vendredi 21 août 2026

Billets-Vivre avec un chat

  


Vivre avec un chat

Vivre avec un chat, c’est accepter de devenir accro.
Pas un petit crush mignon. Non. Une dépendance totale. Il te regarde, tu fonds. Il te touche, tu vibres. Il ronronne, tu décèdes de bonheur. C’est de la magie noire couverte de poils doux. Ton chat, il ne marche pas dans ta vie. Il danse dedans. Comme une météorite parfumée au soleil qui te percute en plein cœur. Tu veux de l’amour pur, brut, sauvage. Le félin te l’apporte, façon shoot d’extase, silencieux mais bouillant. Tu rentres chez toi. Il ne dit rien. Il fait mieux. Il avance doucement, queue en point d’interrogation, et te colle son front contre le tien. Tu sens le monde disparaître. Deux secondes. Une pulsation. Une explosion de "je t’aime" plus forte que toutes les déclarations humaines réunies. La nuit, quand il vient se coller à toi, chaud comme une braise vivante, tu comprends que tu n’as jamais vraiment dormi avant lui. Cet instant où il blottit sa petite tête contre ton cou … c’est un orgasme émotionnel. Tu ne veux plus que ça s’arrête. Tu ne peux plus. Et parlons de charisme. Ce petit prince des ombres entre dans la pièce et bam, l’univers s’aligne pour le servir. Ton chat, c’est James Bond avec des moustaches. Le patron du sexy sans un mot. Il t’accorde une caresse du bout de la joue, tu deviens poésie. Le matin, il te réveille, pas pour manger. Pour te rappeler que tu es vivant. Parce qu’il t’a choisi. Toi. Pas un autre. Toi qui te pensais banal, tu deviens l’élu. Tu as été adopté par une merveille. C’est un privilège cosmique. Tu veux travailler. Lui veut de l’amour. Il s’allonge sur ton clavier. Ton cœur choisit. Le travail attendra. Il te montre l’essentiel : vivre. Ressentir. Aimer. Maintenant. Les gens qui disent "ce n’est qu’un chat" n’ont jamais senti un félin poser sa patte sur leur sternum comme pour recoller chaque pièce de leur âme. Ils n’ont jamais entendu ce ronron qui dit "je suis là, tu n’es plus seul". Avec un chat, tu n’es jamais seul. Même dans ta tête. Ta maison devient un temple. Ton canapé un autel. Tes pulls une offrande de poils sacrés. Tu payes en nourriture, en bisous, en places de lit. Et tu dis merci. Heureux. Soumis. Amoureux. Vivre avec un chat, c’est découvrir que le bonheur tient dans quelques grammes de fourrure et un cœur qui bat contre le tien. Tu veux de l’amour vrai. Il t’attend au coin du canapé. Et quand son regard se plante dans le tien, tu te dis la seule vérité qui vaille : je n’ai jamais rien voulu autant que ce chat dans ma vie. ❤️ Et pourtant un jour … ils partent. Il n’y a pas de préparation à ça. Aucun humain n’est prêt à voir s’éteindre son petit soleil. Ce jour où tu prends ton chat dans tes bras pour l’emmener chez le vétérinaire … et que chaque pas pèse une tonne ...Tu sens qu’il se bat encore un peu, pour toi, pour une dernière caresse. Tu tentes de rire, tu racontes n’importe quoi pour cacher la noyade dans tes yeux, tu le couvres de bisous comme si ton amour pouvait le ramener. Puis il te regarde ... Son dernier grand regard de lion doux. Celui qui dit "merci, c’était beau". Tu serres sa patte. Tu espères un miracle. Tu refuses d’être fort. Et quand son petit corps s’immobilise, tu te brises. Complètement. Tu rentres chez toi avec un vide bruyant qui miaule dans tous les coins de la maison. Tu trouves des poils sur une chaise et tu t’effondres. Une gamelle dans la cuisine te transperce. Le silence devient une torture. Tu dors mal. Tu vis mal. Tu te dis "plus jamais, ça fait trop mal". Plus jamais ... Puis … Une semaine plus tard. Carrefour. Un parking moche, gris, avec des caddies bloqués en grève. Et là… une petite flamme rousse qui trottine vers toi. Frêle, culottée, l’œil brillant du voyou amoureux. Il se frotte à ta jambe comme si tu étais son destin depuis toujours. Il lâche un petit "mrrrrrrp" qui t’arrache un sourire que tu pensais mort. Tu veux être raisonnable, tu dis "non". Il dit "miaou". Tu dis "je ne peux pas". Il grimpe sur ta chaussure. Tu craques. Les chats gagnent toujours. Tu le mets dans ta voiture. Il s’installe. Titularisé chef de ta vie en trois secondes. Tu comprends que tu ne l’as pas choisi. C’est lui qui a décidé de passer les 10 ou 20 prochaines années à réparer ton cœur. Tu pensais ne plus jamais aimer aussi fort. Tu te trompais. Les chats ne remplacent jamais ceux qui partent. Ils écrivent juste un nouveau chapitre. Ils recousent une cicatrice avec des ronrons. Ils rouvrent la fenêtre sur le soleil. Alors oui. Vivre avec un chat, c’est aimer profondément. Et perdre parfois l'être tant aimé. Puis aimer encore, encore plus fort. Parce que ces petites âmes qui ressemblent à des croissants chauds ont un don : elles transforment la douleur en tendresse. Un jour ils arrivent dans ta vie comme un coup de foudre. Un jour ils partent comme des anges. Et entre les deux … ils font de toi un être humain meilleur. Mon cœur s’est brisé. Il s’est reconstruit. Il bat à nouveau. Sous surveillance rapprochée d’un petit voyou orange qui griffe mon canapé et ma solitude. Et je me dis chaque matin : j’ai vraiment de la chance d’avoir été choisi. ❤️ À vous tous qui avez connu ça, je vous aime. ❤️

Source :

🅶🅾🆁🅺

@Raclure03 



Billets-Pour un droit au blasphème !

