vendredi 7 janvier 2022

Billets-Les moufles de Bernie, coulisses d'une photo



Les moufles de Bernie, coulisses d'une photo

 

Une image culte. Des milliers de mèmes et un festival de créativité. La photographie du sénateur américain Bernie Sanders, jambes et bras croisés, les mains au chaud dans des moufles en laine un peu trop grandes en pleine cérémonie d'investiture du démocrate Joe Biden mercredi 20 janvier est devenue un phénomène si viral sur internet, où “Bernie” avait déjà bonne presse, qu'elle a écrasé, en popularité, toutes les autres images de ce jour historique. 

 

Bernie s'est soudain retrouvé sur la lune avec Neil Armstrong, à la conférence de Yalta avec Churchill, Staline et Roosevelt, en haut d'un gratte-ciel de New York, les jambes se balançant dans le vide, ou encore en compagnie des protagonistes de Forrest Gump... 

 



L'original, on le doit au photographe de l'AFP Brendan Smialowski. Photographe au bureau de Washington depuis 2012, Brendan n'imaginait pas, évidemment, que cette photographie deviendrait un phénomène planétaire. “Comment aurais-je pu m'en douter?”, dit-il. “Bien sûr, en la prenant, je me suis dit que cela valait la peine, mais au-delà de ça... ?”   

 

Bernie Sanders, 79 ans, est socialiste et fier de l'être dans un pays où ce mot reste décrié. Il a été deux  fois candidat à l'élection présidentielle américaine, sans réussir à se qualifier lors des primaires démocrates.  Pour ses fans, son originalité fait partie de son charme. A tel point que le hashtag #Feelthebern a dépassé #Biden le jour de l'investiture.    

 






La journée avait commencé tôt pour Brendan, l'un des photographes responsables de la couverture de la prestation de serment de Joe Biden, sans doute le jour le plus important de l'année aux Etats-Unis. Il s'était levé à 4h00 du matin, histoire d'arriver à temps pour passer tous les contrôles de sécurité prévus dans le centre-ville, transformé en camp retranché.  

 

Brendan devait couvrir le carré VIP, et avait passé sa matinée les yeux rivés sur les gradins, guettant notamment les moindres faits et gestes des sénateurs républicains Ted Cruz et Josh Hawley, accusés d'avoir encouragé une foule de supporters de Donald Trump à prendre d'assaut le Congrès américain pour empêcher la validation de l'élection de Joe Biden. 

 


(AFP / Olivier Douliery)

 

Quand Brendan a aperçu Sanders, la matinée touchait à sa fin. L'homme politique avait aussi été photographié par Olivier Douliery,  se déplaçant ici et là, mais il était alors installé tranquillement sur une chaise, maintenant la distance de sécurité devenue de rigueur en ces temps de pandémie.

 

“C'était un morceau de vie sympathique. Bernie, égal à lui-même, un homme bien dans sa peau,  facile à percer quand on l'observe. la manière dont il est vêtu à ce moment là, sa parka marron, les moufles, on voit bien qu'il n'est pas là pour un fashion show… Il est juste, au boulot. C'était dans son planning du jour, après il enchainerait sur l'activité suivante”. Click. Brendan a bien cadré sa photo et appuyé sur le déclencheur avant de l'envoyer au desk d'édition. Sans plus.   

 


(AFP / Brendan Smialowski)

 

“C'est une image assez simple finalement. La beauté réside dans la simplicité de cet instant”. En quelques heures, pendant que Brendan continuait à documenter la cérémonie d'investiture du 46e président des Etats-Unis, la photographie a été partagée des milliers de fois, devenant l'un des souvenirs marquants de cette journée. L'image de l'homme et ses moufles trop grandes, reprise et transformée en multiples mèmes, a dépassé en popularité celle de la super star Lady Gaga entonnant l'hymne américain ou encore celle Kamala Harris, première femme vice-présidente des Etats-Unis.   

