dimanche 29 octobre 2017

Photos mythiques-Mort d’un Viêt Công

Mort d’un Viêt Công
Photo : Eddie Adams (1968)



Cette image d’Eddie Adams a fait le tour de la planète et a indubitablement influé sur le cours de la guerre du Vietnam.

En 1969, le photographe a remporté le prix Pulitzer pour sa photo d'un Viêt-cong exécuté sommairement en pleine rue par un policier sud-vietnamien.
Adams a capté l'instant de cette mort, et l'image a fait le tour du monde.

Elle allait devenir un des symboles de la guerre du Vietnam, choquant l’opinion publique américaine. Elle a été utilisée par plusieurs opposants au conflit pour prouver que la guerre n'avait pas été gagnée.

Des années plus tard, M. Adams était encore hanté par cette photo, qu'il n'exposait pas dans son studio. Il considérait qu'elle ne rendait pas justice au policier sud-vietnamien, Nguyen Ngoc Loan.
Selon le photographe, le policier était un héros.


Eddie Adams

samedi 28 octobre 2017

Recettes, Recettes Soufflés-Soufflé au chocolat


Soufflé au chocolat

Préparation : 15 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 4 personnes
5 œufs entiers
180 g de chocolat noir
110 g de sucre en poudre + 20 g pour le moule
5 cl de lait
40 g de cacao tamisé
10 g de beurre pour le moule
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
2. Beurrez et sucrez un moule à soufflé d’environ 20 cm de diamètre (ou quatre ramequins individuels) ; Placez-le au réfrigérateur.
3. Cassez les œufs en séparant les blancs des jaunes. Faites fondre le chocolat au bain-marie avec 70 g de sucre et le lait. Mélangez le cacao avec les jaunes d’œufs, ajoutez-les au chocolat fondu.
4. Montez les blancs d’œufs en neige ferme avec une pincée de sel. Versez en pluie 40 g de sucre et continuez de fouetter pour obtenir une meringue très épaisse. A l’aide d’une spatule, incorporez délicatement cette meringue au chocolat. Remplissez le moule (ou les ramequins) aux trois quarts de cette préparation. Enfournez pour 15 minutes et n’ouvrez pas la porte du four durant la cuisson. Servez aussitôt.


Recettes, Recettes Soufflés-Soufflé au chèvre


Soufflés-Soufflé au chèvre

Préparation : 20 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes
3 crottins de chèvre de 50 g environ
12 quartiers de tomates séchées confites à l’huile
4 œufs entiers
40 g de beurre + 10 g pour le moule
40 g de farine + 20 g pour le moule
40 cl de lait
Sel
Poivre du moulin
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
2. Beurrez et farinez un moule à soufflé d’environ 20 cm de diamètre (ou quatre ramequins individuels) ; Placez-le au réfrigérateur.
3. Dans l’un des crottins, taillez 4 fines rondelles ; coupez le reste en petits cubes. Hachez les tomates séchées. Cassez les œufs en séparant les blancs des jaunes.
4. Préparez la béchamel. Dans une casserole, faites fondre le beurre, puis ajoutez la farine, mélangez et laissez cuire pendant 4 ou 5 minutes à feu moyen, en remuant. Versez le lait froid, salez et poivrez. Portez à ébullition et faites cuire encore 4 ou 5 minutes, sans cesser de remuer. Laissez refroidir.
5. Ajoutez les cubes de fromage, les tomates hachées et les jaunes d’œufs à la béchamel. Montez les blancs d’œufs en neige ferme avec une pincée de sel. Incorporez-les délicatement à la béchamel à l’aide d’une spatule.
6. Remplissez le moule (ou les ramequins) aux trois quarts de cette préparation. Enfournez pour 35 minutes et n’ouvrez pas la porte du four durant la cuisson. Servez le soufflé à la sortie du four.

Pour réussir cette recette, utilisez des crottins de chèvre demi-secs.

Variante

Vous pouvez ajouter quelques brindilles de thym frais ou de feuilles de basilic dans la béchamel.


vendredi 27 octobre 2017

jeudi 26 octobre 2017

Billets-Kennedy, un président tombé de son piédestal


Kennedy, un président tombé de son piédestal

Cinquante ans après la mort de JFK à Dallas, sa place dans l'histoire américaine a été revue à la baisse. Désormais, les manuels destinés aux lycéens mettent beaucoup plus en avant les ratés de sa présidence.

Le Président Kennedy présenté aux élèves d'aujourd'hui n'a pas grand chose à voir avec celui de leurs grands-parents. Dans un manuel de lycée édité sous la direction de John M. Blum en 1968, Kennedy est dépeint comme un héros tragique, fauché par le destin alors qu'il œuvrait à la transformation de la société et qui, en à peine 1 000 jours de mandat, avait su "raviver l'idée d'une Amérique jeune, aventureuse et progressiste, envisageant l'avenir avec confiance et espoir".

Au milieu des années 80, l'enthousiasme était retombé et Kennedy n'avait plus la même stature. Dans un manuel de 1987 sous la direction de James A. Henretta, les auteurs condamnent la "mythification" de la présidence Kennedy et rappellent que les espoirs soulevés par le candidat ne se sont soldés que par "de maigres avancées législatives".

Pour les étudiants américains, la première leçon approfondie sur le 35ème Président (et souvent la dernière) vient des manuels de lycée. Et à la veille de l'anniversaire de son assassinat il y a 50 ans, une relecture de la vingtaine de manuels écrits depuis sa mort révèle un portrait de moins en moins élogieux au fil des ans.

