mardi 9 janvier 2018

lundi 8 janvier 2018

dimanche 7 janvier 2018

Billets-« Fake news » : Macron va-t-il museler Internet ?


« Fake news » : Macron va-t-il museler Internet ?

Emmanuel Macron semble vouloir reprendre en main la diffusion de l’information à tous niveaux : une loi liberticide « pour votre bien » ?

Eh bien voilà, nous y sommes. Macron, élu avec le soutien de quelques oligarques propriétaires des médias, veut s’assurer qu’aucune voix dissonante ne sera en mesure de lutter contre le verrouillage complet de l’information qu’il a entrepris.

Matraquage fiscal, reprise en main de l’audiovisuel et d’Internet
Sans atteindre l’outrance des BFM et autres Échos qui présentent sa politique comme inspirée par l’Olympe, la plupart des grands organes de presse écrite ou audiovisuelle lui sont désormais soit entièrement acquis soit très bienveillants. La manière dont le matraquage fiscal des Français en ce début d’année est escamoté est tout à fait édifiante.

La reprise en main complète de l’audiovisuel public, pourtant si peu indépendant, va également bon train. Il ne reste qu’à museler Internet, ce que Macron va tenter au prétexte de lutter contre les influences étrangères ou les rumeurs dites fabriquées. Tiens, tiens, nous qui croyions que l’ouverture à l’international et les échanges étaient par définition une bonne chose selon la doxa macronienne.
Quant à la capacité des citoyens à distinguer le vrai du faux, on voit bien pourquoi Macron, qui les a enfumés depuis un an, y croit modérément.

Une loi « pour votre bien »
Bref, nous voilà menacés d’une nouvelle loi liberticide au prétexte que les braves gens sont manipulables : la quintessence même du mensonge et de la tartufferie… Souvenez vous d’Orwell, d’Huxley ou de la Boëtie, c’est toujours pour votre bien que les dictatures agissent.

Et c’est sans parler de la véritable usine à gaz imaginée, avec intervention du juge et tutti quanti.
Exemples :

Les plateformes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publiques l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus.

En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge au travers d’une nouvelle action en référé qui permettra, le cas échéant, de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur, voire de bloquer l’accès au site Internet.

Le CSA pourra lutter contre toute tentative de déstabilisation par les services contrôlés ou influencés par des États étrangers.

Ce qui pourra passer par « la suspension ou l’annulation » de leurs conventions avec le régulateur !
Inutile de vous demander qui définira ce qu’est ou n’est pas une fausse nouvelle ! Sans plaisanter, l’heure est grave, chers amis démocrates.

Qui peut encore croire que cet individu est un libéral ?

Source contrepoints.org
Par Serge Federbusch.


  • Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d’informations en ligne sur l’actualité politique parisienne.
    Serge Federbusch a été successivement conseiller commercial en Asie, conseiller du maire du Paris pour l’urbanisme et les transports, directeur général de la Société d’économie mixte du Centre de Paris (Halles).
    Il est diplômé de l’IEP de Paris, Maître en droit public, titulaire d’un DEA d’Histoire et ancien élève de l’ENA.

Dessins de presse


Dessins de presse

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo



7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Pourquoi les enfants perdus de la République sont devenus des barbares



Pourquoi les enfants perdus de la République sont devenus des barbares

‎J’ai été enseignant pendant presque quarante ans à partir du début des années soixante-dix. J’ai connu de nombreux établissements, certains très difficiles avec un taux important d’élèves ou d’étudiants provenant de l’immigration. S’adresser à un public qui se situe au confluent de deux civilisations, de deux systèmes de valeurs permet d’observer et de prendre conscience concrètement des difficultés que doivent surmonter les jeunes issus de l’immigration. La distance entre le milieu familial et le contenu de l’enseignement est alors considérable. Lorsqu’on enseigne le droit fiscal d’entreprise en DECF (diplôme d’études comptables et financières) devenu aujourd’hui DCG (diplôme de comptabilité et gestion), il est question de report en arrière des déficits dans les sociétés de capitaux, de coefficients de déductibilité de TVA, etc. Il s’agit de situations relativement complexes à examiner sous l’angle technique. Tout cela n’a strictement aucun sens pour des parents immigrés n’ayant presque pas été scolarisés et conservant une perception purement concrète et religieuse du monde. La distance entre ce qu’étudie l’enfant et ce que pensent les parents est un abîme qui se creuse d’année en année et suscite des conflits.

