dimanche 30 décembre 2018

samedi 29 décembre 2018

Billets

Une énigme pour Freud !



Une énigme pour Freud ! Pas de pulsion sexuelle, de pulsion de mâle, un être asexué à la tête très enflée par une prof possessive ,un être immergé dans un délire mental de gourou materné par une harpie maléfique ,un être victime de ses visions mondialistes , un psychopathe !

vendredi 28 décembre 2018

mercredi 26 décembre 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

lundi 24 décembre 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

Billets-Macron démission ?



Macron démission ?

Nous sommes au moins 45 % de Français à nous demander, depuis le 7 mai 2017 au soir, ce qui pourrait bien nous débarrasser de Macron, ce fléau infligé au peuple français par un putsch des « élites européennes » et élu grâce au manque de discernement d’une majorité des quelques électeurs qui s’étaient déplacés.
Mais il est illusoire de croire que le mouvement dit des gilets jaunes (GJ) puisse provoquer le départ de cet insupportable personnage à la légitimité justement contestée.
Le mouvement a pu sembler sympathique dans un premier temps : une rébellion populaire contre la taxe sur le diesel, l’impôt de trop, la petite goutte qui faisait déborder le vase d’une France qui a le triste record mondial des prélèvements fiscaux et d’un acharnement impitoyable contre le contribuable.
Or, il apparut vite que le gros de ces GJ estimait Macron « pas assez à gauche » ! Ils ne se sont pas indignés quand il a aboli leur taxe d’habitation, alourdissant celle des 20 % d’autres Français ciblés tout exprès pour compenser. Pire, ils ne contestent même pas cette taxe-carbone dont le but spécieux serait de « sauver la planète » – seulement le fait que Macron puise à présent aussi dans leurs poches à eux.
Autre exception française, com­me tout mouvement protestataire, les GJ ont vite été phagocytés par l’ultra-gauche anarchiste et casseuse de profession, dont la police avait ordre de respecter à tout prix « l’intégrité physique », syndrome Malek Oussekine oblige. Tandis que les télévisions nous servaient ad nauseam les Picketty, Philippot, Mélenchon et autres marxistes patentés, réclamant « le rétablissement de l’ISF pour les riches » et un nouveau Grenelle, sans jamais mentionner que « les vraiment riches » échappent déjà aux frontières et que ce qu’ils ne paient plus, ce sont les classes moyennes qui le paient à leur place sous forme d’IFI et de CSG renforcée. Et ce seront les mêmes classes moyennes qui devront payer pour les actes de vandalisme récents contre la propriété publique et privée et aussi pour la redistribution vers le Tiers-Monde qu’est vraiment la taxe écologiste.
Car les GJ ont eu satisfaction : Macron a renoncé à les ponctionner, eux, mais pas les autres !
C’est ce qui explique qu’en ce 4e samedi, à deux semaines de Noël, Paris était ville-fantôme, où les casseurs affrontaient la police à l’ouest, tandis que « la Marche pour le Climat » se déroulait à l’est !
Et non, cher Président Trump, les Français en majorité ne voient toujours pas où les Euro-fanatiques les mènent. Ils ne veulent pas savoir que la nouvelle Évaluation sur le Climat fournie par l’État profond américain (des fonctionnaires et « scientifiques » nommés par Obama) et payée par l’écolo-militant milliardaire Steyer est une imposture de plus. Ils veulent simplement que ce soit les autres qui paient pour leurs vertueux idéaux.
L’armée que Macron veut mettre sur pied « contre la Chine, la Russie et les États-Unis » serait en fait l’instrument pour mettre au pas ces « dépravés » (dit l’impérissable Paul Krugman) que sont les climato-sceptiques et les dissidents à l’intégration européenne.
Macron s’arroge le mérite de « ce 4e samedi cette fois sans victimes et aux dégâts limités » : facile quand les transports ne fonctionnent pas et que les gens restent chez eux puisque les commerces, cinémas et musées ont fermé ! Profitant du chaos pour agir en douce, il ne s’exprimera qu’après avoir signé, contre la France mais en conformité avec les forces européistes, l’infâme Pacte sur l’immigration de l’ONU, autre imposture mondialiste. Véritable pacte d’agression contre le peuple français puisqu’il vise à organiser à nos dépens l’immigration massive de 100 millions d’Africains en Europe.
Où sont les revendications des GJ devant ce coup de grâce donné à notre pays ? Ne serait-ce pas l’occasion de dépasser les égoïsmes personnels ?
« Macron démission » ? Si seulement ! Mais qui, à droite, pourrait l’emporter aujourd’hui ? La France est rongée par l’envie et le socialisme.
Comment faire comprendre à celui qui se voyait déjà empereur d’Europe qu’il a une feuille de route toute tracée pour au moins terminer son mandat ? Véritable égalité de tous devant l’impôt, fin des réglementations écologistes folles et surtout baisse drastique des dépenses obscènes de l’État.
« C’est l’Union européenne et moi ou le chaos », rugissait Macron il y a peu.
Pour le moment, nous les avons, lui, son UE et le chaos.
Source Les4vérités.com
Par JOSLAIN EVELYNE.

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jeudi 20 décembre 2018

Billets-La France dans l’âge des ténèbres ?


La France dans l’âge des ténèbres ?

