mardi 13 août 2024

Lectures Jacques Follorou Vincent Nouzille-Les parrains corses

 

Les parrains corses

Jacques Follorou Vincent Nouzille

Les parrains corses(4ème de couverture)Le sujet est tabou. Il embarrasse les gouvernements, les élus, les magistrats et les policiers. Il terrorise des citoyens confrontés à une menace latente.

Le milieu corse constitue. En effet, un pouvoir occulte et redouté. En Corse, où il fonctionne comme une véritable mafia. Sur le continent, où il domine le grand banditisme. Et à l’étranger, où il n’a cessé de s’activer.


Retraçant l’histoire des « parrains corses » depuis plus de sept décennies, grâce à des archives inédites, des documents confidentiels et des centaines de témoignages, les auteurs de ce livre révèlent l’essor continu d’un système criminel plus puissant qu’il n’y paraît.


De 1930 à 1980, les parrains corses ont prospéré, entre Marseille et Paris, grâce à une solidarité clanique, des activités diversifiées, une violence rare, une implantation internationale et de solides appuis politiques. Les caïds corses ont dirigé la French Connection, filière française de l’héroïne, qu’il faudrait rebaptiser Corsican Connection. Ils ont été mêlés à la plupart des grands événements de l’histoire du pays, dans les coulisses de tous les pouvoirs, bénéficiant souvent de protections hors du commun.


Au début des années 80, le milieu corse a connu un tournant historique en se repliant sur son île natale. Les parrains ont profité du paravent créé par l’activisme des nationalistes. Aujourd’hui ils contrôlent un territoire sur lequel ils imposent leur loi. Ils exercent une pression constante sur les élus locaux et gangrènent l’économie insulaire. Ils tiennent à distance l’appareil judiciaire et policier. Ils ont des amis haut placés…
Jacques Follorou est journaliste au Monde.


Vincent Nouzille est journaliste indépendant, après avoir été grand reporter à l’Express.

(1ere phrase :)Les parrains corses, depuis le début des années 30, occupent le haut du pavé du crime en France, aussi bien à Marseille qu’à Paris.

(Dernière phrase :)Pourtant, le signe le plus spectaculaire pour faire respecter, en Corse, les principes républicains ne serait-il pas de préserver sa population de cette présence mafieuse ?

566 pages – Librairie Arthème Fayard 2004


(Aide mémoire perso:)
Les Parrains corses ont tenu le haut du pavé du banditisme français depuis le début des années 1930. Mais ils n'étaient pas considérés comme des mafieux, au sens sicilien. En revanche, depuis la fin des années 1970, avec la naissance d'un groupe dominant la Haute-Corse, ils réunissent quelques caractéristiques d'une mafia. A savoir une structure organisée, un sanctuaire géographique, une emprise sur la démocratie locale, la gangrène de l'économie et l'impunité par rapport aux machines judiciaire et policière. Ainsi, pour reprendre l'expression des auteurs du livre " Les Parrains Corses ", les gangsters corses se sont "hissés au rang d'autres grandes organisations criminelles internationales".


Il existe en fait deux époques dans l'histoire du Milieu insulaire : La première, où les caïds prospèrent à l'extérieur, et la seconde, où ils s'établissent en Corse. La première est marquée par des voyous qui sont en fait des exilés d'une île pauvre et trop souvent conquise, habitués à définir leurs propres règles. Ils s'installent dans les colonies, aux quatre coins du monde, et ont des capacités à jouer les passeurs. Ils prennent aussi pied dans un port, Marseille, première ville corse de France, et se lancent dans le proxénétisme. Paul Carbone a été le premier grand Parrain français. C'est un ancien marin des Messageries qui a fait la guerre de 14. Proxénète, il s'allie avec un Italien, François Spirito, né à Marseille. L'Italien et le Corse, c'est l'alliance magique de deux mentalités. Ils vont vite comprendre que, pour gérer la prostitution, le racket, le trafic de parmesan et de cigarettes, le trucage des matchs de boxe il faut une assise politique. Ils se lient à un adjoint au maire de Marseille, Simon Sabiani. Seulement, pendant la guerre de 40, Spirito et Carbone choisissent le camp de la collaboration. En effet, bien des voyous vont rejoindre le sinistre 93, rue Lauriston, siège de la Gestapo : «pillage des biens juifs, chasse aux patriotes, lutte contre les maquisards étaient les moindres actions de cette équipe de tueurs à la solde des Allemands qui les chargeaient des hautes et des basses œuvres de leur justice : enlèvements, exécutions, disparition des traces des crimes». Quelques Corses, dont Joseph Orsini, dit «le Sanguinaire» et qui deviendra, après guerre, un des piliers du trafic de drogue, sont de la partie. Des résistants corses tentent d'abattre Carbone. La tentative échoue. Lorsqu'il est tué dans le déraillement d'un train saboté par la Résistance, l'ambassadeur allemand Otto Abetz assiste aux funérailles, aux côtés de Mistinguett éplorée quand «Tino Rossi entonne l'Ave Maria de Gounod et l'Ajaccienne». En face d'eux, les Guérini, ont pris l'option de la Résistance. Mémé Guérini «ira jusqu'à attaquer un camion pour libérer une jeune juive âgée de 12 ans». Les Guérini vont profiter de la mort de Carbone, en 1943, et de la fuite de Spirito et de Sabiani en Amérique. Après guerre, ils se mettent dans les rangs de la SFIO et forment les gros bras pour les campagnes électorales.


Vint ensuite l'époque de la fameuse French Connection. Comme nous l'évoquions dans l'article sur la French, ce qu'on a appelé la French connection était une Corsican connection: toute la filière française de l'héroïne était tenue par des Corses. Les Américains et les Français l'ont su dès le début des années 1950. Mais elle a prospéré pendant vingt ans, avant qu'on s'y attaque sérieusement. En effet, la législation ne punissait que de cinq ans de prison le trafic de drogue. Il faudra attendre la loi de 1970 pour obtenir des peines plus sévères. De plus, les Corses ont des amis gaullistes au pouvoir - un conseiller du ministre de l'Intérieur, par exemple. Pour anecdote, des policiers français anonymes écrivent à Edgar Hoover, patron du FBI : «Nous, policiers considérés comme des marionnettes, croyons qu'il est temps d'éclairer vos dirigeants (...). La Mafia a des soutiens dans toute l'administration (...). Nos collègues affirment que la police de Marseille, Lyon, Nice, Avignon, est contrôlée par la Mafia ou que des hauts fonctionnaires protègent systématiquement les membres de la Mafia.» De son côté, dans une note à l'ambassadeur américain en France, l'agent John T. Cusack explique : «A Marseille et à Paris, avec moins de vingt agents permanents assignés à la lutte contre les stupéfiants (...), la police judiciaire ne peut se battre contre le milieu corse, (...) qui produit (...) 150 kg d'héroïne par mois pour les (...) Etats-Unis.» Les Guérini, Paul Mondoloni, Gaétan Zampa évoluent souvent à proximité immédiate d'élus, notamment du maire de Marseille, Gaston Defferre. Et puis, en 1969, Nixon écrit à Pompidou, qui vient d'être élu, et lui dit que ça ne peut plus durer. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Raymond Marcellin, qui n'est pas gaulliste, expédie des policiers à Marseille. Quelques figures du milieu tombent alors, dont Jean-Baptiste Croce. Ce «diplomate» de la Corsican connection avait navigué de La Havane à Palerme, en passant par le Canada. A ce moment-là, certains caïds prennent des coups; d'autres s'éloignent de la drogue ou se mettent en cavale. C'est le cas d'un personnage central, que les médias considèrent aujourd'hui comme le Parrain de la Corse du Sud: J.G.C.