À la fin du 20ème siècle, le milieu professionnel était assez réticent à accueillir les jeunes issus de l’immigration, avec cependant de nombreuses disparités selon les entreprises. Ces difficultés d’accueil étaient déjà perceptibles pour la recherche de stages. D’une manière générale, à compétences identiques, les profils typiquement européens étaient préférés. Je ne jette pas la pierre aux responsables du recrutement pour autant. Si une relation client est nécessaire, par exemple dans un cabinet d’expertise comptable, il faut s’adapter à la mentalité des clients ou risquer de les perdre. Le choix est évident. Beaucoup de jeunes issus de l’immigration parvenaient à s’insérer malgré tout. Mais les moins chanceux ou les moins appréciés dans les entretiens d’embauche pouvaient se décourager et devenir une proie facile des propagandistes du fondamentalisme. J’en ai vu passer en quelques années du bleu jeans et des cheveux longs à la djellaba et à la barbe. Et je ne connaissais que les jeunes les plus favorisés, ceux qui avaient poursuivi leurs études après le bac. Que dire de tous ceux qui avaient décroché dès le collège ?

Les filles se heurtaient fréquemment à leur père qui se faisait un devoir de défendre les valeurs traditionnelles. Elles voulaient se comporter comme leurs camarades européennes, parfois physiquement provocantes pour affirmer leur féminité, mais ce comportement était totalement rejeté par le milieu familial. On peut aisément le comprendre lorsqu’on a soi-même frémi des audaces vestimentaires de sa propre fille. La violence du conflit est décuplée dans une famille où règne l’Islam traditionnel. J’ai vu des jeunes filles, encore étudiantes, mariées contre leur gré avec des hommes du pays d’origine car ainsi le voulait la tradition. Comment vivre un tel écartèlement entre deux civilisations ?

Les conflits intrafamiliaux durs et les difficultés d’insertion professionnelle se superposent ainsi à un véritable choc de civilisation pour cette jeunesse qui n’aspire comme toute la jeunesse qu’à découvrir, expérimenter, apprendre et vivre librement. Mais il y a les racines familiales, une partie des siens encore dans le pays d’origine. Est-on occidental ou maghrébin ? Les deux, bien sûr, mais qui peut se prétendre capable entre quinze et vingt-cinq ans de réaliser une telle synthèse, de supporter un tel fardeau ? Beaucoup y parviennent cependant et c’est déjà une prouesse. D’autres entament une dérive qui peut les conduire très loin.

Les enseignants ont été en première ligne pour observer ces dérives. Nous ressentions parfaitement le malaise mais que faire ? Comment faire ? Nous n’avons pas su, nous n’avons pas pu. Et il ne s’agit pas principalement d’une question de moyens. Le problème est trop complexe, trop vaste. Certains individus rencontrent l’Histoire et elle détermine leur destin.

Comment peut-on en arriver à vouloir tuer les dessinateurs de Charlie Hebdo ? Tout homme normal se contente de rire, de sourire, voire de ressentir une provocation en regardant des caricatures, fussent-elles d’un dieu ou d’un prophète. Quoi de plus salutaire que de rire de nous-mêmes, pauvres humains. De nos petitesses, de nos maladresses, de nos croyances même. Pourquoi tuer ceux qui nous proposent de partager un petit instant d’irrévérence, de malice, de provocation ?

Il est difficile de trouver une réponse satisfaisante à ces questions. Mais il faut beaucoup de désillusions, beaucoup de frustrations, beaucoup de souffrance pour transformer un être humain en fanatique prêt à tuer froidement. La haine de la société dans laquelle il vit se manifeste par la volonté de détruire l’autre érigé en ennemi. Il faut pour cela qu’un enfant à la dérive rencontre un mentor qui le valorise en lui confiant une mission sacrée. La sacralisation du meurtre suppose une idéologie ou une religion instrumentalisée par des politiques pour justifier la transgression. Tuer n’est plus tuer : il s’agit de sauver le monde et de détruire les adeptes du mal.

Les frères Kouachi, Amedy Koulibaly et tous les enfants perdus de la République ont parcouru ce chemin qui transforme un homme en simple instrument au service des tyrans du pseudo État islamique. Pour fuir le désespoir, ils ont choisi la haine en se donnant à un dieu imaginaire et maléfique créé de toutes pièces par des manipulateurs haïssant la liberté.



