vendredi 28 septembre 2018

Billets-Macron est-il le réformateur qu’il prétend être ?

Macron est-il le réformateur qu’il prétend être ?

Quel bilan tirer du gouvernement Emmanuel Macron/Edouard Philippe ? Seront-ils capables de réformer la France ?


Il existe plusieurs méthodes pour dresser le bilan de l’action d’un gouvernement, et celle qui consiste à comparer ce qui est nécessaire au pays avec ce qui a été réellement entrepris comporte un énorme avantage : celui de ne pas se faire embarquer sur le terrain des éventuelles réformettes et des faux progrès dont le gouvernement nous abreuverait afin de faire illusion.

LA FRANCE, DES DIFFICULTÉS PARFAITEMENT CONNUES ET QUI NE DATENT PAS D’HIER
La France se shoote au keynésianisme, de nature à compenser les crises de la demande, depuis la fin des années 70 avec les résultats que l’on sait, alors qu’elle souffre d’une sérieuse chute de sa compétitivité, ce qui n’est rien d’autre qu’une crise de l’offre.

La dégringolade de nos parts de marchés mondiales sur ces 20 dernières années (-50% sur l’industrie, -20% sur les services), le chômage de masse et la grande pauvreté constituent la parfaite signature des handicaps qui nous accablent :
  • un mille feuille étatique qui asphyxie l’économie par son train de vie et par sa dette
  • un taux de prélèvement qui plombe le bénéfice des entreprises et des ménages, et qui freine la prise de risque
  • un droit du travail qui dissuade autant de licencier que de recruter
  • des discriminations de salaires et de cotisations entre le public et le privé
  • un syndicalisme aussi archaïque que toxique
  • un système éducatif en perte de vitesse et idéologisé
  • des médias majoritairement anti-libéraux
Examinons maintenant ce que le gouvernement Macron/Philippe a réellement entrepris sur chacun de ces points.

UN MILLE FEUILLE ÉTATIQUE QUI ASPHYXIE L’ÉCONOMIE
Avec près de 40% de sa population active qui travaille pour l’État, la France détient un record qui la rapproche d’un pays communiste comme la Chine !


Un emploi public détruit deux à trois emplois privés, selon les économistes. La corrélation entre taille du secteur public et faible croissance ne fait d’ailleurs aucun doute, celle-ci est en effet amplement démontrée (ici à l’échelle européenne) :


C’est bien l’obésité de l’État français qui est à l’origine d’un tel niveau de prélèvement, cet État qui, excusez du peu, emploie deux fois plus de fonctionnaires que les 83 millions d’Allemands et plus de ministres que les États-Unis ! De toute évidence, rationalisation, optimisation et désendettement devraient être les leitmotivs d’une réforme urgente et de grande ampleur de l’État.

Or, en juin 2017, aussi incroyable que cela puisse paraître, le Premier ministre Édouard Philippe attendait l’audit des résultats du gouvernement Hollande pour savoir : « s’il faut jouer, d’ici la fin de 2017, sur une réduction de dépenses et à quel niveau ».

Et en septembre, comble de l’irresponsabilité, le gouvernement a revu à la baisse son plan d’économies pour le projet de loi de finances 2018, l’objectif de 20 milliards étant ramené à 16 milliards d’euros ! Que pesaient d’ailleurs ces 20 milliards par rapport aux 2000 milliards d’euros de la dette ? Une ridicule goutte d’eau (1% environ). Tout est donc très clair : il ne faut pas compter sur une réforme de l’État.

UN TAUX DE PRÉLÈVEMENTS QUI PLOMBE LE BÉNÉFICE DES ENTREPRISES ET DES MÉNAGES, ET QUI ÉLOIGNE LES INVESTISSEMENTS
La France détient quasiment le record des prélèvements de toutes sortes, elle est le royaume de la distribution, à un niveau qui nous consacre parmi les pays les plus ponctionnés de la planète :


Alors que nos entreprises sont moins profitables qu’ailleurs en Europe, alors que l’exode de nos jeunes talents et de nos riches atteint des niveaux exceptionnels (étude New World Health2016), le gouvernement a décidé de refinancer la taxe de 3% sur les dividendes, taxe jugée pourtant illégale par le Conseil Constitutionnel, en créant une taxe spécifique !

Bon prince, ou particulièrement cynique, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire vient d’annoncer qu’il assume la moitié de l’effort, et demande aux 320 entreprises concernées de payer le reste « par civisme ». Ainsi, le gouvernement Macron/Philippe refuse d’assumer l’erreur du gouvernement précédent, dont le Président actuel était le ministre de l’Économie.

Outre l’aspect odieux de cette surtaxe, c’est le symbole même d’un Président réformateur qui vole en éclats. Avec une telle exaction, le gouvernement a perdu toute crédibilité.

Mais comment s’en étonner de la part d’un pouvoir qui ose annoncer « des baisses d’impôts financées par une hausse de la CSG » ? N’est ce pas prendre les Français pour des imbéciles ? Et tenter de masquer son impossibilité structurelle de diminuer la manne fiscale, véritable drogue dont il est incapable de se sevrer ?

Certes, du fait de la réforme actuellement engagée, certaines catégories verront leur pression fiscale allégée. Mais seule une minorité de Français en bénéficiera. Car en réalité, les hausses d’impôts vont frapper très tôt dans l’échelle des salaires :

  • les retraités percevant plus de 1200 euros de retraite mensuelle !
  • plus généralement, l’ensemble des classes moyennes (cf. l’analyse de Sébastien Laye Figaro 10/17) !

Taxer une majorité de Français afin de diminuer l’imposition d’une minorité paraît moralement discutable et économiquement inefficace. Il s’agit probablement même d’une grotesque imposture puisque la pression fiscale devrait augmenter pour plus de la moitié des ménages !

Tout cela prouve combien le gouvernement est considérablement en deçà de la réforme nécessaire, cette réforme qui doit nous rapprocher du niveau de prélèvement un peu plus décent pratiqué par nos voisins européens notamment.

