mardi 8 avril 2014

Billets-Un discours de politique générale de plus !


Un discours de politique générale de plus !

Ceux qui me suivent connaissent l’intérêt que je porte aux « discours de politique générale » d’un nouveau Premier ministre dont c’est parait-il « l’examen de passage ». Qu’est-ce que ça me fait plaisir : j’adore le blabla, la parlotte, les allocutions, les conférences de presse, les boniments, les palabres et les laïus… alors vous imaginez combien je suis impatient d’entendre un discours de plus – et surtout « de politique générale ». En fait, quand j’y réfléchis, je déteste les trois mots : d’abord que ce soit un « discours », ensuite qu’il soit « de politique » et enfin qu’il soit « général ». J’aimerais que ce soit très exactement l’inverse : de « l’Action concrète et précise ». Donc vous voyez, je suis plutôt mal en ce moment.

Le gouvernement Manuel Valls est le trente-septième gouvernement de la Cinquième République. 37 gouvernements qui nous ont déjà tout dit et tout promis :
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va relancer la croissance ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va enrayer le chômage ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va créer des entreprises ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va améliorer la compétitivité ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va alléger les charges ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va sauver les retraites ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va réduire les dépenses ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va faire des économies ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va renforcer la justice sociale ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va moderniser le pays ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va résorber la dette ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va améliorer le pouvoir d’achat ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va rendre l’État plus efficace ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va réduire les déficits ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va s’attaquer au mille-feuille ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va simplifier la vie des citoyens ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va aller plus vite, plus fort ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va redresser les comptes ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va sauver l’éducation ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va redonner confiance ».
37 gouvernements qui etc. etc. etc…


  • Un « discours » de plus, vraiment ?
Oh mais tu exagères ! Il faut bien qu’un Premier ministre annonce sa politique tout de même, c’est obligé…
Un « discours » solennel de plus – qu’il soit bien rédigé ou non, qu’il soit « réenchanteur » ou non, qu’il soit approuvé ou non – ne changera strictement rien. La preuve : c’est le 37e gouvernement qui nous fait le même discours inlassablement répété sur le thème du « combat contre le fatalisme et la résignation ; du combat pour l’avenir, l’espoir et la confiance dans notre destin »… blah, blah, blah… Un de plus vraiment ?

On a déjà identifié les problèmes, on sait très bien comment les résoudre. Mais – après les « discours » — le vrai boulot n’est jamais fait. Pourquoi ?
1 – Parce que les élus ne feront jamais les réformes difficiles. D’abord, ils ne le veulent pas (ils profitent à fond du système des prébendes). Ensuite ils ne le peuvent pas : car, s’ils s’attaquent aux « zavantages zaquis », les « professions » descendront dans la rue (genre manifs ou grèves) et bloqueront la « paix sociale » : les politiques en ont une peur panique. Donc, pour éviter tout problème, ils retirent tous leurs projets de réforme. Ça fait des décennies que c’est comme ça : blocage total.
2 – Parce que les réformes ne se feront que si c’est le peuple souverain qui les impose. Le « peuple souverain », c’est un trop gros morceau pour que quelques professionnels-de-l’agitation-avec-drapeaux-rouges descendent dans la rue pour s’opposer à une décision voulue et imposée par le peuple lui-même. Bloquer la rue contre une réforme du gouvernement, les syndicats le peuvent car ils savent que la police ne va pas tirer contre la foule ! Mais descendre dans la rue contre le peuple souverain qui – à une majorité écrasante – aurait décidé une dizaine de réformes-clés, ce serait difficile.
3 – Il faut donc recourir au référendum. Pour – comme en Suisse où le peuple est sollicité constamment lors de « votations populaires » – imposer les réformes nécessaires que les parlementaires n’oseront jamais engager. Même au lendemain d’un grand discours de politique générale. Il n’y a que si c’est le peuple souverain qui impose les réformes que ça marchera. Pas seulement parce que des parlementaires auront applaudi bruyamment (en se disant en silence : « Mieux veut approuver un discours et ne rien faire après, que dire non et se retrouver devant nos électeurs qui nous jetteront ! »

  • « Aux actes citoyens ! »
Le citoyen de base – le peuple souverain – n’attend plus rien des discours politiques. Il sait très bien ce qu’il faut faire et a eu sa dose de promesses. Il attend simplement qu’on lui rende le pouvoir qui lui a été confisqué par des représentants et des politiciens bavards et inefficaces. Son rôle est écrit en toutes lettres dans la Constitution. Article 2 : le principe de la République est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Et article 3 : « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »

Donc qu’ils arrêtent avec leurs « discours » en vase clos. Ils ne changeront rien et la France a perdu assez de temps. Plus de discours par pitié : des actes !


dimanche 6 avril 2014

Billets-Pour un pacte de simplicité et de responsabilité


Pour un pacte de simplicité et de responsabilité 

Le Pouvoir s’affole. Il fait preuve de réalisme aussi…peut-être. Les recettes brutes du budget 2013 ont été inférieures de plus de 20 milliards d’euros aux recettes prévues. Trop d’impôt a tué l’impôt. L’Etat n’a pourtant pas compris qu’il fallait libérer les contribuables.
Le nouveau gouvernement fera-t-il mieux alors que le chômage, la dette publique et le déficit budgétaire vont à vau l’eau.
Déjà le CICE a été une sorte de marché de dupe puisqu’il ne s’agissait que de rendre aux entreprises 20 Mi€ d’impôts et charges supplémentaires sur les 30Mi€ qui leur avaient été extirpées depuis deux ou trois ans. Le tout en faisant passer l’argent par la grande lessiveuse administrative de redistribution dont on connait le cout et l’inefficacité.

