dimanche 10 août 2014

Billets-Des universités vraiment autonomes


Des universités vraiment autonomes 

  • De quoi s’agit-il au juste ?
Cécile Philippe : Il s’agit de donner vraiment à tous les établissements universitaires la possibilité de fixer eux-mêmes leur mode d’organisation. S’ils peuvent aujourd’hui gérer leur patrimoine, déterminer les formations qu’ils proposent et contrôlent en partie les modalités de recrutement de leurs enseignants, ils devraient aussi pouvoir sélectionner leurs étudiants et adapter leurs tarifs. Pour employer un terme juridique, l’idée est de leur donner la compétence de leur compétence.

  • Mais n’était-ce pas le but de la réforme des universités sous Nicolas Sarkozy que de redonner de l’autonomie aux universités ?
Cécile Philippe : Oui, c’était le but, mais il n’y a pas eu de réelle évolution sur la possibilité de sélectionner les étudiants et de moduler les droits d’inscription. Dans ces conditions, les universités n’ont toujours pas les moyens de leur autonomie et restent tributaires d’un financement exclusivement public, ce qui renforce leur penchant naturel au corporatisme et à l’immobilisme.

  • Le but est de rendre les universités plus efficaces ?
Cécile Philippe : Plus de 20 milliards sont dépensés chaque année pour les universités mais les résultats ne sont pas au rendez-vous : plus d’un étudiant sur deux quitte la première année de licence sur un échec. 90 000 étudiants désertent ainsi chaque année l’université avec « Bac + rien ». À ce gâchis s’ajoute celui du redoublement à la fac – 200 000 étudiants par an – chiffré à 1 milliard d’euros.

  • Alors que faut-il faire ?
Cécile Philippe : Il faut accepter de resserrer les liens entre les institutions et leurs clients et consacrer ainsi une réelle indépendance. Pour cela, il faut être capable d’affronter deux tabous en France et réintroduire deux idées, à savoir un lien financier direct entre l’établissement et les étudiants et la concurrence entre les établissements.

  • Réintroduire ? Mais cela a-t-il jamais existé en France ?
Cécile Philippe : Vous ne croyez pas si bien dire. Notre modèle républicain n’a pas su s’émanciper du modèle Napoléonien si bien qu’il y a une parfaite continuité entre le verrouillage de l’université impériale et celle de l’université républicaine. L’une comme l’autre sont construites autour d’un modèle centralisé qui ne laisse que très peu de place à la diversité.
De tels liens existaient pourtant déjà au Moyen-Âge, où les étudiants bénéficiaient d’une scolarité gratuite mais assumaient des « droits d’examens » élevés. Il faut les réintroduire car c’est le seul moyen de mettre les institutions d’enseignement au service de leurs clients.

  • Et la concurrence, comment la créer dans un système aussi centralisé justement ?
Cécile Philippe : Une possibilité concrète serait – comme dans le modèle anglais – de créer des établissements autonomes, maîtres de leur gestion, de leurs investissements, de leurs effectifs, financés sur fonds publics avec cependant la possibilité de quitter le régime général du service public sur demande des parents ou des enseignements. L’enjeu est de modifier radicalement les incitations des gestionnaires des universités pour en faire des managers, soucieux à la fois de leur gestion et de leurs étudiants.



Source Institut économique Molinari 

Infos santé-La perte de poids peut jouer sur l'humeur


La perte de poids peut jouer sur l'humeur

Perdre du poids ne rend pas particulièrement heureux. C'est ce que conclut une étude qui s'est intéressée aux effets du régime sur l'humeur.

Qui a dit qu'il fallait maigrir pour être heureux ? Pas le centre de cancérologie du Royaume-Uni en tout cas. Il vient de publier une étude dans la revue PLOS one qui révèle justement que le fait de perdre du poids pourrait être un facteur de dépression.

  • Un moral en berne
Réalisée sur un peu de moins de 2 000 Britanniques obèses ou en surpoids, l’étude a révélé que les personnes qui ont perdu 5 % de leur masse corporelle sur une période de quatre ans ont amélioré leur condition physique. Mais elles sont aussi plus sujettes à une dépression que les personnes dont la perte de poids n’a pas dépassé les 5 % au cours de cette même période. Ces résultats démontrent clairement que, si les conséquences d’une perte de poids peuvent être bénéfiques pour la santé physique, elles peuvent en revanche être néfastes pour le moral.

  • Publicité mensongère
« Nous ne voulons pas décourager les gens dans leur volonté de perdre du poids. Les effets bénéfiques sur la santé sont réels. Mais ces personnes ne doivent pas s’attendre à voir tous les aspects de leur vie changer pour autant », limite le Dr Sarah Jackson, auteur principal de l’étude. Elle dénonce une société où la publicité mensongère sur les régimes alimentaires est omniprésente. « Les gens devraient être réalistes au sujet de la perte de poids, et prêts à relever des défis », ajoute-t-elle. Le médecin insiste sur l’importance d’être soutenu par ses proches lorsqu’on entreprend un régime alimentaire « qui affecte bien souvent le moral. »

  • Mieux vaut un mode de vie sain qu’un régime draconien
Adopter un mode de vie sain est le meilleur des remèdes, aussi bien pour le physique que pour le mental. En effet, la pratique d’une activité physique permet de rester en forme et de libérer des endorphines, les hormones dites « du bonheur. » Une alimentation équilibrée permettra d’être en meilleure forme physique, et de prévenir certaines maladies, notamment cardiovasculaires. Mais surtout, cette solution empêcherait d’avoir des attentes irréalistes liées aux « régimes miracles » qu'évoque le Dr Jackson. D'autant qu'ils sont souvent incompatibles avec une bonne santé.

Cependant, l’auteur précise que cette enquête ne porte que sur une période de quatre ans et qu’il serait intéressant de mener une étude sur une plus longue période « afin de voir comment se porte le mental de ces personnes une fois qu’elles se sont habituées à leur nouveau poids. » Car dans ce cas, ce serait bien l'effort du régime qui nuirait au moral, et non la perte de poids en elle-même.


Source pourquoidocteur.fr


samedi 9 août 2014

Billets-Irak : Hollande s’en va en guerre


Irak : Hollande s’en va en guerre

Bouboule est en passe de réussir l’exploit de faire comme Tonton Mitterrand : s’offrir une vraie guerre au Proche-Orient. La France s’était félicitée et auto-congratulée dans le fameux discours de Villepin aux Nations-Unies en 2003 en disant niet à la participation de la France à la guerre en Irak, Chirac en avait tiré une certaine aura internationale.