UN DROIT DU TRAVAIL DISSUASIF
Dans ce domaine, les efforts du gouvernement Macron/Philippe sont tangibles. On peut éventuellement critiquer la méthode choisie (par ordonnances) mais les changements prévus vont dans le sens d’une meilleure fluidification du marché du travail, en donnant davantage de latitudes aux entreprises, y compris jusqu’au référendum lorsque cela est nécessaire, et en limitant les possibles abus des décisions des prud’hommes, ou la lourdeur des indemnités exigées en cas de licenciement.

On peut juste déplorer que ces mesures, bien que positives, ne s’attaquent pas à la complexité de la législation, et risquent au contraire de l’accroître par de nouvelles dispositions. Quoi qu’il en soit, quand bien même cette réforme semble plus ambitieuse que celle engagée par Myriam El Khomri, elle ne bouleversera pas la donne de façon significative.

Pourquoi ? Parce qu’elle se trouve bien isolée : que peut-elle changer sans une profonde réforme de l’État et une baisse drastique des charges qui pèsent sur les entreprises ?

INÉGALITÉS ENTRE LE PRIVÉ ET LE PUBLIC
Bien que discriminatoires, et choquantes aux yeux des étrangers, puisque à niveau de responsabilité égal, un fonctionnaire gagne plus, cotise moins, et bénéficie d’une retraite meilleure et plus longue qu’un travailleur du privé, ces inégalités font partie du paysage français. Réformer le régime des pensions serait un minimum, même si les inégalités touchent également les niveaux de rémunération.

Le candidat Emmanuel Macron avait promis de s’atteler aux retraites. Mais strictement rien n’a été fait jusqu’à présent, concernant son fameux « système de retraite universel ». Et toujours rien n’a été promis non plus en ce qui concerne les différences de salaire.

Visiblement, tout ce qui touche au train de vie de l’État (et à ses agents) semble avoir bizarrement tétanisé les volontés du gouvernement Macron/Philippe.

UN SYNDICALISME D’UN AUTRE ÂGE
C’était une promesse de Nicolas Sarkozy qu’il n’avait hélas pas tenue. François Hollande, quant à lui, s’était bien gardé d’entreprendre quoi que ce soit dans ce domaine, tellement les syndicats sont puissants (du point de vue de leur capacité de nuisance) et recrutent principalement leurs adhérents à gauche.

Moins de 8% des travailleurs français sont en effet syndiqués, avec une surreprésentation des fonctionnaires, à des syndicats majoritairement politisés pour ne pas dire idéologisés. FO, CGT et Sud sont généralement peu enclins à considérer les intérêts de l’employeur à moyen terme, favorisant systématiquement la négociation par la force au bénéfice des travailleurs à très court terme.

Quitte à nuire à l’emploi, tout cela sur fond de grèves à répétition coûteuses pour la collectivité.Certes, l’usage du référendum que suggère le gouvernement peut aider à contourner les organisations syndicales. Mais certaines entreprises n’ont pas attendu Macron pour mettre en place une telle consultation. Et cela n’enlèvera pas la folle capacité de destruction des plus virulentes de ces organisations.

En réalité, la seule réforme dans ce domaine concerne le « chèque syndical », sorte de crédit donné à chaque travailleur pour qu’il le reverse au syndicat de son choix. Ce système administré, bizarrement alambiqué, n’est bien évidemment pas exempt de critiques, notamment concernant sa capacité à faire croître le taux de syndicalisation, ou encore la possibilité qu’il ouvre la porte à des hausses des cotisations futures.
Surtout, personne ne voit en quoi ce système bureaucratique de chèques à allouer pourrait mettre un terme aux méthodes délétères et contre-productives des syndicats les plus radicalisés.

UN SYSTÈME ÉDUCATIF EN PERTE DE VITESSE
La suppression de la réforme Belkacem a été une décision unanimement saluée. Les mesures prises lors de cette rentrée vont également dans le bon sens, et c’est sans doute dans le domaine de l’éducation que le gouvernement Macron semble le moins velléitaire et le moins brouillon.

À noter d’ailleurs que le ministre de l’Éducation, J.M.Blanquer, est l’un des très rares ministres issus du monde de l’entreprise ! Cette nomination semble particulièrement judicieuse au regard de la trajectoire de notre pays dans des classements internationaux comme PISA…

Toutefois, rien ne semble prévu jusqu’à présent en matière d’enseignement de l’économie, domaine sur lequel les classements comparatifs européens positionnent les Français à une place très médiocre.

L’orientation quasi marxiste des contenus dans le secondaire ainsi qu’à l’université de lettres ou encore dans les écoles de journalisme (VA 12/16) constitue un danger pour la pluralité des idées et pour le bon fonctionnement de la démocratie. Selon le prix Nobel d’économie Edmund Phelps, cette inculture économique constitue un frein à la croissance.

Il est particulièrement dangereux en effet que seuls Keynes, Marx et Piketty soient aux programmes, et que les exercices tournent autour d’articles issus d’Alternatives Économiques.

Le fait que 9 candidats à la présidentielle de 2017 sur 11 proposaient un programme étatique, voire communiste, est une conséquence directe de ce lavage de cerveau subi à l’école depuis des décennies. Or rien pour le moment n’est engagé ni prévu pour nettoyer l’Éducation nationale de son idéologie.

DES MÉDIAS MAJORITAIREMENT ANTI-LIBÉRAUX
À la fois conséquence et acteur du gavage idéologique au Lycée et à l’Université, la grande majorité des médias représentent eux aussi un danger pour l’avenir de l’hexagone.

En désinformant systématiquement les citoyens dans le but de les tenir éloignés des solutions non étatiques, les médias tout comme l’Éducation nationale interdisent de fait toute réforme libérale.

Il est certes paradoxal de demander à un gouvernement social-démocrate (ou majoritairement socialiste) comme celui de Macron/Philippe de casser une filière qui l’a nourri. Pour autant, la quasi absence de contre-pouvoir médiatique est un problème majeur. La France se classe au 39ème rang en termes d’indépendance de la presse (RSF 2017).

Pour le moment, rien n’est fait dans ce sens par le gouvernement Macron. Au contraire, à peine élu, le Président lui-même a émis le souhait de choisir les médias qui allaient couvrir ses déplacements et son actualité, ce qui n’est rien d’autre qu’une tentative d’accroître cette mainmise sur les moyens d’information !

EN CONCLUSION
Il faut admettre que le gouvernement actuel est habité d’une plus grande ambition et d’un plus grand courage que le gouvernement précédent (ce qui n’est pas difficile il est vrai).

