jeudi 8 novembre 2012

Infos santé-Dépistage du cancer du sein


Dépistage du cancer du sein

Vies sauvées d’un côté, procédures lourdes et agressives probablement inutiles de l’autre, la bataille sur le dépistage du cancer par mammographie est un sujet chaud depuis quelques années. Un groupe de spécialistes britanniques apporte aujourd’hui une pierre importante à l’édifice  en chiffrant bénéfices et risques. En prônant également une meilleure information des femmes.

L’article de ‘The Lancet’ ne va pas passer inaperçu, aussi bien chez les tenants que chez les opposants au dépistage. On a vu, ces dernières années, monter des critiques face aux campagnes de dépistage à travers les divers pays occidentaux. Ces critiques mettaient en avant le risque de surdiagnostic, c’est-à-dire de déceler une tumeur qui n’aurait sans doute jamais fait parler d’elle et lui appliquer, néanmoins, un traitement agressif.
Une définition différente de celle du ‘faux-positif- qui conduit à conclure à la présence d’une tumeur maligne alors, que, de fait, il ne s’agit pas de cela.
Les chiffres concernant ce surdiagnostic varient selon les études On a même avancé des chiffres allant jusqu’à 76 %.
Les analyses sereines estiment ce  surdiagnostic entre 4 et 12 % environ.
Cela suffit-il pour remettre en question la politique du dépistage systématique proposé aux femmes de 50 à 74 ans avec une périodicité biennale ?
Certains le pensent et réclament la fin de cette politique.
Mais il semble que ni les pouvoirs publics, ni les femmes n’aient envie de voir disparaitre un dépistage mis en place dans tous les pays occidentaux et qui permet, à partir de procédures définies strictement d’utiliser des appareils homologués, qui impose une double, voire une triple, lecture des clichés et qui est pris en charge intégralement par l’Assurance-maladie.
Il faut cependant nuancer un peu les choses. Le taux d’adhésion reste encore en deçà des espérances, dépassant à peine les 50 % sur le territoire national.
Et le bénéfice annoncé, c’est-à-dire la réduction de la mortalité liée à ce dépistage, a longtemps été annoncé comme atteignant 30 % alors que rien ne venait étayer ces données.
L’étude du Lancet, qui est un résumé du rapport d’un groupe d’experts britanniques permet de mettre des chiffres face à certaines interrogations.
Précision importante, ces experts épidémiologistes, biostatisticiens ou spécialistes du cancer du sein n’ont jamais publié de travaux sur le dépistage du cancer du sein et sont donc, a priori, supposés ne défendre aucune chapelle.

  • Evaluer bénéfices et surdiagnostic

Pour cela le groupe s’est intéressé à la situation anglaise : un dépistage qui concerne les femmes de 50 à 70 ans, dépistées tous les trois ans.
Leur objectif était de mesurer le seul critère important en termes d’efficacité du dépistage : la réduction de la mortalité.
Mais il faut aussi mesurer le ‘prix à payer’ pour atteindre un tel but, c’est-à-dire le surdiagnostic.
Ils se sont donc penchés sur onze études dites ‘randomisées’ dans lesquelles on comparait le destin de femmes ayant participé au programme de dépistage à celui de femmes n’ayant pas été incluses dans ce type de programme.
Les études anglaises, suédoises, canadiennes, américaines et écossaise, avaient des méthodologies qui pouvaient varier de façon importante même si le but et la définition des essais étaient les mêmes.
Finalement l’étude écossaise a été écartée de l’analyse pour des raisons de méthodologie.
Les experts voulaient voir quelle était l’évolution de la mortalité dans la période de 10 à 15 ans suivant le dépistage, période retenue par les principales grandes études sur ce sujet.
Il ressort de leur travail que le risque relatif  de mourir d’un cancer du sein était inférieur de 20 % pour celles qui avaient été dépistées par rapport à celles qui ne l’avaient pas été.
Pour les habitués des articles scientifiques cela se traduit dans la méta-analyse par :
RR : 0,80 ( IC95% :0,73-0,89)
Comment estimer le bénéfice absolu, c’est-à-dire le nombre de vies sauvées par rapport au nombre de femmes examinées.
C’est un exercice périlleux et sujet à contestation, reconnait le groupe d’experts.
Ils ont considéré la période 55-79 ans, partant du principe de l’absence de bénéfice dans les 5 premières années suivant le dépistage et la continuation d’un bénéfice dix ans après la dernière convocation au dépistage, 70 ans en Grande-Bretagne, je le rappelle.
De leurs savants calculs il apparait que pour dix mille femmes dépistées, on prévient 43 décès par cancer du sein,
Qu’en est-il de la question tout aussi importante du surdiagnostic ?
Bref rappel : on parle de lésions cancéreuses découvertes à l’occasion du dépistage mais qui ne se seraient probablement jamais manifestées. La femme décédera de toute autre cause qu’un cancer du sein.
Pour se faire une opinion, les experts ont travaillé sur trois études, deux canadiennes et une suédoise.
Ils estiment ce risque de surdiagnostic entre 10,7 % et 19 %…
Comment cela se traduit-il dans l’absolu  Pour dix mille femmes invitées à suivre le programme de dépistage pendant 20 ans, on estime qu’on aura un surdiagnostic chez 129 d’entre elles.

  • Traiter ou ne pas traiter ?

