vendredi 7 avril 2023

Dessins de presse

 


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jeudi 6 avril 2023

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mardi 4 avril 2023

Lectures Bret Easton ELLIS-Suite(s) Impériale(s)


Bret Easton ELLIS

Suite(s) Impériale(s)

Traduit de l’américain par Pierre Guglielmina

(4ème de couverture) 
Au milieu d’une nuit de cauchemar, deux mots apparaissent sur le miroir d’une salle de bains : «Disparaître ici.» Vingt-cinq ans plus tôt, ces mêmes mots se déployaient sur un panneau publicitaire de Sunset Boulevard.
Un matin, des étudiants découvrent près d’une poubelle ce qu’ils imaginent être un drapeau américain trempé de sang. C’est en fait un cadavre.
A la fin d’un week-end de drogues et d’orgies à Palm Springs, une fille contemple une montagne au-delà de la plaine désertique et murmure : «C’est le lieu du passage.» Elle ajoute en pointant le doigt : «C’est ici que vit le diable.»
C’est dans un Los Angeles évanescent, peuplé de fantômes et d’hallucinations, que Clay, le protagoniste de Moins que zéro, revient passer les vacances de Noël. Un quart de siècle s’est écoulé et la chirurgie esthétique a rendu la plupart de ses anciens amis méconnaissables. Le cinéma, qui l’emploie comme scénariste, paraît une copie de plus en plus délavée de la réalité et la réalité elle-même, un mauvais film dans lequel chaque personne rencontrée compte sur lui pour obtenir un rôle. Clay pense qu’une fille, une seule, Rain Turner, a peut-être ses chances. Pierre Guglielmina
Bret Easton Ellis est né à Los Angeles en 1964. Dès la publication, en 1985, de Moins que zéro, son premier livre, il a connu un succès foudroyant et s’est imposé comme l’un des écrivains majeurs de sa génération. Suivront Les Lois de l’attraction, American Psycho, Zombies, Glamorama et Lunar Park. Traduite dans le monde entier, adaptée au cinéma, son œuvre est l’une des plus significatives de la littérature contemporaine.
«Dans cette suite percutante de Moins que zéro, Ellis passe au crible l’évolution d’une jeunesse désenchantée, vingt-cinq ans après.» Publishers Weekly
«Un pur roman noir hollywoodien… une affaire de prostitution et de crimes digne des meilleurs polars de James M. Cain ou de Raymond Chandler… et des meilleurs films noirs des années 40, avec femme fatale à la clé.» Les Inrockuptibles, Nelly Kaprièlan
«Une danse macabre dans un Los Angeles cauchemardesque…Par-dessus tout, Ellis cherche à savoir pourquoi – ou plutôt quand – les individus deviennent des monstres. A quel moment, à quel seuil de douleur ou de léthargie l’humain disparaît-il ?» Financial Times
« Dévastateur.» Village Voice


(1ere phrase :) 
Ils avaient fait un film sur nous.

(Dernière phrase :) 
Avait-elle jamais fait des promesses à un reflet infidèle dans le miroir ? Avait-elle jamais pleuré parce qu’elle haïssait totalement quelqu’un ? Avait-elle jamais désiré la trahison au point de faire entrer les fantasmes les plus crus dans la réalité, inventant des séquences qu’elle seule, personne d’autre, pourrait lire, modifiant le jeu à mesure qu’on y joue ? Pouvait-elle situer le moment où elle était morte intérieurement ? Se souvient-elle de l’année consacrée à le devenir ? Les effacements, les dissolutions, les scènes réécrites, toutes les choses qu’on chasse – je veux maintenant les lui expliquer, mais je sais que je ne le ferai jamais, la plus importante étant : je n’ai jamais aimé personne et j’ai peur des gens.

228 pages – Editions Robert Laffont 2010 (2010 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :) 
Vingt-cinq ans après la parution de «Moins que zéro», son premier roman, Bret Easton Ellis retrouve l’ennui californien pour un sequel lorgnant vers l’horreur et le fantastique. L’occasion de parler un peu de ce yuppie passé maître du bizarre.

L’ouverture de «Suites impériales» définit le cadre dans lequel opère désormais l’auteur, mélange indécidable de réalité et de fiction : le narrateur, Clay, y évoque «Moins que zéro», le roman à succès inspiré de sa vie à Los Angeles en 1982, qui avait lancé la carrière d’un jeune écrivain (un type qu’il connaissait). Bret Easton Ellis, comme dans «Lunar Park», prend donc son propre patrimoine littéraire pour point de départ, dans une sorte d’autofiction au troisième degré qui commence à devenir son dispositif fétiche. Clay a la quarantaine passée, et revient à Los Angeles pour une vague raison professionnelle qui concerne l’industrie du cinéma. Ses anciens amis, Julian, Blair, et Rip, sont toujours là, et Clay se met à fréquenter une jeune actrice en quête de rôles, lui promettant de faire marcher ses relations. Il loue une suite d’hôtel hantée par un acteur récemment décédé, et le roman devient sordide à mesure que se dessine la face cachée d’Hollywood, avec sa cohorte d’immigrés abandonnés à la porte du succès, prêts à toutes les compromissions.

