vendredi 25 mai 2012

Recettes Vietnamiennes-Pudding à la banane (Banh Chuoi Nuong)


Pudding à la banane (Banh Chuoi Nuong)

Préparation : 15 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 à 6 personnes 
15 cl de lait de coco
½ cuillerée à café d’essence de vanille pure
8 tranches de pain blanc écroûté
Beurre
700 g de bananes mûres
120 g de sucre roux
1. Mélangez le lait de coco et l’essence de vanille dans une assiette creuse. Ajoutez les tranches de pain et laissez-les tremper pendant 10 minutes.
2. Beurrez légèrement un moule antiadhésif de 20 cm de diamètre. Superposez des couches de tranches de pain imprégnées du lait de coco, de bananes et de sucre, en commençant par une couche de pain et en finissant par une couche de bananes saupoudrées de sucre.
3. Préchauffez le four à 180° C (th. 6).
4. Faites cuire au four pendant 30 minutes environ. Laissez refroidir au moins 3 heures avant de démouler le pudding.
Ce dessert est très apprécié. Il en existe plusieurs variantes, notamment une recette où l’on mélange du lait concentré au lait de coco. Contrairement à d’autres puddings, celui-ci est très moelleux.

jeudi 24 mai 2012

Recettes Vietnamiennes-Crème caramel à la noix de coco (Banh Flan)

Crème caramel à la noix de coco (Banh Flan)

Préparation : 20 mn
Cuisson : 40 mn
Pour 4 personnes 
120 g de sucre semoule
25 cl de lait
25 cl de lait de coco
4 œufs battus
60 g de sucre en poudre
Quelques gouttes d’essence de vanille pure
25 g de noix de coco fraîchement râpée ou séchée
1. Versez le sucre semoule dans une casserole à fond épais. Ajoutez 10 cl d’eau. Portez à ébullition, en remuant pour dissoudre le sucre. Laissez bouillir jusqu’à ce que le mélange caramélise. Retirez du feu et ajoutez 2 cuillerées à soupe d’eau. Remuez jusqu’à ca que le caramel soit onctueux, puis répartissez-le dans quatre ramequins de 9 cm de diamètre.
2. Versez le lait et le lait de coco dans la casserole, mélangez et faites chauffer jusqu’à l’apparition de bulles sur les bords. Ôtez la casserole du feu. Incorporez les œufs, le sucre en poudre et l’essence de vanille en fouettant. Ajoutez la noix de coco. Répartissez le mélange dans les ramequins.
3. Préchauffez le four à 160° C (th. 5-6).
4. Versez de l’eau dans un plat à four jusqu’à mi-hauteur. Placez une grille sur le plat et disposez les ramequins sur la grille. Faites cuire au four pendant 40 minutes environ. Laissez refroidir. Décollez les bords, puis démoulez pour servir.
La crème caramel, souvent aromatisée à la noix de coco, est si appréciée au Vietnam que l’on a presque oublié ses origines françaises. Elle est servie partout : dans la rue, sur les marchés et dans les restaurants de luxe. Cette recette est celle du chef de l’hôtel Omni Saigon.


mercredi 23 mai 2012

Recettes Vietnamiennes-Bananes au lait de coco (Che Chuoi)


Bananes au lait de coco (Che Chuoi)

Préparation : 15 mn 
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes 
50 g de sagou
40 cl de lait de coco
60 g de sucre en poudre
450 g de bananes
1. Faites tremper le sagou dans de l’eau froide pendant 10 minutes. Égouttez-le.
2. Versez 40 cl d’eau dans une casserole. Ajoutez le lait de coco et le sucre. Mélangez et portez à ébullition.
3. Coupez les bananes en deux dans la longueur, puis en tronçons de 5 cm. Incorporez le sagou et les tronçons de banane au lait de coco et laissez cuire pendant 10 minutes environ, en remuant de temps en temps. Le sagou doit être transparent et les bananes bien tendres. Servez chaud.
Ce gâteau à la banane trône sur les étals des marchés, à côté de crème caramel et de boissons colorées au lait de coco, agrémentées de gelée, de haricots et de glace – autant de desserts très appréciés des jeunes femmes vietnamiennes. Il se déguste plutôt au milieu de la matinée ou de l’après-midi qu’en dessert.


