mardi 7 mars 2017

Billets-Emmanuel Macron multiplie les promesses socialistes


Emmanuel Macron multiplie les promesses socialistes

Emmanuel Macron prétend inventer un nouveau modèle de croissance mais il ne fait que reproduire le modèle proposé par François Hollande.

Comme tous les organismes internationaux, comme la majorité des Français, comme le gouvernement de Manuel Valls, Emmanuel Macron reconnaît que notre excès de dépenses publiques est la cause principale de la faible compétitivité de nos entreprises, de notre croissance insuffisante et de notre trop fort taux de chômage.

Un excès de prélèvements obligatoires fait obstacle au développement économique.
écrit-il dans son programme. Dans son livre Révolution, paru en novembre 2016, il écrivait :
La moyenne de la zone euro est à un niveau de 49% « (de dépenses publiques par rapport au PIB)… Nous pouvons le faire. (…) Nous devons le faire.

Viser 52% et plus 49% ?
Pourquoi a-t-il changé d’avis et limite-t-il maintenant la baisse, en visant 52% du PIB en 2022 au lieu de 49% ? Pourquoi déclare-t-il que cela correspond à une baisse de 60 Mds d’euros, alors que la baisse pour arriver à 52% serait de (57%-52%) x 2 600 Mds (PIB prévu pour 2022) = 130 Mds d’euros, mais qu’elle devrait être en réalité de 208 Mds d’euros pour arriver aux 49% de nos concurrents de la zone euro, et même de 350 Mds d’euros si nous voulons être au niveau du principal d’entre eux, l’Allemagne ?

Pour une raison simple : parce qu’il faudrait pour cela des réformes radicales. Il faudrait faire travailler les fonctionnaires 39 heures par semaine, réduire fortement leur nombre, supprimer leurs privilèges, dont ceux de leurs retraites, passer rapidement l’âge de départ à la retraite pour tous à 65 ans, supprimer les départements, fusionner les communes avec les intercommunalités, privatiser des entreprises publiques, des hôpitaux, des HLM, etc.

Avec Emmanuel Macron, le changement c’est pas maintenant !
Rien de tout cela n’est dans son programme. Ou plus exactement, une proposition y est : un régime de retraite universel « progressivement mis en place ». Que signifie « progressivement » ? La réponse est donnée :
Il n’y aura pas de changement de l’âge de départ et du niveau des pensions [pendant tout le quinquennat].

N’est-ce pas se ficher du monde ? La réforme aura lieu après mon départ !

Emmanuel Macron multiplie les promesses de dépenses supplémentaires : 12 élèves par classe de primaire dans les ZEP, plus un « auxiliaire de vie scolaire » pour chaque enfant qui en aurait besoin,  augmentation du nombre de policiers et gendarmes, du budget militaire, du minimum vieillesse, de l’allocation aux handicapés, de la prime d’activité, des indemnités de chômage (même en cas de démission !), des remboursements de lunettes et prothèses dentaires, primes pour les achats de véhicules, réduction des cotisations sociales des salariés. Il prévoit même un plan d’«investissements » de 50 milliards d’euros, alors qu’il s’agit principalement de dépenses de formation, de « réorganisation des services publics », de dépenses écologiques.

Autre curiosité : la baisse des dépenses des collectivités locales se fera grâce à un « pacte quinquennal » négocié à la fin de 2017. Mais :
Il n’y aura pas de baisse des allocations de l’État aux collectivités locales.

Dès lors comment l’État poussera-t-il les élus locaux à diminuer leurs dépenses ? Même le gouvernement de Manuel Valls a été plus courageux puisqu’il a baissé ces allocations.

Emmanuel Macron multiplie les promesses pour le secteur public
Emmanuel Macron multiplie les promesses invraisemblables : « tous les élèves sauront lire, écrire et compter à l’entrée en 6ème » ; « toute peine prononcée sera exécutée » ; des « budgets participatifs » seront votés dans les collectivités locales (mais pas pour l’État).

Il affirme sans rire qu’il « assume les réformes les plus dures », comme s’il en proposait.
La vérité est qu’il protège la base de son électorat : le secteur public. Il ne le cache pas : son « premier chantier » est l’éducation et la culture. La « modernisation de l’économie » ne vient qu’en troisième, sous forme de dépenses publiques supplémentaires, prétendues d’investissements. Emmanuel Macron fustige François Fillon qui veut « redresser la France malgré elle ». « Malgré elle » veut dire : malgré l’opposition des fonctionnaires accrochés à leurs dépenses et à leurs privilèges. L’enjeu de l’élection présidentielle est ainsi clarifié.

Emmanuel Macron prétend « inventer un nouveau modèle de croissance ». Mais il ne fait qu’aggraver le modèle (si performant !) de son mentor François Hollande. En défendant les intérêts de sa base électorale, c’est nous qu’il fait marcher.

Source contrepoints.org
Par Alain Mathieu.


Alain Mathieu est président de Contribuables Associés, la première association non subventionnée de France avec plus de 140 000 adhérents.

Billets-Macron : un programme fiscal démagogique au détriment de la croissance


Macron : un programme fiscal démagogique au détriment de la croissance

Contrairement à François Fillon qui assume des mesures fiscales ambitieuses, Emmanuel Macron se contente de reprendre à son compte les habituelles inepties fiscales socialistes.