 

Les gants de Sanders avaient pourtant déjà eu leur petit succès. Des comptes Twitter y étaient consacrés. Mais cet événement planétaire, les a propulsées au rang d'objet culte. C'est une enseignante du Vermont, dans le nord-est des Etats-Unis, Jen Ellis, qui les lui a offertes, après les avoir tricotées elle-même en recyclant de la laine et des bouteilles en plastique. “Il y avait déjà eu des mèmes sur les moufles, j'ai surfé sur une vague déjà existante”, s'amuse Brendan.     

 


(AFP / Saul Loeb)

 

Sur le moment, cependant, c'était pour Brendan une photo de plus de cette journée trépidante où il avait peu de temps pour travailler sur la composition de ses images.

 

Quand il a le temps, Brendan aime réfléchir avant d'appuyer sur le déclencheur, et s'assure que ses photographies racontent une histoire et poussent les gens à réfléchir.  Ce n'est pas le genre de travail que l'on peut faire pendant une cérémonie d'investiture.  “Dans ces cas, je sais que ma mission est avant tout de m'assurer que l'on a de bonnes photographies, puissantes, qui permettent à ceux qui n'assistent pas à la cérémonie d'avoir une idée de son déroulement”. 

Ce n'est pas la première photo virale de Brendan cependant. Peu après l'investure de Donald Trump, il a saisi cet instant où la conseillère Kellyanne Conway, déchaussée, s'est installée comme si elle était chez elle sur un canapé beige du Bureau ovale. Elle vient tout juste de prendre une photo, avec son téléphone portable, des dirigeants des principales universités noires américaines rassemblés par le président.

 


 (AFP / Brendan Smialowski)

 


(AFP / Brendan Smialowski)

 

Une autre image, d'une cycliste faisant un doigt d'honneur au cortège de Donald Trump, Juli Briskman, avait également fait le tour de la toile. 

 

“Ce qui est sympa avec les mèmes de Bernie, c'est qu'ils sont joyeux. Les deux autres photographies ont donné lieu à des commentaires assez désagréables”, avoue Brendan.  La cycliste avait perdu son emploi... mais elle avait finalement obtenu un mandat local un an plus tard.  Que penser des mèmes alors Brendan ? “J'aime que l'on respecte le travail des photojournalistes, mais c'est aussi amusant de voir à quel point les gens peuvent être créatifs !”  

 


Source : https://making-of.afp.com/les-moufles-de-bernie-coulisses-dune-photo>


Brendan Smialowski

Photographe basé à Washington

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Jennie Matthew

Adjointe à la Rédaction en Chef Centrale, Paris

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7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

 


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 NOUS NE VOUS OUBLIERONS JAMAIS



7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

 


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Dessins de presse

 


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jeudi 6 janvier 2022

Billets-Macron et les non-vaccinés

Macron et les non-vaccinés : des propos indignes d’un président

Macron veut "emmerder" les non-vaccinés. Des propos qui font peu honneur à la présidence et qui pourraient se révéler contre productifs.

Lors d’un échange avec les lecteurs du journal Le Parisien, Emmanuel Macron a déclaré :

« Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie. »

Ces propos ont vite été médiatisés et pour cause : ils ne sont pas dignes d’un président.

Un président doit rassembler et non pas diviser

L’une des principales critiques des médias à l’encontre de Donald Trump était sa vulgarité. Force est de constater que sur la forme, Emmanuel Macron n’est ici pas mieux que son homologue. Mais là où le langage excentrique de Trump a toujours fait partie du personnage et dans un contexte américain, les propos de Macron se tiennent dans un pays où est attendue une certaine prestance du comportement présidentiel.

Pire, ces propos interviennent dans une période où les citoyens sont fatigués par la crise sanitaire et économique. Une période où la population est déjà divisée et polarisée. De tels propos ne contribuent qu’à mettre de l’huile sur le feu.

