samedi 23 mai 2026

Billets-La grande dépression des médias français

  


LA GRANDE DÉPRESSION DES MÉDIAS FRANÇAIS

Les études d’opinion le montrent année après année : les Français figurent parmi les peuples les plus pessimistes au monde. Pour expliquer ce phénomène, les analystes convoquent toute une série d’hypothèses : le complexe de l’ancienne grande puissance coloniale, la tradition nationale de défiance envers le pouvoir (héritée d’une monarchie longtemps autoritaire et d’une République instable), ou encore un goût prononcé pour les « passions tristes », nourri par une culture littéraire et artistique du tragique - de Pascal à Camus en passant par Baudelaire. Curieusement, le rôle des médias dans ce climat de morosité collective est rarement interrogé. Et pourtant…

DES RÉDACTIONS AIMANTÉES PAR LE DRAME

Rares sont les pays où le flux d’informations morbides, anxiogènes ou catastrophistes atteint un tel niveau. Faits divers sordides, catastrophes naturelles, crimes, arnaques et faillites en série : l’actualité française semble ne connaître que la noirceur. Selon notre décompte réalisé depuis le 1er septembre 2025, 76 % des cinq premiers titres des journaux télévisés de TF1 et France 2 relèvent du registre dramatique ou négatif. Le constat est le même dans la presse écrite : les unes de Le Point, Marianne, Valeurs Actuelles ou L’Express rivalisent de mots anxiogènes - « crise », « effondrement », « colère », « menace », « déclin ». Quant au groupe Bolloré, il a fait de la pulsion mortifère et du catastrophisme permanent un modèle économique : plus c’est sombre, plus ça attire.

DES ÉDITORIALISTES EN DÉTRESSE EXISTENTIELLE

Le ton dominant sur les plateaux et les antennes est rarement à la nuance ou à la sérénité. Des figures comme Natacha Polony (France Inter), Franz-Olivier Giesbert (Europe 1), François Lenglet (LCI), Pascal Praud (CNews et Europe 1), Jean-Michel Aphatie (TMC) ou Béatrice Saporta (RTL) déclinent, chacun à sa manière, la même mélodie du déclin : la France serait en train de mourir, l’école s’effondre, la jeunesse ne croit plus en rien, la démocratie vacille. Le commentaire politique s’est mué en psychodrame national permanent, où l’indignation fait office d’analyse et la colère de réflexion.

UNE MÉLANCOLIE MÉDIATIQUE AUTO-ENTRETENUE

Ce climat éditorial délétère ne se contente pas de refléter la réalité sociale : il la modèle. À force d’entendre que tout va mal, les Français finissent par le croire. Obsédées par l’audience instantanée et la compétition entre chaînes d’info, les rédactions privilégient l’émotion au détriment du recul et de la nuance. Résultat : une boucle de rétroaction dépressive, où les médias amplifient la peur qu’ils prétendent simplement relater. Les mêmes s’étonnent ensuite de « la baisse de confiance des ménages » ou du ralentissement de la consommation. Mais comment pourrait-il en être autrement, quand du matin au soir le pays est abreuvé de récits anxiogènes - les fermetures d’usines sur France 2, les débats sans fin sur la réforme des retraites sur France Inter, ou les vociférations syndicales relayées en boucle sur France Info ? Le pessimisme français n’est donc pas seulement culturel ou historique : il est médiatiquement produit, scénarisé et entretenu. La « déprime nationale » a trouvé son principal fournisseur : un système médiatique converti à la dramaturgie permanente et à la fascination du pire.

Billets-Pourquoi perdre son temps à voter ?

    


Traduction : Votez pour Personne ! Personne ne tiendra ses promesses, n’écoutera vos problèmes, n’aidera les pauvres et les chômeurs. Personne ne se soucie de vous ! Si Personne est élue, les choses iront mieux pour tout le monde. Personne ne dit la vérité !

Pourquoi perdre son temps à voter ?

Le seul moyen de soustraire sa vie au pouvoir des politiciens est l’abstention.