Gâteux, facétieux et prévoyant, il avait dit voter pour Hollande en 2012. Ben voilà : on va réussir à intervenir dans la guerre que tous les politiques français ont critiquée depuis 10 ans, stigmatisant le vilain Bush. Enfin, pas trop d’affolement : Poupounet qui n’y connaît rien (non plus) en flingots ne pourra pas faire grand chose avec cette armée qu’il a encore diminuée budgétairement et qu’on arrive même pas à ravitailler correctement en opérations.

Le pire, c’est la quasi unanimité des médias subventionnés pour intervenir contre les vilains islamistes qui entrent comme dans du beurre dans les armées kurdes et irakiennes qui croulent sous les milliards de dollars gaspillés par l’oncle Sam pour en faire des combattants. Et si les intéressés se battaient eux-mêmes pour une fois ?
Dix ans plus tard, Cochonnet veut jouer à Bush ; ça le démange, il voulait y aller en Syrie, Obama ne voulait pas. Il veut y aller en Irak, parce qu’Obama l’envisage maintenant. Le même qui avait basé ses campagnes électorales sur le retour des Boys à la maison. Hollande Ier est allé au Mali (maximum de nos moyens techniques), en RCA après avoir promis les non-interventions et la fin de la Françafrique.

Des Rafales dans les ciels au Proche-Orient, que des emmerdes à venir.

Source contrepoints.org

vendredi 8 août 2014

Recettes Marocaines-Gâteaux aux dattes


Gâteaux aux dattes

Préparation : 30 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 8 personnes 
100 g de beurre
150 g de dattes
100 g de cerneaux de noix
100 g de sucre
2 œufs
150 g de farine
1 cuillerée à café de levure chimique
1 cuillerée à soupe d’eau de fleur d’oranger
½ cuillerée à café de cannelle en poudre
1. Préchauffez le four à 170 °C (th. 5-6). Beurrez un moule à manqué de 24 cm de diamètre. Couvrez le fond de papier sulfurisé et beurrez-le.
2. Dénoyautez les dattes et hachez-les grossièrement. Passez les noix au robot pour obtenir une poudre grossière.
3. Faites fondre le reste du beurre. Fouettez les œufs et le sucre, incorporez-y la farine et la levure, mélangez, puis ajoutez le beurre fondu, les dattes hachées, les noix en poudre, l’eau de fleur d’oranger et la cannelle.
4. Versez cette pâte dans le moule, mettez au four et laissez cuire 25 minutes. Laissez refroidir sur une grille avant de démouler.
5. Vous pouvez couper ce gâteau en losanges


mercredi 6 août 2014

Billets-Entretien avec Frédéric Sautet


Entretien avec Frédéric Sautet

« Il faut “dé-scléroser” la France et restaurer les incitations à la création de richesse »

  • Frédéric Sautet, vous enseignez aux États-Unis depuis de nombreuses années maintenant. Quelles sont, selon vous, les différences culturelles qui peuvent exister entre la France et les États-Unis dans leur appréhension de l’économie ? Comment les expliquer ?

Frédéric Sautet : Les études montrent qu’il existe des différences en effet. Que ce soit parmi les populations ou en ce qui concerne les économistes (voir par exemple les études publiées dans Econ Journal Watch). Historiquement, les Américains font davantage confiance à la société civile et au marché que les français. Les raisons sont multiples et remontent à la Guerre d’Indépendance et au rejet de la monarchie de George III perçue comme tyrannique par les colons américains. Depuis lors le rôle de l’État a toujours été volontairement limité aux États-Unis, surtout par les institutions (ex. le Bill of Rights). Le modèle américain repose sur l’idée de la liberté naturelle : l’économie fonctionne correctement car elle est libre et ainsi, elle bénéficie au plus grand nombre. L’histoire française est différente. Le rôle de l’État est traditionnellement plus important, au moins depuis Colbert. C’est une différence culturelle indéniable.

Mais ces dernières décennies ont été les témoins d’une évolution importante aux États-Unis : le rôle de l’État a changé et sa taille a augmenté, surtout au niveau fédéral. C’est un phénomène graduel bien sûr, mais on en voit maintenant certains aboutissants. Aujourd’hui le débat est entre la poursuite d’un modèle plus européen (avec Obamacare par exemple) qui amène son cortège de problèmes (surtout déficit et dette publics) et un retour vers le modèle « rêve américain » qui repose sur le principe de méritocratie (ce que revendique le Tea Party). C’est le futur de l’État-providence qui est en question, car ce sont les dépenses sociales qui ont le plus augmenté depuis les années 1980. Ces transferts sont en grande partie liés à l’évolution démographique (qui est similaire des deux côtés de l’Atlantique) mais aussi aux conditions de l’économie (qui sont traditionnellement différentes des deux côtés de l’Atlantique). Au bout du compte, on est peut-être en train de voir un changement culturel profond aux E-U avec une redéfinition du rêve américain qui pourrait s’européaniser. Les prochaines élections présidentielles seront clés dans les deux pays.

  • Comment jugez-vous l’état de l’économie française aujourd’hui ? Que faudrait-il faire pour la rendre plus efficace ?

Frédéric Sautet : La situation de l’économie française est catastrophique. Beaucoup de statistiques le prouvent. Mais prenons un exemple qui est rarement discuté dans les média. La France est classée quarantième et soixante-dixième, respectivement, dans les deux indices qui mesurent la liberté économique (« Economic Freedom of the World » et « Index of Economic Freedom »). En outre, son classement se détériore régulièrement quelque soit la mesure utilisée, ce qui est important en terme de tendance. Tout d’abord cela veut dire que l’économie française ne repose pas sur un modèle d’une économie capitaliste peu réglementée et flexible (contrairement aux affirmations de ceux qui voient l’« ultra-libéralisme » comme la source de tous les maux français). Bien au contraire ! Ensuite cela veut aussi dire que l’évolution du revenu par tête est plus faible que ce qu’elle pourrait être si la France était dans le top 10 ou 15 car les pays les plus libres sont aussi les plus riches par habitant. Le coût d’opportunité en terme de revenus non gagnés va devenir de plus en plus lourd pour les Français. Le modèle français est en train d’appauvrir le pays, relativement et absolument, dans le long terme. Et ces effets se font déjà sentir.