Ce personnage s'avérera finalement être un « homme charnière » entre les deux époques que nous évoquions plus haut. Il est d'abord l'héritier du système marseillais, de la «French Corsican connection». Il y a fait ses armes. En cavale pendant dix ans, il s'appuie sur cette fameuse diaspora corse qui permet à un caïd ou à un truand corses de vivre tranquillement pendant des années à l'étranger. Ce personnage incarne ensuite la nouvelle époque, le repli sur l'île. Ce n'est pas un Parrain à la mode sicilo-américaine. Il est surtout un chef de clan. Le lien de dépendance avec son entourage est plus compliqué. Quand il parle de ses amis, il existe trois degrés de dépendance: il y a l'ami d'enfance, l'ami du même village et l'ami tout court! Des liens d'obligeance qui tiennent aux services rendus. Sa situation judiciaire est aussi particulière. Il a été condamné en première instance, mais n'a pas été jugé en appel. Cette bizarrerie - l'action publique est prescrite - lui a permis de rentrer tranquillement chez lui après sa cavale. Un disfonctionnement qui montre à quel point certains ont des relais haut-placés.


Parallèlement à celui que les médias et la justice considère comme le tenant de la Corse du Sud, un autre groupe marquera la transition entre l'ancien et le nouveau Milieu corse : Un gang, nommé la Brise de Mer, dont les membres sont considèrés par certains comme les patrons de la Haute-Corse. Cette bande a été constituée par un groupe de jeunes, à la fin des années 1970, qui a scellé un pacte, suffisamment puissant pour qu'il tienne jusqu'à aujourd'hui. Ils étaient neuf ou dix, pas plus. Le point fort de ce groupe tient d'abord à l'indéfectible solidarité de ses membres. Seconde règle: l'organisation ne délègue jamais.


Ses membres font parfois appel à des gens extérieurs, mais ils contrôlent toujours leurs coups de A à Z. Le braquage «fondateur», ce serait le casse du Crédit lyonnais, qui se déroule un week-end de Pâques 1982, à Bastia. Autre épisode décisif: le procès de Dijon. Un procès qui fait suite à un meurtre commis en 1982, lors de la lutte qui oppose les anciennes équipes de Haute-Corse aux jeunes du gang en question. Les présumés tueurs sont arrêtés, mais le procès est dépaysé à Dijon pour empêcher les pressions. Finalement, les trois prévenus sont acquittés. Cet acquittement est apparu en Corse comme la preuve de l'impunité de la bande. L'équipe passe alors à l'échelon supérieur. Le 25 mars 1990, elle aurait braqué une succursale de l'UBS, à Genève. Un coup qui rapporte 120 millions de francs! Les relations entre les membres du gang et les nationalistes, dont le mouvement naît à peu près à la même époque, ne semblent pas fréquentes. Les voyous et les «natio» constituent en Corse deux pouvoirs qui ont délimité leur territoire. Selon les spécialistes, le gang a passé, au milieu des années 1980, un pacte avec les «politiques». «Si un problème survient, on le jouera à la sicilienne, c'est-à-dire qu'on ira chercher vos enfants et vos femmes.» Cet équilibre s'est bien incarné dans l'affaire des fourgons. A partir du moment où les nationalistes ont investi dans la sécurité privée, notamment dans le transport de fonds, les fourgons n'ont plus jamais été attaqués!


En fait, le Milieu a un véritable pouvoir de pression sur les politiques. Au sein de la collectivité territoriale, certains des élus, lorsqu'ils prennent une décision, tiennent compte des sphères d'influence exercés par certains groupes ou personnages. Cela ne signifie pas que tous les élus soient liés à ces divers groupes. Mais leur poids, selon les auteurs des « Parrains corses », fait que certains élus, aujourd'hui, en Corse, doivent forcément prendre en compte les intérêts de ces groupes. Ainsi, cela peut compliquer la réalisation d'affaires, celles-ci pouvant nécessiter, là encore, une prise en compte de ces influences.

Lectures Bret Easton ELLIS-Lunar Park

  


Bret Easton ELLIS 

Lunar Park

Traduit de l’américain par Pierre Guglielmina

(4ème de couverture)
Dans Lunar Park, Bret Easton Ellis, enfant terrible des lettres américaines, pense que les madeleines de Proust sont des mandarines, que sa maison d’Elsinore Lane est hanté, que le spectre est son père mort et peut-être aussi Patrick Bateman, le tueur d’American Psycho, que la moquette « pousse » dans la salle de séjour, que les femmes autour de lui ne verront jamais ces apparitions surnaturelles, que son fils sait où sont allés les garçons qui disparaissent mystérieusement, qu’il doit retrouver la simplicité des phrases qu’il écrivait dans son premier roman, qu’un massacre des innocents d’un genre nouveau est en cours, qu’une seconde chance lui est donnée, que Lunar Park sera son dernier roman.

Avec son humour détaché et sa virtuosité, Bret Easton Ellis se joue du mythe de l’écrivain et nous plonge dans un rêve halluciné et jubilatoire, tout à la fois une sorte d’autobiographie fictive, un récit fantasmagorique de la vie de banlieue aux Etats-Unis, un hommage aux films et à la littérature d’épouvante, un témoignage de la douleur d’un fils, un exorcisme et une réévaluation de sa vie et de son œuvre.


« Je ne veux pas avoir à clarifier ce qui est autobiographique et ce qui l’est moins. Mais c’est de loin le livre le « plus vrai » que j’aie écrit. Au lecteur de décider ce qui, dans Lunar Park, a bien eu lieu. »


Bret Easton Ellis est né à Los Angeles en 1964. Dès la publication de son premier livre Moins que zéro, en 1985, il a connu un succès foudroyant et s’est imposé comme l’un des écrivains majeurs de sa génération. Suivront Les Lois de l’attraction, American Psycho, Zombies et Glamorama. Traduite dans le monde entier, adaptée au cinéma, son œuvre est l’une des plus significatives de la littérature contemporaine.


(1ere phrase :)
« Tu fais vraiment très bonne impression. »


(Dernière phrase :)
Alors, si vous deviez voir mon fils, faites-lui savoir que je lui dis bonjour, sois bon, que je pense à lui et que je sais qu’il veille sur moi quelque part, et qu’il ne s’inquiète pas : il peut toujours me retrouver ici, quand il veut, ici même, mes bras grands ouverts l’attendent, dans les pages, sous la couverture, à la fin de Lunar Park.

378 pages – Editions Robert Laffont 2005 (2005 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :)
Bret Easton Ellis se met lui-même en scène dans ce livre, à propos duquel il prévient le lecteur qu'il lui laisse le soin de déterminer les événements qui ont réellement eu lieu. Il évoque successivement la fin de ses études, le succès connu dès son premier roman, la drogue et l'alcool, sa relation puis son mariage avec l'actrice Jayne Dennis. Tous deux se sont fréquentés, Jayne a eu un enfant qu'Ellis n'a pas voulu reconnaître, puis elle a eu un autre enfant avec un autre homme, avant qu'elle et Ellis ne se remettent ensemble. Un vrai feuilleton. Ellis s'installe donc avec son épouse, leur fils et la petite Sarah. Ne parvenant pas à passer sereinement de la vie de célibataire à un statut d'époux et de père modèle, Ellis continue à se droguer, à boire, et fréquente même une étudiante qu'il a très envie de connaître au sens biblique du terme.


