samedi 13 janvier 2018

Infos santé-Toux de l’enfant


Toux de l’enfant

  • Quels sont les symptômes de la toux chez l'enfant ?
La toux est la réaction normale à une irritation des voies respiratoires de l’enfant, le plus souvent en lien avec une infection ou une allergie.
Il existe de nombreuses formes de toux qui peuvent être regroupées en deux familles : les toux sèches (sans production de glaires) et les toux grasses (avec production de glaires ou expectorations). Les toux grasses sont des toux utiles car elles dégagent les voies respiratoires et contribuent à la guérison. La toux peut être aigue (par exemple, en cas de rhinopharyngite) ou chronique (par exemple, en cas d’allergie).

  • Quelles sont les causes de la toux chez l'enfant ?
La toux n’est pas une maladie mais un symptôme provoqué par une irritation de la gorge, de la trachée, des bronches, ou parfois en réaction à un problème touchant les… oreilles. De nombreuses maladies s’accompagnent de toux (rhinopharyngite, laryngite, bronchiolite, pneumonie, asthme, coqueluche, rougeole, grippe, etc.). Dans le cas de l’asthme, la toux peut être le premier signe d’une crise qui se traduit alors par des difficultés respiratoires potentiellement graves.
Lorsqu’un corps étranger est inhalé, il provoque également des accès répétés de toux. Des substances irritantes (gaz, poussière, par exemple) sont de même à l’origine de toux.

  • Comment réagir en cas de toux chez l'enfant ?
Mettez votre bébé en position assise ou semi-assise.
Évitez de fumer dans la maison.
Veillez à bien humidifier l’air ambiant (récipients remplis d’eau ou humidificateur).
Faites inhaler à l’enfant de la vapeur d’eau en plaçant son visage au-dessus d’un bol d’eau chaude et en couvrant sa tête avec un torchon (à partir de l’âge de trois ans).
S’il le tolère, rincez-lui le nez et l’arrière-gorge avec du soluté physiologique en aérosol ou en dosettes.
En cas de toux rauque, enfermez-vous avec lui dans la salle de bains et bouchez l’évacuation d’air. Puis, projetez avec le pommeau de douche de l’eau chaude sur les parois de la baignoire, jusqu’à ce que l’atmosphère de la salle de bains soit bien humide. Prenez votre enfant sur vos genoux en position assise et bercez-le.
Donnez-lui à boire fréquemment.

  • Quand faut-il consulter un médecin en cas de toux chez l'enfant ?
Appelez immédiatement le service d’aide médicale d’urgence (SAMU) en composant le 15 ou le 112 :
Si, en plus de la toux, l’enfant éprouve des difficultés pour respirer ou pour avaler.
Si sa voix se modifie (voix éteinte).
Si son état général se détériore.
Si la toux est rauque (comme un aboiement).
Si l’on pense que la toux est due à un corps étranger dans les voies respiratoires (jouet, cacahuète, etc.).
Si l’enfant fait des efforts pour respirer (visibles au niveau du cou et des ailes du nez), il ne faut pas attendre un bleuissement pour appeler le 15.

Consultez un médecin dans la journée :
Si la toux s’accompagne d’une forte fièvre ou d’un mal de gorge.
Si des sifflements sont associés à la toux.
Si la toux ne diminue pas après quelques jours de traitement prescrit par un médecin.

Consultez un médecin dans les jours qui viennent :
Si la toux persiste et occasionne une gêne pour l’enfant et son entourage.

  • Ce que fait le médecin pour soigner la toux d'un enfant
Il examine le nourrisson ou l’enfant, recherche des signes de fièvre, inspecte sa gorge et ausculte ses poumons. Le cas échéant, il demande une analyse de sang et une radiographie des poumons.
Lorsque l’encombrement des bronches est important ou que le médecin suspecte une bronchiolite, ce dernier peut prescrire des séances de kinésithérapie respiratoire pour faciliter la remontée des glaires.

  • Les médicaments contre la toux de l'enfant
L’utilisation des sirops contre la toux (sèche ou grasse) n’est pas recommandée chez le nourrisson. Chez les enfants, un avis médical est toujours préférable, même si ces médicaments sont en vente libre.

  • Contre la toux sèche
Les médicaments utilisés pour calmer la toux sèche sont des antitussifs qui diminuent ce réflexe en agissant sur le système nerveux. Chez l'enfant de moins de deux ans, ces médicaments ne doivent en aucun cas être utilisés en automédication, sauf s’ils ont été préalablement prescrits par un médecin.
Leur usage doit se limiter au cas où l’enfant a du mal à supporter la toux, et la durée du traitement ne doit pas dépasser trois à cinq jours. Une toux persistante justifie une consultation médicale.

  • Contre la toux grasse
En cas de toux grasse, les fluidifiants bronchiques sont destinés à diminuer la viscosité des sécrétions et à faciliter leur remontée et leur élimination. Ils sont rarement indispensables. L'usage des médicaments contenant de la carbocistéine ou de l'acétylcystéine est contre-indiqué chez les enfants de moins de deux ans. Dans tous les cas, demandez conseil à votre médecin.
Lors de toux grasse, les antitussifs utilisés pour traiter la toux sèche sont bien sûr déconseillés car ils entraîneraient une accumulation des sécrétions dans les bronches.


Source : Vidal

Infos santé-Sommeil de l’enfant


Sommeil de l’enfant

Quand on parle de la rentrée on évoque les listes de fournitures scolaires mais un peu moins le besoin de resynchroniser le sommeil des enfants. Pourtant l’enjeu est de taille car il se passe des tonnes de choses pendant le sommeil.

C’est chaque année la même histoire : le combat de la dernière semaine de vacances pour obtenir des enfants qu’ils aillent se coucher avant 23 heures ! Oublier les habitudes prises l’été et revenir à un mode de fonctionnement plus ‘normal’ car le matin, durant l’année, le réveil sonne à heure fixe.

Plus les connaissances des chronobiologistes sur le sommeil progressent et plus on se rend compte de l’intérêt de permettre aux enfants de bénéficier d’un temps de repos satisfaisant et surtout efficace.

Car il se passe beaucoup de choses la nuit durant les divers cycles du sommeil.
On ne dort pas d’une seule traite, en effet. Le sommeil c’est un peu comme un programme de machine à laver, il est composé de plusieurs cycles répétitifs.
Il y a d’abord les signes d’endormissement bien connus, les yeux qui clignent, les bâillements, l’attention qui baisse, autant de signes annonciateurs du besoin d’aller se coucher et qui ne doivent pas être négligés.

Le risque, en laissant l’enfant résister à cette envie est qu’il laisse ainsi passer près de deux heures, jusqu’au moment où arrivera le cycle suivant.

Le sommeil, en effet, est composé d’une succession de cycles. On somnole puis on s’endort d’un sommeil d’abord léger, puis profond, périodes calmes. Tout va s’agiter ensuite avec la période du sommeil dite ‘paradoxale’.

Durant cette période il existe une activité parfois débordante avec des mouvements, des contractions musculaires, des mouvements rapides des yeux.

Au cours des phases de sommeil profond, l’organisme des enfants secrète une hormone de croissance et de la prolactine, cette dernière étant, semble t-il impliquée dans la maturation du système immunitaire.

C’est aussi un moment de récupération physique au cours de laquelle le cerveau reconstitue ses réserves énergétiques.

Le sommeil paradoxal est la période au cours de laquelle nous rêvons et, selon certains travaux, c’est à ce moment que nous nous reprogrammons face à notre environnement, que nous renforçons en quelque sorte notre personnalité propre.
C’est également à ce moment que se font la mémorisation et l’organisation des informations acquises au cours de la journée. C’est également le temps de la récupération nerveuse.

Chez l’enfant le cycle sommeil calme-sommeil paradoxal dure environ 90 mn, une vingtaine de minutes de moins que chez l’adulte. Il est entrecoupé de brèves périodes d’éveil et va se répéter 5 à 6 fois par nuit.

Il est important de bien observer le sommeil de l’enfant, de noter ses heures d’endormissement et de réveil afin de voir quelle est la quantité de sommeil dont il a besoin pour adapter ensuite l’heure du coucher en vue de l’année scolaire à venir.
C’est important parce que rien n’est plus préjudiciable qu’un mauvais sommeil en raison des risques de perturbations biologiques qu’il entraine. Il y a les sécrétions hormonales évoquées plus haut et surtout cette phase essentielle du sommeil paradoxal qu’il ne faut pas interrompre.

Le réveil idéal se situe donc soit dans les brèves périodes d’éveil, soit lors du sommeil léger.

Réveiller un enfant lors des autres périodes d’un cycle serait un peu comme vouloir sortir le linge d’une machine en plein milieu de la phase d’essorage !

Il faut donc vraiment tout faire pour aider l’enfant à bien dormir, lui apprendre à ne pas rater le coche quand il a sommeil sous peine d’attendre près de deux heures le cycle suivant. Lui retirer aussi toutes les sources de ce qui peut provoquer un état d’excitation ou d’énervement, en premier lieu le téléphone portable et les jeux vidéo.
Dormir n’est pas une perte de temps, bien au contraire. On récupère mais on apprend aussi. On se reprogramme, on affirme sa personnalité et quand on est un jeune enfant ce sont des moments essentiels pour la vie future.


Source : docteurjd.com

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vendredi 12 janvier 2018

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jeudi 11 janvier 2018

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mardi 9 janvier 2018

Billets-Paternalisme de l’État : Macron n’a rien changé

Paternalisme de l’État : Macron n’a rien changé

Comme pour ses prédécesseurs, Emmanuel Macron n’envisage la place de la société civile que comme subordonnée à l’État tour à tour dirigiste, stratège ou encore organisateur de la vie quotidienne.

Dans un excellent papier publié dans L’Opinion le 26 décembre, Jean-Marc Daniel dressait un intéressant parallèle entre la politique de Kennedy et celle d’Emmanuel Macron, montrant les proximités entre le discours du président français et la doctrine des démocrates américains.

Dans son analyse, l’économiste reprend la célèbre citation du seul président catholique des États-Unis :

Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays.

que le Président a d’ailleurs reprise à sa façon dans ses vœux. C’est par cette même phrase que Milton Friedman ouvre son livre majeur Capitalisme et liberté: dans un passage acéré, le Prix Nobel d’économie en critique vertement la philosophie « paternaliste » et holistique («  organismic  ») qui implique que « le gouvernement est le patron, le citoyen son sujet », « une vision en contradiction avec la foi que l’homme libre a en sa propre responsabilité pour forger son propre destin ».

FRIEDMAN CONTRE LA PENSÉE DOMINANTE
Le texte de Friedman est catégorique : il s’accommode probablement imparfaitement avec le nécessaire pragmatisme du quotidien ; mais il a le mérite de proposer une référence à l’aune de laquelle évaluer les politiques et débats publics ; une référence totalement absente du paysage français.

Sur l’ensemble de l’échiquier politique national, la même vision prévaut : l’État domine la société et l’économie, qu’il régule de façon nécessairement efficace et pertinente. Plus encore, il lui appartient de les façonner pour les améliorer : le rôle du politique est de changer le monde, non par la libre adhésion des individus, mais grâce à et par l’État.

Les majorités successives divergent, non sur le modèle de société mais sur le degré de coercition qu’elles estiment acceptables et la coloration politique qu’elles lui donnent : à des interventionnistes militants succèdent des interventionnistes plus discrets ; à des étatistes conservateurs succèdent des étatistes progressistes. Quelles que soient les ambitions, la société reste subordonnée aux objectifs que l’État lui assigne. Despotisme éclairé ou rétrograde, mais despotisme quand même.

L’OMNIPOTENCE DE L’ÉTAT
Hégémonie technocratique. Cette omnipotence se marque dans la vie quotidienne et dans le fonctionnement des institutions. Elle se matérialise par deux statistiques : la dépense publique, qui atteint 57 % du PIB, et les prélèvements obligatoires, à 47,6 % du PIB. On ne martèle pas assez ces chiffres, inquiétants pour notre économie mais surtout effrayants pour notre liberté.

L’élection d’Emmanuel Macron et de la majorité En Marche n’a pas changé structurellement ce logiciel. Leur action est plus nuancée, leur objectif plus réformiste, leur ambition plus progressiste.

Leurs opposants défendent des projets dramatiquement plus intrusifs, répressifs, parfois xénophobes et souvent asphyxiants. Mais les instruments restent les mêmes et la hiérarchie entre l’État et la société ne change pas : l’État commande, la société exécute.

BAISSER LA DÉPENSE PUBLIQUE
La France a une histoire centralisatrice. Elle a également une conception du pouvoir étatique hégémonique plus récente, consacrée depuis le milieu du XXe siècle par le triomphe de la technocratie. Elle ne deviendra jamais une société avec un État minimal (pas plus que les États-Unis d’ailleurs).

Pour autant, elle a des marges de manœuvre immenses pour progresser sur la voie d’une société plus libre, notamment en baissant la dépense publique. C’est une piste à explorer en 2018 pour le gouvernement, qui n’a encore rien fait en la matière.

Source contrepoints.org
Par Erwan Le Noan.

Erwan Le Noan

Diplômé de Sciences Po et des universités de Paris, avocat de formation, ancien rapporteur à l’Autorité de la concurrence, Erwan Le Noan est consultant, spécialiste de concurrence. Il enseigne à Sciences Po et est responsable de Trop Libre, le media de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol).


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lundi 8 janvier 2018

dimanche 7 janvier 2018

Billets-« Fake news » : Macron va-t-il museler Internet ?


« Fake news » : Macron va-t-il museler Internet ?

Emmanuel Macron semble vouloir reprendre en main la diffusion de l’information à tous niveaux : une loi liberticide « pour votre bien » ?

Eh bien voilà, nous y sommes. Macron, élu avec le soutien de quelques oligarques propriétaires des médias, veut s’assurer qu’aucune voix dissonante ne sera en mesure de lutter contre le verrouillage complet de l’information qu’il a entrepris.

Matraquage fiscal, reprise en main de l’audiovisuel et d’Internet
Sans atteindre l’outrance des BFM et autres Échos qui présentent sa politique comme inspirée par l’Olympe, la plupart des grands organes de presse écrite ou audiovisuelle lui sont désormais soit entièrement acquis soit très bienveillants. La manière dont le matraquage fiscal des Français en ce début d’année est escamoté est tout à fait édifiante.

La reprise en main complète de l’audiovisuel public, pourtant si peu indépendant, va également bon train. Il ne reste qu’à museler Internet, ce que Macron va tenter au prétexte de lutter contre les influences étrangères ou les rumeurs dites fabriquées. Tiens, tiens, nous qui croyions que l’ouverture à l’international et les échanges étaient par définition une bonne chose selon la doxa macronienne.
Quant à la capacité des citoyens à distinguer le vrai du faux, on voit bien pourquoi Macron, qui les a enfumés depuis un an, y croit modérément.

Une loi « pour votre bien »
Bref, nous voilà menacés d’une nouvelle loi liberticide au prétexte que les braves gens sont manipulables : la quintessence même du mensonge et de la tartufferie… Souvenez vous d’Orwell, d’Huxley ou de la Boëtie, c’est toujours pour votre bien que les dictatures agissent.

Et c’est sans parler de la véritable usine à gaz imaginée, avec intervention du juge et tutti quanti.
Exemples :

Les plateformes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publiques l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus.

En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge au travers d’une nouvelle action en référé qui permettra, le cas échéant, de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur, voire de bloquer l’accès au site Internet.

Le CSA pourra lutter contre toute tentative de déstabilisation par les services contrôlés ou influencés par des États étrangers.

Ce qui pourra passer par « la suspension ou l’annulation » de leurs conventions avec le régulateur !
Inutile de vous demander qui définira ce qu’est ou n’est pas une fausse nouvelle ! Sans plaisanter, l’heure est grave, chers amis démocrates.

Qui peut encore croire que cet individu est un libéral ?

Source contrepoints.org
Par Serge Federbusch.


  • Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d’informations en ligne sur l’actualité politique parisienne.
    Serge Federbusch a été successivement conseiller commercial en Asie, conseiller du maire du Paris pour l’urbanisme et les transports, directeur général de la Société d’économie mixte du Centre de Paris (Halles).
    Il est diplômé de l’IEP de Paris, Maître en droit public, titulaire d’un DEA d’Histoire et ancien élève de l’ENA.

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7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

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7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

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7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

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7 Janvier 2015-Charlie Hebdo


7 Janvier 2015-Charlie Hebdo

7 Janvier 2015-Pourquoi les enfants perdus de la République sont devenus des barbares



Pourquoi les enfants perdus de la République sont devenus des barbares

‎J’ai été enseignant pendant presque quarante ans à partir du début des années soixante-dix. J’ai connu de nombreux établissements, certains très difficiles avec un taux important d’élèves ou d’étudiants provenant de l’immigration. S’adresser à un public qui se situe au confluent de deux civilisations, de deux systèmes de valeurs permet d’observer et de prendre conscience concrètement des difficultés que doivent surmonter les jeunes issus de l’immigration. La distance entre le milieu familial et le contenu de l’enseignement est alors considérable. Lorsqu’on enseigne le droit fiscal d’entreprise en DECF (diplôme d’études comptables et financières) devenu aujourd’hui DCG (diplôme de comptabilité et gestion), il est question de report en arrière des déficits dans les sociétés de capitaux, de coefficients de déductibilité de TVA, etc. Il s’agit de situations relativement complexes à examiner sous l’angle technique. Tout cela n’a strictement aucun sens pour des parents immigrés n’ayant presque pas été scolarisés et conservant une perception purement concrète et religieuse du monde. La distance entre ce qu’étudie l’enfant et ce que pensent les parents est un abîme qui se creuse d’année en année et suscite des conflits.

À la fin du 20ème siècle, le milieu professionnel était assez réticent à accueillir les jeunes issus de l’immigration, avec cependant de nombreuses disparités selon les entreprises. Ces difficultés d’accueil étaient déjà perceptibles pour la recherche de stages. D’une manière générale, à compétences identiques, les profils typiquement européens étaient préférés. Je ne jette pas la pierre aux responsables du recrutement pour autant. Si une relation client est nécessaire, par exemple dans un cabinet d’expertise comptable, il faut s’adapter à la mentalité des clients ou risquer de les perdre. Le choix est évident. Beaucoup de jeunes issus de l’immigration parvenaient à s’insérer malgré tout. Mais les moins chanceux ou les moins appréciés dans les entretiens d’embauche pouvaient se décourager et devenir une proie facile des propagandistes du fondamentalisme. J’en ai vu passer en quelques années du bleu jeans et des cheveux longs à la djellaba et à la barbe. Et je ne connaissais que les jeunes les plus favorisés, ceux qui avaient poursuivi leurs études après le bac. Que dire de tous ceux qui avaient décroché dès le collège ?

Les filles se heurtaient fréquemment à leur père qui se faisait un devoir de défendre les valeurs traditionnelles. Elles voulaient se comporter comme leurs camarades européennes, parfois physiquement provocantes pour affirmer leur féminité, mais ce comportement était totalement rejeté par le milieu familial. On peut aisément le comprendre lorsqu’on a soi-même frémi des audaces vestimentaires de sa propre fille. La violence du conflit est décuplée dans une famille où règne l’Islam traditionnel. J’ai vu des jeunes filles, encore étudiantes, mariées contre leur gré avec des hommes du pays d’origine car ainsi le voulait la tradition. Comment vivre un tel écartèlement entre deux civilisations ?

Les conflits intrafamiliaux durs et les difficultés d’insertion professionnelle se superposent ainsi à un véritable choc de civilisation pour cette jeunesse qui n’aspire comme toute la jeunesse qu’à découvrir, expérimenter, apprendre et vivre librement. Mais il y a les racines familiales, une partie des siens encore dans le pays d’origine. Est-on occidental ou maghrébin ? Les deux, bien sûr, mais qui peut se prétendre capable entre quinze et vingt-cinq ans de réaliser une telle synthèse, de supporter un tel fardeau ? Beaucoup y parviennent cependant et c’est déjà une prouesse. D’autres entament une dérive qui peut les conduire très loin.

Les enseignants ont été en première ligne pour observer ces dérives. Nous ressentions parfaitement le malaise mais que faire ? Comment faire ? Nous n’avons pas su, nous n’avons pas pu. Et il ne s’agit pas principalement d’une question de moyens. Le problème est trop complexe, trop vaste. Certains individus rencontrent l’Histoire et elle détermine leur destin.

Comment peut-on en arriver à vouloir tuer les dessinateurs de Charlie Hebdo ? Tout homme normal se contente de rire, de sourire, voire de ressentir une provocation en regardant des caricatures, fussent-elles d’un dieu ou d’un prophète. Quoi de plus salutaire que de rire de nous-mêmes, pauvres humains. De nos petitesses, de nos maladresses, de nos croyances même. Pourquoi tuer ceux qui nous proposent de partager un petit instant d’irrévérence, de malice, de provocation ?

Il est difficile de trouver une réponse satisfaisante à ces questions. Mais il faut beaucoup de désillusions, beaucoup de frustrations, beaucoup de souffrance pour transformer un être humain en fanatique prêt à tuer froidement. La haine de la société dans laquelle il vit se manifeste par la volonté de détruire l’autre érigé en ennemi. Il faut pour cela qu’un enfant à la dérive rencontre un mentor qui le valorise en lui confiant une mission sacrée. La sacralisation du meurtre suppose une idéologie ou une religion instrumentalisée par des politiques pour justifier la transgression. Tuer n’est plus tuer : il s’agit de sauver le monde et de détruire les adeptes du mal.

Les frères Kouachi, Amedy Koulibaly et tous les enfants perdus de la République ont parcouru ce chemin qui transforme un homme en simple instrument au service des tyrans du pseudo État islamique. Pour fuir le désespoir, ils ont choisi la haine en se donnant à un dieu imaginaire et maléfique créé de toutes pièces par des manipulateurs haïssant la liberté.



Source contrepoints.org

samedi 6 janvier 2018

vendredi 5 janvier 2018

mardi 2 janvier 2018

Billets-Focus sur la mort numérique


Focus sur la mort numérique

La mort numérique est plus complexe que la seule disparition d’un internaute de réseaux sociaux fréquentés plus ou moins assidûment. Elle pose la question de la continuité à l’accessibilité des éléments de la vie privée du défunt.


Par le passé, le glas des clochers et le passage du corbillard drapé de noir matérialisaient un décès. On buvait ensuite un verre et mangeait un morceau en évoquant la vie du défunt. Cette biographie orale, ces souvenirs évoqués s’éteignaient avec le temps.

Cette mort physique et biologique, que nous affrontons tous un jour, est plus ou moins présente à tous les esprits. La mort numérique est pour autant ignorée de beaucoup de personnes n’en mesurant pas toutes les incidences de plus en plus croissantes, au sein d’un monde ultra-connecté.

La mort numérique est plus complexe que la seule disparition d’un internaute de réseaux sociaux fréquentés plus ou moins assidûment. Elle pose la question de la continuité à l’accessibilité des éléments de la vie privée du défunt.

Celui-ci a tout au long de sa vie écrit ou semé sur les réseaux sociaux, blogs et sites Internet, des parcelles de sa vie privée ainsi que des données personnelles. Après la mort physique, lesdits écrits et souvenirs restent inscrits sur la toile. Ils sont instantanément disponibles pour toute personne, bienveillante ou non, désirant les consulter.

Ainsi notre existence numérique ne s’arrête pas à notre mort physique. La persistance des profils actifs des personnes décédées, sur les réseaux sociaux ou autres sites et blogs, constitue une réminiscence souvent douloureuse pour les proches et la famille. Ces proches éprouvés par le décès physique doivent alors potentiellement affronter quotidiennement la persistance d’une identité virtuelle qui n’est plus sur Terre.

La mort numérique présente ainsi des enjeux sociétaux et juridiques. Elle concerne le devenir de l’identité numérique du défunt, écrite pour l’essentiel sur les réseaux sociaux. Déterminer le futur de cette identité après le départ de son détenteur ou de sa détentrice appelle pour autant des questions auxquelles la loi répond très précisément.

UN DEVENIR DES PROFILS ACTIFS DES PERSONNES DÉCÉDÉES ENCADRÉS PAR LA LÉGISLATION FRANÇAISE :

La loi pour une république numérique du 7 octobre 2016, principalement par son article 63, organise le devenir des profils actifs sur les réseaux sociaux. Le succès de ce mécanisme repose sur l’information de l’internaute quant à ses droits en la matière.

L’objectif est ici que l’internaute soit prévoyant et définisse de son vivant ses directives, quant à la conservation ou l’effacement des données personnelles et comptes sociaux le concernant.

Il peut confier ses directives à un membre de sa famille, un tiers ou un professionnel comme un notaire. Il peut aussi désigner une personne de confiance, laquelle choisira de conserver ou non, totalement ou partiellement, lesdites données, après son décès.

