mercredi 23 juin 2021

Recettes Enfants-Gratin de fenouil


Gratin de fenouil

Préparation : 20 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes
6 petits bulbes de fenouil
1 gousse d’ail
20 cl de crème liquide
50 g de parmesan râpé
1 cuillerée à soupe d’huile d’olive
Sel
1. Épluchez les fenouils en ôtant la base et la première enveloppe dure, puis coupez-les en quartiers. Cuisez-les 15 minutes dans le panier d’une marmite à vapeur.
2. Préchauffez le four à 210 °C (th. 7).
3. Épluchez la gousse d’ail. Frottez-en un plat à gratin. Huilez-le.
4. Faites bouillir, puis réduire la crème liquide de moitié à feu doux (environ 5 minutes).
5. Disposez les fenouils dans le plat. Salez légèrement. Nappez de crème Parsemez de parmesan. Faites gratiner 15 minutes au four.
6. Servez chaud dans le plat de cuisson. Proposez ce gratin en accompagnement d’une volaille, d’un poisson ou de fines tranches de jambon de Parme.

Info santé
Le fenouil est l’un des légumes les plus riches en fer mais également en calcium (il en contient presque autant que le lait) et en magnésium. Proposez le cuit ou cru, en salade, car sa saveur anisée et douce est souvent appréciée des enfants.

Dans un menu
Déjeuner :
Salade de pâtes aux tomates
Rôti de veau au four
Gratin de fenouil
Yaourt aux fruits.

Recettes Enfants-Soufflé de carottes


Soufflé de carottes

Préparation : 20 mn
Cuisson : 45 mn
Pour 4 personnes
500 g de carottes
25 g de beurre + 15 g pour le moule
20 cl de lait
25 g de farine
60 g de comté
4 œufs
Noix muscade
Sel
1. Préchauffez le four à 210 °C (th. 7).
2. Pelez les carottes. Coupez-les en rondelles. Cuisez-les 25 à 30 minutes dans l’eau bouillante salée. Égouttez-les, puis mixez-les pour les réduire en purée fine.
3. Dans une casserole, faites fondre le beurre. Incorporez la farine, puis délayez avec le lait. Cuisez jusqu’à ébullition sans cesser de tourner. Assaisonnez de sel et de noix de muscade.
4. Hors du feu, ajoutez le comté coupé en tout petits dés. Séparez les jaunes des blancs d’œufs. Ajoutez les jaunes dans la sauce bien chaude, puis la purée de carottes en remuant vivement.
5. Montez les blancs en neige. Incorporez-les à la préparation. Versez dans un moule à soufflé largement beurré – celui-ci doit être rempli aux deux tiers de sa hauteur.
6. Enfournez 20 minutes et servez sans attendre.

Info santé
La carotte contient du bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A, indispensable à la croissance et à la vision, du calcium en qualité intéressante et des fibres douces qui régulent le transit.

Dans un menu
Soufflé de carottes
Salade de mâche, vinaigrette
Poire pochée
Madeleine au citron

Recettes Enfants-Tarte soufflée aux brocolis



Tarte soufflée aux brocolis

Préparation : 20 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
250 g de brocolis
1 rouleau de pâte brisée
150 g de feta
3 œufs entiers
2 blancs d’œufs
10 cl de crème
20 g d’amandes effilées
Noix muscade
Sel
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
2. Séparez les brocolis en petits bouquets. Cuisez-les 3 minutes dans de l’eau bouillante salée. Rafraîchissez-les et égouttez-les complètement.
3. Déroulez la pâte brisée sur sa feuille de cuisson. Foncez-en un moule à tarte. Piquez le fond. Eparpillez dessus les bouquets de brocolis et la féta grossièrement écrasée.
4. Dans une jatte, battez les œufs à la fourchette avec la crème. Assaisonnez de sel et d’une pointe de noix de muscade râpée.
5. Montez les 2 blancs d’œufs en neige. Incorporez-les à la préparation aux œufs sans crainte de les faire retomber.
6. Versez dans le fond de tarte. Parsemez d’amandes effilées. Enfournez 25 minutes. Démoulez et servez sans attendre.

Info santé
Le brocoli comme tous les choux, est un légume d’excellente densité nutritionnelle. Il apporte peu de calories, mais contient des minéraux, des fibres et des vitamines en quantité particulièrement élevée. Ses fibres douces sont mieux tolérées que celles du chou vert.