Toutefois, à l’aune des réformes engagées et de celles qui ne le sont pas, force est de constater que le gouvernement Macron/Philippe ne brille ni par sa cohérence, ni par son envergure. Surtout, en refusant de s’attaquer au train de vie de l’État et à l’abus de pression fiscale, le gouvernement se prive des deux leviers les plus importants.
Ses atermoiements concernant les impôts, les taxes, la CSG, et sa scandaleuse surtaxe confirment son incapacité à sortir du carcan socialiste basé sur toujours plus d’impôt. Et ce n’est pas la petite réforme du droit du travail qui, bien que positive, changera quoi que ce soit à elle toute seule.

Un certain espoir est permis toutefois côté Éducation nationale. Mais rien ne semble possible à court terme ni sur le plan des inégalités privé/public ni sur l’indépendance des médias.


Source contrepoints.org
Par Claude Robert.


Claude Robert est consultant international en organisation, et auteur du site satirique « Eradiquons le politiquement correct français »

vendredi 21 septembre 2018

Recettes Périgord-Cèpes conservés au naturel


Cèpes conservés au naturel

Préparation : 20 mn
Cuisson : 3 mn
Stérilisation : 2 heures
Pour 4 personnes
1 bocal en verre pour conserve de 300 g
400 g de cèpes frais
Gros sel
1. Choisissez les cèpes les plus jeunes et les plus fermes.
2. Nettoyez-les avec un chiffon humide et du papier absorbant. Coupez les queues au ras de la tête.
3. Réservez les queues pour les accommoder avec des pommes de terre sautées ou en omelette.
4. Posez un faitout sur un feu, versez de l’eau chaude, faites chauffer à ébullition. Plongez les têtes de cèpes dans l’eau bouillante pour les blanchir.
5. Lorsque le bouillon a repris l’ébullition, soit 3 à 4 minutes après, sortez les cèpes avec une écumoire pour les plonger dans l’eau froide afin de les rafraîchir.
6. Les têtes ont rendu de l’eau. Remplissez le bocal, ajoutez une pincée de gros sel et deux cuillerées à soupe d’eau.
7. Essuyez le bord du bocal, n’oubliez pas de poser un caoutchouc neuf sur le couvercle. Fermez et posez le bocal dans un grand récipient cylindrique type marmite haute. Calez le bocal avec des chiffons, mettez un poids dessus pour qu’il ne bouge pas. Stérilisez 2 heures.
8. Ranger la conserve dans une réserve au sec et à l’abri de la lumière.

Le cèpe s’utilise dans les sauces et les omelettes, ou se consomme saisi à la poêle avec un hachis d’ail et de persil.


jeudi 20 septembre 2018

Photos mythiques-La mort en direct-Lee Harvey Oswald

La mort en direct-Lee Harvey Oswald
Photo : Robert H Jackson (1963)


Le lendemain du 22 novembre 1963, cette photo saisissante fera la une des journaux du monde entier.
La veille, un dimanche matin, les sous-sols du bâtiment de la police de Dallas sont plein à craquer. Outre les agents de police chargés de la sécurité, des dizaines de journalistes venus du monde entier attendent la venue de l'homme accusé d'avoir assassiné John Kennedy.

Il est 11h21 lorsque Lee Harvey Oswald sort du commissariat pour être transféré en prison, entouré par deux inspecteurs. Il ne doit parcourir que quelques mètres à travers la haie formée par des policiers qui tentent tant bien que mal de contenir les reporters et les photographes présents. Oswald semble calme et marche d'un pas tranquille. Un homme s’approche, sort un revolver et l’abat devant les caméras qui retransmettent les images en direct.

Jack Ruby un propriétaire de boîtes de nuit avec des connections dans le milieu, vient de tuer l’assassin présumé de Kennedy. Robert H Jackson du Dallas Times-Herald saisit dans cet instant tragique la douleur d’Oswald et la stupeur du policier préfigurant la stupéfaction de l’Amérique devant cet assassinat impensable.

L'assassin de Lee Harvey Oswald, meurtrier présumé du président Kennedy, sera condamné à la chaise électrique par la cour de Dallas. Atteint d'un cancer, Ruby ne sera jamais exécuté. Il mourra dans un hôpital de Dallas, emportant avec lui ses secrets sur "l'affaire Kennedy".


Robert H Jackson

Photos mythiques-Mère migrante, Nipomo, Californie

Mère migrante, Nipomo, Californie
Photos-Dorothea Lange (1936)


États-Unis, 1936, c’est la Grande Dépression. La photographe Dorothea Lange parcourt la campagne étasunienne pour le compte de la FSA (Farm Security Administration), un organisme du ministère de l’agriculture, chargé d’aider les fermiers les plus pauvres. Elle rencontre Florence Owens Thompson, 32 ans, qui a perdu son mari 4 ans plus tôt. Mère de six enfants, elle fait ce qu’elle peut pour tenter de les nourrir. La photographe s’approche et parle avec elle. Elle réalise 5 clichés, dont celui-ci.

La mère est soucieuse et presque résignée, mais elle tient son rôle protecteur central pour ses enfants. Les deux enfants qui tournent la tête expriment gène et tristesse. Ils concentrent notre regard sur le visage de leur mère. Son regard à elle n’est pas pour nous, il est absorbé ailleurs. Cette image, très simple et directe, appelle toute la compassion qu’on peut avoir pour des victimes de la pauvreté.


Il est intéressant de se pencher sur les circonstances qui ont permis à cette photo de voir le jour. La FSA a été créée en 1935, dans le cadre du New Deal, par le président Roosevelt. Cette agence est chargée de réformes et d’aides à l’agriculture (subventions, planification, coopératives, etc). Pour promouvoir son travail et faire passer ses réformes, elle met en place ce qu’on appellerait aujourd’hui, une « cellule de communication ». Une douzaine de photographes (dont Walker Evans) sont recrutés en fonction de leur engagement social et politique. Ils sont chargés de documenter, aussi objectivement que possible, les conditions de vie des agriculteurs du pays. Les photos -propriété de l’État- ont été mises gratuitement à disposition de ceux qui les publiaient, ce qui en a garanti une rapide et large diffusion. Les grandes qualités humaines de ces images ont fait le reste : elles ont profondément marqué les Américains de l’entre-deux-guerres.