Les esprits libres conscients de l’évolution spécialement véloce du monde qui nous entoure ne manquent pas de vérifier, dans le sillage de Alvin Toffler et Heidi Toffler précurseurs visionnaires de la Troisième Vague [1], que l’Humanité tout entière doit faire face à la plus fantastique solution de continuité de tous les temps.

La Troisième Vague post-industrielle dans laquelle nous commençons tout juste, nous autres Français, à entrer à tâtons avec force reculades à la moindre innovation, nous effraie au dernier point tant les dimensions dignes d’une cathédrale de ce nouveau terrain d’expérimentation nous semblent hors de portée.

Une telle constatation n’implique nullement que notre pays à la traîne ne finisse pas, dès lors que les écailles lui seront finalement tombées des yeux, par connaître un retour durable à meilleure fortune à partir du moment si attendu où, délivré, il sera favorisé d’un impérieux et surtout vital retour aux réalités.

Pour ce faire, car le temps nous est désormais terriblement compté, il m’apparaît primordial que nos élites dirigeantes, actuelles ou en capacité d’exercer un jour ou l’autre le pouvoir, prennent la vraie mesure de la situation catastrophique dans laquelle la France, depuis bien trop d’années, se trouve engluée.

Mais à l’opposé d’une telle attente, Jean-Yves Le Drian déclare : “La détermination de François Hollande et tous les risques qu’il prend pour sortir le pays de la crise économique, pour rétablir les finances publiques e le dialogue social et dépasser les corporatismes paieront. Oui, il sera en situation d’être candidat en 2017”.

Jean-Yves Le Drian est généralement considéré comme un bon ministre de la Défense, apprécié dans son domaine d’intervention que, cependant, il a le plus grand mal à sanctuariser face aux exigences de Bercy. A moins d’être en service commandé, pourquoi se sent-il ainsi obligé de dire pareilles sornettes ?

“Il existe une contradiction de plus en plus profonde, entre le politique tel qu’il est encore souvent, et la mutation du monde à l’ère des “hubs”, du réseau et du flux (…) Les gouvernements les plus efficaces seront ceux qui se concevront eux-mêmes essentiellement comme prestataires de service pour la liberté d’agir, de créer, d’entreprendre. Ceux qui comprendront que les détenteurs de capitaux ont et auront le choix”. [2]. Faut-il alors croire Manuel Valls et Arnaud Montebourg quand ils donnent aujourd’hui, sans doute avec la bénédiction forcée d’un François Hollande réduit à un rôle de potiche, le sentiment de vouloir prendre le taureau par les cornes pour essayer d’éviter à la France de connaître les affres d’un déclassement universel ?

La tâche incombant désormais à Manuel Valls et à Arnaud Montebourg relevant clairement des Douze Travaux d’Hercule, j’ai personnellement le plus grand mal à croire qu’après tant de temps perdu il leur soit encore possible, confrontés à d’irréductibles résistances solidement ancrées, d’inverser une tendance aussi lourde.

[1] Alvin et Heidi Toffler : “La Troisième Vague”



[2] Guy Millière : “La Septième Dimension – Le nouveau visage du monde”

Billets-Anselme Bellegarrigue, gloire oubliée de l’anarchisme


Anselme Bellegarrigue, gloire oubliée de l’anarchisme

Bellegarrigue peut être vu comme un précurseur de l’anarchisme individualiste américain contemporain.

Anselme Bellegarrigue, né en 1813 dans le Gers et mort approximativement à la fin du XIXe siècle, quelque part en Amérique centrale, est sans conteste l’un des hérauts de l’anarchisme naissant, qui fleure bon les senteurs épicées et les mets succulents du Sud-Ouest. Fils de négociant, Anselme fréquente dans son adolescence le Lycée d’Auch, puis fonde à Toulouse La Mosaïque du Midi, une bucolique et champêtre revue d’histoire locale (plus locale que d’histoire, d’ailleurs). Après quelques insuccès, il part en voyage, et visite, durant les années 1846-48, les Antilles, La Nouvelle-Orléans, puis plus au nord New York et Boston. Ses voyages ont une incidence majeure sur sa conviction, désormais chevillée au corps, des bienfaits de la démocratie, du gouvernement limité et même de la souveraineté individuelle pure et simple sur toute forme de dirigisme.

Anselme Bellegarrigue revient en France le 21 février 1848, à l’aube de la chute de la monarchie de Juillet. Le rôle qu’il exerça dans le cours de ces événements n’est pas connu avec précision. Ce qui, en revanche, est certain, c’est qu’il ne cessa pas de critiquer le cours que prit le mouvement révolutionnaire au lendemain du renversement de Louis-Philippe. On connait bien cet échange resté célèbre : un Gavroche en armes lui dit : « Cette fois, on ne nous la volera pas notre victoire ! ; Bellegarrigue lui rétorque alors : « Ah mon ami, la victoire, on vous l’a déjà volée ; n’avez-vous pas nommé un gouvernement provisoire ? »

Il fréquente alors la Société Républicaine Centrale, dite « Club Blanqui », du nom du socialiste « enfermé » Auguste Blanqui, frère de l’économiste Adolphe que nous apprécions beaucoup dans nos colonnes. Bellegarrigue exige une modification de la forme du gouvernement, l’introduction de la démocratie, l’avènement non seulement de la souveraineté du peuple, mais aussi de la souveraineté individuelle. Il accuse les partis politiques fantoches de la Seconde République d’avoir détourné la révolte populaire vers plus d’autorité et de centralisme, et les qualifie en conséquence du doux sobriquet de vermine des nations. Il dénie aux événements de 1848 le qualificatif de « Révolution », dans la mesure où, selon lui, « une Révolution doit etre la ruine non pas d’un gouvernement, mais du gouvernement ».

