vendredi 16 octobre 2026

Dessins de presse


 

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Recettes Petits Budgets-Riz aux champignons de Paris

   


Riz aux champignons de Paris

Préparation : 15 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 4 personnes
150 g de riz semi-complet
250 g de champignons de Paris
1 échalote
10 cl de crème fraîche
1 cuillerée à café de curry
1/2 cuillerée à soupe d’huile d’olive
Sel et poivre
1. Versez dans une casserole une quantité d’eau égale à deux fois le volume du riz. Salez.
2. Rincez longuement le riz sous l’eau froide en le frottant entre vos mains, jusqu’à ce que l’eau soit claire. Versez le riz dans la casserole, portez à ébullition sur feu vif, couvrez, réduisez le feu et laissez cuire jusqu’à ce que toute l’eau soit absorbée. Laissez cuire encore 5 minutes, retirez du feu et laissez reposer 5 minutes.
3. Pendant ce temps, pelez l’échalote et hachez-la. Ôtez la partie sableuse du pied des champignons. Lavez-les rapidement, égouttez-les et coupez-les en lamelles. Faites chauffer l’huile dans une poêle. Laissez blondir l’échalote 2 minutes, puis ajoutez les champignons et faites-les cuire à feu vif jusqu’à ce que toute leur eau soit évaporée. Salez et poivrez.
4. Incorporez le curry à la crème et faites chauffer doucement.
5. Ajoutez au riz les champignons et la crème. Mélangez et servez chaud.

Variante :
Faites sauter des pleurotes coupées en lamelles épaisses avec des lardons et suivez la recette, mais sans le curry.

Tour de main :
Pour laver les champignons, passez-les un à un sous l’eau froide courante, en frottant rapidement le chapeau. Ne les laissez surtout pas tremper car ils se gorgeraient d’eau.

Antigaspi :
Une fois chaude, l’huile d’olive devient très fluide, une bonne raison pour en user avec parcimonie !

 

Recettes Petits Budgets-Tagliatelles au coulis de courgettes

  


Tagliatelles au coulis de courgettes

Préparation : 10 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 4 personnes
300 g de tagliatelles
300 g de courgettes
1 tablette de bouillon d’aromates échalote-persil
1 gousse d’ail
60 g de fromage de chèvre frais
Sel et poivre
1. Rincez les courgettes, coupez les extrémités et pelez-les ; conservez 1 ou 2 rubans de peau. Coupez les courgettes en quatre puis recoupez-les en lamelles.
2. Faites bouillir 10 cl d’eau. Ajoutez la tablette de bouillon et les courgettes. Couvrez et laissez cuire pendant 15 minutes.
3. Faites chauffer une grande casserole d’eau, salez et mettez les pâtes ; mélangez à la fourchette et laissez cuire selon les indications portées sur l’emballage.
4. Pelez la gousse d’ail, retirez le germe et passez-la au presse-ail.
5. Lorsque les courgettes sont cuites, mixer-les, ajoutez le fromage de chèvre émietté et l’ail. Mixer à nouveau. Vérifiez l’assaisonnement.
6. Hachez finement les rubans de peau de courgette et incorporez-les à la sauce.
7. Égouttez les tagliatelles, versez-les dans un plat chaud. Servez sans attendre.

Astuce:
Si vous utilisez des pâtes fraîches, doublez la quantité et laissez-les cuire seulement de 2 à 3 minutes.

Petit plus :
Des pâtes en couleurs. Si vous faites votre pâte à nouilles vous-même, préparez à cette occasion des tagliatelles colorées. Pour obtenir des pâtes vertes, faites cuire à sec dans une casserole 200 g d’épinards, égouttez-les soigneusement et passez-les au moulin à légumes grille fine. Ajoutez cette purée à la farine et aux œufs.

 

Recette Petits Budgets-Salade de figues au chèvre

 




Salade de figues au chèvre frais

Préparation : 15 mn
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes
8 belles figues violettes
2 bûches de chèvre frais
125 g de roquette ou de mesclun
2 cuillerées à soupe de miel liquide
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
1 cuillerée à soupe de graines de fenouil
Poivre du moulin
1. Découpez les figues et les bûches de chèvre en rondelles. Disposez-les dans un plat en les intercalant. Parsemez de graines de fenouil. Arrosez d’un filet d’huile d’olive et de miel. Poivrez généreusement.
2. Faites caraméliser sous le grill du four quelques minutes.
3. Servez sur un lit de roquette.

Astuce :
A défaut de fenouil, parsemez le tout de thym ou de romarin.

Recettes Petits Budgets-Tourte aux épinards

   


Tourte aux épinards

Préparation : 10 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 4 personnes
500 g d’épinards surgelés
250 g de mozzarella
½ brique de crème fraîche à 15%
1 pâte brisée
Sel et poivre
1. Étalez la pâte dans un moule et piquez-la à la fourchette ; faites préchauffer le four à 180 °C (th. 6).
2. Faites « sécher » les épinards dans une poêle antiadhésive.
3. Divisez tous les ingrédients en deux portions, et mettez une première couche d’épinards, une couche de crème, une couche de mozzarella sur la pâte. Salez et poivrez.
4. Répétez l’étape précédente avec la seconde portion des ingrédients.
5. Enfournez et laissez cuire 25 minutes, jusqu’à ce que la tarte soit bien dorée.

Petit plus :
Ajoutez un peu de gruyère sur la tarte avant de la passer au four.

