mardi 31 mars 2015

Recettes de Saison Printemps-Asperges aux morilles


Asperges aux morilles

Préparation : 15 mn
Cuisson : 1 h 35 mn
Pour 4 personnes
400 g de morilles fraîches
2 bottes d’asperges vertes
2 petites oranges non traitées
1 échalote
25 cl de crème liquide
10 cl de bouillon de volaille
1 cuillerée à soupe d’huile d’olive
Sel
Poivre
1. Préchauffez le four à 90 °C (th. 3).
2. Rincez les oranges, essuyez-les. Prélevez les zestes avec un économe. Faites-les sécher 1 h 15 dans le four sur une plaque recouverte de papier de cuisson. Après refroidissement, mixez-les pour les réduire en poudre.
3. Coupez le pied des morilles. Rincez les chapeaux à grande eau, égouttez-les. Pelez les asperges. Coupez les pointes à 10 cm (gardez les tiges pour une soupe). Hachez l’échalote.
4. Chauffez l’huile dans une sauteuse. Faites-y fondre l’échalote 2 à 3 minutes à feu doux. Ajoutez les morilles et les asperges. Mélangez 2 minutes, puis versez le bouillon. Salez, poivrez. Laissez cuire 10 minutes à feu doux. Ajoutez la crème. Poursuivez la cuisson 5 minutes. Hors du feu, mélangez-y quatre bonnes pincées de poudre d’orange.
5. Servez chaud.

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lundi 30 mars 2015

dimanche 29 mars 2015

Recettes de Saison Printemps-Cobbler aux framboises


Cobbler aux framboises

Préparation : 10 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
400 g de framboises
10 g de sucre
1 cuillère à soupe de farine
Pour la pâte :
125 g de farine
60 g de beurre mou
80 g de sucre
1 blanc d’œuf
6 cl de lait d’épeautre ou de vache
1 cuillère à café rase de levure chimique
1. Rincez les framboises. Saupoudrez-les de sucre et de farine, mélangez et versez dans un plat à tarte de 26 cm de diamètre.
2. Pour préparer la pâte, mélangez la farine, le beurre mou et la levure ensemble jusqu’à ne plus avoir aucun morceau de beurre.
3. Ajoutez-y le sucre et le blanc d’œuf, mélangez à la spatule. Puis incorporez progressivement le lait
4. Déposez par cuillerées ce mélange sur les framboises en aplatissant légèrement les monticules de pâte.
5. Enfournez dans le four préchauffé à 180°C pour 30 à 35 min.

Le cobbler est une spécialité de la cuisine américaine. C’est une couche de fruits recouverte par une pâte type quatre quarts, plutôt moelleuse. C’est différent des crumbles qui sont eux recouverts d’une pâte sablée, plutôt croustillante. Le résultat est un vrai délice ! 

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samedi 28 mars 2015

vendredi 27 mars 2015

Billets-House of Cards : une troisième saison bien terne


House of Cards : une troisième saison bien terne

House of Cards est en quelque sorte un symbole. Habituellement chasse gardée des chaînes télévisées nord-américaines, les séries TV grand public commencent à être produites directement par les sites de streaming. Si Netflix a commencé timidement avec Lilyhammer, une série relativement peu connue, le site de streaming a ensuite frappé un grand coup avec ce remake d’une mini-série britannique culte. Réunissant un casting prestigieux (Kevin Spacey et Robin Wright dans les rôles principaux, mais également Kate Mara et Corey Stoll), la série montre dès ses débuts une qualité de production excellente, une intelligence d’écriture des scénarios et un rythme haletant. Le succès rencontré par House of Cards est le précurseur d’autres séries produites par Netflix (Orange is the new black, Marco Polo, Unbreakable Kimmy Schmidt…). À tel point qu’aux États-Unis, des fournisseurs d’accès Internet (Comcast) et des chaînes traditionnelles (HBO) commencent à se lancer dans ce nouveau marché lucratif du streaming en ligne. Mais ceci est une autre histoire.

Du côté de House of Cards, on atteint l’âge de maturité, avec une troisième saison où on avait du mal à voir dans quelle direction les scénaristes allaient maintenant pouvoir se tourner. Les deux premières saisons avaient en effet été centrées sur l’ascension au pouvoir de Frank Underwood, d’abord au poste de vice-président à la fin de la saison 1, puis de président à la fin de la saison 2. Difficile de continuer dans la même dynamique à présent que l’anti-héros du show occupe le poste le plus important du monde politique américain. De plus, si les deux premières saisons avaient été en partie marquantes par des personnages antagonistes diaboliquement calculateurs (notamment le milliardaire Raymond Tusk), on peinait à voir qui allait pouvoir s’opposer à Frank maintenant qu’il occupe la Maison Blanche. Ces craintes ne sont qu’en partie résolues par cette saison 3, notamment pour la simple raison que le show s’oriente dans une nouvelle direction, malheureusement pas encore assez approfondie pour s’en faire un avis définitif.


Tout d’abord, la saison 3 a l’intelligence de sauter les mois suivant l’investiture du nouveau président, l’équivalent de la période de grâce de l’autre côté de l’Atlantique. On arrive donc au moment où sa popularité est au plus bas et où Frank doit se relancer dans la perspective des élections présidentielles de 2016. Le Parti Démocrate décide alors de soutenir un autre candidat pour ces élections, jugeant que Frank Underwood ne possède pas suffisamment de chances de gagner. On se heurte là encore une fois à un des principaux défauts de la série : le manque de réalisme. Cherchant à aller de rebondissement en rebondissement, le scénario a une tendance certaine à laisser de côté la plausibilité des actions de ses personnages. En effet, il apparait hautement improbable qu’un parti américain (que ce soit chez les Démocrates ou les Républicains) cherche à nominer un candidat autre que le président actuel si celui-ci est de son camp, et ce malgré le manque de popularité de ce dernier. En effet, l’expérience étant considérée comme un facteur important dans la vie politique américaine, le président sortant bénéficie automatiquement d’un avis favorable sur ce plan. De plus, le nombre de mandats de président est limité à deux par la Constitution, ce qui limite théoriquement la mainmise d’une personne sur la vie politique américaine (en réalité, cela se produit via des familles comme les Kennedy, les Bush, les Clinton…).
L’opposition à Frank au sein du parti démocrate est, comme dans les saisons précédentes, assez décevante. Bien que certains personnages œuvrent dans l’ombre, la majorité des Démocrates sont bien loin de Frank Underwood en termes de manigances. Quant aux Républicains, ils sont quasiment absents de cette saison. Le scénario se voit alors contraint de recourir à des coups du sort pour redonner un peu de suspense et le principal antagoniste de la saison se trouve être au final le président russe, ayant une ressemblance assez marquée et probablement volontaire avec Vladimir Poutine. Seul celui-ci se trouve être un adversaire à la hauteur de Frank Underwood, bien que l’on tombe là dans un des autres défauts de la série à savoir la surestimation de l’intelligence des hommes politiques, capables de créer des plans élaborés sans jamais commettre d’erreur. Comme le faisait justement remarquer Reason l’an dernier, on a du mal à imaginer les membres actuels du Congrès américain s’engager dans des stratagèmes aussi compliqués sans que rien n’aille de travers. Il faut toutefois reconnaître que cette saison fait un pas dans la bonne direction en faisant commettre quelques faux pas au couple Underwood, visiblement atteint de l’ivresse du pouvoir.