Source contrepoints.org

samedi 6 janvier 2018

vendredi 5 janvier 2018

mardi 2 janvier 2018

Billets-Focus sur la mort numérique


Focus sur la mort numérique

La mort numérique est plus complexe que la seule disparition d’un internaute de réseaux sociaux fréquentés plus ou moins assidûment. Elle pose la question de la continuité à l’accessibilité des éléments de la vie privée du défunt.


Par le passé, le glas des clochers et le passage du corbillard drapé de noir matérialisaient un décès. On buvait ensuite un verre et mangeait un morceau en évoquant la vie du défunt. Cette biographie orale, ces souvenirs évoqués s’éteignaient avec le temps.

Cette mort physique et biologique, que nous affrontons tous un jour, est plus ou moins présente à tous les esprits. La mort numérique est pour autant ignorée de beaucoup de personnes n’en mesurant pas toutes les incidences de plus en plus croissantes, au sein d’un monde ultra-connecté.

La mort numérique est plus complexe que la seule disparition d’un internaute de réseaux sociaux fréquentés plus ou moins assidûment. Elle pose la question de la continuité à l’accessibilité des éléments de la vie privée du défunt.

Celui-ci a tout au long de sa vie écrit ou semé sur les réseaux sociaux, blogs et sites Internet, des parcelles de sa vie privée ainsi que des données personnelles. Après la mort physique, lesdits écrits et souvenirs restent inscrits sur la toile. Ils sont instantanément disponibles pour toute personne, bienveillante ou non, désirant les consulter.

Ainsi notre existence numérique ne s’arrête pas à notre mort physique. La persistance des profils actifs des personnes décédées, sur les réseaux sociaux ou autres sites et blogs, constitue une réminiscence souvent douloureuse pour les proches et la famille. Ces proches éprouvés par le décès physique doivent alors potentiellement affronter quotidiennement la persistance d’une identité virtuelle qui n’est plus sur Terre.

La mort numérique présente ainsi des enjeux sociétaux et juridiques. Elle concerne le devenir de l’identité numérique du défunt, écrite pour l’essentiel sur les réseaux sociaux. Déterminer le futur de cette identité après le départ de son détenteur ou de sa détentrice appelle pour autant des questions auxquelles la loi répond très précisément.

UN DEVENIR DES PROFILS ACTIFS DES PERSONNES DÉCÉDÉES ENCADRÉS PAR LA LÉGISLATION FRANÇAISE :

La loi pour une république numérique du 7 octobre 2016, principalement par son article 63, organise le devenir des profils actifs sur les réseaux sociaux. Le succès de ce mécanisme repose sur l’information de l’internaute quant à ses droits en la matière.

L’objectif est ici que l’internaute soit prévoyant et définisse de son vivant ses directives, quant à la conservation ou l’effacement des données personnelles et comptes sociaux le concernant.

Il peut confier ses directives à un membre de sa famille, un tiers ou un professionnel comme un notaire. Il peut aussi désigner une personne de confiance, laquelle choisira de conserver ou non, totalement ou partiellement, lesdites données, après son décès.

LE CONTENU DES DIRECTIVES NUMÉRIQUES PRÉVUES PAR L’ARTICLE 40-1 DE LA LOI DU 7 OCTOBRE 2016 :

Ces directives peuvent être générales ou particulières.

Les directives sont dites générales lorsqu’elles embrassent la totalité des données et profils numériques concernant l’internaute décédé. Ces informations numériques ont été inscrites par le défunt lui-même sur les réseaux sociaux. Elles ont pu également être partagées avec son assentiment.

Le devenir de ces directives générales peut être confiées à un tiers de confiance certifié par la CNIL. Cette certification n’est pas obligatoire, elle est juste rassurante. Dans le cas où une suppression est décidée, l’ensemble des supports des données relevées (comptes tweeter, facebook, linkedln…) doit être intégralement effacé.

Il en va autrement des directives particulières. Celles-ci n’ont trait comme leur nom l’indique, qu’à une ou plusieurs des activités de l’internaute décédé. Elles vont concerner l’une de ses messageries, un ou plusieurs de ses mails, un ou plusieurs de ses comptes sociaux mais jamais la totalité.