Sa proximité avec les blanquistes et autres socialistes non marxistes ne doit pas conduire à méprendre le lecteur d’aujourd’hui sur le compte de Bellegarrigue. C’est exclusivement la contestation de l’autorité, que ces mouvements incarnent par excellence, qui l’attire. Mais Bellegarrigue ne se prive pas, et c’est le moins que l’on puisse dire, de critiquer copieusement les mesures sociales que tous ces socialistes, utopistes, républicains, solidaristes, marxistes ou proto-marxistes, aspirent de leurs vœux. Car pour lui, au final, toute mesure gouvernementale quelle qu’elle soit, revient à l’esclavage des uns par les autres, à la lutte violente entre les hommes.

En 1848, Bellegarrigue publiait déjà Au fait ! Au fait ! Interprétation de l’idée démocratique. Il poursuivit ensuite avec Le Dieu des riches et le Dieu des pauvres, puis Jean Mouton et le percepteur ; puis La Civilisation ; puis enfin, et surtout, en 1850, L’Anarchie, journal de l’ordre, journal qu’il édita, publia et distribua lui-même. Deux numéros seulement parurent, par manque de lecteurs. Le troisième numéro, consacré à l’origine de la richesse, ne fut pas publié. Pour Sharif Gemie, L’Anarchie constitue le tout premier manifeste anarchiste au monde.

Le père fondateur de l’anarchisme individualiste
Avec Han Ryner et Georges Palante, Anselme Bellegarrigue peut être considéré comme l’un des pères fondateurs, sinon LE premier, le plus antécédent, des fondateurs de l’anarchisme ; lequel, à l’époque, ne contenait pas la dimension gauchiste, syndicaliste, qu’on lui connaît depuis la fin du XIXe siècle. L’anarchie, c’est l’état d’un peuple qui, voulant se gouverner par lui-même, manque de gouvernement précisément parce qu’il n’en veut plus.

Comme il l’écrit :
« Qui dit affirmation du peuple, dit liberté individuelle ;
Qui dit liberté individuelle, dit souveraineté de chacun ;
Qui dit souveraineté de chacun, dit égalité ;
Qui dit égalité, dit solidarité ou fraternité ;
Qui dit fraternité, dit ordre social ;
Donc qui dit anarchie, dit ordre social. »

Un gouvernement est fondé. C’est une construction sociale, éminemment artificielle, et en rien le fruit d’une évolution naturelle des sociétés. Or, dit Bellegarrigue, à l’instant même où le gouvernement est fondé, il a ses créatures, et, par suite, ses partisans ; et au même moment où il a ses partisans, il a aussi ses adversaires. La guerre civile s’explique donc, selon lui, par un gouvernement qui veut venir et qui se trouve face à un gouvernement qui ne veut pas s’en aller. Partisans et adversaires du gouvernement forment les germes d’une guerre civile qui, tôt ou tard, éclatera au sein de la société.
« Vous ne pouvez pas éviter la faveur qui fonde le privilège, qui provoque la division, qui crée l’antagonisme, qui détermine la guerre civile. »

Tout l’objet du combat de Bellegarrigue consistera donc à convaincre les citoyens de renoncer d’une part à être des partisans, et de l’autre des adversaires du gouvernement. Et par conséquent à les rendre indifférents au gouvernement. C’est ainsi que la paix pourra être établie.

Il ajoute que si l’État est une fiction, l’intérêt général, quant à lui, n’existe pas : cette affirmation classique est martelée avec force par Bellegarrigue. La seule vérité naturelle, démontrée à la fois matériellement par le fruit de l’histoire et moralement par l’usage de la raison, c’est le moi.

« Mon intérêt est égal à celui de qui que ce soit ; je ne puis devoir que ce qui m’est dû ; on ne peut me rendre qu’en proportion de ce que je donne, mais je ne dois rien à qui ne me donne rien ; donc, je ne dois rien à la raison collective, soit le gouvernement, car le gouvernement ne me donne rien, et il peut d’autant moins me donner qu’il n’a que ce qu’il me prend. »

La société est un phénomène naturel, qui est la conséquence inévitable et forcée de l’agrégation des individus. L’intérêt collectif en découle : il est une déduction providentielle et fatale de l’agrégation des intérêts privés. L’intérêt collectif ne peut donc être complet qu’autant que l’intérêt privé reste entier.

C’est le droit individuel qui pèse sur le droit collectif ; j’ai le même intérêt que la communauté à avoir une route et à respirer l’air sain, toutefois j’abattrais ma forêt et je garderais mon champ si la communauté ne m’indemnisait pas, mais comme son intérêt est de m’indemniser, le mien est de céder, tel est l’intérêt collectif qui ressort de la nature des choses.

L’intérêt général, au sens de Rousseau, est donc pour lui porteur d’une menace terrible pour toute liberté individuelle. C’est pour l’essentiel par sa capacité de nuisance qu’il le définit :
Lorsque enfin vous appelez intérêt collectif celui que vous invoquez pour m’empêcher de gagner ma vie au grand jour, de la manière qui me plaît le mieux et sous le contrôle de tout le monde, je déclare que je ne vous comprends pas, ou, mieux, que je vous comprends trop.

