chocolat

Préparation : 15 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 4 personnes
5 œufs entiers
180 g de chocolat noir
110 g de sucre en poudre + 20 g pour le moule
5 cl de lait
40 g de cacao tamisé
10 g de beurre pour le moule
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
2. Beurrez et sucrez un moule à soufflé d’environ 20 cm de diamètre (ou quatre ramequins individuels) ; Placez-le au réfrigérateur.
3. Cassez les œufs en séparant les blancs des jaunes. Faites fondre le chocolat au bain-marie avec 70 g de sucre et le lait. Mélangez le cacao avec les jaunes d’œufs, ajoutez-les au chocolat fondu.
4. Montez les blancs d’œufs en neige ferme avec une pincée de sel. Versez en pluie 40 g de sucre et continuez de fouetter pour obtenir une meringue très épaisse. A l’aide d’une spatule, incorporez délicatement cette meringue au chocolat. Remplissez le moule (ou les ramequins) aux trois quarts de cette préparation. Enfournez pour 15 minutes et n’ouvrez pas la porte du four durant la cuisson. Servez aussitôt.


Recettes, Recettes Soufflés-Soufflé au chèvre


Soufflés-Soufflé au chèvre

Préparation : 20 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes
3 crottins de chèvre de 50 g environ
12 quartiers de tomates séchées confites à l’huile
4 œufs entiers
40 g de beurre + 10 g pour le moule
40 g de farine + 20 g pour le moule
40 cl de lait
Sel
Poivre du moulin
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
2. Beurrez et farinez un moule à soufflé d’environ 20 cm de diamètre (ou quatre ramequins individuels) ; Placez-le au réfrigérateur.
3. Dans l’un des crottins, taillez 4 fines rondelles ; coupez le reste en petits cubes. Hachez les tomates séchées. Cassez les œufs en séparant les blancs des jaunes.
4. Préparez la béchamel. Dans une casserole, faites fondre le beurre, puis ajoutez la farine, mélangez et laissez cuire pendant 4 ou 5 minutes à feu moyen, en remuant. Versez le lait froid, salez et poivrez. Portez à ébullition et faites cuire encore 4 ou 5 minutes, sans cesser de remuer. Laissez refroidir.
5. Ajoutez les cubes de fromage, les tomates hachées et les jaunes d’œufs à la béchamel. Montez les blancs d’œufs en neige ferme avec une pincée de sel. Incorporez-les délicatement à la béchamel à l’aide d’une spatule.
6. Remplissez le moule (ou les ramequins) aux trois quarts de cette préparation. Enfournez pour 35 minutes et n’ouvrez pas la porte du four durant la cuisson. Servez le soufflé à la sortie du four.

Pour réussir cette recette, utilisez des crottins de chèvre demi-secs.

Variante

Vous pouvez ajouter quelques brindilles de thym frais ou de feuilles de basilic dans la béchamel.


vendredi 27 octobre 2017

jeudi 26 octobre 2017

Billets-Kennedy, un président tombé de son piédestal


Kennedy, un président tombé de son piédestal

Cinquante ans après la mort de JFK à Dallas, sa place dans l'histoire américaine a été revue à la baisse. Désormais, les manuels destinés aux lycéens mettent beaucoup plus en avant les ratés de sa présidence.

Le Président Kennedy présenté aux élèves d'aujourd'hui n'a pas grand chose à voir avec celui de leurs grands-parents. Dans un manuel de lycée édité sous la direction de John M. Blum en 1968, Kennedy est dépeint comme un héros tragique, fauché par le destin alors qu'il œuvrait à la transformation de la société et qui, en à peine 1 000 jours de mandat, avait su "raviver l'idée d'une Amérique jeune, aventureuse et progressiste, envisageant l'avenir avec confiance et espoir".

Au milieu des années 80, l'enthousiasme était retombé et Kennedy n'avait plus la même stature. Dans un manuel de 1987 sous la direction de James A. Henretta, les auteurs condamnent la "mythification" de la présidence Kennedy et rappellent que les espoirs soulevés par le candidat ne se sont soldés que par "de maigres avancées législatives".