Pour chacun des sites internet concernés doit pouvoir alors être identifié un responsable du traitement. Ce responsable du traitement administre lesdites données ou est chargé de les collecter lorsque l’internaute a autorisé leur transfert.

Le devenir des directives particulières peut être confié par l’internaute, au moyen de volontés écrites, au responsable du traitement des données. Cette manifestation de la volonté de l’internaute est impérative en ce sens que lesdites directives particulières ne peuvent pas résulter des seules conditions générales d’utilisations des sites concernés.

Celles-ci pourraient trop facilement être invoquées par les responsables de traitement pour décider du devenir des profils numériques des internautes décédés.

Les volontés écrites du défunt sont donc là aussi essentielles pour qu’il soit procédé à la conservation ou à l’effacement de ces données.

LE DEVENIR DES DONNÉES PERSONNELLES EN L’ABSENCE DE DIRECTIVES DE L’INTERNAUTE DÉFUNT :

Un trop grand nombre d’internautes ignore toujours aujourd’hui ces possibilités d’organiser le devenir de leurs données personnelles et de leurs profils numériques après leur décès.

D’autres ont reçu cette information, mais considérant que cette prévision relève de la prévention obsèques, ils la repoussent. Ces situations sont les plus fréquentes, personne n’étant enthousiaste à imaginer le moment de sa mort.

Que se passe t’il lorsqu’aucune directive numérique n’a été donnée avant le décès d’un internaute ? Trois démarches sont possibles pour les ayants-droit des défunts concernés. Ces trois démarches peuvent être cumulées dans la mesure où elles ne rentrent pas en contradiction.

La première est celle du droit d’accès, à la condition qu’il soit nécessaire pour le règlement de la succession du défunt.

La seconde est celle du droit d’opposition. Celui-ci permet de procéder à la clôture des comptes utilisateurs du défunt. Il induit alors une opposition au traitement post mortem des données personnelles issues de ses comptes utilisateurs. Lesdites données doivent être intégralement effacées.

La troisième action relève de la possibilité pour les ayants-droit de s’entendre sur la désignation d’héritiers des profils actifs de l’internaute décédé. Toutes les données personnelles issues de ces profils actifs sont alors concernées.

Lesdits héritiers pourront décider du maintien de ces profils (et continuer ainsi leur gestion), ou de leur effacement. Ils pourront être à cette fin tenus de respecter des directives leur ayant été données par les ayants droit.

LA LIMITE DE L’ACTION DES TIERS AYANT REÇU DES DIRECTIVES NUMÉRIQUES

Le tiers ayant reçu les directives de l’internaute défunt ou de ses ayants-droit, ne peut porter atteinte à la mémoire de ce dernier. Les ayants-droit du défunt peuvent ainsi attaquer ledit tiers sur la base de l’article 34 de la loi du 29 juillet 188, au cas où celui-ci se rendrait responsable d’une diffamation ou d’une injure à l’encontre de la mémoire du défunt.

Ce tiers est également attaquable au cas où, sans l’autorisation des ayants-droit, il diffuserait et reproduirait l’image du défunt. La Cour de cassation dans son arrêt de 1ère chambre civile du 22 octobre 2009 a ainsi arrêté que les ayants-droit d’une personne décédée peuvent s’opposer à la reproduction de l’image de celle-ci après son décès, s’ils en éprouvent un préjudice personnel, direct et certain.

Pour la Cour de cassation, ces ayants-droit doivent alors avoir subi un préjudice personnel « déduit le cas échéant d’une atteinte à la mémoire ou au respect dû au mort ».

DES RECOURS POSSIBLES CONTRE LE CHOIX PAR L’INTERNAUTE OU SES AYANTS-DROIT, DES LÉGATAIRES NUMÉRIQUES

Sur la question du choix d’un tiers bénéficiaire des directives numériques ou d’un héritier de celles-ci en particulier, l’article 40 de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978 (modifié par la loi du 7 octobre 2016), énonce que les désaccords entre héritiers seront portés devant le Tribunal de Grande Instance compétent.

Si ce patrimoine est source de créations de richesses, les héritiers peuvent le contester sur les bases juridiques de la contestation de testament.