Il est souvent fait comme reproche aux candidats désignés antisystèmes comme Zemmour, Le Pen ou Mélenchon, de ne pas être capables de rassembler les Français. Ces critiques émanent souvent du camp Macron. Mais que dire du comportement de ce dernier ? Insulter une partie de la population n’est pas rassembler. Dans une période de crise, on attend d’un dirigeant qu’il apaise les tensions, pas qu’il les amplifie. Les débats à l’Assemblée nationale sur le pass vaccinal n’ont d’ailleurs guère montré la volonté de débattre de la part de LREM qui préfére classer les opposants aux restrictions d’alliés d’antivax.

Ce type de discours fait bondir, et pas uniquement les non-vaccinés mais aussi les vaccinés, qui sont lassés des restrictions constantes. Précisons qu’avec 76,8 % de la population vaccinée à deux doses, les non-vaccinés représentent 23,2 %, une minorité non négligeable. Et avec la dose de rappel obligatoire (33,2 %) pour conserver le pass sanitaire, la proportion de personnes insuffisamment vaccinées pourrait très fortement augmenter durant les prochains mois.

Une mauvaise stratégie électorale : des « déplorables » de Clinton aux « non-vaccinés » de Macron

Les conséquences se font déjà sentir avec une nouvelle suspension des débats sur le pass vaccinal. À bien des égards, les propos de Macron risquent de se retourner contre lui surtout en période électorale.

Là encore, la comparaison avec les États-Unis est intéressante. En 2016, Hillary Clinton avait traité les électeurs de Trump de « déplorables ». Ce propos avait contribué à sa défaite. Le fait que Macron insulte les citoyens à quelques mois des élections alors que la campagne a officieusement commencé, n’est pas la meilleure idée stratégique.

Cette élection risque d’être marquée par des votes sanctions. De tels propos pourraient soit pousser des indécis à l’abstention (pour ceux qui voulaient faire barrage aux extrêmes), soit amener des abstentionnistes à voter Mélenchon, Zemmour ou Le Pen voire Pécresse par dégagisme.

Certains pourrait arguer que Macron a agi de la sorte par fatigue. Mais si tel est le cas, est-il capable d’effectuer un second mandat ? De même, d’autres y verront son autoritarisme. Ce serait lui faire trop d’honneur que de lui donner ce qualificatif.

À l’heure où débute la présidence française de l’UE, on a vu mieux en termes d’image. Espérons que Macron se comporte mieux avec les autres chefs d’États européens et extra-européens. Il serait problématique qu’il dise à Biden et Poutine qu’il les emmerde.

Source : Contrepoints.org

Par Alexandre Massaux

Alexandre Massaux est docteur en droit spécialisé en relations internationales. Ses principaux centres d’intérêts sont  la stratégie politique, les questions de sécurité et défense ainsi que la politique en Europe centrale et orientale. Il est secrétaire de rédaction de Contrepoints.

Dessins de presse

 


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mercredi 5 janvier 2022

Billets-Emmerder l’emmerdeur


Emmerder l’emmerdeur

Macron veut emmerder les non-vaccinés. Il importe maintenant, pour l'avenir de tout le pays, que ces derniers emmerdent l'emmerdeur

Nous vivons une époque unique où l’on apprend, de façon tout à fait officielle, qu’un chef de l’État peut ainsi déclarer, sans rire, « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder ». C’est en effet en ces termes qu’Emmanuel Macron, qui est toujours, légalement parlant, le président de la République et donc de tous les Français, a expliqué sa stratégie de lutte contre une pandémie dont tout indique qu’elle se termine (bien malgré lui).

La logique du locataire de l’Élysée est douteuse : pour lui, ceux qui refusent l’actuelle vaccination, quelles que soient leurs motivations, mettent en danger le reste de la société, et deviennent donc irresponsables. Pour Macron en janvier 2022, c’est bien simple, « Un irresponsable n’est plus un citoyen ».

