dimanche 31 décembre 2017

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Dessins de presse


Dessins de presse

Photos: Robert Mapplethorpe

Un arrêt sur les travaux du photographe Robert Mapplethorpe


















Photos-Expo Mapplethorpe au Grand Palais


Expo Mapplethorpe au Grand Palais 

S’il y a bien des photos exceptionnelles au sens fort du terme, ce sont justement celles-là. (Attention, article avec des images #NSFW)

Mapplethorpe, c'est LE photographe PD SM du New York des années 1980, mort du sida en 1989. On a tous en tête ses photos de fleurs et de pénis: Man in a polyester suit par exemple: le portrait d’une bite noire qui sort de la braguette d’un mec en costard dont on ne voit pas le visage; ses photos de mecs, de pratiques et d’accessoires SM et son fameux autoportrait où on le voit de dos, en chaps, se rentrer un manche de fouet dans le cul et nous lancer un regard bien acéré par dessus l’épaule.
  
Dit comme ça, ça fait presque documentaire et c’est tant mieux. Je le fais exprès pour contrer l’habillage de l’expo, avec une scénographie made in France qui vise à tirer l’underground vers le haut, remplacer la subculture par la haute culture et canoniser le grand artiste. Je cite le dossier de presse:
«L'enjeu de cette expo est de montrer que Maplethorpe est un grand artiste classique.»
Pourquoi pas européen tant qu’on y est?
Du coup, on a droit dès l’entrée à toute une série de photos de sculptures grecques qui nous hissent hors de la boue new-yorkaise, des clubs SM et du Gay Liberation Front des années 1970. Hum. Et comme si ça ne suffisait pas, l’expo nous sort une section féminine compensatrice présentée comme indispensable: «les femmes de Mapplethorpe». Elles ne se bouculent pas au portillon, les femmes de Mapplethorpe. Ils en ont trouvé que deux: Patti Smith et la très obscure Lisa Lyon. Mais faut croire qu’elles comptent pour mille vu que ce sont «ses muses».
M'est avis que Mapplethorpe avait franchement d’autres sources d’inspiration. Mais, je cite le catalogue:
«Elles permettent d’aborder le thème de la féminité et de voir un aspect moins connu de l’œuvre.»
Alors c’est vrai que Patti Smith a passé pas mal de temps à traîner dans le Village et au Chelsea Hotel avec Mapplethorpe avant qu’il réponde à l’appel du sexe gay et sado maso. Elle le raconte très bien dans Just Kids, son livre sur leur relation et le New York des années 1960-70.
Mais justement, c’était avant Stonewall, leur bohème à deux. Et en matière de féminité, c’est drôle de voir que les autoportraits du photographe en drag –sublimes– comptent pour du beurre.

Le clou si l’on peut dire, c’est la section «Eros» –pas «Porno»– interdite aux moins de 18 ans et enkystée comme une darkroom au centre de l’expo. Pas trop grande, je vous rassure. C’est tout de même fascinant de voir que la bite au repos, c’est de l’art donc c’est ok dans les autres sections de l’expo mais qu’un sexe en érection va direct en enfer. Avec bien sûr toutes les photos SM mais attention, l’expo est fist free.


Or s’il y a bien des photos exceptionnelles au sens fort du terme, ce sont justement celles-là. Je pense notamment à Double fist fuck, [ci-contre] une photo de 1978, où l’on voit deux bras plongés dans le cul d’un homme. Ces photos visibilisent la nouvelle pratique sexuelle du XXe siècle inventée par les pédés.
Elles témoignent de la transformation radicale de la masculinité américaine dans les années 1970, affectée –pour ne pas dire infectée– par une subculture gaie qui a fait naître un puissant sentiment collectif. Ce n’est pas pour rien qu’elle détourne les grands classiques de la virilité nationale avec le cow-boy et les chaps pour le cul. Comme le rappelle la sublime photo du cowboy, bite pendante, Victor Huston de 1979. Ce que je trouve franchement problématique dans une expo au Grand Palais, surtout quand on connaît son directeur.
Maintenant vous pouvez y aller! Il faut y aller parce qu’il y a quand même 250 photos dont les polaroïds qu’il faisait dans les années 1970. Perso, j’aurais aimé qu’il ait plus de ses collages aussi. Mais souvenez-vous que vous allez payer pour voir et ne pas voir.


Exposition Mapplethorpe à Madrid en 2007. REUTERS/Susana Vera


Source slate.fr

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samedi 30 décembre 2017

Recettes de Fêtes-Guimauve


Guimauve

Préparation : 25 mn
Cuisson : 7 mn
Repos : 3 heures
Conservation : 10 jours dans une boîte hermétique à l’abri de l’humidité
Pour 10 cubes environ
70 g de pulpe de framboises
50 g de miel
240 g de sucre
15 g de gélatine
100 g de blancs d’œufs
1 g de colorant rouge
Sucre glace
Fécule
1. Faites ramollir la gélatine 5 minutes dans un bol d’eau froide.
2. Dans une casserole, faites cuire la pulpe de framboises avec le miel, le sucre et 4 cl d’eau jusqu’à ce que le sirop atteigne 114 °C (utilisez un thermomètre à sucre). Hors du feu incorporez la gélatine pressée entre vos mains.
3. Dans le même temps, montez les blancs d’œufs au batteur à petite vitesse. Incorporez doucement le sucre cuit. Augmentez la vitesse du batteur et continuez à battre jusqu’à ce que le mélange atteigne 40 °C. Ajoutez le colorant puis versez la guimauve dans un plat préalablement saupoudré d’un mélange composé à parts égales de sucre glace et de fécule.
4. Laissez la guimauve refroidir complètement à température ambiante pendant 3 heures avant de la démouler et de la détailler en cubes (ou autre forme). Roulez les dés dans un mélange sucre glace et fécule pour éviter qu’ils ne collent.

vendredi 29 décembre 2017

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mercredi 27 décembre 2017

Billets-Pour un droit au blasphème !


Pour un droit au blasphème !

Il ne s’agit pas de faire l’éloge du blasphème, ni d’inciter au blasphème, mais bien de s’assurer que son expression est permise.
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Au lendemain de notre deuil national, il nous faut nous rassembler, nous unir, mais également nous interroger. Avons-nous toujours indéfectiblement été les partisans de la liberté d’expression face à la satire religieuse ? N’avons-nous pas failli dans notre défense des caricaturistes de Charlie Hebdo ?

