jeudi 20 août 2026

Recettes Cheesecakes-Cheesecake citron

  


Cheesecake citron

Préparation : 30 mn
Cuisson : 60 mn
Repos : 12 heures
Pour 6 à 8 personnes
Pour la base :
100 g de biscuits sablés au citron
40 g de beurre fondu
Pour la crème :
350 g de ricotta
350 g de fromage frais type Saint-Moret
100 g de sucre
3 œufs entiers
1 zeste de citron finement râpé
1 jus de citron
150 g de « lemon curd »
Pour le décor :
1 zeste de citron en longs filaments
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Écrasez les biscuits, ajoutez le beurre fondu, répartissez le mélange dans le fond du moule et tassez bien. Enfournez pour 10 à 15 minutes.
3. Baissez la température du four à 140 °C (th. 4).
4. Battez ensemble les fromages pendant 30 secondes à l’aide d’un mixeur ou d’un robot, pour bien le lisser. Ajoutez le sucre puis les œufs, un par un, toujours en battant, puis les zestes et le jus, en battant juste assez pour incorporer tous les ingrédients. Ajoutez la moitié du lemon curd, sans le mélanger complètement.
5. Versez le tout dans le moule et enfournez pour 1 heure : la crème doit être juste prise sur les pourtours, encore un peu tremblotante au centre du gâteau. Laissez dans le four, porte entrouverte, encore 1 heure.
6. Sortez du four puis laissez refroidir complètement avant de démouler. Étalez le reste de lemon curd à la surface et placez au réfrigérateur pour 12 heures.

Tout simplement… délicieusement rafraîchissant.

Recettes anti-cholestérol-Pâtes à la grecque

 


Pâtes à la grecque

Préparation : 15 mn
Cuisson : 50 mn
Pour 4 personnes
300 g de petites pâtes dites « grains de riz »
1 kg de tomates
2 gousses d’ail
2 oignons
1 branche de céleri
1 feuille de laurier
2 branches de thym
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
3 pincées de cannelle
Sel et poivre
1. Ebouillantez les tomates, pelez-les et coupez-les en morceaux. Pelez l’ail et hachez-le. Epluchez-les oignons et hachez-les finement.
2. Mettez une cuillerée à soupe d’huile à chauffer dans une casserole à fond épais et faites-y blondir les oignons. Ajoutez les tomates, l’ail, le céleri, le laurier et le thym, salez, sucrez, puis poudrez de cannelle et versez 75 cl d’eau. Couvrez et laissez cuire 30 minutes à feu doux.
3. Après 30 minutes de cuisson, retirez le céleri, le laurier et le thym. Jetez les pâtes dans la sauce tomate et laissez cuire environ 20 minutes.
4. Arrosez avec le reste de l’huile et servez bien chaud.

Les pâtes, lorsqu’elles ne sont pas aux œufs, sont conseillées dans le régime anti-cholestérol. Les proportions données ici sont pour un plat complet. Pour un accompagnement, divisez les quantités par deux.

Par portion
478 kcal – 1998 kj
Protides : 13 g
Lipides : 18 g
Glucides : 66 g
Acides gras saturés : 2 g
Cholestérol : 0 g

Recettes anti-cholestérol-Fenouil sauté aux oignons

 


Fenouil sauté aux oignons

Préparation : 10 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes
4 petits bulbes de fenouil
2 cuillerées à soupe de vinaigre de vin
2 oignons
2 gousses d’ail
Sel et poivre
1. Ôtez les tiges dures et la base du fenouil. Lavez-le, mettez de côté les petites feuilles vertes et coupez les bulbes verticalement en lamelles de 5 mm d’épaisseur environ.
2. Pelez les oignons et hachez-les finement. Pelez l’ail et passez-le au presse-ail.
3. Mettez le fenouil, les oignons et l’ail dans une sauteuse à revêtement antiadhésif, ajoutez 20 cl d’eau et de vinaigre, salez et poivrez. Couvrez, portez à ébullition, puis réduisez le feu et laissez cuire 30 minutes.
4. Ajoutez quelques cuillerées à soupe d’eau chaude dès qu’il n’y a plus du tout de liquide pour éviter que les légumes n’attachent.
5. Lorsque les légumes sont tendres, enlevez le couvercle et laissez blondir le contenu de la sauteuse, tout en remuant avec une spatule en bois : les légumes doivent prendre couleur sans attacher ; surveillez-les attentivement.
6. Mettez les légumes sur un plat, hachez les petites feuilles vertes de fenouil et parsemez-en le plat. Servez chaud.

L’ail fluidifie le sang et réduit la tension artérielle ainsi que le taux de cholestérol.

Le fenouil est un légume dont toutes les parties, racines, feuilles et graines, sont comestibles. Son goût est proche de celui de l'anis et souvent associé au poisson. On peut le consommer cru (en salade) ou cuit.

Par portion
32 kcal – 134 kj
Protides : 2.6 g
Lipides : 0.25 g
Glucides : 5 g
Acides gras saturés : 0 g
Cholestérol : 0 g


Infos santé : Sport et Santé-Douleurs sur le côté du genou...