Ce surdiagnostic entraine évidemment la nécessité de faire des biopsies et de mettre en œuvre un traitement chirurgical accompagné de radiothérapie et, parfois, une chimiothérapie. Les effets secondaires et les séquelles de ces diverses thérapeutiques ne sont pas anodines.
Cela peut paraître extrêmement agressif si on part du postulat que ces tumeurs n’auraient jamais fait parler d’elles.
Mais le problème c’est qu’on ne dispose pas encore d’outils, de techniques d’imagerie, de tests capables d’indiquer au médecin et à la femme que cette masse cancéreuse vue à la mammographie n’évoluera pas.
L’attitude à adopter est donc loin d’être évidente.
Prenons un exemple très concret et souvent rencontré dans les mammographies de dépistage : le cancer intracanalaire in situ ou CCIS (DCIS en anglais).
Ce cancer se développe à l’intérieur des canaux galactophores, ceux qui conduisent le lait au mamelon
‘In situ’, signifie que les cellules cancéreuses se sont développées aux dépens de la partie superficielle des canaux et n’ont pas atteint la zone cruciale et dangereuse appelée membrane basale. Si cette zone est franchie, les cellules cancéreuses sont au contact des vaisseaux sanguins et peuvent donc disséminer.
La difficulté c’est que certains de ces cancers in situ peuvent dépasser cette zone fatidique et devenir infiltrants et on n’a pas de réels moyens de le prévoir.
Des études ont montré que si on fait un geste simple, en ‘nettoyant’ ces cellules cancéreuses in situ, le risque de rechute était quand même de 19 %.
Traiter, ne pas traiter ? En l’état actuel, les outils de décision manquent cruellement.

  • Relatif et absolu

Quelles conclusions tirer de ce travail qui, répétons-le, est une méta-analyse de travaux déjà publiés ?
En termes de bénéfices dépister 10 000 femmes permet de prévenir 43 décès par cancer du sein.
En termes de surdiagnostic : dépister 10 000 femmes conduira à 129 surdiagnostics.
On peut donc dire qu’on évite un décès au prix de trois surdiagnostics.
Les auteurs estiment que, ramené à l’échelon individuel, ce risque de surdiagnostic est à peine supérieur à 1 % (129/10000). Rappelons encore une fois que ces surdiagnostics ne correspondent pas à des erreurs ou des fautes médicales.
On s’aperçoit, à la lumière des polémiques actuelles, qu’on manque encore d’évaluations satisfaisantes, notamment du suivi des femmes ayant participé à ces programmes de dépistage dans les 10 ans qui suivent leur sortie du programme.
Mais cette étude britannique montre aussi que le dépistage apporte des bénéfices en termes de réduction de la mortalité par cancer du sein.
Le défi, maintenant, c’est e fournir les informations les plus claires possibles aux femmes, avec des données et non pas des  slogans.
Si on se réfère à ce travail on peut parfaitement dire  et écrire  ce que représente en bénéfice et en surdiagnostic un tel dépistage, à la fois en terme de population et de risque individuel.
Informer en amont, de façon précise, avec des valeurs relatives et des valeurs absolues, des pourcentages mais aussi combien cela représente de cas pour 1000 ou 10000 personnes dépistées.
Le dépistage du cancer du sein par mammographie n’est sûrement pas parfait et il est normal qu’il soit critiqué et remis en question.
Mais s’il disparait, que va-t-il se passer ? Il n’y aura plus de contraintes, telles la double lecture. N’y a-t-il pas un risque de voir se créer une différence d’accès au dépistage individuel ? Certains radiologues, très minoritaires, certes, mais ayant de bonnes relations, laissent penser qu’ils sont les seuls à avoir des équipements performants.
La tentation de voir des femmes devoir dépenser beaucoup d’argent dans des examens dont rien ne prouve qu’ils seront vus par au moins deux spécialistes n’est pas réjouissante.
Il semble donc utile de laisser en place un dispositif qui permet un accès à chacune sans avoir à engager de dépenses.
Il semble urgent que le médecin de famille soit impliqué dans ce dépistage, tenu au courant des dates et des résultats.
Enfin il est fondamental que les femmes et leur médecin aient des informations solides, étayées, actualisées sur les bénéfices mais aussi les risques de ces dépistages, notamment en termes de surdiagnostic.
Loin des slogans, des imprécations, mais loin aussi des campagnes parfois pas toujours très claires, elles pourront donc décider d’entrer ou non dans ces programmes de dépistage systématique.
Et l’arrivée de tests génomiques, permettant de donner des probabilités d’évolution d’une tumeur, devrait permettre d’affiner les diagnostics et d’éviter un grand nombre de traitements inutiles.

Référence de l’étude:

Independent UK Panel on Breast Cancer Screening
The benefits and harms of breast cancer screening: an independent review
The Lancet. Published online October 30, 2012 dx.doi.org/10.1016/S0140-736 (12)61611-0


lundi 5 novembre 2012

Recettes Desserts-Fondants au chocolat



Fondants au chocolat

Préparation : 45 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 4 personnes
Pour les fondants
160 g de chocolat noir amer
120 g de beurre
20 g de beurre pour les moules
1 œuf
3 jaunes d’œuf
30 g de sucre semoule
6 pincées de piment doux (paprika)
Pour la sauce caramel
55 g de sucre
10 cl de crème fleurette
2 cuillerées à soupe de lait tiède
25 g de chocolat noir amer
5 g de beurre demi-sel
Pour le jus au piment doux
35 g de sucre
1 cuillerée à café d’amidon de maïs (ou Maïzena)
2 à 3 pincées de piment doux
1. Réalisez la sauce au caramel : mettez le sucre à cuire dans une casserole jusqu’au caramel. Hors du feu, ajoutez le lait, puis la crème fleurette. Portez à ébullition, versez cette crème caramélisée en trois fois sur le chocolat amer cassé en morceaux. Laissez un peu tiédir, ajoutez le beurre demi-sel en fouettant. Gardez au frais.
2. Pour les fondants au chocolat : faites fondre le beurre sur feu doux, ajoutez le piment doux. Laissez infuser 20 minutes. Cassez le chocolat dans un bol au bain-marie pour le faire fondre. Mélangez au batteur électrique l’œuf entier, les jaunes et le sucre, ajoutez le chocolat et le beurre fondus. Beurrez quatre ramequins de 7 cm de diamètre. Versez-y la préparation. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
3. Faites le jus : mettez 20 g de sucre à caraméliser. Ajoutez 15 cl d’eau et l’amidon de maïs (ou la Maïzena), portez à ébullition, ajoutez le restant de sucre et le piment. Laissez infuser 20 minutes.
4. Sans attendre que le jus ait totalement infusé, faites cuire les fondants 8 minutes au four. Laissez tiédir 10 minutes. Répartissez la sauce et le jus au piment dans les assiettes. Démoulez les fondants dessus. Servez.
Afin d’éviter les grumeaux, délayez l’amidon de maïs avec un peu d’eau froide avant de l’incorporer au caramel.
Avis sur les épices :
Le piment doux, ou paprika, s’éparpille en tonalités chaudes de fruit caramélisé qui, exaltées par les saveurs beurrées et lactées, intensifient les arômes de cacao. Essayez aussi le poivre de Java. Son piquant et ses arômes de fleur tropicales associent merveilleusement au chocolat.