Dans un menu
Tarte soufflée aux brocolis
Salade de cœurs de laitues
Petit-suisse au miel

lundi 21 juin 2021

Recettes Enfants-Gâteau chocolat et framboises


Gâteau chocolat et framboises


Préparation : 20 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 6 personnes
200 g de chocolat noir
200 g de framboises
200 g de beurre ramolli + 15 g pour le moule
150 g de sucre en poudre
3 gros œufs
50 g de farine + 1 cuillerée à soupe pour le moule
Sucre glace
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Beurrez et farinez un moule à manqué de 22 cm de diamètre.
3. Cassez le chocolat en morceaux. Faites-les fondre au bain-marie. Lissez-le, puis laissez refroidir.
4. Dans une jatte, fouettez le beurre et le sucre au batteur électrique pendant 4 minutes. Ajoutez les œufs l’un après l’autre, puis le chocolat fondu refroidi en continuant à fouetter à petite vitesse. Incorporez enfin la farine.
5. Versez une couche de pâte dans le moule. Eparpillez les framboises. Recouvrez du reste de pâte. Enfournez 30 minutes. Laissez refroidir, puis démouler.
6. Saupoudrez d’un voile de sucre glace tamisé à travers une passoire fine. Servez à température ambiante.

Info santé
Les gâteaux sont des desserts concentrés en énergie, car ils contiennent des matières grasses et du sucre. Vous pouvez en proposer à l’enfant une fois par semaine, en alternant avec du pain ou des céréales, pour diversifier les apports.

Dans un menu
Goûter d’anniversaire :
Gâteau au chocolat et framboises
Crème anglaise
Papillote de fruits exotiques

Recettes Enfants-Soufflé au Nutella


Soufflé au Nutella

Préparation :
 15 mn
Cuisson :
 20 mn

Pour 4 personnes
1 pot de Nutella (220 g) 
4 œufs 
15 g de beurre 
1 cuillerée à soupe de sucre en poudre 
1 pincée de sel
1. Beurrez un moule à soufflé. Saupoudrez le fond et les parois de sucre en poudre.
2. Séparez les jaunes des blancs d’œufs. Dans une jatte fouettez les jaunes d’œufs en y incorporant progressivement le Nutella. Travaillez la préparation jusqu’à ce qu’elle soit homogène.
3. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
4. Montez les 4 blancs d’œufs en neige ferme avec une pincée de sel. Mélangez un tiers de ces blancs à la préparation au Nutella en remuant vivement afin de l’assouplir, puis, délicatement, incorporez le reste des blancs.
5. Versez dans le moule. Enfournez 20 minutes. Servez immédiatement.


Info santé

Ce dessert particulièrement énergétique (gras et sucré) est bien adapté pour une journée d’activité physique intense. Il apporte l’équivalent d’un œuf par personne, évitez de prévoir de la viande au même repas, surtout pour les plus jeunes.

Dans un menu

Salade du jardinier (tomates, concombre, radis, mini-épis de maïs)
Pain de campagne et fromage frais aux herbes
Soufflé au Nutella



Dessins de presse

 

Dessins de presse

dimanche 20 juin 2021

Billets-«Je ne suis pas allé voter, et je vous emmerde»

 


«Je ne suis pas allé voter, et je vous emmerde»

Entre les deux tours des régionales, la réponse d’un abstentionniste au prof de philo animateur de radio Raphaël Enthoven.
Raphaël Enthoven prétend faire la morale aux abstentionnistes en déclarant « Abstention, piège à con ».

Les abstentionnistes seraient d’abord des ingrats, qui « négligent les acquis que d’autres ont payé de leur vie ». Apparemment, des gens sont morts pour que nous ayons le droit de voter entre une poire à lavement et un sandwich au caca, ou à peu près. S’ils sont vraiment morts pour ça, ils n’auraient pas dû !

« Suspendre son vote à la coïncidence improbable de ses désirs et des propositions que font les politiques » serait une attitude « d’enfant gâté ». Entre la peste et le choléra, il faudrait donc choisir, peu importe quoi. Jouer à pile ou face avec l’avenir puisque finalement, le résultat sera le même. Mais si le résultat est le même, pourquoi avez-vous tant besoin de mon vote ? Ne pouvez-vous pas décider entre vous qui endettera les générations futures pour financer des projets inutiles ?

Les abstentionnistes ne sont pas « fainéants et malhonnêtes ». Qu’y a-t-il de plus malhonnête que se donner bonne conscience en déposant un bulletin dans l’urne tout en sachant que quel que soit le choix qu’on fait, il sera mauvais ? Qu’y a-t-il de plus paresseux que de consentir mollement à sa propre servitude en donnant sa caution à des incapables ?

Voter n’est pas un devoir. Est-on libre quand on n’est libre que d’accepter, jamais de refuser ? Étant donné la situation, s’abstenir est un devoir ! Mieux vaut que les abstentionnistes « s’en remettent à des gens qu’ils n’ont pas élus pour gérer les transports, la culture ou les lycées » plutôt qu’ils aillent élire des gens pour mal les gérer.