 


Douleurs sur le côté du genou...

Chez le coureur, c’est souvent un tendon qui frotte sur un relief osseux.  Ça fait de plus en plus mal et vous devez arrêter votre footing ! Heureusement des solutions existent ! Explications !

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

A la face externe du genou, il existe un gros tendon plat. Il porte le nom de «fascia lata» comme «bande latérale ». Il frôle la portion basse et globuleuse du fémur. A cet endroit, il arrive que la friction soit responsable de la formation d’une grosse ampoule profonde, entre l’os et le tendon. Les médecins parlent de «bursite» pour décrire cette «bourse enflammée».

  • Pourquoi ça frotte ?



    Ce large tendon relie le haut du tibia à des muscles s’accrochant sur le bassin ou « os iliaque ». La mise en tension de ce «hauban» externe permet de stabiliser les hanches quand une seule jambe est à l’appui. Ce frottement répétitif et irritant ne se produit pratiquement que lors des footings.  Vous comprenez désormais tous les noms donnés à cette blessure : «syndrome de la bandelette iliotibiale», «syndrome du fascia lata», «genou du coureur», «syndrome de l’essuie glace» ou «syndrome de la balayette».

    • Pourquoi vous ?
    Vous présentez probablement des facteurs favorisants. Les débutants sont plus volontiers touchés ; ceux qui augmentent brutalement leur kilométrage aussi ! La fatigue décompense les anomalies morphologiques et dynamiques.
    Anomalies morphologiques et erreurs d’entrainement favorisent le « syndrome de l’essuie glace ».
    Les jambes arquées et les pieds creux accroissent les tensions externes et font basculer le genou au contact du tendon. Lucky Luck risque de souffrir en courant, il vaut mieux qu’il reste sur Joly Jumper ! Un phénomène comparable se produit chez ceux qui courent toujours sur le même coté d’une route galbée et sur un dévers de montagne. Le pied plat s’écrase et tourne vers l’extérieur à l’appui. L’arrière de la lame tendineuse vient frotter sur le fémur.


    • Ce n’est pas tout à fait une tendinite !
    La douleur débute quelques minutes après le départ de votre footing. Elle augmente peu à peu. Ça brûle de plus en plus ! Souvent, vous êtes obligé d’interrompre votre entraînement. Vos sorties sont de plus en plus courtes ! Vous finissez par renoncer ! Après votre séance la douleur disparaît assez rapidement. Si vous insistez, elle revient dans les escaliers voir même en marchant. Étonnamment, vous n’avez pas mal à vélo, ni même au tennis ! C’est normal ! Souvenez-vous, il faut répéter inlassablement les flexions/extensions sur une seule jambe pour faire gonfler la «bursite».  L’enchaînement des symptômes propres à ce frottement tendineux est bien différent de celui des tendinites traditionnelles par tractions. Au stade initial de ces dernières, les douleurs cèdent à l’échauffement pour réapparaître «à froid».


    • Des semelles pour commencer
    En plus des conseils d’entraînement autour de la progressivité et de la régularité, les semelles sont bien utiles. Elles ont pour mission de compenser les troubles statiques et dynamiques favorisant la «bursite». Les jambes arquées et les pieds creux sont corrigés par un relief externe. Ce dernier bascule… légèrement… le genou vers l’intérieur et réduit les frottements. Les pieds plats ne tournent plus vers l’extérieur grâce à un bon galbe soutenant la voute plantaire. Notez bien que l’usure des chaussures tend à aggraver vos anomalies morphologiques : les pieds creux les déforment vers l’extérieur, les pieds plats vers l’intérieur. Si vos «joggings» sont très «fatigués», il suffit parfois d’en changer. Dans le premier cas, choisissez plutôt des modèles pour supinateurs, dans le second, pour pronateurs.

    • La rééducation n’est pas très efficace
    On vous conseille parfois d’étirer votre «fascia lata» en  croisant la jambe blessée derrière le membre sain tout en basculant les épaules du coté opposé.


    Malheureusement, il ne s’agit pas d’une lésion de traction et le hauban externe doit se tendre pour stabiliser le bassin à la course. Son assouplissement est inutile. Vous comprenez pourquoi les étirements n’apportent que rarement un soulagement. Les «ultra sons» sont souvent trop soft et les «massages défibrosants» trop agressifs pour se montrer efficace.

    • Une infiltration peut être envisagée
    Les conseils d’entraînement et l’ajustement du chaussage contribuent à prendre en charge les causes de la friction. Ils sont indispensables ! Mais parfois, ils se révèlent insuffisants. Le gonflement est si volumineux qu’il s’auto-entretient : « Plus ça frotte, plus ça gonfle et plus ça gonfle plus ça frotte ». Il faut traiter les conséquences du frottement … le gonflement !
    L’infiltration fait disparaître le gonflement, les semelles évitent qu’il ne réapparaisse.
    Une infiltration dans la « bursite » permet de la faire sécher et brise le cercle vicieux. Comme vous le constatez, il ne s’agit en aucun cas de piquer le tendon ! Aucun risque de fragilisation ! Il suffit juste de ne pas courir au cours de la semaine suivante et de reprendre progressivement avec les semelles.

