dimanche 20 octobre 2013

Billets-Finkielkraut : l’agité de l’identité


Finkielkraut : l’agité de l’identité

Avec son nouvel essai, «l’Identité malheureuse», Alain Finkielkraut occupe tous les écrans, toutes les ondes, toutes les gazettes depuis une semaine. Un condensé de toutes les obsessions réactionnaires du moment.

Avec son nouveau livre, Alain Finkielkraut vient de s'exposer à un douloureux supplice de Tantale. Intitulé l'Identité malheureuse - choix étrangement autoparodique -, celui-ci tourne en effet autour de toutes les obsessions douloureuses de l'auteur sans manifestement parvenir à les soulager.

Ces obsessions, quelles sont-elles ? Le voile et « l'immigration de peuplement » en train de changer le visage de la France, la sempiternelle dénonciation des bobos entêtés de « diversité » et des élites hexagonales animées par la haine de la France, une petite musique de plus en plus entêtante depuis le milieu des années 2000 et qui aura pulvérisé le « front républicain » autant que fait exploser les tirages de feuilles hier encore confidentielles comme Valeurs actuelles.

Un crooner échaudé. Thèse générale : la France se déteste et ne célèbre les identités que lorsque celles-là sont exotiques. Son surmoi littéraire s'est par ailleurs effondré, et, manque de bol, les immigrés auxquels elle est aujourd'hui confrontée lui offrent le visage inédit de «l'Autre haineux». Tout n'est pas faux dans ce bouillon, à commencer par le concept de «romantisme pour autrui» qui restera comme la trouvaille du livre.

Tout y est d'autant moins critiquable que l'auteur donne l'impression constante de ne jamais arriver à y vider son sac, celui-là même qu'il déballait par exemple le 22 septembre dernier aux auditeurs de RCJ, en se lançant dans une défense enflammée de la «préférence nationale» et en s'extasiant sur le fait que le second de Marine Le Pen soit allé s'incliner sur la tombe du général de Gaulle.

Le problème, c'est que tel un crooner qui devrait enfin apparaître en pleine maîtrise de ses standards, Finkielkraut ne semble plus oser pousser la chansonnette, ou si peu, tant il donne le sentiment de fuir le pénible miroir qui lui fut tendu après ses déclarations incontrôlées de 2005 sur les émeutes de banlieue. Ainsi avons-nous droit, dans l'Identité malheureuse, à une longue rétrospective sur l'affaire du voile de Creil, en 1989, à des récapitulatifs appliqués sur les visions opposées de la nation française chez Barrès et Renan, à d'éternelles anecdotes ébouriffantes sur la barbarie collégienne, le tout agrémenté de coups de sang dérisoires contre le langage de routier de la miss Météo de Canal + ou des films déjà oubliés comme La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli.

Avec ce feel good book réactionnaire, aux formules souvent bien frappées, Finkielkraut arrachera la prochaine une du Point et pourra aisément faire la roue jusqu'à Noël devant des critiques complaisants qui le présenteront comme le dernier poste avancé de la haute culture européenne. C'est ainsi. Les médias aiment Finkielkraut, car Finkielkraut aime les médias : à la suite d'un développement sur Pascal, il peut tout à fait citer Christophe Barbier.

Lorsque l'auteur se réclame avec insistance de Lévi-Strauss pour appuyer sa propre vision apeurée de l'identité nationale, on se pince toutefois. S'il est une chose que le géant de l'ethnologie incarnait, contrairement à Finkielkraut qui se vantait récemment de penser « sous le choc des événements », c'est bien le refus du narcissisme occidental et le regard distancié de celui qui sait mettre plusieurs siècles d'épaisseur et de calme entre les événements et lui.


Photo Alain Finkielkraut - JEROME MARS/JDD/SIPA
Source marianne.net


vendredi 18 octobre 2013

Billets-La liberté de la presse dans le monde


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La liberté de la presse dans le monde

Dans une carte du monde de la liberté de la presse, Reporters sans frontières fait le point sur l'état de la censure qui pèse sur les médias dans chaque pays du globe.

Carte de la liberté de la presse dans le monde, réalisée par Reporters Sans Frontières
L’optimisme né des Printemps arabes de 2011 a fait long feu. Les régimes changent, les habitudes de censure et de répression demeurent. Le rouge gangrène la carte de la liberté de la presse, tandis qu’une Syrie noircie par les tueries et les prises d’otages de journalistes, rejoint l’abîme du classement où règnent sans partage l’Erythrée, le Turkménistan et la Corée du Nord, véritables trous noirs de l’information.

La Chine et l’Iran chassent le site et l’internaute dissidents. Les Etats-Unis traquent le lanceur d’alerte, l’Europe les sources embarrassantes. Rares lueurs d’espoir : la Finlande, havre de paix pour les journalistes, et la Birmanie, sur la voie – certes chaotique – des réformes.

En Amérique latine, pourtant sortie des dictatures depuis trente ans, on continue de mourir d’avoir dénoncé la corruption, le narcotrafic ou les privilèges des latifundiaires. Bienvenue dans le monde de la banalisation de la censure.

jeudi 17 octobre 2013

Recettes anti-cholestérol-Purée de potiron aux oignons


Purée de potiron aux oignons

Préparation : 10 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes
1.2 kg de potiron
400 g d’oignons
50 g de riz rond
2 gousses d’ail
1 cuillerée à soupe de curry
Sel
1. Retirez les graines, les filaments et la peau du potiron et coupez la pulpe en gros cubes. Epluchez les oignons et coupez-les an quatre. Pelez l’ail, coupez les gousses en deux et ôtez le germe central.
2. Mettez le potiron, l’ail et les oignons dans une casserole à fond épais avec 20 cl d’eau et portez à ébullition.
3. Ajoutez le riz, mélangez, salez, couvrez et laissez cuire 30 minutes.
Egouttez le contenu de la casserole dans une passoire, puis mettez-le dans le bol du robot et réduisez-le en purée.
4. Ajoutez le curry et rectifiez l’assaisonnement, puis servez.

