dimanche 9 avril 2017

Photos mythiques-Le camp de Bergen-Belsen

Le camp de Bergen-Belsen
Photo : George Rodger (1945)



Un enfant juif hollandais marche dans le camp de Bergen-Belsen.

Rodger écrira : «Sous les pins, les morts jonchent le sol, non pas par deux ou trois, ni par douzaine mais par milliers. Les petits enfants appuient leur tête contre les cadavres puants de leur mère. Ils n'ont même plus la force de pleurer.» Le choc le plus violent de sa carrière. Dans tous les coins de l'Asie, l'Afrique, l'Europe, il avait vu des cadavres. Mais là, selon ses propres mots, il découvre «le stade ultime de l'avilissement humain».
A la suite de ce reportage, George Rodger ne pourra plus jamais photographier la guerre.
«Ces images font partie de notre mémoire collective» commentera plus tard H. Cartier-Bresson.

C’est au cours de l’année 1941 que le gouvernement nazi prit la décision d’exterminer les Juifs dont il avait déjà organisé l’esclavage. D’autres populations, comme les Tsiganes, étaient promises au même sort. Des camps d’extermination s’ajoutèrent alors à la liste des camps de concentration qui accueillaient depuis 1933 tous les opposants au nazisme.

Camp de prisonniers de guerre en 1941, Bergen est mis à la disposition de l'administration S.S. vers le mois d'avril 1943 et devient camp de concentration ou sont d'abord internés des juifs "protégés" que les nazis envisagent d’échanger.

Il est installé à 100 km de Hambourg, à 65 km de Hanovre, dans la lande de Lunebourg. Les premiers groupes de déportés sont des juifs d'Albanie, de Grèce, de Hongrie, des Pays-Bas, de Pologne. A la fin de l’année 1944, l'effectif est de 15 227 internés, il passera en mars 1945, à 50 000 dont 26 300 femmes.

Peu à peu, Bergen-Belsen devient le "camp mouroir".

Aux premiers jours d'avril 1945, un second camp est installé, à quelques kilomètres du camp 1, dans les casernes de Belsen. Il recevra les contingents d'hommes, de femmes et d'enfants qui, depuis février, à l'approche des alliés, viennent jour et nuit, par dizaines de milliers, à pied, en camions, des autres camps : Auschwitz, Buchenwald, Dora, Dachau, Sachsenhausen, Neuengamme... cet afflux de convois en désordre et les méthodes employées par le commandant du camp Joseph Kramer provoquèrent une effroyable tragédie.

La surpopulation, les mauvaises conditions sanitaires et le manque de nourriture provoquèrent une épidémie de typhus. Pendant les premiers mois de 1945, des dizaines de milliers de prisonniers - l'estimation est de 35 000 -, moururent.
Lorsque les troupes britanniques pénétrèrent dans le camp, le 15 avril 1945, elles découvrirent des images de cauchemar. Elles trouvèrent dans le camp 60 000 prisonniers, gravement malades pour la plupart. Des milliers de cadavres reposaient sur le sol du camp, non enterrés. Plus de 10 000 anciens prisonniers, trop affaiblis, moururent après la libération.
Après l'évacuation de Bergen-Belsen, l'armée britannique brûla complètement le camp pour éviter la propagation du typhus.
Environ 50 000 personnes moururent dans le camp de concentration de Bergen-Belsen. 


George Rodger

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