L’augmentation continue des prélèvements obligatoires depuis plusieurs décennies (ces derniers représenteront environ 1009 milliards d’euros, soit 44 % du PIB en 2017) a fortement contribué à plonger la France dans une crise économique abyssale et chronique.
Fort de ce constat, François Fillon a annoncé des mesures fiscales ambitieuses, visant principalement les entreprises, et ce, dans le but affiché de relancer rapidement la croissance française.

À l’inverse, Emmanuel Macron a, dans la plus pure tradition socialiste, présenté un catalogue de mesurettes fiscales électoralement porteuses.

Ces dernières, qui se présentent comme des hérésies fiscales, entrent, bien évidemment, en contradiction totale avec ce qu’il serait nécessaire de mettre en œuvre pour relancer rapidement la croissance française, laquelle reste désespérément atone.

Opposition fallacieuse des ménages et des entreprises
Première hérésie fiscale : le candidat à la Présidentielle propose que les baisses d’impôts soient réparties équitablement entre ménages et entreprises. Ce faisant, Emmanuel Macron entretient le mythe politico-médiatique pernicieux selon lequel il existerait un principe de justice fiscale qui imposerait que les efforts des ménages et des entreprises soient strictement équilibrés.

Or, ce pseudo-principe, qui soit dit en passant pervertit la politique fiscale française depuis des décennies, se révèle économiquement insoutenable pour des raisons de compétitivité des entreprises et, surtout, économiquement infondé. Les entreprises et les ménages ne sont, en effet, pas des contribuables de même nature dès lors que les premières constituent un lieu où s’organise la production de richesse tandis que les seconds en sont in fine les bénéficiaires, par le biais de versement de salaires ou de dividendes.

Il est ainsi parfaitement absurde, d’un point de vue économique, d’opposer les intérêts des entreprises et des ménages dans la mesure où ils sont consubstantiellement liés (les baisses d’impôts accordées aux entreprises profitent directement aux ménages) et a fortiori d’exiger que ces derniers bénéficient équitablement des baisses d’impôts.

Emmanuel Macron fonde donc son programme fiscal sur un postulat idéologique absurde d’égalité entre deux catégories de contribuables dont les intérêts économiques sont inséparables. Bien qu’une telle approche soit politiquement efficace, celle-ci s’avère économiquement inefficace puisqu’elle ne vise absolument pas à remédier au problème de la croissance française.

Maintien des taux de TVA
Deuxième hérésie fiscale : Emmanuel Macron rejette, comme François Hollande en 2012, l’idée d’instaurer une TVA sociale et s’engage à maintenir les taux actuellement en vigueur.
Pour mémoire, la TVA sociale a été votée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais n’est jamais entrée en vigueur en raison de sa suppression par François Hollande, dès le début de son quinquennat. Précisons que ce choix, guidé davantage par des enjeux politiques que par des considérations économiques, a été amèrement regretté par l’actuel Président, lequel s’est d’ailleurs empressé d’augmenter l’ensemble des taux de TVA quelques mois plus tard.

François Hollande a, par la suite, confessé qu’il avait commis une grave erreur économique en supprimant la TVA sociale dans la mesure où l’instauration de celle-ci aurait pu éviter l’augmentation inconsidérée d’autres impôts pesant sur les entreprises.
D’un point de vue politique, la TVA sociale, qui se matérialise par une augmentation des taux de cet impôt, s’avère extrêmement impopulaire étant donné qu’elle est perçue par l’opinion publique comme totalement injuste puisque également supportée par l’ensemble des français.

Toujours est-il que, d’un point de vue économique, la TVA sociale se présente comme la mesure idoine pour relancer la croissance française. Son instauration permettrait de réduire le montant des cotisations sociales finançant la sécurité sociale, ces cotisations pesant lourdement sur le coût du travail et sur la compétitivité économique des entreprises françaises. De surcroît, il ressort de diverses études économiques, notamment de l’OCDE, que la TVA est l’un des impôts dont l’augmentation pèserait le moins sur la croissance.
Force est donc de constater que, bien qu’impopulaire et incomprise sur le plan politique, la TVA sociale constitue une mesure fiscale phare pour relancer la croissance française. En la rejetant, Emmanuel Macron ne fait que réitérer l’erreur économique commise, quelques années plus tôt, par son mentor politique.

Exonération de taxe d’habitation
Troisième hérésie fiscale : Emmanuel Macron a annoncé qu’il entendait exonérer de taxe d’habitation 80 % des ménages français.

L’Association des maires de France est immédiatement montée au créneau pour dénoncer cette mesure démagogique et rappeler « qu’il existe déjà de nombreux dispositifs d’allègement, de dégrèvement, d’exonération ou de plafonnement de la taxe d’habitation » qui bénéficient à environ « 42% des foyers, soit 13 millions de foyers ».

Il est incontestable que la taxe d’habitation s’inscrit aujourd’hui comme un impôt injuste en raison de l’absence d’actualisation, depuis 1970, des valeurs cadastrales et de l’existence de taux d’imposition très divers selon les communes. Pour autant, la solution à ce problème n’est pas d’exonérer de cet impôt 4 ménages sur 5, ce qui serait très préjudiciable pour les finances des communes, mais d’opérer les réformes structurelles pour rendre cet impôt plus juste.

Les mesures pro-croissance
Cela étant dit, Emmanuel Macron a annoncé quelques mesures fiscales intéressantes, bien qu’insuffisantes, pour les entreprises : baisse du taux de l’impôt sur les sociétés à 25 %, instauration d’un prélèvement forfaitaire unique de l’ordre de 30 % pour tous les revenus du capital et transformation du CICE en baisse de charges.

