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Euh… non.
C’est exactement le contraire.
Je vais, si vous le permettez, l’expliquer ici en termes non polémiques.
Si j’étais en face de vous, en tant que journaliste, je vous l’opposerais d’ailleurs calmement, à la différence des faire-valoir qui boivent vos paroles. Allons-y.
Affirmer que Vladimir Poutine est faible parce que la Russie paie le prix d’une guerre d’usure relève d’une confusion fondamentale entre le coût d’un affrontement et la nature du pouvoir : la faiblesse n’est pas de supporter des pertes et des contraintes, elle est de ne plus pouvoir imposer sa volonté ni de tenir dans la durée, or c’est précisément l’inverse qui se dessine depuis 2022.
Loin de s’effondrer sous le poids des sanctions les plus massives jamais infligées à une économie de cette taille, Moscou a réorienté son appareil productif, contourné les interdits par le Sud global, maintenu des flux énergétiques et surtout accéléré une production d’obus, de drones et de missiles que l’Europe entière est incapable d’égaler -elle en est même très loin.
Un État qui consacre près de 8 % de sa richesse à l’effort militaire, qui conserve l’arsenal nucléaire le plus important de la planète, qui dispose d’un territoire immense, de matières premières stratégiques et d’une capacité de mobilisation que les démocraties occidentales n’osent plus même envisager, n’est pas un État faible : c’est un État qui a choisi de payer cher pour ne pas céder.
Pendant ce temps, l’Europe et la France exhibent les symptômes inverses : dette publique française au-delà de 117 % du PIB, déficit chronique, désindustrialisation, croissance en berne, retour de l’inflation et du chômage, record de faillites, stocks de munitions insuffisants, fragmentation politique et dépendance énergétique qui n’a jamais disparu.
Quatre ans et demi après le début du conflit, le front n’a pas livré la victoire éclair promise par Kiev ni l’effondrement russe annoncé à Bruxelles. Il a livré une guerre d’attrition que la Russie a su industrialiser, tandis que l’Occident oscillait entre déclarations bellicistes surréalistes et production insuffisante.
La véritable faiblesse n’est pas celle d’un dirigeant qui, après un quart de siècle au pouvoir, continue de dicter le tempo diplomatique et militaire d’un conflit majeur, elle est celle d’une Europe qui, faute d’unité stratégique et de puissance effective, transforme chaque difficulté passagère russe en preuve de victoire écrasante et imminente, tout en s’épuisant elle-même.
Confondre l’usure d’une nation en guerre avec la débâcle d’un régime, c’est prendre son désir pour la réalité et offrir à l’adversaire désigné le plus précieux des cadeaux : la conviction que le temps joue encore contre lui alors qu’il a déjà démontré qu’il savait le faire jouer pour lui.
Honnêtement, pour tous ceux qui connaissent la véritable situation, votre sortie est surréaliste. En même temps, avec madame Saint-Cricq et autres communicants de cet acabit, vous ne risquez certes pas d’être contredit. Surréaliste.
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