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vendredi 10 avril 2026
Billets-Suggestions pour défendre la liberté
Billets-Qu’est-ce-que la non-violence ?
Lorsqu'on parle de "non-violence", il importe d'introduire et de maintenir une distinction dont l'oubli engendre bien des équivoques : celle entre l'exigence philosophique de non-violence et la stratégie de l'action non-violente. L'une et l'autre se situent sur des registres différents qu'il convient de distinguer, non pour les séparer, mais pour ne pas les confondre. En tant que principe philosophique, la non-violence est une requête de sens, en tant que méthode d'action, elle est une recherche d'efficacité.
C'est Gandhi qui a offert à l'Occident le mot "non-violence" en traduisant en anglais le terme sanscrit ahimsa, qui est usuel dans les textes de la littérature hindouiste, jaïniste et bouddhiste. Il est formé du préfixe négatif a et du substantif himsa qui signifie le désir de nuire, de faire violence à un être vivant. L’ahimsa est la reconnaissance, l’apprivoisement, la maîtrise et la transmutation du désir de violence qui est en l’homme et qui le conduit à vouloir écarter, éliminer, meurtrir l’autre homme
Celui qui opte pour la non-violence est un homme étonné, il est au sens propre de ce mot, stupéfait par la violence, la sienne propre ou celle d’autrui. Celui qui se décide à la non-violence est un homme blessé par la violence. La dé-figuration du visage par la violence lui apparaît comme le comble de l’ab-jection. Elle provoque en lui la révolte. Il s’insurge contre les routines de violence qui s’emparent du mande. Ce n’est pas la mort qui lui semble abjecte, mais le meurtre. Il voit dans le scandale de la violence l’évidence de la non-violence.
Il a souvent été dit que le mot « non-violence », parce qu’il est négatif, était mal choisi et entretenait par lui-même de nombreuses ambiguïtés. Tout d’abord, il convient de souligner qu’il ne s’agit pas d’une simple mais d’une double négativité, dès lors que l’on considère que la violence est le viol de la vie – et cela donne à ce mot un caractère affirmatif. Surtout, le mot non-violence est décisif par sa négativité même, car il permet, et lui seul, de délégitimer la violence. Il est le terme le plus juste pour exprimer ce qu’il veut signifier : le refus de tous les processus de légitimation et de justification qui font de la violence un droit de l’homme. Si le mot « non-violence » est formellement négatif, il ne signifie pas que la non-violence est la négation de la violence, mais qu’elle se trouve dans un rapport d’opposition réelle à la violence, c’est-à-dire que sa visée est dans détruire les causes et les conséquences. Le non que la non-violence oppose à la violence est un non de résistance. En définitive, la non-violence n’est pas tant le refus de la violence que la lutte contre la violence. Elle est certes abstention, mais cette abstention exige elle-même l’action.
Si nous visualisons le rapprochement des deux mots : « violence / non-violence », nous voyons clairement que la structure même du mot « non-violence » brise vis-à-vis de la violence, toute symétrie, toute réciprocité, toute imitation. La violence s’exerce toujours dans la réciprocité vis-à-vis de l’adversaire ; la non-violence toujours dans la non-réciprocité.
L’option pour la non-violence, c’est l’actualisation dans notre propre existence de l’exigence universelle de la conscience raisonnable qui s’est exprimée par l’impératif, lui aussi formellement négatif : « Tu ne tueras pas. » Cette interdiction du meurtre est universelle. Elle est essentielle, parce que le désir de tuer se trouve en chacun de nous. Le meurtre est interdit parce qu’il demeure toujours possible, et parce que cette possibilité ouvre sur l’inhumanité. L’interdiction est impérative parce que la tentation est impérieuse ; et celle-là est d’autant plus impérative que celle-ci est plus impérieuse. La non-violence est donc d’abord une exigence négative. Elle demande à l’homme de dés-armer ses affects, ses désirs, ses sentiments, son intelligence et ses bras afin qu’il puisse se déprendre de toute mal-veillance à l’encontre de l’autre homme. Il sera alors libre de lui manifester sa bien-veillance, de lui exprimer sa béné-volence.