Recettes Petits Budgets-Purée de pommes de terre

  


Purée de pommes de terre

Préparation : 15 mn 
Cuisson : 20 mn 
Pour 4 personnes 
1 kg de grosses pommes de terre bintje 
50 g de beurre 
Sel et poivre du moulin 
1. Pelez les pommes de terre, rincez-les, coupez-les en quatre. Mettez-les dans une casserole. Couvrez-les d’eau à hauteur. Salez. Portez à ébullition et couvrez. Laissez cuire 20 minutes ou un peu plus selon la grosseur des pommes de terre. Piquez-les avec la pointe d’un couteau pour vérifier qu’elles sont cuites. Egouttez-les sans jeter l’eau de cuisson. 
2. Passez les pommes de terre au presse-purée ou écrasez-les à la fourchette ou à l’étrier (surtout pas avec un robot électrique). Ajoutez le beurre en petits morceaux. Salez, poivrez. Si la purée est un peu épaisse, ajoutez avec précaution quelques cuillerées d’eau de cuisson. Mélangez rapidement à l’aide d’une fourchette. Servez sans attendre. 

Conseils : Ne «travaillez » pas trop la purée. Si vous ne servez pas la purée dès qu’elle est prête, conservez-la au chaud sur un bain-marie, recouverte d’un couvercle. Pour éviter qu’elle ne se dessèche en surface, déposez dessus une noisette de beurre. En fondant, celle-ci formera une couche protectrice. Pour gagner du temps lors de l’épluchage, achetez de très grosses pommes de terre. Mais n’oubliez pas de les couper en morceaux ! Si vous êtes très pressé, faites-les cuire dans un autocuiseur, 7 minutes à partir de la rotation de la soupape. Votre purée sera meilleure qu’avec des flocons de pommes de terre. Une purée réussie, ce sont d’abord de bonnes pommes de terre. Celles-ci doivent avoir une chair bien farineuse. En France, la pomme de terre la plus cultivée pour cet usage est la bintje. Mais n’oubliez pas de demander conseil aux marchands spécialisés en pommes de terre, sur votre marché. Ils vous feront découvrir d’autres variétés : la désirée, l’agata, la spunta… 

Un peu de science… Pourquoi le mixer électrique ne convient pas pour la purée ? La pomme de terre est composée en grande partie d’amidon. Imaginez les molécules d’amidon comme des colliers de perles, avec des tas de ramifications et du vide entre les perles. C’est ce vide qui donne de la légèreté à la purée. Avec un robot électrique, les molécules d’amidon, qui sont assez fragiles, se disloquent. On perd la structure du collier et ses qualités. La purée prend alors la consistance d’une colle élastique. 

Quelques variantes : Purée à l’orange : ajoutez dans la purée un peu de zeste finement râpé ou, pour une saveur plus prononcée, le jus chaud d’une petite orange. Délicieux avec un rôti de veau ou un magret grillé. Purée aux épices : une pointe se safran et une pincée de cumin en poudre ajoutées à la purée réveilleront une pintade rôtie ou des côtes d’agneau grillées. Purée verte : pour « vitaminer » votre purée, ajoutez, en même temps que le beurre, de la ciboulette ou du persil hachés finement. Se marie superbement avec les viandes poêlées et les poissons. Purée « moutardée » : une grosse cuillerée de moutarde à l’ancienne ajoutée à une purée qui accompagnera un steak grillé, c’est très simple et cela change tout ! Purée à l’huile d’olive : à bas le beurre, vive le bon cholestérol ! Un filet d’une huile d’olive très fruitée (picholine) versé sur les pommes de terre avant de les écraser sera parfait pour accompagner tous les poissons, surtout les rougets. Purée à la truffe : pour les fêtes, ajoutez un peu de jus de truffe chaud dans une purée. Simple et chic, la purée !

Recettes Petits Budgets-Gâteau aux châtaignes

   


Gâteau aux châtaignes

Préparation : 10 mn
Macération : 15 minutes
Cuisson : 45 mn
Pour 4 personnes 
400 g de farine de châtaigne
50 g de raisins secs
50 g de pignons
1 branche de romarin
4 cuillerées à soupe d’huile d’olive extra vierge
Sel
1. Faites tremper pendant 15 minutes les raisins secs dans une petite jatte d’eau tiède.
2. Mélangez la farine de châtaigne, une pincée de sel et 3 cuillerées d’huile dans une jatte. En fouettant vigoureusement, ajoutez progressivement assez d’eau pour obtenir une pâte légère et sans grumeaux. Ajoutez les pignons et les raisins secs bien égouttés et séchés.
3. Versez cette préparation dans un moule à tarte enduit du reste d’huile au fond duquel vous aurez placé la branche de romarin. Faites cuire pendant 45 minutes dans un four préchauffé à 180 °C (th. 6). Le gâteau est prêt lorsqu’il est devenu ferme et qu’une peau croquante s’est formée à la surface. Démoulez, retirez le romarin et parsemez de pignons avant de servir.

Conseil 
Délicieux avec une salade et du fromage de chèvre.

Recettes Petits Budgets-Purée de patidou

   


Purée de patidou

Préparation : 10 mn
Cuisson :
50 mn
Pour 4 personnes

500 g de patidou (variété de courge appelée aussi sweet dumpling)
1 cuillerée à soupe d’huile d’olive
Sel et poivre
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7). Passez le patidou sous l’eau. Coupez-le en deux, de haut en bas. Ôtez les graines.
2.
Déposez les deux moitiés de patidou dans un plat à four. Salez et poivrez l’intérieur. Badigeonnez d’huile d’olive. Couvrez d’aluminium ménager et mettez à cuire au four pendant 50 minutes.
3.
Lorsque le patidou est tendre, sortez-le du four. Prélevez la chair avec une cuillère à soupe. Ecrasez-la grossièrement à la fourchette. Servez chaud.

Petits plus :
Ajoutez de la crème, du beurre ou du parmesan râpé à la purée.
Agrémentez-la de pignons de pin.

