dimanche 26 juillet 2015
Billets-Bill Gates mise sur le nucléaire de quatrième génération
Bill Gates mise sur le nucléaire de quatrième génération
En marge de la préparation du grand raout
parisien au sujet de la perturbation climatique anthropogénique, Bill Gates,
l’homme le plus riche du monde, s’en prend aux énergies dites
« vertes » ou renouvelables. Et il n’y va pas par quatre chemins ce
sacré Bill : il vient d’investir 1 milliard de dollars prélevés dans son
porte-monnaie pour la recherche & développement dans sa firme nouvellement
créée, TerraPower.
Pourquoi Bill Gates
s’intéresse-t-il à l’énergie nucléaire ? Tout simplement parce que, dit-il, « il n’existe à l’heure actuelle aucune technologie
de stockage avec des batteries permettant de fournir toute l’énergie électrique
dont on a besoin exclusivement à partir des renouvelables car il est impératif
de tenir compte des alternances jour-nuit et des longues périodes, inévitables
également, de ciel couvert et d’absence de vent ».
Gates considère à
juste titre que les sommes colossales d’argent investies dans les énergies
renouvelables telles qu’on les conçoit aujourd’hui, éolien et photovoltaïque,
sont perdues d’avance car elles n’atteindront jamais leur but qui est de
remplacer le pétrole et le charbon dans la production d’électricité, non
seulement pour l’industrie, les services et les ménages mais également pour les
transports à moins d’une diminution brutale de la population mondiale de
plusieurs milliards d’habitants.
Gates insiste sur le
fait que c’est exactement ce que veulent les « verts » car ils
savent, du moins ceux qui ne mentent pas, que le 100% renouvelable est
impossible à atteindre. Ce système mis en place ne peut perdurer qu’avec des
subventions provenant de taxes que paient les utilisateurs finaux et il ne
profite qu’à une petite poignée d’industriels. Le tournant politique pris ces
dernières années pour développer les énergies renouvelables est une utopie
vouée à une impasse. Cette impasse doit donc, toujours selon Bill Gates, cesser
et il est importe de réorienter une part des investissements vers la R&D
dans les technologies nucléaires de quatrième génération.
Il est intéressant de
noter que John Gilleland, le CEO de TerraPower, était avant d’occuper ce poste
Managing Director pour les USA du projet ITER. Gilleland n’utilise pas non plus
de périphrases à propos du projet ITER, je cite : « C’est un truc (ITER) sur lequel je ne peux même pas
espérer pour mes petits-enfants. À TerraPower nous nous sommes focalisés sur la
fission plutôt que sur la fusion parce qu’il faudra (pour la fusion) encore
énormément de temps et d’investissements. »
La direction prise par
la R&D de TerraPower est le TWR pour Travelling
Wave Reactor, une technologie imaginée dans les années 1950 par Saveli
Feinberg et qui ne nécessite aucun rechargement de combustible, donc aucun
arrêt, pendant plus de 50 ans en « brûlant » de l’uranium 238 avec
des neutrons rapides provenant d’uranium 235 enrichi à environ 10%. Les
supercalculateurs ont validé l’idée de Feinberg. Ce réacteur également de IVe
génération sera aussi refroidi avec du sodium liquide et un prototype de 500 MW
prévus aux alentours de 2020.
TerraPower collabore
étroitement avec la Chine et la Russie dans ces deux approches. Bill Gates nous
réserve encore de belles surprises…
Bill Gates CC Flickr Thomas Hawk
Source contrepoints.org
Billets-5 mythes sur la gestation pour autrui
5 mythes sur la gestation pour autrui
La légalisation de la GPA est un débat hautement
sensible en France, et très souvent caricaturé par ses opposants de tous bords.
Ce sujet mérite mieux que des assertions à l’emporte-pièce non fondées, nous
allons donc étudier cinq mythes régulièrement énoncés à propos de la gestation
pour autrui.
Mythe 1 : la GPA revient à traiter un enfant comme un objet
Il y a deux manières
de répondre à cet argument.