Selon Bellegarrigue non seulement il n’y a pas, mais il ne peut pas y avoir de contrat social, d’abord parce que la société n’est pas un artifice, un fait scientifique, une combinaison de la mécanique ; la société est un phénomène providentiel et indestructible ; les hommes sont en société par nature. L’état de nature est déjà l’état de société ; il est donc absurde de vouloir constituer, par un contrat, ce qui est constitué de soi.

Le premier, et de manière aussi claire et sans nuance, Bellegarrigue fait du pouvoir l’ennemi à abattre. Tant dans l’ordre social que dans l’ordre politique. Tous les partis aspirent, par construction, à atteindre le pouvoir, et par conséquent l’essence même du pouvoir est la source de la politique. Or tout pouvoir est l’ennemi du peuple car le pouvoir est toujours le pouvoir, c’est-à-dire le signe irréfragable de l’abdication de la souveraineté des individus. Quiconque a le pouvoir est donc immédiatement dangereux. Les partis, lorsqu’on les dépouille de ce prestige patriotique dont ils s’environnent pour attraper les sots, n’est tout simplement qu’un assemblage d’ambitieux vulgaires, faisant la chasse aux emplois. Mais le peuple est berné par le jeu du pouvoir et des élections. Tout change parce que rien ne change, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Mais si, a contrario, le peuple s’occupait exclusivement de ses intérêts matériels, de son commerce, de ses affaires, et s’il couvrait de son indifférence ou même de son mépris cette basse stratégie qu’on appelle la politique, les partis, tout à coup isolés, cesseraient de s’agiter ; le sentiment de leur impuissance glacerait leur audace.

Ils sécheraient sur pied, s’égraineraient peu à peu dans le sein du peuple, s’évanouiraient enfin et le gouvernement qui n’existe que par l’opposition, qui ne s’alimente que des querelles que les partis lui suscitent, qui n’a sa raison d’être que dans les partis, qui, en un mot, ne fait depuis cinquante ans que se défendre et qui, s’il ne se défendait plus, cesserait d’être, le gouvernement, dis- je, pourrirait comme un corps mort ; il se dissoudrait de lui-même, et la liberté serait fondée.

Le vote, l’exercice du suffrage universel, n’est pas une garantie, mais est au contraire la cession pure et simple de la souveraineté. Là encore, le sens de la formule de Bellegarrigue fait mouche :
Le peuple a tous les droits imaginables ; je m’attribue, pour ma part, tous les droits, même celui de me brûler la cervelle ou de m’aller jeter dans la rivière ; mais, outre que le droit à ma propre destruction est placé en dehors du calme de la loi naturelle et cesse de s’appeler un droit en devenant une anomalie du droit, un désespoir, cette exaltation anormale que, pour aider le raisonnement, j’appellerai encore un droit, celui-ci ne saurait, dans aucun cas, me donner la faculté de faire partager à mes semblables le sort qu’il me convient personnellement de subir. En est-il ainsi à l’égard du droit de voter ? Non. Dans ce cas, le sort du votant entraîne le sort de celui qui s’abstient. (…) Je ne vois pas, par exemple, comment ni pourquoi les trois millions de Français qui ne votent jamais sont passibles de l’oppression légale ou arbitraire que fait peser sur le pays un gouvernement fabriqué par les sept millions d’électeurs votants. Je ne vois pas, en un mot, comment il arrive qu’un gouvernement que je n’ai pas fait, que je n’ai pas voulu faire, que je ne consentirai jamais à faire, vient me demander obéissance et argent, sous prétexte qu’il y est autorisé par ses auteurs.

Bellegarrigue place l’avenir dans la réserve, dans l’abstention et l’inertie civique, et enfin dans l’activité économique, bref dans tout ce qui n’est pas politique. Dans tout ce qui est même la négation de la politique.

Pour être libre, voyez-vous, il n’y a qu’à vouloir. La liberté, que l’on nous a sottement appris à attendre comme un présent des hommes, la liberté est en nous, la liberté c’est nous. Ce n’est ni par fusils, ni par barricades, ni par agitations, ni par fatigues, ni par clubs, ni par scrutins qu’il faut procéder pour l’atteindre, car tout cela n’est que du dévergondage. Or, la liberté est honnête et on ne l’obtient que par la réserve, la sérénité et la décence.

Un précurseur de Molinari et d’Ayn Rand ?
Si les liens de parenté entre la pensée d’Anselme Bellegarrigue et les deux autres pères de l’anarchisme français sont évidents (Han Ryner et plus encore Georges Palante, en particulier dans La Sensibilité individualiste), il est souvent mentionné que Bellegarrigue serait aussi et plus encore, en quelque sorte, un précurseur de l’anarcho-capitalisme par le truchement de Gustave de Molinari, et de la pensée objectiviste d’Ayn Rand. Ce point mérite discussion et ne paraît pas si évident que cela.