  • Manque de vigueur
On passe ainsi d'un jeune président charismatique ayant inspiré les jeunes du monde entier à un chef d'Etat profondément imparfait, dont les talents oratoires ont largement dépassé les réalisations. L'attention accordée à la crise des missiles à Cuba a diminué, ainsi que le respect qu'on lui vouait pour avoir évité la guerre. Les échecs du président au Congrès et l'engagement croissant dans le conflit du Vietnam sont davantage mis en avant. Le glamour de l'ère Kennedy a cédé la place à la réalité.

"La véritable stature d'homme d'Etat de Kennedy s'est révélée" lors de la crise des missiles cubains, peut-on lire dans un manuel de 1975 rédigé par Clarence Ver Steeg et Richard Hofstadter, A People and a Nation ["Un peuple et une nation", non traduit]. Sur la question des droits civiques, écrivent ces auteurs, "son administration n'avait pas reçu le soutien du Congrès". Pourtant, ajoutent-ils, "la ségrégation a disparu en grande partie des bus, des hôtels, des motels et des restaurants" sous sa présidence. Ce qui est faux : ces changements ont eu lieu pour la plupart après la ratification de la loi sur les droits civiques par son successeur, Lyndon B. Johnson, en 1964.

Dans un ouvrage du même titre paru en 1982 et encore très utilisé aujourd'hui, Mary Beth Norton et ses collègues adoptent une approche complètement différente. Kennedy "a mené le combat pour les droits civiques avec un évident manque de vigueur", écrivent-ils. Ils le jugent également responsable de la crise des missiles, expliquant que la crainte cubano-soviétique d'une invasion avait été nourrie par le débarquement de la Baie des Cochons en 1961 et par d'autres opérations agressives des Etats-Unis contre Cuba.

  • Sa cote a dégringolé
Diverses raisons expliquent ce changement de regard. Quand la génération du Vietnam s'est retrouvée aux commandes des manuels scolaires, l'implication de Kennedy dans la guerre a commencé à être davantage mise en avant. L'ouverture des archives audios de la Maison Blanche, qui a débuté en 1984, a révélé un politicien froid et calculateur, et non le président idéaliste et l'ardent défenseur des droits civiques que les Américains se représentaient.

Enfin, les années 80 ont marqué un tournant dans les manuels d'histoire. L'ancienne approche consistait à mettre en avant les réussites de l'histoire américaine, explique Gilbert Sewall, directeur du Comité des manuels scolaires américains (ONG chargée de vérifier le contenu des manuels). Selon lui, dans les années 80, on est passé à une relecture de l'histoire plus critique, faisant plus de place aux injustices telles que les mauvais traitements infligés aux Indiens, mais aussi aux facettes moins reluisantes de ceux considérés auparavant comme des héros.

Ce renversement, renforcé par la diffusion de portraits peu flatteurs dans la presse, la littérature et la télévision, a sans doute contribué à déboulonner le mythe Kennedy. Considéré autrefois par les Américains comme l'un des plus grands présidents des Etats-Unis, sa cote a dégringolé ces dernières années. Selon un récent sondage du New York Times, il n'arrive qu'en quatrième position parmi les plus grands présidents américains avec seulement 10 % des suffrages, derrière Ronald Reagan, Lincoln et Bill Clinton.

La vision des manuels n'a pas varié sur certains aspects de la présidence Kennedy. Les ouvrages scolaires continuent à louer le programme spatial, tandis que le débarquement raté de la Baie des Cochons a toujours été qualifié de "fiasco". De nombreux manuels des différentes époques, même ceux qui sont très critiques à l'égard du Président, reconnaissent que Kennedy fut un dirigeant qui a fait rêver les Américains. Plus que son bilan politique, c'est cette aura qui demeure aujourd'hui.

La tombe de John F. Kennedy au cimetière national d'Arlington. DaKohlmeyer/CC/Flickr
Source Courrier International

Billets-Paris devient un nouveau Pékin


Paris devient un nouveau Pékin

La tour Eiffel avalée par le smog, l’image a frappé les esprits. Pourtant, la presse étrangère doute de l'efficacité de la circulation alternée, une décision qui est loin de faire l’unanimité chez les Parisiens râleurs.

Jusqu’à présent le masque n’était pas la première chose à mettre dans une valise quand on partait visiter Paris, mais les choses pourraient bien changer. En ce 17 mars saturé de particules fines, même la correspondante du New York Times doit se rendre à l’évidence : "La mauvaise qualité de l’air peut sembler familière aux touristes qui se promènent à Pékin ou à Bombay, mais, dans cette capitale élégante où les limites de la hauteur imposées aux constructions donnent l’impression que l’air frais circule, la pollution est rarement aussi forte en cette période de l’année et dure rarement aussi longtemps."

Pour la première fois depuis dix-sept ans, les autorités ont pris la décision d’imposer la circulation alternée des véhicules : "Les Parisiens se révoltent", rapporte The Guardian qui constate qu'"une tendance révolutionnaire parcourt la société française. Les règles sont faites pour être contournées. Quiconque a essayé d'emprunter un passage piétons à Paris le sait bien. Les Parisiens interrogés [le 16 mars] l’ont dit, et particulièrement pour ceux qui travaillent en banlieue, leur véhicule est essentiel pour circuler et ils se préparaient à braver l’interdiction malgré le risque de devoir s’acquitter alors d’une amende de 22 euros."