dimanche 4 novembre 2012

Infos santé-Réalité médicale et maladie chronique



Réalité médicale et maladie chronique

La découverte des antibiotiques, vers le début des années quarante a littéralement transformé la médecine et permis la guérison de maladies autrefois mortelles de même que l’éradication d’épidémies. L’efficacité de ces médicaments s’est avérée tellement impressionnante que toutes les pratiques de la médecine depuis la nuit des temps furent remises en question. La relation entre le médecin et son malade, la nutrition, le rôle des émotions, l’hygiène de vie et même l’attitude du patient… tout cela fut rapidement mis de côté car ce dernier allait dorénavant guérir pour peu qu’il prenne sa médication. Dès lors, la médecine se caractérise par une approche expéditive qui ne tient pas compte des antécédents ou des états émotionnels du malade, de son alimentation, de sa capacité d’auto-guérison naturelle non plus de son contexte social. Une conception purement mécanique de la maladie et du traitement de la douleur, et qui s’est généralisée dans toutes les branches de la médecine. De nos jours, pratiquement toute la formation médicale se borne à savoir diagnostiquer une maladie spécifique selon les symptômes perçus, puis à traiter ces derniers par une médication adéquate. Dans les Facultés de médecine, les étudiants apprennent tout ce qu’il faut savoir sur les maladies… sauf la façon dont elles sont vécues par ceux qui souffrent !

Si cette conception fonctionne remarquablement bien pour les problèmes aigus, il en va tout autrement lorsqu’on a affaire à un problème chronique. Autant la médecine moderne peut sauver des vies en cas d’infarctus du myocarde, autant il lui est difficile d’aider une personne souffrant de douleur ou de maladie chronique. Car c’est souvent la modification du mode de vie du patient qui s’avère seule capable de renverser le processus menant à des douleurs chroniques et à des maladies, cette modification incluant la gestion du stress, une saine nutrition, de l’exercice physique régulier, du repos ou un environnement sain.

Lorsque les professionnels de la santé ne trouvent pas de solution, il est compréhensible que des milliers de personnes cherchent ailleurs une réponse et se tournent vers les médecines douces ou « alternatives », dans l’espérance de guérir. Elles découvrent alors un tout autre monde : un monde de prise de conscience où l’individu est responsable de ce qui lui arrive, où il est créateur de sa vie et de ses souffrances. Au lieu d’attendre les effets salvateurs d’un remède miracle, il prend conscience du fait que son alimentation, son hygiène de vie, ses pensées et même ses réactions émotionnelles ainsi que ses relations sociales peuvent avoir un impact sur son corps, et que lui seul peut corriger le problème et retrouver l’équilibre essentiel à son bien-être. 

Or celui qui guérit a tendance à partager ce qu’il a appris avec les autres... Mais il se bute parfois à une certaine résistance, un peu comme l’explique Platon dans La république, où il décrit la perception du réel par des personnes qui vivent dans une caverne sombre, et ne voient de la réalité que les ombres projetées sur les parois, car elles ne se sont jamais aventurées à l’extérieur. Un individu ayant réussi à s’échapper de la grotte et vu la lumière du soleil, revient et essaie de raconter à ceux qui y sont la réalité extérieure. Bien sûr, personne ne l’écoute et ses propos sont jugés farfelus. Or, nous vivons tous dans la grotte de nos perceptions et notre perception de la réalité, tout comme les ombres de la caverne de Platon, est déformée par les filtres nos sens (vue, ouïe, toucher, odorat, goût) de même que par nos pensées, interprétations, opinions, croyances, reçues par l’éducation ou façonnés par notre expérience personnelle. C’est d’autant plus difficile à changer.


Recettes Desserts-Gâteau au Nutella


Gâteau au Nutella

Préparation : 10 mn
Cuisson : 60 mn
Pour 8 personnes
200 g de farine
200 g de sucre
175 g de beurre
1 sachet de levure chimique
3 grosses cuillerées à soupe de Nutella
3 œufs
1 verre de lait
2 cuillerées à soupe rase de Nesquick
1 pincée de sel
50 g de noisettes en poudre
1. Préchauffez le four à 160 °C (th. 5).
2. Séparez le blanc de 2 œufs battez-les en neige ferme avec une pincée de sel.
3. Dans un saladier fouettez les 2 jaunes et l'œuf restant, ajoutez le sucre, bien mélanger jusqu'à obtention d'un mélange homogène et blanc.
4. Ajoutez le Nutella, puis le beurre fondu et les noisettes en poudre. Ajoutez la farine et la levure.
5. Mélangez le lait avec le Nesquick, versez le tout dans le reste de la préparation, mélangez bien. Incorporez les blancs délicatement.
6. Enfournez pour 1 heure.


samedi 3 novembre 2012

Recettes Desserts-Truffes au Nutella



Truffes au Nutella

Préparation : 20 mn
Cuisson : 5 mn
Réfrigération et congélation : 3 heures
Pour 24 truffes
1 pot de Nutella
12 noisettes
Pacanes ou noisettes hachées finement
6 carrés de chocolat noir
Riz soufflé (Rice Krispies)
1. Mettez le pot de Nutella au frigo afin qu'il durcisse pour en faire de petites boules.
2. Enfoncer 1/2 noisette jusqu'au centre des boules de Nutella.
3. Enrobez de pacanes (ou noisettes) hachées finement et de Rice Krispies écrasés un peu.
4. Placez les boules sur une plaque à biscuits et congelez-les. De cette façon, les boules seront plus faciles à tremper dans le chocolat.
5. Faites fondre le chocolat dans un plat au dessus de l'eau très chaude. On peut également faire fondre au four à micro-ondes à puissance faible, en surveillant souvent pour éviter que le chocolat ne colle.
6. Enrobez les boules de chocolat fondu à l'aide d'un cure-dent.
7. Laissez prendre au frigo sur une tôle à biscuits.
Variante
Vous pouvez remplacer les pacanes par des pistaches finement hachées.