Anselme Bellegarrigue est un quasi contemporain de l’économiste belge Gustave de Molinari. En premier lieu, il apparait assez clairement que les sujets d’analyse de Molinari et ceux de Bellegarrigue se recoupent assez peu. Molinari a essentiellement écrit sur les règles naturelles d’organisation du marché, sur les moyens pour les ouvriers d’agir sur la marché du travail (les bourses), sur les sphères « non marchandes » comme la religion, l’éducation, et enfin sur la place et le rôle de l’État.
Ces sujets sont plutôt éloignés des préoccupations portées par l’anarchiste français. Bien évidemment il y a des points de convergence, en particulier les thèses liées à la sensibilisation et à l’éducation des masses et des ouvriers, thème extrêmement cher à Molinari et que l’on retrouve, par l’action des journaux qu’il a animés, chez Bellegarrigue. Tous deux défendent avec ardeur des points qu’ils jugent essentiels au développement harmonieux des relations entre les individus. En premier lieu, la liberté d’expression. Ils estiment tous deux que toutes les opinions doivent pouvoir s’exprimer, et que le progrès des sciences en tous domaines est à ce prix. Ensuite, le droit d’association des travailleurs : la possibilité d’association des individus est une des clefs fondamentales de l’équilibre des sociétés mais, dans ce cadre, celle des travailleurs, confrontés au pouvoir du capital, revêt une importance toute particulière.
Si Bellegarrigue n’est pas très prolixe sur ce point, Molinari aura de longs développements sur les bourses du travail, qui selon lui reflèteraient mieux l’offre et la demande d’emplois que ne le fera jamais une administration autoritaire. Enfin, la nécessité de former les individus. Pour que la liberté puisse s’exprimer pleinement, il ne suffit pas de la décréter, encore faut-il que les individus soient capables d’assumer seuls et librement leurs propres affaires. Il est donc tout à fait essentiel de former progressivement les gens.

On fait aussi par ailleurs de Bellegarrigue le précurseur d’Ayn Rand et de son objectivisme. Il est bien clair que la pensée de Rand comprend une dimension individualiste extrême qui n’est pas sans rappeler notre penseur. Sans toutefois détailler ce point outre mesure, car cela sortirait du format de cet article, il apparaît tout de même assez artificiel de souligner une quelconque filiation entre Bellegarrigue et Rand. La pensée objectiviste, magistralement développée dans l’ouvrage qu’Alain Laurent a récemment consacré à Ayn Rand, ne se résume en effet pas aux développements plus rudimentaires de Bellegarrigue. Il comprend de nombreuses autres dimensions, résumées de manière éclairante par Ayn Rand elle-même dans une chronique de 1962 au Los Angeles Times : une métaphysique (la réalité existe en tant qu’absolu) ; une épistémologie (la raison est le seul moyen qu’a l’homme pour percevoir la réalité ; une éthique (l’homme est une fin pour lui-même, et non un moyen pour les autres) et enfin une politique (le capitalisme de laissez-faire).

Si pour Bellegarrigue la nature de l’homme lui impose de faire société, phénomène éminemment artificiel, et que faire société ne signifie en rien faire allégeance à un pouvoir tutélaire et accapareur des libertés individuelles, pour Rand, en revanche, tout provient de la réalité qui s’impose à l’individu, qui existe indépendamment de la conscience de l’individu, et à laquelle il n’accède que par l’effort de la conscience. La conscience, pour s’exercer, a besoin d’un code, d’une valeur cardinale vers laquelle elle tend : c’est la vie, le fait de se maintenir en vie, qui constitue cette valeur suprême. Et c’est à ce prix que l’homme pourra toucher au bonheur. Comme on le voit dans ces quelques lignes, les thèses de Rand n’ont qu’un lien assez éloigné avec la pensée de Bellegarrigue. Je renvoie pour de plus amples précisions aux chapitres de l’ouvrage d’Alain Laurent visés en note ci-dessous.

S’il fallait trouver un voisinage plus immédiat à la pensée de Bellegarrigue, et outre ses frères siamois Ryner et Palante, il faudrait plutôt se tourner à mon sens d’une part vers Max Stirner, et d’autre part vers Benjamin Tucker. Chez Stirner tout d’abord, il y a d’innombrables accents et formules que Bellegarrigue aurait pu faire siennes : « L’État est le maître de mon esprit, il veut que je crois en lui et il m’impose un credo, le credo de la légalité » ; « L’État est le maître de mon esprit, il veut que je crois en lui et il m’impose un credo, le credo de la légalité » ; « L’État est l’ennemi, le meurtrier de l’individu, l’association en est la fille et l’auxiliaire ; le premier est un esprit, qui veut être adoré en esprit et en vérité, la seconde est mon oeuvre, elle est née de moiL’État est le maître de mon esprit, il veut que je crois en lui et m’impose un credo, le credo de la légalité. Il exerce sur moi une influence morale, il règne sur mon esprit, il proscrit mon moi pour se substituer à lui comme mon vrai moi. » Il proclame que les religions et les idéologies se fondent avant tout sur des superstitions. Il rejette aussi bien le libéralisme politique qui implique, selon lui, une soumission à l’État, que le socialisme qui subordonne l’individu à la société.

Stirner comme Bellegarrigue sont des partisans chevronnés de l’individualisme et de l’égoïsme. Mais si Stirner oppose l’association libre à la société par essence coercitive, Bellegarrigue, on l’a vu, oppose pour l’essentiel la société, libre dans l’état de nature, à l’État, Léviathan qui place les individus sous son joug.