mardi 22 mai 2012

Recettes Vietnamiennes-Tofu au gingembre (Che Dau Hu)


Tofu au gingembre (Che Dau Hu)

Préparation : 10 mn
Cuisson : 3 mn
Pour 4 personnes 
450 g de tofu
60 g de sucre roux
1 morceau de gingembre frais de 2,5 cm finement râpé
½ lime
1. Coupez le tofu en tranches fines. Répartissez-les dans 4 bols.
2. Versez 25 cl d’eau dans une casserole. Ajoutez le sucre, mélangez et portez à ébullition. Incorporez le gingembre, remuez pendant 1 minute, puis versez ce sirop sur le tofu.
3. Arrosez avec un filet de jus de lime et servez.
Autrefois, pour confectionner ce plat, on utilisait du tofu maison, préparé avec des haricots de soja, de la farine et de la poudre de gypse. Aujourd’hui, on emploie plutôt du tofu tout prêt.

dimanche 20 mai 2012

Recettes: Tartes-Tarte aux fraises

Tarte aux fraises

Préparation : 40 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
500 g de fraises
Pour la pâte
150 g de beurre
1 œuf
250 g de farine
100 g de sucre
1 pincée de sel
Pour la garniture
2 jaunes d’œufs
20 cl de lait entier
60 g de sucre glace
1 cuillerée à café d’extrait de vanille
1 cuillerée à soupe de crème fraîche épaisse
25 g de maïzena

1. Mélangez la farine avec le sucre, ajoutez le sel et le beurre coupé en morceau, mixez ou travaillez avec les mains. Quand la pâte est bien mélangée, ajoutez l’œuf entier, mélangez à nouveau. Laissez reposer 1 heure au frais.
2. Étalez la pâte dans un moule à tarte beurré de 26 cm. Piquez le fond avec une fourchette. Recouvrez la pâte d’un papier de cuisson. Faites cuire au four préchauffé à 180 °C '(th. 6), pendant 25 à 30 minutes. Laissez refroidir.
3. Pendant ce temps, préparez la crème pâtissière : faites chauffer le lait. Fouettez les jaunes avec le sucre, l’extrait de vanille et la maïzena, versez le lait chaud, mélangez, replacez sur le feu et sans cesser de remuer laissez épaissir et cuire 2 minutes. Hors du feu ajoutez la crème, mélangez et laissez refroidir.
4. Étalez le mélange sur la pâte de la tarte, disposez les fraises. Saupoudrez de sucre glace et servez sans plus tarder pour éviter à la pâte de se détremper.
Vous pouvez parfumer la crème avec 2 cuillerées à soupe d’eau de fleur d’oranger ou recouvrir les fraises, comme chez le pâtissier, d’une couche de gelée de groseilles fondues.


mardi 15 mai 2012

Recettes: Desserts-Poêlée de mûres


Poêlée de mûres 
 
Préparation : 20 mn
Cuisson : 10 mn
 

Pour 2 personnes
250 g de mûres
10 cl de lait
2 œufs
30 g de beurre salé
80 g de farine
½ sachet de levure
1 sachet de sucre vanillé

1. Dans une jatte, versez la farine, la levure et la moitié du sucre, mélangez. Incorporez 20 g de beurre, les œufs et le lait, mélangez bien.
2. Faites fondre doucement le reste du beurre dans une grande poêle.
3. Mettez les mûres dans un saladier. Saupoudrez-les de sucre, mélangez, et sans attendre disposez-les dans la poêle. Versez la pâte dessus et laissez cuire le gâteau à la façon d’un pancake, 15 minutes à feu très doux. Quand la pâte est suffisamment prise, saupoudrez-la des deux sucres.
4. Retournez-la à l’aide d’une assiette et laissez caraméliser l’autre côté du gâteau, 5 minutes environ. Dégustez chaud ou tiède, selon votre goût.


lundi 14 mai 2012

Recettes: Desserts-Tian aux poires


Tian aux poires

Préparation : 15 mn
Cuisson : 1 heure
 

Pour 1 grand plat
1.2 kg de poires Conférence
80 g de cerneaux de noix
2 cuillerées à café de cannelle
150 g de sucre en poudre
100 g de beurre
 