vendredi 2 novembre 2012

Billets-Mahatma Gandhi



Mahatma Gandhi

Philosophe et Homme politique indien, Mohandas Karamchand Gandhi, dit le Mahatma Gandhi, est né à Porbandar, ville maritime du Kathiawar (Inde), le 2 octobre 1869.
Il est la personnalité la plus en vue de l'histoire contemporaine de l'Inde où il domina la scène politique et sociale durant toute la première moitié du XXe siècle. De sa féconde activité, consacrée au mieux-être de ses compatriotes et à l'indépendance de sa patrie, dans le cadre d'une conception philanthropique et humanitaire supérieure, nous sont restés l'œuvre intitulée Expérience de vérité ou Autobiographie, une masse énorme d'articles divers publiés dans des revues et des périodiques, des discours officiels prononcés en Inde et en Angleterre, ses nombreuses allocutions de ton familier et paternel, adressées au peuple indien qui en a gardé, encore de nos jours, un souvenir religieux, ainsi que des lettres de direction destinées au groupe de ses proches disciples, les Lettres à l'Ashram.

C'est à vingt ans environ que Gandhi a, pendant trois ans, un premier contact direct avec la civilisation occidentale, habitant Londres pour y suivre des études de Droit. Il retourne ensuite en Inde, mais n'y reste pas longtemps. En 1893, il part pour l'Afrique du Sud où le double idéal qui guidera toute sa vie commence à se manifester: un amour fervent pour l'Inde tout entière -- dont l'antique civilisation, la culture et quelques époques glorieuses de son histoire trois fois millénaire lui paraissaient des données intangibles sur lesquelles doit se fonder l'unité nationale --, et un besoin inné de remplir un devoir difficile dans un esprit d'amour et de charité envers l'humanité en général.
C'est ce généreux élan qui le porte à accomplir son œuvre de relèvement moral et social auprès des milliers d'Indiens qui vivent en Afrique du Sud. Il fonde des colonies agricoles et des hôpitaux, et, à partir de ce moment-là, toute son action vise à faire disparaître les séparations de caste et de religion qui divisent son peuple. Dans ses rapports et ses inévitables différends avec le gouvernement sud-africain, il inaugure une méthode de lutte, une forme de résistance pacifique et passive qui renonce aux armes et respecte la personne humaine. Il pratique, déjà en Afrique en 1906, le "Satyagraha" (l'obstination pour la vérité, la force de l'âme).

À la fin de 1914, il retourne en Inde et y mène une vie retirée jusqu'en 1918, tout en soutenant la Grande-Bretagne pendant la Première Guerre mondiale dans l'espoir d'obtenir l'indépendance politique de son pays. Devant les promesses non-tenues du gouvernement anglais, il prend la tête du Parti du Congrès et appelle le peuple indien à résister pacifiquement contre l'occupant. Dès lors, Gandhi devient pratiquement le chef du mouvement nationaliste. La tactique adoptée en vue de gagner l'indépendance passe d'abord par l'autonomie simple, qui se concrétise dans l'autonomie économique atteinte au moyen de la "Non-coopération" (refus de collaborer avec l'administration britannique, boycott des produits anglais), puis par la "Désobéissance civile" qui devient alors le symbole de l'indépendance nationale (Svaraj).

Imprégné par la tradition religieuse de l'Inde ancienne et l'esprit de la Bhagavad-Gîta, le Sermon sur la montagne et Tolstoï, Gandhi prône la résistance non-violente et devient pour son peuple un chef et un maître. En 1925, il lance une campagne pour mettre un terme au caractère intouchable des parias, auxquels ils s'identifiera toute sa vie. Il préconise aussi le retour à la filature manuelle qui est une source de revenus pour les populations appauvries. En 1930, le célèbre marche à la mer qu'il entreprend pour briser le monopole de l'Etat sur l'extraction du sel, est le début d'un vaste mouvement de résistance passive. En 1942, il encourage la Désobéissance civile à grande échelle et paralyse les transports militaires britanniques.

Gandhi conduit le peuple indien jusqu'au but qu'il a si ardemment rêvé, l'indépendance de l'Inde, obtenue enfin en 1947, quoique son vœu de cohabitation harmonieuse entre hindous et musulmans ne se réalise pas entièrement. Son triomphe s'accompagne en effet de la partition du pays entre l'Inde et l'état musulman du Pakistan. C'est une douleur pour lui, à laquelle s'ajoutent d'amères désillusions causées par les violences et les massacres.

Gandhi, curieuse figure d'ascète indien, ne passe pas sa vie en ermite, mais au contraire, poussé par l'amour infini de sa terre natale et de ses frères, il vit -- mis à part quelques retraites -- dans le monde et pratique l'ascétisme tout en restant en contact avec les hommes et les méthodes politiques. La "Non-violence" (Ahimsa) est son arme pacifique, et il nous apparaît tout imprégné de ce sentiment de bonté et de douceur qui est le caractère dominant des disciples de Vishnu.

Sur le plan politique, il opère par des méthodes nettement opposées à celles qui priment à l'époque et encore de nos jours en la matière; il a en horreur la règle selon laquelle la fin justifie les moyens, règle que Kautilya, un maître indien de la politique, avait, il y a plusieurs siècles, exaltée et mise en pratique avec un réalisme sans scrupules. La manière non-violente de procéder que Gandhi prêche et pratique activement obtient le succès prévu. Ses jeûnes répétés et douloureux sont la preuve de son complet dévouement à sa cause, et ils réveillent la dévotion des masses. Sa parole passionnée les enthousiasme, ses prières et ses invocations au dieu Ram, récitées en public, touchent et ravissent l'immense auditoire du sous-continent.