    • Exceptionnellement, la chirurgie !
    Quand la lésion est très ancienne, la coque de la bursite devient rigide comme un «abricot sec». Semelles et infiltrations ne parviennent pas à interrompre les frottements. Le chirurgien doit enlever cette vieille membrane fibreuse.  Il en profite pour désépaissir l’arrière du tendon responsable de la friction. Le sport ne peut être repris que 4 mois après l’intervention.

    • Continuez le sport !
    Cette lésion est spécifique. Elle est provoquée par la mise en tension du hauban externe pour stabiliser le bassin. En l’absence d’appui ou quand les hanches sont en équilibre, à priori, pas de douleur ! Vous pouvez nager et pédaler ! Même l’elliptique est souvent possible ! Les endurants peuvent garder la forme ! Puisque l’irritation est induite par un mouvement répétitif, les sports à gestuelle variée, comme le foot ou le tennis, se révèlent fréquemment indolore. Alors, variez les plaisirs !

    • Reprenez la course !
    Equipé de vos semelles, parfois après une infiltration, renouez avec la course. Le miracle n’est pas instantané, un peu de progressivité s’impose. Trottinez 5 à 10 minutes puis enchaînez avec du vélo ou de l’elliptique autant que vous souhaitez. Ainsi, vous réalisez un véritable entraînement ! Ajoutez 5 à 10 minutes de course par séance, réduisez d’autant les autres activités «cardio». Rapidement, vous atteignez 30 minutes à 1 heure. Peu à peu, reprenez-le fractionné. C’est fait, vous pouvez préparer votre prochaine compétition. Si vos anomalies morphologiques et dynamiques sont modérées, si votre bursite a été largement favorisée par un entraînement anarchique, il est probable que vous puissiez abandonner vos semelles dans quelques mois … Prenez soin de suivre un programme bien conçu, progressif et varié !

    • Beaucoup d’autres causes…
    Le plus souvent, chez le coureur de fond, les douleurs externes de genou sont provoquées par ce frottement tendineux. Cependant, il faut suspecter d’autres blessures : une lésion du ménisque externe, une souffrance de la rotule ou de l’articulation entre le tibia et le péroné, une tendinite des fléchisseurs de genou, une fracture de fatigue, etc. Bref, l’avis de votre médecin du sport s’impose pour faire la part des choses.


    Source SantéSportMag

    Billets-La Méthode

     



    Edgar Morin, La Méthode

     "Le problème n'est pas que vous n'ayez pas été éduqué. Le problème est que vous avez été éduqué juste assez pour croire ce qu'on vous a enseigné, mais pas assez pour remettre en cause tout ce qu'on vous a dit." 

    Billets-Pourquoi perdre son temps à voter ?

       


    Traduction : Votez pour Personne ! Personne ne tiendra ses promesses, n’écoutera vos problèmes, n’aidera les pauvres et les chômeurs. Personne ne se soucie de vous ! Si Personne est élue, les choses iront mieux pour tout le monde. Personne ne dit la vérité !

    Pourquoi perdre son temps à voter ?

    Le seul moyen de soustraire sa vie au pouvoir des politiciens est l’abstention.

    Les régionales sont enfin passées. Une nouvelle pantalonnade s’est jouée sous nos yeux et je peux maintenant vous en parler comme l’émotion commence à retomber.

    Les chiffres sont catastrophiques pour la « droite » qui ne profite pas des errements du gouvernement en place. La « gauche » s’en sort plutôt bien avec un bilan toutefois catastrophique. La véritable inquiétude provient des scores du Front National et surtout de sa progression entre les deux tours, gagnant des voix dans toutes les régions, ce qui laisse présager une réserve de voix. Le scoop de la soirée : les étatistes de tous bords ont gagné et ils pourront se partager les sièges.

    Je ne vais pas vous parler des résultats aujourd’hui. Je vais vous parler du vote en lui-même car, s’il y a bien un débat qui a retenu mon attention pendant ces diverses joutes, jérémiades et autres sorties réussies de M. Bartolone, c’est bien la légitimité de l’élection. Les abstentionnistes – dont je fais partie – ont été traités au soir du premier tour et pendant la semaine d’entre deux tours des pires noms, allant jusqu’aux insultes de M. Enthoven.

    Qu’est ce que le vote ?

    Nous sommes en France dans une démocratie représentative où une oligarchie (la « classe politique ») est élue au pouvoir. Le vote doit permettre au citoyen de choisir parmi ces candidats celui qu’il veut porter au pouvoir. Le politicien serait le représentant élu par les votants pour s’exprimer en leur nom. En conséquence, il serait le représentant de l’intérêt général de ses électeurs.

