samedi 8 décembre 2018
vendredi 7 décembre 2018
mercredi 5 décembre 2018
Billets-L’horreur fiscale
L’horreur fiscale
Pourquoi l’horreur fiscale ? Parce que la
véritable rafle fiscale à laquelle les Français sont soumis depuis deux-trois
ans – 84 impôts nouveaux, générant 60 milliards d’euros de recettes
supplémentaires – ne sert à rien, ni à boucher les trous publics, ni à
stopper la dette publique, encore moins à la réduire. Les Français ont donc
raison d’être en colère et ils sont de plus en plus nombreux à voter avec leurs
pieds.
Les auteurs rappellent
qu’en vertu de l’article 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du
citoyen de 1789 « les citoyens ont le
droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de
la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et
d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».
En fait le
consentement à l’impôt a toujours été tacite en France. A-t-on jamais
directement demandé aux citoyens leur avis sur le sujet ? Peuvent-ils seulement
compter sur leurs représentants pour se faire entendre et les défendre, puisque
ce n’est pas leur intérêt ? « Le pacte
social doit être solide pour que les citoyens acceptent de payer l’impôt »
remarquent les auteurs, sans préciser qui, parmi les dits citoyens, a jamais
signé ce pacte…
Quoi qu’il en soit, ne
serait-ce que depuis 1789 jusqu’à nos jours, l’Histoire montre que « la créativité fiscale est depuis fort
longtemps une spécialité française » et qu’une fois un impôt
adopté, il souffre de nombreuses exceptions, ce qui le rend opaque… Il existe
ainsi aujourd’hui 460 dispositions fiscales « dérogatoires »,
les fameuses « niches »…
Cette créativité
exceptionnelle française se traduit dans les chiffres. La France est numéro 1
pour les prélèvements obligatoires : 45% du PIB en 2012 et 46,3% probables en
2013…
Cette créativité est
débordante et furtive. Quatre exemples récents le prouvent :
- la cotisation employeur des complémentaires de santé a été rajoutée subrepticement au salaire imposable de l’employé, au moment même où avoir une complémentaire santé est devenu obligatoire,
- l’exonération d’impôt sur le revenu des majorations de retraite ou de pension pour charges de famille a été supprimée en douce,
- le plafond du quotient familial a été une nouvelle fois abaissé (à ce train-là, il n’en restera bientôt plus rien),
- les taux de TVA ont été augmentés…
La TVA et la CSG,
toutes deux inventions françaises, sont les deux impôts furtifs qui rapportent
le plus : « Silence on tond ! »,
disent les auteurs. Car leurs augmentations sont discrètes et efficaces. (La
CSG est tellement discrète que tout en étant un impôt, elle ne figure pas dans
les recettes de l’État, et pour cause : elle est versée à l’URSSAF, l’organisme
de recouvrement de la sécurité sociale…)
Si les citoyens sont
accablés d’impôts, les entreprises ne sont pas de reste avec les 153 taxes qui
les frappent et les tuent… L’impôt de solidarité sur la fortune, ISF, et les
droits de transmission, sont un autre moyen fiscal de tuer les entreprises familiales,
pas toujours lentement, mais en tout cas sûrement, en s’en prenant à leurs
dirigeants, à leurs actionnaires et à leurs héritiers…
Les auteurs révèlent
que, pas de chance pour les Français, François Hollande est le roi des gabelous
: « Cet ancien professeur d’économie est
un fanatique des questions fiscales depuis qu’il est tout petit ou
presque. » Et comme il n’aime pas les riches, il a, par exemple,
fait surtaxer l’ISF. Comme, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, cet
impôt n’était plus plafonné, le résultat a été à la hauteur des espérances de
les ruiner nourries par le Président français : « En
2012, 8.000 foyers fiscaux ont payé plus de 100% de leurs revenus en impôts,
9.910 ont été imposés à plus de 85%, et 11.960 à plus de 75%… »
Cette créativité, qui
est celle, entre autres, des 6.000 fonctionnaires de Bercy, cette bâtisse de
verre qui abrite sept ministères, se traduit par une production de lois et de
textes qui n’a pas d’équivalent ailleurs : « Le
Code général des impôts compte plus de 4.000 articles. Connaître la règle
applicable à un cas particulier suppose en outre de se référer aux 40.000 pages
de circulaires et instructions fiscales diverses. »
Cette prolifération de
réglementations est évidemment pain béni pour les 5.000 vérificateurs qui
multiplient, comme à plaisir (sadique ?), les contrôles fiscaux dans les
entreprises de l’hexagone. Et cette hyperactivité vérificatrice rapporte gros :
« En 2012, les contrôles fiscaux ont
rapporté à l’État 18 milliards d’impôts, soit 21% de plus qu’en 2011! » Les
chefs d’entreprise se plaignent de cette croissance folle des contrôles
fiscaux, comme ils se plaignent à juste titre de l’incertitude de
l’environnement fiscal, qui les empêche de programmer investissements et
projets de développement à moyen et à long terme.
