mercredi 20 mai 2026

Billets-Comment les oligarques russes et ukrainiens drainent l'économie européenne

   


Comment les oligarques russes et ukrainiens, avec l'appui des États-Unis, drainent l'économie européenne

L'Europe traverse une période de turbulence économique sans précédent. À première vue, les sanctions imposées à la Russie à la suite de son invasion de l'Ukraine semblent être des mesures punitives visant à affaiblir l'économie russe. Cependant, une analyse plus approfondie révèle une dynamique plus complexe, où les oligarques russes et ukrainiens, avec l'accord tacite des États-Unis, jouent un rôle crucial dans l'épuisement économique de l'Europe.

1. Les sanctions : un double tranchant pour l'Europe

Les sanctions économiques imposées à la Russie ont été présentées comme une réponse nécessaire à l'agression militaire. Pourtant, ces sanctions ont eu des effets secondaires graves sur les économies européennes. La dépendance de l'Europe à l'égard des ressources énergétiques russes, en particulier le gaz naturel, a rendu ces sanctions particulièrement coûteuses pour les pays européens. Les oligarques russes, bien que théoriquement visés par ces mesures, continuent de prospérer grâce à des réseaux financiers sophistiqués et à des relations avec d'autres puissances économiques mondiales.

2. Les oligarques ukrainiens : des profiteurs de guerre

Parallèlement, certains oligarques ukrainiens ont su tirer profit de la situation. Alors que la guerre ravage leur pays, certains d'entre eux se sont enrichis grâce à des contrats lucratifs de reconstruction et des aides internationales massives, souvent mal gérées. Cette accumulation de richesse s'accompagne parfois d'une influence accrue sur la scène politique ukrainienne, mais aussi d'une capacité à exporter leurs capitaux vers l'Europe, contribuant à l'instabilité économique sur le continent.

3. Le rôle ambigu des États-Unis

Les États-Unis, tout en se présentant comme les défenseurs de la liberté et de la démocratie en soutenant l'Ukraine, ont en réalité un intérêt stratégique à maintenir l'Europe dans une position de dépendance. En encourageant indirectement la fuite des capitaux des oligarques russes et ukrainiens vers l'Europe, les États-Unis affaiblissent les économies européennes tout en renforçant leur propre hégémonie. Le renforcement des liens énergétiques entre l'Europe et les États-Unis, avec l'augmentation des exportations de gaz naturel liquéfié américain vers l'Europe, en est un exemple frappant.

4. Une Europe à la croisée des chemins

Face à ces dynamiques, l'Europe se trouve à un carrefour crucial. La guerre en Ukraine, loin d'être un simple conflit régional, est devenue un instrument de redistribution des richesses et des influences. Si les Européens ne prennent pas conscience de ces manœuvres, ils risquent de voir leur continent plongé dans une crise économique profonde, avec des conséquences à long terme sur la stabilité et la prospérité.

Conclusion

Les oligarques russes et ukrainiens, avec l'appui tacite des États-Unis, jouent un rôle central dans l'affaiblissement économique de l'Europe. Cette situation met en lumière la nécessité pour l'Europe de repenser ses stratégies économiques et énergétiques, de renforcer son indépendance et de se méfier des alliances qui, sous couvert de solidarité, pourraient en réalité contribuer à son déclin.

Billets-Entretien avec Azzedine Alaïa


Entretien avec Azzedine Alaïa

“J’ai appris la mode avec les femmes”
Le palais Galliera rouvre ses portes et en profite pour consacrer une superbe exposition à Azzedine Alaïa. A 73 ans, il reste l'artisan d'une couture à taille humaine.