    Kenneth Arrow, économiste américain qui fut prix Nobel d’économie en 1972, développa un théorème reprenant un précédent énoncé de Condorcet selon lequel :
    « Il est impossible de définir l’intérêt général à partir des choix individuels. On ne peut définir de façon cohérente une préférence collective en agrégeant des préférences individuelles. Les décisions d’un état (même démocratique) ne peuvent donc pas être légitimes. Ce « théorème d’impossibilité » s’énonce ainsi (en simplifiant, car il s’agit d’un théorème mathématique de théorie des ensembles qui réclame une démonstration élaborée) :
    Il n’existe pas de fonction de choix social (un système de vote) qui puisse convertir des préférences individuelles en une décision agrégée cohérente, hormis dans le cas où la fonction de choix social coïncide avec les choix d’un seul individu (« dictateur »), indépendamment du reste de la population. »

    Le théorème d’Arrow affirme qu’une collectivité ne peut procéder à un choix social indiscutable. Je vous invite à consulter les articles en liens pour la démonstration ou la vidéo sur le paradoxe de Condorcet ici. (3 min 30)

    Le vote en soi n’est pas toujours représentatif de la majorité – et ce ne sont pas les socialistes qui ont voté Estrosi dans le Sud-Est qui me contrediront – mais le politicien élu par la suite est-il un juste représentant de l’intérêt de ses électeurs ?

    Le mythe de l’intérêt général

    Il est essentiel de nous poser cette question : comment un politicien peut-il représenter l’ensemble des électeurs ? Nous entendons souvent après une élection la personne élue déclarer qu’elle va représenter « l’ensemble des citoyens », mais comment est-ce possible ? Peut-elle représenter ceux qui n’ont pas voté pour elle, ceux qui ont voté contre elle et ceux qui ont voté pour elle ? Sur un thème donné, une décision précise à prendre, comment peut-elle connaître, sans le consulter, l’avis de ceux qu’elle représente ? Quand bien même elle le connaîtrait, l’ensemble des citoyens représentés ne peut être unanime sur la question : le représentant ira donc contre une partie des individus qu’il est censé représenter.

    Prenons un exemple extrême : si une majorité d’électeurs décident de voter pour tuer la minorité, devons-nous en conclure que c’est un suicide démocratique, puisque c’est l’expression de l’intérêt général ? Cela prouve que les électeurs ne sont pas le gouvernement et que celui-ci ne représente en aucun cas le peuple. Car dans ce cas extrême, il s’agit, et tout le monde en sera d’accord, d’un meurtre de masse. Voir la citation de Rothbard dans cet article, que je n’ai volontairement pas mise dans ce billet pour éviter tout point Godwin et que j’ai donc paraphrasé.


    La démocratie, c’est deux loups et un agneau votant ce qu’il y aura au dîner. La liberté, c’est un agneau bien armé qui conteste le scrutin.

    L’école du choix public a également traité cette question de l’intérêt général : la politique est un marché comme un autre, avec ses offreurs (les politiciens par le biais des lois et plus généralement toutes réglementations) et ses demandeurs (les électeurs, entreprises). Offre et demande s’appuyant l’une sur l’autre, chaque partie réclame une augmentation constante du rôle de l’État. Le but est évidemment d’augmenter la rapine publique et de s’en partager les gains :
    • aux politiciens : le pouvoir, l’influence et les rentes.
    • aux électeurs : les subventions, « cadeaux fiscaux », augmentation des prestations sociales, niches, barrières à l’entrée, marchés publics …

    La démocratie n’a donc pas évité l’émergence des oligarques qui, par ce mythe de l’intérêt général, s’accordent des largesses. Pour se maintenir au pouvoir, ceux-ci ont recours à des « mesurettes » et ne réforment donc jamais, suivant le théorème de l’électeur médian, permettant l’émergence de mouvances extrêmes lorsque la situation se dégrade.

    « L’État, ou pour rendre les choses plus concrètes, le gouvernement, se compose d’une bande de types exactement comme vous et moi. Ils n’ont, tout bien considéré, aucun talent particulier pour les affaires du gouvernement ; ils n’en ont que pour accéder à une fonction et la garder. Dans ce but, leur principal procédé consiste à chercher des groupes de gens qui courent désespérément après quelque chose qu’ils ne peuvent pas se procurer, et à promettre de le leur donner. Neuf fois sur dix, cette promesse ne vaut rien. La dixième fois, elle est tenue en pillant A afin de satisfaire B. En d’autres termes, le gouvernement est un courtier en pillage, et chaque élection est une sorte de vente aux enchères par avance de biens à voler. » H.L. Mencken.

    « Abstention piège à con ! » ou la démocratie est elle une servitude ?

    Les non votants ne sont pas responsables des incompétents que les votants choisissent. L’argument « si tu n’as pas voté tu ne peux pas te plaindre » ne tient pas.

    Il va falloir arrêter de culpabiliser ceux qui ne sont en rien responsables du chantier que les votants créent seul. Qu’ils assument donc leurs erreurs ! Même si ce n’est pas leur candidat qui est élu, ils sont coupables dans le sens où ils ont voulu un maître en participant à ce jeu stupide que l’on appelle « élection » et ils en ont eu un. Le votant essaye d’imposer sa vision de la société aux autres et surtout à ceux qui ne votent pas.

    « L’égoïste n’est pas celui qui vit comme il lui plaît, c’est celui qui demande aux autres de vivre comme il lui plaît ; l’altruiste est celui qui laisse les autres vivre leur vie, sans intervenir. » Oscar Wilde.