Le Pacte de responsabilité doit donner lieu à un abaissement des charges des entreprises pour un montant estimé à 10 Mi€ Mais déjà il est annoncé que les entreprises ne pouvant pas être les seules gagnantes, un geste fiscal sera consenti en faveur des ménages les plus modestes pour faire sortir de l’impôt sur le revenu plus encore de Français. Puis, à l’occasion des Assises de la fiscalité, un effort a été envisagé pour alléger aussi la fiscalité des entreprises en prenant en compte l’augmentation corrélative de l’impôt sur les sociétés dont pourrait profiter l’Etat du fait de l’augmentation du profit imposable correspondant à l’allègement des charges. Enfin, à l’occasion de son remaniement, François Hollande a annoncé un pacte de plus, un pacte de solidarité qui viendrait en sus pour aider les ménages modestes, sans doute au travers d’une refonte de diverses aides sociales existantes.

  • Besoin de lisibilité
Au profit des entreprises, la suppression de la C3S serait privilégiée à la baisse de l’impôt sur les bénéfices des sociétés que les grandes entreprises sont toujours accusées, à tort, d’esquiver. Il est vrai que la C3S est un impôt peu connu mais lourd pour certaines entreprises. Cette Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés frappe au taux de 0,16% le chiffre d’affaires des entreprises qui réalisent plus de 760 000€ Hors Taxes de recettes.
Mais il vaudrait mieux abaisser l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Celui-ci est trop élevé en France où il a augmenté depuis cinq ans alors qu’il a baissé en moyenne dans l’Union européenne. Il atteint 38% en France en 2014 contre une moyenne dans les pays de l’Euro de 27%. Les grandes entreprises ne payent pas sensiblement moins d’impôt que les plus petites. Les élus socialistes ont stigmatisé les grandes entreprises En utilisant une étude du Trésor de 2011 pour soutenir qu’elles payaient deux fois moins d’impôt sur les sociétés que les PME, soit 19% de taux effectif,-dit implicite-, d’impôt sur leur excédent net d’exploitation pour celles-là contre 39% pour celles-ci. Mais les derniers travaux de la Direction générale du Trésor publiés à l’occasion des Assises de la fiscalité en février dernier montrent que cet écart n’est que de 6 points, soit 26% de l’excédent net d’exploitation pour les grandes entreprises et les ETI contre 32% pour les PME et 29% pour les Micro-entreprises. Ce léger écart s’explique par le seul fait que les ETI et les grandes entreprises pratiquent plus l’intégration fiscale entre sociétés bénéficiaires et déficitaires du même groupe et qu’elles sont souvent implantées à l’étranger où les taux d’imposition sont moins élevés. Une étude de l’AFEP a d’ailleurs montré que 76 grands groupes français produisaient à eux seuls 9% de la valeur ajoutée créée en France, mais qu’ils supportaient 18% des prélèvements obligatoires sur les entreprises. A eux seuls, ils versent 14% des recettes de l’impôt sur les sociétés.

  • Besoin de simplification
L’impôt sur les sociétés est à un niveau si élevé qu’il apparaît comme un repoussoir pour les entreprises étrangères qui voudraient s’implanter en France. Réduire ce taux serait un signal fort. Il y a aujourd’hui 4 taux applicables d’impôt sur les sociétés : 15% jusqu’à 38 120 € de résultat, 33,33% au-delà, puis 34, 5% pour celles qui réalisent plus de 7,6 millions de chiffre d’affaires et encore 38,1 % pour celles dont le chiffre d’affaires dépasse 250 millions d’euros. Il serait temps de revenir à un taux unique et sensiblement plus bas. Un taux de 25%, correspondant à la moyenne européenne serait salutaire.
De la même manière, la baisse de charges dans le cadre du Pacte de Responsabilité pose la question de savoir s’il faut la faire porter sur les bas salaires ou sur l’ensemble des salaires. Des études concluent qu’une baisse des charges sur les bas salaires aurait un effet plus immédiat sur l’emploi. Cette conclusion du court terme est presque évidente tant le SMIC est élevé en France et représente un frein à l’emploi. Mais un autre moyen d’encourager à l’emploi des bas salaires serait de supprimer le SMIC ou du moins de le diversifier selon les régions, selon les âges…L’abaissement des charges sur les bas salaires, pratiqué avec constance en France depuis le gouvernement Balladur en 1993, est une immixtion de l’Etat dans la vie des entreprises et contribue un peu plus à dénaturer le système d’assurance sociale en une grande machine étatique financée par des cotisations qui s’apparentent de plus en plus à des impôts, supprimant ainsi tout lien de responsabilité entre assureurs transformés en collecteurs sociaux et assurés devenus allocataires.
A force de multiplier les niveaux d’imposition et les cas d’exonération, les impôts et charges deviennent illisibles. A force de découpler les cotisations des dépenses auxquelles elles doivent permettre de faire face, plus personne ne sait qui paye quoi pour qui, et toujours plus l’Etat dévient, selon le mot de Bastiat, « la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

  • Besoin de justice
Si le nouveau premier ministre veut faire une réforme utile, il faut, certes, qu’il fasse le choix de l’abaissement de l’impôt et de son financement par des économies sur les dépenses publiques. Mais ce choix sera sans effet s’il s’exerce en ajoutant de la confusion à l’enchevêtrement des cotisations, impôts et taxes qui existent, s’il s’opère sans réformes structurelles susceptibles de rendre les impôts à la collectivité publique et les cotisations aux assurances sociales en échange des prestations correspondantes, s’il s’effectue enfin sans qu’y préside la justice d’une contribution « également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés » (Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, article XIII).


Source IREF

samedi 5 avril 2014

Billets-L'explication des verts

L'explication des verts



Développement destiné à éclaircir...

Billets-Le programme des verts

Le programme des verts 


Billets-Un « gouvernement de combat »…


Un « gouvernement de combat »…

Ce coup-ci on ne plaisante plus, la guerre totale au chômage est déclarée. Étant donnée l’extrême gravité de la situation sur le front de l’emploi, le Président de la République vient en effet de remercier son équipe gouvernementale afin de lui substituer un commando d’élite de la croissance économique. Mais au fait, quels sont les faits d’armes précis de ces dix sept vaillants guerriers ?

