André Gide
L'une des figures majeures de la littérature française a transformé ses crimes en œuvre littéraire.
Dans les années 1920, André Gide s'érige en grande conscience morale de la gauche. Avec la publication de son célèbre "Voyage au Congo", il devient l'un des premiers intellectuels à dénoncer violemment les horreurs du système colonial et le travail forcé des populations africaines. Mais le grand militant anticolonialiste cachait une hypocrisie obscène. L'homme qui s'indignait publiquement de l'exploitation économique des colonisés pratiquait lui-même, en privé, leur exploitation sexuelle tarifée. Dès la fin du 19e siècle, l'écrivain fuit la morale de Paris pour multiplier les voyages au Maghreb. En Algérie et en Tunisie, il utilise précisément sa fortune et ses privilèges de riche Européen pour s'offrir de très jeunes garçons. Il achète systématiquement leurs faveurs sexuelles, exploitant une misère locale absolue. Le pire n'est pas qu'il s'en cache, c'est qu'il s'en vante noir sur blanc dans son autobiographie, "Si le grain ne meurt" (1924). Gide y raconte avec une froideur glaçante la manière dont il repère et monnaye ces adolescents. Il avoue sans la moindre gêne le caractère interchangeable de ses proies : « je n’étais épris d’aucun d’entre eux, mais bien, indistinctement, de leur jeunesse. » Le récit prend même des allures de macabre complicité mondaine. En 1895, à Blida en Algérie, c'est un autre géant de la littérature, Oscar Wilde, qui l'encourage à franchir le pas. Dans un café, Wilde lui désigne un jeune joueur de luth nommé Mohammed et lui demande ouvertement : « Cher, voulez-vous le petit musicien ? » Gide répond par l'affirmative. L'adolescent est conduit le soir même dans la chambre d'hôtel. L'écrivain achète le corps d'un gamin de la rue avec quelques pièces, le plus banalement du monde. À la parution du livre, de rares intellectuels sont horrifiés. L'écrivain Paul Claudel rompt définitivement leur amitié, écoeuré par ce qu'il considère comme une abomination publique. Mais la majorité de l'intelligentsia parisienne lit ces aveux et choisit de détourner le regard. Les actes de pédocriminalité tarifée deviennent un monument de la littérature d'avant-garde. En 1947, le monde consacre cet homme. L'Académie suédoise lui décerne l'ultime récompense, le prix Nobel de littérature, justifiant officiellement ce choix par "son amour intrépide de la vérité". La postérité a célébré une grande conscience humaniste, en omettant de dire qu'il achetait sa liberté charnelle sur le corps de très jeunes garçons qu'il prétendait défendre.Source :

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