Alors que l’animateur vous invite à considérer que de nombreux abstentionnistes souhaitent que le vote blanc soit comptabilisé, vous affirmez que « c’est tout à fait autre chose ». Le vote blanc est effectivement tout à fait autre chose : le vote blanc n’étant pas comptabilisé, voter blanc revient aujourd’hui à gonfler la légitimité des élus. Comptabiliser les votes blancs permettrait au contraire aux abstentionnistes d’exprimer leur divergence avec les propositions qui leur sont faites, sans être injuriés par des philosophes de comptoir.

« L’abstentionniste n’est pas un électeur tellement exigeant qu’en son âme et conscience, après un examen minutieux, aucune proposition ne le satisfait. » Comment le savez-vous, monsieur Enthoven ? Êtes-vous medium, en plus de philosophe ? Vous qui avez voté, vous qui avez prétendument procédé à un examen minutieux, pouvez-vous justifier votre vote ?

D’après vous, les abstentionnistes « brandissent la nullité des politiques opportunément pour justifier leur flemme ». Mais n’est-ce pas vous qui brandissez leur flemme pour justifier la nullité des politiques ? Est-ce vraiment la faute de ceux qui n’ont pas voté si le FN fait des scores élevés, si les élus prennent les mauvaises décisions ?

En somme, pour vous, monsieur Enthoven, il faudrait cesser de trouver des excuses aux abstentionnistes. Mais quelle est l’excuse de ceux qui votent ? Quelle est votre excuse ? N’avez-vous rien de mieux à faire qu’aller donner votre caution à des incapables irresponsables, qui trahissent les idéaux et dénaturent les valeurs dont ils se revendiquent ?


En ne votant pas, je choisis le dirigeant qui me convient : aucun. En ne votant pas, je donne mon opinion : c’est non.

L’abstention est mon vote. En ne votant pas, je choisis le dirigeant qui me convient : aucun. En ne votant pas, je donne mon opinion : c’est non. Je n’ai pas besoin de dirigeants. Je n’ai pas besoin qu’on décide pour moi, et surtout pas comme on le fait aujourd’hui. Et je n’ai pas besoin d’excuse pour cela. Je ne veux pas décider par procuration. Je ne veux pas voter pour quelqu’un qui déciderait à ma place. Je ne veux pas donner mon vote et une quelconque légitimité démocratique à qui que ce soit.

En quarante ans, jamais la France n’a connu un budget équilibré. Les chômeurs se comptent en millions, le déficit en % du PIB et la croissance en décimales. Je ne sais pas si vous êtes déçu à chaque élection mais à votre place, je le serais. Si je ne le suis pas, c’est parce que je n’en attends rien.

Je n’attends pas des politiques qu’ils prennent ma vie en main, du berceau à la tombe ; qu’ils s’immiscent dans mon assiette, ma voiture, ma maison, mon travail et même mon lit. J’estime que c’est à moi de le faire, que c’est à chacun de gérer sa vie, et que c’est à nous tous de régler les problèmes que nous jugeons importants à nos yeux. Votre comédie démocratique n’est pas un problème suffisamment important pour nous mobiliser ; vos élections ne sont pas dignes de mon temps. Je vous les laisse. Faites-en ce que vous voulez : elles sont à vous. Ce n’est pas dans le doute que je m’abstiens, mais dans la certitude.

Source contrpoints.org

Billets

 

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Billets-Pour une théorie politique de l’inaction


Pour une théorie politique de l’inaction

« L’art de la non-décision consiste à agir avec méthode et savoir-faire, assurance et détermination afin de laisser les inévitables réformes aussi intactes que possible à ses successeurs. »

Enseignant à Sciences Po, Pierre Conesa est l’auteur de Surtout ne rien décider. Manuel de survie en milieu politique, ouvrage qu’il résume comme suit : « l’art de la non-décision consiste à agir avec méthode et savoir-faire, assurance et détermination afin de laisser les inévitables réformes aussi intactes que possible à ses successeurs. »

Lors de sa succulente conférence à l’ANAJ-IHEDN, il énonce quelques principes de la vie politique :

  • Le long terme en politique est la prochaine échéance électorale.
  • En politique, se méfier de ses amis plutôt que de ses ennemis.
  • Le réformateur est un zébulon immaîtrisable et dangereux qu’il faut tuer (politiquement).
  • La réforme crée des inimitiés durables alors que la subvention ne fâche personne et crée des amitiés : toujours penser à la subvention.
  • Un homme politique d’avenir est un homme qui promet.
  • Un homme politique n’est mort que s’il est biologiquement décédé.
  • Tout homme politique accusé de corruption est présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit réélu.

Entre humour décapant et lucidité à tout crin, l’ancien adjoint au Directeur de la Délégation aux Affaires Stratégiques explique « pourquoi faire aujourd’hui ce que les autres peuvent être contraints de faire demain » en quelques principes :

  • 1er principe : Démonter la prétendue urgence de la réforme.
  • 2ème principe : Énoncer des principes ambitieux et généreux qui expliquent la lenteur et la complexité de la réforme.
  • 3ème principe : Étudier bien et longuement le problème : commissions, haut conseil, haute autorité, etc.
  • 4ème principe : Toujours communiquer pour expliquer l’inaction : novlangue, complexité juridique, exemples étrangers non-transposables, etc.
  • 5ème principe : Quand toutes les voies de l’inaction ont été explorées, il reste à créer de la complexité.