Les potirons se récoltent à complète maturité et se consomment cuits. Très légers en calories et concentrés en micronutriments, on peut les préparer de très nombreuses manières comme légume ou comme dessert : en soupe, en purée, en gratin, en tarte, en tourte, en confiture...., voire en glace.
Riche naturellement en β-carotène, sa densité nutritionnelle élevée en fait un légume à consommer régulièrement dans le cadre de la prévention des cancers ou des maladies cardio-vasculaires. La consommation de 150 grammes permet de couvrir la totalité des besoins quotidiens en provitamine.

Par portion
138 kcal – 577 kj
Protides : 3 g
Lipides : 2 g
Glucides : 27 g
Acides gras saturés : 0.1 g
Cholestérol : 0 g


mercredi 16 octobre 2013

Billets-La France s’est américanisée


La France s’est américanisée

Journaliste politique, ancien éditorialiste à Libération, Éric Dupin a parcouru l’Hexagone en dix-sept voyages, pendant plus d’un an, à la rencontre de Français ordinaires. Il dresse le portrait contrasté d’un territoire qui s’est profondément modifié et d’une population qui se cherche des repères.

  • Le sous-titre de votre livre, Voyages en France, est “la fatigue de la modernité”. Qu’est-ce à dire ?
En partant, je ne cherchais pas à prouver quoi que ce soit, j’en avais juste assez du parisianisme et je voulais rencontrer au petit bonheur la chance des Français de tous horizons. Je n’avais donc pas vraiment de fil conducteur établi mais, petit à petit,
je me suis rendu compte que le point commun de tous les gens que je rencontrais était de ressentir une sorte de fatigue de la modernité.
La modernité, non pas au sens de la philosophie des Lumières, mais l’hyper-modernité, provoquée notamment par la mondialisation, et qui engendre une forte accélération du temps et une profonde métamorphose du territoire.

  • Quelles sont ces nouvelles représentations de l’espace dont vous parlez?
On assiste au déclin de la ville européenne traditionnelle, qui mêlait différentes activités en son sein et permettait donc une vraie mixité sociale et professionnelle, au profit d’une spécialisation des espaces.
C’est une sorte d’”américanisation” du territoire.
C’est-à-dire qu’il existe maintenant, comme aux États-Unis, un zonage de l’espace avec d’un côté des centres-ville, qui se ressemblent de plus en plus. Autour, les anciens quartiers populaires qui se gentrifient avec une population plus jeune et aisée tandis que, plus loin, on trouve les “quartiers sensibles”, dont les concentrations ethniques sont tristes à constater. Plus loin encore, ce sont les zones industrielles et commerciales, avec l’hypermarché, devenu le véritable centre de l’activité urbaine. C’est là que les foules se rencontrent, et que s’établissent les rites sociaux, surtout le samedi. C’est un peu l’église moderne…
Et puis, il y a les zones d’habitations périphériques, qui se développent de plus en plus et grignotent l’espace rural…
L’obsession de la maison individuelle fait aussi que, pour l’acquérir, les gens s’éloignent de plus en plus des centres-ville. On en voit couramment qui font 30 à 40 km pour se rendre à leur travail. En termes de fatigue, de coût environnemental et financier, le bilan n’est en fait pas fameux du tout. D’autant qu’on reproche aussi à ces populations qui passent directement du travail à leur maison, avec juste un crochet par l’hypermarché, un fâcheux repli sur elles-mêmes. Je me souviens d’une scène incroyable, dans une zone pavillonnaire, où j’ai vu une mère suivre en voiture son enfant faire de la bicyclette dans une rue pourtant déserte…
  • Stopper l’exode vers les espaces périurbains serait donc l’un des enjeux majeurs de l’avenir des villes?
De nombreux maires sont conscients du problème et cherchent dans leur commune, comme par exemple à Saintes, en Charente-Maritime, le moyen de conjuguer à nouveau différents types de population et d’activités. Mais il ne faut pas se leurrer, les obstacles sont nombreux, dont le moindre n’est pas celui du prix du foncier qui empêche les moins argentés de s’installer dans les centres-ville.
La tentation de la campagne semble pourtant plus que jamais l’un des principaux fantasmes des urbains?
Le monde rural n’est effectivement plus un monde agricole.
C’est frappant de constater que la campagne est aujourd’hui peuplée de gens qui ne travaillent pas la terre mais ont plutôt un emploi dans les petites villes avoisinantes. Quant aux agriculteurs, ils ont des exploitations de plus en plus grandes alors qu’on aurait pourtant bien besoin d’une petite agriculture, bio notamment, qui participerait de l’aménagement du territoire. Beaucoup de néoruraux ont une vraie réflexion critique sur nos modes de vie consumériste. Et, même s’ils sont minoritaires, leurs idées font leur chemin.
J’ai rencontré ainsi de nombreux provinciaux devenus “locavores“, c’est-à-dire qui consomment de manière réfléchie des produits locaux.
Le fort développement des Amap [Association pour le maintien d'une agriculture paysanne] est une belle illustration de ce qui est, à mon avis, une tendance de fond.

  • Quelle est la différence entre les “rurbains” et les “néoruraux”?
Les premiers sont des urbains qui s’installent dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres autour de la ville, profitent d’un prix de l’immobilier encore accessible et de toutes les infrastructures urbaines voisines sans les financer par leurs impôts locaux. Ni vraiment urbains ni totalement campagnards, ils essayent de combiner tous les avantages mais en subissent parfois tous les inconvénients, comme la fatigue des transports. Les néoruraux, eux, ont choisi de vraiment quitter la ville pour vivre et travailler à la campagne. Ils sont encore assez marginaux, mais je pense qu’ils sont destinés à croître.
C’est ainsi qu’on assiste à un repeuplement de régions dont on prédisait, il n’y a pas si longtemps, qu’elles se désertifiaient totalement…
En effet, selon les projections de l’Insee sur la population des régions en 2040, le Limousin et l’Auvergne, par exemple, devraient connaître une croissance démographique analogue à celle de l’Ile-de-France! Mais des inégalités persisteront entre les territoires et les moins réputés auront du mal à endiguer le déclin démographique et économique.