Car le « délit de blasphème » existe bel et bien en droit français ! Il a été invoqué en 2013 à l’encontre… de Charlie Hebdo. Entre les survivances du vieux droit français, le nouvel attirail juridique créé depuis quarante ans, et la menace de nouvelles lois liberticides, la liberté d’expression si fortement clamée par les manifestants du 11 janvier a du souci à se faire.

Commençons par faire le ménage dans notre propre législation, en clarifiant le droit à la satire et à la critique des dogmes religieux. C’est d’autant plus nécessaire que de nombreuses voix, dont celle du Pape François, se sont élevées récemment pour demander de « ne pas insulter la foi ».

Il ne s’agit pas de faire l’éloge du blasphème, ni d’inciter au blasphème, mais bien de s’assurer que son expression est permise.

Un délit de blasphème en France ?

Abrogé dans le Code Pénal en 1791, le délit de blasphème reste en effet en vigueur en droit local alsacien, codifié à l’article 166 du Code Pénal local. Est condamné à une peine de 3 ans d’emprisonnement « celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants, ou aura publiquement outragé un des cultes chrétiens ou une communauté religieuse établie sur le territoire de la Confédération et reconnue comme corporation, ou les institutions ou cérémonies de ces cultes, ou qui, dans une église ou un autre lieu consacré à des assemblées religieuses, aura commis des actes injurieux et scandaleux ». L’article 167 réprime quant à lui la perturbation d’offices religieux.

Ainsi, assigné en justice en février 2014 pour délit de blasphème par la « Ligue de défense judiciaire des musulmans », Charlie Hebdo a dû se justifier d’avoir caricaturé le prophète Mahomet en vertu d’une disposition du droit local alsacien qui n’avait guère été utilisée que deux fois : en 1997, lorsque cinq militants d’Act Up ont été condamnés pour avoir perturbé une messe en la cathédrale de Strasbourg (condamnation confirmée en 1999 par la Cour de Cassation1), et en 1954 lorsque la Cour d’appel de Colmar a retenu « le trouble volontairement apporté au culte » contre deux personnes qui avaient harangué les fidèles à l’issue d’une messe. Si le procès n’a pas abouti, le reliquat de cette disposition est difficilement justifiable.

De manière plus insidieuse, l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 8 avril 2005 censurant une affiche publicitaire considérée comme blasphématoire a tristement fait jurisprudence. En l’espèce, l’association « Croyances et Libertés » avait assigné les créateurs de mode Marithé et François Girbaud et l’agence de pub Air Paris pour « injure visant un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée, en l’occurrence le catholicisme » en raison de « poses lascives » de la Cène de Léonard de Vinci…

On a également assisté à de multiples tentatives de réintroduction d’un véritable « délit de blasphème ». Au niveau international, d’abord : tous les ans depuis 1999, les 57 pays de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) tentent d’imposer au Conseil des droits de l’homme de l’ONU que la diffamation des religions, c’est-à-dire le blasphème dans son sens le plus large, soit considérée comme un crime. Mais aussi au niveau national, de la part de députés mal avisés. Ainsi, le 28 février 2006 était déposée une proposition de loi de Jean-Marc Roubaud visant à « interdire les propos et les actes injurieux contre toutes les religions », et le 29 mars 2006 une proposition de loi d’Éric Raoult visant à « interdire le blasphème religieux par voie de caricature ».

Il est temps de clarifier une fois pour toutes la situation juridique du blasphème.

Les limites du droit à la caricature

Il n’existe aucun droit à la caricature mais seulement un rattachement de la caricature à la liberté d’expression.

La caricature est libre conformément aux dispositions de l’article L.122-5 du Code de la propriété intellectuelle disposant que « lorsque l’œuvre a été divulguée, l’auteur ne peut interdire : […] 4º La parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre […]». La condition des « lois du genre » fait référence à la nécessité d’un « travestissement comique »: autrement dit, la caricature, si elle n’est pas comique, peut être assimilée à l’injure répréhensible. Or, les caricaturistes de Charlie Hebdo n’avaient pas toujours à cœur de susciter le rire, mais souhaitaient déclencher le débat à travers la provocation.

En reproduisant notamment la caricature de Mahomet du journal danois Jyllands-Posten en 2005 représentant le prophète coiffé d’un turban symbolisé par une bombe, Charlie Hebdo n’avait pas pour objet de faire rire mais bien de grossir le trait, d’exagérer. Il fut poursuivi (en vain) par l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) pour cette publication.

Parce que la caricature est par définition un abus, un dessin outrancier, et qu’il est par ailleurs interdit d’abuser de sa liberté d’expression, le contrôle de la caricature est inapproprié car revenant à contrôler l’« abus d’abus » ! La caricature ne devrait pas être conditionnée à l’abus : au contraire, un droit absolu à la caricature doit être octroyé pour les sujets religieux. Afin de corriger la dégringolade de la France à la 33ème place des pays protégeant la liberté de la presse selon le classement de 2014 de Reporter Sans Frontières, il nous faut mettre en place un véritable bouclier juridique garantissant une protection pour « blasphèmes ».

Cette nécessité juridique est impérieuse comme en attestent les évènements récents mais également les multiples procès du passé à l’encontre de Charlie Hebdo sur le fondement d’une supposée « incitation à la haine raciale ».

Les multiples procès pour « incitation à la haine raciale »

Charlie Hebdo a toujours été visé par les instances religieuses. La Grande Mosquée de Paris, l’Union des Organisations Islamiques de France, la Ligue Islamique Mondiale, l’Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et Chrétienne et d’autres organisations religieuses n’ont eu de cesse d’assigner Charlie Hebdo en justice, pour incitation à la haine raciale (Article 24 alinéa 6 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse) ou pour provocation à la discrimination religieuse (Article 24 alinéa 8 de la loi de 1881). Ces tentatives infructueuses de faire condamner Charlie Hebdopour ce qui relève du blasphème, invoqué indirectement sur les fondements de la haine raciale ou de la discrimination, ont trop souvent été observées avec une sympathie coupable d’une partie de la classe politique.

La caricature religieuse, quoique l’on en dise, a toujours dérangé nos dirigeants. Au lendemain des manifestations parfois violentes partout dans le monde à la suite de la publication en septembre 2005 des caricatures de Mahomet par un journal danois, et reprises par divers journaux dont Charlie Hebdo, le Président de la République Jacques Chirac n’invoquait pas la liberté d’expression mais en appelait « au plus grand esprit de responsabilité, de respect et de mesure »

Heureusement, notre jurisprudence libérale reste le garant de la liberté des caricaturistes soucieuse de protéger des auteurs ayant « une volonté délibérée de forcer le trait et d’user de la caricature afin de rendre leur propos le plus divertissant possible […] et que le côté parodique [de leurs écrits et caricatures] ne saurait échapper à un lecteur averti qui le lira au deuxième degré ». Mais nous devons constater qu’on demande aujourd’hui au juge une tempérance que le législateur est loin de suivre…

Notre droit sacré au blasphème

« Toutes les grandes vérités sont d’abord des blasphèmes » disait le philosophe Bernard Shaw.

