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mardi 7 juillet 2026
Billets-“La menace, ce n’est pas les Fake News, c’est l’autoritarisme de l’État”
Billets-Avez-vous votre « Permis de Parler » ?
Avez-vous votre « Permis de Parler » ?
Heureusement aucun politicien n’a encore proposé ce genre de mesure, pour l’instant ce n’est que le délire d’un auteur de science-fiction ! Mais qui sait, la réalité finit souvent par dépasser la fiction…
En 1982, l’écrivain américain Thomas Disch imagine dans sa nouvelle L’homme sans idées un monde où l’État contrôle jusqu’à la parole la plus anodine de chaque citoyen. Pour échanger le moindre mot, il faut y être autorisé et disposer d’un « Permis de Parler ». Pourquoi ? Pour de meilleures relations entre tous… Parce que parler à n’importe qui peut représenter un danger, parce qu’une mauvaise discussion peut ennuyer, parce qu’il faut assumer ses idées et ce n’est pas si aisé… Dans ce futur proche, très proche, le Bureau fédéral des Communications veille – sa devise : « La liberté planifiée est la voie vers un progrès durable. »
Comment Thomas Disch en est-il venu à imaginer une telle situation ? La science-fiction n’est pas aussi fantaisiste qu’on pourrait le croire : bien souvent elle ne fait fait que mettre en exergue un élément caractéristique de notre propre réalité. L’idée d’un Permis de Parler semble peut-être une odieuse intrusion du pouvoir politique dans nos vies, et pourtant…
Qui n’a jamais redouté de devoir faire ou lancer la conversation avec les uns et les autres lors d’un dîner mondain, d’un cocktail ou d’une soirée ? Qui n’a jamais été embarrassé par une discussion qui traîne et se tarit sans savoir comment la relancer ou la couper ? Qui n’a jamais été intimidé face à certains interlocuteurs – professeurs, supérieurs, représentants de l’autorité – à chercher ses mots ou à craindre de ne pas être à la hauteur ? Qui n’a jamais été apeuré lors d’une altercation avec un parfait inconnu dans la rue ? Ou, à l’inverse, qui n’a jamais appréhendé d’aborder un(e) inconnu(e) dans un café ? Est-ce que je ne risque pas de déranger, ou de me ridiculiser ?
À l’origine de L’homme sans idées, voici l’anecdote rapportée avec ironie par l’auteur :
« …L’idée de cette histoire m’est venue un jour dans un bar à Schenectady. J’étais là devant une bière, l’esprit fonctionnant paresseusement, et ce dont j’avais envie juste à ce moment, c’était d’avoir quelques rapports sociaux avec mes semblables. Toutefois, ne connaissant personne autour de moi, je restais à boire ma bière sans rien dire, quand il me vint à l’esprit que les autres clients dans le bar étaient probablement là parce qu’eux aussi avaient envie de conversation, mais comme aucun d’eux n’en connaissait un autre ils faisaient de même que moi. « C’est comme si, ai-je pensé, les gens avaient besoin d’un permis avant de pouvoir entamer une conversation. »
« Certes il est possible que ça ne se soit pas passé à Schenectady, mais je suis sûr que bien des gens se sont trouvés dans la même situation dans des bars de Schenectady et qu’elle représente une expérience très commune en général. Appelez cela timidité ou, par périphrase, incapacité de communiquer.
« En tout cas, c’était là mon idée, et voici l’histoire à laquelle elle donna naissance quelque temps après. »
La libre parole n’est pas un privilège. Elle est constitutive de notre humanité et de nos sociétés. Jamais nous ne pourrons en abuser. Le risque serait au contraire de se limiter, de redouter de parler, de ne plus oser communiquer. La question n’est pas de savoir quoi dire à l’autre, mais d’oser un premier mot, aussi futile soit-il, ou un simple sourire. Seuls ceux qui attendent toujours qu’on leur accorde la permission pour telle ou telle chose de la vie se verront un jour imposer des permis – en réalité des interdictions.