Puis cette vie, déjà pas si rangée, dérape. Le tueur d'American Psycho, créé par Ellis, s'introduit chez lui. L'oiseau en peluche de sa fille se révèle être un monstre féroce, et le labrador a une fâcheuse tendance à se transformer en monstre effrayant... Des effets de la drogue ? Non. Ellis fait face aux créatures qu'il a imaginées dans ses romans.


Je ne m'attendais pas à cela en ouvrant le livre. Je pensais avoir affaire à une comédie, comme la quatrième de couverture le laissait envisager. A la place de cela, après un début raconté tout en légèreté sur les années insouciantes qu'a connues Ellis au début de sa carrière, le romancier prend un ton plus grave : sa vie avec Jayne et les enfants n'est pas évidente, d'autant qu'il n'a jamais vraiment désiré d'enfant. La drogue, la drague, l'alcool le sortent de cette situation, dans laquelle il a l'impression de s'enliser, mais il doit pourtant écrire son prochain livre. Il est rattrapé par ses démons.


Et alors là, grosse, grosse, grosse montée d'angoisse. Vraiment. L'apparition de ces créatures, dont on n'apprend la nature qu'à la fin, est surprenante et effrayante à la fois. L'action est détaillée en un rythme rapide, saccadé, qui me font penser qu'Ellis excellerait dans le genre du thriller.


Et puis il y a aussi la question du rapport d'Ellis aux femmes et à son père. Celui-ci est mort, mais Ellis croit le voir ou voir des éléments qui lui rappellent son père. Rien n'est donné facilement, dans ce livre...


Que d'interrogations ! Mais quel œuvre impressionnante, pour ne pas dire magistrale... D'aucuns le considèrent comme son meilleur ouvrage.

Lectures Bret Easton ELLIS-Suite(s) Impériale(s)

 


Bret Easton ELLIS

Suite(s) Impériale(s)

Traduit de l’américain par Pierre Guglielmina

(4ème de couverture) 
Au milieu d’une nuit de cauchemar, deux mots apparaissent sur le miroir d’une salle de bains : «Disparaître ici.» Vingt-cinq ans plus tôt, ces mêmes mots se déployaient sur un panneau publicitaire de Sunset Boulevard.
Un matin, des étudiants découvrent près d’une poubelle ce qu’ils imaginent être un drapeau américain trempé de sang. C’est en fait un cadavre.
A la fin d’un week-end de drogues et d’orgies à Palm Springs, une fille contemple une montagne au-delà de la plaine désertique et murmure : «C’est le lieu du passage.» Elle ajoute en pointant le doigt : «C’est ici que vit le diable.»
C’est dans un Los Angeles évanescent, peuplé de fantômes et d’hallucinations, que Clay, le protagoniste de Moins que zéro, revient passer les vacances de Noël. Un quart de siècle s’est écoulé et la chirurgie esthétique a rendu la plupart de ses anciens amis méconnaissables. Le cinéma, qui l’emploie comme scénariste, paraît une copie de plus en plus délavée de la réalité et la réalité elle-même, un mauvais film dans lequel chaque personne rencontrée compte sur lui pour obtenir un rôle. Clay pense qu’une fille, une seule, Rain Turner, a peut-être ses chances. Pierre Guglielmina
Bret Easton Ellis est né à Los Angeles en 1964. Dès la publication, en 1985, de Moins que zéro, son premier livre, il a connu un succès foudroyant et s’est imposé comme l’un des écrivains majeurs de sa génération. Suivront Les Lois de l’attraction, American Psycho, Zombies, Glamorama et Lunar Park. Traduite dans le monde entier, adaptée au cinéma, son œuvre est l’une des plus significatives de la littérature contemporaine.
«Dans cette suite percutante de Moins que zéro, Ellis passe au crible l’évolution d’une jeunesse désenchantée, vingt-cinq ans après.» Publishers Weekly
«Un pur roman noir hollywoodien… une affaire de prostitution et de crimes digne des meilleurs polars de James M. Cain ou de Raymond Chandler… et des meilleurs films noirs des années 40, avec femme fatale à la clé.» Les Inrockuptibles, Nelly Kaprièlan
«Une danse macabre dans un Los Angeles cauchemardesque…Par-dessus tout, Ellis cherche à savoir pourquoi – ou plutôt quand – les individus deviennent des monstres. A quel moment, à quel seuil de douleur ou de léthargie l’humain disparaît-il ?» Financial Times
« Dévastateur.» Village Voice


(1ere phrase :) 
Ils avaient fait un film sur nous.

(Dernière phrase :) 
Avait-elle jamais fait des promesses à un reflet infidèle dans le miroir ? Avait-elle jamais pleuré parce qu’elle haïssait totalement quelqu’un ? Avait-elle jamais désiré la trahison au point de faire entrer les fantasmes les plus crus dans la réalité, inventant des séquences qu’elle seule, personne d’autre, pourrait lire, modifiant le jeu à mesure qu’on y joue ? Pouvait-elle situer le moment où elle était morte intérieurement ? Se souvient-elle de l’année consacrée à le devenir ? Les effacements, les dissolutions, les scènes réécrites, toutes les choses qu’on chasse – je veux maintenant les lui expliquer, mais je sais que je ne le ferai jamais, la plus importante étant : je n’ai jamais aimé personne et j’ai peur des gens.

228 pages – Editions Robert Laffont 2010 (2010 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :) 
Vingt-cinq ans après la parution de «Moins que zéro», son premier roman, Bret Easton Ellis retrouve l’ennui californien pour un sequel lorgnant vers l’horreur et le fantastique. L’occasion de parler un peu de ce yuppie passé maître du bizarre.

L’ouverture de «Suites impériales» définit le cadre dans lequel opère désormais l’auteur, mélange indécidable de réalité et de fiction : le narrateur, Clay, y évoque «Moins que zéro», le roman à succès inspiré de sa vie à Los Angeles en 1982, qui avait lancé la carrière d’un jeune écrivain (un type qu’il connaissait). Bret Easton Ellis, comme dans «Lunar Park», prend donc son propre patrimoine littéraire pour point de départ, dans une sorte d’autofiction au troisième degré qui commence à devenir son dispositif fétiche. Clay a la quarantaine passée, et revient à Los Angeles pour une vague raison professionnelle qui concerne l’industrie du cinéma. Ses anciens amis, Julian, Blair, et Rip, sont toujours là, et Clay se met à fréquenter une jeune actrice en quête de rôles, lui promettant de faire marcher ses relations. Il loue une suite d’hôtel hantée par un acteur récemment décédé, et le roman devient sordide à mesure que se dessine la face cachée d’Hollywood, avec sa cohorte d’immigrés abandonnés à la porte du succès, prêts à toutes les compromissions.