En étant méchant, on pourrait dire de «Suites impériale » qu’il se lit en deux heures, et s’oublie en deux jours. Comme dans «Moins que zéro», les dialogues creux et les situations absurdes se succèdent, et l’on se demande quand le roman va se décider à partir. Et puis, le vague succède au flou, inlassablement, et il ne reste qu’un brouillon d’intrigue, un script léger comme l’air, dans lequel flottent des personnages sans épaisseur. Questions sans réponses, nuée de signes qui ne tendent vers rien, fétu d’histoires balayé par le vent… On s’interroge : qu’y a-t-il à retenir de ce court roman, qui ne semble pas infléchir de manière décisive le cours des choses décrit dans le premier opus ? Les protagonistes, vingt-cinq ans plus tard, répètent les mêmes comportements, et les mêmes gestes rythment leur existence vide, sur une bande-son bloquée en 1984. Alors, à quoi bon cette suite ? Payer les traites de l’auteur ? Son opération de la cloison nasale ? Peut-être… mais pas seulement.


Bret Easton Ellis a pris un virage fantastique avec «Lunar Park» – sorte d’autobiographie fictive dans laquelle s’épanouit le surnaturel, à la faveur d’une dépression nerveuse et d’une consommation excessive de drogues. À la réflexion, pourtant, il n’était pas interdit d’apercevoir cette tendance dès «American psycho» et «Glamorama», dans lesquels on ne savait si les faits rapportés étaient réels, ou nés du délire paranoïaque du narrateur. Et finalement, on peut trouver des éléments de fantastique jusque dans les œuvres de jeunesse, tant la réalité décrite y est… irréelle. Noms de marques, de personnalités, tubes des années 1980, avalanche de signes, personnages interchangeables, on connaît la rhétorique dont se sert Ellis pour escamoter le réel et le vider de sa substance. Paradoxalement, c’est dans la réduction de ce dernier à une pure surface qu’il arrive à en faire surgir de nouvelles dimensions. Dans «Suites impériales», comme dans les précédents, c’est justement parce qu’il ne se passe rien que ce réel est étrange. C’est dans son appauvrissement, son assèchement par la langue du soap-opera et de la publicité, qu’il paraît effrayant, en dépit des couches de glamour dont on tente de le recouvrir. Et l’accélération finale de l’intrigue, qui étale au grand jour la profonde perversité des personnages, semble être une fausse piste, une irruption du réel à laquelle on ne croit pas ; Clay et ses amis sont incapables d’affronter la réalité nue, et d’envisager autre chose que leur petit monde autiste et fermé aux sentiments humains.


La capacité de l’auteur à créer le malaise est donc intacte, et l’évidence s’impose : si «Suites Impériales» n’est pas un grand Ellis, il n’en trahit nullement l’esprit, constituant un honorable jalon dans un work-in-progress dont on attend encore beaucoup. 

Lectures Bret Easton ELLIS-Lunar Park

 


Bret Easton ELLIS 

Lunar Park

Traduit de l’américain par Pierre Guglielmina

(4ème de couverture)
Dans Lunar Park, Bret Easton Ellis, enfant terrible des lettres américaines, pense que les madeleines de Proust sont des mandarines, que sa maison d’Elsinore Lane est hanté, que le spectre est son père mort et peut-être aussi Patrick Bateman, le tueur d’American Psycho, que la moquette « pousse » dans la salle de séjour, que les femmes autour de lui ne verront jamais ces apparitions surnaturelles, que son fils sait où sont allés les garçons qui disparaissent mystérieusement, qu’il doit retrouver la simplicité des phrases qu’il écrivait dans son premier roman, qu’un massacre des innocents d’un genre nouveau est en cours, qu’une seconde chance lui est donnée, que Lunar Park sera son dernier roman.

Avec son humour détaché et sa virtuosité, Bret Easton Ellis se joue du mythe de l’écrivain et nous plonge dans un rêve halluciné et jubilatoire, tout à la fois une sorte d’autobiographie fictive, un récit fantasmagorique de la vie de banlieue aux Etats-Unis, un hommage aux films et à la littérature d’épouvante, un témoignage de la douleur d’un fils, un exorcisme et une réévaluation de sa vie et de son œuvre.