1. Coupez les poires en quartiers. Ôtez le cœur. Pelez-les et coupez-les en lamelles.
2. Concassez grossièrement les noix. Mélangez le sucre et la cannelle. 
3. Préchauffez le four à 160 °C (th. 5-6). 
4. Beurrez un tian. Saupoudrez le fond de sucre à la cannelle. Garnissez-le de poires et de noix en couches alternées, avec du sucre à la cannelle et des petits morceaux de beurre. Terminez par une couche de sucre et de beurre. 
5. Faites cuire 1 heure au four. Servez tiède dans le plat de cuisson.

dimanche 13 mai 2012

Recettes: Desserts-Galette aux pommes


Galette aux pommes

Préparation : 20 mn
Cuisson :
55 mn
Pour 4 personnes
3 pommes granny-smith

65 g de graines de pavot

30 g de beurre

110 g de cassonade

1 œuf
2 rouleaux de pâte feuilletée de 250 g chacun

1.
Épluchez les pommes et coupez-les en petits morceaux.
2.
Dans une grande casserole, poêlez le pavot avec le beurre et la cassonade pendant 5 minutes. Ajoutez les pommes, baissez le feu et couvrez. Continuez à cuire 15 minutes pour obtenir une compote dense contenant des morceaux.
3.
Préchauffez le four à 190 °C (th. 6-7). Battez l’œuf.
4.
Couvrez la plaque du four de papier sulfurisé. Coupez 2 ronds de pâte de 30 cm de diamètre.
5.
Placez un rond sur la plaque et couvrez de compote de pomme et de pavot. Superposez l’autre rond de pâte en collant le pourtour avec les doigts. Incisez le haut de la galette à l’aide d’un couteau. Dorez la galette avec de l’œuf en utilisant un pinceau de cuisine.
6.
Faites cuire au four pendant 35 minutes.
En ajoutant une fève à la farce, cette galette devient une originale galette des rois.


jeudi 10 mai 2012

Recettes Tartes-Tarte aux quetsches d’Eric Kayser



Tarte aux quetsches d’Eric Kayser

Pour la pâte
Préparation : 10 mn
Temps de réfrigération de la pâte : 1 nuit
Pour 3 tartes
300 g de beurre ramolli
60 g de sucre en poudre
125 g de sucre glace
60 g de poudre d’amandes
5 g de sel
2 œufs entiers
500 g de farine

Pour la garniture
Préparation : 20 mn
Temps de cuisson : 30 mn
Pour 1 tarte rectangulaire de 20x30 cm
250 g de pâte sablée aux amandes
1 kg de quetsches
3 œufs entiers
245 g de sucre en poudre
80 g de poudre d’amandes
8 g de cannelle en poudre + un peu pour le décor
10 cl de crème liquide
40 g de beurre fondu
Sucre glace
Cannelle en poudre
Préparation de la pâte
1. Dans le bol d’un robot, malaxez le beurre en pommade. Mêlez le sucre en poudre, le sucre glace, la poudre d’amandes et le sel.
2. Incorporez les œufs un à un. Versez la farine et mélangez bien le tout.
3. Roulez la pâte en boule, enveloppez-la d’un film alimentaire et gardez-la au réfrigérateur une nuit.
Préparation de la garniture
4. Préchauffez le four à 160° C (th. 5-6).
5. Lavez et essuyez les quetsches avec du papier absorbant. Coupez-les en deux et ôtez le noyau.
6. Dans une jatte, fouettez les œufs avec le sucre en poudre. Ajoutez la poudre d’amande, la cannelle et la crème liquide. Mélangez puis versez le beurre fondu. Mêlez à nouveau.
7. Foncez le moule avec la pâte sablée aux amandes. Versez la moitié de la préparation puis disposez les demi-quetsches. Versez le reste de l’appareil et enfournez 30 minutes.
Servez froid saupoudré de sucre glace mélangé de cannelle.
Conseil
Cette recette de pâte sablée vous permet de réaliser 3 tartes. Prélevez un tiers de la pâte pour faire votre tarte et filmez le reste en deux parts égales à réservez au congélateur pour une utilisation ultérieure.
Lorsque vous en avez besoin, placez la pâte congelée au réfrigérateur la veille pour la laisser décongeler en douceur. Sortez-la du réfrigérateur 15 minutes avant utilisation.


dimanche 6 mai 2012

Billets-Entretien avec Russel Banks

Entretien avec Russel Banks 
Il reste le meilleur portraitiste des marginaux de l’Amérique. Son nouveau roman, Lointain souvenir de la peau, suit un jeune exclu accusé de pédophilie. Rencontre avec Russell Banks, écrivain généreux.