Mais pour l’essentiel les points de comparaison s’arrêtent là. Posant le Moi en absolu, Stirner refuse la notion de droit naturel, qu’il juge chimérique. Il fait dériver la propriété non pas d’un droit, mais de la force. Rien n’est plus étranger à la pensée de Bellegarrigue. C’est qu’à bien des égards Stirner fait partie des « Hégeliens de gauche », qui est une des branches fondatrices du socialisme contemporain, concurrente d’une part du socialisme utopique d’Owen, Fourier ou Cabet, et d’autre part du socialisme scientifique marxiste. S’il place la liberté et l’individu comme des absolus, ce n’est pas au profit d’une réhabilitation de la société civile et des rapports humains naturels, fondés sur la liberté, la propriété et la responsabilité, mais au profit d’une anomie égotiste assumée. Quitte à trouver à Stirner une filiation, il faudrait plutôt à mon sens partir d’Étienne de la Boétie et prolonger, de façon magistrale, avec Nietzsche, que la chercher chez Bellegarrigue.

Reste enfin Benjamin Tucker. C’est dans son périodique anarchiste La liberté que celui-ci a formalisé ses principales thèses. On peut déjà observer ainsi, avec Bellegarrigue, une parenté de supports de publication. Tucker et ses amis rejettent l’autorité coercitive, la législation subie, la notion de contrat social. Pour Tucker, les anarchistes doivent être considérés comme des « démocrates jeffersoniens impavides ». En cette phase combinant Jefferson et Thoreau, il veut dire ainsi que « le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins, et que celui qui gouverne le moins n’existe pas ». On croirait lire du Bellegarrigue dans le texte.

Tucker critique vertement le capitalisme d’État et la bourgeoisie d’État, comme Bellegarrigue le fera dans L’Anarchie, journal de l’ordre. Tucker comme Bellegarrigue insistent sur le fait que tous les monopoles, fussent-ils privés, ne peuvent perdurer qu’avec le soutien de l’État. Les deux en concluent que, plutôt que de renforcer l’autorité comme le préconisent les marxistes, il faut à l’inverse l’évacuer du jeu économique et laisser se déployer le principe qui lui est le plus hostile, celui de la liberté.Tucker résume cela de manière éclairante : « les seuls qui croient vraiment au laissez-faire sont les anarchistes » dit-il.

C’est en ce sens selon nous que Bellegarrigue peut être vu comme un précurseur, moins de l’objectivisme ou de l’anarcho-capitalisme, que de l’anarchisme individualiste américain contemporain.


Source contrepoints.org


Billets


Billets-Attentats au Bataclan : la fusillade vue de l’intérieur


Attentats au Bataclan : la fusillade vue de l’intérieur

Julien Pearce, journaliste d’Europe 1 était présent dans la salle de concert du Bataclan, dans le 11e arrondissement de Paris, lors de la dramatique fusillade orchestrée par les terroristes vendredi 13 novembre au soir.

Au micro de France Télévisions, il témoigne des tragiques événements et de l’effroi :
« Ça faisait quarante minutes à peu près que le concert avait débuté. Il y avait énormément de monde dans la salle. C’était quasiment plein. Et au milieu d’une chanson, on a entendu des détonations qui venaient de derrière. On a entendu des cris. J’ai tourné la tête. Et là j’ai vu plusieurs individus qui portaient des kalachnikovs, qui nous visaient et qui tiraient de manière totalement aléatoire sur la foule. Ils avaient le visage découvert. Celui que j’ai vu en particulier était habillé tout de noir. Son visage m’a paru très jeune : la vingtaine.

Alors immédiatement tout le monde s’est couché sur le sol. C’est un réflexe dans ce genre de situation, j’imagine. Il y avait tellement de monde que je me suis retrouvé avec une ou deux personnes sur moi, ce qui m’a probablement sauvé la vie, d’une certaine manière.

On a attendu une sorte d’accalmie, un moment où tous ont rechargé leurs armes en même temps, et on s’est réfugié à droite de la scène où il y avait une sorte de petit local technique, qui était plongé dans le noir. Il y avait déjà une dizaine de personnes à l’intérieur totalement terrifiées. Ce local ne menait nulle part : il n’y avait pas de sortie, il n’y avait pas d’issue. On venait de quitter un piège pour un autre, d’une certaine manière, même si on était moins exposés. Donc on a attendu encore quelques minutes à l’intérieur. Les tirs continuaient évidemment. On ne comprenait pas exactement ce qu’il se passait.

Ils étaient de nouveau en train de recharger leurs armes. C’est à ce moment-là qu’une dizaine de personnes et moi-même avons décidé de courir sur la scène, parce que de l’autre côté se trouvait la seule issue de secours qui donnait sur une rue.

Instinctivement, j’ai tourné la tête quand j’étais au milieu de la scène : j’ai vu ces hommes qui recommençaient à tirer, qui continuaient à tirer, qui exécutaient froidement les gens sur le sol, et qui me regardaient aussi courir.

À ce moment-là j’ai attrapé une demoiselle qui était montée sur la scène et qui était grièvement blessée : elle avait reçu deux balles, au niveau du fessier et au niveau de la cuisse gauche. Elle saignait beaucoup et était en train de perdre connaissance. Je l’ai attrapée, l’ai mise sur mes épaules et on a couru dans la rue. »

Le bilan est lourd : plus de quatre-vingts personnes sont mortes sur place, dont les quatre assaillants.