« Je ne veux pas avoir à clarifier ce qui est autobiographique et ce qui l’est moins. Mais c’est de loin le livre le « plus vrai » que j’aie écrit. Au lecteur de décider ce qui, dans Lunar Park, a bien eu lieu. »


Bret Easton Ellis est né à Los Angeles en 1964. Dès la publication de son premier livre Moins que zéro, en 1985, il a connu un succès foudroyant et s’est imposé comme l’un des écrivains majeurs de sa génération. Suivront Les Lois de l’attraction, American Psycho, Zombies et Glamorama. Traduite dans le monde entier, adaptée au cinéma, son œuvre est l’une des plus significatives de la littérature contemporaine.


(1ere phrase :)
« Tu fais vraiment très bonne impression. »


(Dernière phrase :)
Alors, si vous deviez voir mon fils, faites-lui savoir que je lui dis bonjour, sois bon, que je pense à lui et que je sais qu’il veille sur moi quelque part, et qu’il ne s’inquiète pas : il peut toujours me retrouver ici, quand il veut, ici même, mes bras grands ouverts l’attendent, dans les pages, sous la couverture, à la fin de Lunar Park.

378 pages – Editions Robert Laffont 2005 (2005 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :)
Bret Easton Ellis se met lui-même en scène dans ce livre, à propos duquel il prévient le lecteur qu'il lui laisse le soin de déterminer les événements qui ont réellement eu lieu. Il évoque successivement la fin de ses études, le succès connu dès son premier roman, la drogue et l'alcool, sa relation puis son mariage avec l'actrice Jayne Dennis. Tous deux se sont fréquentés, Jayne a eu un enfant qu'Ellis n'a pas voulu reconnaître, puis elle a eu un autre enfant avec un autre homme, avant qu'elle et Ellis ne se remettent ensemble. Un vrai feuilleton. Ellis s'installe donc avec son épouse, leur fils et la petite Sarah. Ne parvenant pas à passer sereinement de la vie de célibataire à un statut d'époux et de père modèle, Ellis continue à se droguer, à boire, et fréquente même une étudiante qu'il a très envie de connaître au sens biblique du terme.


Puis cette vie, déjà pas si rangée, dérape. Le tueur d'American Psycho, créé par Ellis, s'introduit chez lui. L'oiseau en peluche de sa fille se révèle être un monstre féroce, et le labrador a une fâcheuse tendance à se transformer en monstre effrayant... Des effets de la drogue ? Non. Ellis fait face aux créatures qu'il a imaginées dans ses romans.


Je ne m'attendais pas à cela en ouvrant le livre. Je pensais avoir affaire à une comédie, comme la quatrième de couverture le laissait envisager. A la place de cela, après un début raconté tout en légèreté sur les années insouciantes qu'a connues Ellis au début de sa carrière, le romancier prend un ton plus grave : sa vie avec Jayne et les enfants n'est pas évidente, d'autant qu'il n'a jamais vraiment désiré d'enfant. La drogue, la drague, l'alcool le sortent de cette situation, dans laquelle il a l'impression de s'enliser, mais il doit pourtant écrire son prochain livre. Il est rattrapé par ses démons.


Et alors là, grosse, grosse, grosse montée d'angoisse. Vraiment. L'apparition de ces créatures, dont on n'apprend la nature qu'à la fin, est surprenante et effrayante à la fois. L'action est détaillée en un rythme rapide, saccadé, qui me font penser qu'Ellis excellerait dans le genre du thriller.


Et puis il y a aussi la question du rapport d'Ellis aux femmes et à son père. Celui-ci est mort, mais Ellis croit le voir ou voir des éléments qui lui rappellent son père. Rien n'est donné facilement, dans ce livre...


Que d'interrogations ! Mais quel œuvre impressionnante, pour ne pas dire magistrale... D'aucuns le considèrent comme son meilleur ouvrage.

Lectures Bret Easton ELLIS-Moins que zéro


Bret Easton ELLIS

Moins que zéro

Traduit de l’américain par Brice Matthieussent

(4ème de couverture)
Un style sec, électrique, une narration cursive et lumineuse, un retour stylistique, qu’il va jusqu’à théoriser, à Hemingway et consorts, lui servant d’arme offensive contre toute éventualité de « postmodernisme ». Tout clin d’œil, allusion, métaphore joueuse, trompe-l’œil académique, fiction à double ou triple fond, lui semblant insupportable, sinon illisible. Si bien que l’on peut se demander si cette littérature n’est pas aussi celle d’un nouveau rigorisme, au moralisme aussi diffus que poisseux. A moins que la culpabilité, dans les sociétés postindustrielles, n’ait définitivement cédé le pas à l’angoisse, à une anxiété vide qui échapperait au déterminisme psychologique… Indubitablement, « Moins que zéro » est le roman de cette anxiété : un étudiant comme il faut se retrouve, le temps d’un congé scolaire, plongé dans la société de Los Angeles où habite sa famille ; adolescents aussi riches que blasés, bourrés de M.T.V., de cocaïne, d’héroïne et d’alcool, oscillant entre la piscine et la télévision, la bi- et l’homosexualité, la prostitution et les snurf movies…


(1ere phrase :)Les gens ont peur de se retrouver sur les autoroutes de Los Angeles.