Nous avons un droit sacré au blasphème à la fois parce que celui-ci procède de la liberté d’expression de tout citoyen, mais également parce qu’il nous fait avancer vers la manifestation de la vérité par un débat d’opinions provocateur mais nécessaire. Il faut traiter les religions comme des philosophies, discutables et réfutables, sans faire du « respect des croyances » un nouveau tabou.

Ainsi, nous formulons les deux propositions suivantes :
  • Ajouter à l’article 24 de loi du 29 juillet 1881 réprimant l’incitation à la haine raciale l’alinéa suivant : « Toutefois, les caricatures et satires de dogmes religieux, de spiritualités, et d’institutions religieuses ne sauront être punies des peines prévues à cet article ; »

  • Abroger les articles 166 et 167 du code pénal local Alsace-Moselle réprimant le blasphème.

Parce que, comme l’affirmait justement Ernest Renan, « le blasphème des grands esprits est plus agréable à Dieu que la prière intéressée de l’homme vulgaire », il nous faut établir un véritable « droit au blasphème » : la diffamation de religions ou l’incitation à la haine raciale ne pourront plus être invoquées en ce qui concerne la critique et la satire de dogmes religieux.

Cette réponse juridique aux événements tragiques de janvier 2015 reste la solution la plus adaptée et la plus mesurée. Soyons désormais tous des citoyens aux grands esprits, garantissons un droit au blasphème afin de garantir nos libertés individuelles et de renforcer la République.


Source contrepoints.org


Billets-Le Livre des trois imposteurs


Le Livre des trois imposteurs

Texte intégral révisé et modernisé. De tribus impostoribus ou Traité des trois imposteurs est un ouvrage mythique parmi les classiques des traités athéistes.
Véritable livre palimpseste consacré aux fondateurs des trois grandes religions monothéistes -- les prophètes et messies juifs, chrétiens et musulmans Moïse, Jésus-Christ et Mahomet -- il a défrayé la chronique religieuse tout au long du Moyen Âge et de la Renaissance avant d'apparaître au grand jour au XVIIIe siècle sous diverses versions clandestines.

Alimentant les fantasmes des inquisiteurs comme ceux des libertins, il a été attribué par les érudits à de nombreux auteurs accusés d'impiété, d'athéisme, de blasphème ou d'hérésie: Abû Tâhir, Averroès, l'Arétin, Giordano Bruno, Machiavel, Erasme, Boccace, Rabelais, Vanini, Pomponace, Etienne Dolet, Michel Servet, Jean Rousset de Missy, Simon de Tournai, Christopher Marlowe, Geoffroy Vallée, Frédéric II de Prusse, le baron d'Holbach, Baruch Spinoza, Thomas Hobbes, Jan Vraesen, Johan Joachim Müller, Jean Maximilien Lucas, et bien d'autres.

L'auteur anonyme -- présumé être Jan Vroesen -- qui fit imprimer la version reproduite dans cette édition renvoie dos à dos Yahveh, Dieu et Allah, accusant ceux qui parlèrent en leur nom et propagèrent ainsi le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam d'avoir purement et simplement abusé de la crédulité de leurs contemporains. Dénonçant les croyances irrationnelles et les dogmatismes des églises, il s'attache à démontrer que toutes les preuves de l'existence de Dieu sont fausses ou ridicules.

Même si certains de ses arguments peuvent aujourd'hui paraître dépassés par les progrès de l'exégèse et de l'archéologie biblique, il n'en reste pas moins que le Livre des trois imposteurs est un témoignage infiniment précieux sur la libre-pensée et la critique de l'oppression religieuse du Moyen Âge à nos jours. En ce XXIe siècle toujours livré aux conflits religieux, son audace sent toujours le souffre et reste plus que jamais d'actualité.

mardi 26 décembre 2017

Recettes Chocolats-Caramels au chocolat


Caramels au chocolat

Préparation : 10 mn
Cuisson : 10 à 12 mn 

Pour 50 à 60 caramels 
250 g de sucre en poudre
100 g de crème fraîche
50 g de miel
50 g de cacao en poudre
Huile d’arachide 

1. Préparez le caramel : dans une casserole, mélangez le sucre, la crème fraîche, le miel et le cacao. Chauffez en remuant à la cuillère en bois jusqu’à ce que le caramel devienne d’une couleur ambre foncée.
2. Posez un cercle à tarte de 22 cm de diamètre sur un papier sulfurisé, huilez-le légèrement. Versez-y le caramel et laissez tiédir.
3. Retirez le cercle et découpez le caramel en carrés. Enveloppez-les de film alimentaire et rangez-les dans une boîte.


Variante 

Préparez des caramels mous au café : procédez de la même façon avec 250 g de sucre en poudre, 100 g de crème fraîche, 2 cuillerées à soupe d’extrait de café et 12 gouttes de jus de citron.



Recettes Chocolats-Moelleux chocolat et noix



Moelleux chocolat et noix

Préparation : 15 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 6 personnes
100 g de noix
100 g de chocolat
100 g de beurre demi-sel
2 œufs
50 g de farine
½ sachet de levure
1. Préchauffez le four à 175 °C (th. 5-6).
2. Mixez grossièrement les noix. Faites fondre le beurre et le chocolat. Ajoutez le sucre, les jaunes d’œufs, la farine, la levure et les noix. Montez les blancs en neige, puis incorporez-les à la préparation.
3. Versez dans des petits moules beurrés et enfournez pour 15 à 20 minutes suivant la taille des moules. Laissez refroidir et servez.
4. Vous pouvez réserver quelques noix pour la décoration des moelleux.