Pour les étudiants américains, la première leçon approfondie sur le 35ème Président (et souvent la dernière) vient des manuels de lycée. Et à la veille de l'anniversaire de son assassinat il y a 50 ans, une relecture de la vingtaine de manuels écrits depuis sa mort révèle un portrait de moins en moins élogieux au fil des ans.

  • Manque de vigueur
On passe ainsi d'un jeune président charismatique ayant inspiré les jeunes du monde entier à un chef d'Etat profondément imparfait, dont les talents oratoires ont largement dépassé les réalisations. L'attention accordée à la crise des missiles à Cuba a diminué, ainsi que le respect qu'on lui vouait pour avoir évité la guerre. Les échecs du président au Congrès et l'engagement croissant dans le conflit du Vietnam sont davantage mis en avant. Le glamour de l'ère Kennedy a cédé la place à la réalité.

"La véritable stature d'homme d'Etat de Kennedy s'est révélée" lors de la crise des missiles cubains, peut-on lire dans un manuel de 1975 rédigé par Clarence Ver Steeg et Richard Hofstadter, A People and a Nation ["Un peuple et une nation", non traduit]. Sur la question des droits civiques, écrivent ces auteurs, "son administration n'avait pas reçu le soutien du Congrès". Pourtant, ajoutent-ils, "la ségrégation a disparu en grande partie des bus, des hôtels, des motels et des restaurants" sous sa présidence. Ce qui est faux : ces changements ont eu lieu pour la plupart après la ratification de la loi sur les droits civiques par son successeur, Lyndon B. Johnson, en 1964.

Dans un ouvrage du même titre paru en 1982 et encore très utilisé aujourd'hui, Mary Beth Norton et ses collègues adoptent une approche complètement différente. Kennedy "a mené le combat pour les droits civiques avec un évident manque de vigueur", écrivent-ils. Ils le jugent également responsable de la crise des missiles, expliquant que la crainte cubano-soviétique d'une invasion avait été nourrie par le débarquement de la Baie des Cochons en 1961 et par d'autres opérations agressives des Etats-Unis contre Cuba.

  • Sa cote a dégringolé
Diverses raisons expliquent ce changement de regard. Quand la génération du Vietnam s'est retrouvée aux commandes des manuels scolaires, l'implication de Kennedy dans la guerre a commencé à être davantage mise en avant. L'ouverture des archives audios de la Maison Blanche, qui a débuté en 1984, a révélé un politicien froid et calculateur, et non le président idéaliste et l'ardent défenseur des droits civiques que les Américains se représentaient.

Enfin, les années 80 ont marqué un tournant dans les manuels d'histoire. L'ancienne approche consistait à mettre en avant les réussites de l'histoire américaine, explique Gilbert Sewall, directeur du Comité des manuels scolaires américains (ONG chargée de vérifier le contenu des manuels). Selon lui, dans les années 80, on est passé à une relecture de l'histoire plus critique, faisant plus de place aux injustices telles que les mauvais traitements infligés aux Indiens, mais aussi aux facettes moins reluisantes de ceux considérés auparavant comme des héros.

Ce renversement, renforcé par la diffusion de portraits peu flatteurs dans la presse, la littérature et la télévision, a sans doute contribué à déboulonner le mythe Kennedy. Considéré autrefois par les Américains comme l'un des plus grands présidents des Etats-Unis, sa cote a dégringolé ces dernières années. Selon un récent sondage du New York Times, il n'arrive qu'en quatrième position parmi les plus grands présidents américains avec seulement 10 % des suffrages, derrière Ronald Reagan, Lincoln et Bill Clinton.

La vision des manuels n'a pas varié sur certains aspects de la présidence Kennedy. Les ouvrages scolaires continuent à louer le programme spatial, tandis que le débarquement raté de la Baie des Cochons a toujours été qualifié de "fiasco". De nombreux manuels des différentes époques, même ceux qui sont très critiques à l'égard du Président, reconnaissent que Kennedy fut un dirigeant qui a fait rêver les Américains. Plus que son bilan politique, c'est cette aura qui demeure aujourd'hui.

La tombe de John F. Kennedy au cimetière national d'Arlington. DaKohlmeyer/CC/Flickr
Source Courrier International

Billets-Paris devient un nouveau Pékin


Paris devient un nouveau Pékin

La tour Eiffel avalée par le smog, l’image a frappé les esprits. Pourtant, la presse étrangère doute de l'efficacité de la circulation alternée, une décision qui est loin de faire l’unanimité chez les Parisiens râleurs.