L’administration
centrale n’est pas la seule à dépenser sans compter. Les collectivités locales
itou. Certes l’État leur a transféré certaines des dépenses sociales qui lui
incombaient jusque-là, tel que le financement du RSA, l’aide sociale à
l’enfance ou l’aide aux personnes handicapées sans en transférer toutes les
ressources correspondantes. Mais les dites collectivités locales n’ont pas
cherché pour autant à diminuer leurs dépenses de personnel, au contraire : « Le mille-feuille [territorial] se porte bien.
Il est même crémeux à souhait : les « produits fiscaux locaux » ont
ainsi augmenté de 170% entre 1982 et 2012 (en euros constants), alors que la
population n’augmentait que de 20%. Sur les seules dix dernières années la
hausse a été de 40%, alors que le PIB ne progressait que de 10,6%. » L’endettement
dudit mille-feuille s’en est suivi : « L’alerte
endettement a déjà viré au rouge vif, puisqu’il s’élève à 154 milliards
d’euros, soit 10% de la dette publique globale.« …
Cette horreur fiscale
généralisée provoque non seulement la colère de ceux qui restent ou leur
renoncement à se battre, mais elle justifie pleinement la décision de ceux
qui partent et qui ont quelques biens à sauver du désastre : « Chaque durcissement de la fiscalité française
sur le patrimoine a entraîné sa vague d’exilés. » La chasse aux
« mauvais Français » – ceux
qui partent – a été ouverte, mais, l’arsenal répressif renforcé contre eux
(notamment l’exit tax), n’a pas dissuadé
tous les plus fortunés d’entre eux de fuir l’enfer fiscal qu’est devenue la
France pour les cieux plus cléments de la Belgique et de la Suisse.
Londres, avec ses
300.000 résidents français, est « devenue
la sixième ville française » et porte bien son surnom de
Paris-sur-Tamise et, parmi ces résidents français, il y a nombre de petits
patrons : « Un climat délétère pour les
affaires, une fiscalité jugée confiscatoire, des lourdeurs administratives, le
sentiment d’être les mal-aimés du gouvernement Hollande ont poussé les
« Pigeons » à traverser la Manche. » Le Portugal est la
destination tendance des retraités : ils y sont exonérés d’impôt sur le revenu
s’ils n’ont pas été résidents pendant les cinq années précédant leur arrivée…
Inévitablement le
travail au noir et la fraude sont souvent la contrepartie de cet « assommoir fiscal »…
Sylvie Hattemer et
Irène Inchauspé semblent attachées à une certaine forme d’État-providence.
Comme ce qui a été fait en matière fiscale en France n’a pas réussi à empêcher
déficit et dette d’être des puits sans fond, elles ont étudié comment des pays
s’en sont sortis. Tous les pays qui s’en sont sortis, ou qui sont en bonne voie
de l’être, ont joué sur les leviers d’augmentation des recettes et de
diminution des dépenses, dans des proportions diverses. Mais, quel que soit le
pays, les dépenses ont diminué davantage que les recettes n’ont
augmenté. À cet égard l’exemple de la révolution suédoise est éloquent.
Il y a quelque vingt
ans, la situation de la Suède était aussi catastrophique que celle de la France
aujourd’hui. En cinq ans la Suède a recréé les conditions d’une spirale
vertueuse :
- augmentation légère des impôts sur les ménages et diminution de l’impôt sur les sociétés,
- réorganisation de l’administration en 13 ministères et 300 agences, où ont été transférées de nombreuses missions de l’État avec obligations de résultat et d’équilibre budgétaire,
- privatisations d’un grand nombre de fonctions,
- réduction de moitié du nombre des fonctionnaires,
- réduction à deux échelons, communes et régions, du mille-feuille administratif,
- privatisation de l’hôtellerie des hôpitaux,
- introduction d’une dose de capitalisation dans le système de retraite,
- déréglementation de tous les transports en commun.