 


Pour un droit au blasphème !

Il ne s’agit pas de faire l’éloge du blasphème, ni d’inciter au blasphème, mais bien de s’assurer que son expression est permise.
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Au lendemain de notre deuil national, il nous faut nous rassembler, nous unir, mais également nous interroger. Avons-nous toujours indéfectiblement été les partisans de la liberté d’expression face à la satire religieuse ? N’avons-nous pas failli dans notre défense des caricaturistes de Charlie Hebdo ?

Car le « délit de blasphème » existe bel et bien en droit français ! Il a été invoqué en 2013 à l’encontre… de Charlie Hebdo. Entre les survivances du vieux droit français, le nouvel attirail juridique créé depuis quarante ans, et la menace de nouvelles lois liberticides, la liberté d’expression si fortement clamée par les manifestants du 11 janvier a du souci à se faire.

Commençons par faire le ménage dans notre propre législation, en clarifiant le droit à la satire et à la critique des dogmes religieux. C’est d’autant plus nécessaire que de nombreuses voix, dont celle du Pape François, se sont élevées récemment pour demander de « ne pas insulter la foi ».

Il ne s’agit pas de faire l’éloge du blasphème, ni d’inciter au blasphème, mais bien de s’assurer que son expression est permise.

Un délit de blasphème en France ?

Abrogé dans le Code Pénal en 1791, le délit de blasphème reste en effet en vigueur en droit local alsacien, codifié à l’article 166 du Code Pénal local. Est condamné à une peine de 3 ans d’emprisonnement « celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants, ou aura publiquement outragé un des cultes chrétiens ou une communauté religieuse établie sur le territoire de la Confédération et reconnue comme corporation, ou les institutions ou cérémonies de ces cultes, ou qui, dans une église ou un autre lieu consacré à des assemblées religieuses, aura commis des actes injurieux et scandaleux ». L’article 167 réprime quant à lui la perturbation d’offices religieux.

Ainsi, assigné en justice en février 2014 pour délit de blasphème par la « Ligue de défense judiciaire des musulmans », Charlie Hebdo a dû se justifier d’avoir caricaturé le prophète Mahomet en vertu d’une disposition du droit local alsacien qui n’avait guère été utilisée que deux fois : en 1997, lorsque cinq militants d’Act Up ont été condamnés pour avoir perturbé une messe en la cathédrale de Strasbourg (condamnation confirmée en 1999 par la Cour de Cassation1), et en 1954 lorsque la Cour d’appel de Colmar a retenu « le trouble volontairement apporté au culte » contre deux personnes qui avaient harangué les fidèles à l’issue d’une messe. Si le procès n’a pas abouti, le reliquat de cette disposition est difficilement justifiable.

De manière plus insidieuse, l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 8 avril 2005 censurant une affiche publicitaire considérée comme blasphématoire a tristement fait jurisprudence. En l’espèce, l’association « Croyances et Libertés » avait assigné les créateurs de mode Marithé et François Girbaud et l’agence de pub Air Paris pour « injure visant un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée, en l’occurrence le catholicisme » en raison de « poses lascives » de la Cène de Léonard de Vinci…

On a également assisté à de multiples tentatives de réintroduction d’un véritable « délit de blasphème ». Au niveau international, d’abord : tous les ans depuis 1999, les 57 pays de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) tentent d’imposer au Conseil des droits de l’homme de l’ONU que la diffamation des religions, c’est-à-dire le blasphème dans son sens le plus large, soit considérée comme un crime. Mais aussi au niveau national, de la part de députés mal avisés. Ainsi, le 28 février 2006 était déposée une proposition de loi de Jean-Marc Roubaud visant à « interdire les propos et les actes injurieux contre toutes les religions », et le 29 mars 2006 une proposition de loi d’Éric Raoult visant à « interdire le blasphème religieux par voie de caricature ».

Il est temps de clarifier une fois pour toutes la situation juridique du blasphème.

Les limites du droit à la caricature

Il n’existe aucun droit à la caricature mais seulement un rattachement de la caricature à la liberté d’expression.

La caricature est libre conformément aux dispositions de l’article L.122-5 du Code de la propriété intellectuelle disposant que « lorsque l’œuvre a été divulguée, l’auteur ne peut interdire : […] 4º La parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre […]». La condition des « lois du genre » fait référence à la nécessité d’un « travestissement comique »: autrement dit, la caricature, si elle n’est pas comique, peut être assimilée à l’injure répréhensible. Or, les caricaturistes de Charlie Hebdo n’avaient pas toujours à cœur de susciter le rire, mais souhaitaient déclencher le débat à travers la provocation.

En reproduisant notamment la caricature de Mahomet du journal danois Jyllands-Posten en 2005 représentant le prophète coiffé d’un turban symbolisé par une bombe, Charlie Hebdo n’avait pas pour objet de faire rire mais bien de grossir le trait, d’exagérer. Il fut poursuivi (en vain) par l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) pour cette publication.

