dimanche 8 janvier 2017

Billets-France Stratégie fait la promotion de l’héritage et de sa taxation


France Stratégie fait la promotion de l’héritage et de sa taxation

Tous ceux d’en bas qui cherchent à rejoindre ceux d’en haut, parce qu’ils ont du courage, de l’ambition, de la volonté, sont, dans le système post-soviétique défendu par la nomenklatura française, sévèrement sanctionnés pour leur outrecuidance.

Vive l’héritage ! C’est ainsi qu’on peut résumer (en forçant le trait, je le concède) la méticuleuse torsion de la pensée par laquelle le « think tank » du Premier ministre France-Stratégie (c’est ce qu’est devenu le fameux Commissariat au Plan déclassé en 2013 par François Hollande et son excellent Jean-Marc Ayrault) a transformé sa question de base « peut-on éviter une société d’héritiers ? » (tout à fait pertinente) en un éloge de l’héritage tous azimuts.
L’héritage et la vraie question de l’égalité des chances
L’étude commençait pourtant bien : elle se proposait de « promouvoir l’égalité des chances et l’accès des jeunes générations au patrimoine ». Là, on se dit « chouette ! ». Les services du Premier ministre ont compris que le petits gars de banlieue qui devient artisan à son compte après son CAP de menuisier n’a aucune chance d’accéder au patrimoine parce que, quand il réalise 100.000 euros d’excédent brut d’exploitation, il lui reste péniblement 25.000 euros de revenus nets. Entre temps, la protection sociale et les multiples impôts inventés par le génie administratif français l’ont plumé.

On sait tous que cette spoliation des entrepreneurs par la « mutualisation », la « solidarité » et autres faux nez de la désincitation à s’enrichir par le travail qui gangrène la France est aujourd’hui la principale source du blocage social. Quand tu nais pauvre ou sans rien, la technostructure, au nom d’un bla-bla factice, a mis en place une mécanique bien rodée pour te maintenir dans cet état.
L’héritage et la France d’en-haut
Disons-le clairement : le « coin socio-fiscal, » comme disent les jargonneux de l’économie, divise le pays en deux castes. Il y a la caste d’en-bas, qui n’a rien à la naissance, et pas grand-chose à la mort, et la caste d’en-haut qui naît avec tout et meurt avec plus encore. Tous ceux d’en bas qui cherchent à rejoindre ceux d’en haut, parce qu’ils ont la gnaque, parce qu’ils ont du courage, de l’ambition, de la volonté, sont, dans le système post-soviétique défendu becs et ongles par la nomenklatura française, sévèrement sanctionnés pour leur outrecuidance. Non seulement, ils sont soumis à tous les contrôles sociaux et fiscaux dont les administrations ad hoc sont capables, mais ils sont soumis à des impôts confiscatoires qui servent principalement à financer la « générosité » de nos politiques sociales.

Bref, la fiscalité qui existe aujourd’hui sur le capital est une vaste imposture qui contribue à figer l’ordre social en France. Tous ceux qui sont nés pour être salariés et qui cherchent à créer leur petite entreprise sont, grâce à elle, rapidement  remis à leur place avec force quolibets du NPA (et son cortège de fils à papa mal dans leur peau) dénonçant les méchants capitalistes qui s’engraissent sur le dos du petit peuple.

De cette réaction nobiliaire, nous paierons un jour le prix fort, et la technostructure pontifiante française en portera une écrasante responsabilité.
France Stratégie et la réaction nobiliaire
Au nom donc, de l’égalité des chances, France Stratégie occulte totalement le principal empêchement contemporain à celle-ci, et se livre à une impressionnante torsion de l’esprit, en soutenant… qu’il faut :

réformer en profondeur la fiscalité des transmissions en la reconstruisant du point de vue des héritiers. Au lieu de taxer les héritages transmis à chaque décès, il s’agit de taxer le patrimoine total reçu par l’héritier au cours de sa vie, de sorte que celui qui reçoit plus paie un taux plus élevé. Afin d’encourager la pratique de la donation et le legs par testament des grands-parents vers les petits-enfants, les sommes reçues par les jeunes héritiers pourraient être imposées à un taux plus faible que celles reçues par les héritiers plus âgés.

Autrement dit : plus d’impôts pour les très riches et plus d’héritage pour les autres. Concrètement, France Stratégie propose « l’idée consensuelle » (paraît-il, selon l’expression qui a circulé durant le point presse) de faciliter la donation aux petits-enfants. Dans le même temps, l’idée serait (on retrouve ici les obsessions étatistes de la technostructure française) de se placer « du point de vue des héritiers », c’est-à-dire de comptabiliser les sommes reçues par héritage tout au long de la vie d’un héritier et d’adapter le niveau de taxation aux sommes reçues.

On voit bien l’idée qui pointe derrière cette théorie : il faut toujours plus d’impôts pour rassasier les 5 millions de fonctionnaires en France.

Mais une autre idée pointe le bout de son nez : la fiscalité ne doit plus être liée à l’avoir des contribuables, mais à leur être. Ce ne sont plus des actes, des créations de richesse ou de valeur, des biens, que l’on taxe, mais des gens.
Les trois France de la réaction nobiliaire
Progressivement, ce que l’on comprend donc, c’est que France Stratégie exprime une vision de la société française organisée autour de trois ordres.

Tout en bas, le tiers-État regroupe ceux qui n’ont rien et qui ont vocation à continuer à ne rien avoir. Pour leur rendre la misère acceptable ou supportable, l’État doit bien entendu continuer à financer des mesures d’assistanat : suppression des cotisations sociales sous 1,6 SMIC, exonération de l’impôt sur le revenu, tiers payant, etc.