Tours de main :

Vérifiez la cuisson en enfonçant la pointe d’un couteau dans la chair du légume : elle ne doit pas rencontrer de résistance.
Pour ne pas vous brûler en prélevant la chair, laissez tiédir le patidou dans le four, il se pèlera plus facilement.

 

Recettes Petits Budgets-Potiron miel et raisins secs

 


Potiron miel et raisins secs

Préparation : 10 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes
1 kg de potiron
2 oignons
2 gousses d’ail
1 cuillerée à soupe de raisins secs
2 cuillerées à café de miel
2 cuillerées à café de ras-el-hanout
1 tablette de bouillon de volaille
Sel et poivre
1. Retirez la peau, les graines et les filaments du potiron. Coupez la pulpe en morceaux réguliers. Épluchez les oignons et hachez-les. Pelez l’ail et écrasez-le.
2. Mettez le potiron, les oignons et l’ail dans une casserole. Émiettez dessus la tablette de bouillon. Salez. Ajoutez 10 cl d’eau. Couvrez et laissez cuire 15 minutes. Pendant ce temps, rincez soigneusement les raisins secs.
3. Après 15 minutes de cuisson, poudrez le potiron avec le ras-el-hanout. Ajoutez les raisins secs et le miel. Poivrez. Mélangez. Couvrez.
4. Laissez cuire encore de 10 à 15 minutes à feu doux, jusqu’à ce que le potiron soit tendre. Servez chaud.

Conseil :
Ajoutez un peu de beurre frais et incorporez éventuellement quelques amandes entières au moment de servir.

Tour de main :
Vérifiez au cours de la cuisson que le potiron n’attache pas. Si cela se produisait, rajoutez un peu d’eau chaude.
S’il y a trop de liquide, ôtez le couvercle et laissez évaporer pendant quelques minutes.

jeudi 15 octobre 2026

Dessins de presse

 


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Billets

 


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Infos santé : Kiné Ostéo- Douleurs à l’épaule

  

Douleurs à l’épaule

Les problèmes d’épaule sont multiples : tendinite, bursite, calcification, capsulite, … Malgré la diversité de diagnostics posés pour des douleurs à l’épaule, une des causes les plus fréquentes est une tension excessive du muscle petit pectoral. Le muscle petit pectoral est un muscle qui origine de la troisième, quatrième et cinquième côte et s’attache dans l’épaule, plus précisément sur l’apophyse coracoïde de l’omoplate. Ce muscle est souvent tendu car il réagit beaucoup au stress émotionnel, étant donné ses attaches sur le thorax. Les mauvaises postures avec les épaules enroulées contribuent à accentuer ces tensions. Les femmes sont prédisposées par ce genre de problème étant donné la présence des seins qui favorisent l’enroulement des épaules. Les femmes sont également plus sujettes aux divers stress émotionnels. Les femmes qui allaitent ont souvent la mauvaise habitude de tenir leur bébé toujours du même côté, favorisant ainsi une accumulation de tension dans le muscle petit pectoral.

Lorsque le petit pectoral est tendu, il engendre l’enroulement des épaules. Ce faisant, il crée une élongation des muscles derrière l’omoplate d’où les nombreux motifs de consultation pour des douleurs dorsales ou à l’omoplate. De plus, l’enroulement des épaules engendrent une diminution de l’espace entre la tête humérale (tête de l’épaule) et la clavicule (acromion). C’est dans cette espace que passent la majorité des tendons principaux qui s’attachent sur l’épaule. Les tendons sont le prolongement du muscle au niveau de l’attache osseuse. Donc, étant donné l’espace réduit, les phénomènes d’accrochage sont beaucoup plus nombreux favorisant ainsi les tendinites à répétition, les bursites, … Si les syndromes d’accrochage se perpétuent dans le temps, le corps formera de l’os pour solidifier le tendon, d’où l’apparition de calcification. Finalement, les nerfs qui descendent dans le bras (plexus brachial) passent juste en dessous du muscle petit pectoral. Donc, lorsque ce dernier est trop tendu, il engendre une irritation de ces nerfs avec apparition de douleur et/ou d’engourdissements dans tout le bras. Plusieurs diagnostics de tunnel carpien ne sont que le reflet d’une tension trop importante dans le muscle petit pectoral et expliquent les insuccès des thérapies qui ne traitent que les poignets.

Tous ces malaises peuvent souvent être évités simplement par l’application d’exercices d’étirement du muscle petit pectoral sur une base régulière. Tous ces exercices sont démontrés gratuitement sur le site internet (www.sebastienplante.com) dans la section « vidéos gratuits » (épaule). Une façon très simple d’étirer le muscle petit pectoral est la suivante : croisez les doigts ensemble, les mains derrière votre dos, et amenez vos épaules le plus loin possibles vers l’arrière en gardant la tête droite et le menton rentré. Tenez la position trente secondes et répétez cinq fois. Répétez cet exercice à tous les jours tout en adoptant de bonnes habitudes d’hygiène de vie et de posture.

Source Sébastien Plante, ostéopathe

Infos santé : Kiné Ostéo-Dysfonction traumatique du bassin

 

Dysfonction traumatique du bassin

L’articulation sacro-iliaque (entre la colonne vertébrale et le bassin) possède des axes normaux de mouvement qui permettent au bassin de faire des rotations antérieures et postérieures. Il peut arriver pour différentes raisons (tension musculaire, problème posturale, traumatisme physique, …) que le bassin soit restreint dans son amplitude normale de mouvement (dysfonction physiologique). Ce problème se corrige habituellement assez facilement et la majorité des professionnels de la santé ont la formation nécessaire pour y arriver.