Parce que la caricature est par définition un abus, un dessin outrancier, et qu’il est par ailleurs interdit d’abuser de sa liberté d’expression, le contrôle de la caricature est inapproprié car revenant à contrôler l’« abus d’abus » ! La caricature ne devrait pas être conditionnée à l’abus : au contraire, un droit absolu à la caricature doit être octroyé pour les sujets religieux. Afin de corriger la dégringolade de la France à la 33ème place des pays protégeant la liberté de la presse selon le classement de 2014 de Reporter Sans Frontières, il nous faut mettre en place un véritable bouclier juridique garantissant une protection pour « blasphèmes ».

Cette nécessité juridique est impérieuse comme en attestent les évènements récents mais également les multiples procès du passé à l’encontre de Charlie Hebdo sur le fondement d’une supposée « incitation à la haine raciale ».

Les multiples procès pour « incitation à la haine raciale »

Charlie Hebdo a toujours été visé par les instances religieuses. La Grande Mosquée de Paris, l’Union des Organisations Islamiques de France, la Ligue Islamique Mondiale, l’Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et Chrétienne et d’autres organisations religieuses n’ont eu de cesse d’assigner Charlie Hebdo en justice, pour incitation à la haine raciale (Article 24 alinéa 6 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse) ou pour provocation à la discrimination religieuse (Article 24 alinéa 8 de la loi de 1881). Ces tentatives infructueuses de faire condamner Charlie Hebdopour ce qui relève du blasphème, invoqué indirectement sur les fondements de la haine raciale ou de la discrimination, ont trop souvent été observées avec une sympathie coupable d’une partie de la classe politique.

La caricature religieuse, quoique l’on en dise, a toujours dérangé nos dirigeants. Au lendemain des manifestations parfois violentes partout dans le monde à la suite de la publication en septembre 2005 des caricatures de Mahomet par un journal danois, et reprises par divers journaux dont Charlie Hebdo, le Président de la République Jacques Chirac n’invoquait pas la liberté d’expression mais en appelait « au plus grand esprit de responsabilité, de respect et de mesure »

Heureusement, notre jurisprudence libérale reste le garant de la liberté des caricaturistes soucieuse de protéger des auteurs ayant « une volonté délibérée de forcer le trait et d’user de la caricature afin de rendre leur propos le plus divertissant possible […] et que le côté parodique [de leurs écrits et caricatures] ne saurait échapper à un lecteur averti qui le lira au deuxième degré ». Mais nous devons constater qu’on demande aujourd’hui au juge une tempérance que le législateur est loin de suivre…

Notre droit sacré au blasphème

« Toutes les grandes vérités sont d’abord des blasphèmes » disait le philosophe Bernard Shaw.

Nous avons un droit sacré au blasphème à la fois parce que celui-ci procède de la liberté d’expression de tout citoyen, mais également parce qu’il nous fait avancer vers la manifestation de la vérité par un débat d’opinions provocateur mais nécessaire. Il faut traiter les religions comme des philosophies, discutables et réfutables, sans faire du « respect des croyances » un nouveau tabou.

Ainsi, nous formulons les deux propositions suivantes :
  • Ajouter à l’article 24 de loi du 29 juillet 1881 réprimant l’incitation à la haine raciale l’alinéa suivant : « Toutefois, les caricatures et satires de dogmes religieux, de spiritualités, et d’institutions religieuses ne sauront être punies des peines prévues à cet article ; »

  • Abroger les articles 166 et 167 du code pénal local Alsace-Moselle réprimant le blasphème.

Parce que, comme l’affirmait justement Ernest Renan, « le blasphème des grands esprits est plus agréable à Dieu que la prière intéressée de l’homme vulgaire », il nous faut établir un véritable « droit au blasphème » : la diffamation de religions ou l’incitation à la haine raciale ne pourront plus être invoquées en ce qui concerne la critique et la satire de dogmes religieux.

Cette réponse juridique aux événements tragiques de janvier 2015 reste la solution la plus adaptée et la plus mesurée. Soyons désormais tous des citoyens aux grands esprits, garantissons un droit au blasphème afin de garantir nos libertés individuelles et de renforcer la République.

Source contrepoints.org 

Billets-Le jury de l'ENA décrit des candidats moutonniers

    


Le jury de l'ENA décrit des candidats moutonniers, incapables de penser par eux-mêmes

Dans son rapport sur le concours d'entrée 2017, la prestigieuse ENA, école des haut fonctionnaires régulièrement critiquée pour perpétuer une forme de pensée unique, s'inquiète de manière particulièrement appuyée de l'incapacité des aspirants énarques à produire une réflexion originale, voire à penser par eux-même…