    Les haineux vont haïr, les étatistes vont étatiser.

    L’abstentionniste est donc une personne qui n’a pas ou plus envie de participer à ce jeu de pouvoir, qui n’a pas ou plus le désir de spolier son voisin, qui veut laisser vivre autrui dans le respect mutuel de ses droits. Quelle plus belle preuve de civisme que celle-là ?

    Dernier point que j’aimerais aborder : L’histoire d’un esclave de Robert Nozick, qui enseigna la philosophie à Harvard – extrait de son livre Anarchie, État et Utopie.

    Dans cet exposé, Nozick nous conte l’histoire d’un esclave en 9 étapes. Cet esclave, c’est vous. (Vous pouvez les retrouver en vidéo ici)

    • Étape 1 : vous travaillez totalement pour un maître brutal et tyrannique qui vous bat selon son bon vouloir.
    • Étape 2 : le maître établit des règles et ne vous bat que lorsque vous les enfreignez et vous accorde un peu de temps libre.
    • Étape 3 : vous avez le droit de rejoindre un groupe d’esclaves et le maître, en se basant sur des principes acceptés par vous tous, décide de la répartition des biens entre vous.
    • Étape 4 : le maître vous accorde du temps de repos et vous ne travaillez pour lui plus que 3 jours sur 7, les 4 jours restant sont à votre disposition.
    • Étape 5 : vous pouvez travailler où vous le désirez mais vous devez verser au maître 3/7 de votre revenu (qui correspondent au 3 jours sur 7 que vous travailliez pour lui précédemment). Il peut également vous rappeler à n’importe quel moment pour son service sans que vous puissiez refuser et d’augmenter à tout moment la part de votre travail que vous lui devrez.
    • Étape 6 : le maître donne le droit de vote à tous sauf à vous. Ils peuvent décider démocratiquement de ce qui est autorisé ou non, la partie de votre revenu qui sera prise et dans quel programme ce revenu sera dépensé.
    • Etape 7 : le maître ne vous accorde toujours pas le droit de vote mais vous avez le droit d’essayer de convaincre ceux qui ont ce droit afin de tenter de les influencer.
    • Étape 8 : vous avez le droit de vote ! Mais seulement pour trancher en cas d’égalité. Votre vote ne sera dépouillé que si une égalité parfaite est constatée. Nozick précise qu’aucune égalité lors d’un vote n’a jamais été constatée.
    • Étape 9 : vous avez le droit de vote sans restriction ! Mais dans la pratique, votre vote n’est utile que s’il y a égalité parfaite faisant que votre vote fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre, revenant donc à l’étape 8. Et il n’y a jamais eu d’égalité.

    La question est la suivante : à quelle étape, entre la première et la neuvième, cette histoire est devenue autre chose que l’histoire d’un esclave ?


    Peut être devrais tu voter pour un autre maître esclavagiste ?

    Pour terminer, en quoi voter pour un parti autoproclamé « républicain », qu’il soit socialiste de droite ou de gauche, est aujourd’hui différent du Front national, qui est socialiste national ? Il est d’ailleurs assez drôle de noter que la vie politique de notre pays se résume à front républicain contre front national. On voit comment le gouvernement actuel prépare la dictature de demain, vous pouvez consulter cette liste de perquisitions et autres joyeusetés mise en ligne par la Quadrature du net.

    Oui, ne pas empêcher le Front national d’accéder au pouvoir peut être une erreur. Mais l’erreur n’est-elle pas plutôt de lui donner la capacité d’avoir du pouvoir en légitimant l’emprise des politiciens sur vos vies, et ça, chers votants, c’est vous seuls qui leur accordez. Les abstentionnistes, au contraire, ont bien compris que le seul moyen de soustraire à ce pouvoir est de ne plus participer.

    Par Nicolas Bruel. 
    Source contrepoints.org 

    Billets

     

    Billets-2014-2100 Confessions d’un enfant du siècle Google

     


    2014-2100 Confessions d’un enfant du siècle Google

    L'offensive de Google pour contrôler nos vies ne fait que commencer. Projetons-nous dans la vie d'un individu “googlisé”, d'aujourd'hui à l'an 2100…
      


    Google n'est plus seulement un moteur de recherche, même omnipotent. On le sait, la firme a développé depuis plusieurs années des services, des applications, des objets connectés. On le sait moins, elle a lancé ces derniers mois, à coups de centaines de millions de dollars, une véritable offensive sur la robotique, l'intelligence artificielle, et même la santé.
    Plus que jamais, l'entreprise tentaculaire, portée par les visées messianiques de ses dirigeants, investit notre vie, de notre naissance à notre mort… qu'elle espère même vaincre un jour. Jusqu'où Google nous annexera-t-elle ?
    Sur la base de ses recherches actuelles, nous nous sommes projetés dans la vie d'un individu « googlisé ». Dans ce récit prospectif, jusqu'en 2014, tous les faits sont réels. Au-delà de cette date, ils sont imaginés. Mais pas inimaginables.