Ainsi, on constate quelques dossiers typiquement français (qui s’accumulent sur les tables basses des cabinets ministériels) en instance permanente depuis plus de trente ans : la réforme des professions protégées, la réforme des retraites, la réforme de l’Éducation nationale, le statut des fonctionnaires, la réforme de la PAC, le statut de la presse, les aides à la presse, le cumul des mandats, les tribunaux de commerce (dont les greffiers gagnent 30 000 €/mois !), etc.

Quelques années plus tôt, j’avais énormément apprécié un ouvrage de Pierre Conesa titré La Fabrication de l’ennemi : ou comment tuer avec sa conscience pour soi (Ed. Robert Laffont, 2011), qui conserve toute sa pertinence au regard de l’actualité internationale. En 2013, cet agrégé d’histoire avait obtenu le prix de l’impertinence pour cette petite phrase : « En politique le ridicule ne tue pas, seule la réforme est létale. »

Source contrepoints.org

Billets-Liberté d’expression


Liberté d’expression

Le 11 Janvier 2011, s’ouvrait à Paris le procès d’Eric Zemmour, poursuivi par SOS Racisme, le MRAP, la Licra et l’UEJF, pour les propos qu’il avait tenus, rappelant que la proportion de délinquants est plus forte parmi les populations immigrées. Aujourd’hui, c’est le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, qui annonce sa volonté de faire interdire les spectacles de Dieudonné au motif qu’il tiendrait des propos antisémites. A-t-on le droit de tout dire ? Peut-on laisser les gens passer leur temps à s’insulter, à nier les chambres à gaz, etc. ? Ne faut-il pas qu’une autorité rétablisse l’ordre ?

Une réponse conventionnelle à cette question sera de dire : on a le droit de dire tout ce qui n’est pas interdit par la loi. C’est donc à la loi de définir ce qu’on a le droit de dire ou pas. Ainsi en France par exemple, la censure est légale à l’encontre des propos choquants, blessants pour telle ou telle communauté, des injures, de la diffamation, de l’incitation à la haine, à l’homophobie etc.
Beaucoup se réjouissent que Dieudonné soit censuré. Ils pensent que c’est un bouffon vulgaire et dangereux, qu’il ne fait pas rire, qu’il n’est pas un véritable humoriste mais un agitateur politique. Ils pensent que c’est un antisémite, un communautariste, un anti-libéral etc.
Admettons… et alors ?

Le libéralisme est une philosophie politique qui détermine quand l’usage de la contrainte juridique est justifiée ou pas. La prémisse fondamentale de cette philosophie est le principe de non-agression : il n’est pas légitime de se livrer à une agression contre des non-agresseurs. Le terme agression est entendu ici au sens fort d’un usage de la violence physique (et non verbale) contre la personne ou les biens, telle que celle qui s’exerce dans le meurtre, le viol, le vol ou le kidnapping. Aucune parole, aucun discours ni aucune insulte ne peut être assimilé à une agression physique. Les idées ne tuent pas, même si elles sont stupides, méchantes, haineuses ou vulgaires.

L’erreur du moralisme selon John Stuart Mill
Le moralisme en politique, c’est la confusion du moral et du légal. Ainsi la violence verbale est moralement condamnable mais pas pénalement. Il est, en effet, impossible de déterminer par la loi si tel ou tel propos constitue une violence verbale. Il ne faut pas confondre ce qui est condamnable moralement (les vices) avec ce qui est condamnable juridiquement (les crimes, comme les agressions contre les personnes ou leurs biens).  Or, le moralisme ouvre nécessairement la voie au gouvernement des pensées, à l’interdiction du débat et à des demandes infinies de pénalisation.

John Stuart Mill a défendu cette idée dans un livre célèbre, De la liberté (1854). Selon lui, le seul motif pour lequel une communauté civilisée peut légitimement « user de la force contre un de ses membres, contre sa volonté, est d’empêcher que du mal soit fait à autrui ». Le rôle du pouvoir est d’empêcher l’agression physique. Ainsi, dit-il, « Il convient de se tourner un instant vers ceux qui disent qu’on peut permettre d’exprimer librement toute opinion, pourvu qu’on le fasse avec mesure, et qu’on ne dépasse pas les bornes de la discussion loyale. On pourrait en dire long sur l’impossibilité de fixer avec certitude ces bornes supposées ; car si le critère est le degré d’offense éprouvé par ceux dont les opinions sont attaquées, l’expérience me paraît démontrer que l’offense existe dès que l’attaque est éloquente et puissante : ils accuseront donc de manquer de modération tout adversaire qui les mettra dans l’embarras. »