En 1967, Jean-Pierre Chevènement pointait dans un essai offensif les membres de "l'énarchie" comme des "mandarins de la société bourgeoise". Un-demis siècle plus tard, sans aller jusque-là, l'Ecole nationale d'administration - la fameuse ENA - se préoccupe enfin de la question du conformisme de ses étudiants. Ses craintes transpirent du rapport publié par l'école faisant le bilan de son concours d'entrée 2017.
Coordonné par la préfète Michèle Kirry, le jury y dresse sans langue de bois un bilan des épreuves écrites et orales sur lesquelles ont planché les 1.368 candidats aux différents concours d’entrée à l'ENA. Et le bilan n'est pas rose, malgré le haut degré d'exigence requis pour intégrer l'institution qui donne accès aux postes les plus prestigieux de la haute fonction publique.
Uniformité et références hors-sol
Concernant l'épreuve de droit, le jury pointe ainsi "une certaine unicité de vues entre les candidats", et même une "frilosité" qui empêcherait les aspirants énarques de "proposer une réflexion, une vision personnelle du sujet". Les correcteurs relèvent l'uniformité des candidats, qui préparent quasiment tous les concours dans les mêmes établissements, utilisent les mêmes références… et régurgitent donc les mêmes connaissances lors des épreuves. En clair : des clones ânonnant une pensée unique. "D’une manière générale et très regrettable, les candidats ont fortement tendance à construire leur devoir à partir de fiches toutes préparées par thèmes", regrette le jury, qui se désespère de "traquer l'originalité comme une denrée rare", alors que les candidats ambitionnent de devenir l'élite administrative de la nation
Parfois, les correcteurs s'amusent même du caractère monochrome des copies : ils croient parfois trouver une référence sortant du lot… "jusqu'au moment où elle apparaît dans les mêmes termes sous la plume de plusieurs candidats, trahissant la fiche de lecture". Lors de l'épreuve de questions européennes, pas moins de cinq individus ont ainsi utilisé l'interrogation de Henry Kissinger : "L'Europe, quel numéro de téléphone ?". Sauf que plusieurs se sont montrés "ensuite incapables d'expliquer et de justifier leur affirmation" !
Peut-être craintifs à l'idée de froisser le jury d'une école déjà réputée pour son conformisme, les candidats à l'ENA ont également été très prudents à l'heure de donner leur avis sur les sujets pourtant éminemment politiques qui leur ont été soumis. Jusqu'à totalement escamoter l'actualité lors de l'épreuve de questions contemporaines, qui portait pourtant sur un sujet tout chaud : la confiance envers les pouvoirs publics. Il en ressort l'impression que "le candidat [imagine] la copie idéale comme un texte éthéré, où n'apparaîtraient surtout pas les sujets délicats", poursuit la préfète, qui parle "d'autocensure".
CICE, Europe, voies sur berge... ils pensent tous pareil
Cela ne surprendra peut-être pas mais les candidats ont également fortement rechigné à critiquer le crédit d'impôt en faveur des entreprises mis en place par François Hollande… "Il est tout à fait possible de penser et d'écrire [...] que le bilan du CICE est très en deçà des ambitions d'origine ou même que l'accorder à toutes les entreprises sans s'assurer de son utilisation a été une erreur", se voient obligés d'insister les membres du jury ! Même tendance à l'uniformité au moment de traiter l'Union européenne, considérée par les candidats "comme un ordre établi qui ne pourrait être différent". Lors de l'oral consacré à des questions d'actualité, "la fermeture des voies sur berge a quasi systématiquement donné lieu à une réponse d'adhésion totale, sans prise en compte des inconvénients possibles", regrettent encore les examinateurs. Pas de quoi modifier l'image d'une technocratie hors-sol…
Pour remédier à ces problèmes, le jury indique qu'il a choisi de mettre en avant les critères d'authenticité, de sincérité et de sens critique dans sa sélection des 80 lauréats du concours. "Une tête bien faite valant mieux, dans tous les univers professionnels et sous tous les cieux, qu’une tête trop pleine", le jury explique avoir privilégié les individus capables de penser par eux-mêmes plutôt que des singes savants de la technocratie. Et Michèle Kirry d'exhorter les ambitieux voulant intégrer l'ENA à l'avenir au "courage qui consiste à faire une analyse personnelle", loin des "raisonnements formatés". Allez, les futurs énarques : courage, pensez !

Source marianne.org
Par Hadrien Mathoux


jeudi 20 août 2026

Recettes Cheesecakes-Cheesecake citron

  


Cheesecake citron

Préparation : 30 mn
Cuisson : 60 mn
Repos : 12 heures
Pour 6 à 8 personnes
Pour la base :
100 g de biscuits sablés au citron
40 g de beurre fondu
Pour la crème :
350 g de ricotta
350 g de fromage frais type Saint-Moret
100 g de sucre
3 œufs entiers
1 zeste de citron finement râpé
1 jus de citron
150 g de « lemon curd »
Pour le décor :
1 zeste de citron en longs filaments
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Écrasez les biscuits, ajoutez le beurre fondu, répartissez le mélange dans le fond du moule et tassez bien. Enfournez pour 10 à 15 minutes.
3. Baissez la température du four à 140 °C (th. 4).
4. Battez ensemble les fromages pendant 30 secondes à l’aide d’un mixeur ou d’un robot, pour bien le lisser. Ajoutez le sucre puis les œufs, un par un, toujours en battant, puis les zestes et le jus, en battant juste assez pour incorporer tous les ingrédients. Ajoutez la moitié du lemon curd, sans le mélanger complètement.
5. Versez le tout dans le moule et enfournez pour 1 heure : la crème doit être juste prise sur les pourtours, encore un peu tremblotante au centre du gâteau. Laissez dans le four, porte entrouverte, encore 1 heure.
6. Sortez du four puis laissez refroidir complètement avant de démouler. Étalez le reste de lemon curd à la surface et placez au réfrigérateur pour 12 heures.

Tout simplement… délicieusement rafraîchissant.