Photo: Le Bataclan – Crédit photo : Jxandreani via Flickr (CC BY 2.0)

Source contrepoints.org


mercredi 19 décembre 2018

Recettes Crêpes Blinis Pancakes-Pancakes du Canada


Pancakes du Canada

Préparation : 10 mn
Repos de la pâte : 30 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 12 pancakes
2 œufs
15 cl de lait
2 cuillerées à soupe de sucre
120 g de farine
1 cuillerée à café de levure
2 cuillerées à soupe de sucre
20 g de beurre fondu pour la cuisson
Sirop d’érable
1 pincée de sel
1. Cassez les œufs et séparez les blancs des jaunes. Versez les jaunes d’œufs dans un bol puis fouettez-les avec le lait, la farine, le sel et la levure. Ajoutez le sucre et fouettez à nouveau pour obtenir une pâte homogène.
2. Dans un bol, montez les blancs en neige, puis ajoutez-les au mélange précédent. Laissez reposer 30 minutes.
3. Graissez une poêle à pancakes avec un peu de beurre et mettez-la à chauffer. Versez une petite louche de pâte, tournez la poêle pour bien répartir la pâte sur toute sa surface. Quand le pâte est sèche sur le dessus (au bout de 2 minutes environ), retournez le pancake et laissez cuire 1 minute sur l’autre face.
4. Servez votre pile de pancakes avec du sirop d’érable à volonté !

Un truc
Les pancakes supportent très bien le réchauffage au micro-ondes. Préparez-les la veille et conservez-les sous un film alimentaire. Le lendemain matin, attaquez une bonne journée avec un petit déjeuner 100% breakfast !

mardi 18 décembre 2018

vendredi 14 décembre 2018

Billets-Noël, carrefour des névroses


Noël, carrefour des névroses

Ça vous angoisse le réveillon en famille ? Faites boire tonton, louez des enfants, customisez mamie… Et détendez-vous, tout se passera bien.

Revoilà cet instant redouté où la famille a rendez-vous avec elle-même après 365 jours d'évitement. Il faut faire face. Affronter la dinde, la belle-mère et les règlements de comptes à OK souvenirs. Survivre au huis clos trempé de champagne et criblé d'abcès secrets, de rivalités, de rancunes, d'indifférence. Il faut l'admettre : il y a parfois plus de complicité entre un toast au saumon et une huître qu'entre deux personnes d'une même famille. On ne va pourtant pas abroger Noël. Tous les psychanalystes vous le diront : Noël cimente la famille. On fait semblant d'être ensemble, mais, mine de rien, on renifle ses racines, on mesure le temps qui passe, on apprend à affronter la mort.


Evitez les sujets qui fâchent – politique, corrida, peine de mort.

D'ailleurs, on peut survivre à Noël. Mais si. Ça ne s'improvise pas. Il faut être précis, méthodique. D'aucuns choisissent la fuite aux urgences en ouvrant les huîtres. Pas vous. Soyez imaginatifs. Pour éviter les sujets qui fâchent – Copé-Fillon, corrida, peine de mort –, brisez les habitudes : plongez par exemple tout le monde dans le noir (bougies possibles). Chacun sera concentré sur ses perceptions, oubliant que papy tue les chats au fusil et adore Marine Le Pen.
Le cauchemar des cadeaux ? Surmontable. Le pull-over rose et moutarde n'est pas une fatalité. Il suffit de vous charger de tous les cadeaux. Tout centraliser. C'est un boulot à plein temps mais imaginez le regard émerveillé de votre sœur quand elle découvrira ce joli petit haut en lieu et place de la sorbetière habituelle.
Il vous reste à identifier les pires fauteurs de troubles et à les traiter militairement. Chaque cible, sa solution. Pas de pitié. Tonton Robert ? Chaque année, il confond humour et alcoolisme. Raconte des blagues avec l'accent africain. Se mouche dans les doudous des enfants. Il faut le neutraliser. Servez-lui très tôt une dose massive de whisky. Il finira au lit avant 22 heures. S'il résiste, refilez-lui l'huî­tre louche dont le parfum évoque tout sauf la mer. Au revoir tonton.


Les ados ? Collez-les sur Facebook, ils vous ficheront la paix.

Place aux ados, les vélociraptors de la fête. Petits, malins, ils attendent tapis à l'ombre d'un rictus. L'adolescence rend lucide et donc dangereux. Traitez la cible par la ruse en organisant un concours du Noël le plus ringard de France sur les réseaux sociaux, Twitter ou Facebook. Conviez-les à raconter les pires moments de la soirée. Photos à l'appui. Ils seront occupés, et vous ficheront la paix.
Que faire de l'aïeule ? Elle peut servir à dynamiter la tranche 8-13 ans, celle qui ne croit plus au Père Noël et qui piaffe devant le sapin. Les ­enfants craignent les très vieilles personnes. Rendez-la attractive. Rasez-la, habillez-la de couleurs vives. Organisez une chasse au trésor sur mémé en cachant des cartouches de jeu Nintendo dans ses habits. Entre la crainte et l'appât du jeu, les enfants n'hésiteront pas et mémé avalera son dentier de plaisir. D'une pierre, deux coups.
C'est déjà l'heure de diffuser le diaporama consacré au mal-aimé de la famille. Il y en a toujours un. Vous aurez retrouvé les douze photos de son enfance que vous monterez en boucle sur le générique d'Amicalement vôtre. Prenez-lui la main quand les larmes lui monteront aux yeux, souriez comme Jean Dujardin dans tous ses films et dites : « Tu es une belle personne ». Prévoyez des mouchoirs.
Il est temps d'escalader l'Everest de la soirée : les beaux-parents qui se détestent. Compliqué à gérer. Une astuce ? Placez les hommes l'un à côté de l'autre, faites couler du vin, laissez agir. Dans dix minutes, ils se tapent sur l'épaule. Leur alliance pro­voquera en opposition celle des femmes, et l'on assistera à une bonne vieille querelle hommes/femmes que les femmes emporteront haut la main dans une saine ambiance.