Les régionales sont enfin passées. Une nouvelle pantalonnade s’est jouée sous nos yeux et je peux maintenant vous en parler comme l’émotion commence à retomber.

Les chiffres sont catastrophiques pour la « droite » qui ne profite pas des errements du gouvernement en place. La « gauche » s’en sort plutôt bien avec un bilan toutefois catastrophique. La véritable inquiétude provient des scores du Front National et surtout de sa progression entre les deux tours, gagnant des voix dans toutes les régions, ce qui laisse présager une réserve de voix. Le scoop de la soirée : les étatistes de tous bords ont gagné et ils pourront se partager les sièges.

Je ne vais pas vous parler des résultats aujourd’hui. Je vais vous parler du vote en lui-même car, s’il y a bien un débat qui a retenu mon attention pendant ces diverses joutes, jérémiades et autres sorties réussies de M. Bartolone, c’est bien la légitimité de l’élection. Les abstentionnistes – dont je fais partie – ont été traités au soir du premier tour et pendant la semaine d’entre deux tours des pires noms, allant jusqu’aux insultes de M. Enthoven.

Qu’est ce que le vote ?

Nous sommes en France dans une démocratie représentative où une oligarchie (la « classe politique ») est élue au pouvoir. Le vote doit permettre au citoyen de choisir parmi ces candidats celui qu’il veut porter au pouvoir. Le politicien serait le représentant élu par les votants pour s’exprimer en leur nom. En conséquence, il serait le représentant de l’intérêt général de ses électeurs.

Kenneth Arrow, économiste américain qui fut prix Nobel d’économie en 1972, développa un théorème reprenant un précédent énoncé de Condorcet selon lequel :
« Il est impossible de définir l’intérêt général à partir des choix individuels. On ne peut définir de façon cohérente une préférence collective en agrégeant des préférences individuelles. Les décisions d’un état (même démocratique) ne peuvent donc pas être légitimes. Ce « théorème d’impossibilité » s’énonce ainsi (en simplifiant, car il s’agit d’un théorème mathématique de théorie des ensembles qui réclame une démonstration élaborée) :
Il n’existe pas de fonction de choix social (un système de vote) qui puisse convertir des préférences individuelles en une décision agrégée cohérente, hormis dans le cas où la fonction de choix social coïncide avec les choix d’un seul individu (« dictateur »), indépendamment du reste de la population. »

Le théorème d’Arrow affirme qu’une collectivité ne peut procéder à un choix social indiscutable. Je vous invite à consulter les articles en liens pour la démonstration ou la vidéo sur le paradoxe de Condorcet ici. (3 min 30)

Le vote en soi n’est pas toujours représentatif de la majorité – et ce ne sont pas les socialistes qui ont voté Estrosi dans le Sud-Est qui me contrediront – mais le politicien élu par la suite est-il un juste représentant de l’intérêt de ses électeurs ?

Le mythe de l’intérêt général

Il est essentiel de nous poser cette question : comment un politicien peut-il représenter l’ensemble des électeurs ? Nous entendons souvent après une élection la personne élue déclarer qu’elle va représenter « l’ensemble des citoyens », mais comment est-ce possible ? Peut-elle représenter ceux qui n’ont pas voté pour elle, ceux qui ont voté contre elle et ceux qui ont voté pour elle ? Sur un thème donné, une décision précise à prendre, comment peut-elle connaître, sans le consulter, l’avis de ceux qu’elle représente ? Quand bien même elle le connaîtrait, l’ensemble des citoyens représentés ne peut être unanime sur la question : le représentant ira donc contre une partie des individus qu’il est censé représenter.

Prenons un exemple extrême : si une majorité d’électeurs décident de voter pour tuer la minorité, devons-nous en conclure que c’est un suicide démocratique, puisque c’est l’expression de l’intérêt général ? Cela prouve que les électeurs ne sont pas le gouvernement et que celui-ci ne représente en aucun cas le peuple. Car dans ce cas extrême, il s’agit, et tout le monde en sera d’accord, d’un meurtre de masse. Voir la citation de Rothbard dans cet article, que je n’ai volontairement pas mise dans ce billet pour éviter tout point Godwin et que j’ai donc paraphrasé.