Avant d’être une méthode d’action, la non-violence est donc, d’abord et essentiellement, une attitude. Elle est l’attitude éthique et spirituelle de l’homme debout qui reconnaît la violence comme la négation de l’humanité, à la fois de sa propre humanité et de l’humanité de l’autre, et qui décide de refuser de se soumettre à sa loi. La non-violence est le respect de la dignité de l’humanité de l’homme, en lui-même et en tout autre homme. Pareille attitude se fonde sur une conviction existentielle : la non-violence est une plus forte résistance à la violence que la contre violence. Une caractéristique de la violence est de provoquer une autre violence. La violence est un enchaînement. La non-violence veut briser cet engrenage. La contre-violence, en définitive, ne permet pas de combattre le système de la violence parce qu’elle en fait elle-même partie et ne fait que l’entretenir. En toute rigueur, la contre-violence est une violence contraire, mais elle n’est pas le contraire de la violence. Elle n’est pas la même violence, mais elle est elle-même une violence. Elle est une violence autre, mais elle est une autre violence. Opter pour la non-violence, c’est, face à la violence subie, refuser de ré-agir en rendant la violence pour la violence, reproduisant ainsi le mal subi. C’est, tout au contraire, décider d’agir librement pour interrompre la chaîne des revanches et des vengeances.
Ici l’enjeu est la liberté, rien de moins, la liberté d’un sujet qui oppose la force et le courage à l’arbitraire des circonstances. Il s’agit de décider. Mais qu’est-ce qui nous empêche de choisir vraiment notre camp, de nous décider pour la non-violence ? Ne serait-ce pas parce que nous nous abandonnons facilement à la foi naïve dans la nécessité, parce que nous refusons finalement de croire en la liberté de l’homme ? Parce que nous jouons avec cette pensée que, la violence étant ancestrale, elle est honorable, respectable, inscrite en quelque sorte dans la destinée humaine. Un héritage, pour ainsi dire, une tradition. Ces arrières-pensées ne désarment-elles pas insidieusement notre capacité de vouloir ? Ces pensées de l’arrière ne minent-elles pas le sol de notre décision ? Avant même que nous choisissions, c’est déjà décidé, nous nous accommodons de la nécessité.
L’exigence de non-violence est une invitation à la conversion : conversion du cœur, du regard, de l’intelligence. Et toute conversion est rupture, dissidence, dépassement, déplacement, dérangement, retournement, basculement, déménagement. Toute conversion est une partance. Mais toute partance est une re-création. Pour que l’homme se décide à la non-violence, il faut qu’il se réveille du sommeil existentiel dans lequel son humanité se trouve endormie. Dans ca sommeil, l’individu se soumet passivement aux habitudes séculaires de la société qu’il n’a pas l’énergie de remettre an cause. Que doit-il décider en définitive ? Eh bien de faire reculer les limites de la nécessité en cultivant la non-violence.
Comme toute exigence éthique, la non-violence présente une double face : l’une invite à ne pas collaborer avec la violence, l’autre à œuvrer pour la justice. Une fois la violence récusée, l’homme peut accomplir l’œuvre positive de la non-violence et manifester de la bienveillance et de la bonté envers l’autre homme. La vertu de non-violence est l’exigence première de la philosophie : elle est le principe même du courage et de la sagesse. La non-violence est l’exigence qui s’impose d’emblée à l’homme dès qu’il se découvre incliné à être violent. Elle conditionne la possibilité d’être bon. C’est pourquoi la philosophie reconnaît l’exigence de non-violence comme la source la plus haute de l’humanité de l’homme. L'exigence de non-violence oblige essentiellement envers les ennemis, c'est-à-dire envers les violents. C'est alors seulement qu'elle prend son véritable sens. Quelle portée aurait-elle si elle n'obligeait qu'envers les amis ? La non-violence est le porche qui désigne à l'homme le chemin du respect, de la compassion, de la bonté, de l'amour. Au-delà encore, celui de la transcendance. Oui, la non-violence propose une transcendance, mais elle n'impose aucun absolu - et cela protège de tout virus idéologique.