"Paris est en passe de devenir un nouveau Pékin", titre Die Tageszeitung, le quotidien berlinois proche des écologistes. Certes, les autorités ont décidé de réagir vite, mais, comme le soulignent les organisations de défense de l’environnement – qui plaident pour un changement durable –, "les mesures prises luttent contre les symptômes, non contre les causes". S’il est vrai que "la municipalité socialiste-écologiste de la Ville de Paris a mis en question la prédominance de la voiture, la France est régulièrement pointée du doigt pour ne pas respecter les normes européennes de pureté de l’air dans ses villes – une plainte pourrait être déposée pour l’y contraindre."

La France n’est cependant pas le seul Etat européen à affronter ce problème : les 15 et 16 mars, la Belgique et de nombreuses régions du sud-ouest de l’Allemagne dépassaient largement la norme maximale admise de 50 microgrammes [de particules fines] par mètre cube d’air. Une situation qui n'a pas échappé au magazine Tech Times. Ce dernier écrit : "L’Agence européenne pour l’environnement a averti que le problème était en train de s’étendre au-delà de Paris."


 Dessin de Mix&Remix. 

Source Courrier International

Billets-L'Ours blanc


L'Ours blanc

Chez l'ours blanc les mâles et femelles atteignent leur maturité sexuelle à l’âge de quatre ou de cinq ans. Bien que les femelles puissent alors s’accoupler et avoir des petits, il est peu probable que de nombreux mâles s’accouplent avant l’âge de huit ou de dix ans. Étant donné que les oursons restent généralement avec leur mère pendant deux ans et demi, les femelles ne peuvent habituellement avoir une nouvelle portée que tous les trois ans. Ce rythme de reproduction très lent explique pourquoi les populations réduites prennent tant de temps à se rétablir.

L’accouplement a lieu durant les mois d’avril et de mai, lorsque les ours blancs chassent les phoques sur la banquise. Cependant, ce n’est qu’entre la mi-septembre et la mi-octobre que l’œuf fécondé s’implante dans l’utérus et commence à se développer. Dans la majeure partie de l’Arctique, la préparation des tanières de mise bas commence vers la mi-octobre, les femelles gravides recherchant alors des amoncellements de neige épais près de la côte. Souvent, elles creusent leur tanière sur le versant sud de collines ou de vallées, où les vents dominants du Nord forment d’épais amoncellements de neige.


La dimension des tanières varie, mais la chambre de mise bas, située à l’extrémité supérieure d’un tunnel d’entrée mesurant un ou deux mètres de longueur, a un diamètre moyen de 1,5 m et atteint de 90 à 100 cm de hauteur en son milieu. Une fois la tanière creusée, la neige soufflée par le vent a tôt fait de refermer l’ouverture du tunnel d’entrée. La chambre, plus haute que le tunnel d’entrée, emprisonne l’air chaud dégagée par les ours. Lorsque la tanière est occupée, la température intérieure reste à quelques degrés sous 0 °C tout l’hiver, et ce, peu importe le froid qu’il fait à l’extérieur.

Les jeunes naissent entre la fin de novembre et le début de janvier, selon la latitude, après environ deux mois de gestation (mot désignant la grossesse chez l’animal). Les portées les plus courantes se composent de jumeaux ou, dans une moindre mesure, d’un ourson unique. Des triplés naissent périodiquement, surtout lorsque les conditions alimentaires ont été bonnes et que les femelles peuvent accumuler beaucoup de graisse avant de préparer leur tanière. Des quadruplés ont aussi été observés, en de très rares occasions.

À la naissance, les oursons ne mesurent que 25 cm de longueur environ et pèsent moins d’un kilogramme. Leurs yeux sont fermés et leur peau est couverte de poils si fins que certaines descriptions antérieures indiquaient qu’ils étaient nus.


La plupart des groupes familiaux de la partie sud de la baie d’Hudson quittent leur tanière entre la fin de février et la mi-mars, tandis que ceux de l’Extrême-Arctique peuvent quitter leur tanière un mois plus tard. Les familles restent dans le site de mise bas durant une ou deux semaines pour s’habituer au froid et se dégourdir. Si le trajet ultérieur vers la glace de mer dépasse quelques kilomètres, la femelle peut s’arrêter deux ou trois fois par jour pour se reposer, ainsi que pour nourrir et réchauffer ses petits. Une fois de retour sur la glace de mer, la femelle chasse continuellement, ne s’arrêtant périodiquement que pour creuser un trou dans la neige à l’abri du vent dominant, où elle nourrit les oursons et où tous peuvent dormir.

Le groupe familial se divise quand les oursons ont environ deux ans et demi. Parfois, des petits restent avec leur mère jusqu’à l’âge de trois ans et demi et, dans la partie ouest de la baie d’Hudson, certaines mères sèvrent leurs oursons, ou cessent de les allaiter, à un an et demi seulement. La première année d’indépendance est sans doute la période la plus difficile de la vie d’un ours blanc. En effet, ses techniques de chasse sont encore inefficaces et il est probable que des ours plus gros s’empareront des rares phoques qu’il parviendra à capturer.

mardi 24 octobre 2017

Billets-Trottoirs : une nouvelle norme est née


Trottoirs : une nouvelle norme est née

Bonne nouvelle pour ceux qui désespéraient de la technocratie française : une nouvelle norme est née. Si notre démographie est chancelante, notre production normative se porte bien. Nous avons enfin une petite sœur à rajouter à la fratrie pullulante des normes françaises.

Celle-ci concerne l’aménagement des trottoirs. Désormais, les mairies ont l’obligation, à chaque intervention, d’effectuer des prélèvements des revêtements et des enrobés et de les soumettre à une analyse d’amiante. Qu’il s’agisse de rénover quelques mètres carrés de trottoir, pour mettre un peu d’enrobé dans un trou en formation, ou de refaire toute une rue, le prélèvement et l’analyse sont obligatoires.