- Tout d’abord, les contrats de GPA ne consistent aucunement à traiter un enfant comme un objet mais consistent à la location du ventre de la gestatrice. À sa naissance, l’enfant n’est pas vendu mais remis à ses parents génétiques. Même si on considère que c’est la remise de l’enfant aux parents commanditaires de la GPA qui déclenche le paiement, cela n’est toujours pas suffisant pour pouvoir la comparer à un achat d’être humain. Acheter une personne n’est plus possible depuis l’abolition de l’esclavage. La transaction porte sur l’achat des droits de garde de l’enfant, avec toutes les limites et responsabilités que comporte le droit des enfants. Lors d’un achat de voiture, le propriétaire peut jouir à loisir de son bien, et peut le détruire, ce qui heureusement est loin d’être le cas pour un enfant, qu’il ait été conçu par GPA ou non.
- De plus, il s’agit ici d’un argument contre la GPA commerciale, où la gestatrice est rémunérée. Mais quid de la GPA altruiste, telle que pratiquée chez nos voisins anglais ou belges ? Par ignorance ou hypocrisie, les opposants refusent de reconnaître son existence.
Mythe 2 : les mères porteuses sont de pauvres femmes
exploitées, qui souffrent d’être séparées de l’enfant
Lorsque l’on s’attarde
sur les études menées sur les gestatrices, on se rend rapidement compte que la
réalité même de la GPA commerciale est loin des fantasmes qu’on veut lui
prêter. Les motivations les plus communes trouvées dans les études psychologiques
des gestatrices sont « une appréciation de
la grossesse, de l’empathie pour les couples infertiles, un désir de gagner de
l’argent en étant mère au foyer, et un désir de faire quelque chose de
« spécial » ». On retrouve ce sentiment d’empathie pour
les couples infertiles dans le témoignage de Mary Bailey qui fut
gestatrice : « j’ai senti que j’étais
dans de bonnes dispositions à présent dans ma vie pour aider un couple à
fonder une famille. »
Bien que les
motivations financières soient présentes, « seul
un petit nombre de femmes mentionnent l’argent comme leur motivation
principale ». Malgré les nombreuses études effectuées en ce sens,
il est impossible de déceler des profils psychologiques anormaux. Étude après
étude, les gestatrices apparaissent des « adultes
stables, intelligentes, et conscientes d’elles-mêmes ». Une étude
de 2002 démontre que les gestatrices sont « sûres
d’elles-mêmes » et « contrôlent
ce qu’elles font ».
Mais quid du moment de
l’accouchement, de la remise de l’enfant aux parents ? Selon les opposants
à la GPA, ce moment est extrêmement difficile pour la gestatrice et laisse des
séquelles. Qu’en est-il de la réalité ? Moins de 1% des gestations pour
autrui finissent par un conflit se réglant au tribunal. De nombreuses études
montrent que la majorité des gestatrices considèrent ces expériences comme très
positives, sans problème psychologique dû à la remise de l’enfant. La plupart
des gestatrices évoque le renoncement au bébé comme un événement heureux et
envisagent de renouveler cette expérience. Des études longitudinales montrent
que ces attitudes restent stables dans le temp. Une étude récente qui analyse
les relations de long terme entre les gestatrices et les familles qui
accueillent l’enfant montre que les gestatrices maintiennent une relation
qu’elles trouvent satisfaisante avec la majorité des familles.
On est donc bien loin
de l’image généralement répandue en France de femmes ignorantes et exploitées
qui regrettent d’avoir procédé à une GPA.
Mythe 3 : les enfants nés de GPA souffrent de troubles
psychologiques
La théorie veut que
lors de chaque grossesse, un lien se forme entre la mère et l’enfant. La
séparation de l’enfant et de la gestatrice serait donc doublement douloureuse à
cause de la rupture de ce lien. Le premier problème avec cet argument est que
ce lien n’a jamais pu être prouvé. Des anthropologistes ont depuis longtemps
contesté cette théorie en expliquant que ce lien est une construction sociale.