À la fin de leur
livre, les auteurs exposent quelles conditions, selon elles, sont requises pour
parvenir à recréer en France une telle spirale vertueuse et elles proposent une
mesure exceptionnelle pour l’amorcer, avec pour objectif de ne pas détruire le
système français de prestations sociales. Mais est-ce bien raisonnable de
vouloir le conserver, au lieu de chercher du côté de voies alternatives et
libérales ?
mardi 4 décembre 2018
Recettes de Saison Hiver-Christmas pudding
Christmas pudding
Préparation : 30 mn
Cuisson : 7 heures
Repos : 3 mois et +
Pour 4 puddings dont 3 à offrir
1 kg de raisins secs
175 g d’amandes concassées
175 g d’écorce d’agrumes
175 g de cerises confites
2 oranges non traitées (pour les zestes)
2 citrons non traités (pour les zestes)
500 g de farine
250 g de chapelure
250 g de beurre
100 g de sucre
1 cuillerée à café de sel
1 cuillerée à café de noix de muscade râpée
1 cuillerée à café de 4 épices
1 cuillerée à café de cannelle
1 verre de cognac
5 œufs
2 cuillerées à soupe d’extrait de café ou de
caramel
4 bols à pudding de taille moyenne
1. Découpez 4 feuilles de papier sulfurisé au diamètre
des bols.
2. Coupez en petits dés les écorces d’agrumes et les
cerises confites. Puis mélangez-les avec tous les ingrédients secs dans un
grand saladier.
3. Battez les œufs dans un autre saladier et ajoutez-y
ensuite le cognac et l’extrait de café (ou le caramel pour donner de la couleur
à votre pudding). Versez le tout dans le premier bol et remuez vigoureusement.
4. Après les avoir beurrés, remplissez les quatre bols
à pudding aux trois-quarts avec le mélange, placez les disques de papier
sulfurisés. Couvrez le tout d’un torchon propre bien serré par une ficelle.
5. Placez les bols à feu doux au bain-marie pendant 7
heures. Laissez reposer une journée.
6. Le lendemain, retirez le torchon mais laissez le
disque de papier sulfurisé qui doit rester collé au pudding. Recouvrez à
nouveau le bol d’un torchon propre.
7. Mettez vos puddings au repos pendant trois mois.
8. Le jour de Noël, recuisez le pudding pendant 3
heures.
9. Démoulez chaud, servez avec du Brandy Butter.
10. Décorez 3 belles boîtes pour les puddings que vous
allez offrir.
Recette du Brandy Butter
Pour obtenir cette crème, mélangez d’abord dans
un bol 100 g de beurre doux avec 100 g de sucre place et 1 zeste de citron
râpé. Versez petit à petit 6 cl de cognac.
Toujours meilleure préparée à l’avance, cette
recette vous permet de réaliser quatre puddings. Que vous offrirez à vos
proches ! Pensez à cacher une pièce dans chaque pudding : si l’on en
croit la tradition, celui qui la trouve aura bonne fortune pour l’année à
venir.
Recettes de Saison Hiver-Mendiants au chocolat noir
Mendiants au chocolat noir
Préparation : 10 mn
Cuisson : 5 mn
Réfrigération : 2 heures
Pour 20 mendiants environ
120 g de chocolat noir
20 noisettes grillées
20 pistaches non salées
20 raisins secs
Quelques zestes d’oranges confites
1. Cassez le chocolat en morceaux et faites-le fondre
au bain-marie. Lissez-le à la spatule (il doit rester fluide).
2. A l’aide d’une cuillère, déposez des petits tas de
chocolat sur une feuille guitare ou un papier sulfurisé posé sur une plaque.
Tapotez chaque palet avec le dos de la cuillère.
3. Après avoir disposé cinq palets, déposez sur chacun
d’eux 1 noisette, 1 pistache, 1 grain de raisin et un morceau d’orange confite.
Recommencez l’opération jusqu’à épuisement des ingrédients. Laissez refroidir
dans un endroit frais (environ 18 °C) avant de décoller les mendiants à l’aide
d’une spatule.
Variante
Vous pouvez remplacer les pistaches par des
amandes, et réaliser les mendiants avec du chocolat au lait.