En somme, il est manifeste que le programme fiscal du jeune candidat à la Présidentielle pêche, dans son ensemble, par excès d’idéologie égalitariste et par manque de vision économique. En cela, il s’oppose viscéralement à celui de François Fillon qui fait incontestablement preuve de cohérence et de pragmatisme économique, dès lors qu’il se présente comme ouvertement pro-entreprises et pro-croissance.

Source contrepoints.org
Photo By: OFFICIAL LEWEB PHOTOS – CC BY 2.0
Par Virginie Truyens.


Virginie Truyens est avocate fiscaliste et doctorante à l’université Paris-Dauphine.

lundi 6 mars 2017

Billets-Juppé jette l’éponge, Fillon se trumpise


Juppé jette l’éponge, Fillon se trumpise

Les désertions multiples en rase campagne enregistrées cette semaine contribuent à construire la légende d’un candidat seul contre une technostructure en pleine déconfiture.

Alain Juppé vient de jeter à nouveau l’éponge dans la course à la présidentielle. Il a prononcé, à cette occasion, un discours désobligeant pour le candidat officiel, François Fillon. En creux, tous ceux qui l’ont entendu ont compris que Juppé appelait de ses vœux une candidature alternative, pour laquelle beaucoup murmurent le nom de Baroin. Dans la pratique, rien n’exclut que François Fillon ne parvienne à retourner ces lâchages en une force.

Fillon trumpisé par Juppé
Depuis plusieurs semaines, cet étrange phénomène politique apparu en 2016, la trumpisation, guettait François Fillon. À la manière de Trump renforcé, durant sa campagne, par la guerre que lui a livré l’establishment républicain. Souvenons-nous, d’ailleurs, que, à l’instar de Fillon, Trump était menacé de destitutions à quelques jours du scrutin par les dirigeants de son propre camp.
Incontestablement, un phénomène identique est en train de se produire autour de Fillon. Les désertions multiples en rase campagne enregistrées cette semaine contribuent à construire la légende d’un candidat tribunicien seul contre une technostructure en pleine déconfiture.

L’esprit de 40 triomphe à droite
Paradoxalement, la grande force de François Fillon réside aujourd’hui dans l’affolement de son propre camp. Plus les généraux abandonnent la bataille et leur armée, plus le général en chef apparaît comme l’ultime rempart contre l’effondrement des officiers supérieurs.

Pour le « peuple de droite », ce moment est d’abord celui d’une révélation. L’élite des Républicains dévoile ses cartes. Bien avant la victoire d’un programme, c’est la volonté de préserver les acquis qui dominent, et la peur de livrer bataille. L’esprit de 40 s’incarne, et pour beaucoup de militants, cette incarnation laissera des traces. C’est un peu Vercingétorix lâché par ceux qui n’étaient pas encore les Bourguignons pendant Alésia. C’est l’état-major qui préfère l’armistice au combat en juin 40.

Les abandons officiels métamorphosent Fillon
Ainsi, presque malgré lui, Fillon retrouve aujourd’hui la geste qui a fait sa victoire de novembre. Donné battu, seul dans une traversée improbable du désert, c’est au peuple de France qu’il s’adresse directement dans un huis clos dont ses soutiens se sont abstraits. L’homme qui paraissait embourbé dans une campagne poussive, privé de ressort, se métamorphose dans l’épreuve. Il incarne la résistance face au poids étouffant d’une technostructure veule, changeante, obsédée par ses propres privilèges.

Et c’est probablement ce que n’ont pas compris ses soutiens qui l’abandonnent : au fond, ces départs, les électeurs les souhaitent et se disent tous aujourd’hui que la solitude grandissante de Fillon est la meilleure preuve de la justesse de son combat.

Une présidentielle à l’américaine ?
Dans les prochains jours, le schéma de la présidentielle devrait donc être posé. D’un côté, les candidats soutenus par leur parti. De l’autre, un candidat désavoué par son appareil et dans une relation unique avec le peuple. Si Fillon avait voulu jouer ce rôle, il n’y serait pas parvenu lui-même. Il a fallu la conjonction d’une cabale médiatique, d’une instruction judiciaire et d’une conjuration interne pour façonner cette mise en scène.

Source contrepoints.org
Par Éric Verhaeghe.


Éric Verhaeghe est président de Triapalio. Ancien élève de l'ENA, il est diplômé en philosophie et en histoire. Écrivain, il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Il anime le site "Jusqu'ici tout va bien"
http://www.eric-verhaeghe.fr/

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dimanche 5 mars 2017

Billets-Qu’attendre du prochain président de la République ?


Qu’attendre du prochain président de la République ?

Au-delà des petites phrases et des problèmes de personnes qui semblent occuper le devant de la scène, que peut-on attendre du prochain président de la République française ?

Que peut-on attendre du prochain président de la République française ? Au-delà des petites phrases et des problèmes de personnes qui semblent occuper le devant de la scène, quels sont les enjeux des vingt prochaines années ?

De façon très concrète, il y a des sujets que l’on entend peu sur les tréteaux électoraux. L’électeur de base apprécierait sans doute pour eux une action déterminée dans la durée et indépendante des alternances. Prenons quelques exemples : formation, recherche, dépense publique, protection sociale, fonctions régaliennes.

Qu’il assure à tous une formation suffisante pour le monde actuel
La formation de la population est « la mère de tous les sujets » ! La France ne peut pas progresser avec 20% de sa population active « non qualifiée » et 20% des jeunes qui sortent de l’Éducation nationale sans le moindre diplôme. Ajoutons-y le fait qu’on ne sait pas vraiment former un adulte non qualifié, et on a là un grand sujet de débat sur ce que doit être la formation en France pour le XXIe siècle !