Cependant, il existe une dysfonction que l’on nomme « traumatique ou cinq points hauts » qui est méconnue des professionnels de la santé. Cette dysfonction est nommée ainsi car elle ne respecte plus les axes normaux de mouvement (dysfonction non physiologique). Elle est majoritairement produite lors d’une chute importante sur les fesses. L’impact subi force alors le bassin (os iliaque) dans un cisaillement vers le haut, de sorte que le bassin se retrouve en élévation d’un côté seulement. Cette dysfonction s’observe simplement à l’œil nu ou à la palpation. Nul besoin de passer une radiographie. On la retrouve également à la suite d’un accident de voiture avec l’impact du pied sur la pédale de frein ou lors d’un l’accouchement chez la femme enceinte.

Cette dysfonction est très incommodante parce que tant et aussi longtemps qu’elle n’est pas corrigée, elle ne se corrigera jamais d’elle-même, contrairement aux dysfonctions physiologiques. Cette dysfonction est l’une des plus fréquentes qui conduit à la chronicisation des douleurs lombaires. De plus, comme la majorité des professionnels de la santé ne sont pas formés pour évaluer et traiter cette dysfonction, elle passe souvent inaperçue. En effet, cette dysfonction ne s’enseigne pas à l’Université, ni en Faculté de médecine. Elle s’enseigne uniquement en ostéopathie.

Cette dysfonction conduit souvent le professionnel vers un diagnostic de scoliose lombaire ou de membre inférieur plus long d’un côté. En effet, comme le bassin est en élévation d’un côté seulement, l’observation rapide du patient debout laisse présager au premier coup d’œil une jambe plus longue que l’autre. Des semelles plantaires seront donc souvent prescrites inutilement. D’ailleurs, ces patients ne ressentiront aucun soulagement de leur douleur avec le port des semelles plantaires.

Comme cette dysfonction engendre une scoliose lombaire adaptative à cause du bassin plus haut d’un côté, il n’est pas rare de constater l’apparition d’hernie discale lombaire du côté opposé au bassin surélevé quelques années plus tard. De plus, il existe une membrane fibreuse (dure-mère) qui relie le sacrum à la base du crâne. C’est comme une corde inextensible qui fait toute la longueur de la colonne vertébrale. Donc, s’il y a quelque chose qui tire en bas, c’est évident qu’il y aura des répercussions éventuelles au niveau du cou et de la tête. Il n’est donc pas rare que cette dysfonction engendre quelques mois plus tard, des douleurs cervicales, des maux de tête, des problèmes au visage du côté de la surélévation du bassin ainsi que des étourdissements, des vertiges et des labyrinthites. À ce moment, comme la majorité des professionnels sont formés pour traiter l’endroit où se situent les symptômes, ils appliqueront des traitements au niveau cervical sans aucun résultat. Des examens par imagerie médicale seront demandés en renfort pour évaluer la tête et le cou mais tant et aussi longtemps que le bassin ne sera pas corrigé, le patient n’éprouvera aucun résultat durable.

La science a divisé le corps humain en région mais a par le fait même perdu de vue la globalité du corps humain. Ainsi, de grands spécialistes chercheront les symptômes des étourdissements uniquement au niveau de la tête. Ils feront passer tous les examens approfondis pour trouver une structure pouvant expliquer les symptômes du patient mais si ceux-ci s’avèrent négatifs, comme dans bien des cas, le patient sera retourner chez lui sans solution à son problème. Cela en est ainsi pour plusieurs problèmes de douleur chronique.

Ce genre de dysfonction se retrouve malheureusement assez fréquemment au Québec étant donné les hivers que nous connaissons. Ce n’est pas rare d’entendre quelqu’un nous dire qu’il est tombé sur les fesses parce qu’il a glissé sur la glace. Plusieurs patients se reconnaîtront en lisant ces lignes. Ils ont souvent été jugés par leur entourage et se sont fait prescrire des antidépresseurs mais il existe une grosse différence entre faire une dépression et devenir dépressif parce que la douleur nous incommode chaque jour et que personne ne parvient à nous aider et à nous comprendre.

La façon d’évaluer cette dysfonction est pourtant fort simple. Il suffit d’évaluer la position du bassin en position couché sur le dos en palpant l’EIAS (l’épine iliaque antéro-supérieur); la crête iliaque et finalement, sur le ventre, l’EIPS (l’épine iliaque postéro-supérieur). Si ces trois points de repère sont décalés vers le haut comparativement à l’autre côté, vous êtes en présence d’une dysfonction non physiologique du bassin. Les deux autres points de repère qui peuvent nous être utiles sont l’ischion et le pubis; d’où l’appellation cinq points hauts.

Si le patient présente réellement une jambe plus longue que l’autre, comme c’est parfois le cas, le bassin sera plus haut d’un côté en position debout mais une fois couché sur le dos, le bassin devrait normalement être égal des deux côtés car les membres inférieurs n’ont plus d’influence en position couché. Donc, si le bassin reste surélevé d’un côté en position couché, c’est que le bassin est cisaillé vers le haut. Cette dysfonction ne se corrige que par des techniques de manipulations directes et il est fortement recommandé de consulter un ostéopathe compétent.


Source Sébastien Plante, ostéopathe

Infos santé : Kiné Ostéo-Quand consulter un ostéopathe pour son bébé

  



Quand consulter un ostéopathe pour son bébé

L’ostéopathie est une profession de plus en plus courue pour le traitement des bébés et des enfants. L’ostéopathie est une forme de médecine douce ou alternative et se distingue par son approche globale de l’individu. L’ostéopathe parvient, à l’aide de techniques manuelles bien appliquées, à rétablir un bon nombre de malaises chez le nouveau-né ou l’enfant tels que les torticolis, les problèmes de régurgitation, les coliques, les crampes intestinales, les pleurs incessants, les troubles du sommeil et les phénomènes d’agitation. Mais est-ce que l’ostéopathie est nécessaire chez tous les bébés et tous les enfants ?

