lundi 18 novembre 2013

Infos santé-DMLA : Dégénérescence maculaire liée à l'âge


DMLA : Dégénérescence maculaire liée à l'âge

  • Qu'est-ce que la dégénérescence maculaire liée à l'âge ?
La dégénérescence maculaire est une maladie de l'œil qui résulte d'une détérioration graduelle de la macula, petite zone située au centre de la rétine qui permet de voir avec précision les détails et les couleurs. Cette dégénérescence due au vieillissement entraîne une perte progressive ou rapide de la vision centrale, sans pour cela provoquer de douleur. Sauf exception, elle ne conduit pas à la cécité et la vision latérale est maintenue.

  • Quels sont les symptômes et les complications de la DMLA ?
On distingue deux types de DMLA :
La dégénérescence maculaire sèche, qui représente 80 % des cas et se traduit par un rétrécissement de la rétine accompagné d'une accumulation de protéines colorées à l'intérieur de celle-ci. La vision centrale (au centre du champ visuel) commence à s'affaiblir dans un œil. Les couleurs restent visibles, mais les détails sont flous. L’évolution se fait sur une dizaine d'années. Malheureusement, l'autre œil finit toujours par présenter les mêmes symptômes.
La dégénérescence maculaire humide où de nouveaux vaisseaux sanguins se développent autour et en arrière de la macula. Lors d'une dégénérescence maculaire humide, la perte de la vue est beaucoup plus rapide. Ce phénomène s'explique par l'écoulement de liquides qui s'échappent des nouveaux vaisseaux sanguins, soulèvent la macula et la déforment. La dégénérescence maculaire humide est celle qui cause le plus grand nombre de cécités, même si elles sont rarement totales.

  • Quelles sont les causes de la dégénérescence maculaire ?
Les causes de la dégénérescence maculaire demeurent en grande partie inconnues, mais les risques s'accroissent avec l'âge et cette maladie présente parfois une composante héréditaire.

  • Comment dépiste-t-on la dégénérescence maculaire ?
Après 65 ans, une consultation auprès d'un ophtalmologiste tous les ans ou tous les deux ans permet de dépister la dégénérescence maculaire lors de l'examen de la rétine. Si vous notez des zones de votre champ visuel où il vous semble voir moins bien, si vous avez des difficultés à lire ou que les mots apparaissent irrégulièrement flous, ou si vous percevez une zone noire au centre de votre champ de vision, il est indispensable de consulter rapidement un ophtalmologiste.

  • Comment prévenir la dégénérescence maculaire ?
La prévention de la DMLA consiste surtout à éviter les facteurs aggravants.
Portez des lunettes de soleil : les rayons ultraviolets de la lumière solaire pourraient favoriser l’apparition de la dégénérescence maculaire, en particulier chez les personnes aux yeux clairs. Protégez-vous avec un chapeau et des verres solaires adaptés.
Arrêtez de fumer : les fumeurs courent deux à trois fois plus de risque d’être atteints de DMLA.
Surveillez votre taux sanguin de cholestérol et votre pression artérielle qui semblent augmenter le risque de développer une DMLA.
Mangez des aliments riches en substances antioxydantes. La DMLA est l'une des quelques maladies où la supplémentation en substances antioxydantes (bêta-carotène, vitamines C et E, zinc), en plus de l’alimentation habituelle, a un effet prouvé. Les aliments particulièrement riches en caroténoïdes sont les choux verts, les épinards, les courgettes, les brocolis, les petits pois, le maïs, les kiwis, les oranges, les mangues et le jaune d’œuf. Le zinc est présent en quantités intéressantes dans les huîtres, le germe de blé, le foie, les viandes, les crustacés et les graines de sésame.

  • Quels compléments alimentaires pour freiner la DMLA ?
Dans le cadre du traitement de la DMLA, les ophtalmologues prescrivent un mélange d’antioxydants : vitamine C, vitamine E, bêta-carotène, oxyde de zinc, auxquels sont associés de l’oxyde de cuivre pour compenser les effets du zinc qui diminue l’absorption du cuivre par l’intestin.
En 2012, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant de la lutéine et/ou de la zéaxanthine de prétendre protéger les yeux (et en particulier la rétine) contre les effets des rayons ultraviolets ou des radicaux libres, ni améliorer la circulation sanguine dans les yeux.

  • Comment soigne-t-on la dégénérescence maculaire ?
Il existe peu de traitements contre la dégénérescence maculaire sèche, mais cette maladie progresse très lentement et ne masque jamais entièrement la vision centrale. De nombreuses personnes atteintes par cette affection mènent une vie active sans invalidité grave.
La dégénérescence maculaire humide peut être traitée par laser chirurgical pour détruire les nouveaux vaisseaux. La chirurgie au laser n'améliore pas la vision, mais elle peut ralentir la progression de la maladie.

  • Au volant, la vue...
Les conducteurs de plus de 50 ans doivent surveiller leur vision. Les modifications liées à l'âge entraînent des conséquences potentiellement dangereuses : vision nocturne diminuée, éblouissement, réduction du champ de vision, etc. Un examen ophtalmologique est indispensable tous les ans.



Source : Vidal

dimanche 17 novembre 2013

Billets-Révolution tranquille du chocolat belge


Révolution tranquille du chocolat belge

De l'autre côté de la frontière, les grandes marques ayant fait la renommée de la chocolaterie doivent faire face à l'essor d'une nouvelle génération d'artisans décidés à bousculer la tradition.