Azzedine Alaïa photographié par Jean-Paul Goude en 1985, avec son mannequin fétiche, Farida Khelfa. © Jean-Paul Goude

Le couturier préféré des femmes. Le dernier des géants. Les éloges ne manquent pas quand on évoque Azzedine Alaïa. Ses vêtements magnifient les courbes féminines, celles d’Arletty, puis de Grace Jones, de Rihanna ou de Michelle Obama. Lui seul est capable de transformer quarante mètres d’une bande de tissu élastique en la plus sculpturale des robes. Son nom reste indissociable des années 80, quand Paris était une fête et qu’une nouvelle génération, osant les tenues moulantes et échancrées, dansait au Palace jusqu’à l’aube.
A 73 ans, Azzedine Alaïa continue de faire briller dans le monde entier une élégance parisienne simple et impertinente. Il défend aussi une économie à taille humaine, partageant chaque midi sa table avec l'équipe de sa maison de couture. C'est dans sa cuisine qu'il reçoit les artistes et designers qu'il aime, et quelques rares journalistes. Car ce créateur, formidablement drôle, et même farceur à l'occasion, reste discret et réservé. Pour sa réouverture, le palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris, lui consacre une superbe exposition. Le natif de Tunis revient sur son parcours en quelques savoureuses histoires.

  • Tout commence par votre grand-mère ?
Elle est sans doute la personne la plus importante de ma vie. C'est fou : les grands-mères sont souvent un point de départ. Ma mère est venue avec moi dans sa maison, elle y est restée quarante jours, et ma grand-mère lui a dit : « Maintenant, tu peux repartir avec ton mari. » Et elle a gardé l'enfant. Mes parents, cultivateurs de blé, étaient d'accord. Ma mère ne voulait pas que je reste à la campagne, elle disait que c'était mieux pour moi d'aller à l'école à Tunis.
Ma grand-mère était géniale ! Dans cette maison qu'elle n'a jamais quittée, sans savoir ce qui passait à l'extérieur, ne parlant même pas bien l'arabe mais un dialecte, elle nous a élevés, ma sœur et moi, de la façon la plus incroyable ! Pas d'éducation religieuse avant 7 ans ! Je ne l'ai jamais vue prier.
Mon grand-père maternel non plus. Il m'a amené au cinéma dès l'âge de 10 ans ; il me déposait pour la première séance au Ciné Soir, tenu par l'un de ses amis. Assis sur un strapontin, je restais jusqu'à la dernière. Je voyais quatre fois le film ! Je commençais par m'intéresser à l'image générale, puis aux décors, aux costumes, et enfin je me demandais quel rôle je pouvais jouer… J'essayais d'apprendre par cœur les dialogues. Je chantais, je dansais… C'est vrai ! Je me rappelle que Rita Hayworth, en robe de dentelle rouge, m'avait bouleversé. Et je me souviens aussi de Riz amer, avec Silvana Mangano. Quel moment ! En sortant, j'ai fait comme elle : j'ai retroussé mon short…


Alaïa, robe longue, P/E 1990. Bandelettes en rayonne stretch. © Ilvio Gallo, 1996.

  • Cette vision de Mangano, ses rondeurs vous conduisent à la sculpture…
Je suis sûr que tout vient de là. Mouler sur le corps, c'est comme sculpter. A l'école des beaux-arts de Tunis, le professeur de dessin m'a dit : « Vous, vous allez prendre la section sculpture. » Il trouvait sans doute que j'avais davantage de dons dans cette matière. Il a eu raison, car cela me plaisait. J'ai même gardé certains projets que j'ai réalisés là-bas. Dont un bas-relief de cheval que je serais bien incapable de reproduire aujourd'hui ! Et aussi le buste de Mme de Pompadour. Qui est ma favorite…

  • Comment passe-t-on de la sculpture à la mode ?
J'ai quitté la Tunisie pour apprendre la couture en France. J'étais fasciné par les robes de Dior et de Balenciaga que je voyais dans les magazines. Je les dessinais en essayant de comprendre où se trouvaient leurs coutures. La mère de mon amie d'enfance Leila Menchari [aujourd'hui décoratrice des vitrines Hermès, ndlr] connaissait une cliente de Dior, et lui a demandé de m'aider à y entrer. J'y ai passé cinq jours.
J'ai vu comment « piquoter » les revers des vestes, j'observais le chef d'atelier. C'était la veille des collections, il y avait une effervescence dans cette maison ! Et puis ils m'ont renvoyé ! Nous étions à la fin de la guerre d'Algérie, et ils m'ont dit que je n'avais pas de carte de séjour, alors qu'un Tunisien n'en avait pas besoin. Je n'avais qu'une vingtaine d'années. J'étais triste d'avoir été viré sans raison, je ne comprenais pas, je pleurais. Puis je suis parti chez Guy Laroche, où je suis resté près d'un an et demi.