Recettes anti-cholestérol-Pâtes à la grecque

 


Pâtes à la grecque

Préparation : 15 mn
Cuisson : 50 mn
Pour 4 personnes
300 g de petites pâtes dites « grains de riz »
1 kg de tomates
2 gousses d’ail
2 oignons
1 branche de céleri
1 feuille de laurier
2 branches de thym
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
3 pincées de cannelle
Sel et poivre
1. Ebouillantez les tomates, pelez-les et coupez-les en morceaux. Pelez l’ail et hachez-le. Epluchez-les oignons et hachez-les finement.
2. Mettez une cuillerée à soupe d’huile à chauffer dans une casserole à fond épais et faites-y blondir les oignons. Ajoutez les tomates, l’ail, le céleri, le laurier et le thym, salez, sucrez, puis poudrez de cannelle et versez 75 cl d’eau. Couvrez et laissez cuire 30 minutes à feu doux.
3. Après 30 minutes de cuisson, retirez le céleri, le laurier et le thym. Jetez les pâtes dans la sauce tomate et laissez cuire environ 20 minutes.
4. Arrosez avec le reste de l’huile et servez bien chaud.

Les pâtes, lorsqu’elles ne sont pas aux œufs, sont conseillées dans le régime anti-cholestérol. Les proportions données ici sont pour un plat complet. Pour un accompagnement, divisez les quantités par deux.

Par portion
478 kcal – 1998 kj
Protides : 13 g
Lipides : 18 g
Glucides : 66 g
Acides gras saturés : 2 g
Cholestérol : 0 g

Recettes anti-cholestérol-Fenouil sauté aux oignons

 


Fenouil sauté aux oignons

Préparation : 10 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes
4 petits bulbes de fenouil
2 cuillerées à soupe de vinaigre de vin
2 oignons
2 gousses d’ail
Sel et poivre
1. Ôtez les tiges dures et la base du fenouil. Lavez-le, mettez de côté les petites feuilles vertes et coupez les bulbes verticalement en lamelles de 5 mm d’épaisseur environ.
2. Pelez les oignons et hachez-les finement. Pelez l’ail et passez-le au presse-ail.
3. Mettez le fenouil, les oignons et l’ail dans une sauteuse à revêtement antiadhésif, ajoutez 20 cl d’eau et de vinaigre, salez et poivrez. Couvrez, portez à ébullition, puis réduisez le feu et laissez cuire 30 minutes.
4. Ajoutez quelques cuillerées à soupe d’eau chaude dès qu’il n’y a plus du tout de liquide pour éviter que les légumes n’attachent.
5. Lorsque les légumes sont tendres, enlevez le couvercle et laissez blondir le contenu de la sauteuse, tout en remuant avec une spatule en bois : les légumes doivent prendre couleur sans attacher ; surveillez-les attentivement.
6. Mettez les légumes sur un plat, hachez les petites feuilles vertes de fenouil et parsemez-en le plat. Servez chaud.

L’ail fluidifie le sang et réduit la tension artérielle ainsi que le taux de cholestérol.

Le fenouil est un légume dont toutes les parties, racines, feuilles et graines, sont comestibles. Son goût est proche de celui de l'anis et souvent associé au poisson. On peut le consommer cru (en salade) ou cuit.

Par portion
32 kcal – 134 kj
Protides : 2.6 g
Lipides : 0.25 g
Glucides : 5 g
Acides gras saturés : 0 g
Cholestérol : 0 g


Infos santé : Sport et Santé-Douleurs sur le côté du genou...

 


Douleurs sur le côté du genou...

Chez le coureur, c’est souvent un tendon qui frotte sur un relief osseux.  Ça fait de plus en plus mal et vous devez arrêter votre footing ! Heureusement des solutions existent ! Explications !

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

A la face externe du genou, il existe un gros tendon plat. Il porte le nom de «fascia lata» comme «bande latérale ». Il frôle la portion basse et globuleuse du fémur. A cet endroit, il arrive que la friction soit responsable de la formation d’une grosse ampoule profonde, entre l’os et le tendon. Les médecins parlent de «bursite» pour décrire cette «bourse enflammée».

  • Pourquoi ça frotte ?



    Ce large tendon relie le haut du tibia à des muscles s’accrochant sur le bassin ou « os iliaque ». La mise en tension de ce «hauban» externe permet de stabiliser les hanches quand une seule jambe est à l’appui. Ce frottement répétitif et irritant ne se produit pratiquement que lors des footings.  Vous comprenez désormais tous les noms donnés à cette blessure : «syndrome de la bandelette iliotibiale», «syndrome du fascia lata», «genou du coureur», «syndrome de l’essuie glace» ou «syndrome de la balayette».

    • Pourquoi vous ?
    Vous présentez probablement des facteurs favorisants. Les débutants sont plus volontiers touchés ; ceux qui augmentent brutalement leur kilométrage aussi ! La fatigue décompense les anomalies morphologiques et dynamiques.
    Anomalies morphologiques et erreurs d’entrainement favorisent le « syndrome de l’essuie glace ».
    Les jambes arquées et les pieds creux accroissent les tensions externes et font basculer le genou au contact du tendon. Lucky Luck risque de souffrir en courant, il vaut mieux qu’il reste sur Joly Jumper ! Un phénomène comparable se produit chez ceux qui courent toujours sur le même coté d’une route galbée et sur un dévers de montagne. Le pied plat s’écrase et tourne vers l’extérieur à l’appui. L’arrière de la lame tendineuse vient frotter sur le fémur.


    • Ce n’est pas tout à fait une tendinite !
    La douleur débute quelques minutes après le départ de votre footing. Elle augmente peu à peu. Ça brûle de plus en plus ! Souvent, vous êtes obligé d’interrompre votre entraînement. Vos sorties sont de plus en plus courtes ! Vous finissez par renoncer ! Après votre séance la douleur disparaît assez rapidement. Si vous insistez, elle revient dans les escaliers voir même en marchant. Étonnamment, vous n’avez pas mal à vélo, ni même au tennis ! C’est normal ! Souvenez-vous, il faut répéter inlassablement les flexions/extensions sur une seule jambe pour faire gonfler la «bursite».  L’enchaînement des symptômes propres à ce frottement tendineux est bien différent de celui des tendinites traditionnelles par tractions. Au stade initial de ces dernières, les douleurs cèdent à l’échauffement pour réapparaître «à froid».