Connu et apprécié dans le monde entier, le chocolat belge n'en reste pas moins en constante évolution, voire révolution. Car les maisons établies, comme Léonidas qui va célébrer son centenaire en 2013, doivent faire face à un nombre grandissant d'artisans talentueux qui parient sur l'insatiable curiosité de la clientèle.
"Le chocolat belge traditionnel ? Certains le font très bien, notamment les grandes marques", explique Laurent Gerbaud, l'une des figures phare de cette nouvelle génération. Dans son atelier du centre de Bruxelles, nulle trace de Manon, cette grosse praline fourrée d'une crème fraîche aromatisée au café et enrobée de chocolat blanc qui a fait le succès international du chocolat belge depuis des décennies.
Le confiseur propose plutôt de petits chocolats mariés à des figues d'Izmir, des baies d'épines-vinettes iraniennes, des poires du Cap ou du yuzu japonais. "Ma priorité, c'est le goût franc, simple, avec de très bonnes matières premières. Mes produits sont moins sucrés, moins gras, ce qui répond à une demande de plus en plus forte", explique cet autodidacte trentenaire.


L'attrait pour des chocolats amers et corsés est un mouvement de fond parti de France, où le chocolat artisanal de qualité a explosé à la fin des années 1990. Mais de l'autre côté de la frontière, le phénomène a été plus lent à se concrétiser. Une des raisons est la très forte implantation des grandes marques, comme Leonidas, Godiva, Côte d'or ou Neuhaus.
De nouvelles enseignes de luxe ont émergé ces dernières années, comme Pierre Marcolini, mais la plupart des 400 artisans chocolatiers du royaume n'envisagent pas un tel essor. "Il est extrêmement difficile d'établir une marque, de fidéliser une clientèle et d'être rentable. Après onze ans d'activité, je ne fais toujours pas de bénéfices", témoigne Laurent Gerbaud, pourtant l'un des chocolatiers les plus appréciés.


  • Attachement aux recettes classiques
Pour Leonidas, le défi à relever est bien différent. "L'ambassadeur du chocolat belge" a lancé, les célébrations du centenaire de sa création par un confiseur grec, Leonidas Kestekides. Venu participer à l'Exposition universelle de 1913, il tomba amoureux d'une Belge et s'installa à Bruxelles.
Un siècle plus tard, la maison est toujours aux mains de ses descendants, qui en ont fait l'une des rares marques belges connues dans le monde entier. Elle compte aujourd'hui 1 300 points de vente dans 50 pays, qui écoulent plus d'un million de chocolats par jour, soit quelque 6 000 tonnes par an.


"Il est clair que notre potentiel de développement se situe davantage dans les pays émergents qu'en Europe, où le marché est mature", explique Hugues Moens, son directeur commercial. La Chine, où 40 boutiques Leonidas ont été ouvertes, et les pays arabes font partie des priorités. En Belgique comme en France – dans chacun des deux pays l'enseigne compte 350 magasins – l'équation entre le respect de la tradition et l'innovation est délicate. "Nous n'oublions pas que notre succès repose sur la fidélité de nos clients attachés aux recettes de base, comme la Manon, notre best-seller", souligne Claude Sénèque, le maître chocolatier de la marque.
Dans le même temps, Leonidas se doit d'attirer de nouveaux acheteurs, notamment les urbains et les jeunes pour lesquels la maison manque de modernité. Pour ses 100 ans d'existence, Leonidas a donc décidé de lancer de nouvelles pralines, plus petites et plus chocolatées, et de rajeunir le concept de ses boutiques. "En Belgique, réussir dans le monde du chocolat est de plus en plus dur. Il faut être résistant mais aussi sans cesse créatif", résume Laurent Gerbaud.


Source lemonde.fr 

vendredi 15 novembre 2013

Recettes Fromages-Crottin de Chavignol à l’émincé de poireau

 
Crottin de Chavignol à l’émincé de poireau

Préparation : 15 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 4 personnes
4 crottins de Chavignol mi-faits
3 poireaux
90 g de beurre
Farine
Huile
4 tranches de pain de mie
Cerfeuil
Sel et poivre
1. Nettoyez et coupez les poreaux en fines lamelles, puis faites-les cuire 10 minutes dans 30 cl d’eau chaude salée et poivrée, avec 60 g de beurre. Egouttez-les.
2. Coupez chaque crottin en deux et farinez légèrement leurs faces. Poêlez les demi-crottins dans un mélange chaud de beurre et d’huile (2 minutes pour chaque face).
3. Disposez les poireaux au centre de l’assiette, éventuellement mis en forme avec un emporte-pièce rond. Ajoutez les demi-crottins et une tranche de pain de mie grillée coupée en deux de part et d’autre. Saupoudrez de cerfeuil ciselé.

Cette variante plus originale du traditionnel chèvre chaud offre un mélange de saveurs et de textures très agréable.


jeudi 14 novembre 2013

Infos santé-Bain ou douche ?


Bain ou douche ?

Argument écologique d’abord. Si vous êtes persuadés, comme la plupart des défenseurs de l’environnement, que la prochaine guerre mondiale sera celle de l’eau, il n’y aura plus de choix. Avec 150 à 200 litres pour un bain contre 50 à 80 pour la douche, le problème est vite réglé.

Il y a ensuite la finalité au-delà de l’hygiène. Le bain détend et la douche tonifie. Pour le bain, les psychiatres disent que c’est un instant qui nous ramène à la vie de fœtus dans le confort tiède du liquide contenu dans le placenta. D’ailleurs, certains amateurs de bains vous disent que la température idéale est de 37° C. Tiens donc. On conseille plutôt 1 à 2 degrés de moins.
Autres précautions : pas plus d’un bain par jour et d’une durée ne dépassant pas 20 minutes. Au-delà, c’est la tonicité de votre peau qui pourrait en souffrir. La douche ne présente pas les mêmes inconvénients. Elle ne dépasse pas quelques minutes car, à la différence du bain, il est difficile – théoriquement – d’y faire autre chose que de se laver.
Bain ou douche, le problème se pose également au moment de la sortie de la petite enfance ; les mamans redoutent d’avoir à prendre la décision. Qu’elles se rassurent, c’est toujours la pudeur de l’enfant qui décide un jour que la salle de bains doit devenir privative. On consacre les premières années de sa vie au bain. Il faudrait envisager la douche pour les dernières. L’entrée et la sortie de la baignoire donnent souvent lieu à des chutes graves.
Le choix de transformer sa baignoire en une grande douche où l’on peut se tenir grâce à des barres et s’asseoir sur un tabouret est une décision souvent trop tardive des couples âgés.