San Ku Kai ! San Ku Kai ! C’est la bataille ! C’est la bataille ! Notre chef suprême des armées François Hollande l’a annoncé lundi soir en guise de prélude à son remaniement : voici venu le temps du « GOUVERNEMENT DE COMBAT ». Le sabre entre les dents et la grenade dégoupillée, un commando de choc de 17 ministres s’apprête donc à partir en guerre. Mais en guerre contre quoi, précisément ? Les velléités impérialistes de Vladimir Poutine ? D’ici à ce que les légions russes franchissent la frontière franco-allemande, on devrait avoir le temps de préparer une riposte. Contre la déplorable baisse de qualité de la cuisine servie à l’Élysée ? Nicole Bricq venant d’être virée du régiment, le scandale semble pour l’heure étouffé.
Non, s’il y a un combat à mener en France en 2014, c’est bien celui du chômage. Le niveau atteint par ce fléau national est si élevé qu’on ne peut que saluer la décision du Président de la République de convoquer ses troupes d’élite hyper entrainées pour partir à l’assaut. Rien de plus logique, remarquez… Lorsque l’on veut éradiquer le trafic d’héroïne, mieux vaut faire appel à la brigade des stups qu’à la police municipale. Quiconque doit un jour affronter un cancer préfère confier son sort à un cancérologue qu’à son généraliste. Au vu du nombre de victimes qui ne cesse de grossir mois après mois, on suppose donc que ce gouvernement de combat est constitué de responsables politiques ayant tous reçu la Croix de Guerre sur les fronts de l’emploi et de la croissance. Les commandos parachutistes de la conquête de parts de marché, les légionnaires du 2e REP de la création de valeur par l’innovation, les forces spéciales du recrutement en CDI. Bref, même si cela ne constitue pas en soi une garantie de victoire, chacun de ces officiers supérieurs s’est forcément illustré à maintes reprises en matière de création d’emplois marchands (c’est-à-dire non financés par le contribuable). Même pas en rêve ? Soit. Mais à défaut de voir Augustin Paluel-Marmont aux PME, Franck Riboud à l’industrie, Alain Afflelou à la consommation et Xavier Niel au numérique, au moins est-on en droit de s’attendre à ce que nos valeureux ministres aient accumulé une solide expérience en entreprise… C’est ce que nous allons mesurer en nous penchant sur les 18 biographies de ces combattants (le Président de la République, le Premier ministre et ses 16 ministres). Avant de sacrifier leur carrière privée au nom de l’intérêt général, combien d’années les membres de l’état major de la lutte armée contre le chômage ont-ils passé dans les tranchées de l’économie réelle ?


  • François Hollande, 60 ans, dans la vie active depuis l’âge de 26 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Manuel Valls, 52 ans, dans la vie active depuis l’âge de 21 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Laurent Fabius, 58 ans, dans la vie active depuis l’âge de 28 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Ségolène Royal, 61 ans, dans la vie active depuis l’âge de 27 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Benoit Hamon, 47 ans, dans la vie active depuis l’âge de 24 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Christiane Taubira, 62 ans, dans la vie active depuis l’âge de 26 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Michel Sapin, 61 ans, dans la vie active depuis l’âge de 28 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Arnaud Montebourg, 51 ans, dans la vie active depuis l’âge de 28 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Marisol Touraine, 55 ans, dans la vie active depuis l’âge de 25 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • François Rebsamen, 62 ans, dans la vie active depuis l’âge de 25 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Jean-Yves Le Drian, 66 ans, dans la vie active depuis l’âge de 24 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Bernard Cazeneuve, 50 ans, dans la vie active depuis l’âge de 25 ans. Nous sommes là face à un dilemme. Alors que sa fiche Wikipedia et quelques articles de presse font état d’un début de carrière à la Banque Populaire, cet épisode n’apparaît pas sur la biographie officielle du nouveau ministre de l’Intérieur (par ailleurs très détaillée). Une tache sur son CV que l’homme politique a du mal à assumer vis-à-vis de ses collègues qui n’ont jamais mangé de ce pain-là ? Dans le doute, considérons que Bernard Cazeneuve a bel et bien vécu une courte expérience hors de la sphère publique. Nombre d’années passées en entreprise : 3.
  • Najat Vallaud-Belkacem, 36 ans, dans la vie active depuis l’âge de 23 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Marylise Lebranchu, 66 ans, dans la vie active depuis l’âge de 26 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Aurélie Filippetti, 40 ans, dans la vie active depuis l’âge de 24 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Stéphane Le Foll, 54 ans, dans la vie active depuis l’âge de 23 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • Sylvia Pinel, 36 ans, dans la vie active depuis l’âge de 25 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.
  • George Pau-Langevin, 65 ans, dans la vie active depuis l’âge de 23 ans. Nombre d’années passées en entreprise : 0.


Saisissons-nous d’une calculatrice afin de faire les comptes : 0 + 0 +  0 + 0 + 0 +  0 + 0 + 0 +  0 + 0 + 0 +  3 + 0 + 0 +  0 +0 + 0 +  0 = 3. Sur les 531 années d’activité professionnelle cumulées par notre nouveau gouvernement de combat contre le chômage, seulement trois se sont déroulées sur cette terra incognita appelée entreprise. Un petit 0,5% qui nous montre à quel point nous avons affaire à des gens qui savent de quoi ils parlent. Pas de blague, Monsieur le ministre de l’Intérieur. La France entière compte sur vos 36 mois à la Banque Populaire pour nous mener à la victoire.

Allez soldats ! La tête haute et le regard fier ! On va la gagner cette saleté de guerre ! Ce – n’est – qu’un – début – continuons – le – combat ! 


