jeudi 8 octobre 2026

Billets-La fin de la liberté d'expression en France

 



La fin de la liberté d'expression en France

La liberté d'expression n'est plus un droit fondamental en France, c'est devenu un délit.

L'État est aujourd'hui incapable de sécuriser la rue en bas de chez vous, mais il mobilise une énergie effarante pour traquer ce que vous lisez et écrivez sur vos écrans. Le régalien s'est effondré dans le monde réel pour se réinventer en inquisiteur dans le monde virtuel. Chaque jour, les agressions explosent et de nouvelles zones de non-droit apparaissent. Face à une criminalité du quotidien hors de contrôle, la justice, engluée dans ses lenteurs et son idéologie, relâche les multirécidivistes avant même que les plaintes ne soient traitées. L'honnête citoyen est laissé à lui-même. Pour masquer ce naufrage absolu, le pouvoir a trouvé une parade cynique : criminaliser l'opinion. Avec la complicité active de l'Union européenne et de ses nouveaux règlements numériques liberticides, l'administration s'arroge désormais le droit exclusif de décider ce qui est vrai et ce qui est faux. Sous couvert de lutter contre la désinformation ou de protéger les sensibilités, on menace de bloquer des plateformes entières si elles refusent de se soumettre à la doxa officielle. La moindre phrase politiquement incorrecte est judiciarisée, transformant des millions d'internautes en suspects permanents. C'est la signature implacable des bureaucraties aux abois. Un pouvoir qui abandonne son peuple aux mains des délinquants réels, tout en mobilisant ses tribunaux pour traquer des dissidents virtuels, n'est plus un État protecteur. C'est un État censeur qui tente pitoyablement de cacher sa propre capitulation. Le contrôle de vos écrans est devenu l'ultime cache-misère de leur incompétence.

Billets-Entretien avec André Brahic

   