UN DROIT À L’IMAGE CONCERNANT LA DÉPOUILLE MORTUAIRE DU DÉFUNT :

Il est certains cas où la mort physique et la mort numérique pourraient brusquement emprunter la même voie visible, par la publication de l’image de la personne décédée sur Internet. La publication de cette image sans autorisation, quel qu’en soit le support, est strictement interdite.

L’image de la dépouille mortuaire des défunts est fortement protégée par le droit et notamment par des jurisprudences assez anciennes.

Ce droit prend sa racine dans l’article 9 du Code civil, relatif à la protection de la vie privée. Concernant le décès de l’acteur Jean Gabin, le Tribunal de Grande de Paris a rendu une ordonnance en référé le 15 janvier 1977, rappelant que

le droit au respect de la vie privée s’étend, par-delà la mort, à celui de la dépouille mortelle et nul ne peut, sans le consentement de la famille, reproduire et livrer à la publicité les traits d’une personne sur son lit de mort quelle qu’ait été la célébrité du défunt.

À l’occasion du décès de l’ancien Président de la République François Mitterrand, le même Tribunal de Grande Instance de Paris dans une ordonnance de référé du 18 janvier 1996, a interdit la publication du livre du Docteur Gubler, médecin de l’ancien Chef d’État.

Cet ouvrage attaquait violemment l’image du Président de la République défunt, en publiant une photo de François Mitterrand sur son lit de mort.

Cette décision a été justifiée au motif que

constituent par leur nature, une intrusion particulièrement grave dans l’intimité de la vie privée familiale du Président François Mitterrand, et dans celle de son épouse et de ses enfants ; que l’atteinte ainsi portée est d’autant plus intolérable qu’elle survient dans les quelques jours qui ont suivi le décès et l’inhumation du Président Mitterrand.

LA SANCTION DES DIFFAMATIONS ET DES INJURES FAITES AUX DÉFUNTS :
L’article 34 de la loi du 29 juillet 1881 permet que les diffamations dirigées contre la mémoire des morts puissent être poursuivies et réprimées dans le cas où les auteurs de ces diffamations ont eu l’intention de porter atteinte à l’honneur ou à la considération de leurs héritiers, époux ou légataires universels vivants.

En revanche, des recherches sur le passé des défunts peuvent être menées même si elles aboutissent à la constatation de faits infamants, dès lors qu’elles traduisent un souci légitime d’information du public.

Prenons l’exemple suivant.  Après le décès d’une personne ayant présenté un visage d’honorabilité, il est découvert qu’elle a collaboré pendant la seconde guerre mondiale. Cette information pourra être divulguée et des images publiées s’il est estimé qu’elles correspondent à un besoin légitime d’information de la population.



Source contrepoints.org
Par Paul Salaun. 


Paul Salaün est Docteur en droit public. Spécialiste en droit des médias et du numérique, il enseigne cette matière auprès de différents établissements d’enseignement supérieur. Il a rédigé avec Pierre Schweitzer le manuel de droit et économie des univers numériques, paru chez Studyrama en 2015. Consultant de Cleverance, il intervient pour cette société sur toutes les questions relatives aux mutations territoriales ainsi que sur les fusions de communes et intercommunalités. Il a publié en 2013 le manuel de droit de l’urbanisme de la collection Studyrama, réédité en 2017.


dimanche 31 décembre 2017

Billets


Dessins de presse


Dessins de presse

Photos-Expo Mapplethorpe au Grand Palais


Expo Mapplethorpe au Grand Palais 

S’il y a bien des photos exceptionnelles au sens fort du terme, ce sont justement celles-là. (Attention, article avec des images #NSFW)

Mapplethorpe, c'est LE photographe PD SM du New York des années 1980, mort du sida en 1989. On a tous en tête ses photos de fleurs et de pénis: Man in a polyester suit par exemple: le portrait d’une bite noire qui sort de la braguette d’un mec en costard dont on ne voit pas le visage; ses photos de mecs, de pratiques et d’accessoires SM et son fameux autoportrait où on le voit de dos, en chaps, se rentrer un manche de fouet dans le cul et nous lancer un regard bien acéré par dessus l’épaule.
  