Source contrepoints.org Frédéric Georges-Tudo

Recettes Fromages-Terrine à la fourme d’Ambert


Terrine à la fourme d’Ambert

Préparation : 30 mn
Cuisson : 30 mn
Réfrigération : 6 heures
Pour 6 personnes
8 poires conférence
400 g de fourme d’Ambert jeune
1 cuillerée à soupe de cerfeuil ciselé
4 feuilles de gélatine alimentaire
150 g de beurre ramolli
300 g de sucre
Poivre du moulin
1. Mettez les poires pelées et épépinées dans une casserole, saupoudrez de sucre et mouillez avec 50 cl d’eau. Faites cuire à feu doux pendant 30 minutes environ.
2. Dans 10 cl de jus de cuisson faites fondre la gélatine préalablement ramollie à l’eau froide. Laissez tiédir.
3. Laissez refroidir les poires dans le sirop puis coupez-les en tranches. Séchez-les sur un papier absorbant et réservez au réfrigérateur.
4. Mélangez le beurre, la fourme et la gélatine fondue et malaxez pour que la préparation soit homogène. Étalez-en une couche au fond d’une terrine, répartissez des tranches de poires dessus et poivrez. Renouvelez ces opérations en terminant par du fromage.
5. Faites durcir la terrine au froid pendant 6 heures avant de la démouler en la trempant dans de l’eau chaude. Servez en tranches avec une salade de mâche.

La fourme d’Ambert AOC est un fromage à pâte persillée non cuite. Sa pâte, ferme et crémeuse, fond très bien à la cuisson.

vendredi 4 avril 2014

Billets-Valls… le derviche-tourneur


Valls… le derviche-tourneur

Le 31 mars, deux jours avant la formation du gouvernement, Manuel Valls partait avec un préjugé extrêmement favorable : l’opinion pouvait imaginer que Hollande avait effectivement « entendu le message » des Français et qu’il allait composer une équipe de professionnels susceptibles de s’attaquer aux vrais problèmes (confiance des entreprises, investisseurs étrangers, commerce extérieur, croissance, emploi, dette, dépenses publiques, comptes sociaux, sécurité, immigration…). Mais, le 2 avril, le Premier ministre s’est lui-même planté un clou dans le pied. Il va donc tourner en rond autour du clou rouillé jusqu’à ce que la gangrène tue le pays. Pathétique…
Ce gouvernement est totalement hallucinant : il n’est composé que de politiciens de carrière ne connaissant pas l’entreprise où se créent les emplois marchands : 14 PS sur 16 ministres ! – et 2 Rad.soc (dont Taubira). Des professionnels de la politique, des idéologues ou des « étatistes » à l’interventionnisme maladif (type Montebourg), tous totalement et désespérément coupés du monde réel et des urgences économiques et financières.

  • Dirigé par un derviche-tourneur, la France est condamnée à « derviche-tourner » en rond
Malgré le coup de semonce des municipales, la France reste donc plombée par l’idéologie de ses dirigeants : un socialisme dépassé et un interventionnisme étatique conçu au XIXe siècle : massif, lourd comme du fer et pesant comme de l’acier. Une idéologie qui fait tourner le pays en rond et ne le mène nulle part.
Ce qui me rappelle ce que disait le grand Eisenberg dans une conférence en 1953 : « Ce bateau n’arrivera nulle part, tout ce qu’il peut faire est tourner en rond. »
L’Humanité se trouve dans la situation d’un capitaine dont le bateau serait construit avec une si grande quantité d’acier et de fer que la boussole de son compas – au lieu d’indiquer le Nord – ne s’orienterait que vers la masse du bateau. Un tel bateau n’arriverait plus nulle part, livré aux vents et aux courants. Tout ce qu’il peut faire est tourner en rond […]

  • « Au moment où on comprend, le danger est déjà à moitié écarté »
« Le danger existe – poursuivait Eisenberg – tant que le capitaine ignore que son compas ne réagit plus à la force magnétique de la terre. Car au moment où il le comprend, le danger est déjà à moitié écarté. »
Le capitaine qui, ne désirant pas tourner en rond, veut atteindre un but connu ou inconnu, trouvera moyen de diriger son bateau, soit en utilisant de nouveaux compas modernes qui ne réagissent pas à la masse de fer du bateau, soit en s’orientant par les étoiles comme on le faisait autrefois [...]
De toutes façons, la prise de conscience des limites de l’espoir qu’exprime la croyance au progrès contient le désir de ne pas tourner en rond, mais d’atteindre un but. Dans la mesure où nous reconnaissons cette limite, elle devient le premier point fixe qui permet une orientation nouvelle.

  • Hollande, le bateau coule : arrêtez de tourner en rond !
Werner Eisenberg est clair : au moment où le capitaine comprend, c’est déjà à moitié gagné.
S’il veut arrêter de faire tourner son navire en rond, un capitaine – fût-il de pédalo – doit : soit renoncer à une idéologie pesante comme de la fonte et qui a fait perdre le Nord au pays ; soit utiliser de nouveaux compas modernes ne réagissant plus à la lourdeur d’idées périmées ; soit enfin revenir rapidement aux vieilles méthodes des anciens capitaines et s’orienter avec les étoiles ! C’est-à-dire être pragmatique et pas soumis à une idéologie pesante. Savoir distinguer immédiatement ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et agir en conséquence. En privilégiant le réel et le bon sens et pas l’idéologie. On en est loin malheureusement pour la France qui perd donc un temps précieux à tourner en rond. Quand on se plante un clou dans le pied c’est généralement ce qui arrive ! Pas idéal pour boxer…


Source contrepoints.org

jeudi 3 avril 2014

Billets-49 jours pour devenir un vrai militant anti-écolo


49 jours pour devenir un vrai militant anti-écolo 

Quand je lis une œuvre satirique, comique ou humoristique, bien faite, je me demande si c’est du lard ou du cochon. Comme lorsque j’écoute certains sketchs de Pierre Desproges ou de Coluche. Alors, je me résigne à ne pas bouder mon plaisir de rire, sans trop me préoccuper si un message se cache derrière la satire, le comique ou l’humour.
Pour rire en lisant le dernier livre d’Olivier Griette, il n’est donc pas besoin d’être militant écolo, c’est-à-dire Khmer vert, ou militant anti-écolo. Il suffit d’être réceptif à la caricature qu’il fait des outrances de l’un ou de l’autre.
Le livre commence par un test et finit par un autre. Il s’agit de savoir au départ comment se situer et à l’arrivée si les 49 leçons, une par jour, auront permis de faire bouger les lignes.