Recettes Chocolats-Mille-feuille au chocolat

Mille-feuille au chocolat

Préparation : 40 mn
Cuisson : 10 à 12 mn
Repos : 24 heures
Pour 8 personnes
Biscuit au chocolat :
340 g de poudre d’amandes
450 g de sucre semoule
100 g de cacao en poudre
15 g de farine
18 blancs d’œufs frais
150 g de sucre
Crème au chocolat :
50 cl de lait entier
5 jaunes d’œufs
50 g de sucre
450 g de chocolat mi-amer
Feuilles de chocolat :
200 g de chocolat de couverture
1. Préparez le biscuit : tamisez les poudres ensemble. Montez les blancs en neige, incorporez le sucre. Continuez à les battre en neige ferme. Incorporez délicatement les poudres dans les blancs.
2. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
3. Sur une plaque beurrée, dressez des rectangles de la taille des gâteaux désirés, à la poche à douille ou à l’aide d’une cuillère à soupe.
4. Enfournez pour 10 à 12 minutes.
5. Préparez la crème : faites bouillir le lait. Dans un saladier mélangez les jaunes avec le sucre. Versez le lait et remettez le tout dans la casserole. Faites cuire jusqu’au moment où la crème nappe la spatule en bois. Versez sur le chocolat haché et mélangez. Réservez 24 heures au réfrigérateur.
6. Préparez les feuilles de chocolat amer : faites fondre le chocolat au bain-marie. Faites refroidir à 31°C et étalez sur 1 feuille de papier sulfurisé. Laissez refroidir et détaillez des rectangles de la taille du biscuit.
7. Posez le biscuit dans un plat et alternez ensuite en couches successives la crème et les feuilles de chocolat. Terminez par une feuille de chocolat.


Billets-10 bonnes raisons de ne pas épouser un Pakistanais


10 bonnes raisons de ne pas épouser un Pakistanais

Un blogueur pakistanais manie l'humour pour mettre en garde ses concitoyennes : se marier, dans le pays, c'est devoir supporter un macho toujours dans les jupes de sa mère et subir toute sa famille.

1. L’ammi jaan – la fameuse belle-mère. Reine idolâtrée du foyer, ses tâches consistent à vous critiquer affectueusement devant votre mari, à vous décocher des remarques acerbes en son absence et à vous poursuivre en pleine nuit, y compris dans l'intimité de votre chambre.
Elle ne vous pardonnera pas la moindre faute et prendra plaisir à vous regarder vous tortiller, l’air embarrassé, sur votre chaise. Tout en vous assurant qu’elle vous considère comme sa propre fille, elle vous interdira de changer quoi que ce soit dans la maison, y compris la marque du thé. Ne vous y essayez pas ! Elle se justifierait en disant qu’elle prend cette marque depuis des années.
Si vous vous mariez, vous pourrez dire adieu à votre thé favori car, lorsque votre belle-mère mourra, votre mari – qui est avant tout son fils – vous dira que le thé qu’elle achetait lui rappelle sa mémoire et ce sera la seule marque autorisée dans la maison, bien qu’elle ne soit plus là !
Au Pakistan, une belle-mère a le droit divin de vous dire exactement ce qu’elle pense de votre relation avec votre mari – qui est avant tout son fils – et elle vous donnera toutes sortes d’avis non sollicités, que cela vous plaise ou non. Cela fait partie intégrante du rôle d’une belle-mère pakistanaise. N’oubliez pas : votre malheur fait son bonheur ; votre victoire est sa défaite !

2. Vous devrez faire des compromis sur tout. Votre mari non, mais vous oui. Bien évidemment, vous ne devrez jamais lui donner l’impression que vous êtes malheureuse, car cela lui ferait de la peine. Aveuglé par le malheur de l'"injuste pression" que vous exercez sur lui, il n’aurait d’autre choix que de vous quitter. Et – tadaaa ! – vous seriez divorcée.

3. Pour épouser ce très bon parti, vous devrez l’impressionner. Non pas par votre beauté, votre charme, votre personnalité... Non, ce pauvre… heu... prince vous présentera une longue liste de demandes [de dot]. Votre belle famille voudra des climatiseurs, des réfrigérateurs, des ustensiles de cuisine, des motos et peut-être même votre nuisette. Elle n’a apparemment jamais rien eu de tout cela avant que Son Altesse ne vous rencontre. Mais ne le prenez pas à la légère : la dot peut – ce n'est pas rare – susciter d’énormes querelles. Parfois, dans un accès de cupidité, on peut vous brûler à l’acide ou même vous tuer pour ne pas avoir apporté votre dernier cure-dent !

4. Vous devrez vivre avec une dizaine de personnes [les femmes vivent dans la famille de leur mari et donc avec leurs beaux-parents et souvent leurs beaux-frères] dans une maison exiguë et encombrée. Votre mari ne voudra jamais laisser sa maman adorée pour aller vivre dans une autre maison avec vous. Un garçon à sa maman, dites-vous ? Quel euphémisme !
Vous vivrez non seulement avec ses parents, mais avec ses trois frères et leur famille. Tous voudront être informés de l’évolution de votre relation et vous devrez leur indiquer tous les tenants et aboutissants de l’histoire car, après tout, ils font partie de votre famille et vous ne devez rien leur cacher. D’ailleurs, comme vous serez tout le temps ensemble, même si vous ne leur dites rien, ils finiront par savoir !
Qu’avez-vous dit ? L’intimité ? Je suis désolée, mais je ne crois pas avoir jamais entendu ce mot, ni connaître son sens.

5. Vous dites que vous voulez aller voir un ami de la fac ? Ne vous aventurez pas à passer la porte. Mes chères demoiselles, vous serez leur propriété, et votre mari pakistanais ne vous "autorisera" pas à traîner avec des hommes (seules les dévergondées font ça). Ne le harcelez pas pour qu’il vous laisse aller au cinéma avec vos amies, car il pourrait vous traiter de tous les noms ou aller pleurer dans le giron de sa mère, qui prendra parti pour lui, et ce petit tête-à-tête se soldera par un SMS vous menaçant de divorcer [les hommes n'ont qu'à prononcer ou même écrire trois fois : talak].

6. Vous n’aurez pas voix au chapitre en matière de planning familial. Votre corps lui appartient. Il décidera de tout, de la conception de vos enfants à leur nombre. S’il le pouvait, il vous programmerait pour que vous accouchiez d’un bébé ayant le sexe de son choix. C’est très gentil de votre part d’avoir pensé que ce petit rayon de soleil serait aussi à vous, mais ne vous inquiétez pas, il le sera quand il faudra lui donner le bain, préparer ses repas, l’éduquer et le mettre au lit ; le reste du temps, le père est le "grand chef".
Oh, vous pensiez que l’effort serait collectif et qu’il vous aiderait à élever l’enfant ? De grâce, il vous fait suffisamment de faveurs en couvrant les frais de son éducation et de son bien-être. Ne comptez pas qu’il se lève en pleine nuit pour changer ses couches : cette humble tâche est réservée aux femmes.