Deux romans de John Steinbeck resituent admirablement les conditions de vie de cette époque : Les raisins de la colère, Des souris et des hommes. Tous les deux ont inspiré des films.


Dorothea Lange est née en 1895 à Hoboken (New Jersey). À l’instar de Robert Capa, elle tend à n’être connue du grand public que par une seule photo. Pourtant, c’est bien par ses photographies des conditions de vie des plus pauvres, qu’elle a été remarquée, puis recrutée par la FSA, en 1935.


Signalons pour la petite histoire, que Dorothea Lange a ultérieurement retouché son négatif. En bas à droite, se tenant au bâton, il y a un pouce qu’elle jugeait disgracieux et trivial pour cette image. À l’origine très clair, elle l’a noyé dans des tons foncés. Cela avait déclenché de vives polémiques.



Dorothea Lange

Photos mythiques-Jeux de Mexico

Jeux de Mexico
Photo : John Dominis (1968) 


L'événement majeur des Jeux de Mexico, en 1968, incontestablement, sera les poings levés vers le ciel des sprinters noirs américains Tommie Smith et John Carlos.

Pour protester contre le racisme et la ségrégation dont sont victimes leurs frères de couleur, Carlos et Smith ont levé un poing ganté de noir et baissé la tête au moment où l'hymne américain retentissait en leur honneur et où les «Stars and Stripes» étaient hissées. Ils ont expliqué ensuite leur geste. «Nous ne sommes pas les braves garçons, ni de braves animaux que l'on récompense avec des cacahuètes. Si les gens ne s'intéressent pas à ce que les Noirs pensent en temps normal, qu'ils ne viennent pas voir les Noirs courir en public...» Smith a ajouté: «L'Amérique blanche ne nous reconnaît que comme champions...»

Un poing levé pour appeler à la justice, à l'égalité et à la dignité. Un poing levé pour faire réagir l'Amérique puritaine qui s'accommode chaque jour un peu plus du racisme, au lendemain de l'assassinat de Martin Luther King et Bob Kennedy.

Le geste de Tommie Smith et de John Carlos sera interprété comme un geste de haine envers l'Amérique et déchaînera des passions, détruisant la vie de ces deux athlètes. Devenus des parias, insultés, menacés de mort, ils voient s'effondrer tous leurs brillants projets d'avenir. 


John Dominis

Photos mythiques-Immolation

Immolation
Photo : Malcolm W. Browne (1963)



Ce jour de l’été 1963 à Saigon, des moines bouddhistes avisent les correspondants de presse qu’un évènement grave va subvenir. Un seul viendra, Malcolm W Browne.

Sous ses yeux et devant son objectif, un moine s’assied au milieu d’un grand carrefour de Saïgon, 2 autres moines l’arrosent d’essence et l’enflamme.

Cette photo a remporté le World Press Photo 1963.

Ce suicide par auto immolation visait à protester contre le régime dictatorial proaméricain du président vietnamien Ngô Dinh Diêm.

Le lendemain, cette photo sera sur le bureau du président John Fitzgerald Kennedy à Washington, qui appela l’ambassadeur US à Saigon, Henry Cabot Lodge pour lui dire
« Plus jamais çà ! »

Néanmoins, d'autres immolations publiques suivront et les mouvements d'opposition seront sévèrement réprimés par le pouvoir.

En novembre, un coup d'Etat renversera le gouvernement de Ngô Dinh Diêm qui sera fusillé. En 1964, les Etats-Unis décideront d'envoyer des troupes au Vietnam afin de s'opposer à l'avancée communiste. 


Malcolm W. Browne

Photos mythiques- Kim Phuc, la petite Vietnamienne

Kim Phuc, la petite Vietnamienne
Photo : Nick Ut (1972)


Le cliché qui valut au photographe le prix Pulitzer en 1973.
(Tran Bang – Vietnam – 8 juin 1972)

Les images paisibles d’enfants heureux sont légion. Il en est malheureusement beaucoup d’autres, mettant en scène des enfants victimes des pires atrocités. Celle de Kim Phuc, la petite Vietnamienne de 9 ans, est probablement celle qui a le plus fortement et le plus durablement marqué les mémoires.

Le 8 juin 1972, le photographe Nick Ut est sur la route menant au village de Tran Bang, tenu depuis 3 jours par les troupes du Nord-Vietnam et assiégé par les Sud-Vietnamiens. La plupart des habitants du village ont déjà fui les lieux et se tiennent sur la route, à quelques kilomètres, dans l’espoir de retourner chez eux après la fin des combats. Alors que tout indiquait qu’il n’y avait plus un Nord-Vietnamien dans le village, l’armée sud-vietnamienne décide néanmoins de bombarder le village au napalm. Sur la route, aux avant-postes, se tient une petite armada de soldats, de photographes, cameramen et autres journalistes, tous dans l’attente du « spectacle » annoncé... (Qui a vu le film Apocalypse Now peut effectivement parler de « spectacle », même si cette désignation est terriblement ambigüe!).

Sitôt après l’attaque, ces témoins « privilégiés » voient s’échapper et courir vers eux des rescapés, pour la plupart grièvement brûlés. Kim Phuc, la petite fille, est nue car elle s’est débarrassée de ses vêtements en feu. Tous crient atrocement. Après avoir dépassé les témoins, ils s’arrêtent enfin. Certains tentent maladroitement de leur venir en aide. Nick Ut, parlant le vietnamien, est le seul journaliste à pouvoir communiquer avec eux. Avec son chauffeur, dans son minibus maintenant bondé, il transporte Kim et des membres de sa famille vers un hôpital – à une heure de route – et insistera personnellement auprès du personnel médical pour que la petite soit prise en charge. (En temps de guerre, les hôpitaux, débordés, privilégient les soins aux personnes qui ont le plus de chances de s’en sortir. Et Kim ne faisait sans doute pas partie de cette catégorie.)