Entretien avec André Brahic

 Propos recueillis par Frédéric Lewino.
Il est la star française de l'astronomie. Découvreur des anneaux de Neptune, astrophysicien au CEA, professeur à Paris-VII, conférencier de génie, André Brahic, 70 ans, a l'énergie et l'enthousiasme du Soleil. Si on l'écoutait, la science résoudrait certains problèmes de société : violence, crises écologique et financière.
  •  Avons-nous encore besoin de science dans un monde en proie aux crises financières, politiques et écologiques ?
André Brahic : Plus que jamais ! La science ne peut pas tout résoudre, mais sans elle nous sommes sûrs de perdre. Science, éducation, recherche et culture sont les clés de notre futur. C'est la raison de mon livre. Je pousse un cri d'alarme pour appeler à replacer la science au cœur de notre société. Elle est méconnue des dirigeants de l'industrie et des médias. Les chercheurs sont trop souvent absents du gouvernement, des assemblées parlementaires et des cercles de décision. Notre vie de tous les jours utilise sans cesse les découvertes les plus récentes, qu'il s'agisse de nous déplacer, de communiquer, de manger, de nous soigner, de travailler ou de nous distraire. Pourtant, entre mon pays et ses chercheurs, le fossé se creuse.
  • Comment faire ?
André Brahic : Si j'étais président, je commencerais par placer des scientifiques de grande envergure auprès de chaque ministre. Aux États-Unis, le président est entouré de plusieurs grands scientifiques qu'il consulte régulièrement. En 1990, Michel Rocard avait créé un Comité de scientifiques français et étrangers avec de nombreux Prix Nobel pour juger de la politique de recherche du gouvernement. Il en est sorti des recommandations excellentes. Malheureusement, l'expérience n'a duré que quatre ans. Quel dommage ! Je créerais également un ministère de l'Avenir chargé de la vision à long terme, les échelles de temps de la science étant bien plus longues que celles de la vie politique. Ensuite, j'interdirais à tout chercheur de remplir des dossiers administratifs. La recherche française cumule la lourdeur bureaucratique du système soviétique avec la politique à court terme du système américain. Trop de chercheurs, noyés par la bureaucratie, passent plus de temps à produire du papier qu'à faire de la science. C'est absurde ! Cette dérive est malheureusement mondiale. Il faut remplir trop de dossiers pour décrocher le moindre crédit. Les joueurs de football ou de handball qui sont devenus champions du monde ont fait l'objet d'une sélection et se sont entraînés au lieu de remplir des dossiers d'excellence en précisant le salaire de l'entraîneur ou le prix hors TVA du gazon du stade !
  • Mais alors, quels critères choisir pour accorder les postes et les crédits de recherche ?
    André Brahic : J'ai connu trois systèmes : le mandarinat, l'assemblée générale et le comité. Tous les trois ont trop de défauts. Pour les recrutements ou les crédits, je privilégierais la compétence et je ferais confiance à une personne triée sur le volet, mais pour une durée limitée. Ce "décideur" serait entouré d'un petit comité consultatif. On éviterait l'irresponsabilité des membres de conseils pléthoriques. Quand on détient le pouvoir de décision, on se sent responsable ! Avec un mandat de courte durée, on se préserverait du mandarinat et du clientélisme.
    • Notre enseignement est-il adapté à la formation de cette culture scientifique que vous appelez de vos vœux ?
      André Brahic : Non ! Je lance un appel au monde de l'éducation : nous devons faire aimer la science aux élèves, leur apprendre à penser et stimuler leur esprit critique pour les mettre à l'abri de l'intolérance et de l'obscurantisme. La culture scientifique a une place trop réduite à tous les niveaux de l'enseignement. Il faut insister sur les notions fondamentales et bannir l'apprentissage de techniques inutiles. Il est important de créer de nouveaux postes d'enseignants, mais le vrai problème est de trouver un nombre suffisant de bons candidats. Un enseignant mal formé peut se révéler plus nuisible qu'utile.