    • Des semelles pour commencer
    En plus des conseils d’entraînement autour de la progressivité et de la régularité, les semelles sont bien utiles. Elles ont pour mission de compenser les troubles statiques et dynamiques favorisant la «bursite». Les jambes arquées et les pieds creux sont corrigés par un relief externe. Ce dernier bascule… légèrement… le genou vers l’intérieur et réduit les frottements. Les pieds plats ne tournent plus vers l’extérieur grâce à un bon galbe soutenant la voute plantaire. Notez bien que l’usure des chaussures tend à aggraver vos anomalies morphologiques : les pieds creux les déforment vers l’extérieur, les pieds plats vers l’intérieur. Si vos «joggings» sont très «fatigués», il suffit parfois d’en changer. Dans le premier cas, choisissez plutôt des modèles pour supinateurs, dans le second, pour pronateurs.

    • La rééducation n’est pas très efficace
    On vous conseille parfois d’étirer votre «fascia lata» en  croisant la jambe blessée derrière le membre sain tout en basculant les épaules du coté opposé.


    Malheureusement, il ne s’agit pas d’une lésion de traction et le hauban externe doit se tendre pour stabiliser le bassin à la course. Son assouplissement est inutile. Vous comprenez pourquoi les étirements n’apportent que rarement un soulagement. Les «ultra sons» sont souvent trop soft et les «massages défibrosants» trop agressifs pour se montrer efficace.

    • Une infiltration peut être envisagée
    Les conseils d’entraînement et l’ajustement du chaussage contribuent à prendre en charge les causes de la friction. Ils sont indispensables ! Mais parfois, ils se révèlent insuffisants. Le gonflement est si volumineux qu’il s’auto-entretient : « Plus ça frotte, plus ça gonfle et plus ça gonfle plus ça frotte ». Il faut traiter les conséquences du frottement … le gonflement !
    L’infiltration fait disparaître le gonflement, les semelles évitent qu’il ne réapparaisse.
    Une infiltration dans la « bursite » permet de la faire sécher et brise le cercle vicieux. Comme vous le constatez, il ne s’agit en aucun cas de piquer le tendon ! Aucun risque de fragilisation ! Il suffit juste de ne pas courir au cours de la semaine suivante et de reprendre progressivement avec les semelles.

    • Exceptionnellement, la chirurgie !
    Quand la lésion est très ancienne, la coque de la bursite devient rigide comme un «abricot sec». Semelles et infiltrations ne parviennent pas à interrompre les frottements. Le chirurgien doit enlever cette vieille membrane fibreuse.  Il en profite pour désépaissir l’arrière du tendon responsable de la friction. Le sport ne peut être repris que 4 mois après l’intervention.

    • Continuez le sport !
    Cette lésion est spécifique. Elle est provoquée par la mise en tension du hauban externe pour stabiliser le bassin. En l’absence d’appui ou quand les hanches sont en équilibre, à priori, pas de douleur ! Vous pouvez nager et pédaler ! Même l’elliptique est souvent possible ! Les endurants peuvent garder la forme ! Puisque l’irritation est induite par un mouvement répétitif, les sports à gestuelle variée, comme le foot ou le tennis, se révèlent fréquemment indolore. Alors, variez les plaisirs !

    • Reprenez la course !
    Equipé de vos semelles, parfois après une infiltration, renouez avec la course. Le miracle n’est pas instantané, un peu de progressivité s’impose. Trottinez 5 à 10 minutes puis enchaînez avec du vélo ou de l’elliptique autant que vous souhaitez. Ainsi, vous réalisez un véritable entraînement ! Ajoutez 5 à 10 minutes de course par séance, réduisez d’autant les autres activités «cardio». Rapidement, vous atteignez 30 minutes à 1 heure. Peu à peu, reprenez-le fractionné. C’est fait, vous pouvez préparer votre prochaine compétition. Si vos anomalies morphologiques et dynamiques sont modérées, si votre bursite a été largement favorisée par un entraînement anarchique, il est probable que vous puissiez abandonner vos semelles dans quelques mois … Prenez soin de suivre un programme bien conçu, progressif et varié !

    • Beaucoup d’autres causes…
    Le plus souvent, chez le coureur de fond, les douleurs externes de genou sont provoquées par ce frottement tendineux. Cependant, il faut suspecter d’autres blessures : une lésion du ménisque externe, une souffrance de la rotule ou de l’articulation entre le tibia et le péroné, une tendinite des fléchisseurs de genou, une fracture de fatigue, etc. Bref, l’avis de votre médecin du sport s’impose pour faire la part des choses.


    Source SantéSportMag

    Billets-La Méthode

     



    Edgar Morin, La Méthode

     "Le problème n'est pas que vous n'ayez pas été éduqué. Le problème est que vous avez été éduqué juste assez pour croire ce qu'on vous a enseigné, mais pas assez pour remettre en cause tout ce qu'on vous a dit." 

    Billets-Pourquoi perdre son temps à voter ?

       


    Traduction : Votez pour Personne ! Personne ne tiendra ses promesses, n’écoutera vos problèmes, n’aidera les pauvres et les chômeurs. Personne ne se soucie de vous ! Si Personne est élue, les choses iront mieux pour tout le monde. Personne ne dit la vérité !