À défaut de pouvoir prouver l’existence de ce lien, peut-on constater des
problèmes psychologiques ? On a vu plus tôt que les gestatrices ne
souffrent pas de problèmes mentaux liés à la GPA. Mais si ses opposants
répètent sans cesse que les enfants souffrent de troubles liés à la séparation,
c’est que cela doit être vrai ? Plusieurs études ont montré que ce n’est
pas le cas.
- « La gestation pour autrui n’apparaît pas impacter négativement l’éducation des enfants ou leur développement au sein de familles avec des enfants de 2 ans. » — “Surrogacy families : parental functioning, parent–child relationships and children’s psychological development at age 2” Susan Golombok, Fiona MacCallum, Clare Murray, Emma Lycett, Vasanti Jadva, Journal of Child Psychology and Psychiatry, 47:2 (2006).
- « Les familles ayant procédé à une GPA ont maintenu une bonne relation dans le temps avec la gestatrice. Les enfants considéraient positivement leur mère porteuse et leur naissance par gestation pour autrui. » — “Surrogacy families 10 years on : relationship with the surrogate, decisions over disclosure and children’s understanding of their surrogacy origins” V., Jadva, L., Blake, P., Casey, S., Golombok, Human Reproduction, Vol.27, No.10 (2012).
- « Bien que plusieurs études montrent que les parents de familles qui ont fait appel à des nouvelles technologies de reproduction sont plus engagées émotionnellement dans leur éducation que le sont les parents de familles conçues naturellement, aucune donnée empirique n’a été trouvée qui montrerait que le développement psychologique des enfants issus des nouvelles technologies de reproduction diffère de leurs homologues dans des familles conçues naturellement » — “Children of the new reproductive technologies : Social and genetic parenthood” Henny, Bos, Frank, van Balen, Patient Education and Counseling, 81 (2010).
Sur le sujet des
enfants nés de GPA, on pourra lire avec intérêt l’interview sur Le Figaro de
deux adolescents nés par GPA.
Mythe 4 : il n’existe pas de « droit à l’enfant », dès
lors on ne doit pas légaliser la GPA
La liberté de procéder
à la GPA n’est pas un droit créance, mais une liberté négative : ce que
demandent les opposants à l’interdiction de la GPA, ce n’est pas qu’on leur
garantisse un « droit à la GPA ». Un tel droit signifierait que l’État serait
dans l’obligation de fournir un enfant aux couples infertiles, et serait
illégitime à plus d’un titre. Ce que demandent les opposants à l’interdiction
de la GPA, c’est que l’État français retire son interdiction illégitime d’une
pratique non violente.
Le droit de procéder à
une GPA n’est pas un droit créance supplémentaire mais le droit de procéder à
une transaction volontaire entre adultes consentants qui vise à créer de la
vie. Il n’est pas nécessaire de soutenir un faux « droit à l’enfant » pour soutenir
la légalisation de la GPA.
Mythe 5 : une mère porteuse peut changer d’avis lors d’une
GPA, donc l’interdiction de la GPA est légitime
Comme cela a été
expliqué plus tôt, les conflits dans le cadre d’une GPA sont extrêmement rares.
Ils font le tour des média occidentaux avides de sensationnalisme, mais n’ont
statistiquement presque jamais lieu. Cependant, s’ils peuvent se produire, sont-ils
une justification suffisante pour interdire la GPA ?
La GPA est un contrat
entre des futurs parents et une gestatrice, qui loue son ventre. Comme tout
contrat, un contrat de GPA « est un accord
de volonté en vue de créer une ou des obligations juridiques »
(wikipedia). Signer un contrat pour le futur accomplissement d’un acte ne nie
pas que l’opinion d’un signataire puisse changer entre temps. Un contrat
prévoit autant que possible de tels changements d’avis ou de conditions. En cas
de conflit non résolu, le problème se traitera devant un tribunal.
