vendredi 27 mars 2026

Billets-Les experts médiatiques sont-ils si compétents ?

 


Les experts médiatiques sont-ils si compétents ?

La compétence ne devrait-elle pas être un prérequis pour être invité à s’exprimer dans les médias ?

Au milieu des années 1980, des journalistes du magazine anglais The Economist demandent à quatre ministres des Finances, quatre dirigeants de grandes entreprises, quatre étudiants d’Oxford et quatre éboueurs londoniens de prédire l’évolution de plusieurs indicateurs économiques. Dix ans après, ils constatent que la plupart des prévisions sont fausses. Ils remarquent aussi que les éboueurs ont fait les meilleures prédictions (à égalité avec les dirigeants de grandes entreprises). Les ministres des Finances sont arrivés bons derniers…

Au même moment, Philip Tetlock, professeur à l’université de Pennsylvanie initie une étude beaucoup plus rigoureuse. Il demande à 284 experts de faire des prédictions économiques et géopolitiques (comment le PIB des États-Unis évoluera-t-il ? Le Québec fera-t-il sécession du Canada ? Le régime de l’apartheid sera-t-il aboli en Afrique du Sud ? L’Union Soviétique implosera-t-elle ?). Au total, il collecte 82 361 prédictions. Vingt ans après, il publie les résultats de son étude dans un ouvrage qui deviendra une référence (Expert Political Judgment : How Good Is It? How Can We Know ?, Princeton University Press, 2005).

Comme les journalistes de The Economist, il constate que la plupart des prédictions réalisées par les experts sont fausses. Pire, elles ne sont pas meilleures lorsqu’elles portent sur leur domaine d’expertise plutôt que sur un sujet qu’ils connaissent moins. Tetlock remarque aussi que le niveau d’études et l’expérience des experts n’ont aucun impact sur la qualité de leurs prédictions. Une seule variable influence la qualité des prédictions réalisées par les experts : leur exposition médiatique. Plus un expert est médiatique, moins ses analyses sont fiables (lire aussi l’article « Comment les experts gagnent-ils de l’influence » ) !

Renard et hérisson
À première vue, ce résultat peut sembler surprenant. La compétence ne devrait-elle pas être un prérequis pour être invité à s’exprimer dans les médias ? Pour expliquer le paradoxe selon lequel les experts les plus médiatiques sont les moins compétents, Tetlock reprend la distinction classique entre les hérissons et les renards. Dans un article intitulé « Le Hérisson et le Renard », le philosophe anglais Isaiah Berlin explique qu’il y a deux catégories de personnes : celles qui ne voient le monde qu’à travers une règle simple (les hérissons), et celles qui pensent que le monde ne peut être réduit à une idée simple (les renards). Les hérissons ont donc une idée à laquelle ils croient dur comme fer. Comme ils n’utilisent qu’une seule grille de lecture, leurs analyses sont très tranchées… mais pas forcément fiables. Les renards, eux, sont moins dogmatiques. Ils utilisent plusieurs grilles de lecture et leur pensée est en perpétuelle évolution. Cela leur permet de réaliser des analyses plus fiables que celles des hérissons… mais parfois trop subtiles pour marquer les esprits.

Les chaînes d’information en continu ont particulièrement bien compris l’impact médiatique des renards. Pour faire de l’audience, mieux vaut inviter un hérisson… ou deux hérissons avec des points de vue opposés. Même si leurs analyses sont moins rigoureuses que celles des renards, l’ambiance sur le plateau sera beaucoup plus électrique… et l’audience sera au rendez-vous.