Conseil
Vous obtiendrez des mendiants bien croquants et
brillants en utilisant un thermomètre de cuisson : lorsque le chocolat a
fondu, sa température doit atteindre environ 50 °C. Faites-le refroidir à 29 °C
dans un bain-marie froid avant de le chauffer à nouveau pour qu’il atteigne les
31 °C. Formez ensuite les palets.
dimanche 2 décembre 2018
samedi 1 décembre 2018
Recettes Enfants-Saumon au miel
Saumon au miel
Préparation : 30 mn
Marinade : 1 heure
Cuisson : 20 mn
Pour 4 personnes
1 darne de saumon de 500 g
2 cuillerées à soupe de miel
1 cuillerée à soupe de sauce soja
800 g de petites pommes de terre à chair ferme
1 pomme acide et ferme type granny smith
Poivre du moulin
1. Découpez le saumon en bâtons comme si vous faisiez
de grosses frites et mettez-les dans un récipient en plastique avec couvercle.
Versez-y le miel, la sauce soja et poivrez. Fermez hermétiquement, secouez
doucement et laissez reposer. Renouvelez l’opération régulièrement afin de bien
faire mariner.
2. A l’aide d’un économe, épluchez les pommes de terre
et déposez-les dans une grande quantité d’eau froide salée. Faites cuire à
couvert 15 à 20 minutes à partir de l’ébullition. Égouttez-les quand elles sont
encore fermes et gardez-les dans la casserole couverte.
3. Mettez à chauffer une poêle antiadhésive huilée.
Faites cuire les bâtonnets de saumon sur feu vif, 2 à 3 minutes de chaque côté.
4. Pendant ce temps, épluchez la pomme.
5. Dans les assiettes, déposez deux pommes de terre
avec des bâtonnets de saumon. Avec une petite râpe, râpez un peu de pomme sur
chaque assiette.
Info santé
Ce plat est un délice et une manière ludique de
faire manger aux enfants un produit riche en oméga 3 ! A déguster avec une
salade verte et finir par un dessert léger et fruité.
Recettes Enfants-Quinoa noisettes et pignons
Quinoa noisettes et pignons
Préparation : 15 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 4 personnes
200 g de quinoa
30 g de noisettes décortiquées
30 g de pignons
25 g de beurre demi-sel
Sel
1. Hachez grossièrement les noisettes. Faites-les
dorer avec les pignons dans une poêle à revêtement antiadhésif bien chaude,
puis réservez.
2. Cuisez le quinoa dans un grand volume d’eau
bouillante salée pendant 15 minutes. Au terme de la cuisson un petit germe
blanc doit apparaître. Arrêtez le feu. Couvrez, puis laissez gonfler encore 5
minutes.
3. Egouttez. Incorporez le beurre demi-sel puis les
noisettes et les pignons, en soulevant les grains avec une fourchette pour les
aérer. Servez chaud.
Info santé
Le quinoa est une céréale très riche en fibres,
minéraux et vitamines du groupe B (indispensables au fonctionnement
cellulaire). Son excellente densité nutritionnelle est complétée ici par des
graines oléagineuses, qui contiennent également des micro-nutriments
indispensables à l’organisme.
Dans un menu
Il n’est pas nécessaire de prévoir de la
viande, car ce plat apporte déjà des protéines végétales. En revanche,
complétez le menu avec des légumes (salade de haricots verts et de tomates, par
exemple) et un produit laitier (fromage ou yaourt).
vendredi 30 novembre 2018
jeudi 29 novembre 2018
mercredi 28 novembre 2018
mardi 27 novembre 2018
Divers Questions-Qu’est-ce-que la non-violence ?
Qu'est-ce-que la non-violence ?
Lorsqu'on parle de "non-violence", il importe d'introduire et de maintenir une distinction dont l'oubli engendre bien des équivoques : celle entre l'exigence philosophique de non-violence et la stratégie de l'action non-violente. L'une et l'autre se situent sur des registres différents qu'il convient de distinguer, non pour les séparer, mais pour ne pas les confondre. En tant que principe philosophique, la non-violence est une requête de sens, en tant que méthode d'action, elle est une recherche d'efficacité.
C'est Gandhi qui a offert à l'Occident le mot "non-violence" en traduisant en anglais le terme sanscrit ahimsa, qui est usuel dans les textes de la littérature hindouiste, jaïniste et bouddhiste. Il est formé du préfixe négatif a et du substantif himsa qui signifie le désir de nuire, de faire violence à un être vivant. L’ahimsa est la reconnaissance, l’apprivoisement, la maîtrise et la transmutation du désir de violence qui est en l’homme et qui le conduit à vouloir écarter, éliminer, meurtrir l’autre homme.