La démocratie, c’est deux loups et un agneau votant ce qu’il y aura au dîner. La liberté, c’est un agneau bien armé qui conteste le scrutin.

L’école du choix public a également traité cette question de l’intérêt général : la politique est un marché comme un autre, avec ses offreurs (les politiciens par le biais des lois et plus généralement toutes réglementations) et ses demandeurs (les électeurs, entreprises). Offre et demande s’appuyant l’une sur l’autre, chaque partie réclame une augmentation constante du rôle de l’État. Le but est évidemment d’augmenter la rapine publique et de s’en partager les gains :
  • aux politiciens : le pouvoir, l’influence et les rentes.
  • aux électeurs : les subventions, « cadeaux fiscaux », augmentation des prestations sociales, niches, barrières à l’entrée, marchés publics …

La démocratie n’a donc pas évité l’émergence des oligarques qui, par ce mythe de l’intérêt général, s’accordent des largesses. Pour se maintenir au pouvoir, ceux-ci ont recours à des « mesurettes » et ne réforment donc jamais, suivant le théorème de l’électeur médian, permettant l’émergence de mouvances extrêmes lorsque la situation se dégrade.

« L’État, ou pour rendre les choses plus concrètes, le gouvernement, se compose d’une bande de types exactement comme vous et moi. Ils n’ont, tout bien considéré, aucun talent particulier pour les affaires du gouvernement ; ils n’en ont que pour accéder à une fonction et la garder. Dans ce but, leur principal procédé consiste à chercher des groupes de gens qui courent désespérément après quelque chose qu’ils ne peuvent pas se procurer, et à promettre de le leur donner. Neuf fois sur dix, cette promesse ne vaut rien. La dixième fois, elle est tenue en pillant A afin de satisfaire B. En d’autres termes, le gouvernement est un courtier en pillage, et chaque élection est une sorte de vente aux enchères par avance de biens à voler. » H.L. Mencken.

« Abstention piège à con ! » ou la démocratie est elle une servitude ?

Les non votants ne sont pas responsables des incompétents que les votants choisissent. L’argument « si tu n’as pas voté tu ne peux pas te plaindre » ne tient pas.

Il va falloir arrêter de culpabiliser ceux qui ne sont en rien responsables du chantier que les votants créent seul. Qu’ils assument donc leurs erreurs ! Même si ce n’est pas leur candidat qui est élu, ils sont coupables dans le sens où ils ont voulu un maître en participant à ce jeu stupide que l’on appelle « élection » et ils en ont eu un. Le votant essaye d’imposer sa vision de la société aux autres et surtout à ceux qui ne votent pas.

« L’égoïste n’est pas celui qui vit comme il lui plaît, c’est celui qui demande aux autres de vivre comme il lui plaît ; l’altruiste est celui qui laisse les autres vivre leur vie, sans intervenir. » Oscar Wilde.


Les haineux vont haïr, les étatistes vont étatiser.

L’abstentionniste est donc une personne qui n’a pas ou plus envie de participer à ce jeu de pouvoir, qui n’a pas ou plus le désir de spolier son voisin, qui veut laisser vivre autrui dans le respect mutuel de ses droits. Quelle plus belle preuve de civisme que celle-là ?

Dernier point que j’aimerais aborder : L’histoire d’un esclave de Robert Nozick, qui enseigna la philosophie à Harvard – extrait de son livre Anarchie, État et Utopie.

