lundi 13 mars 2017

Billets-"Le collège est devenu un univers mafieux"

"Le collège est devenu un univers mafieux"


Alain Aquilina, ancien policier montpelliérain, lance un cri d’alarme.

"Dépendre d’une bande est bien plus dangereux qu’être dépendant d’un produit." Ce constat dérangeant est à l’image de ceux que dresse Alain Aquilina, un ancien policier montpelliérain, dans un livre consacré aux adolescents d’aujourd’hui, coécrit avec Jean Montanier. Un ouvrage en forme de sonnette d’alarme : selon eux, l’univers des collèges est désormais un terrain "mafieux", marqué par "la loi du silence et la loi du plus fort".

Le regard est sans concession, mais les mots sont pesés : "Un enfant qui entre au collège, quittant l’école et le monde de ses parents, découvre ce système mafieux, qui vit en parallèle du système éducatif, et est basé sur toutes sortes de trafics", insiste Alain Aquilina. "On commence en sixième en revendant des jeux vidéos, et on en arrive aujourd’hui avec de la cocaïne, qui est présente dès le collège dans notre région."


"L’argent est au cœur du parcours de l’enfant"
Pour cet ex-policier, qui fut très actif dans la prévention de la délinquance, le phénomène a explosé depuis une dizaine d’années. "L’argent est au cœur du parcours de l’enfant, ce qui n’existait pas auparavant." Avec, en arrière-plan, le haschisch et son business. "Les adultes n’en sont pas conscients, mais dans ces villages dortoirs où les jeunes s’ennuient, le seul support de distraction qui convienne à des ados reste le cannabis. Or, fumer des joints, ce n’est pas un phénomène de mode, c’est un fonds de commerce pour une économie souterraine."

Une activité qui a ses codes et ses règles : "Les dealers font tout pour couper l’adolescent de ses références habituelles, pour le faire entrer dans un autre groupe qui a pour mode d’emploi l’affrontement et la provocation avec, très progressivement, une formulation différente du langage qui passe à l’agressivité, et à terme, à la violence."

Eviter le repli sur soi.

Comment les parents peuvent-ils réagir ? "Il faut en parler avant avec les enfants, aborder ces problèmes de trafics dans et autour du collège et éviter le repli sur soi. Souvent, les parents sont eux-mêmes dans la peur, mais pour tuer la loi du plus fort, il faut tuer la loi du silence. Il faut se parler, créer du lien, et éviter toute solution de type “couvre-feu”. Car si on déclare la guerre à notre jeunesse, on ne s’en sortira pas."

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire