samedi 10 février 2018

Infos santé-Gym anti dos rond



Gym anti dos rond

Insidieusement vous avez pris la mauvaise habitude de vous tenir voûté. Des années passées à vous pencher sur votre ordinateur n’ont rien arrangé ! Une petite gym ciblée et des conseils ergonomiques vous sont nécessaires !

Par Grégory Delente, kinésithérapeute et Stéphane Cascua, médecin du sport.

Au-delà de l’esthétique, la position voûtée peut provoquer des douleurs. Pour regarder devant vous, vous êtes contraint de placer votre cou en hyperextension. Les petits nerfs sortant en regard des dernières vertèbres cervicales finissent par se coincer. Vous ressentez des douleurs dans les zones correspondant à la destination de ces rameaux nerveux. Vous avez mal entre les omoplates et parfois dans les bras.

  • Redessinez votre schéma !
Avec le temps, vous avez automatisé votre posture. Elle s’est inscrite dans vos « schémas moteurs ». Elle correspond à un réseau de connections entre vos neurones. Il faut reprogrammer votre cerveau ! Parallèlement, progressivement, vous avez déconditionné les muscles chargés de redresser votre colonne vertébrale. Quand bien même vous penseriez à vous tenir correctement, votre musculature ne parviendrait pas à l’assumer bien longtemps ! Il faut vous ré-entraîner ! Les tissus, les muscles, les tendons, les ligaments situés à l’avant de votre thorax se sont rétractés. Il est indispensable de vous assouplir ! Parfois même, la face antérieure des disques intervertébraux s’enraidit. En cas de fragilité ou d’ostéoporose, les vertèbres peuvent se tasser au sein de la concavité ! Mobiliser votre colonne vers l’extension devient impératif !

Exercice 1


Si Rabelais affirmait que «‑science sans conscience n’est que ruine de l’âme‑», les rééducateurs vous assurent que «‑science sans prise de conscience n’est que ruine du corps ». Initialement, il est indispensable que vous perceviez votre mauvaise attitude. Mettez votre dos au contact d’un mur. L’arrière de votre crâne ne le touche pas. Inspirez en reculant les épaules puis soufflez en rentrant le ventre. Regardez loin devant vous. C’est fait, votre occiput entre en contact avec le mur ! Vous sentez la différence !

Exercice 2


Toujours dos au mur, écrasez un ballon avec l’arrière de la colonne vertébrale. Insistez au sommet de la convexité. Modifiez peu à peu le point de pression en faisant varier la flexion de vos genoux. Vous sentez vos vertèbres partir en extension. Vos disques s’assouplissent.

Exercice 3

En face d’un mur, placez vos pieds à environ 15 cm de la plinthe. Mettez vos mains sur le mur, faites-les grimpez au-dessus de votre tête, le plus haut possible. Allez jusqu’à poser votre front sur le mur. Les muscles de la face antérieure du thorax sont puissamment étirés !

Exercice 4

Même position mais allongé sur le ventre. Décollez vos mains, vos épaules et votre visage du sol. Tractez votre tête et vos bras vers le haut, bien dans l’axe de votre colonne. Vous sentez vos muscles du dos, du cou et ceux fixateurs des omoplates travailler puissamment. Ils gagnent en force et en endurance.

Exercice 5


Dos au mur, pieds à 10 cm de la plinthe. Écrasez vos coudes et l’arrière de votre crâne sur le mur. Votre bassin part en avant, l’ensemble de votre corps se gaine. Prenez soin de verrouiller vos lombaires en soufflant et en rentrant le ventre. Vous peaufinez votre préparation musculaire. Effectuez le même exercice en écrasant un gros Swiss ball®. Son instabilité impose à vos muscles plus de vigilance et de réactivité. Vous gagnez en coordination, vous contrôlez mieux votre posture.

  • L’ergonomie du bureau
Apprenez le geste technique !
Grâce à votre «­Gym dos » vous avez augmenté les aptitudes de votre colonne à assumer une bonne posture. Il faut désormais l’adopter au bureau, c’est-à-dire réduire les contraintes physiques inhérentes au travail sur ordinateur. Après l’entraînement physique, passez au travail technique !