    Pourquoi perdre son temps à voter ?

    Le seul moyen de soustraire sa vie au pouvoir des politiciens est l’abstention.

    Les régionales sont enfin passées. Une nouvelle pantalonnade s’est jouée sous nos yeux et je peux maintenant vous en parler comme l’émotion commence à retomber.

    Les chiffres sont catastrophiques pour la « droite » qui ne profite pas des errements du gouvernement en place. La « gauche » s’en sort plutôt bien avec un bilan toutefois catastrophique. La véritable inquiétude provient des scores du Front National et surtout de sa progression entre les deux tours, gagnant des voix dans toutes les régions, ce qui laisse présager une réserve de voix. Le scoop de la soirée : les étatistes de tous bords ont gagné et ils pourront se partager les sièges.

    Je ne vais pas vous parler des résultats aujourd’hui. Je vais vous parler du vote en lui-même car, s’il y a bien un débat qui a retenu mon attention pendant ces diverses joutes, jérémiades et autres sorties réussies de M. Bartolone, c’est bien la légitimité de l’élection. Les abstentionnistes – dont je fais partie – ont été traités au soir du premier tour et pendant la semaine d’entre deux tours des pires noms, allant jusqu’aux insultes de M. Enthoven.

    Qu’est ce que le vote ?

    Nous sommes en France dans une démocratie représentative où une oligarchie (la « classe politique ») est élue au pouvoir. Le vote doit permettre au citoyen de choisir parmi ces candidats celui qu’il veut porter au pouvoir. Le politicien serait le représentant élu par les votants pour s’exprimer en leur nom. En conséquence, il serait le représentant de l’intérêt général de ses électeurs.

    Kenneth Arrow, économiste américain qui fut prix Nobel d’économie en 1972, développa un théorème reprenant un précédent énoncé de Condorcet selon lequel :
    « Il est impossible de définir l’intérêt général à partir des choix individuels. On ne peut définir de façon cohérente une préférence collective en agrégeant des préférences individuelles. Les décisions d’un état (même démocratique) ne peuvent donc pas être légitimes. Ce « théorème d’impossibilité » s’énonce ainsi (en simplifiant, car il s’agit d’un théorème mathématique de théorie des ensembles qui réclame une démonstration élaborée) :
    Il n’existe pas de fonction de choix social (un système de vote) qui puisse convertir des préférences individuelles en une décision agrégée cohérente, hormis dans le cas où la fonction de choix social coïncide avec les choix d’un seul individu (« dictateur »), indépendamment du reste de la population. »

    Le théorème d’Arrow affirme qu’une collectivité ne peut procéder à un choix social indiscutable. Je vous invite à consulter les articles en liens pour la démonstration ou la vidéo sur le paradoxe de Condorcet ici. (3 min 30)

    Le vote en soi n’est pas toujours représentatif de la majorité – et ce ne sont pas les socialistes qui ont voté Estrosi dans le Sud-Est qui me contrediront – mais le politicien élu par la suite est-il un juste représentant de l’intérêt de ses électeurs ?

    Le mythe de l’intérêt général

    Il est essentiel de nous poser cette question : comment un politicien peut-il représenter l’ensemble des électeurs ? Nous entendons souvent après une élection la personne élue déclarer qu’elle va représenter « l’ensemble des citoyens », mais comment est-ce possible ? Peut-elle représenter ceux qui n’ont pas voté pour elle, ceux qui ont voté contre elle et ceux qui ont voté pour elle ? Sur un thème donné, une décision précise à prendre, comment peut-elle connaître, sans le consulter, l’avis de ceux qu’elle représente ? Quand bien même elle le connaîtrait, l’ensemble des citoyens représentés ne peut être unanime sur la question : le représentant ira donc contre une partie des individus qu’il est censé représenter.

    Prenons un exemple extrême : si une majorité d’électeurs décident de voter pour tuer la minorité, devons-nous en conclure que c’est un suicide démocratique, puisque c’est l’expression de l’intérêt général ? Cela prouve que les électeurs ne sont pas le gouvernement et que celui-ci ne représente en aucun cas le peuple. Car dans ce cas extrême, il s’agit, et tout le monde en sera d’accord, d’un meurtre de masse. Voir la citation de Rothbard dans cet article, que je n’ai volontairement pas mise dans ce billet pour éviter tout point Godwin et que j’ai donc paraphrasé.


    La démocratie, c’est deux loups et un agneau votant ce qu’il y aura au dîner. La liberté, c’est un agneau bien armé qui conteste le scrutin.

    L’école du choix public a également traité cette question de l’intérêt général : la politique est un marché comme un autre, avec ses offreurs (les politiciens par le biais des lois et plus généralement toutes réglementations) et ses demandeurs (les électeurs, entreprises). Offre et demande s’appuyant l’une sur l’autre, chaque partie réclame une augmentation constante du rôle de l’État. Le but est évidemment d’augmenter la rapine publique et de s’en partager les gains :
    • aux politiciens : le pouvoir, l’influence et les rentes.
    • aux électeurs : les subventions, « cadeaux fiscaux », augmentation des prestations sociales, niches, barrières à l’entrée, marchés publics …

    La démocratie n’a donc pas évité l’émergence des oligarques qui, par ce mythe de l’intérêt général, s’accordent des largesses. Pour se maintenir au pouvoir, ceux-ci ont recours à des « mesurettes » et ne réforment donc jamais, suivant le théorème de l’électeur médian, permettant l’émergence de mouvances extrêmes lorsque la situation se dégrade.