Jusqu’à présent le masque n’était pas la première chose à mettre dans une valise quand on partait visiter Paris, mais les choses pourraient bien changer. En ce 17 mars saturé de particules fines, même la correspondante du New York Times doit se rendre à l’évidence : "La mauvaise qualité de l’air peut sembler familière aux touristes qui se promènent à Pékin ou à Bombay, mais, dans cette capitale élégante où les limites de la hauteur imposées aux constructions donnent l’impression que l’air frais circule, la pollution est rarement aussi forte en cette période de l’année et dure rarement aussi longtemps."

Pour la première fois depuis dix-sept ans, les autorités ont pris la décision d’imposer la circulation alternée des véhicules : "Les Parisiens se révoltent", rapporte The Guardian qui constate qu'"une tendance révolutionnaire parcourt la société française. Les règles sont faites pour être contournées. Quiconque a essayé d'emprunter un passage piétons à Paris le sait bien. Les Parisiens interrogés [le 16 mars] l’ont dit, et particulièrement pour ceux qui travaillent en banlieue, leur véhicule est essentiel pour circuler et ils se préparaient à braver l’interdiction malgré le risque de devoir s’acquitter alors d’une amende de 22 euros."

"Paris est en passe de devenir un nouveau Pékin", titre Die Tageszeitung, le quotidien berlinois proche des écologistes. Certes, les autorités ont décidé de réagir vite, mais, comme le soulignent les organisations de défense de l’environnement – qui plaident pour un changement durable –, "les mesures prises luttent contre les symptômes, non contre les causes". S’il est vrai que "la municipalité socialiste-écologiste de la Ville de Paris a mis en question la prédominance de la voiture, la France est régulièrement pointée du doigt pour ne pas respecter les normes européennes de pureté de l’air dans ses villes – une plainte pourrait être déposée pour l’y contraindre."

La France n’est cependant pas le seul Etat européen à affronter ce problème : les 15 et 16 mars, la Belgique et de nombreuses régions du sud-ouest de l’Allemagne dépassaient largement la norme maximale admise de 50 microgrammes [de particules fines] par mètre cube d’air. Une situation qui n'a pas échappé au magazine Tech Times. Ce dernier écrit : "L’Agence européenne pour l’environnement a averti que le problème était en train de s’étendre au-delà de Paris."


 Dessin de Mix&Remix. 

Source Courrier International

Billets-Hommage à Camille Lepage


Hommage à Camille Lepage

Camille Lepage, photojournaliste française assassinée en République centrafricaine, s'était installée au Soudan du Sud en juillet 2012, avant de rejoindre la Centrafrique. La jeune femme de 26 ans collaborait avec de nombreux titres de presse. Ses travaux sont visibles sur son site.


Quartiers généraux des soldats de la Fomac (Force multinationale de l'Afrique centrale), à Bangui, République Centrafricaine.


Quartiers généraux des soldats de la Fomac (Force multinationale de l'Afrique centrale), à Bangui, République Centrafricaine.


Quartiers généraux des soldats de la Fomac (Force multinationale de l'Afrique centrale), à Bangui, République Centrafricaine.


Vie quotidienne au marché PK5 de Bangui, en République centrafricaine, souvent pris pour cible par les ex-rebelles de la Seleka.


Emeutes à Bangui, République centrafricaine.


Bossangoa, République centrafricaine.


Bossangoa, République centrafricaine.


Bossangoa, République centrafricaine.


Marche pacifique pour réclamer la démission du président Michel Djotodia, à Bangui, République Centrafricaine.


Après une attaque de rebelles anti-Balaka, à Bangui, République Centrafricaine.


Après une attaque de rebelles anti-Balaka, à Bangui, République Centrafricaine.


Après une attaque de rebelles anti-Balaka, à Bangui, République Centrafricaine.


Après une attaque de rebelles anti-Balaka, à Bangui, République Centrafricaine.


Après une attaque de rebelles anti-Balaka, à Bangui, République Centrafricaine


Malgré l'arrivée des troupes françaises, les violences continuent à Bangui, République Centrafricaine.