Dans cet exposé, Nozick nous conte l’histoire d’un esclave en 9 étapes. Cet esclave, c’est vous. (Vous pouvez les retrouver en vidéo ici)

  • Étape 1 : vous travaillez totalement pour un maître brutal et tyrannique qui vous bat selon son bon vouloir.
  • Étape 2 : le maître établit des règles et ne vous bat que lorsque vous les enfreignez et vous accorde un peu de temps libre.
  • Étape 3 : vous avez le droit de rejoindre un groupe d’esclaves et le maître, en se basant sur des principes acceptés par vous tous, décide de la répartition des biens entre vous.
  • Étape 4 : le maître vous accorde du temps de repos et vous ne travaillez pour lui plus que 3 jours sur 7, les 4 jours restant sont à votre disposition.
  • Étape 5 : vous pouvez travailler où vous le désirez mais vous devez verser au maître 3/7 de votre revenu (qui correspondent au 3 jours sur 7 que vous travailliez pour lui précédemment). Il peut également vous rappeler à n’importe quel moment pour son service sans que vous puissiez refuser et d’augmenter à tout moment la part de votre travail que vous lui devrez.
  • Étape 6 : le maître donne le droit de vote à tous sauf à vous. Ils peuvent décider démocratiquement de ce qui est autorisé ou non, la partie de votre revenu qui sera prise et dans quel programme ce revenu sera dépensé.
  • Etape 7 : le maître ne vous accorde toujours pas le droit de vote mais vous avez le droit d’essayer de convaincre ceux qui ont ce droit afin de tenter de les influencer.
  • Étape 8 : vous avez le droit de vote ! Mais seulement pour trancher en cas d’égalité. Votre vote ne sera dépouillé que si une égalité parfaite est constatée. Nozick précise qu’aucune égalité lors d’un vote n’a jamais été constatée.
  • Étape 9 : vous avez le droit de vote sans restriction ! Mais dans la pratique, votre vote n’est utile que s’il y a égalité parfaite faisant que votre vote fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre, revenant donc à l’étape 8. Et il n’y a jamais eu d’égalité.

La question est la suivante : à quelle étape, entre la première et la neuvième, cette histoire est devenue autre chose que l’histoire d’un esclave ?


Peut être devrais tu voter pour un autre maître esclavagiste ?

Pour terminer, en quoi voter pour un parti autoproclamé « républicain », qu’il soit socialiste de droite ou de gauche, est aujourd’hui différent du Front national, qui est socialiste national ? Il est d’ailleurs assez drôle de noter que la vie politique de notre pays se résume à front républicain contre front national. On voit comment le gouvernement actuel prépare la dictature de demain, vous pouvez consulter cette liste de perquisitions et autres joyeusetés mise en ligne par la Quadrature du net.

Oui, ne pas empêcher le Front national d’accéder au pouvoir peut être une erreur. Mais l’erreur n’est-elle pas plutôt de lui donner la capacité d’avoir du pouvoir en légitimant l’emprise des politiciens sur vos vies, et ça, chers votants, c’est vous seuls qui leur accordez. Les abstentionnistes, au contraire, ont bien compris que le seul moyen de soustraire à ce pouvoir est de ne plus participer.

Par Nicolas Bruel.

Source contrepoints.org

Billets-La classe moyenne crève à petit feu

 



La classe moyenne crève à petit feu

Effectivement, je le dis souvent, la classe moyenne crève à petit feu. Et tout le monde le voit. On voit défiler des vidéos, des témoignages, des gens à bout sur les réseaux, parce que les prix montent plus vite que leur salaire, parce que le caddie se vide pendant que les taxes, elles, continuent de se gaver. Alors forcément, à un moment, ça bloque, ça explose, ou ça lâche. Et le pire, c’est que ceux qui gouvernent le savent. Mais ils n’en ont plus rien à foutre. Ils pilotent un pays en ruine comme on bricole une voiture sans freins, avec pour seule ambition de tenir jusqu’au prochain mandat. Ce qui nous pend au nez, c’est une vraie purge sociale, une descente aux enfers pour ceux qui bossent encore, ceux qui paient tout, ceux qui tiennent le système à bout de bras pendant qu’on leur explique qu’ils doivent “faire des efforts”. Ces efforts, d’ailleurs, sont devenus grotesques. Travailler pour nourrir une machine qui te broie, c’est plus un contrat social, c’est une farce. Et de plus en plus de gens vont finir par se dire que jouer selon leurs règles ne sert plus à rien.