Le respect, la compassion, la bonté et l’amour n’invitent pas l’homme à se cantonner à l’intérieur de sa maison, elles l'obligent à l'action vers l'extérieur. Et s'il convient d'affirmer le caractère universel de la non-violence en tant qu'exigence spirituelle, il faut reconnaître le caractère relatif de la non-violence en tant qu'action politique. Par elle-même, l'exigence de non-violence ne donne pas de réponse directe et immédiate à la question de savoir comment agir concrètement dans la situation historique du lieu et du moment. Lorsqu'il faut agir, la certitude fait place à l'incertitude : nous ne savons jamais quelle est l'action la mieux appropriée pour bien faire. Nous ne sommes jamais certains des conséquences de notre action. Jamais, une situation concrète n'impose avec évidence ce qu'il convient de faire pour bien faire. Il n'y a pas d'action qui ne soit sans ambiguïté. Toute action est une expérimentation dont les résultats sont contingents et aléatoires. L'action est toujours à inventer, sans que le plus souvent, nous soyons certains d'avoir trouvé la bonne méthode. L'action est une école d'humilité.
La non-violence se trouve souvent récusée comme une chimère sous prétexte que «la non-violence absolue» n'est pas possible. Mais il y a mal-entendu. La non-violence n'a jamais prétendu être absolue. Certes, l'état de non-violence est en soi une u-topie - c'est-à-dire qu'il n'existe nulle-part, qu'il n'est réalisé en aucun-lieu. Et il y a certainement un bon usage de l'u-topie pour représenter un idéal qui éclaire l'à-venir. Mais le mouvement de réalisation de la non-violence dans la société et dans l'histoire ne part pas de l'u-topie pour s'inscrire dans le réel : il part du réel pour inventer le possible. L'option pour la non-violence ne s'enracine pas dans l'idéal d'une société parfaitement non-violente qu'il s'agirait de mettre en œuvre dans la réalité. La démarche est exactement inverse. La non-violence se fonde sur la prise de conscience de la réalité des multiples violences qui existent dans la société et sur la volonté de transformer cette réalité dans la mesure du possible. Non, la non-violence n'exige pas l'absolu. Simplement, elle demande le possible. Le langage du "tout ou rien" lui est étranger. Entre le tout et le rien, elle veut discerner ce qui est possible ici et maintenant, rien que le possible mais tout le possible. Ce possible qui est généralement délaissé quand il n'est pas dédaigné. Ainsi, non seulement, la non-violence n'est pas un idéalisme, mais, au sujet de la violence, elle invite à un plus grand réalisme.
En définitive, c'est la violence qui est une u-topie. Certes, la violence existe partout, mais jamais, en aucun-lieu, elle n'atteint la fin qui prétend la justifier. Jamais, nulle-part, elle ne réalise la justice entre les hommes. Jamais, en aucun lieu la violence n'apporte une solution humaine aux inévitables conflits humains qui constituent la trame de l'histoire.
Billets-Henry David Thoreau
Henry David Thoreau (1817-1862) est un écrivain, poète, et philosophe américain connu pour son engagement envers la nature, la simplicité volontaire et la désobéissance civile. Né à Concord, dans le Massachusetts, il est souvent associé au mouvement transcendantaliste, un courant de pensée qui prône une compréhension intuitive de la vérité et une relation harmonieuse avec la nature, influencé par des figures telles que Ralph Waldo Emerson.
Principaux Travaux
"Walden" (1854)
Le travail le plus célèbre de Thoreau est "Walden", un récit de ses deux ans, deux mois et deux jours passés à vivre dans une cabane qu'il a construite près de l'étang de Walden à Concord. Ce livre explore des thèmes de simplicité, de vie en accord avec la nature, et de réflexion personnelle. Thoreau utilise cette expérience pour illustrer sa philosophie de vie simple, loin des distractions de la société moderne.
"Civil Disobedience" (1849)
Un autre essai marquant de Thoreau est "Civil Disobedience" (initialement publié sous le titre "Resistance to Civil Government"). Dans cet essai, Thoreau argumente en faveur de la résistance passive aux lois injustes et refuse de payer une taxe qui soutient la guerre contre le Mexique et l'esclavage. Cet essai a influencé de nombreuses figures importantes du mouvement des droits civiques, y compris Martin Luther King Jr. et Mahatma Gandhi.