Malgré l'arrivée des troupes françaises, les violences continuent à Bangui, République Centrafricaine.

Billets-L'Ours blanc


L'Ours blanc

Chez l'ours blanc les mâles et femelles atteignent leur maturité sexuelle à l’âge de quatre ou de cinq ans. Bien que les femelles puissent alors s’accoupler et avoir des petits, il est peu probable que de nombreux mâles s’accouplent avant l’âge de huit ou de dix ans. Étant donné que les oursons restent généralement avec leur mère pendant deux ans et demi, les femelles ne peuvent habituellement avoir une nouvelle portée que tous les trois ans. Ce rythme de reproduction très lent explique pourquoi les populations réduites prennent tant de temps à se rétablir.

L’accouplement a lieu durant les mois d’avril et de mai, lorsque les ours blancs chassent les phoques sur la banquise. Cependant, ce n’est qu’entre la mi-septembre et la mi-octobre que l’œuf fécondé s’implante dans l’utérus et commence à se développer. Dans la majeure partie de l’Arctique, la préparation des tanières de mise bas commence vers la mi-octobre, les femelles gravides recherchant alors des amoncellements de neige épais près de la côte. Souvent, elles creusent leur tanière sur le versant sud de collines ou de vallées, où les vents dominants du Nord forment d’épais amoncellements de neige.


La dimension des tanières varie, mais la chambre de mise bas, située à l’extrémité supérieure d’un tunnel d’entrée mesurant un ou deux mètres de longueur, a un diamètre moyen de 1,5 m et atteint de 90 à 100 cm de hauteur en son milieu. Une fois la tanière creusée, la neige soufflée par le vent a tôt fait de refermer l’ouverture du tunnel d’entrée. La chambre, plus haute que le tunnel d’entrée, emprisonne l’air chaud dégagée par les ours. Lorsque la tanière est occupée, la température intérieure reste à quelques degrés sous 0 °C tout l’hiver, et ce, peu importe le froid qu’il fait à l’extérieur.

Les jeunes naissent entre la fin de novembre et le début de janvier, selon la latitude, après environ deux mois de gestation (mot désignant la grossesse chez l’animal). Les portées les plus courantes se composent de jumeaux ou, dans une moindre mesure, d’un ourson unique. Des triplés naissent périodiquement, surtout lorsque les conditions alimentaires ont été bonnes et que les femelles peuvent accumuler beaucoup de graisse avant de préparer leur tanière. Des quadruplés ont aussi été observés, en de très rares occasions.

À la naissance, les oursons ne mesurent que 25 cm de longueur environ et pèsent moins d’un kilogramme. Leurs yeux sont fermés et leur peau est couverte de poils si fins que certaines descriptions antérieures indiquaient qu’ils étaient nus.


La plupart des groupes familiaux de la partie sud de la baie d’Hudson quittent leur tanière entre la fin de février et la mi-mars, tandis que ceux de l’Extrême-Arctique peuvent quitter leur tanière un mois plus tard. Les familles restent dans le site de mise bas durant une ou deux semaines pour s’habituer au froid et se dégourdir. Si le trajet ultérieur vers la glace de mer dépasse quelques kilomètres, la femelle peut s’arrêter deux ou trois fois par jour pour se reposer, ainsi que pour nourrir et réchauffer ses petits. Une fois de retour sur la glace de mer, la femelle chasse continuellement, ne s’arrêtant périodiquement que pour creuser un trou dans la neige à l’abri du vent dominant, où elle nourrit les oursons et où tous peuvent dormir.

Le groupe familial se divise quand les oursons ont environ deux ans et demi. Parfois, des petits restent avec leur mère jusqu’à l’âge de trois ans et demi et, dans la partie ouest de la baie d’Hudson, certaines mères sèvrent leurs oursons, ou cessent de les allaiter, à un an et demi seulement. La première année d’indépendance est sans doute la période la plus difficile de la vie d’un ours blanc. En effet, ses techniques de chasse sont encore inefficaces et il est probable que des ours plus gros s’empareront des rares phoques qu’il parviendra à capturer.

mardi 24 octobre 2017

Billets-Trottoirs : une nouvelle norme est née


Trottoirs : une nouvelle norme est née

Bonne nouvelle pour ceux qui désespéraient de la technocratie française : une nouvelle norme est née. Si notre démographie est chancelante, notre production normative se porte bien. Nous avons enfin une petite sœur à rajouter à la fratrie pullulante des normes françaises.