Les E-U se sont longtemps distingués de l’Europe par leur marché du travail plus flexible permettant une plus grande création d’emplois — une différence de taux de chômage de plus de deux points en moyenne (et plus si l’on prend en compte le chômage réel en France). Mais depuis quelques années, les E-U aussi ont chuté dans les classements et sont sortis du top 10. Les effets sont encore peu visibles, mais la tendance est là ce qui n’est pas de bon augure sur le long terme.

Les pays à émuler aujourd’hui, et depuis maintenant une quinzaine d’années, sont l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande (en plus de Singapour et Hong-Kong qui sont moins facilement imitables). Ces trois pays sont maintenant constamment dans le top 10, et la santé de leurs économies respectives le montre. Tous les pays du top 10 ont adopté comme objectifs un marché du travail flexible, des dépenses publiques limitées et équilibrées, et des prélèvements fiscaux raisonnables. Ce sont les clés d’une économie prospère sur le long terme. Les pays qui ont poursuivi tant bien que mal ces politiques d’année en année ont engrangé des dividendes énormes (ex. : la Nouvelle-Zélande a un taux de chômage de 6%, en hausse depuis la crise de 2009…).

Réduire les dépenses publiques et revenir à un marché du travail flexible avec un niveau de prélèvements raisonnable est un casse-tête pour l’élite politique française actuelle qui ne veut pas regarder en face la question de la chute de la maison France. Les Français vivent dans un mensonge collectif : celui d’un modèle économique et social hors pair et fonctionnel. Il faut « dé-scléroser » la France de toute urgence en réduisant les entraves aux gains à l’échange et en restaurant les incitations à la création de richesse. L’État doit renoncer aux fausses promesses (en termes de retraites, de prestations sociales, de transferts, etc.) faites dans l’après-guerre ainsi que dans les trente dernières années, et rétablir une société qui repose sur la libre entreprise, un marché du travail flexible, une pression fiscale raisonnable (avec des taux marginaux faibles), et des dépenses publiques limitées et en équilibre. Un tel programme de réformes prendrait moins de cinq ans à mettre en place, et ses résultats changeraient la dynamique économique du pays. Cela impliquerait de faire confiance aux individus pour qu’ils bâtissent pour eux-mêmes et leur famille une existence prospère et libre.

  • Le Président Hollande a nommé Manuel Valls premier ministre, qui est connu pour appartenir à l’aile réformiste du Parti socialiste français. A votre avis, la France peut-elle avoir un gouvernement libéral ?

Frédéric Sautet : Si la France a un jour un gouvernement plus libéral, ce sera parce qu’une nouvelle élite aura le courage de faire les réformes pour sauver l’économie. Pour l’instant je ne vois pas qui serait en position de faire cela, mais j’espère avoir tort. On peut avoir des surprises parfois. Personne n’avait vu venir Roger Douglas (NZ), Paul Martin (Canada), ou John Howard (Australie). Pourtant ils ont été présents et ils ont fait des pas de géant dans la bonne direction.

  • Au regard de votre expérience, quel est l’avenir du conservatisme aux États-Unis ? Et en France ?

Frédéric Sautet : C’est une question intéressante car le conservatisme est à un tournant important dans son histoire. Aux E-U comme en France, il y a un ras-le-bol de la politique. La droite classique américaine est remise en cause par beaucoup d’électeurs qui veulent des politiciens plus courageux et moins de langue de bois. Certains conservateurs s’en sont rendu compte. Rand Paul, Marco Rubio, Susana Martinez, Scott Walker, Bobby Jindal, ou encore Paul Ryan sont des membres du parti Républicain qui se rapprochent des libertariens. Ils apportent des réponses différentes des conservateurs traditionnels en ce qui concerne la politique d’immigration ou le rôle des E-U dans les conflits internationaux, pour ne citer que deux domaines. Il est fort possible que l’on assiste dans les années à venir à une redéfinition complète du conservatisme aux E-U avec un recentrage sur les valeurs classiques du mouvement (qui sont plus libérales) et un renoncement partiel au conservatisme social et religieux qui a montré ses limites.

Le conservatisme en France fait face à des problèmes similaires. Il est devenu difficile de distinguer les politiques de droite et de gauche tant elles sont semblables. La droite française a le choix entre continuer de nourrir l’étatisme ou s’engager dans les réformes nécessaires pour redresser le pays. Dans tous les cas, un virage vers le libéralisme surprendra tout le monde. En Nouvelle-Zélande, c’est la gauche qui l’a pris en 1984. La droite l’a suivie en 1990. Alors pour la France, qui sait d’où il pourrait venir…

Source trop-libre.fr

lundi 28 juillet 2014

Billets-Le projet de Google pour « euthanasier la mort »


Le projet de Google pour « euthanasier la mort »

Le célèbre moteur de recherche Google s'intéresse de très près aux questions de santé et de génétique. Son dernier projet en date: étudier des milliers génomes pour prévenir des maladies.

Google fait dans le mysticime. Après les lentilles intelligentes destinées à rendre la vie plus facile aux presbytes et aux diabétiques, le géant d'internet veut maintenant s'attaquer à l'immortalité. Le nouveau projet de la firme, dévoilé ce jeudi 24 juillet, s'intéresse au génome d’une centaine de personnes en parfaite santé. L'idée : récolter des données pour détecter si l'on est à risque de développer certaines maladies, avant l’apparition des premiers symptômes. A la tête de ce projet, baptisé Baseline, le biologiste Andrew Conrad. Il travaille depuis un an et demi dans les locaux de la société de biotechnologie Calico fondée en septembre 2013 par Google. Il y étudie les gènes de 175 patients qui ont accepté de se prêter à l’expérience. 

