lundi 8 juin 2015
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mardi 2 juin 2015
Billets-Enfants nés à l’étranger d’une GPA
Enfants nés à l’étranger d’une GPA
Dès lors que la filiation d’un enfant avec un
Français est établie, sa nationalité française est un droit, quelles que soient
les circonstances de sa naissance, y compris en cas de Gestation pour autrui.
Le 13 mai 2015, le
tribunal de grande instance de Nantes a ordonné au procureur de la République
de cette ville la transcription sur les registres d’état-civil des actes de
naissance de trois enfants nés en Ukraine, en Inde et aux États-Unis d’un père
français et d’une mère porteuse. Observons d’emblée que ce recours à la
gestation pour autrui (GPA) était en l’espèce le choix de couples
hétérosexuels, couples dont la femme n’était pas en mesure, pour des raisons
médicales, de porter un enfant. Ces décisions montrent donc, une nouvelle fois,
que le débat sur la GPA est totalement indépendant de celui sur les droits des
couples homosexuels.
La jurisprudence Mennesson
À dire vrai, le
jugement n’a rien de surprenant. Dans deux importantes décisions Mennesson
c. France et Labassee
c. France rendues le 26 juin 2014, la Cour européenne avait déjà affirmé
que l’intérêt supérieur des enfants nés aux États-Unis d’une gestation pour
autrui (GPA) était d’avoir un état civil français, élément de leur identité au
sein de la société de notre pays. Le tribunal de Nantes applique donc purement
et simplement la jurisprudence de la Cour européenne.
De son côté, le
Conseil d’État a adopté une position très proche dans un arrêt
du 12 décembre 2014, dirigé contre la circulaire
Taubira du 25 janvier 2013 qui porte sur la délivrance de certificats de
nationalité française aux enfants nés à l’étranger de parents français, y
compris « lorsqu’il apparaît, avec
suffisamment de vraisemblance qu’il a été fait recours à une convention portant
sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui ».
L’article
18 du code civil énonce qu' »est
français l’enfant dont l’un des parents au moins est français« .
Dès lors que sa filiation avec un Français est établie, sa nationalité
française est un droit, quelles que soient les circonstances de sa naissance,
circonstances dont il n’est en aucun cas responsable. Dans ce cas, le Conseil
d’État s’appuie sur le droit au respect de la vie privée de l’enfant, le droit
d’avoir la nationalité de ses parents et de pouvoir l’attester étant
précisément un élément de cette vie privée.
Certes, la
jurisprudence du Conseil d’État concerne la nationalité, mais le raisonnement
peut parfaitement s’appliquer à l’état-civil. Le fait, pour un enfant, d’avoir
un état-civil américain, ukrainien ou indien alors qu’il réside en France avec
ses parents ne porte-t-il pas atteinte de la même manière à sa vie privée ?
La construction
jurisprudentielle semble donc solide, et on peut s’étonner que le procureur de
Nantes ait cru bon d’annoncer un appel contre la décision du TGI. S’agit-il
d’une démarche purement idéologique manifestant une opposition personnelle à la
GPA ? Ce n’est pas impossible, à moins qu’il espère le maintien par la Cour de
cassation de sa jurisprudence antérieure à l’arrêt Mennesson de la Cour
européenne.
La position traditionnelle de la Cour de cassation
Saisie le 17 décembre
2008 de l’affaire Mennesson, la Cour de cassation avait développé un
raisonnement aussi simple qu’implacable : dès lors que la naissance est
l’aboutissement d’un processus frauduleux comportant une convention de GPA,
tous les actes qui en résultent sont entachés d’une nullité d’ordre public. Par
la suite, cette position bien peu soucieuse de l’intérêt supérieur de l’enfant
avait été confirmée dans deux décisions du 13 septembre 2013, dans lesquelles
la première Chambre civile avait refusé la transcription sur les
registres de l’état civil français de l’acte de naissance d’enfants nés d’une
GPA à Mumbay (Inde).
Cette sévérité
résultait d’une application rigoureuse de l’adage « Fraus omnia corrumpit« , depuis longtemps
intégré dans la jurisprudence de la Cour de cassation, et qui lui permet de
prononcer la nullité de tous les actes issus d’une fraude. Le problème est tout
de même que la fraude, qu’elle soit civile ou pénale, se définit par la volonté
de nuire, ce qui n’est pas le cas en l’espèce. Les parties à un contrat de
gestation pour autrui n’ont pas réellement le désir de nuire à qui que ce soit,
seulement celui de mettre un enfant au monde.