7. En toutes circonstances, vous serez censée agir d’une manière convenable et digne. Vous apprendre à ne pas vous laisser aller et vous souvenir que vous ne devez pas traîner en pyjama ou simplement vous détendre, même lorsque vous serez seule. Ce serait manquer de respect aux mânes de la maison. Et manifestement, si vous les offensiez, vous offenseriez aussi la famille de votre mari, ce qui constituerait un grave péché.
Vous ne comprenez pas ? Oh, vous avez toujours été comme ça et il le savait avant de vous épouser ? Tant pis pour vous, ce temps-là est révolu. Cessez d’être vous-même, c’était mignon à l’époque, mais aujourd’hui il ne peut plus le supporter.

8. Vous n’aurez aucune part dans le patrimoine de votre mari tant que ses parents seront en vie. Vous devrez attendre qu’ils rendent l’âme. Et, avec votre chance, ils pourraient vivre plus longtemps que vous.

9. Vous devrez accomplir toutes les tâches ménagères par vous-même ; n’attendez aucune aide de votre mari. Sa participation porterait atteinte à sa virilité et à son ego. Vous avez le devoir absolu de vous occuper de la maison de sorte que sa mère n’ait pas à lever le petit doigt ! Surtout ne vous imaginez pas que vous l’avez épousé pour devenir sa femme, vous êtes juste l’assistante de sa mère.

10. Vous ne devrez rien faire qui puisse l’offenser. Ne le soupçonnez jamais de vous tromper et ne lui faites pas savoir qu’il a mauvaise haleine ou qu’il ronfle. Il vous menacera de divorcer chaque fois que vous oserez ouvrir la bouche.
Si, malgré tout, vous avez réellement envie d’épouser un Pakistanais, vous auriez intérêt à vous considérer comme sa marionnette. Laissez-le faire ce qu’il veut, ne parlez pas sans sa permission, ne réagissez pas sans sa permission, en fait, ne respirez pas sans sa permission. Et tout ira bien. Du moins, je le pense.

Dessin de Falco, La Havane, Cuba
Source Courrier International

Billets-Réseaux sociaux…


Réseaux sociaux… les jeunots à la rescousse des seniors

De plus en plus d’entreprises demandent aux jeunes employés d’aider leurs collègues dans l’utilisation des réseaux sociaux. Non sans difficulté.

Entre les jeunes d’une vingtaine d’années familiers des réseaux sociaux et les cadres d’un âge plus avancé, fâchés avec la technologie, la fracture numérique sur les lieux de travail est de plus en plus grande. Pour remédier à ce problème, un nombre croissant d’entreprises recourent au “tutorat inversé” en faisant travailler de jeunes employés avec des collègues plus âgés pour développer les compétences technologiques de ces derniers.

Les binômes ne fonctionnent pas toujours : ils peuvent être intimidants pour les jeunes tuteurs et embarrassants pour leurs aînés, parfois gênés de révéler leur faible niveau de connaissances. Rebecca Kaufman, une community manager de 24 ans qui est chargée de communication numérique chez MasterCard depuis deux ans raconte qu’elle a été “terriblement intimidée” quand on lui a demandé d’être la tutrice d’un cadre supérieur de 50 ans, Ron Garrow.

La jeune femme fréquentait les réseaux sociaux depuis une dizaine d’années, mais la perspective d’aider un cadre de haut niveau à se familiariser avec ces nouvelles technologies était assez effrayante. Deux rencontres, l’une en décembre et l’autre en janvier, ont eu lieu dans le bureau du senior. Le cadre a facilement accepté la première proposition de sa tutrice : augmenter la fréquence de ses visites sur le réseau LinkedIn en s’y rendant non plus chaque semaine mais chaque jour, et commencer à partager des articles avec ses contacts.

Mais il a été plus réfractaire à l’idée d’utiliser Twitter. L’importance d’éviter toute déclaration publique pouvant s’avérer dangereuse était d’autant plus ancrée en lui qu’il avait travaillé dans deux grandes compagnies bancaires pendant vingt-six ans avant de rejoindre MasterCard en 2010. Dans ce milieu, les cadres supérieurs devaient “obtenir une multitude d’approbations” avant de pouvoir s’exprimer en public. “Psychologiquement, les 140 caractères étaient aussi très intimidants”, précise Ron Garrow.

La jeune femme l’a encouragé à surmonter ses réticences en lui présentant Twitter comme “un univers entièrement nouveau, qui vous permet d’avoir des contacts avec tous les gens qui vous intéressent”. Quand elle lui a demandé “Comment souhaitez-vous vous positionner sur le réseau ?” il n’a pas su quoi répondre. Père de quatre enfants âgés de 14 à 26 ans, Ron Garrow s’est dit avec humilité : “Elle a 24 ans, l’âge de mes enfants, et je dépends totalement d’elle.” Comprenant que la réputation de ce cadre supérieur était en jeu, Rebecca a fait quelques recherches pour l’aider à identifier des experts en ressources humaines et des auteurs influents sur les réseaux sociaux.

Ron Garrow a ouvert un compte Twitter, a créé son profil et s’est exercé à utiliser le site. Sa tutrice l’a aidé à formuler ses premiers tweets. Lors d’une visite à l’université du Michigan, en juin, il a voulu twitter une photo d’un collègue et de lui-même en compagnie d’étudiants de MBA. Il a envoyé à la jeune femme un courriel sibyllin renfermant la description, rédigée à la hâte, d’une opération complexe – la simulation par des étudiants d’une séance d’information organisée par une entreprise pour des investisseurs –, en ajoutant ces mots : “Je voudrais le twitter, mais je ne sais pas comment.” Elle lui a proposé une autre formulation, lui-même a réécrit le message et a twitté la photo en quelques minutes.

  • Premiers pas sur Twitter
A l’issue de cinq mois de collaboration, Ron Garrow totalise 2 352 contacts sur LinkedIn, vérifie son compte Twitter 8 à 10 fois par jour, suit les comptes de 109 utilisateurs et envoie une cinquantaine de tweets par mois. Rebecca l’a félicité quand il a dépassé les 400 followers et elle a salué le score supérieur à la moyenne de 45 qu’il a obtenu sur Klout, un site de classement des utilisateurs en fonction de leur influence sur les réseaux sociaux, en soulignant : “C’est presque la moitié de celui d’Obama.” Elle continue néanmoins de l’encourager à twitter sur des sujets personnels. Le cadre avoue que sa fille Clare, 14 ans, trouve ses tweets ennuyeux.