      • Faut-il réformer l'université et les grandes écoles ?
        André Brahic : Bien entendu ! Les grandes écoles devraient être plus proches du monde de la recherche. Quant aux universités, la priorité est d'instaurer une sélection à l'entrée. De nos jours, c'est une sélection par l'échec qui est en place et engendre des armées d'aigris. Il serait préférable d'agir dès le début afin que chacun trouve sa place. La sélection à l'entrée des grandes écoles récompense surtout les qualités de mémoire, de rapidité et de résistance au stress, mais ceux qui en sortent n'ont jamais fait de recherche. Or la recherche réclame du temps, du calme et de grandes capacités de réflexion. Les premières mesures devraient permettre de rapprocher universités et grandes écoles, d'assurer une sélection juste et appropriée et de réunir futurs chercheurs, chefs d'entreprise ou hommes politiques dans les mêmes formations.
        • La sélection ! Vous auriez immédiatement tous les étudiants dans la rue...
          André Brahic : Non ! Si on explique de quoi il s'agit. Parlons plutôt d'orientation. Il n'est pas question d'éliminer quiconque du monde du savoir. Au contraire, il est important que chacun trouve une place où s'épanouir. Chanteurs d'opéra de renommée mondiale et chorales locales ne fréquentent pas les mêmes salles, mais chacun peut progresser. D'autres forteresses pourraient être bousculées. Par exemple, les classes préparatoires aux concours devraient être placées au sein des universités avec des enseignants actifs en recherche. Il ne faut pas faire preuve de brutalité, mais expliquer et faire des réformes en pente douce, comme le disait si bien Victor Hugo.
          • Le monde traverse aujourd'hui une crise financière majeure ; que peut faire la science ?
            André Brahic : Elle est le meilleur moyen de lutter contre le chômage en étant à la pointe de l'innovation et contre la violence qui est, comme chacun sait, fille de l'inculture. La crise financière n'est qu'une conséquence de l'oubli des principes de base de la physique. Les financiers ont créé un monde virtuel qui éclate quand il est rattrapé par la réalité. Les principes de conservation sont absolus. On ne peut pas créer de la richesse à partir du néant. Avoir supplanté le monde des ingénieurs par celui des managers et le monde des chercheurs par celui des bureaucrates nous a menés à une impasse. Redonnons la priorité aux vrais créateurs de richesse !
            • Certains opposent science et écologie.
              André Brahic : J'admire et je soutiens ceux qui combattent les folies humaines : pollutions, gâchis des ressources, déforestations, extermination des espèces animales, poisons industriels... Mais je m'inquiète du côté obscurantiste de certains qui, confondant science et technologie, voudraient revenir à la préhistoire. Ils oublient que la science n'est ni bonne ni mauvaise. Seules comptent les utilisations par les hommes. Un marteau peut tuer quelqu'un, il peut aussi servir à construire une maison. Si vous remplacez le mot "nucléaire" par le mot "eau" dans certains discours, vous en concluez que l'eau est très dangereuse, car on peut se noyer ou périr dans un tsunami, et qu'il faudrait éradiquer l'eau de la surface de la Terre. Pour l'eau comme pour la radioactivité, le danger est dans l'excès et non dans l'objet. Grâce à la radioactivité, la vie est apparue sur Terre et nous pouvons être soignés. Ne confondons pas le problème fondamental de la sûreté des centrales nucléaires avec le rejet de la science ! Nombre de mes ancêtres, mineurs de fond, sont morts à 50 ans de la silicose. Le charbon a déjà tué des millions d'humains. Toute production d'énergie est polluante. Nous avons besoin d'une bonne culture scientifique pour prendre les bonnes décisions.
              • Si vous aviez une recommandation à donner...
                André Brahic : Soyons enthousiastes ! Nous n'avons jamais vécu aussi vieux et nous n'avons jamais été aussi bien soignés, transmettons l'amour de la science ! L'idée de progrès est toujours vivante ! L'Europe restera loin du déclin tant qu'elle aimera la science.