En étant méchant, on pourrait dire de «Suites impériale » qu’il se lit en deux heures, et s’oublie en deux jours. Comme dans «Moins que zéro», les dialogues creux et les situations absurdes se succèdent, et l’on se demande quand le roman va se décider à partir. Et puis, le vague succède au flou, inlassablement, et il ne reste qu’un brouillon d’intrigue, un script léger comme l’air, dans lequel flottent des personnages sans épaisseur. Questions sans réponses, nuée de signes qui ne tendent vers rien, fétu d’histoires balayé par le vent… On s’interroge : qu’y a-t-il à retenir de ce court roman, qui ne semble pas infléchir de manière décisive le cours des choses décrit dans le premier opus ? Les protagonistes, vingt-cinq ans plus tard, répètent les mêmes comportements, et les mêmes gestes rythment leur existence vide, sur une bande-son bloquée en 1984. Alors, à quoi bon cette suite ? Payer les traites de l’auteur ? Son opération de la cloison nasale ? Peut-être… mais pas seulement.


Bret Easton Ellis a pris un virage fantastique avec «Lunar Park» – sorte d’autobiographie fictive dans laquelle s’épanouit le surnaturel, à la faveur d’une dépression nerveuse et d’une consommation excessive de drogues. À la réflexion, pourtant, il n’était pas interdit d’apercevoir cette tendance dès «American psycho» et «Glamorama», dans lesquels on ne savait si les faits rapportés étaient réels, ou nés du délire paranoïaque du narrateur. Et finalement, on peut trouver des éléments de fantastique jusque dans les œuvres de jeunesse, tant la réalité décrite y est… irréelle. Noms de marques, de personnalités, tubes des années 1980, avalanche de signes, personnages interchangeables, on connaît la rhétorique dont se sert Ellis pour escamoter le réel et le vider de sa substance. Paradoxalement, c’est dans la réduction de ce dernier à une pure surface qu’il arrive à en faire surgir de nouvelles dimensions. Dans «Suites impériales», comme dans les précédents, c’est justement parce qu’il ne se passe rien que ce réel est étrange. C’est dans son appauvrissement, son assèchement par la langue du soap-opera et de la publicité, qu’il paraît effrayant, en dépit des couches de glamour dont on tente de le recouvrir. Et l’accélération finale de l’intrigue, qui étale au grand jour la profonde perversité des personnages, semble être une fausse piste, une irruption du réel à laquelle on ne croit pas ; Clay et ses amis sont incapables d’affronter la réalité nue, et d’envisager autre chose que leur petit monde autiste et fermé aux sentiments humains. 

La capacité de l’auteur à créer le malaise est donc intacte, et l’évidence s’impose : si «Suites Impériales» n’est pas un grand Ellis, il n’en trahit nullement l’esprit, constituant un honorable jalon dans un work-in-progress dont on attend encore beaucoup. 

Lectures Bret Easton ELLIS-Moins que zéro


Bret Easton ELLIS

Moins que zéro

Traduit de l’américain par Brice Matthieussent

(4ème de couverture)
Un style sec, électrique, une narration cursive et lumineuse, un retour stylistique, qu’il va jusqu’à théoriser, à Hemingway et consorts, lui servant d’arme offensive contre toute éventualité de « postmodernisme ». Tout clin d’œil, allusion, métaphore joueuse, trompe-l’œil académique, fiction à double ou triple fond, lui semblant insupportable, sinon illisible. Si bien que l’on peut se demander si cette littérature n’est pas aussi celle d’un nouveau rigorisme, au moralisme aussi diffus que poisseux. A moins que la culpabilité, dans les sociétés postindustrielles, n’ait définitivement cédé le pas à l’angoisse, à une anxiété vide qui échapperait au déterminisme psychologique… Indubitablement, « Moins que zéro » est le roman de cette anxiété : un étudiant comme il faut se retrouve, le temps d’un congé scolaire, plongé dans la société de Los Angeles où habite sa famille ; adolescents aussi riches que blasés, bourrés de M.T.V., de cocaïne, d’héroïne et d’alcool, oscillant entre la piscine et la télévision, la bi- et l’homosexualité, la prostitution et les snurf movies…


(1ere phrase :)Les gens ont peur de se retrouver sur les autoroutes de Los Angeles.


(Dernière phrase :)
Des images si violentes et perverses que pendant très longtemps elles me semblèrent être mon seul point de repère.


234 pages – Christian Bourgeois Editeur 1985 (1986 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :)
"Moins que zéro", un roman de jeunesse sur une certaine jeunesse, celle qui hante la cité des anges. La jeunesse dorée, désœuvrée, désabusée, déboussolée de L.A dans les années 80, les années fric dans l'univers frelaté des fils et des filles des riches producteurs hollywoodiens. Une ambiance et un style de vie "alanguie, décadente et dissolue". Un portrait violent et subversif où sourde, en continu, une angoisse aussi impalpable qu'effrayante. Une lente et inexorable descente aux enfers, un chaos intérieur, un vertige que l'auteur tente de fixer dans ce décor halluciné. Bien plus qu'un simple roman "trash", "sex, drug and rock" comme on l'a trop souvent vite étiqueté, "Moins que zéro" (titre inspiré par le titre du 1er 45 tours de Elvis Costello) est un traité du désespoir, une fuite en avant existentielle face à un ennui mortel au sens littéral du terme...


Un premier roman âpre, brut et oppressant. Comme un orage qui gronde et qui refuse d'éclater.


Il y a Blair, Trent, Kim, Pierce, Julian ou encore Rip leur dealer... Ils ont 15, 16 ou 17 ans et vivent à Los Angeles, dans les quartiers huppés de Mulholland, Bel Air ou encore Beverly Hills. Ils sont fils ou filles de richissimes producteurs ou réalisateurs hollywoodiens. Leurs (seules) préoccupations ? Savoir dans quelle party ils vont se rendre le soir, dans quel club ou chez qui ils vont bien pouvoir aller sniffer quelques lignes de coke ou s'envoyer en l'air avec d'autres corps tout aussi paumés, quelque soit son sexe...


Le jour ils végètent, "écroulés" ou "défoncés" devant leur piscine scintillante en tournant les pages de "People", de "GQ" ou de "Playboy"...


En désespoir de cause, ils fuient parfois en Porsche ou en Ferarri vers leur villa secondaire, au bord des plages de Palm Springs ou de Malibu...
Ce sont un peu les Paris Hilton des années 80.


C'est leur vie que Bret Easton Ellis a choisi de décrire dans ce fulgurant roman, prenant comme prétexte le retour en ville de son narrateur, Clay parti étudier dans le New Hampshire, à l'occasion des fêtes de Noël.


Ce contexte de Noël, fête de famille par excellence, permet de souligner avec encore plus d'emphase les rapports tendus voire inexistants entre ces enfants et leurs parents.


De façon générale c'est l'incommunicabilité qui domine dans ce roman. Incommunicabilité avec la famille (et le père tout particulièrement dans le cas de Clay, ce qui n'est pas sans faire écho à la brouille entre Bret Easton Ellis et son propre père qui n'a jamais su le comprendre).


Des dialogues d'une grande justesse (pour lesquels il démontre dés ce premier roman un vrai talent), en particulier dans leurs non-dits, hésitations et absences, autre marque de fabrique de l'auteur. Un art qui sera bien sûr porté à son comble dans American Psycho.


Une vie qu'il raconte comme des flashs hallucinogènes : sans réelle transition, il passe d'une scène à l'autre. Les actions s'enchaînent un peu mécaniquement, dans son fameux style minimaliste.