  • L'Eglise Google 
Pour le Dr Laurent Alexandre, chirurgien urologue et président de DNA Vision, une société d'analyse génétique, le projet de Google flirte avec le mystique. Dans l'émission d'Europe 1 Pourquoi Docteur, il explique d'ailleurs que « Google agit plus comme une Eglise que comme un business, poursuivant des objectifs quasi religieux. Ses dirigeants veulent créer une intelligence artificielle et euthanasier la mort. On est bien loin d’objectifs managériaux. » 

L’objectif du projet Baseline est avant tout de trouver des « biomarqueurs » de bonne santé, de la même manière que les scientifiques établissent des « biomarqueurs » pour les maladies. A long terme, ces éléments permettraient de prévenir certaines maladies ainsi que de trouver de nouveaux traitements. La technique n’a rien de révolutionnaire, comme l'a confié le Dr Conrad au Wall Street Journal :« Nous nous posons juste la question différemment : pour prévenir un problème, nous voulons d’abord savoir à quoi ressemble un élément réparé, qui fonctionne bien. » A terme, ce projet pourrait permettre de gagner 20 ans d'espérance de vie. 


  • Vivre très longtemps
Mais comme le rappelle Laurent Alexandre, « nous ne sommes pas que le fruit de nos chromosomes, l’environnement joue aussi un rôle. » En d'autre termes, l'approche choisie par Google ne pourra pas répondre à tout, puisqu'elle ne prend pas totalement en compte les facteurs environnementaux.
Il n'en reste pas moins que sa place est de plus en plus importante dans le domaine de la génétique, de l'intelligence artificielle et des biotechnologies. Il s'agit de la seule firme de la Sillicon Valley qui se préocuppe de ces questions de maladies. Et grâce aux avancées permises par un tel projet, les enfants qui naissent aujourd'hui vont sans doute voir leur espérance de vie se rallonger considérablement. 

  • Google tout puissant
Mais pour Laurent Alexandre, les Etats devront agir rapidement pour encadrer les dérives dans « la lutte de Google contre la mort », car de nombreux problèmes éthiques peuvent être soulevés par ce projet. Les affaires de séquençage génétique posent notammennt la question de savoir si les gens sont prêts à savoir à quelles maladies ils sont prédestinés. Lui ne fait jamais de séquençage d'ADN pour des particuliers, mais exige qu’il y ait un intermédiaire médical, pour aider les patients à digérer des informations parfois difficiles à entendre.

Mais si Google arrivait au bout de son projet, modélisait un génome humain parfaitement sain, et permettait à chacun d'entre nous de découvrir nos prédispositions médicales, il est clair que la machine ne pourra jamais remplacer les explications et l'humanité d'un médecin. 


Source pourquoidocteur.fr

Recettes Marocaines-Chorba aux légumes


Chorba aux légumes

Préparation : 25 mn
Cuisson : 40 mn
Pour 6 personnes
2 gros oignons
4 blancs de poireau
2 pommes de terre
4 carottes
2 navets
4 tomates
2 branches de céleri
50 g de beurre
2 litres de bouillon de bœuf
1 cuillerée à café de curcuma
50 g de vermicelle
4 branches de persil
4 branches de coriandre
Sel
Poivre noir
1. Pelez les oignons et hachez-les. Nettoyez les poireaux, fendez-les en deux, détaillez-les en rondelles et lavez-les. Épluchez les pommes de terre, les carottes et les navets et coupez-les en dés. Plongez les tomates 10 secondes dans de l’eau bouillante, rafraîchissez-les aussitôt, pelez-les et concassez-les au couteau. Détaillez les branches de céleri en fines lamelles.
2. Faites fondre le beurre dans un faitout et, quand il est bien mousseux, faites-y revenir les oignons et les poireaux sans les laisser dorer. Ajoutez les pommes de terre, puis arrosez avec le bouillon et portez à ébullition.
3. Ajoutez alors les carottes, les navets, les tomates et le céleri dans le faitout. Salez légèrement, car le bouillon est déjà salé, poivrez largement. Ajoutez le curcuma, mélangez, couvrez. Dès la reprise de l’ébullition, comptez 20 minutes.
4. Versez le vermicelle en pluie dans la soupe et laissez cuire pendant encore 5 minutes.
5. Rincez, épongez soigneusement le persil et la coriandre, hachez-en les feuilles. Versez la soupe en soupière, parsemez de persil et de coriandre hachés et servez sans attendre.

jeudi 24 juillet 2014

Billets-La France, en route vers la censure d'Internet


La France, en route vers la censure d'Internet

Le pays des Lumières, havre des libertés, met en place petit à petit un système de blocage administratif des sites web, sans intervention de la justice.

C'est le genre d'article qu'on espérait ne jamais devoir écrire... Les députés ont voté mardi soir en commission des Lois le blocage administratif de sites faisant l'apologie du terrorisme, et ce, sans intervention de la justice. L'Assemblée devra se prononcer en plénière mi-septembre sur l'ensemble du projet de loi de lutte contre le terrorisme. Si le but est évidemment louable, la mesure est largement critiquée, dans la droite ligne des blocages prévus pour lutter contre la pédopornographie.

Quelques heures avant le vote, une commission spécialisée avait durement contesté le projet du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Dans sa recommandation, cette commission de réflexion sur le droit et les libertés à l'âge du numérique, créée en février pour éclairer les parlementaires sur ces questions, rappelle que "le préalable d'une décision judiciaire apparaît comme un principe essentiel, de nature à respecter l'ensemble des intérêts en présence, lorsque est envisagé le blocage de l'accès à des contenus illicites sur des réseaux numériques".

Coprésidée par le député socialiste Christian Paul et l'avocate Christiane Féral-Schuhl, la commission explique notamment que le blocage des sites est très difficile à mettre en oeuvre. Mais le projet est bien parti pour être validé en septembre, d'autant qu'il est très cher au Premier ministre Manuel Valls, qui avait déjà fait un pas dans cette direction lorsqu'il était Place Beauvau. Aujourd'hui, comme pour tous les projets de loi concernant les libertés sur Internet (Hadopi, Loppsi 2, Loi de programmation militaire, etc.), quelques députés de tous bords qui ont compris le fonctionnement d'Internet semblent s'opposer, en vain, à l'éternel fantasme de contrôle d'Internet, que l'on retrouve autant à droite qu'à gauche.


  • Contournable en un clic
Comme c'est le cas dans les pays pratiquant déjà la censure d'Internet, la commission craint un contournement facile du blocage. Et c'est une crainte plus que fondée ! L'utilisation par les internautes de réseaux privés virtuels (VPN), par exemple, leur permet - en quelque sorte - de se connecter de façon chiffrée via le réseau d'un autre pays et donc d'échapper aux blocages décidés par un État ou par un autre. Ces services, qui coûtent quelques euros par mois et rapportent gros à leurs créateurs, sont souvent étrangers, et parfois fournis par des réseaux mafieux. Leur utilisation a explosé en France depuis la mise en place du gendarme du piratage, la Hadopi.