Celle-ci concerne l’aménagement des trottoirs. Désormais, les mairies ont l’obligation, à chaque intervention, d’effectuer des prélèvements des revêtements et des enrobés et de les soumettre à une analyse d’amiante. Qu’il s’agisse de rénover quelques mètres carrés de trottoir, pour mettre un peu d’enrobé dans un trou en formation, ou de refaire toute une rue, le prélèvement et l’analyse sont obligatoires.

Pourquoi ? Parce que le bureau de fabrication des normes vient de découvrir que, dans les années 1990, les entreprises qui produisaient les enrobés avaient un produit à base d’amiante. Tous les trottoirs et chaussées n’ont pas été faits avec cet enrobé, mais un certain nombre. Tout un chacun a pu constater que l’on rencontre souvent des personnes qui s’effondrent dans les rues, raides mortes, parce qu’elles ont inhalé des poussières d’amiante se dégageant des trottoirs. Il était donc urgent d’agir et d’imposer cette nouvelle norme. Le coût du prélèvement est estimé à 500€. Imaginez qu’une commune doive réaliser une centaine d’opérations dans l’année, et vous atteindrez un surcoût assez considérable.


Le pire est pour le cas où de l’amiante serait découvert. Il faut alors désamianter, et les riverains verront débarquer une nuée de cosmonautes descendus de la station Mir pour sécuriser le trottoir nocif et dangereux. Cela fait bientôt vingt ans que des milliers de Français vivent un danger mortel en foulant au pied un trottoir enrobé d’amiante, ou en roulant sur une chaussée qui renferme les terribles particules. Nous ne voulons provoquer aucune panique collective, mais voilà des centaines de milliers de personnes qui risquent leur vie en marchant sur les trottoirs. Nous ne leur conseillerons pas pour autant de marcher sur la chaussée, elles risqueraient de se faire renverser. Jusqu’à la prochaine norme, qui interdira aux voitures de renverser des piétons.

Dormez tranquille, cette norme maternelle va veiller d’une main protectrice sur la sécurité des riverains. Aux communes d’accroître les impôts pour subvenir à cette nouvelle dépense.

Billets-Association sans financement public


Association sans financement public

Réappropriation de la générosité

  • Créé le label « association sans financement public » ? De quoi s’agirait-il ?
Ce label informerait et récompenserait les projets associatifs faisant l’effort de fonctionner sans subventions publiques. Cela permettrait d’identifier ce type de projets, capables de s’autofinancer et de fonctionner en ne faisant pas appel aux finances publiques.

  • L’enjeu est-il important ?
Oui, car l’agent public devient une ressource rare, il faut le traiter comme tel et l’économiser. Or, on sait qu’en France les financements publics représentaient en 2012, 50% du financement des associations, soit près de 35 milliards.
Il faut donc valoriser les initiatives associatives qui permettent aux individus de rendre un service à la collectivité, sans faire appel aux subventions publiques. C’est un devoir civique de valoriser le travail des structures qui – d’une façon ou d’une autre – œuvrent pour le bien de tous.
De plus, on constate que les financements publics associatifs ne correspondent pas forcément à une utilisation lisible et avisée de l’impôt. Ils sont souvent complexe, certaines structures multipliant des financements émanant d’une ribambelle de ministères ou collectivités, sans qu’on sache si ce millefeuille répond à un besoin réel ou non. Cette façon de faire permet de favoriser parfois des intérêts bien particuliers qui n’ont rien de collectif.
Comment expliquer que la solidarité collective serve à financer les loisirs des administrations financières pour un montant de 34 millions d’euros ou que les contribuables financent la Fédération française de ski à hauteur de 4 millions d’euros, ou encore telle association de bouliste ou tel autre restaurant d’entreprise de la fonction publique. Bref, il faudrait mettre de l’ordre.