Depuis la décision
Mennesson, celle rendue par la Cour européenne des droits de l’homme en 2014,
la Cour de cassation n’a pas eu l’occasion de se prononcer sur l’état-civil
d’un enfant né d’une GPA à l’étranger. Le procureur de Nantes pouvait donc
espérer que la juridiction suprême française maintiendrait sa position, envers
et contre tous.
Vers une évolution jurisprudentielle ?
Rien n’est moins sûr,
du moins si l’on en croit les informations diffusées dans la presse, à propos
de deux pourvois que la Cour de cassation devrait prochainement examiner. Ils
sont dirigés contre deux décisions rendues par la Cour d’appel de Rennes à propos
de l’état-civil d’enfants nés par GPA en Russie. Le 19 mai, le procureur près
la Cour de cassation, Jean-Claude Marin, a fait savoir qu’il demanderait
l’inscription de ces enfants à l’état-civil français. Reprenant l’argument du
Conseil d’État, il affirme que « le droit
au respect de la vie privée de l’enfant justifie que son état civil mentionne
le lien de filiation biologique à l’égard de son père à condition que ce lien
soit incontestablement établi ». En d’autres termes, il suffira
d’une expertise biologique prouvant la filiation paternelle avec un Français
pour que l’inscription soit acquise.
Si les réquisitions du
procureur sont suivies, la Cour de cassation fera un grand pas en avant dans le
sens de la jurisprudence européenne. Il demeure tout de même deux
interrogations.
La première réside
dans cette répugnance un peu surprenante, que la Cour de cassation partage avec
le Conseil d’État, à l’égard de la notion d’intérêt supérieur de l’enfant. Or,
cette notion figure dans la Convention
de 1989 relative aux droits de l’enfant, pourtant signée et ratifiée par la
France. Son article 3 énonce que dans « toutes
les décisions qui concernent les enfants (…) l’intérêt supérieur de l’enfant
doit être une considération primordiale ». De toute évidence, les
juges suprêmes internes préfèrent se référer à une notion tirée du droit
interne, en l’espèce celle de vie privée.
La seconde
interrogation porte sur la situation des couples qui ont besoin non seulement
d’une mère porteuse mais aussi d’une fécondation hétérologue. Autrement dit,
ils ne peuvent procréer qu’avec des gamètes données par un tiers, soit par
insémination avec donneur (IAD), soit par fécondation in vitro. Ces pratiques
sont parfaitement licites en droit français. Or, l’exigence d’un lien de
filiation biologique risque de conduire à interdire la reconnaissance de
l’état-civil de l’enfant, s’il est né à la suite d’un tel don. L’objet d’une
telle exigence n’est évidemment pas d’exclure les couples homosexuels, car rien
ne les empêche de procéder à l’insémination de la mère porteuse avec les
gamètes de l’un des conjoints. Cette exigence conduit cependant à empêcher la
reconnaissance de l’état-civil français d’un enfant né par GPA à l’étranger
d’un père stérile. Doit-on établir une discrimination uniquement fondée sur
cette stérilité, alors que l’intervention d’un donneur est parfaitement licite
? C’est la question actuellement posée. Ceci dit, elle ne résout pas le
problème du procureur de Nantes dont la position se trouve singulièrement
affaiblie par l’annonce du procureur près la Cour de cassation.
D’une manière
générale, ces hésitations jurisprudentielles, voire ces combats
d’arrière-garde, ne modifient guère un mouvement global qui tend à reconnaître
aux enfants nés à l’étranger par GPA les mêmes droits que les autres enfants
nés de parents français. C’est, en soi, une évolution favorable. L’intérêt
supérieur de l’enfant ne constitue peut-être pas le fondement de la
jurisprudence mais il en est la conséquence.
Source contrepoints.org
lundi 1 juin 2015
dimanche 31 mai 2015
Billets-A quoi sont dus les trous dans les fromages suisses ?
A quoi sont dus les trous dans les fromages
suisses ?