Bombardez tout le monde de compliments. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est de la prophylaxie.

En toutes circonstances, bombardez tout le monde de compliments. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est de la prophylaxie. N'oubliez pas que l'humour peut être drôle : servez-vous-en pour déminer les situations délicates, quand, par exemple, perdu dans le noir, papy commence à raconter la guerre d'Algérie au chien Toby.
Dernier conseil : équipez-vous d'enfants de moins de 7 ans. Leurs petits yeux étoilés sont les meilleurs ­garants d'une fête de Noël réussie. Si vous n'en avez pas à disposition, louez-en ou faites venir ceux qui en ont.
En cas d'échec total, sachez que les pires conflits de Noël sont surtout intérieurs : on aime faire partie d'un clan, on déteste être défini par son passé et on oscille entre les deux, comme on peut. Alors serrez les dents. Vous vous rattraperez en débinant tout le monde dans la voiture au retour, en attendant l'enfer de la Saint-Sylvestre.


Billets-Le cadeau de Noël, une aberration incontournable



Le cadeau de Noël, une aberration incontournable

L'échange de cadeaux de Noël est une épreuve psychologique délicate. C'est encore pire sous un angle économique, écrit un professeur d'économie dans un billet humoristique. Si nous voulons donner une valeur maximale à notre cadeau, il nous faut souffrir...

D'un point de vue purement économique, l'achat de cadeaux peut être complètement absurde. Certains présents font même plus de mal que de bien. Si j'offre un livre de cuisine à 20 euros à un ami qui n'aime pas cuisiner, par exemple, il ne saura qu'en faire. Et pourtant ce livre aura coûté cher à produire, des gens auront travaillé dessus et la valeur qu'ils auront créée disparaîtra purement et simplement.

On aurait aussi bien pu jeter le livre par la fenêtre, ça n'aurait pas fait de différence. Pour décrire ce phénomène, les économistes parlent de perte de bien-être. Une perte particulièrement fréquente à l'époque de Noël, car beaucoup de gens ne connaissent pas les goûts des autres.
Imaginez un instant que vos cadeaux de l'année dernière ne vous aient pas été offerts mais que vous les ayez achetés. Combien auriez-vous dépensé pour les acquérir? Des étudiants interrogés sur le sujet pour une étude américaine ont été clairs: la plupart d'entre eux auraient nettement moins dépensé que ce que leurs cadeaux [fait par d'autres] ont réellement coûté.

  • Vraiment cher pour si peu
On observe une chute considérable de la rentabilité des cadeaux offerts par des gens qui nous aiment certes, mais qui finalement nous connaissent assez mal au quotidien. Nos parents par exemple. Ils ont les meilleures intentions du monde mais ne connaissent pas toujours nos goûts personnels. A cela s'ajoute le temps passé à trouver des cadeaux, et qu'il faudrait ajouter -toujours en termes économiques- à leur valeur globale.

Lorsque vous passez une heure dans une librairie à la recherche du beau livre idéal, vous perdez une heure durant laquelle vous auriez théoriquement pu travailler. Si vous êtes payé dix euros de l'heure pour travailler dans un bistrot, il faut donc aussi comptabiliser cette perte de revenu dans le prix du cadeau. La facture finit par être salée !


Par conséquent, si vous voulez à l'avenir faire des cadeaux économiquement efficaces, il vous suffit de glisser une enveloppe remplie de billets de banque au pied du sapin. Ce n'est peut-être pas très romantique mais ce cadeau-là ne perdra pas de valeur. A Taïwan, cette pratique est déjà répandue. Pour ceux qui n'aiment pas faire des cadeaux d'argent, il existe les bons d'achat. Eux non plus ne perdent pas leur valeur.

  • Faire plaisir ne suffit pas, il faut souffrir
Mais on peut encore aller plus loin. Une de nos premières erreurs est que nous essayons souvent de deviner ce que les autres aiment au lieu de nous appuyer sur nos propres compétences. C'est ainsi qu'étant professeur d'économie politique, je devrais essayer de trouver un bon livre d'économie pour mes amis. Le passionné de botanique devrait offrir une plante rare et l'amateur de vin une bonne bouteille.

Voilà des cadeaux que le destinataire non-initié passerait beaucoup plus de temps à dénicher que des spécialistes. La valeur absolue de ces cadeaux inclut aussi le gain de temps associé. Mieux encore, ce mécanisme écarte vos doutes sur le fait que le cadeau puisse en réalité valoir moins que ce qu'il a réellement coûté. Une autre solution consiste à choisir expressément des cadeaux que vous regretterez.

Oui, vous avez bien lu. Il faut souffrir pour faire plaisir! Et cela vaut d'autant plus pour les proches. Eh oui, si vous offrez un abonnement commun aux matchs du FC Köln alors que vous détestez le football, ou si vous offrez une journée de shopping- une activité qui vous fait horreur- à votre copine en votre compagnie, vous montrez aux gens combien vous les aimez. Regarde ! Je suis prêt à souffrir pour toi...

Les économistes appellent cela envoyer un signal. Cette opération (somme toute psychologique) peut même bénéficier à terme à l'acheteur du cadeau. Un résultat optimal, ne manquerait pas de souligner l'homo oeconomicus, cette engeance qui ne réfléchit que rationnellement.


          Source Courrier International