C’est surprenant de bêtise et d’incohérence.
D’incohérence d’une part parce qu’en 2016, le même Macron, pas suffisamment imbu de lui-même pour exciter les foules, expliquait alors en parlant du terrorisme et de la déchéance de nationalité éventuelle de ceux qui s’y adonnent, que « Le mal (les terroristes) ne doit pas être exclu de la communauté nationale ». En somme, un terroriste ne peut pas être exclu de la communauté nationale… Sauf bien sûr s’il refuse bêtement de se faire vacciner !
C’est aussi d’une bêtise rocambolesque dans la mesure où l’on sait maintenant sans le moindre doute que les vaccinés n’empêchent en rien ni de contracter la maladie ni de la refiler généreusement autour de soi, dans les mêmes proportions que les non-vaccinés et avec une décontraction encore plus forte, le sésame sanitaire permettant une désinvolture dont les non-vaccinés ne peuvent bénéficier.
En outre, l’actuelle surcharge très théorique des hôpitaux publics tient bien plus de leur gestion catastrophique que d’un afflux de non-vaccinés : après avoir courageusement viré du personnel en pleine pandémie (au motif qu’il n’était pas vacciné), après avoir obstinément fermé des milliers de lits (pour des économies budgétaires qui n’ont jamais été réalisées), après avoir largement subventionné d’autres domaines – la presse notamment – en lieu et place de ces hôpitaux publics qui réclament des moyens, il est cocasse de voir le chef de l’État parler d’irresponsabilité : manifestement, son poste actuel lui est un peu trop monté à la tête et il croit parler d’expérience.
Ces propos à la fois honteux, scandaleux et tout à fait illustratifs des objectifs réels et de la politique néfaste qui sont poursuivis actuellement, démontrent encore une fois tout le mépris et l’arrogance dont Macron fait preuve : le peuple, péniblerie avec laquelle il fallait composer lors des élections, devient maintenant une variable d’ajustement et s’il est politiquement rentable de se départir d’une partie de celui-ci, qu’à cela ne tienne. En somme, on ne passe pas encore la parcelle encombrante au fil de l’épée (ou au flash ball), mais ça ne saurait tarder…

Il n’en reste pas moins qu’il est absolument invraisemblable que des propos pareils soient tenus sur des citoyens dont on rappellera utilement qu’ils sont encore, à 100 %, totalement humains, et qu’en termes légaux, ils sont encore, à 100 %, des citoyens qui payent des impôts et se comportent en réalité de façon bien trop responsable malgré les avanies qu’ils subissent. Jusqu’à preuve du contraire, petit monsieur Macron, ces citoyens n’ont enfreint aucune loi et parce qu’ils payent votre salaire, vous leur devez le plus élémentaire des respects.

En pratique, on comprend que le petit président veut désigner des boucs émissaires et des coupables faciles mais ce faisant, il finit surtout par déclencher la haine même chez ceux qui avaient jusqu’à présent suivi le mouvement, contraints ou non. L’opposition, rassemblant maintenant droite et gauche, est vent debout contre ces déclarations : il n’y a bien sûr qu’un jeu politique derrière cette indignation franchement tardive, mais elle pourrait être l’élément déclencheur d’une vraie prise de conscience du gouffre dans lequel Macron vient d’emmener à coups de trique tout le pays.

Du reste, regardons les choses en face : ce petit chef de l’État n’a de pouvoir que parce que le peuple le lui a octroyé, et de façon de moins en moins consensuelle. Parallèlement, il semble clair qu’il prend un malin plaisir (ou prétend le faire en tout cas) à imposer de plus en plus de contraintes à une part des Français, à les diviser.
Il semble donc naturel de couper court à la pignolade malsaine de l’emmerdeur élyséen, et notamment en ne tenant plus compte de ses injonctions qui s’apparentent de plus en plus à celles d’un enfant colérique et mal élevé, incapable de jouir d’autre chose que du malheur des autres. Il faut donc emmerder l’emmerdeur : refuser de s’aplatir, continuer à vivre aussi normalement que possible, s’opposer, de façon systématique, à ses diktats de plus en plus stupides et infâmants devient non seulement nécessaire, mais LA méthode pour faire enrager le petit président.
Dans ce contexte, il semble aussi clair que la désobéissance civile, de plus en plus ferme, s’impose maintenant à tous si l’on ne veut pas basculer définitivement dans un monde de ségrégation et de punitions continuelles. Car ici il s’agit bien de punitions et de vexations permanentes : même ceux qui, volontaires ou non, avaient jusqu’à présent accepté l’instauration des lois liberticides, des pires contraintes sociales depuis l’avènement de la Cinquième République, se retrouvent maintenant à devoir composer avec des règles changeantes.