Dans les autres points peu crédibles de cette saison, on notera le programme politique de Frank, basé sur des coupes budgétaires dans Medicaid et Medicare, les principaux programmes d’assistance sociale aux États-Unis. On a du mal à imaginer ne serait-ce qu’un instant un homme politique remettre en cause l’équivalent de la Sécurité sociale française, et encore moins un Démocrate, sans que cela ne ruine définitivement sa carrière politique. Frank cherche également à se débarrasser d’un membre de la Cour Suprême atteint de la maladie d’Alzheimer à la candidature démocrate aux élections afin de le remplacer par sa principale rivale. Il évoque le scandale que cela ferait dans la presse, mais n’a apparemment pas l’idée de faire fuiter l’information lui-même. Pourtant, ce genre d’actions était partie intégrante de sa stratégie dans les saisons précédentes. Enfin, on notera également le parcours étrange de son allié habituel Doug Stamper dont le rôle vraisemblablement imprévu au casting de cette saison semble avoir été écrit de manière précipitée. Dans la direction opposée, le Républicain Hector Mendoza semblait devoir jouer un rôle important dans cette saison, mais se retrouve écarté étrangement après une poignée d’épisodes (la raison officieuse semblant être que l’acteur ait obtenu un rôle en parallèle dans American Crime).

En revanche, la nouvelle orientation à laquelle je faisais référence au début de cet article, est nettement plus intéressante et présente même le principal attrait de cette nouvelle saison. Après deux saisons où le couple Underwood paraissait un bloc uni que rien ne pouvait ébranler, on commence à voir apparaître les premières fissures. Les ambitions sans fin des deux personnages finissent par entrer en conflit et on transite lentement de l’alliance que l’on connaissait à une situation de quasi-adversité. Cet arc scénaristique ne fait visiblement que commencer et constituera probablement une partie majeure de la prochaine saison, mais l’étude des relations entre Frank et Claire est un tournant majeur de la série. Moins orienté politique mais davantage sur l’étude de personnages, la série montre une nouvelle facette intéressante et à laquelle on ne s’attendait pas forcément.

Si cela ne suffit pas à sauver cette saison, d’un niveau nettement plus faible que les précédentes, on peut espérer qu’elle anticipe une prochaine saison plus excitante autour de l’élection présidentielle de 2016. Moins cynique et plus réaliste que par le passé, House of Cards semble plus en phase avec le monde politique réel, mais cela lui fait perdre également plusieurs de ses points forts. Cette nouvelle direction, faite de l’adjonction d’une dose de subtilité, pourrait cependant se révéler un choix gagnant sur le long terme. Saison de transition ou début de la fin pour House of Cards, il est probablement encore trop tôt pour en juger, mais cette troisième saison nous laisse clairement sur notre faim.



Source contrepoints.org

jeudi 26 mars 2015

mardi 24 mars 2015

Infos santé-La Vérité sur vos médicaments


La Vérité sur vos médicaments

La Vérité sur vos médicaments (Odile Jacob) a été rédigé par quatre professeurs de médecine. L'ouvrage vise à répondre aux inquiétudes et au manque d'information des patients.

Ils veulent « dire la vérité sur les médicaments ». Ce matin, quatre professeurs de médecine lancent une campagne médiatique autour d’un livre qui promet de faire du bruit, La Vérité sur vos Médicaments (Odile Jacob). Un pavé de 600 pages pour répondre aux doutes des patients désabusés par les scandales à répétition et le flux d’informations contradictoires.

« Les malades et leur entourage ne savent plus à quel saint se vouer. Qui croire ? Faut-il se méfier des médicaments ? Peut-on faire confiance à son médecin ? Les experts sont-ils tous ‘achetés’ ou ‘vendus’ ? Consommons-nous trop de médicaments ? », s’interrogent les auteurs en quatrième de couverture.

« Analyse indépendante, réponses scientifiquement validées »
Jean-François Bergmann, François Chast, André Grimaldi et Claire Le Jeunne veulent tout dévoiler. Les calculs de l’industrie pharmaceutique, les bénéfices et risques réels des molécules, les plus ou moins bonnes pratiques des médecins… Ils promettent une « analyse indépendante, sans parti pris » sur toutes les grandes classes de médicaments, ainsi que des « réponses scientifiquement validées » à des questions aussi variées et complexes que « les statines sont-elles nécessaires ? », « les vaccins sont-ils dangereux ? » ou encore « la cigarette électronique marche-t-elle ? ».

Pour ce faire, ils entendent bien sûr montrer patte blanche. Les droits d’auteur seront versés à la Fondation pour la recherche médicale. En avant-propos, chaque auteur a pris le soin de déclarer ses liens d’intérêt avec les laboratoires. De même, les éventuels conflits d’intérêts des 28 spécialistes interrogés pour établir cet ouvrage ont été passés au crible.

« On n'a pas réédité la Bible ! »
Malgré cela, le lecteur ne trouvera certainement pas dans ces lignes la vérité sur les médicaments. « On ne prétend pas avoir réédité la Bible ! nuance François Chast, chef du service pharmacologie-toxicologie de l'Hôtel-Dieu. Mais on a le sentiment que tout n’a pas été fait pour assurer la transparence de l’information. On s’est dit qu’il fallait réactualiser la connaissance sur les médicaments, à l’aune de l’actualité et des scandales qui désabusent le patient ».

Plus qu’une réponse unique, les auteurs livrent une description honnête de l’avancée des savoirs sur les médicaments. Ils tentent d’idientifier les certitudes et les zones d’ombre qui les entourent. « On dispose d’acquis incontestables. D’autres sujets suscitent de vifs débats. En fait, de nombreuses questions restent en suspens dans le livre », précise François Chast.

« A 32, on dit moins de bêtises que seul »
Qu‘en est-il de la légitimité des auteurs ? Combien ont, avant eux, tenté de déterminer la vérité de telle ou telle molécule ? « Il ne s’agit pas d’affirmations péremptoires, nous ne sommes pas plus légitimes que les autres. Nous avons réuni des personnes de confiance pour faire ce livre. A 32, on prend moins le risque de dire des bêtises que lorsqu’on est seul », sourit François Chast.

Une attaque à peine déguisée contre Philippe Even, auteur d’un ouvrage qui entend établir la vérité (encore elle !) sur les statines, et dénoncer leurs dangers ainsi que leur mauvais usage. Son titre : La vérité sur le cholestérol.

« Une analyse biaisée, parsemée de contre-vérités, d’erreurs » et de « jugements à l’emporte-pièce », dénonce le diabétologue André Grimaldi dans un extrait accusateur de La Vérité sur vos Médicaments. « Des milliers de patients ont arrêté leur traitement, alors qu’on dispose d’éléments très fiables sur l'efficacité et le bénéfice des statines chez les personnes à risques », confirme à Pourquoidocteur l’un des spécialistes interrogés par les auteurs du livre, Eric Bruckert, chef du service d'Endocrinologie de la Pitié-Salpétrière.