  • Et en quoi ce label permettrait-il d’en créer ?
En informant les individus que : 1) l’association en question ne dispose pas d’aides publiques et 2) elle a justement besoin de leur générosité pour exister. En donnant à une association sans subvention publique, vous avez la certitude de financer une cause dont la défense dépend de votre générosité et de celle de vos congénères.
Par effet de ricochet, ceux qui ne peuvent pas afficher ce label pourraient avoir à répondre de l’intérêt qu’ils présentent du point de vue de la collectivité. Du point de vue des individus, ce label a aussi son importance car nombre d’entre nous pouvons avoir l’impression que la très grande implication des pouvoirs publics en matière associative pourrait suffire à remplacer la charité par la solidarité. Or, on est loin du compte. Nombre de projets et d’œuvres ne devraient justement pas passer par un financement public, mais par l’appel à la générosité du public. Non seulement, ça fait du bien aux personnes qui donnent et qui reçoivent mais cela a un rôle social essentiel à jouer à un moment où on sait que les pouvoirs publics ne peuvent plus tout prendre en charge.

  • N’est-ce pas une façon de revaloriser justement le don volontaire, dans une France qui préfère souvent la solidarité obligatoire ?
C’est exactement cela. Contrairement à nombre d’autres pays comme les États-Unis ou le Canada (placés en 1ere et 2ème position selon un classement 2013), nous avons perdu l’habitude du don volontaire (nous sommes placés en 77ème position). Ce Label aurait donc un rôle pédagogique fort. Son autorisation serait une sorte de reconnaissance par les pouvoirs publics que l’État ne peut pas tout et que les individus peuvent et doivent se réapproprier la générosité.


Source Institut économique Molinari 

Billets- The Mentalist


The Mentalist

« The Mentalist », autopsie d’une paranoïa américaine

Depuis bientôt sept saisons, la série policière américaine The Mentalist envahit la télévision française, où elle se trouve en général en tête des audiences. Elle fait partie de ces œuvres télévisuelles telles que Dr House, où le personnage principal a un comportement transgressif, ce qui constitue le principal attrait de la série.

En France, toutes les séries américaines sont diffusées en boucle, avec plusieurs épisodes programmés pendant une longue soirée. Seul un épisode est nouveau, tous les autres sont programmés dans le désordre, avec souvent des rediffusions (alors que les networks aux États-Unis, au moins pour la première diffusion, ne programment qu’un seul épisode par soir). Ainsi, on perd assez vite le fil de ce que scénaristes et producteurs ont voulu nous raconter. C’est particulièrement vrai pour The Mentalist, une série construite de façon méticuleuse, et où le véritable sens n’apparaît qu’après plusieurs saisons.

Sans coupures publicitaires
C’est aussi pour cette raison que la très récente introduction de Netflix en France a une certaine utilité (et oui !) : cette plateforme de films et de séries télé nous offre la possibilité de regarder – en toute légalité – les premières saisons du Mentalist dans l’ordre, d’un seul trait, sans coupures publicitaires. Au risque de ne plus pouvoir s’arrêter, d’ailleurs…

Héritages de genre
Au premier regard et malgré le personnage de Jane, la série est pourtant de facture plutôt classique : soigneusement réalisée, avec des intrigues conventionnelles, parfois peu crédibles, qui se répètent d’ailleurs assez souvent, The Mentalist ressemble à pas mal de productions du genre. Tourné dans le décor très contrasté de la Californie du sud (La série est censée se situer dans la région de Sacramento, dans la plaine centrale de la Californie, mais elle est en général tournée dans les environs de Los Angeles, plus au sud. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs : en dehors de quelques endroits clairement indentifiables – et jamais nommés – tous les lieux dans la série – en permanence nommés, eux – sont totalement fictifs.) où opulence et misère, richesse excessive et pauvreté extrême se côtoient et se confrontent, tous semblent avoir à cacher quelque chose. L’on puise ici allègrement dans tout ce que le bon vieux film noir nous a légué en terme de thèmes et de personnages : femmes fatales, flics véreux, riches hommes d’affaires et politiques corrompus, le tout avec une touche d’Agatha Christie : lorsque Patrick Jane rassemble tous les suspects dans une seule pièce, c’est du pur Hercule Poirot !