                Repères

                1942 Naissance à Paris.
                1976 Premier modèle dynamique des anneaux de Saturne.
                1978 Professeur à la Paris-VII.
                1981 Membre de l'équipe d'imagerie de la sonde " Voyager ".
                1984 Découverte des anneaux de Neptune.
                1990 Donne son nom à l'astéroïde 3488.
                1991 Membre de l'équipe d'imagerie de la sonde " Cassini ".
                1997 Fonde un laboratoire au CEA.
                2000 Prix Carl-Sagan.
                2006 Prix Jean-Perrin.


                Propos recueillis par Frédéric Lewino (Le Point) 

                Dessins de presse


                Dessins de presse

                mercredi 7 octobre 2026

                mardi 6 octobre 2026

                lundi 5 octobre 2026

                Dessins de presse

                 


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                Billets-Vieillir

                 


                Vieillir
                À 96 ans, Clint Eastwood a fait voler en éclats nos illusions rassurantes sur le vieillissement, refusant d’édulcorer une réalité brutale. Lors d’une récente intervention, il a expliqué comment le corps se transforme avec le temps. Les os perdent de leur souplesse, les mouvements ralentissent et une lumière crue peut irriter les yeux. Même respirer peut demander un effort accru. Et ce n’était là qu’un début. Il a abordé, avec sa franchise caractéristique, un sujet que la plupart des gens préfèrent éviter. Il n’a livré aucune platitude réconfortante dépeignant le crépuscule de la vie comme une période de sérénité absolue. Au contraire, il a brossé un tableau brut et sans concession de ce qui se passe à l’approche du centenaire. « La lumière vous fait mal aux yeux, et même respirer peut sembler être une corvée », a admis Eastwood, décrivant la lutte incessante contre un corps qui faiblit. « Le corps ne coopère tout simplement plus comme avant, et chaque pas exige une stratégie. » Il a toutefois souligné que la détérioration des os et des muscles n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le véritable fardeau du grand âge est d’ordre émotionnel et psychologique. Une fois passé le cap des quatre-vingt-dix ans, le paysage des relations sociales subit une transformation profonde — et souvent douloureuse. On regarde autour de soi et l’on réalise que la plupart des gens qui nous ont connus dans notre jeunesse — ceux qui partageaient notre histoire, nos complicités et les épreuves de la vie — ont disparu. Le cercle des visages familiers se réduit comme peau de chagrin, le téléphone cesse de sonner et le rythme des jours s’étire péniblement. L’épreuve la plus amère n’est pas la douleur physique, mais l’absence soudaine de quelqu’un qui a vraiment envie de vous écouter. Lorsque le présent devient silencieux et empreint de solitude, l’esprit humain cherche naturellement refuge dans le passé. Eastwood a expliqué que revisiter ses souvenirs n’est pas le signe d’une fragilité mentale, mais une tentative vitale de trouver une continuité dans sa propre existence. C’est pourquoi les personnes âgées répètent souvent les mêmes anecdotes, y ajoutant de petits détails et revenant sans cesse sur des événements passés. Elles ne le font pas pour se vanter ou accaparer la conversation ; elles le font pour s’ancrer dans une réalité où elles étaient actives, aimées et nécessaires. « On se surprend à répéter des histoires, à ajouter des détails, sans pour autant… » « …chercher à convaincre qui que ce soit, mais simplement à ressentir un lien avec quelque chose », a admis Eastwood. « On essaie de transmettre quelque chose à la jeune génération, même lorsqu’on lit l’ennui dans leurs yeux. » Nous vivons dans une culture qui érige la longévité en trophée, félicitant les gens pour le simple fait d’avoir survécu, tout en ignorant totalement la solitude écrasante qui accompagne cette survie. Nous célébrons ce qui brille, ce qui va vite et ce qui est hyperconnecté, ne laissant aucune place au rythme lent et répétitif de la vie des personnes très âgées. Clint Eastwood a beau être un géant du cinéma, ses mots reflètent le vécu de tout nonagénaire anonyme, qu’il s’agisse d’un voisin ou d’un membre de notre famille assis à notre table. Ce sont des bibliothèques vivantes de notre histoire ; ils portent en eux les récits qui ont façonné le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Lorsque nous choisissons de ralentir, de mettre de côté les distractions et de les écouter vraiment, il se produit quelque chose de magique : nous comblons le fossé entre les générations. En fin de compte, les rides sur leurs visages ne sont pas de simples signes de vieillesse ; elles dessinent la magnifique carte d’une vie pleinement vécue. C’est un privilège de s’asseoir à leurs côtés et d’entendre le récit de ce parcours de vie. À 96 ans, Clint Eastwood a partagé une vérité sur le vieillissement qui a invité le monde à la réflexion… car le plus dur, en vieillissant, n’est pas la perte de la force physique, mais la prise de conscience du nombre de personnes et de souvenirs perdus en chemin. Découvrez ce message émouvant avant que le temps ne nous prive de la chance de les écouter vraiment…

                dimanche 4 octobre 2026

                Dessins de presse

                 


                Dessins de presse

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                Billets-Franklin Delano Roosevelt