Tout en haut, le grand capital industriel, largement transmis de génération en génération, devrait faire l’objet d’une taxation renforcée.

Et puis il y a cette noblesse qui s’estime mal traitée et qui demande des droits nouveaux. Ce sont principalement ces hauts fonctionnaires, ces cadres salariés du privé, ces « managers » d’une société complexifiée à souhait, qui voudraient des mesures ad hoc qui leur profiteraient (et c’est pour cette raison qu’elles sont présentées comme des mesures d’égalité des chances). Parmi celle-ci, la possibilité d’hériter rapidement du petit pactole constitué par les parents est un élément essentiel.
À quel âge faut-il hériter ?
Avec l’allongement de l’espérance de vie, en effet, cette noblesse souffre. Lorsqu’elle héritait à 40 ans, elle récupérait les 200.000 ou 300.000 euros nécessaires à l’achat d’un appartement. Désormais, les prix à Paris sont plus élevés, et les parents meurent plus tard. Alors on s’entasse plus longtemps dans le 4 pièces hors de prix de l’Est parisien et quand on peut se payer enfin quelque chose dans Paris, les enfants sont partis et le 130m2 qu’on s’achète avec un crédit sur 15 ans paraît bien trop grand.

C’est cette « clientèle » là que France Stratégie vise dans sa note. C’est elle qu’elle veut servir en lui permettant d’hériter plus tôt. Et on est heureux d’apprendre que l’égalité des chances est devenue synonyme des préoccupations de la nouvelle noblesse parisienne.


Source contrepoints.org
Photo By: GotCredit – CC BY 2.0
Par Éric Verhaeghe.


Éric Verhaeghe est président de Triapalio. Ancien élève de l'ENA, il est diplômé en philosophie et en histoire. Écrivain, il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Il anime le site "Jusqu'ici tout va bien" http://www.eric-verhaeghe.fr/

Billets-« Autolib’ ne sera jamais rentable » et vous coûtera même 180 millions € !


« Autolib’ ne sera jamais rentable » et vous coûtera même 180 millions € !

Le compte d’exploitation prévisionnel pour la durée de la délégation de service public à Bolloré, de 2011 à 2023, est déjà déficitaire de 179 millions d’euros. Naturellement ce trou n’est qu’anticipé et rien n’empêche de le creuser davantage !

Circulation et déplacements sont pour la mairie de Paris des sujets de communication et même de propagande plus que des questions sociales, techniques et économiques à traiter rationnellement. Depuis 2001 c’est un jet quasi continu de pseudos innovations, travaux et systèmes complexes qui envahissent les rues de la capitale : tramway des Maréchaux, Velib’, voies de bus dilatées, places (notamment celle de la République) sens dessus dessous, potelets, bitognos et séparateurs omniprésents…

À chaque fois, le paraître et l’affichage l’emportent sur toute autre considération. Ainsi en est-il de l’énorme et inutile terre-plein engazonné et surélevé, au milieu des Maréchaux, sur lequel roule le tramway. Il empêche la circulation de tout autre véhicule 95 % du temps. Mais il se voit, l’herbe est verte, les journalistes sont contents et c’est cela qui compte.

Dans le domaine des systèmes de transport, Vélib’ ou Autolib’, la question du rapport coût-bénéfice pour la ville et les usagers est systématiquement négligée au profit des campagnes de presse et d’animation urbaine. On a ainsi appris que chaque Vélib’ coûte à la ville près de 4 000 euros par an : de quoi payer plusieurs engins à ses utilisateurs ! JC Decaux, grâce à la multiplication d’avenants, a réussi à faire supporter à ladite ville la majeure partie de la charge financière du système.
Gaspillage et trou budgétaire
Pourtant, Autolib’ est en passe de ravir à la bicyclette delanoïste la palme du gaspillage et du trou budgétaire. Même la presse de gauche s’en émeut. Il faut dire que Bolloré est mal vu, depuis qu’il a décidé d’équarrir les gauchistes de Canal+.

On a d’abord appris, ce dont on pouvait se douter, que le bilan énergétique de ce joujou était désastreux car il faut maintenir les batteries au lithium en état de fonctionnement à grand coût d’électricité. On a vu aussi se désespérer les usagers de la chaussée auxquels des places de stationnement étaient à nouveau ôtées alors que les stations Autolib’ sont souvent vides.

Puis ce sont les usagers d’Autolib’ eux-mêmes qui se sont plaints : voitures crasseuses, souvent difficiles à réserver. Les kiosques installés à côté de certaines bornes ont été tellement vandalisés que certains ont disparu.

Mais le pire est du ressort du bilan financier. D’après les chiffres communiqués au syndicat « Autolib’ Métropole », le compte d’exploitation prévisionnel pour la durée de la délégation de service public à Bolloré, de 2011 à 2023, est déjà déficitaire de 179 millions d’euros. Naturellement ce trou n’est qu’anticipé et rien n’empêche de le creuser davantage ! Comme Bolloré n’assurera les pertes qu’à hauteur de 60 millions ce sont d’ores et déjà 119 millions de déficit que les communes supporteront, au prorata du nombre de places de stationnement, c’est-à-dire essentiellement au détriment des contribuables parisiens.
Gadget pour bobos 
Là où le bât blesse encore plus, c’est que ce déficit est dû pour partie à des dépenses troubles et des dérapages curieux dont Bolloré aurait été le bénéficiaire. Ainsi, selon Le Canard enchaîné, l’informatique du système a coûté approximativement 60 millions au lieu des 11 prévus et cette somme a été facturée par une filiale de Bolloré. D’une poche à l’autre …
Bref, nous voilà en présence d’un gadget pour bobos financé par le contribuable, mal conçu et mal géré et qui va se transformer en patate chaude. Et ce d’autant plus que le succès confirmé d’Uber et des VTC tient à un cœur de cible qui est précisément celui qu’ambitionnait Vélib’ : les jeunes urbains.