    • 31 mars 2014
    En fixant le plafond, mes parents me dessinent mentalement. Je ne suis encore qu'une équation aux inconnues multiples. Six ans plus tard, j'entr'aperçois la lumière du jour. J'ai les yeux d'un bleu profond encore mal défini, et quelques touffes de cheveux parsèment mon crâne. Je mesure 52 centimètres, pèse près de 4 kilos, et les chances que je développe un jour un cancer du pancréas sont infinitésimales. En théorie en tout cas. Cette promesse a rassuré mon père, qui a perdu le sien à cause de cette maladie.
    Techniquement, je suis un bébé « sur mesure », au génotype customisé, l'un des premiers du genre. Bébé-éprouvet­te nouvelle génération, accouché par 23andMe, une société de biotechnologie californienne parente de Google et dirigée par l'ex-femme de son cofondateur, Sergueï Brin. En 2007, le titan du numérique avait offert à la start-up quatre millions de dollars. En 2012, 23andMe déposait un brevet permettant de sé­lectionner les gamètes de donneurs en fonction des souhaits des futurs parents. Moins pour choisir la carnation de leur progéniture que pour se prémunir contre un terrain génétique favorable à l'hémophilie ou à la neuropathie optique.
    Mise au ban de la communauté scientifique et traînée devant les tribunaux dès la fin de l'année 2013, l'entreprise avait dû ranger son brevet au fond d'un tiroir, le temps qu'on arrête de se poser des questions sur la dérive eugéniste de notre civilisation. Depuis, Google a continué à coloniser le secteur de la santé, et a conjugué ses actions au futur proche. Après avoir collecté notre date de naissance, nos adresses, notre sexe ou nos angoisses existentielles, rien ne pouvait l'empêcher de se soucier de notre bien-être sous toutes ses formes.


    • 4 septembre 2026
    C'est mon premier jour d'école. J'ai l'estomac noué. Pour éviter la rentrée des classes, j'ai essayé de mettre en œuvre une stratégie prénumérique qui a fait ses preuves, en feignant de terribles douleurs abdominales. Mes parents insensibles me disent que j'ai de la chance de ne pas subir le poids des lourds cartables d'autrefois. En glissant la tablette Nexus nouvelle génération gracieusement fournie par le ministère dans mon sac à dos zippé, ils me racontent à l'imparfait ces copies doubles à petits carreaux aux mots cerclés de rouge, raturées dans les marges. On dirait des égyptologues.
    Je suis interrompu par une alerte qui retentit sur le smartphone de ma mère. Plus que trente minutes avant l'heure fatidique. Depuis l'année dernière, tous les établissements scolaires du secteur ont noué un partenariat avec Google, dont les solutions bureautiques ont remplacé les antiques carnets de correspondance. Désormais, chaque élève dispose de sa propre adresse Gmail, les devoirs sont partagés sur le service de stockage Google Drive, les emplois du temps sont régulièrement mis à jour sur Google Calendar, et les cours de soutien sont assurés grâce au système de visioconférence de Google Hangout. Il paraît que ça permet aux élèves les plus en difficulté de se sentir moins stigmatisés.
    L'entreprise a encore développé ses programmes à destination des professeurs. En 2006, la Google Teacher Academy se contentait d'organiser des stages gratuits pour les accoutumer au numérique. En vingt ans, elle a multiplié le nombre de ses certifications, délivrées à l'issue d'une formation continue de quelques semaines. Les profs y apprennent à développer des techniques pédagogiques « en réseau ».
    Ce matin, ma maîtresse arbore le fameux macaron rouge, jaune, vert et bleu au revers de sa veste : elle fait désormais partie du sérail. Certains font encore de la résistance, vitupèrent cette éducation confisquée par le privé, mais difficile de ne pas abdiquer chaque jour un peu plus. Plus personne n'envisage Google comme une entreprise soucieuse de bilans financiers. C'est devenu le tuteur souple et invisible de nos vies, à équidistance du cocon familial et de l'administration fiscale.

    • 10 décembre 2033
    Le nez collé à la vitre du train, j'observe la Seine. Pour fêter le vingtième anniversaire de son Institut culturel en ligne, Google a invité ma classe à visiter son Lab de la rue de Londres, une annexe de son prestigieux siège français inaugurée en grande pompe fin 2013, avec ministres et petits-fours. A l'époque, la presse écarquillait les yeux devant ces 340 mètres carrés de haute technologie, d'imprimantes 3D et d'appareils photo gigapixels. Le monde de la culture, lui, fronçait les sourcils en voyant cet éléphant américain fouler son précieux magasin de porcelaine.
    D'un ton docte, notre enseignante nous raconte la défiance généralisée de l'époque. Tandis que je rêvasse, elle nous détaille le moment où les digues ont fini par céder. En 2008, Google a signé un accord pour la numérisation des cinq cent mille ouvrages de la bibliothèque de Lyon. Et en vingt-cinq ans, les autres ont suivi, jusqu'aux symboliques Archives nationales. Les éditeurs, qui, attachés aux droits d'auteur, ont intenté une kyrielle de procès contre le programme Google Books à partir de 2009, ont eux aussi abandonné le bras de fer.
    Quand j'y pense, j'ai du mal à imaginer que la culture ait nécessité un jour de se déplacer. Tous les mercredis après-midi, après l'école, nous visitons de chez nous Le Louvre, l'Ermitage ou le Prado. On zoome, on dézoome, sur Canaletto, les peintres flamands. Nos casques de réalité augmentée vissés sur le toupet, on s'y croirait presque.