Asseyez-vous au bord du siège… pas au fond !
Profitez du bord antérieur convexe de l’assise, il est conçu à cet effet ! Ainsi, votre fémur épouse la pente descendante de votre fauteuil et votre bassin bascule légèrement vers l’avant. Votre colonne se redresse comme si vous étiez debout ! Vos pieds sont en appui sous votre chaise ou en appui plus en avant sur un repose pied. Votre clavier est à hauteur de vos coudes et vos épaules tombent naturellement. Votre cou est légèrement cambré, ou mieux, très légèrement incliné vers l’avant. Dans ces conditions, votre tête n’est pas suspendue à vos muscles cervicaux mais au gros ligament reliant l’arrière des vertèbres. Vous ne fatiguez pas ! Les orifices de sorties des nerfs situés à la face postérieure du cou sont largement ouverts, le risque de coincement diminue. Votre regard est spontanément basculé de 5° vers le bas, vers le centre de votre écran.

Arrêtez de prendre la bonne position !
Une posture, aussi bonne soit-elle, fait travailler toujours les mêmes muscles et imposent des points de compression articulaire identiques. Après de longues heures, fatigue et douleurs surviennent inévitablement ! Alors changez de position ! Pour converser, pour téléphoner, calez-vous au fond de votre fauteuil, appuyez-vous sur le dossier, faites le basculer vers l’arrière ! Reposez votre dos ! Pour écrire, penchez-vous en avant, appuyez-vous sur vos avant-bras. Là encore votre chaîne musculaire postérieure se relaxe ! Enfin, n’oubliez surtout pas de vous lever souvent pour dérouiller toutes vos articulations… et communiquer avec vos collègues.


Source SantéSportMag


jeudi 8 février 2018

mardi 6 février 2018

Photos: Animaux

Photos d'Animaux


Dessins de presse


Dessins de presse

Billets-Versement social unique : Macron ne tiendra pas sa promesse


Versement social unique : Macron ne tiendra pas sa promesse

Comme la promesse d’Emmanuel Macron ne sera pas tenue, le « cancer de l’assistanat », qu’une grande partie des Français déplore, ne sera pas guéri.