LE CONTENU DES DIRECTIVES NUMÉRIQUES PRÉVUES PAR L’ARTICLE 40-1 DE LA LOI DU 7 OCTOBRE 2016 :

Ces directives peuvent être générales ou particulières.

Les directives sont dites générales lorsqu’elles embrassent la totalité des données et profils numériques concernant l’internaute décédé. Ces informations numériques ont été inscrites par le défunt lui-même sur les réseaux sociaux. Elles ont pu également être partagées avec son assentiment.

Le devenir de ces directives générales peut être confiées à un tiers de confiance certifié par la CNIL. Cette certification n’est pas obligatoire, elle est juste rassurante. Dans le cas où une suppression est décidée, l’ensemble des supports des données relevées (comptes tweeter, facebook, linkedln…) doit être intégralement effacé.

Il en va autrement des directives particulières. Celles-ci n’ont trait comme leur nom l’indique, qu’à une ou plusieurs des activités de l’internaute décédé. Elles vont concerner l’une de ses messageries, un ou plusieurs de ses mails, un ou plusieurs de ses comptes sociaux mais jamais la totalité.

Pour chacun des sites internet concernés doit pouvoir alors être identifié un responsable du traitement. Ce responsable du traitement administre lesdites données ou est chargé de les collecter lorsque l’internaute a autorisé leur transfert.

Le devenir des directives particulières peut être confié par l’internaute, au moyen de volontés écrites, au responsable du traitement des données. Cette manifestation de la volonté de l’internaute est impérative en ce sens que lesdites directives particulières ne peuvent pas résulter des seules conditions générales d’utilisations des sites concernés.

Celles-ci pourraient trop facilement être invoquées par les responsables de traitement pour décider du devenir des profils numériques des internautes décédés.

Les volontés écrites du défunt sont donc là aussi essentielles pour qu’il soit procédé à la conservation ou à l’effacement de ces données.

LE DEVENIR DES DONNÉES PERSONNELLES EN L’ABSENCE DE DIRECTIVES DE L’INTERNAUTE DÉFUNT :

Un trop grand nombre d’internautes ignore toujours aujourd’hui ces possibilités d’organiser le devenir de leurs données personnelles et de leurs profils numériques après leur décès.

D’autres ont reçu cette information, mais considérant que cette prévision relève de la prévention obsèques, ils la repoussent. Ces situations sont les plus fréquentes, personne n’étant enthousiaste à imaginer le moment de sa mort.

Que se passe t’il lorsqu’aucune directive numérique n’a été donnée avant le décès d’un internaute ? Trois démarches sont possibles pour les ayants-droit des défunts concernés. Ces trois démarches peuvent être cumulées dans la mesure où elles ne rentrent pas en contradiction.

La première est celle du droit d’accès, à la condition qu’il soit nécessaire pour le règlement de la succession du défunt.

La seconde est celle du droit d’opposition. Celui-ci permet de procéder à la clôture des comptes utilisateurs du défunt. Il induit alors une opposition au traitement post mortem des données personnelles issues de ses comptes utilisateurs. Lesdites données doivent être intégralement effacées.

La troisième action relève de la possibilité pour les ayants-droit de s’entendre sur la désignation d’héritiers des profils actifs de l’internaute décédé. Toutes les données personnelles issues de ces profils actifs sont alors concernées.

Lesdits héritiers pourront décider du maintien de ces profils (et continuer ainsi leur gestion), ou de leur effacement. Ils pourront être à cette fin tenus de respecter des directives leur ayant été données par les ayants droit.

LA LIMITE DE L’ACTION DES TIERS AYANT REÇU DES DIRECTIVES NUMÉRIQUES

Le tiers ayant reçu les directives de l’internaute défunt ou de ses ayants-droit, ne peut porter atteinte à la mémoire de ce dernier. Les ayants-droit du défunt peuvent ainsi attaquer ledit tiers sur la base de l’article 34 de la loi du 29 juillet 188, au cas où celui-ci se rendrait responsable d’une diffamation ou d’une injure à l’encontre de la mémoire du défunt.

Ce tiers est également attaquable au cas où, sans l’autorisation des ayants-droit, il diffuserait et reproduirait l’image du défunt. La Cour de cassation dans son arrêt de 1ère chambre civile du 22 octobre 2009 a ainsi arrêté que les ayants-droit d’une personne décédée peuvent s’opposer à la reproduction de l’image de celle-ci après son décès, s’ils en éprouvent un préjudice personnel, direct et certain.