Pourquoi ? Parce que le bureau de fabrication des normes vient de découvrir que, dans les années 1990, les entreprises qui produisaient les enrobés avaient un produit à base d’amiante. Tous les trottoirs et chaussées n’ont pas été faits avec cet enrobé, mais un certain nombre. Tout un chacun a pu constater que l’on rencontre souvent des personnes qui s’effondrent dans les rues, raides mortes, parce qu’elles ont inhalé des poussières d’amiante se dégageant des trottoirs. Il était donc urgent d’agir et d’imposer cette nouvelle norme. Le coût du prélèvement est estimé à 500€. Imaginez qu’une commune doive réaliser une centaine d’opérations dans l’année, et vous atteindrez un surcoût assez considérable.


Le pire est pour le cas où de l’amiante serait découvert. Il faut alors désamianter, et les riverains verront débarquer une nuée de cosmonautes descendus de la station Mir pour sécuriser le trottoir nocif et dangereux. Cela fait bientôt vingt ans que des milliers de Français vivent un danger mortel en foulant au pied un trottoir enrobé d’amiante, ou en roulant sur une chaussée qui renferme les terribles particules. Nous ne voulons provoquer aucune panique collective, mais voilà des centaines de milliers de personnes qui risquent leur vie en marchant sur les trottoirs. Nous ne leur conseillerons pas pour autant de marcher sur la chaussée, elles risqueraient de se faire renverser. Jusqu’à la prochaine norme, qui interdira aux voitures de renverser des piétons.

Dormez tranquille, cette norme maternelle va veiller d’une main protectrice sur la sécurité des riverains. Aux communes d’accroître les impôts pour subvenir à cette nouvelle dépense.

Billets-La France est finie


La France est finie 

Nos voisins d’outre-Manche sont attristés de voir l’état déplorable de notre pays. Ils l’expriment sans modération à la suite des déclarations d’Andy Street, le PDG de John Lewis, l’équivalent des Galeries Lafayette au Royaume Uni.

C’est dans le Times, mais repris dans l’ensemble de la presse britannique, que nous avons pu lire les déclarations dévastatrices tenues par Monsieur Andy Street, à Londres, lors de la remise des prix du concours John Lewis de start-up entreprenantes. Andy Street y évoque son dernier séjour à Paris, où il reçut une récompense « en plastique, ce qui est révoltant ».

Le PDG de John Lewis, l’équivalent des Galeries Lafayette au Royaume Uni, s’est écrié : « La France est finie ! » Il a décrit notre pays comme sclérosé, nos décideurs économiques comme irrémédiablement pessimistes et a appelé les entrepreneurs britanniques présents sur le marché français à s’en dégager avant la chute finale. Après avoir répété « La France est finie ! », il a ajouté : « Je n’ai jamais vu un pays malade à ce point… rien ne fonctionne et tout le monde s’en fout ! [...] S’il me fallait la démonstration de ce qu’est un pays en déclin, je l’avais sous les yeux. À chaque instant que je voyais cela, je me disais : « Dieu aide la France ! »  » Vraiment, si vous avez investi dans du business en France, récupérez les rapidement. La croissance de la deuxième économie de la zone euro est scotchée sous la présidence de François Hollande… »

Revenant sur son récent voyage, il évoque la gare du Nord « que je peux seulement décrire comme la fosse aux immondices de l’Europe », alors que la gare de St Pancras est « moderne et tournée vers l’avenir ».


Soyons clair, aussi choquants que puissent être ces propos, il faut comprendre qu’ils sont prononcés par quelqu’un qui, comme David Cameron, comme Boris Johnson, aime la France, y séjourne régulièrement. Il ne s’agit pas d’un « France bashing » venant de francophobes comme il en existe tant et qui s’expriment si souvent dans des journaux comme le Daily Mirror, par exemple. Ce sont aussi des propos révélateurs, tout du moins dans leur partie « politique », d’une opinion partagée par de nombreux Britanniques concernant la situation alarmante de la France, seconde économie de l’Union, mais une économie qui, sans croissance, risque d’être distancée par son voisin britannique et d’avoir du mal à rattraper son retard dans les réformes.
Il y a, dans l’écho que ses propos ont eu outre-Manche, une dimension qui très probablement avait échappé à Andy Street. Ils ont été prononcés à trois jours de la visite du Premier ministre français à Londres… et il est certain que bon nombre de journalistes de la presse « sérieuse » ont trouvé là le moyen de dire tout haut par la bouche d’un tiers ce qu’ils pensaient tout bas et auraient trouvé discourtois d’énoncer par eux-mêmes.

En tous cas, l’image de la France telle que la reflète la presse étrangère n’est pas flatteuse. Ce sont souvent les autres qui sont plus lucides sur nous-mêmes, n’est-ce pas ? Mais rassurez vous, pendant ce temps, la presse française fait taire le miroir et vous montre de jolis « Rafale » en train de bombarder les djihadistes… qui vont entrer incessamment dans Bagdad !


Billets-Loi anti-dissimulation du visage


Loi anti-dissimulation du visage : les Français veulent de la cohérence
Deux incidents en moins de deux semaines sont venus rappeler aux politiciens leur inconséquence face à leur volonté de légiférer sur tout, d’une part, et les contradictions de ceux qui s’appellent les progressistes, d’autre part.

En effet, les affaires « Morano vs police de la Gare de l’Est », puis « la femme voilée expulsée de l’opéra Garnier » mettent un coup de projecteur sur les problèmes liés à la loi de 2011 interdisant de se dissimuler le visage dans l’espace public.