Plus personne, même ceux qui se croyaient « bons citoyens », ne sera épargné et d’ici quelques jours, l’annulation des passeports sanitaires pour des centaines de milliers de Français en jettera autant dans les rangs des « irresponsables » qu’il faut donc « emmerder » ; au 15 février, ce sont de nouvelles cohortes qui viendront grossir le rang des emmerdables par la clique des macronistes.

Ceux qui dictent ces misères arbitraires, sans queue ni tête ni plus aucune justification sanitaire, sont maintenant enfermés dans une course contre la montre : multiplier les lois et les contraintes pour s’assurer que la foule, grandissante, des outrés et des emmerdés ne vienne pas leur expliquer physiquement ce qu’ils pensent de leurs abus. Chaque nouvelle contrainte accroît à la fois l’urgence pour les premiers et le nombre des seconds.
Les prochains mois seront décisifs.

Source Contrepoints.org

Par : h16


Infos santé : Sport et Santé-Gym course à pied

 


Gym course à pied

Prévention des blessures, tonicités appuis, transmissions des forces de propulsion, le renforcement musculaire est très utile au joggeur.

Explications et propositions de Philippe HERISSON et CHRISTOPHE DUMAS, kinésithérapeutes du sport.

Les coureurs à pied courent, c’est tout !  Parfois ils font quelques étirements et cherchent à perdre du poids. Exceptionnellement, ils pratiquent un soupçon de musculation. Les joggeurs et même les runners confirmés pensent que se muscler alourdit le corps. Ils ont peur de ressembler à des sprinteurs ! En réalisant le programme proposé 2 à 3 fois par semaine, rien à craindre, vous ne serez pas bodybuildés !

  • Gainage : un buste fixe pour mieux bouger
Pour bien courir il faut de bonnes jambes mais le haut du corps doit être lui aussi suffisamment musclé. Tonifier ses dorsaux, ses abdos et ses épaules permet de ne pas s’écrouler en fin de course, d’ouvrir sa poitrine et de respirer librement. Ces exercices protègent votre colonne vertébrale des vibrations répétées de la course. Le travail des abdominaux, des dorsaux et des bras s’associent pour stabiliser votre posture.


    Gainage antérieur du coureur
    Placez vous debout, face à un mur distant de quelques dizaines de centimètres. Basculez en avant, posez votre avant bras droit sur le mur.  Décollez votre talon droit. Montez votre genou gauche. Alignez bien votre buste et votre cuisse droite. Rentrez le ventre. Votre position ressemble à celle d’un coureur en pleine accélération, votre gainage antérieur et diagonal est plus spécifique. Conservez cette attitude 10 à 40 secondes et changez de côté. Pour accroître la difficulté, fermez les yeux : les micro-oscillations imposent un travail musculaire supplémentaire et une meilleure coordination.


    • Gainage postérieur du coureur
    Allongez-vous au sol. Posez vos talons sur une chaise. Montez le bassin, serrez les fesses, alignez vos cuisses et votre buste. Pliez les coudes. Montez le droit, écrasez le gauche dans le sol. Fléchissez la hanche et le genou gauche. Rentrez le ventre. Votre position ressemble à celle d’un coureur en pleine action, votre gainage postérieur et diagonal est plus spécifique. Conservez cette attitude 10 à 40 secondes et changez de côté. Pour accroître la difficulté, fermez les yeux : les micro-oscillations imposent un travail musculaire supplémentaire et une meilleure coordination.


    Enchaînez les 2 positions. Recommencez 2 à 4 fois.