Les outils destinés aux cyberdissidents, comme l'excellent Tor, permettent aussi d'échapper à la censure, gratuitement et en un clic. L'utilisation de Tor explose dans les grandes démocraties, de plus en plus adeptes de la cybercensure. Résultat : il est encore plus difficile de repérer les activités illégales. Lors d'un précédent projet de censure des sites terroristes en 2013 (celui de Manuel Valls), le juge antiterroriste Marc Trévidic avait expliqué que c'est justement grâce aux imprudences des terroristes sur Internet que la police peut les repérer et les arrêter…

  • Des mesures "disproportionnées" et "inefficaces"
La commission craint par ailleurs les blocages de contenus par erreur, c'est-à-dire l'inscription sur la liste noire de sites n'ayant rien à voir avec le terrorisme ou la pédopornographie, comme cela a été prouvé, par exemple en Australie. Le "retrait du contenu auprès des hébergeurs doit être privilégié sur le blocage lorsque ces derniers sont coopératifs", estime la commission. Plusieurs autres voix se sont élevées contre le projet de loi socialiste. Reporters sans frontières (RSF), qui n'a pas pour habitude de critiquer la France, n'y va pas de main morte. Selon son communiqué, le texte "pourrait engendrer un recul de la liberté d'information puisqu'il (...) prévoit le blocage administratif de sites internet et augmente les mesures de surveillance".

"C'est un test majeur pour la défense des droits et libertés contre l'instauration de mesures très graves de police préventive de l'intention, contournant le judiciaire au nom de la lutte contre le terrorisme", dénonce pour sa part le collectif citoyen La Quadrature du Net. "L'ensemble de ce projet de loi instaure un état d'exception permanent d'Internet, contournant largement le juge pour s'orienter vers des solutions policières et administratives, non contradictoires, disproportionnées et pour la plupart inefficaces", poursuit l'association. "L'adoption de ce projet de loi par une majorité qui avait autrefois combattu ces dispositions inspirées du programme de Nicolas Sarkozy illustre l'acceptation générale par la classe politique d'un abandon du pouvoir judiciaire au profit de la police et de la généralisation des mesures d'exception. Citoyens et organisations de la société civile doivent se mobiliser pour lutter contre la banalisation des atteintes aux libertés fondamentales !" explique Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.


  • Des concessions inutiles
Tenant compte en partie des critiques, le rapporteur du texte, Sébastien Pietrasanta (PS), a fait adopter un amendement prévoyant que "la demande de blocage d'un site devra obligatoirement être précédée par une demande adressée à l'éditeur du site ou, à défaut, à son hébergeur de retirer le contenu illicite". "Ce n'est qu'en l'absence de retrait dans un délai de vingt-quatre heures que l'autorité administrative pourra faire procéder au blocage du site par les FAI", précise-t-il.
Via un autre amendement, Sébastien Pietrasanta a aussi promis de confier à une personnalité qualifiée, désignée par la Cnil, "la mission de vérifier que les contenus dont l'autorité administrative demande le retrait ou que les sites dont elle ordonne le blocage sont bien contraires aux dispositions du Code pénal sanctionnant la provocation au terrorisme, l'apologie du terrorisme ou la diffusion d'images pédopornographiques". Cette personnalité pourrait, si l'autorité administrative ne suit pas sa recommandation, saisir la juridiction administrative.

  • L'État, bientôt promoteur des sites terroristes
Mais ce contrôle des sites bloqués impliquerait la publication de la liste noire, ou du moins sa circulation dans des cercles qui, s'ils sont restreints, ne resteront pas muets. L'État offrira alors une publicité inespérée aux sites qu'il souhaite bloquer, car à l'ère des WikiLeaks et autres Edward Snowden, la diffusion de la liste ne sera qu'une question de temps. C'est ce qu'on appelle sur Internet l'effet Streisand : quand on veut à tout prix étouffer quelque chose, on finit par le promouvoir. Dans ce cas, l'État aura gentiment constitué les marque-pages du parfait petit terroriste.

Espérons que les députés retrouveront la raison d'ici l'examen en hémicycle mi-septembre, et qu'ils verront enfin Internet comme un espace sur lequel il faut appliquer les lois existantes, non en créer d'autres plus strictes...


Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, met en œuvre le projet de censure d'Internet du Premier ministre Manuel Valls. © LCHAM/SIPA


Source lepoint.fr

lundi 21 juillet 2014

Billets-La quatrième saison de la série Homeland


La quatrième saison de la série Homeland

La quatrième saison de la série américaine, qui sera diffusée à la rentrée, se déroulera autour des activités de la CIA au Pakistan. Une nouvelle qui intrigue les journalistes pakistanais.

La série américaine Homeland, consacrée aux aventure de Brody, un soldat américain fait prisonnier en Afghanistan et de retour aux Etats-Unis, et de Carrie Mathison, agent de la CIA, revient sur les écrans pour une quatrième saison, diffusée à partir du 5 octobre prochain. Et cette fois, l'action se déroulera au Pakistan, explique le quotidien pakistanais Dawn.

Le journal, basé à Karachi, annonce que "les fans pakistanais vont être gâtés, puisque le personnage central de Carrie Mathison sera en mission au Pakistan. La série n'est peut-être pas tournée au Pakistan, mais la façon dont le pays sera dépeint sera intéressante à observer." Sur Twitter, cette information a été accueillie avec un certain amusement par les journalistes pakistanais. La journaliste radio Mahvesh Murad, par exemple, ironise : "Oh, maintenant Cape Town [en Afrique du Sud, où le tournage a eu lieu], c'est le Pakistan, pour Homeland !". Petite ironie du sort, la série Homeland n'est même pas diffusée sur les chaînes de télévision pakistanaises...

L'affiche de la saison 4. Source : IMDb.
Source Courrier International


dimanche 20 juillet 2014

Billets-Fallait-il interdire les manifestations pro Palestiniennes ?


Fallait-il interdire les manifestations pro Palestiniennes ?