vendredi 22 mai 2026

Billets-Augmenter les impôts : une erreur économique, budgétaire et morale

 


Augmenter les impôts : une erreur économique, budgétaire et morale

Les Français prennent peu à peu conscience de l’ampleur du désastre des finances publiques, du déficit et de la dette, même s’ils ne réalisent pas toujours ce que signifient les chiffres abstraits qui leur sont présentés. Dire que le déficit sera cette année entre 5,5% et 6% du PIB est moins parlant que dire que le budget de l’Etat a un déficit de l’ordre de 32%,  c‘est-à-dire que sur 100 euros de dépenses, 32 sont financés pat l’emprunt. Dire que la dette publique est d’environ 3 200 milliards d’euros ou 110% du PIB est moins parlant que réaliser que cela représente  plus de 46 000 euros par Français, bébés compris ! Et dire que le seul paiement des intérêts représente plus de 50  milliards d’euros est moins expressif que réaliser que c’est désormais le second et bientôt le premier poste budgétaire, qui dépassera donc l’éducation nationale.

Les Français savent que ça ne peut pas durer, alors que le dernier budget à l’équilibre remonte à 1974 : 50 années de déficit ininterrompu. Pour diminuer le déficit, il n’y a que deux solutions, réduire les dépenses ou augmenter les prélèvements obligatoires, impôts et cotisations sociales, ou faire les deux choses à la fois. La réalité est plus complexe, car la seconde solution n’en n’est pas une et conduirait à des catastrophes encore plus grandes. Il faut d’abord réaliser que nous ne sommes pas seuls au monde, mais dans une économie ouverte et, en Europe, dans un marché unique. Or, si les prélèvements obligatoires servent bien à financer les dépenses, ils n’en représentent pas moins une charge qui pèse sur notre compétitivité, ce qui pénalise croissance et emploi. Il se trouve que la France a le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé de l’union européenne : il était en 2022 selon l’Insee de 48% du PIB, contre 41% en moyenne dans l’UE à 27 pays. Pour le dire de manière plus explicite, les Français passent à peu près six mois de l’année à financer les budgets de l’Etat, des collectivités et de la sécurité sociale. Certes, on dira que cela finance les dépenses publiques d’éducation de santé ou de retraite. Mais sommes-nous certains qu’ayant les prélèvements les plus élevés, nous avons la meilleure éducation, le meilleur système de santé ou les meilleures retraites ? Et comment rester compétitif dans une économie ouverte si les charges des familles et des entreprises sont plus élevées qu’ailleurs ? Quant aux dépenses publiques, elle représentant 57% du PIB, la différence avec les prélèvements étant, pour l’essentiel, les déficits publics.

Une augmentation des prélèvements, des impôts ou des cotisations sociales, quels qu’ils soient, plomberait encore plus notre économie et menacerait croissance et emplois. Et puisque la question du pouvoir d’achat revient au premier plan, toute hausse des prélèvements réduirait le pouvoir d’achat en diminuant le revenu disponible. Il faut donc, dit-on, n’augmenter les taxes  que les très hauts revenus ou les « super-profits ». Mais qui sont les plus riches ? S’il s’agit des ménages et de l’impôt sur le revenu, faut-il rappeler que seuls moins de 45% des ménages le paient. Il est beaucoup question de justice fiscale, mais l’impôt sur le revenu, en raison de sa progressivité forte, est très concentré : les 10% les plus riches assurent à eux seuls 75% des recettes de l’impôt sur le revenu. Que ceux qui ont le plus de revenus paient plus que ceux qui gagnent moins est légitime, mais, en France, ‘l’impôt sur le revenu est déjà hyper-concentré sur les 10% ayant les revenus les plus élevés. Les taux actuels sont déjà très élevés et veut-on, comme cela était le cas en Angleterre pour les revenus de l’épargne, avant l’arrivée de Margaret Thatcher, avoir un taux de 98% ? Les impôts des plus riches  sont déjà à des niveaux confiscatoires ; cela n’est ni moral, ni équitable, ni judicieux sur le plan économique. D’ailleurs, on pourrait s’interroger sur la légitimité d’un impôt progressif ; la « flat tax » (l’impôt proportionnel) semble plus équitable : chacun est imposé au même taux et donc, bien entendu, les plus riches paient plus que les autres.