Etablir des vérités, en rétablir d’autres, délimiter leurs contours : telle est la prétention de cet ouvrage. « Ce livre n’est pas un guide exhaustif portant sur l’ensemble des médicaments. Pardon à ceux qui se sentiraient frustrés de ne pas y retrouver ceux figurant sur leurs ordonnances, s’excusent les auteurs en préambule. Notre objectif est plus de décrire pour comprendre, de comprendre pour analyser, d’analyser pour proposer ».


Source pourquoidocteur.fr

lundi 23 mars 2015

Dessins de presse


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dimanche 22 mars 2015

Billets-Non au parachute doré des élus


Non au parachute doré des élus !

Le fossé se creuse entre les citoyens et leurs représentants. Quand ils pensent à leur avenir, les Français sont pessimistes ; les députés, eux, le préparent, en se votant une sympathique prime de fin de mandat.
66 000 euros pour les députés perdants

Qu’on se rassure : les députés bénéficiaient déjà d’une prime de fin de mandat en cas de défaite électorale. Pendant 6 mois, ils continuent de toucher une petite partie de leur rémunération, 5 500 euros tout de même. ; désormais, ce sera pendant un an. De 33 000 euros, leur prime vient de passer à 66 000 euros.

5 500 euros brut par mois, c’est bien peu en comparaison des 13 000 euros brut mensuels que perçoit chaque député. Mais cela place tout de même les députés perdants dans les 10% de Français les mieux lotis. Un joli petit parachute doré.

En ces temps de crise, il fallait un excellent motif aux députés pour se voter unanimement un cadeau aux frais du contribuable. Celui-ci sera donc heureux d’apprendre que ces 33 000 euros supplémentaires sont une motivation pour les candidats potentiels.

« Il s’agit que les élus n’aient pas moins de moyens que le reste de la population parce que ça peut freiner les ambitions de ceux qui voudraient s’engager. » – Philippe Doucet, député PS rapporteur du texte.

Comme l’explique Le Figaro,
 « La loi sur le statut des élus n’a pas pour seul objectif d’atténuer le choc des défaites électorales, mais surtout de diversifier le profil des élus, en facilitant l’engagement des salariés du secteur privé et des femmes notamment. »

On voit mal en quoi cela va motiver les femmes. Et, à bien y regarder, on comprend mal l’intérêt de la mesure.

La plupart des élus retrouvent automatiquement leur situation pré-élection après leur mandat.

Les seuls pour lesquelles cette indemnité pourrait avoir du sens sont les professions libérales et les chefs d’entreprise, qui doivent reconstituer leur clientèle et leurs revenus.

Pour les retraités et les chômeurs, la fin du mandat est simplement un retour à la situation précédente, qui ne justifie pas d’indemnité ; on pourrait considérer qu’un chômeur travaille durant son mandat avec toutes les conséquences sur ses indemnités, c’est tout.

Un fonctionnaire retrouve automatiquement son emploi et son salaire. On voit mal dans ce contexte le sens d’une indemnité de fin de mandat, quelle qu’en soit la durée et le montant, puisque l’élu retrouve sans peine sa situation passée.

Quant aux salariés du privé, le texte prévoit leur réintégration automatique dans leur ancienne entreprise – pas besoin, donc, de prime. Cet autre volet du texte voté pose d’ailleurs lui aussi problème.

La réintégration automatique dans le secteur privé, liberticide et infondée.

La réintégration automatique des salariés du privé après leurs années de mandat revient à priver l’employeur du choix de ses salariés. Parce qu’ils le valent bien, et parce qu’ils le peuvent, les élus ont donc voté un texte qui prévoit l’obligation de les réembaucher s’ils sont battus aux prochaines élections.

On comprend que les avantages dont jouissent les élus issus de la fonction publique soient un facteur explicatif de leur surreprésentation dans la représentation nationale. Mais la solution, ce n’est pas de donner à tous les députés les mêmes privilèges qu’aux fonctionnaires ; c’est de forcer les élus à choisir entre leur poste et leur mandat.
Il faudrait que les élus démissionnent de la fonction publique. En Allemagne, c’est déjà le cas. Au Royaume-Uni, les fonctionnaires doivent démissionner avant la campagne. En France, les parlementaires protègent les privilèges des fonctionnaires – aussi parce qu’ils le sont.

L’engagement politique n’est pas un acte de bravoure donnant automatiquement droit à un statut et des droits élargis. C’est un choix de vie. Les élus français sont loin d’être à plaindre ; alors que les Français vivent des jours difficiles et en attendent de pires, augmenter la dépense publique pour accorder un privilège de plus aux élus s’apparente fort à un bras d’honneur. Comme toujours, ceux qui détiennent le pouvoir en abusent.



Source contrepoints.org

Dessins de presse


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samedi 21 mars 2015

vendredi 20 mars 2015

Billets-Médecins salariés de la Sécu… pour les nuls


Médecins salariés de la Sécu… pour les nuls

La Sécu va détenir le porte-monnaie et décidera ce qu’elle paye et sous combien de temps. Quelle profession accepterait d’être soumise à ce point-là ? Même les fonctionnaires ont une rémunération fixe et régulière, qui ne dépend pas du bon vouloir de leur employeur. Rappelons à ceux qui font semblant de l’ignorer que la Sécu est déficitaire, elle n’a plus d’argent. Vous accepteriez, vous, de signer un contrat avec un employeur en faillite ?

Qu’arrive-t-il quand il y a déficit ? Certains médicaments sont déjà moins remboursés, et un jour, on dira aux médecins qu’il n’y a plus assez d’argent pour les payer. Il sera d’autant plus facile de rejeter la responsabilité du « trou de la sécu » sur eux. Quel moyen auront-ils pour faire valoir qu’ils ont fourni un travail qui doit être payé ? Aucun. Ils seront soumis à celui qui les paye. Si celui-ci décide qu’il « gèle » les rémunérations, il faudra s’y plier.

Le tout sans bénéficier bien entendu du moindre avantage accordé habituellement au salarié : 35 heures hebdomadaires, congés payés, cotisations sociales et retraite du salarié, arrêts maladie payés au bout de quelques jours. Non : le médecin sera soumis à son employeur, au même titre qu’un salarié, mais comme un professionnel libéral, il continuera  à avoir les cotisations, les montants d’assurances et de protection égale à zéro.

Pour faire passer la totalité de cette loi stupide, les socialistes allument les contre-feux les plus saugrenus.

Premier contre-feu : « l’accès aux soins des plus pauvres » : c’est un beau contre-feu comme seuls les socialistes savent en abuser. Les plus pauvres ont déjà accès à l’AME et à la CMU ; les autres, donc, ne pourraient pas demander que le médecin attende pour encaisser leur chèque ? Le méchant médecin refuserait de le faire ? Allons, qui l’a demandé, et combien ont eu une réponse négative ? Des chiffres ! Les opticiens, attendent souvent que le patient soit remboursé avant d’encaisser le paiement. Il y a donc bien des arrangements pour que jamais le patient ne soit gêné.