Comme souvent, les usines à gaz vendues par des capitalistes de connivence roués à des politiciens mus uniquement par la com’ virent au désastre financier.
« Autolib’ ne sera jamais rentable », a même conclu le bureau d’études 6T qui s’est penché sur ce sujet…

Source contrepoints.org
Photo By: Francisco Gonzalez – CC BY 2.0
Par Serge Federbusch.


Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne. Serge Federbusch a été successivement conseiller commercial en Asie, conseiller du maire du Paris pour l'urbanisme et les transports, directeur général de la Société d'économie mixte du Centre de Paris (Halles). Il est diplômé de l'IEP de Paris, Maître en droit public, titulaire d'un DEA d'Histoire et ancien élève de l'ENA.

mercredi 4 janvier 2017

Billets-Léonarda Sauvage : un point final sur un bilan catastrophique ?


Léonarda Sauvage:un point final sur un bilan catastrophique ?

Pour boucler l’année et avant de nous présenter des vœux somme toute assez pathétiques, le président Hollande a décidé de continuer sur sa lancée vers le ridicule ultime, seul but qu’il semble s’être fixé dans un quinquennat au cap essentiellement basé sur « le changement, trop souvent » : le voilà qui a gracié Jacqueline Sauvage.

Et au vu des réactions qu’on peut lire dans une presse gentiment extatique devant une si belle action, le président a réussi son coup : faire parler de lui en bien alors que, parallèlement, sa cote de popularité remonte doucement et que les primaires socialistes sont de plus en plus mal enquillées.

Gracier Sauvage, c’est un petit pas guilleret en direction des cœurs de l’armée de pleureuses médiatiques qui avaient décidé que non, décidément, Sauvage ne devait pas faire de prison et puis c’est tout. C’est s’assurer d’une bonne presse et d’opinions politiques dégoulinantes de la droite comme de la gauche. C’est verrouiller une image positive d’humaniste magnanime.

Quant à la mauvaise humeur du corps des magistrats, bafoués par la décision présidentielle, Hollande s’en fout d’autant plus que, par le truchement du livre d’entretiens « Un président ne devrait pas dire ça », il avait déjà passablement fusillé sa relation avec lui, et que, n’étant plus dans la course présidentielle, il n’a plus rien à perdre.

Malheureusement, tout ceci sent le calcul et la petite bricole à laquelle Hollande nous a péniblement habitué depuis plus de quatre ans à présent. En effet, le cas de Sauvage est particulièrement proche du cas de la maintenant célèbre « Léonarda ».

À l’époque condamnée à l’expulsion du territoire après que l’ensemble des institutions avaient suivi scrupuleusement l’ensemble des procédures imposées, Léonarda s’était retrouvée emberlificotée dans la tentative de rattrapage médiatique de François Hollande : faisant preuve de sa clairvoyance habituelle, le président de la République avait tenté de trouver une solution pour un non-problème, pur épiphénomène médiatique monté en épingle par une poignée d’associations lucratives sans but, en proposant à l’expulsée de revenir en France… sans ses parents. Cette solution, extraordinairement crétine, avait permis de démontrer avec brio tout le talent du locataire de l’Élysée pour s’enfoncer dans une mélasse improbable que lui seul avait déversé à ses propres pieds.

Avec Jacqueline Sauvage, on retrouve la même tendance au « n’importe quoi, n’importe comment » si typiquement hollandesque, et qui aura marqué le quinquennat plus sûrement que les actions étrangères au Mali ou ses déclarations pourtant consternantissimes sur le chômage ou tout le reste.

Ainsi, pourquoi diable la gracier avant le nouvel an, mais pas avant Noël, fête familiale s’il en est ? Le fardeau de la condamnée est-il subitement devenu plus lourd après le 25 décembre ? Encore une fois, le timing diabolique avec lequel le président arrête sa décision montre une totale impréparation, irréflexion qui disqualifierait n’importe qui à ce poste et ce niveau de responsabilités.

Ainsi, pourquoi choisir de la gracier maintenant alors qu’elle a déjà été graciée partiellement ? Là encore et comme d’habitude, la présidence du changement incessant fait un petit pas indécis dans une direction, puis une autre, dans une petite danse ridicule qui justifierait amplement à elle seule une tempête de facepalms ou de solides paires de claques dans la tête de l’impétrant.

En effet, soit le président inconséquent croit au fait qu’elle ne sera plus un danger pour la société, et il la gracie complètement, soit il estime qu’elle doit faire encore de la prison, purger tout ou partie de sa peine ce qui veut donc dire qu’il respecte la décision de justice ; la grâce partielle apparaît alors dans ce cadre comme un bricolage boiteux destiné surtout à faire taire les couinements des politiciens trop contents de nourrir les médias de leurs opinions éclairées essentiellement destinées à les faire passer pour de Grands Humanistes auprès du peuple qu’on prétend représenter par l’une ou l’autre association, l’une ou l’autre pétition et l’avalanche de reportages ultra-favorables à la condamnée.

En revanche, on semble totalement oublier l’autre peuple, celui par qui et pour qui la justice fut rendue, et qui avait par deux fois décidé qu’elle était bien coupable, et qu’elle devait bien faire de la prison. Quinze jurés populaires et six juges ont retenu, dans le procès d’assises et son appel, que Sauvage était bien coupable de meurtre, et méritait bien la prison pour son acte.