Si l’on s’en tenait à l’étymologie, une traduction possible de ahimsa serait in-nocence. L’étymologie de ses deux mots sont en effet analogues : in-nocent vient du latin in-nocens et le verbe nocere (faire du mal, nuire) provient lui-même de nex, necis qui signifie mort violente, meurtre. Ainsi l’innocence est, en rigueur de terme, la vertu de celui qui ne se rend coupable envers autrui d’aucune violence meurtrière. Cependant, de nos jours, le mot innocence évoque plutôt la pureté suspecte de celui qui ne commet pas le mal beaucoup plus par ignorance et par impuissance que par vertu. L’attitude non-violente ne saurait être confondue avec cette innocence-là. Cependant, cette distorsion du sens du mot est significative : comme si le fait de ne pas commettre le mal révélait une sorte impuissance…L’option pour la non-violence réhabilite l’innocence comme la vertu de l’homme fort et comme la sagesse de l’homme juste.
Lorsque l’homme fait l’expérience de la violence et qu’il met à distance ses affects pour réfléchir, il la reconnaît comme la violation de la dignité de l’humanité, en lui-même et en l’autre homme ; dans le même temps, il découvre la requête de non-violence qu’il porte en lui. Le moi empirique se découvre violent et se nomme tel parce qu’il se réfère à un moi intérieur qui exige la non-violence. Cette exigence de la conscience est en l’homme avant qu’il ne rencontre la violence : l’exigence de non-violence est antérieure et supérieure au désir de violence. Elle est originelle est principielle. Cependant, c’est seulement après l’avoir expérimentée que l’homme prend conscience de la déraison de la violence, de son inhumanité, de son non-sens. Il comprend alors qu’il ne peut construire son humanité qu’en opposant à la violence un non catégorique qui lui refuse toute légitimité. Dire non à la violence, en affirmant que l’exigence de non-violence fonde et structure l’humanité de l’homme, c’est refuser l’allégeance que la violence exige de chacun. Méconnaître cette exigence, c’est nier la possibilité humaine de briser la loi de la nécessité, c’est dénier à l’homme la liberté de s’affranchir de la fatalité pour devenir un être raisonnable. L’ambition de la non-violence est de civiliser la vie.
Celui qui opte pour la non-violence est un homme étonné, il est au sens propre de ce mot, stupéfait par la violence, la sienne propre ou celle d’autrui. Celui qui se décide à la non-violence est un homme blessé par la violence. La dé-figuration du visage par la violence lui apparaît comme le comble de l’ab-jection. Elle provoque en lui la révolte. Il s’insurge contre les routines de violence qui s’emparent du mande. Ce n’est pas la mort qui lui semble abjecte, mais le meurtre. Il voit dans le scandale de la violence l’évidence de la non-violence.
Il a souvent été dit que le mot « non-violence », parce qu’il est négatif, était mal choisi et entretenait par lui-même de nombreuses ambiguïtés. Tout d’abord, il convient de souligner qu’il ne s’agit pas d’une simple mais d’une double négativité, dès lors que l’on considère que la violence est le viol de la vie – et cela donne à ce mot un caractère affirmatif. Surtout, le mot non-violence est décisif par sa négativité même, car il permet, et lui seul, de délégitimer la violence. Il est le terme le plus juste pour exprimer ce qu’il veut signifier : le refus de tous les processus de légitimation et de justification qui font de la violence un droit de l’homme. Si le mot « non-violence » est formellement négatif, il ne signifie pas que la non-violence est la négation de la violence, mais qu’elle se trouve dans un rapport d’opposition réelle à la violence, c’est-à-dire que sa visée est dans détruire les causes et les conséquences. Le non que la non-violence oppose à la violence est un non de résistance. En définitive, la non-violence n’est pas tant le refus de la violence que la lutte contre la violence. Elle est certes abstention, mais cette abstention exige elle-même l’action.
Si nous visualisons le rapprochement des deux mots : « violence / non-violence », nous voyons clairement que la structure même du mot « non-violence » brise vis-à-vis de la violence, toute symétrie, toute réciprocité, toute imitation. La violence s’exerce toujours dans la réciprocité vis-à-vis de l’adversaire ; la non-violence toujours dans la non-réciprocité.