Dans le cas spécifique
de la GPA, est régulièrement évoquée la crainte que la mère porteuse souhaite
garder l’enfant. Il reste alors au tribunal à arbitrer entre l’application
stricte des termes du contrat ou la reconnaissance de son droit inaliénable à exercer
son droit de garde jusqu’à la remise physique de l’enfant à ses parents
biologiques. Peu importe la décision du tribunal, en aucun cas la possibilité
de conflit ne peut justifier l’interdiction de la GPA.
Femme enceinte – Crédit : Marco G. via Flickr (CC BY-NC 2.0)
Source contrepoints.org
vendredi 24 juillet 2015
jeudi 23 juillet 2015
mercredi 22 juillet 2015
Billets-Bill Gates mise sur le nucléaire de quatrième génération
Bill Gates mise sur le nucléaire de quatrième génération
En marge de la préparation du grand raout
parisien au sujet de la perturbation climatique anthropogénique, Bill Gates,
l’homme le plus riche du monde, s’en prend aux énergies dites
« vertes » ou renouvelables. Et il n’y va pas par quatre chemins ce
sacré Bill : il vient d’investir 1 milliard de dollars prélevés dans son
porte-monnaie pour la recherche & développement dans sa firme nouvellement
créée, TerraPower.
Pourquoi Bill Gates
s’intéresse-t-il à l’énergie nucléaire ? Tout simplement parce que, dit-il, « il n’existe à l’heure actuelle aucune technologie
de stockage avec des batteries permettant de fournir toute l’énergie électrique
dont on a besoin exclusivement à partir des renouvelables car il est impératif
de tenir compte des alternances jour-nuit et des longues périodes, inévitables
également, de ciel couvert et d’absence de vent ».
Gates considère à
juste titre que les sommes colossales d’argent investies dans les énergies
renouvelables telles qu’on les conçoit aujourd’hui, éolien et photovoltaïque,
sont perdues d’avance car elles n’atteindront jamais leur but qui est de
remplacer le pétrole et le charbon dans la production d’électricité, non
seulement pour l’industrie, les services et les ménages mais également pour les
transports à moins d’une diminution brutale de la population mondiale de
plusieurs milliards d’habitants.
Gates insiste sur le
fait que c’est exactement ce que veulent les « verts » car ils
savent, du moins ceux qui ne mentent pas, que le 100% renouvelable est
impossible à atteindre. Ce système mis en place ne peut perdurer qu’avec des
subventions provenant de taxes que paient les utilisateurs finaux et il ne
profite qu’à une petite poignée d’industriels. Le tournant politique pris ces
dernières années pour développer les énergies renouvelables est une utopie
vouée à une impasse. Cette impasse doit donc, toujours selon Bill Gates, cesser
et il est importe de réorienter une part des investissements vers la R&D
dans les technologies nucléaires de quatrième génération.
Il est intéressant de
noter que John Gilleland, le CEO de TerraPower, était avant d’occuper ce poste
Managing Director pour les USA du projet ITER. Gilleland n’utilise pas non plus
de périphrases à propos du projet ITER, je cite : « C’est un truc (ITER) sur lequel je ne peux même pas
espérer pour mes petits-enfants. À TerraPower nous nous sommes focalisés sur la
fission plutôt que sur la fusion parce qu’il faudra (pour la fusion) encore
énormément de temps et d’investissements. »
La direction prise par
la R&D de TerraPower est le TWR pour Travelling
Wave Reactor, une technologie imaginée dans les années 1950 par Saveli
Feinberg et qui ne nécessite aucun rechargement de combustible, donc aucun
arrêt, pendant plus de 50 ans en « brûlant » de l’uranium 238 avec
des neutrons rapides provenant d’uranium 235 enrichi à environ 10%. Les
supercalculateurs ont validé l’idée de Feinberg. Ce réacteur également de IVe
génération sera aussi refroidi avec du sodium liquide et un prototype de 500 MW
prévus aux alentours de 2020.