  • La mondialisation semble concentrer toutes les angoisses. Tout au long de votre périple, vous dites d’ailleurs qu’on vous a plus souvent parlé des Chinois que des Arabes…
J’ai été très frappé de rencontrer de nombreux dirigeants de PME/PMI, qui sont très critiques vis-à-vis du système économique et du capitalisme financier internationalisé. Ils ont un fort sentiment de dépossession car ils subissent les règles d’un jeu qu’on leur a imposé. Ils se trouvent ainsi en concurrence avec la Chine, notamment, qui n’a pas du tout les mêmes standards sociaux et environnementaux. Je me souviens d’être allé en Haute-Marne, dans une fonderie, une industrie traditionnelle, autrefois familiale, aujourd’hui rachetée par des fonds de pension. Ces entreprises changent de main au gré de fluctuations économiques qui échappent totalement aux salariés. Ceux-ci ressentent une grande insécurité en sachant que leur sort dépend d’un “patron” qui débarque un beau jour de son hélico pour leur signifier un plan social… Cela crée beaucoup de souffrance et de démotivation.

  • Vous avez aussi rencontré beaucoup de Français qui ont changé de vie, afin de mieux résister aux désordres mondiaux et hexagonaux…
J’ai été impressionné par des gens qui ont opéré des changements radicaux, que ce soit par des déménagements ou des mutations professionnelles. Ce n’est pas toujours volontaire au départ, mais au bout du compte, cela marque souvent un nouveau choix de vie. Sans idéaliser ces situations, en créant leur propre activité,
ces “mutants” gagnent souvent moins d’argent mais disent avoir retrouvé la maîtrise et le sens de leur travail.
Mais aussi, une meilleure qualité de vie et finalement plus de sérénité.

  • Paradoxalement, si la géographie humaine a été bouleversée, la référence au “pays”, au sens régional du terme, résiste…
Cela m’a effectivement surpris de rencontrer beaucoup de gens qui vivaient là où ils étaient nés. Ils ont pu partir entre-temps, pour faire des études, travailler, mais ils sont revenus. Cela veut dire qu’ils sont “enracinés”.
Nous sommes en cela très différents des Américains, qui bougent un peu partout dans leur vaste pays. Les Français peuvent être mobiles, mais ils ont encore un fort sentiment d’appartenance à un territoire spécifique, qui a son histoire, sa culture, sa cuisine. Les spécificités culinaires continuent à exister et pas uniquement pour les touristes. Les Bretons aiment vraiment manger des crêpes!

  • Une chose semble immuable en tout cas, c’est l’anti-parisianisme!
C’est sûr que le fait d’avoir un 75 sur la voiture n’est pas un avantage! Le contentieux entre Provinciaux et Parisiens est loin d’être épuré, même si je crois qu’au fond, chacun envie un peu l’autre…


Source fortune.fdesouche.com

Recettes Crêpes Blinis Pancakes-Pancakes de châtaignes et poires


Pancakes de châtaignes et poires

Préparation : 15 mn
Repos de la pâte : 30 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 12 pancakes
Pour la garniture 
3 poires
10 g de beurre
1 pot de crème de marron ou de confiture de châtaigne
1 bombe de crème Chantilly
Pour la pâte
2 œufs
15 cl de lait
2 cuillerées à soupe de sucre
120 g de farine de châtaigne
1 cuillerée à café de levure
2 cuillerées à soupe de sucre
1 cuillerée à soupe d’eau de fleur d’oranger
20 g de beurre fondu pour la cuisson
1 pincée de sel
Préparation des pancakes
1. Cassez les œufs et séparez les blancs des jaunes. Versez les jaunes d’œufs dans un bol puis fouettez-les avec le lait, la farine de châtaigne, le sel et la levure. Ajoutez le sucre et fouettez à nouveau pour obtenir une pâte homogène.
2. Dans un bol, montez les blancs en neige, puis ajoutez-les au mélange précédent. Laissez reposer 30 minutes.
3. Graissez une poêle à pancakes avec un peu de beurre et mettez-la à chauffer. Versez une petite louche de pâte, tournez la poêle pour bien répartir la pâte sur toute sa surface. Quand la pâte est sèche sur le dessus (au bout de 2 minutes environ), retournez le pancake et laissez cuire 1 minute sur l’autre face.
4. Gardez les pancakes au chaud sous une feuille de papier d’aluminium.
Préparation de la garniture
5. Pelez les poires, ôtez-en le cœur et coupez la chair en lamelles. Mettez le beurre à chauffer dans une poêle, puis faites-y dorer les lamelles de poire 10 minutes environ. Retournez-les à mi-cuisson.
6. Servez les pancakes avec 1 cuillerée à soupe de crème de marron, recouvrez de quelques lamelles de poire et terminez par 1 noix de crème Chantilly.

Une variante
Si vous voulez être au top, servez ces pancakes avec 1 boule de glace vanille et pourquoi pas quelques amandes effilées !

Un truc
Hors saison, ou si vous manquez de temps, utilisez 1 grosse boîte de poires au sirop.

mardi 15 octobre 2013

Billets-Entretien avec Alexandre Aïvazov


Entretien avec Alexandre Aïvazov

“Le dollar s’effondrera en 2014″
Entretien avec Alexandre Aïvazov, économiste, spécialiste des cycles économiques.

  • Bonjour M. Aïvazov! Pourriez-vous brièvement exposer aux lecteurs votre méthode d’analyse de la situation économique et financière? Sur quelles théories se fonde-t-elle?
L’épine dorsale du “Système périodique du développement capitaliste mondial du milieu du XVIIIe siècle à la moitié du XXIe siècle” que j’ai élaboré est constituée par la théorie des grands cycles de Kondratiev, la théorie du développement par l’innovation de Schumpeter, et par la théorie du chaos de Prigogine.
Dans mon Système, j’ai réussi à intégrer en un seul et même ensemble des cycles différents, les cycles courts de Kitchin (3-5 ans) et de Juglar (8-11 ans), les cycles moyens de Kouznetsov (20-25 ans), avec les cycles longs de Kondratiev (40-60 ans), les cycles de formation des Structures technologiques (ST) de Glaziev, M.Hirooka et K.Peres et les cycles séculaires d’Arrighi, Pantine et Badalyan et Krivorotov. Il s’est avéré non seulement que tous ces cycles sont connectés, mais qu’ils se complètent et se conditionnent mutuellement. En outre, je m’appuie dans mes recherches sur des classiques de la pensée économique, comme Adam Smith, Karl Marx, Keynes et bien d’autres.