L’ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Paris le 19 juillet 2014 confirme la décision du préfet de police de Paris interdisant de manifester en soutien des victimes civiles palestiniennes de l’intervention israélienne à Gaza. Plusieurs groupements, parmi lesquels le Nouveau parti anticapitaliste, le parti des Indigènes de la République et l’Union française juive pour la paix avaient en effet saisi le juge d’une demande de référé-liberté (art. 521-2 cja). Ils demandaient la suspension de cette décision considérée comme une atteinte à une liberté fondamentale, la liberté de manifester.

  • Une liberté fondamentale
Le juge ne peut pas refuser de considérer la liberté de manifester comme une liberté fondamentale, au sens de l’article 521-1 cja. Pour le Conseil constitutionnel, la liberté de manifester se rattache au « droit d’expression collective des idées et des opinions » (décision du 18 janvier 1995). Pour la Cour européenne, elle est plutôt liée à la « liberté de réunion pacifique » garantie par l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme. La liberté de manifester est donc rattachée, tantôt à la liberté d’expression, tantôt à la liberté de réunion, deux libertés aussi « fondamentales » l’une que l’autre.

Le régime juridique des manifestations relève du décret-loi du 23 octobre 1935. Il prévoit une déclaration auprès du préfet de police par les organisateurs entre trois et quinze jours avant la date prévue. Elle doit mentionner l’objet, le lieu et l’itinéraire de la manifestation. Ce régime de déclaration préalable a pour objet de permettre l’exercice de la liberté de manifester et de garantir qu’elle s’exercera dans le respect de l’ordre public. En effet, les informations données au préfet de police permettent l’ouverture d’une négociation très concrète sur la date, et le lieu du rassemblement, l’itinéraire du cortège etc. Nul n’a oublié par exemple que des divergences avaient opposé les responsables de la Manif pour tous au préfet de police de Paris. Les premiers voulaient manifester aux Champs-Élysées, le second estimait qu’il était impossible de maintenir l’ordre public sur cette avenue très commerçante et remplie de touristes. À l’époque, la négociation avait permis de maintenir la manifestation, en interdisant seulement l’accès aux Champs-Élysées.

En l’espèce, les groupements requérants affirment qu’aucune négociation n’a été engagée. Le préfet de police ne le nie d’ailleurs pas, reconnaissant qu’il « s’est résolu à interdire » la manifestation, après qu’un premier rassemblement, le 13 juillet, ait suscité des violences, notamment autour de lieux de cultes. C’était il y a cinq jours, et la préfecture affirmait alors que ces heurts étaient dus à de petits groupes de jeunes gens « facilement contenus ». Autrement dit, il avait alors été parfaitement possible de rétablir l’ordre public.


  • Une nouvelle atteinte à la jurisprudence Benjamin
La question posée au juge est donc celle de la proportionnalité de la mesure d’interdiction. L’ordonnance se réfère expressément à la célèbre jurisprudence Benjamin de 1933, celle-là même qui était en cause dans l’affaire Dieudonné. Rappelons qu’elle prévoit un contrôle maximum sur les mesures administratives portant atteinte à une liberté publique. L’interdiction générale et absolue d’exercer une liberté ne peut être prononcée que s’il n’existe aucun autre moyen de garantir l’ordre public.

Est-ce le cas en l’espèce ? C’est ce qu’affirme le juge, se référant au « climat actuel de vive tension entre les partisans des deux causes ». Il reprend purement et simplement l’argument du préfet de police estimant que le précédent des incidents suffit à justifier l’interdiction générale et absolue. La situation est donc identique à celle qui existait dans la décision Dieudonné : l’interdiction est justifiée par l’existence de troubles hypothétiques.

Si le juge avait réellement appliqué la jurisprudence Benjamin, il aurait dû s’interroger sur l’adéquation entre les moyens et les résultats, et poser la question suivante : la préfecture de police parvient-elle à prouver qu’elle n’a pas d’autres moyens d’assurer l’ordre public que d’interdire une manifestation ? N’est-elle pas en mesure de lutter contre ces « petits groupes de jeunes gens facilement contenus » auxquels elle faisait allusion au soir du 13 juillet ?

  • Du contrôle maximum au contrôle minimum
À dire vrai, le juge refuse de poser la question. Après l’affaire Dieudonné, c’est donc la seconde remise en cause de la jurisprudence Benjamin. On passe insensiblement du contrôle maximum au contrôle minimum. Dans ce type de contrôle qui n’existe plus guère que dans le cadre de décisions relevant du pouvoir discrétionnaire le plus absolu, le juge s’assure seulement que la décision administrative n’est pas manifestement disproportionnée par rapport aux buts poursuivis. En l’espèce, le juge des référés se borne à énoncer que « le préfet de police n’a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de manifester. L’emploi de l’adverbe « manifestement » sonne comme un acte manqué. Nous sommes dans un contrôle qui se proclame maximum et qui se révèle minimum.

Le juge s’interdit de pénétrer profondément les motifs de la décision administrative, laissant finalement au préfet de police toute latitude pour interdire l’exercice des libertés. Dans ces conditions, peut-on être certain qu’il s’agit effectivement de protéger l’ordre public ? À moins qu’il ne s’agisse de protéger un certain ordre moral ?

Quoi qu’il en soit, si l’on considère que toute l’histoire du contrôle des actes de l’administration est d’abord l’histoire de l’approfondissement du contrôle des motifs, on mesure la régression que représente ce retour à un contrôle minimum.

  • Le juge administratif, ou le pompier pyromane
Reste à s’interroger sur les conséquences de la décision. Dans les villes où les manifestations ont été autorisées, elles se sont passées dans le calme, comme à Lille, à Bordeaux ou à Marseille. En revanche, la décision du tribunal administratif a finalement conduit à des violences entre manifestants bravant l’interdiction et forces de police ayant mission de la faire respecter. On se souvient que, tout récemment, dans son intervention du 14 juillet 2014, le Président de la République a affirmé sa volonté de ne pas importer le conflit israélien-palestinien sur notre territoire. Un vrai succès.

samedi 19 juillet 2014

Infos santé-Médicaments... inégalités hommes femmes


Médicaments... inégalités hommes femmes

Les inégalités se retrouvent aussi dans le domaine de la santé, affirme Science et Vie. Les effets indésirables des médicaments et vaccins concernent deux fois plus les femmes que les hommes.

Hommes et femmes, inégaux jusque dans les pharmacies. Dans son édition d’août, le magazine Science et Vie lance l’alerte : le sexe féminin est deux fois plus concerné par les effets secondaires des médicaments. C'est ce que conclut un article consulté en exclusivité par Le Parisien.