“C’était l’un des plus grands mystères [en Suisse]
après le secret bancaire”, s’exclame la radio publique autrichienne
ORF. Grâce au travail de chercheurs
d’Agroscope, un institut de recherche en agroalimentaire dont le siège est à
Berne, on sait désormais d’où viennent les trous dans certains fromages
suisses, comme l’emmental. Ils sont causés par la présence de petites
particules de foin, qui, lors de la fermentation du lait, dégagent des gaz,
formant ainsi les trous, rapporte Le Temps.
Cette découverte faite
au hasard, après un siècle de recherches, suscite beaucoup d’intérêt de la part
des médias étrangers, poursuit le quotidien suisse. “Sepp Blatter n’est pas le seul à faire parler de lui en Suisse
ces jours-ci. La presse internationale a en effet aussi été marquée, depuis
le 28 mai, par ‘le mystère enfin percé des trous’ dans l’emmental”, relate le journal.
Source courrierinternational.com
samedi 30 mai 2015
vendredi 29 mai 2015
jeudi 28 mai 2015
mercredi 27 mai 2015
mardi 26 mai 2015
lundi 25 mai 2015
Billets-Réforme territoriale Hollande : dernier avatar du jacobinisme
Réforme territoriale Hollande : dernier avatar du
jacobinisme
Les tares de
l’organisation territoriale remontent loin dans l’histoire de France. L’Ancien Régime et la Révolution de
Tocqueville avait décrit avec brio le fait que la centralisation caractérisait
l’Ancien Régime et que la Révolution avait moins été une rupture qu’une
confirmation. L’œuvre de centralisation s’est poursuivie à une tout autre
échelle sous la République, puis sous l’Empire. En dépit de plusieurs
changements normatifs, la France est restée un pays centralisé jusqu’à
l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand.
Les lois de
décentralisation de 1982-1983 ont certes desserré l’étau du gouvernement sur
les collectivités locales, mais elles ont surtout permis à l’opposition de se
constituer des baronnies inexpugnables ou peu s’en faut, motif pour lequel la
droite, traditionnellement centralisatrice, s’est en définitive bien accommodée
des nouveaux textes. De multiples scandales s’en sont suivis. Le budget des
collectivités locales a explosé, au même titre que le nombre des fonctionnaires
territoriaux, donc la dette publique et les impôts dits locaux.
Après avoir nié
l’évidence lors de la campagne électorale de 2012, François Hollande a
découvert il y a peu l’ampleur de la catastrophe. La réponse du pouvoir tient à
l’adoption d’une nouvelle réforme territoriale. Le débat, ces derniers jours,
s’est focalisé autour du nombre des régions. De 22, il fallait passer à 14,
puis à 13 ; des potentats locaux se sont déchirés sur le thème du « Touche pas
à ma région ! » en mettant en exergue de médiocres intérêts et en livrant un
cas clinique du « marché politique » qui sévit en France. Pourquoi au demeurant
vouloir réduire à tout prix le nombre des régions ? Pour constituer des régions
à taille européenne – cela rappelle les beaux jours du Gosplan – sur
le mode du « big is beautiful ». Pour soutenir les entreprises en accordant à
un échelon local le monopole des aides territoriales, nullement pour supprimer
les aides cela va de soi.
Une telle vision,
partagée par moult élus de l’opposition, s’inscrit une nouvelle fois dans la
lignée d’un jacobinisme et d’un interventionnisme bien français. La réforme
vient d’en haut ; elle provient du Deus ex
machina que constitue le Président de la République. C’est lui qui
tricote et détricote les régions comme un mécano, selon les canons du
constructivisme le plus éculé. C’est la « décentralisation centralisée »,
autrement dit la réforme territoriale à l’envers.
Au contraire, la vraie
réforme supposerait, pour être pertinente, le respect strict de la
subsidiarité, à commencer par la subsidiarité fiscale. Actuellement, les
collectivités locales ne sont pas autonomes parce qu’elles ne bénéficient pas
pour l’essentiel de ressources qui leur soient propres et parce qu’elles ne
sont pas libre de fixer totalement le poids de l’imposition, au prétexte de la
péréquation, traduisons : de l’égalitarisme. Elles en sont donc
réduites à quémander des ressources et autres subventions à l’État.
