vendredi 3 juillet 2026

Billets-Open USD


Open USD


140 entreprises rivales se sont assises autour de la même table aujourd'hui. La plupart des gens ne voient pas ce qui les a réunies.

La plupart des gens n'ont même pas pris cette nouvelle au sérieux, la prenant pour un simple développement crypto ordinaire. Mais celui qui s'arrête et regarde attentivement remarque quelque chose de très étrange. Visa et Mastercard sont normalement des rivaux. Dans ce projet, ils sont côte à côte. Google, BlackRock, Coinbase, Stripe, tous autour de la même table. Les entreprises rivales ne s'assoient pas facilement autour de la même table. Si elles l'ont fait, cela signifie qu'il y a quelque chose au centre que toutes veulent absolument saisir. Cette fois, cette chose est l'avenir de l'argent. Ces entreprises voient désormais l'avenir en un seul endroit. Dans la crypto. Clarifions d'abord de quoi il s'agit. Ces entreprises se sont réunies pour lancer un dollar numérique commun. Il s'appelle Open USD. Jusqu'à présent, ce secteur était dominé par quelques entreprises. Les plus grandes étaient Tether et Circle. Elles fonctionnent toutes deux de la même manière. Vous leur donnez vos dollars, et en échange, vous recevez des dollars numériques. Mais avec votre argent, elles achètent des bons du Trésor américain et empochent les intérêts. Autrement dit, l'argent de tout le monde passe par leurs mains, et ce sont elles qui récoltent les bénéfices. 140 entreprises ont regardé cela et se sont dit : Puisque l'avenir de l'argent est ici, pourquoi ces bénéfices iraient-ils dans la poche de quelques entreprises seulement ? Elles ont créé leur propre dollar numérique commun. Cette fois, les bénéfices ne vont pas à une seule entreprise, mais sont partagés entre toutes les participantes. La différence est là, précisément. Coin n'est plus un business appartenant à quelqu'un. C'est une infrastructure utilisée en commun par tous. Alors, ces entreprises sont-elles sérieuses ? La réponse se trouve dans ceux qu'elles n'ont pas invités à la table. Deux grands noms d'aujourd'hui, Tether et Circle, n'ont pas été conviés. Autrement dit, les leaders actuels ont été exclus du nouvel ordre établi. Si une entreprise ne fait que s'intéresser à l'avenir, elle teste, elle observe. Mais si elle exclut d'emblée les leaders actuels, ce n'est plus de la curiosité, c'est un mouvement. Il y a un autre détail que la plupart des gens ne remarquent pas. À la vitrine, il y a 140 noms. Mais la personne à la tête de l'équipe qui a lancé le projet est le fondateur d'une entreprise rachetée 1,1 milliard de dollars par Stripe. Et le projet sort dès le premier jour sur Solana, là où l'infrastructure de Stripe est déjà prête. Autrement dit, 140 logos pour la façade visible. La vraie main qui pose les rails, c'est Stripe, qui ne se montre pas trop. Le fondateur de cette équipe a une phrase qui résume tout. « Ne construisez pas sur l'argent des autres. » Reculons d'un pas et regardons la situation d'en haut. Parce que le vrai enjeu, ce n'est ni Circle ni Stripe. Pendant des années, des entreprises distantes de la crypto y transfèrent discrètement leur argent et leur infrastructure. Ce sont ceux qui construisent un système de l'intérieur qui déterminent son avenir, pas ceux qui le challengent de l'extérieur. Si ce sont les entreprises qui gèrent l'argent du monde, et non une poignée de passionnés, qui construisent la crypto, la question n'est plus de savoir si cela va arriver ou non. Et surtout, ce ne sont pas les États qui le construisent, mais les entreprises. Le nouvel ordre de l'argent se dessine entre les mains des entreprises, sans que personne ne s'en rende vraiment compte. Tout le monde regarde quelle coin va monter. Pourtant, le vrai enjeu, ce n'est pas le prix. C'est de quel côté sont passées aujourd'hui les plus grandes entreprises du monde.

Lectures Bret Easton ELLIS-American psycho


Bret Easton ELLIS

American psycho

Traduit de l’américain par Alain Defossé


(4ème de couverture)
Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant golden-boy de Wall Street, fréquente les endroits où il faut se montrer, sniffe quotidiennement sa ligne de coke, et surtout ne se pose aucune question. Parfait yuppie des années quatre-vingt, le jour il consomme. Mais la nuit, métamorphosé en sérial killer, il tue, viole, égorge, tronçonne, décapite.


Portrait lucide et froid d’une Amérique autosatisfaite où l’argent, la corruption et la violence règnent en maîtres, Américan Psycho, qui fit scandale lors de sa parution aux Etats-Unis, est aujourd’hui un best-seller mondial.


(1ere phrase :)
ABANDONNE TOUT ESPOIR ,TOI QUI PENETRES ICI peut-on lire, barbouillé en lettres de sang au flanc de la Chemical Bank, presque au coin de la Onzième Rue et de la Première Avenue, en caractères assez grands pour être lisibles du fond du taxi qui se faufile dans la circulation au sortir de Wall Street, et à l’instant où Timothy Price remarque l’inscription un bus s’arrête et l’affiche des Misérables collée à son flanc lui bouche la vue mais cela ne semble pas contrarier Price, qui a vingt-six ans et travaille chez Pierce & Pierce, car il promet cinq dollars au chauffeur s’il monte le son de la radio, qui passe Be My Baby sur WYNN, et le chauffeur, un noir, un étranger, obtempère.
(Dernière phrase :)
Et au-dessus d’une des portes, masquées par des tentures de velours rouge, il y a un panneau, et sur ce panneau, en lettres assorties à la couleur des tentures, est écrit : SANS ISSUE.


513 pages – Editions du Seuil 1991 (1992 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :)
Patrick Bateman est un jeune homme qui correspond parfaitement au type que tout le monde déteste en cette période de crise économique. C'est un jeune loup de la finance superficiel, dédaigneux, obsédé par l'argent, les restaurants huppés, les marques, les belles cartes de visite, et son apparence physique. Accessoirement, il est aussi psychopathe.