Source contrepoints.org
Lectures Arnaldur INDRIDASON-La voix

Arnaldur INDRIDASON
La voix
Traduit de l’Islandais par Eric BOURY
(4ème de couverture)
Le Père Noël a été assassiné juste avant le goûter d’enfants organisé par l’hôtel de luxe envahi de touristes, alors s’il vous plaît, commissaire, pas de vagues. C’est mal connaître le commissaire Erlendur. Déprimé par les interminables fêtes de fin d’année, il s’installe à l’hôtel et mène son enquête à sa manière rude et chaotique. Les visites de sa fille, toujours tentée par la drogue, ses mauvaises fréquentations, permettent au commissaire de progresser dans sa connaissance de la prostitution de luxe, et surtout il y a cette jolie laborantine tellement troublante qu’ Erlendur lui raconte ses secrets.
Le Père Noël était portier et occupait une petite chambre dans les sous-sols depuis vingt ans, peu avant on lui avait signifié son renvoi. Mais il n’avait pas toujours été un vieil homme, il avait été Gulli, un jeune chanteur prodige, une voix exceptionnelle, un ange. Les 45 tours enregistrés par le jeune garçon, cette voix venue d’un autre monde, ouvrent la porte à des émotions et des souvenirs, à des spéculations de collectionneurs, à la découverte des relations difficiles et cruelles entre les pères et les fils.
Un roman dense et fort qui émeut profondément.
Arnaldur INDRIDASON ets né à Reykjavik en 1961, où il vit actuellement. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux parmi lesquels La Cité des Jarres (prix Clé de verre du roman noir scandinave, prix Mystère de la critique 2006 et prix Cœur noir) et la Femme en vert (prix Clé de verre du roman noir scandinave 2003 et prix CWA Gold Dagger 2005, Grande-Bretagne).
(Les personnages principaux :)
Elendur, Elinborg et Sigurdur Oil, Eva Lind.
(1ere phrase :) Elinborg les attendait à l’hôtel.
(Dernière phrase :) Ô Père, de moi faites une petite flamme en cette brève existence…
330 pages – Editions Métailié 2007
(Aide mémoire perso :)
Lectures Arnaldur INDRIDASON-L’Homme du lac
Arnaldur INDRIDASON
L’Homme du lac
Traduit de l’Islandais par Eric BOURY
(4ème de couverture)
En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s’intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l’enquête vers les ambassades des pays de l’ex-bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l’Est, pendant la guerre froide. Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l’absurdité d’un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.
Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et ému par l’amour fidèle d’une crémière abandonnée, s’obstinera à remonter la piste de l’homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.
Indridasson nous raconte une magnifique histoire d’amour victime de la cruauté de l’histoire, sans jamais sombrer dans le pathos. L’écriture, tout en retenue, rend la tragédie d’autant plus poignante.
Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, où il vit. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres (prix Clé de Verre 2002, prix Mystère de la Critique 2006), La Voix (Grand prix de littérature policière et Trophée 813, en 2007) et la Femme en vert 2003, (Gold Dagger 2005 GB et Grand Prix des lectrices de Elle policier 2007).
(Les personnages principaux :)
Erlendur, Elinborg, Sigurdur Oli, Valgerdur, Sindri, Eva Lind, Hannes, Lothar Weiser, Thomas, Emil, Ilona.
(1ere phrase :)
Elle resta longtemps immobile à scruter les ossements comme s’ils n’avaient pas dû se trouver là.
(Dernière phrase :)
-Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru, murmura Erlendur, et ses mots s’envolèrent par-delà le lac, emportés par le vent du nord.
348 pages – Editions Métailié juin 2004
(Aide mémoire perso :)
C’est l’été en Islande. Le jour est interminable et le soleil ne se couche jamais complètement, contrairement à l’hiver où il est carrément absent. Suite à un tremblement de terre, le niveau du lac de Kleifarvatn a baissé et un squelette gisant au fond depuis quelques décennies est découvert. À son pied est attaché un émetteur radio d’origine russe qui devrait dater des années 60.