Une véritable réforme
territoriale ne peut advenir qu’en donnant au niveau local la place de choix
qui lui revient. Les impôts doivent être prélevés localement, ce qui permettra
d’une part de rapprocher le contribuable du citoyen, donc de conjuguer consentement
de l’impôt et consentement à l’impôt, et d’autre part de juguler
l’irresponsabilité des édiles, de créer une concurrence entre les collectivités
et les niveaux de collectivités, et de limiter les rentes de situation. On ne
se battra plus comme aujourd’hui sur le point de savoir si la région
Nord-Pas-de-Calais doit être fusionnée avec la Picardie, si le Poitou-Charentes
doit s’adjoindre au Limousin et à l’Aquitaine pour former des ensembles de
taille idoine et mieux subventionner les entreprises, ou encore si le nombre
des régions doit être réduit à 13 plutôt qu’à 14.
On ne s’écorchera plus
sur des questions dérisoires aux yeux des contribuables. On se livrera à la
concurrence pour attirer les individus et les sociétés dans des zones de droit,
et non plus de non-droit. Quant aux rapprochements entre collectivités locales,
ils s’effectueront spontanément et non plus par dirigisme. En ce sens,
l’existence actuelle de 37 000 communes en France, loin d’être un poids mort,
peut être envisagée comme une véritable richesse.
Source contrepoints.org
Billets-Loi sur le renseignement
Loi sur le renseignement
Loi sur le renseignement : l’acte de
naissance d’une police politique ?
S’inspirant directement de « l’exemple »
américain, le gouvernement a fait approuver par le parlement une loi sur le
renseignement dangereusement liberticide.
Vous êtes suspecté en
permanence de terrorisme. Oui, même si vous êtes une mère de famille postant
les photos de son dernier gâteau au chocolat. Votre vie privée est dorénavant
sous coupe réglée. Les sbires de l’État y accèdent quand ils le souhaitent.
En effet, le 5 mai,
les députés ont voté massivement le texte N°2669 intitulé « projet de loi sur
le renseignement ». Manuel Valls assure que la loi s’appliquera uniquement dans
le cadre de la lutte antiterroriste : « La surveillance sera ciblée strictement
sur les comportements menaçants. Les données tierces ne seront pas accessibles
ou exploitables par les services. » Mais ne sera-t-elle pas également appliquée
pour d’autres cas, par exemple contre l’activisme politique ? Vous pensez que
je délire, que je suis paranoïaque ? Regardons plutôt ce qui s’est passé de
l’autre côté de l’Atlantique.
Le cas américain préfigure ce qui nous attend en France
Les révélations
d’Edward Snowden sur la NSA ont dévoilé l’ampleur des atteintes aux libertés.
Le programme Prism, permet à la NSA d’avoir un accès privilégié aux serveurs et
aux données de neuf géants de l’Internet, parmi lesquels Google, Microsoft,
Facebook et Yahoo. Dans le sillage du 11 septembre 2001 et de la menace
terroriste persistante, le gouvernement américain a mis en place le « USA
Patriot Act », sous Bush Jr., ainsi que d’autres nouvelles lois et décrets
anti-terroristes sous Obama. Conformément à l’article 207 (III) du Patriot Act,
le gouvernement fédéral peut espionner tous les appels téléphoniques, fax et
e-mail à volonté – sans mandat de perquisition.
Sur simple demande du gouvernement…
Les fournisseurs de
services Internet doivent retourner les dossiers de courrier électronique et
leurs informations sur la clientèle sur simple demande du gouvernement. Les
compagnies de téléphone doivent également remettre des enregistrements
téléphoniques détaillés, y compris les numéros de carte de crédit ou de comptes
bancaires utilisés pour les paiements. Récemment, le FBI a développé un nouveau
logiciel appelé « lanterne magique » qui permet d’enregistrer chaque frappe
faite sur un ordinateur.
Aux États-Unis, pas plus de sécurité, mais moins de liberté
Depuis, surveillance
universelle, saisies de biens arbitraires, emprisonnements sans procès et
arrestations sommaires de « suspects » sont devenus des pratiques courantes.
Des pratiques qu’on croyait pourtant révolues depuis l’Allemagne nazie et la
Russie soviétique. De telles violations des libertés et de la vie privée
ont-elles leur place dans une société libre et civilisée et font-elles de
l’Amérique un pays plus sûr ? Les attentats de Boston n’ont pu être empêchés
malgré la surveillance généralisée par les agences gouvernementales. Pire : le
gouvernement américain s’est octroyé le droit d’utiliser la loi hors du cadre
du terrorisme. En 2013, sur les 11.129 demandes de perquisitions sur la base du
Patriot Act, seules 51 visaient des suspects d’actes terroristes. Le plus de
sécurité s’est donc soldé par moins de liberté.