Bain ou douche, peut importe d’ailleurs. L’essentiel, vous dira le médecin, est de se laver tous les jours, ce que ne fait pas 1 Français sur 3. L’occasion de tordre le cou à une rumeur qui prétend que les éléments protecteurs naturels sécrétés par notre peau doivent être respectés. Sachez que la crasse et la macération sont un danger, en plus de l’odeur, beaucoup plus que l’utilisation du savon.


 Source : Dr Jean-François Lemoine pourquoi-docteur.nouvelobs.com

mercredi 13 novembre 2013

Billets-Aboulie


Aboulie

L’aboulie (du grec ϐουλία / aboulía, composé du préfixe privatif - (a-) et de βουλή « volonté ») est un symptôme psychiatrique qui se traduit par une incapacité à exécuter les actes pourtant planifiés, et une grande difficulté à prendre des décisions.
L'aboulie est un symptôme proche de l’apragmatisme ; dans l'apragmatisme, il n'y a pas de planification, ni d'intention d'agir, contrairement à ce qui est constaté chez les patients présentant une aboulie.
L'aboulie traduit la diminution, l'insuffisance voire la disparition de la volonté et le sujet éprouve des difficultés à mettre en œuvre toute action. Malgré le ralentissement de son activité, la fonction intellectuelle n'est pas atteinte. Par contre, l'inhibition qui caractérise cette « maladie » diminue la dimension affective de la personnalité, qui garde cependant toute sa lucidité.


mardi 12 novembre 2013

Billets-Comment «sauver» Hollande ?


Comment « sauver » Hollande ?

Que faire ? Oui, que faire ? Telle est la question qui agite les stratèges de l’Elysée et dont nous vous donnerons quelque écho. Les conseillers du président, de même que sa garde rapprochée, lui suggèrent différentes solutions. Car la situation est grave, elle est même sans précédent sous la V éme République : jamais un hôte de l’Élysée n’a affronté une cote de confiance aussi basse moins de deux ans après son accession au pouvoir.
La révolte ne gronde pas seulement en Bretagne mais dans tout le pays ; toutes les catégories sociales, ou presque toutes, sont mécontentes, parfois pour des motifs divergents, le plus souvent pour le même : la pluie d’impôts et les avalanches de taxes qui ne cessent de nous tomber dessus. Mais le pire est que la fronde touche la majorité présidentielle, y compris les élus de gauche. Non seulement Samia Ghali, sénateur socialiste, a laissé huer Hollande et Ayrault le soir des primaires marseillaises où elle a été battue mais, à son retour au Palais du Luxembourg, elle a été applaudie sur les bancs de la gauche, y compris ceux du groupe socialiste ! De leur côté, les Verts ont appelé les lycéens à manifester contre le gouvernement où siègent pourtant deux des leurs, récidivant en participant aux manifestations en Bretagne contre ce même gouvernement.
Sans compter que, au Sénat, de plus en plus nombreux sont les projets de loi repoussés par la gauche après avoir été approuvés en première lecture au Palais Bourbon.
N’évoquons que pour mémoire les conflits publics entre ministres et les reculades successives du gouvernement : c’est le pain quotidien d’un pouvoir incompétent et qui improvise à chaque instant en fonction des rapports de force du moment.
Or, que fait Hollande ? Rien. Il fait les gros yeux mais ne sévit jamais. Il semble être le spectateur d’une situation qui le dépasse. Il ne maîtrise plus rien. Le pays s’enfonce dans la crise, alors que d’autres – c’est le cas de l’Espagne et même celui de la Grèce – commencent à discerner le bout du tunnel. Il faut donc faire quelque chose pour arrêter cette dégringolade. Les députés de gauche, qui se font insulter quand ils retournent dans leur circonscription, en sont les premiers convaincus. Un hebdomadaire soutien de toujours de Hollande, Le Nouvel Observateur, posait la question à sa « une » en septembre 2012, avec la photo du président et de son gouvernement : « Sont-ils nuls ? ». Un an plus tard, le même journal écrit : « Aujourd’hui, la seule retouche à cette manchette serait d’enlever le point d’interrogation ». Ainsi les rats quittent le… « pédalo ».