La liberté d’expression est donc une liberté négative. Elle consiste à ne pas empêcher quiconque, de façon coercitive, d’exprimer des idées et des opinions, y compris les opinons jugées immorales ou fausses. Cette tolérance n’est pas synonyme de relativisme, qui consisterait à mettre toutes les opinions sur le même plan. Elle ouvre au contraire au débat, au droit de réponse, à l’argumentaire et à la persuasion. Mill écrit : « Les seules mesures que la société est justifiée à prendre pour exprimer sa répulsion ou sa désapprobation pour un tel comportement sont les conseils, l’instruction, la persuasion, et la cessation de la fréquentation de l’individu par ceux qui l’estimeraient nécessaire pour leur propre bien. »


On peut tout dire dans la limite du respect des contrats et de la propriété privée.
Pour un libéral cohérent, la liberté d’expression doit être totale et sans autre restriction que le respect du droit de propriété d’autrui. Cela signifie par exemple que j’ai le droit d’empêcher un homme de coller une affiche sur le mur de ma maison. De même, un éditeur ou un groupe de presse est maître de ses choix éditoriaux et de ses publications. Un chef d’entreprise ou un directeur d’école est maître du règlement intérieur de son établissement. Quand on y entre, on accepte ce règlement, sous peine de sanctions. Même chose sur un blog ou un site internet. Chacun peut édicter un règlement en vertu duquel il s’engage à censurer tel ou tel propos jugé déplacé. Autrement dit, dans une société libre, on a le droit de tout dire dans la limite des engagements contractuels que l’on a pris et du respect du droit de propriété.

Dans la sphère publique, la situation n’est plus du tout la même. En effet, l’espace public appartient à tous, personne ne peut s’en arroger le monopole. L’autorité publique dispose du monopole de la violence mais son rôle est justement de réprimer la violence faite aux personnes et à leurs biens, pas d’initier elle-même la violence. Il existe un moyen simple pour la société civile de combattre les comportements et les idées fausses, y compris les insultes : l’ostracisme et le boycott. C’est la seule méthode spontanément et naturellement efficace, qui protège la libre volonté des individus. Mais vouloir établir la tolérance universelle d’une manière coercitive en criminalisant la pensée et en forçant le citoyen à adopter une vérité d’État est aberrant.

La conclusion est donc simple : nul ne devrait être inquiété par la justice pour des propos privés ou publics qui, même s’ils font offense à tel ou tel, ne tuent pas et ne portent pas atteinte à la sécurité des personnes ou des biens. Il faut donc abolir toute forme de délit d’opinion, toute tentative de légiférer sur le passé, sur l’histoire ou sur la mémoire.


Source contrepoints.org

Billets-Les Français vus par les américains


Les Français vus par les américains : déprimés mais pas obèses

l'été, la presse anglo-saxonne s'intéresse de près à la "french way of life". Le constat relève du marronnier journalistique: les Français sont déprimés. Une nouveauté, le Français est moins gros que l'américain.

En cette période estivale, les journaux anglo-saxons s’intéressent de très près à la santé physique et mentale des Français. Le New-York Times s’est longuement penché sur le « spleen français ». Le verdict est sans appel, selon le grand quotidien : les Français vont très mal. Parmi les indices qui témoignent de la « french sinistrose », l’éternel sondage Gallup –daté de 2011 …- qui décerne aux Français la palme du pessimisme, loin derrière les afghans. Mais aussi le succès très moyen de la Fashion Week, cette année. C’est dire l’ampleur du mal-être qui ronge le français.

S’en est suivie une floppée d’articles sur le déclin français. Seule voix discordante, l’éditorialiste anglais du New-York Times, Roger Cohen, qui avoue avoir déjà analysé la morosité hexagonale il y a…16 ans. Conclusion de l’auteur: « Les Français vivent de leur malaise un peu comme les Britanniques vivent de leur famille royale. Cette humeur revêche est plus une forme robuste de réalisme qu'un signe de malaise. C'est l'amertume de la sagesse. ».

Mais la French way of life n’a pas fini de fasciner outre-atlantique. Le site culturel The Atlantic s’est lui attardé sur la silhouette des Français.

Pourquoi les parisiens ne sont pas gros ? Alors que l’obésité hante les rues américaines, Paris serait largement épargné par ce nouveau mal du siècle. Le Parisien, qui s’abreuve de frites, mayonnaise, vin, desserts sucrés et ne fréquente pas avec assiduité les salles de gym, échappe, selon The Atlantic, à l’obésité, sans être pour autant … athlétique. Le journaliste américain pense avoir trouvé la clé de l’énigme: Paris est un effort, une épreuve. « Il y a des escaliers partout et le parisien se sent coupable de monter dans un ascenseur quand aux Etats-Unis l’ascenseur est un passage obligé ». Même chose dans les rues : la priorité est donnée aux piétons, les rues appartiennent au peuple, ce qui encourage la marche. De même, l’air conditionné est un équipement exceptionnel « il n’y en a pas dans les maisons, très peu dans les bureaux, et il est inexistant dans les rames de métro ». Bref, le parisien transpire ! Et en ces temps caniculaires, trouver un lieu « à la fraîche » est une expérience divine. Le régime parigot sera-t-il bientôt paré de vertus aussi censément miraculeuses que ceux de Crête ou d’Okinawa ?