Quel patient se rend chez le médecin libéral, en étant pauvre au point par exemple de ne pas avoir de téléphone portable ? Cet accessoire devenu tellement vital que le budget ménager qui lui est consacré est devenu incontournable, au détriment du budget de la santé ? On ne pourrait pas avancer 23 euros remboursés en quelques jours, mais on pourrait se payer un abonnement téléphonique ? Voire plusieurs dans la famille ? Allons, les politiques, descendez un peu sur la planète des vrais gens qui travaillent !
Deuxième contre-feu : des amendements ont été déposés concernant l’anorexie des mannequins  (vous avez bien lu, c’est aussi dans la loi), supposés tellement consensuels que la loi tout entière aura l’approbation de la population. Une façon de valoriser celle-ci en bannissant les mauvaises pratiques du monde de la mode et surtout en mettant à l’abri du danger des milliers d’adolescentes fragiles. Qui n’adhérerait pas au projet ? C’est encore une idée du député PS Olivier Véran, qui n’est jamais à court d’idées puisqu’il vient aussi de suggérer que les médecins hospitaliers travaillent jusqu’à 72 ans.

Aux journalistes qui soutiennent cette loi sans en voir le danger, imaginez votre situation si l’État décidait de vous payer directement dorénavant. Chaque année, on vous donnerait les consignes à suivre : moins de choix personnel de la part de votre rédacteur en chef, mais une ligne éditoriale fixée par l’État. Qui paye si vous la respectez. Aux cinéastes, aux chanteurs, si c’est l’État qui vous payait directement en fonction de votre manière de filmer, des paroles de vos chansons ? Au boulanger, au boucher, fournissant un produit tout aussi vital que la santé, si on vous demandait de ne vendre que des produits sans gras ou sans sucre (pour respecter les consignes alimentaires de l’État), et si votre rémunération dépendait uniquement du respect des consignes énoncées par le gouvernement ? Vous seriez payés en fonction de votre degré d’obéissance à la ligne édictée par l’État qui choisirait le contenu de votre travail, qui choisirait vos clients, votre lieu de travail. Au nom du bien-être social.

Et ceux qui n’y croient pas, qui continuent à penser que la Sécurité sociale est honnête et ne ferait jamais ça, devraient demander à leur pharmacien comment se déroule le paiement différé des médicaments, et aux artisans qui travaillent autour d’eux si les organismes qui collectent les cotisations sociales fonctionnent sans erreur grave.
Il ne faut pas s’étonner que la colère gronde parmi ceux qui versent de faramineuses cotisations sociales, pour des prestations sociales auxquelles eux-mêmes n‘auront jamais droit : le financement de ce tiers-payant généralisé, dont curieusement nul n’évoque le montant, n’est possible que parce que certains paient plus que d’autres. Comment supporter de travailler plus, mais de ne plus partir en vacances, ou de se restreindre sur ses loisirs afin de financer un confort pour les autres ?

Les Français comprendront peut-être mieux quand on touchera à leur porte-monnaie : la Sécurité sociale, pour financer le tiers payant généralisé a besoin de récupérer quand même la franchise, celle qu’on vous retient sur le prix d’une consultation ou l’achat d’une boîte de médicaments (1€ et 0,5€) : il faudra que vous donniez une autorisation de prélèvement à la Sécurité Sociale pour qu’elle se serve directement sur votre compte.

Ça devient moins drôle, tout à coup, de parler de solidarité ? Vous ignorez sans doute le nombre d’erreurs effectuées par ces organismes de sécurité sociale, le temps passé au téléphone pour récupérer des sommes dues, le nombre de courriers envoyés en recommandé pour faire valoir votre bon droit.

Vous enlever l’obligation de payer c’est vous enlever le droit de choisir. On vous aura prévenus.



Source contrepoints.org

mercredi 18 mars 2015

Dessins de presse


Dessins de presse

mardi 17 mars 2015

lundi 16 mars 2015

dimanche 15 mars 2015

Billets-Test du marshmallow et succès dans la vie


Test du marshmallow et succès dans la vie

Le test du marshmallow montre que chacun est responsable de ses choix et a le pouvoir de dicter le cours de son avenir.

Walter Mischel est un chercheur en psychologie de la Columbia University qui a été, depuis les années 1960, un pionnier dans la recherche sur l’habileté à retarder la satisfaction et la maîtrise de soi. Sa plus grande contribution scientifique fut sans aucun doute l’expérience du marshmallow qu’il débuta à Stanford entre 1968 et 1974 et qu’il décrit dans un livre récemment publié (à paraître très prochainement en français). L’idée principale du livre est que la maîtrise de soi est une habileté cognitive qui peut être acquise au cours de la vie, elle n’est pas entièrement innée.

L’expérience du marshmallow est simple. La première version concernait 550 enfants d’environ 5 ans. L’enfant est assis sur une chaise et devant lui se trouve une table sur laquelle on retrouve deux assiettes. Dans la première, se trouve une friandise/récompense que l’enfant aura choisie au préalable (souvent un marshmallow). Dans la deuxième assiette, il y a deux friandises. On explique ensuite à l’enfant que si à tout moment il appuie sur le bouton d’une sonnette placée devant lui, il pourra obtenir l’assiette contenant un marshmallow. Par contre, s’il patiente jusqu’au retour du moniteur 15 minutes plus tard, il pourra obtenir l’assiette contenant deux marshmallows. Ensuite, le moniteur de l’expérience sort de la pièce et laisse l’enfant seul avec la tentation. On mesure ensuite le temps durant lequel l’enfant pourra tenir sans céder à l’envie de manger la friandise.

La maîtrise de soi et le succès dans la vie
Quelques années après avoir débuté ces expériences, Mischel remarqua un phénomène intéressant : les enfants qui ont patienté jusqu’au retour du moniteur et obtenu la récompense plus élevée réussissent mieux dans la vie. À l’enfance, leurs résultats scolaires sont supérieurs. À l’adolescence, ils obtiennent un meilleur pointage SAT à l’entrée au collège et atteignent un niveau de scolarité supérieur. Vers la trentaine, leur indice de masse corporelle est plus bas et leurs revenus plus élevés. Tous les indicateurs observés démontrent que le temps d’attente de l’enfant est corrélé à ses accomplissements dans sa vie future.

Mischel consacre une bonne partie du livre à décrire les deux systèmes qui régissent nos décisions. Le système limbique est plus primitif et plus influencé par les émotions. Il détermine nos réactions à très court terme. Le cortex préfrontal quant à lui met plus de temps à se développer (de la fin de l’enfance jusqu’au début de la vingtaine) et fonctionne de manière plus rationnelle. Ce système influence davantage les décisions à long terme. Mischel nomme ces deux systèmes comme étant le « chaud » et le « froid ». Les jeunes enfants et, dans une moindre mesure, les adolescents, sont très vulnérables aux égarements du système limbique puisque leur cortex préfrontal est sous-développé. Plus l’enfant vieillit, plus longtemps il attendra lors de l’expérience du marshmallow. Les filles font aussi mieux que les garçons.