L’être humain a été conçu à la perfection dans les moindres petits détails. L’accouchement n’y fait pas exception puisqu’il représente le moment le plus important de notre vie. Donner naissance est l’acte le plus naturel qui soit mais ce moment est parfois insécurisant puisque la femme enceinte entreprend une expérience nouvelle. La sécurité d’avoir effectué tout ce qu’il fallait pour assurer un développement normal de son bébé est souvent une préoccupation de la femme enceinte. À l’heure actuelle où l’ostéopathie est de plus en plus courue due à ses bienfaits considérables, les femmes sont parfois portées d’embler à consulter un ostéopathe afin de s’assurer qu’il n’y ait aucune lésion chez le nouveau-né. Ce besoin absolu de faire examiner son bébé par un ostéopathe est souvent relié à un sentiment d’insécurité d’un des parents et ne représente pas une nécessité.

Lorsque le bébé est prêt à naître, il se produit un réflexe automatique via les relais du système nerveux central qui déclenche les contractions normales de l’utérus pour favoriser la poussée du bébé dans les voies vaginales. La laxité ligamentaire du bassin fait en sorte que le diamètre du petit bassin s’élargit pour faciliter le passage du bébé. Les sutures du crâne, n’étant pas fusionnées chez le nouveau-né, se chevauchent pour diminuer également le diamètre du crâne et permettre un accouchement tout à fait naturel. Il n’y a donc aucune indication à procéder systématiquement à un examen ostéopathique chez le nouveau-né si tout se déroule normalement et si le bébé ne présente pas de symptôme particulier.

Cependant, il se peut que l’accouchement ne se déroule pas toujours comme vous l’auriez souhaité. À l’heure actuelle, les femmes vivent une charge de stress beaucoup plus importante depuis les dernières années et sont parfois mal préparées pour cet événement si important. Donc, la douleur et la peur font qu’elles se crispent, augmentant ainsi les efforts que le bébé doit faire pour sortir. N’y parvenant pas toujours, on utilise parfois les forceps ou la ventouse pour tirer le bébé hors des voies vaginales de la maman. À ce moment, des compressions indésirables peuvent survenir soit au sacrum ou au crâne du bébé et causer des dysfonctions. Les symptômes peuvent être très variables tels que : torticolis, régurgitation, colite, otite, pleur incessant due à la douleur, problème visuel, crampe abdominale, … Lorsque de tels symptômes sont présents, il est alors recommandé de consulter en ostéopathie. L’application de techniques crâniennes bien effectuées permettra souvent au bébé de retrouver une santé optimale en quelques séances seulement. Si les contractions ont été déclenchées par l’injection d’oxytocine, une consultation en ostéopathie est également recommandée. Cette recommandation s’applique également aux bébés nés par césarienne lors de complications.


Il arrive lors de naissances compliquées, qu’un os du crâne puisse être resté comprimé ou qu’une suture crânienne puisse être restée imbriquée. Cela pourra éventuellement mener aux diverses complications énumérées plus haut. Dans ces cas, l’ostéopathe spécialisé auprès des enfants pourra vérifier l’intégrité du crâne et la motilité des os du crâne. De plus, il faut s’assurer que les fonctions oraux-faciales de base soient adéquates, telles que la succion, la déglutition et la respiration. Il y a beaucoup de nerfs et de vaisseaux sanguins qui émergent par les différents trous de la base du crâne et qui sont responsables de l’innervation et de la vascularisation de la tête, du visage, du cou, des membres supérieurs, du thorax et des viscères.

Si vous n’avez pas eu l’occasion de faire voir votre enfant par un ostéopathe pour quelques raisons que ce soient et que celui-ci avait eu des complications à sa naissance, il n’est jamais trop tard pour consulter en ostéopathie. Même si les os du crâne se fusionnent à l’âge adulte, il persiste tout de même une certaine malléabilité que l’ostéopathe nomme motilité. Le terme motilité signifie « capacité d’une structure ou d’un organe à se mouvoir par lui-même ». La motilité représente la vitalité dans cette structure ou organe. Elle peut être perçue lors du ressenti palpatoire par l’ostéopathe. Même si l’interprétation de cette perception de motilité des os du crâne reste discutable, l’ostéopathe peut percevoir différentes densités ou certains ralentissements qui le guideront vers une région à traiter. À l’heure actuelle, il ne fait maintenant aucun doute qu’en libérant certaines sutures et orifices crâniens, l’ostéopathe parvient à soulager et enrayer plusieurs symptômes et douleurs chroniques au niveau de la tête, du cou, du dos, des membres supérieurs et des viscères. Ces manœuvres crâniennes provoquent un effet vasculaire, neurologique et énergétique très important dont les bienfaits sont incontestables. C’est pour cette raison que de plus en plus de médecins dirigent leurs patients en ostéopathie lorsque des symptômes apparaissent.