      
    • 21 août 2035
    Papa a pleuré au dîner. Il a sangloté, dénoué sa cravate et s'est resservi de la blanquette. D'une voix calme, il nous a expliqué qu'il était au chômage. Depuis plus de quinze ans, il travaillait dans la finance, plus précisément dans ce que les anglophones appellent le high frequency trading, fondé sur des algorithmes. Il jonglait avec des chiffres, et il le faisait vite. La paye était grasse, les nuits, courtes. Le problème, c'est que les échanges allaient toujours plus vite. Et tandis que les erreurs humaines se multipliaient, les ordinateurs devenaient de plus en plus puissants. Ce soir, ils se révélaient plus efficaces que mon père. Et d'une certaine façon, on l'avait vu venir.
    Au mitan des années 2010, Ray Kurzweil, le directeur de l'ingénierie de Google, affirmait sans trembler du menton que les machines seraient capables de passer le test de Turing en 2029. Lors de cette expérience, un panel d'individus suit, sans la voir, une conversation écrite entre un humain et un ordinateur et doit déterminer l'auteur de chaque échange. En 2011, le logiciel Cleverbot avait presque réussi à tromper son monde, puisque 59 % des sujets testés l'avaient pris pour un homme. Seulement quatre points de moins que l'être humain, le vrai, qui en était sorti mortifié. Etait-ce un signe de la montée en puissance de l'apprentissage automatisé, ou la preuve de notre déclin ? On n'avait pas eu le temps d'y réfléchir.
    Dans le plus grand secret, Google s'acharnait à trouver le point de rencontre entre l'intelligence artificielle et les sciences cognitives. Durant la seule année 2013, la firme avait racheté huit entreprises de robotique : Schaft, Industrial Perception, Redwood Robotics, Meka Robotics, Holomni, Bot & Dolly, Autofuss et Boston Dynamics. Et sous les néons du Google X Lab, un complexe niché dans le sous-sol californien, aussi protégé qu'une base militaire, des centaines d'ingénieurs essayaient de mettre au point des machines pensantes, douées de langage.
    Il ne s'agissait plus de coder des réponses prédéfinies, mais de leur donner accès à toutes les informations de Google, pour les mettre en musique, sans fausses notes. La loi de Moore, qu'on apprend au collège entre les théorèmes de Pythagore et de Thalès (et selon laquelle la capacité des ordinateurs double tous les deux ans) nous rappelle la cruelle évidence : elle ne s'applique pas à nos cerveaux. 

    • 29 mars 2036
    Je frétille d'excitation. Par la fenêtre de la salle de bains, alors que mon thermostat connecté Nest (une start-up de domotique rachetée par Google début 2014) augmente la température de deux degrés, j'ai aperçu mon cadeau d'anniversaire parqué dans l'allée. Gris métallisé, cinq portes, et plus de capteurs électroniques qu'un avion de chasse : pour mes 16 ans, je vais m'installer au volant de ma première Google Car. Le gros lidar – un radar laser – qui orne son toit lui donne l'air débonnaire d'un énorme paquet cadeau.
    Le premier contact est intimidant. Je dois saisir le volant et conduire moi-même la voiture jusqu'à destination afin qu'elle mémorise le trajet. Direction le lycée. Depuis que le Nevada a délivré sa première immatriculation à un véhicule autonome, en 2012, les plaques rouges frappées du huit renversé de l'infini se sont multipliées, aux Etats-Unis comme ailleurs.


    • 14 mai 2050
    Je me réveille avec une gueule de bois totalement analogique. J'ingurgite un cachet effervescent dilué dans quelques centilitres d'eau. Hier, j'ai enterré ma vie de garçon, et les vapeurs d'alcool recouvrent encore les vagues souvenirs de cette soirée de débauche. Affalé sur la diagonale de mon lit, je tapote l'écran de mon smartphone. Par hasard, je découvre un mail de mon meilleur ami, qui contient un lien YouTube et quelques émoticônes rieuses. En cliquant, je m'y découvre titubant, haranguant des taxis sans chauffeur. A mon corps mollement défendant, mon malicieux camarade a capturé la moindre milliseconde de notre équipée sauvage à l'aide de ses implants rétiniens.
    C'est la dernière trouvaille de Google pour remplacer les vieillissantes Google Glass, ces lunettes connectées qui ont toujours fait ressembler ceux qui les portent à un myope du futur antérieur. Mon oncle me raconte souvent cette anecdote : début 2014, à San Francisco, une jeune femme un peu trop technophile avait été agressée dans un bar du quartier de Haight-Ashbury. A la première sommation du tenancier, qui lui avait demandé d'arrêter de filmer, elle n'avait pas retiré ses lunettes. A la seconde non plus. Un coup était parti.
    Effrayé par le potentiel de prolifération de ces incidents, Google avait réagi en publiant une charte de bonne conduite, qui pointait du doigt les comportements à risques. Jusqu'à la miniaturisation récente de l'électronique et la généralisation des nanotechnologies, la réalité augmentée ressemblait surtout à un œil poché. Ce matin, elle me donne le vertige.