    • Freinage de cuisse 
    Lors de la phase de réception des foulées, le pied touche le sol et le quadriceps ralentit le mouvement. Ces membranes sont emmenées par l’articulation qui se fléchit et ses fibres tirent dans l’autre sens. Ecartelé, il s’abîme et se fatigue.  Au fil des kilomètres, il ne joue plus son rôle et le genou amortit «en rentrant vers l’intérieur». La répétition des impacts sur une articulation désaxée est responsable de nombreuses blessures. Les ménisques sont écrasés, la rotule bascule et les tendons sont étirés ou frottent sur les reliefs osseux. Il est impératif de travailler cette étape clé de votre foulée !


    • Exemple jambe gauche
    Debout, jambes tendues sur une marche. Vous descendez le pied droit au ralenti. Vous devez  conserver le genou gauche dans l’axe du milieu du pied gauche. Puis vous abaissez le pied gauche normalement. Vous remontez  en marche arrière le pied gauche puis le pied droit
    Vous êtes alors prêts à recommencer. Rapidement, la jambe qui fléchit au ralenti se fatigue, il faut alors insister pour garder le genou dans l’axe ! Initialement 1 série compte 10 mouvements. Alternez jambe droite et gauche. Réalisez 3 séries de chaque côté.  Pour progresser augmentez progressivement le nombre de mouvement par série.

    • Freinage de mollet 
    Lors de la phase de réception, le mollet est particulièrement sollicité pour freiner et stabiliser la cheville dans l’axe de la propulsion. En fin de footing, il devient moins performant. Au cours du déroulé de la foulée au sol, votre pied bascule vers l’intérieur, votre voûte plantaire s’écrase. Les tendons sont mis en tension et frottent sur les proéminences osseuses. Les cartilages s’impactent dans les articulations désaxées. Le tibia part en torsion et risque de se fissurer. Un mollet plus fort, plus endurant réduit le risque de tendinite, de souffrance articulaire et de fracture de fatigue.

    • Exemple jambe gauche
    Debout, jambes tendues sur une marche, les talons dans le vide. Montez sur la pointe des deux pieds et descendez très lentement uniquement sur le pied gauche, en écrasant le talon. Remontez avec les 2 pieds. Alternez gauche et droite. Faites 3 séries de 10 répétitions.  Pour progressez, augmentez le nombre de répétitions.


    Philippe Hérisson et Christophe Dumas, kinésithérapeutes du sport.
    Diplômés de la clinique de la course à pied (Québec) dans la prévention des blessures en course à pied.

    Source SantéSportMag 

    Infos santé : Sport et Santé-Claquage du mollet et autorééducation


    Claquage du mollet et auto rééducation

    Votre médecin du sport a fait le diagnostic de claquage du mollet. Il vous a prescrit de la kinésithérapie. Vous pouvez y associer des exercices d’autorééducation. Vous limiterez le risque de séquelles et réduirez sûrement les délais de reprise.

    Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport, et Grégory DELENTE, kinésithérapeute du sport.  

    Lors d’une course rapide ou d’un saut, la cheville se fléchit à la réception. Elle emmène avec elle la membrane qui entoure le muscle du mollet, l’aponévrose. Les fibres musculaires qui s’y accrochent tirent dans l’autre sens pour freiner le mouvement et accumuler de l’énergie élastique destinée à la relance. Quand le geste est violent, lorsque le muscle est durci par la fatigue, il arrive que la jonction entre les fibres et le sac musculaire se déchire. C’est le claquage. En fait, le terme général est « lésion musculaire ». Lors de l’élongation les fibres se décrochent de la membrane. À cet endroit, il se constitue un petit épanchement, comme une ampoule profonde. La cicatrisation s’effectue en 10 à 15 jours. Parfois, la membrane se rompt ; les vaisseaux qui y circulent sont eux aussi coupés. C’est le « claquage » au sens propre. La lésion saigne et un hématome ne tarde pas à se former. Selon l’ampleur des dégâts, la cicatrisation est obtenue en 6 à 10 semaines.