Avec L’homme du lac, on découvre un Arnaldur Indridason qui maîtrise de plus en plus la mise en scène et l’intégration d’une histoire particulière dans un contexte social. Il s’est attaqué cette fois à la guerre froide, à l’état d’extrême tension en Allemagne de l’est suite à la révolte de Hongrie dans les années 50. À la paranoïa d’une part et à l’oppression de l’autre, que certains élèves Islandais – la plupart peu enclin à suivre un code de conduite extrême pour le parti communiste – ont subi malgré eux.
En remontant dans le passé, en racontant une époque absurde, révolue mais pourtant bien ancrée dans la mémoire de certains, Indridason nous entraîne vers la découverte d’une identité, celle d’un inconnu repêché dans un lac. Si au départ cette identité n’a aucune importance, elle devient peu à peu le centre du roman. Là réside tout le talent de l’auteur.
Après La Cité des jarres, La Femme en vert et La Voix, les sujets changent, mais le thème cher à l’auteur reste le même: entreprendre une enquête dans le passé pour déterrer un drame et surtout retrouver les origines d’un disparu pour qu’il puisse «dormir» en paix. Par le biais de l’enquête menée par le commissaire Erlendur – un homme taciturne et solitaire, le parfait exemple de l’antihéros avec ses problèmes familiaux, son passé lui-même complexe, sa fille et son fils qu’il apprend tranquillement à connaître – on découvre tranquillement toute une époque, celle de la guerre froide et de ses retombées en Islande, précisément auprès des étudiants partis en Allemagne de l’est.
Lectures Arnaldur INDRIDASON-La Femme en Vert
Arnaldur INDRIDASON
La Femme en Vert
(4ème de couverture)
Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d’une fête d’anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.
Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d’Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l’hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions. L’enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la seconde guerre mondiale, une femme et ses deux enfants. Une femme victime d’un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout.
Voici à nouveau le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur Oil dans un récit au rythme et à l’écriture intenses et poignants, aux images fortes et aux personnages attachants et bien construits. La mémoire est comme toujours chez INDRIDASON le pivot de ce roman haletant, qui hante longtemps ses lecteurs.
Un INDRIDASON grand cru !
Pris Clé de Verre 2003 du roman noir scandinave et Prix CWA Gold Dragger 2005 (Grande-Bretagne).
Arnaldur INDRIDASON ets né à Reykjavik en 1961, où il vit actuellement. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres ; plusieurs sont des best-sellers internationaux.
(Les personnages principaux :)Elendur, Elinborg et Sigurdur Oil, Eva Lind.
(1ere phrase :)
Il remarqua qu’il s’agissait d’un os humain dès qu’il l’enleva des mains de l’enfant qui le machouillait, assis par terre.
(Dernière phrase :)
Et, quelques minutes plus tard, elle ouvrit les yeux.
298 pages – Editions Métailié
(Aide mémoire perso :)
Un jour d'anniversaire dans une banlieue de Reykjavik, une enfant suce un objet qui s'avère être un bout d'os humain. Dans ce quartier en pleine reconstruction, un corps a été enfoui environ soixante ans plutôt! Commence alors quatre histoires qui s'imbriquent les unes dans les autres. Deux sont actuelles, le commissaire Erlendur mène cette enquête avec ses adjoints Elinborg, une des rares femmes de la police islandaise et Sigurdur Oli. Mais Erlendur en plus, doit veiller sur sa fille qui, droguée et enceinte, vient de l'appeler au secours? Mais l'enquête est là, est-elle nécessaire d'ailleurs?
Que s'est-il passé soixante ans avant dans ce qui n'était à l'époque que des résidences d'été ? Les témoins de l'époque sont rares, leurs mémoires sont un peu chancelantes. Les troupes anglaises et américaines ont stationné dans les environs, s'agit-il d'un des leurs?