Un attentat, perpétré à Dehli par un fanatique hindou, met fin à la vie de Gandhi le 30 janvier 1948. La nouvelle pénible de la mort du "père" (bap) communiquée aux foules, la douleur qu'éprouve le peuple frappé par sa fin tragique, la conservation de ses cendres, religieusement immergées dans les nombreux fleuves sacrés de l'immense pays, révèlent alors au monde que l'Inde a perdu son plus grand saint des temps modernes. L'appellation de Mahatma ("magnanime" ou "grande âme") l'honore et le désigne à la postérité comme une des personnalités de premier plan dans l'histoire de l'Inde et du monde.



jeudi 1 novembre 2012

Recettes Fromages-Cheesecake au gingembre



Cheesecake au gingembre

Préparation : 20 mn
Cuisson : 45 mn
Réfrigération : 4 heures
Pour 6 personnes 
600 g de fromage frais (cream cheese ou St Môret)
130 g de biscuits secs (Bastogne ou spéculos)
1 gros œuf
120 g de sucre
40 g de beurre
1 cuillerée à café de gingembre en poudre
½ citron
1. Mixez les biscuits pour les réduire en chapelure. Ajoute le beurre fondu et mélangez. Etalez la pâte ainsi obtenue dans un moule de 18 ou 20 cm de diamètre. Réservez au réfrigérateur.
2. Préchauffez le four sur 120 °C (th. 4).
3. Fouettez le fromage frais avec le sucre jusqu’à ce que le mélange soit lisse. Battez l’œuf à la fourchette et incorporez-le au mélange. Ajoutez le gingembre et le jus du demi-citron. Mélangez bien.
4. Versez la préparation dans le moule sur la pâte raffermie. Lissez la surface. Faites cuire 45 minutes au four. Après refroidissement, réservez 4 heures minimum au réfrigérateur.
5. Démoulez. Servez très frais accompagné d’un coulis de fruits rouges.



mercredi 31 octobre 2012

Billets-Les enfants accros aux écrans


 

Accros aux écrans : nos enfants, ces mut@nts

Dès le berceau, ils passent une partie de leur vie devant les tablettes, ordinateurs, et autres smartphones... quel impact sur leur développement ?


La révolution numérique est en train de façonner une autre jeunesse, peut-être même une autre humanité. (Frédéric Cirou/ Maxppp)

C'est un bébé de 15 mois qui fait défiler ses vacances corses, hilare, sur le smartphone de sa mère. Un autre, à peine plus âgé, qui se lève à 6h30 chaque matin en réclamant l'iPad, son "plus bon meilleur ami". C'est une élève de CM1 qui interroge sa maîtresse : "A quoi ça sert d'apprendre, madame, tout est sur Wikipédia ?" Un rebelle qui jette son cahier de français au visage de son père : "Et toi alors, tu utilises bien le correcteur d'orthographe !" Une nymphette de primaire qui s'agace de devoir écrire avec un stylo : "Ce serait tellement mieux si on avait droit à l'ordi en classe !" Une fille de profs qui, la nuit, discute sur la Toile à l'aide de son avatar. Et tant d'autres qui ne trouvent plus le sommeil à force de "texter", tweeter, tchater quand les parents sont couchés.

  • Une révolution à l'échelle de l'humanité
Scènes de l'enfance ordinaire en 2012. Sans qu'on en prenne la mesure, les premiers temps de la vie ont subi en quelques années un bouleversement inouï. "Une révolution à l'échelle de l'humanité, comme le dit le psychiatre Boris Cyrulnik. Plus rien ne sera comme avant. Nous avons devant nous de véritables mutants." Les petits d'hommes, échographiés en 3D avant leur naissance, ouvrent aujourd'hui les yeux dans un univers numérisé. Autour d'eux, partout, des écrans, tablettes, ordinateurs, smartphones, jeux vidéo, dans lesquels ils plongent avec délice, souvent même avant de savoir parler. Dès leur entrée à l'école, ils passeront en moyenne cinq heures quotidiennes avec eux. Au collège, ils auront tous un portable avec lequel ils enverront, dans une novlangue de leur cru, en moyenne 83 SMS par jour : "Takacroir !"...
Comment croire justement que ces fascinants doudous modernes n'aient aucune influence ? Au risque d'apparaître ringard ou passéiste, on ne peut s'empêcher de se demander ce que deviendront ces petites têtes nourries au virtuel ? Et ces ados sous "ecsta-numérique" ? Quel peut être l'impact de ce nouveau monde sur leur développement, leur intelligence, leur façon d'être et de penser ?

  • Aux Etats-Unis, pro et anti-numériques se déchirent
Aux Etats-Unis, en Europe du Nord, depuis quelques années déjà, pro et anti-numériques se déchirent à coups d'argumentaires souvent baignés d'idéologie. Les premiers regardent, bluffés, ces "digital natives", comme les a appelés, dès 2001, l'essayiste américain Marc Prensky tellement plus curieux, vifs, fluides, rapides. Soyons confiants, disent-ils, les révolutions technologiques ont toujours suscité des angoisses. Jadis, Socrate s'inquiétait des ravages de l'écriture sur la mémoire des peuples... L'histoire est en marche, inéluctable certes. Mais quelques esprits libres ne peuvent s'empêcher de s'interroger. Parmi eux, une éminente professeure de neurologie d'Oxford, connue pour ses recherches sur Alzheimer, Susan Greenfeld :

« Il faut réaliser que ce que l'on vit aujourd'hui est comparable au changement climatique. Et les enfants sont en première ligne. Lorsqu'ils surfent sur le Net, jouent en réseau, leur cerveau en construction est exposé à une activité trop intense qui perturbe leur développement.»