                Franklin Delano Roosevelt

                Franklin Delano Roosevelt est célébré comme le champion du monde libre, l'homme du miracle économique américain et le grand vainqueur du fascisme. Mais certains oublient systématiquement de préciser un fait majeur. Il a lui-même ouvert des camps de concentration sur le sol américain, sur des critères purement raciaux. Le 19 février 1942, le président des États-Unis signe le décret 9066. D'un simple trait de plume, il ordonne la rafle de 120 000 hommes, femmes et enfants. Leur seul crime : avoir des origines japonaises. Plus de 60 % des personnes raflées étaient des citoyens américains de naissance. Il n'y a eu aucun procès. Aucune preuve de trahison. Aucune enquête individuelle. Le simple fait d'avoir une ascendance japonaise suffisait pour être déchu de tous ses droits constitutionnels. En quelques jours, l'État a liquidé leurs vies. Les familles ont reçu l'ordre de brader leurs maisons, leurs commerces et leurs fermes à des prix dérisoires. Ils ont ensuite été parqués dans des trains sous escorte militaire. Déportés vers dix camps construits dans les zones les plus arides du pays. Des baraquements en simples planches recouvertes de carton goudronné, entourés de barbelés et de miradors. Les témoignages des survivants pulvérisent le récit d'une simple "relocalisation". L'acteur George Takei a été enfermé à l'âge de cinq ans dans le camp de Rohwer. Son souvenir est glaçant : "J'ai vu les barbelés et les hauts miradors. Les mitrailleuses étaient pointées vers l'intérieur, vers nous. C'est là que j'ai compris que nous étions les ennemis." Norman Mineta, futur ministre sous Bill Clinton et George W. Bush, a été raflé avec sa famille pour le camp de Heart Mountain. Il raconte le traumatisme de cette déportation légale : "Je portais mon uniforme de louveteau. Je pleurais en montant dans ce train sous la garde de soldats armés de baïonnettes. Je me demandais pourquoi mon propre pays me faisait ça." À Manzanar, dans le désert californien, les détenus subissaient la canicule puis des nuits glaciales. Jeanne Wakatsuki a documenté cette destruction méthodique de la dignité humaine : "Nous avons été parqués comme des animaux. Le vent soufflait à travers les planches. Mais le pire était les latrines communes, sans aucune cloison. C'était une humiliation quotidienne conçue pour nous briser." La propagande d'État parlait pudiquement de "centres de relocalisation". Mais Roosevelt lui-même connaissait la nature de son projet. Dans des mémos privés, puis publiquement en 1944, le président a assumé l'usage du terme exact : il parlait bien de "camps de concentration". Pendant que l'Amérique envoyait ses soldats mourir en Europe pour détruire la persécution raciale, son propre président parquait ses citoyens derrière des barbelés. Il aura fallu attendre 1988 pour que le gouvernement américain passe aux aveux. Cette déportation de masse n'était justifiée par aucune nécessité militaire. Elle était uniquement motivée par le préjugé racial et l'hystérie politique de l'administration Roosevelt.

                Source : 

                Auguste Bardamu

                Vidéos musique- Michael Jackson - Billie Jean (Live at Madison Square Garden 2001)


                 

                Vidéos musique- Scorpions - Still Loving You (original video)


                 

                Vidéos musique- Phil Collins - Another Day In Paradise (Official Music Video)

                 


                samedi 3 octobre 2026

                Dessins de presse

                 


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                jeudi 1 octobre 2026

                Infos santé : Sport et Santé-Ischiojambiers des danseuses

                 


                Ischiojambiers des danseuses

                Vous faites de la danse et vous avez mal juste sous la fesse ? Cette douleur sourde peut avoir plusieurs origines : tendinite, séquelle de lésion musculaire ou fracture de fatigue.  Les traitements sont très différents. Un avis médical et des explications s’imposent.

                Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

                Lors de l’élévation jambe tendue, vos muscles situés à l’arrière des cuisses tirent fortement sur leur point d’accrochage au niveau du bassin.
                En regard du pli fessier, on trouve l’extrémité inférieure de l’os du bassin. Ce pont osseux porte le nom d’ischion. À cet endroit, s’accrochent les muscles situés à l’arrière de la cuisse, les ischiojambiers. Ces derniers sont mis en tension, lorsque vous levez le membre inférieur en conservant le genou tendu. Voilà qui ressemble à un mouvement de base de danse ! Du coup, vous souffrez à tous les cours. Mais ce n’est pas tout ! Dans la vie quotidienne, vous voilà désormais incapable de rester assise tranquillement. L’appui prolongé sur vos ischions est très désagréable et vous vous dandinez en permanence, à table et surtout en voiture !


                • Tendinite ou claquage ?
                À force de tirailler sur ces tissus, ils finissent par se déchiqueter. Il peut s’agir soit de la portion haute du muscle, soit du tendon, la cordelette qui relie ce dernier à l’os. Dans le premier cas, c’est souvent la séquelle d’une petite élongation passée inaperçue « à chaud » pendant la séance. Dans le second, ce sont des microdéchirures progressives au sein des filaments tendineux. Quoi qu’il en soit, vous souffrez désormais à cause d’une cicatrice anarchique et fragile. Les fibres sont enchevêtrées, elles ne sont pas orientées dans l’axe des contraintes mécaniques. Lors d’une traction un peu énergique, le magma fibreux se déchire à la manière d’une gerçure hivernale. Le concept thérapeutique passe par la « mécanisation » de la cicatrice. Il faut assouplir et guider le tissu sans provoquer de récidive.