Exemple de question à choix multiple du test de début :
Une « décharge sauvage », c’est :
a) un lieu de dépôt de déchets illégal,
b) un espace de liberté,
c) un choc électrique de fort voltage.
Et de question à choix multiple du test de fin :
Le compost, c’est :
a) un engrais naturel que je peux moi-même fabriquer avec des végétaux ou mes ordures ménagères,
b) un tas d’ordures en décomposition qui attire les pires vermines (taupes, souris, rats, Khmers verts),
c) un billet de train usagé ?

À chaque jour suffit sa peine et chaque jour comprend un texte indiquant quelle action mener, suivi d’une note de performance d’une à trois étoiles, d’une remarque sur le risque encouru et une autre sur la difficulté de mise en œuvre. La plupart du temps un encadré suit, où est donnée la parole à un spécialiste. Enfin, pour aller plus loin, un conseil de lecture ou de jeu vidéo est donné.
Les noms des spécialistes ou des auteurs de référence sont construits à partir de jeux de mots laids, assez potaches :
  • les avocats s’appellent Lelay-Abouyir, Dulin-Zaséché,etc.
  • les docteurs, Laure Maune de Croix-Sens (pédopsychiatre à Neuilly-sur-Seine), Anna Augastrick (service de gastro-entérologie obstétricale, hôpital Lary Boisière, Paris), etc.
  • les professeurs, Hans Streaming (ancien interné des hôpitaux de Paris), Adamo Kham-Elia (neuropsychiatre, ancien interné des hôpitaux de Paris), etc.
  • les écrivains, Fedor Mirlegoss, Djémila Biéhrr-Aufray, Ray Auburn War, Omar del Vaj, etc.
  • le patrouilleur de service (il est beaucoup question d’automobiles), Yvon Letazé…
Autant dire qu’Olivier Griette ne se prend pas au sérieux… et qu’on ne le lui demande pas.

Au 18e jour, la leçon s’intitule: « J’explose un radar », le radar relevant d’une « politique d’entrave à la libre circulation des biens et des personnes » : « Tout comme un amoureux de la nature se doit de planter au moins un arbre dans sa vie, tout vrai militant anti-écolo se doit de détruire au moins une fois un radar durant son existence. » La performance est notée *** quand il est détruit à la masse en acier. Le risque, c’est 45.000 euros. La difficulté, c’est d’utiliser la masse en acier pour mériter les ***, plutôt que l’explosif (*) ou la voiture bélier (**)…
Au 25e jour, la leçon s’intitule « Je multiplie les éoliennes sur ma commune » : « Non seulement les éoliennes parviennent à convertir les derniers espaces naturels en paysages industriels (une véritable pollution visuelle qui s’étend à plus de dix kilomètres à la ronde), mais de plus, elles ne présentent aucun intérêt, ni économique, ni énergétique, ni écologique : elles sont absolument parfaites. »
Performance: ***
Risque : vivre le pire des cauchemars (être pris pour un écolo).
Difficulté n°1 : expliquer aux écolos que vous êtes anti-écolo.
Difficulté n°2 : expliquer aux anti-écolos que vous n’êtes pas un écolo.
Difficulté n°3 : continuer à savoir ce que vous êtes vraiment.
Au 39e jour, la leçon s’intitule : « Je deviens un accro de l’apocalypse » : « Si la fin du monde est toute proche, comment les écologistes peuvent-ils encore justifier des actes aussi dérisoires que celui de trier des déchets, éteindre la lumière ou économiser l’eau ? La nature elle-même vous donne raison de gaspiller (au plus vite) les dernières ressources d’une cocotte-minute sur le point d’exploser. »
Performance: **

Risque : attendre l’apocalypse (très, très) longtemps.
Difficulté : faire preuve d’une (très, très) grande patience.
Pierre Desproges, cité plus haut, disait : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. » C’est pourquoi je dis aux futurs lecteurs de ce livre désopilant : « Écolos ou anti-écolos sectaires, s’abstenir ! »


Source contrepoints.org

mercredi 2 avril 2014

Billets-L’étrange défaite de la France dans la mondialisation


L’étrange défaite de la France dans la mondialisation
  
Chef d’entreprise, après des études en France et en Angleterre, l’auteur est acteur dans la mondialisation. Il est un observateur perspicace et qualifié de cette « étrange défaite » : la France ne tient qu’une place mineure dans la mondialisation.
Évidemment, cette défaite est masquée par les quelques réussites que l’on se plaît à souligner en haut lieu : les entreprises du CAC 40, Airbus, etc. Les grands du CAC 40 ne doivent pas faire illusion (1ère partie). Largement devant l’Allemagne ou le Royaume Uni, la France est le pays européen qui classe le plus de champions nationaux dans le classement des multinationales. Mais ces champions sont-ils nationaux, quand ils réalisent le plus clair de leur chiffre d’affaires et de leurs profits à l’étranger ? Et s’il en est, comme Vinci ou Bouygues qui sont plutôt hexagonales, c’est parce qu’elles bénéficient de la protection de l’État actionnaire, du monopole des marchés, des rentes sectorielles et des commandes publiques. En revanche, les PME ont beaucoup de mal à entrer en compétition sur les marchés mondiaux. Au total, la France n’a pas (ou pas encore) bénéficié de l’élan de la mondialisation.
Olivier Marteau y voit trois raisons principales.