Difficulté à se concentrer, à communiquer avec les autres, à se projeter, baisse de l'empathie seraient les symptômes d'une génération de zappeurs élevés en 3D. Dans "The Shallows : What the Internet Is Doing to Our Brains" (traduit, aux éditions Robert Laffont, sous le titre : "Internet rend-il bête ?"), en lice l'an dernier pour le prix Pulitzer, le journaliste américain Nicholas Carr fait le même diagnostic. Et prédit même, après un siècle de progression de l'intelligence - le fameux effet Flynn (du nom du chercheur James Flynn, qui a mis en évidence l'accroissement du Qi depuis dix ans dans les pays industrialisés.) -, une baisse du QI. Elle serait, selon lui, déjà observée en Grande-Bretagne et en Norvège, deux pays convertis précocement à internet et aux smartphones. Le best-seller de Carr est la bible de nombreux geeks de la Silicon Valley qui, tout en abreuvant nos enfants de leurs inventions numériques, choisissent de confier les leurs aux Waldorf Schools, des écoles privées d'écrans. "Back to basics", jouets en bois, pâte à modeler, tricot et tableau noir... pour près de 20 000 dollars l'année scolaire. Leurs bambins, au moins, ne seront pas intoxiqués.


En France en 2009, 90% des jeunes de 12 à 17 ans avaient accès à internet, 83% possédaient au moins une console de jeux, 85% un téléphone mobile. (Gérard Launet/Maxppp)

  • En France, l'indifférence a longtemps régné 
Bizarrement, la France des Lumières a longtemps négligé ces questions, comme inconsciente, ou dépassée par l'émergence de cette nouvelle enfance 2.0. "Quand je demande aux élèves combien de temps ils passent devant les écrans, ils me regardent comme un extraterrestre, note un professeur de lettres d'un collège des Yvelines. Et quand j'annonce à leurs parents que, de l'aveu même de leur progéniture, la moyenne tourne autour de cinq à six heures par jour, ils m'observent résignés, l'air de dire "on n'y peut rien"." Dans les cercles scolaires, politiques et intellectuels, quelques chercheurs mis à part, la même indifférence a longtemps régné. Mais plus pour longtemps. Le 20 novembre, la défenseure des enfants remettra au président de la République un rapport sur le sujet, avant que l'Académie des Sciences, en janvier, ne rende à son tour le sien, intitulé "Mon cerveau face aux écrans".

  • L'outil qu'on utilise imprime l'organe de la pensée
Le professeur Olivier Houdé en rédige actuellement les grandes lignes, à la Sorbonne, dans le silence de l'ancien bureau lambrissé d'Alfred Binet, père des tests de QI. Comment se forme l'intelligence ? La question passionne depuis toujours cet ancien instituteur belge, diplômé en neurosciences, directeur au CNRS du Laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Education de l'Enfant. A l'orée des années 2000, il s'est naturellement intéressé à l'influence des écrans sur les premiers temps de la vie. C'est dans ces années cruciales que se forme le cerveau. Il est alors particulièrement plastique, fragile, hypersensible à tout ce qu'il voit, touche, ressent, comme l'ont établi les chercheurs en neurosciences. "Les neurones, générés avant la naissance, vont se connecter durant cette période, puis connaître un regain d'activité au moment de la puberté. Les réseaux, les autoroutes par lesquelles circule l'information, vont se former en fonction de l'environnement du sujet. On le voit bien chez les petits délaissés par leur mère, les circuits sont altérés", explique Jean-Pierre Bourgeois, directeur de recherche à l'Institut Pasteur. De nombreuses études menées sur les violonistes ou les pianistes démontrent que l'outil qu'on utilise imprime l'organe de la pensée.

« De même, le temps passé devant les écrans laisse forcément une trace dans le cerveau du petit d'homme.»


Le professeur Olivier Houdé (debout) dans son laboratoire observe l'activité cérébrale des enfants. (Anne van der Stegen)

Dans son laboratoire, Olivier Houdé observe l'activité cérébrale des enfants, grâce à l'IRM (imagerie par résonance magnétique) ou l'EEG (technique produisant des électroencéphalogrammes à haute densité). Des expériences dans les écoles sur des élèves volontaires, de la petite section de maternelle au CM2, équipés d'un casque de 256 électrodes, permettent de mesurer en millisecondes l'activité électrique du réseau neuronal lorsqu'ils sont devant l'ordinateur. "Après l'invention de l'imprimerie s'est développée à grande échelle une intelligence réfléchie, linéaire, lente, cumulative. Avec l'écran, on est dans un nouveau mode : fluide, rapide, fragmenté, automatique. Ce sont plutôt les régions postérieures du cerveau, les parties visuelle, sensorielle, l'intelligence élémentaire, qui sont activées, indique Olivier Houdé. On sollicite moins, ou trop rapidement, le cortex préfrontal, la partie la plus noble, que l'on appelle parfois "l'organe de la civilisation", siège de la synthèse personnelle, du recul, de l'abstraction. Sans être catastrophiste, il y a là quelque chose qui risque de modifier l'intelligence humaine."

  • Ces écrans si séduisants peuvent induire des comportements addictifs
Tout dépend, évidement, du temps passé devant l'écran, de la présence ou non d'un adulte aux côtés de l'enfant, de la nature de ce qu'il regarde. Des études ont montré que certains programmes éducatifs peuvent accélérer l'apprentissage de la lecture, que des jeux vidéo améliorent même l'attention sélective et la capacité de contrôle. A condition de savoir les consommer avec modération. C'est tout le problème : ces écrans si séduisants peuvent induire des comportements addictifs. Le pédopsychiatre Jean-Luc Martinot, directeur de recherche à l'Inserm, a cosigné une étude européenne menée dans des collèges allemands : "On a remarqué chez les adolescents passionnés de jeux vidéo (derrière leur écran plus de neuf heures par semaine) une augmentation du volume d'une partie centrale du cerveau, le striatum, liée au système de récompense. On peut dire que ces jeux vidéo stimulent l'une des zones les plus primitives du cerveau, vers laquelle convergent les informations venues du cortex." On a aussi constaté que les joueurs, comme les grands utilisateurs d'internet, sécrètent, devant l'écran, un puissant psychostimulant, la dopamine, comme les accros au tabac, à la cocaïne, à l'alcool, aux jeux d'argent...