Source Sébastien Plante, ostéopathe

mercredi 14 octobre 2026

Lectures Lawrence Durrell-Le quatuor d’Alexandrie

 



Lawrence Durrell

Le quatuor d’Alexandrie

Traduit de l’anglais par R. Giroux

(4ème de couverture)
La ville d’Alexandrie, que l’auteur connaît intimement et dont il restitue à chaque page la couleur, le rythme et le délire, sert de cadre à cette fabuleuse tétralogie. Alors que Justine, Balthazar et Mountolive se superposent – des événements identiques sur le plans politique, sentimental et sexuel sont racontés de différents point de vue par les héros avec une grande force évocatrice – Cléa est une suite qui fait avancer le roman dans le temps.
« La lecture de ce livre est une aventure qui marque, par sa forme, sa sonorité, sa couleur. Le récit ne progresse pas selon la démarche habituelle du roman, il miroite et ondule dans la trame flottante de cette manière sacrée si rarement invoquée par le romancier : la lumière. » Henry Miller

(1ere phrase :)
Justine - La mer est de nouveau trop grosse aujourd’hui, et des bouffées de vent tiède viennent désorienter les sens.
Balthazar – Tonalités du paysage : du brun au bronze, ciel abrupt, nuages bas, sol de perle aux ombres nacrées et aux reflets mauves.
Mountolive – En tant que jeune attaché d’ambassade promis à un brillant avenir, on l’avait envoyé en Egypte pour qu’il se perfectionnât en arabe, et il fut affecté à la Haute Commission comme scribe, pour ainsi dire, en attendant son premier poste officiel ; mais il se comportait déjà en jeune secrétaire de légation pleinement conscient de ses responsabilités futures.
Clea – Les orangers furent plus opulents que de coutume cette année-là.

(Dernière phrase :)
Justine – Tout ne dépend-il pas de l’interprétation que nous donnons du silence qui nous entoure ? Si bien que…
Balthazar – Il y a encore quelques lignes, et ensuite la formule affectueuse.
Mountolive – « A quoi, se demandait-il, Narouz pouvait-il bien rêver maintenant, avec son grand fouet enroulé sous son oreiller ? »
Clea – Et je sentis que tout l’Univers venait de me faire un clin d’œil !

1028 pages – Editions Buchet/Chastel Justine 1957, Balthazar 1959, Mountolive 1959, Cléa 1960 (1963 pour la traduction française)

(Aide mémoire perso :)
Je me suis demandé si j’oserais rédiger une note sur Le Quatuor d’Alexandrie, une œuvre immense, une somme de quatre romans rédigés entre 1957 et 1960 et réunis en un seul volume. Après réflexion… pourquoi pas ? Après tout, qui a vraiment lu Le Quatuor d’Alexandrie jusqu’au bout ? Car à l’instar de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, tout le monde ou presque a déjà entendu parler de ce gros roman de 1000 pages, mais peu de gens l’ont lu, du moins au-delà des cinquante premières pages. Le Quatuor d’Alexandrie, une œuvre magistrale dont je résume les quatre romans.

Justine - Dans le roman d’ouverture du Quatuor, le narrateur, un Anglais qui répond au nom de Darley, se souvient d’Alexandrie et, se souvenant, cherche à comprendre ce qu’il a vécu, confrontant ses souvenirs avec le journal que lui a laissé Justine, sa maîtresse, mais aussi l’épouse de Nessim, lui-même père biologique de la fille de Melissa, sa compagne morte de la tuberculose. Le narrateur fait donc œuvre de mémoire, tranquillement installé sur une île grecque avec l’enfant de Melissa. Le point de vue est celui du narrateur qui, bien entendu, ne sait pas tout, mais néanmoins présente tous les personnages du roman : les frères Hosnani (Nessim et Narouz), leur mère Leilla, Balthasar, Pombal, Scobie, Pursewarden et bien d’autres. Le lecteur, lui, comprend que Darley est épris de Justine dont il craint le mari, Nessim.

Balthasar - Le deuxième roman du Quatuor s’ouvre sur la visite de Balthasar sur l’île de Darley. Ayant eu accès au manuscrit de ce dernier, Balthasar le commente abondamment dans les marges et lui révèle ainsi un tout autre point de vue sur les événements. C’est ainsi que l’on apprend que Darley s’est fait manipulé par Justine et Nessim, tous deux impliqués dans un complot copte allant à l’encontre des intérêts de l’Angleterre en Égypte. Ce deuxième roman offre donc un nouvel éclairage sur le récit, notamment sur la personnalité de Justine et sur certains éléments forts, comme la scène macabre des enfants se prostituant dans un lieu sordide de la ville.

Mountolive - Ce troisième roman est le plus classique des quatre du point de vue de sa narration car, contrairement aux autres, le récit est plutôt linéaire. Il raconte l’histoire de Mountolive, jadis amant de Leïla, mère de Nessim, qui devient ambassadeur d’Angleterre en Égypte. Dans ce récit, Darley devient un personnage secondaire tandis que la famille Hosnani (Leïla et ses deux fils : Nessim et Narouz) prend une importance nouvelle. C’est dans ce roman aussi que Durell présente en détail le personnage de Pursewarden, l’écrivain torturé qui vit une relation ambiguë avec sa sœur aveugle, Liza.

Cléa - Avec ce dernier roman, Durrell refait de Darley le narrateur qui revient à Alexandrie après quelques années d’absence. Darley conduit la fille de Melissa chez Nessim, son père biologique, et se met en ménage avec Cléa. Les Hosnani, en disgrâce depuis que le pouvoir a déjoué leur complot, sont assignés à résidence sur leur terre loin de la ville. Justine, aigrie, ne cherche qu’à quitter le pays. Cléa est le roman de la mélancolie, de la fin d’Alexandrie comme ville ouverte, cosmopolite. Darley retourne sur son île grecque mais, à la fin, il prend la décision de s’installer en France, là où a déjà émigré Cléa.

Le Quatuor d’Alexandrie est un de ces romans qui relate les événements d’une époque, certes révolue comme toutes les époques, mais aussi d’un espace - la ville cosmopolite d’Alexandrie avant la Deuxième guerre mondiale. En effet, après la guerre, la coexistence paisible des différentes communautés n’est plus : la souveraineté arabo-musulmane se fait partout présente, marginalisant - en grande partie grâce aux manœuvres des anciens colonisateurs, à savoir les Anglais - les communautés coptes, grecques, juives, puis européennes. Conclusion, à la fin du récit, Cléa, amie du narrateur, choisit d’émigrer en France, tout comme Durrell lui-même, d’ailleurs, qui y terminera sa vie.