C'est un nihilisme et une passivité glaciale marqués par la maladie mortelle de l'ennui, de l'horreur de n'avoir "envie de rien" (au sens "Kinkergaardien" du terme).
Ellis installe une atmosphère psychologiquement étouffante.


Une atmosphère où le spectre de la mort plane tout du long qu'il s'agisse d'un coyote écrasé sur la route et dont ils observent la lente agonie jusqu'à sa petite amie Blair qu'il trouve avec un sac sur la tête en arrivant à une party ou encore ses jeunes soeurs qui jouent "à la morte" en restant le plus longtemps en apnée au fond de leur piscine, le tout jalonné de références à différents faits divers sanglants...
L'atmosphère particulièrement fascinante de ce roman tient aussi beaucoup à son décor : Los Angeles.


Un décor qui joue quasiment un rôle à part entière : les palmiers qui s'agitent sous les violentes bourrasques brûlantes, la canicule, le désert tout proche, les hurlements des coyotes, la vallée, les collines, les dunes, qui environnent les piscines miroitantes dans la nuit sous la lumière des néons, les jacuzzis "bleus et fumants".


C'est aussi l'un des premiers romans "rock" au sens de sa langue à la fois séche et électrique mais aussi et surtout par l'omniprésence de la musique dans ses pages. On "entend" ainsi en fond sonore différents groupes phares des années 80 rock et new Wave : Idol, Devo. Fleetwood Mac ou encore les Eagles...


Finalement il y a peu de scènes "trash" dans ce roman (comparé à un "American psycho") et l'ensemble reste plus suggestif et subversif qu'autre chose (comme le viol collectif d'une fillette de 12 ans ou le visionnage d'un porno snuff). Ellis introduit aussi la prostitution à travers le personnage de Julian, ami d'enfance du narrateur qui pour payer ses dettes de drogue est pris au piège de cet engrenage.


Paroles de l'auteur (extrait de son roman "Lunar Park" au sujet de "Moins que zéro") :
"Quand j'étais étudiant (...), j'ai suivi un cours d'atelier d'écriture et produit pendant l'hiver 1983 un manuscrit qui a fini par devenir "Moins que zéro". Il relatait en détail les vacances de Noël d'un jeune-homme riche, égaré, sexuellement ambigu, revenant de son université de l'Est à Los Angeles - plus exactement à Beverly Hills - et toutes les fêtes qu'il traversait et les drogues qu'il absorbait et tous les garçons et les filles avec qui il couchait et tous les amis qu'il observait passivement s'enfoncer dans l'accoutumance, la prostitution et l'apathie profonde. (...) C'était une mise en accusation non seulement d'un mode de vie qui m'était familier, mais aussi des années Reagan, et indirectement, de l'état présent de la civilisation occidentale. 

(...) Le roman a été considéré comme une autobiographie mais c'était plutôt un roman à clés et ses scènes à sensation (le porno snuff, le viol collectif d'une fille de 12 ans, le cadavre en décomposition dans la ruelle, le meurtre au drive-in) étaient tirés des ragots épouvantables qui s'échangeaient dans la bande que je fréquentais à L.A et non d'une quelconque expérience personnelle. Mais les journaux se sont fortement inquiétés du contenu "choquant" du livre et tout particulièrement de son style : des scènes très brèves écrites sous la forme d'un haïku contrôlé, cinématographique. Le livre était court, c'était une lecture facile (on pouvait avaler ce "bonbon noir" - New-York Magazine- en deux heures) et en raison de sa typographie assez large (et des chapitres qui ne dépassaient jamais une page ou deux), il avait la réputation d'être le roman de la "génération MTV".  

Lectures Bret Easton ELLIS-American psycho

 


Bret Easton ELLIS

American psycho

Traduit de l’américain par Alain Defossé


(4ème de couverture)
Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant golden-boy de Wall Street, fréquente les endroits où il faut se montrer, sniffe quotidiennement sa ligne de coke, et surtout ne se pose aucune question. Parfait yuppie des années quatre-vingt, le jour il consomme. Mais la nuit, métamorphosé en sérial killer, il tue, viole, égorge, tronçonne, décapite.


Portrait lucide et froid d’une Amérique autosatisfaite où l’argent, la corruption et la violence règnent en maîtres, Américan Psycho, qui fit scandale lors de sa parution aux Etats-Unis, est aujourd’hui un best-seller mondial.


(1ere phrase :)
ABANDONNE TOUT ESPOIR ,TOI QUI PENETRES ICI peut-on lire, barbouillé en lettres de sang au flanc de la Chemical Bank, presque au coin de la Onzième Rue et de la Première Avenue, en caractères assez grands pour être lisibles du fond du taxi qui se faufile dans la circulation au sortir de Wall Street, et à l’instant où Timothy Price remarque l’inscription un bus s’arrête et l’affiche des Misérables collée à son flanc lui bouche la vue mais cela ne semble pas contrarier Price, qui a vingt-six ans et travaille chez Pierce & Pierce, car il promet cinq dollars au chauffeur s’il monte le son de la radio, qui passe Be My Baby sur WYNN, et le chauffeur, un noir, un étranger, obtempère.
(Dernière phrase :)
Et au-dessus d’une des portes, masquées par des tentures de velours rouge, il y a un panneau, et sur ce panneau, en lettres assorties à la couleur des tentures, est écrit : SANS ISSUE.


513 pages – Editions du Seuil 1991 (1992 pour la traduction française)


(Aide mémoire perso :)
Patrick Bateman est un jeune homme qui correspond parfaitement au type que tout le monde déteste en cette période de crise économique. C'est un jeune loup de la finance superficiel, dédaigneux, obsédé par l'argent, les restaurants huppés, les marques, les belles cartes de visite, et son apparence physique. Accessoirement, il est aussi psychopathe.


Nous le suivons à travers son journal, dans une vie où tout le monde semble pareil à lui. Il est constamment entouré, ne dîne jamais seul, n'a aucune difficulté à ramener des filles chez lui, mais cela ne fait que davantage ressortir sa solitude. Il est riche, donne le sentiment d'être quelqu'un d'important, mais en dehors de quelques types assez inutiles, personne, pas même son avocat, ne connaît son nom.


Les cinq cents pages de ce livre pourraient être monotones, mais Patrick Bateman a un truc pour vous captiver qui fait qu'on ne peut pas lâcher son journal avant de l'avoir fini. Aucun problème à lire les énumérations interminables de noms de marques, les compte-rendus des soirées à répétition, les conversations dépourvues d'intérêt, parce que bien vite, on décèle toute la critique que contiennent les mots et les actes décrits. Tous les êtres que fréquente Patrick Bateman sont vides, à l'exception peut-être de sa naïve secrétaire, Jean. Lorsqu'il cite des psychopathes ou évoque ses crimes dans le détail au fil de la conversation, ses interlocuteurs font au mieux comme s'ils trouvaient ça drôle, au pire comme s'ils n'avaient rien entendu (c'est sans doute le cas d'ailleurs, tellement chacun est préoccupé avant tout de sa personne).