  • Courir, sauter, voler d'un coup de joystick...
"Eh oui, désormais la défonce est aussi numérique et cela commence tôt, note Roland Jouvent, professeur de psychiatrie à la Pitié-Salpêtrière. Les enfants d'aujourd'hui sont plus richement stimulés que les générations passées." Ils ne font plus seulement l'expérience de la marche avec leurs jambes, ils peuvent courir, sauter, voler d'un coup de joystick. "Moi, je fais cinq sports, du foot, de la natation, du golf, du tennis, du hockey", se vantent les petits garçons, avant de préciser que s'ils transpirent... c'est sur leur Wii. "Pour nos mutants, il paraît de plus en plus dérisoire de jouer aux petites voitures quand, sur l'iPad, ils peuvent conduire une Ferrari en 3D, remarque Roland Jouvent. Les stimulations externes remplacent peu à peu les stimulations internes." L'enfant shooté aux écrans est, selon lui, forcément moins incité à faire travailler son corps et son imaginaire, à produire ses propres images mentales, pour se faire plaisir, supporter des périodes de souffrance ou de frustration. Il deviendrait, au fil du temps, de plus en plus dépendant de ses paradis numériques artificiels.


Nombre de spécialistes partagent aujourd'hui un drôle de sentiment : les enfants ne savent plus jouer. "Ils n'ont plus la notion de jouer pour de faux, assure le psychiatre Serge Tisseron. Or plus on fait semblant, moins on se lâche pour de vrai, d'où peut être la violence que l'on rencontre aujourd'hui dans les cours de récré. Des bambins de maternelle font des prises de catch sur leurs camarades, comme s'ils étaient sur le ring. Si un enfant n'apprend pas à jouer, il est amputé de la capacité d'imaginer, de développer son sens de l'humour, ce qui le prive d'un moyen puissant d'éviter la dépression." Le constat est identique des cabinets des beaux quartiers parisiens aux CMPP (centres médico-psycho-pédagogiques), qui accueillent des enfants moins favorisés. C'est l'école qui souvent les y envoie pour des problèmes d'attention, de comportement, de troubles de l'apprentissage.

  • Ils croient si bien faire en les préservant de l'ennui... 
Propos de parents perdus, entendus au CMPP de Tours : "On ne comprend pas, ils ont tout, la télé dans leur chambre, l'ordinateur, la Xbox. Ils ont tout..." "Peut-être trop", tentent sur la pointe des pieds les psys. Car ils connaissent les effets dévastateurs de la télévision à haute dose, spécialement sur les tout petits, mis en évidence dès 1997 par Zimmerman et Christaki, deux pédopsychiatres de Washington. Le suivi de 3 300 familles leur a permis d'établir qu'une consommation excessive peut altérer la formation des synapses et perturber les apprentissages. Les parents, eux-mêmes enfants de la télé, ne réalisent pas toujours que les temps d'écran, avec l'ordinateur, les tablettes, les jeux vidéo, ne cessent de s'allonger et de brouiller la tête de leurs bambins. Ils croient si bien faire en les préservant de l'ennui... L'ennui si cher à Winnicott, qui jugeait ces temps de jachère indispensables à de solides fondations intérieures. "On leur dit aux familles : c'est bien aussi de s'ennuyer. Mais ils ont du mal à comprendre, regrette la psychologue Chantal Marchais. Pour la plupart, l'écran est un non sujet. Il faut dire que souvent le père est aussi accro à la Xbox que le fils."

  • La DS et l'iPad sont les tétines de l'enfant moderne
Les parents sont souvent pris au piège de leurs propres contradictions. La pédiatre star de la plaine Monceau, Edwige Antier, en voit à la pelle de ces bobos - profs, médecins, avocats - qui déplorent que leurs enfants ne lisent plus Balzac et Jules Verne, alors qu'eux-mêmes pianotent en continu sur leur iPhone. "Ils ont la nostalgie d'une bonne éducation à l'ancienne, d'un enfant qui lit, mais ils ont aussi besoin, après le travail, de se ménager des moments à eux. Alors, ils les flanquent devant les écrans, sans réaliser qu'ils risquent de le payer plus tard. La DS et l'iPad sont les tétines de l'enfant moderne." Tellement efficaces pour obtenir le silence, à la maison, en voiture, chez le médecin... "L'iPad, c'est quand même mieux que la Ritaline" (Psychotrope couramment prescrit pour les enfants hyperactifs), dédramatise Marcel Rufo qui, dans sa salle d'attente, a installé des jeux vidéo. Le célèbre pédiatre de Marseille se refuse à tout catastrophisme.
Il y a de quoi s'inquiéter, pourtant, à voir ces brassées d'adolescents scotchés aux écrans. Nuits sur Facebook, bulletins scolaires en baisse, dialogues de sourds, vie de famille déstabilisée. "Ca passera", rassure-t-il. "Comment les débrancher ?", supplient les parents. Certains vont jusqu'à couper, le soir, les compteurs électriques ! "Nous voyons de plus en plus de très jeunes obèses qui restent devant un écran, comme les "hikikomori", ces adolescents japonais repliés sur eux-mêmes", s'inquiète Xavier Pommereau, chef du service de psychiatrie pour adolescents du CHU de Bordeaux. Pour atteindre le psychisme de certains jeunes patients, il est désormais contraint de passer par leurs avatars sur la Toile. "Beaucoup d'enfants sont trop dans la virtualité, très narcissiques, avec des imaginaires appauvris, des émotions et des sentiments gommés. Ils flirtent sur la Toile de manière très crue, s'embrasent, puis se jettent ; ils ont un déficit de liens avec de vraies personnes en chair et en os."