Ce peuple, qui a rendu la justice en indépendance, hors des tempêtes médiatiques, disposait de toutes les pièces du dossier, qui détaillait le nombre de coups de fusil (trois, ce qui, pour un fusil à deux coups, suppose un rechargement et donc une lucidité qui cadre mal avec la légitime défense) le fait que c’était dans le dos de la victime (là encore, la légitime défense semble fragile), que les cartouches avaient été empochées quelques heures avant et tant d’autres faits – et mensonges – de la part de la femme – qui n’ont semble-t-il jamais impressionné suffisamment les médias pour qu’ils soient correctement rappelés et qui auraient amplement mérité la prudence tant dans la façon dont Sauvage a été choisie comme égérie des femmes battues que pour toute décision présidentielle à son sujet.

Eh oui : certains et certaines m’objecteront, avec leurs petits poings fermés et les sourcils tout froncés de rage contenue contre celui qui ose douter, que le crime de Sauvage s’efface obligatoirement devant sa situation de femme battue. Toute considération de culpabilité s’en trouve immédiatement évaporée parce que c’est une femme, et qu’elle était sous l’emprise d’un mari violent. Peu importe que la situation familiale réelle était probablement beaucoup moins asymétrique que ce que la défense de Sauvage (en cour et dans les médias) a essayé de brosser à gros traits caricaturaux (et au prix de quelques mensonges). Peu importe qu’au final, cela ne changeait rien à la situation, à savoir que plaider la légitime défense dans ce cas ne pouvait pas tenir. Au contraire du tribunal populaire et républicain de l’institution officielle, le tribunal associatif puis médiatique a tranché : la pauvre femme était sinon innocente, du moins totalement excusable.

Faisons alors fi des jurés, des juges, du système judiciaire en place. Il l’a bien cherché, il est si pourri. Oh, bien sûr, il y a à redire sur la Justice. En France, c’est plus souvent un pis aller qu’une institution respectable, elle qui peut sans problème condamner lourdement des entrepreneurs, des pères ou des mères de familles dans des situations inextricables, et qui relâche sans sourciller des multirécidivistes pour des vices de procédures ou par pure idéologie gauchiste. Bien sûr.

Mais justement : pourquoi diable faire intervenir dans cette institution déjà passablement décrédibilisée un président de la République qui, constitutionnellement, devrait s’en tenir éloigné, et qui, politiquement, est à lui seul le symbole de l’échec et du n’importe quoi chimiquement pur ? Comment imaginer que, si la Justice française est dans un état à ce point catastrophique, une énième intervention foutraque du pédalomane va pouvoir lui donner du tonus ou redorer son blason ?

Pire encore : lui-candidat s’était engagé, pour lui-président, à ne surtout pas intervenir dans le pouvoir judiciaire. Voilà une nouvelle promesse de campagne soigneusement jetée à la décharge déjà bien remplie de ses échecs patents.

Il est temps que ce quinquennat toxique prenne fin. Si Sarkozy avait amplement prouvé que la droite au pouvoir ne vaut à peu près rien, d’autant plus qu’elle est totalement la proie de médias qui lui sont viscéralement hostiles, Hollande a confirmé la trajectoire délétère que le pays a pris depuis 40 ans et a achevé de miner toutes les institutions qu’il a touchées de ses petits doigts boudinés : la fonction présidentielle est devenue une blague, un monument de mauvais goût et d’approximations catastrophiques ; l’école n’est plus que le lieu d’expression d’un dogmatisme puant ; l’intervention présidentielle sur l’institution du mariage a durablement fracturé la société française ; l’ensemble des corps de santé est maintenant parcouru de spasmes inquiétants ; la police fait plus que gronder et maintenant, la justice ressemble à un champ de mines.

Dans ce tableau, la grâce de Jacqueline Sauvage apparaît comme une nouvelle ponctuation d’un bilan catastrophique. Espérons que ce soit le point final.

Source contrepoints.org
Par h16


Tombé tout petit dans le libéralisme et les mocassins à glands, j'ai décidé d'enquiquiner le reste du monde en faisant des articles.

mardi 3 janvier 2017

dimanche 1 janvier 2017

Dessins de presse


Dessins de presse

mercredi 21 décembre 2016

Billets-La Chine va noter le comportement des citoyens sur internet


La Chine va noter le comportement des citoyens sur internet

Pékin prévoit que chaque citoyen se voie attribuer un score basé sur son comportement, comme ses habitudes de consommation en ligne, son civisme ou encore sa piété filiale. « Black mirror » sauce communiste.

Connaissez-vous le « scoring comportemental » ? Si vous êtes à jour de la série britannique Black Mirror, vous en avez eu un aperçu dans Chute libre (« Nosedive »), le premier épisode de la très attendue saison 3.

Chute libre traite du rapport que nous avons avec notre image sur les réseaux sociaux, et de l’effet que cette image a sur notre vie. L’épisode se déroule dans un monde occidental aux couleurs pastel où l’accès aux meilleurs services (de logement, de transport…) est conditionné par la note qu’obtient chaque individu dans ses interactions avec les autres. Le réalisateur met en scène l’histoire d’une jeune femme prête à tout pour que ses congénères la notent le mieux possible sur un réseau social qui semble être en situation de monopole. Sans surprise, la série nous raconte la dégringolade du score de Lacie et la descente aux enfers qui s’ensuit.

Black Mirror est une oeuvre de fiction.
Un « profil social » selon le comportement des citoyens
Dans la réalité, en Chine, ce ne sont pas les personnes avec lesquelles les citoyens ont des interactions qui ont vocation à décider de leur note, mais un algorithme programmé selon les desideratas du Parti communiste.