(Dernière phrase :)
Des images si violentes et perverses que pendant très longtemps elles me semblèrent être mon seul point de repère.


234 pages – Christian Bourgeois Editeur 1985 (1986 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :)
"Moins que zéro", un roman de jeunesse sur une certaine jeunesse, celle qui hante la cité des anges. La jeunesse dorée, désœuvrée, désabusée, déboussolée de L.A dans les années 80, les années fric dans l'univers frelaté des fils et des filles des riches producteurs hollywoodiens. Une ambiance et un style de vie "alanguie, décadente et dissolue". Un portrait violent et subversif où sourde, en continu, une angoisse aussi impalpable qu'effrayante. Une lente et inexorable descente aux enfers, un chaos intérieur, un vertige que l'auteur tente de fixer dans ce décor halluciné. Bien plus qu'un simple roman "trash", "sex, drug and rock" comme on l'a trop souvent vite étiqueté, "Moins que zéro" (titre inspiré par le titre du 1er 45 tours de Elvis Costello) est un traité du désespoir, une fuite en avant existentielle face à un ennui mortel au sens littéral du terme...


Un premier roman âpre, brut et oppressant. Comme un orage qui gronde et qui refuse d'éclater.


Il y a Blair, Trent, Kim, Pierce, Julian ou encore Rip leur dealer... Ils ont 15, 16 ou 17 ans et vivent à Los Angeles, dans les quartiers huppés de Mulholland, Bel Air ou encore Beverly Hills. Ils sont fils ou filles de richissimes producteurs ou réalisateurs hollywoodiens. Leurs (seules) préoccupations ? Savoir dans quelle party ils vont se rendre le soir, dans quel club ou chez qui ils vont bien pouvoir aller sniffer quelques lignes de coke ou s'envoyer en l'air avec d'autres corps tout aussi paumés, quelque soit son sexe...


Le jour ils végètent, "écroulés" ou "défoncés" devant leur piscine scintillante en tournant les pages de "People", de "GQ" ou de "Playboy"...


En désespoir de cause, ils fuient parfois en Porsche ou en Ferarri vers leur villa secondaire, au bord des plages de Palm Springs ou de Malibu...
Ce sont un peu les Paris Hilton des années 80.


C'est leur vie que Bret Easton Ellis a choisi de décrire dans ce fulgurant roman, prenant comme prétexte le retour en ville de son narrateur, Clay parti étudier dans le New Hampshire, à l'occasion des fêtes de Noël.


Ce contexte de Noël, fête de famille par excellence, permet de souligner avec encore plus d'emphase les rapports tendus voire inexistants entre ces enfants et leurs parents.


De façon générale c'est l'incommunicabilité qui domine dans ce roman. Incommunicabilité avec la famille (et le père tout particulièrement dans le cas de Clay, ce qui n'est pas sans faire écho à la brouille entre Bret Easton Ellis et son propre père qui n'a jamais su le comprendre).


Des dialogues d'une grande justesse (pour lesquels il démontre dés ce premier roman un vrai talent), en particulier dans leurs non-dits, hésitations et absences, autre marque de fabrique de l'auteur. Un art qui sera bien sûr porté à son comble dans American Psycho.


Une vie qu'il raconte comme des flashs hallucinogènes : sans réelle transition, il passe d'une scène à l'autre. Les actions s'enchaînent un peu mécaniquement, dans son fameux style minimaliste.


C'est un nihilisme et une passivité glaciale marqués par la maladie mortelle de l'ennui, de l'horreur de n'avoir "envie de rien" (au sens "Kinkergaardien" du terme).
Ellis installe une atmosphère psychologiquement étouffante.


Une atmosphère où le spectre de la mort plane tout du long qu'il s'agisse d'un coyote écrasé sur la route et dont ils observent la lente agonie jusqu'à sa petite amie Blair qu'il trouve avec un sac sur la tête en arrivant à une party ou encore ses jeunes soeurs qui jouent "à la morte" en restant le plus longtemps en apnée au fond de leur piscine, le tout jalonné de références à différents faits divers sanglants...
L'atmosphère particulièrement fascinante de ce roman tient aussi beaucoup à son décor : Los Angeles.