  • Oui, que faire ?
Un remaniement ? Ce ne serait pas un « remède » à la mesure de la crise qui frappe le pouvoir, dit-on à l’Elysée. C’est un fusil à un coup. Que ferait-on après des municipales et des Européennes catastrophiques si l’on a déjà tiré cette cartouche ? L’effet d’un remaniement sur l’opinion ne dure que deux ou trois semaines tout au plus et personne ne serait bouleversé par le limogeage de quelques ministres dont ils ne soupçonnent même pas l’existence ! Sauf… sauf si Ayrault lui-même était remercié, à condition de le remplacer par un premier ministre à poigne qui remettrait de l’ordre dans cette abbaye de Thélème qu’est devenu le gouvernement. Mais, là, deux obstacles surgissent.
Le premier est qu’un tel chef du gouvernement ferait de l’ombre au président puisque celui-ci lui confierait une mission qu’il est incapable d’assumer lui-même, confessant ainsi son impuissance. Au moins avec Ayrault, de ce côté-là, il est tranquille : il est aussi falot que lui.
Le second étant que, finalement, ceux qui peuvent « faire le job » ne sont pas si nombreux que ça. Valls ? Ce serait l’insurrection de son aile gauche. Fabius ? Un revenant qui donnerait un coup de vieux aux électeurs.
Aubry ? Depuis que Hollande lui a préféré Ayrault en 2012, elle s’est repliée sur le beffroi de Lille et ignore superbement Hollande, quand elle ne s’en moque pas en privé. En outre, elle serait une redoutable rivale si elle se lançait dans la course pour lui succéder en 2017. Reste la « solution » d’un inconnu venant de la société civile, un économiste, du genre Raymond Barre, mais les Français sont aussi en guerre contre les technocrates et autres experts qui maîtrisent les chiffres mais ignorent les hommes.
Il a encore à sa disposition l’arme ultime : une dissolution suivie de nouvelles élections. Ce serait en effet l’attitude la plus logique et la plus « républicaine ». Quand il existe un tel fossé – que dis-je : un abîme ! – entre le pouvoir et l’opinion, il faut en appeler au peuple. Evidemment, les socialistes seraient largement battus ! « Nous reviendrions avec 100 députés », assure Bartolone, président de l’Assemblée nationale, contre près de 300 maintenant. On songe spontanément au précédent de 1997 qui vit Chirac dissoudre imprudemment l’Assemblée nationale pour se retrouver ensuite avec Jospin à Matignon.
Oui, mais ce n’est pas à ce désastreux épisode-là que les machiavels élyséens songent mais à celui de …1988 qui vit Mitterrand confortablement réélu, avec 54 % des voix, alors que, deux ans plus tôt, plus de 50% des Français ne lui faisaient plus confiance. Entre ces deux dates, il y eut la cohabitation avec Chirac sur qui retomba l’impopularité d’une politique de rigueur. La cohabitation serait donc la seule chance pour Hollande d’être réélu. Et ceux qui lui suggèrent la dissolution lui font remarquer qu’en 1986 Chirac était populaire comme premier opposant au socialisme. Ce serait plus facile en 2017 car Copé, actuel président de l’UMP, est presque aussi impopulaire que lui et la logique institutionnelle voudrait que ce soit lui qu’il appellerait pour former le gouvernement de cohabitation. (L’Elysée écartant la victoire d’un Front national dans le cadre du scrutin majoritaire).
Hollande franchira-t-il le pas ? Acceptera-t-il le pari de perdre les législatives anticipées pour gagner la présidentielle en 2017 ? Nul ne le sait, il garde secrètes ses intentions. Mais certains assurent que, eu égard à son aboulie, le plus probable est qu’après avoir examiné toutes les options, il n’en retienne aucune, se contentant de faire le gros dos en attendant que le salut lui vienne d’une reprise mondiale de l’économie…


Source Bulletin d’André Noël N° 2350 le 4 novembre 2013

lundi 11 novembre 2013

Billets-Bob l'éponge, nouvelle idole des conservateurs


Bob l'éponge, nouvelle idole des conservateurs

Le héros de dessin animé, longtemps critiqué par la droite américaine, a fait irruption dans le débat sur la politique économique du pays. Les conservateurs veulent désormais voir en lui un symbole de la lutte contre l'assistanat.
  
Le héros de dessin animé Bob l'éponge, une éponge de mer loufoque et populaire partout dans le monde depuis sa première apparition télévisuelle en 1999, est devenu la nouvelle coqueluche des conservateurs américains, selon le magazine de gauche Mother Jones. La raison : un épisode qui sera diffusé lundi 11 novembre intitulé "Bob, t'es viré".

Le héros, licencié pour que son patron puisse "économiser un sou entier", refuse l'aide sociale et rembarre son ami, l'étoile de mer Patrick, lorsque celui-ci lui enseigne les points positifs du chômage : "du temps libre et de la nourriture gratuite". "Le chômage est peut-être amusant pour toi, mais moi je veux travailler", lui rétorque Bob l'éponge.

Et la machine conservatrice s'est emballée : "Bob l'éponge critique l'Etat providence et prône l'auto-suffisance", se réjouit ainsi le site Breitbart. "Grâce à ses compétences, Bob l'éponge n'en est pas réduit à quémander l'aide sociale", ajoute la chaîne très conservatrice Fox News, qui le décrivait encore il y a peu comme un "dangereux outil de propagande lavant les cerveaux de nos enfants à propos du réchauffement climatique".

La diffusion de cet épisode intervient alors que d'énormes coupes ont été réalisées dans le programme d'aide alimentaire américain. Le budget de ce programme, qui béneficie à des millions de pauvres, a ainsi été amputé de 5 milliards de dollars (3,7 milliards d'euros) le 1er novembre et ce sont environ 3,8 millions de personnes qui vont arrêter de le percevoir d'après Mother Jones. Le lien était facile à établir pour les conservateurs car, comme l'écrit le New York Post, "notre héros ne finit pas à l'aide alimentaire".

Le président de Nickleodon, la société productrice du dessin animé, a démenti toute volonté de créer une tempête politique mais a reconnu qu'"une partie du succès de Bob l'éponge réside dans sa capacité à s'inscrire dans l'air du temps, tout en restant amusant pour le public". Le site d'informations Politico a tenu à refréner l'empressement des conservateurs à faire de Bob l'éponge leur nouveau symbole : "Donc, une éponge qui vit dans un ananas sous l'océan n'a pas besoin de l'aide gouvernementale. Bien. Cela veut donc dire que personne n'en a besoin ?"



 Dessin Portrait de Bob l'éponge/capture d'écran.
Source Courrier International

vendredi 8 novembre 2013

Billets-La guerre se répète


La guerre se répète

Après l’assassinat des journalistes de RFI, les groupes touaregs sont soupçonnés de déstabiliser le Sahel.

L’assassinat des journalistes de RFI a dévoilé ce que la France et le Mali tentaient de cacher : la guerre n’est pas finie. Comme en 2012, avant l’intervention française, les groupes touaregs sont soupçonnés de déstabiliser le Sahel et de faire alliance avec les djihadistes.

 Dessin de Chappatte paru dans Le Temps, Genève.
Source Courrier International

jeudi 7 novembre 2013

Billets-Hollande : un leader incohérent


Hollande : un leader incohérent

Ce n’est pas son impopularité record qui devrait inquiéter François Hollande, mais plutôt son incapacité à réformer en profondeur un pays miné par les corporatismes.