Nous le suivons à travers son journal, dans une vie où tout le monde semble pareil à lui. Il est constamment entouré, ne dîne jamais seul, n'a aucune difficulté à ramener des filles chez lui, mais cela ne fait que davantage ressortir sa solitude. Il est riche, donne le sentiment d'être quelqu'un d'important, mais en dehors de quelques types assez inutiles, personne, pas même son avocat, ne connaît son nom.


Les cinq cents pages de ce livre pourraient être monotones, mais Patrick Bateman a un truc pour vous captiver qui fait qu'on ne peut pas lâcher son journal avant de l'avoir fini. Aucun problème à lire les énumérations interminables de noms de marques, les compte-rendus des soirées à répétition, les conversations dépourvues d'intérêt, parce que bien vite, on décèle toute la critique que contiennent les mots et les actes décrits. Tous les êtres que fréquente Patrick Bateman sont vides, à l'exception peut-être de sa naïve secrétaire, Jean. Lorsqu'il cite des psychopathes ou évoque ses crimes dans le détail au fil de la conversation, ses interlocuteurs font au mieux comme s'ils trouvaient ça drôle, au pire comme s'ils n'avaient rien entendu (c'est sans doute le cas d'ailleurs, tellement chacun est préoccupé avant tout de sa personne).


Etrangement, c'est lorsqu'il cède à ses pulsions meurtrières que Bateman devient intéressant (pulsions réelles ou fantasmes, d'ailleurs). Certaines scènes sont carrément ignobles. Patrick Bateman, en plus d'aimer tuer, a une imagination débordante en la matière. Il torture ses victimes (il déteste particulièrement les sans-abri, les types qui réussissent mieux que lui, ainsi que les femmes et les enfants…) avant de les laisser agoniser, puis d'aller dîner tranquillement avec ses "amis". Et c'est de pire en pire. En réalité, il est profondément malheureux parce qu'il se sent aussi vide que les autres.


"Comment pourrait-elle donc comprendre que rien ne pourrait jamais me décevoir, puisque je n'attends plus rien."


Et voilà comment le personnage le plus froid et le plus cruel parvient à attirer l’intérêt du lecteur...


Un livre est un pilier incontournable. J'avais peur que les cinq cents pages se fassent sentir, mais il n'y a pas le moindre coup de mou dans ce texte. C'est assez marqué années 80/90 (je pense aux réflexions sur le SIDA, aux réflexions musicales), mais le fond est indémodable.


Patrick Bateman fait désormais partie de la mythologie des (anti-) héros modernes juste à côté de Jack l'éventreur et d'Hannibal Lecter. C'est sa personnalité profondément troublée et effrayante qui porte le livre et en constitue l'intérêt majeur. C'est pour découvrir (et comprendre) sa véritable identité que l'on tourne les pages jusqu'à la fin sans pour autant obtenir une réponse claire et précise.


On se demande vraiment comment Ellis a imaginé ce personnage hors norme. De son aveu, il se serait inspiré de son père (Robert Martin Ellis à qui il a dédié Lunar Park d'ailleurs), ce qui est plutôt effrayant !


On peut aussi supposer qu'il a étudié et fait de nombreuses recherches sur les serial-killers que cite d'ailleurs souvent Bateman comme cette allusion à Ed Gain, tueur en série des années 50 qui disait en substance : "Quand je vois une jolie fille passer dans la rue, je pense à deux choses. Une partie de moi voudrait sortir avec elle, parler avec elle, être vraiment gentil, tendre, correct... et l'autre partie voudrait voir de quoi sa tête aurait l'air au bout d'une pique."


Ce qui est intéressant également dans le style de l'écrivain, c'est sa manière de ne jamais vraiment juger les personnages sans leur chercher ni excuses ni chefs d'accusation. Certains critiques ont estimé que Bateman était seulement le fruit de la société américaine et de sa vacuité.


Le génie littéraire d'Ellis s'exprime avec flamboyance, tout au long du livre. Tous ces dialogues, véritable marque de fabrique de l'auteur, qui ne cesseront de se dérouler et se croiser au fil des pages nous en apprendront plus que n'importe quel descriptif de personnage. Nous sommes ici en pleine application virtuose de cette fameuse règle des ateliers de "creative writing" américains : "Show, don't tell". Tout simplement captivant et passionnant ! 

Recettes Ados-Tarte au chèvre frais

    


Tarte au chèvre frais

Préparation : 10 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes
1 pâte brisée prête à l’emploi
200 g de fromage de chèvre frais
2 œufs
10 cl de crème fraîche
Menthe fraîche
Poivre
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Dans un saladier, écrasez le fromage de chèvre à la fourchette, ajoutez les œufs entiers et la crème fraîche. Poivrez (ne salez pas, le fromage l’est suffisamment), et mélangez le tout.
3. Déroulez la pâte dans le moule avec le papier de cuisson. Piquez-la à l’aide d’une fourchette. Versez la préparation dessus. Passez la menthe sous un filet d’eau. Ciselez-la et parsemez-en sur la tarte (la valeur d’une cuillerée à soupe).
4. Enfournez pendant 30 minutes. La tarte est bien cuite quand elle est bien dorée.

Info santé :
Le fromage de chèvre, comme les fromages de lait de vache, contient du calcium et des protéines de bonne qualité nutritionnelle. Consommé frais, il est peu calorique et sa saveur douce est appréciée des ados.

Recettes Ados-Salade de pâtes

   


Salade de pâtes

Préparation : 15 mn
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes
200 g de pâtes penne de couleur
2 tranches de jambon de poulet
1 grosse tomate
½ bulbe de fenouil
1 petite boîte de thon à l’huile d’olive
Basilic
Sel et poivre
Pour la vinaigrette 
1 cuillerée à café de moutarde
1 cuillerée à soupe de vinaigre de vin
2 cuillerées à soupe d’huile
Sel et poivre
1. Cuisez les pâtes dans un grand volume d’eau, en suivant le temps indiqué sur le paquet. Égouttez-les, puis refroidissez-les sous l’eau froide.
2. Lavez, essuyez la tomate et coupez-la en dés. Lavez et coupez le fenouil en fines lamelles.
3. Dans un saladier, versez les pâtes, les tomates, le fenouil, émiettez le thon, salez et poivrez.
4. Dans un bol, mélangez la moutarde, l’huile, le vinaigre, salez et poivrez.
5. Versez la vinaigrette sur la salade et mélangez le tout. Parsemez de basilic ciselé.