                • « Mécaniser » pour soulager
                La technique de référence pour casser cet amoncellement inefficace de fibres, est le « massage transverse profond » ou « MTP ». Après mise en tension du muscle et du tendon, votre kinésithérapeute frotte avec son doigt vigoureusement et perpendiculairement. Ça fait mal, mais c’est efficace ! Désormais, une machine réalise des « super MTP », on parle « d’ondes  de choc ». Un pistolet équipé d’un percuteur vient frapper 30 à 50 fois par seconde la structure à assouplir. Ce qui fait super mal mais est efficace ! Pour réorienter les fibres dans l’axe des contraintes, il est nécessaire de faire des étirements. Attention, pour éviter la récidive, tout est question de progressivité ! Le mouvement aussi doit être lent. Un geste rapide de type « sportif », brise les filaments encore emmêlés. Un exercice effectué doucement assure une mise en précontrainte des tissus et favorise l’alignement des fibres. La pratique progressive de la danse et notamment le travail à la barre sont rapidement possibles. Des contraintes bien dosées ne sont pas nuisibles. Bien au contraire, elles participent au traitement. Plus rarement, l’inflammation s’est emballée au sein de la cicatrice et la stimulation de la « mécanisation » se montre inefficace voire délétère. Dans ces conditions, une infiltration se montre souvent très efficace. Elle est effectuée à l’endroit précis, sous contrôle radiologique, car le nerf sciatique n’est pas loin ! Elle apaise les processus d’autodestruction tissulaire. Une quinzaine de jours plus tard, la rééducation modelant en douceur, la réparation peut repartir sur des bases saines !

                • Et si c’était une fracture de fatigue !
                Avant d’attaquer avec les MTP, les ondes de choc et les étirements, il est vivement recommandé d’éliminer une fracture de fatigue du bassin. En effet, l’os de l’ischion est particulièrement sollicité chez la danseuse. Bien sûr, il encaisse les tractions des ischiojambiers mais il subit aussi les sauts et les appuis. À chaque petit traumatisme, il se produit une fissure osseuse microscopique. Si la durée de repos est insuffisante, si les conditions de récupération sont inadaptées, si les sollicitations mécaniques sont trop intenses, les fissures se rejoignent et constituent une vraie fracture ! Cette fois, le traitement n’est pas du tout comparable à celui d’une tendinite ou d’une séquelle d’élongation. L’os est un tissu rigide, la « mécanisation » n’est pas une stratégie adaptée. Un peu d’immobilité locale est vivement conseillée.

                • Repos osseux et récupération générale !
                Il faut respecter la « règle de la non douleur ». Continuez les activités qui ne vous font pas souffrir : renforcement musculaire léger des membres supérieurs, abdominaux, gainage, natation avec pull-boy. Le temps de consolidation osseuse est de 3 mois ! Seules les 3 dernières semaines autorisent un retour très progressif à la danse. Peu à peu, les élévations jambes tendues sont réintroduites prudemment. Avec l’aide de votre médecin, cette période est l’occasion de faire une prise de sang et un bilan diététique. Vous n’êtes pas sans savoir que vos os de danseuse sont souvent anormalement fragiles. Vous manquez fréquemment d’hormones sexuelles et de nutriments pour stimuler la construction de votre squelette. L’extrême minceur imposée et les heures d’entraînement sont à l’origine d’un stress physiologique qui bloque la fonction de reproduction. Vos règles deviennent irrégulières ; s’espacent puis disparaissent. Vous êtes en « ménopause  précoce » et l’ostéoporose menace ! Afin de protéger les individus, l’évolution a probablement bloqué la possibilité de procréer en cas de grande migration provoquant une dépense énergétique majeure dans un contexte de disette. Des études récentes montrent tout simplement que les cycles féminins s’altèrent dès que l’apport en calories devient inférieur à la dépense énergétique. En pratique, votre médecin du sport mettra probablement en évidence des carences, notamment en vitamine D. Et les corrigera ! Il vous invitera à manger de façon plus équilibrée… et plus copieuse. Il vous adressera peut-être à un gynécologue en cas de dérèglement de votre fonction ovarienne ! Tout cela pour soigner votre fracture de fatigue… mais aussi pour prendre en charge bien des dérèglements biologiques dont votre blessure n’aura été que le révélateur. Finalement, cette lésion vous aura été bien utile !
                 