Mais, selon lui, le partage d’informations personnelles en ligne “nous place dans des situations inconfortables”. Récemment, lors d’une sortie à New York avec sa femme Dana, il a commencé à rédiger un tweet mais s’est aussitôt interrompu car il n’était “pas encore prêt à franchir cette ligne”. Le binôme a eu à surmonter des différences générationnelles. Dernièrement, alors qu’ils rentraient en voiture d’une conférence, Rebecca était en train de travailler sur son Smartphone quand Ron Garrow a entamé une conversation sur la carrière de la jeune femme. Après avoir discuté un moment avec lui, elle s’est penchée à nouveau sur son téléphone.

Elle reconnaît avoir apprécié l’intérêt qu’il lui portait et n’a pas remarqué sa gêne. De son côté, le cadre a trouvé que le comportement de Rebecca “était un peu maladroit”. A l’âge de la jeune femme, il aurait cherché à faire bonne impression sur un cadre supérieur. “Je me suis dit qu’elle se conduisait exactement comme ma fille, quand elle monte dans la voiture et qu’elle ne me parle pas, occupée à envoyer des textos à ses copines, à regarder son compte Instagram ou à aller sur Facebook”, dit-il. Résigné à rencontrer des différences dans le mode de travail et les relations avec les supérieurs, il s’est dit : “Eh bien, moi aussi, je vais consulter mon iPhone.”


Dessin de Mix & Remix paru dans L’Hebdo, Lausanne.
Source Courrier International

Billets-L'image est tyrannique


Un cocktail molotov explose aux pieds d'un policier à Athènes, le 25 septembre 2013 (AFP / Aris Messinis)

L'image est tyrannique

« A picture is worth a thousand words », dit-on volontiers outre-Manche. Oui, mais de quels mots parle-t-on ? Que dit l’image, quelle foultitude de mots a-t-elle la prétention de remplacer ? Et surtout, porte-t-elle toujours le même message que le texte qui l’accompagne ? 
Le journalisme d’aujourd’hui marche sur deux jambes: texte et image (fixe ou animée). Fini le temps où la photo « illustrait » l’article de journal, fini le temps où elle n’était là que pour donner un supplément de couleurs, un à-côté, une respiration. A l’ère d’internet, des sites d’information et de la généralisation du diaporama et de la vidéo comme moyen « d’accrocher » un lectorat volatil, l’image est information, elle est une des deux jambes du journalisme, ni plus courte ni plus faible que le texte. D’où l’interrogation sur ce « millier de mots que vaut une image ».
Comment ce qui est dit à travers une photo s’articule-t-il avec le texte ? La photo de presse est-elle toujours « raccord » avec l’article, avec la dépêche qui l’accompagne ? La production du photographe n’est-elle pas parfois en conflit avec celle du journaliste texte ? Et si tel est le cas, lequel des deux moyens d’information dirait le mieux la « vérité » ?


Manifestation contre le parti néonazi Aube dorée à Athènes, le 25 septembre 2013 (AFP / Louisa Gouliamaki)

Athènes, 25 septembre 2013. Un policier tente d’échapper à la gerbe de feu d’un cocktail Molotov, pendant une manifestation antifasciste. La photo, exceptionnelle d’effet, d’intensité, de précision, d’esthétisme, prend immédiatement une place à part, prépondérante, dans la série de clichés qui marque cette journée de grande mobilisation politique.
Le pas de côté instinctif du policier dans sa tenue anti-émeutes, la puissance de la flamme, tout est dit, tout est là, dans cette scène de rues de la capitale grecque, depuis plusieurs années synonyme de grave crise économique et de montée inexorable de l’extrémisme de droite.
Ce 25 septembre, l’AFP diffusera de nombreuses photos, très variées, mais cette image particulière d’Aris Messinis restera « LA » photo du défilé, à tel point que plusieurs mois plus tard, les journalistes du bureau de l’AFP Athènes y font spontanément référence, lorsqu’on évoque les protestations contre l’assassinat du musicien Pavlos Fyssas par un néonazi.
Et en ce même 25 septembre, « ceux du texte » rendent compte eux aussi, sur le terrain, du déroulement de cette importante manif. L’AFPTV est sur place également: bref, tout le monde sur le pont.


(AFP / Aris Messinis)

En ce qui me concerne, la mobilisation sera plutôt statique: venu pour trois mois assurer l’intérim de la direction du bureau, je passe la soirée devant mon écran, à rédiger, relire, coordonner, centraliser les informations des reporters.
Si cette photo exceptionnelle d’Aris Messinis s’impose, par sa force, comme l’image emblématique de cette journée, la tonalité va, in fine, s’avérer très différente, côté texte.
Que dit en effet la dépêche qui rassemble les principaux éléments des heures précédentes ?
Sous le titre, «Pavlos vit, brisez les nazis ! » : la Grèce antifasciste manifeste, cet article, d’environ 700 mots, commence ainsi:
Des milliers de personnes ont manifesté mercredi à Athènes et ailleurs en Grèce, appelant à détruire "le monstre du fascisme" incarné par le parti Aube dorée dont un membre a avoué le meurtre d'un musicien antifasciste, provoquant un sursaut fébrile du gouvernement.
Ce drame, qui a bouleversé l'opinion publique, a conduit à une mobilisation commune des partis de gauche, dont le Syriza et le Pasok, et des syndicats, une première depuis l'entrée au Parlement du parti néonazi Aube dorée en juin 2012. La manifestation "d'ampleur nationale" à laquelle ils ont appelé a débuté en fin d'après-midi dans le centre d'Athènes et rassemblait au moins 10.000 personnes, selon la police, dans deux cortèges distincts qui se sont retrouvés face au Parlement.
Le défilé a pris ensuite la direction des locaux du parti néonazi, quelques kilomètres plus au nord.
"Pavlos vit, brisez les nazis !", proclamait la banderole de l'association Keerfa, pilier de la lutte antiraciste et longtemps isolée dans sa dénonciation des violences xénophobes régulièrement imputées aux sympathisants d'Aube dorée.
Pavlos Fyssas, 34 ans, un musicien antifasciste, avait été poignardé à mort mercredi dernier dans une banlieue de l'ouest d'Athènes par un camionneur, membre d'Aube dorée, un meurtre qui a consterné la Grèce.