La première est une élite incapable de relever le défi (2ème partie), parce qu’elle est incapable de comprendre les réalités de l’entreprise. Les hauts dirigeants politiques et économiques sont presque exclusivement issus de la sphère publique. S’agit-il des grandes entreprises ? Vraisemblablement acquise à un étatisme protecteur, cette élite économique n’entreprend aucune réforme qui remette en cause l’emprise de l’État sur l’économie, trop soucieuse de préserver ses avantages. S’agit-il de la haute administration ? Elle est incapable d’intégrer les changements économiques survenus avec la mondialisation. Et ses leaders ont fait toute leur carrière dans la sphère publique.

La deuxième raison est la taille de la fonction publique (3ème partie). Alors que dans beaucoup de pays la crise a poussé à reconsidérer le nombre de fonctionnaires, en France on a préféré conserver voire créer des emplois dans le public. Et, pour payer ce chômage déguisé, on a maintenu la dépense publique à un très haut niveau (57% du PIB), ce qui n’a pas manqué de creuser les déficits, mais a permis de « sauver la face ». Mais tandis que le pouvoir d’achat depuis dix ans n’a augmenté que de 8%, l’ensemble des pays de l’Union Européenne a bénéficié d’une hausse de 10% et aujourd’hui les réformes réalisées dans la plupart des pays voisins portent leurs fruits.

La troisième raison est la domination de la société civile par l’État (4ème partie). L’État-providence étouffe ceux qu’il étreint. La redistribution sociale a détruit tout le réseau d’initiatives personnelles et associatives. L’immigration est suspendue aux aides sociales (« motivations familiales » dans 72% des cas) plutôt qu’à la recherche d’emplois (7% des immigrés).
Pour autant, la bataille de la mondialisation est-elle perdue pour la France ? Beaucoup de Français le pensent, et notamment beaucoup de jeunes qui quittent le pays pour exprimer leurs talents, ou pour éviter une fiscalité confiscatoire. D’autres, tel Olivier Marteau, font de la résistance interne, et essaient d’informer leurs compatriotes des réalités de la mondialisation, pour provoquer tôt ou tard une salutaire réaction contre les vices des institutions et de la classe dirigeante française.
Bien documentées, bien argumentées, les quatre parties qui constituent cet ouvrage s’inscrivent fort bien dans une campagne pour la libération des Français et de leurs entreprises.


Source contrepoints.org

mardi 1 avril 2014

Billets-Valls, aujourd'hui Matignon, demain l'Elysée ?


Valls, aujourd'hui Matignon, demain l'Elysée ?

L'ex-ministre de l'Intérieur vient d'être nommé au poste de Premier ministre par François Hollande, au lendemain de la cuisante défaite socialiste aux municipales. Portrait d'un homme déterminé, qui vise l'Elysée depuis longtemps, rappelait le quotidien italien fin 2013.

La guerre des gauches s’intensifie chaque fois que le Parti socialiste est au pouvoir et se confronte aux problèmes concrets : l’économie, la justice, l’immigration, la sécurité. C’est alors que la crise d’identité explose. Le cas de Leonarda, pour qui les collégiens et les lycéens se sont mobilisés (les jeunes contre un gouvernement socialiste, un véritable affront !), avait exacerbé des tensions déjà existantes entre la gauche dite romantique, ou angélique, et la gauche pragmatique, ou réaliste. Il a intensifié le conflit entre les principaux courants du bloc progressiste, à l’intérieur même de l’exécutif.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est en désaccord avec la ministre de la Justice, Christiane Taubira, sur la réforme du système judiciaire et du code pénal, qu’il juge trop permissive. Les lois fiscales naissent, agonisent et meurent au rythme des polémiques entre les préposés aux questions économiques. Tous, ou presque, sont fermement convaincus que la gauche repose depuis ses origines sur l’alliance entre les idées de progrès et de justice ; mais tous, ou presque, doivent se rendre à l’évidence que les notions de droite et de gauche sont devenues floues pour les électeurs. Beaucoup sont en effet passés de la gauche au Front national.

L’effondrement de popularité enregistré par le président de la République est attribué aux conflits internes qui minent le gouvernement de gauche, mis en relief par l’expulsion controversée de Leonarda. François Hollande a accepté le retour de la jeune fille, seule. Une décision à la fois molle et brutale. Le président voulait calmer les consciences angoissées à gauche, solidaires de Leonarda, et ne pas trop heurter les esprits inquiets à droite, affligés par l’idée d’un retour de la famille Rom. Mais la jeune fille a repoussé avec dédain la proposition, répondant : tout le monde (père, mère et frères) ou personne.

Une réplique humiliante pour le président, dont le nom est désormais terni par un doute arrogant et injuste : “Hollande est-il de gauche ?” Alors que la cote de popularité de Hollande chute, celle de Manuel Valls, son ministre de l’Intérieur, monte (58 %). Et selon une enquête d’opinion, le ministre aurait bien plus de chances de battre la droite aux prochaines élections (en 2017), que le président en exercice. Mais Hollande doit encore passer trois ans et demi à l’Elysée et Manuel Valls se garde bien d’avancer sa candidature. L’impopularité du président hésitant et la popularité du ministre strict sont tout sauf insignifiantes. L’écart toujours plus large cache probablement un futur conflit, même si pour le moment il révèle seulement la vivacité de la guerre entre les gauches.

Manuel Valls est facilement classable parmi les sociaux-libéraux, avec une tonalité autoritaire due à une attention rigoureuse à la sécurité, liée aux problèmes posés par l’immigration. Selon ses partisans, il incarne la gauche moderniste et réformiste. Il pourrait donner une impulsion réformiste dans le cadre d’une République intransigeante. Pour Valls, beaucoup de choses doivent changer. Y compris le nom du parti. Pour lui, le mot “socialiste” ne veut plus rien dire. Les exemples du New Labour de Tony Blair et du SPD de Gerhard Schröder doivent être pris en compte.