  • Vous imaginiez déjà votre futur parcours ?
Non, je ne pensais pas du tout devenir un styliste connu, je voulais juste vivre à Paris. Leila Menchari, qui habitait rue Lord-Byron, m'a trouvé une cham­bre de bonne au rez-de-chaussée, que la concierge m'a louée. Quand elle sortait faire des courses, je gardais la loge. Je montais aussi le courrier. Puis ça s'est déclenché d'un coup. Tous les Parisiens que je connaissais m'avaient donné des papiers attestant que j'étais leur protégé, car les Nord-Africains étaient tout le temps arrêtés dans la rue.
Un après-midi, je suis allé voir Simone Zehrfuss, la femme de l'architecte Bernard Zehrfuss, qui habitait à côté, et la romancière Louise de Vilmorin est arrivée. Simone nous a présentés : « Voici Azzedine, un ami à nous qui apprend la couture. » Louise m'a dit : « Asseyez-vous à côté de moi, jeune homme. Azzedine Alaïa, c'est joli comme nom. Ecrivez-le-moi, pour que je ne me trompe pas. » Je lui donne le papier, elle le met dans son sac et me dit : « L'affaire est dans le sac. »
J'ai lié une grande amitié avec elle. Tous les samedis et dimanches, j'allais dîner dans sa maison, à Verrières. J'y ai rencontré des écrivains, des gens de cinéma… Pour quelqu'un qui arrivait de l'étranger, c'était une chance inouïe ! J'ai fréquenté Louise jusqu'à sa mort, je voyageais avec elle. J'étais étonné de l'attention qu'elle avait pour moi.

  • Et les femmes commençaient à s'intéresser à votre travail ?
Oui, d'un coup j'étais devenu la coqueluche. Ma petite taille m'a rendu service : tout le monde me caressait la tête ! Plus grand, je n'aurais pas eu le même succès.

  • C'est ainsi que vous avez rencontré Arletty ?
Non, c'est plus tard, quand j'habitais rue des Marronniers, à Auteuil. Je commençais à avoir une clientèle « chic-issime ». Et un jour, un ami coiffeur est venu dîner. Il m'a dit : « Je dois partir coiffer Arletty, qui joue dans la pièce L'Etouffe-chrétien. » Je lui ai répondu : « Je viens avec toi ! » Car, la veille, j'avais vu le film Hôtel du Nord, au cinéma Le Ranelagh.
Arletty représentait vraiment pour moi la Parisienne, qui n'existe nulle part ailleurs. J'étais fasciné par sa voix, son allure, sa façon d'ajuster sa robe, et je voulais à tout prix la rencontrer. Mon ami l'a coiffée, m'a présenté, elle m'a demandé comment je m'appelais et m'a dit : « Avec ses deux A, au début et à la fin, votre nom est destiné à se retrouver sur une affiche ! » Elle a tout de suite voulu que je lui confectionne un petit paletot. Et comme elle habitait rue Raynouard, je n'avais qu'à traverser la rue pour me rendre chez elle. Puis elle m'a demandé un petit tailleur rose. Elle disait : le rose, c'est un fard, ça donne bonne mine, le soir.


Alaïa, robe drapée, P/E 1991. Jersey de soie blanc. © Ilvio Gallo, 1996.

  • Quel était son style ?
J'ai appris la mode avec les femmes. Ce que j'aimais, chez Arletty, c'est qu'elle ne mettait jamais de bijoux. Elle disait : « Je suis vierge de toute décoration ! » Et Louise de Vilmorin était l'opposée. L'une était de Courbevoie, l'autre de Verrières-le-Buisson, et les deux avaient du style.