Philosophie et Influence
Thoreau croyait fermement en l'importance de la conscience individuelle et de la responsabilité morale. Il pensait que les individus ne devraient pas se conformer aveuglément aux lois et aux normes sociales, mais plutôt suivre leur propre jugement moral. Sa philosophie encourage l'autonomie personnelle et la simplicité volontaire comme moyens de se rapprocher de la nature et de vivre une vie authentique.
En plus de ses écrits sur la nature et la politique, Thoreau était également un naturaliste passionné. Il a documenté en détail la flore et la faune locales et a été un précurseur de l'écologie moderne. Ses observations minutieuses de la nature ont également contribué à ses écrits littéraires, rendant ses descriptions de la nature particulièrement vivantes et poétiques.
Héritage
L'influence de Thoreau s'étend bien au-delà de sa propre époque. Ses idées sur la désobéissance civile ont eu un impact durable sur les mouvements sociaux et politiques du XXe siècle. De plus, son appel à une vie simple et proche de la nature continue d'inspirer les mouvements écologiques et les adeptes de la simplicité volontaire.
En résumé, Henry David Thoreau est une figure emblématique de la littérature et de la philosophie américaines, dont les œuvres et les idées continuent de résonner avec ceux qui cherchent à vivre de manière plus réfléchie et plus alignée avec la nature et leurs principes moraux.
jeudi 9 avril 2026
Recettes: Crétoises-Artichauts au pamplemousse
Cuisson : 20 mn
Pour 4 personnes
2 pamplemousses
4 gros artichauts
2 cuillerées à soupe d’huile de noix
1 branche d’aneth
Sel, poivre et paprika
1. Cassez la tige, enlevez les feuilles extérieures et lavez soigneusement les artichauts. Placez-les dans le panier d’un cuit-vapeur pour les cuire 15 à 20 minutes. En fin de cuisson, les feuilles doivent se détacher facilement.
2. Pendant ce temps, pelez les pamplemousses. Séparez-les en quartiers en enlevant le plus possible de peaux blanches. Mettez les quartiers dans un saladier, ajoutez l’huile de noix, salez et poivrez.
3. Lorsque les artichauts sont cuits, coupez leurs feuilles avec des ciseaux, ôtez les petites qui coiffent le cœur, puis le foin. Essuyez les fonds.
4. Déposez les artichauts dans les assiettes de service. Répartissez les quartiers de pamplemousses dessus, poudrez de paprika et servez aussitôt.
Les Caucassiens et les Crétois font une grande consommation de fruits, notamment d’agrumes. Les Italiens accordent une part importante à l’artichaut dans leur cuisine. Le mélange des deux est un atout santé.
Recettes Crétoises-Tian pommes et amande douce
Préparation : 15 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
5 pommes reinettes
75 g de beurre fondu
100 g de sucre
5 œufs
1 citron
25 cl de lait
75 g de poudre d’amande + 1 cuillerée à soupe
1 cuillerée à café de fécule de pomme de terre
5 pincées de filaments de safran
1. Préchauffez le four à 200°C (th. 6-7).
2. Beurrez un plat à clafoutis. Pressez le citron. Pelez et coupez les pommes en morceaux directement dans le plat. Saupoudrez d’une cuillerée à soupe d’amande. Versez le jus du citron.
3. Battez les œufs avec le sucre quelques secondes. Ajoutez la fécule et le lait, remuez bien à la spatule. Versez la poudre d’amande et le beurre fondu, mélangez et versez sur les fruits.
4. Parsemez de safran.
5. Mettez le plat au four et laissez cuire 30 minutes. Laissez reposer dans le four éteint. Servez tiède.
Au Moyen Âge, les amandes entraient dans la confection d’un potage pour les jours maigres. Il fallait les peler et les broyer, les mettre à tremper dans de l’eau tiède, les faire bouillir avec de la poudre d’épices et du safran, puis répartir la soupe dans des écuelles individuelles sur une demi-sole frite.
Recettes Crétoises-Omelette aux pignons
Billets-Le Rendez Vous de 5h30