L’option pour la non-violence, c’est l’actualisation dans notre propre existence de l’exigence universelle de la conscience raisonnable qui s’est exprimée par l’impératif, lui aussi formellement négatif : « Tu ne tueras pas. » Cette interdiction du meurtre est universelle. Elle est essentielle, parce que le désir de tuer se trouve en chacun de nous. Le meurtre est interdit parce qu’il demeure toujours possible, et parce que cette possibilité ouvre sur l’inhumanité. L’interdiction est impérative parce que la tentation est impérieuse ; et celle-là est d’autant plus impérative que celle-ci est plus impérieuse. La non-violence est donc d’abord une exigence négative. Elle demande à l’homme de dés-armer ses affects, ses désirs, ses sentiments, son intelligence et ses bras afin qu’il puisse se déprendre de toute mal-veillance à l’encontre de l’autre homme. Il sera alors libre de lui manifester sa bien-veillance, de lui exprimer sa béné-volence.
Avant d’être une méthode d’action, la non-violence est donc, d’abord et essentiellement, une attitude. Elle est l’attitude éthique et spirituelle de l’homme debout qui reconnaît la violence comme la négation de l’humanité, à la fois de sa propre humanité et de l’humanité de l’autre, et qui décide de refuser de se soumettre à sa loi. La non-violence est le respect de la dignité de l’humanité de l’homme, en lui-même et en tout autre homme. Pareille attitude se fonde sur une conviction existentielle : la non-violence est une plus forte résistance à la violence que la contre violence. Une caractéristique de la violence est de provoquer une autre violence. La violence est un enchaînement. La non-violence veut briser cet engrenage. La contre-violence, en définitive, ne permet pas de combattre le système de la violence parce qu’elle en fait elle-même partie et ne fait que l’entretenir. En toute rigueur, la contre-violence est une violence contraire, mais elle n’est pas le contraire de la violence. Elle n’est pas la même violence, mais elle est elle-même une violence. Elle est une violence autre, mais elle est une autre violence. Opter pour la non-violence, c’est, face à la violence subie, refuser de ré-agir en rendant la violence pour la violence, reproduisant ainsi le mal subi. C’est, tout au contraire, décider d’agir librement pour interrompre la chaîne des revanches et des vengeances.
Ici l’enjeu est la liberté, rien de moins, la liberté d’un sujet qui oppose la force et le courage à l’arbitraire des circonstances. Il s’agit de décider. Mais qu’est-ce qui nous empêche de choisir vraiment notre camp, de nous décider pour la non-violence ? Ne serait-ce pas parce que nous nous abandonnons facilement à la foi naïve dans la nécessité, parce que nous refusons finalement de croire en la liberté de l’homme ? Parce que nous jouons avec cette pensée que, la violence étant ancestrale, elle est honorable, respectable, inscrite en quelque sorte dans la destinée humaine. Un héritage, pour ainsi dire, une tradition. Ces arrières-pensées ne désarment-elles pas insidieusement notre capacité de vouloir ? Ces pensées de l’arrière ne minent-elles pas le sol de notre décision ? Avant même que nous choisissions, c’est déjà décidé, nous nous accommodons de la nécessité.
L’exigence de non-violence est une invitation à la conversion : conversion du cœur, du regard, de l’intelligence. Et toute conversion est rupture, dissidence, dépassement, déplacement, dérangement, retournement, basculement, déménagement. Toute conversion est une partance. Mais toute partance est une re-création. Pour que l’homme se décide à la non-violence, il faut qu’il se réveille du sommeil existentiel dans lequel son humanité se trouve endormie. Dans ca sommeil, l’individu se soumet passivement aux habitudes séculaires de la société qu’il n’a pas l’énergie de remettre an cause. Que doit-il décider en définitive ? Eh bien de faire reculer les limites de la nécessité en cultivant la non-violence.
Comme toute exigence éthique, la non-violence présente une double face : l’une invite à ne pas collaborer avec la violence, l’autre à œuvrer pour la justice. Une fois la violence récusée, l’homme peut accomplir l’œuvre positive de la non-violence et manifester de la bienveillance et de la bonté envers l’autre homme. La vertu de non-violence est l’exigence première de la philosophie : elle est le principe même du courage et de la sagesse. La non-violence est l’exigence qui s’impose d’emblée à l’homme dès qu’il se découvre incliné à être violent. Elle conditionne la possibilité d’être bon. C’est pourquoi la philosophie reconnaît l’exigence de non-violence comme la source la plus haute de l’humanité de l’homme. L'exigence de non-violence oblige essentiellement envers les ennemis, c'est-à-dire envers les violents. C'est alors seulement qu'elle prend son véritable sens. Quelle portée aurait-elle si elle n'obligeait qu'envers les amis ? La non-violence est le porche qui désigne à l'homme le chemin du respect, de la compassion, de la bonté, de l'amour. Au-delà encore, celui de la transcendance. Oui, la non-violence propose une transcendance, mais elle n'impose aucun absolu - et cela protège de tout virus idéologique.