  • Et Greta Garbo ?
C'est Cécile de Rothschild qui me l'a amenée. Je l'ai habillée plusieurs fois. Greta Garbo ne parlait presque pas. Elle était toujours en pantalon étroit du bas et en pull. Un grand pardessus, des lunettes, les cheveux tenus en arrière par un élastique, et une frange. Une femme d'une grande beauté. Il y a quelques années, ses affaires ont été vendues aux enchères à Los Angeles. J'ai reçu le catalogue, il y avait un manteau marqué « Alaïa-Garbo » ! Je l'ai acheté.

  • Au début des années 80, avec Thierry Mugler et Jean Paul Gaultier, vous rendez les femmes sexy. Comment avez-vous senti qu’elles en avaient envie ?
Quatre ou cinq de mes clientes donnaient le ton. Elles avaient le chic. Je n’avais pas les moyens de fabriquer des bijoux ou des chaussures, alors j’ai dit : « Les filles, on ramasse les cheveux en queue-de-cheval et on lance une mode parisienne. » Je pensais à Arletty et à sa formule : « vierge de toute décoration ». J’ai inventé une silhouette fine et sans falbalas, même si Mugler avait déjà commencé avec ses jupes serrées.
Quand on commence à aller dans une direction, on ne réfléchit pas. Mais plus on avance, plus ça devient difficile. J’ai plus de mal à faire une jupe droite aujourd’hui qu’à cette époque ! Parce qu’elle doit être serrée sans l’être, il faut que la fille puisse marcher avec. La sophistication s’exprime aujourd’hui d’une autre façon qu’hier.

  • Olivier Saillard, le directeur du musée Galliera, dit que votre travail s'apparente à la chirurgie plastique…
Une femme achète une robe pour être belle. Et mon métier est d'arranger la silhouette par la coupe du vêtement ou par les proportions. Si la cliente a le derrière un peu bas, j'essaie de le remonter un peu, c'est ça le travail d'un couturier !

  • Vous ne dessinez pas, vous créez directement sur un mannequin vivant ?
Ce n'est pas vrai, je dessine, figurez-vous. Pour garder la mémoire de mon travail. Je trace un patron sur papier-calque, je le découpe et je l'accroche avec une épingle sur une feuille. Ensuite, je démarre sur un mannequin d'atelier, mais il faut quelqu'un pour l'essayage. Car une femme marche, son corps bouge, et j'ai besoin de voir comment le tissu se comporte sur elle.


Alaïa, robe bustier, couture A/H 2003. Bustier de cuir moulé et jupe en taffetas. © Patrick Demarchelier.

  • Comment naît une collection ?
Je ne suis pas quelqu'un qui dit : j'ai telle inspiration. Ou : voilà la tendance. Je commence par les matières. Je pars d'un tissu existant, je fais tricoter des échantillons pour voir comment il rend. Ensuite, je demande par exemple un tricotage plus serré, ou un lavage. C'est toute une cuisine…

  • Votre couleur préférée ?
J'aime beaucoup les couleurs, mais le noir est reposant. On peut le porter tous les jours. Un vêtement rouge finit par fatiguer l'œil. En revanche, j'aime quand les femmes âgées sont en clair, c'est plus doux. Le noir est un peu dur pour elles. Sauf si elles ont une forte personnalité.

  • Les clientes ont-elles changé ?
Oui, une fille peut mettre des baskets avec la robe du soir la plus insensée. Autrefois, c'était impossible. Il y avait des critères précis. On ne pouvait pas porter une robe brodée le matin, par exemple. Et la couture devenait ennuyeuse, bourgeoise à fond. Mais, dans les années 80, Comme des garçons et Yohji Yamamoto sont arrivés et ont tout bouleversé. Il ne fallait plus jeter les vêtements troués ou bouffés par les mites : ils étaient devenus indispensables ! Tout comme les bas filés, alors qu'avant une femme ne pouvait pas sortir dans la rue avec. Aujourd'hui, on peut même en acheter !


Alaïa, robe courte, A/H 1981. Jersey de laine noire, zip métallique argent enroulé autour de la robe, encolure bateau et manches à pointes. © Ilvio Gallo, 1996.