 
Russell Banks (Alexandre Guirkinger).

"Vous fumez ? Merveilleux ! Je peux vous en piquer une ? Vous comprenez, j’ai arrêté le tabac." Cet après-midi ensoleillé de mars, Russell Banks a le contact direct et chaleureux, ce qui ne se démentira pas pendant tout le temps de l’entretien. Bel homme aux cheveux blancs, élégant en costume anthracite et fin diamant à l’oreille gauche, Banks est du pain béni pour tout amoureux de littérature américaine. Presque une caricature ambulante d’écrivain US qui validerait par sa seule existence toute notre fantasmagorie de petit Français élevé au lait de Faulkner ou d’Hemingway : issu des classes populaires, fils d’un plombier alcoolique qui le cognait, sauvé par la seule grâce de l’écriture.
Une belle histoire de rédemption typiquement américaine : contrairement à leurs homologues français, nombre d’auteurs US viennent de milieux défavorisés et d’existences roots. Très vite, Russell Banks s’est d’ailleurs mis à écrire sur les laissés-pour-compte de la société américaine, ne reniant jamais ses origines. S’il avait pourtant opéré depuis dix-sept ans et Sous le règne de Bone un détour par des personnages plus aisés (dans American Darling, entre autres), il renoue enfin dans Lointain souvenir de la peau avec ce qu’il fait de mieux – explorer la vie des marginaux -, sans rien oublier des questions les plus contemporaines telles le web, la pornographie ou le sexe virtuel.
De cette dématérialisation du corps et du sexe, le Kid, 22 ans, est le meilleur symptôme et aussi la victime : un gamin qui n’a jamais fait l’amour, solitaire dans une famille dysfonctionnelle, et qui ne connaît les femmes qu’à travers des images pornographiques qu’il visionne assidûment. Dès le début, on le découvre vivant sous un pont avec d’autres SDF, prisonnier d’une accusation de crime pédophile et d’un bracelet électronique, avec pour seule attache affective un iguane surnommé Iggy.
La force de Russell Banks est de susciter notre empathie pour ce personnage hors norme, même si l’on ne saura pas avant la moitié du roman quelle est la nature véritable de son crime. D’autres personnages tenteront de venir à sa rescousse, comme l’étrange et obèse Professeur, hanté par force secrets et autres obsessions, marié mais dont la vie sexuelle est aussi réduite à néant.
Russell Banks signe dans Lointain souvenir de la peau ses plus grandes scènes d’anthologie, typiques d’une grande tradition littéraire américaine, c’est-à-dire profondément marquantes grâce à une puissance visuelle inouïe : une descente de flics édifiante, un ouragan où les pires criminels se révèlent d’une humanité bouleversante, etc. Car il a beau être devenu l’un des plus grands écrivains américains, Russell Banks n’a rien perdu de son exigence d’être humain. C’est peut-être pourquoi aussi il est l’un des écrivains qu’on a le plus de plaisir à rencontrer.