(AFP / Aris Messinis)

Ce n’est qu’au cinquième paragraphe qu’on retrouve les incidents, et le fameux cocktail Molotov au pied du policier antiémeutes:
De brefs affrontements entre policiers qui ont tiré des gaz lacrymogènes, et des groupes de manifestants lançant des cocktails Molotov, ont éclaté en fin de défilé. Des poubelles ont été incendiées et des vitrines de magasins brisées.
Et voilà comment les choses se compliquent. D’un côté une image forte, spectaculaire, de l’autre un texte qui, a priori, semble très en retrait. Comme si les deux ne concernaient pas le même événement…
On aurait pu être tenté, pour « muscler » le texte, pour le rendre plus « vendeur », de mettre en exergue ces incidents isolés. On aurait ainsi aligné le texte sur la photo spectaculaire. Et ce alors que le défilé s’est, en général, déroulé pacifiquement, que les incidents se sont résumés à quelques cocktails Molotov, quelques grenades lacrymogènes et à des poubelles en feu. Bref, on aurait pu être tenté de dramatiser, alors que la Grèce connaît depuis des années des affrontements autrement plus sérieux que ceux d’aujourd’hui.
Et le client de l’AFP dans tout ça, qu’en pense-t-il ? Sur quoi va-t-il s’appuyer ? Sur la photo qui montre des flammes, ou la dépêche qui démarre sur ces milliers de manifestants qui veulent tuer « le monstre du fascisme » ? Ou sur la vidéo, qui diffuse deux reportages distincts, l’un donnant la parole aux manifestants, l’autre centré sur les affrontements ?


Manifestation contre le parti néonazi Aube dorée à Athènes, le 25 septembre 2013 (AFP / Louisa Gouliamaki)

Finalement, que restera-t-il de ce 25 septembre ? Que doit-il en rester dans les mémoires ? Quel est, tout bien considéré, l’événement important de cette journée, celui qui peut faire bouger les lignes dans le paysage politique de la Grèce ? Un policier qui se dégage d’une boule de feu, spectaculaire témoin d’affrontements limités, ou le défilé, impressionnant de calme et de gravité, de plus de 10.000 personnes (chiffre important pour la Grèce) ?
L’AFP a-t-elle eu tort de diffuser cette photo, très certainement exclusive, qui fait un tabac chez les clients de l’agence et sur internet ? Le texte aurait-il dû lui emboîter le pas, pour profiter de ce succès ? L’image est-elle en contradiction avec le texte ?
« Certainement pas », commente Patrick Anidjar, adjoint à la rédaction en chef centrale de l’AFP. « Le fait est bien réel et la photo est pleine de force… Mais c’est un moment, un aspect de la réalité. Il revient clairement au texte de raconter l’histoire, dans son ensemble, de remettre l’image dans son contexte…. Texte et photo circulent dans les deux sens. Il y a entre le texte et l’image une coopération nécessaire ».


(AFP / Aris Messinis)

« Je me souviens d’une photo qui montrait un soldat israélien, arme au poing, qui faisait face à un gosse palestinien », poursuit cet ancien directeur du bureau de Jérusalem. « L’image était là, incontestable, pleine de sens, mais elle posait plein de questions. Pourquoi ce soldat se trouvait-il là ? Pourquoi ce gamin était-il là, également ? Où étaient ses parents ? Comment en était-on arrivé là ? La photo ne peut pas tout montrer. La photo donne une vision claire et frappante du conflit, mais une vision qui peut s’avérer incomplète… »
Ramallah, 10 novembre 2004. Depuis deux semaines, les Palestiniens s’attendent, à tout moment, à l’annonce de la mort de Yasser Arafat, qui mettra fin à une agonie faite de rumeurs et de secrets entretenus par des luttes de pouvoir.
L’annonce viendra finalement le lendemain, le jeudi 11, de la région parisienne, où le leader palestinien est hospitalisé. 
Mais en attendant, que faire, quand on est envoyé spécial, et bien conscient du fait que la mort du grand chef fera, à coup sûr, la une des médias du monde entier ? Et qu’il faut être « présent », avant l’événement ?
Depuis des jours, les journalistes ne s’éloignent jamais plus de quelques minutes de la Mouqataa, le Quartier Général du dirigeant historique. Devant le portail aveugle et obstinément fermé, ils ont pris leurs dispositions pour pouvoir, sans trop d’inconfort, planquer, manger, dormir, passer le temps ou taper le carton: il y a des camionnettes transformées en camping-cars et des abris de fortune faits de sacs de plastique.


Veillée aux chandelles pour Yasser Arafat devant la Mouqataa à Ramallah, le 10 novembre 2004 (AFP / Odd Andersen)

Mais curieusement, les journalistes sont seuls. Aucun Palestinien n’est là.
A l’inverse, les rues grouillent dans le centre-ville: les habitants de Ramallah se bousculent dans les pâtisseries, font la queue devant les supermarchés, prennent d’assaut les étals de fruits secs. Nous sommes à la fin du Ramadan, et les Palestiniens font leurs courses pour l’Iftar, le repas de rupture du jeûne.
Que répondre à nos rédactions, qui réclament absolument un papier sur « l’attente angoissée des Palestiniens » ? Qui demandent la couleur locale (n’y a-t-il pas des femmes en pleurs, un rassemblement ? Des prières ?) qui fait cruellement défaut à Paris ?
Or de « couleur » (autre que cette fièvre des emplettes qui anime les rues du centre), il n’y a pas. La Mouqataa reste silencieuse, ses abords désertés par les habitants, et le portail résolument clos.
L’épisode de cette longue attente à Ramallah sera un nouvel exemple de deux modes de fonctionnement différents, selon qu’il s’agisse de la photo ou du texte.
Car en fin d’après-midi, quatre ou cinq adolescentes viennent s’asseoir le long du mur d’enceinte du QG d’Arafat. Elles installent un portrait de leur héros, allument des bougies. Elles sont voilées.


Veillée aux chandelles pour Yasser Arafat devant la Mouqataa à Ramallah, le 10 novembre 2004 (AFP / Jamal Aruri)

En cadrant suffisamment serré, on arrache, de cette réunion maigrelette, une photo de « recueillement ».
Côté texte, on a déjà diffusé un papier d’ambiance. On y lit que les Palestiniens « attendent avec résignation que prenne officiellement fin le long et sinistre feuilleton de l'agonie de leur dirigeant. »
Et que la ville présente « son visage habituel, avec ses rues grouillantes de monde et sa circulation chaotique, en cette fin de ramadan. »
Devant la Mouqataa, le quartier général du chef palestinien, seuls les journalistes attendent, et presque aucun habitant ne s'est déplacé.
« La vie continue. Mais je suis certain qu'au fond d'eux-mêmes, tous les gens savent et sont tristes », déclare pourtant Youssef Joubeh, un marchand de journaux de 54 ans.
Texte, photo, pas toujours facile de parler exactement d’une même voix. D’un côté, exposer, vulgariser, multiplier les exemples, replacer dans le contexte. De l’autre saisir l’instant, le fugace, l’unique.
Ce n’est pas tant une différence d’authenticité que de méthode. C’est la difficulté de concilier un texte qui veut appréhender la globalité d’une situation en associant autant d’éléments que de besoin, et une photo qui vise le même but par l’unicité de temps et de lieu.