Pékin prévoit en effet que chaque citoyen se voie attribuer un score basé sur son comportement, comme ses habitudes de consommation en ligne, son civisme ou encore sa piété filiale. L’objectif est naturellement de construire une société socialiste plus « harmonieuse » selon les termes de BFM TV, en permettant une meilleure orientation de l’accès aux prêts, à l’emploi, aux hôtels de luxe ou encore… aux voyages en avion, c’est-à-dire à la possibilité d’échapper au paradis communiste.

Un « système de crédit social » est actuellement en test à Hangzhou et a pour vocation d’être étendu à l’ensemble du pays d’ici à 2020 selon The Wall Street Journal. Alibaba, le n°1 mondial du commerce électronique à destination des entreprises, est partie intégrante du projet. D’autres géants du web comme Tencent, la société qui a développé l’application de messagerie instantanée WeChat, et Baidu, le moteur de recherche n°1 en chinois, pourraient rejoindre la partie. Voilà de quoi sacrément alimenter en données l’ « algorithme communiste » !

Au vu de ce programme, le gouvernement français fait figure de petit joueur avec son fichier regroupant les données personnelles de 60 millions de Français !

Jean-Luc Mélenchon, qui a récemment obtenu le soutien du Parti communiste français pour les présidentielles de 2017, ne s’est à ma connaissance pas encore exprimé sur le sujet. On a en revanche récemment appris grâce à Gala que le chef du « parti des gentils » aime bien la salade au quinoa. Au moins les Français sont-ils prévenus qu’ils devront manger moins de viande si d’aventure ils votent au mois de mai pour une France bolivarienne !
Traquer le comportement des citoyens pour toujours plus de sécurité et moins de fuite d’impôts ?
Dans le cas chinois comme dans le cas français, les raisons invoquées par le pouvoir étatique pour mettre en place des outils à chaque fois plus intrusifs sont toujours les mêmes : la lutte contre la fraude et la lutte contre le terrorisme. Tout cela bien sûr en vue d’assurer le bien-être et la sécurité de la population.

En 1968, Margaret Thatcher écrivait déjà :

« Certains hommes politiques ont tendance à estimer qu’avec la venue des ordinateurs, il conviendrait de centraliser cette masse d’informations et de tout conserver sur une bande magnétique. On gagnerait en temps, disent-ils, et en efficacité. […] Selon moi, ce serait confier à l’État trop d’emprise sur la personne. »

C’est bien là que réside le coeur du sujet. L’État a-t-il vocation à tout savoir de chaque individu ?

Le simple fait de laisser cette possibilité ouverte prépare le terrain à la mise en place d’une société totalitaire, qu’elle revête des couleurs pastel d’un cauchemar façon Black Mirror ou qu’elle arbore le rouge vif de la dictature communiste.

Source contrepoints.org
Photo Different by Village9991(CC BY 2.0)
Par Nicolas Perrin.


Nicolas Perrin est l'auteur de l'ouvrage de référence « Investir sur le marché de l’Or – Comprendre pour agir ». Diplômé de l’IEP de Strasbourg, du Collège d’Europe et de l’Université d’Aix-Marseille, il est conseiller en gestion de patrimoine indépendant.

lundi 19 décembre 2016

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

Recettes Crêpes Blinis Pancakes-Galettes de sarrasin à la poire et au bleu

Galettes de sarrasin à la poire et au bleu

Préparation : 15 mn
Repos de la pâte : 30 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 8 galettes
Pour la garniture
4 poires type conférence ou comice
30 g de beurre
200 g de bleu d’Auvergne ou de Saint-Agur
3 cuillerées à soupe de pignons de pin
Sel
Poivre du moulin
Pour la pâte
130 g de farine de sarrasin
2 œufs
30 cl d’eau
30 g de beurre fondu
20 g de beurre pour la cuisson
1 pincée de sel
Préparation des galettes
1. Versez la farine de sarrasin et le sel dans un saladier et creusez un puits.
2. Dans un autre bol, fouettez les œufs, l’eau et le beurre fondu, puis versez dans le puits de farine. Fouettez à nouveau pour obtenir une pâte fluide.
3. Laissez reposer 30 minutes.
4. Mettez le beurre à fondre dans la poêle et versez l’excédent dans un petit bol. Essuyez le surplus avec un papier absorbant.
5. Quand la poêle est bien chaude, versez rapidement une petite louche de pâte et tournez la poêle en tous sens pour bien répartir la pâte sur toute la surface de la poêle. Dosez bien la quantité de pâte dans votre louche : si vous avez trop de pâte votre galette sera trop épaisse, mais si vous n’en avez pas assez, elle sera pleine de trous !
6. Quand la surface de la galette devient sèche et qu’elle a doré en dessous, au bout de 2 minutes environ, il est temps de la retourner. Faites-la sauter si vous êtes habile ou bien retournez-la à la spatule. Laissez cuire 1 minute sur l’autre face.
7. Déposez vos galettes au fur et à mesure sur une assiette pour former une pile. Si vous voulez les garder au chaud, recouvrez l’assiette de papier d’aluminium et déposez l’assiette sur une casserole avec un peu d’eau à ébullition.
Préparation de la garniture
8. Coupez les poires en quatre, pelez-les et ôtez-en le cœur. Découpez les quartiers en lamelles. Mettez 20 g de beurre à fondre dans la poêle et faites dorer les lamelles de poires 3 minutes de chaque côté. Poivrez-les et déposez-les sur une assiette. Coupez le fromage en lamelles.
9. Remettez votre poêle à galette sur le feu avec un peu de beurre. Déposez une galette, ajoutez des lamelles de fromage, puis quelques lamelles de poire. Saupoudrez de pignons de pin et laissez cuire 3 minutes. Rabattez les extrémités de la galette vers le milieu. Répétez l’opération pour les autres galettes et servez aussitôt.