Vous n’aviez pas écrit autour des classes défavorisées et des SDF depuis Sous le règne de Bone en 1995. Qu’est-ce qui a motivé ce retour à votre thème de prédilection ?
Russell Banks - Je vis à Miami Beach six mois par an. Un jour, dans le journal, je lis qu’une colonie de SDF campe sur le quai que je vois depuis mon balcon : des hommes jugés pour des crimes sexuels et à qui, après leur sortie de prison, on interdit de vivre près de lieux fréquentés par des enfants, donc à peu près partout. Ils campent donc ensemble, avec des bracelets électroniques : des parias dans une prison virtuelle, invisibles aux autres. Cela m’a bouleversé. Je peux très bien imaginer comment on en arrive là, être un gamin sexuellement perturbé qui se retrouve catalogué criminel sexuel et doit survivre dans la rue parmi de véritables pédophiles. Je connais le fils d’un ami qui, à 22 ans, a eu une liaison avec une fille de 15 ans : la police l’a arrêté alors que leur relation était très tendre. C’est à partir de tout ça que j’ai imaginé le Kid.
Par ailleurs, je réfléchissais depuis longtemps à la diffusion de la pornographie sur le web et à notre impossibilité d’y échapper. Et aussi à la virtualisation des contacts humains. La façon dont on communique intimement les uns avec les autres passe de plus en plus par internet. Je ne porte pas de jugement là-dessus, simplement je m’interroge sur les conséquences que cela peut avoir sur les mentalités. Car culturellement, il s’agit d’un changement très important. Je constatais aussi un certain affolement à protéger nos enfants, devenu un véritable symptôme : on croit qu’on ne peut les protéger qu’à grands coups de lois. Aux Etats-Unis, les politiciens exploitent ainsi nos peurs pour installer leur pouvoir.

Écrivez-vous généralement contre ?
C’est inévitable : si on écrit pour, on écrit forcément contre. Mais je dirais que j’écris d’abord pour, c’est-à-dire pour mes personnages, par compassion pour eux. Donc, écrire contre, c’est écrire contre ce qui va contre eux : les ennemis de mes personnages sont mes ennemis (rires). Comme tous les romanciers, j’écris aussi contre les idées reçues et l’étroitesse d’esprit. Le roman est la meilleure des formes pour restituer avec empathie, et le plus dignement possible, la vie intérieure des êtres humains. Depuis Cervantès et le XVIe siècle, la littérature s’est toujours emparée de l’intériorité d’un personnage en lui donnant du sens. Je pense que le roman reste la forme artistique la plus démocratique qui soit. Sinon, je n’ai pas d’idéologie ou de position politique quand j’écris.

Quelles sont les conséquences du web et de la pornographie ?
A un moment du récit, le Kid rencontre un écrivain et lui dit que les romanciers posent des questions mais n’apportent pas de réponses. Eh bien c’est ce que je vous répondrais. Ce soir, par exemple (mardi 13 mars – ndlr), je dois faire une conférence sur la pornographie à la BNF avec un philosophe et franchement, je ne sais pas quoi en dire… Sinon peut-être que si j’ai plutôt des idées libertaires dans ce domaine, nous devons avoir conscience des dangers de la pornographie, comme pour l’alcool ou le tabac – sans pour autant que ça devienne illégal. C’est bien la seule position que je peux prendre sur le sujet. Et peut-être aussi que la propagation virtuelle de la pornographie risque de brouiller les limites entre fantasmes et réalité, créer une sorte de zone grise dans laquelle les adolescents vont vivre leur sexualité.
En fait, le sujet principal de mon livre n’est pas tant internet ou la pornographie que la perte de contact avec notre propre corps. Pour les Américains, c’est encore plus évident. Il suffit de sortir des villes pour constater que l’obésité s’est propagée à la vitesse d’une épidémie. C’en est tellement choquant que je ne m’y suis jamais habitué. Est-ce dû à l’industrialisation de la nourriture ? Au manque d’argent ? Est-ce une question de classe sociale ? Je ne saurais le dire. Il serait facile de les mépriser mais ce sont des victimes.

Manger pourrait ressembler à une forme d’addiction, comme la pornographie. En fait, votre livre peut se lire comme un grand livre sur l’obsession.
Peut-être, oui… Mais pour être honnête, j’essaie encore de comprendre sur quoi porte mon roman. Et je n’y arrive pas. Je ne sais pas sur quoi j’écris.

Avez-vous une technique d’écriture ? Des scènes que vous aimez particulièrement travailler ?
Pour ce roman, j’ai adoré relater les échanges de mails entre le Kid et la fille qu’il drague sur le net, parce que cela m’a amené à pratiquer un langage que je n’avais jamais exploré. D’ailleurs, j’aimerais écrire un roman entièrement composé de tweets, de mails ou de chats. Ce langage et ses limites m’intéressent beaucoup. Quant à ma technique, il me faut avant tout visualiser les scènes que j’écris. Je "vois" mes scènes comme si je rêvais. Si je ne vois plus, c’est que j’ai un problème d’écriture. Tout mon travail est très visuel. Il me faut avoir l’impression d’être le témoin de quelque chose. Pour moi, écrire, c’est être un témoin.