La maîtrise de soi : une habileté cognitive malléable ?
Durant des millénaires, la maîtrise de soi a été considérée comme un trait immuable, faisant de ceux qui en ont peu des perdants à la loterie biologique. En fait, des expériences ont démontré que l’on peut apprendre à un enfant à modifier la manière dont il perçoit un stimuli de manière à ce que la tentation soit réduite. À cet égard, la créativité et l’imagination sont importantes. Les enfants qui ont attendu jusqu’au bout avaient tendance à s’auto-divertir de manière à faire passer le temps plus rapidement. Cela fait en sorte d’inhiber le système chaud et d’activer le système froid.

Selon Mischel, l’ensemble d’habilités cognitives qui permettent la maîtrise de soi constituent la fonction exécutive (EF). Cette fonction permet de contrôler ses pensées, ses impulsions, ses actions et ses émotions. Elle nous donne la liberté d’inhiber nos envies de manière à rediriger notre attention vers les manières d’atteindre nos objectifs à plus long terme, donc de planifier rationnellement plutôt que de réagir compulsivement. Elle permet aussi de maîtriser les émotions négatives comme la colère, l’agressivité et le pessimisme. L’EF nous rend plus apte à être persévérant, à être optimiste, à gérer nos frustrations et à tolérer les échecs. Pour Mischel, ces mécanismes neuronaux sont essentiels au succès dans la vie. Par ailleurs, l’attitude constructive induite par une EF efficace permet de se protéger des troubles mentaux tels que la dépression et l’anxiété.

Ainsi, la manière dont on visualise les stimuli influence notre capacité à résister à la compulsion. Par exemple, une personne voulant arrêter de fumer pourra focaliser son attention sur des photos de gens atteints du cancer du poumon. On peut s’imaginer que la cigarette est un bâton de dynamite qui va nous exploser en pleine figure si on l’allume. Lorsqu’il est question de choix à plus long terme, comme par exemple la décision d’épargner un montant pour sa retraite, on peut aider les gens à repousser l’envie de dépenser l’argent immédiatement en les amenant à visualiser leur avenir de la manière la plus concrète possible, de manière à rendre l’avenir plus « chaud » comparativement au présent.

Cependant, notre EF peut se fatiguer. Une fois que l’on a accompli un acte requérant une certaine maîtrise de soi, il se peut que l’on devienne plus enclin à céder à la tentation si un autre stimulus survient. Par exemple, vous êtes à un cocktail où l’on sert des boissons alcoolisées à volonté. Vous tenez le coup et éviter d’en prendre car vous souhaitez rester sobre et surveiller votre ligne. Vous planifiez aussi de ne pas prendre de dessert au souper suivant ce cocktail. Cependant, après le souper, si le serveur vous propose un dessert, il sera plus probable que vous le mangiez car votre EF aura été éprouvée par l’acte de vous priver de boissons alcoolisées. Ce phénomène a été démontré scientifiquement par l’expérience des radis (ici).

Conclusion
Ainsi, la leçon principale des recherches menées par Mischel et ses pairs est que l’architecture de notre cerveau n’est pas tant déterminée par notre ADN et notre développement intra-utérus. Elle est en fait, plus malléable que l’on ne l’avait imaginé et nous pouvons activement influencer la façon dont nous nous comportons de manière à améliorer notre sort dans la vie.

Par contre, Mischel déplore l’écart de succès dans la société, alors que plusieurs enfants naissent dans des familles où la lecture n’est pas une activité valorisée, où leur créativité n’est pas stimulée, où le niveau de langage à la maison est déficient, où ils ne sont pas suffisamment alimentés pour être performant à l’école, qui vivent dans des quartiers dangereux et fréquentent des écoles violentes tout en étant exposés à de la violence physique et/ou verbale à la maison, ce qui induit une anxiété quotidienne malsaine. Ces enfants n’évoluent pas dans un contexte favorisant le développement de leur fonction exécutive, ce qui fait en sorte qu’ils démarrent leur vie bien en arrière de la ligne de départ.

Pour ma part, je trouve que les implications du test du marshmallow sont très intéressantes. Tout d’abord, il démontre qu’il y a un avantage à réduire sa satisfaction à court terme pour obtenir une récompense plus élevée à plus long terme. C’est le principe de base de l’épargne et de l’investissement, et donc du capitalisme. Ce principe fondamental est à la fois valide pour l’individu et au niveau de la société.

Deuxièmement, les études citées par Mischel démontrent que cette habileté cognitive n’est pas immuable. Chacun est responsable de ses choix et a le pouvoir de dicter le cours de son avenir. Ceci dit, certains enfants évoluent dans un environnement où il est plus difficile de faire les bons choix et de développer une « fonction exécutive » performante. Par quels moyens pouvons-nous pallier cette injustice ?

René Descartes disait « je pense, donc je suis ». Walter Mischel ajoute : « je pense, donc je peux changer ce que je suis ».


Source contrepoints.org

samedi 14 mars 2015

jeudi 12 mars 2015

Recettes Desserts-Tuiles aux amandes



Tuiles aux amandes

Préparation : 30 mn
Repos : 1 heure
Cuisson : 10 mn par fournée
Conservation : 1 mois
Pour 18 tuiles environ
120 g d’amandes effilées
120 g de sucre semoule
25 g de beurre
20 g de farine
2 blancs d’œufs
½ citron
Poivre de Sechuan
Vanille Bourbon en poudre
1. Mettez les blancs d’œufs dans une terrine, laissez-les à température ambiante, le temps de préparer les ingrédients. Râpez le zeste du demi-citron. Faites fondre le beurre. Écrasez ou passez au moulin ¼ de cuillerée à café de poivre de Sechuan.
2. Mélangez délicatement le sucre, le zeste, une pincée de vanille, les blancs d’œufs. Ajoutez le beurre fondu chaud en continuant de tourner jusqu’à ce que le mélange soit bien homogène. Incorporez la farine et les amandes effilées. Laissez reposer 1 heure au frais.
3. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6). Étalez des petits tas de pâte sur une plaque antiadhésive, aplatissez-les avec le dos d’une cuillère trempée dans l’eau, afin qu’elle ne colle pas à la pâte. Saupoudrez de quelques pincées de poivre de Sechuan.
4. Faites cuire une fournée de tuiles pendant environ 10 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient dorées. Décollez aussitôt. Faites cuire la deuxième fournée. Laissez refroidir

Aplatissez les tas de pâte, l’un après l’autre en les espaçant de 3 à 4 cm, car ils vont s’étaler en cuisant. Vous les ferez plus ou moins larges, selon la grosseur désirée des tuiles.
Si vous souhaitez leur donner une forme incurvée, déposez les tuiles encore chaudes sur un rouleau à pâtisserie et laissez-les refroidir.
Avis sur les épices :
Le poivre de Sechuan étoile de mille petits points résinés et ambrés ces tuiles légères, il fait ressortir les saveurs beurrées et délicatement vanillées. Ces baies moulues parfument aussi de simples quatre-quarts ou des clafoutis, qui quitteront alors leur statut de dessert de ménage pour celui de pâtisserie de salon de thé.