Etrangement, c'est lorsqu'il cède à ses pulsions meurtrières que Bateman devient intéressant (pulsions réelles ou fantasmes, d'ailleurs). Certaines scènes sont carrément ignobles. Patrick Bateman, en plus d'aimer tuer, a une imagination débordante en la matière. Il torture ses victimes (il déteste particulièrement les sans-abri, les types qui réussissent mieux que lui, ainsi que les femmes et les enfants…) avant de les laisser agoniser, puis d'aller dîner tranquillement avec ses "amis". Et c'est de pire en pire. En réalité, il est profondément malheureux parce qu'il se sent aussi vide que les autres.


"Comment pourrait-elle donc comprendre que rien ne pourrait jamais me décevoir, puisque je n'attends plus rien."


Et voilà comment le personnage le plus froid et le plus cruel parvient à attirer l’intérêt du lecteur...


Un livre est un pilier incontournable. J'avais peur que les cinq cents pages se fassent sentir, mais il n'y a pas le moindre coup de mou dans ce texte. C'est assez marqué années 80/90 (je pense aux réflexions sur le SIDA, aux réflexions musicales), mais le fond est indémodable.


Patrick Bateman fait désormais partie de la mythologie des (anti-) héros modernes juste à côté de Jack l'éventreur et d'Hannibal Lecter. C'est sa personnalité profondément troublée et effrayante qui porte le livre et en constitue l'intérêt majeur. C'est pour découvrir (et comprendre) sa véritable identité que l'on tourne les pages jusqu'à la fin sans pour autant obtenir une réponse claire et précise.


On se demande vraiment comment Ellis a imaginé ce personnage hors norme. De son aveu, il se serait inspiré de son père (Robert Martin Ellis à qui il a dédié Lunar Park d'ailleurs), ce qui est plutôt effrayant !


On peut aussi supposer qu'il a étudié et fait de nombreuses recherches sur les serial-killers que cite d'ailleurs souvent Bateman comme cette allusion à Ed Gain, tueur en série des années 50 qui disait en substance : "Quand je vois une jolie fille passer dans la rue, je pense à deux choses. Une partie de moi voudrait sortir avec elle, parler avec elle, être vraiment gentil, tendre, correct... et l'autre partie voudrait voir de quoi sa tête aurait l'air au bout d'une pique."


Ce qui est intéressant également dans le style de l'écrivain, c'est sa manière de ne jamais vraiment juger les personnages sans leur chercher ni excuses ni chefs d'accusation. Certains critiques ont estimé que Bateman était seulement le fruit de la société américaine et de sa vacuité.


Le génie littéraire d'Ellis s'exprime avec flamboyance, tout au long du livre. Tous ces dialogues, véritable marque de fabrique de l'auteur, qui ne cesseront de se dérouler et se croiser au fil des pages nous en apprendront plus que n'importe quel descriptif de personnage. Nous sommes ici en pleine application virtuose de cette fameuse règle des ateliers de "creative writing" américains : "Show, don't tell". Tout simplement captivant et passionnant !

lundi 12 août 2024

Lectures Lawrence Durrell-Le quatuor d’Alexandrie



Lawrence Durrell

Le quatuor d’Alexandrie

Traduit de l’anglais par R. Giroux

(4ème de couverture)
La ville d’Alexandrie, que l’auteur connaît intimement et dont il restitue à chaque page la couleur, le rythme et le délire, sert de cadre à cette fabuleuse tétralogie. Alors que Justine, Balthazar et Mountolive se superposent – des événements identiques sur le plans politique, sentimental et sexuel sont racontés de différents point de vue par les héros avec une grande force évocatrice – Cléa est une suite qui fait avancer le roman dans le temps.
« La lecture de ce livre est une aventure qui marque, par sa forme, sa sonorité, sa couleur. Le récit ne progresse pas selon la démarche habituelle du roman, il miroite et ondule dans la trame flottante de cette manière sacrée si rarement invoquée par le romancier : la lumière. » Henry Miller

(1ere phrase :)
Justine - La mer est de nouveau trop grosse aujourd’hui, et des bouffées de vent tiède viennent désorienter les sens.
Balthazar – Tonalités du paysage : du brun au bronze, ciel abrupt, nuages bas, sol de perle aux ombres nacrées et aux reflets mauves.
Mountolive – En tant que jeune attaché d’ambassade promis à un brillant avenir, on l’avait envoyé en Egypte pour qu’il se perfectionnât en arabe, et il fut affecté à la Haute Commission comme scribe, pour ainsi dire, en attendant son premier poste officiel ; mais il se comportait déjà en jeune secrétaire de légation pleinement conscient de ses responsabilités futures.
Clea – Les orangers furent plus opulents que de coutume cette année-là.

(Dernière phrase :)
Justine – Tout ne dépend-il pas de l’interprétation que nous donnons du silence qui nous entoure ? Si bien que…
Balthazar – Il y a encore quelques lignes, et ensuite la formule affectueuse.
Mountolive – « A quoi, se demandait-il, Narouz pouvait-il bien rêver maintenant, avec son grand fouet enroulé sous son oreiller ? »
Clea – Et je sentis que tout l’Univers venait de me faire un clin d’œil !

1028 pages – Editions Buchet/Chastel Justine 1957, Balthazar 1959, Mountolive 1959, Cléa 1960 (1963 pour la traduction française)

(Aide mémoire perso :)
Je me suis demandé si j’oserais rédiger une note sur Le Quatuor d’Alexandrie, une œuvre immense, une somme de quatre romans rédigés entre 1957 et 1960 et réunis en un seul volume. Après réflexion… pourquoi pas ? Après tout, qui a vraiment lu Le Quatuor d’Alexandrie jusqu’au bout ? Car à l’instar de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, tout le monde ou presque a déjà entendu parler de ce gros roman de 1000 pages, mais peu de gens l’ont lu, du moins au-delà des cinquante premières pages. Le Quatuor d’Alexandrie, une œuvre magistrale dont je résume les quatre romans.

Justine - Dans le roman d’ouverture du Quatuor, le narrateur, un Anglais qui répond au nom de Darley, se souvient d’Alexandrie et, se souvenant, cherche à comprendre ce qu’il a vécu, confrontant ses souvenirs avec le journal que lui a laissé Justine, sa maîtresse, mais aussi l’épouse de Nessim, lui-même père biologique de la fille de Melissa, sa compagne morte de la tuberculose. Le narrateur fait donc œuvre de mémoire, tranquillement installé sur une île grecque avec l’enfant de Melissa. Le point de vue est celui du narrateur qui, bien entendu, ne sait pas tout, mais néanmoins présente tous les personnages du roman : les frères Hosnani (Nessim et Narouz), leur mère Leilla, Balthasar, Pombal, Scobie, Pursewarden et bien d’autres. Le lecteur, lui, comprend que Darley est épris de Justine dont il craint le mari, Nessim.

Balthasar - Le deuxième roman du Quatuor s’ouvre sur la visite de Balthasar sur l’île de Darley. Ayant eu accès au manuscrit de ce dernier, Balthasar le commente abondamment dans les marges et lui révèle ainsi un tout autre point de vue sur les événements. C’est ainsi que l’on apprend que Darley s’est fait manipulé par Justine et Nessim, tous deux impliqués dans un complot copte allant à l’encontre des intérêts de l’Angleterre en Égypte. Ce deuxième roman offre donc un nouvel éclairage sur le récit, notamment sur la personnalité de Justine et sur certains éléments forts, comme la scène macabre des enfants se prostituant dans un lieu sordide de la ville.