TerraPower collabore
étroitement avec la Chine et la Russie dans ces deux approches. Bill Gates nous
réserve encore de belles surprises…
Bill Gates CC Flickr Thomas Hawk
Source contrepoints.org
dimanche 19 juillet 2015
mardi 14 juillet 2015
lundi 13 juillet 2015
samedi 11 juillet 2015
mercredi 8 juillet 2015
mardi 7 juillet 2015
lundi 6 juillet 2015
dimanche 5 juillet 2015
samedi 4 juillet 2015
vendredi 3 juillet 2015
jeudi 2 juillet 2015
mercredi 1 juillet 2015
Billets-2017 avec DSK !!!
2017 avec DSK !!!
“Jack Is Back”. Le 21 juin dernier, Dominique Strauss-Kahn faisait son apparition sur
le réseau social Twitter à travers ce post mystérieux. Simple retour médiatique
pour certains, début d’un retour politique pour d’autres… 36% des français
souhaiteraient qu’il devienne ministre. Analyse du politologue Pierre
Lascoumes.
Le 28 juin
dernier, un sondage IFOP pour le média Atlantico révélait que 36% des
français souhaiteraient voir l’ancien directeur du Fond monétaire international
(FMI) intègrer le gouvernement. Un chiffre étonnant après les affaires du
Sofitel et du Carlton dans lesquelles Dominique Strauss-Kahn a été mis en
cause. Pour Pierre, Lascoumes, chercheur au CNRS et auteur de plusieurs
enquêtes sur la tolérance des français à l’égard de la corruption politique, “le lien idéologique entre le candidat et le citoyen
est toujours très fort”.
Pensez-vous que Dominique Strauss-Kahn prépare son retour ?
Je ne peux
pas dire ça, je constate simplement ce qui se passe. Prenez par exemple le cas
d’Alain Carignon (ex maire de Grenoble, et ancien ministre de la Communication
du Gouvernement Balladur de 1993, Ndlr)
qui avait été condamné à une peine de prison pour corruption et abus de biens
sociaux. Pourtant, après sa libération, il n’avait qu’une idée en tête: revenir
au pouvoir.
Alain
Juppé, lui a pris l’essentiel de la responsabilité des emplois fictifs de la
mairie de Paris. Il est parti faire une abstinence de deux ans au Canada.
Aujourd’hui, et beaucoup trouvent aujourd’hui que c’est un homme politique très
crédible. Une mise en cause très grave, comme celle de Dominique Strauss-Kahn,
ne les arrête pas.
Comment expliquez-vous que, malgré tout ça, ces hommes
politiques trouvent un soutien populaire ?
Ce qui est
frappant c’est que même si certains hommes politiques ont été condamnés par la
justice, ce n’est pas pour autant qu’ils subissent un opprobre social. Charles
Pasqua a été condamné deux fois, et mis en cause dans un nombre incommensurable
d’affaires. Pour autant, il est longtemps resté un homme influent, élu dans sa
circonscription.
Dès qu’il
y a des scandales, on raisonne toujours comme si le respect du droit et de la
morale était une valeur fondamentale. Mais dans la pratique, ça ne se passe pas
comme ça. Dès qu’il s’agit d’élire quelqu’un, bien évidemment ces facteurs
existent, mais ils sont complètement minorés par d’autres, beaucoup plus
puissants. Le lien idéologique entre le candidat et le citoyen est toujours
très fort, il n’est pas effacé par les déviances ou les délinquances.
Quels sont ces critères “plus puissants” ?
Ce sont
des critères d’efficacité pragmatiques. Les citoyens raisonnent de la
sorte : “Est-ce que telle personne est
capable d’obtenir tels résultats pour notre ville, notre département, ou notre
pays ?” Or, Dominique Strauss-Kahn a une réputation de grand
économiste, c’est aussi un orateur remarquable. Le reste, paraît comme un pêché
véniel…
DSK a-t-il encore sa place au sein du parti socialiste ?