Dit comme ça, ça fait presque documentaire et c’est tant mieux. Je le fais exprès pour contrer l’habillage de l’expo, avec une scénographie made in France qui vise à tirer l’underground vers le haut, remplacer la subculture par la haute culture et canoniser le grand artiste. Je cite le dossier de presse:
«L'enjeu de cette expo est de montrer que Maplethorpe est un grand artiste classique.»
Pourquoi pas européen tant qu’on y est?
Du coup, on a droit dès l’entrée à toute une série de photos de sculptures grecques qui nous hissent hors de la boue new-yorkaise, des clubs SM et du Gay Liberation Front des années 1970. Hum. Et comme si ça ne suffisait pas, l’expo nous sort une section féminine compensatrice présentée comme indispensable: «les femmes de Mapplethorpe». Elles ne se bouculent pas au portillon, les femmes de Mapplethorpe. Ils en ont trouvé que deux: Patti Smith et la très obscure Lisa Lyon. Mais faut croire qu’elles comptent pour mille vu que ce sont «ses muses».
M'est avis que Mapplethorpe avait franchement d’autres sources d’inspiration. Mais, je cite le catalogue:
«Elles permettent d’aborder le thème de la féminité et de voir un aspect moins connu de l’œuvre.»
Alors c’est vrai que Patti Smith a passé pas mal de temps à traîner dans le Village et au Chelsea Hotel avec Mapplethorpe avant qu’il réponde à l’appel du sexe gay et sado maso. Elle le raconte très bien dans Just Kids, son livre sur leur relation et le New York des années 1960-70.
Mais justement, c’était avant Stonewall, leur bohème à deux. Et en matière de féminité, c’est drôle de voir que les autoportraits du photographe en drag –sublimes– comptent pour du beurre.

Le clou si l’on peut dire, c’est la section «Eros» –pas «Porno»– interdite aux moins de 18 ans et enkystée comme une darkroom au centre de l’expo. Pas trop grande, je vous rassure. C’est tout de même fascinant de voir que la bite au repos, c’est de l’art donc c’est ok dans les autres sections de l’expo mais qu’un sexe en érection va direct en enfer. Avec bien sûr toutes les photos SM mais attention, l’expo est fist free.


Or s’il y a bien des photos exceptionnelles au sens fort du terme, ce sont justement celles-là. Je pense notamment à Double fist fuck, [ci-contre] une photo de 1978, où l’on voit deux bras plongés dans le cul d’un homme. Ces photos visibilisent la nouvelle pratique sexuelle du XXe siècle inventée par les pédés.
Elles témoignent de la transformation radicale de la masculinité américaine dans les années 1970, affectée –pour ne pas dire infectée– par une subculture gaie qui a fait naître un puissant sentiment collectif. Ce n’est pas pour rien qu’elle détourne les grands classiques de la virilité nationale avec le cow-boy et les chaps pour le cul. Comme le rappelle la sublime photo du cowboy, bite pendante, Victor Huston de 1979. Ce que je trouve franchement problématique dans une expo au Grand Palais, surtout quand on connaît son directeur.
Maintenant vous pouvez y aller! Il faut y aller parce qu’il y a quand même 250 photos dont les polaroïds qu’il faisait dans les années 1970. Perso, j’aurais aimé qu’il ait plus de ses collages aussi. Mais souvenez-vous que vous allez payer pour voir et ne pas voir.


Exposition Mapplethorpe à Madrid en 2007. REUTERS/Susana Vera


Source slate.fr

Dessins de presse


Dessins de presse

vendredi 29 décembre 2017

Dessins de presse


Dessins de presse

mardi 26 décembre 2017

Recettes Chocolats-Caramels au chocolat


Caramels au chocolat

Préparation : 10 mn
Cuisson : 10 à 12 mn 

Pour 50 à 60 caramels 
250 g de sucre en poudre
100 g de crème fraîche
50 g de miel
50 g de cacao en poudre
Huile d’arachide 

1. Préparez le caramel : dans une casserole, mélangez le sucre, la crème fraîche, le miel et le cacao. Chauffez en remuant à la cuillère en bois jusqu’à ce que le caramel devienne d’une couleur ambre foncée.
2. Posez un cercle à tarte de 22 cm de diamètre sur un papier sulfurisé, huilez-le légèrement. Versez-y le caramel et laissez tiédir.
3. Retirez le cercle et découpez le caramel en carrés. Enveloppez-les de film alimentaire et rangez-les dans une boîte.