Mountolive - Ce troisième roman est le plus classique des quatre du point de vue de sa narration car, contrairement aux autres, le récit est plutôt linéaire. Il raconte l’histoire de Mountolive, jadis amant de Leïla, mère de Nessim, qui devient ambassadeur d’Angleterre en Égypte. Dans ce récit, Darley devient un personnage secondaire tandis que la famille Hosnani (Leïla et ses deux fils : Nessim et Narouz) prend une importance nouvelle. C’est dans ce roman aussi que Durell présente en détail le personnage de Pursewarden, l’écrivain torturé qui vit une relation ambiguë avec sa sœur aveugle, Liza.

Cléa - Avec ce dernier roman, Durrell refait de Darley le narrateur qui revient à Alexandrie après quelques années d’absence. Darley conduit la fille de Melissa chez Nessim, son père biologique, et se met en ménage avec Cléa. Les Hosnani, en disgrâce depuis que le pouvoir a déjoué leur complot, sont assignés à résidence sur leur terre loin de la ville. Justine, aigrie, ne cherche qu’à quitter le pays. Cléa est le roman de la mélancolie, de la fin d’Alexandrie comme ville ouverte, cosmopolite. Darley retourne sur son île grecque mais, à la fin, il prend la décision de s’installer en France, là où a déjà émigré Cléa.

Le Quatuor d’Alexandrie est un de ces romans qui relate les événements d’une époque, certes révolue comme toutes les époques, mais aussi d’un espace - la ville cosmopolite d’Alexandrie avant la Deuxième guerre mondiale. En effet, après la guerre, la coexistence paisible des différentes communautés n’est plus : la souveraineté arabo-musulmane se fait partout présente, marginalisant - en grande partie grâce aux manœuvres des anciens colonisateurs, à savoir les Anglais - les communautés coptes, grecques, juives, puis européennes. Conclusion, à la fin du récit, Cléa, amie du narrateur, choisit d’émigrer en France, tout comme Durrell lui-même, d’ailleurs, qui y terminera sa vie.

Je viens de résumer une œuvre qui, dans les faits, ne se résume pas, notamment en raison de l’absence de linéarité du récit, C’est d’ailleurs ce qui rend la lecture du Quatuor d’Alexandrie si difficile. Le style de Lawrence Durrell est foisonnant, assez déroutant parfois, mais le lecteur assidu s’y laisse vite envoûter car l’auteur nous entraîne là où il veut, maîtrisant à la perfection le destin de ses personnages. Dans ce récit en boucle, les personnages sont uniques et multiples, comme une marguerite dans un champ de marguerites, d’où leurs différents points de vue sur des événements vécus par chacun d’eux. Le Quatuor d’Alexandrie reconstitue une parcelle d’existence qui, comme la vie elle-même, ne peut être comprise qu’à partir d’un kaléidoscope, laissant apparaître du même coup la fragilité de toute vérité.

Le Quatuor d’Alexandrie est un roman d’une très grande beauté, tant du point de vue de son style que de son contenu. Un roman qui représente une occasion exceptionnelle de s’ouvrir au monde, de pénétrer une société révolue, de fréquenter des gens qu’on n’aura sans doute jamais l’occasion de fréquenter dans notre vie. En effet, seule la littérature nous permet de fréquenter des hommes et des femmes de toutes conditions, dans un axe spatio-temporel quasi infini. Et l’œuvre magistrale de Lawrence Durrell en est une magnifique illustration.

Lawrence Durrell (1912-1990) est né en Inde où il passe les onze premières années de sa vie avant d’être envoyé en Angleterre pour y poursuivre ses études. N’aimant pas le mode de vie britannique, il ne complète pas ses études universitaires et se consacre à la littérature. Après avoir publié sans succès quelques romans, il quitte l’Angleterre en 1935 et s’installe sur l’île grecque de Corfou, île qu’il quitte bientôt pour l’Égypte en raison de la montée du nazisme. Après la guerre, il se fixe à Chypre en tant qu’attaché de presse mais, à partir des années 1950, l’île est en proie à des troubles violents, ce qui l’oblige à émigrer en France. Il y restera jusqu’à son décès en 1990.

Lawrence Durrell a publié de nombreux romans et essais, son œuvre la plus remarquable demeure Le Quintette d’Avignon, une suite de cinq romans publiés entre 1974 et 1985.  

dimanche 11 août 2024

Dessins de presse

 


Dessins de presse

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samedi 10 août 2024

Billets-Comment les oligarques russes et ukrainiens, avec l'appui des États-Unis, drainent l'économie européenne

 


Comment les oligarques russes et ukrainiens, avec l'appui des États-Unis, drainent l'économie européenne

L'Europe traverse une période de turbulence économique sans précédent. À première vue, les sanctions imposées à la Russie à la suite de son invasion de l'Ukraine semblent être des mesures punitives visant à affaiblir l'économie russe. Cependant, une analyse plus approfondie révèle une dynamique plus complexe, où les oligarques russes et ukrainiens, avec l'accord tacite des États-Unis, jouent un rôle crucial dans l'épuisement économique de l'Europe.

1. Les sanctions : un double tranchant pour l'Europe

Les sanctions économiques imposées à la Russie ont été présentées comme une réponse nécessaire à l'agression militaire. Pourtant, ces sanctions ont eu des effets secondaires graves sur les économies européennes. La dépendance de l'Europe à l'égard des ressources énergétiques russes, en particulier le gaz naturel, a rendu ces sanctions particulièrement coûteuses pour les pays européens. Les oligarques russes, bien que théoriquement visés par ces mesures, continuent de prospérer grâce à des réseaux financiers sophistiqués et à des relations avec d'autres puissances économiques mondiales.

2. Les oligarques ukrainiens : des profiteurs de guerre

Parallèlement, certains oligarques ukrainiens ont su tirer profit de la situation. Alors que la guerre ravage leur pays, certains d'entre eux se sont enrichis grâce à des contrats lucratifs de reconstruction et des aides internationales massives, souvent mal gérées. Cette accumulation de richesse s'accompagne parfois d'une influence accrue sur la scène politique ukrainienne, mais aussi d'une capacité à exporter leurs capitaux vers l'Europe, contribuant à l'instabilité économique sur le continent.

3. Le rôle ambigu des États-Unis

Les États-Unis, tout en se présentant comme les défenseurs de la liberté et de la démocratie en soutenant l'Ukraine, ont en réalité un intérêt stratégique à maintenir l'Europe dans une position de dépendance. En encourageant indirectement la fuite des capitaux des oligarques russes et ukrainiens vers l'Europe, les États-Unis affaiblissent les économies européennes tout en renforçant leur propre hégémonie. Le renforcement des liens énergétiques entre l'Europe et les États-Unis, avec l'augmentation des exportations de gaz naturel liquéfié américain vers l'Europe, en est un exemple frappant.

4. Une Europe à la croisée des chemins

Face à ces dynamiques, l'Europe se trouve à un carrefour crucial. La guerre en Ukraine, loin d'être un simple conflit régional, est devenue un instrument de redistribution des richesses et des influences. Si les Européens ne prennent pas conscience de ces manœuvres, ils risquent de voir leur continent plongé dans une crise économique profonde, avec des conséquences à long terme sur la stabilité et la prospérité.