Un décor qui joue quasiment un rôle à part entière : les palmiers qui s'agitent sous les violentes bourrasques brûlantes, la canicule, le désert tout proche, les hurlements des coyotes, la vallée, les collines, les dunes, qui environnent les piscines miroitantes dans la nuit sous la lumière des néons, les jacuzzis "bleus et fumants".


C'est aussi l'un des premiers romans "rock" au sens de sa langue à la fois séche et électrique mais aussi et surtout par l'omniprésence de la musique dans ses pages. On "entend" ainsi en fond sonore différents groupes phares des années 80 rock et new Wave : Idol, Devo. Fleetwood Mac ou encore les Eagles...


Finalement il y a peu de scènes "trash" dans ce roman (comparé à un "American psycho") et l'ensemble reste plus suggestif et subversif qu'autre chose (comme le viol collectif d'une fillette de 12 ans ou le visionnage d'un porno snuff). Ellis introduit aussi la prostitution à travers le personnage de Julian, ami d'enfance du narrateur qui pour payer ses dettes de drogue est pris au piège de cet engrenage.


Paroles de l'auteur (extrait de son roman "Lunar Park" au sujet de "Moins que zéro") :
"Quand j'étais étudiant (...), j'ai suivi un cours d'atelier d'écriture et produit pendant l'hiver 1983 un manuscrit qui a fini par devenir "Moins que zéro". Il relatait en détail les vacances de Noël d'un jeune-homme riche, égaré, sexuellement ambigu, revenant de son université de l'Est à Los Angeles - plus exactement à Beverly Hills - et toutes les fêtes qu'il traversait et les drogues qu'il absorbait et tous les garçons et les filles avec qui il couchait et tous les amis qu'il observait passivement s'enfoncer dans l'accoutumance, la prostitution et l'apathie profonde. (...) C'était une mise en accusation non seulement d'un mode de vie qui m'était familier, mais aussi des années Reagan, et indirectement, de l'état présent de la civilisation occidentale.

(...) Le roman a été considéré comme une autobiographie mais c'était plutôt un roman à clés et ses scènes à sensation (le porno snuff, le viol collectif d'une fille de 12 ans, le cadavre en décomposition dans la ruelle, le meurtre au drive-in) étaient tirés des ragots épouvantables qui s'échangeaient dans la bande que je fréquentais à L.A et non d'une quelconque expérience personnelle. Mais les journaux se sont fortement inquiétés du contenu "choquant" du livre et tout particulièrement de son style : des scènes très brèves écrites sous la forme d'un haïku contrôlé, cinématographique. Le livre était court, c'était une lecture facile (on pouvait avaler ce "bonbon noir" - New-York Magazine- en deux heures) et en raison de sa typographie assez large (et des chapitres qui ne dépassaient jamais une page ou deux), il avait la réputation d'être le roman de la "génération MTV". 

Lectures Bret Easton ELLIS-American psycho

 


Bret Easton ELLIS

American psycho

Traduit de l’américain par Alain Defossé


(4ème de couverture)
Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant golden-boy de Wall Street, fréquente les endroits où il faut se montrer, sniffe quotidiennement sa ligne de coke, et surtout ne se pose aucune question. Parfait yuppie des années quatre-vingt, le jour il consomme. Mais la nuit, métamorphosé en sérial killer, il tue, viole, égorge, tronçonne, décapite.


Portrait lucide et froid d’une Amérique autosatisfaite où l’argent, la corruption et la violence règnent en maîtres, Américan Psycho, qui fit scandale lors de sa parution aux Etats-Unis, est aujourd’hui un best-seller mondial.


(1ere phrase :)
ABANDONNE TOUT ESPOIR ,TOI QUI PENETRES ICI peut-on lire, barbouillé en lettres de sang au flanc de la Chemical Bank, presque au coin de la Onzième Rue et de la Première Avenue, en caractères assez grands pour être lisibles du fond du taxi qui se faufile dans la circulation au sortir de Wall Street, et à l’instant où Timothy Price remarque l’inscription un bus s’arrête et l’affiche des Misérables collée à son flanc lui bouche la vue mais cela ne semble pas contrarier Price, qui a vingt-six ans et travaille chez Pierce & Pierce, car il promet cinq dollars au chauffeur s’il monte le son de la radio, qui passe Be My Baby sur WYNN, et le chauffeur, un noir, un étranger, obtempère.
(Dernière phrase :)
Et au-dessus d’une des portes, masquées par des tentures de velours rouge, il y a un panneau, et sur ce panneau, en lettres assorties à la couleur des tentures, est écrit : SANS ISSUE.