Ruse et insolence
Parlons d’Hercule Poirot. Jane, « consultant » du CBI, le bureau californien d’investigation, lui ressemble étrangement, sauf sur le plan physique : comme Poirot, il est vaniteux, doté d’un esprit d’observation extrêmement développé et il n’a que du mépris pour les méthodes habituelles de la police. Jane y ajoute de la ruse et de l’insolence. Aux proches du défunt en deuil, il pose la question qui dérange, il ment en permanence, manipule sans distinction victimes, coupables et ses propres collègues et il n’obéit que très rarement aux ordres de ses supérieurs. Tel un Philip Marlowe, autre personnage sans considération pour l’autorité, il avance par des hypothèses parfois surprenantes, sans avoir de preuves. L’essentiel pour lui est de faire tomber les masques de tous ces autres vaniteux qu’il rencontre. Trouver le coupable ne semble avoir qu’une importance secondaire.


Médium médiatique
C’est que Jane cherche autre chose. Derrière son comportement irrespectueux et en apparence jouissif, se cache un homme meurtri mais très déterminé. Dans une vie antérieure, il fut « médium » : il disait pouvoir communiquer avec les défunts et il exploitait ce « talent » sans scrupules, au point de devenir une personnalité médiatique. Mais son arrogance et autosuffisance l’ont fait trébucher lorsqu’il prétendit publiquement connaître l’identité d’un célèbre tueur en série, « Red John ». Ce dernier répondit du tac au tac à Jane en assassinant sauvagement sa femme et sa fille. Jane n’a désormais qu’un seul but : démasquer et tuer celui qui lui a enlevé le sens de sa vie.

« Blake Association »
Mais Red John n’est pas un assassin ordinaire. Certains l’ont comparé au célèbre tueur en série médiatisé « Zodiac » qui terrorisa la région de San Francisco à la fin des années 1960 et qui n’a jamais été officiellement identifié – David Fincher en a tiré un film glaçant en 2007. Red John a encore une autre dimension. Il a des disciples qui agissent en son nom, qui transmettent ses « bonnes paroles » et qui sont mêmes prêts à mourir pour lui. Leur code de reconnaissance est constitué par les premiers mots d’un poème de l’Anglais William Blake, « The Tyger ». Leur criminelle confrérie s’appelle d’ailleurs la « Blake Association. »

« Redoutable Symétrie »
John – son adjectif « red » est bien sûr choisi pour ajouter la note sanguinaire – a donc pour principal adversaire un homme qui lui ressemble quelque part et qui use en partie des mêmes techniques que lui. Jane et Red John seraient-ils ainsi comme deux frères jumeaux ? Le poème « The Tyger » semble le suggérer, en parlant d’une « fearful symmetry » ( William Blake écrit toute son œuvre poétique en forme de dialogue, un dialogue avec son frère, disparu très jeune.)
Red John tente même, à travers sa disciple Lorelei (!) de mettre Jane dans son camp et les suspicions de connivence entre les deux existent dès le départ, notamment au sein du FBI, organisation concurrente du CBI.


« Cliffhangers »
C’est dans l’affrontement entre Jane et John que The Mentalist prend sa véritable ampleur. À partir de la fin de la saison 3, la série gagne en tension, en complexité et surtout en imprévisibilité. Le ton faussement léger du récit et le comportement jouissif de Jane passent progressivement au second plan. C’est particulièrement sensible dans la saison 6, actuellement diffusée par TF1 où l’on ne compte plus les développements inattendus, les suspens terminaux (« cliffhangers ») et autres renversements de situation. On est loin du réalisme d’une série policière américaine ordinaire : plutôt un univers tirant vers le fantastique à la David Lynch, où l’on n’est sûr de rien ou de personne, où l’allié du moment peut se révéler le lendemain comme l’ennemi mortel, où le coupable n’est pas celui que l’on croit et où la solution, après un court espoir, semble de nouveau s’éloigner. Bref, on est dans un cauchemar perpétuel.

Critique sociétale
The Mentalist n’est-il donc finalement que ce combat entre le mal (Red John) et le… moins mal (Jane), une pure fiction psycho-fantastique sans moralité ni rédemption, ni véritable lien avec la réalité ? C’est mal connaître le cinéma et la fiction télévisuelle américains qui, aussi formatés soient-ils, exigent ce lien avec la réalité ressentie par les Américains, un lien qui vire souvent à la critique sociétale. La série paraît refléter une guerre entre les différents services de sécurité américains, CBI, FBI et aussi le« Homeland Security » – créé par l’ancien Président Bush après les tragiques événements de « 9-11 » – mais le véritable sujet est une forme de paranoïa américaine.