  • Depuis les années 90, la mode a pris une autre dimension…
Un jeune qui débute est obligé de s'associer un jour ou l'autre avec un industriel. Quand j'ai commencé, on pouvait présenter quatre vêtements dans une chambre de bonne, et les gens venaient, s'intéressaient. Aujourd'hui, c'est fini. Et depuis l'arrivée des groupes financiers, il existe une faiblesse dans la création. Partout. On demande trop, trop de collections. Aucun styliste ne peut en créer huit ou neuf dans l'année.
Moi, quand j'ai une idée dans l'année, j'allume des bougies dans toutes les églises du quartier et je remercie Dieu de me l'avoir donnée. Je suis comme un cow-boy, avec mon lasso, je cours derrière l'idée, et quand je l'attrape je ne la laisse pas passer ! Il faut que ce système change. C'est devenu infernal, plus personne ne peut faire son travail à fond ! Et pendant ce temps, on organise de grands spectacles qui coûtent des fortunes, juste pour montrer des robes !

  • Ces défilés n'existaient pas déjà dans les années 80 ?
Non, à cette époque-là, l'air du temps était naïf et léger. Les filles sautillaient, dansaient, c'était comme une fête. Avec l'arrivée de Comme des garçons, les défilés sont devenus plus militaires, mais cette approche collait à leurs vêtements. Les années 80 se sont terminées sur une note gravissime, avec le sida, qui a éteint l'enthousiasme. Ensuite, de gros moyens sont entrés en jeu. Mais il faudrait calmer le jeu, revenir à deux saisons. Un créateur a besoin de six mois pour travailler et réfléchir. En quinze jours, on ne peut pas.

  • Vous avez une passion pour le design. On trouvait déjà des meubles de Jean Prouvé dans votre chambre de bonne…
Oui, Simone Zehrfuss me les avait donnés. Son mari a travaillé avec Prouvé, et elle possédait beaucoup de meubles de lui. J'avais le lit une place, la table, un fauteuil, et même la bibliothèque dite « Tunisie » ! En partant, je les ai laissés en pensant que ce n'était que du bois.
Bien plus tard, au début des années 80, je vais me promener aux puces, où je ne mets jamais les pieds, je vois une table, et je crois que c'est la mienne ! Et la bibliothèque aussi. Je me renseigne, c'était le galeriste Philippe Jousse, qui venait d'ouvrir. Je demande le prix à sa femme, et sa réponse me donne presque la migraine ! Je sors et je me dis : « Que Dieu me pardonne, quand je pense qu'avec mon innocence et ma bêtise j'ai cru que ces meubles ne valaient rien du tout ! » Alors je suis retourné dans la galerie, et ils m'ont fait un prix…

  • Vous continuez à douter de vous ?
Toujours. J'ai l'impression que mon travail n'est jamais achevé…

Azzedine Alaïa en quelques dates
1940 Naissance à Tunis.
1957 Arrivée à Paris.
1965 S'installe rue de Bellechasse.
1979 Première collection griffée.
1984 Reçoit deux oscars de la mode.
1989 Habille Jessye Norman, qui chante La Marseillaise lors du bicentenaire de la Révolution.
2000 Alliance avec Prada.
2007 Rachète ses parts à Prada et s'associe à Richemont.
2013 Exposition au palais Galliera.

Azzedine Alaïa est mis à l'honneur au palais Galliera, jusqu'au 26 janvier 2014.


Source Télérama Propos recueillis par Xavier de Jarcy 

mardi 19 mai 2026

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lundi 18 mai 2026

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dimanche 17 mai 2026

Recettes Desserts-Cake aux pralines roses

     


Cake aux pralines roses

Préparation : 15 mn
Cuisson : 40 mn
Pour 6 personnes
150 g de pralines roses
3 œufs
1 yaourt
10 cl de crème fraîche épaisse
150 g de sucre + 10 g pour le moule
180 g de farine
50 g de poudre d’amandes
1 sachet de levure chimique
15 g de beurre pour le moule
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6). Beurrez et sucrez le moule. Laissez-le ensuite au réfrigérateur le temps de réaliser la pâte.
2. Dans une jatte, incorporez le yaourt à la crème, puis ajoutez le sucre et les œufs. Mélangez jusqu’à obtention d’une préparation mousseuse.
3. Ajoutez la farine, la poudre d’amandes et la levure. Incorporez délicatement les pralines. Remplissez le moule et enfournez pour 40 minutes.