Qu’avez-vous appris durant ces quatre décennies d’écriture ?
Jeune, j’ignorais ce que je faisais en écrivant et, comme cela me rendait anxieux, le fait même d’écrire devenait difficile. Bref, je ne m’en sortais pas. En vieillissant, je ne sais toujours pas où je vais quand j’écris, mais cela ne m’angoisse plus du tout. J’ai même compris que ça faisait partie du processus littéraire. Si j’avais trop conscience de ce que je suis en train de faire, ce serait mauvais, je ne serais plus en train d’écrire mais de prêcher ce que je sais déjà. Mon mentor, quand j’étais jeune, était l’écrivain Nelson Algren. Il ne cessait de me dire qu’un écrivain qui sait ce qu’il fait n’en sait au fond pas très long.

Pensez-vous appartenir à une tradition littéraire américaine ?
Je le croyais car, plus jeune, mes modèles littéraires étaient américains : Hemingway et Faulkner vivaient encore, ces auteurs du XXe siècle ont été très présents pour moi. Aujourd’hui, si en tant que citoyen je me sens certes américain, en tant qu’écrivain je ne me sens d’aucune nationalité. Je me sens aussi proche d’un écrivain chinois ou cubain que d’un écrivain américain. Essayer d’écrire de la littérature transcende la langue, la nation, le genre sexuel. Nous appartenons tous à la même tribu.

Diriez-vous pourtant, comme beaucoup le pensent de vous, que votre grand sujet reste l’Amérique ?
C’est inévitable, puisque j’y vis et que les Américains sont les gens que je connais le mieux. Mais dans American Darling par exemple, je parlais beaucoup de l’Afrique. Et les questions qu’aborde Lointain souvenir de la peau – internet, la pornographie, etc. – sont communes à l’ensemble du monde occidental. C’est pour cela que j’ai changé le nom de la ville, qui ne s’appelle plus Miami, et que je n’ai pas donné de noms à mes personnages autres que le Kid, le Professeur, l’Ecrivain : ce sont des archétypes. La particularité américaine, c’est le problème que pose ce qu’on appelle le libéralisme sexuel : il suscite une peur et provoque une montée des intégrismes catholiques ou musulmans.

Vous vous êtes beaucoup engagé contre George W. Bush. A présent que Barack Obama est président, avez-vous encore des raisons de vous battre ?
Oh oui. On ne vit pas encore dans une société dénuée de racisme. Et dans notre monde, l’écart entre riches et pauvres s’agrandit dangereusement.

Que pensez-vous d’Obama ?
D’abord, Obama n’est pas un malade mental, ce qui est extrêmement rare dans l’histoire des présidents américains. J’ai voté et voterai encore pour lui. N’oublions pas qu’il a récupéré le pays dans un sale état : huit ans de Bush, deux guerres et une économie foutue. Il a fait du bon boulot. Mais je ne me faisais pas non plus de grandes illusions : je n’ai jamais espéré qu’il soit autre chose qu’un centriste et c’est ce qu’il est. S’il remporte la prochaine élection – et je suis sûr qu’il va gagner tant les républicains sont incapables -, il aura cette fois-ci le temps de réaliser avec plus de liberté ses propres idées plutôt que de rectifier les conneries des autres.
Et si on peut sortir de l’Afghanistan, de l’Irak, si Israël et l’Iran n’entrent pas en guerre, si l’économie se rétablit, nous pourrons enfin respirer un peu et commencer à réparer ce qui ne va pas chez nous en réinvestissant dans l’éducation, l’énergie, etc. Ce n’est jamais facile d’atteindre ces buts en Amérique, car c’est un pays essentiellement conservateur, religieux et raciste. C’est avec ça que nous avons à dealer et c’est pourquoi il nous est si difficile d’atteindre des buts progressistes.