Le mariage de la poire et du fromage bleu est toujours une réussite. Servez ces galettes avec une salade aux herbes assaisonnée si possible d’une vinaigrette à l’huile de noix.

Variante
Vous pouvez également utiliser du roquefort ; dans ce cas-là, écrasez-le à la fourchette avec 2 cuillerées à soupe de crème fraîche.
C’est aussi délicieux avec des lichettes de fourme d’Ambert.

Un truc
Vous pouvez faire les galettes et les mettre au fur et à mesure dans un plat que vous garderez au four à 100 °C (th. 3-4), le temps de finir la cuisson des autres.



dimanche 18 décembre 2016

Billets-La guerre du gouvernement contre nos libertés a commencé


La guerre du gouvernement contre nos libertés a commencé

Tandis que François Hollande se barricade au palais de l’Élysée en interdisant la rue Saint Honoré aux voitures, son gouvernement aux abois s’emploie à multiplier les mesures tendant à museler l’expression des Français.

Le gouvernement veut limiter la liberté d’éducation avec les attaques violentes et répétées de Mme Najat Vallaud-Belkacem pour empêcher l’ouverture des écoles indépendantes en les soumettant à un régime d’autorisation liberticide et contrôler leurs programmes pour les obliger à s’aligner sur ceux de l’Éducation nationale, au mépris de la loi.

Il veut supprimer l’indépendance de la justice en soumettant la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, au contrôle direct du gouvernement par un décret du 05/12/2016. Prise à l’insu de la Cour et de son Président, cette mesure bafoue le principe de séparation des pouvoirs qui est un des piliers de la République française et garantit aux Français le respect de leur liberté et l’égalité de tous devant la loi.

D’ores et déjà d’ailleurs, vous pouvez réagir en signant la pétition qui s’élève à l’encontre de cette disposition scélérate : Bernard Cazeneuve : Pour l’indépendance de la Cour de cassation et l’abrogation du décret du 05/12/2016
Guerre au libre-échange
Il veut, contre l’Europe qui devait être celle de la liberté de circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, renforcer, par un décret du 5 décembre 2016, le contrôle des capitaux jusqu’au moindre détail par un nouveau décret qui confirme l’obligation de déclaration de tout transfert de fonds d’un montant égal ou supérieur à 10 000 euros vers un État membre de l’Union européenne ou en provenance d’un État membre de l’Union européenne.

Sous peine de constituer un manquement à l’obligation déclarative passible d’une amende égale à 50 % des sommes et confiscation des sommes, les déclarations relatives à des transferts de sommes d’un montant supérieur à 50 000 euros doivent être accompagnées de documents dont la production permet de justifier de leur provenance. Au prétexte de la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement, l’État joue Big Brother. Mais lui nous avait caché qu’il versait des rançons pour délivrer les otages ainsi que les documents révélés par Snowden viennent de le révéler !

Il veut encore museler la liberté d’expression avec la proposition de loi, qu’il soutient, votée par le Parlement pour punir de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende le « militantisme anti-IVG 2.0 », selon l’expression de son rapporteur, Catherine Coutelle (PS, Vienne). Ceux qui sont favorables à l’avortement, comme c’est leur droit, ne veulent plus désormais que d’autres souhaitent les en dissuader. Demain, ils interdiront de critiquer toute réforme gouvernementale.
Réagir avant qu’il ne soit trop tard
Certes, certains diront que chaque mesure a sa justification. On en trouve toujours une, si mauvaise soit-elle. D’autres excuseront au prétexte que ce sont des points mineurs. Mais on commence toujours par là, et d’ailleurs ils ne sont pas vraiment mineurs. À nous de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

À nous de ne pas accorder foi aux candidats comme Macron qui ne nie pas être de gauche et avoir cautionné tout ce mandat présidentiel et qui ne trouve comme bonnes mesures que celles qui déresponsabilisent encore un peu plus les Français (exonération des charges sociales salariales) ou qui créent de nouvelles usines à gaz pour atténuer l’ISF sans le supprimer.
Il faut militer pour qu’une nouvelle majorité favorable aux libertés reprenne le pouvoir rapidement et puisse défaire ces mesures nocives, en même temps qu’inscrire dans la constitution les bornes qui pourraient s’y opposer à l’avenir si par malheur nous devions revivre les affres d’un pouvoir similaire à celui que nous supportons depuis près de cinq ans, livré à l’arbitraire d’un Président immature.

Source contrepoints.org
Photo credits-Nicholas-Kommodore CC
Par Jean-Philippe Delsol.


Jean-Philippe Delsol est avocat fiscaliste, Président de l'IREF, Institut de Recherches Économiques et Fiscales.

Billets-Quand l’État se mêle de nos funérailles !


Quand l’État se mêle de nos funérailles !

L’État présent tout au long de notre vie ne pouvait qu’interférer dans notre mort. Il prend déjà soin de notre santé. Il distribue nos organes. Il se propose de nous baptiser, nous éduquer, nous marie et maintenant, il essaye de nous enterrer.

Mais où sont donc passées les funérailles d’antan ? Aucune idée et a priori, il y a de moins en moins de chance de les revoir. En effet, les députés viennent d’adopter un texte relatif à nos funérailles, ce qui finalement n’est pas surprenant. L’État présent tout au long de notre vie ne pouvait qu’interférer dans notre mort. Il prend déjà soin de notre santé en nous interdisant de manger trop gras ou trop sucré, de boire, de fumer. Il distribue nos organes. Il se propose de nous baptiser, nous éduquer, nous marie et maintenant, il essaye de nous enterrer.