Kim Phuc, après 14 mois de soins et 17 opérations chirurgicales, s’en est sorti. Elle vit maintenant au Canada avec ses 2 enfants. Elle a été nommée Ambassadrice de Bonne Volonté (Goodwill Ambassador) de l’UNESCO en 1997. Nick Ut n’avait jamais raconté qu’il avait sauvé cette petite fille. Ce n’est que 28 ans plus tard que Kim Phuc, devant la reine d’Angleterre, a rapporté qu’il lui avait sauvé la vie.
La photo ne paraitra que le 12 juin dans le New York Times. Sa parution ne fut pas retardée par des problèmes techniques (on disposait déjà de moyens de transmission, à l’époque). Cela peut nous paraître surréaliste aujourd’hui, mais de très vives discussions se sont engagées entre rédacteurs pour savoir si on avait le droit de publier la photo d’une personne nue ! Finalement, entrevoyant tout de même l’importance de cette photo, il fut décidé de la publier, non sans obtenir la garantie de ne pas en faire un agrandissement. Il paraîtrait même que l’on a flouté légèrement la région pubienne de la petite fille.

Cette image a eu un grand impact et a prétendument permis d’accélérer la fin de la guerre du Vietnam. Il faut relativiser son importance dans ce cadre, ne serait-ce que parce qu’elle arrive à un moment où la fin de la guerre est en vue. Mais sa très grande force iconique vient de sa propagation. Elle a été utilisée, récupérée et décontextualisée par d’innombrables mouvements idéologiques, politiques ou religieux. Et ceci, dans les projets éditoriaux les plus divers. (Dans ce registre, Le Cri d’Edward Munch, n’a qu’à bien se tenir !)

La photo en haut de ce billet représente le cadrage de sa parution dans le NY Times. Très forte, dramatique et bien centrée sur le sujet. Mais on peut trouver d’autres cadrages, ainsi que d’autres photos de la scène qui racontent autant d’autres histoires. Par exemple, si on élargit le cadre, on voit à droite un photographe.


Il s’agit de David Burnett, qui un instant plus tard, a saisi cette image :


D’autres images encore, font voir l’armada de journalistes dont je parlais plus haut et pourraient raconter l’histoire d’une petite fille qui serait victime de l’acharnement de la presse et de sa passivité face à ses souffrances. (C’est le statut des photographes de guerre qui est en question ici. N’ayant jamais entendu siffler une balle ailleurs qu’au cinéma, je me garderai bien de donner une quelconque leçon...)

Nick Ut (de son vrai nom Huynh Cong Ut) est né en 1951 au Vietnam. À 16 ans il entre à l’agence Associated Press. Son frère ainé, Huynh Thanh My, photographe chez AP aussi, vient d’être tué. Il réside et travaille aujourd’hui à Los Angeles, toujours pour Associated Press. Le Prix Pulitzer lui a été remis pour cette photo en 1973. 35 ans plus tard, il est célébré pour la photo pipole d’une richissime bécasse délurée...


Il faut bien vivre ! Je dis cela sans mépris pour le photographe, car je comprends bien qu’on ne puisse pratiquer la photo de guerre pendant toute une vie. Mais je ne peux m’empêcher de me demander... : le raccourci saisissant entre ces 2 photos, à 35 ans de distance, nous donnerait-il la mesure du changement de nos exigences en matière de photo de presse ?...


 Nich Ut

mercredi 19 septembre 2018

Billets-Que cache l’affaire Benalla ?


Que cache l’affaire Benalla ?

Si l’affaire Benalla occupe la scène médiatique, c’est aussi parce qu’elle occulte des problèmes politiques plus importants.



Que cache l’affaire Benalla ? Que sait Benalla qui ne doive pas être connu de tous ? Comment expliquer les attaques concertées et choquantes contre la commission sénatoriale qui a décidé de l’auditionner ce 19 septembre ?

J’évoque ce feuilleton qui n’en finit pas et qui, paradoxalement, est plus nourri par ceux qui s’opposent à un approfondissement de la vérité (détaché du processus judiciaire) que par d’autres qui légitimement y aspirent. Parce que probablement la catastrophique gestion de ce dossier — et Benalla lui-même n’a pas manqué d’y mettre du sien — est l’une des causes de la baisse très nette du président dans les sondages.

Il en est d’autres sans doute plus sérieuses.

L’IMPATIENCE DES FRANÇAIS
L’impatience des Français face aux résultats économiques et sociaux qui tardent à venir. La croissance guère revigorée, le chômage qui ne régresse pas.

Une politique internationale qui, sur le plan européen, se contente d’opposer trop facilement les progressistes aux populistes qui seraient le diable avec cette difficulté quasiment insurmontable qu’ils sont peut-être majoritaires et qu’il est vain de vouloir donner des leçons éthiques à des gouvernants soutenus par leur peuple.

Par ailleurs, si la France a retrouvé son rang, elle n’est pas écoutée au point de convaincre et pèse peu sur la marche du monde. De l’erratique Trump au dur et cynique Poutine, sans oublier la stratégie finement impérieuse de la Chine, l’univers ne semble pas avoir besoin de nous. On peut louer les efforts du président pour exister, mais trop de paramètres — notamment nos faiblesses internes — nous font perdre du crédit.

Je ne suis pas persuadé que pour les registres judiciaire et sociétal, Emmanuel Macron se soit résolu à être autre chose qu’un intellectuel de gauche avec une idéologie compatissante et des poncifs constituant l’humanisme comme une morale désarmée.

À cet inventaire rapide dont le caractère subjectif ne m’échappe pas, est-il bien utile d’ajouter cette Fête de la musique décalée et déplacée, la consécration scandaleuse de Philippe Besson, ami du couple Macron, les carences de certains ministres et tout ce qui est venu depuis quelques mois assombrir une lumière qui avait suscité de l’espoir ?

RESTER ÉQUITABLE
Cette vision critique n’est pas, chez moi, contradictoire avec une approche équitable de tels propos et actes du président qui font l’objet d’une analyse sommaire. Comme si une partialité médiatique se devait d’être définitive et que plus rien ne trouverait grâce aux yeux non seulement des journalistes mais plus gravement de citoyens d’autant plus sévères maintenant qu’ils avaient été enthousiastes avant.

Je récuse, en particulier, cette appréhension globale et négative d’une personnalité pourtant complexe. Est-il au-dessus des forces médiatiques et démocratiques de ne pas tout mettre au même niveau et de ne pas appréhender également des saillies et dialogues opératoires et utiles d’un côté et des vulgarités rares et donc d’autant plus remarquées de l’autre ?