Mais les Français veulent bien accroitre la fiscalité sur les « super profits ». Cette expression n’a économiquement aucun sens. Les profits sont plus ou moins élevés suivant l’état de la concurrence, l’efficacité des entrepreneurs et l’importance de la demande. C’est le jeu normal de l’économie et si on trouve naturel de rémunérer le travail ou l’épargne, il est tout aussi normal de rémunérer les entrepreneurs et les actionnaires.  Surtaxer les profits réduit la motivation à entreprendre et à créer des richesses. C’est aussi oublier que les profits servent avant tout à investir, donc à créer de nouvelles productions et de nouveaux emplois. Rappelons que c’est un chancelier allemand social-démocrate-et non « ultra-libéral », Helmut Schmildt, qui a expliqué que « les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et que les investissements de demain font les emplois d’après-demain ».

Il n’est donc ni possible économiquement, ni équitable d’augmenter encore les impôts des plus riches ou des entreprises et, de toute façon, de nouvelles taxes sur les entreprises finissent toujours par se retrouver dans les prix et donc pénalisent à terme le consommateur. Mais une hausse des impôts est aussi une erreur sur le plan budgétaire. Nous sommes à un tel niveau de prélèvements que toute hausse réduirait l’incitation à travailler, entreprendre ou épargner : c’est la fameuse courbe de Laffer, que l’on semble oublier en France. Tout le monde comprend qu’un taux d’imposition de 100% rapporte zéro car personne ne travaille pour rien. Mais un taux de 90, 80, 70, etc. va décourager une parie des personnes concernées et réduit la base imposable et donc au-delà d’un certain seuil, depuis longtemps dépassé en France, la hausse du taux d’imposition réduit l’activité économique, donc la matière imposable et rapporte moins qu’un taux plus faible. Dans les très rares cas récents où il y a eu une baisse de l’impôt sur les sociétés ou sur les revenus de l’épargne, les recettes fiscales ont augmenté, car la matière imposable a augmenté.

Mais Laffer n’a rien inventé. On savait cela depuis longtemps. Au XIX° siècle les professeurs de finance publiques disaient déjà à leurs étudiants en droit « les hauts taux tuent les totaux » selon l’aphorisme emprunté à Barthélémy de Laffemas, ministre de Sully. Aujourd’hui on dit « l’impôt tue l’impôt » ! Mais on le savait déjà au XVIII° siècle et Voltaire, pourtant peu féru d’économie, remarquait déjà, dans sa « Diatribe à l’auteur des éphémérides » de 1775, que lorsque Turgot diminua de moitié les impôts sur la « marée fraiche », il y eut l’année suivante trois fois lus de charriots et donc bien plus de rentrées fiscales. «  Donc le vrai moyen d’enrichir le roi et l’état est de diminuer tous les impôts sur la consommation ; et le vrai moyen de tout perdre est de les augmenter. ». Si Voltaire l’avait compris, il y a deux siècles et demi, peut-être les hommes politiques d’aujourd’hui peuvent-ils le comprendre ?

Augmenter les impôts est donc une erreur économique, budgétaire et morale. Mais le problème de la dette reste intact. Il n’y a donc qu’une solution, que Turgot avait déjà recommandée à Louis XVI : diminuer les dépenses. On objectera que l‘éducation, la santé ou les retraites ont besoin d’argent ce qui est vrai. La seule façon de résoudre ce dilemme est donc de réduire le périmètre de l’Etat, car beaucoup de  « services publics » pourraient être assurés à moindre coût par le secteur privé, grâce à la concurrence. C’est la seule façon de réduire la dette, tout en permettant à chacun de bénéficier de services de qualité. Beaucoup de pays l’ont fait. Pourquoi pas nous ? Cela nécessite de dépasser les préjugés idéologiques.