Je viens de résumer une œuvre qui, dans les faits, ne se résume pas, notamment en raison de l’absence de linéarité du récit, C’est d’ailleurs ce qui rend la lecture du Quatuor d’Alexandrie si difficile. Le style de Lawrence Durrell est foisonnant, assez déroutant parfois, mais le lecteur assidu s’y laisse vite envoûter car l’auteur nous entraîne là où il veut, maîtrisant à la perfection le destin de ses personnages. Dans ce récit en boucle, les personnages sont uniques et multiples, comme une marguerite dans un champ de marguerites, d’où leurs différents points de vue sur des événements vécus par chacun d’eux. Le Quatuor d’Alexandrie reconstitue une parcelle d’existence qui, comme la vie elle-même, ne peut être comprise qu’à partir d’un kaléidoscope, laissant apparaître du même coup la fragilité de toute vérité.

Le Quatuor d’Alexandrie est un roman d’une très grande beauté, tant du point de vue de son style que de son contenu. Un roman qui représente une occasion exceptionnelle de s’ouvrir au monde, de pénétrer une société révolue, de fréquenter des gens qu’on n’aura sans doute jamais l’occasion de fréquenter dans notre vie. En effet, seule la littérature nous permet de fréquenter des hommes et des femmes de toutes conditions, dans un axe spatio-temporel quasi infini. Et l’œuvre magistrale de Lawrence Durrell en est une magnifique illustration.

Lawrence Durrell (1912-1990) est né en Inde où il passe les onze premières années de sa vie avant d’être envoyé en Angleterre pour y poursuivre ses études. N’aimant pas le mode de vie britannique, il ne complète pas ses études universitaires et se consacre à la littérature. Après avoir publié sans succès quelques romans, il quitte l’Angleterre en 1935 et s’installe sur l’île grecque de Corfou, île qu’il quitte bientôt pour l’Égypte en raison de la montée du nazisme. Après la guerre, il se fixe à Chypre en tant qu’attaché de presse mais, à partir des années 1950, l’île est en proie à des troubles violents, ce qui l’oblige à émigrer en France. Il y restera jusqu’à son décès en 1990.

Lawrence Durrell a publié de nombreux romans et essais, son œuvre la plus remarquable demeure Le Quintette d’Avignon, une suite de cinq romans publiés entre 1974 et 1985.  

Lectures Patrick Süskind-La Contrebasse


Patrick Süskind

La Contrebasse

Traduit de l’Allemand par Bernard Lortholary

(4ème de couverture)L’instrument le plus grand, le plus gros, le plus grave de tout l’orchestre est aussi le plus puissant, le plus beau, le plus indispensable, dit d’abord le contrebassiste. Mais bientôt l’éloge pompeux de cette encombrante compagne qui occupe toute sa vie laisse transparaître les frustrations et les rancœurs du musicien et de l’homme. Peu à peu, il la dénigre, il l’insulte, il la maudit, il se révolte, il devient fou.
Comme le héros du Parfum, comme celui du Pigeon, le personnage qui monologue ici incarne une solitude extrême, exemplaire, métaphysique – et dont Patrick Süskind, avec le prodigieux talent qu’on lui connaît, parvient cette fois à nous faire rire aux larmes.
La pièce tient l’affiche depuis des années en Allemagne.
Patrick Süskind, né en 1949 à Ambach en Bavière, vit à Munich et à Paris. Il est l’auteur du roman Le Parfum et du récit Le Pigeon.
(1ere phrase :)Une chambre. Quelqu’un passe un disque, la Deuxième Symphonie de Brahms, et la fredonne en même temps.
(Dernière phrase :)Au même moment, la musique commence : Schubert, quintette La Truite, premier mouvement.
69 pages – Librairie Arthème Fayard 1984 (1989, pour la traduction française)

(Aide mémoire perso :)
La contrebasse est l'instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l'orchestre, le plus beau aussi, dit d'abord le contrebassiste. Mais bientôt l'éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancoeurs du musicien et de l'homme. Et peu à peu la haine d'abord refoulée de cette encombrante compagne s'exprime, se déchaîne et explose jusqu'à la folie...
Le contrebassiste du livre de Süskind est un musicien un peu condescendant qui monologue sur la musique en général et son instrument en particulier. Le plaisir de la lecture est doublé si on a quelques notions de musique classique ou si on connaît juste un peu les compositeurs. Puis, à mesure qu'il nous parle de sa musique, on sent le narrateur déraper peu à peu. De l'éloge de son instrument, il parle ensuite de son encombrement, de son entretien, de la place que prend cette monumentale contrebasse dans un appartement, dans une voiture, dans la vie de son musicien, jusqu'à ce que l'instrument en devienne un objet qu'on regarde avec haine...

Déchéance du discours, texte amusant, noir, ironique, le narrateur raconte la place que prend un instrument dans la vie d'un musicien. Un texte poussé à son extrême qui est vraiment agréable à lire. J'ai réellement beaucoup aimé!

Lectures Milan Kundera-L’insoutenable légèreté de l’être

 



Milan Kundera

L’insoutenable légèreté de l’être 


Traduit de tchèque par François Kérel


Postface de François Ricard


(4ème de couverture)

« Qu’est-il resté des agonisants du Cambodge ?

Une grande photo de la star américaine tenant dans ses bras un enfant jaune.

Qu’est-il resté de Thomas ?