  • Quelles grandes tendances se dégagent de cette approche?
J’ai remarqué une chose intéressante: depuis les XVIIe-XVIIIe siècles, deux conceptions majeures du développement s’affrontent. La première a été initiée par les physiocrates français dans la formule «laissez faire, laissez passer», appelant à la liberté d’entreprise, et rejetant l’implication du gouvernement dans la vie économique de la société. Plus tard, cela a donné la «main invisible du marché» d’Adam Smith, la loi de Say etc., jusqu’au néo-libéralisme moderne.
L’autre conception, formulée dans la théorie du mercantilisme, non seulement autorisait, mais exigeait l’intervention du gouvernement dans la vie économique, d’abord sous forme de protectionnisme (protection du capital national contre la concurrence étrangère), puis de participation directe de l’Etat dans la vie économique par redistribution des ressources financières à travers le budget de l’Etat, et en régulant l’ensemble de la vie économique, conformément à la théorie de Keynes.
Ces deux paradigmes se succèdent lors de la transition entre les phases montante et descendante de chaque grand cycle de Kondratiev. Le néolibéralisme a détrôné dans les années 1980 le modèle de développement keynésien, et le néolibéralisme sera à son tour remplacé durant la décennie actuelle par le post-keynésianisme, fondé sur la participation déterminante de l’Etat dans la vie économique de la société, jusque dans la planification, comme au Japon ou en Chine.

  • Dans quelle mesure les actions des gouvernements et des Banques centrales peuvent influer sur l’économie mondiale si celle-ci est déterminée par des cycles ?
Tout dépend des cycles dont on parle. Si vous parlez des petits cycles de Kitchin, l’injection massive de liquidités dans l’économie et les programmes étatiques de stimulation de la demande (prime à la casse, etc.) ont permis dès la fin 2009 de surmonter la crise de ce cycle. Dans ce cas, les gouvernements et les Banques centrales ont joué un rôle décisif.
Mais ce cycle dure 3 à 5 ans, et en 2012-2013, les économies occidentales sont de nouveau entrées dans la phase descendante de ce cycle, et les gouvernements et les banques centrales sont depuis à court d’idées. Dans le cadre des cycles de Juglar, l’économie occidentale n’est jamais sortie de la crise depuis 2008, comme le montre le chômage élevé, la faible utilisation des capacités de production, le renouvellement larvé du capital fixe. Si l’on observe les cycles moyens de Kouznetsov, là aussi les économies développées restent dans un état de dépression: la demande de logement est faible, les prix sont encore bas par rapport à la période d’avant-crise, la construction est en berne.
Concernant les cycles de Kondratiev, la transition de la phase descendante à la phase montante suivante, étape à laquelle nous nous trouvons, est le terreau de formation des innovations de base de la “‘VIe structure technique”: nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information, énergie alternative, ingénierie génétique, qui ne seront pas opérationnelles avant 2020.

  • En contexte de crise, l’Occident adopte-t-il les bonnes décisions compte tenu des cycles?
Concernant la marge de manœuvre des États pour influer sur l’économie en contexte de changement de cycle, celle-ci est très mince. Les gouvernements ne peuvent qu’atténuer ou intensifier des processus revêtant un caractère objectif, mais les crises provoquent une inflexion des politiques menées, il est vrai pas toujours dans le bon sens.
Pour mémoire: la transition du IIIe au IVe cycle de Kondratiev a porté Roosevelt au pouvoir aux États-Unis, et Hitler en Allemagne. La transition du IVe au Ve cycle dans les années 1979-80 a porté Thatcher au pouvoir en Grande-Bretagne et Reagan aux États-Unis, qui ont totalement modifié la politique économique menée avant eux.
Le problème est qu’en phase descendante des cycles, les gouvernements mènent généralement une politique “pro-crise” qui ne fait qu’aggraver la situation. C’est ce qui se passe actuellement en Europe et aux USA.

  • La crise de l’euro a repris de plus belle après une accalmie, notamment en raison de la dette de pays comme le Portugal. L’euro pourra-t-il surmonter cette crise ?
L’euro survivra, mais l’Europe aura besoin d’une intervention chirurgicale. Certains pays devront être exclus de la zone euro, les autres traverseront des années difficiles. Mais je suis convaincu qu’après cette intervention, ce bloc n’en sera que plus fort.
Bien sûr, il fallait tout de suite faire une “ablation” de la tumeur, et ils ont décidé de réaliser une “chimiothérapie” (émission de crédit). On ne note pas d’amélioration pour le moment, la maladie a été mise en veilleuse pour un temps.
En outre, l’UE traverse une crise de croissance, une monnaie commune existe mais il n’y a pas d’union budgétaire et fiscale. Il aurait fallu introduire avec l’euro des règles communes en matière d’impôts et de dépense des budgets publics. Le problème est que la zone euro a été formée lors de la phase montante du cycle de Kondratiev, alors que l’économie était florissante. Dès qu’on est passé en phase baissière, les problèmes sont apparus de plus belle. Il faut les résoudre, pas les remettre à plus tard.