Si les enterrements chrétiens étaient la règle, à partir du 19ème siècle des mesures sont prises afin de permettre la liberté de conscience : neutralité des cimetières (lois du 14 novembre 1881 et du 5 avril 1884), liberté des funérailles (loi du 15 novembre 1887), transformation du service extérieur des pompes funèbres en service communal (loi du 28 décembre 1904) et principe de laïcité (la loi du 9 décembre 1905). Par ailleurs, le principe de liberté des funérailles est inscrit dans notre Code pénal (article 433-21-1), qui prévoit un délit d’atteinte à la volonté du défunt. On le trouve également dans le code général des collectivités territoriales, qui interdit toute distinction établie par les autorités selon le caractère civil ou religieux des funérailles.
L’État à nos obsèques
Aujourd’hui 30 % des obsèques sont civiles. Quant aux crémations, 53 % sont réalisées sans cérémonie religieuse. La sécularisation de la société n’empêche pas le besoin de sens et de rite face à la mort. Les demandes d’obsèques civiles sont en constante augmentation et des difficultés se posent pour y répondre, obligeant les familles à se tourner vers des obsèques religieuses.  En effet, les communes proposant déjà leurs salles pour ces cérémonies sont trop rares.

Certains députés, dont Bruno Le Roux, notre nouveau ministre de l’Intérieur, ont donc proposé une loi adoptée en première lecture le 30 novembre dernier afin de remédier à ces problèmes. L’examen des apports de cette fameuse loi laisse dubitatif et prêterait à rire si le sujet n’était pas si sérieux. Il ne faut pas se priver du plaisir de consulter les débats qui ont présidé à l’adoption de cette loi. Ils sont édifiants, et mettent en lumière la façon dont une proposition de loi insignifiante est vidée de son peu de sens à grands renforts d’amendements successifs. Cette loi aboutit à un article unique rédigé ainsi :

«Art. L. 2223-52. – Chaque commune, dès lors qu’elle dispose d’une salle municipale adaptable, met celle-ci à disposition des familles qui le demandent et garantit ainsi l’organisation de funérailles républicaines qui leur permettront de se recueillir. Par dérogation au premier alinéa de l’article L. 2125-1 du Code général de la propriété des personnes publiques, cette mise à disposition est gratuite. À la demande de la famille du défunt, un officier de l’état civil de la commune peut procéder à une cérémonie civile.»

À première vue la loi fixe une obligation de fournir une salle là où précédemment il n’y avait qu’une possibilité. Cette obligation pourrait être une très bonne chose, mais le législateur a trouvé judicieux de préciser que seules les communes possédant une salle « adaptable » étaient concernées, sans s’attarder sur la définition d’adaptabilité. Il amoindrit d’étrange façon la portée de l’intention initiale. Il sera en effet très facile pour les communes de s’exonérer de cette obligation surtout en l’absence de sanction prévue. Est-il utile de rappeler que le cumul des mandats n’étant pas interdit, beaucoup de nos députés sont également maires.
Rien n’est jamais gratuit
La mise à disposition gratuite de la salle est également surprenante. Tout d’abord cette disposition déroge au principe de non-gratuité des utilisations privatives du domaine public. Ensuite, nous savons que rien n’est jamais gratuit. Les coûts d’aménagement, d’entretien et de fonctionnement de la salle devront bien être pris en charge. Avant le texte, ils étaient potentiellement supportés par les utilisateurs. La gratuité les transfère à la charge du contribuable. Chacun jugera de l’équité de la mesure.

De même le législateur précise qu’un officier de l’état civil a la possibilité de procéder à la cérémonie, sans préciser dans quelles conditions. Nous pouvons donc supposer qu’il les fixera lui-même ; et après tout pourquoi pas, puisqu’il remplira bénévolement son rôle, aucune rémunération pour cette mission supplémentaire ne lui étant allouée. Et alors que cette cérémonie « si importante » nécessite un texte, il n’est pas prévu de formation des officiers à leurs nouvelles fonctions dont l’exercice ne s’improvise pourtant pas.

Hervé Feron se félicite de ce texte, car, maintenant « le défunt et sa famille seront accompagnés par la cité«. Pourtant, l’accompagnement proposé par la République, ne rendent pas évidents les motifs de s’enorgueillir. Ce texte est maintenant entre les mains du Sénat. Il sera intéressant de regarder ce qu’il va devenir.

L’intervention d’Estelle Grelier, secrétaire d’État chargée des Collectivités, laisse par contre songeur. Elle trouve « légitime et souhaitable que la République puisse apporter son soutien dans les moments les plus difficiles, comme elle le fait pour les plus joyeux« . Difficile alors de ne pas repenser aux discussions préalables à l’adoption en première lecture de la loi au cours desquelles a été cité le passage suivant du contrat social (Rousseau) :

« il faut une religion civile vivant une forme de sacralisation non religieuse du lien social. Une religion civile doit pouvoir permettre, selon Rousseau, de générer une passion pour le régime républicain. Ce dernier ne saurait en effet se réduire à des procédures : il lui faut du rituel et une symbolique, ainsi que la possibilité de créer les conditions d’un attachement. »

Nous sommes en 2016, à l’orée d’un siècle nouveau. Certains de nos députés trouvent, avec la logique imparable qui est la leur, qu’il est temps de défendre la laïcité en l’instituant en religion officielle d’État. Pour y parvenir, ils utilisent un texte ne changeant fondamentalement rien, si ce n’est pour le contribuable, qui va donc être amené, au nom du principe de liberté de conscience et d’équité, à financer des cérémonies privées, quand bien même il ferait le choix de s’abstenir de toute cérémonie pour lui-même. Sans commentaires.

Source contrepoints.org
Photo By: DavidCC BY 2.0
Par Nafy-Nathalie.