                • L’IRM est l’examen le plus efficace !
                Pour assurer le diagnostic de cette douleur de fesses en faisant la différence entre tendinite, séquelle d’élongation et fracture de fatigue, l’IRM est l’examen le plus efficace. Plusieurs raisons justifient ce constat. Il faut observer des structures osseuses, musculaires et tendineuses. La radiographie est conçue pour étudier les os et l’échographie les tissus mous. L’IRM permet de grouper l’analyse. Même pour rechercher une fracture de fatigue, la radio est insuffisante. En effet, au début, la fissure est si petite qu’elle est invisible. Il faudrait attendre la constitution d’un cal volumineux, des semaines plus tard, pour faire le diagnostic a posteriori. En revanche, à l’IRM, on constate très précocement l’apparition d’une grande quantité d’os dans l’ischion. Ce volumineux  « œdème intra osseux » signe une authentique fracture ! L’échographie ne convient pas non plus pour analyser les muscles et les tendons du bassin. En effet, ces structures sont si profondes que les ultrasons utilisés par cet appareil ne les atteignent que très difficilement. En revanche, le comportement magnétique de ces tissus et enregistré par l’IRM reste inchangé.

                • Attention aux étirements !
                Lorsque vous présentez cette douleur, vous êtes nombreuses à insister sur les étirements. Vous avez l’impression qu’ils vous soulagent ! C’est vrai… en partie ! En effet, votre cicatrice ou votre lésion osseuse est entourée d’une contracture. Elle se veut protectrice mais elle est surtout douloureuse ! Grâce au stretching, elle cède. Le muscle se relâche, reçoit du sang et souffre moins. Malheureusement, le plus souvent, votre comportement aggrave votre blessure. Vous allez trop loin ! Vous tiraillez, vous irritez vraiment la cicatrice qui n’est plus protégée par la contracture. La rééducation est plus douce et plus progressive ! Les étirements sont habituellement bénéfiques car ils sont à l’origine d’une sollicitation tissulaire source d’adaptation. En cas d’excès, cette sollicitation tourne à l’agression et provoque des lésions !

                • La Zumba® est devenue un des sports à la mode en France.
                La Zumba® est un programme d’aérobie où les mouvements de fitness sont remplacés par des chorégraphies rythmées par de la musique latine, orientale, brésilienne… comme de la salsa, de la samba, du flamenco mais aussi du hip-hop ou du reggaetone. Pour Dora De Paula, la Zumba® n’est ni un cours de gymnastique ni un entraînement de fitness mais un genre de réunion pour faire la fête, se défouler, crier et se muscler. La Zumba® est un très bon moyen de perdre du poids. Elle permet de travailler le cardio, de muscler les jambes, les fessiers ainsi que les bras. Il s’agit d’un sport très rythmé et physique dans lequel il est important « de respecter les étapes d’échauffement et d’étirements pour pouvoir intensifier la pratique au cours de la séance. L’équipement est sommaire mais important : une bonne paire de chaussures, une tenue légère et une bouteille d’eau pour s’hydrater régulièrement ». Les différentes déclinaisons de la Zumba® permettent à tout le monde de pouvoir la pratiquer. La Zumbatomic®a été développée pour les enfants à partir de 4 ans. La Zumba Gold® associe mouvements et rythmes adaptés aux besoins des seniors ainsi qu’aux débutants. La Zumba Toning® est pratiquée avec des petits poids pour insister sur la musculation. Enfin, l’Aqua Zumba® est, comme son nom l’indique, pratiquée dans l’eau.


                Source SantéSportMag