Convaincu que l’effort serait un mode de vie, une spécificité culturelle française, The Atlantic estime que la french way of life n’est pas exportable tant elle est liée à d’autres traditions jugées pour le coup « inacceptables ». Dans un grand moment d’égarement, l’auteur cite « l’obsession française d’interdire la burqa dans les lieux publics »…

Vu sous cet angle, les régimes français et américains sont sans doute incompatibles. A jamais.

Thibault Camus/AP/SIPA
Source Courrier International

Billets-La nouvelle Ferme des animaux

 


La nouvelle Ferme des animaux 

Le roman de Georges Orwell revisité et appliqué aux systèmes démocratiques et à leurs perversions. Évocateur.
  
Très bonne idée de la part d’Olivier Babeau que de rendre hommage à ce monument qu’est « La Ferme des animaux » de Georges Orwell, modèle de dénonciation du totalitarisme, en cherchant à en proposer « une peinture nouvelle », plus proche de ce qui est à l’œuvre aujourd’hui ici-même. Avec l’idée lumineuse selon laquelle « le chemin a beau être différent, nous empruntons toujours la route de la servitude ».

Le souffle de la liberté
Même situation globale de commencement, avec le départ forcé du fermier, contre lequel de sérieux motifs de mécontentement montaient. Et même enthousiasme des premières heures, avant de se trouver confronté aux réalités de la difficulté d’administrer une ferme.

S’ensuivent les premiers débats sur la manière de concevoir cette nouvelle organisation et le vote des premières grandes lois, celles qui fondent cette toute nouvelle république.

Les principes de liberté et d’égalité (des droits) sont mis en avant. Une véritable économie de marché en miniature est mise en place, de type libéral, assise sur quelques règles fortes, l’institution progressive d’une monnaie pour faciliter les échanges et assurer plus facilement une gestion efficace de l’épargne, un déploiement des échanges, facilités par la mise en oeuvre qui se fait naturellement d’une certaine division du travail et la stimulation de l’activité, qui entraîne une hausse importante de la productivité et de la richesse.

Le temps de la politique et du dévoiement progressif du système
Mais rapidement, la politique s’en mêle et va prendre le pas sur le bon fonctionnement de cette société en miniature.

Les discours pleins de mauvaise foi, la perversion lente et insidieuse du système, la création de l’impôt pour financer la mise en place d’une fonction publique, destinée à « coordonner les actions individuelles (…), organiser les choses, piloter la production, orienter les actions » font leur apparition. En effet, affirme Platon (le cochon particulièrement opportuniste qui s’est fait élire représentant de la ferme), inspiré par son conseiller et mentor non moins opportuniste Goupil, le renard, rusé et habile à mettre au point ce qui pourra assurer la réélection de son poulain, « si nous laissons faire chacun à sa fantaisie, la société ne sera plus que chaos ». Il s’agit donc là d’un devoir.

Et des raisonnements fallacieux sont développés par Platon (toujours sous la plume de Goupil). Du type :

« La liberté des plus faibles est malheureusement un risque pour eux, un fardeau que nous devons les aider à porter. Il est malheureusement dans la nature animale de poursuivre son propre intérêt. Cette tendance égoïste est mauvaise pour la collectivité, puisque les intérêts sont antagonistes. Ce que l’un gagne est toujours perdu par l’autre, et l’on ne parvient jamais à ses fins qu’en désavantageant d’une façon ou d’une autre l’un de ses compatriotes. Il est du devoir de la Ferme de canaliser, contrôler et réduire cette tendance égoïste afin d’assurer l’intérêt général. »

Le temps des désillusions
Et je vous laisse deviner la suite… (je pense que vous n’en aurez aucun mal). Ou plus exactement, je vous conseille ardemment cette lecture stimulante et tout en détente. Tout y est (liens troubles entre décisions politique et soif de réélection, arbitraire, État de connivence, bureaucratie, corruption qui se fait de plus en plus grande, inefficacité grandissante, démotivation, clientélisme, démagogie, propagande, contrôle de l’information, inflation de textes et règlements, petits et grands profiteurs, effet Laffer, anticipations adaptatives, déficits, crise, planche à billets, débats truqués et impostures, régime semi-autoritaire, interrogations sur le sens de la démocratie et les dérives auxquelles elle mène, etc.). Sans oublier la réelle perspicacité de l’auteur et l’humour dont il fait preuve (passage sur la fascination des femelles pour le pouvoir et les favorites du moment, quelles que soient les qualités physiques de celui qui est au pouvoir. « Merci pour ce moment » glissait-il à la femelle étourdie par la brièveté de l’assaut avant qu’elle ne sorte »).