Billets-House of Cards


House of Cards

Le cinéaste virtuose David Fincher signe sa première série télé avec “House of cards”, diffusée sur Canal +. Un drame politique au casting impeccable (Kevin Spacey, Robin Wright).


Kevin Spacey. © Sony Picture Television inc

Il fixe la caméra avec le sourire en coin de celui à qui on ne la fait pas. Sur un ton à la fois doucereux et suffisant, il s'adresse à nous, public, donne sa vision de l'exercice du pouvoir à Washington, où, « comme dans l'immobilier, tout est question de positionnement ». Habitué des coulisses du Congrès, il laisse entendre qu'il est sur le point d'entrer dans l'histoire, lui, le futur secrétaire d'Etat — l'équivalent de notre ministre des Affaires étrangères. Il se trompe. Francis « Frank » Under­wood, représentant démocrate au Parlement américain, restera dans l'ombre. Pour mieux servir le nouveau Président, lui explique-t-on. Sans perdre son calme, il va alors méthodiquement ourdir sa vengeance et mettre à terre ceux qui l'ont trahi, le privant de la gloire politique qu'il attendait tant.

Première série originale de l'opérateur de vidéo à la demande Netflix, House of cards marque les débuts à la télévision de David Fincher. Le réalisateur de Seven et Millénium rejoint Martin Scorsese, Gus Van Sant ou encore Michael Mann dans la liste des grands noms de Hollywood passés au petit écran. Producteur de ce thriller politique au casting haut de gamme dominé par Kevin Spacey et Robin Wright, il en a également réalisé les deux premiers épisodes. « C'est une histoire de pouvoir, celle d'un homme qui, après avoir fait le sale boulot de ceux qui gouvernent, va leur démontrer qui est vraiment aux manettes, qui peut faire et défaire l'agenda politique et les carrières, explique-t-il. Ce n'est pas un hasard si Machiavel était en résidence surveillée quand il a écrit Le Prince. C'était un homme dangereux... »


Kevin Spacey et Robin Wrright, un couple à la déontologie très discutable. © Sony Picture Television inc

Un peu rapidement considéré comme le négatif d'A la Maison-Blanche, son double en plus sombre, House of cards, adapté d'une série du même nom de la BBC, dépeint un monde politique peu reluisant, à l'image de son personnage principal, parfois taxé de cynisme. « Ce n'est pas du cynisme, c'est du réalisme, s'agace David Fincher. Frank Capra avait une vision optimiste de l'Amérique. Pas moi. Certains aiment voir des personnages aimables, qui incarnent une vision flatteuse de notre humanité. Tant mieux pour eux. Ceux qui m'intéressent sont moins nobles, plus égoïstes et plus ambigus. »

  • Jeu de massacre ludique
Sans écarter les enjeux politiques — on y parle notamment d'éducation et des lobbies du gaz —, House of cards oscille entre jeu de massacre ludique et observation fascinante de la valse des ambitions. Celles de Frank bien sûr (Kevin Spacey, tour à tour glaçant et mielleux), mais aussi celles de Claire, son épouse, patronne d'ONG à la déontologie discutable (Robin Wright, parfaite), de Zoe, jeune journaliste brillante mais candide (Kate Mara), et de beaucoup d'autres, tous en fragile équilibre sur le château de cartes du titre. « Il y a un enjeu moral au centre de House of cards, précise Kevin Spacey : peut-on se ranger aux côtés de Frank, malgré son machiavélisme, parce que c'est un homme politique efficace ? Et, plus globalement, vaut-il mieux que nos dirigeants soient des gens réglos mais impuissants ou des types à la moralité discutable mais qui font bouger les choses ? »
Méticuleusement structurée et dialoguée, au détriment d'une émotion qui tarde à percer dans cette première saison, House of cards est d'abord une leçon de mise en scène. L'obsession du plan parfait de David Fincher — il reconnaît avoir fait quatre-vingt-dix-neuf prises de la première scène de The Social Network — transpire dès les premières secondes, quand la caméra balaie les rues de la capitale, ne négligeant aucun angle. A l'image de la stratégie millimétrée élaborée par Frank Under­wood, chaque scène, chaque cadrage (esthétiquement bluffant) est utile, porteur de sens. « Télévision ou cinéma, je ne sais pas faire autrement que ce que je fais d'habitude. La mise en scène, la direction d'acteurs, la photographie, je n'ai rien changé. Je vais aussi vite que possible, mais je garde mes méthodes pour que chaque plan soit parfait », explique-t-il.
Lancée pour au moins deux saisons, soit vingt-six épisodes, House of cards multiplie les rebondissements, mais dessine ses personnages avec une infinie patience. « J'ai eu des réunions avec des patrons de studios qui me disaient : "Je ne comprends pas, page 2, ce personnage dit qu'il pense ça, et page 26, il fait l'inverse. Il est incohérent !" se souvient Fincher. Les séries permettent précisément cela, avoir des héros qui changent d'avis d'un épisode à l'autre, qui se remettent en question. » Exigeante, redoublant de subtilité avec le temps, la série fait le pari que les téléspectateurs iront au-delà des apparences, pourtant flatteuses, pour saisir sa complexité humaine. « A l'heure où je vous parle, il y a encore beaucoup d'aspects de mon personnage que j'ignore, conclut Kevin Spacey. House of cards suit une vaste trajectoire. » ­

  • Eldorado à la demande
A l'origine, House of cards n'est pas une série télévisée. C'est une série en ligne, consultable en streaming, un objet fictionnel récemment identifié grâce au site américain de VOD Netflix. Finis les horaires de diffusion et l'attente entre deux épisodes, elle a été mise en ligne d'un coup : 13 épisodes à consommer à l'envi par les plus de 36 millions d'abonnés du site -- la célèbre chaîne câblée HBO (Les Soprano, Game of thrones, etc.) en compte 35 millions. Après David Fincher, les Wachowski (Matrix) y signeront leur première série, Sense8. Une quinzaine d'autres projets sont en préparation. Accessible en Europe du Nord mais pas encore en France (les rumeurs vont bon train), Netflix s'impose déjà comme un nouvel eldorado créatif. Surtout, ses séries, adaptées aux modes de consommation gloutons des « sériephiles », offrent une solide parade contre le piratage.

Entretien avec Kevin Spacey
Il incarne Frank Underwood, politicien humilié, Machiavel des temps modernes dans “House of Cards”, qui démarre sur Canal+. Une série passionnante, politiquement dérangeante et savamment écrite.


Kevin Spacey dans le rôle de Frank Underwood. © Sony Pictures Television

Discret au cinéma, impliqué dans la vie théâtrale londonienne, l’acteur est à l’origine du lancement de House of Cards, thriller politique produit et réalisé, pour ses premiers épisodes, par David Fincher. Il y incarne le machiavélique Francis « Frank » Underwood, représentant démocrate au parlement américain qui, après avoir vu le poste de Secrétaire d’Etat – l’équivalent du ministre des Affaires étrangères – lui passer sous le nez, va s’appliquer à ruiner la carrière de tous ceux qui l’ont trahi. Une série haut de gamme, non sans quelques défauts, mais superbement produite et interprétée. House of cards qui a marqué l’entrée fracassante du site de VOD américain Netflix dans l’univers des séries est diffusée par Canal+.