Ecrivez-vous encore des tribunes dans la presse ?
Vous savez, je vais avoir 72 ans. Quand je pense à mes 60 ans, j’ai l’impression que c’était hier, alors je sais que le temps qui me sépare de mes 80 ans va passer à la vitesse de l’éclair. En vieillissant, j’ai une conscience de plus en plus aiguë du temps qui passe. Je compte utiliser les années qui me restent à écrire de la fiction, pas du journalisme.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune écrivain ?
En ces temps de peopolisation, se concentrer sur ce qu’il écrit, pas sur sa carrière. Sa carrière, c’est à d’autres de s’en occuper.


Source les inrocks Nelly Kaprièlian

mercredi 2 mai 2012

Recettes Tartes-Tarte flambée au chocolat d’Eric Kayser


Tarte flambée au chocolat d’Eric Kayser

Pour la pâte
Préparation : 10 mn
Temps de réfrigération de la pâte : 1 nuit
Pour 3 tartes
250 g de beurre ramolli
150 g de sucre glace
50 g de poudre de noisettes
5 g de cannelle
2 œufs entiers
400 g de farine
10 g de levure chimique
10 g de cacao

Pour la garniture
Préparation : 20 mn
Temps de cuisson : 35 mn
Pour 1 tarte carrée de 24x24 cm
250 g de pâte sablée au chocolat
85 g de chocolat noir
150 g de beurre
3 œufs entiers
220 g de sucre en poudre
75 g de farine
3 bananes
20 g de cassonade
5cl de rhum ambré
Préparation de la pâte
1. Dans le bol d’un robot, malaxez le beurre en pommade. Ajoutez le sucre glace, la poudre de noisettes et la cannelle. Mélangez.
2. Incorporez les œufs un à un. Versez la farine, la levure et le cacao. Mélangez bien le tout.
3. Roulez la pâte en boule, enveloppez-la d’un film alimentaire et gardez-la au réfrigérateur une nuit.
Préparation de la garniture
4. Préchauffez le four à 160° C (th. 5-6).
5. Faites fondre le chocolat et le beurre au bain-marie ou au four à micro-ondes.
6. Dans une jatte, fouettez les œufs avec le sucre. Ajoutez la farine. Mélangez puis incorporez le chocolat et le beurre fondus.
7. Foncez le moule avec la pâte sablée au chocolat. Versez la préparation sur le fond de tarte.
8. Épluchez les bananes et coupez-les en rondelles. Répartissez-les sur la tarte en rosace. Saupoudrez de cassonade et enfournez 25 minutes.
9. A la sortie du four, chauffez le rhum dans une petite casserole puis flambez la tarte.
Servez chaud, tiède ou froid.
Conseil
Cette recette de pâte sablée vous permet de réaliser 3 tartes. Prélevez un tiers de la pâte pour faire votre tarte et filmez le reste en deux parts égales à réservez au congélateur pour une utilisation ultérieure.
Lorsque vous en avez besoin, placez la pâte congelée au réfrigérateur la veille pour la laisser décongeler en douceur. Sortez-la du réfrigérateur 15 minutes avant utilisation.


mardi 1 mai 2012

Recettes Tartes-Tarte au chocolat noir d’Eric Kayser


Tarte au chocolat noir d’Eric Kayser

Pour la pâte
Préparation : 10 mn
Temps de réfrigération de la pâte : 1 nuit
Pour  3 tartes
300 g de beurre ramolli
60 g de sucre en poudre
125 g de sucre glace
60 g de poudre d’amandes
5 g de sel
2 œufs entiers
500 g de farine

Pour la garniture
Préparation : 35 mn
Temps de cuisson : 40 mn
Pour  1 tarte carrée de 24x24 cm
250 g de pâte sablée aux amandes
50 cl de crème liquide
100 g de beurre
210 g de chocolat noir
210 g de chocolat au lait
200 g de sucre en poudre
4 œufs entiers
3 jaunes d’œufs
60 g de noisettes grillées concassées