Nafy-Nathalie
Profondément existentialiste, elle croit que chacun est libre et responsable de ce qu'il est. C’est avec cette idée qu'elle essaie de mener sa vie et de voir le monde.


samedi 17 décembre 2016

Billets-Chômage : le casse-tête des inemployables


Chômage : le casse-tête des inemployables

En moins de 50 ans, le marché du travail a pratiquement fermé ses portes aux sans-diplômes.

Selon une étude de l’OCDE, 22% des travailleurs français risquent d’être inemployables à moyen terme, soit 6 à 7 millions d’actifs.

Ces chiffres sont révélateurs d’un mal profond qui ronge les économies occidentales : celui de l’inemployabilité d’une partie croissante de leurs populations, dont « on ne sait plus si elle est à la recherche d’un emploi ou incapable d’en trouver un ».

Un phénomène qui va de pair avec la transformation des économies de la production vers la conception. « Le capitalisme du XXIème siècle organise scientifiquement la destruction de la société industrielle » écrit Daniel Cohen dans l’introduction à ses Trois leçons sur la société post-industrielle.

Désormais, 78% des emplois créés correspondent à des fonctions d’ingénieurs, de cadres administratifs et de créatifs. Entre 1962 et 2007, le nombre d’employés diplômés d’un Bac+2 est passé de 8,5% à 51%. Or, seuls 25% des actifs disposent d’un tel diplôme.

En moins de 50 ans, le marché du travail a donc pratiquement fermé ses portes aux sans-diplômes.

Pour eux, ne restent que des emplois usants et ingrats : ouvriers industriels, agricoles et du bâtiment, des services rébarbatifs d’aide-soignants ou d’agents d’entretien, ainsi que des activités commerciales à horaires décalés (vente, hôtellerie, restauration, sécurité).
C’est pourquoi plus de 60% des chômeurs n’ont pas le baccalauréat.

La France vieillit, un quart de la population a aujourd’hui plus de 60 ans, et ce phénomène va se prolonger jusqu’en 2035 avec les générations issues du baby-boom.
L’exode du néo-prolétariat se fait désormais de « l’usine au RMI », comme le dit le romancier Édouard Louis, dit Eddy Bellegueule.
Les damnés du RSA
Cela explique aussi que plus de 8,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, principalement à cause de « l’augmentation du nombre de chômeurs vivant au-dessous du seuil de pauvreté, elle-même liée à celle du nombre de chômeurs de longue ou très longue durée », explique l’Insee.

Malheureusement, ce chiffre est en-deçà de la réalité. Car, aux 6,4 millions de chômeurs des catégories A à E, il faut ajouter les 6 millions d’allocataires sociaux, dont 2 millions de décrocheurs scolaires, sans oublier les 2 millions d’allocataires potentiels du RSA qui n’en font pas la demande.

Au total, 13 millions de personnes seraient aujourd’hui inemployées… soit plus du tiers de la population active hexagonale !
Aux extrémités de la pyramide des âges
Or, la majorité de ces inemployables se répartit entre les deux extrémités de la pyramide des âges. « La crise a frappé durement les seniors et les jeunes » résume l’Insee.

En effet, les seniors n’auraient plus les savoir-faire correspondant aux besoins des entreprises. « Leur capital humain est obsolète » peut-on lire chez certains économistes. Si, aujourd’hui leur nombre décroît, ce n’est pas grâce aux contrats aidés, mais au papy boom. En effet, d’ici quinze ans, la plupart seront à la retraite.
Le double péril jeune
L’inemployabilité de nombreux jeunes est bien plus problématique que celle de leurs aînés.
Beaucoup « n’ont tout simplement pas le savoir-être requis par l’entreprise », affirment certains conseillers en recherche d’emploi ; les autres « sont surqualifiés et refusent les jobs ingrats qu’on leur propose », explique Maxime, conseiller à Pôle Emploi.

En l’absence de contrat spécifique type CPE ou de SMIC-Jeune, les décrocheurs ne doivent leur salut qu’à des contrats aidés type emplois d’avenir et des initiatives associatives à l’instar de l’École de la deuxième chance, le service Ma seconde chance de l’Onisep ou les chantiers d’Insertion par l’Activité Économique.

Par ailleurs, les tentatives de revaloriser l’enseignement professionnel échouent devant le refus de nombreux apprentis de se soumettre aux contraintes de ces métiers manuels. Ainsi, le taux d’échec (rupture du contrat d’apprentissage) dans l’hôtellerie et la restauration serait de 48,9% selon la DARES.
Enfin, s’agissant des diplômés de Master ou d’Écoles de Commerce, ils rechignent à accepter les jobs auxquels postulent les détenteurs de BEP. Ainsi, les diplômés de Droit, entre autres, subissent un goulot d’étranglement à la sortie de la fac.
Surdité politique
En proposant aux décrocheurs un service militaire adapté obligatoire, inspiré d’une mesure en vigueur outre-mer depuis les années 60, Nicolas Sarkozy montre combien le regard de la classe politique sur cette jeunesse inemployable est biaisé.

Cependant, l’ancien président avait le mérite de s’y intéresser. Les autres, et notamment les nationaux-populistes Mélenchon et Montebourg, se contentant de promettre de rebâtir les usines. Un discours qui peut séduire les seniors, mais ne parle pas aux nouvelles générations.

Seul Emmanuel Macron semble leur proposer une solution efficace : devenir leur propre entrepreneur et se libérer de la fatalité de l’entretien d’embauche. Peut-être est-ce là le secret de son succès ?

Source contrepoints.org
Photo By: fdecomiteCC BY 2.0
Par Jacques Tibéri.

Jacques Tibéri
Juriste de formation, journaliste par vocation, Jacques Tibéri a fondé un webzine d’infotainment généraliste, le zincmagazine.fr, avant de se spécialiser dans les questions de société et de modes de vie.