Au-delà du bagage minimal nécessaire pour tous (sans doute proche d’un actuel « Bac+2 », avec beaucoup de précautions) cette formation devra aussi augmenter fortement le nombre de chercheurs et de chefs d’entreprise potentiels. Cette population restera certes très minoritaire, mais est la seule « locomotive » capable d’accélérer vraiment la « croissance ».

Qu’il augmente massivement l’effort du pays en recherche et industrialisation
En effet, le progrès d’une nation (et de l’humanité en général) s’obtient d’abord et avant tout par la mise en œuvre du progrès scientifique et technologique servi par l’augmentation de la consommation d’énergie. Ce sujet est quasi-absent du débat public, alors qu’il dépend de deux grands leviers.

Le premier est la Recherche proprement dite dont les crédits périclitent depuis des années, et dans laquelle un citoyen ne peut pas investir directement. Elle est pourtant certainement l’investissement le plus rentable que puisse faire une société humaine ! Depuis qu’un premier « chercheur » a eu l’idée de voler un tison à un incendie de forêt et de conserver ce feu, elle est la source de tout progrès. En particulier l’écologie dépend concrètement très peu des comportements individuels et très largement de la science et de la technologie appliquées.
Le second est l’industrialisation des résultats de cette Recherche pour les transformer en innovations, c’est-à-dire des produits et services vendables à des clients désireux de les acheter.  C’est la seule façon de provoquer une vraie croissance durable. Dans ce domaine, orienter l’épargne dans cette direction fait partie des solutions efficaces : l’épargne est aujourd’hui très largement drainée vers le financement de la dette publique.

Qu’il repense sérieusement la dépense publique
Parler de dette publique conduit au traitement de sa cause, la dépense publique, en augmentation constante depuis 40 ans. Actuellement, de plus en plus d’impôts et de dette la financent peu ou prou sans jamais parvenir à équilibrer les budgets. On ne voit émerger aucune solution sur ce point, au-delà des incantations convenues répétées quelques mois avant chaque élection.

Pourtant, cette question est fondamentale. Elle commence par une redéfinition des outils de mesure (PIB en tête) qui évaluent trop souvent une illusion de « croissance » et plongent nos dirigeants dans la schizophrénie. Dans ces conditions, repenser vraiment la dépense publique permettra d’expliquer ce que l’on peut attendre (ou non) de la baisse des dépenses publiques selon la façon dont cette baisse est conduite. On en profitera pour conduire une réflexion calme et dépassionnée sur la notion aujourd’hui confuse et idéologique de « service public » en France au XXIe siècle.

Qu’il reconstruise totalement notre prétendu « modèle de protection sociale »
Nos innombrables aides sociales n’atteignent pas leur but : dans le cas contraire, il n’y aurait aucun SDF dans les rues. Mais des centaines de milliers de personnes vivent – plutôt bien – de la gestion de cette aide sociale par les « partenaires sociaux » (en fait les syndicats patronaux et salariés). Personne ne parle jamais de ces coûts de gestion. Pourtant, aucune pression à la baisse ne s’exerce sur eux, puisque ces organismes jouissent du monopole de la protection sociale.

Le « revenu universel » est sans doute un élément de réflexion extrêmement fécond dans cette voie. Et la plus importante dépense sociale est sans doute aussi à repenser totalement : il s’agit de la retraite. Cela commence par trouver les moyens de remettre au travail réel la tranche des 55-65 ans pleins d’énergie ! Nous avons en effet l’un des taux d’emploi de cette tranche d’âge les plus bas de l’OCDE.

Qu’il rétablisse les fonctions régaliennes de l’État
Il devra de surcroît dégager les économies suffisantes pour restaurer les fonctions régaliennes de l’État. Depuis des décennies, les dépenses régaliennes servent de « variables d’ajustement » pour financer les autres dépenses de l’État qui ne cessent de croître. Qu’il s’agisse de l’armée, de la police et des douanes, sur-sollicitées et en voie d’usure rapide, ou de la justice notoirement sous-équipée, les crédits sont en chute quel que soit le gouvernement.
On peut enfin se demander comment partout en France des cités, propriétés de l’État ou de structures para-étatiques de gestion de HLM, deviennent des « zones de non-droit » ou des « quartiers sensibles ». Et cela malgré les dizaines de milliards engloutis depuis des décennies dans la politique de la ville. Cela comprend aussi la politique envers les DOM-TOM y compris la Corse à qui il faut donner des moyens de développement autres que des subventions pour devenir des fers de lance de la France.

Qu’il ne se demande pas si les solutions pertinentes sont « de gauche » ou « de droite »
Pour tous ces sujets, peu importe que le prochain Président soit « de gauche » ou « de droite » : on lui demande juste que les solutions qu’il mettra en œuvre produisent des résultats mesurables dans les prochaines décennies ! C’est cela seul qui donne sa légitimité à l’action de l’État – donc à l’impôt (et à la dette) -, efficacité qui reste à mesurer vraiment.

C’est un énorme travail, et on aimerait entendre les candidats en parler et surtout espérer raisonnablement que le prochain Président mène une politique française vigoureuse sur ces sujets. Les résultats devront être assez convaincants pour que les successeurs, quel que soit leur bord, la continuent sur une bonne vingtaine d’années. C’est ce qu’ont réussi en leur temps des personnalités aussi différentes que Margaret Thatcher ou Gerhardt Schröder, pour ne prendre que nos voisins immédiats.