    « L’État, ou pour rendre les choses plus concrètes, le gouvernement, se compose d’une bande de types exactement comme vous et moi. Ils n’ont, tout bien considéré, aucun talent particulier pour les affaires du gouvernement ; ils n’en ont que pour accéder à une fonction et la garder. Dans ce but, leur principal procédé consiste à chercher des groupes de gens qui courent désespérément après quelque chose qu’ils ne peuvent pas se procurer, et à promettre de le leur donner. Neuf fois sur dix, cette promesse ne vaut rien. La dixième fois, elle est tenue en pillant A afin de satisfaire B. En d’autres termes, le gouvernement est un courtier en pillage, et chaque élection est une sorte de vente aux enchères par avance de biens à voler. » H.L. Mencken.

    « Abstention piège à con ! » ou la démocratie est elle une servitude ?

    Les non votants ne sont pas responsables des incompétents que les votants choisissent. L’argument « si tu n’as pas voté tu ne peux pas te plaindre » ne tient pas.

    Il va falloir arrêter de culpabiliser ceux qui ne sont en rien responsables du chantier que les votants créent seul. Qu’ils assument donc leurs erreurs ! Même si ce n’est pas leur candidat qui est élu, ils sont coupables dans le sens où ils ont voulu un maître en participant à ce jeu stupide que l’on appelle « élection » et ils en ont eu un. Le votant essaye d’imposer sa vision de la société aux autres et surtout à ceux qui ne votent pas.

    « L’égoïste n’est pas celui qui vit comme il lui plaît, c’est celui qui demande aux autres de vivre comme il lui plaît ; l’altruiste est celui qui laisse les autres vivre leur vie, sans intervenir. » Oscar Wilde.


    Les haineux vont haïr, les étatistes vont étatiser.

    L’abstentionniste est donc une personne qui n’a pas ou plus envie de participer à ce jeu de pouvoir, qui n’a pas ou plus le désir de spolier son voisin, qui veut laisser vivre autrui dans le respect mutuel de ses droits. Quelle plus belle preuve de civisme que celle-là ?

    Dernier point que j’aimerais aborder : L’histoire d’un esclave de Robert Nozick, qui enseigna la philosophie à Harvard – extrait de son livre Anarchie, État et Utopie.

    Dans cet exposé, Nozick nous conte l’histoire d’un esclave en 9 étapes. Cet esclave, c’est vous. (Vous pouvez les retrouver en vidéo ici)

    • Étape 1 : vous travaillez totalement pour un maître brutal et tyrannique qui vous bat selon son bon vouloir.
    • Étape 2 : le maître établit des règles et ne vous bat que lorsque vous les enfreignez et vous accorde un peu de temps libre.
    • Étape 3 : vous avez le droit de rejoindre un groupe d’esclaves et le maître, en se basant sur des principes acceptés par vous tous, décide de la répartition des biens entre vous.
    • Étape 4 : le maître vous accorde du temps de repos et vous ne travaillez pour lui plus que 3 jours sur 7, les 4 jours restant sont à votre disposition.
    • Étape 5 : vous pouvez travailler où vous le désirez mais vous devez verser au maître 3/7 de votre revenu (qui correspondent au 3 jours sur 7 que vous travailliez pour lui précédemment). Il peut également vous rappeler à n’importe quel moment pour son service sans que vous puissiez refuser et d’augmenter à tout moment la part de votre travail que vous lui devrez.
    • Étape 6 : le maître donne le droit de vote à tous sauf à vous. Ils peuvent décider démocratiquement de ce qui est autorisé ou non, la partie de votre revenu qui sera prise et dans quel programme ce revenu sera dépensé.
    • Etape 7 : le maître ne vous accorde toujours pas le droit de vote mais vous avez le droit d’essayer de convaincre ceux qui ont ce droit afin de tenter de les influencer.
    • Étape 8 : vous avez le droit de vote ! Mais seulement pour trancher en cas d’égalité. Votre vote ne sera dépouillé que si une égalité parfaite est constatée. Nozick précise qu’aucune égalité lors d’un vote n’a jamais été constatée.
    • Étape 9 : vous avez le droit de vote sans restriction ! Mais dans la pratique, votre vote n’est utile que s’il y a égalité parfaite faisant que votre vote fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre, revenant donc à l’étape 8. Et il n’y a jamais eu d’égalité.

    La question est la suivante : à quelle étape, entre la première et la neuvième, cette histoire est devenue autre chose que l’histoire d’un esclave ?


    Peut être devrais tu voter pour un autre maître esclavagiste ?

    Pour terminer, en quoi voter pour un parti autoproclamé « républicain », qu’il soit socialiste de droite ou de gauche, est aujourd’hui différent du Front national, qui est socialiste national ? Il est d’ailleurs assez drôle de noter que la vie politique de notre pays se résume à front républicain contre front national. On voit comment le gouvernement actuel prépare la dictature de demain, vous pouvez consulter cette liste de perquisitions et autres joyeusetés mise en ligne par la Quadrature du net.

    Oui, ne pas empêcher le Front national d’accéder au pouvoir peut être une erreur. Mais l’erreur n’est-elle pas plutôt de lui donner la capacité d’avoir du pouvoir en légitimant l’emprise des politiciens sur vos vies, et ça, chers votants, c’est vous seuls qui leur accordez. Les abstentionnistes, au contraire, ont bien compris que le seul moyen de soustraire à ce pouvoir est de ne plus participer.

    Par Nicolas Bruel. 
    Source contrepoints.org