Info santé :
L’huile d’olive est intéressante pour sa richesse en acides gras mono-insaturés, bénéfiques à la santé du cœur et des vaisseaux. Mais l’idéal est varier les huiles : pépin de raisin, maïs, tournesol, colza, noix… Pour le goût et pour la santé !

Recettes Ados-Tartelettes courgette et mozzarella

    


Tartelettes courgette et mozzarella

Préparation : 15 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 4 personnes
1 pâte brisée prête à l’emploi
3 petites courgettes
1 paquet de mozzarella
1 échalote
10 tomates cerises
Huile d’olive
Sel et poivre
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Étalez la pâte et découpez 4 ronds à la dimension des moules à tartelette. Badigeonnez les moules d’huile d’olive. Déposez la pâte dans les moules. Piquez-la et déposez une feuille de papier sulfurisé avec des haricots secs. Enfournez 15 minutes.
3. Pendant ce temps, pelez et émincez l’échalote. Lavez les courgettes et les tomates cerises. Coupez les courgettes en lamelles à l’aide d’un couteau économe.
4. Chauffez l’huile d’olive dans une poêle, puis faites revenir légumes pendant 10 minutes. Salez et poivrez.
5. Versez sur les fonds de tarte. Émiettez une partie de la mozzarella sur les légumes. Cuisez 5 minutes position grill. Servez dès que le fromage est doré.

Info santé :
La courgette présente l’avantage d’avoir une saveur douce et une texture agréable (non filandreuses). Peu calorique, elle contribue à la couverture des besoins en fibres et en minéraux de l’organisme.

Infos santé : Sport et Santé-Pubalgie et douleurs des adducteurs

 


Pubalgie et douleurs des adducteurs

Vous avez mal entre les cuisses ou en bas du ventre : c’est peut-être une pubalgie ! Les frappes et les appuis au foot favorisent cette lésion. Les kilomètres de course aussi. Voici les explications pour mieux comprendre, soigner et éviter cette blessure !

Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

Le mot pubalgie signifie “douleur du pubis”. Le pubis est la petite articulation située quelques centimètres sous le nombril. Elle réalise la jonction à l’avant des deux os du bassin. A ce niveau s’accrochent les muscles adducteurs qui partent vers le bas. Sur la portion haute du pubis, ce sont les abdominaux qui s’insèrent. Ces derniers entourent tout l’abdomen. En jouant au foot, vous sollicitez particulièrement  vos adducteurs. Ils se contractent et se raccourcissent pour tirer de l’intérieur du pied. Ils travaillent aussi inlassablement lors de la conduite de balle pour ramener le ballon dans l’axe de la course. Les adducteurs du footballeur sont puissants et raides ! De l’autre côté du pubis, les abdominaux agissent plus discrètement : ils stabilisent le bassin. Ils permettent aux muscles de la cuisse de s’amarrer solidement avant d’entrer en action. L’équilibre est subtil et fragile. Si les adducteurs tractent trop fortement sur le bassin, la petite corde qui les relie à l’os se met à souffrir et c’est la “tendinite”. Si ces muscles se contractent trop violemment, ils risquent de se “claquer”. Ils peuvent aussi cisailler l’articulation du pubis. Parfois, en tentant de résister, les abdominaux se déchirent. Vous comprenez pourquoi, la pubalgie est une blessure complexe associant des lésions des adducteurs et des abdominaux ainsi qu’une souffrance de l’articulation du pubis.


 Illustration : Mathieu PINET

  • Comment reconnaître la pubalgie ?
Vous êtes plus sensible à la pubalgie si vous avez de grosses cuisses, le dos cambré et les abdominaux relâchés. Dans  ces conditions le tube digestif pèse sur la paroi du ventre et sur l’avant du bassin. De plus, les puissants muscles de vos jambes tirent sur le pubis.  Vous souffrez entre les cuisses ou en bas de l’abdomen après l’entraînement. Rapidement, vous avez mal pendant l’activité lors des changements de direction ou des tirs. Parfois, vous êtes gênés dans la vie quotidienne, en vous retournant dans votre lit par exemple. En toussant aussi vous ressentez une douleur car la pression augmente dans votre ventre. Ce symptôme caractérise une blessure des abdominaux, toujours plus difficile à guérir que la simple tendinite des adducteurs.

DES DOULEURS A LA TOUX CARACTÉRISENT UNE LÉSION DES ABDOMINAUX PLUS DIFFICILE A GUÉRIR QU’UNE TENDINITE DES ADDUCTEURS

Votre médecin du sport retrouve une souffrance des adducteurs et des abdominaux au cours des tests de contractions ou d’étirements. Comme l’articulation du pubis, ils sont sensibles lorsqu’on appui dessus. Parfois la paroi du ventre est suffisamment lâche et déchirée pour que le sac contenant le tube digestif descende vers le testicule : c’est la hernie inguinale.

  • Faut-il faire des examens ?
Les radios sont parfois utiles pour bien observer les os du bassin. Elles permettent d’éviter la confusion entre une pubalgie et une usure de la hanche. Souvent, elles mettent en évidence des lésions du pubis. De chaque côté de cette articulation, l’os est grignoté, rongé, percé de petits trous comme du gruyère. Quelques fois, il réagit en construisant de grosses pointes osseuses, comme des becs de perroquets. L’échographie voit bien les tissus mous, comme les muscles, les tendons ou les bébés dans le ventre de la maman. Ainsi, cette exploration peut aider à visualiser d’éventuelles tendinites ou claquages des adducteurs. Elle permet aussi de mettre en évidence, une déchirure de la portion basse de la paroi abdominale. En vous demandant de tousser, l’échographiste voit parfois la hernie inguinale sortir à travers l’orifice dilacéré et élargi. L’IRM montre parfois un œdème sur le côté du pubis caractéristique d’une inflammation osseuse. Cette souffrance apparaît avant que le «grignotage» ne soit visible sur la radio.