Source contrepoints.org
Par Pierre Tarissi.


Pierre Tarissi a 64 ans, informaticien retraité, est Business Angel depuis 2011. Ingénieur Arts et Métiers (1974) et diplômé de l'ESSEC (1976), après 10 ans de gestion de production chez Citroën, il a occupé des postes de direction informatique dans le secteur des assurances avant de devenir consultant et directeur de projets dans ce secteur.

samedi 4 mars 2017

Billets-Seul un français sur cinq croirait à une victoire d'Emmanuel Macron


Seul un français sur cinq croirait à une victoire d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron présente son projet présidentiel à la presse aujourd'hui. Candidat depuis trois mois et demi, le leader d'En Marche! s'en était tenu à des réactions à l'actualité et à de vagues lignes directrices jusqu'à présent.

Les Français ont du mal à situer l'ancien ministre de l'Economie sur l'échiquier politique, même si sa proximité avec François Hollande et celle avec le centre semble être celles qui ont le plus été retenues, selon un dernier sondage YouGov pour Le HuffPost et CNews.

Pour 33% des personnes interrogées, Emmanuel Macron est au centre, pour 27%, il n'est ni de droite ni de gauche.

Les sondés le positionnent plus à droite (21%) qu'à gauche (19%). YouGov relève aussi qu'il "cultive l'ambiguïté politique puisqu'il est plutôt perçu de droite par les sympathisants de la gauche (32%), et de gauche par les sympathisants de la droite (27%)".

Les sympathisants du centre sont les seuls à souhaiter majoritairement sa victoire (46% contre 40% qui ne la souhaitent pas). Seulement 21% des Français espèrent qu'il remportera l'élection présidentielle.

A titre de comparaison, c'est sept points de moins que pour Marine Le Pen (28%) qui était l'objet d'un sondage similaire le mois passé.


 Source le100.fr

Billets-Fillon, Macron, Hamon : cette élection présidentielle part en vrille !


Fillon, Macron, Hamon : cette élection présidentielle part en vrille !

Si la configuration Le Pen - Macron se confirme le 22 avril prochain, un événement historique majeur se sera produit en France. La gauche et la droite de gouvernement auront été éliminées pour laisser la place à l'inconnu.

Le Pen – Macron. Voilà le deuxième tour de l’élection présidentielle en l’état actuel de l’opinion. Les sondages sont concordants : Marine Le Pen dépasse les 25% d’intentions de vote au premier tour, Emmanuel Macron se situe autour de 25% et François Fillon autour de 20%. Rien n’est encore joué. Le socle de Fillon ne fléchit pas. L’engouement pour Macron se poursuit, l’illusion Le Pen également.

Le panorama politique français devient très inquiétant. Petit tour d’horizon de la situation.

Macron, le centriste révolutionnaire
Si la configuration Le Pen – Macron se confirme le 22 avril prochain, un événement historique majeur se sera produit en France. La gauche et la droite de gouvernement auront été éliminées. Le centre sera opposé à l’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle. Car Macron a réussi le tour de force de se présenter comme un révolutionnaire bon chic bon genre (son livre s’intitule Révolution), mais un révolutionnaire qui ne fait peur à personne tout en donnant de l’espoir à certains. Un centriste révolutionnaire ! Mais un centriste quand même, qui emprunte à la social-démocratie et au libéralisme. Cela s’appelle désormais le social-libéralisme : petite innovation linguistique mais centrisme politique classique.

Les primaires ont accentué le clivage droite-gauche
Les primaires, présentées comme un progrès de la démocratie, pourraient ainsi aboutir à marginaliser les deux partis dominants qui alternaient au pouvoir depuis 1958 : LR (avec une multitude de dénominations historiques) et le Parti socialiste. Le centre, mâtiné d’un peu de libéralisme, n’était parvenu au pouvoir qu’avec Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1981.

Autre effet des primaires : l’accentuation du clivage droite-gauche. En désignant François Fillon, les électeurs de droite ont choisi un programme conservateur culturellement et relativement libéral économiquement. Par rapport aux choix antérieurs des instances dirigeantes du parti (Pompidou, Chirac, Sarkozy), un glissement à droite s’est produit. Un glissement à gauche peut également être constaté avec l’élection de Benoît Hamon à la primaire socialiste, l’ancien frondeur socialiste et ministre démissionnaire prônant un social-écologisme plutôt coupé des réalités.

Le rejet des candidats issus de primaires
En plaçant en tête des sondages Marine Le Pen et Emmanuel Macron, le corps électoral global s’oppose au corps électoral restreint des primaires. Il rejette le résultat des primaires puisque les deux candidats ayant sa préférence n’en sont pas issus. Marine Le Pen est considérée par les militants du Front national comme la candidate naturelle et Emmanuel Macron, fort de soutiens politiques et financiers, s’est auto-désigné avec un aplomb qui force l’admiration. Dans ces conditions, les primaires apparaissent actuellement comme un échec politique. Leur réussite organisationnelle n’y change rien. Si le corps électoral présidentiel traite par le mépris les candidats issus des primaires, il faudra bien tôt ou tard, renoncer à singer les pratiques politiques américaines, au demeurant inadaptées aux institutions françaises.