« Unhappy people »
Paranoïa réciproque des deux personnages principaux. Paranoïa des organisations de sécurité qui voient le danger partout. Paranoïa aussi de l’Américain « ordinaire » craignant surtout pour sa sécurité. Le tout au nom de la sacrosainte liberté mais dont il ne reste finalement qu’un simulacre. « Just a lot of unhappy people » dit l’agent Cho, collègue de Patrick Jane ; on voit dans The Mentalist des gens mal dans leur peau qui n’agissent que par le mensonge, la violence et le crime et qui sont la manifestation d’une société malade et sans repères.

Un tableau évidemment excessif, mais qui met bien en lumière la puissance de la peur dans la société américaine. Et le talent de sa télévision pour la transformer en série à succès mondial.


Source trop-libre.fr

Billets-La France est finie


La France est finie 

Nos voisins d’outre-Manche sont attristés de voir l’état déplorable de notre pays. Ils l’expriment sans modération à la suite des déclarations d’Andy Street, le PDG de John Lewis, l’équivalent des Galeries Lafayette au Royaume Uni.

C’est dans le Times, mais repris dans l’ensemble de la presse britannique, que nous avons pu lire les déclarations dévastatrices tenues par Monsieur Andy Street, à Londres, lors de la remise des prix du concours John Lewis de start-up entreprenantes. Andy Street y évoque son dernier séjour à Paris, où il reçut une récompense « en plastique, ce qui est révoltant ».

Le PDG de John Lewis, l’équivalent des Galeries Lafayette au Royaume Uni, s’est écrié : « La France est finie ! » Il a décrit notre pays comme sclérosé, nos décideurs économiques comme irrémédiablement pessimistes et a appelé les entrepreneurs britanniques présents sur le marché français à s’en dégager avant la chute finale. Après avoir répété « La France est finie ! », il a ajouté : « Je n’ai jamais vu un pays malade à ce point… rien ne fonctionne et tout le monde s’en fout ! [...] S’il me fallait la démonstration de ce qu’est un pays en déclin, je l’avais sous les yeux. À chaque instant que je voyais cela, je me disais : « Dieu aide la France ! »  » Vraiment, si vous avez investi dans du business en France, récupérez les rapidement. La croissance de la deuxième économie de la zone euro est scotchée sous la présidence de François Hollande… »

Revenant sur son récent voyage, il évoque la gare du Nord « que je peux seulement décrire comme la fosse aux immondices de l’Europe », alors que la gare de St Pancras est « moderne et tournée vers l’avenir ».


Soyons clair, aussi choquants que puissent être ces propos, il faut comprendre qu’ils sont prononcés par quelqu’un qui, comme David Cameron, comme Boris Johnson, aime la France, y séjourne régulièrement. Il ne s’agit pas d’un « France bashing » venant de francophobes comme il en existe tant et qui s’expriment si souvent dans des journaux comme le Daily Mirror, par exemple. Ce sont aussi des propos révélateurs, tout du moins dans leur partie « politique », d’une opinion partagée par de nombreux Britanniques concernant la situation alarmante de la France, seconde économie de l’Union, mais une économie qui, sans croissance, risque d’être distancée par son voisin britannique et d’avoir du mal à rattraper son retard dans les réformes.
Il y a, dans l’écho que ses propos ont eu outre-Manche, une dimension qui très probablement avait échappé à Andy Street. Ils ont été prononcés à trois jours de la visite du Premier ministre français à Londres… et il est certain que bon nombre de journalistes de la presse « sérieuse » ont trouvé là le moyen de dire tout haut par la bouche d’un tiers ce qu’ils pensaient tout bas et auraient trouvé discourtois d’énoncer par eux-mêmes.

En tous cas, l’image de la France telle que la reflète la presse étrangère n’est pas flatteuse. Ce sont souvent les autres qui sont plus lucides sur nous-mêmes, n’est-ce pas ? Mais rassurez vous, pendant ce temps, la presse française fait taire le miroir et vous montre de jolis « Rafale » en train de bombarder les djihadistes… qui vont entrer incessamment dans Bagdad !