Source contrepoints.org

Billets-Céder le patrimoine des administrations

 


Céder le patrimoine des administrations pour rembourser la dette publique

La soutenabilité fiscale de la dette publique dépend de la capacité des administrations à économiser de l’argent, c’est-à-dire à générer des excédents budgétaires. Dans un pays qui nomme « austérité » ce qui fut jadis qualifié de « cagnotte » – un déficit inférieur ou égal à la norme des 3% du PIB héritée du traité de Maastricht – on mesure combien pareil effort semble hors de portée.
Il est cependant un trésor caché – car on en parle peu – qui « gage » la dette publique : l’État, les collectivités locales et les administrations de sécurité sociale, possèdent à elles trois un patrimoine évalué à plus de 2 500 milliards d’euros (2 538 milliards fin 2010), soit environ 125% de leur passif financier!

De quoi s’agit-il ? La LOLF – Loi organique relative aux lois de finances – du 1er août 2001 engage l’État français dans un processus de modernisation budgétaire et fiscale qui, depuis 2006, débouche sur l’élaboration d’une sorte de bilan comptable consolidé des administrations publiques : le compte de patrimoine. Ce dernier, réalisé par l’INSEE, est conforme à une normalisation inspirée de la comptabilité privée : il ne recense que les actifs dont l’administration est propriétaire et qui sont susceptibles de donner lieu à transaction ; en outre, l’estimation comptable de ces actifs est aussi proche que possible de leur valeur « de marché ». Le compte de patrimoine inventorie donc ce que les collectivités publiques possèdent et qu’elles pourraient vendre à un prix relativement proche de l’évaluation comptable. Cela exclut les monuments historiques incessibles ainsi que le domaine public naturel ne donnant pas lieu à droits de propriété (rivières, littoral, etc.).

En 2010, les administrations publiques font état de 1 654 et 884 milliards d’euros d’actifs respectivement non financiers et financiers. En gros, le patrimoine de nos administrations se compose de logements, d’ouvrages de génie civil (routes, ports, aéroports, etc.), de terrains (bâtis ou non) et de titres financiers. Le patrimoine immobilier de l’État (et des « organismes divers d’administration centrale ») s’élèverait par exemple à une centaine de milliards d’euros, son portefeuille de participations avoisinant la même somme.

Les collectivités locales possèderaient, quant à elles, un cinquième environ du patrimoine immobilier français.

Tout cela est de prime abord rassurant. L’État s’est d’ailleurs doté d’organismes chargés d’optimiser la gestion de son patrimoine immobilier (France domaines), immatériel (Agence du patrimoine immatériel de l’État) et financier (Agence des participations de l’État). Pour l’heure, cependant, les cessions immobilières rapportent peu (environ un demi-milliard d’euros par an) et comme de juste, leur produit n’est que marginalement affecté au désendettement.
Quant au produit des cessions de participations (privatisations), il est destiné au financement de l’investissement public.


Supposons toutefois que le désendettement devienne une priorité absolue de politique publique. La cession d’actifs pourrait-elle alors venir au secours du portefeuille du contribuable ? Quatre réserves inclinent ici au pessimisme :
  1. La situation financière des collectivités publiques est contrastée : l’État détient relativement peu d’actifs tandis qu’il porte l’essentiel de la dette. Les collectivités locales sont naturellement dans une situation symétrique. Cette inadéquation entre actifs et passifs publics est institutionnellement problématique. On voit mal les collectivités accepter de céder leur patrimoine afin d’en affecter le produit au désendettement de l’État.

  1. On ne vend pas des actifs en urgence, à moins d’être en situation de faillite. Les actifs liquides des administrations – ceux qu’il est théoriquement loisible de « réaliser » rapidement et à bon prix (essentiellement des créances sur le secteur privé ou les non résidents) – s’élèvent à environ 159 milliards d’euros fin 2012, ce qui permet à l’INSEE d’évaluer la dette nette des administrations publiques à 1 675 milliards.