Le président François Hollande découvre aujourd’hui l’existence de deux types d’impopularité politique. Le premier atteint un leader lorsqu’il prend des décisions “difficiles mais indispensables”, notamment à mi-mandat. Ce sont les électeurs qui en souffrent et expriment leur désaccord dans les sondages, en particulier lors d’élections partielles. Dans le contexte britannique, c’est ce qu’on pourrait appeler le “modèle Thatcher”. Une telle politique finit par porter ses fruits et le dirigeant retrouve sa popularité. L’autre sorte d’impopularité est celle des leaders simplement incohérents, dont les réformettes suffisent tout juste à dresser l’électorat contre eux et leur gouvernement, mais ne produisent guère de résultats ou ne leur apportent pas de nouvelles voix en période électorale. C’est ce qu’on pourrait appeler le “modèle Major” [John Major, Premier ministre britannique (1990-1997) conservateur ayant succédé à Margaret Thatcher].

Ainsi, le fait qu’il soit le président le plus impopulaire de l’histoire de la Ve République ne devrait pas inquiéter Hollande outre mesure. Il vient seulement de terminer les dix-huit premiers mois de son long mandat, et s’il poursuivait les politiques et les réformes dont la France a si cruellement besoin, il serait assuré au moins d’aller dans le bon sens et d’œuvrer à terme pour le bien du pays, ce dont sa popularité finirait par bénéficier, comme ce fut le cas pour Thatcher.

John Major. Or, de toute évidence, Hollande suit le modèle John Major : il rogne mollement sur l’Etat providence sans réformer en profondeur l’économie française, qui n’est pas compétitive et ne crée pas assez d’emplois, loin de là, pour assurer un avenir à ses jeunes. Ce n’est pas nouveau – les émeutes des banlieues il y a huit ans en témoignent. Mais la faible croissance de l’économie française commence à saper le niveau de vie des classes moyennes gâtées, très préservées jusqu’à présent (les agriculteurs n’étant pas encore touchés).

Hollande, pendant et après sa campagne électorale, a endormi les électeurs avec un programme essentiellement frauduleux, leur faisant croire qu’imposer les riches et accabler les banques allait remédier au malaise. Il se trompait, bien sûr, et les vrais problèmes persistent : un Etat dépensier ; des politiques dirigistes et chauvines, tant dans l’agriculture que dans l’industrie automobile (voici un pays qui considère la fabrication des yaourts comme un intérêt national “stratégique”) ; un marché du travail sclérosé ; des prestations sociales trop généreuses ; et l’attachement à un mode de vie, une culture, une langue et une cuisine que ses détracteurs jugent xénophobes. Le français est une belle langue et la baguette un bienfait pour l’humanité, mais la résistance obsessionnelle aux commodités anglo-saxonnes, à l’heure où le pain de supermarché et les McDonald’s attirent de plus en plus de clients, est symptomatique d’un peuple de moins en moins sûr de lui.

François Hollande succombe à son tour au mal qui a frappé Nicolas Sarkozy. Porté par une aspiration nationale, il veut redonner à la France son rang de grande puissance économique, mais ne veut pas tenir tête aux corporatismes qui font échouer toute tentative de mener à bien les réformes dont dépendent la puissance et la prospérité d’un pays. Hollande pourrait suivre l’exemple de François Mitterrand dans les années 1980. Après une brève expérience socialiste, couronnée par l’adoption de la semaine de 39 heures, Mitterrand a fait volte-face pour s’orienter vers le conservatisme budgétaire, associé à une politique du franc fort qui a discipliné l’économie et conduit à la monnaie unique. Jusqu’à présent, Hollande n’a pas l’air taillé dans le même bois que son prédécesseur socialiste.

 Dessin de Mix & Remix paru dans L’Hebdo, Lausanne.
Source Courrier International

Billets-Abolir l’esclavage de la prostitution


Abolir l’esclavage de la prostitution

Au moment où paraît en France un manifeste pour “aller aux putes” sans entraves, la journaliste et militante féministe Alice Schwarzer mobilise 90 personnalités et part en campagne pour l’abolition de la prostitution.
 
La prostitution, “le plus vieux métier du monde” ? “Un métier comme les autres” ? La prostitution n’étant pas vouée à disparaître, c’est une utopie de vouloir la supprimer ?

C’est faux. Il n’y a pas si longtemps, l’abolition de l’esclavage aussi paraissait utopique. Et même si l’esclavage n’a pas entièrement disparu de ce monde, il serait aujourd’hui impensable pour un Etat démocratique, éclairé, de le tolérer, voire de le laisser s’étendre. Or c’est précisément ce que fait l’Allemagne avec la prostitution : elle tolère, elle soutient même cette forme d’esclavage moderne (ce white slavery – “esclavage blanc”). La réforme de la loi sur la prostitution de 2002, censée servir les 700 000 femmes (estimation moyenne) qui travaillent dans cette branche, porte la griffe des trafiquants de femmes et de leurs lobbyistes.

Depuis, l’Allemagne est devenue la plaque tournante du trafic de femmes en Europe et le paradis des touristes du sexe venant des pays voisins. Voilà l’exception allemande. Même les Pays-Bas font marche arrière. Les pays scandinaves, eux, interdisent et sanctionnent depuis des années déjà le fait d’avoir recours à une prostituée. La France et l’Irlande sont sur le point de leur emboîter le pas. Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, le trafic de femmes et la prostitution, indissociables l’un de l’autre, sont le secteur, avec le trafic d’armes et le trafic de drogue, dont les taux de profit sont les plus élevés (plus de 1 000 %). Or ces profits ne vont pas aux femmes. Même la minorité de prostituées d’origine allemande, souvent victimes dès l’enfance de violences sexuelles, vivent à plus de 90 % dans la pauvreté lorsqu’elles atteignent la vieillesse. Le cas des étrangères qui se prostituent sous la contrainte ou pour échapper à la misère est pire encore.