    • Visez les objectifs... Respectez les principes !
    La rééducation a pour premier objectif de drainer l’épanchement ou le sang. En effet, si du liquide persiste, il se transforme en une croûte friable. Cette cicatrice fibreuse et anarchique se comporte comme un maillon rigide et fragile au sein d’une chaîne élastique. Elle est à l’origine de récidives ! Pour limiter les suintements et les saignements, il faut glacer, comprimer et surélever le mollet. Le second objectif consiste à « mécaniser » la cicatrice, c’est-à-dire à éviter la formation d’un magma fibreux inerte et stimuler la formation de fibres musculaires à l’endroit de la blessure. Pour cela, il est impératif de faire fonctionner le muscle… il faut lui proposer des contraintes mécaniques progressivement croissantes, juste à la limite des aptitudes du tissu reconstitué ! Dans cette stratégie, le seuil de la douleur est de bon conseil. En clair, vous pouvez faire tout ce qui ne vous fait pas mal… Plus encore, vous devez le faire !

    • Drainez couché… Drainez couché !
    Dans les jours qui suivent votre accident, faites confiance à la logique de votre plombier ! Allongez-vous, surélevez la jambe ! Mettez votre mollet plus haut que votre hanche et votre cœur. Le sang de l’hématome aura tendance à rejoindre la circulation générale. Glacez votre mollet. Le froid ferme les vaisseaux sanguins et réduit le saignement. Utilisez un sac de glaçons, un Cryogel® de pharmacie ou un sac de petits pois congelés. Protégez votre peau avec un linge. Une serviette peut faire l’affaire. Poursuivez la manœuvre 20 minutes, c’est la durée optimale. Sur une durée plus prolongée, les vaisseaux se ferment si longtemps que la peau n’est plus oxygénée et risque de s’abîmer ! Moins longtemps, la peau commence par rougir pour se protéger et le saignement risque d’augmenter. Comprimez votre mollet. La pression externe appuie sur les vaisseaux déchiquetés et réduit l’hémorragie. Plusieurs techniques s’offrent à vous. Vous pouvez utiliser une bonne vieille bande Velpeau ou équivalent. Serrez un peu plus en bas, vers la cheville, et moins en haut, vers le genou. Vous obtiendrez ainsi un effet drainant vers le cœur. Plus efficace et plus simple, mettez vos chaussettes de compression voire vos chaussettes de récupération. Le serrage élastique décroissant ascendant est parfaitement conçu pour stimuler le retour veineux. N’hésitez pas à asperger votre bandage ou vos chaussettes d’alcool à 70°. Ce dernier s’évapore en utilisant la chaleur du corps. On obtient ainsi un effet réfrigérant. En théorie, il est déconseillé de serrer fortement votre jambe en position couchée. Les veines insuffisamment dilatées par le poids du sang sont écrasées ; le retour veineux et le drainage sont sérieusement perturbés, on obtient l’inverse de l’effet escompté. Le risque est encore plus élevé avec bandage circulaire : prudence ! Équipé de chaussettes de contention, vous pouvez reprendre votre vie quotidienne rapidement. Marchez lentement en mettant des talonnettes. Mesdames, portez des chaussures à talons­ ; cette fois, c’est bon pour votre santé. En surélevant l’arrière de votre pied, vous réduisez la tension dans le mollet. Ainsi, sa contraction ne tire pas sur la zone lésée…

    • Pédalez pour vous rééduquer et garder la forme !
    Faire du vélo est autorisé… et même vivement conseillé ! En salle, plus encore qu’à l’extérieur, il est possible de commencer par des résistances très modérées, bien inférieures au poids du corps. Lorsque vous pédalez, le talon est aussi en position haute. Il n’y a aucun freinage. Vous vous contentez de pousser. La jonction entre les membranes et les fibres musculaires n’est pas écartelée. Les contraintes mécaniques sont faibles et non traumatisantes ; elles ont pour effet de « ­mécaniser­ » la cicatrice, c’est-à-dire d’éviter la formation d’un magma rigide, et de stimuler la formation de belles fibres musculaires ! Quand vous moulinez, l’alternance rapide contraction/décontraction réalise un pompage au sein du muscle qui contribue au drainage de l’hématome. Augmentez peu à peu la résistance en vous plaçant juste sous le seuil de la douleur. À environ 3­ semaines de votre claquage, essayez de vous mettre en danseuse ; votre geste devient plus proche de celui de la course. Peu à peu, mettez du braquet en écrasant les talons !