Une femme sans nom raconte sa vie, ou plutôt son calvaire avec un mari à la violence extrême, elle est mère d'une petite fille handicapée. Nous les retrouverons tout au long de l'enquête quand sa vie deviendra un véritable cauchemar, avec deux enfants de plus et un mari de pire en pire.
Nous rencontrerons aussi Benjamin, riche commerçant : il était le propriétaire de cette maison. Sa sœur raconte à la police que sa fiancée a disparu juste avant son mariage. Quelles en sont les raisons, où est-elle partie? Les archéologues, chargés de sortir le corps de terre, prennent milles précautions, pendant près qu'une semaine, les policiers se posent la question, homme ou femme?
Erlandur, le commissaire est un homme solitaire, son fils le voit rarement et les visites de sa fille se terminent sous un flot de reproches. Pourquoi l'avoir appelé ce soir-là?
La femme, celle des années passées (la mère), épouse martyre, porte le poids de ses fautes. Fille mère d'une fillette handicapée, seule contre un monstre, après deux tentatives de fugues, elle s'est résignée. Ses enfants, Mikkelina et Simon aident leur mère de toutes leurs forces, seul Thomas qui ressemble à son père bénéficie de quelques bontés. Sa famille aura six mois de bonheur quand il sera emprisonné pour vol de vivre dans une base américaine, mais six mois, ce n'est pas long, l'enfer est de retour.
Le style de narration, avec ses nombreux retours en arrière est malgré tout facile à lire, car l'écriture est simple.
Extraits :
Billets-Qu’est-ce que l’individualisme ?
lundi 6 juillet 2026
Lectures Arnaldur INDRIDASON-La Cité des Jarres

La Cité des Jarres
Traduit de l’Islandais par Eric BOURY
(4ème de couverture)
Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L’inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un « truc bête et méchant » qui fait perdre son temps à la police… Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vielle de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la « Cité des Jarres », une abominable collection de bocaux renfermant des organes…
Arnaldur INDRIDASON est né à Reykjavik en 1961, où il vit actuellement. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. Arnaldur INDRIDASON a accompli un coup de maître avec son premier roman policier, déjà traduit en plus de vint langues
(Les personnages principaux :)
Elendur, Elinborg et Sigurdur Oil, Eva Lind.
(1ere phrase :)Les mots avaient été écrits au crayon à papier sur une feuille déposée sur le cadavre.
(Dernière phrase :)
- Audur, répondit-il. Il me semble que ce serait une bonne idée de l’appeler Audur.
327 pages – Editions Métailié juin 2005
(Aide mémoire perso :)
Pourquoi l'inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l'assassin d'un vieil homme dans l'ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincée sous un tiroir, la photo de la tombe d'une enfant de quatre ans ?
Pourquoi mettre toute son énergie à trouver qui a tué celui qui s'avère être un violeur ? Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant ? Comment résister à l'odeur des marais qui envahit tout un quartier de Reykjavik ?
A quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisée pudiquement la Cité des Jarres ? Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri ? Erlendur le colérique s'obstine à tenter de trouver les réponses à toutes ces questions.
Ce livre écrit avec une grande économie de moyens transmet le douloureux sens de l'inéluctable qui sous-tend les vieilles sagas qu'au Moyen Age les Islandais se racontaient pendant les longues nuits d'hiver. Il reprend leur humour sardonique, l'acceptation froide des faits et de leurs conséquences lointaines.
Billets : Mauvais choix
Mauvais choix
Billets-Exemple de népotisme et d’injustice sociale
Exemple de népotisme et d’injustice sociale
Roselyne Bachelot et le fiston parasite.
PS IMPORTANT : ce tweet a été inspiré par une publication sur Facebook, d’une personne dont je n’ai malheureusement pas retrouvé le nom. S’il se reconnaît je le créditerai volontiers .
Billets-Une part des entreprises d'IA à chaque Américain
Une part des entreprises d'IA à chaque Américain
La course à l'intelligence artificielle ne sera pas remportée par la machine la plus intelligente, mais par l'énergie la plus bon marché.