513 pages – Editions du Seuil 1991 (1992 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :)
Patrick Bateman est un jeune homme qui correspond parfaitement au type que tout le monde déteste en cette période de crise économique. C'est un jeune loup de la finance superficiel, dédaigneux, obsédé par l'argent, les restaurants huppés, les marques, les belles cartes de visite, et son apparence physique. Accessoirement, il est aussi psychopathe.


Nous le suivons à travers son journal, dans une vie où tout le monde semble pareil à lui. Il est constamment entouré, ne dîne jamais seul, n'a aucune difficulté à ramener des filles chez lui, mais cela ne fait que davantage ressortir sa solitude. Il est riche, donne le sentiment d'être quelqu'un d'important, mais en dehors de quelques types assez inutiles, personne, pas même son avocat, ne connaît son nom.


Les cinq cents pages de ce livre pourraient être monotones, mais Patrick Bateman a un truc pour vous captiver qui fait qu'on ne peut pas lâcher son journal avant de l'avoir fini. Aucun problème à lire les énumérations interminables de noms de marques, les compte-rendus des soirées à répétition, les conversations dépourvues d'intérêt, parce que bien vite, on décèle toute la critique que contiennent les mots et les actes décrits. Tous les êtres que fréquente Patrick Bateman sont vides, à l'exception peut-être de sa naïve secrétaire, Jean. Lorsqu'il cite des psychopathes ou évoque ses crimes dans le détail au fil de la conversation, ses interlocuteurs font au mieux comme s'ils trouvaient ça drôle, au pire comme s'ils n'avaient rien entendu (c'est sans doute le cas d'ailleurs, tellement chacun est préoccupé avant tout de sa personne).


Etrangement, c'est lorsqu'il cède à ses pulsions meurtrières que Bateman devient intéressant (pulsions réelles ou fantasmes, d'ailleurs). Certaines scènes sont carrément ignobles. Patrick Bateman, en plus d'aimer tuer, a une imagination débordante en la matière. Il torture ses victimes (il déteste particulièrement les sans-abri, les types qui réussissent mieux que lui, ainsi que les femmes et les enfants…) avant de les laisser agoniser, puis d'aller dîner tranquillement avec ses "amis". Et c'est de pire en pire. En réalité, il est profondément malheureux parce qu'il se sent aussi vide que les autres.


"Comment pourrait-elle donc comprendre que rien ne pourrait jamais me décevoir, puisque je n'attends plus rien."


Et voilà comment le personnage le plus froid et le plus cruel parvient à attirer l’intérêt du lecteur...


Un livre est un pilier incontournable. J'avais peur que les cinq cents pages se fassent sentir, mais il n'y a pas le moindre coup de mou dans ce texte. C'est assez marqué années 80/90 (je pense aux réflexions sur le SIDA, aux réflexions musicales), mais le fond est indémodable.


Patrick Bateman fait désormais partie de la mythologie des (anti-) héros modernes juste à côté de Jack l'éventreur et d'Hannibal Lecter. C'est sa personnalité profondément troublée et effrayante qui porte le livre et en constitue l'intérêt majeur. C'est pour découvrir (et comprendre) sa véritable identité que l'on tourne les pages jusqu'à la fin sans pour autant obtenir une réponse claire et précise.


On se demande vraiment comment Ellis a imaginé ce personnage hors norme. De son aveu, il se serait inspiré de son père (Robert Martin Ellis à qui il a dédié Lunar Park d'ailleurs), ce qui est plutôt effrayant !


On peut aussi supposer qu'il a étudié et fait de nombreuses recherches sur les serial-killers que cite d'ailleurs souvent Bateman comme cette allusion à Ed Gain, tueur en série des années 50 qui disait en substance : "Quand je vois une jolie fille passer dans la rue, je pense à deux choses. Une partie de moi voudrait sortir avec elle, parler avec elle, être vraiment gentil, tendre, correct... et l'autre partie voudrait voir de quoi sa tête aurait l'air au bout d'une pique."


Ce qui est intéressant également dans le style de l'écrivain, c'est sa manière de ne jamais vraiment juger les personnages sans leur chercher ni excuses ni chefs d'accusation. Certains critiques ont estimé que Bateman était seulement le fruit de la société américaine et de sa vacuité.