Et, puisque je n’y résiste pas, encore un petit passage pour finir, au sujet de la réélection (et la crainte de ne pas être réélu, perdant ainsi les avantages liés à la fonction), avec ici les conseils avisés de Goupil à Platon :

«  (…) l’envie est le levier dont nous devons nous servir pour détourner l’esprit des animaux vers d’autres objets qui n’altèreront pas votre crédit mais au contraire serviront votre image. Ne voyez-vous pas que, depuis que chacun est rémunéré à hauteur de son travail, des inégalités croissent ? Ce sont elles qui doivent être désormais notre point d’entrée dans le cœur des animaux. »
Goupil disait vrai. Depuis que chacun travaillait pour lui-même et était rétribué en fonction de ses efforts et de ses talents, on avait vu croître les différences entre les situations des animaux – cette différence, il est vrai, partait de zéro puisqu’auparavant nul ne possédait rien. (…) »

Billets-Jack Kerouac


Jack Kerouac

Vie et Oeuvre de Jack Kerouac 
Jean-Louis Lebris de Kerouac, dit Jack Kerouac, est né le 12 mars 1922 à Lowell (Massachussetts, Etats-Unis). D'origine bretonne par ses ancêtres paternels, et normande par ses ancêtres maternels, Jack Kerouac grandit dans une famille de Canadiens français émigrés en Nouvelle-Angleterre. Il apprit l'anglais, non sans mal, à l'école primaire. L'évènement marquant de son enfance fut la mort de son frère Gérard, de cinq ans son aîné, qui lui inspira plus tard un roman, Visions de Gérard.

À la veille de la guerre, il passe deux ans à New-York, renonce bien vite au football professionnel à Columbia University pour cause de blessure, puis tente sa chance dans la marine de guerre, où il se voit réformé. Il effectue alors quelques voyages dans la marine marchande.

En 1944, il rencontre Allen Ginsberg et William Burroughs, et entame la rédaction de son premier roman, Avant la route (The Town and the City, 1950), fortement influencé par Thomas Wolfe. Il fait alors la connaissance de celui qui lui inspirera deux parmi ses plus grands livres, Sur la route (1957) et Visions de Cody (1959): Neal Cassady, originaire de Denver, où il vécut une enfance misérable parmi les vagabonds, fit de la prison pour vol de voitures, et où Jack Kerouac se rend bientôt, traversant les Etats-Unis en auto-stop pour retrouver son ami et son héros.


 William Burrough - Allen Ginsberg - Jack Kerouac

À partir de 1947, date de ce premier voyage, Jack Kerouac tiendra constamment son journal, prenant des notes "sur le vif" et perfectionnant sa technique de "l'esquisse" (équivalent du croquis en peinture). Parallèlement il écrira une ou plusieurs versions de ses œuvres, lesquelles ne seront publiées que beaucoup plus tard. Ainsi, Sur la route, le livre qui le rendît célèbre et que l'on considère à juste titre comme son meilleur, ne fut accepté qu'en 1955 par un éditeur américain.

En 1951-52, à New York et San Francisco, il écrit Visions de Cody, extraordinaire "roman" entièrement centré sur son ami Neal, et dont le style s'inspire du jazz be bop de Charlie "Bird" Parker. En 1952, il rédige Docteur Sax (publié en 1963), à Mexico, chez William Burroughs. Jack Kerouac partage alors son temps entre l'écriture et les voyages; pour lui, comme pour Neal Cassady, la vie est mouvement, déplacement, instabilité permanente.
Ce qui n'empêche pas Kerouac d'avoir son point fixe, son port d'attache, en la personne de sa mère ("Mémère"), qui lui fournit tant l'affection que l'argent dont il a besoin. Ainsi, en 1956, il écrit Visions de Gérard (1963) en Caroline du Nord, chez sa soeur Caroline, où sa mère vivait aussi depuis peu; Les Clochards célestes (The Dharma Bums, 1958) en Floride en 1957; Les Anges vagabonds (Desolation Angels, 1965) à Mexico en 1956, puis en 1961; Big Sur (1962) la même année en Floride; Satori à Paris (Satori in Paris, 1966) de nouveau en Floride et en 1965.


Carte des trajets de Kerouac dans Sur la route: 1947 - 1949 - 1950

Dans son dernier livre, Vanité de Duluoz (1968), il évoque à nouveau son enfance à Lowell, sa jeunesse, ses voyages dans la marine marchande, la mort de son père et sa découverte de l'écriture. Aigri par les clichés que les médias donnent de lui et de la "Beat Generation", brouillé avec tous ses anciens amis, il affiche ouvertement des opinions politiques réactionnaires.