S’il s’agit d’une somme rondelette, il serait concrètement difficile de la mobiliser rapidement ; y parviendrait-on qu’en outre, cela n’épuiserait pas le problème. Prétendre apurer le passif des administrations au moyen de cessions d’actifs prendrait nécessairement du temps et ne serait fiscalement efficace qu’à condition de stabiliser le niveau de la dette publique, donc de parvenir à l’équilibre budgétaire sur longue période. Cela impliquerait que ces cessions d’actifs soient menées dans le cadre d’une politique de rationalisation des missions de l’État conduisant à une réduction durable de la dépense publique. Las, il est douteux que de telles réformes structurelles résistent aux réquisits du cycle électoral.


  1. L’évaluation comptable des actifs publics est hautement problématique. Les règles comptables en vigueur veulent qu’ils soient évalués à leur « valeur vénale » théorique, soit le prix qu’il serait raisonnable d’en attendre si on décidait de les vendre à l’instant. Quand cette évaluation est trop conjecturale (faute de marché de référence, en particulier), on recourt alors à une non moins hypothétique « valeur de remplacement au coût amorti » (au lieu de correspondre à un prix de cession probable, la valeur comptable de l’actif est alors constituée d’un coût supposé d’achat à l’état neuf, dont on déduit des amortissements correspondant à l’usure du bien). Mais combien valent, au juste, un phare, une route, une digue ou un spectre hertzien (car l’État possède aussi des actifs « incorporels ») ?

Ce problème d’évaluation est déjà conséquent quand il s’agit d’apprécier le patrimoine des entreprises privées ; toutefois, l’actif d’une entreprise a au moins le mérite de valoir ce qu’il permet de rapporter (ainsi, on peut évaluer une usine en fonction du chiffre d’affaires qu’elle permettra de générer). Et l’argent que gagne une entreprise (ses « produits » comptables) vient presque exclusivement de l’exploitation de ses actifs. Tel n’est pas le cas d’une collectivité publique : les revenus de la production et du patrimoine des administrations représentent à peine 10% de leurs recettes totales, lesquelles sont principalement constituées de prélèvements obligatoires.

Rien d’étonnant à cela : les actifs publics ne sont pas censés rapporter d’argent mais contribuer aux missions de service public ; il est donc difficile de leur attribuer une valeur vénale. C’est toute la limite d’une application des normes de comptabilité privée à l’évaluation des actifs d’une organisation publique.


  1. L’État n’est pas un vendeur comme les autres : il dispose d’une prérogative redoutée des acquéreurs. Il peut en effet toucher l’argent du beurre (le prix de cession) tout en prescrivant la manière dont le beurre doit être consommé. Il lui suffit de grever l’usage des actifs cédés de restrictions susceptibles d’en altérer la profitabilité (au vrai, ce pouvoir réglementaire peut aussi constituer un frein à l’investissement purement privé).
Il est donc périlleux de mettre la valeur supposée des actifs publics en face du montant de la dette des administrations, pour tenter d’en minimiser l’importance.
Il n’est cependant pas interdit d’espérer qu’un plan ambitieux de cession/rationalisation des actifs publics aille de pair avec une privatisation progressive de certains services d’éducation, de santé ou d’assurance en particulier (quitte, d’ailleurs, à ce que certains services non régaliens soient plus nettement qu’aujourd’hui délégués aux collectivités locales). Il en résulterait un assainissement durable de nos finances publiques, garant de l’intégrité patrimoniale du contribuable.

À défaut d’une véritable stratégie de désendettement au long cours, une autre option consisterait à répudier purement et simplement la dette publique ; certains économistes le recommandent d’ailleurs sans ambages.

Entre cette dernière option – la spoliation du créancier – et le prélèvement forcé d’un sixième du patrimoine des Français (Taxe Delpla), le lecteur pourra toujours faire son choix. Car même si le pire n’est jamais certain, les propositions radicales ont au moins valeur de sonnette d’alarme. Et le péril fiscal que constitue la dette publique est suffisamment grave pour qu’on ne se prive pas de la tirer.