Pour la Cour de cassation, ces ayants-droit doivent alors avoir subi un préjudice personnel « déduit le cas échéant d’une atteinte à la mémoire ou au respect dû au mort ».

DES RECOURS POSSIBLES CONTRE LE CHOIX PAR L’INTERNAUTE OU SES AYANTS-DROIT, DES LÉGATAIRES NUMÉRIQUES

Sur la question du choix d’un tiers bénéficiaire des directives numériques ou d’un héritier de celles-ci en particulier, l’article 40 de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978 (modifié par la loi du 7 octobre 2016), énonce que les désaccords entre héritiers seront portés devant le Tribunal de Grande Instance compétent.

Si ce patrimoine est source de créations de richesses, les héritiers peuvent le contester sur les bases juridiques de la contestation de testament.

UN DROIT À L’IMAGE CONCERNANT LA DÉPOUILLE MORTUAIRE DU DÉFUNT :

Il est certains cas où la mort physique et la mort numérique pourraient brusquement emprunter la même voie visible, par la publication de l’image de la personne décédée sur Internet. La publication de cette image sans autorisation, quel qu’en soit le support, est strictement interdite.

L’image de la dépouille mortuaire des défunts est fortement protégée par le droit et notamment par des jurisprudences assez anciennes.

Ce droit prend sa racine dans l’article 9 du Code civil, relatif à la protection de la vie privée. Concernant le décès de l’acteur Jean Gabin, le Tribunal de Grande de Paris a rendu une ordonnance en référé le 15 janvier 1977, rappelant que

le droit au respect de la vie privée s’étend, par-delà la mort, à celui de la dépouille mortelle et nul ne peut, sans le consentement de la famille, reproduire et livrer à la publicité les traits d’une personne sur son lit de mort quelle qu’ait été la célébrité du défunt.

À l’occasion du décès de l’ancien Président de la République François Mitterrand, le même Tribunal de Grande Instance de Paris dans une ordonnance de référé du 18 janvier 1996, a interdit la publication du livre du Docteur Gubler, médecin de l’ancien Chef d’État.

Cet ouvrage attaquait violemment l’image du Président de la République défunt, en publiant une photo de François Mitterrand sur son lit de mort.

Cette décision a été justifiée au motif que

constituent par leur nature, une intrusion particulièrement grave dans l’intimité de la vie privée familiale du Président François Mitterrand, et dans celle de son épouse et de ses enfants ; que l’atteinte ainsi portée est d’autant plus intolérable qu’elle survient dans les quelques jours qui ont suivi le décès et l’inhumation du Président Mitterrand.

LA SANCTION DES DIFFAMATIONS ET DES INJURES FAITES AUX DÉFUNTS :
L’article 34 de la loi du 29 juillet 1881 permet que les diffamations dirigées contre la mémoire des morts puissent être poursuivies et réprimées dans le cas où les auteurs de ces diffamations ont eu l’intention de porter atteinte à l’honneur ou à la considération de leurs héritiers, époux ou légataires universels vivants.

En revanche, des recherches sur le passé des défunts peuvent être menées même si elles aboutissent à la constatation de faits infamants, dès lors qu’elles traduisent un souci légitime d’information du public.

Prenons l’exemple suivant.  Après le décès d’une personne ayant présenté un visage d’honorabilité, il est découvert qu’elle a collaboré pendant la seconde guerre mondiale. Cette information pourra être divulguée et des images publiées s’il est estimé qu’elles correspondent à un besoin légitime d’information de la population.



Source contrepoints.org
Par Paul Salaun. 


Paul Salaün est Docteur en droit public. Spécialiste en droit des médias et du numérique, il enseigne cette matière auprès de différents établissements d’enseignement supérieur. Il a rédigé avec Pierre Schweitzer le manuel de droit et économie des univers numériques, paru chez Studyrama en 2015. Consultant de Cleverance, il intervient pour cette société sur toutes les questions relatives aux mutations territoriales ainsi que sur les fusions de communes et intercommunalités. Il a publié en 2013 le manuel de droit de l’urbanisme de la collection Studyrama, réédité en 2017.