  • Comment soigner une pubalgie ?
Exception qui confirme la règle : le repos complet est parfois utile. Il peut durer quelques jours ou quelques semaines. En effet, le pubis se situe à un carrefour mécanique du corps humain et cette zone est sollicitée à la moindre activité. Seul le vélo peut être pratiqué ou repris rapidement : le bassin, en appui sur la selle, est relativement stable et la position penché en avant détend les abdominaux. En revanche le simple footing, en alternant les appuis sur les jambes droite et gauche, provoque un cisaillement du pubis et gêne la cicatrisation. D’ailleurs, les coureurs de fond accumulant les kilomètres souffrent parfois de pubalgie. Les médicaments anti-inflammatoires et décontracturants musculaires diminuent l’irritation et les tiraillements locaux, ils contribuent à votre soulagement. A l’issu de cette première phase, le kiné entre en action. La rééducation débute très doucement. Elle cherche à assouplir les adducteurs et guider leur cicatrisation. Il est également nécessaire de renforcer les abdominaux qui entourent le ventre pour mieux maintenir le bassin. Mais attention il ne faut pas aggraver les déchirures localisées à l’extrémité de ces muscles ! C’est alors que le talent et la compétence du kinésithérapeute jouent un rôle essentiel. Il connaît les exercices les mieux adaptés et il sait en doser la difficulté. Souvent, lorsque le pubis fonctionne mal l’articulation placée à l’arrière du bassin, la sacro-iliaque, souffre également. C’est à ce niveau que la colonne vertébrale prend appui. Vous comprenez pourquoi, il est parfois utile d’effectuer quelques manipulations pour que cette zone retrouve une plus grande harmonie de mouvement. Si l’articulation du pubis est très inflammée, une infiltration est possible. Lorsque les douleurs s’amenuisent, une reprise très progressive est envisageable : d’abord le jogging dans l’axe puis les déplacements latéraux. Enfin, on peut renouer avec le ballon en douceur. Conduite de balle puis passes courtes et longues et enfin frappes de plus en plus puissantes sont au programme. Lors des brusques accélérations, les abdominaux doivent se contracter puissamment pour fixer le bassin et créer un point d’appui pour les muscles des cuisses. Les sprints autrefois douloureux doivent être repris très progressivement. Si tout se passe bien, le retour à l’entraînement collectif est possible. Selon la gravité des lésions, le footballeur aura été absent des terrains de quelques jours à plusieurs mois !

  • Une intervention chirurgicale est-elle nécessaire ?
Si la douleur persiste après 3 à 6 mois d’arrêt sportif et de rééducation, il est d’usage de proposer une opération. Ce délai est parfois raccourcit chez les sportifs de haut niveau dont les échéances approchent ! L’intervention consiste le plus souvent à réparer et à renforcer la paroi du ventre. L’orifice situé sous les abdominaux est partiellement suturé et refermé. Cette technique est comparable à celle utilisée pour traiter les hernies inguinales. Selon l’ampleur des lésions et la technique utilisée, le délai d’indisponibilité oscille entre 6 semaines et 3 à 4 mois. Certains chirurgiens proposent de renforcer le pourtour du canal à l’aide d’une plaque synthétique. Selon certaines études, ce matériel perturberait parfois le passage des spermatozoïdes du testicule vers la verge. En cas de dégradation massive des adducteurs, certains chirurgiens suggèrent d’associer une détente des adducteurs. Ils les coupent, les laissent glisser et les raccrochent un peu plus bas. Cette fois, les suites sont plus longues et parfois plus difficiles.

  • Il faut surtout éviter la pubalgie !
Le traitement de cette blessure est long et pénible ! Une bonne prévention est cruciale. La programmation de l’entraînement doit être soigneuse. A l’issu de l’intersaison ou de la trêve, les reprises trop intenses remplissent les cabinets médicaux ! Tout au long de l’année une préparation physique généralisée s’impose. Elle comporte un renforcement progressif des abdominaux entourant le ventre. Les “obliques” sont essentiels pour maintenir le bassin et fournir un point d’appui aux puissants muscles des jambes. Attention, trop d “abdos” effectués en gonflant le ventre déchire la paroi et provoque des pubalgies. Bien sûr il faut assouplir les adducteurs et tous les autres muscles des cuisses. Moins raides, ils tirent moins sur le bassin et réduisent les cisaillements au niveau du pubis. Au début de chaque entraînement, un échauffement progressif et prolongé est impératif. Il inclut systématiquement des étirements dynamiques de type balanciers, des déplacements latéraux et un travail avec ballon d’intensité croissante. C’est ainsi que vous éviterez cette blessure qui peut gâcher toute une saison ou sonner le glas d’une carrière !

  • Les coureurs aussi souffrent de pubalgie
L’alternance d’appui sur la jambe droite puis sur la jambe gauche cisaille le pubis. La stabilisation du bassin impose une contraction permanente des abdominaux. L’agressivité du geste se conçoit aussi en regardant le sportif de profil. La jambe avant et arrière tire le pubis en sens opposé. En courant les adducteurs ont un mouvement de balancier centré sur le bassin. Quand la cuisse est en arrière, il la ramène vers l’avant et inversement. Si vous courez beaucoup, une préparation physique est nécessaire. Pour renforcer intelligemment votre ventre, optez pour un gainage traditionnel, référez-vous aux «exercices d’abdominaux en hypopression» décrit dans l’ouvrage de Bernadette DE GASQUET «Abdominaux, arrêtez le massacre ». A distance des séances difficiles, idéalement après les footings de «récupération active», faites des assouplissements. Grâce à des postures prolongées, étirez vos adducteurs mais aussi les muscles situés en arrière et en avant de la cuisse, les ischiojambiers, le quadriceps et le psoas.