J’ai déjà écrit, pour les défendre, sur les premiers en les percevant comme l’expression d’une sincérité lassée de sa complexité obligatoire et officielle et proférant crûment le verbe républicain (notamment billet du 28 octobre 2017 : « République des mots justes, démagogie des mots doux…« ).

J’ai dénoncé en revanche les secondes dont l’exemple le plus regrettable a été ce « pognon de dingue » avec la familiarité du langage et la démagogie tenant à la médiatisation immédiate de ce débordement. Si on ne tente pas en permanence de séparer le bon grain et l’ivraie pour ce qui concerne les attitudes et interventions publiques d’Emmanuel Macron — dialogues improvisés (quand ils le sont vraiment !) ou non —, on ne comprendra rien à ce qu’il est et l’on noiera ce qu’il a d’exceptionnel dans un opprobre systématique et absurde.

LA DIGNITÉ PERSONNELLE
Quand le président de la République a rencontré le 15 septembre, dans les jardins de l’Élysée, un jeune chômeur âgé de 25 ans désirant travailler dans l’horticulture et qu’il lui a dit, sous forme de boutade (à prendre évidemment au figuré) « je traverse la rue et je vous en trouve du travail », il ne faut pas oublier l’échange qui précédait (BFMTV).

L’interlocuteur d’Emmanuel Macron s’était plaint d’avoir envoyé plusieurs CV sans obtenir de réponse dans son domaine de prédilection, et à juste titre le président lui avait rappelé qu’il y avait des formations et que dans le bâtiment, l’hôtellerie et la restauration, des emplois étaient à pourvoir. Ce n’était ni honteux ni méprisant, pas plus que d’indiquer que lui adresser un CV à lui ne servirait à rien. Pour trouver du travail il faut le chercher, se battre et considérer que tout vaut mieux que l’assistanat : question de dignité personnelle.

N’importe quelle réplique du président, alors que pourtant il est sollicité et qu’on lui reprocherait le mépris qu’une abstention de sa part pourrait révéler, est détournée de son sens véritable et on lui impute, comme une tare de sa personnalité, ce qui précisément en l’occurrence en est une richesse.
Ou alors la République est une nursery et l’espace démocratique un jardin où les citoyens seraient des enfants et le président condamné à dispenser des mièvreries. C’est d’ailleurs une déplorable tendance politique et médiatique que de s’effaroucher, telles des âmes fragiles, de petites empoignades ou de dérisoires affrontements. Un rien est qualifié de clash et bientôt on ira jusqu’à suspecter la moindre réplique d’être de trop !

Ce n’est pas une marque d’irrespect que d’appréhender le président en pièces détachées. C’est au contraire ne pas laisser le pire occuper toute la place et tout gangrener.

Je veux aussi sauver le meilleur.

Source contrepoints.org
Par Philippe Bilger.

Président de l'Institut de la parole, aujourd'hui magistrat honoraire, Philippe Bilger a exercé pendant plus de vingt ans la fonction d'avocat général à la cour d'assises de Paris. Il anime le site Justice au singulier.

Billets-Droits de succession : on grave le vol dans le marbre


Droits de succession : on grave le vol dans le marbre

L’impôt sur les successions constitue une violation caractérisée des droits de l’homme.

Les nuages s’accumulent depuis l’année dernière sur les successions. Après France Stratégie, l’OFCE ou encore le Conseil des prélèvements obligatoires, après la note au chef de l’État par trois économistes de gauche au mois de juin dernier, c’est au tour du délégué général de La République en marche d’appeler à une réflexion sur la réforme de l’impôt sur les successions. Il s’agirait de corriger les « inégalités de naissance » dans la transmission du patrimoine.

Certes, Emmanuel Macron a mis le holà en excluant formellement « toute modification des droits de succession sous sa présidence ». Le débat est-il clos pour autant ? En aucun cas. Si le Président a tué dans l’œuf l’aggravation des droits de succession, il a signifié de manière tout aussi claire qu’il entendait graver dans le marbre la réglementation actuelle, aussi imparfaite soit-elle, non seulement durant son mandat actuel mais aussi durant son éventuel second et dernier mandat.

LA RÉFORME FISCALE SELON NOS ÉLITES
Toute cette affaire qui a agité le microcosme parisien est révélatrice, d’abord de l’état d’esprit de certains membres de nos « élites », ensuite de la manière dont sont abordées en France la réforme ou la révision de la fiscalité.

Sans doute le délégué général de La République en marche a-t-il cru faire montre d’un modernisme achevé en matière de droit de succession. Mais le temps long nous apprend que les conceptions de nos hommes de l’État se distinguent par leur grande continuité.

Sous l’Ancien Régime déjà, les juristes proches du roi de France, influencés par le droit romain, ont tenté de faire accroire que leur maître était le propriétaire des biens de ses sujets. Ainsi que le soulignait Alexis de Tocqueville, la Révolution française marqua paradoxalement une continuité plutôt qu’une rupture. Sous nos républiques successives, le droit de propriété est devenu un octroi de l’État alors que la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen en faisait un droit consubstantiel à l’homme en 1789.

L’IMPÔT DEVENU INSTRUMENT DE REDISTRIBUTION
L’impôt n’est plus depuis longtemps la contribution mesurée au fonctionnement des pouvoirs publics, selon l’expression traditionnelle, « il y a des dépenses : il faut les couvrir ». L’impôt s’est transformé à compter des premières décennies de la Troisième République, sous l’influence du solidarisme et du républicanisme : il est devenu un instrument de redistribution des richesses par le truchement d’un interventionnisme tous azimuts de l’État. Celui-ci, dans sa grande largesse, consent à nous laisser une part, de plus en plus réduite, de nos revenus.

Il en est de même en matière de successions. Rappelons au préalable que l’individu ne peut librement choisir ses héritiers et donataires, mais qu’il se trouve contraint par les règles drastiques du Code civil depuis 1804, ce que Tocqueville regrettait. Là encore, l’État consent à laisser à l’individu une part disponible de donation ou d’héritage. Autrement dit, nos revenus et nos propriétés ne nous appartiennent pas vraiment.