Conclusion

Les oligarques russes et ukrainiens, avec l'appui tacite des États-Unis, jouent un rôle central dans l'affaiblissement économique de l'Europe. Cette situation met en lumière la nécessité pour l'Europe de repenser ses stratégies économiques et énergétiques, de renforcer son indépendance et de se méfier des alliances qui, sous couvert de solidarité, pourraient en réalité contribuer à son déclin.

vendredi 9 août 2024

Billets-Dieu : Une Question de Foi ou de Preuve ?

 


Dieu : Une Question de Foi ou de Preuve ?

La question de l'existence de Dieu est l'une des plus anciennes et des plus débattues dans l'histoire de l'humanité. Elle a traversé les siècles, les civilisations, et continue d'alimenter les discussions philosophiques, théologiques, et scientifiques. Pourtant, il existe une position intéressante qui mérite d'être explorée : l'idée que l'on ne peut ni prouver l'existence de Dieu, ni prouver sa non-existence. Mais que signifie cela réellement ? Et quelles en sont les implications pour notre compréhension du monde ?

La Nature de la Preuve

Pour commencer, il est essentiel de comprendre ce que signifie "prouver" quelque chose. En science, une preuve repose sur des données empiriques, des observations reproductibles, et des modèles théoriques qui expliquent ces observations. Cependant, Dieu, tel qu'il est généralement conçu dans les grandes religions, est souvent décrit comme transcendant, immatériel, et hors de portée de notre compréhension humaine. Cela place Dieu dans une catégorie à part, où les outils traditionnels de la science et de la raison ont peu de prise.

L'Argument de l'Inaccessibilité

Si Dieu existe, selon cette perspective, il n'est pas soumis aux lois de la nature que nous pouvons observer et mesurer. Par conséquent, il n'est pas surprenant que nous ne puissions pas prouver son existence de la même manière que nous prouvons la gravité ou la structure de l'ADN. De même, l'absence de preuve n'est pas nécessairement la preuve de l'absence. Le fait que nous ne puissions pas prouver que Dieu existe ne signifie pas automatiquement que Dieu n'existe pas.

L'Inconnue du Non-Être

D'un autre côté, prouver la non-existence de quelque chose est notoirement difficile, voire impossible, surtout quand il s'agit de concepts abstraits ou d'entités immatérielles. Par exemple, comment prouver que les licornes, les fées, ou les dragons n'existent pas quelque part dans l'univers ou dans une autre dimension que nous ne pouvons pas observer ? De la même manière, prouver que Dieu n'existe pas relève d'un défi insurmontable, car cela demanderait de démontrer l'absence totale de quelque chose dans un contexte infiniment vaste et potentiellement inconnu.

Foi vs Raison

Ce double constat — l'impossibilité de prouver l'existence ou la non-existence de Dieu — nous ramène à la nature même de la croyance. La foi, par définition, n'a pas besoin de preuves. Elle repose sur des convictions personnelles, des expériences subjectives, et parfois des traditions culturelles profondément ancrées. Pour ceux qui croient en Dieu, l'absence de preuve scientifique n'est pas un obstacle, mais plutôt une confirmation que Dieu est au-delà du monde matériel.

À l'inverse, pour les athées ou les agnostiques, l'absence de preuve peut être interprétée comme un signe de l'inexistence de Dieu, ou du moins de son absence de pertinence dans notre monde observable. Ils pourraient soutenir que, faute de preuves, il est plus rationnel de ne pas croire en l'existence de Dieu, ou du moins de rester dans le doute.

Conclusion : Un Choix Personnel

En fin de compte, la question de l'existence de Dieu pourrait ne jamais trouver de réponse définitive. Le débat restera probablement ouvert aussi longtemps que l'humanité existera. Ce qui importe, ce n'est peut-être pas tant la preuve ou l'absence de preuve, mais la manière dont chacun choisit de vivre avec cette incertitude. Que l'on soit croyant, athée ou agnostique, il est crucial de reconnaître la complexité de la question et de respecter les choix et les convictions des autres.

Ainsi, dans un monde où l'on ne peut ni prouver ni réfuter l'existence de Dieu, il revient à chacun de décider ce en quoi il souhaite croire — ou de choisir de ne pas croire — et de vivre en conséquence.

Billets-La Nuit des Étoiles


 

La Nuit des Étoiles : Un Rendez-Vous Incontournable pour les Passionnés d’Astronomie

La Nuit des Étoiles est un événement magique qui, chaque année, rassemble des milliers de passionnés d'astronomie sous le ciel étoilé. Que vous soyez un astronome amateur chevronné ou un simple amoureux des cieux, cette nuit est une occasion unique de redécouvrir la beauté de l'univers et de plonger dans ses mystères.

Un Ciel d’Été à Explorer

En août, le ciel offre une véritable toile cosmique à contempler. Les constellations brillent de mille feux, les étoiles filantes traversent l’atmosphère dans une danse scintillante, et les planètes sont parfois si proches que l’on pourrait presque les toucher du doigt. Les conditions d'observation sont souvent idéales, avec des nuits claires et tempérées, parfaites pour passer des heures à scruter le firmament.

Le Plaisir de l’Observation en Groupe

La Nuit des Étoiles est aussi un moment de partage. Partout en France, des associations et clubs d’astronomie organisent des séances d’observation ouvertes au public. C'est l’occasion de rencontrer d'autres passionnés, d’échanger des conseils et de découvrir de nouveaux instruments d'observation. Que ce soit avec un télescope de haute précision ou simplement à l’œil nu, chacun peut s’émerveiller des merveilles célestes.

À la Découverte des Joyaux du Ciel

Pour les amateurs aguerris, cette nuit est l’occasion d’approfondir leurs connaissances. Certaines années, des phénomènes rares comme des éclipses ou la visibilité exceptionnelle d’une comète viennent pimenter l'événement. C’est le moment parfait pour tester vos compétences en astrophotographie, ou pour tenter de repérer des objets du ciel profond, comme les nébuleuses ou les amas d’étoiles.

Conseils pour une Observation Réussie

1.    Préparez votre matériel : Assurez-vous que vos télescopes, jumelles et appareils photo sont en bon état de fonctionnement. Pensez aussi à emporter des cartes du ciel pour vous orienter.

2.    Choisissez un lieu adapté : Pour une meilleure observation, éloignez-vous des zones urbaines où la pollution lumineuse peut gâcher la vue. Un site en campagne ou en montagne est idéal.

3.    Habillez-vous chaudement : Même en été, les nuits peuvent être fraîches. Prévoyez des vêtements confortables et une couverture pour profiter pleinement de la nuit.

4.    Soyez patient : L’observation des étoiles demande du temps et de la patience. Prenez le temps de vous adapter à l’obscurité et de laisser vos yeux s’habituer à la faible luminosité du ciel nocturne.

Une Expérience Inoubliable

Participer à la Nuit des Étoiles, c’est renouer avec un sentiment d’émerveillement, celui-là même qui nous a poussés, un jour, à lever les yeux vers le ciel. Pour les amateurs d’astronomie, cette nuit est une source d'inspiration inépuisable, un moment pour se rappeler que, dans l’immensité de l’univers, il reste encore tant de choses à découvrir.

N’oubliez pas de noter la date dans votre agenda et de préparer votre matériel. La Nuit des Étoiles est une invitation à la contemplation, à la réflexion et au partage. Un rendez-vous cosmique à ne pas manquer.


jeudi 8 août 2024

Dessins de presse



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