    • Etirez ! Freinez !
    Pédaler permet de contracter votre mollet blessé en évitant d’y ajouter un étirement. En revanche, vous l’avez compris, la course associe les deux ­processus ­! Il faut progressivement réadapter votre muscle à cumuler ces contraintes. Toujours en respectant la règle de la « ­non douleur ­», étirez votre mollet en prenant appui avec vos mains sur un mur et en rapprochant votre buste tout en conservant les talons au sol. Faites le mouvement lentement. Gardez la position 10 à 30 secondes.


    Pour progresser, éloignez peu à peu vos pieds du mur. Afin de mettre plus de poids du côté blessé, placez le membre inférieur opposé en fente avant. Pour y adjoindre des contraintes de freinage, montez sur la pointe des pieds et descendez doucement. La course est responsable de lésions musculaires car la traction sur la jonction entre le tissu musculaire et les enveloppes est brutale. Le secret de la rééducation est de proposer une mise en tension lente. Dans ces conditions, les fibres ont le temps de s’aligner dans l’axe des contraintes. On obtient un effet «­ mécanisant­ » sans provoquer de lésion.



    Dès que ces manœuvres sont indolores, boostez encore l’adaptation tissulaire. Effectuez cet étirement au bord d’une marche. Remontez sur la pointe des pieds, redescendez amplement les talons, d’abord sur deux jambes puis sur une seule.


    Quand tous ces exercices sont validés sans douleur, reprenez les premiers mouvements mais en accélérant.

    • Archimède… Super kiné !
    Allez à la piscine ! Nagez ! Ainsi vous gardez la forme et contribuez à votre rééducation. Évitez le crawl, le mollet ne bouge pas assez et reste toujours légèrement contracté ; il risque de faire une crampe qui aggraverait sérieusement les lésions ! Préférez la brasse au cours de laquelle le mollet est mobilisé. Comme à vélo, l’alternance contraction/décontraction draine le suintement ou l’hématome. Le retour veineux est également favorisé par la position horizontale mais aussi par la fraîcheur et la pression de l’eau. Avant de reprendre la course, votre mollet doit se réhabituer à la mise en tension rapide suivie d’une restitution élastique et d’une contraction dans une position d’étirement. Archimède peut vous aider ! Après votre séance de natation, sautillez dans le petit bain. Commencez sur deux jambes, alors que vous avez de l’eau jusqu’aux épaules. Passez progressivement sur un pied et réduisez la profondeur.

    • La course fait partie du traitement !
    Il est temps de trottiner. Mettez vos chaussettes de compression. Glissez, sous votre semelle de propreté une fine talonnette type Sorbothane. Bien évidemment, faites-le de chaque côté pour ne as être bancal ! Commencez par un échauffement simple mais structuré. En pratique, marchez, marchez vite, trottinez. Ne faites pas d’étirements ! Vous épuiseriez la structure en chevrons des fibres constitutives de vos membranes musculaires ! Elle serait plus longue mais moins élastique ! Soyez raisonnable. Ne dépassez pas 10 à 15­minutes ! Ajoutez 5 à 10 minutes par séance, quitte à finir votre entraînement par du vélo. Terminez par des étirements. Après l’effort, l’assouplissement de la cicatrice est sans danger, même si vous cassez quelques fibres. Lorsque que vous avez validé 45­ minutes de jogging lent, accélérez progressivement. Allez taquiner le seuil de l’essoufflement. Proscrivez encore les démarrages ! Intégrez quelques côtes dans votre parcours pour tirer un peu sur le mollet. Si tout se passe pour le mieux sur le relief, vous pouvez attaquer le fractionné ! Quelques jours plus tard, vous ne ressentez aucune douleur à l’issue d’un travail de piste… vous êtes guéri !


    Dessin Mathieu Pinet 
    Source SantéSportMag