Le programme électoral 2017 d’En Marche, comme celui des Républicains, contenait la promesse d’un versement social unique :
Emmanuel Macron :
Nous créerons un versement social unique et automatique. […] Toutes les prestations (APL, RSA, prime d’activité, etc.) seront versées automatiquement le même jour du mois, un trimestre maximum après la constatation des revenus (contre jusqu’à 2 ans aujourd’hui). […] Cette mesure permettra aux travailleurs sociaux de trouver toutes les informations pertinentes pour accompagner les plus vulnérables. […] Plus de 12 millions de foyers seront concernés, soit près de la moitié de la population française.
Programme des Républicains pour les élections législatives :
Nous créerons une allocation sociale unique plafonnée, fusionnant la majorité des aides sociales (hors handicap et retraite). Plus simple et plus incitative à la reprise d’un emploi, elle permettra également de lutter contre la fraude sociale.
Ces deux promesses, d’apparence identique, étaient en fait différentes :
  • Pour Emmanuel Macron, le but était d’éviter que des bénéficiaires renoncent aux allocations auxquelles ils ont droit. Les Républicains voulaient lutter contre la fraude sociale.
  • À la différence d’Emmanuel Macron, les Républicains annonçaient un plafonnement des aides. Ce plafond n’avait pas été défini. Récemment, Laurent Wauquiez l’a proposé à 75 % du SMIC. Mais, comme le programme électoral des Républicains, il n’a pas donné la liste des aides concernées. Cette promesse est donc restée imprécise.
  • Pour Emmanuel Macron, toutes les prestations sociales étaient remplacées par le versement unique. Pour les Républicains, seule la majorité des aides était concernée.
Promesse non tenue
Cette différence est considérable. « Toutes les prestations sociales » désigne la centaine d’aides d’État, mais aussi celles versées par les Caisses de Sécurité Sociale, les versements de Pôle emploi, des collectivités locales, les exonérations de taxe d’habitation et d’autres impôts, les prêts à taux zéro, les réductions des tarifs d’eau, d’électricité, de transport, de cantine, de crèche, les prestations en nature (livraisons de repas gratuits, réductions de loyers des HLM, CMUC, etc).
Pour Emmanuel Macron, le versement unique n’excluait donc, parmi les dépenses de la protection sociale, que les pensions de retraites, les remboursements de l’assurance maladie et les dépenses de formation. Sa promesse concernait « plus de 12 millions de foyers ». D’après la Cour des comptes, le nombre d’allocataires de prestations sous condition de ressources, qui sont sans doute la cible de l’allocation unique des Républicains, est de 4,2 millions.
Pour réaliser la promesse d’Emmanuel Macron, il faudrait :
  • connaître toutes les prestations sociales ;
  • les unifier, c’est-à-dire attribuer les mêmes droits à tous les bénéficiaires ;
  • choisir un guichet unique de versement.
Où en sont ces différentes étapes ?
Connaître les prestations
Dans de nombreux rapports, la Cour des comptes demande depuis des années que, pour lutter contre la fraude sociale, on puisse « croiser les fichiers », c’est-à-dire permettre à un dispensateur d’aide sociale de connaître les autres aides perçues par un demandeur.
Les administrations et le Gouvernement s’opposaient à cette demande, jusqu’au jour où, à la fin  de 2006, un député fît voter un amendement à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2007. Cet amendement créait un « Répertoire national commun de la protection sociale » (RNCPS), un fichier dans lequel on pourrait trouver toutes les aides sociales reçues par un bénéficiaire.
C’est seulement trois ans plus tard que le décret d’application de cette loi sur le RNCPS était publié. Un an et demi après, l’arrêté permettant d’appliquer le décret était finalement pris. L’administration promettait que le RNCPS serait opérationnel à la fin de 2011. Celui-ci était effectivement mis en place en 2012.
Mais de nombreuses allocations n’y figuraient pas : allocations-chômage, CMUC, AME, exonérations fiscales, attribution de HLM, prestations familiales, allocations sociales des collectivités locales et des caisses de Sécurité sociale, prêt à taux zéro, réductions de tarifs, aides aux agriculteurs, aux demandeurs d’asile, aux résidents outre-mer, etc.
Les employés des Centres communaux d’action sociale, qui sont souvent les premiers interlocuteurs d’un demandeur d’aide, n’avaient pas le droit d’accès au RNCPS.
Il n’y avait pas d’inter-connexion entre le RNCPS et les services fiscaux et donc de connaissance des revenus du demandeur.
Et surtout les montants des allocations n’y figuraient pas ! Ce qui était évidemment contraire à l’intention des législateurs. En 2011 le sénateur Jean-Louis Masson posait une question écrite :
Le décret n° 2009-1577 a précisé que le RNCPS doit fournir, notamment, l’état de chacun des droits ou prestations. Pour que la nature des droits et leur état soient connus des agents chargés de les attribuer et pour que ceux-ci puissent réellement apprécier les conditions d’ouverture de ces droits, l’esprit de la loi exige que la totalité des montants des droits perçus par les bénéficiaires ainsi que l’ensemble de leurs revenus, nécessaires pour apprécier les versements sous condition de ressources, figurent dans le répertoire. En l’absence de ces renseignements, le répertoire perdrait la plus grande partie de son intérêt, ne permettrait pas d’apprécier les conditions d’ouverture de certains droits et ne serait pas utilisé par les agents…
Le ministre du Budget lui répondait le 25 août 2011 :
Aux termes de la loi, les montants des prestations servies aux bénéficiaires, de même que leurs ressources, ne peuvent pas figurer dans le répertoire. C’est un élément important du dossier qui a été présenté à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui s’est alors félicitée de cette orientation.
Les députés ont réagi. La majorité de gauche, choquée par le refus de l’administration de respecter la loi, a voté en 2014 :
au 1er janvier 2016, le RNCPS contient également le montant des prestations en espèces.
L’administration ne s’est pas pliée à la loi. Comme l’indique le portail internet de la Sécurité Sociale :
Le RNCPS contient des informations sur les prestations suivantes (nature du droit, date d’effet, adresse de versement, à l’exclusion du montant des prestations)
Un gouvernement qui voudrait mettre en place la promesse d’un versement social unique devrait donc commencer par faire appliquer la loi. Le RNCPS fournirait toutes les prestations sociales, y compris les montants reçus, et les revenus des demandeurs.