  • Quand l’économie sortira-t-elle de la crise actuelle, qui a débuté en 2008 avec l’éclatement de la bulle des “subprimes”?
L’économie se récupèrera, mais cela n’arrivera pas avant 2019-2020. Il faut bien comprendre la nature de la crise actuelle. Le fait est que depuis la révolution néolibérale des années 1980, quand Thatcher et Reagan ont brutalement réduit les impôts sur les riches, étranglé leurs syndicats et créé les conditions pour la baisse des salaires des travailleurs, le monde a brusquement mis le cap sur la sphère financière, les riches n’investissant plus dans la consommation, mais dans les spéculations financières.
Regardez, actuellement, même les grandes corporations obtiennent jusqu’à la moitié de leur chiffre d’affaire non pas en produisant des biens, mais par le biais de spéculations sur les marchés, alors qu’il y a 30 ans ce chiffre était de 15%. Dans le même temps, le salaire réel aux États-Unis, si l’on déduit l’inflation, est resté au niveau de 1968.
Une question s’impose: à quoi était due la hausse du niveau de vie de l’Américain lambda avant la crise? La réponse est simple: au crédit. Les ménages, les villes et les autorités régionales vivent à crédit, tout comme les gouvernements des Etats. L’ensemble du monde occidental vit à crédit: cela signifie qu’il ne vit pas en conformité avec ses revenus, aux dépens d’autres pays qui ne consomment pas autant qu’ils le pourraient, et n’empruntent pas.

  • Va-t-on assister à un rééquilibrage violent?
Oui, le temps du rééquilibrage est venu. En Europe, personne n’est prêt à accepter une réduction violente de son niveau de vie, et il le faudra pourtant, de 25-30% au moins. Seule la crise le pourra, ce n’est qu’au terme de cette dernière qu’arrivera une restauration de l’équilibre mondial, gravement malmené depuis 30 ans.
De nombreux médias financés par l’oligarchie financière mettent l’accent sur des pays secondaires, comme la Grèce ou le Portugal, mais ce qui arrive aux États-Unis est bien pire. Il n’y a qu’une seule différence entre Washington et Athènes: le premier peut imprimer de l’argent, le second pas. Les Américains comme les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens, créant moins de biens qu’ils n’en consomment, mais les premiers compensent la différence avec des “morceaux de papier vert” sans valeur, tout comme les colonisateurs de jadis achetaient de vraies ressources avec des morceaux de verre. Le monde entier accepte ces “morceaux de verre” pour fournir des biens véritables. Toute violation de l’équilibre mènera tôt ou tard à une crise, vouée à restaurer l’ordre violé.

  • Les États-Unis impriment tous les mois 85 milliards de dollars. Les marchés sont suspendus aux annonces de la FED sur la poursuite ou l’arrêt du programme d’”assouplissement quantitatif”. Le pays peut-il arrêter d’imprimer du dollar?
Les marchés financiers se comportent comme des toxicomanes de longue date: tout rappel du fait que le toxicomane peut ne pas recevoir sa nouvelle dose le rend hystérique. C’est pareil avec les États-Unis pour l’impression de dollar, qui est leur drogue. Un toxicomane peut-il vivre une vie longue et heureuse? La réponse à cette question aide à comprendre ce qui attend les États-Unis ces prochaines années.
Ce n’est pas un hasard si Ben Bernanke quitte son poste en janvier 2014, alors qu’il pourrait rester pour un nouveau mandat. Il ne veut pas être le bouc émissaire de la politique qu’il a menée, il veut sauter d’un train qui roule vers l’abîme, il comprend les conséquences de sa politique.

  • Quelle est l’étape suivante pour les États-Unis?
Le dollar pourrait résister s’il ne jouait pas le rôle de monnaie mondiale. Ce qui sape le dollar, c’est qu’il supporte le fardeau d’un gigantesque volume d’obligations du monde entier. Personne ne peut le sauver. Les États-Unis vivront des temps très durs, similaires à la Grande dépression.
Mais les Américains ont prévu une issue de sortie. Le plus probable est qu’ils feront défaut sur leur dette, se renfermeront sur le NAFTA (qui intègrera la Grande-Bretagne), mettront en place une nouvelle devise, l’Amero, sur lequel un accord a été trouvé avec le Canada et le Mexique dès 2007, puis ils panseront leurs plaies.
Le potentiel économique des États-Unis est très important: ils ont des ressources, ils n’auront pas trop de mal à reconstituer leur potentiel de production, ils ont du personnel qualifié, leur niveau d’innovation est le plus élevé au monde, ils sont leaders dans l’assimilation de la Structure technique du VIe cycle de Kondratiev.
Il est vrai, on assistera à l’effondrement des liens technologiques et productifs liés à l’Europe, l’Asie et l’Amérique latine, les marchés financiers américains dégringoleront, leurs obligations redeviendront de simples bouts de papiers, les retraites de millions d’Américains seront dépréciées, le niveau de consommation et de vie des États-Unis va chuter, et toutes les bases militaires américaines à l’étranger seront fermées. Mais les USA surmonteront ces temps difficiles et après 2020 ils commenceront à rapidement redynamiser leur économie. Toutefois, ils ne seront plus l’unique leader de l’économie mondiale. Ils ne seront qu’un leader régional parmi d’autres.
Je n’envie pas ceux qui détiendront des dollars ou des obligations du trésor américain, mais personne ne forcera les États-Unis à rembourser leur dette par la force, car ils ont l’armée la plus puissante du monde.

  • Va-t-on faire face à de l’hyperinflation?
La politique américaine ne peut pas causer d’hyperinflation tant que le dollar joue le rôle de devise mondiale, car l’émission de cette monnaie est “disséminée” en une fine couche sur l’ensemble de l’économie mondiale. Les États-Unis diffusent leur inflation à l’ensemble du monde, en premier lieu aux pays émergents, qui ont une inflation d’au moins 5%, même si grâce à divers artifices techniques ils parviennent à jeter de la poudre aux yeux du monde entier.
En outre, une grande partie des dollars est absorbée par les marchés financiers, où ils viennent gonfler différentes bulles. La spéculation massive se produit précisément sur la base de cette masse monétaire excédentaire. C’est pourquoi les acteurs des marchés réclament la poursuite de l’assouplissement quantitatif. Mais prochainement, les marchés vont s’effondrer comme un château de cartes. C’est inévitable.


