vendredi 1 mai 2026
Photos mythiques-Mère migrante, Nipomo, Californie

Mère migrante, Nipomo, Californie
Photos-Dorothea Lange (1936)
États-Unis, 1936, c’est la Grande Dépression. La photographe Dorothea Lange parcourt la campagne étasunienne pour le compte de la FSA (Farm Security Administration), un organisme du ministère de l’agriculture, chargé d’aider les fermiers les plus pauvres. Elle rencontre Florence Owens Thompson, 32 ans, qui a perdu son mari 4 ans plus tôt. Mère de six enfants, elle fait ce qu’elle peut pour tenter de les nourrir. La photographe s’approche et parle avec elle. Elle réalise 5 clichés, dont celui-ci.
La mère est soucieuse et presque résignée, mais elle tient son rôle protecteur central pour ses enfants. Les deux enfants qui tournent la tête expriment gène et tristesse. Ils concentrent notre regard sur le visage de leur mère. Son regard à elle n’est pas pour nous, il est absorbé ailleurs. Cette image, très simple et directe, appelle toute la compassion qu’on peut avoir pour des victimes de la pauvreté.
Il est intéressant de se pencher sur les circonstances qui ont permis à cette photo de voir le jour. La FSA a été créée en 1935, dans le cadre du New Deal, par le président Roosevelt. Cette agence est chargée de réformes et d’aides à l’agriculture (subventions, planification, coopératives, etc). Pour promouvoir son travail et faire passer ses réformes, elle met en place ce qu’on appellerait aujourd’hui, une « cellule de communication ». Une douzaine de photographes (dont Walker Evans) sont recrutés en fonction de leur engagement social et politique. Ils sont chargés de documenter, aussi objectivement que possible, les conditions de vie des agriculteurs du pays. Les photos -propriété de l’État- ont été mises gratuitement à disposition de ceux qui les publiaient, ce qui en a garanti une rapide et large diffusion. Les grandes qualités humaines de ces images ont fait le reste : elles ont profondément marqué les Américains de l’entre-deux-guerres.
Deux romans de John Steinbeck resituent admirablement les conditions de vie de cette époque : Les raisins de la colère, Des souris et des hommes. Tous les deux ont inspiré des films.
Dorothea Lange est née en 1895 à Hoboken (New Jersey). À l’instar de Robert Capa, elle tend à n’être connue du grand public que par une seule photo. Pourtant, c’est bien par ses photographies des conditions de vie des plus pauvres, qu’elle a été remarquée, puis recrutée par la FSA, en 1935.
Signalons pour la petite histoire, que Dorothea Lange a ultérieurement retouché son négatif. En bas à droite, se tenant au bâton, il y a un pouce qu’elle jugeait disgracieux et trivial pour cette image. À l’origine très clair, elle l’a noyé dans des tons foncés. Cela avait déclenché de vives polémiques.
La mère est soucieuse et presque résignée, mais elle tient son rôle protecteur central pour ses enfants. Les deux enfants qui tournent la tête expriment gène et tristesse. Ils concentrent notre regard sur le visage de leur mère. Son regard à elle n’est pas pour nous, il est absorbé ailleurs. Cette image, très simple et directe, appelle toute la compassion qu’on peut avoir pour des victimes de la pauvreté.
Il est intéressant de se pencher sur les circonstances qui ont permis à cette photo de voir le jour. La FSA a été créée en 1935, dans le cadre du New Deal, par le président Roosevelt. Cette agence est chargée de réformes et d’aides à l’agriculture (subventions, planification, coopératives, etc). Pour promouvoir son travail et faire passer ses réformes, elle met en place ce qu’on appellerait aujourd’hui, une « cellule de communication ». Une douzaine de photographes (dont Walker Evans) sont recrutés en fonction de leur engagement social et politique. Ils sont chargés de documenter, aussi objectivement que possible, les conditions de vie des agriculteurs du pays. Les photos -propriété de l’État- ont été mises gratuitement à disposition de ceux qui les publiaient, ce qui en a garanti une rapide et large diffusion. Les grandes qualités humaines de ces images ont fait le reste : elles ont profondément marqué les Américains de l’entre-deux-guerres.
Deux romans de John Steinbeck resituent admirablement les conditions de vie de cette époque : Les raisins de la colère, Des souris et des hommes. Tous les deux ont inspiré des films.
Dorothea Lange est née en 1895 à Hoboken (New Jersey). À l’instar de Robert Capa, elle tend à n’être connue du grand public que par une seule photo. Pourtant, c’est bien par ses photographies des conditions de vie des plus pauvres, qu’elle a été remarquée, puis recrutée par la FSA, en 1935.
Signalons pour la petite histoire, que Dorothea Lange a ultérieurement retouché son négatif. En bas à droite, se tenant au bâton, il y a un pouce qu’elle jugeait disgracieux et trivial pour cette image. À l’origine très clair, elle l’a noyé dans des tons foncés. Cela avait déclenché de vives polémiques.
Dorothea Lange
Photos mythiques-Exécution des onze Kurdes
Exécution des onze Kurdes
Photo : Jahangir Razmi (1979)
En août 1979, cette photo prise en Iran fait le tour du monde. Un peloton d'exécution composé de soldats de la République islamique fait feu sur une dizaine de Kurdes sans armes. Elle est d'abord publiée dans le grand quotidien iranien Ettela'at, puis, par l'intermédiaire de l'agence UPI, dans des centaines de publications du monde entier.
Quelques mois plus tard, elle remporte le prix Pulitzer. De manière anonyme. En effet, le journal Ettela'at juge plus prudent de ne pas dévoiler l'identité du photographe.
Au fil des ans, l'image devient un symbole de la violence du régime de Khomeyni, et le mystère demeure. De temps à autre, tel ou tel photographe iranien à l'étranger se targue d'avoir pris ce cliché, sans apporter de preuve décisive.
Dans son édition du 4 décembre 2006, le Wall Street Journal affirme avoir retrouvé le véritable auteur. Selon un long article de Joshua Prager, spécialiste des enquêtes au quotidien économique new-yorkais, il s'agirait de Jahangir Razmi, âgé aujourd'hui de 58 ans, vivant à Téhéran.
Il était en reportage dans le Kurdistan iranien en août 1979. Il a assisté à la mascarade de procès qui a abouti à l'exécution des onze Kurdes.
Le journaliste américain souligne qu'en 1979 le photographe a fait les choses en règle.
"Il avait la permission d'un juge pour prendre ces photos. Il a donné les négatifs aux autorités quand elles les lui ont demandés. Il n'a pas touché un centime avec ces clichés publiés à l'étranger. Aujourd'hui, ce n'est pas lui qui a cherché à me contacter, mais plutôt l'inverse."
Jahangir Razmi
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