Tests de paternité
Une grossesse médiatisée, un accouchement et
ses suites qui ont fait beaucoup parler. Maintenant c’est une demande devant la
justice civile qui met Rachida Dati et sa fille sous les feux des projecteurs.
Avec, en bout de course la question de la reconnaissance de paternité. Une
technique qui a bien évolué.
Les millions de
téléspectateurs qui, chaque, semaine, regardent les multiples déclinaisons de
la série ‘Les Experts’ (CSI en anglais) sont devenus aujourd’hui familiers des
dosages d’ADN, le support de notre patrimoine génétique présent dans toutes les
cellules de notre corps, sauf les globules rouges, dépourvus de noyau.
Mais comment
faisait-on les tests de paternité avant d’avoir es tests ADN ? En utilisant les
groupes sanguins de l’enfant et du père putatif !
Précision importante :
il ne s’agissait pas d’affirmer une paternité mais, tout au contraire, de
l’infirmer. En clair, ces tests sanguins permettaient de pouvoir parfois dire :
Monsieur X ne peut pas être le père de l’enfant de Mme Y.
Petit rappel de
biologie. Sur les cartes de donneurs de sang figurent les groupes A, B, AB et O, agrémentés des
signes + et – pour la présence de groupes Rhésus.
Ces lettres
caractérisent ce qu’on appelle le ‘phénotype’, c’est-à-dire l’aspect ‘visible’
du groupe sanguin, un peu à la façon de la couleur des yeux.
Ce phénotype ne se
voit pas dans le cadre des groupes sanguins, mais c’est la structure située à
la surface du globule rouge et qu’on appelle une glycoprotéine qui a une forme
variable selon le groupe sanguin.
Ce groupe est
génétiquement déterminé par le gène donné par chacun des parents, A, B et O.
Cette combinaison de
deux gènes aboutit à un groupe désigné par une seule lettre, sauf dans un cas.
Il faut se rappeler qu’il y a des gènes dominants et d’autres dits récessifs.
Pour ‘gagner‘ le dominant a besoin d’être présent à un seul exemplaire. Pour le
récessif, il faut deux gènes identiques.
Exemple : si vous êtes
du groupe sanguin A, dans votre patrimoine génétique vous avez deux gènes A ou
un gène A et un gène O, AA ou AO. Le gène O est récessif et s’incline.
Pareil pour B, BB ou
BO
Si vous avez reçu le
gène A de l’un et le B de l’autre, vous serez AB, les deux gènes étant
dominants.
Enfin pour être du
groupe O, la seule possibilité est d’avoir reçu deux gènes O, être donc
génétiquement OO.
Infirmation
Prenons un cas
concret. Nous sommes dans les années 60. Mme D à un enfant de groupe sanguin O.
Mme D dit que c’est
M.C qui est le père ce cet enfant et veut qu’il soit reconnu comme tel.
M.C nie être le père.
Prise de sang, groupe
sanguin, M.C est de groupe sanguin AB.
Il est donc exclu
qu’il soit le père de l’enfant car, je le redis, pour être de groupe O, il faut
porter deux gènes O, être OO.
Si l’enfant avait reçu
un gène O de sa mère et un gène A ou B du père, il serait AO ou BO, ce qui se
traduirait par un groupe sanguin A ou B.
Autre situation :
l’enfant est O et le père est A.
On ne peut exclure la
paternité, mais on ne peut pas l’affirmer non plus. Dans ce cas, le père peut
être AA ou AO et il a pu donner son gène O.
Mais cela est
improuvable.
Donc la technique des
groupes sanguins ne pouvait qu’exclure une présomption de paternité, pas la
prouver.
Confirmation
Virage total dans les
années 80 avec la découverte par sir Alec Jeffreys, biologiste de l’université
de Leicester en Angleterre des techniques d’empreintes génétiques.
Jeffreys constate que
sur le brin d’ADN, en dehors des gènes qui constituent notre patrimoine
génétique, existent des zones a priori sans fonction identifiée, mais qui sont
uniques à chacune et chacun d’entre nous. Sauf, notons le chez les vrais
jumeaux, c’est-à-dire ceux qu’on appelle monozygotes, c’’est à dire issus d’un
seul et même œuf.
Ces zones sont
constituées pour moitié du matériel génétique du père et pour moitié de celui
de la mère.
Hormis les jumeaux
vrais la probabilité d’avoir deux empreintes identiques est de l’ordre de 1 sur
10 milliards, à mettre en rapport avec le fait que la Terre compte environ 7
milliards d’habitants.
Le principe des tests
ADN est donc de récupérer des cellules des personnes d’intérêt, soit par
frottis de la face intérieure de la joue, soit à partir de globules blancs du
sang par exemple.
On dresse ensuite la
carte génétique de chacun et on regarde ces fameuses, zones, appelées
‘allèles’.
ON va rechercher
combien de ces allèles sont identiques entre l’ADN de l’enfant et du père
supposé.
Selon les techniques,
on recherchera un nombre plus ou moins grand de correspondances, six à huit
généralement.
Et si ces
correspondances existent, on pourra, contrairement aux tests sanguins, affirmer
la paternité avec un risque d’erreur infinitésimal, de l’ordre, rappelons le,
du dix milliardième.
Seul bémol, c’est une
technique biologique donc susceptible d’être altérée par des fautes de
manipulation, volontaire ou accidentelle, ou des contaminations.
En France, seul un
juge peut ordonner de tels tests mais des sociétés en proposent sur Internet et
il arrive que des pères saisis de doutes n’hésitent pas à arracher un peu de
cheveux d’un enfant pour les envoyer aux fins d’examens à ces sociétés.
Source docteurjd.com (blog santé de jd flaysakier)
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