  • Vaccins, médicaments font plus d’effet
« Médicaments : ils soignent mieux les hommes que les femmes », titre Science et Vie. Un constat alarmant mais bien réel. A molécule identique, les effets varient du tout au tout, nous apprend cet article, exemple à la clé. Huit heures après avoir pris du Zolpidem (Stilnox), les femmes sont trois fois plus nombreuses à somnoler. Il est assimilé plus lentement car les enzymes du foie, chargées de métaboliser les médicaments, ne travaillent pas de la même manière selon le sexe. Même observation côté vaccins : une dose « normale » induit plus d’effets secondaires chez la femme. Son système immunitaire étant plus réactif, une demi-dose lui suffirait, expliquent les journalistes de Science et Vie. Une étude menée sur 25 000 Allemandes confirme cela : le sexe féminin est deux fois plus sujet aux effets secondaires indésirables.

  • Des études menées sur des rats mâles
La raison de ces écarts est très simple. Les discriminations émergent dès la conception des médicaments : les tests sur un modèle animal sont menés sur des mâles. Interrogée par Le Parisien, la généticienne Claudine Junien l’explique de manière tout à fait rationnelle : il s’agit d’ « éviter que les hormones ne perturbent les résultats. » Mais administrées à des femmes, les molécules ont nécessairement des effets différents puisque les hormones entrent cette fois en compte. Lors des essais cliniques, le problème se reproduit : les femmes sont statistiquement sous-représentées. Seules les molécules destinées à traiter des problèmes uniquement féminins (ovaires, grossesse, ménopause).

  • L’aspirine agit sur des facteurs différents
Les disparités sont encore plus criantes lorsqu’on observe les effets de l’aspirine. On conseille aux personnes à risque d’AVC ou d’infarctus d’en prendre un comprimé par jour en prévention secondaire. Chez les hommes, le risque de crise cardiaque est réduit de 32 %. En revanche, chez les femmes, c’est le risque d’AVC qui chute.

Il faudrait donc traiter les femmes différemment des hommes sur le plan de la santé, puisque leur métabolisme agit différemment sur les molécules administrées. Une évidence aux yeux des biologistes… mais pas forcément des médecins. Au quotidien, ils n’en tiennent pas assez compte. Et les autorités ne font rien pour changer cela. Seul l’Institut National de Santé américain (NIH) impose clairement l’égalité : si les résultats ne sont pas analysés selon le sexe, les chercheurs peuvent dire adieu à leurs subventions.


Source pourquoidocteur.fr

Billets-M6 le malaise explose


M6 le malaise explose

Les audiences et les rentrées publicitaires ne sont pas les seules à faire la gueule chez M6. Depuis deux ans, le climat social n'a cessé de se dégrader. Dangereusement.

Elles sont passées inaperçues dans les médias. Mais pas au siège de M6, où elles ont sonné comme une énième alerte : la semaine dernière, la chaîne apprenait trois nouvelles démissions. Trois « nouvelles », car le malaise, latent depuis deux ans, se fait plus pressant ces dernières semaines. Arrêts maladie, burn-out, départs en cascade... dans les couloirs de Neuilly-sur-Seine, les indicateurs psycho-sociaux – comme on dit – virent au rouge. Le médecin du travail, en moins d’un an de présence, a signé deux inaptitudes « pour danger immédiat » pour deux salariés en situation de souffrance aigüe. Elle succède elle-même à un médecin démissionnaire – essorée par la situation. Une enquête de l’inspection du travail, une autre de la sécurité sociale, une encore du parquet. Des procédures aux prud’hommes et une en pénal... Comment la chaîne en est-elle arrivée là ?

M6, comme tous les médias, souffre de la multiplication des concurrents, de la crise de la publicité. Et ses programmes phares – la téléréalité et la télé-coaching – sont à bout de souffle. Logiquement, la chaîne a resserré les boulons – départs non remplacés, rythmes de tournage intensifiés, équipes réduites, objectifs des commerciaux renforcés... Dans nombre de services, des personnes occupent deux, voire trois postes. Du classique, hélas, en ces temps de crise.  « Le modèle de M6 est mis en question, nous explique t-on dans l'entourage du PDG Nicolas de Tavernost. Comme partout, il faut s'adapter : mais chez nous, il n'y a pas de plan social, simplement, parfois, une optimisation ».

Une optimisation, donc. Sauf que chez M6, on a toujours travaillé à flux tendu. Pas de gras. Nicolas de Tavernost est connu pour avoir « des oursins dans les poches », comme le répètent en boucle ses salariés. Du coup, dans beaucoup des trente-quatre entités du groupe (qui comptait mille huit cent soixante et un salariés au 31 décembre 2013), les équipes sont à l’os. Depuis deux ans, la situation se tend. Depuis quelques mois, elle craque. Ceux qui peuvent se sauver partent ailleurs. Nombre de ceux qui restent vacillent. « Combien sont venus me dire “J’ai tout donné, je n’en peux plus, faites moi sortir” », témoigne une déléguée du personnel.

“C'est vrai, la tension est plus forte cette année”
Prenons le cas des trois derniers démissionnaires : Jean Bernard Schmidt, directeur de rédaction, salarié de M6 depuis huit ans, une rédactrice en chef adjointe de Capital, et une reporter. Tous travaillaient à C prod, la filiale « magazine » de M6. En 2012, Nicolas de Tavernost a voulu restructurer les magazines – Zone interdite, 100 % mag, 66 minutes, Enquête exclusive, Capital – pour en faire une rédaction unique. Les journalistes éco se retrouvent alors à travailler sur des sujets société, des spécialistes du long format sur du court, etc. Résultat : « On ne sait plus pourquoi on travaille », expliquent plusieurs journalistes, qui témoignent tous d'une « perte des repères et de l’intérêt du travail », déplorent un « éditorial de plus en plus cheap », et pointent la gestion « brutale » d’une direction qui répète élégamment que  les « journalistes devraient arrêter de se branler la nouille ». Autant de constats « totalement récusés » par le patron de C Prod, Vincent Régnier, qui ne voit dans ces départs « que le renouvellement normal de fin de saison » et dans cette tension « la fatigue de fin d'année... même si c'est vrai, la tension est plus forte cette année, vu le contexte ». 

