dimanche 2 juillet 2017

Lectures Arnaldur INDRIDASON-La voix



Arnaldur INDRIDASON 

La voix 
Traduit de l’Islandais par Eric BOURY 

(4ème de couverture) 
Le Père Noël a été assassiné juste avant le goûter d’enfants organisé par l’hôtel de luxe envahi de touristes, alors s’il vous plaît, commissaire, pas de vagues. C’est mal connaître le commissaire Erlendur. Déprimé par les interminables fêtes de fin d’année, il s’installe à l’hôtel et mène son enquête à sa manière rude et chaotique. Les visites de sa fille, toujours tentée par la drogue, ses mauvaises fréquentations, permettent au commissaire de progresser dans sa connaissance de la prostitution de luxe, et surtout il y a cette jolie laborantine tellement troublante qu’ Erlendur lui raconte ses secrets.

Le Père Noël était portier et occupait une petite chambre dans les sous-sols depuis vingt ans, peu avant on lui avait signifié son renvoi. Mais il n’avait pas toujours été un vieil homme, il avait été Gulli, un jeune chanteur prodige, une voix exceptionnelle, un ange. Les 45 tours enregistrés par le jeune garçon, cette voix venue d’un autre monde, ouvrent la porte à des émotions et des souvenirs, à des spéculations de collectionneurs, à la découverte des relations difficiles et cruelles entre les pères et les fils.
Un roman dense et fort qui émeut profondément.


Arnaldur INDRIDASON ets né à Reykjavik en 1961, où il vit actuellement. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux parmi lesquels La Cité des Jarres (prix Clé de verre du roman noir scandinave, prix Mystère de la critique 2006 et prix Cœur noir) et la Femme en vert (prix Clé de verre du roman noir scandinave 2003 et prix CWA Gold Dagger 2005, Grande-Bretagne).


(Les personnages principaux :)
Elendur, Elinborg et Sigurdur Oil, Eva Lind. 


(1ere phrase :)Elinborg les attendait à l’hôtel. 
(Dernière phrase :)Ô Père, de moi faites une petite flamme en cette brève existence…
330 pages – Editions Métailié 2007 


(Aide mémoire perso :) 
Dans un hôtel de luxe de Reykjavik, un portier faisait office de père Noël pour la période des fêtes de fin d’année est retrouvé assassiné à coups de couteau dans un cagibi qui lui servait de « chambre » depuis plusieurs années, dans la cave de l’établissement. Il est en outre dans une posture délicate, avec un préservatif sur lequel on relève des traces de salive. Il venait aussi d’être licencié. L’enquête, menée par l’inspecteur Erlendur, à la vie personnelle assez chaotique, fait vite apparaître que la victime est un ancien « enfant star » à la Shirley Temple, à savoir qu’il avait, étant jeune, une voix merveilleuse qui lui a permis de connaître une célébrité aussi grande que fugitive, à cause d’une mue précoce. Ses rapports avec un père tyrannique ont contribué à faire de sa vie un enfer et un échec total (cet aspect de l’action est mis en relief par une enquête parallèle sur un cas de violences à enfant, pour souligner que le problème est toujours actuel). On trouve également trace d’un rendez-vous qu’il a eu, la veille de son décès, avec un Anglais grand collectionneur de disques rares mais qui a aussi eu maille à partir avec la Justice pour des affaires de pédophilie. La suite de l’enquête fait apparaître nombre de turpitudes : mensonges grands et petits, secrets de famille, trafics en tous genres, chantages, jalousies, etc. Mais le secret de l’énigme est surtout le manque d’amour, l’indifférence à autrui et à son individualité, dans un monde cruel et cynique. Le livre met tout cela en relief mais sans négliger, bien au contraire, une analyse des mécanismes psychologiques qui en sont la cause et sont à base de traumatismes et de refoulement. Que faisons-nous de nos enfants, ne cesse de nous demander l’auteur, en déployant de multiples et subtiles variations sur ce thème. C’est dire qu’on dépasse de beaucoup, comme souvent maintenant, le roman policier au sens strict au profit d’un livre passionnant, enrichissant et émouvant, bien écrit. Félicitons aussi l’éditeur d’avoir respecté, après La Cité des Jarres et la Femme en vert, l’ordre de publication des aventures de l’inspecteur Erlendur en langue originale (c‘est si rare qu’on est obligé de le mentionner spécialement) : la cohérence du personnage apparaît ainsi à la fois graduellement et de façon fort convaincante.

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