Pour le glaçage au chocolat
150 cl de crème liquide
100 g de chocolat noir
Préparation de la pâte
1. Dans le bol d’un robot, malaxez le beurre en pommade. Mêlez le sucre en poudre, le sucre glace, la poudre d’amandes et le sel.
2. Incorporez les œufs un à un. Versez la farine et mélangez bien le tout.
3. Roulez la pâte en boule, enveloppez-la d’un film alimentaire et gardez-la au réfrigérateur une nuit.
Préparation de la garniture
4. Préchauffez le four à 160° C (th. 5-6).
5. Foncez le moule avec la pâte sablée aux amandes, piquez légèrement la pâte sur toute sa surface à l’aide d’une fourchette. Tapissez la pâte d’une feuille de papier de cuisson et couvrez la feuille de légumes secs pour empêcher la pâte de gonfler, faites cuire à blanc 20 minutes. Sortez du four et laissez refroidir.
6. Portez la crème à ébullition dans une casserole. Hors du feu, ajoutez le beurre, les deux chocolats coupés en morceaux et le sucre. Mélangez pour faire totalement fondre. Laissez refroidir.
7. Ajoutez les œufs un à un en mélangeant, puis les jaunes.
8. Coulez la sauce chocolat dans le fond de la tarte et enfournez 10 minutes.
Préparation du glaçage
9. Faites chauffer la crème dans une casserole et ajoutez hors du feu le chocolat en morceaux. Lissez bien le mélange.
10. Versez sur la tarte à la sortie du four et laissez refroidir, parsemez de noisettes grillées concassées.
Conseil
Cette recette de pâte sablée vous permet de réaliser 3 tartes. Prélevez un tiers de la pâte pour faire votre tarte et filmez le reste en deux parts égales à réservez au congélateur pour une utilisation ultérieure.
Lorsque vous en avez besoin, placez la pâte congelée au réfrigérateur la veille pour la laisser décongeler en douceur. Sortez-la du réfrigérateur 15 minutes avant utilisation.

vendredi 27 avril 2012

Recettes Tartes-Tarte à l’ananas d’Eric Kayser


Tarte à l’ananas d’Eric Kayser

Pour la pâte
Préparation : 10 mn
Temps de réfrigération de la pâte : 1 nuit
Pour 3 tartes
300 g de beurre ramolli
60 g de sucre en poudre
125 g de sucre glace
60 g de poudre d’amandes
5 g de sel
2 œufs entiers
500 g de farine

Pour la garniture
Préparation : 45 mn
Temps de cuisson : 40 mn
Pour 1 tarte ronde de 26 cm de diamètre
300 g de pâte sablée aux amandes
40 cl de lait de coco
4 jaunes d’œufs
50 g de sucre en poudre
60 g de Maïzena
1 gros ananas
15 cl de crème fraîche
30 g de noix de coco râpée
Préparation de la pâte
1. Dans le bol d’un robot, malaxez le beurre en pommade. Mêlez le sucre en poudre, le sucre glace, la poudre d’amandes et le sel.
2. Incorporez les œufs un à un. Versez la farine et mélangez bien le tout.
3. Roulez la pâte en boule, enveloppez-la d’un film alimentaire et gardez-la au réfrigérateur une nuit.
Préparation de la garniture
4. Préchauffez le four à 160° C (th. 5-6).
5. Foncez le moule avec la pâte sablée aux amandes, piquez légèrement la pâte sur toute sa surface à l’aide d’une fourchette. Tapissez la pâte d’une feuille de papier de cuisson et couvrez la feuille de légumes secs pour empêcher la pâte de gonfler, faites cuire à blanc 30 minutes. Sortez du four et laissez refroidir.
6. Chauffez le lait de coco dans une casserole et portez à ébullition.
7. Dans une jatte, fouettez les jaunes d’œufs avec le sucre en poudre et la Maïzena. Versez le lait de coco sur le mélange. Reversez dans la casserole et portez à ébullition. Laissez refroidir.
8. Épluchez l’ananas et coupez-le en quatre. Otez la partie centrale dure et débitez la chair en petits dés.
9. Fouettez la crème fraîche et ajoutez-la à la préparation refroidie. Garnissez-en le fond de tarte froid. Répartissez les dés d’ananas et décorez de noix de coco râpée.
Conseil
Cette recette de pâte sablée vous permet de réaliser 3 tartes. Prélevez un tiers de la pâte pour faire votre tarte et filmez le reste en deux parts égales à réservez au congélateur pour une utilisation ultérieure.
Lorsque vous en avez besoin, placez la pâte congelée au réfrigérateur la veille pour la laisser décongeler en douceur. Sortez-la du réfrigérateur 15 minutes avant utilisation.