Il devrait être accessible à tous les employés qui attribuent les aides. Si la CNIL s’opposait à ces changements – alors qu’elle autorise l’administration des impôts à connaître tous les revenus des contribuables – la loi devrait exclure le RNCPS de sa compétence.
Le gouvernement d’Édouard Philippe n’a pris aucune mesure pour faire respecter la loi.
Unifier les prestations
Unifier les prestations n’est pas simple. Car chacune a ses conditions d’attribution, différentes de celles des autres prestations.
Par exemple la définition des revenus, pour toutes les prestations versées sous condition de ressources, n’est pas la même. Pour certaines, les revenus comprennent les allocations logement et les allocations familiales. Pas pour d’autres. La période pendant laquelle ont été versés les revenus varie suivant les prestations : pour le RSA, ce sont les revenus des trois derniers mois qui sont pris en compte ; pour la prime d’activité, c’est le revenu fiscal de l’année précédente ; pour la CMU ce sont ceux des douze derniers mois ; pour les aides au logement, ce sont les revenus d’il y a deux ans.
Pour les aides au logement, aucun barème de calcul n’est disponible. Le site internet des Caisses d’allocations familiales en prévient les demandeurs : « les critères étant nombreux, il est impossible de donner ici les montants des aides au logement ».
Les dossiers de demande sont tous différents. Par exemple, pour demander l’aide de pédicure à domicile (une des quelques 80 aides de la ville de Paris) le dossier comprend 11 pièces justificatives !
Imposer à toutes les administrations des définitions et des conditions d’attribution communes demanderait une volonté politique que le gouvernement n’a pas manifesté jusqu’à présent.
Cette tâche sera d’autant plus difficile qu’un grand nombre d’aides sont décidées par les collectivités locales dans des conditions opaques, et souvent à la tête du client. Si le personnel des communes et des départements qui attribue ces aides connaissait les autres aides reçues par un demandeur, avait la responsabilité intégrale de toutes les aides, et pouvait contrôler sérieusement l’utilisation de ces aides, ses décisions d’attribution seraient sans doute bien adaptées aux besoins du demandeur.
Actuellement ces conditions ne sont pas remplies. Sous le prétexte d’éviter le flicage des pauvres, les syndicats incitent même le personnel qui distribue les aides à ne pas lutter contre la fraude.
L’uniformisation des aides, conforme au désir d’égalité d’une majorité de Français et nécessaire à l’automaticité promise par Emmanuel Macron, devrait donc être la règle.
Mais la « libre administration des collectivités locales » est inscrite dans la Constitution. Emmanuel Macron n’arrivera pas à faire renoncer les élus locaux à leurs pouvoirs d’attribution d’aides sociales. Ce n’est d’ailleurs pas prévu dans son projet de réforme constitutionnelle.
Un guichet unique
Les guichets de distribution des aides sont multiples. Les caisses d’allocations familiales en distribuent une bonne partie. Mais d’autres aides sont versées par Pôle emploi, les services des impôts (crédits d’impôts, prime d’activité, exonérations fiscales), les collectivités locales (en particulier les Centres communaux d’action sociale), les caisses de Sécurité sociale (pour leurs « œuvres sociales »), l’assurance-maladie (CMUC, AME), etc. Certaines sont versées directement au demandeur, d’autres sont versées au bailleur, à la crèche, au foyer, à l’assistante maternelle, etc.
Le versement unique devrait être effectué par un guichet unique. Le plus fiable, le mieux organisé et celui qui connaît le mieux les ressources des demandeurs est le service des impôts. Il a prouvé qu’il savait maîtriser la numérisation et le portage sur Internet de ses activités. Lui confier la totalité des versements d’aides améliorerait l’efficacité de la distribution des aides. Ce serait conforme au versement « automatique » promis par Emmanuel Macron.
Rien n’indique que le gouvernement d’Édouard Philippe soit prêt à organiser ce changement.
Conclusion
La Belgique a réussi à unifier ses systèmes d’aide. Au Royaume-Uni, le crédit universel (unique) remplace les multiples aides. Il concerne actuellement plus de huit millions de foyers. Avec l’aide notamment d’une entreprise française spécialisée dans l’analyse des empreintes digitales, l’Inde a réussi à mettre en place un versement unique – accessible par téléphone –  pour 90 % de sa population, dont pourtant une bonne partie est illettrée.
En France, la promesse d’Emmanuel Macron d’un versement social unique remplaçant toutes les aides sociales existantes ne sera pas tenue.
C’est regrettable. Le système français d’aides sociales est si compliqué que personne, y compris les fonctionnaires qui le dispensent, ne peut s’y retrouver, que son contrôle est très difficile, que la fraude en est encouragée, que c’est le plus coûteux de la planète, et qu’ainsi il affecte la compétitivité des entreprises françaises et augmente le chômage.
La mise en place de la promesse d’Emmanuel Macron simplifierait la vie des demandeurs, réduirait les charges sur les entreprises et donc le chômage, permettrait de mieux contrôler la fraude et réduirait l’« évasion sociale », c’est-à-dire la distribution d’aides de façon légale à des demandeurs qui ne devraient pas en recevoir.
L’imam salafiste Bouziane recevait légalement sans travailler, grâce à ses deux femmes et seize enfants, plus de 9 000 € par mois d’aides non imposables. Les quelques 20 000 ménages polygames français sont dans des cas semblables. La centralisation du versement des aides permettrait de mieux connaître ce genre de cas aberrants, et sans doute d’y remédier.
Les versements d’allocations familiales pour des enfants résidant à l’étranger, les « kits Assedic » de faux licenciements, les allocations versées à des clandestins, seraient plus faciles à contrôler.
Comme dans les pays d’Europe du Nord, la connaissance précise des aides permettrait de les rendre imposables et donc plus justes. Le montant des aides sociales attribuées à un bénéficiaire pourrait être déduit de ses versements d’impôts, ce qui simplifierait les mouvements de fonds. Le déficit et la dette de notre protection sociale seraient réduits.  L’égalité entre Français serait renforcée.
Comme la promesse d’Emmanuel Macron ne sera pas tenue, le « cancer de l’assistanat », qu’une grande partie des Français déplore, ne sera pas guéri.
Source contrepoints.org
Par Alain Mathieu.