  • L’once d’or a chuté à 1200 dollars. De nombreux experts ont déclaré, dans le sillage de Paul Krugman, que c’était la fin de la “bulle de l’or”. Que pensez-vous de cette analyse?
Il faut immédiatement préciser de quel or nous parlons. Si nous parlons de l’or physique réel, qui depuis 5.000 ans sert d’équivalent universel, la demande pour ce dernier a fortement augmenté dernièrement. Les Banques centrales et les particuliers ont nettement augmenté l’achat d’or physique. Mais sur les marchés des métaux, où l’on échange de l’or virtuel, c’est-à-dire des contrats à terme sur l’or, on a observé une brusque chute des prix sur cet or virtuel. 95% du marché de l’or mondial, ce sont des contrats à terme sur les bourses, seuls 5% étant constitué d’or physique.
L’or est un étalon de mesure de valeur, un équivalent universel. Un mètre ou un kilo peuvent-ils perdre en dimension ou en poids? C’est pareil pour l’or, c’est un étalon de mesure sans lequel les indicateurs économiques seraient appréciés comme dans un miroir déformant. Théoriquement parlant, nous inversons tout quand nous disons qu’une once d’or vaut 1200 dollars, il faudrait dire qu’un dollar côte 1/1200ème d’once d’or. En réalité ce n’est pas l’or qui monte ou descend en valeur, c’est le pouvoir d’achat du dollar par rapport à l’or qui monte ou baisse.
Pourquoi le dollar américain a-t-il commencé à jouer après la guerre le rôle de devise mondiale? Parce que le dollar était “aussi bon que l’or”, il était adossé à 70% à l’or. En 1971, il a fallu déconnecter le dollar de l’or et laisser le métal jaune “flotter librement” par rapport aux autres devises et biens. Mais l’or reste l’étalon de valeur. Dès que des crises et des bouleversements se font sentir sur les marchés, beaucoup accourent vers le “havre de paix de l’or”.
Actuellement, certains acteurs du marché des “futures” ont intérêt à faire baisser le prix de l’or, certainement en vue de l’achat massif de métal bon marché avant sa hausse en flèche. Ils l’ont fait baisser au maximum pour pouvoir gagner à l’avenir des sommes énormes, car dès août-septembre, la question du plafond de la dette US se reposera, avec la possibilité d’un défaut technique. Et pendant qu’Obama bataillera avec le Congrès, les prix de l’or vont à nouveau percer tous les maximums historiques (des pics de 2500-3000 USD l’once sont tout à fait plausibles). Cela devrait se produire au cours de cette année.
Le cours de l’or a été multiplié par 7 depuis 2001, et ces derniers mois, il a été divisé par 1,5. Difficile de parler de fin de la “bulle de l’or”, quand ce métal reste 4,5 fois plus cher qu’il y a douze ans!


  • Vous prévoyez le krach du dollar pour 2014. Les événements actuels confortent-ils cette opinion?
Le krach du dollar peut arriver à n’importe quel moment, car toutes les conditions sont réunies. Certes, le gouvernement américain et la FED ont une réserve de solidité leur permettant de reculer l’échéance en menant une politique raisonnable (ce dont je doute fort). Mais le krach est inévitable. Selon mes estimations, cela aura lieu en 2014, dans le meilleur des cas en 2015, mais pas plus tard.
Comme l’écrit Boulgakov dans Le Maître et Marguerite: “Annouchka a déjà renversé l’huile” (qui provoquera la mort d’un personnage, Berlioz, ndlr). Des événements X ou Y ne peuvent qu’accélérer ou légèrement reculer les processus en cours, mais pas les arrêter, tout comme nous ne pouvons pas éviter la mort. Le processus naturel de vieillissement du modèle capitaliste américain mène inexorablement à la mort de ce modèle, et la crise permettra de reconstruire l’économie conformément aux nouvelles exigences mondiales.

  • Face aux bouleversements qui les attendent, que peuvent faire les gens pour protéger leurs économies?
Le “gourou” des marchés spéculatifs Jim Rogers (un ancien proche de Soros), que je respecte beaucoup, émet depuis longtemps les mêmes mises en garde que moi. Il conseille pour conserver ses économies de les placer dans l’or ou dans les denrées, mais aucun cas dans des actions, des obligations, ou des titres de dette. Tout ceci sera fortement dévalué pendant la crise, et les valeurs stables telles que l’or se maintiendront. Les gens auront en outre toujours besoin de manger.
Il est curieux de constater que le spéculateur Jim Rogers conseille aux traders et experts financiers de fuir Wall Street à toutes jambes: en novembre 2010, il a appelé les étudiants à renoncer à faire carrière à Wall Street ou à la City, car ces prochaines années, vivre à la ferme rapportera plus que Wall Street. Il a en outre confirmé la théorie de Braudel et Arrighi: “Si vous étiez intelligent en 1807 vous auriez déménagé à Londres, si vous l’étiez en 1907 vous seriez parti à New-York, et si vous êtes malin en 2007, déménagez en Asie”.

  • La guerre peut-elle résoudre les problèmes de dette de l’occident?
L’histoire montre de manière convaincante que les leaders mondiaux de différentes époques ont cherché à résoudre leurs problèmes au moyen de la guerre. Napoléon a cherché grâce aux guerres à unifier l’Europe continentale contre la Grande-Bretagne et ainsi à résoudre les problèmes économiques de la France, en faisant du pays le leader du cycle hollandais d’accumulation du capital. Mais il a perdu et cédé la palme du leadership à la Grande-Bretagne, qui 100 ans plus tard a elle aussi cherché à assurer sa position en déclenchant la Première Guerre mondiale.
A la différence de Napoléon, le pays a gagné la guerre, mais il est devenu débiteur net, et a cédé le leadership mondial aux Etats-Unis. Ces derniers cherchent, 100 ans plus tard, à déclencher une nouvelle guerre au Proche-Orient, près des frontières de leurs concurrents potentiels: Chine, Russie et Inde. Mais ils ne font qu’aggraver leur situation économique et plongent le pays dans la crise. Il faut étudier les leçons de l’histoire pour ne pas tomber sans cesse dans les mêmes pièges. Et ne pas chercher de solution simple à des problèmes complexes. Elles n’existent pas!