Les magistrats désignent-ils  désormais le Président de la République ?
L’immixtion du pouvoir judiciaire dans le processus électoral constitue un autre élément majeur de la dérive actuelle. Le juridisme obstiné et l’étroitesse d’esprit de quelques magistrats conduisent à la situation qui vient d’être décrite. François Fillon serait probablement placé en seconde position si des pratiques très courantes dans le milieu politique n’avaient été habilement exploitées au moment opportun pour chercher à le discréditer. Il n’est pas nécessaire de recourir à la théorie du complot pour énoncer une telle affirmation. Les éléments objectifs sont là. Tout est une question de perception dans cette affaire ultra-médiatisée. La présomption d’innocence est constamment violée. Un seul exemple, mineur mais significatif. L’expression « emplois fictifs présumés » est employée par de nombreux présentateurs de télévision ou journalistes de presse écrite. Il n’y a juridiquement aucune présomption de fictivité ; tout reste à prouver par ceux qui accusent. L’expression est utilisée à dessein par des journalistes de gauche.

La manipulation de l’image politico-financière supplante le droit et même la raison. Le patrimoine de François Fillon représente beaucoup pour le smicard, sans aucun doute. Mais il reste vraiment très modeste par rapport à celui des dirigeants de grandes entreprises. Celui qui a été ministre à plusieurs reprises, Premier ministre de la France pendant cinq ans, ne s’est pas beaucoup enrichi, c’est le moins qu’on puisse dire. La République ne remercie pas ses serviteurs par ses largesses. Elle est même très pingre, puisque le salaire net d’un parlementaire est d’un peu plus de 5 000 € par mois. Ceux qui dirigent l’État et élaborent nos lois se situent financièrement à des années-lumière de ceux qui dirigent la vente des yaourts ou des smartphones, les vrais riches.

Le peuple l’ignore peut-être, mais pas les magistrats spécialisés dans le domaine financier. Avant tout acte de procédure, ils devraient mettre un point d’honneur à prendre de la hauteur et à porter sur le sujet un regard large, synthétique, à la fois politique, économique, institutionnel, historique même. Au lieu de cela, ils se comportent en petits juristes pointilleux traitant quelques peccadilles financières qui restent d’ailleurs à prouver. Ce faisant, la magistrature se déconsidère puisqu’elle confisque le suffrage universel. Le résultat de l’élection présidentielle pourrait être celui que quelques juges ont souhaité et non celui que le peuple désirait.

Le vainqueur de la présidentielle pourra-t-il gouverner ?
Si Fillon l’emporte, la réponse est positive puisqu’il disposera d’une majorité parlementaire LR et centriste. Si Macron devient Président, il devra désigner des candidats aux législatives sous l’étiquette En Marche. Il y aura des ralliements socialistes et centristes, mais cela ne suffira pas pour obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Une coalition de plusieurs partis gouvernera le pays avec le risque d’éclater à tout moment. L’expérience des frondeurs socialistes montrent abondamment que ce parti, dont le soutien sera nécessaire, n’est pas prêt au social-libéralisme de Macron.

La dérive de la magistrature rend de moins en moins improbable l’hypothèse d’une Marine Le Pen Présidente de la République. Un certain nombre d’électeurs de Fillon se reporteront sur elle au second tour pour manifester leur mécontentement. Si les sondages actuels donnent Macron largement vainqueur au second tour, la situation pourrait évoluer du fait d’événements imprévus, par exemple des attentats terroristes. L’élection de Marine Le Pen conduirait à un gouvernement de coalition, mais il est impossible de préciser avec qui. Le risque majeur réside dans l’impossibilité de constituer un gouvernement disposant d’une majorité parlementaire. Le pays serait alors ingouvernable.

Source contrepoints.org
Par Patrick Aulnas.


rivagedeboheme.fr
Diplômé d’études supérieures de droit public, ancien professeur agrégé d’économie-gestion, Patrick Aulnas est aujourd'hui blogueur et essayiste.


vendredi 3 mars 2017

Dessins de presse


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jeudi 2 mars 2017

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mercredi 1 mars 2017

mardi 28 février 2017

Billets-Macron trahison…


Macron trahison…

Emmanuel Macron, traître au socialisme ? Curieusement, deux personnages historiques dénommés Macron se sont fait connaître en changeant de camp par opportunisme. Ce qui leur a d'ailleurs coûté la vie.
Depuis qu’il a (mal) parlé du temps de travail, du statut des fonctionnaires et du libéralisme "valeur de gauche", Emmanuel Macron est en butte aux critiques de la gauche de la gauche. Certains le qualifient même de "traître".
Macron trahison ? Pas très riche sur le plan poétique, la rime le serait davantage sur le plan historique.

Comme l’a signalé Xavier Mauduit sur Arte la semaine dernière, l’histoire connaît, surtout grâce à Tacite, un Macron romain. Un serviteur fidèle de Tibère... sauf à la fin. Commandant de la garde prétorienne, il lui incombait entre autres d’interroger les accusés, dont il tirait toujours des aveux conformes aux instructions de l’empereur.

Mais en 37 apr. J.-C., à 76 ans, Tibère est gravement malade. Macron, prévoyant, se met au service de son successeur. Tibère n’avait pas bonne réputation ? Celle dudit successeur est pire : il s’agit de Caligula. Et pour plus de sécurité, Macron décide de hâter l’échéance. Voici la scène imaginée par l’écrivain français Jules de Strada (1) :

Macron
O maître,
Bientôt je vous dirai : César, Tibère est mort.
[…]
Moi, comme pour l'aider, comme aux bains un baigneur,
J'avance, l'air bénin, disant tout haut : Seigneur !
Sans bruit et souriant d'un sourire de fête,
Je soulève le drap au-dessus de sa tête,
Je saisis à deux mains le cou. --
   (Il fait le geste de l'étrangler.)
    Sans lésion ! –
Il fit encore des pieds une contorsion ! –
Je remis avec soin sur lui la couverture.