Alain Mathieu est un militant libéral français ancien président de Contribuables Associés (2005-2013). Contribuables Associés est la première association non subventionnée de France avec plus de 350 000 membres.

lundi 5 février 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

jeudi 1 février 2018

Billets-Radio France : ce que signifie la révocation de Mathieu Gallet

Radio France : ce que signifie la révocation de Mathieu Gallet

Les difficultés auxquelles se confronte aujourd’hui l’ancien du cabinet de Frédéric Mitterrand, révoqué par le csa de sa mission à la tête de Radio France, illustrent l’aversion de notre époque pour les Rastignac.


Mathieu Gallet n’est ni un prolétaire, ni un grand bourgeois. Il est issu des classes moyennes de province, celles qui expriment de plus en plus souvent leur malaise et leur désaffection pour un régime qui leur tourne le dos. Vu à travers ce prisme, l’affaire Gallet permet une superbe décomposition spectrale de la réaction nobiliaire qui asphyxie la France depuis quelques décennies.

MATHIEU GALLET, CE JEUNE AMBITIEUX VENU DE PROVINCE
Mathieu Gallet n’a pas fait de grande école. Il a fait Sciences-Po Bordeaux, puis un DEA à l’université de Paris-I. Il est à l’image de ces centaines de milliers de jeunes Français qui ne brillent pas, pour des raisons diverses, par un parcours « aristocratique » à la française, fait de Polytechnique, d’ENA ou de HEC mais qui estiment ne pas démériter pour autant.

Il n’a pas trente ans, et il est déjà condamné, comme il se doit dans ce pays, à des emplois moyens, ni prolétaires, ni dirigeants. Mais… Gallet a de l’ambition et il veut réussir.

S’engage alors ce que la France adore à certaines époques, et déteste à d’autres (comme aujourd’hui) : une course à la Rastignac qui va se terminer en drame.

LE CIRAGE DE POMPE EN CABINET
Gallet aime les paillettes. Il se tourne très tôt vers la culture et le pouvoir. Ses pourfendeurs soutiennent qu’il utilise à cette fin des réseaux minoritaires, et attribuent à ce jeu de coulisses sa nomination par Frédéric Mitterrand comme directeur adjoint de cabinet au ministère de la Culture.
Quand bien même ces allégations seraient vraies, faut-il s’en offusquer ? En quoi ces réseaux sont-ils plus choquants que les écuries du Conseil d’État où, avant chaque nomination d’une équipe gouvernementale, des conciliabules se tiennent à la bibliothèque du Palais-Royal pour déterminer qui ira où ?

Car le grand public ne le sait pas assez, mais la France est un pays de pouvoir distribué : on n’entre pas dans un cabinet ministériel, on n’accède pas à un poste exposé si la machine, la technostructure, ne l’a pas décidé pour vous. Ce ne sont pas, ou pas seulement, les compétences qui priment, mais l’allégeance à un système narcissique où n’a de chance de réussir que celui qui ressemble et qui cultive la ressemblance avec ceux qui sont au pouvoir.