    • 26 février 2055
    Je suis papa. Ma femme et moi n'étions pas d'accord sur le prénom alors nous avons laissé l'algorithme du moteur de recherche décider à notre place. Et pour les vingt prochaines années, il en sera de même à chaque fois que nous devrons choisir une destination de vacances.

    • 3 décembre 2092
    Les enfants ont grandi. Ils se sont émancipés. Ma femme m'a quitté. Mon pancréas m'a laissé vivre, mais j'ai vieilli et, pour être honnête, je suis complètement dépassé par le progrès. Ma fille me dit que c'est normal, et elle m'avoue ressentir la même crainte un peu diffuse. Dans la logique « kurzweilienne », nous avons atteint depuis longtemps le point de non-retour, celui de la singularité technologique. Les ordinateurs sont devenus bien plus intelligents que nous, et lorsque nous fléchissons, nous comptons sur eux pour nous reprogrammer.
    Quand mes problèmes cardiaques se sont manifestés pour la première fois, à l'automne 2080, on m'a posé un cœur artificiel, connecté à la domotique de mon appartement. A chaque épisode tachychardique, mon environnement s'adoucit. La Google TV – qui s'est perfectionnée depuis son arrivée sur le marché, en 2010 – troque mon polar du dimanche soir contre un de ces programmes scandinaves où l'eau ruisselle sur une paroi de granit pendant des heures ; la radio m'épargne ces débats à couteaux tirés entre prétendants politiques pour me proposer de la musique baroque à fréquence hertzienne constante.
    Je m'ennuie parfois, mais je n'ai pas vraiment le choix : je suis bien incapable de pirater le système. La seule fois où j'ai essayé de bidouiller mon Google Bed pour qu'il arrête d'envoyer des rapports hebdomadaires détaillés à ma caisse d'assurance maladie, le petit robot ménager qui me sert de confident m'a violemment réprimandé.

    • 21 novembre 2100
    Je deviens un peu gâteux, comme on disait autrefois. Le transhumanisme, cette religion œcuménique sans lieu de culte qui promet la vie éternelle à travers le biohacking, le bidouillage de son propre organisme, n'a toujours pas réussi à tenir ses promesses. A la fin du documentaire Transcendant Man, que l'écrivain et réalisateur Barry Ptolemy lui avait consacré en 2009, feu Ray Kurzweil avait eu cette formule restée célèbre : « Dieu existe-t-il ? Pas encore. » Ce n'était alors qu'une déclaration tapageuse parmi d'autres sur la haine de la mort et la vie robotisée. Durant plusieurs décennies, il en avait fait la clé de voûte de son discours futuriste.
    Dès 2008, il avait inauguré dans la Silicon Valley, la Singularity University, où était formée une nouvelle génération d'élites travaillant sur ces enjeux. La sentence de Ray Kurzweil prend tout son sens aujourd'hui : ma paraphasie est encore légère, et ma perte d'autonomie progressive est compensée par mes dizaines d'appareils intelligents. A chaque fois que mon cerveau cède une once de terrain, ils prennent un peu plus de place dans mon déclin.
    Par hasard, je retombe sur la couverture d'un Time daté de septembre 2013 : « Google peut-il résoudre la mort ? » A l'époque, la firme venait de créer Calico – pour California Life Company –, une ambitieuse entreprise qui voulait combattre « l'âge et les maladies associées ». Larry Page, le patron de l'époque, était excité par ce « pari à long terme », dont il attendait « de très bon progrès dans des délais raisonnables ».
    J'en souris presque. La semaine dernière, mes enfants, sous l'impulsion des médecins, m'ont incité à numériser le maximum d'informations me concernant, de mon roman favori aux rides de mes doigts. Ils espèrent modéliser un avatar réaliste capable d'interagir avec mes proches après mon décès. A défaut de pouvoir tuer ma propre mort.

    Nota bene : cet article a été rédigé sur Google Docs.

    • Google aujourd'hui
    410 milliards de dollars : c'est la capitalisation boursière de Google, seize ans après sa création, ce qui la place en deuxième position juste derrière un certain Apple.
    58 milliards de dollars : c'est la somme dont dispose Google « en liquide ». Grâce à cette enveloppe, la firme a, par exemple, pu s'offrir début 2014 l'entreprise de domotique Nest, pour 3,2 milliards de dollars.
    146 : c'est le nombre de sociétés acquises par Google depuis 2001. Outre quelques poids lourds comme Motorola, l'entreprise a investi dans des domaines aussi variés que la publicité en ligne, la vidéo, la photographie aérienne, la robotique ou l'intelligence artificielle.
    48 000 : c'est le nombre de salariés de Google.


    Source telerama.fr Illustration de Séverin Millet