Le parti
socialiste est dans une situation de déliquescence. Beaucoup d’électeurs
socialistes ont du mal à imaginer François Hollande demander un deuxième mandat
face aux résultats qu’il a obtenu. De plus, à l’intérieur du PS, la gauche
marque une telle opposition à Manuel Valls que ça risque d’être compliqué pour
lui. L’ex directeur du FMI a, sans doute, compris qu’il avait un créneau à
prendre.
Il a
l’impression d’avoir raté un premier tour en 2012 et se donne une deuxième
chance. DSK doit se dire qu’il est peut le seul capable de s’opposer à Sarkozy
et Marine Le Pen.
Billets-Deux Prix Nobel d’économie volent au secours de Tsipras
Deux Prix Nobel d’économie volent au secours de Tsipras
Le 5 juillet, le peuple grec doit se prononcer
par référendum sur la dernière proposition d’accord faite à Athènes par ses
créanciers. Selon les économistes Paul Krugman et Joseph Stiglitz, il ferait
mieux de voter non et ainsi la rejeter.
A quelques jours du
référendum en Grèce, deux économistes américains de haut vol, l’un et l’autre
lauréats du prix Nobel d’économie, l’un et l’autre adeptes du néokeynésianisme,
s’impliquent avec force dans le débat.
Le premier, Paul
Krugman, 62 ans, appelle clairement les Grecs à voter non. “Le gouvernement devrait être prêt, si nécessaire, à
abandonner l’euro”, écrit-il dans The New York Times, titre dans lequel il tient une
chronique. Le deuxième, Joseph Stiglitz, 72 ans, dit simplement, dans un
article publié dans The Guardian,
qu’il sait bien ce qu’il voterait. De toute évidence, il cocherait la case non
sur le bulletin.
Un pays épuisé
Accepter “les propositions de la troïka [Union européenne,
Banque centrale européenne et Fonds monétaire international]” plongerait
la Grèce “dans une dépression économique
quasiment sans fin”, argumente-t-il. “Peut-être
qu’un pays épuisé – qui aurait vendu tous ses actifs et dont la jeunesse
brillante aurait émigré – finirait par obtenir une remise de sa dette. (…)
Peut-être que la Grèce, racornie au point de devenir une économie à revenu
moyen, finirait par obtenir l’aide de la Banque mondiale. Tout cela pourrait
peut-être se produire au cours de la prochaine décennie ou de la suivante.”
Personne n'a intérêt à acculer la Grèce
Voter non, en
revanche, permettrait au moins à la Grèce “de
prendre son destin en main” et de se construire un avenir qui, sans
être aussi prospère que son passé, serait préférable à “la torture” insupportable qu’elle subit.
Krugman et Stiglitz
font en gros le même constat : c’est l’austérité imposée par ses
créditeurs qui a plongé la Grèce dans une crise aussi profonde. Et c’est encore
la même politique qu’ils lui proposent aujourd’hui.
“C’est une proposition que le Premier ministre Alexis
Tsipras ne peut accepter, car cela détruirait sa raison d’être politique”
– et les interlocuteurs du pays le savent fort bien, analyse Krugman. “L’objectif est de pousser Tsipras à quitter ses
fonctions, ce qui se produira probablement si les Grecs redoutent la
confrontation avec la troïka au point de voter oui.”
L’antithèse de la démocratie
Stiglitz est encore
plus dur : “Les dirigeants européens
révèlent enfin la vraie nature du conflit concernant la dette grecque ; il est
question de pouvoir et de démocratie, bien plus que d’argent et d’économie”.
L’euro “n’a jamais été un projet très
démocratique”, assène-t-il. “Le modèle
économique qui soutient la zone euro est fondé sur des relations de pouvoir qui
désavantagent les travailleurs.”
Ce qui se passe
aujourd’hui, c’est “l’antithèse de la
démocratie : nombre de dirigeants européens veulent simplement en finir
avec le gouvernement de gauche radicale d’Alexis Tsipras.”
DESSIN DE KOUNTOURIS, GRECE.
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