  • Les bons abdos contre la pubalgie du footeux
La pubalgie du sportif est à l’homme ce que l’incontinence urinaire d’effort est à la femme : une conséquence de l’hyperpression abdominale. Inspirons-nous de l’ouvrage de Bernadette DE GASQUET, «Abdominaux, arrêtez le massacre», pour concevoir de bons exercices en hypopression. Sollicitant des chaînes musculaires spécifiques du football, ils renforcent les abdominaux sans les déchirer. Ils stabilisent le bassin pour éviter un cisaillement du pubis et favoriser un ancrage solide aux muscles des cuisses. Ainsi, vous réduisez le risque de pubalgie et vous améliorez votre geste technique.
Tous ces mouvements sont réalisés en soufflant afin de remonter le diaphragme, le muscle séparant le ventre du thorax. Ainsi, vous « faites de la place » dans l’abdomen et vous réduisez la pression. Commencez toujours par rentrer le bas du ventre, sous le nombril, pour protéger la partie inférieure de la paroi abdominale. Pensez à vous grandir, à éloigner les pieds de la tête.

  • Exercice 1 : La passe
Allongé sur le dos, ouvrez le genou droit. Décollez légèrement le talon gauche puis le droit. Ecrasez le coude droit sur le sol, montez le gauche. Soulevez un tout petit peu la tête en regardant dans la direction de la passe. Faites 10 à 15 mouvements en soufflant. Changez de côté.


 Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 2 : Le sprint
Allongé sur le bord du lit. Genou droit fléchi, Talon gauche au sol. Soulevez le très légèrement. Ecrasez le coude droit sur le lit, montez le gauche. Soulevez un tout petit peu la tête en regardant vers le haut. Faites 10 à 15 mouvements en soufflant. Changez de côté.


 Illustration : Mathieu PINET

  • Exercice 3 : L’appui
Allongé sur le côté droit, bassin au bord de votre lit. Montez les jambes légèrement écartées à l’horizontale. Ecrasez le coude droit sur le matelas, montez le gauche. Soulevez un tout petit peu la tête en regardant vers la gauche. Faites 10 à 15 mouvements en soufflant. Changez de côté.


 Illustration : Mathieu PINET






Source SantéSportMag

Infos santé : Sport et Santé-Pilates

    


Pilates

Le Pilates, prononcez « Pilatis » à l’américaine pour faire chic, est sûrement la gym la plus pratiquée dans le monde aujourd’hui. La vie étonnante de son fondateur lui a permis de concevoir cette activité singulière. Enfin un concept associant sérieusement santé, forme et beauté.

 Par Jocelyne Rolland, masseur kinésithérapeute, rééducateur de beauté

Fondateur de la gymnastique du même nom, Joseph Pilâtes est né en 1880 à Düsseldorf en Allemagne ; chétif, malingre, atteint de rhumatisme articulaire aigu il  grandit en rêvant à la Grèce antique et à ses gymnastes. A force de courage, de détermination et de créativité, il développe sa musculature en même temps qu’une technique de gymnastique du corps et de l’esprit.

  • Une gym pour rebondir en beauté
Malgré ses handicaps, grâce à son entraînement, Joseph Pilâtes devient acrobate. Il s’embarque pour l’Angleterre comme artiste de cirque alors que la première guerre mondiale éclate. Retenu et interné sur l’ile de Man, il met à profit cette période sombre pour améliorer ses procédures de musculation et assouplissement qu’il destine à ses compagnons d’infortune parfois en bien mauvaise santé. A l’aide d’élastiques, de ressorts, de plateaux coulissants, de poulies il bricole ce qui allait devenir  quelques années plus tard le « Reformer », appareil d’auto résistance typique de l’ingéniosité de Joseph Pilâtes. Gymnastique ou rééducation, concept destiné à la forme ou à la santé,  déjà à cette période on peut se poser la question de l’orientation de cette gym qui en est encore à ses prémices. A la fin de la guerre, Joseph alors âgé de 33 ans décide, après un bref retour en Allemagne,  de s’expatrier aux USA, destination New York. Il y arrive en 1923 et en 1926 il ouvre son premier studio : sa gym devient « Contrology » et ses adeptes, les danseurs des plus grandes compagnies. Ceux-ci trouvent dans ses entrainements à la fois la force, la souplesse, le maintien et l’endurance qui sont nécessaires pour la pratique de leur art. Martha Graham, Georges Balanchine seront les plus célèbres des premiers passionnés ; le studio de Joseph Pilâtes ne désemplit pas mais sa technique reste réservée à une élite déjà très entraînée. Grâce à cette expérience artistique, la beauté du geste et des postures s’intègre plus encore au concept de Joseph Pilâtes. L’esthétique sera désormais un paramètre incontournable de sa méthode ! Hollywood et ses stars dans les années 50/60 s’intéressent à cette méthode qui continue de se développer grâce à l’épouse de Joseph, Clara, et à ses élèves qui deviennent eux-mêmes des instructeurs. Lorsque Joseph meurt en 1967, sa méthode devient le « Pilates » ; la démocratisation est en marche. Les danseurs ne sont plus les seuls à avoir accès à cette gymnastique qui en 1990 envahit le paysage du fitness américain. Ce n’est que vers la fin des années 90 que le Pilates arrive en France et qu’il commence à intéresser les salles de remise en forme et les kinésithérapeutes.