Source Institut économique Molinari (par Erwan Queinnec) 

mercredi 25 mars 2026

Billets-Les interventions militaires


Les interventions militaires

Si l'on remonte à 1950 (le début de la guerre de Corée), la réponse reste la même : les États-Unis sont le pays qui a mené des opérations militaires, des bombardements ou des invasions dans le plus grand nombre de pays différents.

Le passage de 1980 à 1950 ajoute des conflits massifs comme la guerre du Vietnam ou la guerre de Corée, ainsi qu'une multitude d'interventions liées à la Guerre froide.

1. Le leader : Les États-Unis

Selon les données du Congressional Research Service et des bases de données comme le Military Intervention Project (MIP), les États-Unis sont intervenus militairement dans environ 70 à 80 pays différents depuis 1950.

  • Guerres majeures : Corée (1950), Vietnam (1964-1975), Irak (1991, 2003), Afghanistan (2001-2021).

  • Invasions/Occupations : République dominicaine (1965), Grenade (1983), Panama (1989).

  • Frappes aériennes et drones : Libye, Syrie, Yémen, Pakistan, Somalie, Yougoslavie, Soudan.

  • Opérations de changement de régime (directes ou via soutien militaire) : Guatemala (1954), Iran (1953), Chili (1973), etc.

2. Les autres puissances actives

Le classement ne change pas drastiquement, mais les chiffres augmentent pour les anciennes puissances coloniales et l'URSS :

  • La France : Elle a mené plus de 50 opérations militaires (principalement en Afrique) depuis 1950. Cela inclut les guerres de décolonisation (Indochine, Algérie) et les interventions régulières (Cameroun, Mauritanie, Tchad, Zaïre/RDC, Rwanda, Côte d'Ivoire, Mali).

  • Le Royaume-Uni : Très actif aux côtés des États-Unis ou pour défendre ses anciens territoires (Malouines en 1982, Suez en 1956, Sierra Leone, Oman, Jordanie).

  • L'URSS / Russie : Moins de pays visés en termes de quantité, mais des interventions lourdes (Hongrie 1956, Tchécoslovaquie 1968, Afghanistan 1979, Tchétchénie, Géorgie, Syrie, Ukraine).


Synthèse comparative (depuis 1950)

PaysEstimation du nombre de pays visésExemples emblématiques
États-Unis70 - 80Corée, Vietnam, Irak, Afghanistan, Panama
France25 - 30Algérie, Indochine, Tchad, Mali, Libye
Royaume-Uni20 - 25Malouines, Égypte (Suez), Irak, Sierra Leone
Russie / URSS10 - 15Afghanistan, Hongrie, Ukraine, Syrie

Pourquoi ces chiffres sont-ils débattus ?

Les historiens distinguent généralement :

  1. L'agression interétatique : Une invasion claire d'un État souverain (ex: Irak au Koweït).

  2. L'intervention sollicitée : Quand un gouvernement appelle un allié à l'aide (ex: la France au Mali).

  3. Les opérations secrètes (CIA/KGB) : Qui ne sont pas toujours comptabilisées comme des "attaques" officielles mais qui impliquent une force létale.

Le saviez-vous ? Entre 1945 et 2001, sur les 248 conflits armés recensés dans 153 régions du monde, une étude de l'American Journal of Public Health estime que les États-Unis ont été impliqués dans plus de 80% d'entre eux.

 

Dessins de presse

 


Dessins de presse

Dessins de presse

 


Dessins de presse

Billets-La France a deux justices

La France a deux justices

Tu te lèves à 6h30, encore groggy, pour filer au boulot. Avec tes 2500 euros nets par mois après 60 % de prélèvements, l’Insee te range parmi les riches. Les étudiants en sociologie aux cheveux teints qui défilaient samedi contre le grand capital te traitent de privilégié.

