samedi 14 mai 2016

Infos santé-Ménopause et acupuncture



Ménopause et acupuncture

La prise en charge des symptômes qui entourent la ménopause n’est pas chose facile depuis les études mettant en cause les traitements hormonaux. Une nouvelle piste mérite qu’on l’évalue plus avant : l’acupuncture.


Cela fait bientôt dix ans que les premières études montrant une élévation du risque de cancer du sein sous traitement hormonal substitutif, THS, ont été publiées.

Cette publication et l’accumulation de travaux scientifiques divers ont entrainé une chute de prescriptions de ces traitements. Mais cela a laissé de nombreuses femmes désemparées, car les troubles de la ménopause ne sont pas toujours aisés à tolérer. Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, cauchemars, dépression sont des désagréments loin d’être anodins lorsqu’ils se prolongent pendant de longs mois.

On recommande aujourd’hui d’utiliser le THS vraiment dans les cas les plus sévères seulement et pour une durée courte, n’excédant pas un ou deux ans.

Les autres thérapeutiques, notamment à base de plantes n’ont pas prouvé leur efficacité pour remplacer le THS.

Voici donc qu’une étude turque, publiée dans Acupuncture in Medicine, attire le regard. Menée à Ankara, sur un très petit groupe de femmes, 56 au total, cette recherche a voulu mesurer l’intérêt de l’acupuncture à la fois sur les symptômes physiques, psychiques et urogénitaux de la ménopause, mais également voir si certaines sécrétions hormonales étaient modifiées par la stimulation de points précis.

Les femmes ménopausées depuis au moins 12 mois et dont les taux d’œstradiol étaient inférieurs à 50 picogrammes par ml ont été divisées en deux groupes.

Le premier groupe a bénéficié de dix séances d’acupuncture à raison de deux séances par semaine. Le second groupe a été pris en charge par une fausse méthode d’acupuncture. Des aiguilles émoussées ont été insérées dans des dispositifs posés sur la peau, sans qu’elles soient enfoncées. Là encore, il y a eu dix séances.

Les femmes des deux groupes ont été évaluées grâce à une échelle appelée MRS, Menopause Rating Scale. 
Cet index fait appel à 11 critères répartis entre des considérations psychiques, somatiques et uro-génitales. Chaque élément est noté de 0 (pas dérangeant) à 4 (très ennuyeux).

Le questionnaire a été administré aux femmes avant la première séance, après la première séance et à la fin des dix séances.

A l’exception notable des signes uro-génitaux, les auteurs de l’étude ont constaté une nette différence en faveur de l’acupuncture aussi bien sur les signes physiques que sur les signes psychiques.

L’amélioration a porté notamment sur l’intensité et la fréquence des bouffées de chaleur.

Les auteurs ont également constaté des modifications hormonales avec une élévation du taux d’œstradiol, la principale hormone féminine.
Cette légère élévation ne suffit pas à expliquer l amélioration des symptômes.
 La LH, une hormone d’origine hypophysaire, dont le taux monte avec la ménopause, était également abaissée. Mais pas la FSH, autre hormone d’origine hypophysaire.

Peut-on donc en conclure que l’acupuncture est la solution à la prise en charge des désordres climatériques, comme on aimait à dire par le passé ? Sûrement pas, en premier lieu parce que l’échantillon mesuré, au total 53 femmes, est bien trop faible.

De plus, les modifications des sécrétions hormonales ne sont pas suffisantes pour expliquer tous les bénéfices.

Mais, incontestablement, les femmes ainsi prises en charge ont éprouvé de vrais progrès. Il n’est donc pas idiot ni inutile de proposer à celles qui vivent le plus mal cette période charnière de leur vie d’aller se faire poser des aiguilles de temps en temps.

Référence de l’étude :

Didem Sunay et al.
The effect of acupuncture on postmenopausal symptoms and reproductive hormones: a sham controlled clinical trial.
Acupunct Med 2011; 29:27-31 doi: 10.1136/aim.2010.003285


Source docteurjd.com (blog santé de jd flaysakier)

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