Conseil
Vous pouvez aussi utiliser des pralines concassées.

Recettes Cakes-Cake oriental


Cake oriental

Préparation : 15 mn

Cuisson : 35 mn

Pour 6 personnes

100 g de dattes dénoyautées

75 g de pistaches décortiquées

5 cl d’eau de fleur d’oranger

3 œufs

1 yaourt

10 cl de crème fraîche épaisse

120 g de sucre + 10 g pour le moule

200 g de farine

50 g de poudre d’amandes

1 sachet de levure chimique

15 g de beurre pour le moule

1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6). Beurrez et sucrez le moule. Laissez-le ensuite au réfrigérateur le temps de réaliser la pâte.

2. Dans une jatte, incorporez le yaourt à la crème, puis ajoutez le sucre, les œufs et la fleur d’oranger. Mélangez jusqu’à obtention d’une préparation mousseuse. Ajoutez 180 g de farine, la poudre d’amandes et la levure. Coupez les dattes en morceaux.

3. Déposez les dattes et les pistaches dans un chinois ou une passoire. Saupoudrez-les de la farine restante de façon à les enrober uniformément. Incorporez délicatement et rapidement les dattes, puis les pistaches farinées à la pâte. Versez la préparation dans le moule et enfournez pour 35 minutes.


Variante

Pour plus de moelleux, vous pouvez réaliser un sirop en mélangeant 2 cuillerées à soupe de miel, 2 cuillerées à soupe de fleur d’oranger et 4 cuillerées à soupe d’eau. Faites chauffer à feu doux et nappez-en le cake.


 

Recettes Cakes-Cake raisins et fruits confits

 


Cake raisins et fruits confits

Préparation : 25 mn
Cuisson : 45 mn
 

Pour 8 personnes
 100 g de raisins de Corinthe
100 g de fruits confits coupés en dés
1 petit verre de rhum
175 g de beurre ramolli + 10 g pour le moule
125 g de sucre en poudre
1 pincée de sel
3 œufs
270 g de farine
11 g de levure chimique

1. Lavez les raisins. Faites-les macérer dans le rhum avec les fruits confits.
2. Travaillez le beurre en pommade dans un saladier. Ajoutez le sucre petit à petit à petit ainsi que le sel. Travaillez le mélange jusqu’à ce qu’il soit onctueux. Incorporez les œufs entiers l’un après l’autre. Versez ensuite 250 g de farine d’un seul coup.
3. Egouttez les fruits confits et les raisins secs, roulez-les dans 2 cuillerées à soupe de farine (ainsi farinés, ils ne tomberont pas au fond du moule), puis ajoutez-les dans la pâte, ainsi que le rhum de macération. Incorporez la levure et mélangez tous les ingrédients.
4. Préchauffez le four à 210 °C (th. 7).
5. Beurrez un papier sulfurisé, tapissez-en l’intérieur d’un moule à cake de 24 cm de diamètre. Versez-y la pâte : elle doit le remplir aux deux tiers seulement.
6. Faites cuire dans le four à 210 °C (th. 7) pendant 10 minutes, puis réduisez la température à 150 °C (th. 5) et laissez cuire encore pendant 35 minutes.
7. Démoulez le cake à la sortie du four et laissez-le refroidir sur une grille.

Variante 

Préparez un cake au miel et aux cerises confites : procédez de la même façon en diminuant la quantité de sucre de 100 g et en ajoutant 2 cuillerées à soupe de miel liquide. Remplacez les raisins et les fruits confits par 125 g de cerises confites. Décorez le cake avec des bâtonnets d’angélique.