Pourtant tu peines à boucler tes fins de mois. Le crédit de ta Dacia, le loyer d’un appartement où tes voisins inhalent du gaz hilarant dans le hall d’entrée et le repas du samedi au Flunch avec Magalax te laissent à peine de quoi respirer. Tu allumes la radio. La fille de Jack Lang explique calmement sur France Inter qu’elle avait oublié de déclarer sa société dans un paradis fiscal et qu’elle fréquentait Jeffrey Epstein seulement pour son amour de l’art contemporain. Le journaliste acquiesce, compréhensif et bienveillant. Soudain un flash perce la brume matinale. Tu viens de te faire flasher à 40 km/h dans une zone 30 toute neuve inaugurée par le maire socialiste de ta ville. Selon lui, cette limitation sauve les manchots de l’Antarctique. Toi, contrairement à Caroline Lang, tu n’auras jamais la parole sur France Inter pour plaider ta cause et te faire plaindre. C’est cela la vraie France : les uns fraudent des millions, côtoient des prédateurs et sont excusés par les médias. Les autres triment, paient tout jusqu’au dernier centime et se font sanctionner pour le moindre kilomètre en trop. Deux poids. Deux mesures. Deux justices. Et pendant ce temps, on te fait la morale sur le climat et la solidarité. Réveille-toi. Ou continue à payer en silence.

Billets-La laisse numérique


La laisse numérique

Pour la première fois de l’histoire, on va fliquer "l’intégralité d’un peuple". Pas un quartier, pas une ville, pas une frange de suspects : tout le monde. Chaque citoyen, chaque gosse, chaque retraité, chaque emmerdeur en puissance va se voir attribuer sa belle "identité numérique" bien propre, bien traçable, bien verrouillée. Le prétexte officiel ? Vérifier que la personne n’est pas mineure. Parce que bien sûr, la seule chose qui obsède nos dirigeants, c’est de protéger les enfants. Le vrai but ? Simple, presque poétique dans sa perversité : que le jour où l’un d’entre vous osera tenir un discours anti-système qui buzz un peu trop fort, qui dérange un peu trop les puissants, on puisse vous striker en une seconde, vous coller un procès au cul avant même que vous ayez fini votre phrase, et vous faire disparaître des radars numériques comme on éteint une lumière gênante. Bienvenue dans le futur. Ils l’appellent « progrès » et « protection de l’enfance ». Moi j’appelle ça la laisse définitive, avec un joli nœud rose autour du cou.

mardi 24 mars 2026

Séries-Black Rabbit


Black Rabbit

Fiche d'analyse détaillée de la série Black Rabbit, la production Netflix qui a fait grand bruit en 2025 grâce à son duo d'acteurs prestigieux.

📋 Fiche d'Identité

  • Créateurs : Zach Baylin et Kate Susman.

  • Réalisation : Jason Bateman (pour les premiers épisodes).

  • Genre : Drame psychologique / Thriller.

  • Distribution principale :

    • Jude Law : Jake Friedken, propriétaire d'un empire nocturne à New York.

    • Jason Bateman : Vince Friedken, le frère prodige mais instable.

  • Plateforme : Netflix.

  • Format : Mini-série (Saison unique).

🎯 Synopsis

L'histoire suit Jake Friedken, un homme d'affaires influent qui gère les lieux les plus branchés de New York. Sa vie parfaitement orchestrée bascule lorsqu'il accepte de laisser revenir son frère, Vince, dans son cercle intime. Ce retour rouvre des blessures du passé et menace de détruire tout ce que Jake a bâti, alors que des secrets familiaux et des dangers extérieurs convergent vers une collision inévitable.

🔍 Analyse Thématique

1. La Dualité Fraternelle

Le cœur de la série repose sur l'opposition entre les deux frères :

  • Jake (L'Ordre) : Représente la façade, le succès matériel et le contrôle obsessionnel.

  • Vince (Le Chaos) : Incarne l'impulsivité et la vérité brute que Jake tente de masquer. La série explore l'idée que l'un ne peut exister sans l'autre, créant une dépendance toxique.