Le respect, la compassion, la bonté et l’amour n’invitent pas l’homme à se cantonner à l’intérieur de sa maison, elles l'obligent à l'action vers l'extérieur. Et s'il convient d'affirmer le caractère universel de la non-violence en tant qu'exigence spirituelle, il faut reconnaître le caractère relatif de la non-violence en tant qu'action politique. Par elle-même, l'exigence de non-violence ne donne pas de réponse directe et immédiate à la question de savoir comment agir concrètement dans la situation historique du lieu et du moment. Lorsqu'il faut agir, la certitude fait place à l'incertitude : nous ne savons jamais quelle est l'action la mieux appropriée pour bien faire. Nous ne sommes jamais certains des conséquences de notre action. Jamais, une situation concrète n'impose avec évidence ce qu'il convient de faire pour bien faire. Il n'y a pas d'action qui ne soit sans ambiguïté. Toute action est une expérimentation dont les résultats sont contingents et aléatoires. L'action est toujours à inventer, sans que le plus souvent, nous soyons certains d'avoir trouvé la bonne méthode. L'action est une école d'humilité.
La non-violence se trouve souvent récusée comme une chimère sous prétexte que «la non-violence absolue» n'est pas possible. Mais il y a mal-entendu. La non-violence n'a jamais prétendu être absolue. Certes, l'état de non-violence est en soi une u-topie - c'est-à-dire qu'il n'existe nulle-part, qu'il n'est réalisé en aucun-lieu. Et il y a certainement un bon usage de l'u-topie pour représenter un idéal qui éclaire l'à-venir. Mais le mouvement de réalisation de la non-violence dans la société et dans l'histoire ne part pas de l'u-topie pour s'inscrire dans le réel : il part du réel pour inventer le possible. L'option pour la non-violence ne s'enracine pas dans l'idéal d'une société parfaitement non-violente qu'il s'agirait de mettre en œuvre dans la réalité. La démarche est exactement inverse. La non-violence se fonde sur la prise de conscience de la réalité des multiples violences qui existent dans la société et sur la volonté de transformer cette réalité dans la mesure du possible. Non, la non-violence n'exige pas l'absolu. Simplement, elle demande le possible. Le langage du "tout ou rien" lui est étranger. Entre le tout et le rien, elle veut discerner ce qui est possible ici et maintenant, rien que le possible mais tout le possible. Ce possible qui est généralement délaissé quand il n'est pas dédaigné. Ainsi, non seulement, la non-violence n'est pas un idéalisme, mais, au sujet de la violence, elle invite à un plus grand réalisme.
En définitive, c'est la violence qui est une u-topie. Certes, la violence existe partout, mais jamais, en aucun-lieu, elle n'atteint la fin qui prétend la justifier. Jamais, nulle-part, elle ne réalise la justice entre les hommes. Jamais, en aucun lieu la violence n'apporte une solution humaine aux inévitables conflits humains qui constituent la trame de l'histoire.
Au-delà des chimères et des illusions de l'optimisme, des résignations et des démissions du pessimisme, la non-violence entretient l'espérance fragile que l'homme peut faire croître, en lui et chez les autres, la vertu d'humanité. Cela donne sens à son existence et à son histoire. A sa vie. A sa mort même.
Divers Questions-Qu’est-ce qu’un athée?
Nous sommes le plus souvent endormi par la vie, le succès, le confort, mais aussi par les soucis quotidiens, nos petites occupations, nos loisirs « et chacun de nous meurt affairé » comme dit si bien Épicure. Le réveil arrive parfois, le plus souvent brutalement et dans la douleur : un accident, un drame ou une quelconque épreuve vient bouleverser notre petite tranquillité, notre petite indifférence paresseuse. Et là l’essentiel s’impose: malgré tout le réconfort de nos proches, y-a-t-il une raison à notre malheur? Un sens à notre existence? y-a-t-il une aide surnaturelle qui viendrait tout régler pour le mieux? y-a-t-il un réconfort absolu d’un Être tout aimant?