C’est ainsi que la République, à petits feux, se meurt, à force de consanguinité et de collusion.

LA RÉACTION NOBILIAIRE FRAPPE
Depuis 30 ans, le pouvoir en France ne cesse de se resserrer sur un noyau de plus en plus restreint de gens qui se ressemblent et qui ont la conviction d’être la quintessence des sauveurs dont le pays a besoin. Malgré les réseaux qui le soutiennent, Gallet ne tarde pas à en prendre conscience. Il sait que l’INA dont il a pris la présidence est pour lui une sorte d’impasse (le fameux syndrome du « trop haut trop tôt »).

Avec son manque de diplômes ronflants, son origine sociale ordinaire et son manque d’entregent parmi les vrais réseaux qui tiennent la machine, il devra en rabattre. Il a beau dégager des résultats positifs à l’INA et montrer ses talents de dirigeant d’entreprise publique, il comprend que ce qui paie n’est pas la compétence, mais l’esprit de cour.

Alors Gallet se donne les moyens de réussir et de franchir l’obstacle suivant. En dehors des règles, il passe des marchés de « stratégie », c’est-à-dire de lobbying personnel.

Tel est le prix à payer pour les Rastignac modernes, qui se heurtent à la réaction nobiliaire. Le système leur ferme les portes, alors ils reviennent pas la fenêtre ou par le soupirail.

COMMENT RÉUSSIR QUAND ON A TRÈS PEU DE CHANCES D’Y ARRIVER
Dans la liste des contrats passés au crible par la justice, on en retrouve des bien connus qui fonctionnent sur un mode simple : tu donnes 10.000 euros par mois à un gars pendant un an, et tu as un accès illimité à son carnet d’adresses. Il te présente toutes les personnes utiles qu’il connaît et à auxquelles il a l’habitude de cirer les pompes.

Ce genre d’affaires est particulièrement juteux quand ce consultant en courtisanerie est membre du Siècle et te présente tous les grands décideurs susceptibles de faire ta carrière. Après, c’est à toi de faire ta vente et de convaincre, après force révérences, d’être pistonné pour le job de tes rêves.
Ainsi fonctionne l’élite parisienne. Elle n’a pas beaucoup changé depuis les années 1780, telles que l’excellent film de Patrice Leconte, Ridicule, l’a décrite. Gallet le comprend et tente sa chance avec intelligence, au fond : il décroche ainsi la présidence de Radio-France.

LA RÉACTION NOBILIAIRE FAIT SON OEUVRE
Qu’un outsider décroche si jeune un emploi d’insider ne pouvait que heurter la noblesse parisienne. Cette réussite était d’autant plus insupportable que les résultats de Gallet sont inattaquables, et qu’ils privent les porte-voix de la réaction nobiliaire de leur argument favori : le système doit rester entre nos mains car nous sommes seuls compétents pour le gérer.

Disons même que Gallet constitue une menace pour l’entre-soi parisien. Il parvient à démontrer que des réformes peuvent survenir, qui fonctionnent même si elles bousculent les certitudes acquises et les préjugés bien-pensants. Ce genre d’extravagance ne peut durablement rester impunie.

Alors, l’attaque ne s’est pas faite attendre. Les fameux contrats hors marché sont tombés sur le tapis. Et de Rastignac, on est passé à Julien Sorel.

Certaines mauvaises langues ont établi un lien entre la chute de la  présidente de l’INA qui avait succédé à Gallet et la remontée à la surface des marchés irréguliers du président de Radio-France. Ce lien est à prouver, mais il est plausible que la technostructure, qui déteste ceux qui lui prennent des postes sans respecter les règles de concours aristocratique qu’elle a imposées, ait adoré voir Gallet tomber.

Source contrepoints.org
Par Éric Verhaeghe.



Éric Verhaeghe est président de Tripalio. Ancien élève de l'ENA, il est diplômé en philosophie et en histoire. Écrivain, il est l'auteur de "Faut-il quitter la France ?" (Jacob-Duvernet, avril 2012). Il anime le site "Jusqu'ici tout va bien" http://www.eric-verhaeghe.fr/

Billets


Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

mercredi 31 janvier 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

mardi 30 janvier 2018

lundi 29 janvier 2018

dimanche 28 janvier 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

Billets-Peut-on être « libéral-conservateur » ?

Peut-on être « libéral-conservateur » ?