« Une enquête interne de juillet 2013, menée par l'institut Great place to work a montré un taux de satisfaction de 63 % des salariés, taux en hausse par rapport à l'année précédente, insiste t-on encore chez M6. Une enquête faite en plein été, quand la plupart des journalistes sont en vacances, et où les salariés devaient répondre en ligne, de leur ordinateur : « Vu le climat, on a été pas mal à répondre “bien”, parce qu'on se méfiait sur la réalité de l'anonymat de nos réponses », témoignent plusieurs de nos interlocuteurs. M6 rappelle aussi que, le 20 mars 2014, le groupe recevait « le trophée Randstard Award de l'employeur du secteur des médias le plus attractif auprès du grand public ». Effectivement, on se souvient que le prix avait alors sucité des ricanements en interne, sur le contraste entre l'image extérieure de M6, et la réalité interne, provoquant quelques désenchantements chez les nouveaux embauchés.

Car la tension est bien là, pour ce que nous avons pu en voir, et assez généralisée dans le groupe : à la rédaction des journaux télévisés, dans la filiale cinéma SND – où selon des sources internes, une dizaine de salariés sur cinquante seraient « en souffrance » – au doublage, à la régie publicitaire, au web, ou encore dans les bureaux en région : sous la houlette, déjà, de Vincent Régnier – certains ont été fermés, non sans douleur. Pour ceux qui restent, la pression est forte. D'aucuns y résistent, d'autres s'écroulent. On y a débusqué là aussi, des cas de burn-out. Et ce mail, envoyé fin 2012 par une journaliste en arrêt de travail à ses collègues. Intitulé « Les raisons de mon craquage » , il raconte de façon extrêmement détaillée, sur deux pages, le déroulement de ses trois dernières journées de travail interminables, exténuantes et pour tout dire absurdes, régies par des ordres et contre-ordres de la rédaction de Paris. Le mail se termine par cette phrase : « J'ai craqué aujourd'hui mais je reste motivée et passionnée par mon travail, je voudrais juste tirer la sonnette d'alarme. J'ai vu mes ex collègues (A) et (B) en burn out. Je me suis accrochée, mais aujourd'hui, j'ai l'impression de déployer des trésors d'énergie en vain ». 

“On attendait plus d’implication de ta part”
Une prise de parole rare. A M6, les salariés ont longtemps été aussi fidèles que silencieux. Aujourd’hui, la peur semble avoir supplanté la loyauté. Cette « peur », mot constamment entendu dans nos entretiens, qui suinte à tous les étages, et se transmet généreusement du top manager au salarié de base. Même chez les élus du personnel, pourtant protégés par leurs statut. On n’a pas compté, parmi notre vingtaine d’interlocuteurs, les rendez-vous annulés puis reconfirmés, les coups de téléphones repentis et angoissés, après une rencontre : « Si on me reconnaît, je suis mort ». Peur, face au « cynisme » de la direction, autre expression qui revient en boucle : « Le DRH est un ancien directeur technique, c’est dire l’importance que la direction donne à cette fonction, résume un élu. Toute dépense sociale est de trop. Quand il y a un problème avec un salarié, M6 préfère le voir partir, provisionne pour les procès, ça ne coûte pas si cher ». Des salariés avouant être au bout du rouleau se sont entendu répondre « On attendait plus d’implication de ta part ».

« Les situations de souffrance sont niées, quand elles ne sont pas étouffées », confirme un syndicaliste. Quand une journaliste de Zone interdite au parcours personnel chaotique se suicide chez elle, en 2011, la direction n'offre pas d'aide psychologique à ses collègues, en état de choc, notamment celle qui a découvert le corps. Et refuse que soit insérée une phrase d’hommage à la jeune femme décédée dans le générique de l’émission. « Ils avaient trop peur que ça se sache à l’extérieur », commente une journaliste de l’équipe, encore traumatisée par l’épisode, trois ans après. Il y a aussi le cas de cette reporter, enquêtrice chevronnée de Zone interdite, qui a eu l’impudence de refuser la bascule de son contrat de M6 à C prod : « On lui a proposé des solutions, elle a tout refusé, et puis son cas est exrême » plaide Vincent Régnier. Reste que d’humiliations en placardisation, la journaliste a fini couchée par terre dans le bureau d’une déléguée du personnel. Broyée. Deux mois et demi en clinique de repos. Et une plainte au pénal avec son avocat Jérémie Assous. Arrêtée depuis un an et demi, son burn out vient d’être classé en « maladie professionnelle » par la sécurité sociale. « Un cas de “maladie professionnelle”, dans une entreprise qui produit des programmes de télévisions : c’est une première ! » commente un élu.

Au sein de M6, les contre-poids à la direction semblent faibles. La nouvelle médecin du travail, décrite par un de nos interlocuteurs comme « férocement résistante », tente manifestement de jouer son rôle, courageusement, malgré les pressions dont elle fait l’objet. M6 essaie apparemment de l’écarter. La Direction des ressources humaines a envoyé il y a un mois une lettre se plaignant d'elle à la société qui l'emploie. Laquelle a demandé en retour des excuses à la DRH. Si elle est soutenue par son employeur, le médecin paraît en revanche assez isolée à  M6 – en dehors des salariés exténués et apeurés qui défilent dans son bureau. Les syndicats, comme la CFDT, qui ont sonné moult fois l’alerte, pèsent peu. Les « vieux » élus se disent épuisés. Les nouvelles instances du personnel, DP (délégués du personnel)/CE (comité d'entreprise), renouvelées en mars dernier, ne se distinguent pas franchement par leur agressivité. Il y a quelques jours, le CHSCT a d'ailleurs décidé d'étudier le renouvellement de la société prestataire du médecin du travail. Ce changement tant voulu par la direction. Le CHSCT a néanmoins dû ouvrir une enquête sur le cas de la reporter classée en « maladie professionnelle ». Aura t-il les épaules pour la mener au bout ? La direction des ressources humaines commence, semble t-il, à mesurer les dégâts de cette politique, mais – coincée par un Nicolas de Tavernost inflexible, et une direction financière toute puissante – elle courbe pour l’instant le dos. Jusqu’à quand ? Aux prochaines démissions ? Au prochain burn out ? A M6, le système semble arrivé au bout de sa logique. 


Illustration: Coloranz avec The Noun Project d'après M6