Le système de la prostitution est à la fois une exploitation et une perpétuation de l’inégalité traditionnelle entre les hommes et les femmes (comme entre les pays et les continents). Ce système rabaisse les femmes, qui ne sont plus que sexes vénaux, et nuit à l’égalité entre les sexes. Il injecte une brutalité dans le désir et affecte la dignité humaine des hommes comme des femmes – y compris celles qui ont “choisi librement” la prostitution.

C’est pourquoi nous exigeons des responsables politiques et de la société : – une modification de la législation qui mette un terme le plus rapidement possible à la libéralisation du commerce des femmes et de la prostitution, et qui protège les femmes ainsi que la minorité des hommes prostitués ;
– des mesures de prévention en Allemagne et dans les pays d’origine des prostituées, ainsi que des moyens pour aider les femmes à sortir de la prostitution. Des mesures de protection pour celles qui témoignent afin de les prémunir contre les expulsions et de leur garantir le droit de séjour ;
– l’information la plus large, dès l’école, sur les conséquences auxquelles s’exposent ceux qui achètent des femmes ;
– la proscription et, si nécessaire, la condamnation des clients, c’est-à-dire des personnes qui achètent des femmes, sans qui ce trafic humain n’existerait pas ; – des mesures qui mènent à court terme à l’endiguement et à long terme à l’abolition du système de la prostitution.
Oui, on peut imaginer une vie dans la dignité.

 Dessin d’Ares, Cuba.
Source Courrier International

Billets-Évasion fiscale


Évasion fiscale... Panique générale en Suisse

Les Français qui ont des comptes non déclarés en Suisse ont deux mois pour se mettre en règle avec le fisc. Et certains imaginent des solutions rocambolesques pour cacher leur argent, écrit le magazine helvète Bilan.

Deux mois : c’est le temps qu’il reste aux évadés fiscaux français pour se mettre en règle avec le fisc ou fermer leurs comptes en Suisse. Mi-septembre, les plus grosses banques helvètes ont envoyé des lettres à leurs clients non déclarés pour leur enjoindre de régulariser fissa leur situation. Depuis, ”c’est la panique générale”, écrit le site du magazine économique suisse Bilan.

Si certains ont décidé de déclarer leur argent, d’autres tentent de passer la frontière ni vu ni connu. La Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières a enregistré une explosion de plus de 500 % des saisies d’argent liquide début septembre. ”Dans le sauve-qui-peut, certains choisissent des solutions rocambolesques, comme de louer un coffre chez une société qui offre ce service sans exiger l’ouverture d’un compte bancaire”, rapporte Bilan.

Le magazine prévient : impossible de sortir tous ses sous en cash, car les banques, sous pression, limitent les retraits d’espèces. Un expert interviewé par le journal déconseille d’enterrer son argent dans son jardin ”car si l’UE ou la Suisse modifie les billets, vous ne pourrez pas les changer au guichet”. La panique ne concerne que les ”petits” fraudeurs. Les plus riches (des comptes de 20 millions d’euros et plus) sont quant à eux bien au chaud dans des trusts anglo-saxons, rapporte le magazine. Les avoirs français non déclarés placés en Suisse sont estimés à plus de 100 milliards d’euros.

Source Courrier International

mercredi 6 novembre 2013

Infographies-Obésité : un poids pour le monde




Obésité : un poids pour le monde

 L’obésité est à l’origine de 2,8 millions de décès par an sur la planète, selon l’OMS.
MARCELO DUHALDE – Ce graphiste chilien a travaillé pour le quotidien de son pays El Mercurio, avant de collaborer aux journaux omanais Al-Shabiba et Times of Oman.

Ce dernier propose chaque semaine une page d’information visuelle. Celle-ci a été publiée le 28 septembre. Elle montre, dans chaque continent et chaque pays, la part de la population en surpoids, selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’Océanie insulaire est très touchée par ce que l’OMS qualifie désormais d’épidémie mondiale.

Source Courrier International

mardi 5 novembre 2013

Billets-"Un manifeste pour la vérité" d'Edward Snowden


"Un manifeste pour la vérité" d'Edward Snowden

Ecrit à Moscou le 1er novembre, ce document est arrivé à la rédaction du Spiegel par un canal crypté. Le magazine allemand en défend la teneur et plaide, dans sa dernière édition hebdomadaire, pour qu'Edward Snowden obtienne l'asile politique en Allemagne.

En très peu de temps, le monde a beaucoup appris sur les services secrets qui agissent sans rendre de comptes à personne et les programmes de surveillance parfois illicites. Les services s'efforcent même parfois de dissimuler leurs agissements aux hauts responsables ou au public. Si la NSA [américaine] et le Gchq [britannique] semblent être les pires à cet égard – c'est ce que montrent les documents, désormais publics –, nous ne devons pas oublier que la surveillance massive est un problème mondial qui nécessite une solution mondiale.
Ces programmes ne constituent pas seulement une menace pour la vie privée, ils menacent également la liberté d'expression et l'ouverture de la société. La politique ne doit pas être déterminée par les technologies d'espionnage. Nous avons le devoir moral de faire en sorte que nos lois et nos valeurs limitent les programmes de surveillance et protègent les droits de l'homme.
La société ne peut comprendre et contrôler ces problèmes que par un débat ouvert, respectueux et éclairé. Au début, certains gouvernements, gênés par les révélations relatives au programme de surveillance massif, ont initié une campagne de persécution sans précédent afin d'étouffer le débat. Ils ont intimidé les journalistes et considéré comme un délit le fait de rendre publique la vérité. L'opinion publique n'était alors pas encore en état de mesurer l'utilité de ces révélations. Elle partait du principe que son gouvernement prenait les bonnes décisions.
Aujourd'hui, nous savons que c'était une erreur et que ces agissements ne servent pas l'intérêt général. Le débat que les gouvernements voulaient empêcher va désormais avoir lieu dans le monde entier. Et, loin de causer des dégâts, les nouvelles connaissances du public montrent clairement l'utilité de ce débat pour la société, puisque des réformes sont proposées pour mieux contrôler [ces dérives] et envisager l'élaboration de nouvelles lois.
Les citoyens doivent lutter contre la rétention d'information sur des questions d'importance vitale pour la société. Dire la vérité n'est pas un crime.