Le 15 octobre dernier, l’eurodéputée Nadine Morano croise une personne Gare de l’Est vêtue d’un voile intégral. Comme la loi française prévoit qu’il est interdit d’être accoutré de la sorte, et aussi peut être parce qu’à titre personnel, Nadine Morano n’aime pas les personnes voilées, la députée cherche un représentant des forces de police afin de lui faire constater l’infraction à la loi. Le policier trouvé ne semble pas s’exécuter, et Morano s’indigne du fait qu’il procède alors à son contrôle d’identité, comme le prévoit aussi la loi. Les médias et les commentateurs s’indignent, non pas de l’infraction, le port du voile intégral, mais de l’extrémisme islamophobe supposé de Nadine Morano.
Ce weekend, deuxième fait divers. On apprend qu’une spectatrice voilée, une touriste du Golfe, a dû quitter la Traviata en pleine représentation. L’incident a eu lieu début octobre à l’Opéra Bastille. Il a poussé le ministère de la culture à faire une note sur le sujet.

Que peut-on conclure ? D’une part, étant donné que l’Opéra Bastille et la Gare de l’Est de Nadine Morano étant deux univers différents, on peut déduire des conclusions de portée générale, à savoir que deux mondes culturellement différents mais tous deux représentatifs des élites françaises veulent que la loi contre la dissimulation du visage soit appliquée. L’incident Morano prend un autre sens, il ne peut pas seulement être relié à l’islamophobie réelle ou supposée de cette membre de l’UMP. Il est bien lié à une volonté généralisée de ne pas voir certains symboles de l’islam bafouer la vision française de la laïcité.

D’autre part, on voit bien que l’application de la loi ne dépend pas de la quantité de forces de police sur le terrain, mais de la volonté de citoyens, députés ou vigiles, de la voir appliquée, et du consensus au sein de la population. C’est aussi l’analyse de Bruno Le Maire.

Et sur le sujet du voile comme sur d’autres, l’opinion des médias ou celles de groupes de pression peut ne pas refléter l’opinion générale des Français.

En 2013, un sondage montrait que 84%, soit une énorme majorité des Français, étaient opposés au port du voile ou du foulard islamique par des femmes travaillant dans des lieux privés accueillant du public.

Or, des Musulmans estiment, trois ans après son adoption que cette loi est islamophobe et qu’elle stigmatise des personnes dont la pratique n’enlève rien à personne. Cela ne vous rappelle rien ? Pendant le débat du mariage pour tous, non seulement les militants LGBT notaient qu’autoriser deux personnes homosexuelles à se marier n’enlevait rien à personne, mais que, de plus, s’opposer à ce point de vue était homophobe.

Or, force est de constater que les Musulmans ont raison dans le sens où il apparaît que, dans la plupart des cas, les femmes voilées le font librement, de leur propre initiative.

La police avait prévenu : la loi contre le port du voile ne serait pas sa priorité, la jugeant inapplicable.

Dès lors, le gouvernement actuel n’a que deux options.
La première consiste à rappeler à la police qu’elle est là pour faire appliquer toutes les lois, même celles qu’elle juge idiote. Après tout, la police poursuit bien sa guerre contre la drogue alors qu’elle sait qu’elle est inutile. Alors, pourquoi ne pas donner raison à Nadine Morano quand elle dénonce l’inaction de la police ?

La deuxième consiste à abroger la loi. En effet, puisque le voile islamique n’est pas forcément l’expression d’une soumission dans un cadre machiste, mais parfois l’illustration d’une recherche spirituelle (bien éloignée des préoccupations du gouvernement Valls, majoritairement athée et christianophobe), alors pourquoi ne pas accorder cette liberté aux principales intéressées, liberté qui doit évidemment être accompagnée de la liberté de pouvoir les critiquer. Autrement dit, pourquoi ne pas abroger la loi sur le voile et, en même temps, abroger les lois Pleven-Gayssot qui criminalisent les propos racistes (au sens large) ?

La loi ne peut pas tout. Les comportements individuels peuvent certes être contraints par la loi, mais le vivre ensemble ne doit-il pas partir de chacun d’entre nous et de l’intériorisation de valeurs communes ? Plusieurs années de loi anti-voile ont montré que les principales concernées avaient décidé de poursuivre leur démarche à rebours de siècles d’évolution en France (où les hommes et les femmes cohabitent), il n’y a donc que deux attitudes possibles :

Version conservatrice : partant du principe que malgré la présence d’une importante communauté musulmane, la France reste une terre avant tout laïque et de culture chrétienne, alors il convient de faire appliquer la loi anti-voile, par la force s’il le faut, par la police, tout comme cette même police n’hésite pas à user de la force en d’autres situations. Après tout, il est interdit d’être juif en Arabie Saoudite, et les Chrétiens auront du mal à trouver une église dans ce même pays.

Version libérale : partant du fait que la France que l’on veut, c’est la France que les gens construisent au quotidien par leur comportement, légiférer dans ce domaine ne sert à rien si les valeurs ne sont pas intériorisées. On peut aussi penser que les femmes voilées n’enlèvent rien à personne si ce n’est éventuellement à elles-mêmes. Après tout, quand on va à Londres, on voit bien que des femmes voilées côtoient avec plus ou moins d’indifférence d’autres personnes au look plus occidentalisé. En contrepartie, il faut accepter l’idée que nous nous dirigions vers un pays de communautés intentionnelles, ce qui est de toute façon déjà un peu le cas. Les musulmanes qui se sentent rejetées n’auraient dans ce cas qu’à s’en prendre à elles-mêmes.