Une frontière de plus en plus floue entre groupe terroriste et
opposition politique
Plus grave encore, la
frontière qui sépare le groupe terroriste de l’opposition politique s’estompe
progressivement. Le pouvoir se limite rarement à un objectif déclaré et c’est
ainsi que la définition des groupes terroristes potentiels a été élargie pour
inclure des groupes comme le Tea Party. En 2011, le vice-président Joe Biden a
accusé le Tea Party d’avoir « agi comme des terroristes » dans leur combat
contre le relèvement du plafond de la dette. Or quelques mois plus tard, l’IRS,
le département du fisc américain (Internal Revenue Service), a pris pour cible
les membres du Tea Party Patriot. L’affaire a été révélée au grand jour et a
mis dans l’embarras Obama et le parti démocrate.
Selon Jenny Beth
Martin, co-fondatrice du mouvement Tea Party Patriot, environ 1% des
contribuables américains ont été contrôlés chaque année par l’IRS, tandis que
10% de ceux qui ont donné de l’argent à des groupes Tea Party ont été contrôlés
depuis 2011.
Sans vie privée, il n’est point de libertés
En France, les
terroristes Merah et Kouachi-Coulibaly étaient surveillés. Pourtant, ils ont pu
arriver à leurs fins. C’est pourquoi on peut douter que les outils mis en place
par la nouvelle loi, permettant d’écouter toute la population française, parviendront
mieux à déjouer des attentats.
Mais le pire n’est pas
là. En effet la sécurité totale (risque zéro) n’est ni possible, ni souhaitable
car protéger la liberté en supprimant la liberté est un non-sens, une
contradiction. La liberté est plus précieuse que la sécurité. En effet, la
liberté n’est pas définie par la sécurité. La liberté est définie par la
capacité des citoyens à vivre sans subir l’interférence du gouvernement dans
leur vie privée. Or une sécurité totale ne pourrait être mise en place sans un
contrôle total sur la vie des citoyens. Seule une société totalitaire pourrait
se vanter d’apporter la sécurité totale à son peuple. C’est pourquoi le
gouvernement ne peut pas nous protéger contre toute forme de violence. Il ne
doit pas non plus nous protéger à n’importe quel prix.
La fin du domaine privé
Enfin, en perdant
l’anonymat, nous perdons notre capacité d’action, nous perdons la liberté
elle-même car on ne se sent plus libre d’exprimer ce qu’on pense. Glenn
Greenwald est le journaliste américain qui a travaillé avec Edward Snowden pour
révéler le scandale des écoutes de la NSA. Dans un livre consacré à cette
affaire, il écrit : « la vie privée est
essentielle à la liberté et au bonheur des hommes pour des raisons rarement
abordées, mais qui sont pourtant irréfutables. Premièrement, quand les
individus se savent observés, ils changent radicalement de comportement. Ils
s’efforcent de faire ce qu’on attend d’eux. Ils veulent s’éviter toute honte et
toute condamnation. Ils y parviennent en adhérant étroitement aux pratiques
sociales couramment admises, en se cantonnant dans des limites acceptées, en
évitant toute action susceptible de paraître déviante ou anormale. (…) C’est
dans le domaine privé que la créativité, le dissentiment et les défis à
l’orthodoxie peuvent germer. Une société où tout le monde sait qu’il peut être
observé par l’État – où, dans les faits, le domaine privé n’existe plus – est
une société où ces attributs sont perdus, tant au niveau collectif
qu’individuel. » (Nulle part où se
cacher, J.-C. Lattès, mai 2014).
Comment le gouvernement donne raison à Ben Laden…
En octobre 2001,
Oussama Ben Laden avait fait une prédiction : «
Je vous le dis, la liberté et les droits humains en Amérique sont condamnés. Le
gouvernement américain va conduire son peuple, et l’Occident en général, dans
un enfer insupportable et une vie étouffante. » (cité dans NewsMax.com
01/02/02).
En permettant au
gouvernement de détruire les libertés au nom de la lutte contre le terrorisme,
nous donnons pleinement raison à Ben Laden.
Source contrepoints.org
dimanche 24 mai 2015
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