Des réfugiés du camp palestinien de Yarmouk, près de Damas, se dirigent vers une distribution de nourriture par l'ONU le 31 janvier 2014 (AFP / HO / UNRWA)

Il arrive aussi que l’image soit tellement forte qu’on a du mal à la croire.
Ainsi de cet instant bien réel de la détresse d’hommes, de femmes, d’enfants, saisi fin janvier par les équipes de secours de l’Onu dans le camp palestinien de Yarmouk, près de Damas. L’intensité biblique de cette photo d’une population affamée affluant pour une distribution de vivres était telle, que des accusations de fabrication, de manipulation de l’image, n’ont pas tardé à fleurir sur les réseaux sociaux.
Jusqu’à provoquer un démenti de l’organisme concerné, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine:
«Je démens catégoriquement que la photo, qui a pris valeur d’icône, représentant une distribution de vivres par l’ONU au Camp de Yarmouk, fin janvier, ait été traitée au Photosphop, ou falsifiée d’une manière ou d’une autre. Elle est absolument authentique », assurait ainsi le  porte-parole de l’organisation Chris Gunness, soulignant dans le même communiqué le « langage universel » porté par certaines photos.


Le célèbre "selfie" de la Première ministre du Danemark Helle Thorning Schmidt avec Barack Obama et David Cameron pendant la cérémonie funèbre en l'honneur de Nelson Mandela, le 10 décembre 2013 à Johannesburg. Une photo qui avait soulevé une vive polémique, avant que son contexte soit expliqué par son auteur (AFP / Roberto Schmidt)

« L’image est plus tyrannique que le son et le texte, elle donne l’idée qu’elle détient la vérité, parce que le sens commun est qu’il ne peut y avoir d’événement sans image »,  explique Dominique Wolton, directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS.
« Mais en même temps, notre culture occidentale fait qu’on se méfie de l’image. Le texte apparaît un peu comme la bouée de sauvetage, dans ce contexte ».
Dans ce débat texte-photo, an aurait tort d’opposer une prétendue subjectivité du texte (celle du journaliste auteur), à une prétendue objectivité de la photo, qui lui conférerait plus d’authenticité. 
Car les deux sont langage. Le photographe est auteur lui aussi, « il choisit son cadre, l’angle, il fait, il écrit l’image, même s’il ne la "retravaille" pas ou ne la modifie pas a posteriori », explique le photographe de l’AFP Jacques Demarthon. « Il peut par exemple la dramatiser par une sous-exposition, en retirer la force de la couleur. D’un ciel clair, il peut faire un ciel orageux, si le sujet s’y prête ».
Aussi la vérité, la justesse, et a contrario l’erreur, le parti pris ou l’exagération ne sont-ils l’apanage ni du texte ni de la photo.
Et pour en finir, tout n’est-il pas affaire d’honnêteté ?
La presse a pour mission d’informer. Elle n’est pas pour autant une entreprise philanthropique. Elle doit vivre, et donc vendre.
Mais doit-elle vendre à tout prix ?
« Le public veut de l’émotion, de la couleur, du sang, il voudrait être dans la chambre à coucher de la victime. Il est voyeur », ajoute Dominique Wolton. 
« Mais attention aux dérapages ! Car le public ne légitime pas les exagérations, les amplifications. Et le risque, c’est qu’un jour il décroche. C’est donc aux professionnels d’anticiper toute saturation. Car si le milieu (la presse) ne pratique pas l’autorégulation, on va vers un dégoût du public. »
« La presse est un métier de valeurs et comme tous les métiers de valeurs, il faut des règles. Le métier doit s’auto-réguler, et ce travail doit se faire en se penchant sur des centaines de cas. »
Dans ce débat, les agences de presse, les premières dans la chaîne de l’info, ont une responsabilité particulière: démêler le vrai du faux dans la multiplication exponentielle des images et des données, refuser de s’en tenir à l’effet, et surtout authentifier, certifier l’information.
« La validation, l’estampille agence vaut cent millions de dollars », rappelle Dominique Wolton.


Un légionnaire français à Niono, au Mali, le 20 janvier 2013 (AFP / Issouf Sanogo)

Janvier 2013, ce cliché du photographe de l’AFP Issouf Sanogo fait le tour du net: un légionnaire français qui monte la garde à Niono, au Mali, porte un foulard figurant une tête de mort qui lui donne des faux airs de Ghost, un personnage du très populaire jeu vidéo «Call of Duty».
Photo «hallucinante», «glaçante»… les commentaires envahissent la toile. L’armée française, elle, réagit vivement et juge que la photo, et son légionnaire, transmettent une image déformée de son intervention au Mali.
L’AFP, sur ce blog, donne la parole à l’auteur de la photo, qui en explique l’histoire.
«Un hélicoptère était en train d’atterrir et soulevait d’énormes nuages de poussière. Instinctivement, tous les soldats à proximité ont mis leurs foulards devant leurs visages pour éviter d’avaler du sable. C’était le soir. Les rayons de soleil filtraient à travers les arbres et les nuages soulevés par l’hélico. C’était une belle lumière. J’ai repéré ce soldat qui portait un drôle de foulard et j’ai pris la photo. Sur le moment je n’ai pas trouvé la scène particulièrement extraordinaire, ni choquante. Le soldat ne posait pas. Il n’y a aucune mise en scène dans cette image. » 
Parmi les centaines de réactions, un internaute, qui signe Mrn, note que la photo est « belle », mais s’interroge sur le message qu’elle véhicule: « L'image a un pouvoir que personne ne peut nier, et surtout pas le photographe. Quand on publie une image, c'est celle-ci qui va être diffusée, et non l'explication de la situation dans laquelle elle a été prise (…). Certes, il ne s'agit finalement que d'une histoire de foulard fantaisie. Mais publier cette image qui a saisi et glacé chaque personne qui l'a vue a une conséquence sur l'image de ce soldat, et de cette guerre. »

Source blogs.afp.com
Michel Sailhan est journaliste chargé des blogs de l'AFP à Paris.