La troisième version, socialiste, n’est évidemment pas tenable. Elle consiste à avoir des lois en totale opposition avec la pratique, tout en fermant les yeux sur des situations de ghettoïsation de fait et à hurler au loup fasciste dès que quelqu’un demande à ce que la loi soit appliquée. Évidemment, le fait que des touristes du golfe bravent impunément les lois de France, à l’Opéra Bastille ou sur les Champs-Élysées, va pousser les élites bunkerisées à se poser des questions qui ne leur venaient pas à l’esprit tant que le voile islamique ne concernait que Trappes ou Mantes la Jolie !

Alors, qu’est ce que le Parti Socialiste au pouvoir va choisir ? Le respect de la loi (validée par la CEDH) et par la-même la reconnaissance que Nadine Morano avait raison ? Ou l’abrogation de la loi, en vertu de ce que demandent des associations anti-islamophobie, et partant du principe que « porter un hijab ou un niqab n’enlève rien à personne » ?

Source contrepoints.org

Recettes, Recettes Soufflés-Soufflé aux myrtilles


Soufflé aux myrtilles

Préparation : 25 mn
Cuisson : 40 mn
Pour 4 personnes
180 g de myrtilles
220 g de sucre en poudre + 20 g pour le moule
4 œufs entiers
50 cl de lait
60 g de farine
10 g de beurre pour le moule
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
2. Beurrez et sucrez un moule à soufflé d’environ 20 cm de diamètre (ou quatre ramequins individuels) ; Placez-le au réfrigérateur.
3. Dans une poêle, saisissez les myrtilles à feu vif avec 30 g de sucre, pendant 3 minutes, pour les faire éclater.
4. Cassez les œufs en séparant les blancs des jaunes.
5. Préparez la crème pâtissière. Dans une casserole, portez le lait à ébullition. Dans un saladier, fouettez les jaunes d’œufs avec 140 g de sucre, jusqu’à ce qu’ils blanchissent. Ajoutez la farine, mélangez, puis versez dessus le lait bouillant en fouettant. Reversez le tout dans la casserole. Faites cuire la crème à feu moyen 4 ou 5 minutes, en remuant. Hors du feu, ajoutez les myrtilles.
6. Montez les blancs d’œufs en neige ferme avec une pincée de sel. Lorsqu’ils commencent à prendre, versez le reste de sucre en pluie et continuez de fouetter pour obtenir une meringue très épaisse. A l’aide d’une spatule, incorporez délicatement cette meringue à la crème.
7. Remplissez le moule (ou les ramequins) aux trois quarts de cette préparation. Enfournez pour 35 à 40 minutes et n’ouvrez pas la porte du four durant la cuisson. Servez chaud.

Il est important de préparer ce soufflé avec des myrtilles fraîches. Surgelées, elles rendraient trop d’eau à la cuisson. En saison , vous pouvez remplacer les myrtilles par du cassis. Ce dernier étant plus acide, ajoutez 10 g de sucre pendant la cuisson à la poêle.


Recettes, Recettes Soufflés-Soufflé au parmesan


Soufflé au parmesan
Préparation : 20 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 6 ramequins
50 cl de lait
8 œufs
100 g de beurre
60 g de farine
150 g de parmesan râpé
Muscade
Sel et poivre blanc du moulin
1. Faites fondre 40 g de beurre. Beurrez généreusement six ramequins avec un pinceau. Placez-les au froid.
2. Faites fondre 60 g de beurre dans une casserole. Hors du feu, versez la farine et mélangez constamment sur feu doux jusqu’à ce que le mélange blanchisse et prenne un aspect mousseux.
3. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
4. Faites bouillir le lait. Versez-le dans la casserole et remuez au fouet sur feu doux pendant 3 minutes, jusqu’à ce que le mélange devienne mousseux. Salez, poivrez, parfumez d’une pincée de muscade. Laissez tiédir.
5. Incorporez les œufs un à un, en mélangeant entre chacun, et le parmesan râpé.
6. Remplissez les moules. Posez-les sur la sole du four et faites cuire 20 minutes. Servez avec une salade verte.

Un soufflé qui monte sans effort et dont le goût est d’autant plus présent que les blancs d’œufs n’ont pas été battus.

10 Conseils pour réussir un soufflé
1. Beurrez grassement le moule pour que rien ne gêne l’ascension du soufflé.
2. Utilisez un moule aux bords évasés plutôt que le traditionnel moule à soufflé.
3. Laissez tiédir la préparation avant d’incorporer les œufs pour éviter qu’ils ne cuisent et n’exercent plus leur rôle de liant.
4. Fini le temps des angoisses : vous pouvez ouvrir la porte du four sans que le soufflé s’affaisse ! Et même le sortir et continuer sa cuisson un peu plus tard !
5. Imperméabilisez, si vous le souhaitez, la surface pour retenir la vapeur en saupoudrant de fromage et en la passant sous le grill. Cette technique semble en outre permettre au soufflé de monter droit.
6. Faites chauffer le four par le bas pour que la vapeur puisse monter. Si le soufflé chauffe par le haut, elle s’échappe trop vite. Vous pouvez aussi le poser sur la sole du four ou sur une plaque préchauffée. Un moule en métal, bon conducteur de chaleur, est idéal.
7. Les petits soufflés doivent être cuits à haute température (200 °C), les grands à température moyenne (160 °C) pour que l’extérieur ne se dessèche pas trop vite.
8. Si vous incorporez des blancs en neige, ceux-ci doivent être bien fermes. Ils laisseront moins s’échapper la vapeur et le soufflé cuira plus vire.
9. Un soufflé avec des blancs en neige doit être mis au four aussitôt le mélange effectué.
10. Plus la cuisson est courte, plus le soufflé est moelleux. Si le soufflé cuit trop, il monte excessivement et s’explose.