Caligula
Est-ce fait ? Dis-tu vrai ? ... C'est déjà fait ? Torture ! –

Macron
Bientôt, César.

Caligula
Hélas – Serre bien jusqu'au bout. Bon Macron.

Deux siècles avant ce Macron-là, il y avait eu Ptolémée Macron, un énergique gouverneur de l’empire séleucide. Il doit sa notoriété à la Bible : c’est l’un des protagonistes du Deuxième livre des Macchabées. Antiochos IV – l’un des modèles de l’Antéchrist – l’avait chargé de mettre au pas la Judée. Mais, alors, un coup de théâtre se produisit : "Ptolémée Macron, d'ennemi qu'il avoit été jusques-là des Juifs, étoit tout d'un coup devenu leur ami" (2).

Étrange coïncidence, ces retournements de veste ont tous deux abouti au suicide de leur auteur. Un suicide très probablement assisté avec insistance dans les deux cas. Ptolémée Macron "prit du poison et en mourut : fin qu'avoit bien méritée sa trahison et la part qu'il avoit eue à l'injuste & cruelle persécution des Juifs", écrit Charles Rollin en guise d’épitaphe (3).
Comparaison n’est pas raison, bien entendu. Mais on peut se demander si le ministre de l’Économie serrera jusqu’au bout le cou du socialisme comme le Macron romain, ou s’il s’éprendra soudain de ceux qu’il combattait comme le Macron séleucide.

(1) Jules de Strada, La Mort des dieux, Paris, Hachette, 1866.
(2) Humphrey Prideaux, dans son "Histoire des Juifs et des peuples voisins" (Amsterdam, Henri du Sauzet, 1722).
(3) Charles Rollin, "OEuvres complètes, T. V", nouvelle édition, Paris, Ledoux et Tenré, 1817.


Source lesechos.fr

dimanche 26 février 2017

Billets-Quand Fillon donnait des leçons de vertu


Quand Fillon donnait des leçons de vertu
François Fillon s’est toujours présenté en modèle de vertu. Retour sur ces précédentes déclarations, qui prennent une saveur particulière à l'aune du PenelopeGate.
Les opposants de François Fillon, comme les victimes de ses rappels à l'ordre – et à la morale –, peuvent s'amuser à retourner aujourd'hui contre lui ses leçons de probité d'hier. Revue de détail.
2016 : "Le général de Gaulle mis en examen?"
"Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen?" Depuis Sablé, fin août, François Fillon, alors troisième homme de la primaire, ose une formule choc pour relancer sa campagne.
2014 : "30 ans" loin des affaires
"En trente ans, mon nom n'a jamais été associé à une affaire ou un comportement contraire à l'éthique", déclarait-il au JDD le 9 novembre, en réponse aux accusations dont il était l'objet dans l'affaire Jouyet.
Automne 2013 : la "démocratie exemplaire"
Il se lance dans la campagne pour la primaire en prônant une "démocratie exemplaire". "Ce sentiment que les hommes politiques sont impunis quand ils commettent une erreur, c'est un très grand handicap pour rétablir l'autorité de l'État", assure-t-il le 5 octobre sur LCP.
Printemps 2013 : "La politique, cela ne sert pas à se servir"
Lorsqu'éclate le scandale Cahuzac et que le ministre du Budget est mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, Fillon dénonce, le 2 avril, "la faillite morale" d'une gauche "prompte à critiquer mais qui se conduit souvent d'une manière très différente de ses principes et de ses valeurs". "La politique, cela ne sert pas à se servir, mais à améliorer le quotidien des gens", commente-t-il encore le 10 juillet 2014, lors d'un meeting à Cannes, en référence à cette affaire.
2012 : la transparence face à Copé
Il fait de la transparence un argument de campagne contre Jean-François Copé dans la bataille pour la présidence de l'UMP. "ll y a une injustice sociale entre ceux qui travaillent dur pour peu et ceux qui ne travaillent pas et reçoivent de l'argent public", harangue-t-il lors d'une réunion publique à Poitiers le 20 septembre.
2007 : remontrances à Christian Estrosi et Christian Blanc
À peine nommé à Matignon, il est le premier à édicter, en mai 2007, des règles concernant les cadeaux faits aux ministres ou la transparence financière de la vie publique. En 2008, il oblige Christian Estrosi, alors secrétaire d'État chargé de l'Outre-Mer, à présenter des excuses après que Le Canard a révélé la location d'un jet privé pour 138.000 euros aux frais de l'État. En 2010, c'est au tour de Christian Blanc, détenteur du portefeuille du Grand Paris, d'être recadré par Fillon pour avoir acheté 12.000 euros de cigares. Le chef du gouvernement lui demande de rembourser, avant de le "démissionner".
1999 : virulent contre l'emploi fictif de Xavière Tiberi
Tandis qu'il brigue la présidence du RPR, il est l'un des plus virulents au sujet de l'affaire de l'emploi fictif de Xavière Tiberi, qui défraie alors la chronique : "Il y a au RPR des milliers de militants et d'élus qui respectent la loi. Ceux qui ne l'ont pas respectée doivent être exclus du parti. C'est la règle que je ferai respecter", insiste-t-il sur le plateau de France 2 le 20 octobre. 