Le génie littéraire d'Ellis s'exprime avec flamboyance, tout au long du livre. Tous ces dialogues, véritable marque de fabrique de l'auteur, qui ne cesseront de se dérouler et se croiser au fil des pages nous en apprendront plus que n'importe quel descriptif de personnage. Nous sommes ici en pleine application virtuose de cette fameuse règle des ateliers de "creative writing" américains : "Show, don't tell". Tout simplement captivant et passionnant !

dimanche 2 avril 2023

Dessins de presse


 

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samedi 1 avril 2023

Recettes Italiennes-Croustade ricotta et fruits confits

 


Croustade ricotta et fruits confits

Préparation : 25 mn
Cuisson : 45 mn
Pour 4 personnes 
500 g de pâte sablée ou brisée
400 g de ricotta
200 g de sucre
200 g de crème liquide
30 g de fruits confits
30 g de betteraves rouges cuites
2 œufs
2 cuillerées à soupe de sucre glace
1 orange non traitée
1. Battez les œufs entiers, puis travaillez-les avec le sucre, ajoutez la ricotta, la crème, les fruits confits et les betteraves coupés en tout petits dés, puis le zeste d’orange râpé.
2. Divisez la pâte en deux parties, l’une plus grosse que l’autre, puis étalez-les de façon à confectionner deux abaisses circulaires.
3. Beurrez une tourtière, farinez-la et placez au fond l’abaisse la plus grande ; versez-y la garniture et couvrez avec l’autre abaisse. Soudez soigneusement les bords avec la pointe des doigts.
4. Faites cuire pendant environ 45 minutes dans un four préchauffé à 180 °C (th. 6). Sortez la croustade du four et, lorsqu’elle a refroidi, saupoudrez-la de sucre glace, puis servez.

Vous pouvez enrichir la garniture avec des pignons ou des noix.
Spécialité de Sardaigne.

Recettes Italiennes-Croquants aux amandes



Croquants aux amandes 

Préparation : 10 mn 
Cuisson : 15 mn 
Pour 4 personnes 
200 g d’amandes émondées et pelées 
200 g de sucre 
1 citron non traité 
Huile d’amande 
1. Huilez le plan de travail en marbre. Versez le sucre dans une casserole et faites-cuire jusqu’à ce qu’il fonde et roussisse légèrement. Ajoutez le zeste de citron et les amandes, mélangez jusqu’à ce que le caramel ait bien enrobé les amandes, puis retirez du feu. 
2. Versez cette préparation sur le plan de travail et, tandis qu’elle est encore chaude, étalez-la avec un couteau trempé dans l’eau fraîche, jusqu’à former une couche de 1 cm d’épaisseur. 
3. Avec un couteau que vous tremperez dans l’huile, coupez les croquants en losanges, laissez-les refroidir avant de servir. 
4. Vous pouvez conservez ces croquants en les enveloppant dans du papier d’aluminium, puis en les mettant dans un bocal ou une boîte hermétiquement fermés. 

Des cerneaux de noix fraîches peuvent remplacer les amandes. Spécialité de Sardaigne.

 

Recettes Italiennes-Tiramisu

 


Tiramisu

Préparation : 30 mn
Cuisson : sans
Attente : 2 heures
Pour 4 personnes
250 g de mascarpone
50 g de cacao amer en poudre
20 biscuits à la cuillère
2 œufs
25 cl ce café fort froid
3 cuillerées à soupe de sucre semoule
1 pincée de sel
1. Séparez les blancs d’œufs des jaunes dans deux saladiers. Versez le sucre sur les jaunes, fouettez le mélange jusqu’à ce qu’il blanchisse. Incorporez le mascarpone tout en fouettant.
2. Montez les blancs en neige ferme avec une pincée de sel. Incorporez-les à la préparation au mascarpone en soulevant délicatement la masse.
3. Versez le café dans une assiette creuse, passez-y rapidement les biscuits et tapissez-en le fond d’un plat ou de coupelles. Couvrez d’une couche de préparation au mascarpone. Saupoudrez de cacao. Terminez par une couche de mascarpone.
4. Réservez 2 heures au moins au frais. Saupoudrez de cacao et dégustez.


Recettes Italiennes-Pesto


Pesto

Préparation : 20 mn
Cuisson : sans
Pour 4 personnes 
50 g de parmesan ou pecorino râpé
30 g de pignons
7 cuillerées à soupe d’huile d’olive de Ligurie
30 feuilles de basilic frais
1 gousse d’ail
Sel
1. Faites légèrement griller les pignons au four. Nettoyez avec soin les feuilles de basilic avec un torchon mouillé puis laissez-les sécher.
2. Dans un mortier, de préférence en marbre ou en bois d’olivier, mettez les feuilles de basilic ainsi que le sel et l’ail pelé, puis écrasez avec le pilon. Ne battez pas, mais écrasez vigoureusement sans donner de coups. Ajoutez les pignons, puis, au fur et à mesure, le fromage râpé. Si vous ne disposez pas de mortier, utilisez un mixer. Dans ce cas, refroidissez préalablement le verre dans un congélateur de façon à protéger le basilic de la chaleur du moteur électrique.
3. Lorsque la préparation sera homogène, que vous l’ayez réalisée dans un mortier ou avec un mixer, versez peu à peu l’huile en filet, en mélangeant avec une cuillère en bois afin d’obtenir une sauce crémeuse.