Recettes, Recettes Soufflés-Soufflé glacé à l’ananas


Soufflé glacé à l’ananas

Préparation : 25 mn
Cuisson : 10 mn
Congélation : 6 heures
Pour 4 personnes
15 cl de crème liquide très froide
200 g de sucre en poudre
3 blancs d’œufs
350 g de pulpe d’ananas (chair d’ananas mixée)
1. Humidifiez un moule à charlotte d’environ 20 cm de diamètre (ou quatre ramequins individuels). Chemisez le haut du moule avec une bande de papier sulfurisé en la faisant dépasser de 3 ou 4 cm (elle tiendra grâce à l’humidité des parois).
2. Montez la crème liquide en chantilly bien ferme ; réservez-la au réfrigérateur.
3. Dans une casserole, mélangez le sucre avec 10 cl d’eau et faites cuire de 8 à 10 minutes, à feu moyen, pour obtenir un sirop épais. Faites attention à ce qu’il ne prenne pas une couleur caramélisée. Laissez-le tiédir.
4. Montez les blancs d’œufs en neige ferme avec une pincée de sel. Versez le sirop tiède sur les blancs en neige et continuez de battre encore de 8 à 10 minutes, pour obtenir une meringue très épaisse et froide. Incorporez-y délicatement la chantilly et la pulpe d’ananas en soulevant la préparation à l’aide d’une spatule.
5. Versez la préparation dans le moule (ou les ramequins) jusqu’en haut de la bande de papier. Placez au congélateur pour au moins 6 heures. Au moment de servir, retirez le papier sulfurisé.

Utilisez le l’ananas victoria, beaucoup plus parfumé et sucré que les autres variétés.

Conseil

Vous pouvez remplacer la pulpe d’ananas par de la chair de mangue réduite en purée ou par 160 g de pulpe de fruits de la Passion.


Billets-Rencontre avec Cédric Villani

Cédric Villani, “la Lady Gaga des maths”



Le scientifique de haut vol fait généralement très attention à sa mise : tee-shirt violet (Eurodisney) ou moutarde (I love Sydney), pantalon trop court et écrase-merde en cuir mou l'hiver, pantacourt trop long et chaussettes blanches sous sandales Birkenstock l'été ; pull tricoté en Moldavie dans les années 1980 et blouson tombé d'un camion en toute saison. On exagère un chouia, mais vous voyez l'esprit. Tous les signes extérieurs du mépris pour les apparences sont convoqués pour dissiper par avance les chiffres maudits de la superficialité. Un bon scientifique ne perd pas son temps à choisir ses fringues dès potron-minet : il pense.

Et puis il y a Cédric Villani. Il pense aussi. Tellement bien qu'il a décroché l'année dernière la médail­le Fields, l'équivalent du prix Nobel pour les mathématiques, à la suite de ses travaux sur le comportement des gaz et des plasmas. Pourtant, Cédric Villani, 38 ans, ne sort jamais sans son costume trois-pièces, sa lavallière et sa broche araignée épinglée au revers de la veste. Un dandy ostensible dans le monde des équations. Pourquoi ? La question paraît triviale. En chemin pour le rencontrer, on se dit qu'il ne faudra surtout pas la lui poser. Sauf qu'on se rappelle aussi des mots du poète autrichien Hugo von Hofmannsthal : « Il faut cacher la profondeur à la surface. » Et si la profondeur de ce matheux d'élite se dissimulait dans les replis de son accoutrement ?

Il nous accueille près de la rue d'Ulm, dans son bureau de l'Institut Henri-Poincaré, qu'il dirige dans l'arrondissement cérébral de Paris, capitale mondiale des mathématiques. On est terrorisé. Le normalien n'a jamais eu moins de 20/20 en maths dans toute sa scolarité ; on n'a jamais eu 20/20 tout court. Il est comme on l'a vu à la télé au Grand journal. Cheveux romantiques, costume, lavallière blanche, araignée en ambre. Mains longues et fines, yeux immenses qui vous fixent et vous scrutent, mais sans inquisition.

Sur Canal+, il était assis aux côtés de Franck Dubosc, qu'il ne connaissait pas. Il était regardé comme un animal étrange, mais la réciproque était vraie. Villani prenait des airs de biologiste examinant un écosystème ­inconnu. Après coup, les collègues avaient grogné : qu'allait-il faire dans cette galère ? « Je n'ai pas la télé, mais je ne suis pas méprisant, je sais que c'est la vie de millions de personnes, le mathématicien n'est pas un être supérieur qui plane au-dessus de la société. » Il dit ça d'une voix douce, presque féminine.

Tout paraît doux chez lui : sa gestuelle, sa façon de penser à votre niveau sans le montrer, même si l'on devine que son cerveau se cabre comme un avion de chasse à vitesse réduite dans le ciel dégagé de sa boîte crânienne. Il pense vite. Il faut l'étonner. On sait que son père l'a privé de jeu d'échecs vers l'âge de 5 ans, de peur que le roi des jeux n'obère sa personnalité. On tente : « Vous êtes un vrai gâchis pour le jeu d'échecs. » Ses sourcils s'arc-boutent en parenthèses horizontales : « J'y suis revenu à l'adolescence, je n'étais pas si doué que ça. » On ne le croit pas. On lui demande son ouverture favorite. Ce choix trahit souvent la personnalité du joueur. « Sicilienne », répond-il. L'ouverture sabre au clair, la plus risquée, la plus complexe. Un truc de hussard.