Variante 

Préparez des caramels mous au café : procédez de la même façon avec 250 g de sucre en poudre, 100 g de crème fraîche, 2 cuillerées à soupe d’extrait de café et 12 gouttes de jus de citron.



Recettes Chocolats-Moelleux chocolat et noix



Moelleux chocolat et noix

Préparation : 15 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 6 personnes
100 g de noix
100 g de chocolat
100 g de beurre demi-sel
2 œufs
50 g de farine
½ sachet de levure
1. Préchauffez le four à 175 °C (th. 5-6).
2. Mixez grossièrement les noix. Faites fondre le beurre et le chocolat. Ajoutez le sucre, les jaunes d’œufs, la farine, la levure et les noix. Montez les blancs en neige, puis incorporez-les à la préparation.
3. Versez dans des petits moules beurrés et enfournez pour 15 à 20 minutes suivant la taille des moules. Laissez refroidir et servez.
4. Vous pouvez réserver quelques noix pour la décoration des moelleux.



Recettes Chocolats-Mille-feuille au chocolat

Mille-feuille au chocolat

Préparation : 40 mn
Cuisson : 10 à 12 mn
Repos : 24 heures
Pour 8 personnes
Biscuit au chocolat :
340 g de poudre d’amandes
450 g de sucre semoule
100 g de cacao en poudre
15 g de farine
18 blancs d’œufs frais
150 g de sucre
Crème au chocolat :
50 cl de lait entier
5 jaunes d’œufs
50 g de sucre
450 g de chocolat mi-amer
Feuilles de chocolat :
200 g de chocolat de couverture
1. Préparez le biscuit : tamisez les poudres ensemble. Montez les blancs en neige, incorporez le sucre. Continuez à les battre en neige ferme. Incorporez délicatement les poudres dans les blancs.
2. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
3. Sur une plaque beurrée, dressez des rectangles de la taille des gâteaux désirés, à la poche à douille ou à l’aide d’une cuillère à soupe.
4. Enfournez pour 10 à 12 minutes.
5. Préparez la crème : faites bouillir le lait. Dans un saladier mélangez les jaunes avec le sucre. Versez le lait et remettez le tout dans la casserole. Faites cuire jusqu’au moment où la crème nappe la spatule en bois. Versez sur le chocolat haché et mélangez. Réservez 24 heures au réfrigérateur.
6. Préparez les feuilles de chocolat amer : faites fondre le chocolat au bain-marie. Faites refroidir à 31°C et étalez sur 1 feuille de papier sulfurisé. Laissez refroidir et détaillez des rectangles de la taille du biscuit.
7. Posez le biscuit dans un plat et alternez ensuite en couches successives la crème et les feuilles de chocolat. Terminez par une feuille de chocolat.


Billets-Réseaux sociaux…


Réseaux sociaux… les jeunots à la rescousse des seniors

De plus en plus d’entreprises demandent aux jeunes employés d’aider leurs collègues dans l’utilisation des réseaux sociaux. Non sans difficulté.

Entre les jeunes d’une vingtaine d’années familiers des réseaux sociaux et les cadres d’un âge plus avancé, fâchés avec la technologie, la fracture numérique sur les lieux de travail est de plus en plus grande. Pour remédier à ce problème, un nombre croissant d’entreprises recourent au “tutorat inversé” en faisant travailler de jeunes employés avec des collègues plus âgés pour développer les compétences technologiques de ces derniers.

Les binômes ne fonctionnent pas toujours : ils peuvent être intimidants pour les jeunes tuteurs et embarrassants pour leurs aînés, parfois gênés de révéler leur faible niveau de connaissances. Rebecca Kaufman, une community manager de 24 ans qui est chargée de communication numérique chez MasterCard depuis deux ans raconte qu’elle a été “terriblement intimidée” quand on lui a demandé d’être la tutrice d’un cadre supérieur de 50 ans, Ron Garrow.

La jeune femme fréquentait les réseaux sociaux depuis une dizaine d’années, mais la perspective d’aider un cadre de haut niveau à se familiariser avec ces nouvelles technologies était assez effrayante. Deux rencontres, l’une en décembre et l’autre en janvier, ont eu lieu dans le bureau du senior. Le cadre a facilement accepté la première proposition de sa tutrice : augmenter la fréquence de ses visites sur le réseau LinkedIn en s’y rendant non plus chaque semaine mais chaque jour, et commencer à partager des articles avec ses contacts.