  • A quoi ressemblera le monde d’après-crise?
La particularité de la période actuelle est que selon les cycles d’accumulation de capital (Braudel, Arrighi), il s’y produira un transfert du cycle américain vers le cycle asiatique, dont les leaders sont actuellement la Chine et le Japon. Des pays dont les économies sont basées sur le modèle postkeynésien reposant sur les principes de collectivisme et de solidarité, aux antipodes de l’individualisme et de la concurrence intrinsèques au modèle anglo-saxon. C’est un changement important qui s’accompagnera de bouleversements dans l’économie mondiale.
Grossièrement, notre économie mondialisée actuelle va se scinder en plusieurs méga-régions, à l’instar de l’UE. On assiste d’ores et déjà à la formation de pôles économiques comme le NAFTA (USA, Mexique, Canada et qui devrait intégrer à terme la Grande-Bretagne), la Chine avec l’ASEAN, les pays d’Amérique latine, la Communauté économique eurasiatique.
Chaque méga-région aura sa devise de base, ses instituts, ses lois et ses règles en matière de relations interétatiques, compte tenu des spécificités culturelles, nationales, religieuses et civilisationnelles des Etats membres. Ces méga-régions vont tisser entre elles de nouvelles relations au niveau mondial.
D’ici 2020, le monde aura un visage radicalement différent de celui qu’on lui connaît aujourd’hui.


Photo Alexandre Aïvazov, économiste, spécialiste des cycles économiques
Source fortune.fdesouche.com (propos recueillis par Hugo Natowicz)

lundi 14 octobre 2013

Billets-La nudité masculine


La nudité masculine

La nudité masculine n’existe pas.
L'exposition "Masculin/Masculin" a ouvert ses portes au Musée d'Orsay, à Paris, le 4 octobre. Installée pour la première fois à Vienne en décembre 2012, elle avait fait couler beaucoup d'encre en Autriche, en bousculant l'ordre tacite d'une société encore patriarcale, estimait alors le journaliste.

Sur les affiches de l’exposition “Nackte Männer” (Hommes nus), un bandeau rouge dissimule finalement les pénis de trois hommes bien bâtis chaussés de crampons. C’est ainsi que le Leopold Museum de Vienne a répondu à l’indignation de citoyens scandalisés par ces pénis avachis. Les plaintes étaient venues essentiellement de chrétiens, de musulmans et, très souvent, de mères soucieuses de préserver leurs enfants de la vue de ces sexes d’hommes. La photographie Vive la France ! qui constitue l’affiche de l’exposition, visait pourtant un tout autre objectif. Datée d’il y a déjà six ans, elle appartient à une galerie parisienne. Les trois hommes nus, représentant des footballeurs d’origine africaine, maghrébine et française, étaient censés montrer la force de la diversité ethnique de la France, révélée par les succès [aux Coupes du monde de football] de 1998 et 2002. Mais en couvrant leurs parties intimes, l’exposition viennoise “Nackte Männer” est devenue un événement.
Le caractère grivois du sujet, susceptible d’aiguiser toutes les curiosités, y est bien sûr pour beaucoup. Mais au-delà de cette réalité se posent des questions beaucoup plus fondamentales. Pourquoi la nudité masculine offense-t-elle, alors que celle des femmes rapporte à coup sûr et reste très présente dans notre environnement, qu’il s’agisse de publicités ou de vitrines des magasins ? L’égalité entre les hommes et les femmes n’implique-t-elle pas l’égalité dans la représentation de la nudité ?
Les affiches des hommes nus n’avaient pas pour objectif de choquer les honnêtes Viennois. Le caractère même du Leopold Museum, où l’exposition est programmée jusqu’au 28 janvier, le garantit. Car il n’est pas géré par des provocateurs mais par des commissaires d’exposition expérimentés. Leur démarche professionnelle transparaît dans les titres des autres expositions ­proposées cette année : “Mélancolie et provocation dans l’œuvre d’Egon Schiele” ou encore “Japon, la fragilité de ­l’existence”. 

 L'affiche de l'exposition "Nude Men" - DR
Source Courrier International

dimanche 13 octobre 2013

Billets-Stop vivisection


        


Tous les ans, 15 millions de bestioles sont vivisectées en Europe. La vivisection est cause de grandes souffrances (on ne voudrait vraiment pas que ça vous arrive, et encore moins que ça nous arrive), mais, surtout, c’est une mauvaise idée : les conclusions d’une expérience sur un rat, un chien, un singe ou un poisson ne sont pas applicables à l’être humain. Ça, ce n’est pas nous qui le disons, mais des scientifiques reconnus (Claude Reiss, 40 ans au CNRS, président d'Antidote Europe, ainsi que le vétérinaire André Ménache, directeur d'Antidote Europe).

Tout ça pour dire que ça peut changer : une initiative citoyenne européenne, STOP VIVISECTION, a été lancée pour que l’UE légifère à nouveau sur le sujet.
Ce qui est drôle, c’est qu’au début les instigateurs du projet n’y croyaient pas eux-mêmes : il faut 1 million de signatures en Europe, avec une répartition par pays, bref, les citoyens peuvent s’exprimer, mais on ne leur facilite pas la tâche. Et les défenseurs de la cause animale peinent à rassembler la masse critique nécessaire pour se faire entendre, on le sait bien à Charlie, seul journal de la presse nationale à vous infliger chaque semaine une chronique sur la protection animale, grâce à l'infatigable Luce Lapin.
Mais voilà, l’initiative qui doit être remise au Parlement européen le 31 octobre prochain n’est pas loin d’atteindre l’objectif fixé (voir les chiffres par pays ci-dessous), ce qui serait une grande première. Ce serait une victoire pour tous ceux qui considèrent que l’être humain a une responsabilité morale envers tous les êtres vivants autant que pour ceux qui s’engagent pour une recherche scientifique et technologique plus efficace et plus pertinente.


Voilà pourquoi on vous invite à signer l’initiative de Stop Vivisection sur le site du Parlement Européen (il est entièrement sécurisé et toutes les données sont détruites à la fin).

Voici le nombre de signatures recueillies par pays membre de l'Union vendredi 11 octobre, 11h.
En résumé, si vous êtes autrichien, chypriote, tchèque, danois, estonien, grec, croate, irlandais, lituanien, luxembourgeois, letton, maltais, batave, polonais, portugais, roumain, suédois ou britannique, faudrait penser un peu plus aux zanimaux. Et quant aux autres, c'est pas une raison de ne pas signer!