Cependant Manuel Valls n’a pas que des amis au sein du parti. Ils ne sont pas rares à condamner ses positions, jugées non conformes aux principes de la gauche. On l’accuse d’adopter la tactique du Front national pour le combattre, au risque de faire son jeu. Lors des primaires, remportées par François Hollande, il n’avait pas dépassé 6 %. Mais à présent, les sondages démontrent qu’il plaît aux électeurs, un peu moins à ceux de gauche d’ailleurs. Pour François Hollande, le ministre de l’Intérieur incarne la précieuse popularité qui lui manque.

 Dessin de Mix & Remix paru dans L’Hebdo, Lausanne
Source Courrier International

Billets-François Hollande à l'épreuve de la réalité


François Hollande à l'épreuve de la réalité

Le chef de l'Etat est dos au mur et les électeurs ne se contenteront pas d'un changement de Premier ministre qui serait cosmétique, estime le journal suisse.

François Hollande était le dernier en Europe à croire que l’on pouvait relancer une économie en augmentant continuellement les impôts et les taxes, en nommant un ministre chargé de "démondialiser" la France et en faisant des promesses à tous. Près de deux ans après son arrivée à l’Elysée, François Hollande doit avouer un triple échec, celui d’une méthode, d’un style et d’une politique confuse. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault est le premier fusible à sauter, la victime sans charisme d’un gâchis politique qui culmine avec une débâcle électorale que beaucoup considèrent comme historique par son ampleur, sous la Ve République.

Manuel Valls, connu pour son affirmation d’autorité et son penchant social-démocrate, saura-t-il créer le choc nécessaire pour relancer un pays déprimé et incapable de s’entendre sur un ensemble de réformes connues de tous, mais jamais mises en œuvre ? Le président et son nouveau gouvernement n’ont plus de marges de manœuvre, tant la France a gâché son temps, en vivant depuis trop longtemps au-dessus de ses moyens, comme le montrent encore les derniers chiffres de son endettement et sa dérive budgétaire.

  • Posture de déni
Ce dont la France a besoin, ce sont des actes forts, et non d’un "pacte de responsabilité" qui camoufle à l’idiot le pourquoi d’une forte baisse inévitable des charges sur le travail et l’entreprise.

Au moment où l’Europe retrouve peu à peu sa crédibilité économique et financière, la France, elle, est à l’arrêt. Et se bat encore et toujours contre les fantômes d’une mondialisation qui lui serait défavorable. Une posture de déni qui la prive de toute influence majeure et mine son image à l’étranger, comme le reconnaissait du bout des lèvres François Hollande dans son allocution solennelle.

Le virage social-démocrate de François Hollande serait sincère, si l’on en croit ses proches. Manuel Valls parviendra-t-il à le concrétiser, quitte à affronter une partie de la gauche et un corporatisme sociopolitique qui rêvent d’inventer une autre politique pour ne pas avoir à affronter une réalité qui dérange ? Le devoir de vérité est arrivé.

 Dessin de Sondron
Source Courrier International

Billets-Social-démocratie : un virage dangereux pour Hollande


Social-démocratie : un virage dangereux pour Hollande

Après le résultat des élections municipales, François Hollande se retrouve dos au mur. Il n'a d'autre choix que de continuer sur la voie économique que Bruxelles le presse d'emprunter, quitte à continuer de pousser ses électeurs traditionnels dans les bras du FN.
 
Le chef de l'Etat français ne dispose d'aucune marge de manœuvre. Il est dos au mur. Certes, les électeurs français ont l'habitude d'infliger, à mi-parcours du mandat présidentiel, quand se tiennent les élections municipales dans tout le pays, de sévères défaites au parti au pouvoir – qu'il soit de droite ou de gauche. Il se pourrait néanmoins que le retour de bâton ne menace cette fois tout l'édifice de la République française d'après guerre.

Ce scrutin marque en effet un bond en avant pour la droite populiste de Marine Le Pen, même si les résultats du Front national (FN) paraissent modestes par rapport à la victoire de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), et si son écart avec les Verts, qui enregistrent eux aussi une progression, est mince.
D'ici aux élections européennes de mai – terrain d'exercice idéal pour le FN –, le président français ne pourra pas reprendre les rênes de la politique économique pour changer le cap. D'ailleurs, il ne le souhaite pas. A juste titre.
Contrairement aux deux premières années de son mandat, marquées par les hésitations et les annonces contradictoires, François Hollande semble aujourd'hui fermement décidé à mettre en œuvre son programme social-libéral : baisse des charges pour les entreprises entérinée par les partenaires sociaux et mesures d'économie sans précédent. Tout cela au grand dam de certains de ses partisans déboussolés qui souhaiteraient tourner le dos à l'Union européenne, à la mondialisation – tout bonnement à la réalité d'aujourd'hui – et dont les fantasmes font avancer les idées extrémistes de Marine Le Pen.

 Dessin de Schneider
Source Courrier International

lundi 31 mars 2014

Billets-Le PS coulé


Le PS coulé

Le deuxième tour des élections a vu la victoire du Front national de Marine Le Pen dans 10 villes. Il a surtout confirmé le désaveu du gouvernement de François Hollande. Qui va devoir réagir très vite.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault, le 27 mars 2014 - AFP/Michel Euler
“Défaite historique pour les socialistes”, annonce le quotidien de centre-gauche El País au lendemain du deuxième tour des élections municipales en France. “Le mécontentement de l’électorat et l’impopularité de François Hollande se fait encore plus net qu’au premier tour”, poursuit le journal qui juge que le PS sort “coulé” de ces municipales et que le Premier ministre fera sans doute les frais de cette défaite, “comme bouc émissaire”.

La défaite socialiste est d’autant plus marquante que “le centre-droit n’est pas dans une situation flamboyante : l’UMP est divisée et a traversé une série de scandales ces dernières semaines”. Enfin, El Pais revient sur le score du Front National, “un indubitable succès personnel pour Marine Le Pen”.