Image extraite d'une vidéo diffusée par Wikileaks, montrant Edward Snowden lors d'un dîner entre d'ex-agents d'espionnage américains et des activistes à Moscou, le 9 octobre 2013 - AFP/Wikileaks

Source Courrier International

lundi 4 novembre 2013

Billets-Générosité à la chaîne


Générosité à la chaîne

Les drive-through des chaînes de restauration rapide nord-américaines sont le théâtre d’un mouvement d’altruisme inattendu.

Il n’est en effet pas si rare pour les clients en voiture d’entendre le caissier lancer, au moment de régler l’addition : “La personne précédente a payé pour vous.” “Il arrive que des centaines d’automobilistes achètent tour à tour le repas du client suivant”, note The New York Times. L’idée est de faire un cadeau désintéressé à un inconnu, qui fera sûrement de même, et de créer ainsi une chaîne de générosité. “Il s’agit de donner et de montrer aux autres que le monde n’est pas si mauvais”, explique Connie Herring, un opticien du Minnesota, habitué à payer le repas du client suivant au moins une fois par semaine.

Si les Etats-Unis découvrent tout juste le phénomène, c’est au Canada que se battent les records en la matière. En décembre 2012, un restaurant de la ville de Winnipeg a vu 228 clients de suite offrir son repas à l’automobiliste qui les suivait.


Source Courrier International

dimanche 3 novembre 2013

Billets-Hervé Juvin «La Grande Séparation»


Hervé Juvin «La Grande Séparation»

« La solidarité ne peut exister que dans de véritables communautés ; la planète uniformisée et atomisée que Jacques Attali appelle de ses vœux serait un enfer dans lequel la cupidité anonyme règnerait sans limites. »
Après « Le Renversement du monde », Hervé Juvin publie un nouveau livre majeur : « La Grande Séparation ». Il y analyse le recul de la mondialisation, le retour des frontières, la montée des affirmations identitaires. Un essai brillant et documenté et pourtant aussi plaisant à lire qu’un roman.

Hervé Juvin vient de publier le troisième ouvrage d’une trilogie dont les deux premiers étaient intitulés L’Avènement du corps et Produire le monde ; cet ouvrage est intitulé La Grande Séparation et est une ode à la diversité du monde naturel en général et humain en particulier. Cet ouvrage est particulièrement bienvenu à un moment où les sociétés occidentales tendent à détruire le premier et à unifier le second.

Comment peut-on être de Guémené (*) en 2013 ?
C’est sur cette interrogation, qui peut surprendre, que s’ouvre ce livre dérangeant et important. En effet, comment peut-on se réclamer d’un terroir et d’une tribu en ces temps de nomadisme ? Comment peut-on préférer, parmi tous les terroirs magnifiques que compte notre planète, l’un d’entre eux en particulier et comment peut-on avoir besoin de cultiver des liens privilégiés avec les indigènes de ce terroir en ces temps d’individualisme obligatoire ? Contrairement à ce que disent en boucle les chantres de la mondialisation heureuse, l’enracinement dans une communauté n’est pas haine de l’autre mais il établit une distinction qui seule est à même de permettre la solidarité ; car, comme l’a bien compris le philosophe Jean-Claude Michéa, la solidarité ne peut exister que dans de véritables communautés ; la planète uniformisée et atomisée que Jacques Attali appelle de ses vœux serait un enfer dans lequel la cupidité anonyme règnerait sans limites.

Il est évident que la division de l’humanité en communautés dotées de leurs propres cultures et de leurs propres intérêts est susceptible de générer des conflits mais, comme l’a écrit Claude Lévi-Strauss, c’est le prix à payer pour maintenir la diversité humaine. Par ailleurs, l’argument des mondialistes qui affirme que la paix éternelle et universelle impose la création d’un Etat mondial ne vaut rien parce qu’un tel Etat supprimerait sans doute les guerres inter-étatiques mais non les guerres civiles, lesquelles sont les plus dures. En fait, l’unification mondialiste ne peut venir à bout du conflit, lequel est au cœur de notre nature. La suppression des frontières étatiques ne marque pas la fin des conflits de nature économique, sociale, religieuse ou ethnique et, quand les Etats historiques disparaissent, de nouvelles tribus se forment, en général sur des bases ethniques ou religieuses. L’organisation du monde sur la base d’Etats souverains telle que nous l’avons connue au cours des derniers siècles a permis une diminution importante de la mortalité guerrière par rapport aux périodes antérieures, comme l’a montré Jean Guilaine dans son livre intitulé Sur le sentier de la guerre.

Le Même et l’Autre
Une des caractéristiques principales de la civilisation occidentale réside dans son refus de l’Autre, dans sa volonté d’imposer la Mêmeté ; mais cette obsession de l’uniformisation est une autre forme du racisme, un racisme qui nie l’Autre et qui lui impose de se fondre dans le Même.
Le livre d’Hervé Juvin est un plaidoyer en faveur de l’Autre, de tous les Autres, un plaidoyer en faveur de la différence et de la pluralité. Ce livre, qui est consacré à la problématique essentielle du XXIe siècle, universalisme versus pluralité, est une vraie bouffée d’air frais et le signe d’un changement qu’il décrit. L’humanité a goûté au cosmopolitisme pendant quelques décennies et en a déjà fait le tour ; elle a constaté tout ce que cette idéologie avait de pervers. Hervé Juvin lève le voile sur ses fondements véritables qui sont tout sauf désintéressés : « La proclamation d’une ère post-nationale, les agressions organisées contre les nations européennes et les peuples du monde ont le même objectif : assurer à la révolution capitaliste la maîtrise d’un monde unique et d’une société planétaire d’individus à disposition. »