La lavallière et l'araignée nous provoquent. On les ignore et on lance un pion en D4 : la médiatisation. Depuis sa médaille, il est passé à la télé, il a été nommé rédacteur invité dans le carnet scientifique du Monde, il participe aussi à La tête au carré, sur France Inter. Il a été interviewé partout et par tout le monde. Cette semaine encore, il participe à l'extraordinaire exposition de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, “Mathématiques, un dépaysement soudain”. Il célèbre aussi le bicentenaire de la naissance du génie Evariste Galois, mort dans un duel à 20 ans. Villani magnétise les journalistes comme un aimant la limaille de fer. « On était deux Français à décrocher la médaille avec Ngô Bao Châu, mais j'ai été considéré comme le "bon client" par les médias », feint-il de s'étonner. Fou en H4.

On attaque directement le roi. Avec sa tête reconnaissable entre toutes, son entregent surréaliste dans un univers habité par des taiseux qui tutoient les équations, ses énigmes savamment entretenues (sa passion pour l'araignée a des origines qu'il tient secrètes), Cédric Villani ne s'est-il pas volontairement placé dans la ligne de mire ? « La médiatisation a été forte surtout pour des raisons triviales, d'ordre vestimentaire. Je suis un peu la Lady Gaga des mathématiques. Mais je porte ces vêtements depuis des années, je n'ai rien changé. »
Fort en tout, Villani n'a même pas le talent d'agacer. Il est un extraordinaire vulgarisateur ; sait concasser la complexité en copeaux comestibles pour le grand public. Et si les maths avaient enfin trouvé leur Hubert Reeves en sa personne ? « Je veux faire rayonner les mathématiques partout ! Quel que soit le public, politique, pdg, artistes, on trouve toujours un langage commun pour partager. »

C'est le moment de poser la question qu'on ne voulait pas poser. Le look. La lavallière et l'araignée nous regardent, triomphantes. « C'est un brise-glace automatique », dit-il. Il a d'ailleurs vécu une expérience contrastée récemment. A Nancy, dans la même soirée, il se fait chambrer dans un bar par des types peu au courant de l'actualité mathématique, puis, en sortant, tombe sur un fan qui s'égosille de le croiser comme ça dans la rue. « Je suis passé du statut de victime à celui d'idole en cinq minutes. » De quoi raviver des souvenirs.

Villani en parle sans chichis. « Enfant chétif, parents très protecteurs, j'étais sans arrêt absent... » La moitié de son CM2, il la passe dans son lit, malade, à compulser des bouquins sur les dinosaures et les maths. Des copains ? « J'ai eu beaucoup de succès avec l'angine et la bronchite asthmatique. »

Il raconte souvent aux médias cette anecdote : quand il passe le bac, il décroche la meilleure note de l'académie en maths. La presse locale le décrit ainsi : « Un monument humain à la gloire de la timidité. » Villani ne raconte pas cette histoire pour se faire plaindre, au contraire. « J'ai la mentalité des anciens timides. Ils aiment les défis. Par principe, ils y vont. »

Le toujours timide déboule habillé d'un tee-shirt Marsupilami à l'Ecole normale supérieure. Et puis quelque chose se brise dans sa glace intérieure : « Pour la première fois, je n'avais plus honte d'être le premier de la classe. Je n'avais plus à gérer la notion morale, est-ce bien ou mal d'avoir une bonne note ? » Après avoir passé son enfance à se faire pardonner ses 20/20 en fuyant dans l'univers dépassionné des maths, Villani découvre les charmes du dilettantisme à l'ENS, la musique classique, le cinéma et, donc, le style : « J'ai exploré pas mal de choses : jabot et cape XVIIIe siècle, chemise bouffante, frou-frou, nœud papillon, avant d'en arriver à ça. » Ses longues mains désignent l'araignée secrète et la lavallière prosélyte qui font les fières.

L'heure tourne. L'ambassadeur des maths a d'autres rendez-vous. Il se lève, fait le tour des objets exposés dans son bureau, dont la description nourrit les papiers des journalistes. Un buste de Poincaré, un masque du Bénin, une photo dédicacée de Catherine Ribeiro dont il est un grand fan, des médailles et récompenses, la coupe remportée par le Russe Grigori Perelman et refusée par celui-ci, une sublime bouteille de Klein en bois, objet mathématique que chérissaient les surréalistes et que Man Ray adorait photographier. Dans l'antichambre du bureau, des archives, des notes compulsées, du carburant pour faire décoller la nouvelle idée. Sur la porte d'entrée, une photo de lui bondissant devant un tableau plein de formules.


Son équation favorite ? Celle de Boltzmann, qui lui vaut sa médaille. Son chiffre préféré ? Cinq, comme les doigts de la main, son principal outil pour essarter la forêt dense de la complexité mathématique. On baisse les yeux. On remarque qu'il est en chaussettes. L'araignée et la lavallière font moins les malignes. Le premier ambassadeur des mathématiques n'en a cure. Il conclut en énonçant d'une voix ­légère l'un des axiomes fondamentaux de son existence : « Dans la vie, il faut être vulnérable et ouvert. Il faut s'avancer, il faut s'exposer. »


Photo: Jérôme Bonnet
Cédric Villani muni d'un sphéroforme de Meissner (surface convexe non sphérique d'épaisseur constante...).

Source Télérama Nicolas Delesalle