Fin 1968, avec sa troisième femme et sa mère, il s'installe en Floride, à Saint Petersburg. Neal Cassady meurt début 1969, d'une overdose, et Jack Kerouac quelques mois plus tard, à 47 ans.


 Neal Cassady

Vers la fin de sa vie, Kerouac exprima le désir d'harmoniser les noms des personnages de tous ses livres pour fondre ces derniers en une seule grande oeuvre, qui aurait alors couvert l'existence toute entière de son auteur, et qu'il aurait intitulée La Légende des Duluoz. Ce dessein proustien est à rapprocher du surnom que Ginsberg donnait à Kerouac: "le grand remémorateur".

Par ailleurs, sa chronique personnelle de l'Amérique des années '40 et '50 se double d'une formidable évocation de l'espace américain, qui rattache Kerouac à la tradition des poètes bardes, comme Walt Whitman: l'auteur de Sur la route voulait inventer une forme romanesque aux dimensions du continent, une écriture aussi souple et nerveuse qu'un solo de jazz, aussi ample et fluide que le Mississipi. C'est là l'originalité et la réussite incomparables de Jack Kerouac.

Sur la route
Plus d'un demi-siècle après sa publication, le livre culte de Jack Kerouac, Sur la route, fascine toujours autant. Publiée le 5 septembre 1957, cette œuvre majeure de la Beat Generation qui se vend encore à quelque 100.000 exemplaires par an, a été republiée en 2010 chez Gallimard en version originale non expurgée sous le titre Sur la route, le rouleau original.



Jack Kerouac a écrit On the road (Sur la route) à New York en avril 1951, aux termes d'un périple d'est en ouest à travers les Etats-Unis. Rédigé d'un seul jet en trois semaines, improvisé et spontané comme une session de jazz Be Bop, et dactylographié sur un rouleau de 36 mètres de long, ce texte de 125.000 mots raconte l'errance initiatique et la quête de vérité de l'auteur le long des routes américaines, en particulier de la mythique Route 66 qui joint Chigaco à Los Angeles. Jack Kerouac, qui porte dans le roman le pseudonyme de Sal Paradise, accompagné de son ami Neal Cassady (Dean Moriarty), fait du stop, loge dans les motels ou chez qui l'héberge, rencontre des américains anonymes ou exceptionnels comme Allen Ginsberg (Carlo Marx) ou William Burroughs (Old Bull Lee) -- les deux autres grands noms de la Beat Generation -- avec qui il partage, entre euphorie et dépression, réflexions philosophiques, femmes, drogues et alcool.

Le texte final fut publié six ans plus tard dans une édition expurgée des scènes érotiques (notamment celles ouvertement homosexuelles ou en compagnie de jeunes filles pubères), sans les noms authentiques des personnages en raison de possibles poursuites judiciaires pour diffamation ou atteinte à la vie privée, et avec diverses modifications de style via des rajouts de mots ou de ponctuation. En 2007, les éditions américaines Viking ont publié en parallèle la version "rouleau" du manuscrit original et la version diffusée depuis un demi-siècle, le tout accompagné d'un petit essai inédit de Jack Kerouac. C'est cette version qui est publiée en français chez Gallimard. Le rouleau original de Sur la route -- en réalité des feuilles de papier japonais collées bout à bout -- a été acheté en 2001 par un collectionneur pour 2,4 millions de dollars.


 Le rouleau de papier-calque sur lequel Jack Kerouac tapa Sur la route en trois semaines, en 1951. Il travailla dessus et modifia le tapuscrit qui parut finalement en 1957

Jack Kerouac souhaitait adapter lui-même son roman sur grand écran, avec James Dean et Marlon Brando en têtes d'affiches, mais le projet na pu aboutir. Le film a finalement été réalisé par le cinéaste brésilien Walter Salles et présenté en Sélection Officielle au Festival de Cannes 2012. Kristen Stewart y joue le rôle de Lu Anne Henderson (Marylou), la première épouse de Neal Cassady, Sam Riley y interprète Sal Paradise, le narrateur et alter-ego de l'auteur, et Garrett Heldun incarne Dean Moriarty, son compagnon de voyage. Le film est produit par American Zoetrope, la société de Francis Ford Coppola, qui possède les droits d'adaptation cinématographique de Sur la route depuis 1979. Il en avait à l'époque proposé la réalisation à Jean-Luc Godard, mais celui-ci déclina l'offre en expliquant qu'il n'y avait plus de route nouvelle aux Etats-Unis. Walter Salles explique pour sa part qu'il a du tourner au Canada car il est désormais impossible de filmer le récit de voyage de Kerouac aux Etats-Unis, tant la géographie a été bouleversée et les villes uniformisées.