En substance, –et il faut le marteler car ceci n’est presque jamais souligné–, l’impôt sur les successions constitue une violation caractérisée des droits de l’homme. Il représente également une atteinte aux valeurs familiales que notre État-providence s’efforce de détruire petit à petit, car nous ne saurions avoir d’autre famille que notre « État-nounou ».

L’EXCEPTION FISCALE FRANÇAISE
Les projets divers et renouvelés de taxation supplémentaire des donations et successions sont d’autant plus inadmissibles que l’« exception française » frappe encore. En effet, notre pays s’enorgueillit déjà d’être le champion du monde des prélèvements obligatoires et des prélèvements sociaux. Il connaît déjà l’un des taux marginaux d’impôt sur les successions en ligne directe le plus élevé, soit 45 %.

Notre pays connaît également un abattement très faible, réduit encore il y a quelques années à 100 000 €, une somme à comparer au plus de 11 M$ d’abattement aux États-Unis. Ajoutons que l’impôt sur les successions a été supprimé par nombre de nos voisins ces dernières années, des pays qui n’étaient pourtant pas versés dans le libéralisme pour la plupart, mais au regard de la concurrence fiscale et de la lutte contre l’exil des classes moyennes supérieures.

La nécessaire réforme de notre fiscalité complexe et confiscatoire mérite une réflexion de fond plutôt qu’un ballon d’essai lancé à l’emporte-pièce pour tester l’opinion publique. Elle mérite mieux que de flatter les bas instincts des Français en faisant une nouvelle fois miroiter, pour des motifs bassement électoraux, une chasse aux « riches ».

Source contrepoints.org
Par Jean-Philippe Feldman.

Jean-Philippe Feldman est professeur agrégé des facultés de droit et maître de conférences à SciencesPo. Avocat à la Cour de Paris, il est aussi l'un des principaux contributeurs du Dictionnaire du libéralisme (Larousse, 2012).

mardi 18 septembre 2018

jeudi 13 septembre 2018

Infos santé : Kiné Ostéo-Soins à connaître pour vos douleurs

Soins à connaître pour vos douleurs

S’il s’agit d’une blessure musculaire ou articulaire au niveau périphérique (membre supérieur ou membre inférieur), il est recommandé d’appliquer de la glace humide dix à quinze minutes avec un bandage compressif pour faire diminuer l’œdème le plus rapidement possible. Vous pouvez répéter l’application de glace trois à quatre fois par jour durant les quarante-huit premières heures. Ce qui se rapproche le plus de la glace concassée utilisée dans les cliniques de physiothérapie est un sac de légumes congelés que vous trouvez à l’épicerie et que vous entourez d’une serviette humide pour avoir un effet en profondeur. L’application de glace uniquement n’est pas suffisante pour faire diminuer l’œdème. Il faut absolument appliquer un bandage compressif avec une compression plus forte en distal qu’en proximal pour favoriser le retour veineux vers le cœur. De plus, l’élévation du membre atteint est recommandée. Lors d’œdème important aux pieds et aux chevilles, le port d’un bas élastique compressif est souvent nécessaire.


L’inflammation est nécessaire afin qu’une structure puisse guérir mais il faut la contrôler. Si le robinet de votre cuisine se brise et que vous fermez l’alimentation d’eau rapidement, vous aurez moins de dégâts dans votre demeure que si vous aviez laissé couler l’eau toute la journée et aviez fermé l’alimentation d’eau seulement le lendemain matin. Le même principe s’applique avec le corps humain. C’est une des raisons qui fait en sorte que les sportifs guérissent beaucoup plus vite que monsieur et madame tout le monde. Leur prise en charge est beaucoup plus rapide, donc les dégâts sont moins importants et la guérison se fait plus efficacement.


S’il s’agit d’une blessure au cou ou au dos, il y a beaucoup de contradictions quant à l’application de glace ou de chaleur étant donné que ce sont des régions avec des masses musculaires plus importantes et que l’on note souvent des spasmes musculaires. Le but de la glace est de diminuer l’œdème et la douleur alors que celui de la chaleur est de relâcher un spasme ou une musculature tendue. Personnellement, s’il y a eu un traumatisme direct, je recommande l’application de glace pour les quarante-huit premières heures et ensuite la chaleur. Mais, s’il n’y a pas eu de traumatismes, je recommande la chaleur entourée d’une serviette humide chaude pour avoir un effet de relâchement musculaire. Pour certaines raisons, il y a des gens qui réagissent mieux à la chaleur et d’autres au froid. Dans ce cas, utilisez ce qui vous fait du bien. Votre corps vous parle et vous dit souvent ce qui est bon pour lui. Il suffit de l’écouter.


Pour ce qui en est des crèmes analgésiques vendues en vente libre, certaines sont publicisées plus que d’autres mais cela ne veut pas nécessairement dire qu’elles sont plus efficaces. Elles sont généralement sélectionnées par les gens selon leurs préférences à la sensation de chaleur, de froid, d’odeurs fortes, à leurs croyances, etc. Outre l’effet placebo, elles ont toutes des propriétés différentes mais le principe d’action demeure sensiblement le même d’une crème à l’autre : c’est-à-dire qu’elles faussent l’interprétation de la douleur au niveau du cerveau. C’est un phénomène d’inhibition neurologique de la douleur. Lors d’application de crèmes analgésiques, le cerveau interprète les propriétés de la crème telles la chaleur, le froid, l’odeur, au lieu d’interpréter la douleur. La crème analgésique masque donc temporairement la douleur, aide à soulager et à contrôler les symptômes aiguës et sub-aiguës pendant qu’elle agit mais elle ne règle pas la cause de la douleur lors de problèmes chroniques. Ne vous laissez donc pas séduire par des crèmes dites « miraculeuses » qui vont à la source du problème. La publicité n’est pas toujours synonyme de véracité. Pour les conditions aiguës et sub-aiguës, l’utilisation de crèmes analgésiques est tout à fait justifiée car elle permet de contrôler les symptômes pendant que le corps guérit par lui-même. De plus, en contrôlant la douleur, elle permet parfois à la musculature de se relâcher suffisamment pour éliminer des tensions musculaires. Il existe une crème avec des propriétés anti-inflammatoires reconnues vendue en vente libre dans les pharmacies. Cette crème se nomme « Voltaren ». Informez-vous auprès de votre pharmacien. Cependant, rappelez-vous que l’utilisation de crèmes analgésiques ne représente pas une solution complète lors de problèmes chroniques.