  • Comment voyez-vous Frank ? Est-ce le « méchant » de l’histoire ?
C’est un homme diabolique et délicieux, un personnage clairement inspiré par les héros shakespeariens, Richard III et le Iago d'Othello, mais je ne le vois pas comme un « méchant ». D’ailleurs, je ne sais pas jouer la méchanceté pure et dure, je ne sais pas limiter un personnage à une seule couleur. Je joue les nuances de l’écriture.

  • Vous avez joué, l'an passé, Richard III au théâtre dans une mise en scène de Sam Mendes qui insistait sur les confidences du personnage au public. De même dans House of Cards, où Frank nous parle en regardant la caméra…
Cet effet fait des spectateurs des co-conspirateurs. A chaque représentation de Richard III, j’ai vu le public s’avancer sur le bord des fauteuils, tendre l’oreille, et se régaler d’être mis dans la confidence, d’avoir le sentiment de partager un secret. Les choses sont un peu différentes avec House of Cards, car je n’ai plus personne à regarder dans les yeux, juste l’objectif d’une caméra. Du coup, j’ai opté pour le ton de celui qui fait une confidence à un ami, dans un recoin de bar, plus simplement, plus intimement.

  • Jouer Richard III vous a-t-il aidé à jouer un homme politique ici ?
Le metteur en scène Sam Mendes voulait un personnage théâtral, puissant, qui remplisse l’espace de sa présence. Frank Underwood est plus subtil, moins excessif. Ceci étant dit, j’espère que dix ans passés avec le Old Vic (théâtre londonien dont Kevin Spacey assure aussi la direction artistique depuis 2003, ndlr) ont fait de moi un meilleur acteur.

  • Les machinations de Frank sont-elles à vos yeux crédibles ?
Il n’est inspiré d’aucun politicien réel, mais des hommes comme Frank ont existé, et existent toujours. Lyndon Johnson, par exemple, qui a succédé à Kennedy à la Maison blanche, a la réputation d’avoir été un fieffé salopard, un homme sans pitié… mais il a fait bouger pas mal de choses en peu de temps. Et ce genre de politicien est de plus en plus souvent réhabilité aujourd’hui. L’enjeu moral de House of Cards est là : peut-on se ranger aux côtés de Frank, malgré son machiavélisme, parce qu’il fait avancer les choses ? Et plus globalement, faut-il que nos dirigeants soient des gens bien sous tous rapports mais qui ne font passer aucune loi, qui ne changent rien à rien – comme ça a été le cas ces dernières années aux Etats-Unis – ou des types à la moralité discutable, mais qui font bouger les choses ?

  • La relation qui unit Frank à sa femme Claire est très ambiguë. On ne sait pas où ils vont, ni qui domine l’autre…
C’est une des questions centrales de la série : qu’est-ce qui fait tenir leur relation, pourquoi sont-ils ensemble et où veulent-ils aller ? Ce sont deux personnes qui ont trouvé dans l’autre quelque chose dont ils ont besoin. Reste à mettre le doigt dessus.


Kevin Spacey et Robin Wright, Frank et Claire Underwood. © Sony Pictures Television

  • Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans la fabrication de cette première saison ?
J’ai l’impression d’avoir joué une partie d’échecs en treize temps, avec David Fincher et Beau Willimon (le scénariste en chef de House of Cards, ndlr). Francis a toujours plusieurs coups d’avance sur ses opposants, et ça a été un boulot terrible de s’assurer qu’on savait précisément où on allait, ce qui se passait, ce qui allait se passer. House of Cards est une série où une intrigue peut disparaître pendant neuf épisodes, et soudainement réapparaître. J’ai été ravi que Beau Willimon se charge du scénario, parce que c’est un dramaturge. Or, si vous écrivez des pièces de théâtre, vous avez une notion forte de comment structurer un récit. C’est tout le défi d’une série, trouver la bonne structure narrative, pour accrocher le téléspectateur et le tenir en haleine.

  • Comment avez-vous concrètement appliqué ça à House of Cards ?
On ne perd pas de temps à présenter les personnages. On est dans l’histoire, tout de suite, il se passe des paquets de trucs dès les premiers instants. Comme nous savions que nous produirions au moins vingt-six épisodes, nous avons choisi d’attaquer fort, de plonger dans l’intrigue, et de prendre le temps, plus tard, de renforcer les personnages, d’apprendre à mieux les connaître. D’ailleurs, à l’heure où je vous parle, il y a encore beaucoup de choses que j’ignore sur mon propre personnage… House of Cards est une vaste trajectoire. Nous avons le temps de la raconter.

  • Comment décrire le travail avec David Fincher ?
Sublime. C’est un perfectionniste. J’aime être poussé, défié. Il est connu pour faire des tonnes de prises, et j’ai enfin compris pourquoi : il vous force, à l’usure, à donner le meilleur de vous même. Il se débarrasse peu à peu de tout le superflu, de toute votre frime d’acteur. Il distille chacune des scènes pour arriver à la façon la plus pure, la plus simple, la plus économique possible de raconter une histoire. C’est un type qui a bossé dans tous les secteurs de la fabrication d’un film. Il sait donc exactement comment obtenir le meilleur de chacun des techniciens. Quand David Fincher est obsédé par quelque chose, ce qui en sort est bon. Et je peux vous dire qu’il est méchamment obsédé par House of Cards… Il n’a réalisé que les deux premiers épisodes, mais il reste notre « gourou ». D’un point de vue stylistique, personne ne s’est écarté d’un iota des règles qu’il a établies.


© Sony Pictures Television

  • Vous faites du théâtre, de la télévision, mais moins de cinéma. En avez-vous marre d’Hollywood ?
Ce n’est pas aussi simple. Dans les années 90, j’étais très ambitieux, je voulais me bâtir une carrière cinéma. En 1999, il y a eu American Beauty, qui m’a offert exactement ce que je voulais. Du coup, je me suis tourné vers autre chose, et j’ai consacré plus de temps au théâtre, une activité beaucoup moins individualiste. Il s’agit juste de ne pas avoir l’impression d’être coincé, de pouvoir varier les plaisirs.

  • La télévision s’inscrit dans ce même mouvement ?
Comme David Fincher, ce n’est pas la première fois qu’on me propose de faire une série. Jusqu’ici, on ne se sentait pas prêts. On était peut-être nerveux face aux codes et aux limites de la télé. Quand la série était en projet, Netflix a battu tout le monde aux enchères, nous a fait aveuglément confiance, ne nous a même pas demandé de faire un pilote, nous a commandé directement vingt-six épisodes… c’est dingue ! Du coup, on n’a pas pu refuser.