Quelle est la part de libéralisme dans le « libéral-conservateur » ?

Au détour des conversations que j’ai pu avoir avec différents membres de la famille libérale, il arrive souvent que mon interlocuteur me dise en substance : « Pour ma part, je suis libéral-conservateur, c’est-à-dire libéral en économie et conservateur sur le plan sociétal. » Et il me demande ensuite où je me situe selon cette variante particulière du libéralisme. 

LES LIBÉRAUX, UNE PETITE FAMILLE TOUT EN NUANCES
La famille libérale est certes petite en nombre, mais il est vrai qu’elle se rattrape largement quand on en vient à faire la liste extensive de ses mille et une nuances. À supposer que vous vous sentiez une petite inclination libérale, savez-vous si vous êtes anarcho-capitaliste, libéral-libertaire, minarchiste, libertarien, libéral classique, ordo-libéral… ?

La multiplication des étiquettes qualifiant les libéraux tient d’abord au fait que le mot anglais liberal a été progressivement préempté par la gauche américaine, rendant nécessaire l’adoption de nouveaux vocables, notamment celui de libertarian. Mais en règle générale, les différences entre ces termes s’expliquent par la place plus ou moins grande – quoique toujours limitée – accordée à L’État.

LIBÉRAL DANS UN DOMAINE SEULEMENT ?
Avec « libéral-conservateur », rien de tel. L’ampleur étatique n’est pas en cause. Elle est naturellement souhaitée la plus réduite possible, notamment dans le domaine économique, par opposition à l’interventionnisme et au dirigisme propres au socialisme ou même à la social-démocratie. Nombreuses sont les personnes qui souhaiteraient que l’État les laisse travailler en paix, sans les harasser de contraintes absurdes et sans leur prendre en impôt des portions confiscatoires de leurs revenus. Mais le terme renvoie plutôt à un tri effectué dans les activités humaines afin de voir quels domaines peuvent relever ou pas du libéralisme.

À la question posée ci-dessus, je réponds ainsi : « Je suis totalement libérale, donc sur le plan sociétal, je suis ravie que des personnes puissent bénéficier de la liberté de fumer, divorcer ou avorter (par exemple). Mais à titre personnel, je mène une vie des plus classiques ; je trouve que fumer est idiot car dangereux, et serais-je confrontée à une situation d’avortement ou de divorce, que je me trouverais face à un grave problème de conscience. »

LE CHOIX PERSONNEL DU LIBÉRAL
À titre personnel. Voilà le petit détail qui fait, je crois, que le terme « libéral-conservateur » associe deux qualificatifs qui ne sont pas situés au même niveau. « Libéral » renvoie au principe général de responsabilité et de liberté des personnes dans une société qui valorise les droits naturels, c’est-à-dire la liberté, la propriété et la sécurité, tandis que « conservateur » donne une indication sur les préférences spécifiques de la personne qui parle. Préférences que, dans un contexte libéral, elle est parfaitement en droit d’avoir, mais qui ne sauraient s’imposer à tout le monde.

Il est certain que nous vivons dans une société où s’épanouit tous les jours un peu plus un constructivisme progressiste rampant. Par exemple, il faut désormais se déclarer officiellement opposé au don d’organe pour ne pas être considéré comme donneur d’office, et il existe maintenant un délit d’entrave numérique à l’IVG qui consiste à pénaliser les sites internet coupables, aux yeux du gouvernement, de diffuser de « fausses informations » dans le but de décourager  les femmes d’avorter.

Si « conservateur » signifie qu’on refuse, à titre personnel, d’être entraîné à marche forcée par décision gouvernementale dans les valeurs obligatoires du progressisme et qu’on souhaite avoir le droit d’adopter un mode de vie qu’on pourrait qualifier de « classique » ou « traditionnel », tout en reconnaissant aux autres le droit de faire des choix différents, il devient inutile d’accoler ce mot à « libéral » dans la mesure où le libéralisme est justement l’environnement qui laisse la société évoluer par elle-même et permet à chacun de vivre à sa façon dès lors qu’il n’y a pas d’atteintes aux personnes et aux biens.