Mais il a été plus réfractaire à l’idée d’utiliser Twitter. L’importance d’éviter toute déclaration publique pouvant s’avérer dangereuse était d’autant plus ancrée en lui qu’il avait travaillé dans deux grandes compagnies bancaires pendant vingt-six ans avant de rejoindre MasterCard en 2010. Dans ce milieu, les cadres supérieurs devaient “obtenir une multitude d’approbations” avant de pouvoir s’exprimer en public. “Psychologiquement, les 140 caractères étaient aussi très intimidants”, précise Ron Garrow.

La jeune femme l’a encouragé à surmonter ses réticences en lui présentant Twitter comme “un univers entièrement nouveau, qui vous permet d’avoir des contacts avec tous les gens qui vous intéressent”. Quand elle lui a demandé “Comment souhaitez-vous vous positionner sur le réseau ?” il n’a pas su quoi répondre. Père de quatre enfants âgés de 14 à 26 ans, Ron Garrow s’est dit avec humilité : “Elle a 24 ans, l’âge de mes enfants, et je dépends totalement d’elle.” Comprenant que la réputation de ce cadre supérieur était en jeu, Rebecca a fait quelques recherches pour l’aider à identifier des experts en ressources humaines et des auteurs influents sur les réseaux sociaux.

Ron Garrow a ouvert un compte Twitter, a créé son profil et s’est exercé à utiliser le site. Sa tutrice l’a aidé à formuler ses premiers tweets. Lors d’une visite à l’université du Michigan, en juin, il a voulu twitter une photo d’un collègue et de lui-même en compagnie d’étudiants de MBA. Il a envoyé à la jeune femme un courriel sibyllin renfermant la description, rédigée à la hâte, d’une opération complexe – la simulation par des étudiants d’une séance d’information organisée par une entreprise pour des investisseurs –, en ajoutant ces mots : “Je voudrais le twitter, mais je ne sais pas comment.” Elle lui a proposé une autre formulation, lui-même a réécrit le message et a twitté la photo en quelques minutes.

  • Premiers pas sur Twitter
A l’issue de cinq mois de collaboration, Ron Garrow totalise 2 352 contacts sur LinkedIn, vérifie son compte Twitter 8 à 10 fois par jour, suit les comptes de 109 utilisateurs et envoie une cinquantaine de tweets par mois. Rebecca l’a félicité quand il a dépassé les 400 followers et elle a salué le score supérieur à la moyenne de 45 qu’il a obtenu sur Klout, un site de classement des utilisateurs en fonction de leur influence sur les réseaux sociaux, en soulignant : “C’est presque la moitié de celui d’Obama.” Elle continue néanmoins de l’encourager à twitter sur des sujets personnels. Le cadre avoue que sa fille Clare, 14 ans, trouve ses tweets ennuyeux.

Mais, selon lui, le partage d’informations personnelles en ligne “nous place dans des situations inconfortables”. Récemment, lors d’une sortie à New York avec sa femme Dana, il a commencé à rédiger un tweet mais s’est aussitôt interrompu car il n’était “pas encore prêt à franchir cette ligne”. Le binôme a eu à surmonter des différences générationnelles. Dernièrement, alors qu’ils rentraient en voiture d’une conférence, Rebecca était en train de travailler sur son Smartphone quand Ron Garrow a entamé une conversation sur la carrière de la jeune femme. Après avoir discuté un moment avec lui, elle s’est penchée à nouveau sur son téléphone.

Elle reconnaît avoir apprécié l’intérêt qu’il lui portait et n’a pas remarqué sa gêne. De son côté, le cadre a trouvé que le comportement de Rebecca “était un peu maladroit”. A l’âge de la jeune femme, il aurait cherché à faire bonne impression sur un cadre supérieur. “Je me suis dit qu’elle se conduisait exactement comme ma fille, quand elle monte dans la voiture et qu’elle ne me parle pas, occupée à envoyer des textos à ses copines, à regarder son compte Instagram ou à aller sur Facebook”, dit-il. Résigné à rencontrer des différences dans le mode de travail et les relations avec les supérieurs, il s’est dit : “Eh bien, moi aussi, je vais consulter mon iPhone.”


Dessin de Mix & Remix paru dans L’Hebdo, Lausanne.
Source Courrier International