  • Des élèves plus curieux, mais plus zappeurs
A l'école, les enseignants trouvent des élèves plus curieux, mais plus zappeurs. Leur difficulté à se concentrer est démontrée : "En 1934, un gamin restait concentré en moyenne quinze minutes ; aujourd'hui, il se cantonne à cinq minutes. Mais il en fait presque autant qu'un petit d'avant guerre en dix minutes, explique le spécialiste des sciences de l'éducation, Philippe Meirieu. Nos jeunes mutants ont une réactivité beaucoup plus grande, ils sont montés sur ressort."
Dans son dernier essai (Ed. Le Pommier), Michel Serres songe à cette nouvelle humanité, incarnée par sa “Petite Poucette”, cette enfant moderne au pouce follement habile, qui, grâce à son ordinateur a "une mémoire plus puissante que la nôtre, une imagination garnie d'icônes par millions, une raison aussi, puisqu'autant de logiciels peuvent résoudre cent problèmes que nous n'eussions pas résolus seuls". Plein d'espérance, le philosophe songe :

« Aujourd'hui, on n'a pas le cerveau vide, on a le cerveau libre. Nous pouvons nous concentrer sur l'intelligence inventive.»

C'est vrai. Pour une minorité. Les profs, eux, voient davantage de butineurs adeptes du copier-coller que de futurs Bill Gates. Le monde de la connaissance leur appartient mais beaucoup ne savent pas en tirer profit, parce que, contrairement à leurs aînés, ils ont baigné dans les nouvelles technologies sans avoir appris à structurer leur pensée. "Ils ne se posent pas, ne savent pas ce qu'est la propriété intellectuelle, recopient les pages Wikipédia d'un clic", se désole une prof de philo d'un lycée parisien. Elle dit, comme nombre de ses collègues, que l'univers numérique renforce les inégalités, que les enfants des classes les moins favorisées s'en sortent plus mal. "Internet leur donne l'illusion d'un savoir et les empêche souvent de raisonner par eux mêmes." Ils puisent le "bon" passage de "l'Etranger" sans se fatiguer à lire l'œuvre entière, "googlisent" trois lignes sur Camus, jettent un œil en même temps sur leur "exo de maths", sans cesser, avec Deezer en fond sonore, de "checker" leur boîte mails et de balancer des rafales de SMS.

  • "Le cerveau, surchargé, risque un burn-out"
"Multitâches", c'est ainsi que les chercheurs les définissent. Un professeur de Stanford, Clifford Nass, s'est amusé à faire passer des tests à ses étudiants, persuadé qu'il démontrerait la supériorité et la rapidité de leur pensée. Déception : ces têtes en surchauffe ont du mal à faire le tri entre l'accessoire et l'essentiel. Tout les distrait. Pour Olivier Houdé, le successeur d'Alfred Binet à la Sorbonne, l'enjeu est précisément là. "Dans le développement de l'intelligence, il existe un moment essentiel : l'inhibition, c'est-à-dire la faculté de bloquer des informations non pertinentes, de sélectionner ce qu'il nous faut, savoir faire le vide. Aujourd'hui, pour nous tous et pour les enfants en particulier, c'est très difficile, face aux tonnes d'informations qui nous inondent. Le cerveau, surchargé, risque un burn-out." Il faut d'urgence le mettre au repos, lui ménager, dans ce monde frénétique, des temps de pause.

« Nous tous, parents, chercheurs, enseignants, devons réagir pour continuer de transmettre à nos enfants, à côté de leur intelligence, rapide, fluide, fragmentée, notre mode de pensée plus lent, plus profond. S'ils parviennent à jongler avec les deux, ils feront des merveilles.»

A l'heure où l'école, dès la maternelle, s'équipe d'écrans tactiles, où certains collégiens jouent à la DS dans la cour de récré et font des dictées à leur rythme, casque sur les oreilles, avec une cassette enregistrée par le prof, certains spécialistes de l'éducation demandent que l'on réfléchisse un peu. Philippe Meirieu plaide pour "renverser la vapeur, donner aux enfants une autre nourriture, d'autres valeurs que celles qu'ils trouvent devant l'écran, réhabiliter l'écrit, travailler la concentration, réapprendre la poésie, les vertus d'une belle lettre d'amour". Le philosophe Bernard Stiegler vient d'envoyer un courrier solennel en ce sens au ministre de l'Education nationale :

« Il faut que la puissance publique s'approprie se sujet, forme des profs, fabrique des contenus intelligents. Qu'elle cesse de céder aux sirènes du marketing, et de s'équiper tous azimuts sans réfléchir à la société de demain.»

Chaque jour, le psychiatre Xavier Pommereau martèle le même message aux parents : "Faites-leur faire du sport, des cabanes, de la peinture, de la cuisine. Sortez-les de leurs mondes virtuels !" Pour ses ados shootés aux écrans, il a décidé d'installer dans son service... un four à pain afin qu'"ils mettent la main à la pâte". Pas question que seuls les enfants de la Silicon Valley soient protégés des tourments de la vie 2.0. 


Source "le Nouvel Observateur" Sophie Des Deserts

lundi 29 octobre 2012

Recettes Fromages-Crottin de Chavignol sur pomme



Crottin de Chavignol sur pomme

Préparation : 10 mn
Cuisson : 8 mn
Pour 4 personnes
4 crottins de Chavignol
2 pommes golden
20 g de beurre
1 cuillerée à café d’herbes de Provence
Poivre du moulin
1. Lavez et essuyez les pommes. Evidez-les de leur cœur avec un vide-pomme puis coupez-les en 8 tranches épaisses. Faites-les revenir 4 à 5 minutes à la poêle dans le beurre, sur feu doux. Déposez-les sur une plaque recouverte de papier de cuisson.
2. Coupez les crottins de Chavignol en deux dans l’épaisseur. Déposez une moitié sur chaque tranche de pomme. Parsemez d’herbes de Provence. Passez 3 minutes sous le gril du four.
3. Rehaussez de poivre moulu. Servez chaud avec une salade de pousses d’épinards au vinaigre balsamique et à l’huile de noisette.