Ce grand classique de la cuisine ligure se sert avec des pâtes longues ou des gnocchis.

Spécialité de la région de Ligurie.

 

Recettes Italiennes-« Mostaccioli »

 

 Mostaccioli 


Préparation : 30 mn 
Cuisson : 30 mn 
Pour 4 personnes 
150 g de farine 
150 g de miel 
1 cuillerée à soupe de liqueur d’anis 
10 g de beurre pour la plaque 
1. Disposez la farine en fontaine sur le plan de travail et versez au centre le miel et la liqueur d’anis. Travaillez soigneusement ces ingrédients afin d’obtenir une pâte consistante. 
2. Étalez cette pâte avec un rouleau à pâtisserie en une abaisse de 1 cm d’épaisseur. Découpez-y des petits biscuits en leur donnant la forme de votre choix. Beurrez la plaque du four et disposez dessus les biscuits en les séparant bien. 
3. Faites cuire pendant 30 minutes dans un four préchauffé à 160 °C (th. 5). Attendez 3 à 4 jours avant de les servir. 

Vous pouvez recouvrir une partie de ces biscuits de chocolat que vous aurez fait fondre au bain-marie avec un peu de beurre. Spécialité de la région de Calabre.

Recettes Italiennes-Bolets farcis

 


Bolets farcis

Préparation : 25 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes 
12 bolets frais
20 g de parmesan râpé
50 g de mie de pain rassis
2 dl de lait
1 œuf entier
1 jaune d’œuf
1 pincée d’origan
1 gousse d’ail
1 branche de marjolaine
4 cuillerées à soupe d’huile d’olive
Sel et poivre
1. Nettoyez soigneusement les bolets sans les laver : séparez les têtes des pieds, retirez la peau des têtes, puis essuyez-les avec un torchon humide. Laissez tremper la mie de pain pendant 5 minutes dans le lait. Pelez l’ail et mettez-le dans un mortier avec les pieds des bolets ; ajoutez une pincée de sel et pilez ces ingrédients jusqu’à les réduire en purée.
2. Versez cette purée dans une jatte et amalgamez-la avec la mie de pain, bien essorée, le parmesan, l’origan, la marjolaine (dont on aura détaché, lavé et haché les feuilles), une pincée de poivre, l’œuf, le jaune d’œuf et 2 cuillerées à soupe d’huile. Farcissez les têtes des bolets avec cette préparation.
3. Huilez le plat à four et placez-y les champignons farcis, versez dessus le reste d’huile. Laissez cuire pendant 25 à 30 minutes dans un four préchauffé à 180 °C (th. 6). Servez chaud.

Vous pouvez utiliser d’autres champignons, des gros champignons de couche notamment.

Spécialité de la région de Ligurie.

Recettes Italiennes-Spaghettis aux truffes de Norcia

  


Spaghettis aux truffes de Norcia

Préparation : 10 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 4 personnes 
320 g de spaghettis fins
50 g de truffes noires de Norcia
2 anchois au sel
5 cuillerées à soupe d’huile d’olive
1 gousse d’ail
Sel et poivre
1. Dans une grande casserole d’eau salée portée à ébullition, faites cuire les spaghettis al dente. Égouttez-les légèrement et conservez l’équivalent d’une louche d’eau de cuisson.
2. Entre-temps, nettoyez délicatement les truffes sous l’eau tiède, à l’aide d’une petite brosse, puis coupez-les en fines lamelles. Pelez et écrasez la gousse d’ail. Rincez les anchois, retirez les arêtes et coupez les filets en morceaux.
3. Chauffez l’huile dans une petite casserole et faites revenir l’ail, que vous retirerez dès qu’il aura blondi. Retirez la casserole du feu, mettez-y les morceaux d’anchois puis, après l’avoir remise sur feu doux, mélangez avec une cuillère de bois pour défaire les anchois pour défaire les anchois. Ajoutez les lamelles de truffe et mélangez soigneusement. Après 2 à 3 minutes, assaisonnez d’une pincée de sel si besoin (les anchois sont très salés) et d’une bonne pincée de poivre, puis retirez du feu.
4. Égouttez les spaghettis en leur laissant un peu d’eau de cuisson, puis versez-les dans un plat de service en les mélangeant avec la sauce.

Vous pouvez coupez les truffes d’abord en lamelles puis en bâtonnets.
Spécialité de la région d’Ombrie.


Billets-Guerrière nous ne t'oublierons pas

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