Recettes Cakes-Cake tomates et parmesan

 


Cake tomates et parmesan

Préparation : 15 mn
Cuisson : 50 mn
Pour 6 personnes
150 g de tomates séchées en pétales
200 g de parmesan fraîchement râpé
3 œufs
10 cl de lait
200 g de farine + 10 g pour le moule
1 sachet de levure chimique
10 cl d’huile d’olive
15 g de beurre pour le moule
1. Préchauffez le four à 160 °C (th. 5-6). Beurrez et farinez le moule. Laissez-le ensuite au réfrigérateur le temps de réaliser la pâte.
2. Versez la farine et la levure dans une jatte, puis ajoutez les œufs, l’huile et le lait. Mélangez jusqu’à obtention d’une préparation homogène.
3. Incorporez le parmesan, puis ajoutez délicatement les tomates séchées. Versez la préparation dans le moule et enfournez pour 50 minutes.

Variante
Vous pouvez remplacer le parmesan par du pecorino.


Billets-Les experts médiatiques sont-ils si compétents ?

  


Les experts médiatiques sont-ils si compétents ?

La compétence ne devrait-elle pas être un prérequis pour être invité à s’exprimer dans les médias ?

Au milieu des années 1980, des journalistes du magazine anglais The Economist demandent à quatre ministres des Finances, quatre dirigeants de grandes entreprises, quatre étudiants d’Oxford et quatre éboueurs londoniens de prédire l’évolution de plusieurs indicateurs économiques. Dix ans après, ils constatent que la plupart des prévisions sont fausses. Ils remarquent aussi que les éboueurs ont fait les meilleures prédictions (à égalité avec les dirigeants de grandes entreprises). Les ministres des Finances sont arrivés bons derniers…

Au même moment, Philip Tetlock, professeur à l’université de Pennsylvanie initie une étude beaucoup plus rigoureuse. Il demande à 284 experts de faire des prédictions économiques et géopolitiques (comment le PIB des États-Unis évoluera-t-il ? Le Québec fera-t-il sécession du Canada ? Le régime de l’apartheid sera-t-il aboli en Afrique du Sud ? L’Union Soviétique implosera-t-elle ?). Au total, il collecte 82 361 prédictions. Vingt ans après, il publie les résultats de son étude dans un ouvrage qui deviendra une référence (Expert Political Judgment : How Good Is It? How Can We Know ?, Princeton University Press, 2005).

Comme les journalistes de The Economist, il constate que la plupart des prédictions réalisées par les experts sont fausses. Pire, elles ne sont pas meilleures lorsqu’elles portent sur leur domaine d’expertise plutôt que sur un sujet qu’ils connaissent moins. Tetlock remarque aussi que le niveau d’études et l’expérience des experts n’ont aucun impact sur la qualité de leurs prédictions. Une seule variable influence la qualité des prédictions réalisées par les experts : leur exposition médiatique. Plus un expert est médiatique, moins ses analyses sont fiables (lire aussi l’article « Comment les experts gagnent-ils de l’influence » ) !

Renard et hérisson
À première vue, ce résultat peut sembler surprenant. La compétence ne devrait-elle pas être un prérequis pour être invité à s’exprimer dans les médias ? Pour expliquer le paradoxe selon lequel les experts les plus médiatiques sont les moins compétents, Tetlock reprend la distinction classique entre les hérissons et les renards. Dans un article intitulé « Le Hérisson et le Renard », le philosophe anglais Isaiah Berlin explique qu’il y a deux catégories de personnes : celles qui ne voient le monde qu’à travers une règle simple (les hérissons), et celles qui pensent que le monde ne peut être réduit à une idée simple (les renards). Les hérissons ont donc une idée à laquelle ils croient dur comme fer. Comme ils n’utilisent qu’une seule grille de lecture, leurs analyses sont très tranchées… mais pas forcément fiables. Les renards, eux, sont moins dogmatiques. Ils utilisent plusieurs grilles de lecture et leur pensée est en perpétuelle évolution. Cela leur permet de réaliser des analyses plus fiables que celles des hérissons… mais parfois trop subtiles pour marquer les esprits.

Les chaînes d’information en continu ont particulièrement bien compris l’impact médiatique des renards. Pour faire de l’audience, mieux vaut inviter un hérisson… ou deux hérissons avec des points de vue opposés. Même si leurs analyses sont moins rigoureuses que celles des renards, l’ambiance sur le plateau sera beaucoup plus électrique… et l’audience sera au rendez-vous.

Source contrepoints.org