  • Une gym parmi tant d’autres ?
A l’heure de la remise à la mode de la gymnastique suédoise et après la folie « aérobic », pourquoi la gym Pilates pourrait-elle intéresser la sportive soucieuse de sa santé et de sa beauté ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de regarder de plus près de quoi cette gym est faite et en particulier quels en sont les principes. Véritable gymnastique du corps et de l’esprit, le Pilates vise à ramener ou maintenir le corps dans un alignement idéal appelé “position neutre”. A partir de cette position tous les exercices cherchent à renforcer les muscles du “centre du corps”, les anglophones diront “core” (le centre de la terre) ou “power house” (la centrale électrique).  Les muscles du « centre du corps » se contractent pour créer un point fixe. Ils se renforcent en se contractant sans mouvement, on dit en « isométrie ». Ainsi, ils assurent la stabilité du «  noyau de notre squelette ». Ils permettent un positionnement précis ou un mouvement des membres mieux coordonné et plus beau ! Le contrôle est omniprésent, souvenez-vous, le nom initial de la méthode Pilates était « Contrology ». En phase d’initiation, il est assuré par les conseils et remarques du professionnel. Peu à peu, la sportive est rendue de  plus en plus autonome grâce à  la répétition des exercices. Cette concentration permet de faire le vide pendant les séances ; l’esprit se libère pour ne plus faire qu’un avec le corps qui se transforme peu à peu. Cette transformation est d’autant plus rapide que l’individu s’approprie cette nouvelle conscience du positionnement adéquat de son corps, renforçant ainsi au quotidien sa musculature, cercle vertueux pour plus de facilité et d’aisance dans le contrôle. Ainsi, la gym Pilates constitue également une activité complémentaire bénéfique pour les sportives assidues. Comme chez les danseurs, elle peut s’intégrer à une préparation physique bien conçue. La stabilité et le contrôle du « centre du corps » est à la base de tout geste technique de qualité, beau et rentable. C’est vrai notamment dans les disciplines de course ou de lancer : golf, tir à l’arc, volley, etc. La maitrise de la position du bassin est essentielle en équitation ou dans les sports de combats. En natation, ce gainage du tronc favorise la rectitude du corps et la glisse. Dans la majorité des disciplines, les femmes malmènent leur périnée et risquent l’incontinence urinaire d’effort. La gym Pilates est vivement conseillée car elle apprend à réduire les pressions dans l’abdomen et tonifie le plancher pelvien.

  • Huit Principes à la base de cet équilibre !
Huit principes fondamentaux constituent la base de l’édifice corporel. Ils se retrouvent dans tous les cours Pilâtes à travers le monde :
  1. Centrage : «  L’engagement du centre du corps » est fondamental et présent dans chaque exercice. Pour Pilates le « centre du corps » est matérialisé par en bas le plancher du périnée, en avant le cylindre formé par les abdominaux, en arrière les muscles longeant la colonne vertébrale. «Engagement» signifie ici, contrôle et contraction. La gym Pilates n’augmente pas la pression dans l’abdomen et n’accroît pas le risque de perte d’urine. Elle permet un verrouillage de la colonne dans une posture légèrement cambrée correspondant bien à la position naturelle.
  2. Concentration : tous les fans de Pilates vous le diront ; une séance demande une telle concentration et une telle focalisation sur ses corrections que le monde s’arrête soudain de tourner. Faire le vide amène un bien-être immédiat et cela est nécessaire pour se concentrer de mieux en mieux sur le placement du corps et sur les exercices.
  3. Respiration : En Pilates on « respire les exercices ». Entendez que chacun rythme ses exercices en fonction de sa propre respiration principalement costale. Le ventre étant maintenu, engagé, la respiration dite latérale thoracique permettra de faire jouer la mécanique costale et d’améliorer l’automatisation du maintien et du contrôle du corps. Fini les gros ventres qui se gonflent et se distendent désespérément lors de l’inspiration. En Pilâtes, la mécanique respiratoire naturelle est privilégiée.
  4. Isolation : A l’origine, Pilates s’adressait aux danseurs, ne l’oublions jamais. Dans chaque exercice, il est essentiel d’isoler le mouvement de telle ou telle partie du corps et d’associer la stabilisation des autres zones. Si vous ajoutez à cela une certaine forme d’élégance vous aurez tous les ingrédients d’un «joli» geste à la Pilates.
  5. Précision : Réaliser les exercices en exacte conformité avec les instructions est capitale ; cela demande une concentration sur tous les détails décrivant la consigne, de la position précise de départ, à la position non moins précise d’arrivée. Pour ce faire, tous les gestes sont répertorié et ont un nom : hundred, shoulder bridge, ou si vous préférez en français : les centaines, le pont épaulé. Quand on rentre en Pilates, on perpétue la tradition verbale de ce visionnaire !
  6. Maîtrise : La réunion des principes qui viennent d’être développés, vous l’avez deviné, conduit à la réalisation d’un geste extrêmement précis, contrôlé, éliminant toute activité parasite, compensation ou tricherie. Cela justifie la présence d’un instructeur aguerri aux mouvements du corps, physiologiques et pathologiques, avec un groupe restreint de personnes.
  7. Fluidité : Éviter les à-coups, donner le sentiment d’une grande légèreté, voire d’une certaine facilité, effectuer les mouvements en continu sans début ni fin, tels sont les ingrédients des exercices à la « Pilates » pour accroître flexibilité et maîtrise du corps avec en prime grâce et félinité !
  8. Fréquence : il s’agit ici en fait de répétition et de régularité; répétition des séries d’exercices, régularité des séances de Pilates. Lorsqu’on entame un entraînement de ce type, comme tout sportif,  on voit apparaître les progrès et la performance en rapport avec l’assiduité dans son travail. Avec Pilates, peu à peu, tous les gestes de la vie quotidienne sont emprunts de cette nouvelle maîtrise, de cette nouvelle élégance ; les bénéfices se font sentir encore plus rapidement qu’avec une méthode ne demandant pas autant d’investissement personnel. Fini les positions asthéniques, les effondrements lombaires, les épaules hautes et spasmées, les périnées inconnus et oubliés. Pilates disait à ses élèves : « en 10 séances, vous sentirez la différence ; en 20 vous la verrez ; en 30 vous aurez un corps tout neuf ! ».

  • Le Pilâtes, une affaire de kinésithérapeute ?
Comme vous le constatez, encadrer la réalisation d’exercices Pilates impose une parfaite connaissance des articulations et de leur fonctionnement. Il est également impératif d’avoir été formé aux conséquences de leur usure, de leur blessure et de leurs maladies. Il est indispensable que votre enseignant soit un professionnel de l’appareil locomoteur. Le kinésithérapeute reste l’expert idéal.
« Face to face » En plus de la rééducation traditionnelle pour blessure ou douleur articulaire, de plus en plus de kinésithérapeutes peuvent vous proposer des séances individuelles de remise en forme ou de Pilates. Il vous offre un service personnalisé traquant vos moindres déficits, vos plus discrètes raideurs ; la gym Pilates est un vrai concept ayant fait la preuve de sa rapide efficacité grâce à un travail de stabilisation orienté vers la musculature profonde et périphérique.
« Classe de Pilâtes » S’il bénéficie d’une petite salle, votre kinésithérapeute dispense peut-être des séances collectives. En groupe, en partageant  efforts physiques et concentration, il est possible que vous soyez plus motivée. Au fil des exercices, la séance devient école du dos, école du périnée, école du ventre. A force d’entraînement, la gym Pilates améliore votre maintien, enjolive votre posture. Elle assure plus de fluidité et de beauté à vos mouvements. Elle permet  souvent la disparition des petites douleurs de la colonne et des articulations. Elle favorise un meilleur contrôle des sphincters et peut réduire les pertes d’urines. La magie du Pilates réside dans la diversité des gains obtenus dans la réalisation des mouvements et aussi dans la vie quotidienne.