Être athée, c’est vivre sans ce réconfort, sans cette aide, sans réponse à nos questions de sens. Apprendre à vivre entre hommes, seul, sans Providence ni réconfort transcendant: voilà l’exigence morale de l’athée. Être athée c’est apprendre à voler de ses propres ailes, c’est être responsable de ses valeurs et de sa morale. Dure exigence, mais oh combien satisfaisante… Sincèrement, vivre sans notre illusion qu’il existe quelque part quelqu’un ou quelque chose qui correspond à nos désirs les plus forts c’est prendre un rude chemin, le plus étroit de tous et le moins emprunté. Pourquoi renoncer au réconfort et au sens? Pourquoi l’athéisme? Par lucidité, par amour du réel, même indifférent et silencieux qu’il est, par refus de se soumettre à nos illusions i.e. à prendre nos désirs les plus chers pour la réalité qui n’a pas l’habitude de coïncider avec nos désirs, même les plus infimes : que penser du désir de tous nos désirs? Être athée c’est avoir le bonheur comme fin et la vérité comme norme. C’est apprendre donc à être heureux dans la lucidité: telle est l’exigence première d’une âme philosophique, telle est la voie de la sagesse…
Être athée c’est comprendre qu’il n’y a qu’un seul monde, celui-ci, notre monde naturel si impitoyable et si indifférent à nos désirs; un monde silencieux qui n’a rien à dire qui n’écoute pas, un monde ou tout est hasard et nécessité. C’est comprendre qu’il n’y a qu’une seule vie, celle-ci. Apprendre à vivre seul sans dieux, c’est apprendre à mourir, toutes nos petites morts, jusqu’à la dernière. C’est apprendre que le devenir emporte tout, que rien ne dure éternellement et donc que rien ne mérite qu’on s’y cramponne, qu’on s’y enchaîne, pas même nos rêves…
Désespérance, la mort aura le dernier mot, qui n’en est pas un…
Être athée pourtant c’est s’apercevoir que tout est à faire, tout est à inventer. C’est prendre conscience que nous avons à charge de devenir humain, nous qui le désirons tant: humain, jamais trop humain… Être athée c’est apprendre à être responsable du seul monde que nous avons, à préserver ses richesses naturelles et culturelles et donc apprendre le respect de la diversité. Tolérance et miséricorde, nous sommes seuls, nous ne pouvons compter que sur nous…
Être athée enfin, c’est lutter. Lutter contre nos propres illusions, contre le fanatisme, l’intolérance et l’indifférence. C’est lutter pour un monde plus humain et en paix. Être athée c’est donc construire notre tour de Babel sans que les dieux viennent semer la discorde entre les hommes…
On pourrait se demander pourquoi tant de philosophie et tant d’athéisme? Et justement, à quoi bon tant penser si la vie n’en devenait plus heureuse, plus vertueuse et plus acceptable? Un maître en incroyance, athéisme et matérialisme, André Compte-Sponville aime à répéter la définition Épicure de la philosophie: «La philosophie est une activité qui, par des discours et des raisonnements, nous procure la vie heureuse.» Ayons donc la vie pour objet, la raison pour moyen, la vérité comme norme et le bonheur pour but. Pardonnons à Dieu ou au Destin de n’être pas et vivons du mieux que nous pouvons…
dimanche 25 novembre 2018
Recettes Sans Gluten-Clafoutis aux poires et au roquefort
Clafoutis aux poires et au roquefort
Préparation : 20 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 4 personnes
5 poires Williams
1 cuillerée à café bombée de sucre
1 pincée de sel
1 pincée de poivre
3 œufs
25 g de beurre fondu
100 g de Maïzena
20 cl de lait
10 cl de crème liquide légère
100 g de roquefort*
25 g de pistaches concassées*
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Coupez les poires en petits morceaux après les
avoir pelées et épépinées. Sucrez, poivrez. Réserverez.
3. Dans un saladier, battez les œufs avec le beurre et
le sel, jusqu’à ce que le mélange blanchisse.
4. Délayez la Maïzena dans le lait et versez avec la
crème dans le saladier. Mélangez bien afin d’avoir une pâte homogène.
5. Tapissez de poires un plat à gratin beurré. Nappez
de pâte puis de roquefort émietté.
6. Enfournez à mi-hauteur et laissez cuire 25 minutes.
7. Saupoudrez de pistaches concassées. Servez tiède
avec une salade de cresson.
Conseil
(*) Vérifiez l’absence de gluten auprès des
fabricants.
samedi 24 novembre 2018
vendredi 23 novembre 2018
jeudi 15 novembre 2018
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