2. Le Poids du Passé

Le "Lapin Noir" du titre symbolise ces traumatismes d'enfance que l'on croit avoir enterrés mais qui finissent toujours par refaire surface. La série utilise le cadre du monde de la nuit (éphémère et superficiel) pour contraster avec la profondeur des rancœurs familiales.

3. La Corruption du Succès

À travers l'ascension de Jake, la série interroge le prix à payer pour maintenir un empire. Entre compromissions morales et paranoïa, le récit montre comment le pouvoir isole les individus.

🎬 Points Forts & Style

  • L'Alchimie Law-Bateman : C'est le moteur de la série. Le jeu tout en retenue de Jude Law face à l'intensité nerveuse de Jason Bateman crée une tension constante.

  • Mise en scène : On retrouve la patte de Bateman (déjà vue dans Ozark) : une photographie aux tons froids, une ambiance pesante et un rythme qui s'accélère progressivement.

  • L'Ambiance New-Yorkaise : La ville est traitée comme un personnage à part entière, oscillant entre le luxe des penthouses et l'ombre des ruelles sombres.

💡 Note Critique

Black Rabbit n'est pas qu'un simple thriller ; c'est une étude de caractère sombre. Si certains peuvent trouver le rythme initial un peu lent, la montée en puissance dramatique justifie l'investissement. C'est une œuvre qui privilégie les dialogues ciselés et la tension psychologique aux explosions d'action gratuites.

Le saviez-vous ? La série marque une nouvelle collaboration majeure pour Jason Bateman avec Netflix après le succès phénoménal de Ozark.

 



lundi 23 mars 2026

Billets-Municipales 2026

Municipales 2026

Les municipales de 2026 confirment la fracture : il existe désormais deux France qui ne se croisent plus. D’un côté, la France qui produit, expulsée des centres-villes par une fiscalité confiscatoire. De l’autre, une caste de vampires bourgeois qui la siphonne sous couvert de "justice sociale". Le bilan de leur "modèle" : • 57 % de dépenses publiques pour subventionner des privilégiés en appartements haussmanniens à loyer dérisoire pendant que le privé se loge à 1h de son boulot. • 6 % de déficit pour maintenir des armées de fonctionnaires territoriaux et des emplois fictifs dans des assos "citoyennes" qui ne servent qu'à leur réélection. • Une gestion à crédit où ceux qui ne paient pas d'impôts locaux décident du montant de la facture pour ceux qui bossent. La réalité est brutale : une France travaille, l'autre profite de la rente. Ils ont un besoin vital de notre argent, mais nous n'avons aucun besoin de leur idéologie de salon. Le parasitisme n'est pas une politique, c'est un arrêt de mort pour le pays réel. Comment faire ?