  • Du matériel simple …. ou sophistiqué !
Matwork, ballons et rouleaux. En anglais, mat signifie « petit tapis ». De la taille d’un lit, il est à la base de la pratique facile d’accès. On peut y ajouter des petits ballons, des gros ballons, des cercles élastiques, des rouleaux en polystyrène sur lesquels il faudra tenter de s’allonger. Tous ces petits accessoires permettent de varier les exercices et de les rendre plus ou moins difficiles. Plus de 500 exercices constituent une formidable banque de données dans laquelle votre encadrant vient puiser pour individualiser votre entraînement. Pilates se pratique avec tous, avec des femmes enceintes comme avec des seniors et d’un âge avancé.
Viens dans ma Cadillac !  Certains enseignants sont équipés des fameux Reformer ou Cadillac afin de  perpétuer la tradition Pilates ; l’encombrement des appareils fait qu’une même salle dispose en général de peu d’appareils ; de ce fait les cours sont réalisés en solo ou en très petits groupes, sous le contrôle vigilant de l’’instructeur. La résistance induite par ces outils est cependant idéale pour muscler et assouplir le corps ; c’est le nec plus ultra en matière de gym Pilâtes. A essayer au moins une fois ! Ces matériels ressemblent à ceux utilisés par certains kinésithérapeutes pour mobiliser les scolioses et réaliser des  tractions vertébrales.
Entre les deux… Entre gros matériel imposant et petits accessoires, il existe ce que l’on appelle en Pilates le « petit matériel » : arc barrel, exo chair etc.… autant de noms bizarres pour ces équipements très astucieux, peu encombrants apportant aux pratiquants expérimentés une diversité infinie d’exercices !


Source SantéSportMag   

Infos santé : Sport et Santé-Ischiojambiers des danseuses

 


Ischiojambiers des danseuses

Vous faites de la danse et vous avez mal juste sous la fesse ? Cette douleur sourde peut avoir plusieurs origines : tendinite, séquelle de lésion musculaire ou fracture de fatigue.  Les traitements sont très différents. Un avis médical et des explications s’imposent.

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

Lors de l’élévation jambe tendue, vos muscles situés à l’arrière des cuisses tirent fortement sur leur point d’accrochage au niveau du bassin.
En regard du pli fessier, on trouve l’extrémité inférieure de l’os du bassin. Ce pont osseux porte le nom d’ischion. À cet endroit, s’accrochent les muscles situés à l’arrière de la cuisse, les ischiojambiers. Ces derniers sont mis en tension, lorsque vous levez le membre inférieur en conservant le genou tendu. Voilà qui ressemble à un mouvement de base de danse ! Du coup, vous souffrez à tous les cours. Mais ce n’est pas tout ! Dans la vie quotidienne, vous voilà désormais incapable de rester assise tranquillement. L’appui prolongé sur vos ischions est très désagréable et vous vous dandinez en permanence, à table et surtout en voiture !


  • Tendinite ou claquage ?
À force de tirailler sur ces tissus, ils finissent par se déchiqueter. Il peut s’agir soit de la portion haute du muscle, soit du tendon, la cordelette qui relie ce dernier à l’os. Dans le premier cas, c’est souvent la séquelle d’une petite élongation passée inaperçue « à chaud » pendant la séance. Dans le second, ce sont des microdéchirures progressives au sein des filaments tendineux. Quoi qu’il en soit, vous souffrez désormais à cause d’une cicatrice anarchique et fragile. Les fibres sont enchevêtrées, elles ne sont pas orientées dans l’axe des contraintes mécaniques. Lors d’une traction un peu énergique, le magma fibreux se déchire à la manière d’une gerçure hivernale. Le concept thérapeutique passe par la « mécanisation » de la cicatrice. Il faut assouplir et guider le tissu sans provoquer de récidive.

  • « Mécaniser » pour soulager
La technique de référence pour casser cet amoncellement inefficace de fibres, est le « massage transverse profond » ou « MTP ». Après mise en tension du muscle et du tendon, votre kinésithérapeute frotte avec son doigt vigoureusement et perpendiculairement. Ça fait mal, mais c’est efficace ! Désormais, une machine réalise des « super MTP », on parle « d’ondes  de choc ». Un pistolet équipé d’un percuteur vient frapper 30 à 50 fois par seconde la structure à assouplir. Ce qui fait super mal mais est efficace ! Pour réorienter les fibres dans l’axe des contraintes, il est nécessaire de faire des étirements. Attention, pour éviter la récidive, tout est question de progressivité ! Le mouvement aussi doit être lent. Un geste rapide de type « sportif », brise les filaments encore emmêlés. Un exercice effectué doucement assure une mise en précontrainte des tissus et favorise l’alignement des fibres. La pratique progressive de la danse et notamment le travail à la barre sont rapidement possibles. Des contraintes bien dosées ne sont pas nuisibles. Bien au contraire, elles participent au traitement. Plus rarement, l’inflammation s’est emballée au sein de la cicatrice et la stimulation de la « mécanisation » se montre inefficace voire délétère. Dans ces conditions, une infiltration se montre souvent très efficace. Elle est effectuée à l’endroit précis, sous contrôle radiologique, car le nerf sciatique n’est pas loin ! Elle apaise les processus d’autodestruction tissulaire. Une quinzaine de jours plus tard, la rééducation modelant en douceur, la réparation peut repartir sur des bases saines !