Une inscription : Il voulait le Royaume de Dieu sur la terre.

Qu’est-il resté de Beethoven ?

Un homme morose à l’invraisemblable crinière, qui prononce d’une voix sombre : « Es muss sein ! »

Qu’est-il resté de Franz ?

Une inscription : Après un long égarement, le retour.

Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Avant d’être oubliés, nous serons changés en kitsch. Le kitsch, c’est la station de correspondance entre l’être et l’oubli. »


 (1ere phrase :)

L’éternel retour est une idée mystérieuse et, avec elle, Nietzsche a mis bien des philosophes dans l’embarras : penser qu’un jour tout se répétera comme nous l’avons déjà vécu et que même cette répétition se répétera encore indéfiniment ! Que veut dire ce mythe loufoque ?


 (Dernière phrase :)

D’en bas leur parvenait l’écho affaibli du piano et du violon.


475  pages – Editions Gallimard 1987 (1989 pour la traduction française et la postface de François Ricard)


(Aide mémoire perso :)

 

Peut-on parler de roman à thèse, à propos de L'Insoutenable Légèreté de l'être ?


Les deux premiers chapitres s'attachent à expliquer le titre, par une référence à Nietsche et à l'éternel retour. Le romancier annonce la couleur : c'est, de toute évidence, une vision tragique de l'existence que donne le récit, puisque, faute de toute reprise possible, la vie n'est qu'un essai. La vie est une répétition (au sens théâtral du terme) qui ne débouche sur aucune représentation : faute de partition à exécuter, toute existence est à la fois première et dernière. On pense à Sartre, à l'existentialisme athée.

On ne saurait toutefois réduire ce roman à une thèse ; les idées qui parcourent l'œuvre de Kundera ont été fort bien dégagées par Nancy Huston dans Professeurs de désespoir (Actes sud). Mais le plus intéressant demeure que chaque roman est avant tout une interrogation sur l'existence : ses possibilités, ses choix, ses limites, ses sens possibles. La fiction permet de mener à bien cette recherche sur l'angoissante liberté qui est la nôtre, avec, précisément, la liberté qui est le propre du genre romanesque.


C'est pourquoi Kundera refuse de se laisser prendre au piège des mots : même (et surtout) les mots connotés le plus positivement (compassion, beauté, amour, etc.) sont soumis à une implacable mise en situation ; ils sont, littéralement, mis au monde ; et non seulement les mots, mais les figures qui, par leur ancienneté, dessinent les contours de dangereuses illusions («L'amour commence par une métaphore. Autrement dit : l'amour commence à l'instant où une femme s'inscrit par une parole dans notre mémoire poétique.», p. 301). Les certitudes tissent ainsi autour de nous une toile qui se veut rassurante, mais qui nous emprisonne et nous tue : c'est le décor poétique de l'idylle et du kitsch, critiqué avec violence dans la Ve partie... autant de «mensonges visibles» (donc beaux, poétiques), qui déguisent la fascination pour la faiblesse, et occultent l'«incompréhensible» liberté qui est la seule vérité. Ce qu'on aperçoit alors (dans cette déchirure que Sabina, une des maîtresses de Tomas, représente sur ses toiles) est une liberté étourdissante (celle, justement, qui caractérise le personnage de Sabina), faite de trahisons et d'infidélités.


Le lecteur voit ainsi - de manière tangible, parce que narrée, décrite - les significations mensongères (politiques, philosophiques, culturelles), se déchirer - il assiste au surgissement de l'incompréhensible dans le visible, c'est-à-dire de la vérité dans le mensonge.


Par conséquent, le récit joue avec les attentes et les émotions du lecteur de roman, pour les déjouer, au moment même où elles pourraient être satisfaites. Ainsi, le narrateur intervient ostensiblement, soit pour développer des idées philosophiques et protéger le lecteur contre ses propres certitudes, qui fausseraient sa lecture, soit pour rappeler que le roman est une fiction (p. 63, par exemple) - ce qui ne laisse pas d'être déstabilisant.


L'idée du roman, c'est donc cette liberté : ni heureuse ni malheureuse, elle est, tout simplement, le partage des personnages de cette fiction. Et il y a, en nous-mêmes, quelque chose de ces personnages, qui nous parlent. Prenons l'amour : «les amours sont comme les empires : que disparaisse l'idée sur laquelle ils sont bâtis, ils périssent avec elle» (p. 247). Mais, privé de toute assise certaine, l'amour peut être beau, car il est «ce qui n'appartient qu'à nous et par quoi nous échappons au Créateur. L'amour, c'est notre liberté.» (p. 341)


Cette histoire d'amour et de liberté est une histoire venue de l'est, dans le contexte du "printemps" et (comme l'a appelé Dubcek lui-même) "l'hiver de Prague" : l'histoire politique d'un emprisonnement politique, militaire, idéologique à l'échelle d'un pays (et de toute l'Europe orientale soumise à la Russie), à lire conjointement avec le journal de Jan Zabrana (1931-1984), Toute une vie (Allia, 2005).


De L'Insoutenable Légèreté de l'être, nous pourrions dire que c'est le roman de la crise de la liberté individuelle, une liberté qui cherche à se donner un sens, et qui n'en trouve pas d'autre qu'elle-même. Cette évidence se montre avec la brutalité et la clarté du mythe intemporel d'Œdipe. Au règne des certitudes, l'expérience romanesque oppose l'évidence de l'absurde.

Du coup, c'est incontestablement l'autre qui en fait les frais : le roman de Kundera n'est pas un roman sur l'autre. 


La Ve partie et la VIe partie s'orientent nettement vers la démonstration. L'argumentation gagne le récit, et les personnages y perdent en profondeur.