dimanche 22 mars 2026

Billets-L’amour, c’est maintenir en vie ceux qu’on aime


L’amour, c’est maintenir en vie ceux qu’on aime

Anonyme, fiction ?, Je n’ai pas divorcé parce que mon mari m’a trompée. Je l’ai quitté parce qu’un dimanche soir, il écoutait les interviews d’après-match pendant que notre chien faisait une crise sur le tapis du salon. Et parce qu’une fois tout terminé, il m’a dit que j’aurais dû le rappeler mieux. Je ne fuis pas un homme violent. Je quitte un homme « bien ». Un de ceux dont tout le monde dit : c’est un bon gars. Je quitte surtout un adulte qui, pendant vingt ans, a refusé de prendre réellement ses responsabilités. Je m’appelle Linda, j’ai 52 ans. À l’extérieur, mon mari est irréprochable : il accueille tout le monde au piano, aide les voisins quand une voiture ne démarre pas, allume le barbecue en août, apporte le vin aux dîners. Il travaille, ne boit pas, ne crie pas. Ma mère dirait : C’est un homme bon. Il adore ce chien. Mais un soir, assise sur une chaise en plastique dans une clinique vétérinaire d’urgence, j’ai compris une chose essentielle : L’amour, ce n’est pas dire « je vais m’en occuper ». L’amour, c’est se souvenir de ce qui maintient en vie ceux qu’on aime. Notre chien s’appelle Nino. Nino n’est pas un chien de concours. C’est un vieux chien croisé, plein de mauvaises habitudes, avec un cœur immense et une épilepsie sévère. Pour aller bien, il a besoin d’un comprimé tous les soirs à 19 heures précises. Pas à 19 h 30. Pas quand on y pense. Tous les jours. Sans exception. Pendant des années, j’ai été le système d’exploitation de la maison. Je sais quand les factures tombent. Quel médecin appeler. Où sont les papiers. Quel médicament Nino prend, et à quelle heure. Mon mari, lui, aide. Si je demande de sortir la poubelle, il la sort. Si je fais une liste, il fait les courses. Mais penser, organiser, anticiper, se souvenir… c’est moi. Je porte toute la charge mentale. Dimanche dernier, j’étais de garde à l’hôpital. Le service était saturé, impossible de partir. Je l’ai appelé à 17 h 30. Je lui ai dit qu’il y avait à manger au frigo. Et surtout : à 19 heures, la pilule de Nino. Le pilulier bleu est sur la table. Mets un réveil. Il m’a répondu oui, sans inquiétude. La radio sportive tournait derrière lui. À 18 h 45, je lui ai envoyé un message : Nino – pilule dans 15 minutes. Il a répondu ok. Je suis rentrée à 21 h 30. Silence. Nino n’était pas à la porte. Mon mari était dans le fauteuil. La radio allumée. Une boîte à pizza sur la table. Où est Nino ? Il a répondu, hésitant : C’était bizarre tout à l’heure… J’ai senti mon cœur tomber. Je l’ai trouvé coincé entre une chaise et le mur. Raide. De la mousse à la bouche. Les pattes secouées par une crise incontrôlable. Depuis combien de temps ? Une heure ? Plus ? Je n’ai pas crié. J’ai fait ce que je fais toujours : j’ai géré. Je l’ai porté, mis dans la voiture, conduit aux urgences vétérinaires, avec la peur d’arriver trop tard. Des heures d’attente. La peur. La facture. Nino a survécu, sous sédatif. Quand je suis rentrée à 3 h 30 du matin, mon mari m’attendait sur le pas de la porte. Alors ? Il va bien ? Puis il a dit la phrase qui a tout brisé : J’écoutais les interviews, j’ai été distrait. Tu aurais dû me rappeler à sept heures. À ce moment-là, j’ai compris. Ce n’était pas la pilule. C’était le fait que, pour lui, la responsabilité n’a jamais été la sienne. Si quelque chose va mal, c’est toujours parce que je n’ai pas assez contrôlé. Je lui ai dit calmement : Je ne suis pas ta mère. Je ne suis pas ta secrétaire. Je t’ai appelée. Je t’ai écrit. La seule façon d’être sûre aurait été de quitter l’hôpital pour le faire moi-même. Et si je dois tout faire, dis-moi : à quoi tu sers ici ? Il a tenté de se justifier. Il a parlé de la pelouse qu’il avait tondue. Je lui ai répondu non. Tu exécutes. Moi, je porte tout. Et ce soir, ta distraction a failli tuer quelqu’un que j’aime. Aujourd’hui, je fais des cartons. Nino est près de la porte. Il est encore fatigué, mais il sait qu’on part. Il n’a pas besoin d’explications. Je ne pars pas parce que je n’aime plus mon mari. Je pars parce que je refuse d’être la seule adulte dans la pièce. Parce qu’un partenaire n’est pas quelqu’un qui aide quand on le lui demande. Un partenaire voit. Se souvient. Se soucie. J’ai ouvert la portière de la voiture. Allez, Nino. Il est monté lentement, sans qu’on le lui dise. Moi, pour la première fois, j’ai arrêté de conduire toute ma vie pendant que quelqu’un d’autre dormait à l’arrière.