mercredi 5 avril 2017

Infos santé-Coucher les enfants à heure fixe


Coucher les enfants à heure fixe

La moitié des enfants de 7 ans se couchent à des heures irrégulières, révèle une étude britannique. Un mode de vie qui se traduit par une augmentation des troubles du comportement.

Les enfants se plaignent souvent de se coucher trop tôt. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’en se couchant tôt et à horaire régulier, ils se développent correctement. Une nouvelle étude de la branche Epidémiologie et Santé Publique du University College of London (UCL) publiée dans le journal Pediatrics, confirme l’importance d'un rythme de coucher régulier.

10 000 petits britanniques âgés de 3, 5 et 7 ans ont été observés. Les chercheurs ont analysé leurs horaires de coucher et leur comportement au quotidien à travers les observations des parents et des enseignants. Les enfants qui se couchent sans heure fixe développent davantage de troubles comportementaux : hyperactivité, problèmes de conduite, d’interaction sociale et difficultés émotionnelles sont moins fréquents lorsque l’enfant observé se couche toujours à la même heure. Un constat quasi systématique lors de l’étude. 

  • L'enfant de 3 ans, le plus touché par les rythmes irréguliers
L'enfant au rythme irrégulier présente davantage de troubles du comportement, mais ce n'est pas une fatalité. « Nos résultats montrent que les effets sont réversibles. Par exemple, les enfants qui évoluent d’horaires irréguliers à réguliers montrent une amélioration dans leur comportement, » souligne le Pr Yvonne Kelly, du pôle Epidémiologie et Santé Publique de l'UCL.

L’irrégularité de l’heure du coucher est plus répandue lorsque l’enfant a 3 ans, révèle l’étude. A 5 ans, 20% des enfants se couchent à horaire variable, et c'est le cas de 50% des enfants de 7 ans. Autre observation inquiétante : les enfants au rythme irrégulier qui se couchent après 21h proviennent surtout de familles socialement désavantagés.

  • Un rythme régulier aide au développement cérébral et social
Des horaires irréguliers perturbent le rythme corporel et entraînent la même sensation que lors d'un décalage horaire, selon l’étude. Les couchers plus tardifs chaque week-end sont particulièrement délétères. La maturation du cerveau, qui s’effectue pendant l’enfance, et la régulation des comportements sont donc perturbées. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) précise que « le sommeil est indispensable au développement et à la maturité cérébrale. » C’est lorsque l’on dort qu’on apprend, notamment à gérer ses émotions.

« Nous savons que le développement pendant la petite-enfance a des effets profonds sur la santé et le bien-être tout au long de la vie. En conséquence, la privation de sommeil – surtout si elle a lieu à des moments clés du développement, peut avoir un impact à long terme sur la santé, » explique le Pr Yvonne Kelly. Au-delà du souci comportemental, il faut donc se coucher à heure régulière pour être en bonne santé à l'âge adulte.

L’étude suggère de mettre en place une vérification des rythmes de sommeil pendant les visites médicales scolaires. Il faudrait aussi mener des campagnes d'information afin de sensibiliser les familles à l’importance d’horaires de coucher réguliers dès le plus jeune âge.


Source nouvelobs.com

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