Source : Contrepoints

Billets-Orwell avait raison

  


ORWELL AVAIT RAISON : LE MONDE QU’IL AVAIT PRÉDIT EST DÉJÀ LÀ.

 

1984 n’était pas une fiction, c’était une prophétie. Ce que George Orwell avait décrit avec une précision terrifiante est désormais notre réalité quotidienne. Surveillance de masse, manipulation de l’information, contrôle social… tout est là, sous nos yeux.

La technologie, censée nous libérer, s’est transformée en outil de surveillance permanent.

Les écrans nous regardent, les algorithmes nous pistent, les réseaux nous cataloguent. Orwell ne s’était pas trompé, il était simplement en avance.

 

LA SURVEILLANCE DE MASSE : LE BIG BROTHER EST PARMI NOUS.

Caméras de surveillance omniprésentes, reconnaissance faciale, géolocalisation en temps réel… Big Brother n’est plus un concept, c’est un système global.

Chaque déplacement, chaque interaction, chaque achat laisse une trace numérique. Un fil invisible relie chaque citoyen à une base de données qui enregistre tout.

La Chine a perfectionné ce modèle avec son "crédit social", mais l’Occident n’est pas en reste. En France, la reconnaissance faciale se déploie dans les gares, les aéroports, les centres commerciaux. Tout est scanné, tout est fiché.

Quand le contrôle devient invisible, la liberté devient une illusion.

Orwell avait raison : la surveillance n’est plus seulement physique, elle est numérique et totale.

 

LE CONTRÔLE DE L’INFORMATION : LE MINISTÈRE DE LA VÉRITÉ EST EN MARCHE.

La désinformation organisée, le rewriting de l’histoire en direct, les médias qui ne diffusent qu’une seule version… Cela ne vous rappelle rien ?

Aujourd’hui, l’information est filtrée, contrôlée, orientée. Ce qui ne cadre pas avec la ligne officielle est purement et simplement effacé.

Les réseaux sociaux censurent, les chaînes d’information sélectionnent, les algorithmes orientent le débat public. Les "fake news" sont traquées, mais uniquement celles qui dérangent le pouvoir en place.

Quand la vérité devient un outil politique, le mensonge devient une arme.

Orwell avait raison : contrôler l’information, c’est contrôler les esprits.


LA PENSÉE UNIQUE : LE DÉLIT D’OPINION EST RÉALITÉ.

"La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force." Ces slogans d’Orwell ne sont plus de la science-fiction.

Aujourd’hui, penser différemment, c’est s’exposer à l’exclusion sociale, à la censure, voire à des poursuites judiciaires. Les plateformes suppriment les comptes dissidents, les gouvernements légifèrent pour contrôler l’opinion publique.

Le langage lui-même est réformé, épuré, aseptisé. Les mots qui dérangent sont bannis, les concepts qui choquent sont effacés. Le "politiquement correct" est devenu la Novlangue.

Quand on contrôle les mots, on contrôle les idées.

Orwell avait raison : la pensée libre est devenue un acte de rébellion.

 

VERS UN CONTRÔLE TOTAL ?

Avec l’arrivée de l’euro numérique, des identités biométriques et des systèmes de traçabilité en temps réel, le contrôle total n’est plus un fantasme dystopique.

L’argent digital permettra de tracer chaque transaction, chaque achat, chaque déplacement. La surveillance biométrique identifiera chaque visage dans les rues, chaque mouvement dans les espaces publics.

Le contrôle sera total, sans échappatoire, sans anonymat. Orwell l’avait imaginé… nous l’avons construit.

Quand le pouvoir s’invite dans vos poches, dans vos maisons, dans vos pensées, la liberté n’est plus qu’un souvenir.

Orwell avait raison : nous avons échangé notre liberté contre un faux sentiment de sécurité.