Source Sébastien Plante, ostéopathe

Infos santé-Arrêt cardiaque


Arrêt cardiaque

Un arrêt cardiaque n'est pas toujours si soudain qu'on le pense. Selon une étude américaine, les signes annonciateurs, même quatre semaines avant l'accident, sont nombreux et fréquents.

Environ 40 000 personnes meurent prématurément d’un arrêt cardiaque chaque année en France. Soit une personne toutes les 10 minutes. Un nombre qui pourrait être réduit si les témoins de ce drame connaissaient les bons réflexes et savaient pratiquer efficacement les gestes de premiers secours. Cette méconnaissance a, en effet, des conséquences dramatiques, puisque seuls 3 à 4 % des victimes d’arrêt cardiaque sont sauvées. Face à ce constat peu reluisant, on pourrait aussi agir en amont, c'est-à-dire bien avant l'arrivée de l'accident. C'est d'ailleurs ce que suggère une étude américaine selon laquelle les signes annonciateurs de l'arrêt cardiaque sont nombreux et surviennent bien souvent de longues semaines avant l'accident.

  • Des signes annonciateurs un mois avant l'arrêt cardiaque
En effet, un arrêt cardiaque n'est pas toujours si soudain que ce que l'on pense. Dans une étude présentée lors des sessions de l'American Heart Association de 2013 (AHA), des chercheurs de l'Oregon ont  suivi 1 million d'hommes dans la région métropolitaine de Portland. Les chercheurs ont recueilli des informations sur les symptômes et les antécédents de santé de ces hommes de 35 à 65 ans ayant eu un arrêt cardiaque lors de la période 2002-12.
Résultat de cette recherche, sur les 567 hommes victimes d'un arrêt cardiaque en dehors de l'hôpital, 53 % avaient eu des symptômes bien avant l’arrêt cardiaque. Parmi ces symptômes, 56 % ont eu une douleur de poitrine, 13 % un essoufflement, et 4 % des étourdissements, des évanouissements ou des palpitations. Plus intéressant encore, près de 80 % d'entre eux ont eu ces symptômes entre quatre semaines et une heure avant l’arrêt cardiaque. Enfin, même si la plupart avaient une maladie coronarienne, seulement la moitié de ces hommes avaient été diagnostiqués avant l'accident.


  • Infarctus : 1 femme sur 5 ne ressent pas de douleur d'alerte
« La plupart du temps, lorsque des sauveteurs arrivent sur un arrêt cardiaque, c'est beaucoup trop tard », a déclaré Eloi Marijon, principal auteur de l'étude. Et ce dernier de conclure en effectuant une mise en garde, « la leçon, c'est que si vous avez ce genre de symptômes, il ne faut pas les ignorer. Si vous êtes dans cette situation, allez au plus vite voir votre médecin traitant. Et surtout ne perdez pas de temps ! » A présent, les chercheurs mènent des travaux similaires chez les femmes. Avec des résultat très attendus au vu des dernières publications. 
En effet, selon une étude canadienne publiée dans le Jama internal medicine en septembre, 20 % des femmes de moins de 55 ans ne présentent pas la douleur dans la poitrine qui est le signe principal d'un infarctus. Inquiétant lorsqu'on sait que les complications précoces d'un infarctus peut être la survenue d'un arrêt cardiaque. « Ces infarctus qui ne préviennent pas sont évidemment sous-diagnostiqués et le risque de décès par arrêt cardiaque est plus important », concluait l'équipe de chercheurs.

Source nouvelobs.com


Infos santé-Sauna : plusieurs fois par semaine pour vivre plus longtemps


Sauna : plusieurs fois par semaine pour vivre plus longtemps

Le bain finnois améliore le bien-être, mais aussi la santé cardiovasculaire. Selon une étude, le sauna réduit jusqu’à 60 % le risque de mort cardiaque subite.

Très apprécié des Nordiques, le sauna pourrait aussi plaire aux personnes qui veulent prendre soin de leur cœur. Selon une étude parue dans le JAMA Internal Medicine, ce bain de chaleur sèche est associé à un moindre risque de mortalité, notamment des suites de maladies cardiovasculaires.

Jusqu’à 7 séances par semaine
Se rendre régulièrement au sauna est bénéfique pour le cœur et les artères. Des chercheurs finlandais ont évalué les bienfaits du bain finnois sur un groupe de 2 300 hommes (42-60 ans). La pratique est sans conteste bénéfique, mais à condition d’être pratiquée régulièrement.

2 à 3 séances de sauna par semaine réduisent le risque de mortalité toutes causes de 24 %. Une baisse similaire s’observe pour la mort cardiaque subite, les maladies cardiovasculaire ou coronarienne.

Les hommes qui pratiquent jusqu’à 7 séances par semaine sont encore mieux protégés. Le risque de mort cardiaque subite chute chez eux de 63 %. La probabilité de mortalité par maladie cardiovasculaire ou coronarienne chute aussi de moitié.
Le temps passé au sauna semble avoir un impact non négligeable sur la mortalité. Lorsque les séances dépassent 19 minutes, le risque de mort cardiaque subite chute de 52 %. Des associations similaires s’observent dans les maladies coronariennes ou cardiovasculaires.

L’équivalent d’un exercice physique
Les auteurs de ces travaux envisagent plusieurs explications à ce lien entre sauna et santé cardiovasculaire. Au cours d’une séance, le rythme cardiaque peut grimper à 100 battements/minutes – voire 150 pour une séance plus intense, « ce qui correspond à une activité physique d’intensité faible à modérée », précisent-ils. Le bain finnois a aussi été associé à une moindre pression artérielle, ainsi qu’à un meilleur fonctionnement du ventricule gauche du coeur, celui en charge d'expulser le sang dans la circulation.

« Bien que nous ne sachions pas pourquoi les hommes qui vont plus régulièrement au sauna bénéficient d’une meilleure longévité (…), il est clair que le temps passé au sauna est bien dépensé », conclut le Dr Rita Redberg, rédactrice en chef du JAMA Internal Medicine, dans son éditorial.



Source pourquoidocteur.fr