La grande séparation
Il y a deux façons d’envisager la grande séparation : celle des oligarques mondialistes, qui séparent les hommes verticalement – dirigeants de l’ordre libéral mondialisé d’une part, exécutants de l’autre, eux-mêmes séparés en sous-catégories plus ou moins éloignées de la caste dirigeante ; et il y a celle des partisans d’une anthropologie pluraliste, qui sépare horizontalement l’humanité en communautés « organiques ». La deuxième façon de séparer, qui est celle que promeut Hervé Juvin et qui participe de ce qu’on peut appeler la cause des peuples (il écrit : « Il faut inverser radicalement la proposition des droits de l’homme : les droits des peuples d’abord, comme la conférence d’Alger les avait affirmés en 1974, les droits de l’individu ensuite »), présente deux avantages : elle permet la pratique d’une vraie solidarité et la satisfaction de notre besoin d’identité. Quant à la première, elle permet de satisfaire l’égo de certains mais elle mène à l’anomie car, comme l’écrit Hervé Juvin : « L’anomie qui guette nos sociétés en voie de décomposition ethnique, morale et sociale rapide n’est pas un dommage collatéral de l’avènement de l’individu, du constructivisme juridique et de la primauté de l’économie. Elle en est une composante essentielle ». Elle mène aussi, du fait de l’affaissement des solidarités, à l’injustice et à la montée des inégalités, comme nous le constatons depuis trente ans.
Ces deux modes de séparation sont présents simultanément : d’un côté, les firmes transnationales sont de plus en plus puissantes, les organisations néo-libérales (OMC, FMI, Banque mondiale) et les oligarchies régionales qui leur sont liées continuent d’appliquer leur programme visant à l’éradication des Etats historiques, tout particulièrement en Europe où l’organisation de Bruxelles continue sa marche frénétique vers l’atomisation des peuples ; d’un autre côté, on constate une augmentation permanente du nombre des Etats et des résurgences de plus en plus fréquentes d’identités ethniques ou religieuses. Il y a aussi une renaissance des patriotismes traditionnels ; ainsi en Europe, le choc de la mondialisation imposée par Bruxelles a provoqué la naissance de révoltes patriotiques et anti-européistes qu’on ne croyait plus possibles depuis 1968.

Source polemia.com

samedi 2 novembre 2013

Billets-À l’Élysée, le blues des conseillers du chef de l’État


À l’Élysée, le blues des conseillers du chef de l’État

Ambiance morose dans les couloirs du palais présidentiel, où les hommes et les femmes de l’ombre, déstabilisés par le mode de fonctionnement de François Hollande, ne cachent pas leur inquiétude.

L’automne est si doux que les arbres du parc de l’Élysée résistent. À l’intérieur du palais, en revanche, l’ambiance est glacée. Les conseillers du président continuent de travailler mais ces sondages qui leur arrivent chaque jour plus mauvais les affectent. «L’ambiance est lourde, pesante», reconnaît un familier du palais.
Devant les journalistes, les collaborateurs de François Hollande continuent de défendre leur président. Pied à pied. Mais avec des élus ou des proches, ils n’hésitent plus à faire part de leur inquiétude. «Comment vas-tu? Mieux que nous, forcément!», riait jaune l’un d’eux, la semaine dernière, devant un ami. «Pardonnez mon retard, nous étions en train de régler les derniers détails de la dissolution», plaisantait, grinçant, un deuxième, en arrivant à un rendez-vous. «C’est dur, injuste», soupire un troisième. Un conseiller ministériel résume, sidéré: «Les conseillers de l’Élysée sont perdus.»

Les hommes et les femmes du président avaient rêvé de ce retour au pouvoir, après dix ans dans l’opposition. Ils avaient rejoint l’Élysée plein d’enthousiasme, avec la volonté de redresser le pays qu’avait tant «malmené Sarkozy», disaient-ils. «Nous allons réparer l’État», leur avait glissé le secrétaire général, Pierre-René Lemas.
Dix-sept mois plus tard, ils en ont rabattu. L’état catastrophique des finances publiques et le nécessaire redressement des comptes ne leur laissent aucune marge de manœuvre. Certains, qui avaient applaudi le discours du Bourget, ont dû remiser leurs convictions de gauche, priés de mettre en œuvre une politique sociale-libérale. Et ils sont las des polémiques, qui occultent les réformes. «Bah, ça devrait s’apaiser entre le 24 et le 31 décembre…», ironise un conseiller.



Quant à Hollande, ils ont compris son fonctionnement, et les limites de celui-ci. Un président à la fois solitaire et accessible (trop?) qui ne sait pas dire non, entretient le flou et l’ambiguïté, jusqu’au dernier moment, au risque d’«insécuriser» toute la chaîne de commandement. Ses conseillers travaillent sur une hypothèse qu’ils croient validée au sommet, avant de découvrir que le président a tranché pour une autre, parfois par un SMS envoyé au ministre concerné. «Les conseillers de l’Élysée sont parfois humiliés, constate un député, stupéfait par ce mode de management. Il faut que le président arrête de gouverner par SMS!» Un ministre reconnaît que le dispositif élyséen est à bout de souffle: «Quand Hollande était premier secrétaire du PS, il avait Stéphane Le Foll. Quand François disait “oui”, Stéphane passait derrière pour dire: “Il t’a dit oui, mais c’est non”. Il lui manque quelqu’un qui clarifie.»

Dans les couloirs du palais, beaucoup évoquent avec nostalgie l’époque Jospin, qui s’est pourtant mal terminée: la gauche avait «un chef», la majorité était «organisée, tenue». «C’est à nous de nous adapter à la méthode du président, pas l’inverse!», s’agace un conseiller. Certes. Cela n’empêche par le doute de s’immiscer. «On a toujours dit que Hollande était un bon stratège ; eh bien ce n’est pas Dieu le Père!», lâche un poids lourd hollandais. Un conseiller défend: «Hollande a commencé à 3% (pendant la primaire PS) et il a fini président. Il ne doit rien à personne. Tout à lui-même.»


Source fortune.fdesouche.com