Source lejdd.fr/Politique

Photo François et Penelope Fillon à Matignon en mai 2007. (Sipa)

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samedi 25 février 2017

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Divers Questions-Qu'est-ce que la résistance civile?


Qu'est-ce que la résistance civile?


La résistance civile est un type d'action politique s'appuyant sur l'emploi de méthodes non-violentes. Le terme est à un large degré synonyme d'autres comme « action non-violente », « résistance non-violente » et « pouvoir populaire » (people power). Il recouvre un éventail d'activités appelant à une mobilisation large et soutenue dans le but d'interpeller un pouvoir, une force, une politique ou un régime particuliers, d'où le terme « résistance ». Le qualificatif « civil » réfère dans ce contexte à ce qui touche les citoyens ou la société, signifiant par là que les objectifs d'un mouvement sont « civils » en ce qu'ils sont largement partagés au sein de la société. « Civil » dénote en outre que l'action en question est de nature non militaire ou non-violente.

La résistance civile, dont on trouve de nombreux précurseurs historiques, a été utilisée dans de nombreuses luttes des temps modernes; par exemple, contre le colonialisme, les occupations étrangères, les coups d'État, les régimes dictatoriaux, les malversations électorales, la corruption, la discrimination raciale, religieuse ou sexuelle. On y a recours non seulement contre le pouvoir tyrannique, mais également contre des gouvernements élus démocratiquement, en rapport avec des enjeux comme le maintien de l'ordre constitutionnel, la préservation de l'autonomie régionale au sein d'un pays, la défense des droits des minorités, la protection de l'environnement et l'opposition à certaines guerres et interventions militaires.


La résistance civile fait intervenir plusieurs mécanismes de changement. Elle ne se limite pas à plaider auprès de l'adversaire. Elle peut exercer des pressions et faire usage de coercition, notamment par la hausse des coûts associés au maintien par l'adversaire d'une politique contestée, par l'affaiblissement de sa capacité même d'appliquer cette politique, voire par l'assèchement total de ses sources de légitimité et de pouvoir, que ce soit au plan intérieur ou international. Un objectif de bien des campagnes de résistance civile sera de susciter des dissensions et les défections au sein du régime de l'adversaire et de ses bases d’appui. On trouve une grande variété de formes d'actions possibles, dont manifestations, pétitions, grèves, opérations escargot et boycotts; sit-in, occupations et mise sur pied d'institutions gouvernementales parallèles. Les campagnes de résistance civile exigent une stratégie, c'est-à-dire l’effort de projection et de direction des mouvements et des éléments de la campagne.


On ne suppose aucunement que le pouvoir de l'adversaire visé par la résistance civile évitera lui-même le recours à la violence. La résistance civile a de fait été utilisée dans bien des cas où l'adversaire était disposé à faire usage de violence. On ne suppose pas non plus l'absence de toute forme d'entente ou de coopération entre des forces de résistance civile et certains gouvernements ou entités capables de force violente. Les raisons qui poussent un mouvement à éviter la violence sont souvent liées au contexte plutôt qu'à un principe éthique absolu : elles sont parfois issues des traditions politiques de la société, de son expérience de la guerre et de la violence, de considérations légales, d'un désir de mettre en évidence la violence de l'adversaire dans un contexte dénué de provocation, ou encore d'un calcul que la résistance civile sera mieux en mesure que les moyens violents de réussir dans une situation particulière.


Le terme « résistance civile » a fréquemment été utilisé en lien avec certains types de campagnes non-violentes. Gandhi l'a utilisé à plusieurs occasions. Pourquoi utiliser le terme résistance civile, plutôt que l'un de ses nombreux quasi-synonymes?


La résistance civile est un type du phénomène global plus large de « l'action non-violente ». Plusieurs voient « l'action non-violente » comme le concept plus général qui englobe une gamme célèbre d'activités de toutes sortes. Au nombre des autres quasi-synonymes de la résistance civile mentionnons la « résistance passive », la « résistance citoyenne », la « désobéissance civile » et le « satyagraha ». Chacun de ces termes renvoie à ses propres usages et connotations. Toutefois, « résistance civile » est le terme général le plus approprié à des luttes qui sont « civiles » au sens où elles revêtent une qualité civique, liée aux intérêts et aux aspirations de la société dans son ensemble. Dans certains cas, l'action menée ne consiste pas d'abord en une forme de désobéissance, mais en une forme de soutien aux normes de la société contre un usurpateur, tandis que le principe général d'éviter le recours à la violence n'est pas doctrinaire.


La définition de tous ces termes laisse plusieurs questions sans réponses. Le problème le plus évident est que certaines campagnes en apparence non-violentes peuvent ne pas être perçues comme telles une fois le contexte pris en compte. En Irlande du Nord en mai 1974, la majorité protestante a organisé une impressionnante grève générale de quatorze jours, tandis que le but poursuivi et l'impact de cette action non-violente furent de causer la chute d'un pouvoir exécutif partagé visant à pacifier les troubles qui secouaient la province. Pour d'autres exemples de grèves en soi non-violentes, mais qui comportent des risques de conséquences violentes, on peut penser à une grève du personnel hospitalier qui priverait les patients des services essentiels, ou à un débrayage sans préavis des contrôleurs aériens qui mettrait en péril les avions toujours en vol. De telles possibilités évoquent ce principe qu’une définition de termes abstraits, si utile pour saisir l'essentiel de concepts précis, comporte toujours des problèmes en périphérie.