Exemple de népotisme et d’injustice sociale
Roselyne Bachelot et le fiston parasite.
On a tous en tête l’image de cette jeunesse dorée, parachutée dans des salons feutrés sans jamais avoir à forger son acier dans le creuset du monde du travail. Pour Pierre Bachelot, fils de l’emblématique Roselyne, le destin semblait écrit dès le berceau.
À 40 ans passés, quel est le bagage de ce protégé ? Un diplôme d'une école privée parisienne, spécialisé dans le "management artistique". Derrière l’intitulé ronflant se cache une réalité moins reluisante : celle d’un établissement où l’on oriente les enfants de bonne famille, fainéants et/ou un peu cons. Un sésame en carton, bien pratique pour justifier une carrière qui, elle, n’aura rien d’artistique.
Car dans la vraie vie, quand il faut se lever tôt pour joindre les deux bouts, ce genre de parchemin ne mène pas bien loin. Heureusement Pierre porte un nom qui ouvre toutes les portes, ou plutôt.
Son parcours débute en 1992. À une époque où beaucoup de jeunes de son âge cherchent un stage, lui obtient un poste d'assistant parlementaire. Rien d’exceptionnel, si ce n’est que son employeur est sa mère alors députée. Pendant dix ans, il va ainsi se familiariser avec les arcanes du pouvoir, bercé par le doux son de la voix maternelle dans les couloirs de l'Assemblée.
Le début des années 2000 marque un tournant. Roselyne Bachelot devient ministre de l'Écologie. Aussitôt dit, aussitôt fait : le petit Pierre devient son conseiller technique. Pourquoi chercher des compétences à l’extérieur quand on a un fils si dévoué sous la main ? Une fois la séquence ministérielle terminée, il ne retourne pas sur le marché du travail comme tout le monde. Il est propulsé en 2004 dans le privé, chez un géant industriel spécialisé dans l'environnement. Là encore, quelle aubaine : il est nommé "Responsable des Relations Institutionnelles". Un poste stratégique, certes, mais dont les contours restent flous, tout comme les missions réelles de cet homme dont l'expertise se résumait jusqu'ici à suivre le agenda de sa mère. Le salaire, lui, était très clair : confortable, très confortable. Et l'énigme demeure : quel était son travail ? Peut-être lui-même l'ignorait-il.
Mais c’est en 2007 que la machine paternaliste s’emballe à nouveau. Roselyne change de portefeuille et devient ministre de la Santé. Pierre, fidèle au poste, la rejoint illico presto en tant que conseiller. Un poste taillé sur mesure pour un garçon qui semble n'avoir jamais quitté le giron familial.
Le summum de cette odyssée népotique est atteint en juin 2010. L'INPES, organisme public clé de la prévention sanitaire, se voit imposer un nouveau poste de direction. Son intitulé, d'une prétention rare : "Responsable de Plaidoyer pour la Santé dans les Politiques Publiques". Derrière cette novlangue administrative se cache une réalité bien plus terre-à-terre : un placard doré, créé de toutes pièces pour caser le fiston. La rémunération, avoisinant les 50 000 euros nets hors primes et avantages, fait grincer des dents les fonctionnaires de l'agence, surtout en période de rigueur budgétaire. On cherche encore le lien entre le "management artistique" de Pierre et la lourde responsabilité d'influer sur les politiques publiques de santé. Le malaise est palpable.
Comme si ce parcours sans faute (de goût) ne suffisait pas, ajoutons la cerise sur le gâteau : en 2008 et 2009, la presse, notamment le Canard Enchaîné, révèle que Pierre Bachelot jouit d'un logement de fonction de 80 m² dans le très chic 15e arrondissement de Paris pour un loyer modique de 800 euros. Un privilège indu dans une capitale où les loyers flambent.
Aujourd'hui, fort de ces années d'apprentissage au chaud, Pierre Bachelot continue de naviguer dans les eaux calmes de la sphère publique. Vive la République et sa méritocratie à géométrie variable.
PS IMPORTANT : ce tweet a été inspiré par une publication sur Facebook, d’une personne dont je n’ai malheureusement pas retrouvé le nom. S’il se reconnaît je le créditerai volontiers
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