Le quotidien El Mundo, quant à lui, parle de “débâcle de la gauche”. Il souligne que “la majorité parlementaire n’a pas su contrer la crise en ses 22 mois au pouvoir”. “Hollande n’a pas d’autre solution que de remanier son gouvernement pour dire aux électeurs qu’il a compris le résultat des urnes.” “Paris aura à partir du 5 avril une maire espagnole”, se félicite enfin El Mundo en faisant référence aux origines d’Anne Hidalgo, victorieuse dans la capitale.

C'est aussi cette victoire que retient The Guardian : "La victoire de la socialiste Anne Hidalgo était la seule bonne nouvelle pour le président François Hollande et son parti dans la tourmente." Une tourmente que retient également The Times, qui analyse le choix des "électeurs français comme une colère contre le président Hollande et son administration socialiste."

En Allemagne, le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung explique que "depuis longtemps, les Français s'occupent à s'étriper, craignent pour l'avenir et méprisent leurs hommes politiques." Mais cette fois-ci, c'est pire : le gouvernement de François Hollande fait face à un "Super-GAU", un "plus grand accident envisageable", expression que les Allemands réservent aux pires accidents nucléaires. "Les conséquences seront énormes", prévient la FAZ. "L'autorité du président est déjà au niveau zéro. On peut douter qu'un remaniement suffira pour faire changer d'avis les Français à son sujet."

A Bruxelles, Le Soir prévient que "Hollande devra reconstruire après la rupture". Le quotidien de Bruxelles écrit qu'il faut changer de lecture face au vote Front national : “Un tiers des Français se reconnaissent dans les idées de Marine Le Pen. Parmi lesquels de nombreux jeunes. Ceux-là ne sont plus réceptifs aux codes anciens du combat anti-fasciste. Ils n’ont connu ni Hitler ni Franco. Dresser devant eux ces épouvantails n’a plus d’effet. C’est un travail, une place dans la société qu’ils veulent. Et ce sont leurs peurs – celle de l’autre, de l’étranger, de l’ouverture – qu’il faut d’urgence apaiser.” Un message de plus que devra savoir décrypter François Hollande, qui doit envoyer un message à ses électeurs déçus : “Ce week-end, une partie de la gauche a rompu avec son chef. Pour reprendre le mot qu’il utilisait à propos de sa vie privée, Hollande va devoir d’urgence "clarifier" sa situation.”

A Genève, Le Temps revient lui aussi sur la déroute de la gauche : “Malgré les appels pressants de la majorité, les électeurs de gauche ne se sont pas rendus massivement aux urnes pour sauver leur camp de la débâcle.” Le quotidien rappelle que les conditions pour une victoire du gouvernement socialiste n'étaient pas vraiment réunies : “La semaine écoulée n’a pas non plus incité les électeurs de gauche à se mobiliser : elle a commencé par une réaction initiale de déni des résultats, suivie d’un manque de sursaut ; elle s’est poursuivie par les mauvais chiffres du chômage tombés [le 26 mars] (3,34 millions de personnes, un record) ; [...] écœurée et en colère, la gauche de la gauche, enfin, n’a en rien été rassurée par les déclarations de la porte-parole du gouvernement et de ministres affirmant que le président de la République ne modifierait pas le cap de sa politique sociale-démocrate.”


Source Courrier International

Infos santé-Un "pacemaker" pour soigner les lombalgies


Un "pacemaker" pour soigner les lombalgies

La société Mainstay Medical a mis au point un dispositif qui génère de petites impulsions électriques afin de stimuler les muscles de la colonne vertébrale.

Deux électrodes sont inistallées de chaque côté de la colonne vertébrale et reliées à un implant qui génère de petites impulsions électriques pour stimuler les muscles. Mainstay Medical.

Dans son édition du jour, Le Parisien Aujourd’hui en France met en avant une innovation irlandaise qui pourrait permettre de soulager durablement les patients qui souffrent de lombalgie chronique.
Le mal de dos, fréquemment présenté comme le mal du siècle touche près de 10 % de la population mondiale selon deux études publiées mardi 25 mars dans les Annales des maladies rhumatismales, une revue dépendant du groupe du British Medical Journal (BMJ).

  • Deux électrodes de chaque côté de la colonne vertébrale
Le dispositif Reactiv8 développé par la société Mainstay Medical aurait obtenu des résultats très encourageants. Il s’agit d’une sorte de pacemaker du dos qui consiste a à intégrer deux électrodes de chaque côté de la colonne vertébrale, reliées à un implant qui génère de petites impulsions électriques pour stimuler les muscles.
"Quand nous avons mal, nous envoyons un signal au cerveau qui dit: ne te contracte pas pour bloquer la douleur. Or, moins le muscle travaille, plus il s'atrophie" explique au Parisien Peter Crosby, directeur général de Mainstay Medical et ingénieur bio-médical. ReActive 8 se charge donc de stimuler les nerfs impliqués dans la contraction.

  • Moins le muscle travaille, plus il s'atrophie
Reactiv8 a été testé pendant trois mois sur 26 patients en Belgique et au Royaume-Uni. "74% d'entre eux ont constaté une amélioration de leurs douleurs, 63% une réduction importante de leur invalidité et près d'un sur deux (45%) a repris le travail", écrit le quotidien.
"ReActive8 est conçu pour stimuler électriquement les nerfs responsables de la contraction de ces muscles et aider à rétablir le contrôle", explique Le Parisien, rappelant que "moins le muscle travaille, plus il s'atrophie. C'est un cercle vicieux".

  • Les patients ont fait fonctionner le dispositif, via une télécommande, 20 minutes le matin et 20 minutes le soir
L'implant antilombalgie présente aussi l'avantage de ne pas être trop contraignant au quotidien. "Les patients ont fait fonctionner le dispositif, via une télécommande, 20 minutes le matin et 20 minutes le soir", détaille Peter Crosby, directeur général de la société. Autre caractéristique "très enthousiasmante" : les patients ne sont pas obligés de garder leur implant à vie. "Une fois la douleur partie, ils peuvent le faire enlever", poursuit le directeur.


Source : sciencesetavenir.fr