  • Et si c’était une fracture de fatigue !
Avant d’attaquer avec les MTP, les ondes de choc et les étirements, il est vivement recommandé d’éliminer une fracture de fatigue du bassin. En effet, l’os de l’ischion est particulièrement sollicité chez la danseuse. Bien sûr, il encaisse les tractions des ischiojambiers mais il subit aussi les sauts et les appuis. À chaque petit traumatisme, il se produit une fissure osseuse microscopique. Si la durée de repos est insuffisante, si les conditions de récupération sont inadaptées, si les sollicitations mécaniques sont trop intenses, les fissures se rejoignent et constituent une vraie fracture ! Cette fois, le traitement n’est pas du tout comparable à celui d’une tendinite ou d’une séquelle d’élongation. L’os est un tissu rigide, la « mécanisation » n’est pas une stratégie adaptée. Un peu d’immobilité locale est vivement conseillée.

  • Repos osseux et récupération générale !
Il faut respecter la « règle de la non douleur ». Continuez les activités qui ne vous font pas souffrir : renforcement musculaire léger des membres supérieurs, abdominaux, gainage, natation avec pull-boy. Le temps de consolidation osseuse est de 3 mois ! Seules les 3 dernières semaines autorisent un retour très progressif à la danse. Peu à peu, les élévations jambes tendues sont réintroduites prudemment. Avec l’aide de votre médecin, cette période est l’occasion de faire une prise de sang et un bilan diététique. Vous n’êtes pas sans savoir que vos os de danseuse sont souvent anormalement fragiles. Vous manquez fréquemment d’hormones sexuelles et de nutriments pour stimuler la construction de votre squelette. L’extrême minceur imposée et les heures d’entraînement sont à l’origine d’un stress physiologique qui bloque la fonction de reproduction. Vos règles deviennent irrégulières ; s’espacent puis disparaissent. Vous êtes en « ménopause  précoce » et l’ostéoporose menace ! Afin de protéger les individus, l’évolution a probablement bloqué la possibilité de procréer en cas de grande migration provoquant une dépense énergétique majeure dans un contexte de disette. Des études récentes montrent tout simplement que les cycles féminins s’altèrent dès que l’apport en calories devient inférieur à la dépense énergétique. En pratique, votre médecin du sport mettra probablement en évidence des carences, notamment en vitamine D. Et les corrigera ! Il vous invitera à manger de façon plus équilibrée… et plus copieuse. Il vous adressera peut-être à un gynécologue en cas de dérèglement de votre fonction ovarienne ! Tout cela pour soigner votre fracture de fatigue… mais aussi pour prendre en charge bien des dérèglements biologiques dont votre blessure n’aura été que le révélateur. Finalement, cette lésion vous aura été bien utile !
 
  • L’IRM est l’examen le plus efficace !
Pour assurer le diagnostic de cette douleur de fesses en faisant la différence entre tendinite, séquelle d’élongation et fracture de fatigue, l’IRM est l’examen le plus efficace. Plusieurs raisons justifient ce constat. Il faut observer des structures osseuses, musculaires et tendineuses. La radiographie est conçue pour étudier les os et l’échographie les tissus mous. L’IRM permet de grouper l’analyse. Même pour rechercher une fracture de fatigue, la radio est insuffisante. En effet, au début, la fissure est si petite qu’elle est invisible. Il faudrait attendre la constitution d’un cal volumineux, des semaines plus tard, pour faire le diagnostic a posteriori. En revanche, à l’IRM, on constate très précocement l’apparition d’une grande quantité d’os dans l’ischion. Ce volumineux  « œdème intra osseux » signe une authentique fracture ! L’échographie ne convient pas non plus pour analyser les muscles et les tendons du bassin. En effet, ces structures sont si profondes que les ultrasons utilisés par cet appareil ne les atteignent que très difficilement. En revanche, le comportement magnétique de ces tissus et enregistré par l’IRM reste inchangé.

  • Attention aux étirements !
Lorsque vous présentez cette douleur, vous êtes nombreuses à insister sur les étirements. Vous avez l’impression qu’ils vous soulagent ! C’est vrai… en partie ! En effet, votre cicatrice ou votre lésion osseuse est entourée d’une contracture. Elle se veut protectrice mais elle est surtout douloureuse ! Grâce au stretching, elle cède. Le muscle se relâche, reçoit du sang et souffre moins. Malheureusement, le plus souvent, votre comportement aggrave votre blessure. Vous allez trop loin ! Vous tiraillez, vous irritez vraiment la cicatrice qui n’est plus protégée par la contracture. La rééducation est plus douce et plus progressive ! Les étirements sont habituellement bénéfiques car ils sont à l’origine d’une sollicitation tissulaire source d’adaptation. En cas d’excès, cette sollicitation tourne à l’agression et provoque des lésions !

  • La Zumba® est devenue un des sports à la mode en France.
La Zumba® est un programme d’aérobie où les mouvements de fitness sont remplacés par des chorégraphies rythmées par de la musique latine, orientale, brésilienne… comme de la salsa, de la samba, du flamenco mais aussi du hip-hop ou du reggaetone. Pour Dora De Paula, la Zumba® n’est ni un cours de gymnastique ni un entraînement de fitness mais un genre de réunion pour faire la fête, se défouler, crier et se muscler. La Zumba® est un très bon moyen de perdre du poids. Elle permet de travailler le cardio, de muscler les jambes, les fessiers ainsi que les bras. Il s’agit d’un sport très rythmé et physique dans lequel il est important « de respecter les étapes d’échauffement et d’étirements pour pouvoir intensifier la pratique au cours de la séance. L’équipement est sommaire mais important : une bonne paire de chaussures, une tenue légère et une bouteille d’eau pour s’hydrater régulièrement ». Les différentes déclinaisons de la Zumba® permettent à tout le monde de pouvoir la pratiquer. La Zumbatomic®a été développée pour les enfants à partir de 4 ans. La Zumba Gold® associe mouvements et rythmes adaptés aux besoins des seniors ainsi qu’aux débutants. La Zumba Toning® est pratiquée avec des petits poids pour insister sur la musculation. Enfin, l’Aqua Zumba® est, comme son nom l’indique, pratiquée dans l’eau.


Source SantéSportMag