LE LIBÉRAL-CONSERVATEUR SELON HAYEK
Mais l’on peut songer à une autre définition du « conservateur ». Pour Friedrich Hayek dans son texte « Why I am not a conservative », il s’agit de quiconque se montre hostile aux changements radicaux. Dès lors, le « conservateur » sera enclin à protéger l’ordre établi, y compris en recourant à l’autorité de l’État, afin de ralentir la marche de la société et graver dans le marbre de la loi l’ordre ancien qui lui est cher contre le « déplorable relativisme » qu’il attribue à toute personne qui se déclare ouverte aux valeurs qui ne sont pas les siennes.

Cette attitude n’est pas libérale, mais le contexte socialiste (au sens large) dans lequel nous vivons depuis plusieurs décennies a contribué à créer une confusion et une forme d’assimilation erronée entre le libéralisme et le conservatisme.

Dans un précédent article, je notais que lorsque le gouvernement est de gauche, il pratique avec enthousiasme une politique typiquement socialiste selon la trilogie « lubies écolo-sociétales, dépenses, impôts », ce qui déclenche chez le blogueur libéral des réflexions peu amènes sur le sujet qui lui attirent la sympathie de personnes qui détestent les socialistes mais qui ne sont pas nécessairement très libérales.

De façon conjoncturelle, libéralisme et conservatisme se rejoignent dans leur opposition au progressisme à marche forcée dont je parlais plus haut, mais ces deux approches sont cependant à l’opposé dans leurs valeurs essentielles. Car dans cette configuration, le libéral refuse le terme « marche forcée » tandis que le conservateur refuse le terme « progressisme », quitte à imposer d’en haut son conservatisme.

Le libéral ayant des préférences personnelles conservatrices rejettera éventuellement l’avortement pour lui-même, mais il ne l’interdira pas aux autres. Dans la formulation de Hayek, que je partage totalement, cela donne :
Il y a maintes valeurs des conservateurs qui me conviennent mieux que celles des socialistes ; mais aux yeux d’un libéral, l’importance qu’il attache personnellement à certains objectifs n’est pas une justification suffisante pour obliger autrui à les poursuivre aussi.

À l’inverse, le conservateur tel que défini par Hayek n’aura de cesse de mettre en place un gouvernement qui l’interdira. Notre conservateur n’est certes pas progressiste, bien au contraire, mais il est néanmoins tout autant « constructiviste » que le socialiste et use des mêmes coercitions pour faire advenir, ou plutôt revenir l’ordre social auquel il aspire. Hayek à nouveau :
Comme le socialiste, il (le conservateur) est moins soucieux de la façon dont les pouvoirs du gouvernement devraient être limités, que du choix de qui les exercera, et comme le socialiste il se considère autorisé à imposer aux autres par la force les valeurs qu’il révère.

Dans cette seconde acception du terme « conservateur », il y a bien un mot de trop dans la formule « libéral-conservateur », mais contrairement à la première définition, c’est le mot « libéral », le mot le plus important, qui n’a plus sa place.

ALORS, PEUT-ON ÊTRE « LIBÉRAL-CONSERVATEUR » ?
Le mot composé « libéral-conservateur » a-t-il un sens ? J’ai tendance à répondre que non. Soit le conservateur est conservateur pour lui-même sans chercher à voir ses opinions prévaloir pour l’ensemble de la société, et dans ce cas il n’a pas besoin d’ajouter le terme conservateur à libéral dans la mesure où son cas est prévu dans le libéralisme.

Soit le conservateur ne sera satisfait dans ses convictions que si celles-ci s’imposent à tous. Pour ne pas être progressiste, il n’en est pas moins constructiviste selon ses propres valeurs. Cela l’écarte à tout jamais de la philosophie libérale qui appelle à la tolérance et à l’esprit de responsabilité des individus, dans l’unique limite du respect des personnes et des biens. Dans ce cas, le terme libéral est non seulement de trop : il est incompatible avec le conservatisme en question.
C’est pourquoi, comme Hayek avant moi, « I am not a conservative ».


Source contrepoints.org
Par Nathalie MP.


Nathalie MP est née en 1962. Depuis début 2015, elle tient un blog dont les thèmes centraux sont : politique, libéralisme, catholicisme. Quelques digressions vers le ski et la montagne sont possibles.

samedi 27 janvier 2018

jeudi 25 janvier 2018

mardi 23 janvier 2018

lundi 22 janvier 2018

dimanche 21 janvier 2018

samedi 20 janvier 2018

Dessins de presse


Dessins de presse

vendredi 19 janvier 2018

jeudi 18 janvier 2018

lundi 15 janvier 2018

Dessins de presse


Dessins de presse