 

LA QUESTION : PEUT-ON ENCORE STOPPER CETTE MACHINE ?

La surveillance de masse est-elle réversible ? Le contrôle de l’information peut-il être brisé ? La pensée libre peut-elle encore s’exprimer sans contrainte ?

Ou sommes-nous condamnés à vivre sous l’œil du Big Brother, dans un monde où tout est su, tout est contrôlé, tout est sanctionné ?

Orwell avait raison. La question, maintenant, c’est : aura-t-on le courage de se réveiller ?


La liberté ne se réclame pas, elle se prend.

1984 n’était pas un avertissement… c’était un mode d’emploi.


Dessins de presse


 Dessins de presse

Dessins de presse

 


Dessins de presse

Billets-Le projet d'accord à 9 points entre les États-Unis et l'Iran


Projet d'accord entre les États-Unis et l'Iran

Le projet d'accord à 9 points entre les États-Unis et l'Iran a fuité. Mais le sujet qui a déclenché la guerre n'est dans aucun de ces 9 points.

Selon les allégations rapportées par Al Arabiya, le projet final d'accord entre les États-Unis et l'Iran est prêt. Au total, 9 points. À première vue, sur le papier, on dirait que la guerre est terminée : cessez-le-feu, non-agression mutuelle, levée des sanctions. Mais en lisant les points un par un, une bizarrerie apparaît. Regardons d'abord le projet lui-même, puis j'aborderai cette bizarrerie. Selon Al Arabiya, le projet contient les points suivants : 1. Cessez-le-feu total, immédiat et inconditionnel sur terre, en mer et dans les airs. 2. Ni l'une ni l'autre des parties ne ciblera aucune installation militaire, civile ou économique de l'autre. 3. Arrêt de toutes les opérations militaires, activités et guerre médiatique provocatrice. 4. Respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des pays, non-ingérence dans les affaires intérieures. 5. Garantie de la liberté de navigation dans le golfe Persique, le détroit d'Ormuz et la mer d'Arabie. 6. Création d'un comité commun pour superviser l'application de l'accord et résoudre les différends. 7. Début des négociations sur les questions non résolues dans un délai maximum de 7 jours. 8. Levée progressive des sanctions américaines à mesure que l'Iran respecte les conditions. 9. Les deux parties soulignent que l'accord est conforme au droit international et à la Charte des Nations unies. Maintenant, relisez ces neuf points du début à la fin. Il manque quelque chose. Le sujet dont on parle depuis le tout début de cette guerre, présenté comme le prétexte ouvert du conflit, n'est nulle part ici : le programme nucléaire iranien. Aucun des neuf points ne mentionne une seule fois le mot « nucléaire ». Alors, où est-il passé ? Au point 7. « Négociations sur les questions non résolues dans les 7 jours. » En d'autres termes, la véritable cause de la guerre n'est pas résolue ; elle est simplement reportée à une date ultérieure. Et il y a aussi le point 5 ; c'est là que se cache le vrai marchandage. Ormuz, c'est comme le robinet à pétrole du monde. Environ un cinquième du pétrole transporté par voie maritime passe par là. Le plus grand atout de l'Iran était sa capacité à fermer ce détroit. « Garantie de la liberté de navigation » signifie que l'Iran renonce à cet atout. Imaginons que l'accord soit signé tel quel. Voyons ce que chaque partie en retire. Regardez du côté de l'Iran : cessez-le-feu, assouplissement des sanctions, arrêt des attaques, accent sur sa souveraineté. En bref, un répit et un allègement économique. Regardez du côté des États-Unis : Ormuz est ouvert sur le papier, et l'Iran est assis à la table des négociations sans que les Américains aient à s'engager dans une guerre terrestre qu'ils ne pourraient pas gagner. Mais attention : aucune des deux parties n'obtient ce qu'elle voulait vraiment. L'Iran n'a pas pu graver de manière permanente son atout Ormuz en sa faveur. Les États-Unis n'ont pas pu mettre fin au programme nucléaire. Les deux sont reportés.