 
  Source Charliehebdo.fr

Infos santé-Boissons énergisantes

Boissons énergisantes

La mode des boissons énergisantes pose le problème de la quantité quotidienne de caféine ingérée et cela peut, dans certains cas poser problème chez le jeune enfant et la femme enceinte.

On se souvient, peut-être, des polémiques qui ont entouré l’arrivée de certaines boissons énergisantes en France lorsque le ministère de la santé s’inquiétait de leur teneur en taurine, un acide aminé.
Cette polémique éteinte, on a sans doute oublié trop vite que ces boissons étaient riches d’une autre substance, une base methylxanthique comme disent les livres, plus simplement la caféine.
La caféine n’est pas, en soi une substance dangereuse. Elle a même des effets bénéfiques à dose modérée, l’équivalent de deux tasses d’expresso au maximum.
Cette caféine renforce la vigilance, la concentration, soulage la fatigue.
Elle a un rôle neurostimulateur cérébral qui fait, d’ailleurs, l’objet de nombreuses recherches.
La question c’est bien évidemment la dose, car on ingère de la caféine ou son équivalent dans le café certes, mais aussi dans le thé, les boissons à base de cola, les barres chocolatées et les fameuses boissons énergisantes dont l’Agence pour la sécurité des aliments, l’ANSES, s’occupe aujourd’hui.
Ces boissons ont une contenance en caféine équivalente à deux tasses d’expresso par cannette.
Or, il est rare de se limiter à une seule cannette et on atteint alors des doses de caféine où cette substance commence à poser des problèmes.
A haute dose la caféine a des effets néfastes en entrainant une irritabilité, une nervosité certaine. Elle élève la fréquence cardiaque et peut donc entrainer des troubles tensionnels. Elle est aussi diurétique et, partant, va favoriser la déshydratation.
On imagine donc que dans le cadre d’une activité sportive ou dans le cadre d’une soirée en discothèque, les efforts physiques développés entrainant une sudation importante, l’ajout de la caféine et de l’alcool, deux substances déshydratantes, peut être à l’origine d’accidents cardiovasculaires en désamorçant la pompe cardiaque
D’autre part, la caféine à haute dose est fortement déconseillée chez la femme enceinte, car elle peut, en particulier, retentir sur la croissance de l’enfant in utero et entrainer des naissances d’enfant ayant un poids anormalement bas.
Mais n’oublions pas un effet que chacun connait bien : l’influence sur le sommeil. La caféine perturbe en particulier un stade fondamental du sommeil, le sommeil profond, celui au cours duquel nous récupérons de la fatigue physique.
On se lève donc fatigué, on prend du café et des boissons énergisantes pour tenir le coup dans la journée. Comme on ne trouve pas le sommeil, on prend un somnifère et le lendemain pour se réveiller, on ingère de la caféine et ça recommence !
On entre donc dans un cycle qui est celui de l’addiction et du dopage, sans le vouloir.
Il est important de souligner les risques éventuels liés à la surconsommation de caféine.
Il faut aussi souligner l’importante quantité qu’on ingère en consommant des boissons énergisantes de façon démesurée.
L’incroyable légèreté des parents également qui laissent des enfants en très bas âge boire l’équivalent de deux expressos par cannette.
Le plus étonnant c’est que ces parents seront plus inquiets de la présence de bisphénol A dans la cannette que de celle de la caféine dont les effets sur leur enfant sera plus immédiat.


Source docteurjd.com (blog santé de jd flaysakier)

Infos santé-Nouveaux anticoagulants


Nouveaux anticoagulants

Le diable se traite t-il au Pradaxa ?
Ce sont des anticoagulants, des médicaments dont le but est de réduire le risque de survenue d’une embolie pulmonaire ou d’un accident vasculaire cérébral.
Et parfois, l’effet peut être trop important et il peut y avoir des hémorragies.

C’est vrai avec le Pradaxa, le Xarelto ou l’Eliquis, mais c’est vrai aussi avec les anticoagulants classiques qu’on appelle les Anti vitamines K ou AVK.
La grosse différence c’est que contrairement aux AVK on ne dispose pas encore avec ces nouveaux anticoagulants d’antidotes, de produits capables d’annihiler leurs effets.
Il faut cependant reconnaître que même si on dispose de vitamine K pour contrecarrer les effets des AVK, face à une hémorragie massive, cette vitamine K sera vite dépassée.
Actuellement, plusieurs pistes sont suivies pour obtenir des molécules capables de corriger un surdosage des NACO, ces nouveaux anticoagulants.
Faut-il prescrire ces molécules chez des patients âgés ?
Oui mais si possible pas forcément en première intention, surtout si leur traitement par AVK ne pose pas problème.
C’est très compliqué car le dabigatran (PRADAXA) a justement été évalué sur des patients de plus de 75 ans. Deux gros intérêts : on n’a pas besoin de faire des prises de sang régulières pour en vérifier l’efficacité et on peut manger ce qu’on veut alors qu’avec les AVK, la laitue, le chou, les tomates ou les abats peuvent abaisser l’efficacité de l’anticoagulant.
Mais il y a un gros inconvénient : ces patients de plus de 75 ans ont plus de risques d’hémorragies que des patients plus jeunes, ils ont souvent des reins et un foie qui travaillent mal. Et là il y a un risque d’hémorragie accru.
Ces hémorragies sont surtout des hémorragies digestives et non pas cérébrales comme dans le cas des AVK.
Si les médecins choisissent de donner ces nouveaux anticoagulants ils doivent donc, comme l’ont demandé les agences sanitaires, bien surveiller les patients.
Aussi bien la Haute Autorité de santé que l’Agence nationale de sécurité du médicament ont correctement fait leur travail sur ce point.

Petit rappel très important pour celles et ceux qui nous écoutent : n’arrêtez surtout pas votre traitement si vous prenez du Pradaxa, ce serait très dangereux. Voyez ce qu’il convient de faire avec votre médecin

Source docteurjd.com  (blog santé de jd flaysakier)