  • En proposant d’un coup les treize épisodes de cette première saison de House of Cards, Netflix semble vouloir s’adapter aux nouvelles façons de regarder des séries…
Si vous demandez à vos amis ce qu’ils ont fait le week-end dernier, ils vont vous répondre qu’ils ont vu trois saisons de Breaking Bad ou deux saisons de Game of Thrones. Les gens mangent des séries par paquets d’épisodes, ils sont accros, ils ont besoin d’aller au plus vite au terme des arcs narratifs… C’est un choix très intéressant qu’a fait Netflix. J’ai joué récemment dans Margin Call, qui a été mis en ligne en même temps que sa sortie sur les écrans. Et les résultats ont été probants. J’ai l’impression que le cinéma et la télévision ont compris ce que l’industrie de la musique n’a pas voulu comprendre, et peuvent encore s’adapter aux nouveaux modes de consommation avant qu’il ne soit trop tard.

  • Ce rôle vous a-t-il donné des envies de politique ?
Mon Dieu… Si vous ne devez savoir qu’une chose de moi, c’est que j’aime créer, avancer, être dans le concret. Pourquoi voudriez-vous que j’aille me fourrer en politique, le meilleur endroit au monde pour ne rien arriver à faire, ne pas avancer ? J’en sortirais complètement frustré.

Entretien avec Robin Wright
L'actrice incarne Claire, la mystérieuse et inflexible épouse de Frank Underwood, le héros de “House of Cards” qui démarre sur Canal +. Son inspiration : Lady MacBeth ou Pénélope dans “L'Odyssée”.


Robin Wright. © Netflix/Sony Pictures Television

  • Vous avez déjà tourné avec David Fincher, au cinéma dans The Girl with the Dragon Tattoo. Est-ce le même réalisateur à la télévision ?
Le même, mais en plus pressé, parce qu'il a moins de temps.

  • Alors il n'a pas le temps de faire cent prises par scène ?
Il en fait 98 (rires). Je ne suis pas sûre qu'il se remettra à la réalisation pour la saison 2, car ça a été un peu un choc pour lui de devoir aller plus vite. House of Cards reste à mon sens une série hautement « fincheresque ».

  • C'est-à-dire ?
Il a un sens du cadrage unique, que l'on fait étudier en école de mise en scène. Ce n'est pas une question d'objectif, ni une question de technique. Il veut sentir les personnages, leur pouls, leur rythme, leur façon de se déplacer dans l'espace. Pour Claire Underwood, il m'a demandé de bouger le moins possible. Je suis naturellement quelqu'un qui remue beaucoup. David m'a dit « assieds-toi derrière ce bureau, décroise les jambes, et ne bouge plus. » Cette simple indication m'a permis de comprendre le personnage : elle est presque un buste de marbre, une Lady MacBeth inflexible, figée, qui va peu à peu laisser une femme percer sous le marbre.

  • Vous parlez de cadre, mais le cadrage peut-il être le même à la télévision et au cinéma ?
Ce n'est pas tant une affaire de cadre pur, mais de comment on saisit le personnage, de la proximité que l'on parvient à créer, et la télévision est justement une affaire de proximité. C'est pour ça que les gens se glissent dans leurs lits, des heures durant, avec leur ordinateur sur les genoux.

  • Avez-vous vu la série originale britannique ?
Non, et je ne compte pas la voir. J'ai eu d'abord très peur de me sentir contrainte d'imiter le modèle, et puis on m'a dit qu'elle n'était pas si importante. De toute façon, je ne regarde pas la télé. Pas plus que je voulais en faire, d'ailleurs. Quand David m'a dit : « tu es au courant que c'est le futur ? », je lui ai dit « ouais, ouais, c'est ça. » Il m'a fallu du temps pour comprendre que j'allais avoir la chance de développer un personnage sur la durée, que je ne serais pas limitée à donner la réplique à Kevin Spacey.

  • Il y aura au moins 26 épisodes en deux saisons. Comment vivez-vous cette expérience sur la durée ?
C'est très spécial. On nous donne la possibilité de participer, de donner notre avis, de faire des propositions, de faire évoluer notre personnage. Nous avons une grande liberté d'improvisation, et nous sommes en contact permanent avec les scénaristes, qui sont sur le tournage. Il arrive souvent que nous ayons une idée, d'un coup, pendant une répétition. Eh bien, nous pouvons agir sur le scénario à ce moment-là. Il y a une profondeur de lecture unique pour nous, qui nous permet de saisir les sous-textes et les subtilités des personnages comme nulle part ailleurs.


  • Voyez-vous Claire comme une femme d'homme politique crédible ?
Je ne sais pas, et je pense qu'à moins d'être intime avec la femme d'Al Gore ou celle de Bill Clinton, on peut difficilement prétendre savoir à quoi ressemble leur vie. Tout ce qu'on sait, c'est ce que les médias nous laissent voir... et c'est souvent mensonger. Je n'ai donc pas voulu m'inspirer de ce que je voyais, mais plutôt de personnages fictifs : Lady MacBeth ou Pénélope dans l'Odyssée.


  • On vous a beaucoup vu dans des rôles de femmes trompées, loin de celui de Claire. Ça vous change, non ?
C'est comme ça que ça se passe à Hollywood. On ne m'a jamais proposé de comédie, pas plus qu'on a proposé des rôles dramatiques à Meg Ryan. Si le public vous aime dans un type de rôle, que le box-office suit, vous en sortirez difficilement. Il faut un réalisateur qui vous fasse confiance, et prenne un risque.


Francis Underwood (Kevin Spacey), Claire Underwood (Robin Wright) et Doug Stamper (Michael Kelly), House of cards. © Netflix/Sony Pictures Television

  • Frank est maléfique, mais séduisant. Comment expliquez-vous cette dualité ?
L'art de la guerre est un art. Pour atteindre le sommet du pouvoir, il faut être incroyablement méticuleux. Il faut analyser le moindre de ses rouages, et savoir se faire craindre. Je ne crois pas que Frank soit « séduisant » au sens charmant du terme, il est plutôt calculateur, manipulateur, et du coup, passe pour séduisant.

  • Pensez-vous que la série porte un regard cynique sur la politique, ou qu'elle est au contraire réaliste ?
Je ne sais pas si les personnages sont crédibles, mais le fonctionnement de la machine politique l'est certainement : les sacrifices, les concessions, les médiations, les souffrances, tout ce qu'il faut endurer pour simplement faire voter une loi.

  • Les fictions risquées ont longtemps été produites par les chaînes câblées. House of cards a été produite par Netflix et directement mise en ligne. Internet serait-il le nouvel El Dorado ?
Sans doute. Ça risque de devenir le meilleur endroit où aller pour les comédiens. Peu importe la taille du rôle. Ce que l'on demande, c'est un rôle intéressant, différent, pas un gros rôle. Et les séries comme House of Cards offrent cette opportunité. De toute façon, au cinéma, il n'y a plus que Ironman, Batman et tout ce qui finit par « man » pour faire de l'argent. Le cinéma ne fait plus que du divertissement. Le cœur du drame bat à la télé.


Propos recueillis par Pierre Langlais
Source telerama.fr